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Vivement l'Ecole!

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Covid : un risque de contaminations plus élevé à l’école que dans un lieu culturel ?

18 Février 2021 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education

Covid : un risque de contaminations plus élevé à l’école que dans un lieu culturel ?

Selon une récente étude allemande, il y a six fois plus de chances d'être contaminé par le Covid-19 à l'école que dans un lieu culturel, comme un musée ou un théâtre, si les gestes barrières sont respectés. L’étude, qui ne prend pas en compte les nouvelles mutations du virus, pourrait raviver l’espoir du monde de la culture.

Face aux restrictions liées à la crise sanitaire, le monde de la culture s’impatiente. Les directeurs de festivals de musiques actuelles ont rendez-vous jeudi après-midi avec Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture. Et peut-être vont-ils voir une lueur d’espoir dans une récente étude allemande qui tend à montrer qu'il y a six fois plus de chances d'être contaminé par le Covid-19 à l'école que dans un lieu de culture, y compris clos comme les musées, les théâtres et les concerts. Une seule obligation : respecter les gestes barrières comme le port du masque, la distanciation physique, et une jauge de 30%.

Car le public est silencieux, il émet moins d'aérosols

Dans le détail, le professeur Martin Kriegel de l'université technique de Berlin et l'ingénieure Anne Hartmann estiment que le fameux R, c'est à dire le risque de contamination par une personne malade, est de 0.5 dans les lieux culturels. Selon eux, c'est deux fois plus dans un supermarché, trois fois plus dans un open space ou dans un train, et six fois plus, donc, à l'école.  

Les responsables de l'étude expliquent que dans ces espaces culturels, le public est souvent silencieux, et émet donc moins d'aérosols responsables de la majorité des contaminations, ce qui ne manque pas d'apporter des arguments au monde de la culture qui crie depuis des semaines sa volonté de rouvrir en respectant un protocole strict. Mais, précision importante, cette étude ne prend pas en compte les nouvelles mutations du virus et leur probable plus grande contagiosité.

Fermer les lieux culturels pour réduire les brassages de population

Au-delà du risque de contamination, les autorités françaises justifient la fermeture des lieux de culture aussi par la volonté de réduire les brassages de population. Dire 'oui' au monde de la culture pour rouvrir entrainerait sans doute un effet domino, chaque secteur touché par ces fermetures réclamant à son tour une exception.

Europe 1
Par Mathieu Charrier édité par Léa Leostic
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« Islamo-gauchisme » : un terme sans « aucune réalité scientifique » selon le CNRS, Frédérique Vidal sous pression

18 Février 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

« Islamo-gauchisme » : un terme sans « aucune réalité scientifique » selon le CNRS, Frédérique Vidal sous pression

EXTRAITS

La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche est critiquée jusqu’au sein de la majorité pour s’être trompée de priorité en demandant au CNRS une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université.

(...)

Recadrage au sommet

Le recadrage au sommet s’est fait en termes policés à l’issue du conseil des ministres, mercredi. Emmanuel Macron a répété son « attachement absolu à l’indépendance des enseignants-chercheurs », selon le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, prenant ainsi ses distances avec l’étude demandée par Frédérique Vidal.

Puis Gabriel Attal a encore rappelé que « la priorité pour le gouvernement, c’est évidemment la situation des étudiants dans la crise sanitaire, c’est évidemment la possibilité d’apporter un soutien financier aux étudiants en difficulté, c’est évidemment de permettre aux étudiants qui le souhaitent de pouvoir revenir progressivement en présentiel à l’université », rejoignant plusieurs voix au sein de la majorité appelant Mme Vidal à se concentrer d’abord sur ces points. « Quand elle est sur un plateau de télévision, elle devrait être obsédée par la vie des étudiants, pas sortir ce genre de choses », se désole un cadre de la majorité.

L’enjeu politique est énorme pour l’exécutif qui voit fleurir les images d’étudiants dans les files d’attente devant des banques alimentaires, et les témoignages de détresse psychologique chez les jeunes. Ce hiatus a d’ailleurs été exploité par l’opposition, à l’image du sénateur (communiste) des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias qui, interpellant le gouvernement sur les aides économiques pour les jeunes, a proposé avec ironie à Mme Vidal de « demander au CNRS à lancer une enquête sur le sujet ».

(...)

... Le centre de recherche a par ailleurs tenu à « condamner avec fermeté celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique indispensable à la démarche scientifique et à l’avancée des connaissances, ou stigmatiser certaines communautés scientifiques ». 

« On va demander à nos chercheurs du CNRS de devenir des flics qui enquêtent sur leur propre université, c’est absurde, il s’agit d’un dérapage incompréhensible », abonde auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Michel Deneken, administrateur provisoire à l’université de Strasbourg, mettant cette initiative sur le compte d’une stratégie politique pour « rallier la droite avant les élections régionales et la présidentielle ».

Le sillon, qui avait déjà été emprunté en octobre 2020 par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, était en effet creusé depuis plusieurs mois par la droite, dont le député Les Républicains (LR) de Vaucluse Julien Aubert, qui réclamait une mission parlementaire sur la question.

(...)

La polémique relance en tout cas les critiques autour de Mme Vidal, universitaire reconnue, spécialiste de la génétique moléculaire, mais accusée de manquer de poids et de sens politiques. L’adoption en novembre 2020 de la loi de programmation pour la recherche, son texte phare, a ainsi été polluée par des amendements controversés, notamment sur le « délit d’entrave » dans les facs. « On lui a confié une loi historique, et le truc passe sous les radars », tempête encore un poids lourd de la majorité.

(...)

Le Monde avec AFP

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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«Islamo-gauchisme»: Vidal provoque la consternation chez les chercheurs

18 Février 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Université

«Islamo-gauchisme»: Vidal provoque la consternation chez les chercheurs

EXTRAITS

En annonçant commander au CNRS une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université, la ministre a suscité l’ire du monde de la recherche. Les présidents d’université dénoncent « une pseudo-notion qu’il conviendrait de laisser […] à l’extrême droite ». Les appels à sa démission se multiplient.

Particulièrement transparente ces derniers mois malgré la crise grave que connaît l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal embrase la communauté universitaire, abasourdie par son intention de commander « une enquête » au CNRS sur « l’islamo-gauchisme » à l’université.

Tout est parti d’un entretien pour le moins sidérant accordé par la ministre, dimanche 14 février, à CNews, la chaîne préférée de l’extrême droite. Interrogée par Jean-Pierre Elkabbach sur la récente une du Figaro titrée « Comment l’islamo-gauchisme gangrène l’université », la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a commencé par acquiescer à ce « constat ».

« Ce qu’on observe à l’université, c’est que des gens peuvent utiliser leurs titres et l’aura qu’ils ont […]. Ils sont minoritaires et certains le font pour porter des idées radicales ou des idées militantes de l’islamo-gauchisme en regardant toujours tout par le prisme de leur volonté de diviser, de fracturer, de désigner l’ennemi », commence-t-elle par affirmer.

© The Sound of Science

« Vous ajoutez aussi les indigénistes qui disent la race, le genre, la classe sociale… tout ça, ça forme un tout ? », la relance doctement Jean-Pierre Elkabbach.

Nullement gênée par l’incroyable confusion de la question, la ministre acquiesce à nouveau. « Absolument. D’ailleurs en biologie cela fait bien longtemps qu’on sait qu’il n’y a qu’une espèce humaine et qu’il n’y a pas de race donc vous voyez à quel point je suis tranquille avec ce sujet-là », répond-elle, montrant combien les récents débats scientifiques sur la notion de « race » dans les sciences sociales lui ont totalement échappé.

« Oui, vous, vous êtes tranquille, mais il y a des minorités et elles sont agissantes… », relance encore le journaliste en agitant les doigts – une gestuelle censée représenter une forme d’infiltration de ces « minorités » à l’université.

« Il y a une sorte d’alliance entre Mao Zedong et l’ayatollah Khomeini ? », suggère encore un Jean-Pierre Elkabbach à qui le sujet tient manifestement à cœur.

« Vous avez raison. Mais c’est pour cela qu’à chaque fois qu’un incident se produit, il est sanctionné, à chaque fois que quelque chose est empêché, c’est reprogrammé, mais je crois que l’immense majorité des universitaires sont conscients de cela et luttent contre cela », avance Frédérique Vidal, sans que le spectateur, à ce stade, sache très bien ce que « cela » désigne, perdu entre les différentes chimères de « l’islamo-maoïsme » et du « féminisme-racialiste »…

« C’est pour cela que je vais demander, notamment au CNRS, de faire une enquête sur l’ensemble des courants de recherche, sur ces sujets, dans l’université, de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève du militantisme, de l’opinion », lance alors la ministre.

(...)

Le but de cette « enquête » confiée au CNRS est-il d’identifier des éléments potentiellement idéologiquement dangereux au sein de la communauté universitaire ? Sur ce point également, la Conférence des présidents d’université (CPU) tient à mettre les choses au point : « La CPU regrette la confusion entre ce qui relève de la liberté académique, la liberté de recherche dont l’évaluation par les pairs est garante, et ce qui relève d’éventuelles fautes et infractions, qui font l’objet si nécessaire d’enquêtes administratives », et qui sont confiées dans ce cas à l’Inspection générale de l’éducation.

« La CPU s’étonne aussi de l’instrumentalisation du CNRS dont les missions ne sont en aucun cas de produire des évaluations du travail des enseignants-chercheurs, ou encore d’éclaircir de qui relève “du militantisme ou de l’opinion”, cingle l’organisation. Si le gouvernement a besoin d’analyses, de contradictions, de discours scientifiques étayés pour l’aider à sortir des représentations caricaturales et des arguties de café du commerce, les universités se tiennent à sa disposition. Le débat politique n’est par principe pas un débat scientifique : il ne doit pas pour autant conduire à raconter n’importe quoi. »

Sauf qu’en matière de « n’importe quoi », la CPU et le monde de la recherche plus généralement n’avaient, sans doute, pas encore tout entendu. Questionnée mardi par la députée Bénédicte Taurine (La France insoumise) sur sa volonté de créer une « police de la pensée », Frédérique Vidal a eu cette réponse étonnante : « Alors, oui, en sociologie on appelle ça mener une enquête. Oui, je vais demander à ce qu’on fasse un bilan de l’ensemble des recherches qui se déroulent actuellement dans notre pays… Sur le postcolonialisme… Mais moi, vous savez, j’ai été extrêmement choquée de voir apparaître au Capitole un drapeau confédéré et je pense qu’il est essentiel que les sciences sociales se penchent sur ces questions qui sont encore aujourd’hui d’actualité. »

(...)

Pour l’historienne Camille Lefebvre, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l’Afrique aux XVIIIe et XIXe siècles, cette annonce de Frédérique Vidal s’inscrit dans « un pur enjeu électoral consistant à placer la question de l’islam au cœur de la prochaine campagne présidentielle. Le problème c’est que c’est un discours performatif et qu’ils n’en mesurent pas les conséquences », souligne-t-elle, décrivant des discours stigmatisants « qui blessent une partie de la société française à qui l’on veut faire comprendre qu’elle doit rester à sa place ».

(...)

Le président, passé de la lecture de Paul Ricœur à celle de Pierre-André Taguieff et sa dénonciation des « bonimenteurs du postcolonial », avait déjà affirmé en juin dernier devant des journalistes que « le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux ».

Aujourd’hui, sous les coups de boutoir d’un pouvoir obsédé par la mise au pas de la communauté universitaire, ce sont surtout les enseignants, les chercheurs et plus largement les libertés académiques qui sont menacés.

Lucie Delaporte

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Frédérique Vidal et "l'islamo-gauchisme" : "Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels", selon le syndicat enseignant SNESUP-FSU

17 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Université

Frédérique Vidal et "l'islamo-gauchisme" : "Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels", selon le syndicat enseignant SNESUP-FSU

Christophe Voilliot, co-secrétaire général du SNESUP-FSU, maître de conférences en science politique à l'Université Paris-Nanterre, revient sur franceinfo sur les propos de Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, qui a créé la polémique en parlant d'"islamo-gauchisme" dans les universités.

La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a créé la polémique en parlant d'"islamo-gauchisme" dans les universités. Elle souhaite charger le CNRS d'enquêter à l'université pour distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l'opinion. "Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels de l'enseignement supérieur", a réagi mercredi 17 février sur franceinfo Christophe Voilliot co-secrétaire général SNESUP-FSU, maître de conférences en science politique à l'Université Paris-Nanterre (Sophiapol).

franceinfo : Que pensez-vous de cette annonce ?

Christophe Voilliot : Ses propos viennent dans un contexte très particulier où l'université est attaquée par l'extrême droite, les Identitaires, par une partie de la presse. C'est très grave qu'une ministre de l'Enseignement supérieur se fasse l'écho de ces attaques en portant atteinte d'une manière inédite aux libertés académiques. Sans liberté de la recherche, il n'y a pas de recherche possible, sans liberté d'expression il n'y a pas d'enseignement possible à l'université. Ce sont ces principes cardinaux que la ministre vient de remettre en cause.

Est-ce que vous attendez qu'elle renouvelle son soutien ?

Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels de l'enseignement supérieur. Quand on demande à des chercheurs du CNRS d'enquêter, et non pas d'évaluer comme nous le faisons au quotidien, sur le travail de leurs collègues nous avons l'impression de basculer sur quelque chose qui ressemble à un régime policier.

Réclamez-vous sa démission ?

Non, en tant qu'organisation syndicale nous n'avons pas à demander la démission d'une ministre. Nous souhaitons qu'elle revienne sur ses propos et qu'elle change de politique et que son projet d'enquête soit immédiatement abandonné.

En quoi cela n'est-ce pas une question universitaire ?

C'est une question aujourd'hui qui fait l'objet d'un débat public, de prises de position. Le terme islamo-gauchisme peut parfaitement être employé, je ne vais pas empêcher quiconque d'employer ce mot. Mais ce n'est pas parce qu'il existe qu'il renvoie directement à des travaux universitaires et que l'on peut considérer que ce serait un concept qui serait mis en avant dans des travaux universitaires qui auraient des visées politiques cachées par leurs auteurs. Ce terme fonctionne comme un stigmate vis-à-vis des universitaires et ça c'est très grave.

Est-ce qu'il faut améliorer les conditions de débat ?

Il faut recréer les conditions d'un débat serein sur l'ensemble des questions que ce soit des questions de société, des questions qui touchent à la science, au sein des universités. Pour se faire, il faut qu'on arrête ce type de petites phrases. Peut-être faudrait-il aller plus loin. Il serait nécessaire d'adjoindre au texte de la Constitution une référence à la défense et à la préservation des libertés académiques comme cela existe dans d'autres pays comme l'Allemagne. La seule chose que nous demandons c'est qu'on nous laisse travailler, qu'on nous laisse diffuser les résultats de nos travaux, après personne n'est obligé d'être d'accord avec nous. Mais si on veut débattre il faut le faire à partir des travaux de recherche et pas à partir de la réputation d'un chercheur, d'une équipe ou d'un établissement.

 

https://www.francetvinfo.fr/politique/jean-castex/gouvernement-de-jean-castex/islamo-gauchisme-il-y-a-un-doute-sur-la-capacite-de-cette-ministre-a-defendre-les-personnels-de-l-enseignement-superieur-snesup-fsu_4300521.html#xtor=CS2-765-[twitter]-

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Sur CNews, Vidal fait du Zemmour...

17 Février 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Sur CNews, Vidal fait du Zemmour...
Sur CNews, Vidal fait du Zemmour...

Frédérique Vidal et l’«islamo-gauchisme» : sur CNews, une ministre zemmourisée

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a déclaré, à l’antenne de la très droitière chaîne de télévision, vouloir demander une enquête au CNRS sur l’«islamo-gauchisme» à la fac. Provoquant ainsi l’indignation de la communauté universitaire.

Revoilà l’«islamo-gauchisme». Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, en a fait le refrain gouvernemental à l’automne, brocardant une «idéologie […] qui mène au pire» et qui gangrènerait les facs françaises. A son tour, Frédérique Vidal le réchauffe comme pour précipiter de la pire des manières la sortie d’un hiver glacial pour le secteur dont elle est la ministre. Sur les réseaux sociaux, la communauté universitaire ne lui dit pas merci, dénonçant massivement une énième attaque «odieuse» et allant «toujours plus loin dans l’abjection».

Dimanche, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est invitée à débattre sur le plateau de CNews, avec Jean-Pierre Elkabbach, relève le site d’information scientifique The Sound of Science. Face au journaliste qui l’interroge sur le danger «islamo-gauchiste» à l’université donc, utilisant la une du Figaro à l’appui de sa bonne foi, Frédérique Vidal répond : «Moi, je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et que l’université n’est pas imperméable et fait partie de la société.» Et de poursuivre, sans qu’Elkabbach n’ait vraiment besoin de la relancer : «Ce qu’on observe à l’université, c’est que des gens peuvent utiliser leurs titres et l’aura qu’ils ont. Ils sont minoritaires et certains le font pour porter des idées radicales ou des idées militantes de l’islamo-gauchisme en regardant toujours tout par le prisme de leur volonté de diviser…»

On l’écrivait déjà dans Libé en octobre : non seulement l’accusation d’«islamo-gauchisme» (une antienne de la droite qui suggère une alliance stratégique entre une partie de la gauche et l’islamisme) à l’encontre de l’université ne repose sur aucun fait concret ni aucune plainte à ce jour – la plupart des conférences et des colloques dans l’enceinte académique se déroulent sans le moindre incident en lien avec l’islamisme et sans qu’aucun journaliste n’y mette les pieds quand bien même les portes leur sont ouvertes –, mais elle est en plus insultante car elle insinue une forme de complicité intellectuelle et morale de certains travaux en sciences humaines et sociales dans lesquels la menace islamiste trouverait un avantage.

Revenons sur CNews : Elkabbach suggère qu’«il y a une sorte d’alliance, si je puis dire, entre Mao Zedong et l’ayatollah Khomeini». Ce à quoi Vidal répond : «Mais vous avez raison…» Sur le Fox News à la française, la ministre de l’Enseignement supérieur semble en un rien de temps zemmourisée – ou blanquérisée. Si bien qu’elle affirme vouloir «demander notamment au CNRS de faire une enquête sur l’ensemble des courants de recherche sur ces sujets dans l’université de manière à ce qu’on puisse distinguer de ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève justement du militantisme et de l’opinion».

D’aucuns diront qu’il y a là les débuts d’un «maccarthysme» académique. Il faut dire qu’en novembre, la droite sénatoriale avait déjà tenté de profiter de la loi de programmation de la recherche pour restreindre les libertés académiques, proposant deux amendements touchant la liberté d’expression et ayant pour soi-disant but de faire respecter les «valeurs de la République»«Valeurs» qui ne sont, par principe, pas définies. Ce qui ouvrirait la porte à des décisions arbitraires et alimenterait un large climat de suspicion sur ce que sont en droit de dire ou de ne pas dire les universitaires dans le cadre de leur fonction.

Dans le contexte éprouvant de la pandémie et de ses cours à distance, de la dégradation des conditions des étudiants et de la recherche française, durement atteinte par des années de réformes et de restriction budgétaire, la sortie de la ministre (qui intervient après que Gérald Darmanin a présenté Marine Le Pen comme «plus molle» que le gouvernement dans un débat sur France 2) ne fait que s’ajouter à une panique morale et fantasmagorique nourrie de manière factice par des médias d’extrême droite. On est en droit d’attendre autre chose de sa part. Mais en est-elle capable ?

Simon Blin

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Séparatisme : « La loi ne parle pas des enfants en grande précarité séparés de l’école »

17 Février 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

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EXTRAITS

Enfants et jeunes vivant dans des bidonvilles, des squats, des aires d’accueil, hébergés en hôtel social, mineurs étrangers isolés, jeunes majeurs juste sortis de l’Aide sociale à l’enfance… Anina Ciuciu, marraine du collectif Ecole pour tous et présidente d’Askola, une association de médiation scolaire en Seine-Saint-Denis, se bat pour que tous ces enfants et ces jeunes, estimés à quelque 100 000, aient accès à l’école alors qu’ils en sont encore trop souvent exclus. Interrogée sur la loi séparatisme, actuellement débattue à l’Assemblée nationale, et sur les avancées qu’elle pourrait permettre sur ce sujet, Anina Ciuciu, avocate de profession, elle-même rom de Roumanie, exprime ses doutes et ses inquiétudes.

 

L’article 21 bis du projet de loi prévoit l’attribution d’un identifiant national à tous les enfants en âge de scolarisation : voyez-vous un progrès pour les enfants en grande précarité sans école  ?

 

Un identifiant existe déjà et, si j’ai bien compris, l’idée est de l’étendre aux écoles privées et aux écoles hors contrat, ce qui ne concerne pas vraiment ces enfants. A quoi va alors servir cette mesure  ? Va-t-elle  permettre d’éviter le décrochage scolaire et de suivre chaque élève ? Cet identifiant existe et cela n’empêche pas le décrochage des enfants lorsque les familles sont expulsées et qu’elles doivent partir sans qu’aucune solution ne leur soit proposée. Je ne vois pas donc l’effectivité d’une telle mesure.

 

Par ailleurs, les maires ont déjà l’obligation de recenser tous les enfants sur leur commune et d’assurer leur inscription à l’école. Or tous ne le respectent pas. En quoi l’obligation d’un identifiant changerait quelque chose ? Si c’est un identifiant à partir du moment où les enfants sont scolarisés, pour notre collectif comme pour Askola, nous n'en voyons pas l’intérêt.

 

Il faut savoir qu’aujourd’hui encore, des maires refusent d’inscrire des enfants en Guyane, à Mayotte, à Drancy (Seine-Saint-Denis)… Malgré le décret du 29 juin 2020 simplifiant les conditions d’inscription à l’école (3),  des maires continuent de demander des documents illégaux aux parents.

 

(...)

 

Globalement cette loi vous semble-t-elle à même de faire avancer votre cause ?

 

Cela fait deux ans que nous portons la voix de ces 100 000 enfants séparés de l’école du fait de la défaillance de l’Éducation nationale, de tous ces enfants empêchés d’aller à l’école et de se construire un avenir en France et pour la France. Face à cela, notre collectif Ecole Pour Tous soutient des actions en référé que nous gagnons toutes pour contraindre les maires à inscrire les enfants (4). Il y a aussi tous ces jeunes majeurs qui se retrouvent séparés de l’école car ils n’ont pas accès à un Contrat jeune majeur (qui prolonge le soutien de l’Aide sociale à l’enfance lorsque les enfants placés atteignent la majorité).

 

De manière générale, nous sommes assez étonnés par cette loi. Les mesures proposées ne parlent pas de ces 100 000 enfants et jeunes en grande précarité. Pourtant cela reste un problème : il faut que tous ceux qui veulent accéder à l’école puissent y avoir accès. Pour nous, la vraie priorité est là.

 

La loi nous inquiète aussi car elle risque de créer de la stigmatisation et de l’exclusion, ce que nous avons nous-même vécues, et qui engendrent du décrochage et de l’abandon. 

 

Enfin, notre collectif attend toujours le lancement de la Mission d’information sur les entraves à l’accès à l’éducation des enfants et jeunes en grande précarité et sur des solutions concrètes. Cela nous avait été promis pour janvier 2020. Cela a été reporté de six mois en raison de la pandémie. Et finalement la mission devait démarrer en janvier 2021. Nous l’attendons toujours et nous sommes inquiets. Cette pandémie a déjà touché en premier lieu les plus pauvres. Il ne faudrait pas qu’ils restent encore une fois sur le bord de la route.

 

Recueilli par Véronique Soulé

 

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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Collèges et lycées: Blanquer pas vacciné contre les suppressions de postes

17 Février 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Collèges et lycées: Blanquer pas vacciné contre les suppressions de postes

Les établissements scolaires prennent connaissance, depuis deux semaines, des moyens dont ils disposeront pour la rentrée 2021. Malgré le Covid, les dotations sont au plus bas pour les collèges et lycées, annonçant une rentrée très dégradée.

L’ombre planait depuis septembre, lorsque le « budget 2021 » de l’Éducation nationale a été rendu public, avec la suppression de 1 883 postes dans le secondaire. Mais depuis deux semaines, collèges et lycées reçoivent ce qu’on appelle leur « dotation horaire globale », soit le nombre d’heures d’enseignement dont disposera chaque discipline. Et là, « tous les établissements connaissent une forte diminution des moyens, que ce soit des suppressions de postes, une hausse des effectifs en classe ou une baisse de l’offre d’options et spécialités », indique Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du syndicat Snes-FSU (premier syndicat dans le secondaire).

« Ce qui est assez frappant, c’est que tous les types d’établissement sont concernés, ceux de zone rurale comme urbaine, ainsi que l’éducation prioritaire, jusque-là épargnée. »

Pourtant, en 2021, le budget de l’Éducation nationale sera le plus élevé de l’État, avec 55,1 milliards d’euros, dont 53,6 milliards dédiés à l’éducation, en hausse de 1,6 milliard par rapport à 2020. Si le solde d’emplois reste stable, c’est parce que 2 039 postes doivent être créés dans le premier degré, la priorité de Jean-Michel Blanquer. « Le ministre n’a jamais caché que le second degré n’était pas sa priorité et qu’il allait supprimer des moyens, mais ça n’avait jamais atteint une telle ampleur », pointe Sophie Vénétitay, du Snes.  

Depuis plusieurs années, l’enseignement secondaire perd des postes, dont environ 5 000 emplois supprimés dans les collèges et lycées depuis la rentrée 2018, malgré 30 000 élèves en plus chaque année. Concrètement, avec cette baisse de la « dotation horaire globale », ce sont 53 postes en moins dans les collèges et lycées de la Manche, 35 dans l’Aveyron, 54 dans le Puy-de-Dôme, 60 sur l’académie d’Aix-Marseille…

« Les heures d’enseignement représentent des postes mais aussi les modalités d’accompagnement des élèves, traduit Nicolas Anoto, délégué national collèges-lycées du syndicat SE-Unsa. C’est impossible, avec 30 élèves, de faire des débats en éducation morale et civique, d’utiliser les laboratoires de sciences, d’avoir des petits groupes en langues… Ces heures sont donc supprimées faute de dotations supplémentaires. » Des classes ferment, d’autres sont en sureffectif. Ce sont des options et des spécialités qui sont supprimées, des travaux pratiques qui n’auront plus lieu, des heures d’accompagnement d’élèves en difficulté qui ne pourront être assurées.

Dans l’éducation prioritaire, les collèges et lycées de REP et REP+ perdent des moyens et devront gérer des classes de plus de 28 élèves, là où elles devraient être limitées en principe à 24 ou 25 élèves.

Pourtant, l’Éducation nationale se défend de toute coupe budgétaire : les postes supprimés seront compensés par des heures supplémentaires, l’équivalent de 1 000 postes selon le ministère. Les professeurs ont d’ailleurs, depuis 2019, l’obligation d’en accepter deux par semaine, portant à 20 heures le temps devant les élèves – auxquelles s’ajoute évidemment la préparation des cours.

« Les heures supplémentaires ne se répartissent pas sur tous les personnels », indique cependant Nicolas Anoto du SE-Unsa. Surtout, « elles ne sont jamais toutes pourvues dans les établissements ».  

D’après un rapport du sénateur LR Jacques Grosperrin (sur l’enseignement scolaire dans le cadre du projet de loi de finances pour 2021), « 12,3 millions d’euros de crédits pour les heures supplémentaires n’ont pas été consommés en 2019 ».  

Il établit également que ces heures en plus reposent sur « la moitié à peine des enseignants de la discipline concernée », et qu’il n’est pas rare de « demander à une personne d’effectuer trois, voire quatre [heures supplémentaires par semaine] ».

Pour Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, ces heures supplémentaires ne sont qu’un « tour de passe-passe » qui ne permet pas de remplacer tous les emplois. « Tous les enseignants n’ont pas envie de faire d’heures supplémentaires et l’Éducation nationale refuse de plus en plus de temps partiels à cause du manque d’heures, réagit aussi Laurent Frajerman, professeur agrégé d’histoire au lycée Lamartine (à Paris) et chercheur au Centre d’histoire sociale de Paris. On est en train de créer de la souffrance du côté des professeurs mais aussi des personnels de direction. Ce sont eux qui doivent faire accepter les heures supplémentaires, et cela crée des tensions dans les établissements. »

L’incompréhension est d’autant plus grande qu’à la fin janvier, l’Éducation nationale a annoncé avoir économisé 200 millions d’euros sur son budget 2020, l’équivalent de 4 200 postes d’enseignants. Pour le chercheur, il y a une véritable tendance à la réduction des dotations dans le second degré, qui « n’est pas que du fait de Jean-Michel Blanquer ».

« Les gouvernements cherchent tous à baisser la dépense publique et donc à diminuer les effectifs. Sauf que l’enseignement primaire en France est très mal classé au niveau international et a longtemps été moins doté que le secondaire. L’État a donc cherché à diminuer cet écart. En 1980, la France dépensait 80 % de plus pour les collèges-lycées, contre 51 % aujourd’hui. Mais plutôt que d’augmenter les dotations du premier degré, la France a choisi de couper dans celles du second, qui en paie le prix. »

Ainsi, alors que les inscriptions en collège et lycée augmentent, tout comme le nombre d’élèves par classe, en primaire, c’est l’inverse depuis quelques annéesDans le second degré, c’est le lycée qui coûte le plus cher, notamment les différentes options et spécialités, parce qu’elles nécessitent un travail en petits groupes et du matériel, comme la physique ou les langues. Alors quand il faut répartir les heures d’enseignement, ce sont d’abord elles qui disparaissent. « Il n’y a pas de réelles priorités pour le système d’enseignement », à part des motivations budgétaires, conclut Laurent Frajerman

Par ailleurs, du côté des personnels de « vie scolaire », il n’y aura pas de créations de postes, malgré l’augmentation du nombre d’élèves, la surcharge de travail due aux protocoles sanitaires et les effets du confinement. « En trois ans, il n’y a eu aucune création de postes de conseiller principal d’éducation (CPE) ou de psychologue de l’Éducation nationale, confirme la porte-parole du Snes-FSU. Pourtant, de nombreux établissements demandent des effectifs en plus car il y a, surtout en ce moment, un réel besoin d’écoute et d’accompagnement des élèves. » Et pas question d’heures supplémentaires pour les personnels éducatifs non enseignants.

Des postes en moins, des élèves en plus, et l’impossibilité de dédoubler des classes : pour les syndicats, l’équation est d’autant plus ahurissante que la crise sanitaire pèse. « Dans des pays comme l’Italie, il y a eu des embauches massives de personnels éducatifs pour gérer les petits groupes, mais la France, elle, fait l’inverse », réagit Nicolas Anoto (SE-Unsa). « Le quotidien est compliqué pour les élèves mais Blanquer n’en prend pas la mesure et maintient une rentrée dans des conditions déplorables, insiste Sophie Vénétitay (Snes-FSU). Il y a une obsession de l’économie à tout prix. Je ne sais pas comment on va faire pour mettre en place des dispositifs pour travailler avec les élèves en difficulté… »

Les syndicats demandent donc un gel des suppressions de postes, le temps de trouver où dégager des moyens pour une rentrée dans de meilleures conditions en septembre. Déjà, des parents d’élèves se mobilisent au côté des équipes pour dénoncer « la casse » de l’enseignement secondaire.

Juliette Loiseau

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L’Education nationale «fait le choix de laisser circuler les variants dans nos écoles, c’est irresponsable»

16 Février 2021 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

L’Education nationale «fait le choix de laisser circuler les variants dans nos écoles, c’est irresponsable»

Alors que le variant britannique du coronavirus représente 20 % à 25 % des cas de contaminations au Covid-19, l’Education nationale a décidé d’alléger son protocole dans les écoles dès ce lundi, provoquant l’incompréhension et la colère des syndicats enseignants.

«On a changé de protocole il y a quelques jours à peine et on revient déjà en arrière  s’agace Cécile (1), 58 ans, directrice d’une petite école primaire dans l’Eure. Comme tous les enseignants, elle a découvert ce week-end, par voie de presse, le nouveau protocole sanitaire mis en ligne vendredi, en catimini, par le ministère de l’Education nationale sur son site internet. Désormais, le personnel, de la maternelle au lycée, ne sera plus considéré cas contact dès que trois élèves «de fratries différentes» seront testés positifs au Covid-19. Le protocole précise qu’une «étude approfondie des contacts déterminera si les personnels de la classe doivent être également considérés comme contacts à risque». Pourtant, 1 599 classes et 103 établissements scolaires sont actuellement fermés en raison de cas de Covid-19. Des chiffres en forte progression (+71 %), puisque le ministère ne comptabilisait que 934 fermetures de classes la semaine précédente, avant le début des vacances scolaires de la zone A.

Pas de fermeture automatique en cas de variant britannique

Autre changement, et contrairement à ce qui avait été décidé il y a quinze jours à peine, la fermeture d’une classe ne sera désormais plus automatique en cas de détection d’un cas positif au variant britannique. Elle sera seulement envisagée après «analyse locale concernant la circulation de cette variante sur le territoire», est-il précisé. «De nouvelles études ont apporté des éléments nouveaux et rassurants, sur ce variant et elles montrent qu’il circule vite mais n’est pas plus dangereux», assure à Libération le ministère de l’Education nationale, qui renvoie la balle au ministère de la Santé, pour plus de précisions.

En conférence de presse jeudi, Olivier Véran se montrait pourtant beaucoup moins rassurant : «Les trois variants anglais, brésilien et sud-africain nous inquiètent particulièrement», avait annoncé le ministre de la Santé. «C’est surréaliste d’alléger le protocole, réagit Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le secondaire. L’Education nationale cherche à casser le thermomètre pour montrer que la situation est sous contrôle, en évitant de fermer des classes. Il fait le choix de laisser circuler les variants dans nos écoles, c’est irresponsable.»

«On est juste des pions»

Le Snes-FSU insiste sur l’importance de casser les chaînes de contamination dans les écoles pour les adultes aussi. Or, en cas de variant sud-africain ou brésilien, personnels et élèves ne sont plus logés à la même enseigne. Depuis deux semaines, la règle était claire: fermeture automatique de la classe. Désormais, deux possibilités cohabitent. Si un élève est testé positif, tous ses camarades seront considérés comme cas contact et leur classe sera fermée. En revanche, même si un enseignant (ou des membres du personnel intervenant dans la classe) est testé positif au variant sud-africain ou brésilien, il ne sera pas considéré d’office comme un contact à risque et cela n’entraînera pas automatiquement la fermeture de la classe. «Pourquoi faire une distinction entre les adultes et les élèves ? s’interroge Sophie Vénétitay. Il n’y a aucune transparence ni éclairage scientifique sur cette décision.»

«Si on n’est pas cas contact de nos élèves positifs, on est cas contact de qui, alors ?» s’énerve Cécile, la directrice de la petite école dans l’Eure. Epuisée, elle n’attend plus que la fin de la semaine pour être en vacances. Depuis le mois de janvier, elle va à l’école «à reculons», ce qui ne lui était jamais arrivé en vingt et un ans de carrière. «On est juste des pions, bons à s’occuper des enfants pour que les parents travaillent tranquillement, estime-t-elle. Même quand on est malade, on nous demande d’être là parce qu’il n’y a plus de remplaçants sur mon secteur. Ou alors on répartit les élèves dans les classes et on les brasse au détriment du protocole sanitaire.»

Cette enseignante se demande chaque semaine «ce que le ministère va encore nous pondre» et pense à ses collègues du Nord et de la Moselle, deux régions particulièrement touchées par les variants britannique et sud-africain. La fermeture des écoles n’est pas envisagée dans ces territoires où les élèves ont encore une semaine de cours. En Moselle, des parents, soutenus par la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) locale, ont décidé de ne pas remettre leurs enfants en cours, par sécurité. De son côté, la préfecture du Nord a annoncé décaler l’arrivée et la sortie des classes dans les écoles maternelles et élémentaires et de faire fonctionner les collèges et lycées en mode mixte, entre présentiel et distanciel.

Cécile Bourgneuf

(1) Le prénom a été modifié.

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"L’art n’est pas un bonus" - Non à la disparition des enseignements optionnels artistiques.

16 Février 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Art

"L’art n’est pas un bonus" - Non à la disparition des enseignements optionnels artistiques.

De Jacques Audiard à Cédric Klapisch, près de 300 personnalités du cinéma et de la culture, enseignants et parents d’élèves dénoncent la politique budgétaire restrictive qui risque de faire disparaître les enseignements optionnels artistiques.

«Entrer dans l’option Cinéma a été la meilleure décision de ma vie.

– Cela m’a permis d’avoir une meilleure compréhension du monde. Car les films font avancer le spectateur.»

Ecoutons les lycéens. Ils disent la richesse de l’enseignement du cinéma. Richesse car ils y apprennent à analyser des films de tous horizons. Richesse car ils y expérimentent le travail de groupe. L’enseignement du cinéma, comme le cinéma lui-même, est un travail d’équipes. Equipes de lycéens qui vivent au plus près l’acte de création. Equipes d’adultes qui les accompagnent dans cette découverte d’eux-mêmes et du monde : enseignants, intervenants professionnels, organisateurs de festivals, gérants de salles, réalisateurs et autres acteurs de l’art et de l’industrie cinématographiques. Richesse car cette forme d’apprentissage, démultipliant les lieux et les référents adultes, permet à des adolescents, adultes et citoyens en devenir, de se confronter à des idées multiples et originales, d’apprendre à se questionner, à forger leur regard sur le monde.

Des discours en trompe-l’œil

Or, face à ces enthousiasmes, l’institution et le pouvoir politique proposent actuellement une réponse mortifère. Les discours sur la réforme du lycée s’articulent autour d’un surcroît de liberté. Pour les élèves par le choix des spécialités, notamment artistiques. Pour les équipes pédagogiques par la possibilité de déterminer elles-mêmes l’utilisation d’une partie de leurs moyens horaires. Ces discours sont un trompe-l’œil.

La réalité est celle d’une politique budgétaire restrictive, qui grève l’offre pédagogique existante. Et les enseignements artistiques sont en première ligne. Les enseignements optionnels artistiques sont en train de disparaître : le nouveau baccalauréat les marginalise et ils sont les premières victimes de la diminution des heures allouées aux établissements. Or, ils accueillent un grand nombre d’élèves, et surtout s’adressent autant aux élèves de l’enseignement général qu’à ceux de l’enseignement technique, pour lesquels ils représentent le seul accès à l’art et à la culture.

L’existence des spécialités ne peut compenser cette perte, d’autant que l’obligation de ne garder, en terminale, que deux des trois spécialités de première et la pression de Parcoursup les fragilisent face à des matières plus traditionnelles, et donc rassurantes.

L’enseignement du cinéma crée des esprits libres

Ce choix de société nous paraît profondément injuste et totalement incompatible avec la mission républicaine de l’Education Nationale. L’art n’est pas un «bonus» : on ne peut en restreindre l’accès sans dommage. La crise sanitaire que nous traversons le montre à l’envi. Plus que jamais, nous nous tournons vers les œuvres, nous cherchons des moyens de continuer à les faire vivre. La culture est aussi un secteur économique qui irrigue toute la société, par les professionnels qu’elle emploie et par l’esprit critique, le rêve qu’elle propose à tous. L’enseignement artistique participe de cette fonction sociale et politique.

Les lycéens en cinéma vont dans les salles, y entraînent leurs amis, leurs familles. Ils en renouvellent le public. Ils expérimentent très tôt ce que chaque spectateur de cinéma a un jour ressenti dans une salle : une communion collective à travers des émotions partagées qui amènent à la réflexion.

L’enseignement du cinéma crée des spectateurs, des esprits libres et ouverts sur le monde.

Ecoutons les lycéens. «Plongée dans un bain que je ne connaissais pas, j’ai avancé les yeux fermés jusqu’à une salle de cinéma: la lumière qui s’éteint, et mes yeux qui s’ouvrent…»

Premiers signataires de la tribune initiée par les enseignantes du lycée Sophie-Germain à Paris: Ariane Ascaride, Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Louise Bourgoin, Guillaume Brac, Laurent Cantet, Catherine Corsini, Jean-Pierre Darroussin, Anaïs Demoustier, Pascale Ferran, Robert Guédiguian, Cédric Klapisch, Sébastien Lifshitz, Pierre Salvadori… La liste complète des signataires.

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Collèges et lycées : vers des classes surchargées à la rentrée prochaine ?

16 Février 2021 , Rédigé par Sud-Ouest Publié dans #Education

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Alors que la crise sanitaire complique déjà la vie des enseignants et des élèves dans les établissements scolaires, de nombreux collèges et lycées risquent de perdre des postes à la rentrée

On ne le sait pas forcément, mais dans les écoles, collèges et lycées, la rentrée 2021 se joue dès maintenant. Ces dernières semaines, les chefs d’établissement ont reçu de la part du rectorat leur dotation horaire globale, ou DHG dans le langage de l’Éducation nationale. En clair, le nombre d’heures d’enseignement allouées pour l’année scolaire à venir, qui détermine le nombre de postes dans chaque établissement.

Dans les écoles primaires, auxquelles le ministère donne la priorité depuis trois ans, 2 000 postes vont être créés à la rentrée 2021. Mais les collèges et lycées vont, eux, en perdre 1 800. De quoi inquiéter les enseignants comme les parents d’élèves. Le Snes-FSU, syndicat majoritaire chez les profs, dénonce déjà cette baisse des dotations pour la rentrée. Dans l’académie de Bordeaux, par exemple, “alors que les effectifs augmentent de 1,1 %, les moyens d’enseignement n’augmentent que de 35 équivalents temps plein alors qu’il en fallait 180 pour maintenir le taux d’encadrement de la rentrée 2020”

Sur le terrain, la mobilisation commence à prendre forme dans les secteurs les plus touchés. En Lot-et-Garonne, des enseignants de collèges et lycées de tout le département ont affiché leur mécontentement la semaine précédant les vacances scolaires. Les établissements du secondaire vont, en effet, perdre 17 postes au mois de septembre.

Heures supplémentaires

Selon les départements et les établissements, des heures supplémentaires allouées par le ministère vont venir compenser les postes en moins. Une fausse bonne solution selon le Snes-FSU qui rappelle qu’elles ne doivent en aucun cas venir remplacer un poste à temps plein. “C’est un problème structurel, abonde Rodrigo Arenas, vice-président de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) qui soutient les revendications des profs. La réalité, c’est qu’on manque d’enseignants. Alors, on déshabille Paul pour habiller Jacques. On met en tension les parents et les élèves pour qu’ils fassent pression sur les chefs d’établissement. Mais les dotations horaires, c’est le rectorat et donc l’Éducation nationale qui les fait.”

Titre
Crédit photo : FCPE

La FCPE enregistre déjà des plaintes de parents dans les établissements car dans de nombreux collèges et lycées “on risque de se retrouver avec des classes à plus de 30 élèves pour la rentrée. Alors que nous pensons qu’il faut moins d’élèves par classe pour pouvoir en prendre soin. Les enseignants le disent quand il n’y a que 50 % des effectifs d’une classe présents, les enfants sont plus attentifs. Cela permet d’aller plus loin dans les échanges et cela facilite la prise de parole de ceux qui vont mal.”

Avec cette baisse des dotations, il va être aussi plus difficile de remplacer les enseignants absents, selon la FCPE qui a créé la plateforme Ouyapacours pour recenser les heures de cours non assurées. Depuis qu’elle a été réactivée il y a trois semaines, 15 000 heures de cours perdues ont été signalées par les parents d’élèves.

Stéphanie Lacaze

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