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Vivement l'Ecole!

Articles avec #education tag

Cette Ecole qu'on nous prépare... Zéro de conduite...

18 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Assistant à la projection du chef-d'oeuvre de François Truffaut, Les quatre-cents coups, réalisé alors qu'il n'avait que vingt-neuf ans, observant d'un œil amusé le regard porté par le réalisateur de L'Enfant Sauvage sur l'école et les mentalités des années cinquante, je ne pus m'empêcher d'établir un parallèle avec un autre réalisateur, très antérieur mais du même âge : Jean Vigo et son seul film connu, Zéro de conduite (1930). Mort, lui, à vingt-neuf ans, l'anarchiste poète du cinéma français y montrait, entre autres, un internat de jeunes garçons qui, un soir, décident de « prendre le pouvoir » dans un remake symbolique d'une prise de la Bastille improvisée.

Internat dirigé par un maître dépassé par les événements (ce n'était pas mieux avant; c'était même pire) au cours d'une mémorable bataille de polochons terminée au milieu des plumes et des chemises de nuit blanches, chemise de nuit qu'un des élèves soulève un dixième de seconde, dévoilant sa virilité adolescente, ce qui valut à Zéro de conduite d'être censuré jusqu'en 1949... Ce qui interdit à Jean Vigo, disparu trop tôt, de voir son film enfin en salles.

Outre le fait que ces metteurs en scène ont su et voulu dépeindre une jeunesse  "réelle" et non idéalisée comme celle que le cinéma français a repris la mauvaise habitude de nous vendre (à part les exceptions notables de Doillon, Kiarostami et Laurent Cantet, évidemment, avec son magnifique Entre les murs, Palme d'or à Cannes), outre le fait que l'école des Truffaut et Vigo n'était en aucun cas l'illustration exemplaire du trop fameux et mensonger « C'était mieux avant », j'établissais au cours de la projection un parallèle, peut-être audacieux, avec ce qu'avaient su faire les metteurs en scène de la nouvelle vague - rompre avec les habitudes d'un cinéma lissé, en ordre, aux mains des scénaristes, avec des comédiens-marionnettes et des sujets convenus dans des décors artificiels - et ce que nous, enseignants au sens large du terme, ne savons pas (ou ne voulons pas) faire, c'est à dire, dans une nouvelle vague éducative, renverser la table, rompre avec les mauvaises manières, proposer - imposer? - d'autres pistes, utiliser ce qu'il y a de meilleur dans l'existant (Truffaut racontait des histoires de manière très « classique ») sans craindre la nouveauté ou ce qu'on appelle « nouveauté » mais qui est parfois fort ancien.

Nous disposons pourtant, depuis des années, des travaux de nos Truffaut, Godard, Chabrol, Rivette de l’Éducation. Hélas les résistances sont restées fortes, y compris à l'intérieur de notre institution. Nous n'avons pas su lire nos Cahiers du Cinéma à nous, cette Bible qui fit avancer le 7e art français, le dépoussiéra, lui fit obtenir des lettres de noblesse auprès des plus grands metteurs en scène étrangers (il faut relire les entretiens Truffaut-Hitchkok, monument d'intelligence créatrice et fondatrice).

Notre école est restée trop souvent celle des prudences, des convenances et du "politiquement très correct": disciplines, traditions... Nous voyons notre école à la manière d'un Gérard Jugnot quand il conviendrait de la considérer à celle d' un Jacques Doillon ou, mieux encore, d'un Jean Vigo...

Notre école préfère encore trop souvent - à quelques exceptions heureuses et notables près - se conformer à des habitudes "rassurantes" utiles aux meilleurs, donnant l'illusion que tout va bien dans le meilleur des mondes quand tout ne va bien que pour une minorité...

« Dites M'sieur, c'est quand la nouvelle vague ? »

Si Jean Vigo revenait parmi nous, j'en suis persuadé, il nous mettrait Zéro de conduite...

Christophe Chartreux

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Sur le chemin de l'école... Lundi 4 septembre - 20h50 - France 5

17 Août 2017 , Rédigé par France Télévision Publié dans #Education, #Cinéma

LUNDI 4 SEPTEMBRE À 20.50

                                          SUR LE CHEMIN DE L'ÉCOLE

       première diffusion à la télévision du long-métrage

A la rentrée 2017, France 5 propose la première diffusion à la télévision du film "Sur le chemin de l'école" de Pascal Plisson, le lundi 4 septembre. Ce film césarisé en 2014 et qui restera comme un événement nous a fait découvrir l'histoire de 4 enfants du bout du monde qui avaient en commun la volonté inébranlable d'aller à l'école. Cette soirée sera suivie de la diffusion de la saison 2 inédite, "Les Chemins de l'école". De nouvelles épopées des temps modernes qui nous font découvrir des lieux où accéder au savoir reste une aventure.

LUNDI 4 SEPTEMBRE À 20.50 > SUR LE CHEMIN DE L'ÉCOLE (César du meilleur documentaire en 2014)

Suivez quatre enfants qui vivent aux quatre coins du globe mais qui partagent la même soif d'apprendre. Ils ont compris que seule l'instruction leur permettra un jour d'améliorer leur vie, et c'est pour cela que chaque jour, dans des paysages incroyables, ils se lancent dans un périple à haut risque qui les conduira vers le savoir.

  • Jackson, 11 ans, vit au Kenya et parcourt matin et soir quinze kilomètres avec sa petite sœur au milieu de la savane et des animaux sauvages…
  • Zahira, 12 ans, habite dans les montagnes escarpées de l’Atlas marocain, et c’est une journée de marche exténuante qui l’attend pour rejoindre son internat avec ses deux amies…
  • Samuel, 13 ans, vit en Inde et chaque jour, les quatre kilomètres qu’il doit accomplir sont une épreuve parce qu’il n’a pas l’usage de ses jambes. Ses deux jeunes frères poussent pendant plus d’une heure son fauteuil roulant bricolé jusqu’à l’école…
  • C’est sur un cheval que Carlos, 11 ans, traverse les plaines de Patagonie sur plus de dix-huit kilomètres. Emmenant sa petite sœur avec lui, il accomplit cet exploit deux fois par jour, quel que soit le temps … 

LA SEMAINE SUIVANTE > RETROUVEZ SUR FRANCE 5 LE PREMIER INÉDIT DE LA SÉRIE > Les chemins de l'école de Mabally, Nasta et Alfredo (saison 2)

Loin de notre monde, sur des terres inconnues, des enfants, entre 7 et 13 ans, déplacent des montagnes pour aller à l'école.
Mabally, Nasta, Alfredo (Cameroun, Mayotte, Mexique), Luminita, William, Niessa, Nicol (Roumanie, Pérou, Philippines), Stas, Chanda, San et Waï (Sibérie, Inde, Birmanie) vivent à des milliers de kilomètres les uns des autres, mais partagent le même espoir d'un avenir meilleur grâce à l'éducation.

Dans les épisodes de cette deuxième saison, le défi pour tous ces enfants reste le même, qu'ils se déplacent à pied ou en traîneau, qu'ils traversent des forêts obscures, des montagnes ou les sentiers de terre des bidonvilles, qu'ils soient Pygmées, bergers, vendeurs à la sauvette, nomades ou ramasseurs de charbon. Leurs périples nous font découvrir des lieux où accéder au savoir reste une aventure...

La série documentaire a pu voir le jour grâce, au soutien de l'Association Sur le Chemin de l'école, l'Unesco, les associations Plan international ou Aide et Action. Fondée par Pascal Plisson et Barthélémy Fougea, l'association Sur le chemin de l'école contribue à la scolarisation d'enfants à travers le monde et suit toujours les enfants aujourd'hui.

SUR LES CHEMINS DE L'ÉCOLE > L'AVENTURE CONTINUE 

> Parallèlement Francetvéducation propose en accompagnement du dispositif antenne un serious game, des extraits de la saison 2, une newsletter et un relais sur les réseaux sociaux.

> A partir du 11 septembre, le programme sera disponible en VOD sur france.tv.

Visuel DVD>Dès le 27 septembre, Francetvdistribution propose un coffret DVD de la saison 2 des Chemins de l’école

> Calendrier des sorties en librairie
• 28 août : Nathan – Roman jeunesse, 9ème opus : San - Birmanie-
• 31 août : Hoëbeke – Beau livre Tome II, Les chemins de l'école, l'aventure continue
• 1er septembre : Dargaud – BD Le plus long chemin de l’école

SUR LE CHEMIN DE L'ÉCOLE
Long-métrage documentaire de 74 Min - un film de Pascal Plisson - produit par Barthélémy Fougea - Une coproduction Winds / Ymagis / Herodiade - scénario Marie-Claire Javoy et Pascal Plisson - sur une idée originale de Pascal Plisson- Année 2013. 
(+ de 1 400 000 spectateurs en France)

LES CHEMINS DE L'ÉCOLE 
3x52' - Saison 2 inédite - une coproduction Winds (Barthélémy Fougea), Macha Prod (Stéphanie Schorter), avec la participation de France Télévisions - sur une idée originale de Pascal Plisson - musique originale Laurent Ferlet - Année 2017
 - Frédéric Brunnquell pour Les chemins de l’école de Mabally, Nasta et Alfredo
 - Edouard Douek pour Les chemins de l’école de Stas, Chanda, San et Waï 
 - Emmanuel Guionet et Bertrand Collard (en collaboration avec Edouard Douek) pour Les chemins de l’école de Luminita, William, Niessa et Nicol 
(Les 3x52' de la saison 1 ont été diffusés sur France 5 à partir du 26/04/2015)

Contact presse
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Blanquer: le redoublant du dédoublement... Par Claude Lelièvre...

16 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

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Le nouveau ministre de l'Education nationale qui se targue de fonder sa politique scolaire sur des données scientifiques se fonde en fait sur celles qui l'arrangent, à un moment donné. Ses réactions aux résultats des recherches sur les dédoublements de classe au CP et au CE1 sont exemplaires à cet égard.

C'est l'excellent site ToutEduc qui a levé le lièvre. Extraits de la « Lettre de ToutEduc » du 28 juin 2017 : « C'est sur le fondement de son "étude de terrain incontestable" (selon les termes du site de l'Education nationale) qu'Emmanuel Macron a inscrit dans son programme la limitation à 12 du nombre d'élèves par classe de CP et de CE1. Il s'agit en réalité d'un "réexamen des données de l'expérimentation CP à effectifs réduits" menée en 2002-2003 à la demande de Luc Ferry. A partir de ces données, recueillies par la DEPP, le service statistique de l'Education nationale avait conclu à "un intérêt pratiquement nul" de ces classes de 10 élèves, ce que Pascal Bressous conteste au terme de ce "réexamen". A l'époque, en 2003, il n'avait pas publié les résultats de ce travail. Avec son collègue Laurent Lima, Pascal Bressous les a repris en 2011 dans un article de controverse scientifique. Et les deux auteurs [...] dénoncent "les politiques" qui ne cherchent pas "à avoir les informations [scientifiques] les plus complètes possibles" ; il s'agissait alors de Luc Chatel et ... de Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'enseignement scolaire ».

Il est vrai que les premières conclusions de la DEPP (celles de 2003) les arrangeaient puisqu'ils menaient une politique drastique de diminution du nombre de professeurs, alors que celles publiées en 2011 – au contraire - les dérangeaient (donc silence dans les rangs).

Extraits de l'interview de Pascal Bressous dans ToutEduc (22 juin 2017).

ToutEduc : « Du temps où Jean-Michel Blanquer était DGESCO, l'annonce de la réduction des postes d'enseignants, donc de l'augmentation des effectifs par classe, vous avait fait monter au créneau. Maintenant, il cite votre étude pour justifier le dédoublement des CP. Vous en pensez quoi ? »

Pascal Bressoux : « C'est une proposition de Macron. J'imagine que Blanquer se coule dans les volontés du président de la République. De la même manière que la réduction du nombre d'enseignants était une volonté de Nicolas Sarkozy. Quand ils avaient lancé cette mesure, ils n'avaient néanmoins pas à disposition les résultats de notre étude, que nous avons sortie en réaction à ça. Mais ce qui n'était pas très acceptable, c'est qu'ils avaient quand même à disposition des résultats de la recherche internationale. Et Luc Ferry avait eu en main un rapport, remis en 2001 par Denis Meuret au Haut conseil d'évaluation de l'école, qui concluait : 'il y a un effet, à condition de réduire beaucoup, dans les zones défavorisées, et en début de scolarité' »

Par ailleurs, il ne faut surtout pas oublier un élément essentiel de l'étude menée par Pascal Bressous et Laurent Lima publiée en 2011 et qui sert maintenant de référence ministérielle (voire présidentielle) : le dédoublement doit (au moins) continuer en CE1 pour avoir un effet durable.

Extraits de l'interview de Pascal Bressous dans ToutEduc du 22 juin 2017. Pascal Bressoux : « Nous avons conduit cette étude en 2002-2003 dans 10 académies, auprès de 100 classes de CP situées en zones d'éducation prioritaire réduites à une dizaine d'élèves (entre 8 et 12), que nous avons comparées à 100 autres classes témoins de 21 élèves en moyenne. En raisonnant à niveau initial identique, les élèves progressent plus dans les classes à effectifs réduits. Et la différence, au terme d'une année, est un petit peu au-dessus de 0,2 écart type. Ce n'est pas un effet monstrueux, encore que tout se discute, mais c'est un effet qui est tout de même très sensible »

ToutEduc : » Les élèves concernés conservaient-ils cet avantage dans les niveaux suivants ? »

Pascal Bressoux : « Non, l'avantage se dissipait en fin de CE1, ce qui est assez concordant avec des études internationales qui ont montré que pour avoir des effets durables, il faudrait que les élèves restent deux ou trois années dans une classe réduite. Il faut donc garder ces tailles de classes en CP et CE1 et, dans l'idéal, aussi en CE2 ».

Pour la rentrée 2017, on en est à la mise en place circonscrite (mais déjà difficile à mettre effectivement en œuvre ) des dédoublements du seul CP pour les seuls Rep+ . Dans le « Journal du Dimanche » du 23 juillet dernier, le ministre de l'Education nationale a indiqué qu' « en réseau prioritaire renforcé 2500 classes vont bénéficier de deux maîtres dès septembre. Dans 70% des cas, les locaux permettent d'avoir deux classes de 12 élèves au lieu de 24. Ailleurs, deux enseignants interviendront ensemble dans la classe ».

Mais si l'on a bien compris les promesses présidentielles et ministérielles, ce dispositif devrait s'étendre à toutes les REP (environ 20% des 52000 écoles selon le ministère). Surtout, si l'on suit la justification scientifique invoquée (celle de Bressous et Lima qui insistent sur un effet nul à terme si le dédoublement se limite au CP), une montée en charge immédiate est indispensable l'année prochaine (au moins dans tous les CE1 des REP+), sans compter les extensions dans les autres REP (qui sont plus nombreux que les REP+).

En l'absence de données ministérielles calculées, on peut tenter une estimation du nombre de créations de postes nécessaires pour tenir cet engagement. On compte 364 réseaux REP+ (un collège + les écoles correspondantes) soit, en 2015, 2 586 écoles et 731 REP (soit le double). Si on considère qu'il a fallu 2 400 enseignants pour dédoubler les CP en REP+, on peut compter qu'il en faut autant pour les CE1 et si on considère qu'il y a 2 fois plus de REP que de REP+, on retrouve 2 400 + 2 400 + 4 800 + 4 800 =  14 400

Sachant qu'on comptait en 2015 quelque 715 000 élèves de 6 ans et 711 000 élèves de 7 ans (dans le public uniquement) et que 18 % des élèves sont en REP ou REP+, on a, approximativement, 256 500 élèves en CP et CE1, ce qui représenterait 21 390 classes de 12 élèves. Le nombre des enseignants nécessaire au dédoublement est donc compris entre 10 et 14 000, mais plus proche de 14 000 que de 10....

A moins d'une montée très rapide en puissance de créations de postes dans le primaire, cela est impossible ou affectera sensiblement le nombre des remplaçants et le nombre d'élèves par classe hors ZEP. On espère que le ministre de l'Education nationale, le Premier ministre et le président de la République savent compter et que l'on peut compter sur eux . Et vite, clairement, sans ''comptes d'apothicaire''. On attend des annonces chiffrées et programmées. Pas des ''annonces en l'air.''

Claude Lelièvre

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10 propositions pour changer l'école... Encore et toujours d'actualité....

16 Août 2017 , Rédigé par Sciences Po Publié dans #Education

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« Le constat n'est plus à faire. Des comparaisons internationales aux drames de janvier 2015, il est évident que l'école ne tient pas ses promesses d'efficacité, de justice et d'émancipation de tous. Il est grand temps désormais de proposer des changements profonds et efficaces. Loin d'une énième réforme, détaillée ou cosmétique, touchant au coup par coup programmes, temps scolaire, langues locales ou cantines... François Dubet et Marie Duru-Bellat ont identifié les dix points cruciaux sur lesquels il est possible d'agir vite pour changer l'école. De la formation des enseignants à la définition des contenus fondamentaux - que voulons-nous transmettre, de quoi les jeunes auront-ils besoin - en passant par l'apprentissage à l'égalité, à la citoyenneté, à la laïcité, des définitions claires, des idées fortes aideront à poser un cadre d'action. Le rôle de l'État, tant dans la définition de ces principes que dans le financement de l'éducation (État / collectivités locales) ; celui de l'entreprise qui doit intervenir dans l'apprentissage, dans la formation courte ou longue et l'intégration des jeunes ; celui de la famille enfin, de sa place et de sa responsabilité dans l'éducation... sont discutés, définis, et font l'objet de propositions claires et argumentées. Un livre court, qui ne mâche pas ses mots, s'attaque au coeur du sujet et n'oublie aucun des acteurs concernés : les maîtres, les élèves, chaque citoyen et les élus. »

10 propositions pour changer d'école

François Dubet et Marie Duru-Bellat

Éditions du Seuil - Août 2015 - 160 p. - ISBN-13: 978-2021280258

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Education - Des réformes oui. Mais à inscrire dans le "temps long"...

16 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

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Le débat qui a agité l’institution Ecole dès l'arrivée du nouveau Ministre de l'Education Nationale fut centré sur les "rythmes scolaires". A nouveau devrais-je dire puisque ce débat est récurrent. Envahissant. Il s'agit évidemment d'un sujet essentiel, d'une problématique capitale. Hélas, quelques uns ayant plus facilement la parole que d'autres ont choisi ce cheval de bataille pour unique monture. Il s'agit là d'une erreur. Peut-être d'une stratégie.

L'Ecole - au sens large - vit en circuit fermé. Un circuit fermé à double tour sur l'entre-soi. Une fois les orientations de l'Education Nationale définies par le Parlement sont-elles actées, l' Ecole vit sa vie. A part.

Il faut savoir par exemple que:

- un établissement scolaire sur trois n'a pas mis en place le Comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC). C'est pourtant une loi. Personne ne se soucie qu'elle soit si mal respectée. Deux établissements sur trois ne forment pas les délégués d'élèves. Personne ne s'en inquiète;

- d'après l'Inspection Générale, dans un établissement sur deux, l'accueil des parents se fait de manière très désinvolte;

- dans de très nombreux établissements le règlement n'est pas élaboré collectivement ni présenté et expliqué aux élèves;

- la recherche documentaire n'est que très peu travaillée et les professeurs-documentalistes, bien peu reconnus, doivent batailler ferme pour collaborer avec les autres professeurs.

Autant de sujets d'une importance capitale. Pourtant, la SEULE question qui soit réellement débattue et vérifiée lors des réunions de pré-rentrée, c'est que tout élève de sixième - par exemple-  a bien quatre heures de mathématiques dans son emploi du temps.

(Ces données sont empruntées à Philippe Meirieu in Un pédagogue dans la cité ; entretien avec Luc Cédelle, page 272, ed. Desclée de Brouwer).

C'est donc dans ce circuit fermé, ce vase clos, cet entre-soi que le sujet des rythmes scolaires occupe la - quasi - totalité des discussions dans les salles des maîtres de nos écoles primaires. En même temps, les autres thèmes auxquels le projet de refondation s'attaque ne sont pas ou si peu abordés.

On peut - on doit ! - porter un regard critique sur tout projet de "réforme". Sachant qu'une critique peut-être négative et/ou positive. Pas assez de ceci... Trop de cela... Pas assez rapide... Trop lent... Tout peut être débattu. Mais voilà, tout ne l'est pas. Seuls les rythmes semblaient, encore très récemment, « faire sujet ».

C' est une erreur fondamentale!

Il est impossible de vouloir refonder l'école sans RELIER ensemble toutes les problématiques : depuis les rythmes jusqu'à l'architecture scolaire en passant par la formation et les programmes. Entre bien d' autres thématiques... Il est dangereux de laisser ce débat sur la refondation entre les seules mains des enseignants et de leurs représentants. Il faut urgemment l'ouvrir aux monde associatif, culturel, aux professionnels et bénévoles des mouvements d' Education populaire, aux entreprises. Je veux bien que l’École soit un sanctuaire. Mais un sanctuaire ouvert !

Manifestement les débats actuels ne prennent pas le chemin de l'ouverture d'esprit. D'un naturel enthousiaste et optimiste je crois en la possibilité historique d'une véritable refondation. Refondation qui permettra à l'Ecole d'entrer et de faire entrer ses élèves dans le XXIe siècle balbutiant.

Pire, l'Ecole du Gouvernement Philippe est construite à l'aide d'un rétroviseur. Il lui manque une vision d'ensemble et sur le long terme, elle qui a tellement besoin de s'inscrire dans le "temps long".

L'Ecole "promise" aujourd'hui, nombreux sont les enseignants qui ne la comprennent pas. Le collège construit pendant le quinquennat Hollande est "détricoté" sans l'être vraiment. Quelques "gadgets" (Distribution de dictionnaires; rentrée en musique entre autres nouveautés) sont ajoutés pour "décorer". Tout cela  ne fait pas une politique éducative d'ENSEMBLE avec une VISION pour les dix années qui viennent. Ce Gouvernement s'inscrit, comme ses prédecesseurs de droite, dans le "temps court".

Il serait suicidaire de vouloir freiner en permanence toute velléité de changement PROFOND sous prétexte que telle ou telle proposition viendrait bousculer des années, parfois des siècles, d'habitudes qui, c'est leur point le plus commun, ont toujours favorisé les adultes en se souciant assez peu des enfants dont on exige pourtant toujours plus de « performances »...

Christophe Chartreux

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La France "macronienne", cette salle de classe d'un "En même temps" ennuyeux...

15 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Résultat de recherche d'images pour "et en meme temps"

Le pays des Lumières, la France, est celui, en même temps et paradoxalement, ayant le plus haï le XVIIIème siècle. Ce siècle enfanta Sade, Casanova et Choderlos de Laclos... Excusez du peu ! Puis vinrent les siècles suivants...

Aujourd'hui triomphent partout, à la télévision, à la radio, dans les réseaux dits "sociaux", le moralisme, le puritanisme, la pudibonderie. Ni Sade (l'un des plus grands écrivains de langue française de tous les temps), ni Casanova, ni Laclos ne sont véritablement étudiés nulle part. On le fait en catimini, à reculons, avec force précautions d'usage. On les "réhabilite" ! Suprême offense! Seul Laclos s'en est remis...

De la même manière, tout débat concernant le mariage pour tous, la dépénalisation du cannabis, le mariage des prètres catholiques, la prostitution, le sexisme dans la publicité - et j'en oublie - est abordé du bout du pied trempé dans l'eau du bain. Avec la prudence des pudiques, ces "prudences de gazelles" aurait dit un de nos hommes politiques... Le XXIe siècle commençant est celui du consensus recherché à tout prix. On nous oblige à préférer Platon pour oublier Epicure. Il faut des passions douces, des propos mesurés, des avancées timides, des décisions consensuelles. La France d'Emmanuel Macron, cette France fade et tiède du "Et en même temps", est une  salle de classe dans laquelle l'élève créatif est considéré comme le diable en personne alors que le silencieux et le parfaitement obéissant seraient les modèles à suivre... Marcheurs et Insoumis: mêmes troupeaux suiveurs. L'ennui offert à l'admiration... Triste époque !

Il existe bien quelques écarts : la télé-réalité, un scandale par-ci, un clash par-là, un roman qui "dérange", un film "coup-de-poing"... On fait "buzzer" quelques jours, parfois quelques heures... Mais même ces écarts, ces scandales, ces clash, ces "buzz" font partie d'un brouhaha encadré, contrôlé, vite récupéré par les médias qui les digèrent à longueur de commentaires. Et puis on passe à autre chose... Sont-ils comparables aux audaces des Lumières? Evidemment pas!

Et, insidieusement, nous fait-on oublier que nous sommes les enfants des Lumières... Lumières pâlottes car nous n'éclairons plus grand-chose. Seul triomphe désormais le "politiquement correct", cet avatar triste de la "révolution conservatrice" menée par Alain Finkielkraut ou Eric Zemmour sous prétexte de combattre un autre "politiquement correct" qui les aurait censurés.  Les hypocrites, confondant provocations faciles et courage de la conviction!

Alors rendez-nous Sade, Casanova et Laclos... Rendez-nous Epicure ! Rendez-nous la volonté de l'insurrection, le goût du combat et du débat, l'amour de la contradiction, la passion des douceurs interdites, la richesse des clivages...

Rendez-nous la liberté... Celle qui heurte... Celle qui dérange... Celle qui provoque... Celle pour nos enfants qui, demain, refuseront d'appartenir à ces troupeaux de moutons à peine pensants, clonés, indifférents, obéissants...

Christophe Chartreux

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A Lire... Dictionnaire de Pédagogie et d'Instruction Primaire - Publié sous la direction de Frdinand Buisson...

15 Août 2017 , Rédigé par Philippe Meirieu Publié dans #Education, #Pédagogie, #Histoire

Edition, dans la collections "BOUQUINS" (Robert Laffont) de larges extraits du fameux Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, publié sous la direction de Ferdinand Buisson en 1882 et qui a accompagné la construction de "l'Ecole de la République"... un texte qui déjoue toutes les illusions rétrospectives et nous interroge encore aujourd'hui pour nous aider à penser les questions essentielles de notre éducation et de notre Ecole.

Lire l'avant-propos de Philippe Meirieu

Présentation de l'ouvrage et d'une sélection de quelques articles

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"Macron traite la question de l'éducation avec des slogans"...

14 Août 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique

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Agathe Cagé, ex-directrice adjointe du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, puis secrétaire générale de la campagne de Benoît Hamon, juge les premiers pas de Macron.

Femmes et hommes politiques, économistes, chefs d’entreprises, syndicalistes… Chaque jour, pour "l’Obs", un expert ou une personnalité dresse le bilan des premiers pas d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. 

Haut-fonctionnaire, Agathe Cagé a travaillé avec les trois ministres de l’éducation du quinquennat Hollande. Elle était directrice adjointe du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, puis secrétaire générale de la campagne de Benoît Hamon. Elle est l’auteure du blog Balle au Centre, qui propose une analyse "critique mais objective" du quinquennat Macron.

Vos impressions sur les 100 premiers jours du quinquennat d’Emmanuel Macron dans le domaine de l’éducation que vous connaissez bien ?

Le sujet éducation n’apparaît pas du tout comme prioritaire, dans la continuité de la campagne. Quels que soient les candidats, le sujet était relégué assez loin dans les débats. Mais en ce début de quinquennat, il y a un élément assez symptomatique : le président a attendu trois mois pour avoir un conseiller en charge de l'éducation nationale à ses côtés.

Ma deuxième impression, c’est que l’on est sur un traitement par slogan – la lutte contre l'égalitarisme – ou par mesures un peu gadget comme la distribution des Fables de la Fontaine. Il manque la vision globale de ce que le président voudrait faire.

Y a-t-il des points positifs dans son action depuis son élection ?

J’en vois deux. Le premier, c’est le périmètre du ministère : le portefeuille comprend l'éducation nationale mais également la jeunesse, la vie associative et l'éducation populaire. Cela peut permettre de faire des choses vraiment intéressantes en pensant ensemble le temps scolaire et le temps à l’extérieur de l'école. C'est intéressant d'avoir fait ce choix politique assez rare.

Une deuxième mesure très positive annoncée par Jean-Michel Blanquer pour la rentrée, c’est l’opération "Devoirs faits" qui va permettre aux collégiens de faire leurs devoirs dans leur établissement. Il a annoncé un objectif d’un collégien sur cinq, qui pourront bénéficier dès cette rentrée d’un temps d'étude accompagné après la classe pour les devoirs. C'est extrêmement intéressant parce que ça réduit une source d’inégalité profonde entre les élèves : la capacité ou non à être accompagnés pour leurs devoirs à la maison.

Et les points négatifs ?

Il y a d'abord la volonté de rupture affichée par rapport au quinquennat précédent. Or on sait que l'éducation est un des domaines où on a le plus besoin continuité. Il y a une volonté immédiate de reprendre les textes qui définissent l'organisation du collège, avec la fin de l'interdisciplinarité obligatoire et le rétablissement systématique des classes bilangues.

L’autre point négatif, c’est l’application du principe du "en même temps". Dans l’Education nationale, cela ne fonctionne pas. Il faut pouvoir évaluer ce que l’on fait, ce qui est bon ou pas pour l'élève. Pour cela il faut faire des choix, pas du "en même temps".

Et là, on permet aux communes qui le souhaitent de repasser à la semaine de quatre jours. Jean-Michel Blanquer ne choisit pas. On aura "en même temps" des élèves qui auront des semaines à quatre jours et demi et des élèves qui auront des semaines à quatre jours de classe. Et cela, sans se demander quel est le meilleur système pour l'élève, mais ce qui peut arranger les communes.

Deuxième exemple, un dispositif avait été mis en place il y a quelques années qui s'appelle "plus de maîtres que de classes" pour mieux suivre les élèves de CP et CE1. Jean-Michel Blanquer à la rentrée 2017 a décidé d’en supprimer 50%. Donc on ne sait pas si le dispositif est considéré comme un dispositif utile ou inutile. Le dispositif était pourtant unanimement salué par la communauté éducative. On l’ampute pour des raisons de moyens.

Troisième exemple, c'est celui de l’interdisciplinarité au collège. Le ministre dit cela peut être intéressant mais "en même temps", on peut avoir des collèges qui fonctionnent bien sans interdisciplinarité, donc on supprime le cadre réglementaire qui rendait l'interdisciplinarité obligatoire.

Certains collèges pourront proposer des cours où plusieurs disciplines travaillent ensemble, d’autres choisir le tout disciplinaire. Ce qui fait que les familles qui connaîtront bien le système de l'Education nationale trouveront les moyens de choisir les établissements dont l’offre éducative leur paraît la plus intéressante pour leur enfant. Les non initiés n’auront pas cette capacité.

Qu’est ce que vous attendez de lui à la rentrée ?

Il a annoncé qu'il allait ouvrir une consultation pour faire évoluer le baccalauréat. Il faut mettre autour de la table tous les acteurs. J’attends de lui la réflexion soit dépolitisée, c’est-à-dire qu’on réfléchisse sans idéologie préalable à ce qui pourrait être le meilleur bac pour les jeunes en France. C'est un chantier important. J’espère qu’il ne sera pas instrumentalisé politiquement.

Votre note ?

5/10. Peut encore prendre la bonne voie.

Propos recueillis par Sophie Fay

A propos du dispositif "Devoirs faits", on pourra lire aussi avec intérêt le billet ci-dessous

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Dès la maternelle, les enfants de bourgeois se reconnaissent...

14 Août 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Sociologie

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EXTRAIT

(...)

Un "sens social" précoce 

Les enfants perçoivent de manière précoce le "sens social", la hiérarchie de classe qui structure la société ainsi que la place qu'ils occupent.

"Lorsqu'on demande à des enfants de cet âge [à l'école maternelle, ndlr] de distinguer "les riches" et "les pauvres" dans une série de photos représentant des personnes de milieux sociaux contrastés, la plupart d'entre eux sont en effet capables de produire un classement proche de celui effectué par des adultes [Ramsey, 1991]." 

Martine Court cite les travaux de Bernard Zarca, qui observait la manière dont des enfants de 7 à 10 ans classent douze personnages exerçant des métiers courants de "celui qui gagne le plus d'argent" à celui qui en gagne moins. Les résultats sont conformes à la réalité.

Les enfants ont aussi une idée de la place qu'ils occupent dans la hiérarchie sociale et, en fonction, se projettent différemment dans l'espace social : Zarca a montré que le désir d'exercer une profession supérieure est moins fréquent chez les enfants de milieux populaires.

Comment ces perceptions se construisent-elles ? "On peut d'abord citer les médias et les produits culturels (albums pour enfants, dessins animés, films) qui donnent des représentations de la société, de la hiérarchie sociale et des relations entre classes sociales", répond Martine Court, qui ajoute que le sujet a malheureusement été peu étudié. 

"Il y a ensuite ce que les enfants entendent chez eux, au quotidien. Leurs parents qui parlent des fonctionnaires qui sont trop payés ou au contraire qu'il faut défendre car ils assurent le service public..."

Cette construction passe aussi par l'observation. "La manière dont les parents parlent de la femme de ménage et à la femme de ménage, à la nourrice, aux enseignants, à leur patron, à leurs collègues." Ainsi que la manière dont ils sont traités en retour.

Le comportement plus ou moins distant, plus ou moins dominé qu'ils entretiennent avec ces personnes participent à cet apprentissage "par corps" (c'est l'expression du sociologue Pierre Bourdieu), c'est-à-dire qui s'exprime par la gêne, les sourires, la posture physique, etc.

A l'école, on se mélange ?

Des travaux ont montré que les enfants ont plus facilement tendance à nouer des amitiés avec ceux qui leur ressemblent socialement.

Cela s'explique peu ou prou de la même manière que l'homophilie sociale observée à l'âge adulte. D'abord par la fréquentation de lieux de rencontre socialement homogène, en fonction du degré de mixité de l'école fréquentée par l'enfant. 

Martine Court continue :

"On se lie plus facilement avec des personnes qui ont les mêmes manières de penser, les mêmes goûts, les mêmes formes d'humour, les mêmes références culturelles.

Il n'y a pas de raison que ça ne marche pas aussi pour les enfants, si on admet qu'assez jeunes, les enfants ont des goûts culturels et des loisirs différents d'un milieu social à l'autre, n'ont pas les mêmes manières de parler, de se comporter, pas les mêmes formes d'humour."

C'est aussi quelque chose qui frappe les parents : dans la cour, dès la fin de la maternelle, filles et garçons se mélangent peu.

"C'est tout à fait vrai, massif, mais il ne faut pas l'exagérer", nuance Martine Court. 

"Cette tendance à fuir l'autre sexe est beaucoup plus vrai à l'école, un lieu public, exposé au regard des autres. Ça l'est moins à l'échelle du quartier, dans des lieux d'activités et de loisirs pour les enfants.

Je tiens à le souligner car il peut y avoir l'idée que si les filles préfèrent la compagnie des filles et les garçons préfèrent les garçons, c'est qu'on est biologiquement pas pareil. Il faut rappeler que ça dépend du contexte social et qu'il y a des lieux dans lesquels les enfants peuvent très bien jouer avec ceux de l'autre sexe."
Que se passe-t-il donc à l'école ? "Il y a beaucoup de contrôle social entre enfants", répond Martine Court. Jouer avec l'autre sexe, c'est à la fois risquer la moquerie de ne pas être conforme à son genre, de ne pas correspondre aux normes sexuées (une fille est un garçon manqué, un garçon une fi-fille). C'est aussi risquer les "elle est amoureuse, il est amoureux". L'autre forme de contrôle par laquelle les enfants maintiennent cette séparation entre les sexes.

Après, la séparation est liée aussi au fait qu'assez tôt, les enfants n'ont pas les mêmes goûts (les garçons préfèrent le foot à l'élastique, les filles l'élastique au foot). En tant que sociologue, je ne pense pas que ces goûts-là soient inscrits dans la nature des uns et des autres : il y a eu beaucoup de travaux qui ont montré que ces goûts s'apprennent très tôt." 

(...)

Emilie Brouze

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