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Vivement l'Ecole!

education

Changer l’école : pour « une nouvelle politique des savoirs, ambitieuse pour tous »

24 Mai 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Encourager les élèves à parler en classe

EXTRAITS

Quelles finalités donnons-nous à l’école ? Quels savoirs, quelle culture souhaitons-nous que les futurs citoyens maîtrisent ? A la veille des élections législatives des 12 et 19 juin, un collectif de spécialistes du système éducatif et des programmes scolaires interpelle en ce sens les candidats à la députation.

Depuis le début du siècle, nous avons vécu deux grandes concertations nationales nourrissant un débat parlementaire approfondi sur la politique éducative, en 2005 et en 2013. Elles ont conduit au vote, par le Parlement, de deux lois d’orientation, celle pour l’avenir de l’école (2005), puis celle de refondation de l’école (2013), qui ont tenté d’aborder la question essentielle de ce que les élèves devraient apprendre en tous les cas, en instituant un socle commun de connaissances et de compétences, devenu socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

Une troisième loi d’orientation, votée sous le dernier quinquennat par l’Assemblée nationale, qui va être renouvelée, s’est inscrite, dans le domaine des savoirs, en rupture avec les précédentes, en privilégiant, au détriment de l’objectif d’un socle commun de culture, la maîtrise de « savoirs fondamentaux » (lire, écrire, compter, respecter autrui), dont Jules Ferry avait déjà souligné l’insuffisance auprès des instituteurs de la fin du XIXsiècle. L’ambition affichée en 2019 d’une « école de la confiance » a été démentie par une crise de confiance générale à l’égard de l’école.

Il y a donc urgence, en début de législature, à poser dans des termes nouveaux la question fondamentale que chaque société ne peut pas ne pas se poser à propos de son école : quelles finalités lui donnons-nous, pour préparer nos enfants et nos jeunes à vivre, et dans quelle société ? Et, bien évidemment, en corollaire de cette question, quels savoirs, quelle culture souhaitons-nous que tous les futurs citoyens maîtrisent ?

(...)

Tri et sélection sociale

Cette école des cloisonnements est donc aussi celle du tri et de la sélection sociale, assurant la réussite par l’excellence à quelques-uns et aux autres, un parcours d’obstacles, qui les élimine au fil des années et les assigne à des destins scolaires et professionnels qu’ils n’ont pas choisis, et à certains savoirs, en leur en interdisant d’autres, décrétés hors de portée pour eux.

(...)

L’enjeu de la nouvelle législature est donc clair. Soit l’école française continue sur le même modèle, creusant les inégalités au lieu de lutter contre elles, se contentant d’assurer à la masse des élèves une employabilité de travailleur peu qualifié et de poursuivre la distillation d’une élite dirigeante. Pour préparer une société toujours plus inégalitaire, ce peut être le bon chemin. Soit, en conscience, la nation et ses représentants élus en juin dessinent une nouvelle politique des savoirs, ambitieuse pour tous.

(...)

Cela passe également par une conception nouvelle :

  • . de la culture scolaire, ouverte à toutes les cultures du monde et non plus limitée à la transmission d’une culture nationale ;
  • . de la gouvernance des organisations scolaires, le pilotage bureaucratique laissant place au respect du travail et des décisions collectives au niveau des écoles et des établissements scolaires en y associant les élèves et les familles ;
  • . des temps et espaces scolaires, mieux adaptés à la formation physique, intellectuelle, pratique, sensible et sociale des futurs citoyens ;
  • . du recrutement et de la formation de tous les professionnels de l’éducation ;
  • . des modalités d’affectation, d’évaluation et de certification des élèves, en privilégiant la mixité sociale des établissements et des modalités formatrices d’évaluation et d’examen fondées sur autre chose qu’une moyenne générale dépourvue de sens.

Tel est le sens de la lettre ouverte adressée par le Collectif d’interpellation du curriculum aux candidates et candidats aux élections législatives pour les appeler à promouvoir une grande consultation démocratique sur l’école que nous voulons : une école émancipatrice pour tous.

Les membres du Collectif d’interpellation du curriculum signataires : André Canvel ; Philippe Champy ; Roger-François Gauthier ; Michèle Haby ; Mélanie Jonquiere ; Régis Malet ; Denis Paget ; Patrick Rayou ; André-D Robert ; Mariem Siala ; Vincent Troger ; Jean-Pierre Veranmembres du Collectif d’interpellation du Curriculum

https://www.lemonde.fr/education/article/2022/05/24/changer-l-ecole-pour-une-nouvelle-politique-des-savoirs-ambitieuse-pour-tous_6127411_1473685.html?xtor=EPR-33281056-[education]-20220524-[_titre_2]&M_BT=115764035545371

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Jean-Marc Huart, la ligne Blanquer sur la route de Pap Ndiaye

23 Mai 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

https://focus.courrierinternational.com/2022/05/20/0/0/4000/2672/1280/0/60/0/8eea3e4_2022-05-20t173450z-1111495330-rc25bu9bfc32-rtrmadp-3-france-politics.JPG

Fraîchement nommé directeur de cabinet du nouveau ministre de l’Education nationale, l’ancien directeur général de l’enseignement scolaire fait partie du «noyau de fidèles» de Jean-Michel Blanquer. Il était notamment impliqué dans le scandale Avenir Lycéen, du nom du syndicat largement subventionné par la rue de Grenelle pour défendre la politique du gouvernement.

Jean-Marc Huart est un homme à ruches. Formé à l’apiculture, l’homme en possède quelques-unes, est fier de son miel et, à la manière de ses abeilles, aime butiner. On l’avait laissé à l’académie de Nancy-Metz, où il occupait depuis 2019 le poste de recteur après ses années passées en tant que directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco), puissant numéro 2 du ministère Blanquer à un poste-clé au sein de la grosse machine de l’Education nationale. Désormais, voilà l’ancien professeur de sciences économiques et sociales de retour à Paris, fraîchement nommé en tant que directeur de cabinet du nouveau ministre Pap Ndiaye.

Officiellement, ce sont les ministres qui nomment leurs lieutenants. Officieusement, l’imprimatur peut remonter jusqu’à Matignon, voire l’Elysée. Et le retour de Jean-Marc Huart rue de Grenelle, dans l’ombre de celui qui est considéré comme une prise d’ouverture de Macron, interroge. D’abord, parce qu’il était à la tête de la direction générale de l’enseignement scolaire lorsque l’affaire Avenir Lycéen a éclaté. En novembre 2020, Mediapart démontrait, relevés bancaires à l’appui, la façon dont ce syndicat lycéen, officiellement apolitique, avait touché 65 000 euros de subventions publiques du ministère en 2019 afin d’organiser un congrès qui n’a jamais eu lieu. Les membres fondateurs d’Avenir Lycéen préférant flamber l’argent en bouteilles de champagne, chambres d’hôtel à près de 300 euros et autres mignardises.

Mauvaise utilisation des subventions publiques

Dans son enquêteLibération avait montré comment l’idée de créer cette organisation lycéenne avait germé rue de Grenelle, au sein de l’entourage proche de Jean-Michel Blanquer. Son objectif : défendre les mesures gouvernementales, servir la communication du ministre et bien évidemment rompre tout dialogue avec les syndicats lycéens. Pour certaines personnes interrogées par Libé, l’idée de créer cette organisation serait venue du Dgesco de l’époque, un certain Jean-Marc Huart. Un an après les révélations, l’Inspection générale de l’Education, du sport et de la recherche confirmait dans un rapport publié en décembre 2021 la mauvaise utilisation des subventions publiques.

Avec sa nomination comme directeur de cabinet de Pap Ndiaye, doit-on y voir un signe de continuité de la politique de Jean-Michel Blanquer ? En tout cas, la nomination de Huart s’inscrit dans ce qui a beaucoup été dit de l’ère Blanquer à l’Education nationale : l’ex-ministre aura marqué en profondeur le système éducatif et placé beaucoup de ses fidèles à des postes-clés. Une manière pour lui de voir son «œuvre» prolongée après son départ.

Car entre Jean-Marc Huart et Jean-Michel Blanquer, l’histoire est ancienne. Entre 2009 et 2012, Jean-Michel Blanquer occupe le poste de directeur général de l’enseignement scolaire aux côtés de Luc Chatel, alors ministre de l’Education nationale. Jean-Marc Huart, lui, est alors son sous-directeur chargé des lycées et de la formation professionnelle.

Ministre de l’ombre

A l’arrivée de la gauche au pouvoir en 2012, les deux hommes quittent quasiment au même moment leur poste après la victoire de François Hollande. «Huart est parti de lui-même, pour des raisons idéologiques», affirmait à Libération un ancien cadre de la Dgesco. Avant de faire le chemin inverse et de revenir rue de Grenelle, en 2015. «Nous avions hésité à valider sa nomination, vu qu’il était marqué à droite. Mais ses qualités professionnelles étaient reconnues. Pour nous, c’est ce qui primait. Et il a fait le job. Il a été loyal», expliquait en 2020 Olivier Noblecourt, l’ancien directeur de cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale entre 2014 et 2017.

Emmanuel Macron élu, Jean-Michel Blanquer prend la tête du ministère. Et n’oublie pas son ami Jean-Marc Huart, nommé Dgesco dans la foulée. A la tête de l’organisme, il est entre 2017 et 2019 une sorte de ministre de l’ombre, qui pilote et met en musique les politiques décidées par le ministre. Un poste ingrat, difficile, où «on a les emmerdes sans les dorures», résume un connaisseur du ministère de l’Education.

C’est donc bien plus qu’un bureau que partagent Jean-Michel Blanquer et Jean-Marc Huart. «La proximité idéologique et professionnelle entre eux ne fait aucun doute. Huart fait partie du noyau de fidèles du ministre», assure un ancien cadre de la Dgesco. Ce connaisseur des arcanes de la rue de Grenelle pourra sans nul doute éclairer le chemin du néophyte Pap Ndiaye. Reste à garder un œil sur la composition à venir du reste du cabinet du ministère de l’Education et sur l’éventuelle nomination d’un conseiller spécial. Et de voir si pour cette nouvelle mission, le mordu de miel a prévu de servir la soupe Blanquer.

Charles Delouche-Bertolasi

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Revue de Presse Education...

23 Mai 2022 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

Revue de Presse Education...

EXTRAIT

Semaine chargée, revue chargée ! L’attente dura jusqu’à vendredi. Jusque-là le départ de Blanquer fut accompagné de nombreux articles, et celui de Vidal se fit dans un silence lourd médiatique. Et depuis les nominations, c’est l’emballement. Celle au MEN est particulièrement commentée. L’extrême-droite se déchaîne et crie au wokisme. Espérons, au contraire, que ce nouveau ministre restera éveillé et attentif aux nombreux problèmes que les médias ont rappelé tout au long de cette semaine.

Les messages se multiplient sur les réseaux sociaux à propos du décès d’André Antibi. Il a créé un choc et mis à mal l’évidence de l’évaluation en France avec sa conception de la constante macabre. Voir sur Youtube une de ses conférences à ce propos. André Antibi – Évaluation scolaire : comment ne pas tomber dans la “Constante macabre” ? ainsi que cet article sur Antibi sur le site des Cahiers, La constante toujours macabre.

Politique

On pensait que le coup des maths était son dernier coup avant de quitter le ministère, mais non, Jean-Michel Blanquer lance l’opération “Un livre pour les vacances” 2022. “Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, s’est rendu le jeudi 12 mai à l’école de la commune de Sourdun pour lancer la distribution de la version 2022 des fables de la Fontaine.”

Et du coup, Le ministre Jean-Michel Blanquer en visite en Seine-et-Marne. “Une classe de CM2 de l’école de Sourdun (Seine-et-Marne) a reçu la visite du ministre de l’Éducation nationale. Il leur a remis un exemplaire des fables de La Fontaine.”

Noémie Bonnin pour FrancInfo propose un bilan : Cinq ans de réformes et quelques couacs… Le bilan de Jean-Michel Blanquer au ministère de l’Éducation nationale.Jean-Michel Blanquer fait partie des rares ministres à être restés à leur poste sur l’ensemble du quinquennat d’Emmanuel Macron. Il a marqué le monde de l’éducation par ses réformes multiples, mais aussi par un désamour de plus en plus fort d’une bonne partie des enseignants.” Et pour Sonia Princet et Xavier Demagny toujours sur FranceInfo : Réforme du bac, classes dédoublées, Covid, boulettes et tensions : c’était Jean-Michel Blanquer. “Il est celui qui sera resté le plus longtemps au ministère de l’Éducation nationale. Que retenir du bilan de Jean-Michel Blanquer ? Résumé des cinq dernières années.”

Bien sûr on s’interroge, Ministre de l’Education nationale : Blanquer, Attal… Qui est pressenti pour le ministère ? GOUVERNEMENT. Alors que le gouvernement est en pleine recomposition, les ministères les plus importants sont convoités. A l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer ne devrait pas être reconduit et dans les couloirs on souffle le nom de Gabriel Attal.” Ainsi que du côté du supérieur.  Remaniement: les universités vont-elles garder leur ministère? Article réservé aux abonnés de Libération. “Avant chaque nouveau gouvernement, les universitaires craignent de perdre leur ministère. La période ne fait donc pas exception, d’autant plus qu’a été annoncé un exécutif «resserré». Tour d’horizon des différents scénarios.”

En attendant, on rappelle les promesses d’Emmanuel Macron. “Lors de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait longuement présenté son programme et notamment le volet concernant l’éducation. Voici les propositions que le président réélu pourrait mettre en œuvre.” Les syndicats éducation présentent à E. Borne les « priorités à engager dès le début du quinquennat » publié par Elsa Doladille sur Nousvousils.“Une intersyndicale a envoyé un courrier à la Première ministre Elisabeth Borne pour que des mesures soient prises « de toute urgence » pour l‘éducation.” Et “Christian Couturier, secrétaire national du SNEP-FSU, revient sur la situation de l’EPS aujourd’hui et évoque ses attentes concernant le futur ministre de l’Education.” « Le futur ministre de l’éducation devra revenir sur tous les dysfonctionnements introduits par Blanquer ».

Le Café Pédagogique avait rappelé le Plan maths : Un programme politique menacé d’enlisement… “” Les objectifs du plan, très ambitieux, ne sont pas encore atteints. La proportion de professeurs des écoles formés est, dans la plupart des académies, en deçà des attentes initiales ; l’impact sur les pratiques d’enseignement, sur le travail collectif des enseignants, et, en fin de compte, sur les apprentissages des élèves, est encore modeste“. Le rapport des inspecteurs généraux Ghislaine Desbuissons et Oilivier Sidokpohou montre comment le plan maths s’enlise dans les réalités de l’éducation nationale. Alors que JM Blanquer quitte l’éducation nationale, les objectifs sont loin d’être atteints. Et l’avenir du plan maths loin d’être assuré.”

Le Café pédagogique a présenté les objectifs du NUPES : Un programme contre les inégalités scolaires. “Nous affirmons très clairement qu’il doit y avoir zéro décrocheur et que pour avoir un service public de qualité il est indispensable de recruter des personnels en nombre et de réduire le nombre d’élèves par classe“. C’est Marie Jeanne Gobert, responsable des services publics au PCF, qui a présenté le 19 mai la partie du programme de Nupes, l’alliance des gauches, concernant l’Ecole. Le programme fixe trois priorités : lutter contre la ségrégation scolaire, renforcer l’enseignement professionnel et revaloriser les personnels Education Nationale. Il est nettement en rupture avec celui d’E Macron.” Jean-Pierre Veran, formateur, expert associé France Education International (CIEP), membre professionnel laboratoire BONHEURS, CY Cergy Paris Université, interroge, Projet éducatif de la NUPES : et la politique des savoirs ? “Le programme de la NUPES ne manque pas de propositions utiles pour réduire l’impact des origines scolaires sur les destins scolaires. Mais en dehors de nouveaux enseignements pratiques, il ne modifie pas l’équilibre actuel des savoirs enseignés, qui est un facteur actif de ségrégation scolaire.”

Finalement ce vendredi le Café pédagogique annonce, Pap Ndiaye ministre de l’Education nationale. “C’est une nomination surprise, un tournant et pourtant une continuité. La nomination de Pap Ndiaye à l’éducation nationale et à la jeunesse est une surprise. Il ne figurait pas dans les noms qui revenaient pour ce ministère et ce n’est pas un politique. Un tournant car il va rompre avec le populisme anti wokisme agité par JM Blanquer. Une continuité car il aura à appliquer la politique décidée par E Macron, c’est à dire continuer ce qui avait été dessiné dès 2017.” Cécile Blanchard l’avait interviewé dans un article publié le 1 avril 2022 pour les Cahiers pédagogiques : « Les musées ne font pas à eux seuls l’histoire ». “Dans l’actuelle période électorale, il n’est pas forcément facile, pour un établissement culturel, de trouver sa place. Rencontre avec Pap Ndiaye, directeur général du Palais de la Porte dorée, à Paris, qui abrite le Musée national d’histoire de l’immigration et un aquarium tropical.”

Sud-Ouest s’interroge : Comment Jean-Michel Blanquer, rigide et clivant pilier de la macronie, a fini par tomber.Longtemps apprécié de la macronie et titulaire du record de longévité au ministère de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer quitte le gouvernement au terme de cinq années qui ont vu son étoile pâlir.” Sud-Ouest et l’AFP. De même que Claude Lelièvre. Pap Ndiaye à la tête du MEN : surprise et continuité ? Une surprise : personne ne l’annonçait, et il a un passé au rebours de Blanquer. Une continuité dans sa catégorie de nomination : il est le onzième ex-professeur nommé à la tête du MEN, et ses dix prédécesseurs ex-enseignants ont tous été comme lui agrégés. Une continuité problématique : le sens que peut avoir cette nomination pour Macron couplée à son projet de « refondation » de l’Ecole…” Libération propose quelques réactions. Nomination de Pap Ndiaye : «L’Education nationale ne se gouverne pas uniquement à coups de symboles». “Les enseignants, échaudés par cinq années de Jean-Michel Blanquer, sont satisfaits de constater une rupture dans le choix de l’historien nommé rue de Grenelle, mais n’oublient pas qu’il sera chargé d’appliquer la politique libérale d’Emmanuel Macron.“ Le Monde fait son édito : Pap Ndiaye ministre de l’éducation nationale, le poids d’un symbole.  Et pour le FigaroPap Ndiaye à l’Éducation nationale : la droite fulmine, l’extrême gauche s’incline. La CHRONIQUE de Alain Mabanckou, Ecrivain dans l’Obs, Pap Ndiaye et l’éducation française. “Pour l’écrivain de « Black Bazar » et du « Sanglot de l’homme noir », lauréat du prix Renaudot en 2006 et enseignant à l’université Ucla de Los Angeles, une tâche rude attend l’historien Pap Ndiaye au ministère de l’Education nationale.” Et je ne cite pas tous les médias qui publient le portrait de ce nouveau Ministre de l’Education nationale et de la jeunesse. Un exemple, Les EchosGouvernement Borne : avec Pap Ndiaye à l’Education nationale, un changement radical de profil. “Le nouveau ministre de l’Education nationale va devoir s’atteler au « chantier majeur » dessiné par Emmanuel Macron pendant la campagne. Plusieurs réformes particulièrement sensibles sont sur la table.”

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Bernard Desclaux

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Education: le dilemme de Pap Ndiaye

23 Mai 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

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Si le nouveau ministre applique la politique d’autonomie des établissements voulue par Emmanuel Macron, il mettra en péril le principe même d’une école publique pour tous.

Dans sa prise de parole laconique comme nouveau ministre de l’Education, Pap Ndiaye a salué ses deux enfants présents à la cérémonie, nous informant que son aînée, Rose, est en classe de troisième tandis que son fils, Lucien, est en cinquième. Un détail, pourtant plus pertinent que leurs prénoms, ne nous a pas été donné : les enfants du ministre de l’Education nationale et de la jeunesse vont-ils chaque matin à l’école publique, ou ont-ils été inscrits dans le privé ? Car ce dilemme qui tourmente tout parent qui peut se le permettre risque de s’accentuer encore davantage si Ndiaye ne s’oppose pas très vite au programme phare d’Emmanuel Macron : autonomie accrue des établissements, rémunération au mérite, évaluations rendues publiques, plus grande place accordée aux entreprises − bref, la fin du principe d’une même école publique pour tous.

Le début de la fin est déjà là, comme en témoigne l’enquête que nous publions aujourd’hui sur la pénurie redoutée d’enseignants dans l’école publique. Car on sait déjà qu’il manquera des enseignants le 1er septembre dans certaines académies. Si l’autonomie accrue des établissements scolaires, tant poussée par Macron et par les consultants McKinsey qui l’entourent est approuvée par le nouveau ministre, elle va évidemment augmenter la pénurie et les inégalités : les professeurs recherchent les écoles dans lesquelles les conditions de travail sont les meilleures. Celles qui sont dans des zones favorisées vont donc recueillir le plus de demandes, et seuls les enseignants qui n’ont pas pu avoir de postes ailleurs iront dans celles de l’éducation prioritaire. «C’est quand même le plus beau métier du monde», nous a dit l’un des jeunes enseignants que nous avons rencontrés. C’est précisément cet angélisme, qui honore bien sûr les professeurs, que le ministre devra protéger par des prises de position très claires, et sans doute moins naïves, contre toute mesure risquant de sonner le glas de l’école publique de la République.

Dov Alfon

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Des élèves de bac pro quittent leur formation pour partir travailler et c'est inquiétant

23 Mai 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

Des élèves de bac pro quittent leur formation pour partir travailler et c'est inquiétant

C'est une situation qui inquiète les chefs d'établissements et les enseignants. Attirés par la rémunération immédiate proposée par des entreprises en quête de main d'œuvre, de plus en plus de jeunes en bac pro démissionnent avant d'avoir obtenu leur diplôme.

Les épreuves du bac pro commencent aujourd'hui avec des épreuves professionnelles, les "Oraux du chef d'œuvre", une sorte d'équivalent du Grand oral en filière pro. Mais est-ce que tous les candidats seront bien là ? Rien n'est moins sûr. Les proviseurs de lycées professionnels observent un phénomène inquiétant depuis l'an dernier : après le confinement, des élèves ne sont pas revenus en cours et n'ont pas terminé l'année pour passer leur bac pro. Ils ont entre-temps trouvé un travail. Cela se reproduit cette année, notamment dans des secteurs en tension comme l'hôtellerie-restauration ou les services à la personne. Des jeunes sont tentés de tout lâcher pour gagner de l'argent.

Plusieurs lettres de démission

Laurence Colin a encore reçu une lettre de démission la semaine dernière. Elle est membre du SNPDEN (principal syndicat des chefs d'établissements) et proviseure d'un lycée professionnel spécialisé en hôtellerie-restauration et tourisme à Arcachon. Dans cette lettre, un élève lui annonce que sa décision est prise, qu'il veut gagner sa vie et qu'il ne passera pas ses examens.

Neuf élèves de terminale ont fait ce choix cette année dans son lycée, un chiffre "énorme", selon la proviseure. "On est sur un secteur où les professions sont en tension, manquent de main d'œuvre", explique Laurence Colin, "et suite à des stages, les patrons leur font des offres en or. Pour un jeune, 1000 ou 1500€, cela paraît énorme. Ils décident d'arrêter parfois quelques semaines seulement avant les examens, ce qui est regrettable."

Ils nous disent qu'ils ont pris leur décision, qu'ils ne reviendront pas dessus.

Des tentatives pour les garder jusqu'au diplôme

Dans ces cas-là, "on leur répond qu'un mois avant l'examen, même s'ils ne viennent pas en cours, puisqu'ils ont validé leur CCF, leur contrôle en cours de formation [il s'agit du mode d'évaluation en filière professionnelle], ils peuvent quand même venir pour les épreuves mais ils refusent", poursuit la proviseure d'Arcachon.

Elle s'inquiète de les voir partir sans diplôme : "S'ils souhaitent plus tard reprendre leurs études ou changer de secteur, ce sera beaucoup plus compliqué.

J'ai peur que passée cette période un peu dorée, cela ait des conséquences sur leur futur.

Les chefs d'établissements ne peuvent pas toujours compter sur les parents pour les aider à convaincre leurs enfants de passer leur bac : "Souvent les élèves sont tout juste majeurs, donc les parents nous disent que si leur enfant a pris sa décision, c'est son choix et ils n'ont rien à dire", déplore-t-elle.

Le poids du milieu social

Le milieu social pèse aussi dans cette option. "Le jeune souhaite être autonome, il ne veut plus être à charge de ses parents, il veut avoir un appartement à lui, une vie à lui", confit-elle_. Cela lui apparaît comme une opportunité et il ne voit pas au-delà malheureusement_".

Pour certains jeunes c'est une solution rapide pour gagner de l'argent à court terme.

Les professeurs essaient également de leur faire changer d'avis, comme Jérôme Dameray, enseignant en maths-sciences, et membre du Snuep, syndicat de l'Enseignement Professionnel, qui constate aussi ce phénomène dans son établissement à Reims.

"Le problème", dit-il, "c'est qu'en lycée professionnel, les jeunes qu'on accueille sont généralement de milieu social défavorisé voire très défavorisé donc que ce soit en apprentissage où ils touchent un petit salaire ou en emploi direct sans qualification, pour certains jeunes, c'est une solution rapide pour gagner de l'argent à court terme".

Mais Jérôme Dameray explique que des accords sont conclus entre les lycées et les branches professionnelles pour faire en sorte que cette dérive soit limitée, même dans une période où il y a des pénuries de main d'oeuvre. "On est vigilant en tout cas, nous, en tant que formateur", précise l'enseignant, "on dit bien aux jeunes qu'il faut absolument qu'ils aient leur qualification avant de prendre un emploi parce que c'est mieux pour eux dans la durée."

A long terme, tout le monde serait perdant. Les jeunes bien sûr mais aussi les entreprises, et plus globalement l'économie française, qui perdrait en compétences et en niveau de qualification.

Sonia Princet

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En Afghanistan, des écoles secrètes pour filles

22 Mai 2022 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

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Ouvrir un tel lieu est un acte de défiance envers les talibans.

«On sait les menaces que cela représente et ça nous inquiète, mais l'éducation des filles vaut le coup qu'on prenne tous les risques», affirme l'unique professeure d'une école illégale pour filles, cachée dans un quartier résidentiel d'Afghanistan. Ce jour-là, une douzaine d'adolescentes y sont réunies pour suivre un cours de mathématiques. La BBC s'est rendue dans l'une de ces écoles secrètes, qui apparaissent en plusieurs lieux dans le pays depuis la fermeture des écoles pour filles le 23 mars 2022.

Dans toutes les provinces, sauf à de très rares exceptions, les écoles du secondaire pour filles doivent rester fermées. Cet ordre avait été donné par les talibans seulement une heure après la réouverture des établissements scolaires, laissant un vif souvenir chez la plupart des adolescentes. «C'était il y a deux mois et les écoles n'ont toujours pas rouvert, ça me rend si triste», témoigne une jeune fille de 19 ans en retenant ses larmes.

Une autre élève, d'environ 15 ans, ne cache pas sa détermination à défier le pouvoir autoritaire des talibans: «Soyez courageuses, lance-t-elle à toutes les filles du pays. Si vous êtes courageuses, personne ne pourra vous arrêter.» Les écoles primaires pour filles ont rouvert, mais le pouvoir n'est pas clair sur la date de réouverture des écoles secondaires. Si les talibans ont déclaré publiquement que cela finirait par arriver, ils affirment aussi que l'éducation des femmes est à leurs yeux «un sujet sensible».

Des tensions internes

Plusieurs sources ont affirmé à la BBC qu'une poignée d'hommes au pouvoir, pas si nombreux mais très influents, s'opposent à cette réouverture. D'autres talibans ont exprimé en privé être déçus par cette décision et il semblerait que certains envoient même leurs filles étudier au Qatar ou au Pakistan. Ces dernières semaines, des érudits religieux se sont positionnés en faveur de l'éducation des filles, à l'instar du cheikh Rahimullah Haqqani, un clerc afghan résidant au Pakistan. Il a publié une fatwa (une consultation juridique sur une question religieuse) à ce sujet.

Rahimullah Haqqani explique à la BBC: «Il n'y a pas de justification dans la charia pour interdire l'éducation aux femmes. Il n'y en a aucune. Tous les livres sacrés ont statué que l'éducation des femmes est admise et obligatoire: par exemple, si une femme tombe malade et a besoin de traitements, c'est bien mieux si elle est soignée par une femme docteure.»

D'autres fatwas similaires ont été émises par des religieux dans les provinces de Hérat et de Paktiya, symboles que le soutien à l'éducation des femmes est répandu même dans certains cercles conservateurs. Malheureusement, personne ne sait l'impact que ces décrets auront.

Pendant ce temps, les militantes afghanes pour les droits des femmes mettent tout en œuvre pour ne pas laisser une génération entière de jeunes filles sur le bas côté. Dans l'école secrète visitée par la BBC, elles donnent une à deux heures de cours par jour, se concentrant principalement sur les mathématiques, la biologie, la chimie et la physique. L'enseignante responsable de l'établissement clandestin sait que de nombreuses autres filles aimeraient y assister, mais elles sont contraintes par le manque d'espace, de ressources et l'obligation de rester discrètes.

Nina Bailly

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Nomination de Pap Ndiaye : «L’Education nationale ne se gouverne pas uniquement à coups de symboles»

22 Mai 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

https://images.bfmtv.com/9Y-F5mzpzosMGcEbfuH1OouFOWg=/0x0:1024x576/1024x0/images/Pap-Ndiaye-et-Jean-Michel-Blanquer-le-20-mai-2022-au-ministere-de-l-Education-1416791.jpg

Les enseignants, échaudés par cinq années de Jean-Michel Blanquer, sont satisfaits de constater une rupture dans le choix de l’historien nommé rue de Grenelle, mais n’oublient pas qu’il sera chargé d’appliquer la politique libérale d’Emmanuel Macron.

Ses «premières pensées» sont allées aux professeurs. Pap Ndiaye, le nouveau ministre de l’Education nationale, a démarré son discours de passation, vendredi, en évoquant Samuel Paty, son «collègue historien», avant de saluer «le monde des enseignants, qui est le [sien] depuis toujours». Le symbole est fort. Après cinq années d’un Jean-Michel Blanquer méprisant la profession, le nouveau locataire de la rue de Grenelle a voulu marquer sa volonté d’assainir les relations avec ses quelque 900 000 agents.

Le choix-même de ce professeur des universités spécialiste des minorités, qui voit dans les accusations d’«islamo-gauchisme» et de «wokisme» des manipulations idéologiques, suffit à marquer la rupture avec son prédécesseur. «Les publications de Pap Ndiaye donnent une autre lecture de la transformation de la société et de la manière dont il faut analyser les enjeux liés au racisme et aux discriminations, salue Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT. En tant que directeur de la cité de l’immigration [le musée de l’Histoire de l’immigration, à Paris, ndlr], il a eu un discours très volontariste sur l’ouverture des possibles pour tous les enfants, quelle que soit leur origine sociale ou culturelle. Son passage là-bas peut être intéressant.»

Pascal Vivier, secrétaire général du Snetaa-FO, majoritaire chez les enseignants de lycée professionnel, est carrément emballé : «J’apprécie qu’il soit une tête bien pleine. Le fait qu’il soit normalien m’enchante beaucoup. Je suis très optimiste, je ne serai pas là au coin du bois pour regarder la première faute.»

«Nomination pleine de paradoxes»

Ses collègues se montrent toutefois plus prudents. «L’Education nationale ne se gouverne pas uniquement à coups de symboles, il va surtout falloir des actes, très rapidement. Pap Ndiaye arrive dans un contexte où l’Education nationale se porte très mal», avertit Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, syndicat majoritaire des profs de collèges et lycées. Le ministre déboule en effet en pleine crise du recrutement et devra très vite trouver un moyen d’avoir suffisamment d’enseignants devant les élèves à la rentrée prochaine et, sur le plus long terme, de revaloriser les salaires et d’améliorer les conditions de travail.

«On ne va pas lui faire de procès d’intention, mais nous avons à connaître sa feuille de route parce que c’est le ministre du gouvernement d’Elisabeth Borne, choisi par Emmanuel Macron», souligne Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa. «C’est une nomination symbolique mais aussi pleine de paradoxes. Ce n’est pas forcément le profil qui semble Macron compatible, vu les projets d’Emmanuel Macron, qui consistent en un affaiblissement des services publics d’éducation et un creusement des inégalités. On se demande un peu ce que Pap Ndiaye peut venir faire là au regard de son parcours et de son CV», s’interroge Sophie Vénétitay.

«Il y a une urgence qui est sociale : est-ce qu’on montre vraiment qu’on va s’occuper des invisibles et des enfants des invisibles ? interpelle Pascal Vivier. Sur les vingt dernières années, ceux qui se sont réclamés d’une certaine gauche ont toujours méprisé l’enseignement professionnel et les invisibles. J’espère qu’il sera d’une vraie gauche humaniste, sincère, véritable et républicaine.»

Arbitrages budgétaires

Parce qu’il n’est issu ni du monde politique, ni de l’Education nationale, le profil de Pap Ndiaye interroge. «Nous sommes préoccupés par le fait que ce soit quelqu’un qui vienne de la société civile et n’ait pas tous les relais et la place à l’intérieur [du gouvernement] pour obtenir des arbitrages, notamment budgétaires», indique Stéphane Crochet. «Il ne connaît très certainement pas grand-chose à l’école primaire, mais j’espère qu’il va s’entourer de gens qui connaissent le terrain», plaide quant à elle Guislaine David, co-secrétaire générale du SnuiPP-FSU, majoritaire dans le premier degré. «Ça va beaucoup se jouer sur la façon dont il va s’entourer dans son cabinet et dans les directions du ministère», appuie Catherine Nave-Bekhti.

Vu le contexte plombé dans lequel il prend ses fonctions, «on va tellement lui mettre d’attentes sur le dos que, pour un seul homme, ça fait beaucoup, estime Pascal Vivier. J’espère qu’il a conscience qu’il ne peut que décevoir et qu’à ce titre il saura choisir ses vraies orientations, ses vrais alliés et une politique claire.» Une politique plus à gauche que celle promise par le chef de l’Etat.

Elsa Maudet

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Propos sur la nomination de monsieur Pap Ndiaye au ministère de l'Education nationale...

21 Mai 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Pap Ndiaye, un choix symbolique à la tête de l'éducation nationale

Quelques réflexions reprises à partir de mes messages sur twitter...

Je lis partout: "Pap Ndiaye: l'anti Blanquer". J'aurais préféré qu'il fût anti Macron et refusât le poste. Car si Pap Ndiaye applique la politique éducative voulue par l'Elysée, l' "anti" mutera bien vite en un "pro" très zélé.

L'écart idéologique entre JM Blanquer et Pap Ndiaye. La preuve, par la nomination du second, de l'absence totale de scrupules chez E Macron qui utilise un homme brillant, courageux et honorable à des fins de basses oeuvres politiciennes. 

L'écart idéologique entre JM Blanquer et Pap Ndiaye est tellement immense qu'on ne peut s'interdire de penser que la nomination du second n'est qu' un coup politique destiné à gêner la @NUPES_2022 dont la progression inquiète. Jusqu'à quand Pap Ndiaye acceptera-t-il ce rôle ?

Le machiavélisme macroniste consistant à nommer Pap Ndiaye pour l'utiliser en paratonnerre attirant les foudres de l'extrême droite et de LR est une réussite. Tout cela pour faire oublier l'absence d'incarnation écologique. Entre autres grands vides.

Un détail vestimentaire, certes futile mais symbolique lui aussi, m'a frappé hier rue de Grenelle. M. Pap Ndiaye est - était ? - toujours en jean et chaussures de sports. Même dans ses plus hautes fonctions. Hier il était en costume/cravate. Pour lui, un quasi déguisement...

Tout a été dit - y compris hélas le pire - sur le "symbole" Pap Ndiaye. Alors revenons trivialement sur terre: parlons point d'indice, valorisation des salaires, refus de la nomination de collègues par les dir. d'école, création de postes, classes surchargées...

J'apprécie qu'on parle beaucoup des mérites incontestables de M. Pap Ndiaye. Il serait maintenant temps d'évoquer l'état de l'école et les chantiers qui attendent ce ministre. Très loin du symbolique ! Vraiment !

J'ai vainement cherché des écrits ou interviews dans lesquels M. Pap Ndiaye parle d'éducation, notamment dans le 1er degré ou encore au collège. Je n'ai strictement rien trouvé. Le MEN est un ministère très technique. Les actes seront je le crains ceux dictés par l'Elysée.

Pap Ndiaye, je l'espère pour lui, a l'estomac solide. Car il va devoir avaler bien des couleuvres. Voire des boas. En conseil des ministres, il sera assis aux côtés de personnalités qu'il déteste et qui le détestent. Jusqu'à quand supportera-t-il ?

"...grande concertation sur l’école voulue par E Macron. Des rencontres seront organisées localement avec la communauté éducative et les collectivités locales – a minima – afin de définir les modalités de déploiement du programme du Président" - @libe - P Ndiaye appliquera donc...

Je reste surpris - je ne suis pas le seul - de voir Pap Ndiaye dans ce gouvernement, assis à la même table que des ministres qui le détestent, validant des politiques allant à l'encontre de TOUS les principes qu'il a défendus toute sa vie avec talent, avec conviction. Bonne chance

"Quant à E Macron, au centre droit, s’il lui arrive de s’exprimer avec éloquence comme lors du 10 mai, à propos de la mémoire de l’esclavage, on peine à discerner une politique, ou même un point de vue consistant." - P Ndiaye/2019 dans Le Monde

La gauche doit condamner les âneries et horreurs lues et entendues depuis la nomination de P Ndiaye. Mais pas y passer son temps. Le ministre saura se défendre et même mépriser ces propos. A la Macronie d'assumer les choix stratégiques de son Président.

Ma plus grande crainte est que Pap Ndiaye, historien brillantissime et homme d'une immense générosité de coeur, ne soit qu'un instrument bien pratique entre les mains d'E Macron. Jusqu'à quand Pap Ndiaye acceptera-t-il d'avaler des boas ?

Les commentaires des journalistes/chroniqueurs concernant Pap Ndiaye sont affligeants. Tous ne parlent que du "symbole Ndiaye", des polémiques soulevées par les droites. Aucun n'évoque les salaires, le bac, la formation, l'école libérale qui vient, etc. Revenons aux fondamentaux !

Je suis TRES inquiet de constater que parler de Pap Ndiaye, c'est exclusivement "philosopher" sur la symbolique de sa nomination. Il va falloir en sortir et parler ECOLE. Les enseignants se contrefichent de la stratégie macronienne machiavélique. Ils veulent des ACTES SCOLAIRES !

La nomination de Pap Ndiaye, au lu et entendu dans les médias, est bien un coup politicien d'E Macron. Il n'est question que de fumeuses "analyses" cherchant à savoir quel camp sera le plus gêné par la brillante personne qu'est P Ndiaye. C'est TRES inquiétant ! Où est l'ECOLE ?

Pap Ndiaye est en "Top tendances twitter". Hélas, absolument pas pour évoquer l'Education. Mais uniquement par le nombre d'attaques racistes pleuvant sur lui. Quel gâchis pour l'Ecole M. @EmmanuelMacron ! Votre stratégie - car c'en est une - du "symbole" est une dérive coupable.

Le machiavélisme d'E Macron atteint des sommets jamais atteints. Utiliser Pap #Ndiaye en paratonnerre pour attirer les foudres du RN et de LR sans parler d'Education et pour effacer les législatives, il fallait oser. Il a osé. SVP parlons d'ECOLE et n'entrons pas dans ce "jeu".

Christophe Chartreux

Citer le Twee
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Aux origines de la Méritocratie

21 Mai 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Aux origines de la Méritocratie

Résumé

Michael Young, qui forgea le terme de "méritocratie" y voyait un cauchemar à la "1984". Comment ce mot en est-il venu à signifier mobilité sociale et promotion par les compétences ?

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L’inventeur du mot "méritocratie" est mort en 2002, désespéré d’avoir été compris de travers. Michael Young, sociologue britannique, c’est de lui qu’il s’agit, aura été l’un des grands intellectuels organiques du Labour. Il est l’auteur du manifeste qui permit aux travaillistes de Clement Attlee de l’emporter, face au conservateur Winston Churchill, en 1945. Mais si son nom est revenu sur le devant de la scène dans les pays de langue anglaise, ces derniers temps, c’est à cause du livre qu’il a publié en 1958. Ce roman était intitulé L’Ascension de la méritocratie. Pour répondre à votre question, c’est lui qui a forgé ce mot nouveau. Or, un peu partout dans le monde, le concept de gouvernement par le mérite est à nouveau beaucoup débattu.

Et tout d’abord, une précision, le livre de Michael Young, L’Ascension de la Méritocratie, se voulait satirique. C’était une dystopie dans le genre du roman « 1984 », qui avait valu tant de succès à George Orwell une décennie plus tôt. Michael Young avait décelé une tendance de fond à l’œuvre dans les sociétés occidentales : la tendance des élites à asseoir de plus en plus leur légitimité sur leur intelligence et leurs compétences. Or, cela ne les rendait ni moins arrogantes ni moins dominatrices, bien au contraire. A la fin de son livre, les masses, exaspérées par le mépris et l’autoritarisme de la Méritocratie, se révoltaient en l’an 2033…

Michael Young combattait la méritocratie, explique aujourd’hui son fils, Toby Young, parce qu’il y voyait un moyen de perpétuer et d’accentuer l’inégalité sociale, en la légitimant par le diplôme. Mais, comme il l’écrit dans The Spectator, « une société plus méritocratique ne connaît pas nécessairement une plus forte mobilité sociale ». C’est que, dit-il, « les élites cognitives ont une fâcheuse tendance à l’auto-reproduction ».

Au temps de mon père, écrit Toby Young, la gauche était égalitariste. Aujourd’hui, elle est devenue méritocratique. Or, beaucoup en conviennent: des élites recrutées sur la base d’une sélection par le diplôme peuvent se fourvoyer tout aussi allègrement que celles qui proviennent de la naissance. Et elles peuvent également privilégier leurs propres intérêts au détriment de ceux du reste de la population. C’est précisément l’idée qui nourrit les populismes d’aujourd’hui. De Donald Trump à Beppe Grillo, on voit champignonner les politiques qui prétendent remettre les « têtes d’œuf » à leur place.

La revue américaine de critique culturelle The Hedgehog Review (La Revue du Hérisson) consacre un dossier au thème : la méritocratie et ceux qu’elle mécontente.

On y trouve un article d'Helen Andrews, universitaire australienne, qui fait remonter le concept de méritocratie à une date et à un lieu précis : Londres, 1854. A cette époque, explique-t-elle, William Gladstone, le célèbre homme d’Etat libéral britannique, trouve sur son bureau le rapport qu’il a commandé pour une réforme du service public. La tradition du « patronage » (népotisme en français) voulait alors qu’on récompensât les plus éminentes personnalités de leur soutien aux élections en leur offrant – à eux ou à leurs protégés - des emplois publics. Des strates de fonctionnaires recrutés d’après ce principe s’étaient accumulées. Et les services de l’Etat étaient devenus couteux, désorganisés, incontrôlables. Les auteurs du Rapport, Northcote et Trevelyan, proposaient en conséquence l’organisation d’un concours annuel de recrutement de la fonction publique, sur la base de connaissances de type universitaire, portant sur des matières allant du grec ancien à la chimie.

L’idée rencontra, certes, l’approbation de quelques-uns, comme le philosophe libéral John Stuart Mill ; mais l’hostilité du plus grand nombre. Et leurs arguments valent la peine d’être retenus, parce qu’on retrouve nombre d’entre eux aujourd’hui parmi les critiques de la méritocratie.

L’idée de recrutement des fonctionnaires par concours fut reçue à la fois comme l’irruption de l’univers scolaire dans la politique où il n’aurait rien à faire ; et comme une tentative de soumettre toute activité à l’acquisition préalable d’un diplôme : le célèbre romancier Anthony Trollope, qui était lui-même fonctionnaire des Postes, y fait une allusion directe, lorsqu’il se demande si l’exercice du métier d’épicier sera désormais soumis à l’obtention d’un certificat de porteur de cageots de légumes.

D’autres critiques pointèrent le fait qu’en ouvrir le recrutement à toutes les classes sociales, on allait devoir accueillir aussi des membres des classes inférieures. Dans une société de classe, comme l’étaient alors la Grande-Bretagne, ceux-ci auraient du mal à se faire respecter par les parlementaires et obéir par les financiers. Ils n’appartiendraient plus au même monde.

On critiqua aussi le sentiment d’indépendance que ne manqueraient pas de nourrir des fonctionnaires ne devant leur position qu’à leur seul mérite. N’auraient-ils pas tendance à s’émanciper du gouvernement, pour mener, sous couvert de rationalité, une politique conforme à leurs propres intérêts ?

Le système méritocratique fut considéré par beaucoup comme étranger à la mentalité britannique : il semblait inspiré à la fois du modèle de l’Empire napoléonien et, plus directement encore de la bureaucratie issue des réformes menées par Stein et Hardenberg quelques années plus tôt en Prusse. "Teutonic" and "napoleonic" ne sont pas des adjectifs très valorisant en Angleterre....

Lord Salisbury, important politicien conservateur, pointa le risque de voir la politique, qui demande de la souplesse et du doigté, confiée à des adeptes de la formule, des règles qu’on applique sans réfléchir.

Pour d’autres, enfin, la fonction publique avait servi jusqu’alors à caser des ratés ; la réserver à des méritants risquait d’en faire des apprentis-despotes.

Brice Couturier

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Lettre ouverte au Ministre de l'Education nationale - Philippe Meirieu

21 Mai 2022 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Lettre ouverte au Ministre de l'Education nationale - Philippe Meirieu

EXTRAIT

Monsieur le Ministre,

Votre nomination est, à mes yeux, comme aux yeux de beaucoup, une belle surprise. Votre travail universitaire, vos engagements, vos prises de position sont, en effet, le gage d’un renouvellement important à la tête de l’Éducation nationale. Vous avez travaillé sur les discriminations et sur l’émancipation ; vous avez eu, à de nombreuses reprises, des paroles justes, sans concession et apaisantes à la fois, sur des questions de société essentielles ; vous incarnez la lutte pour l’égalité des droits dans ce qu’elle a de plus fondamental pour notre avenir… Ce sont là, pour les enseignantes et enseignants, comme pour tous les personnels de l’Éducation nationale et de l’Éducation populaire, des signes forts qui nous font espérer un vrai renouveau.

Vous arrivez à la tête d’une institution malmenée et abîmée. Une institution que des réformes précipitées, effectuées sans véritable concertation, ont profondément déstabilisée. L’école maternelle, un héritage de Pauline Kergomard dont le monde entier enviait la solidité pédagogique, a vu ses objectifs éducatifs spécifiques, gages d’un accueil authentique de tous les enfants dans l’univers scolaire, profondément défigurés. L’école primaire a vu pleuvoir les injonctions les plus autoritaires et infantilisantes depuis, sans doute, celles de François Guizot : réduits à des exécutants chargés de mettre en œuvre des procédures standardisées, soumis à une pression évaluative permanente, les professeurs des écoles se demandent aujourd’hui s’ils peuvent encore former leurs élèves à une citoyenneté responsable. Le collège, dont le statut et les finalités n’ont jamais véritablement été clarifiés, s’est vu, une fois de plus laissé de côté, soumis simplement à quelques changements de programme, sans que la question du sens des savoirs et des conditions de leur partage pour les adolescentes et adolescents d’aujourd’hui, ne soit jamais posée. Le lycée a été taillé en pièces par l’introduction d’un examen continu qui compromet aussi bien l’engagement des enseignants dans leur tâche que celui des élèves dans leurs études. La césure insupportable et discriminatoire entre les lycées d’enseignement général et technologique, d’un côté, et les lycées professionnels, de l’autre, s’est encore aggravée. Et la mise en place de Parcours Sup a condamné les lycéens, dans leur ensemble, a une orientation aussi aléatoire qu’injuste qui soumet leurs projets personnels à des algorithmes inconnus. Au total, Monsieur le Ministre, les inégalités se sont gravement accrues et la confiance dans le service public de l’éducation a été durablement ébranlée.

Mais je voudrais insister aujourd’hui, Monsieur le Ministre, au moment où vous prenez vos fonctions, sur la crise de recrutement majeure que vit notre pays. Le métier sur lequel, disait Ferdinand Buisson, « reposent les promesses de la République », ce métier dont dépend largement notre avenir commun, ce métier qu’on dit volontiers « le plus beau du monde » et qui, selon la jolie formule entendue récemment dans un film bhoutanais (« L’école du bout du monde »), « touche l’avenir »… n’attire plus les jeunes générations et nous risquons, à très court terme, de nous trouver devant des problèmes d’encadrement majeurs. Je sais bien que certains caressent le secret espoir de remplacer une partie (quand ce n’est pas le tout) du travail des professeurs par le numérique, mais j’espère que, comme moi, vous ne voudrez pas vous y résoudre : vous savez que ce qui se joue dans la relation pédagogique est irréductible à un dressage par la machine, aussi sophistiquée et performante soit-elle. Vous savez que la songerie du learning analytics, au prétexte de « s’adapter » aux individus, les fige dans une hypothétique « nature » et définit leur avenir à partir de leur passé… essentialisation insupportable contre laquelle vous avez toujours lutté.

(...)

Philippe Meirieu, Professeur honoraire en sciences de l’éducation

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