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Vivement l'Ecole!

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Revue de Presse Education... La rentrée par le ministre - Par les profs - Divers...

28 Août 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... La rentrée par le ministre - Par les profs - Divers...

Aujourd’hui c’était la rentrée du ministre de l’éducation avec conférence de presse et annonces. Mais du côté des enseignants, le ton n’est pas le même !

La rentrée par le ministre

Pour tout savoir des annonces du ministre lors de sa conférence de presse de ce matin on peut consulter FranceTVinfo.
Le ministre de l’Education nationale donnait, ce mardi matin à 9 heures, sa traditionnelle conférence de presse de la rentrée. « "L’école est à la pointe du progrès social dans notre pays", a lancé le ministre de l’Education lors de sa traditionnelle conférence de presse de rentrée. Jean-Michel Blanquer a réaffirmé, mardi 27 août, la priorité donnée à l’école primaire et a poursuivi la promotion de sa réforme du bac, dont la mise en oeuvre au lycée cette année suscite des inquiétudes. A quelques jours de la rentrée, le 2 septembre, des quelque 12,4 millions d’élèves et 870 000 enseignants, il a défendu ses réformes en parlant de trois grands défis : "l’égalité des chances", "le bien-être des professionnels" et "la question environnementale" »

Pour Europe1, Jean-Michel Blanquer joue la carte de l’apaisement pour sa conférence de rentrée. « Lors de son allocution, Jean-Michel Blanquer a longuement insisté sur la nécessité de renforcer le bien-être des professeurs. Accusé à maintes reprises par les syndicats de rester sourd à leurs revendications, le ministre a souligné "la nécessité de travailler en profondeur avec les partenaires sociaux". En vue de la réforme des retraites qui pourrait notamment pénaliser les enseignants, il s’agira donc de "revaloriser cette profession", a-t-il assuré. Les professeurs, eux, espèrent obtenir rapidement des revalorisations salariales. »

Apaisement ? Pas si sûr. Jean-Michel Blanquer peut-il renouer le dialogue avec les enseignants ?
« À une semaine de la reprise des cours, le ministre de l’éducation reçoit, depuis lundi 26 août, les syndicats enseignants. Après la « crise du bac » qui a marqué le début de l’été, il s’agit de soigner l’entrée en vigueur de plusieurs réformes d’ampleur, notamment celle du lycée, débarrassé de ses filières. Analyse de Bernard Toulemonde, inspecteur général honoraire de l’éducation nationale »

Notamment sur le sujet des retraites, un problème épineux. Blanquer se saisit de la question des retraites des enseignants
« Plusieurs syndicats évoquent une « réunion spécifique » sur les retraites des enseignants d’ici à octobre. Les questions sont nombreuses avec, en arrière-plan, le sujet de la revalorisation des rémunérations des professeurs.
C’est l’un des sujets les plus épineux de cette rentrée. La réforme des retraites soulève des questions de taille pour des enseignants qui ont peu de primes et donc une meilleure pension par rapport à d’autres agents de la fonction publique. Les syndicats de l’Education nationale redoutent des « décrochages » importants des niveaux de pensions entre l’ancien et le nouveau système . »

La rentrée par les profs

On sent beaucoup moins l’apaisement du côté des enseignants.
Des professeurs prêts à se mettre en grève
« Le ministre de l’Éducation nationale fait ce matin sa traditionnelle conférence de presse de rentrée, avec comme consigne de l’Élysée de rassurer. Mais certains professeurs veulent repartir au combat »
Des professeurs anti-Blanquer font leur rentrée militante
« Dans la foulée des mobilisations de l’an dernier, et notamment de la grève des correcteurs du bac, se tient à Vincennes (Val-de-Marne), du 26 au 28 août, une université d’été enseignante organisée en marge des syndicats et placée sous le signe de la contestation des réformes gouvernementales. »
Université d’été de l’éducation : les leçons d’une année de luttes
« Pendant que Jean-Michel Blanquer reçoit les organisations syndicales au ministère, des professeurs se sont donné rendez-vous à Vincennes, pour la première édition de leur université d’été. « Enseigner », « dialoguer », « lutter », au sommaire des nombreuses tables rondes organisées pendant trois jours. » Pour les abonnés.

Philippe Watrelot signe un papier sur les différentes oppositions à Blanquer.
Tous ensemble contre Blanquer ? Oui, mais...
“On a senti l’exaspération monter au cours de l’année scolaire passée contre le ministre de l’Éducation nationale, on la retrouve dès cette fin d’été dans des rassemblements qui revendiquent la « convergence des luttes ». Pour l’auteur de cette tribune, il convient déjà de clarifier les revendications des uns et des autres afin de voir si elles peuvent vraiment être unitaires.”

Divers

Sur le blog de Claude Lelièvre
On va voir enfin que Blanquer n’a pas simplifié le baccalauréat
« Des épreuves vont être programmées dès cette année scolaire en première ; et on va voir concrètement qu’au lieu d’une ’’simplification’’ on a une usine à gaz ’’éprouvante’’ , notamment parce que Blanquer n’a pas osé aller jusqu’au bout de la logique de contrôle continu annoncée par Macron. »

La Société des Agrégés publie un dossier spécial sur la place des femmes dans l’enseignement
« L’enseignement est perçu comme une profession féminisée, pourtant, dans son dossier “Enseignement, recherche : où sont les femmes ?” la Société des Agrégés montre que l’égalité de carrière avec les hommes n’est pas encore au rendez-vous. »

Fake news
Non, les CE1 et CE2 ne vont pas étudier un livre sur la pénétration anale et vaginale (lien signalé sur Facebook)
« Un post Facebook partagé plus de 4 500 fois prétend que les élèves de CE1 et de CE2 vont apprendre à l’aide d’un livre ce qu’est la pénétration anale et vaginale. La brochure présentée est en réalité destinée à des adolescents à partir de 12 ans. »

Les écoles en langue régionale « craquent » sous la demande Par Mattea Battaglia et Michel Garicoïx
“”Au Pays basque notamment, les établissements qui pratiquent un enseignement dit « immersif » anticipent une rentrée des classes « sous tension ».”

Refus d’orientation : la justice valide le choix des parents
“Parents d’un enfant autiste, ils refusent les orientations qui leur sont proposées et se retrouvent face à un juge dans le cadre d’une mesure d’investigation éducative. Mais la justice a finalement tranché en leur faveur et validé leur choix…”

Business schools : en route pour l’uberisation des enseignants-chercheurs ?
“Depuis une interview donnée fin 2014 par Maurice Lévy au Financial Times, l’expression « uberiser » fait florès. La question s’est même invitée dans les débats de la dernière élection présidentielle, c’est dire.”

Géraldine Duboz

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Grandes écoles : au-delà de la discrimination positive...

26 Août 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Grandes écoles : au-delà de la discrimination positive...

Par Arthur Moinet, vice-président étudiant à Sciences Po

La lutte contre les inégalités dans l’enseignement supérieur devra passer en premier lieu par de nouvelles réformes dans l’enseignement secondaire. 

Tribune. Le 4 juin, la ministre de l’Enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, annonçait dans le Monde son intention d’imposer une plus grande diversité sociale au sein des différentes grandes écoles. Avec 11% de boursiers à l’Ecole polytechnique, 19% au sein des Ecoles normales supérieures, et des grandes écoles de commerce aux frais exorbitants, il semble en effet clair que ces établissements entretiennent un entre-soi dépassé. Nous ne pouvons d’ailleurs pas manquer d’y voir une nouvelle limite au cloisonnement franco-français de notre enseignement supérieur…

Pourtant, ces écoles et plus globalement l’enseignement supérieur auraient tout intérêt à s’ouvrir davantage. Là où elles ont été menées, les politiques d’ouverture sociale, souvent associées à des politiques de discrimination positive, ont sans nul doute porté leurs fruits. A Sciences Po, la dynamique lancée par Richard Descoings en 2000 produit aujourd’hui des résultats indéniables. L’école admet désormais chaque année 160 étudiants issus des conventions d’éducation prioritaire (CEP) et compte désormais 30% d’étudiants boursiers. S’inspirant de cet exemple, l’instauration de la Classe préparatoire à l’enseignement supérieur (CPES) au lycée Henri-IV, de la classe préparatoire intégrée de l’ENA ou bien plus récemment du droit d’accès de bacheliers modestes aux filières sélectives, instauré sous la présidence de François Hollande et reconduit depuis, produisent des résultats très encourageants pour augmenter la diversité sociale.

Toutefois, nous devons réaffirmer qu’une réelle diversité sociale ne saurait uniquement se mesurer à un simple taux d’étudiants boursiers. En effet, sous l’effet de l’élargissement de l’accès aux premiers échelons de bourse, décidé sous le précédent quinquennat, l’origine des étudiants boursiers est désormais plus hétérogène, et d’autres critères devront être davantage pris en compte dans le futur par les établissements d’enseignement supérieur. Citons la diversité géographique (notamment d’étudiants originaires d’Outre-mer), la diversité culturelle et internationale ou bien encore l’origine socioprofessionnelle des parents.

D’autre part, l’exemple de Sciences Po démontre d’ailleurs bien que de bonnes statistiques, si l’on peut évidemment s’en réjouir, ne sauraient toutefois suffire à assurer un réel dépassement des clivages sociaux. Dans le détail, les différentes enquêtes démontrent ainsi que les étudiants issus de la procédure CEP s’orientent moins vers les concours de la haute fonction publique, partent en échange universitaire dans des destinations moins lointaines ou bien encore touchent un salaire moyen à la sortie de l’école moins élevé que la moyenne (1). En outre, il est régulièrement pointé que la violence de classe reste encore parfois une réalité pour certains étudiants.

Face à ce constat, il apparaît donc nécessaire d’aller encore au-delà de simples politiques statistiques afin de permettre une véritable disparition des frontières sociales au sein de l’enseignement supérieur. La lutte contre les inégalités dans l’enseignement supérieur devra passer en premier lieu par de nouvelles réformes dans l’enseignement secondaire. Un article récent de Jean-Paul Delahaye nous rappelle que notre système scolaire, cloisonné à l’extrême dès le collège, est le premier facteur d’inégalités à l’entrée de l’enseignement supérieur. Que l’on soit élève d’un établissement de centre-ville ou de banlieue, d’outre-Mer ou de métropole, en section internationale ou non, les inégalités de destin et les différences culturelles se forment bien souvent bien avant l’entrée dans l’enseignement supérieur. La réforme du collège (2015) et celle plus récente du lycée présentent des pistes intéressantes pour diminuer les frontières scolaires sociales et géographiques entre les élèves.

Toutefois, cette dernière manque toujours d’ambition dans le rapprochement des différents établissements du secondaire, et pire encore, instaure un contrôle continu qui pourrait encore renforcer la concurrence précoce entre eux. A défaut de cours de philosophie pour tous, l’instauration de cours de culture générale pour tous les lycéens serait en outre un minimum afin d’esquisser une appétence commune pour découvrir le patrimoine littéraire, cinématographique, musical… Dans le même esprit, la généralisation et le développement du Pass Culture à destination des jeunes, promesse du président de la République, est une nécessité.

Enfin, l’exemple de Sciences Po, qui met en place depuis deux ans un programme d’accompagnement «Premier Campus» à destination des lycéens boursiers est un exemple intéressant de renforcement du lien entre l’enseignement secondaire et les établissements d’enseignement supérieur, afin de combattre l’autocensure et la frontière entre deux univers parfois trop distincts. Réaffirmons donc que la discrimination positive, aujourd’hui cruciale, ne saurait rester le seul moyen pour atteindre les fins de mixité de sociale et de réussite pour tous. Ces quelques propositions pourraient donc contribuer à l’enrichir et la dépasser.

(1) Sciences Po, enquête jeunes diplômés 2018

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Quelles suites donner à l’affichage des drapeaux et de la Marseillaise? Par Claude Lelièvre...

26 Août 2019 , Rédigé par EducPros Publié dans #Education

Quelles suites donner à l’affichage des drapeaux et de la Marseillaise? Par Claude Lelièvre...

Les affiches sont déjà à disposition chez certains éditeurs scolaires. Qui va les commander et les placer? Qui va les financer? Dans les salles de classes où elles seraient absentes, les chefs d’établissement et/ou les professeurs "responsables" seront-ils rappelés à l’ordre voire sanctionnés? Et par qui?

L’article 4 de la loi « Pour une école de la confiance » publiée au BO du 26 juillet indique en effet que « l’emblème national de la République française, le drapeau tricolore bleu blanc rouge, le drapeau européen, la devise de la République et les paroles de l’hymne national sont affichés dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degrés publics et privés sous contrat ».

Ces affiches seront-elles offertes simplement au regard des élèves et censées agir en quelque sorte par magie? On bien y aura-t-il des explications sur le sens de leurs éléments (avec replacement dans leurs contextes)? Sur quels aspects? Dans quel ordre? Décidé par qui (dans la succession des classes) aussi bien pour le secondaire que pour le primaire; et selon quelles responsabilités des différents professeurs au collège et au lycée?

Le 11 février dernier, à une proposition du député LR Eric Ciotti de mettre un drapeau tricolore dans chaque salle de classe, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer avait répondu dans un premier temps en s’inscrivant dans la continuité de ses prédécesseurs (et en faisant valoir des arguments qui méritent d’être connus et rappelés):  "Que les enfants connaissent la Déclaration des droits de l’homme, qu’ils chantent La Marseillaise et que le drapeau soit présent dans l’école est un objectif fondamental. Comme vous le savez, le code de l’éducation prévoit déjà chacun de ces éléments à l’échelle de l’école.

Vous proposez qu’ils soient dorénavant présents à l’échelle de la classe. Je ne dis pas que c’est une proposition absurde, mais je ne pense pas qu’il soit souhaitable de multiplier les affichages en classe pour des raisons pratiques assez évidentes. Nous devons, en revanche, nous attacher à ce que les élèves acquièrent une véritable connaissance de ces éléments. Or cela ne dépend pas tant  d’une présence dans la classe que dans les programmes et dans la formation continue des professeurs, et tout simplement du fait que les inspecteurs de l’éducation nationale s’assurent de l’effectivité de ces apprentissages.C’est exactement le sens des consignes que j’ai pu donner depuis que je suis au ministère, dans la continuité des mesures importantes prises au cours des deux quinquennats précédents. J’ai approfondi ce sillon, notamment au travers des repères annuels que nous avons fixés pour l’école primaire".

Mais d’autres députés  »LR » prennent la parole et soutiennent l’amendement présenté par Eric Ciotti. Il y a une suspension de séance à l’issue de laquelle est proposé (et voté) un  »compromis historique »(?) à la suite de  "propositions faites par le Gouvernement, avec l’aval du premier signataire de l’amendement n102 (Eric Ciotti)."

Après avoir d’abord réagi en ministre homme d’Etat, Jean-Michel Blanquer a finalement décidé en politicien (en se dérobant à l’affrontement politique avec la droite LR); et l’on se trouve quelques mois plus tard avec les difficultés d’application de cet article de sa loi… (chercher l’erreur, ou la faute)…

On doit espérer qu’il ne se dérobera pas une seconde fois en la matière: ce serait le comble qu’il ne donne aucune indication pour résoudre les problèmes d’application de ce qui est désormais l’un des points d’une loi, alors même qu’il n’a pas hésité ( par exemple) à signer et à publier le 28 mai dernier une note de service de plusieurs pages pour « Guider l’apprentissage des gestes graphiques et de l’écriture » (comme si les professeurs des écoles n’étaient pas au fait plus que lui depuis longtemps des "bonnes pratiques" dans un domaine par ailleurs peu clivant).

Après la dénégation (et finalement un certain mépris) envers l’expertise des professeurs des écoles dans un domaine qu’ils pratiquent depuis longtemps, l’absence de clarifications et de références minimum dans un domaine qui leur est assez étranger (comment faire appréhender le contenu de l’affiche, et en particulier les 7 strophes de La Marseillaise) serait de fait une dénégation des difficultés dans lesquelles les professeurs vont se retrouver en raison d’un choix ministériel foncièrement politicien . Un nouveau mépris.

Claude Lelièvre

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Rapprocher écoles et collèges : la polémique refait surface...

24 Août 2019 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education

Rapprocher écoles et collèges : la polémique refait surface...

Deux rapports viennent d'être publiés par le ministère de l'Education. Ils défendent le rapprochement entre écoles et collèges, qui avait suscité une levée de boucliers au printemps dernier. Le gouvernement y avait finalement renoncé.

Certains diront que le ministère de l'Education souffle sur les braises. La publication, toute récente, de deux rapports d'inspecteurs généraux sur le rapprochement entre écoles et collèges - l'un datant de septembre 2018, l'autre de mai 2019 - interroge en tout cas.

Au printemps dernier, le projet d'établissements publics locaux des savoirs fondamentaux (EPSF) avait déclenché une vive contestation . Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, voulait créer des établissements regroupant des classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles, dirigés par un chef d'établissement et un directeur adjoint qui aurait exercé les compétences d'un directeur d'école. L'idée avait déclenché un tollé et le gouvernement avait finalement retiré la disposition du projet de loi « sur l'école de la confiance ».

(…)

Marie-Christine Corbier

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Nos enfants ont-ils trop de vacances ? France Culture (Audio)

23 Août 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Nos enfants ont-ils trop de vacances ? France Culture (Audio)

(Emission à écouter en cliquant sur le lien de bas de page)

Jean-Michel Blanquer affiche depuis 2017 sa volonté de lancer une « grande concertation » sur les temps scolaires de l’enfant. Suite à la saisie en juillet du Conseil constitutionnel, le gouvernement pourra désormais décider par décret ou arrêté de l’organisation des périodes de congés.

Ça fait penser à une nouvelle de Marcel Aymé, « Le décret », dans laquelle les grandes puissances de ce monde se mettent en tête de disposer du calendrier.

La plupart des familles qui ont le sentiment que les vacances sont trop longues ne l'auront plus le jour où les endroits dans lesquels ils vivent proposeront des activités intéressantes. Myriam Menez.

« Les chefs d'État et les ministres se mirent à consulter des traités de philosophie. Il devint évident que la notion de temps était une assez risible balançoire. Le vieux et inexorable dieu Chronos, qui avait jusqu'alors imposé la cadence de sa faux, perdit beaucoup de son crédit. Les hommes étaient maîtres du temps, et ils allaient le distribuer avec beaucoup plus de fantaisie que n'en avait mis, dans sa trop paisible carrière, le dieu découronné. »

On peut dénoncer l'escroquerie des cahiers des vacances qui sont une manne pour les éditeurs. Ils sont rarement complétés par les enfants et permettent aux parents de se donner bonne conscience. Philippe Meirieu.

On imagine Édouard Philippe et Jean-Michel Blanquer devisant ainsi sur le temps physiologique, le temps compressible, le temps subjectif... et décidant de reprendre la main sur le calendrier scolaire. Le Premier ministre, dans une procédure très rare, a saisi cet été le Conseil constitutionnel à propos de l’article L 521-1 du code de l’éducation sur les congés scolaires.

Il faut prendre en compte le temps global de l'élève : le temps de l'apprentissage, mais aussi le temps de transport, la pause méridienne, la question des devoirs à la maison (...) On a un problème relativement récent lié à la fatigue des enfants. Frédérique Rolet.

Il n’est pas question, nous dit-on, de bouleverser incessamment un calendrier qui ordonne depuis des années les transhumances estivales et le grand chassé-croisé, mais d’amorcer un début de réflexion sur la durée des vacances, leur répartition dans l’année. En premier lieu pour le bien des enfants, leur santé mais aussi la qualité de leur temps extra-scolaire.

Vous rentrez tout juste de congés, ou vous y êtes encore ? N’écoutez pas cette émission !

Nos enfants ont-ils trop de vacances ?

Julie Gacon

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Ce que l’exil fait à l’enfance...

22 Août 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Enfance

Ce que l’exil fait à l’enfance...

Ruser, trouver des passages, de l’argent, de bonnes personnes, accepter le pas en arrière, éviter les violences. Et après, qu’est-ce qu’on fait de la liberté ? Très engagée pour l’accueil des réfugiés, l’écrivaine Marie Cosnay rend la parole aux «mineurs isolés». Leur évasion est héroïque parce que réputée impossible.

Tribune. Il est question d’enfance. De jeune âge. De petites personnes quittant leur pays d’Afrique de l’Ouest, Côte-d’Ivoire, Mali, Guinée, Cameroun. Quand ils quittent, puis arrivent en Europe, là où la géographie les a menés, et l’histoire et l’habitude, ils disent à quel point ils détestent les vieux chefs d’Etat pourris de leurs pays pourris. Il y a peu de jeunes gens que laisse indifférents un Alpha Condé préparant son troisième mandat. On peut fuir et aimer. On peut fuir et vouloir. Fuir en engagement. «Voter avec ses pieds» (1).

Un jeune homme de Guinée dit : «Donne-moi un visa de deux ans, de trois ans. Je reviens dans mon pays investir ce que j’ai appris et l’argent que j’ai gagné.»

Un autre jeune homme, venu seul du Cameroun, en 2016, protégé depuis par l’aide sociale à l’enfance de Chambéry, muni d’un titre de séjour, part cet été au Cameroun (2). Qu’on mesure bien : il avait 15 ans, il était seul, il a passé le désert, déjoué les pièges, franchi la mer. Cinquante personnes avaient cette nuit-là embarqué près de Nador [dans le nord du Maroc, ndlr]. Il est l’un des douze survivants. Cela fait de lui, dit-il, un témoin. Un être d’exception et de devoir. A l’âge de 15 ans, il a laissé sa mère, l’a laissée pour toujours, visa et frontières étant ce qu’ils sont, il n’a pas dit adieu, il s’est arraché. Le retour est impossible. Partir est tragique, on ne revient jamais. Pourtant, le jeune homme de Chambéry retourne cet été au Cameroun. Avec ses éducateurs, il a bien pensé les choses : il retourne mais pas exactement. Il ne faut pas tomber dans l’œil de l’impossible. Il n’ira pas dans le village d’enfance. Il retourne mais avec une question qui n’est pas (que) personnelle. Il demande : «Comment comprendre que nos pays où les liens de famille sont forts et les enfances respectées chassent ainsi leurs jeunes ? Comment comprendre que ce sont justement les familles, oncles, tantes, marâtres, deuxièmes épouses, qui font fuir ?»

Le pays pèse comme un couvercle. Ici, rien n’est possible. Mon frère a un master en management mais rien. Les petits ne vont plus à l’école. On nous coupe l’espoir, au cœur pas de désir. Des morts-vivants enfermés dans des familles elles aussi enfermées. Allez, file ! Evade-toi. Quelles que soient les manières de le dire. Mon fils à moi a réussi l’Europe, dit la première épouse.

Je suis debout, 15 ans, j’étouffe, et ce qui rend l’aventure mortelle c’est qu’avec leurs milliards, eux, ils nous coupent les routes. Tous les moyens sont bons pour asphyxier. Frontex empêche les départs et surveille les points d’eau sur nos chemins traditionnels de passage et de fuite. On passe plus haut, plus bas. Le désert devient cimetière. Finalement, on fait de l’évasion un but. Puisqu’il n’y a pas de but. L’évasion, la route impossible, mort comprise, est le but. L’évasion, cette entreprise de vie qui comprend la mort.

On est en prison. Dans ces familles qui font violence parce qu’elles ne respirent pas. Dans le pays. Regarde bien, je vais vite : les contrôles aux frontières, à chaque frontière. Les externes, bien sûr. Mais aussi les frontières internes, à l’intérieur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Pas besoin de visa du Burkina au Niger, mais on renvoie quand même au Burkina ce jeune homme qui, au Niger, est soupçonné de vouloir partir en Europe. Sur un soupçon on le saisit, l’Europe viole le droit d’un groupement de pays d’Afrique. Qui dit irrégularité ?

L’Europe a grand intérêt à ce que les pays d’Afrique se dotent de passeports biométriques. Qu’à cela ne tienne. Quelque chose techniquement résiste, pénurie de passeports. Qu’à cela ne tienne : les Guinéens se voient privés depuis plus d’un an de passeports. Que les préfectures en France continuent d’exiger pour la délivrance des titres de séjour. Machines à empêcher. On voit bien qui fait la prison, qui presse en prison.

Être à la hauteur

Arrivés à ce niveau d’empêchement, d’injustice, point d’eau après frontière après démarche, on ne craint plus grand-chose. Si on fait un pas, un geste, un pas et un geste de combattant, il faut s’y tenir après, à l’arrivée. Si c’est le salut (survivant de la Méditerranée), il faut drôlement être à la hauteur.

Parfois, un trajet très difficile, victorieux, nous tient. Pousse. De légers traits paranoïaques : on ne fait plus bien la différence entre empêchement et empêchement. Refus d’un trois fois rien, c’est l’explosion.
Tu as touché terre et tu as un sentiment incroyable de victoire, il y a eu les années de désert et d’Algérie, et celles du Maroc. La traversée, peur immense, immense excitation. La rapidité, sur la fin. Une course contre le temps. S’évader, c’est faire vite, vite. Je suis arrivé à Tanger le 2 mai. Le 4, je mettais le pied en Espagne. Je donnais mes empreintes, une date de naissance de mineur, quelques jours en centre, on ne peut pas faire mieux ni plus vite, un gardien a laissé la porte ouverte, une nuit de marche à travers l’Andalousie, au matin me voilà à Séville, et la suite. Le 15, dans le sud de la France, le 20 mai à Paris. La suite. La suite. Vite.

Qu’est-ce qu’on fait de la liberté ? Le but, c’était le danger, le but, c’était de rester affolé. Il fallait ruser, trouver des passages, de l’argent, de bonnes personnes, accepter le pas en arrière, dénicher un coin de forêt, éviter les violences. Qu’est-ce qu’on fait de la liberté ? D’abord, on savoure, se repose à l’hôtel, au début un quatre-étoiles, après il y a les bêtes et les odeurs. On ne sort pas beaucoup, un peu piqué d’inquiétude, bientôt en désir de décisions. On nous dit d’attendre. Ici même les alliés, dont on comprend assez vite qu’ils ne sont pas payés, on les appelle quand même les associations, posent trop de questions, disent ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas, absolument, surtout et surtout pas. Attendre. Qu’est-ce qu’on fait de la liberté ?
Quand un geste, un salut t’a donné une responsabilité de témoin, l’angoisse que ça s’arrête. Tu cherches le danger. En jouant contre toi mais qui sait ? Autrefois aussi tu étais poussé : mon fils à moi, il est parti. Que faire de ton extraordinaire victoire ? Un danger, un autre, encore ? Tu passes ici les évaluations, voici l’ordalie des papiers, des tests osseux. Rien, ici, n’a à voir avec la mort, les vagues, la nuit ou les moustiques du Maroc. Le danger ici, tu le dis très bien, c’est de devenir fou.

Hier, tu te jetais dans la mer, un pneu noir autour du cou, il fallait éviter le rouge des gilets de sauvetage, rouge qu’aperçoivent les Marocains qui te ramènent à terre avant que tu ne sois dans les eaux espagnoles, hier, tu te jetais dans la mer et au bout de la nuit, après que vous aviez bien tourné en rond, tu apercevais les oiseaux de l’Espagne et de l’Europe, ceux qui virevoltent près des terres, victoire, tu t’étais jeté du bord vers l’autre bord. Aujourd’hui, tu tournes en rond de dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (Demie) en centre d’information et d’orientation (CIO) et dans le meilleur des cas, tu apprends les sigles par cœur.
Je ne veux pas, de ce côté du monde où on fait tout pour ne rien risquer, trouver ton exil romantique. Mais c’est toi qui le dis : tu t’es conduit en héros et cela te donne, avec fragilité, une grande force. Cette force est partagée. Tu fais et t’évades. D’autres empêchent qu’on s’évade, ils emmurent. Je crois que nous vivons toi et moi dans un monde où on définit l’héroïsme d’une même manière : du côté de l’élan, de la vie qui décide, est libre et libère. Pas du côté où on se laisse mourir et où on laisse mourir. Même dans notre Europe mortifère emmurée, on admire les figures valeureuses qui avancent alors même qu’on leur dit de ne pas avancer, qui avancent pour se sauver et pour sauver. Malgré Frontex aux points d’eau, malgré les drones et les polices aux frontières, malgré les fossés, les barbelés, les lames de Ceuta, malgré celles de la mer d’Alborán. Malgré un tout petit bonhomme qui parle d’une façon très inconvenante, malgré d’autres qui se taisent et c’est pire, malgré un minuscule navire de guerre qui empêche de rentrer au port quand on y arrive. On n’imagine pas que quelqu’un un jour s’extasie de la figure d’un emmureur, d’un empêcheur obéissant, qu’il en fasse un portrait élogieux.

J’avais écrit : ce que ça fait à la vérité. Ce que ça fait à l’enfance. L’enfance en exil doit, une fois arrivée en Europe, en France en tout cas, s’expliquer, elle doit dérouler sa chronologie, réduire son parcours, en répéter les étapes, les dates, se faire l’interprète de sa société, de sa culture, elle doit se montrer isolée et vulnérable. Elle l’est malgré la grande force. Elle trouve et ouvre des brèches même quand il n’y a qu’impossibilités.

On gagnera

Pour qu’on te dise mineur, ce qui est ta seule chance, si tu viens d’Afrique de l’Ouest, de vivre légalement en France, il faut que l’état civil de ton pays ressemble à celui de la France, alors on fait tout au pays pour qu’il y ressemble. Comme il se doit tu fais mourir ton père et si on te dit que lui seul pouvait demander pour toi ce document que tu viens de recevoir tu diras que ton oncle porte le même nom que ton père, à chaque empêchement tu trouveras un récit, à chaque opposition une fiction mais la fiction sera plus vraie que le vrai. Ce que ça fait à la vérité ? Ça l’a fait déborder. Bien sûr mon père est mort, ce qui ne veut pas dire que mort comme il est il n’a pas pu gagner pour moi le papier, la vérité, c’est que j’ai besoin d’une porte et je la trouverai. La chercher chaque fois serait assez excitant, un véritable exercice de liberté, si ce n’était si dangereux. On ruse, slalome, on gagnera, parce qu’on en a besoin, parce qu’on est d’une force considérable, parce qu’on a des capacités d’invention plus grandes que n’en auront jamais les emmureurs, les empêcheurs obéissants. Parce qu’on a du talent pour l’évasion.

(1) La harga,le «départ», seule option politique : lire article de la chercheuse Farida Souiah sur www.hal.archives-ouvertes.fr.

(2) Chez moi ou presque, de Stéphane Ngatcheu, éd. Lettres communes-les Presses du réel (octobre).

Dernier ouvrage paru : les Enfants de l’aurore, Fayard (mars), le récit d’exil de trois adolescents inspiré de l’Iliade.

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Rentrée scolaire : "Le cartable est un enjeu social"...

21 Août 2019 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Rentrée scolaire : "Le cartable est un enjeu social"...

Le cartable est "l'image de l'enfant dans la cour de récré", affirme Isabelle Cussac-Mazarguil, fondatrice du label "Approuvé par les familles".

"Le cartable est un enjeu social", a observé mercredi 21 août sur france-info Isabelle Cussac-Mazarguil, directrice de Génération & Co et créatrice du label "Approuvé par les familles".

Les parents "laissent la part à l'enfant dans la décision d'achat", car ils "considèrent que le cartable, la trousse, comme la tenue de rentrée sont des achats à caractère social, c'est l'image de leur enfant dans la cour de récré, qui est la société de l'enfant", a-t-elle ajouté.

Le sac à dos plébiscité, les fournitures écologiques boudées

On trouve alors des cartables dès la maternelle, "pour faire comme les grands". Mais à partir du CM1 ou CM2, "le cartable laisse de plus en plus la place au sac à dos". Ce dernier "règne en maître sur le collège", et on va y trouver "des motifs 'kawaii', fleuris [...] et cette fameuse marque Eastpak".

Quant à la tendance écoresponsable du moment, Isabelle Cussac-Mazarguil estime qu'elle est "aujourd'hui encore plutôt réservée au domaine alimentaire ou de l'hygiène", car les parents privilégient "le bon rapport qualité-prix". "Ils sont moins d'1% à accepter de payer plus cher pour un produit écoresponsable." Les produits écoresponsables qui remportent le plus de succès sont ceux qui ne sont pas plus chers que les autres, "ce sont les basiques : les colles, les gommes, les crayons de papier".

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Des pokémons à l'Elysée ? Comment repérer un site satirique (1er degré)...

20 Août 2019 , Rédigé par Clemi Publié dans #Education

Le CLEMI produit une série de modules vidéo à destination des enseignants, illustrant des cas concrets d’éducation aux médias et à l’information dans le premier et le second degrés.  Objectif ? Développer l'esprit critique des élèves. Ces modules vidéo ont été réalisés et montés à partir d'ateliers filmés en classe (les "ateliers Déclic' Critique") d'une durée d'environ 1h. Ils sont l'illustration d'une séance pédagogique dans une classe donnée.

Pour ce septième numéro, nous nous sommes intéressés au site satirique Le Gorafi. Comment des élèves de CM1 réagissent-ils devant des articles du Gorafi ? Comment identifier un site satirique ? Quels sont les bons réflexes à acquérir pour vérifier la nature d'un site web ? C’est le thème de ce nouveau numéro de Déclic’Critique.

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Marseillaise et drapeaux à l'affiche de la rentrée scolaire?... Par Claude Lelièvre...

20 Août 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

La loi publiée au BO du 26 juillet indique que "l'emblème national de la République française, le drapeau tricolore bleu blanc rouge, le drapeau européen, la devise de la République et les paroles de l'hymne national sont affichés dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degrés publics et privés sous contrat".

Et cela dès cette rentrée scolaire, avec quelles applications et quels commentaires? On le sait, cela a commencé par une opération foncièrement politique (voire politicienne).

 Le 11 février 2019, le député ''LR'' Eric Ciotti défend un amendement qu'il a déposé avec quelques autres parlementaires lors de la discussion à l'Assemblée nationale du projet de loi.: ''cet amendement tend à faire en sorte que le drapeau français soit installé dans chaque classe de . chaque école de la République. Nous avons évoqué La Marseillaise ; nous parlons maintenant du drapeau français. Nous devons aujourd’hui réaffirmer la nécessité de poser sur le chemin des élèves de l’école de la République des repères, d’ériger des digues contre les fléaux qui les menacent, notamment le radicalisme et l’islamisme. Adhérer aux valeurs de la République, la faire aimer,  faire aimer le drapeau français et faire chanter La Marseillaise participent de cette volonté de restaurer, au sein de l’école de la République, la prééminence des valeurs qui ont fait la force et la grandeur de notre nation''.

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer répond dans un premier temps en s'inscrivant sur ce point dans la continuité de ses prédécesseurs (en faisant valoir des arguments qui méritent d'être connus et rappelés): ''Que les enfants connaissent la Déclaration des droits de l’homme, qu’ils chantent La Marseillaise et que le drapeau soit présent dans l’école est un objectif fondamental. Comme vous le savez, le code de l’éducation prévoit déjà chacun de ces éléments à l’échelle de l’école. Vous proposez qu’ils soient dorénavant présents à l’échelle de la classe.
Je ne dis pas que c’est une proposition absurde, mais je ne pense pas qu’il soit souhaitable de multiplier les affichages en classe pour des raisons pratiques assez évidentes. Nous devons, en revanche, nous attacher à ce que les élèves acquièrent une véritable connaissance de ces éléments. Or cela ne dépend pas tant  d’une présence dans la classe que dans les programmes et dans la formation continue des professeurs, et tout simplement du fait que les inspecteurs de l’éducation nationale s’assurent de l’effectivité de ces apprentissages.C’est exactement le sens des consignes que j’ai pu donner depuis que je suis au ministère, dans la continuité des mesures importantes prises au cours des deux quinquennats précédents. J’ai approfondi ce sillon, notamment au travers des repères annuels que nous avons fixés pour l’école primaire
''.

Mais d'autres députés ''LR'' prennent la parole et soutiennent l'amendement présenté par Eric Ciotti. Il y a une suspension de séance à l'issue de laquelle est proposé (et voté) un ''compromis historique''(?) à la suite de ''propositions faites par le Gouvernement, avec l’aval du premier signataire de l’amendement n102 (Eric Ciotti).'' Cet amendement, rectifié, est désormais ainsi rédigé : « La présence de l’emblème national de la République française, le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, du drapeau européen ainsi que des paroles du refrain de l’hymne national est obligatoire dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degrés, publics ou privés sous contrat. ».

On ne sait pas en quoi la présence dans toutes les classes du drapeau tricolore et du drapeau européen va (par magie?) être de nature à assurer la compréhension et l'intégration du sens des'' valeurs'' invoquées. Et lesquelles? Cela en dit long sur la méconnaissance du travail effectivement possible et nécessaire dans le cadre de l'Ecole; et sur la dénégation (voire l'arrogance) en la matière portée par nombre de parlementaires avant tout soucieux de se placer sans vergogne dans la sphère politique (voire politicienne)

L'hebdomadaire "Le Point'' n'hésite pas à titrer le 12 février 2019: ''Les drapeaux français flotteront bientôt dans les classes''. A vrai dire la dépêche AFP reprise en-dessous de ce titre ronflant est plus proche de ce qu'il vient de se passer et qui va être mis en place: "Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a jugé ''important'' de jouer le jeu de l'ouverture en prenant en compte des propositions de l'opposition parlementaire. Il a assuré que la mesure pouvait s'appliquer ''de façon très simple avec une affiche à des coûts tout à fait assummables par le ministère". On y est, en cette rentrée scolaire 2019 ...

Eric Ciotti n'en triomphe pas moins sur son compte tweeter le 14 août dernier: "Grâce à mon amendement, chaque classe est ornée d'un drapeau français et des paroles de la Marseillaise. Nos enfants doivent être éduqués et bercés dans l'amour de la France"

Il se pourrait en effet qu'Eric Ciotti soit moins sensible qu'on le croit aux "mâles accents'' de la Marseillaise ( on sait qu' il a fait intervenir en son temps François Fillon lui-même pour échapper au service militaire) et qu'il préfère la version ''berceuse''

On indiquera donc à la ''nounou berceuse'' Eric Ciotti que cette version existe bien d'ores et déjà. Images correspondant à '' marseillaise'' version ''berceuse''

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Quant à ''l'affiche'', c'est parti pour les éditeurs scolaires. On en prendra pour exemple celle déjà disponible chez Berger-Levrault

La Marseillaise - Plaque/Affiche rigide (Loi Blanquer)

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En prime ( et en clair si l'on peut dire) les 7 couplets de la Marseillaise reproduits sur l'affiche

I.
Allons enfants de la Patrie, Le jour de gloire est arrivé ! Contre nous de la tyrannie, L’étendard sanglant est levé, (bis) Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats ? Ils viennent jusque dans vos bras, Égorger vos fils, vos compagnes !

Refrain
Aux armes, citoyens Formez vos bataillons, Marchons, marchons ! Qu’un sang impur Abreuve nos sillons !

II.
Que veut cette horde d’esclaves ,De traîtres, de rois conjurés ? Pour qui ces ignobles entraves, Ces fers dès longtemps préparés ? (bis) Français, pour nous, ah ! quel outrage ! Quels transports il doit exciter ! C’est nous qu’on ose méditer De rendre à l’antique esclavage !

(Refrain)

III.
Quoi ! des cohortes étrangères, Feraient la loi dans nos foyers ! Quoi ! ces phalanges mercenaires Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis) Grand Dieu ! par des mains enchaînées Nos fronts sous le joug se ploieraient  De vils despotes deviendraient Les maîtres de nos destinées !

(Refrain)

IV.
Tremblez, tyrans et vous perfides L'opprobre de tous les partis, Tremblez ! vos projets parricides Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis) Tout est soldat pour vous combattre, S'ils tombent, nos jeunes héros, La terre en produit de nouveaux, Contre vous tout prêts à se battre !

(Refrain)

V.
Français, en guerriers magnanimes, Portez ou retenez vos coups ! Épargnez ces tristes victimes, À regret s'armant contre nous. (bis) Mais ces despotes sanguinaires, Mais ces complices de Bouillé Tous ces tigres qui, sans pitié,Déchirent le sein de leur mère !

(Refrain)

VI.
Amour sacré de la Patrie Conduis, soutiens nos bras vengeurs Liberté, Liberté chérie, Combats avec tes défenseurs ! (bis) Sous nos drapeaux, que la victoire Accoure à tes mâles accents, Que tes ennemis expirants Voient ton triomphe et notre gloire !

(Refrain)

VII. (Couplet des enfants)Nous entrerons dans la carrière Quand nos aînés n’y seront plus Nous y trouverons leur poussière Et la trace de leurs vertus (bis )Bien moins jaloux de leur survivre Que de partager leur cercueil Nous aurons le sublime orgueil De les venger ou de les suivre !

On souhaite bien du plaisir aux enseignants ( de la maternelle à la terminale..) pour expliquer et commenter l'affiche placée dans chaque classe. Et d'abord ''le sang impur'' qui l'éclabousse.

Claude Lelièvre

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