Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Articles avec #education tag

Enseignants, qu’attendez-vous du nouveau président?...

14 Mai 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Politique

Résultat de recherche d'images pour "question"

EXTRAIT

Suite à l’élection d’Emmanuel Macron ce dimanche 7 mai, plusieurs enseignants nous livrent leurs attentes sur le programme éducatif du nouveau président. Propos.

Camille, professeure en ULIS école dans l’académie de Bordeaux :

« Ma première vraie attente est que le nouveau président ne change pas les programmes élaborés en 2015. En effet, nous avons travaillé en équipe à leur appropriation et nous n’avons pas envie que ce travail soit à nouveau remis en question. Concernant l’ASH (adaptation scolaire et scolarisation des élèves handicapés), je souhaiterais qu’il puisse libérer le temps de travail dédié à l’aide personnalisée pour le remplacer par des temps d’échanges en équipe afin de construire et réguler les projets d’apprentissage pour les élèves en grande difficulté scolaire ou en situation de handicap. Ceci est d’autant plus nécessaire que nous sommes en REP. A défaut de réattribuer ces 36h aux équipes, nous pourrions bénéficier, comme en REP+,  d’un temps spécifique pour mener ce travail à bien. »

(...)

Annie, directrice d’école primaire à Amiens :

« Je suis aujourd’hui soulagée qu’E. Macron ait été élu et satisfaite de sa priorité annoncée à l’école primaire. Pourtant, ses mesures annoncées pour l’éducation, dès la rentrée prochaine, m’interrogent. La loi de refondation de l’école, de l’éducation prioritaire ont besoin de temps et d’évaluation pour être optimisés. Le dédoublement des classes en REP+ nécessite un grand nombre de postes. Les annonces laissent augurer que les postes du dispositif « plus de maîtres que de classe » y seront transférés. Nous ne pouvons que dénoncer ce projet qui est pour nous un renoncement à l’évolution des pratiques pédagogiques et l’autonomie des équipes. Il en est de même pour la remise en cause de la réforme des rythmes. Les indicateurs de réussite des cinq matinées de classe sont favorables, laissons le temps à la loi de refondation d’être évaluée avant de la remettre en question ! »

(...)

Hanane Lynn

D'autres témoignages à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Rythmes scolaires : lettre ouverte à Emmanuel Macron, Président de la République...

14 Mai 2017 , Rédigé par SGEN-CFDT Publié dans #Education, #Politique

Résultat de recherche d'images pour "rythmes scolaires"

"Pour le Sgen-CFDT, il n’y aurait rien de pire que de rester au milieu du gué voire de revenir à une semaine de quatre jours qu’aucun pays européen ne pratique..." Lettre ouverte de Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT à M. Emmanuel Macron, président de la République française.

logo sgen-cfdt - Rythmes scolaires : lettre ouverte à M. Emmannuel Macron, Président de la République

Monsieur le Président de la République,

Le Sgen-CFDT a, comme la CFDT, appelé sans hésiter à voter en votre faveur au 2d tour de l’élection présidentielle pour s’opposer au projet de société inégalitaire et xénophobe de la candidate d’extrême droite. Un dialogue social exigeant et constructif peut dès lors s’engager dans un cadre démocratique préservé.

Sur les questions éducatives la loi de Refondation de l’école de 2013 a ouvert de nombreux chantiers pour permettre la réussite de tous les élèves. Or le temps de l’éducation est un temps long et rien ne serait plus préjudiciable au système éducatif que leur remise en cause complète et brutale.

La réforme des rythmes scolaires est un de ces chantiers.

Le Sgen-CFDT rappelle d’abord que, s’il était demandeur d’une réforme globale des rythmes de l’enfant, ce qui a été mis en place ne correspondait pas à son projet. Le Sgen-CFDT s’est d’ailleurs abstenu à l’occasion des votes en CSE et en CTMEN des textes de cette réforme.

Le passage à la semaine de quatre jours en 2008 avait aggravé le travers de l’école primaire française qui consiste à concentrer trop d’heures de classe sur un trop petit nombre de jours. Avec des conséquences néfastes sur l’apprentissage et le confort des élèves, mais aussi pour les personnels dont les journées s’allongeaient et se densifiaient. Les enseignants témoignaient unanimement de la dégradation des conditions d’exercice d’un métier où l’on n’avait plus le temps nécessaire à la qualité des relations humaines (avec les enfants, les parents, les collègues, les partenaires de l’école). C’est le principal mérite du décret de janvier 2013 d’avoir rompu avec cette logique d’intensification du travail. Malheureusement, cette réforme n’allait pas assez loin et a payé le prix des archaïsmes de la gouvernance du premier degré. La réforme des rythmes devait être l’occasion de concrétiser un objectif de la loi de refondation : travailler en partenariat avec l’ensemble des acteurs concerné pour construire un projet éducatif territorial. Dans les faits, l’absence d’instances permettant cette construction a fait reposer sur quelques personnes l’essentiel du travail, donnant souvent l’impression que les décisions étaient prises hors les murs. Pour le Sgen-CFDT, il faut donner aux écoles un statut d’établissements du premier degré qui leur donne la légitimité et l’autorité pour dialoguer avec les collectivités territoriales et tous les acteurs locaux engagés sur les questions éducatives.

Le passage à une semaine de quatre jours et demi a eu un effet bénéfique de déconcentration de la journée scolaire, mais celui-ci est resté limité, et pas toujours immédiatement perceptible (en particulier dans certains cas d’organisations « dérogatoires »). Pour être pleinement cohérent avec les intentions initiales et atteindre les buts qu’on s’était donnés, il aurait fallu interroger également la répartition et surtout le volume des heures de classe sur l’année, en priorisant un rythme annuel alternant sept semaines scolaires et deux semaines complètes de vacances intermédiaires. Mais cela supposait d’être bien plus avancé sur la construction de l’accueil périscolaire qu’on ne l’était alors. De ce point de vue, la réforme des rythmes scolaires a souffert de n’être pas assez anticipée. La réforme des rythmes scolaires a pu paraître si chaotique qu’il pourrait paraître sage de refermer le dossier pour longtemps.

Pour le Sgen-CFDT, il n’y aurait au contraire rien de pire que de rester au milieu du gué voire de revenir à une semaine de quatre jours qu’aucun pays européen ne pratique. Ce serait ouvrir la boîte de Pandore, la multiplication de demandes contraires à l’intérêt de l’enfant et une grande désorganisation.

Il n’y aurait rien de pire que de commencer ce mandat en ne prenant pas le temps d’une évaluation concertée. Sur le plan des apprentissages et du climat scolaire, la matinée supplémentaire s’avère, selon les collègues, profitable aux élèves, en particulier en éducation prioritaire. Beaucoup d’ailleurs se sont saisis de ce temps supplémentaire pour modifier leur pédagogie.

Le Sgen-CFDT avec la CFDT demande le développement d’un accueil périscolaire de qualité, ce qui suppose un engagement plus grand des collectivités territoriales, avec notamment de la formation pour les intervenants (il y a d’ailleurs là un gisement d’emplois locaux prometteurs pour l’avenir). Cela permettra de poser enfin la question du temps de l’enfant dans sa globalité et sa continuité, et plus particulièrement de différencier le temps de classe selon l’âge et selon les besoins. Avec à la clé une vraie déconcentration de la journée scolaire et un allègement du temps de face-à-face des enseignants avec la classe entière.

Dans l’attente de votre réponse, nous restons à votre disposition pour vous rencontrer et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT

Lire la suite
Lire la suite

Oui, tout doit être fait avec passion!...

13 Mai 2017 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Philosophie

De la création artistique à la rage destructrice, de la ferveur religieuse à la passion amoureuse… La passion est partout. Peut-elle influer sur nos comportements telle une drogue ? Que se passe-t-il dans le cerveau amoureux ? Peut-on être dépendant à l’amour passionnel ?

"La passion est le pressentiment de l'amour et de son infini auquel aspirent toutes les âmes souffrantes." Honoré de Balzac

Théâtre, littérature, sciences "carburent" au rythme des passions les plus viscérales et les plus débridées. De Balzac à Hume, le régime des passions sous toutes ses coutures.

Un débat enregistré en 2016.

Jean-Pierre Cléro, philosophe, professeur de l’Université de Rouen

Boris Lyon-Caen, maître de conférences en littérature à l’Université Paris-Sorbonne

Roland Jouvent, professeur de psychiatrie à l’Université Pierre-et-Marie Curie, directeur du Centre émotion du CNRS à l'Hôpital de la Salpêtrière à Paris

Catherine Portevin, chef de la rubrique Livres de "Philosophie Magazine".

Lire la suite

La fin du « plus de maîtres que de classes »...

13 Mai 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

Résultat de recherche d'images pour "plus de maitre que de classe"

EXTRAIT

Les résultats de l’évaluation du dispositif lancé par François Hollande ne seront connus qu’en fin d’année.

(...)

« Pas de table rase ! » ; « Merci de pérenniser nos maîtres supplémentaires ; ils font avancer les choses » ; « Un vrai changement en marche ! Laissez-nous du temps pour vous prouver son efficacité »… Sur les réseaux sociaux, les messages à l’attention d’Emmanuel Macron se succèdent depuis son élection. Les syndicats l’avertissent de « l’erreur » que serait la suppression d’un dispositif « prometteur ». Même des chercheurs montent au créneau : « Une fois de plus, le politique mettra-t-il fin à une innovation avant même qu’on puisse comprendre ce qu’elle génère ? », s’inquiète le centre de ressources Alain-Savary.

Dispositif plébiscité

Réduire les classes de CP et CE1 à 12 élèves en éducation prioritaire est un engagement de campagne du président. « Cette mesure s’appliquera progressivement. En septembre, elle concernera l’intégralité des CP dans les REP + [réseaux d’éducation prioritaire renforcés] et une partie des REP, par redéploiement des 5 000 postes de ‘plus de maîtres que de classes’ », explique son entourage. Le principe des « classes à 12 » continuera ensuite à s’étendre dans l’ensemble des 12 000 classes concernées. 5 000 créations de postes y seront consacrées. Pour l’équipe d’En marche, le « plus de maîtres que de classes » n’a pas été « sérieusement évalué. Nous privilégions ce qui a fait ses preuves » : les classes à petits effectifs.

(...)

« Nouvelle dynamique »

L’option « petits effectifs » serait-elle plus efficace que celle de la « co-intervention » ? Laura dit ne pas avoir la réponse. « Ce qu’on observe, en tout cas, c’est un élan de motivation chez les élèves, poursuit-elle. Ils savent qu’ils ont deux maîtres à leur disposition, deux fois plus d’attention ; ça les rassure. » Autre effet observé, dans les pratiques. « Elles ont énormément évolué, témoigne Julie, « maître plus » dans l’académie de Dijon. Traditionnellement, enseigner est un métier solitaire. En trois ans, on a appris à parler de ce qu’on faisait en classe, à réfléchir ensemble, à travailler différemment. On ose plus essayer… J’ai beaucoup appris de mes collègues et eux aussi. »

(...)

Pour les enseignants qui l’ont expérimenté, la suppression du « maître plus » n’en reste pas moins un signal paradoxal, de la part d’un président qui prône l’autonomie mais décrète, dans le même temps, la même solution miracle dans toutes les écoles.

Aurélie Collas

Article à retrouver en cliquant ci-dessous (Abonnés)

Lire la suite

Rythmes scolaires : "À chaque alternance politique, on remet en cause"...

13 Mai 2017 , Rédigé par RTL Publié dans #Education, #Politique

Parmi les premières mesures annoncées pour l'été par le nouveau président, Emmanuel Macron, celle des rythmes scolaires : un décret devrait permettre aux communes qui le souhaitent d'aménager ou de quitter la réforme de Vincent Peillon, mise en place en 2013. Objectif : laisser le choix aux communes de revenir à la semaine de quatre jours, instituée sous Nicolas Sarkozy, ou choisir de laisser la demi-journée supplémentaire, pour l'imposer soit le mercredi, soit le samedi matin.

Voilà qui inquiète la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), qui a prévu d’adresser une lettre ouverte au Président Macron dès lundi 15 mai. Liliana Moyano, présidente de la FCPE, fait part de son inquiétude au micro de RTL : "Il n’est pas possible de remettre en débat les cinq matinées d’enseignement par semaine qui répondent aux besoins d’apprentissage des élèves", estime-t-elle. Elle dénonce un "effet yo-yo en politique qui est ravageur" : "Cette réforme-là a été mise en place il y a très peu de temps (…) remettre cela en débat et au milieu de l’été, c’est un très mauvais signal."

Liliana Moyano dénonce par ailleurs une "approche financière" : "On parle aux élus. L’intérêt des enfants, la question des rythmes des enfants, des conditions d’apprentissage des enfants, elle passe à côté." C’est pourquoi la FCPE demande audience à la présidence : "Il faut sortir de cette dynamique mortifère qui est qu’à chaque changement de gouvernement, à chaque alternance politique, on défait et on remet en cause. Ce n’est pas possible."

Stéphane Carpentier

Lire la suite

Les syndicats d’enseignants et la FCPE mettent en garde le nouveau président contre tout retour en arrière... (+ commentaire)

13 Mai 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

Image associée

EXTRAITS

La communauté éducative n’a pas attendu la passation des pouvoirs, prévue dimanche 14 mai, pour apostropher Emmanuel Macron sur sa vision de l’école. C’est même une pluie de messages, oscillant entre demandes d’éclaircissements et mises en garde, qui accompagne le nouveau président sur son chemin vers l’Elysée.

« Les enjeux tels qu’ils ont été posés par Emmanuel Macron sont lourds, observe, dans un éditorial en date du 10 mai, le SNES-FSU, syndicat fer de lance de la fronde contre la réforme du collège. C’est dans un esprit de combativité que le SNES-FSU aborde ce quinquennat. » Le ton est donné.

(...)

« Pas de table rase ! »

(...)

Surtout, le chef de l’Etat envisage d’utiliser les 5 000 postes du dispositif « plus de maîtres que de classes » – mis en œuvre en 2013 –, pour mettre en place des classes de CP à douze élèves dans une partie des réseaux d’éducation prioritaire à la rentrée (avant d’en créer 5 000 nouveaux pour étendre la mesure à l’ensemble des 12 000 classes de CP et de CE1 de ces mêmes zones).

« Pas de table rase ! » ; « Merci de pérenniser nos maîtres supplémentaires »… Sur les réseaux sociaux, nombre d’enseignants l’avertissent de « l’erreur » que serait la suppression d’un dispositif « prometteur ». Même des chercheurs montent au créneau : « Une fois de plus, le politique mettra-t-il fin à une innovation avant même qu’on puisse comprendre ce qu’elle génère ? », s’inquiète le centre de ressources Alain-Savary.

(...)

... sans moyens supplémentaires, ces dispositifs risquent fort d’être mis en concurrence : les collèges devront choisir, dans le cadre de leurs heures à affecter librement, entre le latin, les bilangues ou les cours en petits groupes.

« Cette perspective ne nous convient pas. Ce n’est pas une façon de promouvoir les langues », prévient d’emblée Thérèse Clerc, présidente de l’Association pour le développement de l’enseignement de l’allemand en France. Quant aux rythmes, nombre de maires redoutent que la « liberté de choix » affichée ne cache un désengagement, à moyen terme, de l’Etat.

(...)

L’absence de spécialistes de l’éducation clairement identifiés dans le mouvement En marche ! – quand François Hollande pouvait s’appuyer sur un « conseiller prof », Vincent Peillon –, le flou qui entoure les nominations ministérielles ajoutent à l’inquiétude.

Celle-ci est aussi palpable du côté des parents d’élèves. « Si l’organisation de la semaine d’enseignement dans le premier degré devait revenir à quatre jours, comme vos annonces ont pu le laisser penser, la FCPE en tirera toutes les conséquences, écrit la présidente de la fédération majoritaire, Liliana Moyano, au nouveau chef de l’Etat, jeudi 11 mai. Elle appellera les parents à se mobiliser sur l’ensemble du territoire, dans l’intérêt des enfants. »

(...)

« La continuité, écrit Najat Vallaud-Belkacem, n’est ni un aveu d’impuissance ni un renoncement ; elle est un choix à partir duquel il est possible d’amplifier des effets positifs qui ne se manifestent que dans le temps. » Un plaidoyer pour laisser du temps à la « refondation » pour s’installer.

Aurélie Collas

L'article (pour abonnés) est à lire entièrement ci-dessous

Commentaire:

J'ai écrit et dit pendant TOUT le quinquennat:

"Ce qui est combattu aujourd'hui sera défendu demain".

J'ai été raillé... Je me suis fait "massacrer" sur les réseaux qu'on appelle "sociaux"... Ce n'est pas grave...  Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour que cela arrive... Dommage néanmoins que ce soit si tard... Je suis triste d'avoir eu raison...

Sois heureuse Najat! SOURIS! Oh oui souris!

"Ta" réforme, le monde enseignant s'aperçoit - hélas trop tard - qu'elle est une nécessité absolue et qu'il convient de la poursuivre,  de la consolider dans le sens que tu as si bien décrit dans ton mémorandum.

Quand je lis cet article, je ne peux penser qu'à TOI! Et à cet extrait choisi par Le Monde dans ce même mémo:

« La continuité n’est ni un aveu d’impuissance ni un renoncement ; elle est un choix à partir duquel il est possible d’amplifier des effets positifs qui ne se manifestent que dans le temps. »

Lire la suite

La refondation dans la refondation?... Par Claude Lelièvre...

12 Mai 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Image associée

Il s'agit de «refonder l'Ecole» s'est exclamé Emmanuel Macron au soir du premier tour. Mais est-ce une refondation hors de la refondation en cours, en rupture avec elle ? Ou bien une «refondation dans la refondation ?», à l'instar du titre d'un célèbre ouvrage de Régis Debray : «Révolution dans la révolution ?» paru il y a tout juste 50 ans, en 1967.

« Restaurations » ou « simples aménagements de l'existant » ?

Certains des propos tenus par Emmanuel Macron lors du débat télévisé d'entre-deux-tours semblent aller dans le sens d'une ''restauration'' et s'adresser électoralement aux ''révolutionnaires de l'immobilisme'' (comme disent certains) : « Je veux rétablir les heures d'enseignement dont le français, l'enseignement du latin au collège, les travaux dirigés, les classes bilingues ».

Mais ce n'est peut-être pas si sûr ou si simple ; du moins si l'on juge par ce qui peut être dit par l'équipe ''éducation'' d'Emmanuel Macron (avec sa cheville ouvrière, Anousheh Karvar, une ''ministrable''). D'abord la mise en avant de la notion de « parcours bilingues » (et non de classes-bilingues) au-delà des ''bilingues de continuité'' (pour éviter la reconstitution de groupes-classes homogènes et le rétablissement de logiques de filières). D'autre part, les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) ne seraient pas démantelés mais feraient l'objet d'aménagements sous des formes encore non précisées mais compatibles avec le maintien des ''maquettes horaires'' actuelles.

Cependant, tout cela reste ''au conditionnel''. Seule ''assurance'' : contrairement à nombre de ses concurrents à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron n' a pas repris à son compte le mot d'ordre d' « abrogation de la réforme du collège »

Pour ce qui concerne les ''rythmes scolaires'', on sait que les choix (de continuité, d'infléchissements voire de ruptures) ont été renvoyés publiquement ''à la base'' par Emmanuel Macron : ce sera aux communes et aux conseils d'école de trancher en 2019 s'ils souhaitent conserver le modèle actuel, garder ou supprimer les activités périscolaires ou revenir à la semaine de quatre jours.

« Refondation dans la refondation ». « Pas de ''Grand Soir'' ! »

C'est ce que semble bien avoir indiqué Emmanuel Macron dans sa réponse écrite au questionnaire de la Société des agrégés envoyé aux candidats à l'élection présidentielle. « Il faut mobiliser les énergies pour faire, non pour défaire. Il ne s'agit pas de dire que tout ce qui a été fait précédemment est nul et non avenu : si de profonds changements doivent être engagés, il faut bannir le mythe du ''Grand soir'' »

Pour être au clair là dessus, le mieux est de revenir à la définition de la « refondation » telle qu'elle a été donnée à certains députés de droite qui s'interrogeaient sur son sens lors du débat à l'Assemblée nationale du 12 mars 2013 par le rapporteur de la loi d'orientation Yves Durand (approuvée par le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon) : « Le thème de la refondation de l'école républicaine doit d'abord et avant tout être compris comme la priorité enfin donnée aux fondations, c'est-à-dire à l'école maternelle dans sa spécificité et à l'école élémentaire dans toute son importance, puis au collège, ainsi qu'à ce qui est jugé fondamental, à savoir la qualité et la formation professionnelle des enseignants, la question de la culture qui doit être effectivement maîtrisée par chacun, l'attention privilégiée aux élèves "fragiles"' ».

Pour ce qui concerne « la culture qui doit être effectivement maîtrisée par chacun » et pour la première fois dans notre histoire scolaire, les programmes de la scolarité obligatoire - depuis le cours préparatoire jusqu'à la troisième - ont été pensés ensemble, toutes disciplines confondues, par cycles successifs de trois années . Contrairement, là encore, à certains de ses concurrents à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron ne s'est nullement prononcé pour les remettre en cause.

Par ailleurs, la politique scolaire menée sous le quinquennat qui vient de s'achever a accordé une grande importance à la formation professionnelle des enseignants en ventilant à cette fin près de la moitié des postes budgétaires créés, et en instituant les Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation. Il apparaît qu'Emmanuel Macron n'envisage nullement de revenir là dessus, mais compte au contraire approfondir cette dimension : chaque enseignant devrait désormais bénéficier chaque année de trois journées de formation continue ; et il est prévu d'étendre la formation en alternance dès la licence pour les étudiants qui se destinent aux métiers de l'enseignement.

On sait aussi que la politique scolaire menée ces dernières années, conformément à « la loi d'orientation et de programmation » votée en juillet 2013, a accordé la priorité à l'école primaire.

« La mère des batailles » : la priorité à l'école primaire

Lors du débat télévisé de l'entre-deux-tours, Emmanuel Macron a même commencé par là son intervention lors du court passage consacré à l'Ecole : « mon projet est de concentrer les moyens sur l'école primaire. Il y a 20 % des élèves qui ne savent pas lire au CM2, que l'on va retrouver dans les jeunes qui sortent du système scolaire à 18 ans sans emploi ni formation.La mère des batailles , c'est l'école primaire ».

Il se situe ainsi dans la continuité de ce qui a été défini comme le « cœur de la refondation » par la priorité qu'il accorde aux « fondations », au « primaire ». Mais dans une continuité relative si l'on regarde de près ses modalités concrètes , notamment sa ''proposition phare'' telle qu'il l'a énoncée lors du débat de l'entre-deux-tours : « Dans les ZEP, je veux qu'on réduise le nombre d'élèves par classe en CP et CE1 , 12 élèves par classe, 12000 postes d'enseignants ».

C'est sans doute un bon slogan de campagne électorale, qui peut attirer et fixer l'attention. Mais cela pose aussi sans doute plus de problèmes que de solutions effectives. S'il s'agit de classes de 12 élèves, cela pose la question du dédoublement des salles de classes (apanage des communes). Surtout, cela fermerait la voie à la co-intervention (à la base du dispositif ''plus de maîtres que de classes'' qui a commencé à être mis en place durant le quinquennat précédent et qui apparaît le plus souvent intéressant). On peut aussi noter qu'avoir deux enseignants permet non seulement de mieux différencier et d'apporter des réponses aux difficultés propres à chacun, mais amène aussi ces mêmes enseignants à échanger et à co-élaborer leurs séquences et leur travail.

Selon l'équipe ''éducation'' d'Emmanuel Macron (avec sa cheville ouvrière Anousheh Karvar, toujours aussi ''ministrable'') la ''mesure phare'' d'Emmanuel Macron se mettrait en place progressivement : en septembre, en CP, dans les REP+ et une partie des REP par redéploiement des 5000 postes consacrés au « plus de maîtres que de classes » créés sous le quinquennat précédent. Ensuite, les recrutements seraient fléchés sur ce dispositif pour les rentrées 2018 et peut-être 2019, avec financement pour la création de 5000 postes ( cf « Le Monde. La Lettre de l'éducation n° 918). Mais pourquoi, comme l'a souligné une note récente du Centre Alain Savary, mettre fin une fois de plus (à l'instar de ce que fait trop souvent le politique) à une innovation avant même qu'on puisse vraiment apprécier ce qu'elle génère ?

Alors, in fine, « la refondation de la refondation » ou la « refondation dans la refondation » ?

Claude Lelièvre

Lire la suite

Le collège selon Emmanuel Macron...

12 Mai 2017 , Rédigé par L'Ecole de demain Publié dans #Education, #Politique, #Macron

Résultat de recherche d'images pour "lire entre les lignes"

EXTRAIT

En cette période de transition d’entre-deux présidences, force est de constater que le projet politique d’Emmanuel Macron s’attache fort peu à la question du collège. Dans les quelques informations que l’on peut glaner ici ou là, il y a au mieux des imprécisions, au pire un flottement de vocabulaire, un certain flou artistique qui complique l’anticipation sur ce qui va réellement se passer pour les collégiens et les équipes pédagogiques à la rentrée 2017. Comme le dit la sagesse populaire, quand c’est flou, c’est qu’il y a – éventuellement – un loup.

Il faut en effet lire entre les lignes et croiser les informations pour tenter d’avoir une vision un peu plus nette des intentions du président élu. Car le discours n’est pas le même quand il s’agit de publier une brochure, de mettre en ligne son programme, de répondre aux questions de journalistes ou de syndicats de l’éducation.

Par exemple, si, dans la brochure programmatique présentée le 2 mars on peut lire : « Nous rendrons possible le rétablissement de parcours bilangues au collège, de parcours européens et d’un véritable enseignement du grec et du latin. » , dans le programme détaillé en ligne (consulté le 10 mai) sur le même sujet, la mention aux langues anciennes a purement et simplement disparu : « Pour les collèges, rendre possible le rétablissement de parcours bilangues en 6e et de parcours européens. »

(...)

L'ÉCOLE DE DEMAIN

Suite et fin à retrouver ci-dessous

Lire la suite

Semaine de 4 jours, le retour... Par Charivari... (Excellent!)

12 Mai 2017 , Rédigé par Charivari Publié dans #Education, #Politique

Résultat de recherche d'images pour "semaine de 4 jours école"

illustration - Aurel

« Avant, on était à 4 jours, et ça se passait très bien.
Dans le privé, ils sont parfois à 4j et ça se passe très bien. »

Voilà l’argument que je lis le plus souvent en commentaire d’un de mes articles récent sur le retour à la semaine de 4 jours.

Ça se passait très bien, à 4 jours ? Mais ça se passait très bien pour QUI ?

La France est le bonnet d’âne de l’OCDE en termes de réduction des inégalités et « ça se passe très bien » ?

4 séances de calcul mental au lieu de 5 ?
4 rituels de grammaire au lieu de 5 ?
4 séances de langage oral au lieu de 5 ?
Ça se passait très bien ? Mais pour qui donc ?

Bien sûr que ça se passait très bien pour tous ceux qui décident aujourd’hui d’autoriser le retour à la semaine de 4 jours. Ça se passait très bien pour les enfants d’instits, pour les enfants de ministres, et, plus généralement, pour les enfants de parents élus au conseil d’école, ou les enfants des écoles privées… Ça se passait très bien pour tous les enfants dont les parents savent/peuvent expliquer à leur enfant, le soir, comment on accorde un participe ou comment on additionne deux fractions.

Ces parents-là peuvent compenser ce que l’école fait plus mal en 4 matinées qu’en 5. Ils peuvent ré-expliquer le soir si cela a été trop vite en 4 jours. Parfois même, il réclament d’avoir du travail le soir à faire avec leur enfant. Et ils peuvent payer des cours particuliers. Alors pour eux, 4 jours, ça se passe très bien.

Mais Monsieur le Président, je pensais qu’en France on ne définissait pas les rythmes de l’école pour ceux qui avaient le moins besoin d’école. Je pensais qu’on les fixait en pensant à tout le monde. Même, et surtout, en pensant aux enfants dont les parents ne sont pas élus au conseil d’école ou aux enfants dont les parents ne sont ni ministres, ni énarques, ni… instits.

Ou alors, on en prend notre parti : On baisse les bras. On se satisfait du fait que, en France, l’école ne soit plus suffisante pour donner à tous les mêmes chances de réussir. Dans ce cas, 4 jours, ça suffit, en effet.

Partout ailleurs dans l’OCDE, les enfants ont 5 jours d’école.
Mais chez nous, non, les communes vont pouvoir choisir de revenir à 4 jours.
Les parents compenseront.
Ou pas.

Lire la suite