Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

education

Une femme en été. Isabelle Hervé, professeure des écoles...

13 Juillet 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Une femme en été. Isabelle Hervé, professeure des écoles...

Nom : Hervé. Prénom : Isabelle. Âge : 39 ans. Profession : professeure des écoles, à Saint-Ouen. C’est l’été d’Isabelle. Et il se résume en deux mots : hamac et camping.

Mais cette enseignante qui a bossé comme une brute pour ses élèves pendant le confinement, va démarrer avec un lieu emblématique : Omaha Beach, la guerre et la Libération…. Et ça matche très bien avec le déconfinement. « C’est chez des copains, on est toute une tribu, mais les enfants sont très libres ». Comprenez : « On déconfine, on les lâche, et eux aussi. La libération, j’ vous dis ! Y a même des tentes dans le jardin, tellement on est nombreux, c’est très sympa, c’est libre, on en a besoin, après cette période si dure ». Voilà pour la décompensation….

Mais la vraie destination, s’appelle Messanges et surtout camping, un véritable sauveur, pour cette habituée du lieu… Des hectares de pinèdes, des kilomètres de plage, un étang, des vélos et… le hamac d’Isabelle.

Je l’adore mon hamac, il est là, entre deux arbres, tranquille, il est pour moi.

Isabelle Hervé, enseignante à Saint-Ouen

Un bouquin, parfois éventuellement un enfant (l’une de ses filles)… Et des heures à se laisser tanguer, lentement, en regardant le feuillage…Et c’est tout, sans à-coups, ni perturbation.

« Nos journées sont extrêmement simples, me dit  l’institutrice, on fait les courses à Vieux-Boucau, on fait tout à vélo comme tout le monde dans le coin, on va à la plage, on dort, et …« Et on mange j’imagine non ?». « Oui enfin, je vais éviter de faire moi-même les 4 repas ». Le cauchemar du confinement, surtout pour les femmes… Ces 4 repas par jour, avec légumes et fruits exigés, bien sûr. « Bon, à la fin du confinement, je balançais plutôt une boite de conserve dans une casserole ».

En revanche, elle n’expédiait pas du tout ses cours, avec ses élèves, en visioconférence. Isabelle Hervé faisait ça en binôme avec un collègue, et avec application… Et aujourd’hui, elle n’en revient pas que certains profs soient partis confiner loin, sans internet, et incapables d’aider leurs élèves à faire classe.

Le but du hamac, son hamac, est donc, également, d’oublier cette petite rancœur qui la travaille… L’autre objectif ? Se préparer à la suite : quelques jours en amoureux, direction : les gorges du Verdon. Exit les enfants, nos petites glues.

Ouf ! Souffler, sortir de ce confinement pour de vrai, et espérer ne pas y revenir à la rentrée…    

Nathalie Bourrus

Lire la suite

Coronavirus : près de 10 millions d'enfants risquent de ne jamais retourner à l'école, selon une ONG

13 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Coronavirus : près de 10 millions d'enfants risquent de ne jamais retourner à l'école, selon une ONG

L'organisation britannique Save the Children appelle les créanciers commerciaux à suspendre le remboursement de la dette des pays pauvres pour leur permettre d'investir dans l'éducation.

Une conséquence directe de la crise du coronavirus. Près de 10 millions d'enfants dans le monde pourraient ne jamais retourner à l'école après le confinement en raison des conséquences économiques de la pandémie, affirme lundi 13 juillet l'ONG britannique Save the Children. Avant la pandémie, 258 millions d'enfants et adolescents se trouvaient déjà en dehors du système éducatif dans le monde.

Jusqu'à 1,6 milliard d'élèves ont dû quitter les cours (de l'école à l'université) à cause de la pandémie, selon un rapport de Save the Children (en anglais). L'ONG estime que jusqu'à près de 9,7 millions d'élèves risquent de quitter les bancs de l'école pour toujours d'ici à la fin de l'année. Sans mesures pour contrer cette situation, les inégalités qui existent déjà "exploseront entre les riches et les pauvres, et entre les garçons et les filles", a averti la directrice générale de l'ONG.

Dans 12 pays, principalement en Afrique centrale et de l'Ouest, ainsi qu'au Yémen et en Afghanistan, les enfants sont confrontés à un risque "extrêmement fort" de ne pas retourner à l'école après le confinement, particulièrement les filles. Save the Children appelle ainsi les créanciers commerciaux à suspendre le remboursement de la dette des pays pauvres, mesure qui pourrait selon elle permettre de débloquer 14 milliards de dollars pour investir dans l'éducation.

Lire la suite

Rentrée scolaire de septembre : "On a l'impression d'une circulaire complètement hors-sol", réagit le Snes-FSU

12 Juillet 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Rentrée scolaire de septembre : "On a l'impression d'une circulaire complètement hors-sol", réagit le Snes-FSU

Le gouvernement a publié une circulaire pour encadrer la rentrée de septembre. Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, estime que le ministère de l'Education passe "à côté du sujet".

Le ministère de l'Education a publié, vendredi 10 juillet, une circulaire pour encadrer la rentrée de septembre, et le texte ne convainc pas le syndicat Snes-FSU. "On a l'impression d'une circulaire complètement hors sol, qui ne prend pas en compte ce qu'ont été les semaines de confinement, les écarts qui se sont creusés entre les élèves", réagit ce samedi sur france-info Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU.

"Ce qui surprend la profession, c'est l'ignorance du gouvernement et notamment du ministre de l'Education nationale, que nous serons dans une rentrée spécifique, une rentrée particulière après une année qui a été très traumatisante pour les élèves et les personnels", estime Frédérique Rolet. "Il n'y a rien sur des moyens supplémentaires", "rien sur des scénarios, y compris en termes sanitaires", déplore la secrétaire générale du Snes-FSU, qui trouve que le 10 juillet est "très tardif" pour la sortie d'une telle circulaire.

L'enseignement à distance sans moyens matériels

Pour Frédérique Rolet, "l'enjeu fondamental de la rentrée" va être "les écarts qui se sont fortement creusés entre les élèves". "L'effort inédit", dont il est question dans la circulaire pour renforcer l'accompagnement personnalisé des élèves, est "tout à fait à côté du sujet", selon elle. "On sort quelques élèves de la classe, par exemple en 6e, et on les prive d'autres enseignements, ce qui va créer d'autres types de problèmes, pour leur faire un renforcement en lecture", estime Frédérique Rolet, qui prône des "petits groupes où il y a une entraide entre les élèves", plutôt que du "rabâchage". Pour cela, "on aurait pu avoir des moyens supplémentaires en personnel", en prenant "tous les admissibles dans les différents concours", ajoute-elle.

Dans l'hypothèse où l'enseignement devrait se faire à distance à cause d'une deuxième vague de l'épidémie de coronavirus, "il va falloir améliorer un certain nombre de choses, sur le plan technique, sur l'équipement des profs", prévient la secrétaire générale du Snes-FSU, qui rappelle que les enseignants "se paient tout, la connexion, l'ordinateur". Il devra aussi y avoir "une vraie réflexion sur ce que cela veut dire pour les élèves", car "ceux qui sont moins autonomes dans les apprentissages sont pénalisés par l'enseignement à distance".

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/deconfinement/rentree-scolaire-de-septembre-on-a-l-impression-d-une-circulaire-completement-hors-sol-reagit-le-snes-fsu_4042695.html#xtor=AL-79-[article]-[connexe]

Lire la suite

"Exclusif : La circulaire de rentrée 2020" - Par Le Café Pédagogique

10 Juillet 2020 , Rédigé par Le Café pédagogique Publié dans #Education

"Exclusif : La circulaire de rentrée 2020" - Par Le Café Pédagogique

EXTRAITS

La rentrée 2020 ressemblera fortement à celle de 2019. Sauf qu’il y aura davantage d’évaluation et de fondamentaux. Cette année encore, le Café pédagogique s’est procuré la circulaire de rentrée dont vous trouverez le projet de texte ci-dessous. Evaluations renforcées à l’école et au collège, installées dès les premiers jours de cette rentrée pas comme les autres. Nouveaux guides sur l’enseignement des fondamentaux. La grande nouveauté c’est qu’une partie des élèves n’auront plus droit au curriculum normal. La circulaire installe une hiérarchie des disciplines et des élèves et elle l’installe avec moins de culture pour les élèves qui en ont le plus besoin. JM Blanquer va donc encore un peu plus loin. La circulaire n’a donc rien retenu des exigences de cette vraie reprise de l’Ecole : se retrouver, être ensemble, faire classe.

(...)

Des évaluations renforcées

Pour les autres élèves, le plus urgent c’est de les évaluer, nous dit ce texte. Donc les évaluations de CP CE1 et 6ème ont lieu dès le 14 septembre. Les élèves n’auront eu qu’une grosse semaine  pour renouer avec l’école que déjà l’évaluation s’avance. Pas de changement dans ces évaluations si ce n’est un test de fluence en 6ème. Ce test existe déjà dans les évaluations de CP Ce1. Pour le ministre la fluence c’est la compréhension.  Les idées ministérielles remontent aussi en CAP où aura lieu un « test spécifique de littératie et numératie ». Pour les autres niveaux, le ministère ne met pas en place des évaluations nationales mais fournira des « outils de positionnement » pour « mesurer instantanément la maitrise des compétences fondamentales et identifier les priorités pour chaque élève ». Les choses sont toujours aussi simples...

Au collège, des élèves privés d’une partie du curriculum pour faire du français et des maths

« Pour réduire les éventuels écarts » le ministère met des moyens pour l’accompagnement des élèves sans rien changer aux formules existantes jamais évaluées. Devoirs faits est renforcé de 1.5 million d’heures supplémentaires et des AED en préprofessionnalisation (qui ont aussi été promis pour l’aide aux directeurs d’école) sans qu’on sache bien si tous ces moyens pourront être utilisés.

Les collèges pourront proposer « un parcours de soutien aux élèves qui éprouvent des difficultés à lire, notamment lors du test de fluence en 6e ». Le parcours pourra se faire en partie en périscolaire. Surtout, ce parcours maths français pourra être fait sur les heures des autres disciplines à hauteur de 5 heures hebdomadaires. La France est connue comme la championne d’Europe des horaires des fondamentaux. Les établissements sont invités à aller plus loin aux dépens des autres disciplines. Ces heures de remédiation en lecture, écriture ou calcul « peuvent être assurées par un professeur du collège ou un professeur des écoles ».

Là où il faudrait relier les disciplines, une hiérarchie des disciplines s’installe. Certaines sont jugées officiellement moins utiles. Mais c’est aussi une hiérarchie des élèves. Certains élèves sont dans les collèges des établissements publics internationaux créés par la loi Blanquer. D’autres ont droit à un enseignement complet. D’autres enfin auront un enseignement amputé au prétexte de faire des exercices de maths et de français. Mais de quel droit ?

(...)

Respecter les institutions

JM Blanquer définit  l'instruction civique. « Le gouvernement de l’homme sur lui-même et par lui-même, au fondement même de l’idée républicaine, nécessite que chaque élève comprenne les devoirs qui découlent de ce droit : respect des autres, respect des institutions et des lois », affirme la circulaire. Cette conception à sens unique de l'instruction civique est donnée  sans que rien de concret n’accompagne la formule...

(...)

François Jarraud

PS : la partie sanitaire de cette circulaire peut encore évoluer après l'avis attendu demain du conseil scientifique.

La circulaire

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

10 personnalités = 10 idées pour bousculer la #RENTREE2020 !

10 Juillet 2020 , Rédigé par FCPE Publié dans #Education

10 personnalités = 10 idées pour bousculer la #RENTREE2020 !

Tous ensemble, rêver septembre

Transformer l’espoir en espérance. La crise sanitaire que nous venons de traverser nous a montré que l’école du XXe siècle a vécu. La rentrée scolaire 2020 doit tirer les leçons de ce que la société toute entière vient d'expérimenter. La FCPE fait le vœu cette année d’une rentrée différente et moins étriquée ; pour cela, elle a frappé à la porte de la société civile pour recueillir toutes les propositions qui changeraient culturellement l’école. 10 personnalités se sont déjà prêtées au jeu, avec 10 propositions coup de cœur.

La fin des classes sonne curieusement cette année. Après des mois d'une absence due au coronavirus, certains enfants ont repris le chemin de l'école, d'autres non, mais tous ont vécu une année surréaliste, privés d'enseignants, de camarades, de cantines, de sports… Nous avons été nombreux à croire que cela marquerait une rupture avec l'ancien monde, avec l'école de nos parents.
 
Mais aujourd'hui, la FCPE craint qu'à l'instar de ce qu'il se passe dans la société, la crise sanitaire ne soit pas une opportunité pour oser le changement mais un simple prétexte pour revenir encore plus vite, encore plus fort, à une école engluée dans le XXe siècle.
 
Pour y remédier et proposer une école enfin différente, plus bienveillante et égalitaire, la FCPE a souhaité donner la parole à différentes personnalités, venues tant du monde des arts que de celui de la recherche, des sciences, de l'écologie… L'idée n'était pas d'écrire un programme structuré qu'il faudrait appliquer de bout en bout, mais bien plutôt de distiller des pistes de réflexion, des idées novatrices portées par « la société civile », celle qui pense, réfléchit et innove au moins autant que les hommes et les femmes politiques qui nous gouvernent. Nous voulions que des citoyens engagés, aussi différents les un.e.s des autres que Ycare, Philippe Meirieu, Marc Lavoine, Raymond Domenech, Bernard Stiegler, Alain Chamfort, Yves Duteil, Nora Hamadi ou encore Isabelle Delannoy disent ce qui, selon eux, pourrait changer l’école d’aujourd’hui.
 
L'objectif ? Rêver une rentrée de septembre qui bouscule les habitudes et ouvre les imaginaires. Avec ses 10 propositions, la FCPE avance sur des mesures qui favorisent l'inclusion, comme le Cartable connecté qui permet à des jeunes hospitalisés de ne pas rompre le lien avec leur classe, l'apprentissage artistique avec les Fabriques à musique de la Sacem, l'égalité des femmes avec les boîtes à règles pour lutter contre la précarité menstruelle ou encore la formation à l'écologie de la maternelle jusqu'au lycée…
 
Autant d'actions, petites ou grandes, qui contribueraient grandement à changer le quotidien de nos enfants. Il n'est plus temps d'attendre, pour que tous ensemble, nous rêvions septembre !
 
Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous
Lire la suite

Comment les enseignants et les élèves font-ils pour vivre et faire ensemble?...

9 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Comment les enseignants et les élèves font-ils pour vivre et faire ensemble?...

La relation Professeur/Elève est CENTRALE dans la vie quotidienne de l’institution scolaire. (Rappelons qu’un enfant scolarisé passe plus de temps par jour avec ses professeurs qu’avec ses parents.) :

  •       Pour l’élève, être bien traité et bien considéré par l’enseignant est une composante majeure de l’expérience scolaire ; en même temps, éprouver l’indifférence ou le mépris enseignant est à la fois banal et potentiellement redoutable.
  •      Pour l’enseignant, le contact avec les élèves est décrit  comme la plus grande difficulté ET comme une des plus grandes satisfactions du métier.

Des travaux récents ont mis en miroir les deux cotés de la relation pédagogique. (Voir Anne Barrère, Travailler à l’école, Rennes, PUR, 2001). Cette recherche s’est concentrée

- sur les transformations du cadre institutionnel des relations Professeur/Elève :

- sur l’importance que prennent le verdict scolaire et l’évaluation

- sur les accords et tensions entre cultures scolaires et cultures juvéniles.

  • A la recherche de la bonne distance

Les relations entre enseignants et élèves dans l’espace scolaire ne peuvent se comprendre que dans leur cadre institutionnel, affecté récemment de deux grandes transformations :

  •       la massification, en allongeant le temps moyen de formation initiale, conduit les élèves à fréquenter les enseignants plus longtemps autour d’enjeux importants, le classement scolaire ayant un poids décisif dans les trajectoires ultérieures.
  •       la remise en question d’une distance et même d’une méfiance historiquement construites de l’enfance et de l’adolescence, dans l’institution scolaire. Cette distance n’a certes pas disparu mais s’est affaiblie depuis les années 1970 au fur et à mesure que l’école était considérée comme un « lieu de vie » et que l’adolescent était mis au centre du système, comme l’indique la Loi d’orientation de 1989.

D’une relation pédagogique définie par son impersonnalité, structurée uniquement par le savoir et des normes de comportement bien plus que par l’attention à l’enfant, on est passé à la  volonté de voir l’élève s’épanouir et/ou s’exprimer à l’école tout autant que de le voir apprendre et obéir. Pour enseigner :

  •      il faut comprendre, motiver, encourager et sanctionner l’élève/L’enseignant doit LUI AUSSI se faire comprendre de l’élève
  •      il faut connaître des éléments de sa vie en dehors de l’école
  •      il faut rompre avec le cours magistral et encourager la participation et l’activité des élèves dans la classe, en particulier les inciter à pratiquer l’ « écriture réfléchie » pour rompre le spontanéisme des SMS ou des « blogs » 

Elèves et enseignants se défient moins qu’auparavant des affinités ou de l’affectivité. Dans ses Mémoires, Simone de Beauvoir raconte comment, enseignante en lycée, elle avait adressé un petit geste d’amitié à un élève, geste qui lui était apparu totalement transgressif ! Aujourd’hui, le cadre de cette relation Enseignants/Enseignés s’élargit à l’occasion de voyages, de projets interdisciplinaires, de rencontres. C’est là un but éducatif à part entière dans les établissements dont la communauté doit être chaleureuse et « civique ». (Voir JL Derouet, Ecole et Justice, Métaillé 1992). Pourtant ce mouvement est moins fort en France qu’ailleurs en Europe, notamment au Danemark et en Angleterre.

Néanmoins les différentes études menées en France, par P. Rayou par exemple (La Cité des Lycéens, L’Harmattan, Paris 1999), notent une réticence des élèves à entrer trop personnellement dans le jeu scolaire, y compris dans la relation avec les adultes, sans doute  pour préserver son quant-à-soi juvénile mais aussi, tout simplement, pour éloigner du regard des adultes leurs amours, leurs amitiés, leur manière de s’habiller…

Quant aux enseignants, ils s’interrogent sur leur identité professionnelle qu’ils définissent :

  •       par opposition aux risque d’être transformés en « travailleurs sociaux » dans le cadre d’une relation trop dégagée des apprentissages
  •        par esprit de protection face à une trop grande affectivité relationnelle qui entrerait en tension avec les exigences de justice scolaire

Mais pour la majorité des enseignants, il faut le dire, le cours satisfaisant est avant tout celui où les relations ont été paisibles et coopératives, au-delà même des résultats probables.

  • La relation pédagogique à l’épreuve du verdict scolaire

Il est entendu que la relation Enseignants/Enseignés est conditionnée par la réussite scolaire des élèves. Les « mauvais élèves » manifestent une agressivité impuissante à l’encontre des professeurs qui n’est en fait qu’une contestation impuissante de leur place scolaire, que cette contestation provienne de la mauvaise réputation de l’établissement ou du rang qu’ils y occupent. De la contestation à la violence, il n’ y a qu’un pas comme le démontrent de nombreuses recherches : la problématique de l’échec (au sens large) et celle de la violence (au sens large) sont intimement liées. Même les phénomènes éloignés des enjeux scolaires, comme le racket, sont plus fréquents dans les classes de niveau et, évidemment, dans les classes du niveau le plus « bas ».

L’évaluation scolaire est donc porteuse de tensions potentielles. Ce qui ne signifie en aucun cas qu’il faille la supprimer mais, l’ aborder autrement, l’ utiliser autrement, l’ expliquer et la justifier seraient certainement une «valeur ajoutée », aussi bien pour les « bons » que pour les « mauvais » élèves d’ailleurs. Au lieu de ça, le « rabaissement scolaire » est encore trop souvent utilisé :

  •    passage au tableau vécu par le couple Prof/Elève comme un moment de punition, punition d’autant plus humiliante pour l’élève qu’il la vit devant ses pairs.
  •     utilisation de sobriquets divers
  •    rendu de copies classées en ordre décroissant avec commentaires à caractère vexatoire (Grand « classique »)
  •     appréciations humiliantes dans les bulletins
  •     confusions des registres entre jugement sur le travail et jugement sur la personne.

(Voir l’excellent ouvrage de P Merle, L’élève humilié. L’école, un espace de non-droit ? Paris, PUF 2005)

Le jugement scolaire est porteur d’enjeux relationnels d’autant plus délicats qu’il est dénié :

  •        par l’élève d’abord, qui fait semblant d’y être indifférent ou en rajoute dans l’ostentation de la « nullité » scolaire, même si cette mise en scène cache qu’il se sent très responsable de ses résultats scolaires.
  •        par l’enseignant ensuite qui trouve l’élève trop consommateur, trop « comptable », calculant sa moyenne à la décimale près, laissant de coté des matières peu « rentables » au brevet ou au BAC. (Mais les élèves n’ontils pas été initiés en amont depuis la 6ème, parfois avant, à ces « savants » calculs ?).
  •        Et le malentendu est à son comble lorsqu’on s’aperçoit que les élèves trouvent eux aussi les enseignants trop « instrumentaux », leur reprochant de ne les juger qu’au travers de leurs notes et leurs résultats généraux.

Donc en fait l’élève en appelle au RESPECT MUTUEL, conçu à la fois comme un critère de justice et comme une manière de le reconnaître dans sa différence et son authenticité d’adolescent. (Voir F Dubet, L’Egalité et le Mérite dans l’Ecole Démocratique, Année sociologique 2000, Numéro 50, Pages 383 à 409). Lorsque c’est le cas, mauvaises performances scolaires et bonnes relations peuvent coïncider. L’idéal serait de placer sur le même plan relations positives et exigences en termes d’apprentissages.

Christophe Chartreux

D’après les recherches d’Anne Barrère, Professeur, PROFEOR (Interactions professions, éducation et orientation), Université Lille III

Lire la suite

Bouches-du-Rhône : le Bac avant Sciences Po...

9 Juillet 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

C’est entourée de ses premiers soutiens que Lina savoure sa réussite : son entrée prochaine à Paris à Sciences politiques. C’est un grand parcours avec beaucoup de travail. Une réussite collective pour Lina qui a toujours pu compter sur ses amis et sa famille. "Même si Sciences Po c’est pour moi avant tout, c’est aussi pour elle. Pour lui dire que malgré ce qu’elle a traversé dans la vie, elle n’a pas fait tout ça pour rien", confie la jeune fille à propos de sa mère.

"Aujourd’hui il ne faut plus se laisser faire"

En seconde, Lina entend parler d’une prépa à Sciences politiques et elle a le déclic. Depuis deux ans elle y travaille sans relâche mais les clichés ont la vie dure. Un professeur lui dit que ce n’est pas pour elle. "Il y a tellement de personnes que je connais dans mon entourage proche qui ont été victimes de ces discours-là, je me dis qu’aujourd’hui il ne faut plus se laisser faire", explique Lina. La jeune fille est persévérante et s’accroche, ses proches la soutiennent. Une équipe pédagogique est aussi avec elle.

Lire la suite

Les «vacances apprenantes» n'ont pas la cote...

8 Juillet 2020 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

Les «vacances apprenantes» n'ont pas la cote...

EXTRAITS

Cette période de l'année permet normalement aux enfants et ados d'échapper à toutes les obligations scolaires, même sans partir de chez soi.

Après des semaines chaotiques, les élèves auraient pu imaginer, comme leur proposait le ministre de l'Éducation nationale, de mettre à profit l'été pour reprendre pied, rattraper les apprentissages et renforcer un lien fragilisé avec l'école. Et puis apprendre dans un cadre un peu différent, ça peut paraître chouette... Mais l'accueil de l'opération «vacances apprenantes» semble plus que frais, avec des réactions franchement négatives sur les réseaux sociaux.

Lors d'un rendez-vous prévu avec la classe média que je marraine, j'ai abordé la question. Le petit groupe d'élèves a un avis globalement négatif. Une écolière, sautillant sur sa chaise, s'exclame à travers son masque:

– Madame, les vacances c'est pour se reposer!
– Mais on peut apprendre sans cours dans plein de situations de la vie, ça peut être agréable!
– Ah mais on veut faire ce qu'on veut nous, on veut pas être obligé de travailler!
– Mais quand tu étais petite, tu as bien appris à marcher, à parler, de mieux en mieux, simplement en grandissant, tu as pu faire tout ça naturellement...
– [Silence peu convaincu]

Pendant cette séance où l'on s'est raconté le confinement, plusieurs élèves m'ont dit en avoir profité pour faire des choses qui leur plaisaient, la cuisine par exemple. C'est aussi ce qui ressort des premières enquêtes sur le confinement, comme le montrent les résultats publiés par le laboratoire Bonheurs: l'école à la maison a pu être perçue comme l'occasion d'acquérir plus d'autonomie dans le travail et prendre du temps pour soi, avec ses ami·es à distance (jouer à Fortnite), s'adonner à l'écriture collaborative (notamment sur la plateforme Wattpad).

(...)

... les vacances apprenantes sonnent comme une punition. Personne n'est responsable de l'épidémie et du confinement qui a constitué une immense perte de liberté. Y ajouter la perspective d'avoir moins de vraies vacances est alors mal reçu.

Cette liberté, c'est tout ce qui manque aux enfants d'aujourd'hui, de l'école aux loisirs apprenants en passant par les SMS qu'on ne cesse de leur envoyer pour savoir où ils sont. Une liberté pourtant célébrée dans des romans jeunesse, un des plus beaux exemples étant La Gloire de mon père, où l'on peut s'imaginer courir dans la garrigue comme Pagnol, vivre ses propres expériences loin du regard des adultes, pédaler sans surveillance, faire des bêtises, jouer dehors, partager des paquets de bonbons achetés sur la monnaie des courses. Tout ce qui fait le sel de la vie, les meilleurs souvenirs et le parfum irremplaçable des premières libertés, un bonheur qu'on ne peut connaître qu'avec du temps, de l'espace et l'absence d'obligations.

Louise Tourret

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Baccalauréat - "Le niveau baisse"... Histoire d'une vieille rengaine...

8 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Baccalauréat - "Le niveau baisse"... Histoire d'une vieille rengaine...

Ecrit en 2006 et toujours d'actualité... Hélas.

« Le niveau baisse ! ». Ce cri est devenu le leitmotiv des détracteurs de l’Ecole: parents désespérés parce que  mal informés, professeurs aigris se consolant dans la lecture ou l’écriture de pamphlets mensongers, mais très « tendance », inspecteurs irascibles. Même la presse, en particulier télévisuelle, emboîte le pas aux « anti pédagogues ». Les interview de Jean Paul Brighelli face à des journalistes souvent complaisants furent à cet égard révélatrice de l’audience accordée à tous les poncifs véhiculés, dont ce trop fameux « le niveau baisse ! ».

Rien de nouveau sous le soleil pourtant.

En 1938, voila ce qu’écrivaient les collaborateurs de Jean Zay, Ministre de l’Education Nationale du Front Populaire (assassiné par les nazis avec la complicité de Vichy) : 

« On constate que la lecture courante n’est pas acquise à 10 ans par la moyenne des élèves. Dans les première et deuxième années du primaire supérieur (aujourd’hui 6ème et 5ème), nombre d’élèves n’ont pas la perception rapide et globale des mots et des phrases qui seule permet une lecture courante et intelligente ».

Toujours en 1938, ces propos sont devenus « Instructions du 20 septembre relatives aux arrêtés du 23 mars 1938 » et concernant l’apprentissage de la lecture (Bibliothèque pédagogique EDSCO, Editions scolaires, Chambéry 1950, Edition Originale, page 30)

« LECTURE ET RECITATION. –  (…) Des constatations faites dans de nombreuses écoles, il résulte que « la lecture courante » n’est pas complètement acquise à 10 ans par la moyenne des élèves. (…) Dans la deuxième année du Cours supérieur et même dans la première année des écoles primaires supérieures, on voit encore des élèves qui n’ont pas cette perception rapide et globale des mots et des phrases qui seules, permet une lecture courante intelligente »

Enfin, j’ai pris le plaisir de comparer les programmes de Français suivants :

  •        Programmes et Instructions de l’Enseignement Primaire » en rapport avec l’enseignement du Français : 1923, 1938, 1945, 1946, 1947

                                                                   ET

  •  Instructions officielles « Cycle des approfondissements Cycle 3, Bulletin Officiel de l’Education Nationale hors série Numéro 1 du 14 février 2002 (Instructions en vigueur actuellement)/Toujours uniquement en ce qui concerne l’enseignement du Français
  • Rien que sur le plan quantitatif, les instructions 2002 sont TRES NETTEMENT plus denses que celles de 1947 et antérieurement, contrairement à toutes les idées reçues qui courent les salles de professeurs.
  • Concernant l’enseignement de l’Histoire en Ecole Primaire/Cycle 3, là encore CONTRAIREMENT AUX IDEES RECUES, cet enseignement est CHRONOLOGIQUE !

BOI 14 FEVRIER 2002, page 21 :

Objectifs : (…) Le respect du déroulement chronologique, jalonné par des dates significatives, y est donc essentiel et constitue l’une des bases de l’approche historique.

Programme : (…) La programmation (…) doit respecter l’ordre chronologique et ne négliger aucune période, y compris la plus récente.                                                

Compétences (devant être acquises en fin de cycle)/Page 23 : Etre capable de distinguer les grandes périodes historiques, pouvoir les situer CHRONOLOGIQUEMENT (…).

Je pourrais encore apporter bien des preuves, par un travail comparatif, que les programmes actuels et leur application n’ont strictement rien à envier à ceux de 1947. La crainte de la dégradation de la qualité de l’enseignement est plus vieille encore que l’Ecole gratuite, laïque et obligatoire. Ces textes montrent si besoin est à quel point les « adorateurs » d’un age d’or de l’Education Nationale se trompent et nous trompent.

(J’accuse au passage, à la lumière de mes propres recherches et à la lumière des recherches présentées plus avant, tous ces enseignants aigris, véritables révisionnistes du passé, mensongers sur le présent et uniquement soucieux de leur petite part de « gloire » au travers de leurs écrits médiocres, de n’agir qu’à des fins idéologiques.)

Curieusement, il existe très peu d’études scientifiques sur les niveaux comparés des élèves du début du XXème siècle et d’aujourd’hui. Quelques indications néanmoins :

  •        1973 : François Ters, Orthographe et vérités, Paris, ESF, 1973 : Celui-ci a comparé les résultats sur une même phrase dictée aux élèves des cours moyens en 1904 et 1965. L’avantage revient à ces derniers.
  •        L’INRP (Institut National de la Recherche Pédagogique) s’est intéressé aux performances en Mathématiques des enfants de cours moyens 1957, 58 et 61 d’une part, 1970, 77, 78 d’autre part, 1997, 98 et 99 enfin. La conclusion est sans appel : « Les enfants savent aussi bien faire des opérations qu’il y a 20, 30 et 50 ans. En géométrie, ils sont très nettement plus performants »
  •        Louis Legrand, Chercheur en Sciences de l’Education, a observé qu’un enfant de 1990 devait en savoir et en assimiler beaucoup plus que son petit camarade de 1900, tout programme comparé.

La prétendue « baisse de niveau » est bien un fantasme engendré par une société inquiète de son avenir et de son Ecole. Depuis les années 1975/80, les rumeurs persistantes sur le thème « France, ton enseignement fout le camp ! » sont véhiculées parallèlement à la mise en place de la démocratisation de l’Ecole et à la baisse du prestige social du corps enseignant. Les maîtres ne sont plus les notables considérés d’avant guerre. Plus grave même, plutôt que d’avouer leurs faiblesses, pourtant compréhensibles, plutôt que de confronter leurs difficultés pour les résoudre EN EQUIPES, beaucoup d’enseignants en rejettent la responsabilité sur leurs élèves ou sur les pédagogues dont, il faut le dire et le redire, un nombre infime de propositions a été effectivement appliqué.

En retour, les parents légitimement sensibles à ces difficultés, accusent l’Ecole. Professeurs d’Ecole, Professeurs de collèges et lycées, parents, tous se renvoient la balle, convaincus à la longue que « le niveau baisse ». Longtemps, encore aujourd’hui d’ailleurs, on a cru que ces difficultés d’apprentissage, réelles pour certaines, fantasmées pour d’autres, résultaient d’une querelle de méthodes pédagogiques et qu’une fois l’affaire réglée, on n’en parlerait plus ! Malheureusement aucune lumière n’a jamais jailli des disputes entre tenants de la méthode globale de lecture (jamais appliquée) et tenants de la méthode alphabétique ou syllabique (B-A- BA).

Christophe Chartreux

Lire la suite

"JM. Blanquer redouble"...

8 Juillet 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

"JM. Blanquer redouble"...

EXTRAITS

(...)

Un ministre pourtant usé

E Macron garde son ministre de l’Education nationale et élargit son empire aux sports, avec une secrétaire d’Etat, Roxana Maracineanu, l’ancienne ministre des sports. Jean-Michel Blanquer n’est pas le premier ministre de l’éducation dans cette configuration. René Billère, Lionel Jospin, par exemple, ont tenu ces trois ministères.

Cette décision a pu surprendre. JM Blanquer semblait usé dans la fonction. Selon le Baromètre Unsa seulement 6% des enseignants soutiennent les réformes portées par JM Blanquer, un taux historiquement bas. Recul historique de la confiance aussi chez les cadres de l’Education nationale, majoritairement hostiles aux réformes. Des hauts fonctionnaires du ministère ont protesté contre sa direction ce qui ne s’était jamais vu. Pire encore, il a aussi perdu la confiance des parents selon plusieurs sondages qui le créditent de 20% de satisfaits.

A cela plusieurs raisons.  Des enseignants se plaignent de l’autoritarisme du ministre, inscrite dans la loi Blanquer, des promesses de revalorisation non tenues et de la prolétarisation du métier enseignant de plus en plus cadré par des « guides » ou des évaluations à suivre à la lettre. Il y a aussi les ruptures éthiques qui se multiplient : notes inventées au bac 2019 puis 2020, reconnaissance officielle des évaluations des établissements privés hors contrat aux examens de 2020.

Des politiques inefficaces

Parents comme enseignants constatent que la politique menée depuis 2017 n’a pas montré d’efficacité. C’est le cas par exemple des dédoublements en CP CE1.  Ces dédoublements ont consommé des milliers de postes, largement prélevés sur des dispositifs plus efficaces du 1er degré (les maitres +) ou dans le 2d degré. Or il n’y a pas d’amélioration significative des résultats des élèves. Le retour à la semaine de 4 jours dans le premier degré a réduit encore les journées d’enseignement alors que les heures d’enseignement en France sont les plus lourdes : on aboutit à des journées de classe trop chargées. La loi Blanquer sur l’obligation scolaire à 3 ans n’a en rien amélioré la scolarisation des enfants mais contraint les communes à payer les maternelles privées au détriment des écoles publiques. Même la petite loi sur les smartphones s’est avérée négative durant le confinement. Cette inefficacité est devenue flagrante durant la crise sanitaire où le ministre a publiquement perdu pied.

(...)

F Jarraud

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite