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Vivement l'Ecole!

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Education nationale : un rapport de la médiatrice pointe le manque d'accompagnants pour les élèves en situation de handicap

26 Juillet 2022 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Handicap

Les accompagnants des élèves en situation de handicap | Ministère de  l'Education Nationale et de la Jeunesse

Le rapport pointe le manque d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), chargés d'assister en classe les enfants handicapés.

La médiatrice de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur Catherine Becchetti-Bizot a remis son rapport annuel portant sur l'année 2021, lundi 25 juillet. Après une année 2020 marquée par les questionnements liés aux modalités d'examen (entre crise du Covid 19 et réforme du baccalauréat), une grosse partie du rapport est consacrée cette année aux conditions des jeunes en situation de handicap, avec comme principale conclusion qu'il manque encore de personnels.

>> Ecole inclusive : des accompagnants d'enfants en situation de handicap racontent leur quotidien chaotique

Près de 400 000 jeunes en situation de handicap étaient scolarisés en milieu ordinaire en 2021, 125 500 accompagnateurs étaient alors mobilisés pour eux. La médiatrice note qu'en cinq ans, le nombre de jeunes en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire a augmenté de 19%. Elle note également l'effort fait sur leur encadrement avec l'augmentation de 35% du nombre d'AESH sur la même période.

Nombre de difficultés sont pourtant encore signalées concernant le manque d'AESH : insuffisance des heures allouées aux jeunes par rapport à ce qui est prescrit, caractère partiel de l'accueil voire parfois l'absence pure et simple de personnel disponible. Le rapport point aussi des difficultés matérielles pour les AESH liées au morcellement de leur activité entre plusieurs jeunes et établissements.

Recruter encore plus d'accompagnants

Pour y remédier, la médiation recommande de recruter encore plus d'AESH et de multiplier les structures d'accueil en milieu ordinaire. Il s'agit également de rendre la profession plus attractive en multipliant les temps pleins, en morcelant moins les emplois du temps, en veillant au remboursement des frais de déplacement, en donnant accès au AESH à la prime REP et REP+ et en améliorant leur formation et leur encadrement.

Le rapport recommande aussi d'encourager les chefs d'établissement et collectivités locales à coordonner leur action pour permettre la continuité des services, faciliter les démarches pour les parents et réduire les déplacements des personnels.

Le ministre de l'Education nationale Pap N'Diaye a annoncé le recrutement de 4 000 AESH supplémentaires à la rentrée 2022.

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Conflits et tensions en hausse dans les établissements scolaires

26 Juillet 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Chahuter, jouer à la bagarre ou vraiment se battre ?

EXTRAITS

Une part croissante des saisines traitées par la médiatrice de l’éducation nationale, selon le rapport d’activité 2021 de cette dernière, publié lundi 25 juillet, concerne des problèmes de comportement, entre l’école et les élèves ou leurs parents.

« Le rapport entre l’école et ses usagers s’est tendu, et il devient urgent de renouer le dialogue. » C’est ainsi que Catherine Becchetti-Bizot, médiatrice de l’éducation nationale, résume le contenu de son rapport d’activité 2021, qui paraît lundi 25 juillet. Avec 18 000 saisines traitées en 2021 – dont 1 411 reçues en 2020 qui n’avaient pas pu être traitées avant la fin de l’année –, le travail de cette instance, chargée de la régulation des conflits entre l’administration, les usagers et les personnels, n’est pas en augmentation par rapport à l’an dernier. Il est même en léger repli, de 5 %. Pourtant, le taux de saisines a doublé en dix ans, et il en ressort une forte augmentation de la conflictualité dans le système scolaire.

Les usagers de l’éducation nationale – les élèves, les étudiants et leurs familles – sont les plus nombreux à saisir le médiateur pour les aider à résoudre une difficulté ou un conflit. Parmi les saisines des usagers, les questions de « vie scolaire » sont en très forte augmentation : de 24 % sur un an et de 106 % en cinq ans. « Ces saisines, majoritairement portées sur l’enseignement scolaire, concernent des conflits école-famille, des problèmes de comportement et de discipline, et des litiges liés à la notation et l’évaluation », peut-on lire dans le rapport de la médiatrice.

« Contester des notes »

« Quatre mille deux cents saisines sur les conflits liés à la vie scolaire, c’est beaucoup pour le médiateur, qui ne reçoit qu’une partie des réclamations, commente Catherine Becchetti-Bizot. Les médiateurs académiques disent voir augmenter les saisines liées à des problèmes de comportement, que cela concerne les relations entre élèves, entre élèves et enseignants, ou entre parents et établissements… » Les parents d’élèves remettent plus souvent en cause les décisions (46 % des saisines liées à la vie scolaire concernent des conflits parents-école), et, toujours selon les médiateurs académiques, l’agressivité des usagers augmente. Au lycée, les familles ont aussi « pris l’habitude de contester des notes qui apparaissent dans le livret scolaire et comptent désormais pour le bac », note-t-elle encore, d’où l’augmentation des saisines sur le sujet : elles sont cinq fois plus nombreuses qu’il y a cinq ans.

Pour son rapport d’activité 2021, la médiatrice de l’éducation nationale a également choisi de mettre en avant des thématiques qui agrègent les tensions, parfois depuis plusieurs années – des sujets pour lesquels le nombre de saisines est constant et où l’administration peine à trouver des réponses durables.

(...)

Enfin, une source inépuisable de tensions et de conflits reste la prise en charge du handicap à l’école, où l’inclusion de tous les enfants est pourtant prévue par la loi depuis 2005. Le système pourrait « mieux garantir la continuité des parcours », relève le rapport, en s’assurant entre autres qu’un enfant pris en charge avec un handicap n’ait pas à justifier à nouveau de ses besoins lors de la passation d’un examen.

Violaine Morin

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De la culture avant toute chose !

25 Juillet 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Culture, #Education

Culture images libres de droit, photos de Culture | Depositphotos

De la culture avant toute chose !...

Il y avait jadis, sur France Inter, une émission intitulée "De la musique avant toute chose".

Sans verser dans une nostalgie toujours trompeuse, ce temps-là semble s'être perdu dans un autre: celui de la vitesse et de la bêtise triomphante dominée toutes deux par un maître aux dents longues: le marché, ce marché organisateur de ce que Tzvetan Todorov a appelé "Le nouveau désordre mondial". De la musique avant toute chose, nous sommes passés, sans nous en rendre compte tant la perversité du "système" est grande, à "de la bêtise avant toute chose". Il suffit pour cela d'allumer son téléviseur et cette bêtise ruisselle sur tous les plateaux des chaînes dites d'informations en continu, à quelques très rares exceptions près, rendant celles-ci plus précieuses encore.

Je ne définirai pas ici ce concept de "bêtise" triomphante. Bernard Stiegler l'a fait avant et mieux que moi. Philippe Meirieu, Denis Kambouchner et, encore, Bernard Stiegler en parlent aussi fort bien dans L'Ecole, le numérique et la société qui vient paru aux éditions Mille.et.une.nuits. (Vous pouvez aussi écouter leur entretien à ce sujet ICI )

En revanche il me semble nécessaire de dire que l' Ecole, au sens le plus large et institutionnel du terme, a un rôle capital à jouer pour contrer les effets ravageurs de cette "bêtise" installée, chaque soir sur nos écrans. Je dis "chaque soir" car nos élèves ont encore la chance de ne pas être scotchés devant la télévision durant la journée, passant d'émissions d'une rare stupidité à des feuilletons profondément, n'ayons pas peur des mots, stupides. A moins bien entendu de "zapper" vers des chaînes dites "culturelles" mais, autre perversion organisée sciemment, destinées aux initiés. La culture, les arts, aujourd'hui en France, ne sont pas partagés. Ils sont "réservés".

L'Ecole donc, au-delà de l'Histoire des Arts - à laquelle il conviendrait d'adjoindre une "Histoire des sciences" - qu'il faut maintenir et renforcer par tous les moyens, de la maternelle à la terminale, dans toutes les filières, doit être un fer de lance, une "base avancée" du développement, de la vulgarisation DES cultures, DES arts, de TOUS les arts. Je suis aujourd'hui - et depuis fort longtemps - persuadé que les dictatures qui nous écrasent, qui s'installent dans nos "parts de cerveau disponible", dictatures de la bêtise et du marché, seront combattues par la possibilité offerte à toutes et tous d'entrer dans ces "mondes réservés", de les investir et d'y investir.

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N'est-il pas scandaleux, dramatique, que quatre-vingt pour cent des élèves d'un collège rural - le mien, mais pas que le mien - n'aient jamais mis les pieds plus d'une fois, en troisième, dans un musée, dans un théâtre, dans une salle de concert ? Ne parlons pas de "galeries de peinture" ! L'une de mes élèves a cru que j'évoquais la galerie marchande du supermarché voisin !

N'est-il pas tragique que des élèves de collège n'aient pas accès à l'Art sauf une heure par semaine grâce à nos collègues professeurs d'Arts plastiques et de musique qui font tout ce qui est dans leur pouvoir, avec passion, mais dont la parole "compte" si peu lors des conseils de classe ?

N'est-il pas signifiant de constater avec tristesse que de nombreux collègues souhaitent la disparition pure et simple de l'Histoire des Arts au collège ? Si tel était le cas, ce serait alors laisser porte grande ouverte à la "misère symbolique", dernière marche avant la misère tout court*, dont les victimes sont toujours les mêmes enfants, des mêmes catégories sociales, écrasés par la bêtise médiatico/politique.

L'Ecole doit être rempart et fer de lance: rempart contre les assauts d'un néo-libéralisme d'une perversité extrême et fer de lance d'une conquête à venir, celle d'une "Education artistique vivante" ! Nous, enseignants, quel que soit notre "niveau", quelle que soit la matière enseignée, DEVONS être les phares d'une nouvelle culture républicaine à diffuser par tous les moyens imaginables, y compris les plus contemporains (Internet).

Redonnons la parole à l'intelligence partagée! Redonnons la parole à l'Art ! Travaillons main dans la main avec les artistes! Luttons ensemble contre le formatage de l'esprit !

Une révolution à venir !...

Christophe Chartreux

A lire absolument: Education artistique: l'échec n'est pas permis par Philippe Meirieu

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Malentendu... Philippe Meirieu, Alain Finkielkraut et Alain...

25 Juillet 2022 , Rédigé par Philippe Meirieu Publié dans #Education, #Philosophie, #Pedagogie

Conférence "Pédagogie et émancipation" | Yakamedia

EXTRAIT

MALENTENDU (n. m.) association de l’adverbe « mal » et du participe passé du verbe « entendre » – « entendu » – au sens de « compris ». Stabilisé en 1558 au sens de « différences d’interprétation d’un fait ou d’un texte entre des personnes ». Le sens s’étend ensuite pour désigner la mésentente, voire le conflit, qui résulte de ce désaccord. Il est utilisé également pour désigner une situation où les protagonistes, convaincus de leur bon droit, campent sur leur position et accusent leur contradicteur de mauvaise foi.

En théorie, tout malentendu devrait pouvoir être levé en se référant au fait ou au texte qui en fait l’objet. En réalité, les malentendus persistent souvent car le référent n’est jamais totalement univoque. La reconnaissance de son équivocité pourrait peut-être permettre de transformer le malentendu en acceptation réciproque de cette équivocité, voire en faire une occasion d’assumer une tension féconde. Mais il semble que tout effort dans ce sens soit condamné à l’échec : « Je suis un traumatisé du malentendu, dit Jacques Lacan. Comme je ne m’y fais pas, je me fatigue à le dissoudre. Et du coup, je le nourris. »

Dans son émission Répliques consacrée au philosophe Alain et diffusée le 26 mai 2018 sur France Culture, Alain Finkielkraut affirme : « Je ne suis pas, je l’avoue, un grand lecteur d’Alain. Un des livres d’Alain, cependant, fait partie de ma bibliothèque idéale, les Propos sur l’éducation. J’y reviens sans cesse, je le lis et le relis, car cet ouvrage est une source de réflexion et d’inspiration inépuisable face à ce qui m’apparaît comme les dérives du pédagogisme. » Dans une autre émission de France Culture (Du grain à moudre, le 18 mai 2015), Alain Finkielkraut précisait : « Le plaisir de recevoir un enseignement, que célébrait Alain dans ses propos sur l’école, n’est pas un plaisir facile. C’est un plaisir difficile qui est indissociable du rapport maître-élève. Un professeur fait cours et l’élève entend le cours : quelque chose se noue là. Et ce qui m’étonne aujourd’hui […], c’est qu’on puisse désirer, au nom du plaisir et de l’efficacité, en finir avec ce rapport. Le cours, au sens classique, annonce-t-on très souvent, […] doit disparaître. Le cours magistral est toujours tenu en haute suspicion. C’est, pour moi, une preuve d’impudence et d’imprudence. Notre civilisation s’est constituée autour de ce rapport maître-élève. »

Voilà donc Alain enrôlé contre le « pédagogisme ». Ses Propos sur l’éducation seraient le texte majeur où se ressourcer sans cesse pour ne pas renoncer à ce qui fonde notre civilisation : la distinction décisive entre l’ignorance et le savoir… une distinction qui se traduit à l’école par une dénivellation irréductible entre le maître qui parle et l’élève qui écoute… et une dénivellation qu’incarne, dans sa forme la plus parfaite, le cours magistral aujourd’hui si injustement soupçonné ! Mais la démonstration, si on tente d’en comprendre les ressorts, s’avère un peu courte et révèle d’étranges sous-entendus : le cours magistral – l’exposé oral du professeur devant sa classe – serait, si on comprend bien, la seule méthode possible de transmission du savoir, destituant ainsi aussi bien l’interrogation socratique que la lecture individuelle de textes, le travail de recherche personnelle que les échanges collectifs. Plus encore : ce cours magistral serait la seule manière pour que « quelque chose se noue » entre celui qui sait et celui qui ignore. Mieux et plus fondamentalement peut-être : ce serait l’existence de ce cours comme seule forme de transmission qui garantirait l’indispensable écart, objet de tous les efforts fondateurs de « la civilisation », entre l’ignorance et le savoir. C’est grâce à lui seulement qu’on pourrait échapper à la terrible et toujours menaçante confusion des opinions. Renoncer au cours magistral, ce serait affirmer que tout se vaut : les bafouilles du gamin immature et le discours éclairé du professeur, les slogans publicitaires les plus débiles et la parole d’un maître instruit de ce que l’intelligence humaine a élaboré de meilleur, les croyances archaïques véhiculées par les cultures vernaculaires et la science dans ce qu’elle a de plus rigoureux. Mais n’assiste-t-on pas ici à un étrange glissement ? Ne confond-on pas l’existence d’un inévitable et indispensable dénivelé entre l’adulte qui enseigne et l’enfant qui est enseigné avec une – mais une seule – des manifestations possibles de ce dénivelé ? En effet, s’il n’est pas possible de nier, ou même seulement de sous-estimer, l’impératif de transmission à l’égard de celles et ceux qui viennent au monde… s’il n’est pas question de céder le moins du monde sur l’exigence de probité intellectuelle dont l’éducateur doit être porteur et qu’il doit faire intérioriser par l’élève… qu’est-ce qui permet de dire que le cours magistral est la seule bonne méthode pour y parvenir, la seule porteuse de l’exigence de probité et de vérité ?

(...)

Il nous reste alors une question et qui n’est pas, à mes yeux, seulement polémique : comment la lecture des Propos sur l’éducation d’Alain peut-elle laisser penser à de brillants intellectuels, comme Alain Finkielkraut, qu’il promeut le cours magistral alors qu’il dit explicitement le contraire et fournit une clé décisive pour sortir d’un débat stérile entre partisans et adversaires de la magistralité ? Peut-être parce qu’ils n’imaginent pas qu’on puisse être partisan de la rigueur, défenseur de la culture, réfractaire à toute forme de démagogie… et renoncer à la posture magistrale ? Serait-ce alors que cette posture est pour eux un élément si essentiel de leur identité qu’ils ne peuvent y déroger sans s’effondrer ? Et, si c’est le cas, alors ce n’est pas le nécessaire dénivelé entre le maître et l’élève qu’ils défendent, ni l’écart fondateur entre l’opinion et la vérité, mais plutôt leur propre position sociale et médiatique dont ils feraient indûment un principe philosophique. Pour mieux asseoir leurs privilèges peut-être ? On pourrait alors leur proposer de (re)lire les belles pages d’Alain sur « l’enseignement monarchique » : « Il y a, explique-t-il, un enseignement monarchique, j’entends un enseignement qui a pour objet de séparer ceux qui sauront et gouverneront de ceux qui ignoreront et obéiront. […] Cet écrasement des faibles exprime tout un système politique dans lequel nous sommes encore à moitié empêtrés. Il semble que le professeur ait pour tâche de choisir, dans la foule, une élite et de décourager et rabattre les autres. Et nous nous croyons bons démocrates parce que nous choisissons sans avoir égard à la naissance, ni à la richesse. Comptez que toute monarchie et toute tyrannie a toujours procédé ainsi, choisissant un Colbert ou un Racine, et écrasant ainsi le peuple par le meilleur de ses propres forces… Que faisons-nous maintenant ? Nous choisissons quelques génies et un certain nombre de talents supérieurs ; nous les décrassons, nous les estampillons, nous les marions confortablement, et nous faisons d’eux une aristocratie d’esprit qui s’allie à l’autre, et gouverne tyranniquement au nom de l’égalité… admirable égalité qui donne tout à ceux qui ont déjà beaucoup3. » Mais je ne doute pas que celles et ceux qui, à travers leur défense du cours magistral, veulent en finir avec les pédagogues et la pédagogie, réussissent – pour peu qu’ils me lisent – à retourner à leur avantage ce texte d’Alain… montrant ainsi qu’en croyant déjouer un malentendu, je n’ai fait qu’en susciter un autre. Le débat continue.

Philippe Meirieu

Dictionnaire inattendu de pédagogie paru en octobre 2021 chez ESF-Sciences humaines.

Texte complet à lire en cliquant ci-dessous

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Najat Vallaud-Belkacem à propos des écrans : « Le parent doit être celui qui fait redécouvrir le plaisir du temps long »

24 Juillet 2022 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education

Cirey-sur-Vezouze : La visite de Najat Vallaud-Belkacem au collège de la  Haute-Vezouze en images

On connaît Najat Vallaud-Belkacem, 44 ans, pour son engagement politique socialiste, d’abord aux côtés de Ségolène Royal, puis de François Hollande, devenant ainsi coup sur coup ministre des Droits des femmes, puis de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Depuis, elle s’est engagée dans l’associatif, dirigeant l’ONG de solidarité internationale ONE, et venant de prendre la présidence de l’association France Terre d’Asile. Mais, au-delà de sa carrière, Najat Vallaud-Belkacem est aussi la mère de jumeaux de 13 ans. Elle témoigne auprès de « l’Obs » :

Son rapport aux écrans

« Toute la complexité du sujet des écrans est là : il n’y a pas que nos petits qui aient les yeux rivés dessus. Nous aussi. Parce que notre bureau, mais aussi notre presse quotidienne, nos envies de musique, nos SMS et WhatsApp, nos réseaux sociaux, nos lectures… tout y est, dans ce petit écran collé à notre main. Alors évidemment on ne donne pas le meilleur exemple aux enfants. A la maison, très souvent, en réponse à mon injonction “Arrête avec cet écran !”, je m’entendais répondre “mais maman, toi aussi tu passes ton temps dessus !”. Allez essayer d’expliquer que, nous, on n’est pas en train de scroller sur TikTok et Instagram mais de travailler, de répondre à nos e-mails, etc.

(...)

Najat Vallaud-Belkacem

Suite et fin (abonnés) en cliquant ci-dessous

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Aller à l’école, c’est faire l’expérience du monde

24 Juillet 2022 , Rédigé par RCJ Publié dans #Education

Aller à l’école, c’est faire l’expérience du monde

Cette chronique est présentée par Gabrielle Halpern chaque mardi dans le journal de 12h sur la radio RCJ et vous offre un regard philosophique sur l'actualité.

La crise sanitaire a bouleversé l’école et a contraint les équipes pédagogiques, les parents d’élèves et les élèves à mille adaptations. Nous nous sommes tous sentis un peu démunis et remis en question dans cette expérience. En fermant les écoles, la covid-19 nous a invité à nous interroger, plus que jamais, sur leur sens. Oui, parce qu’après tout, c’est quoi une école ? Quel est leur rôle dans la société ? Et les enseignants : que symbolisent-ils ?

C’est là qu’il nous faut faire appel à Elias Canetti, l’un des plus grands intellectuels du XXe siècle. D’origine bulgare, prix Nobel de littérature en 1981, il a vécu en Autriche, en Angleterre, en France ou encore en Suisse. Ce grand européen a hybridé les cultures, les idées et les langues, en étant à la fois chimiste, écrivain, philosophe ou encore dramaturge.

Dans son œuvre autobiographique, il nous propose une définition de l’école qui fait beaucoup réfléchir. Je le cite : "Tous les professeurs offrent un spectacle d’une étonnante diversité ; il me semble d’ailleurs que c’est par le contact des professeurs que nous prenons réellement et pour la première fois conscience de cette diversité (…). Tout cela contribue à faire de l’école quelque chose de plus que ce qu’elle est supposée être, à savoir l’école de la diversité humaine, et, pour peu qu’on la prenne un tant soit peu au sérieux, l’école de la connaissance de l’homme".

Qu’est-ce que Canetti cherche à nous dire ? L’école n’est pas simplement le lieu de la transmission et de l’apprentissage des savoirs. Par l’intermédiaire des enseignants, elle est l’endroit où le regard s’aiguise. Elle est l’endroit où l’on apprend ce qu’est l’être humain. Après nos parents, nos professeurs sont les premiers représentants de cette humanité, dont nous ne finissons pas d’épuiser la diversité. L’école est ce moment où nous apprenons à toucher du bout des doigts le singulier et l’universel ; où nous commençons à comprendre la complexité et la nécessité de leurs liens. En s’exposant chaque semaine devant nos yeux, au même horaire, dans le même lieu, chacun de nos professeurs nous fait goûter la saveur de l’altérité. Une diversité que les enfants ne cesseront par la suite de rencontrer partout où ils iront lorsqu’ils auront grandi. Oui, aller à l’école, c’est faire l’expérience du monde.

Pour écouter la chronique en entier, diffusée le 3 mai 2021, rendez-vous sur le site de RCJ: https://radiorcj.info/diffusions/le-role-des-professeurs/

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Une rentrée des classes financièrement - pas seulement - TRES difficile pour les familles précaires

22 Juillet 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Une rentrée des classes financièrement - pas seulement - TRES difficile pour les familles précaires

EXTRAITS

« Il faut donner vraiment plus à ceux qui sont dans le besoin »

Jean-Paul Delahaye est reconnu comme un spécialiste de la grande pauvreté en milieu scolaire. Dans un entretien au « Monde », il appelle à la mobilisation de l’institution avant la rentrée des classes qu’il perçoit, lui aussi, comme « très difficile ».

(...)

... Alors que s’annonce une « rentrée des classes très difficile pour les familles populaires », cet inspecteur général honoraire de l’éducation nationale partage l’inquiétude des familles.

En pleines vacances d’été, on entend des associations de parents qui alertent sur l’impact de l’inflation sur la rentrée. Partagez-vous leur inquiétude ?

Nous avons devant nous, indubitablement, une rentrée des classes très difficile pour les familles populaires. Un enfant sur cinq vit dans une famille en situation de pauvreté. Et, on le sait, cela cache de profondes disparités : dans certains quartiers populaires, dans certains territoires ruraux, ce sont 30 %, 40 % d’enfants qui connaissent des conditions de vie très difficiles. Pour les parents, l’allocation de rentrée scolaire [qui devrait être revalorisée de 4 %] constitue un soutien précieux. Mais, même revalorisée, elle ne suffira pas, dans un contexte d’inflation où quasiment toutes les charges augmentent, à affronter les dépenses du mois de septembre.

Or, comment entrer dans les apprentissages quand on rencontre des difficultés pour se loger, pour s’habiller, pour se nourrir, pour acheter les fournitures, pour participer à une sortie scolaire ? Ce sont des difficultés que j’ai moi-même vécues dans mon enfance. Il n’a jamais été aussi important que, dans les écoles, les collèges et les lycées, la communauté éducative soit attentive à ces situations particulières, sachant que c’est d’abord à la société de fournir cet effort de solidarité.

(...)

J’appelle votre attention sur une autre circulaire, publiée début juillet et qui a moins fait parler d’elle : elle ouvre la possibilité donnée aux recteurs de prélever sur les fonds sociaux des collèges et des lycées publics pour en faire bénéficier les directeurs d’établissements privés. Pour la première fois, donc, par simple circulaire, et sans intervention du Parlement, alors que la loi de finances 2022 ne le prévoyait pas, on oriente vers le privé des crédits attribués, jusqu’à présent, aux établissements publics seulement. Est-ce bien le moment ?

(...)

Au nom de la lutte contre les inégalités, plusieurs dispositifs ont été lancés sous le précédent quinquennat – celui des petits déjeuners gratuits, de la cantine à 1 euro… Quelles seraient les mesures urgentes à prendre, au début de cette seconde mandature ?

Il y a tant de choses à faire pour que notre pays ne soit plus le pays du grand écart entre les résultats obtenus par les élèves des milieux populaires et les autres ! Ce grand écart nuit à tout le monde, car on observe que les résultats des meilleurs élèves ne sont plus à l’abri d’une baisse de niveau. Il faut poursuivre la politique de priorité à l’école primaire amorcée en 2012. Nous dépensons moins que les autres pays pour notre école primaire et beaucoup plus que les autres pour le lycée ; nous marchons sur la tête !

(...)

Les familles pauvres et leurs enfants attendent de nous que le mot « fraternité » de notre devise républicaine soit pris au sérieux.

Mattea Battaglia

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Inflation : à l’approche de la rentrée scolaire, familles et élus s’inquiètent

22 Juillet 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Inflation : à l’approche de la rentrée scolaire, familles et élus s’inquiètent

EXTRAITS

Alors qu’a commencé à l’Assemblée nationale la discussion du projet de loi sur le pouvoir d’achat, des associations de familles, de parents d’élèves et d’élus alertent sur la hausse prévisible des dépenses pour les fournitures et la cantine.

Entendre les enfants compter les jours avant les vacances d’été, les enseignants y sont habitués. Mais les voir, dès juillet, s’interroger sur ceux qui les séparent de la rentrée de septembre est un exercice auquel ils sont moins coutumiers. Nombre de professeurs disent pourtant en avoir fait l’expérience : aux derniers jours de l’année scolaire, avant même que ne soient sifflées les vacances, des élèves, leurs parents, et pas seulement ceux repérés comme les plus en difficulté socialement, avaient déjà pour horizon le mois de septembre – et, avec lui, les « dépenses de rentrée », sur lesquelles l’inflation vient peser.

Fournitures, cantine, transports, internat pour les familles qui y ont recours, accueil et activités de loisirs : l’évolution de chacun de ces postes est observée avec attention – et inquiétude – par les associations. Sans oublier celui des vacances : si la hausse des prix a poussé certains ménages à revoir leurs projets estivaux, une part importante d’enfants est, comme chaque été, assignée à résidence ; ils étaient 1 sur 3 dans ce cas, avant la crise sanitaire, et leur proportion pourrait augmenter, s’inquiète-t-on au sein des associations d’élus. Celles-ci ont d’ailleurs misé, cet été, sur les séjours familiaux proposés à la journée. Signe que les temps sont compliqués…

« A notre échelle, c’est clair : on voit que des familles partent moins en vacances, ou moins loin, et qu’elles font leurs courses de rentrée plus tôt, ou les échelonnent », constate Emilie Kuchel, présidente du Réseau des villes éducatrices, fort de 120 municipalités. Celle qui est aussi adjointe à l’éducation à la mairie de Brest fait le lien entre ces comportements, « reflet, dit-elle, d’une inquiétude qui monte parmi les parents ».

« Vu le contexte, il est assez logique que des parents, notamment ceux dont les salaires ne suivent pas l’inflation, se demandent si, d’ici à septembre, le coût du “panier” de fournitures scolaires ne va pas s’envoler », relève Chantal Huet, présidente de Familles de France. Eté après été, depuis plus de trente ans, la fédération qu’elle dirige se prête au même exercice : calculer le prix moyen d’un « panier » de fournitures pour un élève à l’entrée au collège – leur achat, au primaire, étant souvent (mais pas toujours) pris en charge par les municipalités.

(...)

Pour faire des économies, nombre de parents misent sur le recyclage, les commandes groupées – voire l’achat en gros –, l’échange de cartables… Les enseignes de la grande distribution s’adaptent, elles aussi, en proposant des kits de fournitures ou en diminuant les prix des « entrées de gamme », par exemple. Une troisième, encore, en échangeant le cartable de l’an dernier contre des bons d’achatMais « cela relève des politiques commerciales individuelles des enseignes », commente-t-on à la Fédération du commerce et de la distribution.

La gratuité de l’école est une des revendications historiques des parents de la FCPE, portée, au sein du Comité national d’action laïque (CNAL), avec les enseignants de l’UNSA et la Ligue de l’enseignement. « Certaines familles ne le découvrent qu’aujourd’hui, à la faveur des crises à répétition, mais l’école prétendument gratuite ne l’est pas vraiment », observe Remy-Charles Sirvent, secrétaire national du SE-UNSA. En 2019, le CNAL – dont il est aussi le secrétaire général – a consacré une enquête et un colloque aux « coûts cachés de l’école », pour démontrer que la rentrée n’est, en réalité, qu’un avant-goût des dépenses qui pèsent sur les familles tout au long de l’année. Achat de matériels, sorties et voyages scolaires, tenue de sport et même photo de classe… A l’époque, 43 % des parents des catégories ouvrières et des professions intermédiaires considéraient la gratuité de l’école comme une « fausse promesse ». « Depuis lors, le pays a franchi la barre des 10 millions de pauvres, note M. Sirvent. Ça ne peut pas s’être amélioré. »

D’autant qu’un autre poste important est sujet, pour cette rentrée, à tous les questionnements : celui de la restauration scolaire. Les associations d’élus s’en font l’écho depuis plusieurs semaines, « prises en étau », disent-elles, entre des fournisseurs qui, souvent, leur réclament une facture des repas à la hausse, un gouvernement qui leur a demandé, par circulaire, de ne pas le répercuter sur les familles, et des familles, donc, qui peinent à s’acquitter du « ticket repas ».

(...)

Au printemps, l’Association des maires de France (AMF) disait craindre qu’une ville sur deux ne puisse faire autrement que de réviser le prix de la cantine, quand bien même les deux tiers parviennent tant bien que mal à maintenir une tarification progressive – indexée sur le coefficient familial. Voire, pour certaines – l’AMF ne dispose pas de leur nombre –, le repas à 1 euro ou la gratuité dans les situations les plus précaires. La presse régionale s’est régulièrement fait l’écho, avant l’été, de municipalités, souvent petites, souvent rurales, contraintes de réviser leur grille à la hausse.

(...)

Mattea Battaglia

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Pouvoir d’achat: «Les étudiants se retrouvent à travailler jour et nuit»

19 Juillet 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

VIDÉO. «Il faut arriver en avance»: 400 étudiants font la queue pour  recevoir de la nourriture - Le Parisien

Frappés de plein fouet par l’inflation, de nombreux jeunes sont obligés de compter sur les distributions alimentaires pour s’en sortir.

Il faut parfois se coller au mur pour éviter les coups de massue du soleil de ce juillet caniculaire à Paris. Surtout quand il s’agit d’attendre sur un trottoir goudronné où l’ombre se fait discrète. Ils sont déjà pourtant plusieurs dizaines d’étudiants rue Championnet (XVIIIe arrondissement), un peu moins de trente minutes avant le début d’une distribution alimentaire au Bar commun, à l’angle avec la rue des Poissonniers. Des files qui ne désemplissent pas depuis l’ouverture de ces distributions par l’association Linkee, à l’automne 2020.

A l’époque, alors que la crise sociale induite par la pandémie de Covid frappait de plein fouet, les queues suscitèrent l’effroi. Un an et demi plus tard, dans un contexte de forte inflation – 5,8% sur un an en juin selon l’Insee – on ne feint même plus l’indifférence. La ministre de l’Enseignement supérieur et la Recherche, Sylvie Retailleau, a bien profité de la présentation du projet de loi pouvoir d’achat, débattu depuis lundi à l’Assemblée, pour annoncer quelques mesures d’urgence comme la revalorisation des bourses de 4%, un chèque alimentaire de 100 euros pour les boursiers et bénéficiaires APL à la rentrée ou le maintien du repas Crous à 1 euro. Mais une grande partie devrait passer directement par voie de décrets.

«Le litre d’huile de 2 à 5 euros, ce n’est pas possible»

Ce soir-là, qu’ils soient étrangers, boursiers ou non, tous les étudiants se retrouvent sous la triste bannière de la précarité. «Autour de moi, de plus en plus de gens viennent aux distributions, c’est limite devenu normal, constate amèrement Rania, 25 ans, étudiante algérienne en master 1 de management. Et heureusement qu’il y a ça, parce que sinon on ne pourrait pas manger correctement.» Elle et son amie Meriem, aussi Algérienne, subissent de plein fouet la hausse des prix. En particulier cet été, où elles se retrouvent sans stage et dans l’attente d’un boulot. «Le plus marquant, ça a été au début de la guerre en Ukraine, se souvient Meriem. Le litre d’huile est passé de 2 à 5 euros, ce n’est pas possible…»

A l’intérieur, les bénévoles, souvent des étudiants précaires eux aussi, s’activent. Les premiers cabas se remplissent. Jonathan, 25 ans, licence de cinéma en poche, observe, un brin soulagé, les sept kilos de nourriture et de produits d’hygiène récoltés. «C’est devenu vital, note-t-il. Avant, je pouvais me permettre de ne venir que deux fois par mois. Avec l’inflation je suis condamné à venir chaque semaine.» Ce grand gaillard, lunettes sur le nez, s’étend sur sa vie d’étudiant faite de privations. «Après deux ans de Covid, je reste cloîtré, parce que je n’ai pas le budget pour sortir, s’indigne-t-il. Pourtant c’est important pour mes études, pour développer mes intérêts. Et puis c’est un besoin psychologique, pour sortir de la solitude.»

Entre son loyer parisien hors de prix, ses dépenses de transports et d’internet qu’il réduit comme il peut, le jeune homme assure ne pas avoir plus de 40 ou 50 euros par mois pour son alimentation, ses loisirs, et ses besoins matériels. Selon une étude de Linkee publiée en juin 2022, c’est le cas pour 65 % des 4 000 étudiants qu’ils ont interrogés un peu partout en France dans leurs distributions.

«Poudre de perlimpinpin»

«Deux ans après, rien n’a changé, constate amèrement Julien Meimon, président de Linkee. On a l’impression que pour les autorités, le fait de manger des pâtes quand on est étudiant, c’est quelque chose de normal, un mauvais moment à passer. Ce n’est pas possible de penser comme ça. Surtout à un moment où une grande quantité d’étudiants se retrouve à sauter des repas faute de pouvoir se les offrir.»

Problème : les propositions du gouvernement ne sont «pas à la hauteur», selon Julien Meimon. Comme le chèque alimentaire de 100 euros : «C’est un pansement. Et en plus, tout le monde n’y aura pas droit.» A la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), on souligne aussi que l’augmentation de 4 % des bourses ne rattrape même pas l’augmentation des prix de 5,8 %. «Il faut proposer des solutions pérennes, d’autant plus avec l’inflation, plaide Anne-Laure Syrieix, vice-présidente chargée des Affaires sociales. Les étudiants ont besoin d’une hausse de leur pouvoir d’achat.» Imane Ouelhadj, présidente de l’Union nationale des étudiants de France (Unef), parle de «poudre de perlimpinpin» : «Aujourd’hui on sait qu’il n’y a pas assez d’argent sur la table, alors on préfère donner des clopinettes aux étudiants plutôt que de vraiment se questionner sur ce qui se passe dans l’enseignement supérieur.»

Angle mort de l’arsenal du gouvernement à ce stade : les étudiants non boursiers. Depuis la rentrée 2021, ils ne peuvent plus prétendre aux repas au Resto U à 1 euro. La hausse des prix n’a pas conduit à une révision de la copie : le chèque alimentaire sera accessible uniquement aux étudiants boursiers ou touchant les Aides personnalisées au logement (APL). «On peut ne pas être boursier et être précaire quand même», insiste Imane Ouelhadj, déplorant le manque d’universalité des mesures annoncées. Constat partagé par Benjamin Flohic, président de Co’p1 – Solidarités Etudiantes. Depuis 2020, comme Linkee, l’association organise elle aussi des distributions alimentaires plusieurs fois par semaine à Paris et Angers. Dans une étude commanditée par Co’p1 en 2021, le constat était clair : «63% des étudiants nous sollicitant ne sont pas boursiers, soit la majorité d’entre eux.» L’étude sur 2022, prévue pour fin septembre, fait état de chiffres similaires.

Du côté du ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche, on défend des mesures pour faire face à «l’urgence» de l’inflation. Le chèque de 100 euros devrait a priori concerner 1,5 million de personnes, soit plus de la moitié de la population étudiante, fait-on valoir. Autre motif de fierté ministérielle: la hausse de 4% des bourses «la plus haute depuis des années». Pour ce qui est des réformes de fond, une «réflexion structurelle» est en cours, notamment en ce qui concerne les bourses, et une concertation commencera à la rentrée, assure-t-on de même source.

L’angoisse de la rentrée

Cette réforme des bourses est le principal fer de lance des organisations étudiantes depuis des années. Pour les revaloriser mais aussi les élargir et assouplir les conditions d’accès. A l’heure actuelle, le montant le plus élevé pour un étudiant est de 573,60 euros par mois, soit une somme bien inférieure au seuil de pauvreté, fixé à 1 102 euros mensuels pour une personne vivant seule.

Eliot, 23 ans, a fait les frais de critères trop excluants: sa demande a été refusée à cause des revenus de ses parents. «Le Crous estime qu’il est en mesure de m’aider et me refuse la bourse, il ne me considère pas comme indépendant», déplore l’étudiant en langues étrangères appliquées, qui ne reçoit pourtant aucun soutien financier de sa famille. Pour s’en sortir, il travaille de nuit dans l’hôtellerie, quitte à ce que cela empiète sur ses études. Cette année, Eliot a tenté de se tourner vers l’Aide spécifique annuelle, destinée aux étudiants en difficulté n’étant pas boursiers, sous certaines conditions mais la réponse ne tombera pas avant septembre.

Comme de nombreux jeunes, Eliot prépare sa rentrée la boule au ventre. Pour anticiper le coût de la vie étudiante, il continue à travailler cet été, bien qu’il soit épuisé. «Les vacances d’été devraient être un moment pour permettre aux étudiants de souffler, se remettre d’une année qui a été éprouvante, déballe Anne-Laure Syrieix de la Fage. Au lieu de ça, ils se retrouvent à chercher un emploi, et parfois à travailler de jour comme de nuit. Ils n’ont pas de moment de pause.»

Après des années de mobilisation étudiante, pour dénoncer des pouvoirs publics sourds à leurs revendications, la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur de la Recherche, ancienne présidente de Paris-Sud, est attendue au tournant. Il faut une «concertation pour la revalorisation des bourses à partir de la rentrée», réclame Imane Ouelhadj de l’Unef, qui «attend de voir ce qui va se passer en septembre» sans trop d’espoir. Et ne peut s’empêcher de lâcher : «On se demande comment c’est possible que ce soit comme ça aujourd’hui en France : des étudiants qui vivent à la rue ou dans leur voiture.»

Cassandre Leray et Benjamin Delille

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Education : les enseignants font de plus en plus d'heures supplémentaires

18 Juillet 2022 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education

Les heures supplémentaires désocialisées et défiscalisées pour (...)

Dans toutes les disciplines, le nombre d'heures supplémentaires des enseignants de collège et de lycée est en hausse, selon une étude du ministère de l'Education nationale qui souligne les « gains » pour les enseignants.

Pendant que le sujet suscite de vifs débats à l'Assemblée pour les salariés du privé , la hausse du nombre d'heures supplémentaires s'impose dans l'Education nationale. C'est ce qu'indique une étude du service statistique du ministère publiée fin juin. En moyenne, les enseignants effectuent désormais plus de deux heures supplémentaires par semaine. Ils sont 86 % à avoir fait au moins une heure supplémentaire en 2020-2021.

Cette progression résulte d'abord d'un changement de réglementation : depuis la rentrée 2019, les chefs d'établissement peuvent imposer à un enseignant d'effectuer deux heures supplémentaires dans son service, contre une seule auparavant. La hausse est aussi tirée par l'augmentation du nombre d'enseignants qui font au moins trois heures supplémentaires annualisées (+2 points en un an). « Toutes les disciplines sont concernées par la hausse du nombre d'heures supplémentaires annualisées entre 2020 et 2021 », relève l'Education nationale. Dans les matières générales, ceux qui en font le plus sont les enseignants de physique chimie, de sciences de la vie et de la Terre et de mathématiques .

« Un gain annuel »

Le ministère y voit « un gain annuel moyen de 3.640 euros pour les hommes et de 2.990 euros pour les femmes ». Les syndicats, de leur côté, rappellent que ces deux heures ont servi à compenser la baisse des effectifs d'enseignants dans les collèges et lycées.

La rémunération varie selon le corps et le grade des enseignants. Un professeur de chaire supérieure perçoit en moyenne 18.218 euros par an au titre des heures supplémentaires annualisées contre 6.191 euros pour un professeur agrégé et 3.173 euros pour un professeur certifié ou de lycée professionnel. Les hommes en bénéficient davantage que les femmes, ce qui alimente les écarts de rémunération.

Une autre catégorie d'heures supplémentaires, dites « effectives », est aussi en hausse. Elles ont retrouvé leur niveau d'avant la crise sanitaire. Elles sont ponctuelles et non annuelles. Elles servent à des remplacements, à l'aide aux devoirs, à l'accompagnement personnalisé ou aux heures d'interrogation en classes préparatoires. Fin 2021, la Cour des comptes avait regretté que l'Education nationale ne les utilise pas davantage. Les magistrats les voyaient comme autant d'« instruments de souplesse » à mettre entre les mains des chefs d'établissement « pour mener à bien [leurs] projets ».

« Revaloriser les salaires, mais… »

De quoi alimenter les débats dans les écoles, promis pour septembre par Elisabeth Borne . Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron n'a pas caché son intention de s'attaquer à la question du temps scolaire . « Il faut revaloriser les salaires, certes, mais surtout repenser la fonction » des enseignants, a déclaré le chef de l'Etat en janvier dernier. Il estimait que le « temps de l'enseignement » n'était « pas satisfaisant par rapport au nombre d'enseignants embauchés ».

« Plutôt que de donner des heures supplémentaires, on pourrait demander qu'un forfait de quelques dizaines d'heures par an soit consacré à du remplacement de courte durée », envisageait-on dans l'entourage d'Emmanuel Macron durant la campagne, en parlant d'« une option parmi d'autres à mettre sur la table ». Une solution préconisée aussi par la Cour des comptes .

Marie-Christine Corbier

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