Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

education

La double culture, et ses avantages, d'une femme politique... Vidéo

4 Juin 2022 , Rédigé par +212 Publié dans #Education

Dans cet épisode de +212 LE PODCAST, Najat VALLAUD-BELKACEM partage avec nous sa conception de la marocanité et de la double culture en tant que femme politique et directrice d’ONG.

Son podcast One World, ses souvenirs d’enfance dans le Rif, son adaptation à un nouvel environnement, son lien avec sa double culture et sa transmission à ses enfants, son rapport à la politique et à la montée des extrêmes, sa naturalisation, son attachement au Maroc... Un podcast détente sur un fond d'introspection.

Lire la suite

Aux sources d’inspiration de l’« école du futur » vantée par Emmanuel Macron

4 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

https://images.bfmtv.com/eW5KCr-Ffbnhb5fXEAzMVqxNPuA=/0x0:1024x576/1024x0/images/Pap-Ndiaye-et-Emmanuel-Macron-a-Marseille-jeudi-2-juin-2022-1424246.jpg

EXTRAITS

Le projet défendu par le chef de l’Etat a des similitudes avec le système en vigueur dans l’enseignement privé. Et il est défendu depuis longtemps par Jean-Michel Blanquer, dont les idées survivent après son départ du gouvernement.

(...)

Laisser des écoles volontaires innover en finançant leurs projets (autour des sciences mais aussi de la culture, de l’environnement ou des langues) n’est pas, à ce stade, le seul point qui fait débat au sein de la communauté éducative, prompte à dénoncer le risque d’une « rupture d’égalité » et d’une « école à plusieurs vitesses ». La polémique porte aussi sur l’idée, promue par le président de la République, de laisser les directeurs choisir leur équipe (ou au moins une partie) sur des postes « à exigence particulière », comme les a nommés M. Macron, ce jeudi. Un « changement profond de modèle », redoute-t-on chez les enseignants, au-delà des cercles syndicaux, où l’on dénonce des « méthodes libérales inspirées du monde de l’entreprise ».

« Repenser les mécanismes d’affectation »

Reste que l’idée d’un « recrutement maison » n’est pas tout à fait nouvelle. Dans l’enseignement privé sous contrat avec l’Etat, les directeurs et proviseurs ont un droit de regard sur la composition de leur équipe, et une autonomie accrue dans l’élaboration de leur projet. « L’école du futur, c’est exactement notre modèle », réagissait, jeudi, une chef d’établissement d’un lycée catholique à Marseille.*

(...)

Durant ses cinq années Rue de Grenelle, M. Blanquer est resté prudent sur ce chantier, laissant Emmanuel Macron, à la rentrée 2021, en poser les premières pierres lors de l’annonce, en septembre, de sa stratégie Marseille en grand. Reste à savoir comment le fera avancer son successeur, Pap Ndiaye.

Mattea Battaglia

Note: le surlignage en rouge est réalisé par le webmaster

Lire la suite

Salaire au mérite des PE (Professeur d'Ecole)

4 Juin 2022 , Rédigé par Snuipp - FSU Publié dans #Education

Le salaire au mérite, un moyen de récompenser vos employés performants! –  Blogue Chorus RH

Itv d'Evelyne Bechtold sur le salaire au mérite des enseignants et ses conséquences

ÉVELYNE BECHTOLD EST MEMBRE DU SUI-FSU ET AUTRICE DE « POURQUOI JOINDRE L’INUTILE AU DÉSAGRÉABLE ? EN FINIR AVEC LE NOUVEAU MANAGEMENT PUBLIC », IRU.

Payer les enseignants au mérite, dans quelle logique cela s'inscrit-il ? 

Cela a souvent été mis en œuvre par les gouvernements qui se heurtaient à des problèmes de recrutement des professeurs. Ils pensent que si les bons candidats ne se présentent pas au concours d’enseignement, ce n’est pas parce que le métier est difficile et mal payé mais parce que le système ne permet pas de récompenser les professeurs les plus méritants. Pour attirer les meilleurs étudiants, il faudrait leur garantir la possibilité d’obtenir de meilleurs salaires. C’est aussi la logique du « new management public » qui vise à rapprocher les secteurs public et privé en développant l’efficience avec un moindre coût.

Quelle forme cela peut-il prendre ?  

C’est compliqué à mettre en place dans le service public car la production ne peut se mesurer de façon matérielle. Souvent les résultats des élèves servent de repère, ce qui est absurde car selon le territoire où l’on enseigne, le niveau des élèves varie et les difficultés familiales et matérielles des élèves impactent les résultats scolaires. Ce sont donc des activités annexes qui vont servir à évaluer le mérite des enseignants : le nombre de formations, l’assiduité aux réunions, la capacité à s’investir dans les projets, le nombre de rendez-vous avec les parents, les projets que l’on porte, etc... L’évaluation s’effectue sur des activités certes appréciables mais qui ne constituent pas le cœur du métier, la capacité à faire entrer les élèves dans les apprentissages.

Quelles conséquences sur le métier ?  

Cela a un effet contre-productif, avec une prime à celui qui sera capable de se vendre. Il y a une mise en concurrence des enseignants au sein de l’école avec des professeurs récompensés qui ne seront pas forcément ceux qui font progresser les élèves en difficulté. Cela peut être très démobilisateur, certains se diront à quoi bon s’investir ou réfléchir à ses pratiques. Cela a aussi un impact sur le mouvement des personnels, les enseignants vont avoir envie d’aller vers des écoles accueillant un public moins difficile. Cette mise en concurrence est d’autant plus absurde que l’immense majorité des enseignants fait du bon travail et est attentive aux difficultés et progrès des élèves.

Lire la suite

Rapprochements dans le « mode de gouvernance » du public vers le privé ?

4 Juin 2022 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Rapprochements dans le « mode de gouvernance » du public vers le privé ?

Lors de sa visite à Marseille jeudi dernier, Emmanuel Macron a donné certaines indications ou perspectives qui peuvent être comprises comme un « précipité » en ce début de second quinquennat de ce qui était à l'ordre du jour depuis quelque temps et à l'horizon depuis la loi Debré instituant le cadre des établissements privés sous contrat.

Vers la fin de l'ouvrage « L'Ecole d'aujourd'hui à la lumière de l'histoire » paru aux éditions Odile Jacob en mars 2021, j'avais déjà mis en évidence la problématique posée dès la mise en place de la loi Debré, et son actualité renouvelée.

« En présentant son projet de loi à l'Assemblée nationale le 23 décembre 1959, Michel Debré avait déclaré que « l'enseignement privé représente aussi une forme de collaboration à la mission d'éducation nationale, qui le fait participer à un service public ».

Le Bulletin du secrétariat général à l'enseignement catholique du 15 mai 1969 a rendu compte de cette orientation, et l'a reprise à son compte : « L'enseignement libre constitue un appoint indispensable à l'œuvre éducative de l'État : il gère une partie importante du service public d'enseignement. Partant de cette constatation, la loi Debré, dans ses grandes lignes, ne fait que reprendre en les adaptant au domaine de l'enseignement des techniques déjà employées dans d'autres secteurs : la sauvegarde de l'esprit d'initiative et de responsabilité conduit à recourir au procédé de la gestion d'une activité d'intérêt général par une personne ou un organisme de droit privé. Au sein même du secteur public économique, le récent rapport Nora a préconisé l'accroissement de l'autonomie des entreprises publiques ou semi publiques. »

La sociologue Lucie Tanguy a pu conclure dans un numéro de la Revue française de sociologie de 1972 : « Le débat qui précède et suit la loi Debré de décembre 1959 n'est plus posé dans les seuls termes idéologiques (laïcité, neutralité, liberté). De la justification d'interventions de l'État dans les processus économiques (comme les fusions et la décentralisation des entreprises), on déduit l'élargissement de la notion de service public recouvrant l'aide de l'État à des entreprises privées ; on légitime l'octroi d'un nouveau statut à l'enseignement privé, lequel ne fera que corroborer cette idée de service privé d'utilité publique. » (Revue française de sociologie, XIII, 1972, p.338.)

On ne devrait donc pas être autrement surpris de la déclaration faite en mai 1995 par Guy Bourgeois (le président de l'association Créateurs d'écoles et l'éphémère directeur de cabinet du ministre de l'Education nationale François Bayrou)) qui prend clairement appui sur une certaine lecture de la loi Debré pour tenter de généraliser la « gestion contractuelle privée » à l'enseignement public lui-même, dans le sens d'une reconnaissance institutionnalisée du ''droit à la différence'' se mariant avec un certain ''esprit d'entreprise'' innovant et conquérant : « Le grand mérite de la loi Debré est d'avoir organisé la gestion contractuelle du service public. Alors pourquoi la limiter à l'enseignement privé ? On vient de s'apercevoir que la loi Debré peut permettre de régler des situations aussi complexes que celles des écoles bretonnes ou basques. Elle doit permettre aussi la création ou le maintien en vie d’« écoles différentes » comme les écoles Steiner ou Montessori. Bref, le moment paraît venu de donner un second souffle à la loi Debré. Au lieu d'engendrer l'uniformité, elle pourrait permettre de réintroduire la différence et l'innovation. » (Le Monde de l'éducation, mai 1995.)

On peut se demander à quel point cela est en route depuis la loi Dussopt de « transformation de la fonction publique » du 7 août 2019 (qui va dans le sens d'une certaine généralisation de la « contractualisation » et des « contractuels » à l'intérieur même de la fonction publique) »

Eh bien, cela semble se ''précipiter''

Claude Lelièvre

Lire la suite

Parcoursup est une trappe, pas un tremplin

4 Juin 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Les trappes pour caves enterrées - Polycave

La plateforme livrait ses premiers résultats ce jeudi, qui se limitent souvent à un «en attente» anxiogène. Il ne s’agit pas d’une procédure d’affectation, mais d’une gestion de la pénurie de places dans l’enseignement supérieur.

Jeudi 2 juin, au premier jour d’ouverture des résultats sur Parcoursup, un jeune inscrit sur deux n’aura pas reçu de proposition d’affectation pour poursuivre des études dans l’enseignement supérieur, selon toute vraisemblance et comme les deux années précédentes. Une triste réalité devenue une terrible habitude.

«Votre place est dans la file d’attente». Voilà, en somme, ce qu’annonce la plateforme nationale à plusieurs centaines de milliers de lycéennes et lycéens, dont les jours à venir seront surtout synonymes de déception et de crainte. Avec la nouvelle plateforme de Parcoursup, peu importe la motivation ou le choix de l’orientation pour toute une vie, ce qui compte désormais est un classement incompréhensible pour les élèves comme pour les parents.

Jeunesse sommée d’attendre

A la violence de l’algorithme, dont nous sommes nombreux à continuer de réclamer depuis le début la transparence des critères s’ajoute ainsi l’angoisse d’une procédure trop lente, où toute une moitié de la jeunesse est sommée d’attendre que la moitié la «mieux classée» fasse ruisseler le rebut des choix dont elle n’aura pas voulu.

La Seine-Saint-Denis n’est pas épargnée. Combien d’élèves y ont déjà intégré, malgré eux, l’idée qu’un «16» dans leur lycée ne peut pas valoir un «16» à Paris ? C’est aussi le cas dans de nombreux autres territoires populaires, déclassés, périphériques, où les élèves savent que leurs souhaits seront sans doute contrariés, quand bien même il faut justifier en 120 mots de son 10e choix de formation comme s’il était le premier. Quand bien même cela concerne une filière non sélective de l’université !

Voilà l’absurdité d’un système devenu le symbole de la politique éducative menée sous le premier mandat d’Emmanuel Macron, et où tout est une affaire de compétition intégrale et aveugle. Qu’importent finalement les envies et les projets de formation de centaines de milliers de jeunes, au moment même où leur avenir se construit, et alors même que cet avenir représente aussi celui de notre pays.

L’orientation choisie doit être la règle

L’abandon d’un système éducatif censé donner sa chance à chacun et permettre la progression sociale au profit d’un système qui reproduit les inégalités est inexcusable. Il accompagne la réduction critique et continue des moyens alloués aux universités. Ce manque de moyens publics dont ceux qui les décident se servent ensuite pour justifier, plein de cynisme, que non, tout le monde ne peut pas avoir une place pour faire des études supérieures.

Les choses peuvent être différentes à condition de s’en donner les moyens. L’orientation choisie doit être la règle. Le baccalauréat doit donner accès à la filière de son choix. L’accès à une formation diplômante après le bac doit devenir l’horizon de la grande majorité d’une classe d’âge. Il est urgent de mettre les moyens pour inverser la courbe de la reproduction sociale dans l’enseignement supérieur. Ne laissons pas croire que Parcoursup est un outil d’orientation quand il est un gestionnaire de la pénurie de places.

Il n’y a pas de fatalité à ce que le passage vers le système éducatif supérieur fonctionne comme une trappe. Faisons-en un tremplin !

par Stéphane Troussel, Président du département de la Seine-Saint-Denis

Lire la suite

Comprendre l'intelligence, des débuts de l'humanité au phénomène "HPI".

3 Juin 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Comprendre l'intelligence, des débuts de l'humanité au phénomène "HPI".

Résumé

Le cerveau et l’intelligence nous fascinent. Et nous interrogent : quelle place occupent nos facultés cognitives, tant dans la longue histoire de l’humanité, que dans la vie d’un homme ?

En savoir plus

Nos deux invités s'intéressent au cerveau, et à l'idée d'intelligence.

Pascal Boyer, anthropologue replace nos processus cognitifs au centre du développement de nos sociétés. Travaillant avec la théorie de l'évolution, il propose d'envisager que des faits aussi majeurs que les grandes religions doivent beaucoup à des mécaniques cérébrales.

Jérôme Pellissier, psychothérapeute, interroge quant à lui la place importante qu'occupent aujourd'hui les manières de quantifier ou classer l'intelligence, et les termes à la mode comme QI, HPI et TDAH.

La matière grise nous occupe le temps de cette émission.

Pourquoi y a-t-il des conflits entre les groupes humains ?

Pascal Boyer s'exprime sur la question de savoir pourquoi il est intéressant pour les gens de faire partie de groupes et de groupes rivaux. “Généralement en psychologie pendant très longtemps, on a pensé que c’était un instinct de faire partie d’un troupeau et maintenant les psychologues et les biologiques disent “Non c’est plus un calcul assez fin des intérêts et des coûts qu’il y a à faire partie de groupes”. Et ça peut créer des solidarités qui sont à très grande échelle. Par exemple, pendant la mobilisation en 1914, tous les gens en France disaient “On va passer Noël à Berlin”. Et en Allemagne, on disait "Weihnachten in Paris”. C'est-à-dire qu’ils étaient tous persuadés à la fois que leur groupe pouvait triompher et que ce serait un bénéfice pour eux personnellement.

La difficile définition de ce qu’est l’intelligence

Jérôme Pellissier pense que les tests de QI singularisent complètement l’intelligence. “Si on parle de l’usage qu’un humain fait de son esprit, il faudrait ajouter bien d’autres choses aux tests de QI. Le QI ne mesure pas par exemple la curiosité. Vous pouvez avoir quelqu’un qui a un très bon score de QI et qui est totalement incurieux. La créativité est quelque chose de totalement absente de l’intelligence cognitive mesurée par les tests de QI.”

Guillaume Erner

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/comprendre-l-intelligence-des-debuts-de-l-humanite-au-phenomene-hpi-avec-pascal-boyer-et-jerome-pellissier-6903008

Lire la suite

Emmanuel Macron est venu constater les effets des «écoles du futur» dans un établissement peu représentatif du dispositif contesté.

3 Juin 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

https://static.lexpress.fr/medias_12411/w_1000,h_563,c_fill,g_north/v1654188315/emmanuel-macron-et-pap-ndiaye-visitent-l-ecole-menpenti-a-marseille-le-2-juin-2022_6354628.jpg

Bisounours

A Marseille, tout va bien dans l’école modèle de Macron

Le chef de l’Etat est venu constater, jeudi, les effets des «écoles du futur», vouées à être généralisées, dans un établissement peu représentatif du dispositif contesté.

Les enfants s’agitent, le spectacle a commencé vers 10 heures ce jeudi matin à l’heure de la récré dans l’école Menpenti, dans le dixième arrondissement de Marseille. Les hommes du GIGN cagoulés sont postés dans la cour, les chiens démineurs reniflent les sacs des journalistes. «Il est où, le Président ?» demande un petit garçon en sautant sur place. Emmanuel Macron est de l’autre côté du mur, auprès des enfants de la maternelle. Le chef de l’Etat est à Marseille avec son nouveau ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, pour venir constater, in situ, les premiers effets de l’expérimentation des «écoles du futur», lancée en septembre dans le sillage du plan «Marseille en grand». Comme 59 établissements marseillais, ville-laboratoire de l’initiative qu’il a affirmé vouloir «généraliser à partir de l’automne» sur tout le territoire, l’école Menpenti a accepté de tester ce dispositif offrant «plus de liberté et d’autonomie aux équipes pédagogiques» en leur accordant des moyens supplémentaires – la somme de 2,5 millions d’euros a été débloquée. Pour l’heure, très peu d’établissements ont démarré concrètement l’initiative, plutôt calée sur la rentrée prochaine. Mais à Menpenti, les premières briques ont été posées dès le mois de février avec la mise en place d’un laboratoire de mathématiques, pour l’instant opérationnel chez les maternelles. Après une virée dans la salle dédiée au projet, c’est avec les enseignants de l’école, les parents d’élèves mais aussi le maire de Marseille et ses adjoints que le Président et son ministre se sont installés à l’ombre des platanes de la cour pour faire un point d’étape.

«Meilleure cohésion»

«C’est une révolution culturelle, s’enthousiasme d’emblée le préfet Christian Abrard, en charge du volet éducatif du plan Marseille en grand. D’habitude, dans l’Education nationale, beaucoup de choses arrivent d’en haut. Là, on partait d’en bas, on est passé du prêt-à-porter au sur-mesure.» A l’école Menpenti, située dans un quartier «classe moyenne» du centre-est marseillais, plutôt pas si mal lotie en comparaison de certains établissements du nord, ce sont les résultats des évaluations nationales qui ont poussé l’équipe à proposer un sujet autour des mathématiques. «L’idée était aussi de mettre à bas le déterminisme de certains enfants qui pensent qu’ils ne sont pas faits pour les maths», explique la directrice de la maternelle. La salle de bibliothèque a été récupérée pour y installer le labo. Pas de papier ni crayon, «l’idée c’est que les enfants manipulent», explique-t-elle.

Et les premiers résultats, encore fragiles vu le peu de recul, sont encourageants, répète l’équipe pédagogique. «Les enfants ont tout le temps envie d’y aller, assure une enseignante. Comme ils y travaillent en binôme ou en groupe, on voit aussi des répercussions au niveau de la classe, ça a permis une meilleure cohésion.» Chez les adultes, «ça a relancé une dynamique d’équipe, surtout après deux années difficiles liées au Covid», estime une autre instit.

«Il faudrait plus de moyens»

Le Président prend des notes, sourire large. Le nouveau ministre de l’Education a une première question : qu’en pensent les parents ? Le père de Marie-Laure, élève en maternelle, se lance : «On ne peut pas encore faire un vrai bilan, et les enfants ne sont pas très loquaces quand il s’agit de parler de l’école, mais ils nous disent qu’ils voudraient y aller plus souvent. Il faudrait peut-être mettre plus de moyens humains et financiers.» Côté réclamations, les enseignants restent plutôt polis. «Vous avez le Président devant vous, ce ne sera pas tous les jours», les motive pourtant le préfet. Des besoins en formation, du temps dégagé pour pouvoir évaluer les effets de l’expérimentation… «Ce qui nous manque, poursuit la directrice de l’école élémentaire, c’est de l’autonomie. Les lourdeurs administratives nous pénalisent beaucoup. Ça pourrait être simplifié.» L’occasion d’aborder l’épineuse question du recrutement sur profil et le rôle du directeur dans le choix des équipes, deux points qui hérissent les syndicats enseignants depuis l’annonce du dispositif et qui ont rebuté nombre d’écoles marseillaises à participer à l’expérimentation. «Non, ce ne sont pas les directeurs qui recrutent ! martèle la directrice de la maternelle. Et les postes à profil, ça a toujours existé.» «Ce mode de recrutement, où l’on choisit un profil en fonction du projet, c’est une plus-value, abonde une enseignante. Cela nécessite un très gros investissement personnel. Il faut que les candidats manifestent leur adhésion au projet.» Bref, à Menpenti en tout cas, tout va bien.

La rampe de lancement est posée, Emmanuel Macron se dit même «ému» par tant d’enthousiasme. «Quand le 2 septembre nous avions lancé cette idée, tout le monde nous a dit que c’était complètement fou. Avec le ministre, on se disait qu’il ne fallait pas prononcer le mot autonomie, sinon on va avoir plein d’ennuis. C’est vous qui l’avez prononcé. Il y a plein de tabous parce que le système est bloqué par beaucoup de défiance, défend le chef de l’Etat. L’école de la République a le droit d’inventer, d’avoir de la souplesse.» Muscler les moyens et multiplier les bras ne seraient pas non plus du luxe.

Stéphanie Harounyan

https://www.liberation.fr/societe/education/a-marseille-tout-va-bien-dans-lecole-modele-de-macron-20220602_GJCK2NIJQVASHBJQNTLXDFDF2A/

Lire la suite

Emmanuel Macron veut généraliser « l’école du futur », les syndicats enseignants s’inquiètent

3 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Inquiétude

EXTRAITS

Le dispositif en test à Marseille permet notamment à un directeur d’établissement de participer au recrutement de son équipe pédagogique. Des représentants syndicaux craignent une rupture d’égalité de traitement et une « école à deux vitesses ».

Disruptif, encore et toujours. En déplacement à Marseille avec le ministre de l’éducation, Pap Ndiaye, Emmanuel Macron a déclaré, jeudi 2 juin, vouloir « généraliser » partout sur le territoire « l’école du futur », une expérimentation pédagogique menée dans la cité phocéenne. Cette approche doit permettre aux établissements de financer un projet innovant autour de la culture, des langues, de l’environnement ou des sciences, en donnant aux directeurs d’école la possibilité de participer au recrutement de leur équipe pédagogique.

Le chef de l’Etat avait lancé l’idée de « l’école du futur » en septembre 2021, lorsqu’il avait présenté le plan d’urgence « Marseille en grand », destiné à aider la deuxième ville de France, où le taux de pauvreté dépasse 50 % dans certains quartiers. Objectif selon l’Elysée : donner « davantage de liberté et d’autonomie aux équipes pédagogiques pour bâtir un système scolaire plus juste et plus inclusif ».

(...)

C’est aussi cette innovation que contestent les syndicats d’enseignants, puisqu’elle provoquerait un changement profond du modèle de l’éducation nationale. « L’éducation nationale n’est pas une somme de start-up », assène Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-UNSA. « Cette expérimentation remet gravement en cause le caractère national de l’école publique, le statut de fonctionnaires d’Etat des enseignants, l’égalité de traitement des personnels dans leur demande de mutation », renchérit la fédération FO de l’enseignement (FNEC FP-FO). D’autres évoquent le risque d’une « école à deux vitesses », avec des établissements mieux dotés que d’autres et pas forcément situés dans des quartiers défavorisés.

(...)

Pap Ndiaye, qui effectue son deuxième déplacement de terrain après une première visite hautement symbolique dans le collège où travaillait Samuel Paty, professeur assassiné en octobre 2020, est aussi attendu sur d’autres sujets. A commencer par la crise du recrutement des enseignants et la réintroduction des mathématiques dans le tronc commun au lycée.

Le Monde avec AFP

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/06/02/emmanuel-macron-veut-generaliser-l-ecole-du-futur-les-syndicats-enseignants-s-inquietent_6128681_823448.html#xtor=AL-32280270-%5Btwitter%5D-%5Bios%5D

Lire la suite

A propos de l' "Ecole Macron" à Marseille...

2 Juin 2022 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Emmanuel Macron à Marseille : un milliard pour les écoles, les parents  racontent les établissements délabrés

EXTRAIT

(...)

Des projets pédagogiques recyclés

L'inspection académique a publié une trentaine de fiches de postes qui présentent les projets et les exigences du recrutement. On trouve ainsi plusieurs projets de promotion de la santé, à peu près identiques d'une école à l'autre. Une autre école essaie un comité de pilotage avec trois pôles : "relations avec les familles", "santé soins", et "collectif enseignants". Plusieurs projets renvoient aux arts comme élément pour le développement cognitif des élèves. On a des projets développement durable ou encore laboratoires de maths ou encore des projets portant sur la relation à la famille.

"Beaucoup de projets présentés dans le dispositif  "Marseille en grand" existaient déjà avant", explique Virginie Akliouat, secrétaire départementale du Snuipp Fsu 13. En fait de projet "innovant", les équipes ont  recyclé leur projet d'école quitte à abuser du mot "innovant" dans la fiche de poste. Très peu de fiches de postes exigent des compétences particulières pour les enseignants prétendant à un poste. Finalement, la vitrine éducative du président ressemble beaucoup à ce qui existait avant sauf sur le plan budgétaire.

"La rénovation du bâti était attendue", nous dit V Akliouat. "Et côté expérimentation les collègues voient l'apport financier d'un bon œil. Ils auront les moyens de faire leur travail correctement. Mais d'autres enseignants, hors expérimentation, trouvent scandaleux de donner plus à certaines écoles qu'à d'autres". Parfois le même groupe scolaire est divisé entre une école élémentaire qui perçoit la manne présidentielle et une maternelle qui n'a rien...

On a là la limite de l'expérimentation. "Macron ne mettra pas 40 000€ dans toutes les écoles de France", dit V Akliouat. "L'affectation ne doit pas être liée à des financements de projets. Rien ne justifie qu'il faille avoir des compétences particulières pour travailler dans telle école alors que l'on a tous le même concours".

Une idéologie recyclée

L'idéologie qui sous tend cette nouvelle politique éducative vient de loin. En 2007, G de Robien avait lancé le projet des EPEP, établissements publics de l'enseignement primaire. Projet qui avorta rapidement. JM Blanquer l'a relancé dans ses livres en 2014 et 2016 et il avait annoncé dans le Nouvel Obs les pouvoirs renforcés des directeurs d'école en 2017. En 2018 le projet officiel "Cap 22" relance l'idée. En 2018 il échoue à inclure cela dans la loi Blanquer. C'est finalement la crise sanitaire qui permet au ministre d'aller au bout de ce projet avec la loi Rilhac. Elle donne une "autorité fonctionnelle" aux directeurs d'école dont le contenu sera précisé dans des décrets pas encore publiés.

"On a vu les prémisses de la loi Rilhac dans l'expérimentation "Marseille en grand", nous dit V Akliouat. "On voit les directeurs associés au recrutement. Des HSE versées pour payer des heures de réunion. Un budget à gérer pour les écoles. Mais cela va créer des tensions et isoler les directeurs d'école".

C'est ce vieux projet que le nouveau ministre vient porter avec le président de la République le 2 juin. Avec cette première sortie officielle où le ministre appuie un vieux projet libéral, le président et le nouveau ministre prennent le risque de marquer une vieille continuité idéologique plutôt qu'une "refondation" de l’École.

François Jarraud

Exemple de fiche de poste (Source @cafepedagogique )

Image

Lire la suite

Le niveau des enseignants, une inquiétude qui monte

2 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

La jauge du niveau de carburant des automobiles - Ornikar

EXTRAITS

Les concours de l’enseignement présentent des taux d’admissibilité alarmants. Les capes de lettres et de mathématiques n’ont pas assez d’admissibles pour le nombre de postes à pourvoir, tout comme plusieurs académies dans le premier degré. Une situation qui entraîne mécaniquement une baisse de l’exigence dans le recrutement.

C’est une petite musique qui ne date pas d’hier : les enseignants, moins nombreux à se porter candidats pour ce métier frappé par le déclassement, seraient moins bons qu’avant. Argument avancé : les candidats aux concours de recrutement des professeurs du second degré ne font pas le plein, depuis plusieurs années et dans plusieurs disciplines (français, mathématiques…) ; alors les jurys de concours, contraints de choisir les lauréats parmi des candidats moins nombreux, reculent la note du dernier admis (qu’on appelle la barre d’admission), parfois jusque très bas. Faut-il en conclure que le niveau baisse à tous les concours et dans toutes les disciplines ? La réalité est plus nuancée.

Tout d’abord, le nombre de candidats en baisse « a un impact mécanique sur le niveau du concours », détaille Xavier Sorbe, le président du jury de capes de mathématiques – où seuls 817 candidats sont admissibles cette année, pour 1 035 postes. « Lorsque les candidats sont moins nombreux, il y a forcément moins de bons profils. »

Conséquence : d’année en année, les jurys sont donc contraints « d’ouvrir » légèrement le recrutement – c’est-à-dire de reculer le seuil au-delà duquel un candidat est jugé trop faible pour être admis. Au capes de mathématiques, la barre d’admission était à 8/20 en 2021 contre 9,5/20 en 2006 – à cette époque, un peu moins de 4 000 candidats s’étaient présentés au concours, contre 2 075 en 2021.

(...)

« Comparer les enseignants avec ceux d’il y a cinquante ans n’a pas grand sens, tout comme de comparer les élèves », rappelle Xavier Sorbe. Avant la massification scolaire et l’accès généralisé à l’enseignement secondaire – qui remontent aux années 1960 et 1970 –, le maître d’école était souvent le seul habitant du village à avoir poussé aussi loin les études. « C’est encore plus vrai pour le second degré, puisqu’il fallait avoir le bac pour y enseigner, et que ce diplôme n’était accessible qu’à 4 % ou 5 % d’une classe d’âge, rappelle l’historien Claude Lelièvre. Aujourd’hui, beaucoup de parents ont le même niveau d’études que le professeur de leur enfant. Ils n’ont plus du tout le sentiment d’avoir face à eux quelqu’un qui a une culture exceptionnelle. » Un « rapprochement » entre le niveau des enseignants et celui du reste de la population qui a par ailleurs grignoté leur prestige. Et, en retour, l’attractivité des concours.

Violaine Morin

Lire la suite