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Vivement l'Ecole!

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Entre sidération, deuil et débats nécessaires : les premiers résultats d’une enquête à l’École après la mort de Samuel Paty

15 Octobre 2021 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education

Professeur décapité : où en est l'enquête, cinq jours après la mort de  Samuel Paty ?

EXTRAIT

Après la mort de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie assassiné le 16 octobre 2020, les enseignants ont vécu les heures et les jours qui ont suivi dans un mélange d’incrédulité, d’effroi, de sidération et d’angoisse.

Ce temps d’après correspondait pour eux aux vacances scolaires de la Toussaint, une situation bien différente de celle qui avait prévalu après l’attentat du 7 janvier 2015 au siège de Charlie Hebdo, quand l’institution scolaire avait pu organiser dès le lendemain une minute de silence en hommage aux journalistes assassinés.

Lors des attentats du 13-Novembre également, le milieu scolaire avait pu organiser un hommage aux victimes juste après le week-end, le lundi 16.

Cette fois, du fait de la coupure des vacances, et alors qu’un enseignant était visé, aucun événement n’a pu être mis en place. Surtout, à l’effroi et la sidération a succédé la colère chez quasiment tous les enseignants lorsqu’ils ont appris par courrier électronique, trois jours avant la reprise des cours, que les temps de discussions entre enseignants puis de débats avec les élèves, prévus initialement par le ministère de l’Éducation nationale le lundi 2 novembre, étaient finalement supprimés.

Seule était maintenue la minute de silence à observer dans chaque établissement scolaire de France.

Ces trois événements traumatisants, Charlie Hebdo, le 13-Novembre et l’assassinat de Samuel Paty, ont été au cœur d’un travail de recherche de plus de trois ans qui se conclut actuellement et dont nous livrons certains des premiers éléments ici.

Une enquête dans le monde scolaire

L’École ayant été l’objet de vives polémiques à la suite de l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015 et des réactions de certains élèves qui refusaient l’hommage aux journalistes tués, nous avons débuté en 2017 une enquête intitulée « Le monde scolaire face aux attentats ». Ce projet avait pour objectif de comprendre comment les différents acteurs du monde scolaire avaient réagi face aux attentats de janvier 2015 et du 13-Novembre. Il a été réalisé en partenariat avec le programme de recherche « 13-Novembre » (Inserm-CNRS).

Notre enquête était centrée sur le recueil de paroles, de témoignages, de réactions au cours d’entretiens avec des personnes reflétant une grande diversité professionnelle de l’institution, sur des établissements sociologiquement variés, concernant des élèves de différents âges, de la maternelle au lycée.

Cette enquête a porté au total sur une trentaine d’établissements de la région parisienne (écoles, collèges, lycées) situés dans des zones mixtes ou défavorisées.

À la suite de l’assassinat de Samuel Paty, et alors que le projet touchait à sa fin, nous sommes repartis interroger, en novembre et décembre 2020, une inspectrice, 18 élèves de lycée professionnel, 11 enseignants, une conseillère principale d’éducation (CPE) deux chefs d’établissement travaillant au total dans neuf établissements (lycée, collège, école primaire) situés pour la plupart en Réseau d’éducation prioritaire (REP).

Une minute de silence ne suffit pas

Presque tous les enseignants interrogés ont fait part de leur incompréhension et de leur grand désarroi, car ils tenaient plus que tout à discuter entre eux de l’événement pour préparer au mieux les échanges, que certains redoutaient, avec les élèves dans leur classe. Sans ce cadre préalable entre eux puis avec leurs élèves, la minute de silence n’avait aucun sens à leurs yeux.

Certains enseignants, très impliqués dans la vie de l’établissement ou sur les questions de laïcité, ont alors fait le choix de ne pas venir le jour de la rentrée et ont rendu hommage à leur collègue Samuel Paty hors de leur établissement. Sous la pression de leurs enseignants, quelques chefs d’établissement (une minorité) n’ont pas suivi la consigne ministérielle en maintenant le jour de la rentrée le dispositif initial « temps d’échanges entre enseignants/temps de débats avec les élèves » avant d’observer ensemble la minute de silence. D’autres établissements ont organisé ce temps d’échanges au cours du mois de novembre en banalisant une demi-journée, ce qui avait été préconisé par le ministère.

(...)

Sébastien Ledoux - Historien - Paris Panthéon Sorbonne

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Un an après l’assassinat de Samuel Paty, les enseignants restent traumatisés

15 Octobre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Laïcité

L'association Éclat rend hommage à Samuel Paty - Association ECLAT

EXTRAITS

L’assassinat de Samuel Paty, il y a un an, a créé un choc durable chez les professeurs, partagés entre découragement et refus de renoncer à leur mission.

L’assassinat de Samuel Paty a des airs de 13-Novembre pour les enseignants. Pour la première fois, un de leur collègue a été tué aux portes de son établissement scolaire en raison de son métier. Un an plus tard, chaque professeur se rappelle encore ce qu’il faisait au moment où il a appris le drame, en ce tout début des vacances de la Toussaint. Le choc a saisi toute la profession. Professeur d’histoire-géographie dans l’académie de Dijon, Emmanuel Menetrey apprend l’attentat contre Samuel Paty à la télévision et entre dans « un état de sidération ». Le lendemain, lorsque des informations plus précises sur qui était Samuel Paty commencent à circuler, il fond en larmes. « Il avait le même âge que moi [47 ans], on exerçait la même profession dans la même discipline. J’ai pleuré comme si j’avais perdu un membre de ma famille », raconte l’enseignant.

Comme Emmanuel Menetrey, beaucoup se sont identifiés à Samuel Paty. Les professeurs d’histoire-géographie au premier chef. Ce sont eux qui sont aux avant-postes : ils ont la charge de l’enseignement moral et civique. « Je donne ce cours sur la liberté d’expression chaque année. Evidemment, je me suis dit : ça aurait pu être moi ! », assure, comme beaucoup d’autres, Laurence Bardeau-Almeras, enseignante d’histoire-géographie dans l’académie de Toulouse.

(...)

Rien n’a changé

La nécessité de réagir collectivement s’est très vite fait sentir. Malgré les vacances et pour rompre l’isolement, les enseignants se sont appelés pour partager leur émotion et travailler les réponses à donner aux élèves au retour des vacances. Les tergiversations du ministère de l’éducation nationale autour des modalités de l’hommage dans les établissements, et notamment d’un moment de concertation – finalement écarté – laissé aux enseignants le jour de la rentrée, ont laissé une amertume encore vive aujourd’hui. « On a eu une nouvelle fois l’impression de ne pas être soutenu par notre hiérarchie, comme on a le sentiment de ne pas être protégé par notre institution face à des parents qui ne nous font plus confiance », se désole Marc Meissonnier, enseignant dans l’académie de Clermont-Ferrand.

Si des formations laïcité doivent se déployer dans les quatre années à venir, le sentiment que rien n’a changé depuis un an domine sur le terrain. La crise sanitaire n’a pas aidé, il est vrai. « Dans mon lycée, on a essayé de mettre en place des actions notamment en vue de la Journée de la laïcité à l’école, le 9 décembre, mais semaine après semaine, nous étions un peu moins nombreux », confie Marc Meissonnier pour qui « le découragement est grand dans la profession »« Nous ne sommes pas de taille à lutter contre cette radicalisation et, entre les quatre murs de sa salle de classe, l’enseignant peut se sentir bien seul », insiste-t-il.

(...)

Faire émerger les débats

Catherine Ambeau, enseignante en lettres et histoire dans un lycée professionnel à Pessac, près de Bordeaux, s’est elle aussi posé beaucoup de questions à la suite du drame : « Y a-t-il des sujets tabous ? Des supports à éviter ? Une censure consciente ou inconsciente ? » Et sa réponse est un « non ». Elle s’efforce néanmoins désormais d’apporter davantage de contexte quand elle présente un document à ses élèves, et de faire ainsi émerger les débats. « L’assassinat de notre collègue m’a aidée à comprendre que si on met la poussière sous le tapis, on fait émerger des incompréhensions, voire de l’obscurantisme. » Elle souhaite inaugurer un parvis Samuel-Paty dans son établissement, pour la Journée de la laïcité, le 9 décembre. « Ce sera un parvis des droits humains, un lieu vivant comme une agora. Après ce drame affreux et la crise sanitaire, on a besoin de retrouver du lien », assure-t-elle.

Pour faire vivre la mémoire de Samuel Paty, et les valeurs qu’il incarne aujourd’hui malgré lui, l’association des professeurs d’histoire et de géographie a décidé de lancer le prix Samuel-Paty, destiné aux classes de 6e, 5e et 4e. L’idée est de produire un projet (audio, vidéo, affiches, texte…) autour d’un thème lié aux valeurs républicaines. « Il s’agit de créer un espace à côté des cours, de parler de ces questions différemment en faisant, on l’espère, travailler ensemble des enseignants de différentes disciplines », explique Fabien Salesse, de l’APHG. Le thème de cette première édition : « Sommes-nous toujours libres de nous exprimer ? » Beaucoup de professeurs se posent aujourd’hui la question. Mais pour Fabien Salesse, il n’y a pas de doute : « On lui doit bien ça. »

Sylvie Lecherbonnier

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Les profs seuls face à des sujets inflammables

15 Octobre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Hommage à Samuel Paty : «Quel impact je peux avoir, moi tout seul ?» se  demande un prof d'histoire - Le Parisien

(J'ai choisi le titre de la version papier de Libération du 15/10 - Le webmaster)

Un an après la mort de Samuel Paty, les profs face aux sujets inflammables

L’assassinat du professeur, qui fera l’objet ce vendredi d’un temps d’échange avec les élèves dans les établissements scolaires, a redéfini le rôle des enseignants, qui au quotidien abordent les thèmes débattus dans l’espace public, en faisant le lien avec les programmes scolaires.

Un an plus tard, l’émotion n’est toujours pas retombée. Les professeurs restent profondément marqués par la mort de Samuel Paty, assassiné le 16 octobre 2020 près de son collège des Yvelines pour avoir simplement fait un métier qui est aussi le leur. Après le choc est venue la colère. Contre leur ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer, qui leur avait refusé à la dernière minute un temps de concertation pour préparer l’hommage au professeur, quelques jours après sa mort, pour des raisons sanitaires et sécuritaires. Beaucoup se sont sentis démunis face à leurs élèves. Que leur répondre quand on est soi-même affecté par un événement ? Que leur dire sur la liberté d’expression alors que l’enseignant avait montré une caricature de Mahomet en cours ? «Juste après, on s’est posé la question et certains disaient que ça ne servait à rien de montrer des caricatures autour de la religion, se souvient Maël (1), 39 ans, professeur d’histoire-géo dans un lycée privé catholique à Vannes. Ce questionnement persiste aujourd’hui, dit-il.

D’autres profs ont au contraire poursuivi leur enseignement sur ces sujets, convaincus de la nécessité de les aborder avec des élèves parfois réticents. Après l’attentat, «je leur avais proposé d’écrire un seul mot sur un bout de papier et une élève avait noté «rien», c’est ce qu’elle ressentait et elle trouvait même ce qui s’était passé un peu normal», se souvient Antoine (1), qui enseigne l’histoire-géo dans un lycée professionnel des Hauts-de-Seine. Il l’a alors conduite chez le proviseur, parce qu’il n’avait «pas les armes ni le temps de déconstruire ça». Ce vendredi, il devra de nouveau parler du drame en classe. A la veille du premier anniversaire de la mort de Samuel Paty, toutes les écoles, collèges et lycées organisent, à la demande du ministère de l’Education nationale, «un moment de recueillement» avant un temps d’échange avec les élèves. Antoine n’est pas du tout convaincu par cette tentative de rattrapage du gouvernement. Pour lui, «la messe a été dite» en novembre, quand il n’a pas pu échanger avec ses collègues avant de reprendre les cours. Sans parler de la polémique autour de la vidéo de rentrée d’Emmanuel Macron, dans laquelle il indiquait avoir «une pensée pour les parents et les collègues de Samuel Paty», juste après avoir montré une photo des youtubeurs McFly et Carlito. Pour Antoine «ça a été la rupture» «On n’est rien pour eux, juste de la matière première à exploiter.»

Un rôle «redéfini» après le drame

Pourtant, l’assassinat de Samuel Paty «a redéfini la place du prof à l’école, de son rôle au sein de la société, estime Françoise Lantheaume, professeure émérite des universités en sciences de l’éducation et de la formation à l’université Lyon-II. Selon les événements, on se rappelle soudain que les enseignants servent à quelque chose, alors qu’on voit d’habitude leurs insuffisances supposées.» Mais quel est leur rôle exactement ? Jean-Michel Blanquer souhaite que cette question soit abordée en classe ce vendredi, à partir du CM1, pour transmettre l’idée que le professeur «a pour mission d’accompagner chaque jeune vers les progrès de la connaissance et de la conscience, en confrontant les faits, les opinions, les analyses». Est-ce si facile d’aborder des sujets sociétaux hautement inflammables avec une classe entière, à l’heure où les petites phrases polémiques tournent en boucle dans les médias et dont les jeunes sont, comme les adultes, très friands ? Françoise Lantheaume a mené ces cinq dernières années, auprès de 900 personnels de l’éducation, une enquête sur la façon dont est géré tout ce qui touche aux religions, discriminations et racisme en milieu scolaire. Sa conclusion : en général, les professionnels traitent tout cela «sans grand problème, de manière ordinaire».

Parmi les sujets d’actualité les plus sensibles figurent les questions identitaires, qui reviennent souvent sur la table, surtout en cette année présidentielle. La majorité des quinze enseignants interrogés par Libération ont eu droit à des prises de parole spontanées autour du polémiste Eric Zemmour qui entend inscrire dans la loi, s’il devenait président, l’obligation de donner à son enfant un prénom dit «français». «“Est-ce que c’est vrai ?” “On devra changer de prénom ?” m’ont demandé plusieurs fois mes élèves parce qu’ils sont en majorité issus de l’immigration», rapporte Ben, enseignant en élémentaire à Carcassonne (Aude). Les cinquièmes de Nina, 31 ans, professeure de lettres classiques dans le collège d’un quartier populaire du Val-de-Marne, ont tous regardé le débat Mélenchon-Zemmour, en septembre, «sans doute parce qu’ils ont BFM allumée toute la journée chez eux». Elle en a parlé à ses collègues : leurs élèves avaient aussi été curieusement happés par le débat. Que répondre à leurs interrogations ? «D’abord, on en rit pour dédramatiser, parce que cette histoire de changement de prénoms, ça leur fait peur, raconte Ben. Ensuite, je leur explique le positionnement politique de ce personnage qui veut plaire à des électeurs et a été condamné pour provocation à la haine par la justice. Je leur dis, parce que c’est factuel.» Selon lui, parler «de façon clinique» permet aux jeunes «de mettre l’affect de côté et de se forger une opinion raisonnable». Marc, professeur de philo de 51 ans dans un lycée à Marseille, abonde : «Dès qu’on travaille sur la notion d’identité, on voit bien que ce n’est pas quelque chose de stable dans l’histoire. Ça les intéresse qu’on parle de ces sujets de façon totalement différente : méthodique et apaisée», estime le quinquagénaire, pour qui les professeurs ont «un rôle de contrepouvoir».

Alors les profs n’hésitent pas à aborder ces thèmes débattus dans l’espace public en faisant le lien avec les programmes scolaires. Pour intéresser les élèves, ils se servent de leur besoin de comprendre le monde, en partant d’un sujet qui les touche. Certains jeunes, une minorité, ont tendance à davantage affirmer leur croyance, quelle qu’elle soit, parce que cela fait partie de leur construction, explique Françoise Lantheaume. Les profs peuvent aussi s’appuyer là-dessus : «On a souvent tendance à opposer une conception civique de l’école républicaine à cet ancrage dans des cultures singulières. Or, les enseignants associent les deux pour justement éviter que les élèves ne s’enferment dans leur appartenance», remarque la chercheuse.

«Dégrossir» les façons de penser

Quand une question sur un sujet d’actualité émerge en plein milieu d’un cours, les profs expliquent adopter trois stratégies distinctes : répondre tout de suite, à un autre moment ou, plus rare, esquiver. Quand la question a un lien, direct ou non, avec le programme abordé, ils y répondent en général dans la foulée. Cela vient d’arriver à Ben qui déroulait son cours sur les vaccins. En pleine pandémie, cela soulève forcément des questions : «Certains avaient entendu parler d’un jeune mort à Sète après s’être fait vacciner : je leur ai expliqué qu’on ne peut pas utiliser un seul cas pour en faire une généralité et on a repris le cours.» Fermeture de la parenthèse. Quand il s’agit de remarques racistes, homophobes ou encore antisémites, les profs disent réagir immédiatement. Juliette (1), 44 ans, professeur d’histoire-géo depuis vingt ans, aujourd’hui en région parisienne, y a eu droit plusieurs fois dans son ancien établissement : «Dans ce cas, je faisais une heure de cours sur le peuple juif, je sortais du programme pour remonter l’histoire parce que je ne laisse jamais de discours hostile s’installer.» Si elle entend un «sale PD», ce qui lui arrive «régulièrement», Louise (1), 23 ans, arrête son cours d’EPS et demande à l’élève «pourquoi il a dit ça, où il l’a entendu, pour dégrossir sa façon de penser» : «Souvent, ils le disent juste pour blesser l’autre sans se rendre compte de la portée des mots». Sur certains sujets qu’il juge trop délicats, Antoine, le prof d’histoire-géo des Hauts-de-Seine, «préfère ne pas en parler devant toute la classe parce que ça peut partir dans tous les sens et on perd le cours».

Louise, comme pas mal de jeunes profs débutants, ne se sent parfois «pas du tout à l’aise» quand il s’agit de faire un pas de côté. C’est d’autant plus difficile quand on n’a déjà pas l’habitude de débattre et qu’on ne suit pas vraiment l’actualité, comme elle : «Je n’ai pas assez de bagage intellectuel pour dire ce qu’il faut sur des sujets compliqués sans y être préparée.» Elle trouve par exemple encore «difficile de parler de politique sans qu’ils perçoivent mon opinion personnelle». Julien (1), prof de maths dans l’académie d’Amiens, n’hésite pas, lui, aussi, à se renseigner si nécessaire : «J’ai l’honnêteté intellectuelle de dire à mes élèves quand je ne sais pas, pour prendre le temps de leur répondre de manière sensée.» Quand il ne se sent «pas assez armé sur un sujet», il renvoie les élèves vers un collègue d’une autre discipline. Et là, ça tombe à coup sûr sur les profs d’histoire-géo et d’enseignement moral et civique (EMC), «parce qu’ils ont plus de billes», juge-t-il. Emilie (1), prof de philo et d’EMC dans l’académie de Lyon ne le sait que trop bien : voilà pourquoi elle regrette le peu de place accordé à l’enseignement moral et civique, abordé seulement une heure tous les quinze jours dans le secondaire, et une heure par semaine en primaire. «Rien que sur la laïcité, on voit bien à quel point, c’est flou pour les élèves qui doivent en comprendre l’origine, réfléchir dessus pour mieux vivre ensemble», estime l’enseignante.

Ce n’est pas clair non plus pour les profs, qui ne connaissent pas forcément bien la notion de la laïcité. Pour mieux les outiller, le ministère de l’Education nationale prévoit de former, d’ici quatre ans, tout le personnel scolaire sur cette question. Indispensable selon Juliette, la professeure d’histoire-géo en région parisienne, pour qui les «profs ont un devoir d’exemplarité» face aux jeunes qui «ont tendance à reproduire les croyances et les stéréotypes de leur entourage» : «Il n’y a qu’à l’école que les élèves peuvent sortir de ces influences, de ces carcans.»

Cécile Bourgneuf

(1) Les prénoms ont été modifiés à leur demande.

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Samuel Paty : comment vont s'organiser les deux jours de cérémonies et d'hommages

14 Octobre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

https://www.leparisien.fr/resizer/f8UmWhVMGnPIEUL8ed4MsedZ848=/1248x782/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/ZL65KJ4O5RE5LIO7Q25L2YXT5I.jpg

Temps d'échanges en classe, inauguration de square, cérémonies d'hommage, marche symbolique, ces vendredi 15 et samedi 16 octobre, de nombreux évènements sont prévus à Paris et Conflans en mémoire de Samuel Paty, assassiné l'année dernière.

Le programme est chargé tant le drame a bouleversé le pays tout entier. Pour honorer la mémoire de Samuel Paty, ce professeur d'histoire-géographie tué le 16 octobre 2020 à l'âge de 47 ans devant son collège à Conflans-Sainte-Honorine, par Abdoullakh Anzorov, après avoir montré des caricatures de Mahomet en classe à ses élèves, différents évènements sont programmés sur deux jours : des hommages libres dans les établissements scolaires partout en France ce vendredi 15 octobre, mais surtout de nombreuses cérémonies à Conflans-Sainte-Honorine, Eragny-sur-Oise et Paris le samedi 16 octobre.

Souvenir et pédagogie le vendredi 15 octobre

S'il n'y a aucune obligation de la part des établissements et du corps enseignant, le ministère de l'Éducation nationale invite toutes les écoles, collèges et lycées du pays à organiser un moment à la fois d'hommage et de pédagogie autour du drame. Une minute de silence pourra avoir lieu en mémoire de Samuel Paty dans la journée. Une heure de cours pourra également être consacrée à mettre en place un temps d'échange adapté à l'âge des enfants et adolescents : des questionnements sur le rôle des professeurs pour les plus jeunes à des discussions pédagogiques autour de la liberté d'expression et l'esprit critique pour les plus grands. Des supports (poésies, discours, images) sont mis à la disposition des équipes d'enseignants, comme la lettre de Jean Jaurès "Aux instituteurs et institutrices" ou encore une vidéo de l'ancien garde des Sceaux, Robert Badinter, sur la laïcité.

Hommage et reconnaissance de la République le samedi 16 octobre

Un an jour pour jour après son assassinat, plusieurs évènements en région parisienne vont ponctuer cette journée. À commencer par une cérémonie d'hommage organisée à 10h par la municipalité d'Eragny-sur-Oise, où vivait Samuel Paty, avec notamment des proches, amis et voisins, et les habitants réunis au gymnase de la Butte. Une fresque sera dévoilée pour l'occasion. Au même moment, au ministère de l'Éducation nationale, une plaque commémorative sera inaugurée par le ministre, Jean-Michel Blanquer, avec la famille de l'enseignant. Le Premier ministre Jean Castex sera également présent et rencontrera les parents du professeur.

L'après-midi, une grande cérémonie est organisée au collège du Bois-d'Aulne de Conflans, l'établissement de Samuel Paty. Accompagné de la famille de l'enseignant, Jean-Michel Blanquer, des représentants du ministère et de l'académie de Versailles, les organisations syndicales, les associations de parents d'élèves, des membres des équipes du collège et des élèves, lui rendront hommage sous forme de prises de parole, de lectures de poèmes ("Liberté" de Paul Eluard) et de slams. Les places étant limitées en raison du contexte sanitaire, tout sera retransmis via des hautparleurs sur le parvis du collège pour ceux qui resteront à l'extérieur. À la suite de cette cérémonie, une marche sera organisée dans la ville jusqu'à la Place de la Liberté. Pendant l'après-midi, Emmanuel Macron accueillera les parents de Samuel Paty pour une rencontre à l'Élysée. 

À l'initiative de la Mairie de Paris, en fin de journée. La maire Anne Hidalgo rebaptisera le square Paul-Painlevé, qui se trouve en plein Quartier latin, devant l'hôtel de Cluny et face à La Sorbonne, en square Samuel Paty. Pour permettre à tous ceux qui souhaiteraient se recueillir en sa mémoire, la Ville de Paris ouvrira le square le lendemain dès 9h du matin.

Rédaction numérique France Inter

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Mort de Samuel Paty : un an après, enseigner la laïcité dans les écoles "est anxiogène"

14 Octobre 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Mort de Samuel Paty : un an après, enseigner la laïcité dans les écoles "est anxiogène"

Un an après l'assassinat de Samuel Paty, les enseignants s'interrogent sur l'enseignement de la laïcité à l'école. Les demandes de conseils de la part des professeurs auprès de leur hiérarchie sont de plus en plus nombreuses. 

La France s'apprête à commémorer l'assassinat de Samuel Paty, le professeur décapité à la sortie de son établissement par un islamiste, le 16 octobre 2020. L'enseignant avait montré des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression (en EMC, Enseignement moral et civique). Des cérémonies sont prévues vendredi 15 octobre 2021, dans les établissements scolaires partout en France, et samedi à Conflans-Saint-Honorine, dans son ancien collège.

Un an après l'émotion immense provoquée par ce drame, c'est avec "plus de conviction" que Véronique Triaille, professeur d'histoire-géo et d'enseignement moral et civique à Nice, poursuit son enseignement. "Il faut surtout que je continue de le faire", assure l'enseignante. Certains se disent un peu plus prudents. "Quand je montre les caricatures de Charlie Hebdo, j'y mets peut-être un peu plus de guillemets", confie Philippe Wozelka, enseignant à Toulon, "parce qu'on ne peut pas s'empêcher de penser à ce qui est arrivé à Samuel Paty."

Dialoguer avec les élèves... et leurs parents

D'autres enseignants évoquent un dialogue plus poussé avec les parents d'élèves : plus expliquer pour éviter les incompréhensions. Car, parfois, des questions se posent dès l'école primaire. Véronique Long, enseignante depuis 20 ans dans le Var, constate davantage de violence verbale, comme si une digue avait sauté. "C'est anxiogène, même pour les plus expérimentés, affirme-t-elle, quand on en parle dans les écoles, les collègues ne sont pas très à l'aise avec le fait de devoir aborder le sujet."

"Tout ce qui est dans les domaines culturels, par exemple nous on est Provençaux, et on se demande si on peut faire le circuit Marcel Pagnol et aller voir une crèche provençale. Mais qu'est-ce qu'on va me dire ? Par peur de ce qu'on va me dire et pas envie de rentrer dans le débat, eh bien je ne fais pas."

Véronique Long, enseignante dans le Var à franceinfo

Aujourd'hui, les consignes officielles de l'éducation nationale sont claires : ne rien laisser passer, et signaler toute atteinte à la laïcité. Au dernier pointage, 547 signalements ont été réalisés en trois mois (entre décembre 2020 et mars 2021), à propos de signes ou vêtements religieux, ou des contestations d'enseignements. Mais leur nombre n'a pas réellement évolué depuis un an. En revanche, les demandes de conseils de la part des professeurs auprès de leur hiérarchie sont plus nombreuses. "Il y a une demande", confirmNathalie Fetnant, conseillère technique du recteur de Nice : "Comment je pourrais m'y prendre ? Comment je donne la parole ? Comment j'introduis le sujet ? Sur quoi je peux m'appuyer ?", lui demandent des enseignants.

Pour être mieux outillés sur ces questions de laïcité, les enseignants sont fortement invités à se former. L'objectif du ministère est que 100% des adultes des établissements scolaires le soient d'ici quatre ans.

Noémie Bonin

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Salaires, primes, indemnités… Combien gagnent vraiment les enseignants français ?

14 Octobre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Illustration ne correspondant à aucune réalité vécue... Le webmaster

Illustration ne correspondant à aucune réalité vécue... Le webmaster

De quoi parle-t-on lorsqu’on évoque la « paie des enseignants » ? Comment est calculée leur rémunération et quelle a été son évolution depuis quarante ans ?

Anne Hidalgo en a fait une de ses propositions fortes pour la campagne présidentielle de 2022 : doubler le salaire des enseignants sur le prochain quinquennat. Ou, a-t-elle précisé, « pour commencer, aligner au minimum le salaire des nouveaux professeurs sur le salaire médian des titulaires d’un bac + 5 », le niveau d’études requis pour passer un concours de l’enseignement.

Elle n’est pas la seule à mettre le sujet du salaire des professeurs sur la table. Michel Barnier, candidat à l’investiture de la droite, plaide aussi pour une « revalorisation du métier des enseignants », tandis que le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, revendique des avancées en la matière, notamment grâce au Grenelle de l’éducation, à l’issue duquel des primes ont été attribuées aux enseignants ayant moins de quinze ans d’ancienneté.

Mais de quoi parle-t-on lorsqu’on évoque le « salaire des enseignants » ? Combien sont-ils payés et comment sont calculés leurs salaires ?

Combien gagne un enseignant français en moyenne ?

Selon les derniers chiffres disponibles, le salaire moyen d’un enseignant en France était de 2 490 euros net mensuels, 2 610 si on ne considère que ceux qui sont à temps complet. Mais une moyenne masque toujours des situations très diverses.

Leur rémunération varie considérablement en fonction du statut de chaque professeur, de ses missions ou encore du type d’établissement où il enseigne. Par exemple, un enseignant titulaire (91,7 % des professeurs) gagne en moyenne 2 560 euros net là où un contractuel (8,3 % des enseignants) est plutôt à 1 728 euros. Un professeur des écoles à temps complet gagne en moyenne 2 407 euros net par mois quand, dans le secondaire, un professeur certifié (titulaire d’un capes) touche en moyenne 2 695 euros et un professeur agrégé (titulaire d’une agrégation), 3 719 euros.

(...)

Pour comprendre, il faut avoir en tête que les enseignants ne sont pas payés en fonction de leur temps de travail hebdomadaire (environ quarante heures par semaine en moyenne, selon les dernières études) mais en fonction de leurs « obligations de service » : vingt-sept heures hebdomadaires pour un professeur des écoles, dix-huit heures de cours pour un certifié, quinze heures pour un agrégé. Quelle que soit la surcharge de travail, elle n’est pas rémunérée. Pour être payé davantage, il faut prendre une ou plusieurs heures de cours supplémentaires ou effectuer une activité ponctuelle en plus.

En primaire, les professeurs n’ont pas la possibilité d’augmenter leur « service ». Ils ne peuvent faire que des heures ponctuelles – les heures d’études proposées par certaines mairies, ou les stages de soutien pendant les vacances proposés par l’éducation nationale, par exemple –, qui sont payées moins de 40 euros brut. La part des heures supplémentaires dans leur rémunération est nulle, ou presque.

(...)

Des mesures de revalorisation ont cependant été prises sur la même période, précise Bernard Schwengler. Plusieurs primes spécifiques aux débuts de carrière, comme celles annoncées par Jean-Michel Blanquer, ont par exemple été mises en œuvre. La création de la « hors-classe » et, plus récemment, de la « classe exceptionnelle », a également permis d’augmenter les salaires des enseignants en fin de carrière. « Mais, étant donné l’inflation, cela ne compense pas le gel du point d’indice », souligne l’agrégé. Selon ses calculs, les enseignants qui atteignent aujourd’hui les échelons les plus élevés des nouveaux grades gagnent moins bien leur vie que ceux qui atteignaient le dernier échelon de la grille normale en 1982.

Eléa Pommiers

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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LCP - 20h30 : «Profs en territoire perdus de la République ?» - Doc suivi d'un débat

13 Octobre 2021 , Rédigé par LCP Publié dans #Education

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Ce soir à 20h30 «Profs en territoire perdus de la République ?» Les attentats de janvier 2015 ont remis au centre du débat la question de la transmission des valeurs de la République. Plusieurs professeurs de la région parisienne livrent leur témoignage.

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Blanquer : un républicain sans valeur(s) - Par Claude Lelièvre

13 Octobre 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Blanquer : un républicain sans valeur(s) - Par Claude Lelièvre

Jean-Michel Blanquer lance aujourd'hui un « Laboratoire de la République ». Il n'est pourtant pas le mieux placé pour le faire car avec lui n'importe quoi peut être dit ''républicain'' sans qu'il se soucie le moins du monde du ''faux sens '' voire du ''non sense'' encouru. Deux exemples topiques, parmi bien d'autres possibles.

Non sens. Le lundi 21 septembre 2020, interrogé sur RTL où on lui demande si c'est « réac » d'exiger des jeunes qu'ils soient habillés correctement pour aller en cours, Jean-Michel Blanquer défend le port d'une tenue « correcte » avant d'ajouter : « chacun peut comprendre que l'on vient à l'école habillé d'une façon... je dirais républicaine ». Personne ne songerait à soutenir que les Gardes républicains portent une tenue républicaine ou les Horse guards une tenue royaliste. Mais le ''nonsense'' ministériel, à la Lewis Carroll, d'une « tenue républicaine à l'école » peut avoir son ''petit effet''.

Faux sens.  Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer n'a pas hésité à affirmer le 7 juillet 2019 sur TF1 que « c'est un sacrilège d'abîmer le baccalauréat, un des plus beaux rendez-vous républicains ». Et Jean-Michel Blanquer a réitéré, dans un entretien sur le baccalauréat paru dans le ''1 Hebdo'' du 11 septembre : « c'est évidemment à dessein que j'ai utilisé l'expression ''sacrilège''. Le viol de certains principes et valeurs républicaines représente lorsqu'il est commis, un sacrilège. C'est le cas lorsqu'on s'attaque au baccalauréat et à sa passation. Le sujet n'est pas divin, mais le mot sacrilège peut s'adapter à la situation car la République est ce qui nous relie et, à ce titre peut être considérée comme sacrée » .

République ! Sacrée !  Nous y voilà ! L'emploi du terme « républicain » n'est nullement ''innocent''. Qui pourrait le croire ? Il est employé à dessein pour intimider, manoeuvrer et l'emporter.  Il est employé pour faire taire et stigmatiser l’adversaire. C’est ce qui seul justifie qu’il n’y ait pas  le moindre respect pour la vérité historique et la moindre vergogne dans cet usage abusif.

Car qu'est-ce qui serait d'origine ''républicaine'' dans la ''méritocratie'' attribuée au baccalauréat ? En fait, rien ! 
Le fait que les examinateurs ne peuvent appartenir au lycée d'origine du candidat ? Mais c'est instauré dès la fondation du baccalauréat qui fut le fait de... l'empereur Napoléon I. Le baccalauréat étant avant tout alors un examen d'entrée à l'Université, le jury n'est composé que d'universitaires.  Il ne saurait donc a fortiori être question que des professeurs du lycée d'origine du candidat soient membres du jury.

La possibilité d'un écrit évalué anonymement ? Mais l'écrit apparaît sous... la Monarchie de Juillet, avec assez vite une évaluation distincte du moment de l'oral et anonyme.

Les mentions, typiques d'une visée ''méritocratique''? Les mentions au baccalauréat ont été créées en 1840, c'est à dire en pleine... monarchie constitutionnelle et en un moment ''libéral'', ce qui est d’ailleurs leur véritable sens, les ''libéraux '' historiques étant pour la reconnaissance et le classement des ''mérites'', des ''capacités''.

L'outrance de la stigmatisation d'« abîmer le baccalauréat, un des plus beaux rendez-vous républicains », un « sacrilège » contre « la République, sacrée », proférée par Jean-Michel Blanquer,  ne peut  susciter qu'un vif étonnement devant ce qui est une méconnaissance historique de taille de la part d''un ministre de l'Education nationale ! Ou bien, s'il ne s'agit pas de cela, comme on peut s'en douter, alors on ne peut qu'éprouver de l'inquiétude face à une pratique ministérielle politicienne très déterminée dans la falsification, la dramatisation et l'intimidation.

Et cela donne surtout des indications sur ce que Jean-Michel Blanquer peut escompter de la mise en place de son ''Laboratoire de la République" (sans compter la petite monnaie purement politicienne) » : une « obscure clarté qui tombe des étoiles » en guise de mise en évidence des "valeurs de la République". Jean-Michel Blanquer : un ''républicain'' sans valeur(s).  

Claude Lelièvre

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"Vrai ou Fake", on vient chasser les intox près de chez vous

13 Octobre 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

A l’approche de la présidentielle, le magazine hebdomadaire Vrai ou Fake, diffusé sur franceinfo canal 27 se délocalise dans les régions et nos territoires. Pour lutter contre la désinformation, une fois par mois, Julien Pain et son équipe de journalistes fact checkeurs iront traquer les fausses informations dans une ville de France, au plus proche des téléspectateurs.

A l’approche de la présidentielle, le magazine hebdomadaire Vrai ou Fake, diffusé sur franceinfo canal 27 se délocalise dans les régions et nos territoires. Pour lutter contre la désinformation, une fois par mois, Julien Pain et son équipe de journalistes fact checkeurs iront traquer les fausses informations dans une ville de France, au plus proche des téléspectateurs.

Samedi 9 octobre, pour la première étape de son Tour de France, Vrai ou Fake s'est arrêté à Pau, où d'importantes manifestations contre le pass sanitaire ont été organisées.

Au travers des rencontres et le dialogue avec les Palois, depuis la place Royale Vrai ou Fake a décrypté ces fake news à l’échelle locale et sensibilisé à la désinformation.

Julien Pain et l’équipe de Vrai ou Fake partent à la rencontre des collégiens et des lycéens, particulièrement confrontés aux intox qui peuvent circuler sur les réseaux sociaux.

A Pau, ils sont allés à la rencontre des élèves du collège Jeanne d'Albret. Des extraits de cette rencontre sont à découvrir dans Vrai ou Fake.

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Agression d'une enseignante en Seine-et-Marne : "Rien n'est fait" par le ministère "pour améliorer les choses", dénonce le SNUEP-FSU

12 Octobre 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

https://images.bfmtv.com/MmKIXZtQYbTTtl4l67knAlzhRvA=/0x0:1280x720/1280x0/images/Combs-la-Ville-une-prof-agressee-par-un-eleve-11-10-1145081.jpg

Trois élèves lycéens de Seine-et-Marne sont en garde à vue depuis lundi 11 octobre après l'agression d'une enseignante. Les syndicats dénoncent une situation très tendue dans les lycées professionnels notamment.

"Quand un collègue subit une agression, c'est toute la communauté éducative et tous les professeurs de lycées professionnels qui ressentent une forme de colère", a réagi sur franceinfo mardi 12 octobre Sigrid Gérardin, secrétaire générale du syndicat national unitaire de l’enseignement professionnel, le SNUEP-FSU. Trois élèves d'un lycée professionnel de Combs-la-Ville, en Seine-et-Marne, sont en garde à vue depuis lundi 11 octobre. Une vidéo très partagée sur les réseaux sociaux montre une enseignante se faire violemment projeter au sol en essayant d'empêcher un élève de sortir de sa salle. Elle a porté plainte.

franceinfo : Qu'avez-vous ressenti en voyant cette vidéo sur Internet et dans les médias ?

Sigrid Gérardin : Nous avons été extrêmement choqués. Quand un collègue subit une agression, c'est toute la communauté éducative et tous les professeurs de lycées professionnels qui ressentent une forme de colère, mais aussi une forme de ressentiment. On alerte depuis très longtemps sur les difficultés qu'on vit en lycée professionnel. Beaucoup d'incivilités, parfois des menaces verbales. Les agressions physiques ne sont pas massives, mais ce fait n'est malheureusement pas isolé. Quand on alerte sur nos difficultés, c'est un petit peu mis sous le tapis par notre hiérarchie.

Est-ce qu'il y a un problème particulier avec les lycées professionnels ? Ce type de comportement est-il de plus en plus fréquent ?

Ce type de comportement existe, il est plus fréquent dans les lycées professionnels que dans les lycées généraux et technologiques. Il y a une enquête Sivis qui sort tous les ans, qui montre que les faits d'agressions et de menaces sont fortement présents en lycée professionnel. Ces faits sont connus par le ministère, pourtant, rien n'est fait pour améliorer les choses. On aurait besoin de plus d'adultes dans les établissements. On a un public plus difficile, qui concentre des difficultés économiques, sociales. Or, le bilan du ministre est assez catastrophique : 1 000 postes supprimés sur le quinquennat.

Le gouvernement a mis les moyens sur le CP et le CE1, mais moins de moyens dans le secondaire, ce qui a comme conséquences des situations comme celle-ci ?

Oui, nous n'avons pas d'équipe pluriprofessionnelle au complet, avec des CPE des AED [assistants d'éducation], des assistantes sociales, des infirmières. Alors que nous sommes face à des élèves plus compliqués que d'autres. L'école n'est pas étanche de ce qui se passe dans la société.

La vidéo s'est propagée à vitesse grand V sur les réseaux sociaux, il y a cette appétence pour le clash et le choc ?

C'est un véritable problème, mais c'est un peu contradictoire. Car si cette vidéo n'existait pas, ce n'est pas sûr que le rectorat ait réagi aussi rapidement pour proposer la protection fonctionnelle à la collègue et évincer l'élève. Mais nous sommes intervenus très rapidement pour que la vidéo soit retirée, pour respecter l'intégrité et la vie personnelle de cette collègue.

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