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Vivement l'Ecole!

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Retraites : chez les profs, «on va se faire plumer»...

6 Décembre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Retraites : chez les profs, «on va se faire plumer»...

Grève continue ou plus ponctuelle ? Mot d’ordre à élargir ? La première journée de mobilisation était pleine d’interrogations pour les enseignants de l’Est parisien que «Libé» a accompagnés.

La journée a été longue et sportive. A 9 heures pile, ils passaient les grilles d’une école maternelle du XIXe arrondissement parisien pour une pré-AG locale. Le mot a circulé la veille, via des listes de mails et des groupes WhatsApp. «On est plutôt bien organisés en fait, ça s’est mis en place au moment de la mobilisation contre la loi Blanquer. Il a suffi de réactiver», raconte Samia (1), directrice d’une école élémentaire dans l’Est parisien. Libé l’a suivie jeudi matin, avec son collègue Jean-Marie, tous deux âgés de 46 ans. «C’est important de pouvoir se réunir pour échanger de vive voix, mettre en mots notre mécontentement. WhatsApp, c’est bien pour la logistique, mais pour débattre, rien ne vaut de se voir.» Elle regarde la salle se remplir : une bonne trentaine d’instits, certains syndiqués, d’autres pas, sont présents.

Dans un coin, une paire d’enfants, venus avec leurs parents profs, jouent. Un instit sort des feutres de son sac et prévient qu’il «organise une garderie pour les enfants de collègues. Pour qu’on soit plus nombreux aux AG.» Un petit chantonne : «Ohé les pompiers, y a la maison qui brûle.» Rires de circonstances mais brefs. Faut aller vite.

«Spirale». D’entrée, ça débat sévère et de façon pragmatique. «Nous avons une heure avant l’AG parisienne, à la Bourse du travail, entame l’un d’eux. Donc allons-y. Première question : que demande-t-on ?» Le débat s’engage : faut-il s’en tenir à exiger le retrait de la réforme des retraites, ou aller plus loin ? Une enseignante : «Je suis en grève aussi contre la précarité qui s’installe dans le métier. Cette réforme fait partie d’un tout, d’une spirale. Si le mouvement est si suivi aujourd’hui, c’est aussi pour ça. Il faut élargir nos revendications.» Samia et Jean-Marie tiquent. «Pas une bonne idée. C’est vrai, les retraites s’ajoutent à tout le reste. Mais si on veut que le mouvement soit efficace, il faut rester sur un motif unitaire : les retraites. C’est ce qui fait le lien avec les autres professions.»

Le souvenir de 2003 leur remonte. Jean-Marie : «Je me rappelle très bien. On s’était retrouvés quelques-uns en grève reconductible, à errer dans le quartier. Ça n’a servi à rien, sauf à perdre de l’argent.» Samia est sur la même ligne : «Grève massive à des moments T, avec école fermée, plutôt que reconductible à quelques-uns.»

 

L’heure de pré-AG a vite filé, le départ est lancé pour rejoindre la Bourse du travail. Sur le chemin, Jean-Marie s’épanche. «2 200 euros avec vingt ans d’ancienneté. Je loue un 35 m2 pour 880 euros avec deux filles de 17 et 13 ans.» Il ne croit pas en la promesse de revalorisation salariale du ministre de l’Education. «J’attends de voir sur la fiche de paye. […] Il y a un tel décalage entre ce qu’il dit et la réalité… Comment le croire ?» Samia, sans illusion : «On va évidemment se faire plumer.»

Réserve. Une heure de marche plus tard, les doigts congelés, les deux enseignants arrivent pile pour l’heure du vote à l’AG parisienne des professeurs des écoles. Dans la salle, 250 mains sont brandies pour la poursuite du mouvement jusqu’à mardi inclus. Au fond de la salle, Jean-Marie et Samia sont sur la réserve. «Vendredi, notre école sera ouverte, on ne peut pas faire ça aux parents, ils ne sont pas prévenus. Pour la semaine prochaine, on avisera.»

(1) Le prénom a été changé.

Marie Piquemal

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Revue de Presse Education... Grève - Divers...

6 Décembre 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Grève - Divers...

La grève mobilise l’essentiel de l’information, pas seulement éducative.

Grève !

Tous les médias sont unanimes : la mobilisation est énorme et historique. Même le ministère et ses chiffres biaisés le reconnaît.

Grève à l’école : mobilisation inédite depuis 15 ans dans l’Éducation nationale
“Si le ministère pointe des taux de grévistes de 51,15% dans le primaire et de 42,32% dans le secondaire, les syndicats revendiquent une mobilisation dépassant 70%”.

Grève historique dans l’enseignement
“La grève du 5 décembre contre la réforme des retraites va réunir un pourcentage inégalé d’enseignants. Selon le ministère de l’éducation nationale il devrait y avoir au moins la moitié des enseignants en grève. Selon les syndicats de 60 à 75%. Ce sont des taux qu’aucun mouvement n’a atteint depuis au moins une génération d’enseignants. Le 5 décembre c’est vraiment toute une profession qui se redresse contre la politique gouvernementale. Ce mouvement trouve ses raisons dans une réforme qui punit les enseignants et que le gouvernement ne cesse d’aggraver par ses mensonges et ses manoeuvres. Mais un réveil aussi puissant puise son énergie dans un ras le bol plus général que l’on a senti aussi cet été. Le risque d’un mouvement long existe. JM Blanquer, qui n’y est pas pour rien, en semble conscient.”

"La seule solution, c’est une grève qui s’ancre dans la durée" : déterminés, les enseignants grévistes sont prêts à reconduire leur mouvement
“Le taux de grève devrait atteindre 55% dans les écoles jeudi, selon Jean-Michel Blanquer, jusqu’à 78% à Paris. Des professeurs excédés, prêts à reconduire le mouvement "jusqu’au retrait de la réforme".”

Grève du 5 décembre : 51% de professeurs en grève dans le primaire, 42% dans le secondaire
« De nombreux cours ont dû être annulés, quand les portes des établissements scolaires n’étaient tout simplement pas fermées, en ce jour de mobilisation nationale contre la réforme des retraites. »

Une grève d’enseignants « historique » ? Mais 1995 ou 2003 ? Ou l’an 2000 ? L’analyse de Claude Lelièvre.
“ Les taux de grévistes dans l’Education nationale pourraient être inédits si l’on en juge par les annonces des principaux syndicats d’enseignants, voire même par celles du ministre Jean-Michel Banquer lui -même, un ton au-dessous. A voir, en se souvenant.”

Pourtant le ministre a bien essayé de dissuader les enseignants de faire grève.
Retraites : les pensions des enseignants "ne baisseront pas" promet Jean-Michel Blanquer
« "Les pensions ne baisseront pas." C’est à travers ces mots que Jean-Michel Blanquer a tenu à rassurer les enseignants ce mercredi. Dans une interview accordée au Parisien, le ministre de l’Education a tenté de déminer mercredi leur colère contre la réforme des retraites. »

Les enseignants ont répondu :
Grève du 5 décembre : "On n’y croit pas", réagissent des enseignants à une lettre du ministre de l’Education nationale
“Jean-Michel Blanquer a adressé mardi un courrier à l’ensemble des enseignants, afin de "partager le sens du projet de réforme des retraites". Une communication critiquée par plusieurs professeurs, à la veille de leur mobilisation.”

Les raisons de la mobilisation :
Je fais grève le 5 décembre car pour nous enseignants, la réforme des retraites c’est le coup de poignard de trop
“Emmanuel Macron lui-même affirme sans honte que les enseignants seront parmi les grands perdants. Et cela vient après bien d’autres réformes destructrices.”

Divers

Deux ans après leur brutale diminution, les emplois aidés manquent à la vie sociale des quartiers
“Le nombre de ces contrats destinés à insérer des jeunes, des chômeurs et des personnes handicapées a été baissé drastiquement des deux tiers depuis 2017.
“Veronique Decker a achevé sa carrière dans l’éducation nationale comme directrice d’une grosse école, à Pantin (Seine-Saint-Denis) : « L’équipe s’était retrouvée le 31 août 2017, pour la prérentrée, et je reçois un coup de fil : “Dites à vos deux employés de la vie scolaire, à vos deux assistants d’éducation et à la secrétaire de ne pas revenir demain, ils ne sont pas renouvelés. Avec cinq personnes en moins, qui peut croire qu’on fait tourner l’école de la même façon ? Et, pour moi, le triple de boulot. »”

L’évaluation scientifique des pédagogies alternatives
“Vos enfants ou vos petits-enfants sont peut-être scolarisés dans une école qui suit les pédagogies dites nouvelles du type Freinet ou Montessori. Des pédagogies qui préconisent un environnement adapté, un climat serein en classe, des établissements qui encouragent l’autonomie, l’activité des élèves.”

Éducation : « Une partie de la population ne veut pas que l’école se transforme »
“Les résultats de la France au classement du programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) sont tombés ce mardi 3 décembre. Le rapport fait le même constat qu’il y a trois ans : la France n’a pas réussi à réduire les inégalités entre élèves issus de milieux sociaux plus ou moins favorisés.”

Éducation nationale : 400 classes relais pour aider les élèves en difficulté
“Certains élèves en difficulté ont besoin d’un encadrement spécifique. Plus de 400 classes relais ont été créées pour venir en aide à ceux que l’on surnomme les décrocheurs.”

« Comment rénover la politique disciplinaire des établissements scolaires ? »
Par Eirick Prairat, philosophe de l’éducation
“A l’occasion de la parution d’un numéro de la « Revue internationale d’éducation de Sèvres » traitant de la sanction en éducation, le philosophe Eirick Prairat évoque la situation en France et ses marges d’amélioration.”

Pour ceux qui y croient :
Les adolescents qui écoutent du rock et du metal sont meilleurs en orthographe
“Selon le dernier Baromètre Voltaire, les 15-25 ans qui écoutent ces genres musicaux sont meilleurs en orthographe que ceux qui aiment le rap, le R’nB ou le reggae”.

Géraldine Duboz (en grève)

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Retraites : le nouveau guide orange du ministre ?

5 Décembre 2019 , Rédigé par Snui-pp Publié dans #Education

Retraites : le nouveau guide orange du ministre ?

Sans doute inquiet de la mobilisation massive des personnels, le ministre de l’Éducation nationale essaie en vain de justifier le projet de réforme des retraites.

Jean-Michel Blanquer prendrait-il les enseignantes et les enseignants des écoles pour des benêts ? Il y a quelques jours, il estimait sur une radio périphérique que « certains sont en grève parce qu’ils ne comprennent pas tout. » Pour qu’ils comprennent mieux, il adressait le 3 décembre à tous les personnels enseignants de l’Éducation nationale une lettre leur expliquant combien ce projet de réforme des retraites est « simple et juste ». Une forme de guide orange à l’usage des personnels en difficulté de compréhension.

Enfoncez-vous ça dans la tête

Féru de pédagogie de la répétition, ou tout simplement fébrile au vu de l’ampleur de la mobilisation, c’est maintenant via les Dasen qu’il entend diffuser son courrier. Dans plusieurs départements, tels que le Bas-Rhin ou la Dordogne, les directrices et les directeurs se voient invités à l’afficher dans l’école.

L'afficher où dans l'école ? Mystère… Quoi qu’il en soit, le locataire de la rue de Grenelle semble oublier que compter fait partie de ses « fondamentaux », que de fait, les enseignantes et les enseignants s’y connaissent un peu en calcul et qu’ils ont justement fait leurs comptes.

C’est pour ça qu’ils seront très majoritairement en grève le 5 décembre et que se discute d’ores et déjà la suite de ce mouvement contre une réforme qui les pénaliserait tout particulièrement.

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Grève historique dans l'enseignement ...

5 Décembre 2019 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Grève historique dans l'enseignement ...

EXTRAIT

La grève du 5 décembre contre la réforme des retraites va réunir un pourcentage inégalé d'enseignants. Selon le ministère de l'éducation nationale il devrait y avoir au moins la moitié des enseignants en grève. Selon les syndicats de 60 à 75%. Ce sont des taux qu'aucun mouvement n'a atteint depuis au moins une génération d'enseignants. Le 5 décembre c'est vraiment toute une profession qui se redresse contre la politique gouvernementale. Ce mouvement trouve ses raisons dans une réforme qui punit les enseignants et que le gouvernement ne cesse d'aggraver par ses mensonges et ses manoeuvres. Mais un réveil aussi puissant puise son énergie dans un ras le bol plus général que l'on a senti aussi cet été. Le risque d'un mouvement long existe. JM Blanquer, qui n'y est pas pour rien, en semble conscient.

Un mouvement d'une ampleur inédite

Jean-Michel Blanquer en bafouillait presque le 4 décembre en donnant les prévisions de grève pour le 5 décembre. Dans le premier degré, selon le ministère, il y aura 55% de grévistes. Le Snuipp Fsu, premier syndicat du primaire, parle de 70%. Dans le second degré, le ministre annonce 50% de grévistes. Le Snes Fsu, premier syndicat du secondaire, parle de 60%. Pou rune fois l'écart entre les chiffres officiels et ceux des syndicats est réduit. Cela montre la certitude d'un mouvement d'une très grande puissance. Pour rappel la précédente grève contre la réforme des retraites, le 25 septembre, avait eu un taux de participation très faible.

Une réforme qui punit les enseignants

Comment expliquer un mouvement aussi puissant? C'est que la réforme gouvernementale est très dure pour tous mais en plus très injuste envers les enseignants qui en sont les principales victimes. La réforme des retraites voulue par le gouvernement réalise une vraie coupure avec les régimes de retraite précédent. Parce qu'il installe un système qui passe de droits acquis à des points. Ces points peuvent facilement varier e cette réforme relève de la gestion et non d'une vision politique ou sociale.

Dans la réforme, le montant des retraites varie selon les points acquis. Ceux-ci correspondent aux salaires perçus tout au long de la carrière, primes inclus. Or les salaires enseignants ne s'élèvent qu'en toute fin de carrière. Ils sont très faibles auparavant. Calculer la retraite enseignante sur toute la carrière au lieu des 6 derniers mois fait chuter énormément le montant de la retraite. Rappelons que selon l'insee le salaire des enseignants est inférieur de 25% au salaire moyen des autres cadres A de la fonction publique. Les enseignants touchent moins de primes que les autres fonctionnaires. Le ministère le reconnait lui-même : un attaché d'administration touche 45% de primes.  Chez les enseignants on a en moyenne 12% de prime selon le Bilan social du ministère.

Quelle différence entre la retraite actuelle et celle que le gouvernement veut mettre en place ? D'après le calcul du Snes Fsu, pour un professeur certifié, la différence est énorme. Un enseignant partant après 43 ans de carrière ne toucherait plus que 1932 € au lieu de 2885 aujourd'hui. Avec 40 ans de carrière, on passerait de 2281 à 1755 €. On a donc une baisse particulièrement forte. Celle ci ne sera pas aussi importante chez les autres fonctionnaires du fait de leur grille salariale et des primes.

(...)

F Jarraud

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Grève du 5 décembre : "On n'y croit pas", réagissent des enseignants à une lettre du ministre de l'Education nationale.

5 Décembre 2019 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Grève du 5 décembre : "On n'y croit pas", réagissent des enseignants à une lettre du ministre de l'Education nationale.

Jean-Michel Blanquer a adressé mardi un courrier à l'ensemble des enseignants, afin de "partager le sens du projet de réforme des retraites". Une communication critiquée par plusieurs professeurs, à la veille de leur mobilisation. 

La lettre est arrivée dans les boîtes mail des quelque 850 000 enseignants de l'Education nationale, mardi 3 décembre. Leur ministre, Jean-Michel Blanquer, a tenu à leur adresser un courrier, afin de "partager le sens du projet de réforme des retraites", et de les rassurer, à la veille d'une mobilisation annoncée massive contre ce projet. 

Dans cette lettre, le ministre de l'Education nationale promet à l'ensemble des personnels enseignants "une revalorisation salariale permettant de garantir un même niveau de retraite pour les enseignants que pour des corps équivalents de la fonction publique". Il assure que cette réforme présente, pour l'ensemble des fonctionnaires, "un progrès", du fait d'une cotisation sur l'ensemble de leur rémunération (y compris les primes), et de la prise en compte de la pénibilité dans la fonction publique. 

Mais le message, communiqué à deux jours d'une grève qui s'annonce particulièrement suivie dans l'Education nationale, a été mal reçu par bon nombre d'enseignants. Sur Twitter, des internautes n'ont pas caché leur colère à la lecture, notamment, de cet extrait de la lettre présentant la réforme : "Nous mettrons en place un minimum de pension à 1 000 euros par mois pour ceux qui ont une carrière complète." 

L'extrait, qui évoque un aspect général de la réforme et concernerait donc l'ensemble des salariés, a été pris personnellement par ces enseignants. "Dans la salle des profs ce matin, certains pensaient que cette lettre était une provocation", relate l'auteur de l'un de ces tweets, Joël Mariteau. Ce dernier, enseignant au lycée Freyssinet de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), milite au syndicat Snes et fera grève jeudi. "D'autres enseignants disent que cela confirme bien leurs craintes sur la réforme des retraites. Cette lettre nous le signale clairement", poursuit-il.

"On fait quoi avec 1 000 euros par mois ?"

Professeur des écoles à l'école maternelle de la Meinau, à Strasbourg (Bas-Rhin), et engagé au syndicat Snuipp-FSU, Pierre Friedelmeyer a été surpris de recevoir un tel courrier. "C'est curieux, on ne reçoit jamais de lettres aussi fréquemment, assure le professeur de 46 ans. On sent que le gouvernement est en ébullition avec la mobilisation qui s'annonce." A ses yeux, la mention du minimum de pension à hauteur de 1 000 euros est une erreur de communication qui risque d'attiser la colère des enseignants. 

"Mille euros, c'est une blague", lâche Steve Larranaga, enseignant au lycée Jacques-Feyder d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). "On demande aux enseignants d'avoir un bac +5", rappelle le professeur, syndiqué au Snes. Le courrier interpelle tout autant Jean-Baptiste Mullet, professeur de SVT en collège et lycée à Auchel (Pas-de-Calais) : "Après avoir travaillé quarante-trois ans, 1 000 euros de retraite... Le minimum vieillesse est à 860 euros", rappelle l'enseignant, âgé de 30 ans. 

C'est le minimum vieillesse que Jean-Michel Blanquer annonce .Joël Mariteau, enseignant à Saint-Brieuc à franceinfo

D'après ses calculs, Jean-Baptiste Mullet pourrait personnellement perdre "au minimum" 500 euros mensuels de retraite avec cette réforme. Il ne travaillera pas jeudi, comme bon nombre de ses collègues. "Je ne fais pas très souvent grève", mais "quand on me dit que je vais perdre au minimum 500 euros par mois, c'est important de le faire." 

"On fait quoi avec 1 000 euros par mois en région parisienne ?" réagit de son côté Loez, enseignant en collège REP+ de Seine-Saint-Denis, et militant au sein du syndicat Sud-Education 93. Lui aussi compte faire grève jeudi, et les jours suivants s'il le faut. "Je refuse d'imaginer qu'à 64 ans je serai encore en face de mes élèves (...) et en train de galérer pour vivre et manger après avoir travaillé toute ma vie", s'inquiète le jeune trentenaire. 

Agé de bientôt 60 ans, Gilles, professeur dans un lycée des Yvelines, estime que ce minimum de pension concernera très peu d'enseignants, et plutôt les salariés du privé. Il confie qu'une lettre d'explication du ministère aurait dû venir "plus tôt" et non "dans la précipitation", face à "la fébrilité" et "l'inquiétude" qu'il ressent parmi ses collègues. L'enseignant voit toutefois dans cette réforme "un progrès", celui de mettre sur la table la question d'une augmentation des salaires au sein de l'Education nationale. "Une revalorisation salariale est indispensable, défend-il. Ce projet peut être l'occasion de corriger cela, si la négociation salariale est bien menée."

"Nous n'avons plus aucune confiance"

Dans son courrier, Jean-Michel Blanquer se veut rassurant sur cette question des revenus des enseignants. Beaucoup d'entre eux craignent que cette réforme ne les dévalorise : elle prendra en compte l'ensemble de leur carrière et non plus leurs six derniers mois de travail, mieux rémunérés. Le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, avait lui-même reconnu que "les enseignants sont pénalisés si nous appliquons sans correction le système". 

Face aux inquiétudes, le ministre rappelle que les personnels éducatifs cotiseront aussi sur leurs primes, ce qui veut dire "plus de droits qu'aujourd'hui", promet-il. "Le problème, c'est que les primes, c'est 10% de notre rémunération globale, affirme Jean-Baptiste Mullet. Ce n'est rien. On ne gagnera pas grand-chose à partir de ça". Un constat partagé par Pierre Friedelmeyer : "Pour les enseignants du primaire, les primes représentent entre 5 et 8% de notre rémunération", assure-t-il.

Le ministre de l'Education nationale s'engage à la mise en place d'"une revalorisation salariale", afin de garantir des retraites plus avantageuses à l'entrée en vigueur de la réforme. Mais comme Jean-Michel Blanquer l'a confié lui-même au Parisien, il s'agit plutôt d'une revalorisation des primes qu'une hausse directe des salaires. Et à cette heure, l'Etat n'a pas donné de chiffres précis pour garantir aux enseignant un maintien de leur niveau de pensions, souligne le HuffPost.

"La revalorisation des salaires, il nous l'a déjà promise", commente Loez, confiant n'accorder "aucun crédit" aux annonces de Jean-Michel Blanquer. "Cette revalorisation salariale, on n'y croit pas du tout, renchérit Pierre Friedelmeyer. Nous n'avons plus aucune confiance. Et nous en avons assez de nous faire taper dessus." 

Valentine Pasquesoone

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Enseignants - Mais quelle revalorisation?

5 Décembre 2019 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Enseignants - Mais quelle revalorisation?

EXTRAIT

"Ce qui est important c'est que le travail reprenne après". Réunissant la presse le 4 décembre, JM Blanquer a admis le caractère historique de la grève du 5 décembre. Ce qui soucie le ministre c'est que la grève n'aille pas au delà. Alors le ministre promet revalorisation et maintien des retraites mais confirme les contreparties exigées des enseignants et annonce un départ plus tardif en retraite. Comme quoi on peut dire qu'on a entendu le message et ne pas arriver à le comprendre. Un problème de lecture...

(...)

Quelle revalorisation ?

Mais comment compte-il revaloriser ? "C'est un travail très technique", explique le ministre qui parle "d'étaler cela dans le temps". Il maintient l'idée de contreparties qu'E Macron a annoncées à Rodez en octobre. Pour JM BLanquer, la réforme "est l'occasion de réflexions approfondies sur l'amélioration de notre gestion des ressources humaines... On doit avoir un parcours plus personnalisé de chaque professeur". C'est justement ce que permet la loi de transformation de la fonction publique qui va permettre aux chefs immédiats d'embaucher ou non et de faire varier les rémunérations. Evidemment cette idée contredit ce que le ministre a dit plus haut sur la revalorisation. JM BLanquer envisage non une hausse générale des salaires mais de pouvoir verser des primes ou IMP aux enseignants reconnus "méritants"  par les IEN ou les chefs d'établissement. Il y voit "une très belle opportunité de progrès". Mais il est possible que le progrès des uns soit la régression des autres.

(...)

F Jarraud

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Grève à l'école: les enseignants ont tout à perdre avec la réforme des retraites...

4 Décembre 2019 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Grève à l'école: les enseignants ont tout à perdre avec la réforme des retraites...

Jeudi 5 décembre, la mobilisation au sein du corps enseignant s'annonce massive.

GRÈVE À L’ÉCOLE - Opération déminage pour le gouvernement. Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites s’annonce massive dans l’Éducation nationale -les prévisions tablent sur 70% de grévistes dans le primaire et un taux supérieur à 40% dans les lycées selon SNUipp-FSU-, Jean-Michel Blanquer a pris la plume ce mardi 3 décembre pour tenter de rassurer les profs. 

Message martelé par le ministre de l’Éducation nationale: “les pensions de retraites des professeurs ne baisseront pas”. Or, rien dans le projet du gouvernement ne garantit, pour le moment, le maintien du niveau des retraites des enseignants. 

En effet, la future réforme prendra en compte dans le calcul des pensions l’ensemble de la carrière, contre les six derniers mois actuellement. Or, c’est sur ces six derniers mois que les enseignants perçoivent des salaires plus élevés, leur permettant d’avoir des pensions qu’ils jugent décentes. 

Pour compenser cette perte, les retraites nouvelle formule intégreraient les primes et indemnités. Ce qui n’est pas suffisant, de l’aveu même de l’architecte de la réforme, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye. “Le niveau moyen des primes de la fonction publique c’est 22%, le niveau moyen des primes des enseignants c’est 9%. Celui de l’école maternelle, c’est 4%”, a-t-il rappelé vendredi, avant d’ajouter: “les enseignants sont pénalisés si nous appliquons sans correction le système”.

“Du fait du montant plus limité de leur régime indemnitaire, le niveau de pension des enseignants se dégraderait très progressivement et au fil des générations par rapport à celui des corps comparables de la fonction publique”, a aussi admis Jean-Michel Blanquer.

Aucune mesure “sonnantes et trébuchantes”

La FSU a fait ses calculs pour un enseignant du primaire: “Pour un collègue qui démarrerait en 2025 [date prévue de l’entrée en vigueur de la réforme], la baisse de pension équivaudrait à 900 euros par mois” par rapport aux montants actuels, indique Régis Metzger, co-secrétaire général du Snuipp, le premier syndicat dans ces classes. Les pertes seraient comprises entre 300 et 600 euros pour des professeurs des écoles actuellement en fonction, selon ses simulations.

Actuellement, un enseignant touche en moyenne 2600 euros brut à la retraite (2500 euros dans le premier degré, 2850 euros dans le second degré). Reçus à plusieurs reprises au ministère avec Jean-Paul Delevoye, les syndicats enseignants ont réclamé au gouvernement “un engagement solide” sur la revalorisation des salaires.

Or, à l’issue de la dernière réunion, aucune annonce de mesure “sonnante et trébuchante” n’a été faite, a déploré le SE-Unsa, syndicat considéré comme réformiste. De son côté, le ministre de l’Éducation nationale jure qu’il est question de “revaloriser les rémunérations pour que leurs pensions soient maintenues”. Mais au 110 rue de Grenelle, on envisage plus de revaloriser via des primes qu’en augmentant les salaires. 

“La différence qui peut exister entre un professeur et un cadre A de la fonction publique met surtout en lumière une différence au niveau des primes, donc c’est plutôt de ce côté-là que l’on voit les ajustements nécessaires”, a fait savoir Jean-Michel Blanquer aux enseignants dans sa lettre révélée par Le Parisien. 

Reste à savoir si cette annonce permettra de dissiper les inquiétudes d’une profession qui se sent régulièrement malmenée et déconsidérée. En octobre, les propos d’Emmanuel Macron avaient aussi jeté le trouble dans les rangs des professeurs quand il avait dit envisager des compensations salariales, mais avait aussi évoqué une réflexion sur le temps de travail et les périodes de vacances.

Autre motif d’inquiétude: aucun chiffre n’a été avancé par le ministère pour garantir le niveau des retraites. Emmanuel Macron avait estimé qu’environ 10 milliards d’euros seraient nécessaires pour maintenir le niveau actuel des pensions. Ce que Jean-Michel Blanquer a refusé de confirmer ou démentir au Parisien

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Au-delà des résultats disciplinaires, les enseignements de PISA...

4 Décembre 2019 , Rédigé par SE-UNSA Publié dans #Education, #PISA

Au-delà des résultats disciplinaires, les enseignements de PISA...

« Votre intelligence est une de vos caractéristiques que vous ne pouvez pas vraiment changer », seuls 54 % des élèves français.e.s sont en désaccord avec cette affirmation, soit une proportion inférieure à la moyenne de l’OCDE (63%) selon l’enquête PISA, Ce sont les filles et les élèves favorisés qui, par rapport aux élèves défavorisés, affirment davantage que l’intelligence peut se développer.

62 % des élèves français.e.s déclarent dans PISA face à un échec, leur crainte de ne pas avoir suffisamment de talents (moyenne OCDE : 55 %) et cela les fait douter de leurs projets pour l’avenir (moyenne OCDE : 54 %). En prenant en compte le profil socio-économique des élèves et de l’établissement scolaire fréquenté, plus les élèves expriment une plus grande crainte de l’échec moins elles ou ils sont satisfait.e.s de leur vie.

En France, pour seulement 45% des répondant.e.s, les élèves coopèrent entre eux dans leur établissement (moyenne OCDE : 62 %), mais ce ne sont que 41 % des élèves (contre 50 % pour la moyenne de l’OCDE) qui déclarent que leurs camarades de classe sont en compétition les un.e.s avec les autres.

Un.e élève français.e sur cinq, venant d’un milieu défavorisé, ne prévoit pas de faire des études supérieures alors que cette proportion est très faible pour les élèves issu.e.s d’un milieu favorisé.

Parmi les élèves les plus performant.e.s en mathématiques ou en sciences, si un garçon sur trois en France souhaite travailler comme ingénieur ou comme scientifique à l’âge de 30 ans, seule une fille sur six se projette dans ce type de professions.

L’édition 2019 de l’évaluation PISA, relative aux enquêtes menées auprès des élèves en 2018, est donc rendue publique ce mardi 3 décembre. Elle est riche d’enseignements qu’il conviendra d’analyser en détail.

Ce premier article s’attache ainsi à regarder certains éléments de contexte, au-delà des résultats disciplinaires qui ont assez peu évolués.

Or, comme l’ont révélé, les éditions PISA précédentes, la France demeure l’un des pays de l’OCDE où la corrélation entre le niveau socio-économique et la performance éducative est la plus forte. Dans PISA, 107 points séparent les élèves français.e.s issu.e.s d’un milieu favorisé de celles et ceux appartenant à un milieu défavorisé. Une différence nettement supérieure à celle de 89 points observée en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Moins de confiance en soi, plus de crainte face à l’échec, peu de coopération entre les élèves, des orientations genrées et de l’autocensure quant aux études supérieures et au choix d’avenir dans les classes défavorisées, sont autant d’éléments qui continuent à affirmer que l’École en France n’est pas un remède contre les inégalités sociales, économiques, culturelles.

Évidemment, il faut rappeler que les élèves interrogés sont ceux qui avaient 15 ans en 2018, les applications de la Loi de refondation de l’École de la République ne les concernent donc pas puisqu’ils étaient en CM2 en 2013 et que la réforme prévue du collège n’a finalement pas été mise en œuvre. L’OCDE avait tout de même salué le bon sens dans lequel allait les évolutions décidées alors. Quant aux réformes Blanquer, il faudra plusieurs années encore pour en voir les potentiels effets, même si les études montrent déjà l’inutilité des redoublements qui sont en augmentation.

Denis Adam

Pour lire l’ensemble des résultats de l’évaluation PISA 2019 :

http://www.oecd.org/pisa/publications/PISA2018_CN_FRA_FRE.pdf

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Revue de Presse Education... Hier — Les constats — Les Humeurs — Les réflexions — Les conseils — Les stratèges de dix ans...

4 Décembre 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Hier — Les constats — Les Humeurs — Les réflexions — Les conseils — Les stratèges de dix ans...

Aujourd’hui c’est PISA à tous les étages de cette revue !

Hier

J’avais raté hier deux articles avant la levée de l’embargo sur la publication des résultats de PISA.
PISA, c’est pas de la tarte ! par Philippe Watrelot ancien président du CRAP-Cahiers Pédagogique
Tous les trois ans, c’est le même tour (de PISA), au début du mois de décembre : publication des résultats (datés de l’année précédente) de l’enquête comparative de l’OCDE sur les performances des systèmes scolaires, discours d’autosatisfaction du ministre qui se félicite d’une étude qui justifie sa politique, quelques articles dans la presse, polémique récurrente sur la valeur de ce “palmarès”, déclarations conservatrices sur la nécessité de préserver notre modèle éducatif et puis... c’est tout. Rendez-vous dans trois ans ! A quoi tient cette incapacité française à tenir compte des résultats de cette enquête internationale ?

Peut-il y avoir un « choc » PISA 2018 ? Par Claude Lelièvre
Il faudrait pour cela de mauvais résultats en lecture, ou bien que les inégalités de résultats selon les origines sociales viennent enfin au centre de l’attention et choquent effectivement.”

Et donc ce matin c’est le déferlement des papiers, des appréciations, des explications...

Les constats

PISA 2018 : les élèves français légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE, dans un système toujours très inégalitaire
Selon l’édition 2018 de l’enquête internationale, les élèves français se classent très légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE.”

Enquête Pisa : dix résultats pour situer les élèves français
L’OCDE publie ce mardi son enquête internationale sur les élèves âgés de quinze ans. Les résultats de la France se situent en bas du top 20, légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE. Mais l’Hexagone reste la championne des inégalités entre élèves.” réservé aux abonnés

Pisa : La France dans la moyenne et la stabilité
Ce pays est formidable : on peut y mener des politiques éducatives radicalement opposées et avoir des résultats stables. Mais peut-être ceci explique t’il cela ? Toujours est-il que les résultats de Pisa 2018 sont clairs : la France se situe dans la moyenne des pays de l’Ocde pour la lecture, les maths et les sciences. Ses résultats sont stables par rapport à Pisa 2015. L’éclatement du système éducatif entre une minorité très forte et une minorité très faible est toujours là. Mais le fossé ne s’élargit plus. Est-ce un succès ou notre incapacité à réduire le fossé est-il un échec ?

Les humeurs

Médiocre et inégalitaire : la France reste le cancre indécrottable de l’enquête Pisa
Peu performant, discriminatoire et anxiogène pour les élèves : la grande étude Pisa confirme le naufrage de notre système scolaire. Seul motif d’espoir : nous avons peut-être touché le plancher de l’océan…

Enquête Pisa : le système scolaire français toujours aussi inégalitaire
Si la France se maintient en termes de performances scolaires, elle fait toujours figure de mauvaise élève dans la lutte contre les inégalités.”

Etude Pisa : Pourquoi la France n’arrive-t-elle pas à réduire ses inégalités scolaires ?
Selon cette enquête, qui fait autorité dans le landerneau éducatif, les inégalités scolaires ne se sont pas aggravées depuis 2016, mais elles sont restées stables.”

Education : Pisa met la pression
Jean-Michel Blanquer sera à l’OCDE de bon matin ce mardi pour commenter lui-même la dernière édition de la fameuse enquête Pisa, qui compare tous les trois ans les systèmes éducatifs de près de 80 pays. Le ministre s’invite-t-il pour déminer de mauvais résultats et tenter de maîtriser la communication ? Ou, tout au contraire, parce que le cru 2019 est mieux que le précédent ? Les résultats seront dévoilés à 9 heures tapantes. L’OCDE ne badine pas avec sa communication, tout est savamment orchestré. Avec des conférences de presse simultanées dans le monde entier, son classement Pisa est un produit médiatique quasi parfait, qui met sous pression le gouvernement et, par ricochet, le corps enseignant.”

Les réflexions

Pisa : Stéphanie Lemarchand : Lire en lycée pro
Stéphanie Lemarchand, professeure de français-histoire en lycée professionnel depuis dix-huit ans, a mené une recherche sur le rapport à la lecture, et souvent à la non lecture, des lycéens professionnels. Pendant trois ans, dans sa classe Bac pro Ventes du lycée polyvalent Bréquigny de Rennes, elle a mis en place divers dispositifs, observé les réactions des élèves, leur évolution... Elle en a tiré un ouvrage précieux à partir de la première étude longitudinale sur la littérature en lycée professionnel. Alors que Pisa 2018 évalue la compréhension de l’écrit des jeunes de 15 ans, retour sur les lycéens professionnels et la lecture.”

Pisa : La discipline, problème numéro 1 de l’école française
Qu’est ce qui fait que dans certains pays les élèves pauvres s’en sortent mieux ? Pour l’OCDE cela tient aussi aux relations entre enseignants et élèves. Or celles ci , en France, sont particulièrement dégradées. Selon l’OCDE, l’indiscipline des élèves bat des records. Et les élèves se plaignent de leur coté d’avoir des enseignants qui ne les soutiennent pas. C’est toute la question du climat de classe qui est mise en évidence par Pisa 2018.”

Pisa : Karine Hurtevent : La compréhension explicite de l’écrit
Concrètement comment améliorer la compréhension en lecture chez les adolescents ? Alors que Pisa 2018 évalue la compréhension de l’écrit, regardons ce qui se passe dans les classes. Professeure au collège Rep Molière d’Ivry (94), Karine Hurtevent travaille avec ses élèves la compréhension explicite des textes.”

Etre bon élève, un jeu d’enfant pour les Finlandais
Tous les trois ans, à chaque parution du classement Pisa, on l’entend : mais quel est le secret des Finlandais ? Le petit pays d’Europe du Nord, 5,5 millions d’habitants, truste depuis près de vingt ans les premières places du classement de l’OCDE, tirant son épingle du jeu dans les trois compétences évaluées (mathématiques, sciences et lecture). Et, si la Finlande ne dépense pas plus par élève que la moyenne des pays de l’OCDE (d’après des données de 2014), c’est qu’il y a autre chose. La base du système éducatif finlandais repose sur un curriculum national, sorte de corpus de valeurs mis à jour environ tous les dix ans. « Le curriculum a pour but de refléter les changements dans la société et l’école », explicite Tommi Karjalainen, conseiller auprès du ministère de l’Education et de la Culture finlandais et représentant du pays au conseil d’administration de Pisa.”

PISA-Choc ou déni ?
Tous les 3 ans, la publication des résultats de PISA donne lieu aux mêmes postures : discours d’auto-satisfaction du ministre qui se félicite d’une étude qui justifie sa politique, des articles dans la presse avec les inévitables palmarès peu significatifs, polémiques récurrentes sur la valeur de cette enquête, déclarations conservatrices sur la nécessité de préserver notre modèle éducatif et voilà.. Un petit tour et puis s’en va. D’autant plus que cette année l’actualité sociale est très chargée et va vite chasser la réflexion sur l’état de notre système scolaire.”

Les conseils

L’inventeur du classement Pisa :  "La France a besoin de rendre le métier d’enseignant plus attractif"
L’enquête Pisa comparant les systèmes scolaires du monde entier sera dévoilée mardi. Son créateur Andreas Schleicher, expert à l’OCDE, évalue le modèle français et les réformes en cours.”

« La France doit soutenir ses enseignants afin d’inverser les classements Pisa » Par Sunny Varkey (Varkey Foundation), Sunny Varkey est le fondateur de la Varkey Foundation, Institut international de recherche sans but lucratif dans le domaine de l’éducation, basée à Londres.
Les scores Pisa de 2018, publiés cette semaine, sont encore une fois difficiles à lire pour tous ceux qui se soucient des jeunes esprits qui façonneront l’avenir de la France. Dans le classement Pisa de l’OCDE, qui mesure les performances des élèves de 79 pays et économies, la France est rangée à la 25e place en mathématiques, 24e en sciences et 23e en lecture. La France se laisse toujours distancer par les autres principales puissances économiques européennes, à savoir l’Allemagne et le Royaume-Uni.”

Les stratèges de dix ans

« Il faudra attendre une dizaine d’années » pour que la France remonte au classement Pisa
Stanislas Dehaene, président du Conseil scientifique de l’Education nationale, très proche de Jean-Michel Blanquer réagit pour « l’Obs » aux résultats de l’enquête Pisa. Son diagnostic : la formation pédagogique des enseignants est « insuffisante » et « inadaptée ».”

Blanquer réagit au classement Pisa : « Il faudrait rester ministre de l’Éducation pendant dix ans ! »
INTERVIEW EXCLUSIVE et réservé aux abonnés - “Le ministre estime que sa politique s’inscrit « dans le temps long » et qu’elle a déjà produit des résultats « à court terme », alors que la France stagne dans le dernier classement Pisa.”

Bernard Desclaux

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Peut-il y avoir un «choc» PISA 2018? - Par Claude Lelièvre...

3 Décembre 2019 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #PISA

Peut-il y avoir un «choc» PISA 2018? - Par Claude Lelièvre...

Il faudrait pour cela de mauvais résultats en lecture, ou bien que les inégalités de résultats selon les origines sociales viennent enfin au centre de l'attention et choquent effectivement.

L'enseignement de la lecture fait partie depuis plusieurs décennies de la trilogie des enseignements qui suscitent des passions en France, avec l'orthographe et l'histoire. Il est donc dans la zone des tempêtes politico-médiatiques de l'Ecole, et ses résultats comparés avec d'autres pays peuvent susciter un ''choc'' si la comparaison s'avère inquiétante

On remarquera que les deux autres "totems" français qui suscitent les passions, l'orthographe et l'histoire, ne font pas partie des évaluations de PISA ce qui diminue son potentiel "explosif" en France. Les résultats en mathématiques peuvent certes être un peu source de préoccupation (surtout l'enseignement du ''calcul'', mais le ''calcul mental'' n'est pas évalué par ''PISA'')  dans les réactions habituelles en France. Enfin l'enseignement des langes vivantes ou des sciences (qui sont les deux autres ''matières'' évaluées par PISA ) ne suscitent aucune passion en France, loin s'en faut.

Le "choc" peut-il venir des inégalités de résultats selon les origines sociales dans la mesure où elles peuvent être plus fortes en France qu'ailleurs? Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est loin d'être évident si l'on s'en tient à ce qui a eu lieu dans le passé.

Dans l'enquête PISA de 2006, la France se trouvait déjà, pour les trois domaines étudiés, parmi les deux pays où l'écart était le plus grand entre les élèves dont le statut économique, social et culturel des parents est le plus élevé (le quart le plus favorisé) et ceux dont le statut économique, social et culturel est faible (le quart le moins favorisé). Les écarts allaient de 63 pour la Finlande à 122 pour la France (bonne dernière) pour ce qui concerne la culture scientifique. Ils allaient de 55 pour l'Islande à 112 pour la France (avant dernière, devant le Luxembourg) pour ce qui a trait à la compréhension de l'écrit. Ils allaient enfin de 62 pour l'Islande à 115 pour la France (avant-dernière, devant la Hongrie) en mathématiques. Une belle constance dans les écarts et les places, qui ne peut certainement pas être complètement due au hasard.

Pour PISA 2009, en mathématiques, les écarts de score entre les élèves les plus performants et les moins performants ont été, en France, très élevés. Ainsi, par exemple, le spectre de compétence entre le 5° centile (l’endroit de l’échelle PISA de culture de mathématique auquel se situent les 5% d’élèves les moins performants) et le 95° centile (le niveau de cette échelle que 5% des élèves les plus performants réussissent à atteindre ) était de 300 points en moyenne dans les pays de l’OCDE. Or il a atteignait 331 points en France (contre 270 points en Finlande).

En compréhension de l’écrit, par rapport à PISA 2000, la proportion d’élèves les plus performants avait légèrement augmenté en France, passant de 8,5% en 2000 à 9,6% en 2009. En revanche, la proportion d’élèves peu compétents en compréhension de l’écrit (en dessous du niveau 2 de compétence) était passée de 15,2% en 2000 à 19,8% en 2009. Les écarts entre élèves français en compréhension de l’écrit s'étaient donc accrus (par le "haut" et par le "bas"). 
Par ailleurs, alors que dans les pays de l’OCDE l’augmentation d’une unité de l’indice PISA de statut économique, social et culturel entraînait l’augmentation du score sur l’échelle de compréhension de l’écrit de 38 points, cette augmentation s’élevait à 51 points en France : les résultats des élèves en France étaient donc à l’évidence beaucoup plus sensibles aux différenciations socio-culturelles que ceux de la moyenne des pays de l’OCDE. 

Il n'y a pas eu de "choc PISA", ni en 2006, ni en 2009. Ni non plus véritablement à la suite de PISA 2013 où les résultats ont été de la même eau (voire à certains égards encore plus marqués), en matière d'inégalités selon l'origine sociale (comparativement à d'autres pays)

Nous nous vantons volontiers d'être dans un pays où l'on aspire à l'égalité, voire même d'être à l'avant-garde en la matière. Mais, c'est loin d'être évident dans les faits, et de très longue date. Parmi les pays à peu près comparables au nôtre, nous avons été parmi les derniers à instaurer le droit de vote pour les femmes, et aussi parmi les derniers à mettre en place un impôt progressif sur le revenu. Et c'est aussi de longue date que nos enseignants du primaire sont parmi les plus mal payés d'Europe. 

Comme l'a bien mis en évidence l'historien anglais Théodore Zeldin dans son Histoire des passions françaises, "En 1914, dans une enquête internationale, les enseignants du primaire en France furent classés comme les plus mal payés d'Europe, venant à la vingt-cinquième place, à égalité avec ceux du Monténégro".

Vive les bonnes vieilles traditions françaises! Vive les comparaisons internationales! Et bonne retraite à tous!

Claude Lelièvre

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