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Vivement l'Ecole!

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Ségrégation scolaire - « Il est regrettable que l’impulsion politique soit totalement retombée après 2017 »/Najat Vallaud-Belkacem

20 Février 2021 , Rédigé par Le Parisien Publié dans #Education

Ségrégation scolaire - « Il est regrettable que l’impulsion politique soit totalement retombée après 2017 »/Najat Vallaud-Belkacem
Paris, capitale de la ségrégation sociale, où deux collèges distants de moins de 500 mètres peuvent disposer d'élèves issus de milieux radicalement opposés. « C'est caricatural dans le XVIIIe, où l'on trouve des classes entières d'enfants noirs à la sortie de Gérard-Philipe, et des groupes entiers d'ados blancs au sein de collèges situés quelques rues plus loin, soupire Sylvaine Baehrel, administratrice à la FCPE, association de parents d'élèves. Cela va plus loin qu'un simple problème de mixité. On pourrait presque parler d'apartheid. »
Gérard-Philipe accueille en effet 61% de collégiens issus de milieux défavorisés. Contre, par exemple, seulement 8% à Yvonne-le-Tac.
Un état des lieux choquant qui explique que 30 des 114 collèges publics parisiens soient classés en éducation prioritaire (Rep ou Rep+), malgré la gentrification de la capitale. « En réalité, il n'y a que 16% des 85 600 collégiens parisiens qui sont issus de familles défavorisées », rappelle Julien Grenet, de l'Institut des politiques publiques, qui a dressé un état des lieux de cette « ségrégation », et qui publie ce jeudi le premier rapport sur les dispositifs mis en place après les attentats de 2015 pour lutter contre.
Trois «secteurs multi-collèges» à Paris
Face à ce problème, au sortir des attaques menées par les frères Kouachi, radicalisés au sein de la filière des Buttes-Chaumont (XIXe), Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l'Education nationale, décide en 2015, avec le rectorat et la Ville de Paris, de lancer une expérimentation dans les XVIIIe et XIXe arrondissements - ainsi que dans certaines villes de province. Elle fait fusionner les secteurs pour mettre fin à cette ghettoïsation qui servirait de terreau au séparatisme.
Trois « secteurs multi-collèges » sont ainsi instaurés. Avec un système de montée alternée : une rentrée, tous les élèves de CM2 des zones géographiques couvertes par les deux collèges Coysevox et Berlioz sont affectés au premier, puis l'année suivante, tous vont dans le second.
Dans d'autres cas, un algorithme se charge de la répartition des enfants, comme dans les duos d'établissements scolaires Curie-Philipe et Bergson-Pailleron. « Mais cela a parfois séparé des amis, et au départ il était difficile d'obtenir des données précises sur les catégories socio-professionnelles des parents. Des ajustements ont été nécessaires », note Julien Grenet.
Une méthode pérénisée, mais pas élargie
« Le bilan est encourageant, affirme-t-il dans son rapport. Deux des trois multi-collèges ont atteint leur objectif de mixité sociale et entraîné une nette diminution de l'évitement vers le privé (-30%). Dans le troisième secteur (Curie-Philipe), après des résultats initialement décevants, les écarts sociaux ont commencé à se résorber à partir de l'année 2019 et l'évitement vers le privé a reculé (-20%). »
Cette méthode a été prolongée cette année. Et devrait être pérennisée dans ces deux arrondissements. « Revenir en arrière reviendrait à recréer la ségrégation, ce serait indéfendable », estime Julien Grenet.
L'expérimentation devait être étendue à dix territoires au moins dans Paris. Mais à part une discussion en cours dans le XIVe, ce dispositif n'a pas d'avenir ailleurs. Dans le Xe, le XIIIe et à la frontière entre le XIIe et le XXe, ce projet s'est déjà heurté au veto des habitants et même… du corps enseignant, irrité de n'avoir pas été informé suffisamment par l'administration.
« Le rectorat ne fait rien pour que ça marche, fustigent élus et représentants des parents d'élèves. Ils communiquent mal. Et des aides ont été retirées un peu vite. » Celui-ci s'en défend : « On étudie encore cette riche expérimentation. Il faudra prendre le temps de réfléchir à d'autres implantations de ce dispositif qui est une solution parmi d'autres. »
«On n'a que des coups à prendre dans ce genre de projet»
« Dommage, c'est pourtant LA solution contre cette ségrégation et tout le monde y gagne, y compris les enfants issus de milieux favorisés, avance Sylvaine Baehrel, de la FCPE. Partout où c'est possible, il faudrait mettre en place cette méthode pour revenir à la mixité. On sait que ça marche, et il y a urgence à agir. Mais il faut pour cela une volonté politique et ce n'est plus le cas. » Ni en haut lieu depuis le changement de gouvernement, ni localement.
« Un élu sait qu'il joue son siège dans ce cas », lâche-t-on à la FCPE. « On a mis l'arrondissement du XVIIIe à feu et à sang quand on nous a dit que nos enfants iraient à Berlioz, souffle une maman plutôt réfractaire au départ. On avait peur pour leur sécurité, plus encore que pour l'apprentissage. »
Eric Lejoindre, maire (PS) sur ce secteur, a dû affronter des pétitions, des manifestations sous ses fenêtres et un collectif de parents avait payé un avocat pour attaquer la décision du Conseil de Paris. « On n'a que des coups à prendre dans ce genre de projet, mais peu importe, c'était une nécessité de faire quelque chose et on voit aujourd'hui que c'est une réussite », savoure-t-il, en mettant en avant le travail des associations très implantées localement qui l'ont aidé dans la longue concertation.
« Chez moi, même les parents du secteur défavorisé étaient contre, alors que j'étais vraiment partante, avance de son côté Alexandra Cordebard, l'édile du Xe. Il faut prendre le temps de convaincre et ce n'est pas facile. »
Et puis, des moyens sont nécessaires pour lever les dernières hésitations des protagonistes. « Si on n'avait pas eu l'assurance d'avoir en contrepartie davantage de dotations, on n'aurait pas facilité cette transition, admet une enseignante. Je venais de quitter le réseau d'éducation prioritaire, donc cela ne m'enchantait pas d'y replonger en quelque sorte. Mais à terme, notre ministère y gagnera car cela permettra de faire sortir du dispositif REP de nombreux établissements parisiens et donc de réaliser des économies. »
Les parents sont eux aussi quasi unanimes. « Désormais, vu l'équipe enseignante, la direction et les moyens, on préfère que notre deuxième fils aille dans le collège classé en REP, alors qu'avant on aurait joué sur les options pour l'éviter », sourit une mère de famille du XVIIIe.
                                         ________________________________________
 
« Il est regrettable que l’impulsion politique soit totalement retombée après 2017 »
 
Dans quel contexte avez-vous mis en place ce projet de lutte contre la ségrégation scolaire ?
 
Najat Vallaud-Belkacem. Après les attentats de janvier 2015, j'avais organisé des réunions partout sur le territoire. Nous en avons tiré des mesures et l'une d'entre elles, essentielle, était donc le travail sur la mixité sociale.Il fallait apporter une réponse à la véritable ségrégation sociale et scolaire. Le mot n'est pas trop fort : la ségrégation qui existe dans nos collèges n'est pas un ressenti ou un fantasme. C'est une réalité. 63% d'élèves d'origine sociale défavorisée sont scolarisés dans 10% seulement des collèges. Et nous en avons mesuré les effets délétères. Comment fonder durablement une société unie et cohérente, si les femmes et les hommes qui la composent ne se rencontrent jamais et ne se fréquentent pas
 
Comprenez-vous les réticences de certains parents ?
 
Comme l'ont montré des études internationales, la mixité sociale améliore le niveau des élèves les plus fragiles, sans tirer les autres vers le bas. Il n'y a donc aucun perdant.
 
Pourquoi ce dispositif n'a-t-il pas été étendu malgré le bilan positif ?
 
Pour cela, encore faut-il prendre ce sujet au sérieux. Il est regrettable que le soufflé et l'impulsion politique soient totalement retombés après 2017, lorsque l'alternance fut là.
Les projets déjà lancés ont été poursuivis par les équipes de terrain et des collectivités locales engagées, mais l'idée aurait en effet surtout été d'en lancer d'autres, de les soutenir même dans la difficulté, d'en tirer des leçons. Et de travailler à la montée en charge des dispositifs les plus pertinents.
 
Florian Loisy et Carole Sterlé
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Islamogauchisme: un épouvantail en retard d’une crise...

20 Février 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Islamogauchisme: un épouvantail en retard d’une crise...
Islamogauchisme: un épouvantail en retard d’une crise...

EXTRAITS

Jean-Michel Blanquer ou Frédérique Vidal en sont convaincus : l'islamogauchisme ravage l'université. Drôle de façon de considérer l'enseignement supérieur. Car ce terme, marqué au fer rouge de la haine raciste, en dit plus long sur l'idéologie de ceux qui l'emploient que sur le monde de la recherche.

La séquence qui se clôt avec le désaveu de la ministre de l’enseignement supérieur par le président de la République avait commencé après l’assassinat de Samuel Paty, le 16 octobre 2020. La résurgence brutale de l’imaginaire des attentats terroristes des années 2015-2016 suscitée par ce fait divers abject avait provoqué l’habituelle hystérisation du débat public, entretenue par les politiques et les médias islamophobes, ravis de l’aubaine.

Alors que le souvenir du terrorisme jihadiste commence à s’éloigner, le retour au premier plan de ses principaux motifs a en effet permis aux militants du choc des civilisations de se livrer à leur sport favori : l'instrumentalisation de l’émotion au profit de la dénonciation tous azimuts de prétendus complices, au premier rang desquels les forces de gauche et les milieux intellectuels, accusés de complaisance face aux dangers du fanatisme islamique.

Dans cette ambiance de chasse aux sorcières, Jean-Michel Blanquer, le premier, avait repris publiquement l’accusation familière de l’extrême-droite, estimant sur Europe 1 que « ce qu’on appelle communément l'islamogauchisme fait des ravages à l’université ».

Volant à la rescousse du ministre de l’éducation, le collectif Vigilance Universités, composé d’universitaires néoconservateurs, à l’origine de la plupart des pétitions et tribunes anti-décoloniales dans la presse depuis 2016, profitait à son tour de l'occasion pour réclamer la dénonciation des chercheurs accusés de déni« Nous demandons donc à la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de mettre en place des mesures de détection des dérives islamistes, de prendre clairement position contre les idéologies qui les sous-tendent, et d’engager nos universités dans ce combat pour la laïcité et la République en créant une instance chargée de faire remonter directement les cas d’atteintes aux principes républicains et à la liberté académique ».

(...)

Dans une réplique cinglante, la Conférence des présidents d’université appelle à « sortir des représentations caricaturales et des arguties de café du commerce », et à éviter de « raconter n'importe quoi ». A son tour, le CNRS dénie toute validité au concept d’«islamogauchisme» et «condamne avec fermeté celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique, indispensable à la démarche scientifique et à l’avancée des connaissances, ou stigmatiser certaines communautés scientifiques».

Devant l’indignation unanime des chercheurs, Macron perçoit le danger de donner prise à des accusations de mise au pas de l'université. Après l’épisode malheureux qui a vu le ministre Gérald Darmanin doubler Marine Le Pen sur sa droite, la maladresse de Vidal accentue l’image d’un gouvernement gangrené par le populisme. Mais surtout, ce sont les images de la misère d'étudiants en grande difficulté, contraints de recourir au secours alimentaire, qui ont renvoyé les accusations de déviance idéologique rejoindre Mao et Khomeiny dans les poubelles d'un lointain passé.

En attendant la prochaine diversion, le chiffon rouge islamogauchiste a bel et bien montré ses faiblesses. Loin de constituer une arme solide, il apparaît comme un collage hâtif et déjà vieillot, marqué au fer rouge par la haine raciste de l’extrême-droite – un épouvantail en retard d’une crise.

ANDRÉ GUNTHERT - Enseignant-chercheur, EHESS

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Frédérique Vidal, une ministre de l’enseignement supérieur dans la tourmente...

20 Février 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Frédérique Vidal, une ministre de l’enseignement supérieur dans la tourmente...

EXTRAITS

Décriée par une majorité d’universitaires depuis des mois, celle que ses détracteurs appellent le « bon petit soldat » prend le risque d’être lâchée par l’exécutif.

Maladresse ? Ballon d’essai ? Diversion ? Ou encore grosse fatigue, comme le prétend son entourage ? Alors qu’elle s’est faite très discrète pendant de longs mois sur la situation préoccupante des étudiants depuis le début de la crise sanitaire, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche est brusquement sortie de l’ombre. Dimanche 14 février, sur CNews, Frédérique Vidal annonce avec fermeté son intention de confier au CNRS une « enquête » afin de distinguer les recherches « militantes » des recherches « scientifiques », dans le vaste domaine des sciences sociales qui serait « gangrené » par l’« islamo-gauchisme ».

La Conférence des présidents d’université a exprimé aussitôt sa « stupeur », assimilant ces propos à « des arguties de café du commerce ». Ce n’est pourtant pas la première fois que cette ministre, pourtant si discrète, se brûle les ailes sur un sujet on ne peut plus inflammable : celui des « libertés académiques », consacrées par le Conseil constitutionnel au rang de principe fondamental. Elle avait en effet soutenu un amendement sénatorial à la loi de programmation de la recherche visant à conditionner ces libertés au respect des valeurs de la République. Pour éteindre la polémique et la « grève des écrans » entamée par les enseignants (les cours se tenant à distance), l’amendement avait été réécrit.

Mercredi, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a bien tenté de calmer la polémique à la sortie du conseil des ministres en rappelant l’« attachement absolu à l’indépendance des enseignants-chercheurs » porté par Emmanuel Macron et la « priorité » que constitue pour le gouvernement la situation critique des étudiants dans la crise sanitaire, cela n’a pas suffi à éteindre l’incendie. Même les présidents de grande université ayant coutume d’approuver la plupart des orientations ministérielles ont lâché la ministre, à l’instar de Michel Deneken (Strasbourg) ou encore de Jean Chambaz (Sorbonne Université), qui l’ont sommée de stopper cette « hystérisation » des débats.

(...)

« C’est la meilleure ministre de l’enseignement supérieur qu’un gouvernement ait jamais connu !, ironise Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine, lui-même enseignant-chercheur. Elle a réussi à appliquer à la lettre le programme présidentiel, notamment la sélection à l’université et la suppression du Conseil national des universités. Elle répond totalement à l’agenda de la transformation libérale de l’université », analyse-t-il.

En mars 2018 et en décembre 2020 sont adoptées les deux lois (orientation et réussite des étudiants et loi recherche) du « bon petit soldat Vidal », selon le sobriquet que lui attribuent ses détracteurs. Mais elles passent très difficilement. La première auprès des étudiants, des lycéens et même de leurs parents – Parcoursup instaurant une sélection à l’entrée à l’université sans que jamais la ministre assume le terme ; la seconde auprès des enseignants-chercheurs – la loi de programmation de la recherche aggravant à leurs yeux la précarité des emplois au lieu de renflouer sur la durée une recherche hexagonale en perte de vitesse. Dans les deux cas, grèves et manifestations se multiplient pendant des mois sans que la ministre s’en inquiète.

(...)

Pour certains observateurs, la rumeur d’une candidature aux élections régionales en tant que tête de liste dans le Sud-Est, non confirmée par la ministre, pourrait néanmoins expliquer cette sortie totalement à contretemps, à un moment où d’autres membres du gouvernement partent à l’offensive pour capter les électeurs de l’extrême droite. « La ministre a ouvert sciemment un débat politicien, probablement parce qu’elle cherche un débouché politique, analyse Jean-Yves Mérindol, ancien conseiller de François Hollande pour l’enseignement supérieur. Jean-Michel Blanquer n’a pas fait la bêtise d’aller commander une enquête visant les universitaires comme le fait Frédérique Vidal : après avoir lancé des accusations voisines, il se contente de taper sur Mélenchon. »

Soazig Le Nevé

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Retour sur la soirée d'échanges dédiée aux jeunes issus de l'immigration... (Vidéo)

19 Février 2021 , Rédigé par VersLeHaut Publié dans #Education

A l’occasion de la publication de son nouveau rapport “Éducation & Immigration : arrêtons le gâchis pour réussir ensemble ! », rédigé avec l’appui de BAIN & COMPANY, VersLeHaut a organisé une soirée d’échanges le 10 février 2021 pour favoriser la réussite et l’intégration des jeunes issus de l’immigration.

Télécharger le rapport

La soirée a débuté par une présentation des deux partenaires : VersLeHaut et BAIN & COMPANY. Après un état des lieux, il apparait évident que l’éducation doit être au coeur des défis migratoires.
Après avoir mis en lumière les enjeux liés à cette question, VersLeHaut est revenu sur 12 des 75 propositions présentes dans le rapport.

Télécharger la synthèse des propositions

Une première table-ronde a permis les témoignages de :
– Moussa CISSÉ, jeune MNA du Foyer Jean Zay à Asnières (Alefpa)
– Ibrahim DIAKITÉ, jeune MNA du Foyer Jean Zay à Asnières (Alefpa)
– Chenva TIEU, fondateur des Entretiens de l’Excellence
– Jeane DUFOUR, responsable de la Maison des familles, Les Buissonnets
– Hilda AMOAH, venue du Ghana, mère de 3 jeunes adultes

Puis une seconde table-ronde a donné la parole à des experts :
– Marie-Rose MORO, pédopsychiatre, cheffe de service à la maison de Solenn, fondatrice de l’Association Internationale d’EthnoPsychanalyse
– Camille AMILHAT, doctorante en science politique au CESSP-CNRS qui mène des recherches sur l’apprentissage de la citoyenneté à travers les cours d’Enseignement Moral et Civique

Les intervenants ont partagé de façon personnelle, et parfois très émouvante, leur parcours. Ensuite, les invités ont pu échanger, à distance, avec les intervenants après chaque table-ronde.

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Moselle : en pleine flambée des variants, les élèves du lycée Louis-Vincent de Metz ont l'impression d'aller "à une Covid party"

19 Février 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Moselle : en pleine flambée des variants, les élèves du lycée Louis-Vincent de Metz ont l'impression d'aller "à une Covid party"

EXTRAIT

Dans cet établissement, l'un des plus prestigieux de la capitale mosellane, un quart des professeurs était à l'isolement en milieu de semaine. Symbole d'une situation épidémique qui se tend partout dans le département.

Monsieur le proviseur a attendu que la sonnerie s'arrête, mardi 16 février, pour empoigner le micro central de l'établissement. "Petit message à nouveau. Nous poursuivons les pratiques qui sont en vigueur. Si le professeur avec lequel vous aviez cours est absent, (...) nous allons passer vous ouvrir la salle." Ces derniers temps, comme au supermarché du coin, la voix de Gérald Zavattiero résonne toute la journée dans les couloirs du lycée Louis-Vincent, niché à trois pas de la gare de Metz (Moselle). Annonce à la récré du matin, annonce à l'intercours de 11 heures, annonce pendant la cantine... "Vu la situation dans laquelle on est, c'est le meilleur moyen que j'ai trouvé pour toucher le plus efficacement possible nos 1 550 élèves", assure-t-il, en relâchant le bouton.

Le lycée Louis-Vincent, l'un des plus prestigieux de Metz, est devenu malgré lui le symbole de la tension sanitaire observée en Moselle, où les indicateurs de l'épidémie de Covid-19 sont encore plus dans le rouge que partout ailleurs en France. Entre le 6 et le 12 février, le taux d'incidence y était de 281 pour 100 000 habitants alors que la moyenne nationale stagnait à 189. Et au milieu de ces chiffres, le taux de variants inquiète"Plus d'un tiers des cas en circulation serait d'origine sud-africaine", a redit, pas plus tard que mardi 16 février, le ministre de la Santé devant l'Assemblée nationale. C'est le "seul endroit du territoire" où un tel taux est observé.

(...)

"Une 'Covid party'"

La situation n'amuse pourtant pas vraiment les parents d'élèves. "Notre fille, qui est en seconde, est en train littéralement de craquer, raconte à franceinfo une maman. Elle a débarqué dans notre chambre en pleurs, un soir à 22 heures, car elle venait d'apprendre qu'elle aurait une évaluation le lendemain. C'était la goutte d'eau pour elle, elle est perdue, stressée". "On n'en veut pas aux profs, on n'en veut pas au proviseur car ils font vraiment tout ce qu'ils peuvent pour que ça fonctionne. Mais comprenez que ce n'est pas possible de vivre ça", se permet d'intervenir le papa.

A la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), "on n'en veut pas" non plus à la direction du lycée "qui fait son maximum". Mais "force est de constater qu'ils ont épuisé toutes leurs ressources", s'agace Frédéric Gibert, le président de la FCPE au lycée Louis-Vincent. "Nos enfants ne nous disent plus qu'ils vont en cours, mais à une 'Covid party'. J'ai des familles qui sont en pleurs au téléphone, en stress. Il y en a qui préfèrent garder leurs enfants à la maison. D'autres familles, plus fragiles, ont peur d'attraper le virus à cause de leurs enfants." De son côté, le proviseur assure "ne pas avoir, pour l'heure, vu apparaître des motifs de cet ordre-là", mais "il se peut que ça arrive."

(...)

Raphaël Godet

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Dans les collèges et les lycées, les conséquences en cascade de la baisse des moyens...

19 Février 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Dans les collèges et les lycées, les conséquences en cascade de la baisse des moyens...

EXTRAITS

La « priorité à l’école primaire » se fait durement sentir dans les établissements du second degré, contraints d’absorber 1 800 suppressions de postes à la rentrée 2021. Celles-ci seront compensées par des heures supplémentaires, se défend l’éducation nationale.

La crise sanitaire aurait presque pu le faire oublier : chaque année, à la fin de l’hiver, l’éducation nationale ajuste sa dotation horaire globale (DHG), la répartition du budget annuel des établissements pour l’année suivante. Des collèges et des lycées tentent de négocier, et certains se mobilisent, pour éviter des baisses de moyens qui se traduisent en heures, voire en postes supprimés. Les baisses trop drastiques de budget peuvent menacer l’offre pédagogique, l’accompagnement des élèves et, à terme, leur attractivité.

Cette année, les suppressions concernent 1 800 postes (440 en 2020). Un solde ramené à zéro, plaide l’éducation nationale, grâce au recours aux heures supplémentaires qui représentent l’équivalent de 1 847 emplois à temps plein.

La baisse des moyens dans le secondaire, conséquence de la volonté du gouvernement de donner « la priorité à l’école primaire » depuis trois ans, produit des effets divers selon les situations : ici ce sont des heures de latin en moins ; là une option LV3 qui saute ; ailleurs des classes surchargées.

A l’échelle des établissements, cette arithmétique a « des conséquences évidentes sur la diversité des enseignements », assure Christine David-Kassel, professeure d’anglais et déléguée SNES au lycée Adrien-Zeller de Bouxwiller (Bas-Rhin). Ce petit établissement rural qui propose huit spécialités au bac (le minimum est de sept) voit la part des heures supplémentaires augmenter de près de moitié dans son budget.

Cette année, c’est l’espagnol LV3 qui est touché : cet enseignement n’est déjà plus proposé aux élèves de 2de« alors qu’on aurait eu les effectifs pour ouvrir un groupe », assure une enseignante de cette discipline. Contactée par Le Monde, l’académie insiste sur le fait que la répartition du budget a « fait l’objet d’un vote positif au conseil d’administration ».

(...)

Au lycée international Montebello de Lille, la spécialité langues et cultures de l’Antiquité, (quatre heures de cours en 1re et six heures en terminale) pourrait disparaître. « Nos latinistes sont peu nombreux cette année en 2de, regrette Céline, enseignante de latin dont le poste devrait être supprimé à la rentrée. Avec le Covid, nous n’avons pas pu faire le démarchage de fin d’année dans les classes de 3e, ni pendant les portes ouvertes du lycée. » La classe de latinistes étant réduite, seuls « un ou deux élèves sont intéressés » par la spécialité en 1re. Même si les deux enseignantes s’attendaient, comme les années précédentes, à des recrues de l’extérieur sur cette spécialité. Au lycée Montebello, les LV3 polonais et portugais n’ont pas ouvert cette année, et le néerlandais est menacé.

(...)

... « Les options LV3 ne rapportent plus rien au bac, souligne l’enseignante d’espagnol du lycée Adrien-Zeller de Bouxwiller. Les élèves sont moins nombreux à les choisir et les chefs d’établissement ont moins de scrupules à les fermer. »

Dans les collèges et lycées, dont certains se sont mobilisés depuis début février pour dénoncer la baisse des moyens, les heures en moins signent aussi la fin des dispositifs d’aide, financés sur les « marges » du budget : les heures en demi-groupes, l’accompagnement personnalisé pour les élèves en difficulté et les projets interdisciplinaires.

(...)

Les baisses de moyens « touchent tous les types d’établissements, quelles que soient leurs caractéristiques », analyse Sophie Vénétitay, du SNES-FSU. Mais elles sont plus visibles « là où il restait encore de la marge », soit parce que les collèges sont en éducation prioritaire, comme à Périers, soit parce que les nombreuses options proposées généraient jusqu’ici une dotation plus large – comme au lycée Montebello de Lille.

(...)

Au collège Jules-Ferry (9arrondissement de Paris), les cours d’italien, d’allemand et d’anglais en LV2, normalement proposés à partir de la 5e, ne devraient plus faire partie de l’offre à la rentrée, selon les projections transmises aux enseignants par la direction de l’établissement.

(...)

Violaine Morin

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Covid : un risque de contaminations plus élevé à l’école que dans un lieu culturel ?

18 Février 2021 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education

Covid : un risque de contaminations plus élevé à l’école que dans un lieu culturel ?

Selon une récente étude allemande, il y a six fois plus de chances d'être contaminé par le Covid-19 à l'école que dans un lieu culturel, comme un musée ou un théâtre, si les gestes barrières sont respectés. L’étude, qui ne prend pas en compte les nouvelles mutations du virus, pourrait raviver l’espoir du monde de la culture.

Face aux restrictions liées à la crise sanitaire, le monde de la culture s’impatiente. Les directeurs de festivals de musiques actuelles ont rendez-vous jeudi après-midi avec Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture. Et peut-être vont-ils voir une lueur d’espoir dans une récente étude allemande qui tend à montrer qu'il y a six fois plus de chances d'être contaminé par le Covid-19 à l'école que dans un lieu de culture, y compris clos comme les musées, les théâtres et les concerts. Une seule obligation : respecter les gestes barrières comme le port du masque, la distanciation physique, et une jauge de 30%.

Car le public est silencieux, il émet moins d'aérosols

Dans le détail, le professeur Martin Kriegel de l'université technique de Berlin et l'ingénieure Anne Hartmann estiment que le fameux R, c'est à dire le risque de contamination par une personne malade, est de 0.5 dans les lieux culturels. Selon eux, c'est deux fois plus dans un supermarché, trois fois plus dans un open space ou dans un train, et six fois plus, donc, à l'école.  

Les responsables de l'étude expliquent que dans ces espaces culturels, le public est souvent silencieux, et émet donc moins d'aérosols responsables de la majorité des contaminations, ce qui ne manque pas d'apporter des arguments au monde de la culture qui crie depuis des semaines sa volonté de rouvrir en respectant un protocole strict. Mais, précision importante, cette étude ne prend pas en compte les nouvelles mutations du virus et leur probable plus grande contagiosité.

Fermer les lieux culturels pour réduire les brassages de population

Au-delà du risque de contamination, les autorités françaises justifient la fermeture des lieux de culture aussi par la volonté de réduire les brassages de population. Dire 'oui' au monde de la culture pour rouvrir entrainerait sans doute un effet domino, chaque secteur touché par ces fermetures réclamant à son tour une exception.

Europe 1
Par Mathieu Charrier édité par Léa Leostic
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« Islamo-gauchisme » : un terme sans « aucune réalité scientifique » selon le CNRS, Frédérique Vidal sous pression

18 Février 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

« Islamo-gauchisme » : un terme sans « aucune réalité scientifique » selon le CNRS, Frédérique Vidal sous pression

EXTRAITS

La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche est critiquée jusqu’au sein de la majorité pour s’être trompée de priorité en demandant au CNRS une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université.

(...)

Recadrage au sommet

Le recadrage au sommet s’est fait en termes policés à l’issue du conseil des ministres, mercredi. Emmanuel Macron a répété son « attachement absolu à l’indépendance des enseignants-chercheurs », selon le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, prenant ainsi ses distances avec l’étude demandée par Frédérique Vidal.

Puis Gabriel Attal a encore rappelé que « la priorité pour le gouvernement, c’est évidemment la situation des étudiants dans la crise sanitaire, c’est évidemment la possibilité d’apporter un soutien financier aux étudiants en difficulté, c’est évidemment de permettre aux étudiants qui le souhaitent de pouvoir revenir progressivement en présentiel à l’université », rejoignant plusieurs voix au sein de la majorité appelant Mme Vidal à se concentrer d’abord sur ces points. « Quand elle est sur un plateau de télévision, elle devrait être obsédée par la vie des étudiants, pas sortir ce genre de choses », se désole un cadre de la majorité.

L’enjeu politique est énorme pour l’exécutif qui voit fleurir les images d’étudiants dans les files d’attente devant des banques alimentaires, et les témoignages de détresse psychologique chez les jeunes. Ce hiatus a d’ailleurs été exploité par l’opposition, à l’image du sénateur (communiste) des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias qui, interpellant le gouvernement sur les aides économiques pour les jeunes, a proposé avec ironie à Mme Vidal de « demander au CNRS à lancer une enquête sur le sujet ».

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... Le centre de recherche a par ailleurs tenu à « condamner avec fermeté celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique indispensable à la démarche scientifique et à l’avancée des connaissances, ou stigmatiser certaines communautés scientifiques ». 

« On va demander à nos chercheurs du CNRS de devenir des flics qui enquêtent sur leur propre université, c’est absurde, il s’agit d’un dérapage incompréhensible », abonde auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Michel Deneken, administrateur provisoire à l’université de Strasbourg, mettant cette initiative sur le compte d’une stratégie politique pour « rallier la droite avant les élections régionales et la présidentielle ».

Le sillon, qui avait déjà été emprunté en octobre 2020 par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, était en effet creusé depuis plusieurs mois par la droite, dont le député Les Républicains (LR) de Vaucluse Julien Aubert, qui réclamait une mission parlementaire sur la question.

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La polémique relance en tout cas les critiques autour de Mme Vidal, universitaire reconnue, spécialiste de la génétique moléculaire, mais accusée de manquer de poids et de sens politiques. L’adoption en novembre 2020 de la loi de programmation pour la recherche, son texte phare, a ainsi été polluée par des amendements controversés, notamment sur le « délit d’entrave » dans les facs. « On lui a confié une loi historique, et le truc passe sous les radars », tempête encore un poids lourd de la majorité.

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Le Monde avec AFP

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«Islamo-gauchisme»: Vidal provoque la consternation chez les chercheurs

18 Février 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Université

«Islamo-gauchisme»: Vidal provoque la consternation chez les chercheurs

EXTRAITS

En annonçant commander au CNRS une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université, la ministre a suscité l’ire du monde de la recherche. Les présidents d’université dénoncent « une pseudo-notion qu’il conviendrait de laisser […] à l’extrême droite ». Les appels à sa démission se multiplient.

Particulièrement transparente ces derniers mois malgré la crise grave que connaît l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal embrase la communauté universitaire, abasourdie par son intention de commander « une enquête » au CNRS sur « l’islamo-gauchisme » à l’université.

Tout est parti d’un entretien pour le moins sidérant accordé par la ministre, dimanche 14 février, à CNews, la chaîne préférée de l’extrême droite. Interrogée par Jean-Pierre Elkabbach sur la récente une du Figaro titrée « Comment l’islamo-gauchisme gangrène l’université », la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a commencé par acquiescer à ce « constat ».

« Ce qu’on observe à l’université, c’est que des gens peuvent utiliser leurs titres et l’aura qu’ils ont […]. Ils sont minoritaires et certains le font pour porter des idées radicales ou des idées militantes de l’islamo-gauchisme en regardant toujours tout par le prisme de leur volonté de diviser, de fracturer, de désigner l’ennemi », commence-t-elle par affirmer.

© The Sound of Science

« Vous ajoutez aussi les indigénistes qui disent la race, le genre, la classe sociale… tout ça, ça forme un tout ? », la relance doctement Jean-Pierre Elkabbach.

Nullement gênée par l’incroyable confusion de la question, la ministre acquiesce à nouveau. « Absolument. D’ailleurs en biologie cela fait bien longtemps qu’on sait qu’il n’y a qu’une espèce humaine et qu’il n’y a pas de race donc vous voyez à quel point je suis tranquille avec ce sujet-là », répond-elle, montrant combien les récents débats scientifiques sur la notion de « race » dans les sciences sociales lui ont totalement échappé.

« Oui, vous, vous êtes tranquille, mais il y a des minorités et elles sont agissantes… », relance encore le journaliste en agitant les doigts – une gestuelle censée représenter une forme d’infiltration de ces « minorités » à l’université.

« Il y a une sorte d’alliance entre Mao Zedong et l’ayatollah Khomeini ? », suggère encore un Jean-Pierre Elkabbach à qui le sujet tient manifestement à cœur.

« Vous avez raison. Mais c’est pour cela qu’à chaque fois qu’un incident se produit, il est sanctionné, à chaque fois que quelque chose est empêché, c’est reprogrammé, mais je crois que l’immense majorité des universitaires sont conscients de cela et luttent contre cela », avance Frédérique Vidal, sans que le spectateur, à ce stade, sache très bien ce que « cela » désigne, perdu entre les différentes chimères de « l’islamo-maoïsme » et du « féminisme-racialiste »…

« C’est pour cela que je vais demander, notamment au CNRS, de faire une enquête sur l’ensemble des courants de recherche, sur ces sujets, dans l’université, de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève du militantisme, de l’opinion », lance alors la ministre.

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Le but de cette « enquête » confiée au CNRS est-il d’identifier des éléments potentiellement idéologiquement dangereux au sein de la communauté universitaire ? Sur ce point également, la Conférence des présidents d’université (CPU) tient à mettre les choses au point : « La CPU regrette la confusion entre ce qui relève de la liberté académique, la liberté de recherche dont l’évaluation par les pairs est garante, et ce qui relève d’éventuelles fautes et infractions, qui font l’objet si nécessaire d’enquêtes administratives », et qui sont confiées dans ce cas à l’Inspection générale de l’éducation.

« La CPU s’étonne aussi de l’instrumentalisation du CNRS dont les missions ne sont en aucun cas de produire des évaluations du travail des enseignants-chercheurs, ou encore d’éclaircir de qui relève “du militantisme ou de l’opinion”, cingle l’organisation. Si le gouvernement a besoin d’analyses, de contradictions, de discours scientifiques étayés pour l’aider à sortir des représentations caricaturales et des arguties de café du commerce, les universités se tiennent à sa disposition. Le débat politique n’est par principe pas un débat scientifique : il ne doit pas pour autant conduire à raconter n’importe quoi. »

Sauf qu’en matière de « n’importe quoi », la CPU et le monde de la recherche plus généralement n’avaient, sans doute, pas encore tout entendu. Questionnée mardi par la députée Bénédicte Taurine (La France insoumise) sur sa volonté de créer une « police de la pensée », Frédérique Vidal a eu cette réponse étonnante : « Alors, oui, en sociologie on appelle ça mener une enquête. Oui, je vais demander à ce qu’on fasse un bilan de l’ensemble des recherches qui se déroulent actuellement dans notre pays… Sur le postcolonialisme… Mais moi, vous savez, j’ai été extrêmement choquée de voir apparaître au Capitole un drapeau confédéré et je pense qu’il est essentiel que les sciences sociales se penchent sur ces questions qui sont encore aujourd’hui d’actualité. »

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Pour l’historienne Camille Lefebvre, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l’Afrique aux XVIIIe et XIXe siècles, cette annonce de Frédérique Vidal s’inscrit dans « un pur enjeu électoral consistant à placer la question de l’islam au cœur de la prochaine campagne présidentielle. Le problème c’est que c’est un discours performatif et qu’ils n’en mesurent pas les conséquences », souligne-t-elle, décrivant des discours stigmatisants « qui blessent une partie de la société française à qui l’on veut faire comprendre qu’elle doit rester à sa place ».

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Le président, passé de la lecture de Paul Ricœur à celle de Pierre-André Taguieff et sa dénonciation des « bonimenteurs du postcolonial », avait déjà affirmé en juin dernier devant des journalistes que « le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux ».

Aujourd’hui, sous les coups de boutoir d’un pouvoir obsédé par la mise au pas de la communauté universitaire, ce sont surtout les enseignants, les chercheurs et plus largement les libertés académiques qui sont menacés.

Lucie Delaporte

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Frédérique Vidal et "l'islamo-gauchisme" : "Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels", selon le syndicat enseignant SNESUP-FSU

17 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Université

Frédérique Vidal et "l'islamo-gauchisme" : "Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels", selon le syndicat enseignant SNESUP-FSU

Christophe Voilliot, co-secrétaire général du SNESUP-FSU, maître de conférences en science politique à l'Université Paris-Nanterre, revient sur franceinfo sur les propos de Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, qui a créé la polémique en parlant d'"islamo-gauchisme" dans les universités.

La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a créé la polémique en parlant d'"islamo-gauchisme" dans les universités. Elle souhaite charger le CNRS d'enquêter à l'université pour distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l'opinion. "Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels de l'enseignement supérieur", a réagi mercredi 17 février sur franceinfo Christophe Voilliot co-secrétaire général SNESUP-FSU, maître de conférences en science politique à l'Université Paris-Nanterre (Sophiapol).

franceinfo : Que pensez-vous de cette annonce ?

Christophe Voilliot : Ses propos viennent dans un contexte très particulier où l'université est attaquée par l'extrême droite, les Identitaires, par une partie de la presse. C'est très grave qu'une ministre de l'Enseignement supérieur se fasse l'écho de ces attaques en portant atteinte d'une manière inédite aux libertés académiques. Sans liberté de la recherche, il n'y a pas de recherche possible, sans liberté d'expression il n'y a pas d'enseignement possible à l'université. Ce sont ces principes cardinaux que la ministre vient de remettre en cause.

Est-ce que vous attendez qu'elle renouvelle son soutien ?

Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels de l'enseignement supérieur. Quand on demande à des chercheurs du CNRS d'enquêter, et non pas d'évaluer comme nous le faisons au quotidien, sur le travail de leurs collègues nous avons l'impression de basculer sur quelque chose qui ressemble à un régime policier.

Réclamez-vous sa démission ?

Non, en tant qu'organisation syndicale nous n'avons pas à demander la démission d'une ministre. Nous souhaitons qu'elle revienne sur ses propos et qu'elle change de politique et que son projet d'enquête soit immédiatement abandonné.

En quoi cela n'est-ce pas une question universitaire ?

C'est une question aujourd'hui qui fait l'objet d'un débat public, de prises de position. Le terme islamo-gauchisme peut parfaitement être employé, je ne vais pas empêcher quiconque d'employer ce mot. Mais ce n'est pas parce qu'il existe qu'il renvoie directement à des travaux universitaires et que l'on peut considérer que ce serait un concept qui serait mis en avant dans des travaux universitaires qui auraient des visées politiques cachées par leurs auteurs. Ce terme fonctionne comme un stigmate vis-à-vis des universitaires et ça c'est très grave.

Est-ce qu'il faut améliorer les conditions de débat ?

Il faut recréer les conditions d'un débat serein sur l'ensemble des questions que ce soit des questions de société, des questions qui touchent à la science, au sein des universités. Pour se faire, il faut qu'on arrête ce type de petites phrases. Peut-être faudrait-il aller plus loin. Il serait nécessaire d'adjoindre au texte de la Constitution une référence à la défense et à la préservation des libertés académiques comme cela existe dans d'autres pays comme l'Allemagne. La seule chose que nous demandons c'est qu'on nous laisse travailler, qu'on nous laisse diffuser les résultats de nos travaux, après personne n'est obligé d'être d'accord avec nous. Mais si on veut débattre il faut le faire à partir des travaux de recherche et pas à partir de la réputation d'un chercheur, d'une équipe ou d'un établissement.

 

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