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Vivement l'Ecole!

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Jean-Michel Blanquer, le ministre que les profs détestent - Vidéo

28 Mars 2022 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

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Lycée professionnel: Macron et Mélenchon, deux visions pour une filière

28 Mars 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Lycée professionnel: Macron et Mélenchon, deux visions pour une filière

Les candidats de LREM et LFI font de la voie professionnelle un axe important de leur projet pour l’éducation. C’est inédit tant le sujet, qui concerne pourtant un tiers des lycéens, ne déchaîne habituellement pas les passions. Mais entre le penchant libéral de l’un et plus égalitaire de l’autre, il y a un monde.

Voilà qui est inhabituel. Dans cette campagne présidentielle, deux candidats de premier plan affichent la voie professionnelle comme un axe majeur de leurs préoccupations en matière d’éducation. Jean-Luc Mélenchon, qui fut ministre délégué chargé de ce sujet entre 2000 et 2002, en parle depuis des mois. Emmanuel Macron, lui, l’a symboliquement cité en premier à l’heure d’aborder son programme éducatif lors de sa conférence de presse fleuve, le 17 mars. Le sujet, loin d’être anecdotique, concerne un tiers des lycéens. Mais il ne déchaîne généralement pas les passions.

La voie professionnelle, «c’est la grande méprisée parce qu’elle accueille des élèves des catégories populaires», lâche Paul Vannier, coanimateur du livret éducation chez La France insoumise. «Quand vous parlez de lycée pro, dans l’opinion générale, ça concerne les autres. Les familles qui vont voter sont les familles les plus éduquées. Souvent – pas toujours –, elles n’ont pas leur enfant en lycée pro», analyse quant à lui Pascal Vivier, secrétaire général du Snetaa-FO, syndicat majoritaire chez les profs de cette voie.

Preuve que l’opinion – et les médias – s’en cognent ? Mélenchon propose de donner 1 063 euros par mois aux lycéens professionnels à partir de 16 ans, or «c’est du même acabit que la proposition d’Hidalgo de doubler les salaires de tous les profs. C’est une annonce qui aurait pu avoir un effet de choc et personne n’en parle, parce que tout le monde s’en fout», résume Pascal Vivier. Le candidat de gauche propose également, pêle-mêle, de construire davantage d’établissements, de rétablir le bac pro en quatre ans (il est passé à trois ans en 2009), de garantir davantage de places pour les lycéens professionnels dans l’enseignement supérieur ou de créer des filières répondant «aux besoins de la bifurcation écologique». Sur ce dernier point, l’idée est de «sortir du plastique», indique Paul Vannier, en formant des jeunes au bois, au bio, au démantèlement de centrales nucléaires… «Il faut des techniciens capables d’entretenir des éoliennes», illustre-t-il.

«Donner 1 063 euros par mois aux lycéens professionnels à partir de 16 ans, c’est du même acabit que la proposition d’Hidalgo de doubler les salaires de tous les profs. C’est une annonce qui aurait pu avoir un effet de choc et personne n’en parle, parce que tout le monde s’en fout.» —  Pascal Vivier, secrétaire général du Snetaa-FO, syndicat majoritaire dans la voie professionnelle

«Sanctuaire préservé»

Macron, lui, entend «revoir la carte des formations dans chaque lycée pour mieux tenir compte des besoins des territoires» et accorder une gratification, prise en charge par l’Etat, pour toutes les périodes de stage (18 à 22 semaines sur trois ans). Mais surtout, surtout, développer les liens entre l’école et l’entreprise. Et ça démarrerait dès le collège. Chaque semaine, une «demi-journée avenir» permettrait ainsi de découvrir des savoirs pratiques, manuels et numériques. «L’orientation est toujours une faiblesse du système. Ça ne peut pas être du seul ressort des enseignants, il faut s’appuyer sur le monde professionnel», défend l’équipe de campagne de Macron.

Des intervenants extérieurs pourraient ainsi être invités à venir parler de leur métier, les élèves aller visiter des entreprises ou des lycées pro. «Why not», réagit Pascal Vivier, mais sous certaines conditions : «L’école doit rester un sanctuaire préservé de toutes les pressions, y compris économiques. Les collégiens ont entre 11 et 14 ans, ce sont des enfants, donc face à eux, les professionnels, ça doit être des enseignants», idéalement de la voie professionnelle.

Macron va plus loin : après avoir développé l’apprentissage dans le supérieur (près de 900 000 contrats étaient en cours fin 2021, principalement post-bac, contre 478 000 deux ans plus tôt, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques), il souhaite faire de même chez les lycéens. S’attirant les foudres de nombre de professeurs du secteur. «On est dans un modèle libéral où la formation professionnelle ne relève plus de l’Education nationale. Le projet pour ces jeunes, ce n’est pas d’en faire des citoyens mais des ouvriers. Les patrons choisiront leurs ouvriers et les feront bosser», prédit Vincent Magne, enseignant de lettres et d’histoire à Troyes.

Sigrid Gérardin, co-secrétaire générale du Snuep-FSU, abonde : «L’apprentissage, c’est une formation patronale. On considère donc qu’un tiers de la jeunesse lycéenne doit aller au boulot et se former sur le tas. Qu’un tiers de la jeunesse lycéenne ne doit plus être géré par l’Education nationale mais par les entreprises.» Fantasme de gauchiste ? Interrogée par nos soins sur l’éventuel projet de Macron de créer un secrétariat d’Etat à la formation professionnelle rattaché au ministère du Travail, duquel dépendraient les lycées professionnels, l’équipe du candidat botte en touche : «Ce ne sont pas des sujets qu’on aborde maintenant.» A rebours de cette approche libérale, Jean-Luc Mélenchon propose de «supprimer les aides à l’apprentissage versées aux entreprises de manière à privilégier la formation professionnelle sous statut scolaire».

«Machine à reproduction sociale»

Au-delà de l’idéologie, le projet de Macron de développer l’apprentissage est souvent jugé irréaliste. «Les entreprises, quoi que vous leur donniez comme argent, elles ne veulent pas de nos gamins parce qu’ils sont mineurs et elles veulent des gamins qui soient en capacité de se gérer – d’arriver à l’heure, de mettre à distance leurs soucis… Or, ils arrivent avec de lourds handicaps sociaux, mnésiques, certains sont délinquants…», déroule Pascal Vivier. En 2019, tant au niveau CAP que bac pro, un quart des contrats d’apprentissage étaient interrompus avant leur terme, du fait de l’entreprise ou du jeune, selon les chiffres de la Dares et de la Depp, les services statistiques des ministères du Travail et de l’Education nationale. La proportion atteint 71% en bac pro Esthétique cosmétique parfumerie. Comment, dès lors, croire en un déploiement serein de l’apprentissage chez ces élèves ? L’équipe de campagne d’Emmanuel Macron reconnaît qu’il y a «des efforts à fournir» mais se veut rassurante : «Le lycée professionnel ne va pas devenir un CFA [centre de formation d’apprentis] géant. Il joue un rôle social qui reste majeur.»

Les pions avancés par Macron depuis cinq ans permettent toutefois de s’interroger. Conséquence de la réforme enclenchée en 2019«un élève en bac pro cette année n’a plus que 1 h 15 de français et 1 h 15 d’histoire par semaine. En huit heures, évaluation comprise, je dois faire la guerre froide, la construction européenne, la décolonisation et le monde après 1990, déplore Vincent Magne. On supprime progressivement tout ce qui fait d’eux des citoyens. On ne va peut-être pas en faire des historiens, mais au moins leur donner les clés de compréhension du monde. On ne devrait les former que dans une vue utilitariste ?» Jean-Luc Mélenchon entend au contraire «renforcer les enseignements généraux dans la voie professionnelle».

Dès lors, que faire du lycée pro et de ses 650 000 élèves ? Un consensus émerge : il est impératif de revoir diplômes et filières et de cesser d’envoyer des hordes d’ados dans des voies tertiaires qui ne leur assureront ni boulot ni études supérieures. Mais aux candidats qui pensent «besoins des entreprises», «métiers en tension» ou «métiers d’avenir», le collectif Une voie pour tous, qui se bat pour une réforme de la voie professionnelle, apporte un autre son de cloche. «Ça doit se faire en adéquation avec des réalités d’emploi mais surtout avec les ambitions des élèves. Le but ultime n’est pas forcément de trouver un emploi mais de se trouver, de s’épanouir», défend Dylan Ayissi, fondateur du collectif et ancien élève de filière professionnelle. La clé ? Ouvrir des filières dans «tous les secteurs», et permettre ainsi aux lycéens de se projeter dans des domaines aussi variés que le travail social ou l’audiovisuel. «Le lycée professionnel est une machine à reproduction sociale. Ce n’est pas anodin si des métiers pas valorisés sont proposés à des enfants de personnes aux métiers pas valorisés, complète Dylan Ayissi. Or ça ne peut pas être valorisé si 90% des élèves sont là par défaut.»

Elsa Maudet

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La mission McKinsey sur l'évolution du métier d'enseignant: une dépense évitable pour un travail dont la valeur ajoutée reste à démontrer

28 Mars 2022 , Rédigé par Sénat Publié dans #Education

https://focus.nouvelobs.com/2022/03/22/451/0/5339/2669/1377/667/75/0/cf9a915_841943981-rtrmadp-3-usa-mckinsey-nevada.JPG

Extrait du RAPPORT FAIT au nom de la commission d’enquête sur l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques sur « Un phénomène tentaculaire : l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques »

SENAT 16 mars 2022

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LA MISSION DE MCKINSEY SUR L’ÉVOLUTION DU MÉTIER D’ENSEIGNANT : UNE DÉPENSE ÉVITABLE POUR UN TRAVAIL DONT LA VALEUR AJOUTÉE RESTE À DÉMONTRER

À partir des informations qui lui ont été transmises par les ministères, la rapporteure a pu apprendre que le cabinet McKinsey avait réalisé en 2020 une mission portant sur « l’évolution du métier d’enseignant » pour le compte de la DITP et du ministère de l’Éducation nationale. Le coût de cette mission pour l’État s’élève à près de 500 000 euros, soit 3 312 euros par jour de consultant mobilisé

Dès le départ de la mission, le recours à McKinsey ne présentait pas d’intérêt démontré. Avec le recul, cette décision apparaît à la fois coûteuse et inopportune. Les principales conclusions de la commission d’enquête

– La nécessité de recourir à McKinsey ou à un cabinet de conseil de façon générale pour réaliser cette mission n’est pas démontrée.

– Le ministère de l’Éducation nationale n’a pas véritablement cherché à mobiliser ses propres ressources prospectives. – Les livrables initialement commandés au profit de la mission d’expertise de M. Yann Algan n’ont pas été utilisés pour le colloque de l’UNESCO de mars 2020, finalement annulé en raison de la crise sanitaire.

– Ils ont été réutilisés comme « une source parmi d’autres » pour un second colloque, organisé le 1er décembre 2020 au Collège de France. S’ils ont pu alimenter la réflexion du ministère, ce dernier indique qu’il « n’est pas possible de déterminer [leurs] conséquences directes » sur le métier d’enseignant.

– Ces livrables consistaient surtout à rassembler des comparaisons et études de cas internationaux, à partir de données publiques. Leur valeur ajoutée apparaît donc réduite, alors que la journée des consultants de McKinsey a été facturée à 3 312 euros.

– Les études thématiques réalisées au titre du « droit de tirage » (rémunération au mérite des professeurs et gouvernance des établissements scolaires) ont surtout eu pour objet d’argumenter en faveur des positions du ministère. Ils ont été produits sans consulter la communauté enseignante.

– La décision du ministère et de la DITP d’engager près de 500 000 euros pour la réalisation de cette mission apparaît avoir été faiblement fondée au départ et inopportune a posteriori.

1 McKinsey ayant mobilisé 150 jours de consultants sur cette mission (source : contribution écrite du cabinet)

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous. L'étude cas se trouve p 299 et suivantes

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L’écologie, nouvelle matière principale à l’école ?

28 Mars 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

L’écologie, nouvelle matière principale à l’école ?

C'est une proposition portée par des scientifiques, des sportifs, des artistes : faire entrer l’écologie à l’école, mais par la grande porte. Explications.

Comme une matière principale, c’est ce qui est proposé par l’association Water family qui a publié un manifeste et un appel à signature pour pousser ce sujet dans les débats de la présidentielle.

Pour le moment, plus de 1000 personnes ont signé, on y trouve entre autres Laury Thilleman (Miss France 2011, présentatrice télé), Isabelle Pelloux (fondatrice de l’école du Colibri), Pauline Ado (championne du monde de Surf), ou encore Gilles Bœuf (professeur de biologie à Sorbonne Université).

Water family : une association engagée sur l'éducation

C’est ce qu’on peut lire sur leur site : « La Water Family a pour mission d’éduquer à la préservation de l’eau, de notre santé et de l’ensemble du vivant. Depuis 2009, elle développe notamment des programmes pédagogiques complets pour les scolaires, les entreprises et les événements. Le tout avec une approche d’éducation positive et une valorisation des bonnes pratiques ! »

Donc on est dans le thème !

L’écologie est une matière transversale à l’école, mais cette association propose d’en faire une matière principale

Exactement et je ne vous cache pas qu’au départ je me suis dit : c’est fort ambitieux et serait-ce vraiment utile…d’autant qu’aujourd’hui l’éducation au développement durable est déjà un thème scolaire (renforcé notamment par une circulaire de 2020).

Mais en y regardant de plus près sur cet appel on est dans une approche très scientifique pour éduquer les écoliers au vivant.

Ce qui me donne l’occasion de rappeler une définition scientifique du mot écologie : « Etude des milieux où vivent les êtres vivants, ainsi que des rapports de ces êtres avec le milieu » (Petit Robert), puis il y a la définition plus courante : « doctrine visant à un meilleur équilibre entre l’homme et son environnement naturel ainsi qu’à la protection de ce dernier ».

La mise en pratique

Question essentielle, j’ai posé la question à Gilles Bœuf qui est porte-parole de l’association Water family (il les soutient), il est professeur de biologie à Sorbonne Université, ancien Président du Muséum national d’histoire naturelle. Imaginons que l’écologie soit devenue une matière principale à l’école, qu’est-ce qu’Augustin, mon fils de 5 ans en grande section apprendrait dans sa classe 9 avec sa maîtresse Anne ? Du concret et du terrain !

► Retrouvez l'interview complète de Gilles Bœuf (professeur de biologie à Sorbonne Université)

► Vous connaissez une initiative qui peut participer à la transition écologique ? Contactez Valère Corréard.

Les invités

Gilles BoeufBiologiste et ancien président du Museum national d’histoire naturelle

Valère Corréard

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Election présidentielle 2022 Pour des politiques : de formation pédagogique, d'ouverture vers la recherche et la documentation, de fin des « ghettos scolaires »

27 Mars 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Une Ecole pour ce XXIe siècle qui commence aujourd'hui... (3)
Election présidentielle 2022
Pour des politiques : de formation pédagogique, d'ouverture vers la recherche et la documentation, de fin des « ghettos scolaires »
Pour une politique de formation pédagogique des personnels éducatifs et des acteurs sociaux en général.
Un établissement pédagogique constitue une communauté éducative où chacun a sa part dans la prise en charge des enfants et des jeunes qui lui sont confiés. À la création des MAFPEN (Missions académiques de formation des personnels de l’éducation nationale) par Alain Savary, en 1982, une pratique s’était développée dans certaines académies de ne pas réserver la formation « pédagogique » aux seuls enseignants. Certains chefs d’établissement novateurs trouvaient pertinents de proposer à l’ensemble des personnels de leur établissement (enseignants, surveillants, documentaliste, personnel administratif) des formations généralistes (l’évaluation, la Pédagogie de projet, l’orientation par exemple, la violence) sur des journées banalisées. Révolutionnaire, dans le contexte : un établissement fermé pour que l’équipe éducative pense collectivement l’éducation. Certes la situation était très inégale d’une académie à l’autre et la création des IUFM en 1989 a quelque peu « cassé » ce processus au profit de formations plus ciblées, voire teintées de corporatisme. Mais cette vision globale, généreuse, serait sans doute à revisiter. Dans les zones sensibles par exemple, cela permettrait – pour la communauté des adultes de l’établissement – de parler un langage commun.
Pour une politique d’ouverture vers la recherche et la documentation pédagogique
La recherche pédagogique et didactique souffre en France d’une absence de diffusion et de vulgarisation intelligente. Les revues disciplinaires spécialisées restent le plus souvent confidentielles. La documentation pour la classe est considérée comme incombant aux enseignants qui investissent à titre privé dans du matériel pédagogique (heureusement aidés désormais par les richesses trouvées sur internet ou par des outils de plus en plus performants à condition que ces même performances soient maîtrisées par l'enseignant ET par les élèves). Les revues généralistes « pédagogiques » sont rares et reflet d’un certain militantisme, ce dernier terme n'étant pas un « gros mot », bien au contraire. Ainsi, Les Cahiers Pédagogiques – dont la qualité est unanimement reconnue - sont la revue du CRAP (Cercle de Recherche et d’Action Pédagogique), mouvement pédagogique dans la mouvance du courant de l’Éducation nouvelle, et dont la devise est : changer l’école pour changer la société, changer la société pour changer l’école !
L’État et les collectivités territoriales – selon leur niveau de compétence – doivent contribuer désormais et de façon ambitieuse à ce que chaque établissement soit le bénéficiaire d’une large diffusion des outils professionnels nécessaires à un enseignement de qualité (ouvrages, revues, CD Rom, accès à internet et toutes les autres innovations à venir tant ces innovations sont nombreuses). Ce propos peut surprendre tous ceux qui bénéficient déjà d’un environnement professionnel riche. Il faut se méfier de l’effet métropole et de la vision induite par les établissements urbains (voire même centre-ville). À côté de beaucoup d’acteurs qui pourraient trouver ce propos évident, combien y a-t-il de petites communes, d’établissements sans marge de manœuvre financière, qui ne peuvent se permettre d’offrir de telles possibilités à leur personnel, parfois débutant. D’ailleurs, puisque les collectivités territoriales gèrent pour partie l’école (commune), le collège (département) et le lycée (Région) pourquoi ne pas imaginer que l’État finance la diffusion de données professionnelles plus globales ? Pourquoi ne pas imaginer que les sites académiques en ligne, s’ouvrent davantage aux enseignants en permettant des débats, des propositions originales au lieu de rester – avec un bonheur bien inégal – « la » parole institutionnelle descendante de ce qu’il convient de faire en classe ?
Pour une politique de « casse des ghettos socio-scolaires »
D’une manière générale, la « maison école » est à construire en étudiant, de manière positive, les propositions des professeurs, des parents, des habitants des quartiers « difficiles » (ou pas) qui ont légitimement une expertise. Les actions ou projet d’actions, portés par chacun en concertation avec les autres, permettront de construire un sens collectif pour l’École. Il y a un déficit grave de réelle communication autour de l’École. À tous les échelons, les informations sont souvent descendantes ou, en tout cas, perçues comme telles. Les institutions et les usagers quotidiens de l’École doivent se parler, se connaître, se comprendre et agir ensemble. Tout projet doit être visible et lisible pour tous les usagers de l’École. Pour cela, la coopération doit être totale entre l’École, les institutions territoriales concernées et ceux qui les élisent finalement… parents et enseignants.
Christophe Chartreux
 
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Contrôle continu au bac : “Les élèves scrutent leur moyenne comme on suit le cours de la Bourse”

27 Mars 2022 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education

https://www.moneyvox.fr/i/media/05i/005470ia0e.jpg

Cette année, le contrôle continu compte pour 40 % de la note obtenue au bac. Une petite révolution qui favoriserait un rapport obsessionnel aux notes qui sont désormais auscultées, évitées, négociées.

Bachotage. Voilà un mot dérivé de l’argot « bachot » qui a connu un succès croissant pendant près d’un siècle et demi. C’était l’époque où les élèves de Terminale vivotaient de septembre à mai, puis mettaient les bouchées doubles à l’approche des épreuves, noyés sous des piles de cahiers. Un rythme que la réforme du lycée est venue bouleverser. Désormais, le contrôle continu représente 40 % de la note obtenue au bac. Plus moyen d’être insouciant jusqu’à la dernière ligne droite, où l’élève plongeait tête baissée dans ses révisions. En 2022, pas moins de sept disciplines sont concernées : les langues vivantes A et B, l’histoire-géographie, l’enseignement moral et civique, l’enseignement scientifique en filière générale ou les maths pour la voie technologique, la spécialité choisie uniquement en Première et enfin l’EPS. Dans ces matières, « les élèves n’ont plus droit à l’erreur. Ils sont stressés en permanence et les notes auscultées, négociées, évitées… » lâche Claire, professeure d’histoire-géographie à Paris.

À chacun sa stratégie. « Certains sont passés maîtres dans l’art du contournement. Ils ne viennent qu’aux évaluations où il est facile d’avoir une bonne note. Le reste du temps, ils produisent un certificat médical, donc on est censé leur proposer un rattrapage, mais ils savent bien qu’on ne peut pas organiser des épreuves de quatre heures au débotté. Donc ils truandent », souligne-t-elle. Pour éviter ces dérives, Jean-Michel Blanquer a demandé aux établissements de produire un protocole matière par matière incluant le nombre et le type d’évaluations par trimestre qui compteraient pour le bac. « On a mis des formulations vagues sinon on savait qu’on aurait les parents contre nous », avoue cependant Claire. « Les élèves sont obsédés par leur moyenne qu’ils regardent monter ou baisser sur Pronote, comme on suit le cours de la Bourse », affirme Amélie. Cette enseignante dans un lycée rural de l’ouest de la France ne décolère pas : « Ils n’ont plus la tête à ce qu’ils font, pendant nos cours ils pensent au bac quand ils ne s’inquiètent pas pour Parcoursup. Ça gâche le plaisir d’apprendre, car plus rien n’est gratuit. » Et cela encouragerait selon certains une forme de « clientélisme » chez des lycéens. Pour gonfler sa moyenne, on peut éviter certaines évaluations, mais aussi négocier pied à pied chaque note. « L’an dernier, les élèves insistaient pour avoir une deuxième, une troisième voire une quatrième chance de rattraper une note », déplore Mélanie (le prénom a été changé), professeure d’anglais dans le nord de Paris, qui a constaté les effets pervers du système en 2021 lorsque – Covid oblige – sa spécialité est elle aussi passée au contrôle continu. Quand ce ne sont pas les familles qui s’y mettent ! « J’ai reçu un courriel d’un parent s’étonnant que sa fille n’ait obtenu qu’un 14 à un exposé. L’incident a fini par être pris en charge par ma direction, que je mettais en copie de mes réponses », raconte Mélanie.

(...)

Marion Rousset

Suite et fin en cliquant ci-dessous (Abonné-e-s)

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Enseigner, ça s’apprend - par Le Réseau des INSPÉ (Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation)

27 Mars 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Enseigner, ça s’apprend - par Le Réseau des INSPÉ (Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation)

Face à un public scolaire en constante évolution, être enseignant ne laisse pas de place à l’improvisation. Il faut repenser la formation en instaurant un diplôme spécifique et donner une large place à la pratique, demande le Réseau des Inspé.

La thématique de la formation des enseignants est présente dans la majorité des programmes des candidats à la présidentielle. Mais plus que quelques bonnes intentions dans un programme, nous attendons des candidats un véritable engagement à former l’ensemble des futurs enseignants avec comme volonté que nos enfants réussissent leur scolarité et s’épanouissent à l’école.

Devenir enseignant en France se fait par l’obtention d’un concours sans obligation d’une formation spécifique. En effet aujourd’hui, pour devenir professeurs des écoles, de collège ou de lycée, il n’existe pas de parcours fléché spécifique à la sortie du baccalauréat : différentes voies sont possibles. Dès lors que l’on est détenteur d’un master universitaire, qu’il soit identifié Master métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (Meef) ou non, on peut se présenter aux concours de recrutement mis en place chaque année par le ministère de l’Education nationale, de la jeunesse et des sports.

Des constats alarmants

Déception et renoncement au métier, démissions qui ont triplé en dix ans, diminution des inscrits aux concours, etc. sont autant de signaux révélateurs d’un véritable malaise. Cette situation préoccupante trouve bien sûr plusieurs explications, et le schéma de la formation initiale des enseignants, tel qu’il a été pensé ces dernières années, est sans doute une des causes. Sait-on par exemple que 50 % des enseignants débutent dans le métier sans jamais avoir été confrontés à une classe ? Ou que pour faire classe à nos enfants, on recrute parfois à partir de «petites annonces» ? Pour quels autres professionnels accepterait-on une formation aussi fragile, aussi lacunaire ? Seriez-vous d’accord pour vous faire opérer par un chirurgien formé en six mois ?

Devant cet état des lieux assez alarmant, le Réseau des Inspé souhaite, à l’occasion de l’élection présidentielle, affirmer certaines convictions et formuler des propositions pour une formation universitaire des enseignants efficace, complète, réellement professionnalisante, au service de la réussite de tous les élèves.

Quel candidat serait assez irresponsable pour penser que l’on peut enseigner sans être formé ? Enseigner et éduquer exigent la maîtrise de compétences combinées, disciplinaires, didactiques et pédagogiques. Peut-on sérieusement envisager confier nos enfants à des professeurs qui ne maîtriseraient pas leur discipline ou qui ne sauraient transmettre les savoirs ? Chaque étape de la formation et du recrutement doit permettre de garantir la professionnalité des enseignants en poste.

Nous défendons, à côté d’une formation concrète qui réponde aux besoins immédiats, la nécessité d’apports scientifiques permettant de questionner les pratiques et de construire des solutions propres aux différentes situations rencontrées en classe. Enseigner en milieu rural, enseigner en milieu plurilingue, enseigner en zone prioritaire, enseigner en classe multiniveaux ; tout cela nécessite des expertises adaptées. L’acquisition de ces compétences se fait par une articulation étroite entre la pratique de classe et les résultats de la recherche.

C’est pourquoi un métier aussi riche et complexe que celui d’enseignant ne peut s’envisager que par une formation longue : le cursus doit s’initier en licence, avec un premier contact avec le métier et la découverte des classes et des élèves, se spécifier dans un master dédié, le master Meef, se consolider après la réussite au concours puis se poursuivre tout au long de la carrière par une formation continue conséquente.

Nos trois propositions

1. Rendre incontournable un diplôme d’enseignement pour enseigner

Le recrutement des enseignants doit se faire sur la base de compétences clairement définies. Le master Meef, dont la vocation est de développer la maîtrise de ces compétences, doit être la voie privilégiée permettant d’accéder au métier d’enseignant, et permettre de certifier l’aptitude à enseigner des futurs professeurs. Rappelons-nous que 50 % des professeurs actuellement recrutés ont un master autre que celui d’enseignement !

2. Créer un nouveau label «Enseigner et éduquer» en licence

Les universités pourront décerner ce label aux licences qui proposeront des modules de formation garantissant l’acquisition progressive de compétences professionnelles aux métiers de l’enseignement et de l’éducation. Ces modules devront obligatoirement intégrer des stages devant élèves, en France comme à l’étranger.

3. Augmenter le temps de formation sur le terrain

La professionnalisation des enseignants doit se penser sur la durée avec des périodes de stages riches et diversifiées. Au cours des cinq années du cursus universitaire, nous proposons ainsi de mettre en place a minima 25 semaines de stage (au moins 7 en licence et 18 en master), offrant une entrée progressive dans le métier. Pour que ces stages permettent aux étudiants d’appréhender efficacement les différentes dimensions de leur futur métier, il est indispensable de les penser comme de réels moments de formation et non comme des moyens pour combler des postes vacants.

Etre enseignant ne s’improvise pas : les compétences requises par ce métier ô combien exigeant ne peuvent être maîtrisées sans une formation pensée sur la durée. Il faut accorder une place essentielle à la pratique tout en dispensant les outils théoriques et réflexifs qui permettent aux futurs enseignants de s’adapter à un public scolaire particulièrement diversifié et en constante évolution.

Dépassons les clivages politiques et les effets d’annonce, soyons à la hauteur des enjeux et pensons à l’avenir de notre pays et de notre jeunesse : agissons sur la formation des enseignants et des personnels d’éducation pour faire réussir nos enfants, citoyens de demain.

Signataires : Mario Cottron, vice-président du Réseau des Inspé, directeur de l’Inspé de l’académie de Poitiers, Alain Frugière, président du Réseau des Inspé, directeur de l’Inspé de l’académie de Paris, Elsa Lang Ripert, vice-présidente du Réseau des Inspé, directrice de l’Inspé de Bourgogne, Sandrine Marvilliers, vice-présidente du Réseau des Inspé, directrice de l’Inspé de La Réunion, Ludovic Morge, vice-président du Réseau des Inspé, directeur de l’Inspé Clermont-Auvergne.

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Mélenchon et l'école : même avec un financement de gauche, une école de droite reste une école de droite

26 Mars 2022 , Rédigé par Histoire, Ecole et Cie Publié dans #Education

Qu'est-ce qu'être de droite aujourd'hui ?

EXTRAITS

Un projet éducatif de droite, on sait de quoi il retourne : sélection précoce des élèves, contrôle renforcé de l’administration sur les enseignants (sous couvert d’autonomie des établissements), abandon de toute ambition culturelle au profit d’un recentrage sur les rudiments, bref un projet de classes.

Un projet éducatif de gauche, comme alternative crédible à un projet de droite, on en attend toujours la publication et ce n’est certes pas dans le programme Mélenchon qu’on en trouvera l’expression : un indigeste et bavard document de 28 pages aux analyses péremptoires et aux préconisations finalement très conservatrices.

(...)

« Ecole de l’égalité et de l’émancipation (…) une école appauvrie, des inégalités qui s’aggravent » : en grand classique du discours électoral, les principes affichés ne souffrent guère la contestation et surtout engagent peu leurs défenseurs. Surtout lorsque l’analyse se réduit à des dénonciations faciles – les « réformes néolibérales des deux derniers quinquennats » – ou à la désignation de boucs émissaires, le Medef, l’Union européenne et, bien sûr, le Parti socialiste. Mais plus fâcheuse que cette basse cuisine politicienne, l’accusation lancée contre des dispositifs pédagogiques timidement mis en œuvre ces dernières années donne la véritable dimension d’un projet éducatif qui regarde résolument vers le passé : la bête noire ici s’appelle « le socle commun [qui] porte une vision minimaliste et utilitariste des compétences (…) , les contre-réformes du lycée et du collège » qui portent en germe un « affaiblissement du lien au savoir ».

De cette rhétorique aux relents déclinistes qui est celle de la mouvance réactionnaire popularisée notamment par des publications classées très à droite (le Figaro, Marianne, le Point, Valeurs actuelles etc), découle alors toute une série de préconisations visant à restaurer un ordre ancien des choses, d’un modèle organisé autour de la parole sacralisée du maître et d’une vision purement scolaire des savoirs : « transmettre les savoirs, replacer les disciplines au cœur des apprentissages en rétablissant les heures disciplinaires (…) »

(...)

Dans sa fièvre réactionnaire, tout le projet éducatif de la FI consiste à faire un sort aux pourtant bien timides réformes de la période précédente : réforme du collège ; des rythmes scolaires (c’est-à-dire généralisation de la semaine de 4 jours là où cette aberration n’a pas déjà été rétablie) ; réouvrir les options bi-langues/ langues anciennes en collège, en réalité des classes de niveau ; supprimer les APC en primaire. Le pire avec cette proposition : « faciliter le droit au redoublement qui pourra être proposé par les conseils de classe à des fins de remédiation pédagogique ». D’une pratique discriminatoire car touchant systématiquement les élèves issus des milieux modestes, vécue comme une menace permanente par tous les élèves et comme une brimade, une humiliation, par ceux qui la subissent, totalement inutile sur le plan pédagogique, le redoublement se voit métamorphosé en « droit » par la magie du verbe mélanchonien…

Même avec un financement de gauche, une école de droite reste une école de droite.

...  Avec Mélenchon, la limite de la scolarité sera allongée à 18 ans : 18 ans, l’âge du service militaire obligatoire dont le même Mélenchon prévoit le rétablissement, couplé à un service de travail également obligatoire, le tout d’une durée de 9 mois. Emancipation, dit-il…

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B Girard

Texte intégral à lire en cliquant ci-dessous

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Éducation au numérique : cinq adolescents prennent le micro

25 Mars 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Éducation au numérique : cinq adolescents prennent le micro

À l'occasion de la 33e édition de la Semaine de la presse et des médias dans l'École, Le Meilleur des mondes donne la parole à cinq élèves du collège de Sèvres pour partager leur vision du numérique, à travers différentes chroniques.

À l'occasion de la 33e édition de la semaine de la presse et des médias dans l'école, nous ouvrons les portes et les micros du Meilleur des mondes aux élèves de troisième du collège de Sèvres en banlieue parisienne. Cinq collégiens audacieux et téméraires vont nous livrer en direct leurs chroniques d'une vie connectée. Grâce à eux, nous en saurons davantage sur leurs visions et usages du numérique. 

Pour débattre autour de la question de l'éducation au numérique, François Saltiel reçoit également la chercheuse Anne Cordier et l'enseignant Franck Dubois.

Les invité(e)s

Anne Cordier, enseignante chercheuse en Sciences de l'Information et de la Communication à l'université de Lorraine, auteure de Grandir connectés (C&F Éditions, 2015).  

Franck Dubois, enseignant en “option classe médias” et formateur au CLEMI (Centre de liaison de l'enseignement et des médias d'information)   

Une émission en partenariat avec Numerama. Retrouvez chaque semaine les chroniques de Marie Turcan et Marcus Dupont-Besnard.

François Saltiel

A écouter en cliquant ci-dessous

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