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Vivement l'Ecole!

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"De plus en plus d'élèves, de moins en moins d'heures" : les AESH de nouveau en grève

19 Octobre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

"De plus en plus d'élèves, de moins en moins d'heures" : les AESH de nouveau en grève

Pour la quatrième fois cette année, les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) seront en grève ce mardi. Ils dénoncent leur situation précaire et les conditions de la rentrée 2021-2022 : toujours plus d'enfants à suivre, moins d'heures et sur différents établissements.

Les AESH sont de nouveau en grève ce mardi. Les accompagnants des élèves en situation de handicap protestent contre leur situation précaire et dénoncent les conditions de la rentrée. Malgré une très légère revalorisation salariale et l'instauration d'une grille indiciaire nationale annoncées cet été, ces personnels font face à un surcroît de travail, avec toujours plus d'enfants à suivre. Questions à Manuel Guyader, représentant de l'intersyndicale pour SUD-Education et lui-même AESH à Paris.

"Une réelle augmentation, pas une poignée d'euros"

FRANCE INTER : Quelle est votre première revendication ?

MANUEL GUYADER : "Les raisons de de cette grève sont nombreuses mais la première concerne les salaires et les statuts. On est payé en moyenne 750€. On demande une réelle augmentation de salaire, pas une augmentation d'une poignée d'euros comme le gouvernement l'a fait cet été. Par exemple, à l'échelon 1, c'est-à-dire au bout de trois ans de carrière, on touche 14 euros en plus par mois ! Et l'annonce de l'augmentation du SMIC au 1er octobre a fait passer l'indice de l'échelon 1 sous le niveau du SMIC, donc de toute façon, cette grille a été rendue complètement caduque par les annonces du gouvernement sur le SMIC.

C'est quand même une bonne chose qu'il y ait une grille, parue par décret fin août, de revalorisation indiciaire au niveau national pour les AESH, avec un changement d'indice tous les trois ans, car auparavant, les revalorisations étaient décidées par les académies. Mais les différences de salaires en fonction des échelons sont encore minimes. On est des personnels contractuels de la fonction publique et ce que l'on revendique, c'est d'avoir un statut de fonctionnaire. On a des contrats de 24 heures à peu près qui nous sont imposés. On est tous et toutes quasiment à temps partiel imposé, par conséquent notre salaire correspond non pas à un salaire à taux plein mais à 60%."

"On se retrouve dans une situation où on accompagne quatre, cinq ou six élèves, parfois sur plusieurs écoles ou sur plusieurs établissements, parfois de manière simultanée."=

Vous dénoncez aussi les conditions de cette rentrée scolaire ?

"La deuxième raison de notre mobilisation porte en effet sur les conditions de travail et les conditions d'accompagnement des élèves puisque cette année, à cette rentrée, il y a eu la généralisation des PIAL, les pôles inclusifs d'accompagnement localisés qui sont des regroupements d'écoles et d'établissements et qui sont un outil de la mutualisation des moyens d'accompagnement. On nous demande d'accompagner de plus en plus d'élèves pour de moins en moins d'heures. Donc on se retrouve dans une situation où on accompagne quatre, cinq ou six élèves, parfois sur plusieurs écoles ou sur plusieurs établissements, parfois de manière simultanée. Les élèves se retrouvent avec un nombre d'heures d'accompagnement qui a drastiquement baissé cette année, à savoir cinq ou six heures hebdomadaires, sur les 24 heures de classe à l'école primaire, ou plus s'ils sont au collège ou au lycée."

La mobilisation sera-t-elle très suivie ?

"Oui, il y a une colère qui dure puisque c'est notre quatrième journée de grève nationale depuis le début de l'année 2021, à l'appel d'une intersyndicale. On sent que la mobilisation va de nouveau être massive. À peu près 90 rassemblements ou manifestations sont prévus sur l'ensemble du territoire. Et nous sommes soutenus par les enseignants et les parents d'élèves."

Sonia Princet

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« Une éducation à la laïcité vécue comme un rappel à l’ordre risquerait d’alimenter les crispations »

18 Octobre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Laïcité

« Une éducation à la laïcité vécue comme un rappel à l’ordre risquerait d’alimenter les crispations »

EXTRAITS

L’enseignement de la laïcité n’a été instauré qu’après l’affaire des collégiennes voilées de Creil, à l’automne 1989, rappelle, dans une tribune pour « Le Monde », Ismaïl Ferhat, professeur à l’université Paris-Nanterre.

Tribune. L’assassinat de Samuel Paty, le 16 octobre 2020, a remis à l’ordre du jour, tragiquement, la question des rapports parfois frictionnels entre religieux et institution scolaire. Comme de 1989 à 2004 après les crises à répétition autour du foulard islamique à l’école, comme en 2003 après la commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité, présidée par Bernard Stasi [ministre et parlementaire, disparu en 2011], et comme elle l’avait fait à la suite des attentats de janvier 2015, l’éducation nationale a répondu à cet acte terroriste par la nécessité d’éduquer à la laïcité. Une telle affirmation pédagogique, qui paraît aujourd’hui évidente, est en réalité très récente.

En effet, jusqu’aux années 1980, la laïcité n’a constitué qu’un aspect très marginal des programmes scolaires – y compris dans les programmes d’éducation civique, rétablis en tant que tels en 1985 dans le premier degré. Les mesures de sécularisation de l’institution scolaire, prises un siècle plus tôt à partir des années 1880, furent progressives et centrées sur la laïcisation des enseignements, des locaux et des maîtres de l’école publique. La laïcité a été, dans ce cadre, bien plus un principe d’organisation qu’un objet pédagogique. La fin des écoles normales d’instituteurs, en 1989, fit même reculer la formation au principe laïque des maîtres, qui tendit à refluer au sein des instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) où furent formés les enseignants de 1990 à 2013.

Passage obligé

La « pédagogisation » de la laïcité, c’est-à-dire sa transformation en objet d’éducation, doit beaucoup aux tensions introduites par l’affaire de Creil, à l’automne 1989, où trois collégiennes voilées nourrirent aussi bien le débat politique que les passions médiatiques. Car l’interdiction progressive des signes religieux dits ostensibles à l’école publique, à partir de la circulaire Bayrou en 1994, devait être expliquée aux élèves, premiers concernés par ces mesures. De même, a joué la crainte croissante des contestations religieuses de cours, au sein de l’institution scolaire, présente dans l’ouvrage collectif d’enseignants intitulé Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits, 2002), le rapport Stasi en 2003 et le rapport dirigé par l’inspecteur général de l’éducation nationale, Jean-Pierre Obin [ancien inspecteur général de l’éducation nationale], en 2004.

(...)

Cependant, la « pédagogisation » de la laïcité porte de véritables défis. Une partie des jeunes perçoit ce principe d’abord sous l’angle des interdits qu’il semble devoir imposer. Ainsi, le sondage IFOP commandité par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme et publié en mars 2021, auprès d’un millier de lycéens montre qu’une – courte – majorité d’entre eux est hostile à la loi du 15 mars 2004 bannissant les signes religieux ostensibles des écoles publiques. Or, le lien, voire la causalité, entre la nécessité accrue d’une éducation à la laïcité et cette interdiction est, on l’a vu, particulièrement fort d’un point de vue chronologique.

(...)

De ce point de vue, peut-être une solution serait celle apportée par un des tout premiers théoriciens de l’école laïque, le philosophe Edgar Quinet (1803-1875). Celui-ci souhaitait dans son court ouvrage L’Enseignement du peuple (1850), que celle-ci soit avant tout libératrice pour les enseignants comme pour les élèves. Une éducation à la laïcité qui soulignerait combien celle-ci a ouvert la société française – et, ceci ne saurait être trop rappelé, protégé les droits des croyants comme des non-croyants – serait un bel hommage au projet de séparation porté par les républicains du XIXe siècle.

Ismaïl Ferhat, professeur en sciences de l’éducation à l’université Paris-Nanterre, a publié Les Gauches de gouvernement et l’école (Presses universitaires de Rennes, 2019).

Texte intégral à lire en cliquant ci-dessous

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Obsédé par le «wokisme», Blanquer fait un piètre défenseur du modèle républicain

18 Octobre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Jean-Michel Blanquer barbu, le ministre explique les raisons de son nouveau  look

«La jeunesse doit échapper à l’idéologie «woke»». Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a choisi, dans un entretien publié vendredi dans le Monde, le triste premier anniversaire de la décapitation de Samuel Paty pour lancer son club de réflexion sur les valeurs de la République et défendre «une vision républicaine opposée à cette doctrine», le «wokisme» donc, «qui fragmente et divise». Jean-Michel Blanquer a bien évidemment le droit de créer le club politique qu’il veut pour nourrir, au service du chef de l’Etat, le débat d’idées pendant la campagne présidentielle. On sait d’où parle le ministre de l’Education : d’une position républicaine mais néo-conservatrice, avec le dépassement du clivage gauche-droite comme cache-sexe.

Un marqueur incontournable

Sa cible, ce courant de pensées arrivé des Etats-Unis, peut être évidemment soumise à la critique. Conception du féminisme, stratégie de lutte contre le racisme, différentialisme ou universalisme, rapport à la laïcité, place accordée à la question sociale dans la lutte contre les inégalités : comment nier que ces questions importantes divisent droite et gauche ? Comment contester surtout qu’elles divisent la gauche depuis des années et qu’il se joue au sein du camp progressiste une bataille d’influence ? Elle sévit entre le PS et la France Insoumise depuis longtemps maintenant, sans que ces frontières partisanes résument d’ailleurs le débat.

Elle était aussi très récemment au cœur de la primaire écolo entre Yannick Jadot et Sandrine Rousseau. Le score de cette dernière démontre que ce courant de pensées qui hérisse Jean-Michel Blanquer est porté par des vents favorables, à l’université et chez les jeunes par exemple. Un engouement qui pousse parfois ses partisans à s’arroger un peu vite le monopole du progressisme. Ils sont il est vrai encouragés par la faiblesse intellectuelle actuelle et, dans une moindre mesure électorale, de la gauche dite réformiste, universaliste, sociale-démocrate pour faire court. Une atonie dont profite aussi, soit dit en passant, Jean-Michel Blanquer…

Revenons d’ailleurs à notre mouton, puisqu’il s’agit ici de dénoncer les fautes qui accompagnent le lancement de son club anti-«wokes». La première relève du timing. Choisir la semaine de la commémoration de l’assassinat de Samuel Paty n’est évidemment pas anodin. Au risque d’un amalgame dangereux, il choisit de discréditer le «wokisme» en appuyant sur un seul de ces aspects : son rapport à la laïcité. Il est dénoncé par d’autres, y compris à gauche. Christophe Naudin, professeur d’histoire géographie, qui considère la gauche radicale comme sa famille, rescapé du Bataclan, estimait par exemple il y a un an dans nos colonnes que le problème d’une partie de la gauche était «le refus de critiquer l’islam parce que ce serait une religion de dominés». Il y a deux jours, il répétait dans le Monde qu’«à force d’euphémiser l’islamisme, une partie de la gauche est devenue inaudible»Les mots ayant leur importance, il précise : «Je ne dirais pas que ce courant-là excuse ou justifie le terrorisme».

Une négation du débat sociétal et intellectuel

A la veille des hommages rendus à Samuel Paty, sa priorité était de désigner le «wokisme» comme son ennemi numéro 1. Il en oublie le terrorisme islamiste, dont il ne prononce pas un mot dans son entretien à nos confrères. Oubli plus que fâcheux, révélateur d’un aveuglement et d’une volonté d’amalgame coupable.

La séquence d’hommages à Samuel Paty aurait pu être pour le ministre de l’Education nationale une occasion de pause, de dignité, de rassemblement derrière le corps enseignant. Il a préféré la caricature d’un courant de pensée, sans chercher à s’interroger sur ce qu’il recèle d’interrogations légitimes. Sans prêter la moindre attention aux évolutions du débat sociétal et intellectuel qu’il pointe. Jean-Michel Blanquer évite aussi soigneusement de s’interroger sur les défaillances de la promesse républicaine. Elles existent, ne datent pas d’aujourd’hui, mais ce quinquennat n’a pas franchement contribué à les résoudre. Le ministre prétend donc s’ériger en porte-drapeau de la cause laïque, républicaine et universaliste. Il en est un piètre défenseur.

Paul Quinio

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La semaine imaginaire de Jean-Michel Blanquer

18 Octobre 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

La semaine imaginaire de Jean-Michel Blanquer

EXTRAITS

Chaque samedi, Louison se met dans la peau d'une personnalité qui a fait l'actu et imagine son journal de bord.

Lundi 11 octobre

Bonjour les enfants, c'est monsieur Blanquer, mais vous pouvez m'appeler Jean-Michel. Moi, par contre, je vais pas avoir le temps de retenir vos prénoms, surtout maintenant qu'on peut plus les écrire au feutre sur vos masques. Bref, je vais donc être votre instituteur toute cette semaine. Eh oui, croyez pas que ça m'amuse, mais la dame qui vous fait l'école à tous, alors que vous être au moins trente-huit si je compte bien, eh bah cette dame qui d'habitude le faire sans broncher pour un salaire qu'aucun président n'a jamais pu doubler, a décidé de poser des vacances.

Ouais, alors que c'est pas les vacances. Apparemment, le fait qu'une de ses collègues se fasse agresser par un élève et se retrouve par terre, bah ça lui a donné envie de voir la mer. Il doit y avoir quelque chose dans l'air cette semaine, je trouve que tous les profs sont à cran. Allez, c'est pas grave, on sort les cahiers, les encriers et les plumes et on va commencer par un peu de géopolitique avec la crise entre la Chine et Taïwan. Hein? Comment ça petit être au nez qui coule? La maîtresse a laissé des gommettes dans le placard? C'est quoi ça, un code secret pour la journée internationale du coming-out?

Mardi 12 octobre

Bon, alors, les enfants, il semblerait que vous soyez en deuxième année de maternelle, ce qui explique pas mal de choses, comme par exemple votre manque d'intérêt sur le bordel entre la Chine et Taïwan, et les conséquences fâcheuses que ça pourrait avoir sur le reste du monde. Comment Kevin? «Bordel», c'est un gros mot et je dois mettre un euro dans la tirelire Peppa Pig de la classe? Hein? Et tu t'appelles pas Kevin? Allez, au coin Kevin.

Pour les autres, je vous rappelle les règles cette semaine, le maître peut dire tous les gros mots qu'il veut, et il n'y aura aucun ruissellement des richesses dans Peppa Pig, car le maître est aussi un ministre de la Macronie et c'est pas dans le contrat de faire circuler le pognon de dingue à tout le monde. Voilà. Et si vous êtes pas contents, je vous dis le point commun entre votre copine Peppa et les cordons bleus à la cantine, et je peux vous dire que vous avez pas fini de chialer. Bref, l'autre règle fondamentale cette semaine c'est que tous les garçons de la classe s'appellent Kevin et toutes les filles Kevina, sinon on va pas s'en sortir. Qu'est-ce que tu dis Kevina au fond à gauche? «Et pour ceux qui sont ni une fille ni un garçon.»

Bordel... des maternelles woke.

Mercredi 13 octobre

Suite aux réflexions d'hier, j'ai décidé de tous vous appeler Jean-Claude. Et j'ai soumis l'idée de renommer tous les enfants comme ça ce matin en conseil des ministres, ils sont super partants. Appeler tous les mineurs avec un nom de boomer, c'est pas plus couillon que l'autre géant vert de Jadot qui veut les faire voter à 16 ans. Comme si vous étiez finis à 16 ans. Comme si vous étiez capable d'apprécier la merveilleuse gymnastique de reniement perpétuel que la politique impose.

(...)

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#LesProfsAvecCthulhu: la réponse par l'absurde de ces profs aux enseignants pro-Zemmour

17 Octobre 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

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EXTRAIT

Pour dégonfler une opération de communication organisée par les soutiens d'Éric Zemmour, ces professeurs ont choisi l'humour.

POLITIQUE - Une campagne présidentielle, ça se joue aussi sur les réseaux sociaux. Et à ce petit jeu, les fans d’Éric Zemmour sont particulièrement mobilisés (et parfois pour le pire). C’est ainsi que ce vendredi 15 octobre, un mystérieux compte Twitter “Les Profs avec Éric Zemmour” a subitement bénéficié d’un énorme coup de projecteur. Et pour cause, il est le prolongement d’une tribune publiée le même jour sur Le Figaro et dans laquelle des enseignants appellent à soutenir le polémiste qui, selon eux, “peut porter le projet d’une école de l’excellence pour tous”. 

Face caméra, plusieurs de ces “profs avec Éric Zemmour” (relayés par la galaxie de comptes qu’animent ses soutiens) déplorent en chœur une école en déclin et estiment que l’essayiste est l’homme qui remettra de “l’autorité” dans le système scolaire. Une opération militante opportunément déclenchée le jour où Éric Zemmour avait prévu de parler éducation nationale lors de son déplacement à Nîmes, et dans le contexte des commémorations liées à l’assassinat de Samuel Paty.

Notons que parmi les signataires de la tribune, tous ne sont pas uniquement professeurs. Y figure par exemple Valérie Laupies, ancienne membre du bureau politique du Front national affichant sur Twitter sa proximité avec le président de l’association nationale-catholique Civitas et son goût pour les sites de “réinformation” sur la crise sanitaire. Cette institutrice était par ailleurs candidate aux élections régionales en Paca, à la tête de la liste “Zou” qui n’avait d’autres projets que d’encourager la candidature d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle. Assez rapidement vendredi, le hashtag #LesProfsAvecZemmour s’est hissé en bonne place des tendances sur Twitter. 

Ce qui a agacé plus d’un enseignant sur le même réseau social. Pour répliquer à la viralité orchestrée par les fans du polémiste, ces professeurs ont tourné en dérision le discours des enseignants pro-Zemmour. Comment? En appelant à soutenir Cthulhu, récemment donné au second dans un sondage par le site parodique Le Gorafi. Une créature aux airs de pieuvre humanoïde inventée par l’écrivain Howard Phillips Lovecraft, et bien connue des fans de science fiction. Ce qui a donné une série de tweets absurdes et humoristiques qui ont très vite rencontré un certains succès. Quelques exemples ci-dessous: 

 
Romain Herreros
 
(...)
 
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Vincent Peillon : "Lorsqu'on enseigne la laïcité, on enseigne la démocratie"

17 Octobre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Laïcité, #Education

Accusé de dénigrer le catholicisme, Peillon réplique à la fachosphère -  L'Express

Pour le premier anniversaire de la mort de Samuel Paty, le philosophe et ancien ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon.

Hier, dans tous les établissements scolaires de France, un hommage solennel était rendu à Samuel Paty, sauvagement assassiné il y a un an jour pour jour. Un hommage que le ministère a voulu sous la forme d’une minute de silence et d’une heure de réflexion en classe sur les questions que pose cet assassinat et le rôle du professeur, tandis qu’aujourd’hui sont prévues diverses prises de parole de professeurs et des interventions d'élèves, le dévoilement par Jean-Michel Blanquer d'une statue en mémoire du professeur au collège du Bois-d'Aulne où Samuel Paty enseignait, et en fin de journée la double inauguration d'un square en face de la Sorbonne et d'une plaque commémorative au ministère de l'Education nationale, journée qui se terminera par la réception de la famille de l’enseignant à l’Elysée. Quel sens a cette commémoration ? Comment honorer justement la mémoire de l’enseignant ? Quelles questions pose sa mort atroce, un an plus tard, une fois sortis de la sidération ? 

Invité le philosophe et historien des idées Vincent Peillon, ancien ministre de l’Education nationale sous François Hollande. C’est lui qui avait souhaité en 2012 que soient instaurés des cours  d’ « Enseignement moral et civique » de la maternelle à la terminale, fait inscrire l’enseignement de la laïcité dans la loi et fait rédiger la Charte de la laïcité à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages ces dernières années. On peut citer notamment Une religion pour la République, sur La foi laïque de Ferdinand Buisson ; Liberté, Egalité, Fraternité, sur le Républicanisme Français, ou encore en 2021, Une théologie laïque? (PUF).

"Il ne s'agit pas d'imposer la laïcité aux élèves, il s'agit qu'ils se l'approprient. Là est le travail pédagogique : l'assentiment. Il faut donner aux enseignants les moyens de le faire : des connaissances historiques, juridiques, philosophiques. Les enseignants doivent être capables de traiter de la laïcité en sachant qu'il y a derrière une question sociale, celle des discriminations, ou encore une question historique. Ce, pour amener les élèves à s'approprier la laïcité comme émancipation." 

"La laïcité n'est pas un catéchisme. Nous ne sommes pas de nouveaux inquisiteurs, et la laïcité n'est pas une orthodoxie, ce n'est pas l'Etat Dieu, ce n'est pas l'Etat Église. C'est précisément l'inverse : c'est ces hommes qui, à travers les mouvements d'émancipation du XVIIème siècle, on construit la tolérance, le libre examen, le doute à l'égard de soi-même. Car le doute à l'égard de ses propres opinions, de ses propres convictions, de sa propre foi, de sa propre raison est vraiment la tâche critique de l'école républicaine." 

"Il n'y a pas de laïcité sans justice sociale. Rappelons-nous d'ailleurs que notre République est démocratique, sociale et laïque : il y a un lien entre ces trois notions. La laïcité n'est pas prise en compte, par exemple, des discriminations dans notre pays. En effet, il y a des problèmes de discriminations dans notre pays, on ne peut pas le nier :  c'est mesuré par des instituts publics. Donc, lorsque l'on traite ces questions, y compris parce qu'on s'adresse à un public que l'on doit convaincre, on ne doit pas mettre la poussière sous le tapis. Il faut en parler, car les élèves parlent exactement de cela."

Pour aller plus loin : 

Caroline Broué

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"Le danger, c'est de muséifier la langue française !" : la grammaire, avec Anne Abeillé et Julie Neveux

16 Octobre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

Anne Abeillé, professeure de linguistique à l’université de Paris, a dirigé "La Grande Grammaire du français" (Actes Sud) et Julie Neveux, maîtresse de Conférences en linguistique à l'Université de Paris-Sorbonne, auteure de "Je parle comme je suis" (Grasset) sont les invitées de la matinale.

"La grammaire est souvent vue comme une machine à punir, à exclure. Quand on dit ‘Ce n’est pas du français’, ça veut dire qu’on exclut tous les locuteurs qui parlent comme ça et pourquoi ils parlent comme ça. C’est soi-disant fautes correspondent à des soi-disant règles mais qui ne correspondent pas à ce qu’on a voulu dégager comme des règles profondes du français", explique Anne Abeillé, professeure de linguistique à l’université de Paris qui a dirigé "La Grande Grammaire du français" à paraitre chez Acte Sud et à l'Imprimerie nationale. 

Cette grande grammaire était "une commande du CNRS pour combler une lacune" alors que paraissaient "de grandes grammaires de l'espagnol, de l'italien, mais rien de comparable pour le français""Les linguistes avaient accumulé toutes sortes de connaissances mais leurs travaux étaient restés éparpillés, personne n'avait eu le courage ou la témérité de tout rassembler", poursuit Anne Abeillé. 

Nicolas Demorand et Léa Salamé

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Hommage à Samuel Paty : «Montrer une caricature, c’est autorisé ?»

16 Octobre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Hommage à Samuel Paty : «Montrer une caricature, c’est autorisé ?»

Les élèves de cette classe de 3e du collège Théodore-Monod de Bron, en banlieue de Lyon, ont échangé avec leur professeur d’histoire-géographie ce vendredi sur la laïcité, les caricatures, la liberté d’expression, un an après l’assassinat de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine

«Aujourd’hui, on va être dans la discussion, vous connaissez les règles, on lève la main, on s’écoute parler», rappelle Pierrick Tarravello, professeur d’histoire-géographie et d’enseignement moral et civique. C’est sa sixième année en tant que titulaire, la cinquième qu’il enseigne au collège Théodore-Monod de Bron, en banlieue de Lyon. L’établissement classé réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP) compte 540 élèves et 85 personnels, dont une moitié de profs. Son principal, Thierry Gouchon, a fait le choix d’étaler l’hommage rendu à Samuel Patyassassiné le 16 octobre 2020 à Conflans-Saint-Honorine (Yvelines), sur plusieurs jours par groupes de niveau, en suivant une trame commune avant de respecter une minute de silence.

Ce vendredi, 26 élèves de 3e font face à Pierrick Tarravello. «Vous savez qui est Samuel Paty ?», introduit-il. «C’est celui qui s’est fait poignarder», propose une élève. «Oui, c’est un professeur qui s’est fait assassiner lors d’une attaque terroriste», précise l’enseignant. Ces mots précis interpellent un garçon. «C’est un assassinat car les enquêteurs ont montré que c’était un acte prémédité et on parle de terrorisme car l’attaque a été menée au nom d’une idéologie», lui répond-il. Au côté de Patricia Zattiero, la principale adjointe, Pierrick Tarravello s’emploie à lever les approximations, à donner des clés. Le concept de laïcité n’est visiblement pas simple à cerner pour les ados.

«Ce qu’il a montré, c’est quand même choquant»

«Vous dîtes qu’il n’y a pas de religion officielle en France et je n’ai pas de problème avec ça, souligne un garçon au premier rang. Mais pourquoi on prend deux semaines de vacances à Noël, c’est une fête chrétienne  La principale adjointe répond : «La France ne s’est pas construite laïque tout de suite, avant 1905, il y avait une entente avec la religion catholique et beaucoup de jours fériés datent de cette époque. Mais aujourd’hui, la laïcité sert à protéger la pratique de toutes les religions, mais on n’est pas obligé d’avoir une pratique religieuse, chacun fait comme bon lui semble et c’est ça qui est important.»

Les élèves sont attentifs et les bras en l’air toujours aussi nombreux. «Je ne vois pas l’intérêt d’assassiner un prof parce que c’est un prof», remarque un garçon. Pierrick Tarravello rappelle le rôle de la «rumeur», «l’engrenage» qui a conduit à «commettre un acte aussi terrible». Avec précision, une fille résume l’affaire Paty, les «images de Charlie Hebdo»«la haine sur les réseaux». Tout le monde approuve lorsque leur prof rappelle qu’«on ne pas peut identifier les musulmans aux islamistes». Mais le consensus est moins évident sur la ligne fine entre droit au blasphème, offense, diffamation et insulte. «Ça veut dire que montrer une caricature, c’est autorisé ?, interroge un élève. Parce que ce qu’il a montré, c’est quand même choquant.» Pierrick Tarravello : «Toutes les religions peuvent se sentir offusquées par les dessins de Charlie Hebdo mais on en entend peut-être moins parler quand il n’y a pas eu d’attaque ensuite. Oui, ça peut déranger mais la loi en France autorise les caricatures, la laïcité le permet.»

Le «côté frustrant» de l’exercice

Un garçon relance : «Ça sert à quoi de faire des caricatures sur l’islam ?» Patricia Zattiero prend la balle au bond : «On peut se demander à quoi ça sert les caricatures tout court.» Un élève ose : «En fait, c’est quoi une caricature ?» Les adultes expliquent puis demandent à la classe qui sont ceux que les journaux ciblent le plus souvent. Deux réponses fusent en même temps : «Les grandes personnes ! Les politiciens  La principale adjointe résume : «Charlie Hebdo est très engagé dans la dénonciation, j’ai le choix de ne pas l’acheter et de ne pas le regarder, j’ai aussi tout à fait le droit de l’acheter et de rire de ce qu’il y a dedans.»

Un garçon cite une chaîne d’info en continu : «Ils parlent beaucoup de l’islam, on a l’impression que ça doit être interdit.» Son enseignant l’incite à «aller chercher dans d’autres médias, dans la loi, à s’intéresser aux différentes sources»«Beaucoup de mes élèves sont de confession musulmane et se sentent vraiment blessés par les caricatures, cette notion de critique des religions, ils ont du mal à l’accepter, explique à l’issue du cours Pierrick Tarravello. J’essaie de leur montrer d’autres exemples où ils ne vont pas être choqués, voire qui vont les faire rire et là, ils arrivent à prendre du recul.» Le jeune prof reconnaît le «côté frustrant» d’un exercice décrété à la dernière minute – l’hommage a été officialisé la semaine dernière. Mais il se réjouit aussi que cette séance ait permis de souligner les «points à refaire», d’«allumer plein de lumières pour la suite».

Maïté Darnault

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Wokisme contre universalisme ! Mais que va faire Jean-Michel Blanquer dans ce débat caricatural ?

16 Octobre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

D'après JM Blanquer, le grand danger qui menace les écoles françaises. Le  Covid ? Naaaaan!!! - Vivement l'Ecole!

Jean-Michel Blanquer lance un cercle de réflexion : "Laboratoire de la République" Quel drôle d’idée ! Pourquoi le ministre de l’Éducation dépense son maigre capital de sympathie en prenant fait et cause pour l’un des deux camps d’une controverse caricaturale ?

D’un côté, le wokisme, cette vision de l’antiracisme venue des Etats-Unis au défaut principal de promouvoir non pas la diversité mais le différencialisme, segmentant la population en de multiples sous-groupes dominés par l’homme blanc hétérosexuel. 

De l’autre côté, des républicains universalistes qui oublient un peu, tout occupés à fustiger une forme d’antiracisme, de lutter contre le vrai racisme, électoralement beaucoup plus puissant par les temps qui courent. Racisme qui même parfois se parer du manteau de l’universalisme. 

Etre à ce point scandalisé par le wokisme ou du moins attacher tant d’importance à ces universitaires minoritaires et sans relais dans le tréfonds de la société est en fait une très bonne façon de leur donner de l’audience et par là-même de contenter les nouveaux réacs à la mode. 

Et puis est-ce vraiment si scandaleux, de la part de militants noirs par exemple, de poser la question de Colbert ? 

C’est peut-être ridicule de vouloir déboulonner des statuts et plus intelligent d’expliquer par une plaque la réalité parfois sinistre de l’histoire de certaines gloires nationales… Mais mobiliser sa capacité d’indignation sur des outrances de l’antiracisme plutôt que sur le racisme lui-même, n’est sans doute pas la meilleure façon d’œuvrer pour l’universalisme. Le ministre de l’Éducation ne doit pas rester neutre pour autant.  

C’est-à-dire ?

Il doit se préoccuper, bien sûr, de la bonne compréhension de la laïcité en milieu scolaire. Mais en choisissant un camp dans une controverse qui se polarise, il donne un caractère officiel à des anathèmes parfois caricaturaux ou en tout cas très polémiques. 

D’autant que si le wokisme progresse, c’est bien souvent que la promesse républicaine, la possibilité de casser les assignations à résidence (aussi bien géographiques s’agissant des quartiers ghettoïsés que culturelles, sociales ou religieuses), n’a pas été développée ces dernières années. 

Le plan Borloo pour les banlieues n’a pas été entrepris et la réforme du bac comme des sections aux lycées (les remontées  de terrain sont claires) ne vont pas du tout dans le sens de l’égalité républicaine. 

Le ministre serait plus dans son rôle en se demandant pourquoi une partie de la jeunesse prête l’oreille à cet inquiétant différencialisme. 

Sans perdre l’objectif de l’universalisme, n’y a-t-il rien à retenir de ce que dit cette jeunesse ? 

Ne peut-on pas soulever le couvercle de la caricature pour comprendre les raisons profondes de leur méfiance envers une République qui met si longtemps à reconnaitre son passé et qui engendre une dynamique électorale d’extrême-droite multiforme ? 

Il faudrait peut-être dépolariser le débat et par exemple, convenir que pour être un bon universaliste, il faut surtout commencer par admettre que non, les conditions sociales, urbanistiques, scolaires,  d’une égalité des chances, les possibilités d’émancipation, ne se sont pas particulièrement améliorées sous ce quinquennat.   

L'équipe

  • Thomas Legrand, éditorialiste à France Inter
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Comment les politiques instrumentalisent l’histoire ?

16 Octobre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

50e anniversaire de la mort de Charles de Gaulle : Emmanuel Macron à  Colombey pour un hommage

Pourquoi les politiques manipulent ils l'histoire? Dans quel but ?

Depuis les années 2000, un mouvement anti-repentance gagne du terrain en France. Il consiste à dénoncer tout acte de reconnaissance de fautes de l'Etat français comme un acte antinational. Ce discours se politise fortement à partir de 2007 avec l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, mis en avant par ses proches, Patrick Buisson et Henri Guaino, qui entendent marquer une rupture avec la politique mémorielle de Jacques Chirac. Au lieu de constamment s'excuser, ils estiment qu'il faut être fier de l'histoire nationale. François Fillon fera d'ailleurs sienne, en 2017, cette offensive sur le récit national. Le message est clair : les Français ne doivent pas avoir honte de l'histoire nationale et il faut transmettre à la jeunesse les pages glorieuses de leur passé. Ce propos fait encore aujourd'hui consensus au sein d'une partie de la droite et de l'extrême-droite. Eric Zemmour s'inscrit dans cette perspective, tout comme Philippe de Villiers. 

Jacques Chirac, le président de la reconnaissance hautement symbolique du rôle de l'Etat dans la Déportation.

Jacques Chirac est le premier président à mettre fin au tabou sur la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs. Dans un discours resté célèbre le 16 juillet 1995, le chef de l'Etat estime que la France a alors "accompli l'irréparable". C'est également lui qui décidera d'instaurer la "journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition". Elle se tiendra pour la première fois en 2006. 

Nicolas Sarkozy, le refus de repentance ?  

Dans son discours de victoire le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy qualifie la repentance de "haine de soi" et fustige la "concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres". Coup de théâtre en 2011. Un an avant l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy préside le 10 mai une cérémonie à l'occasion de la journée nationale de l'esclavage et modifie ses éléments de langage. Il qualifie de "premiers crimes contre l'Humanité" la traite négrière et l'esclavage dans les territoires d'outre-mer."

François Hollande : la reconnaissance du 17 octobre 1961

François Hollande s'est illustré, le 17 octobre 2012, en reconnaissant la responsabilité de la police dans la mort de dizaines de manifestants musulmans à Paris 51 ans auparavant, soit le 17 octobre 1962.  En juillet 2012, il avait également marché dans les pas de Jacques Chirac et surtout brisé l'ambiguïté de François Mitterrand en déclarant à la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv que cet épisode était un "crime [...] commis en France par la France".

François Mitterrand : dans la continuité gaulliste

Plus de 40 ans après la guerre, François Mitterrand, empreint d'une vision gaulliste de l'histoire, estime que l'Etat vichyste sous l'Occupation s'est substitué à la République, qui n'est donc pas en cause dans la déportation des juifs. Une vision qu'il propose en creux lors du cinquantenaire de la rafle du Vel d'Hiv, le 16 juillet 1992, en se gardant de prendre la parole. Cette posture, alimentée par un dépôt de gerbe sur la tombe du maréchal Pétain quelques mois plus tôt, crée le malaise dans une partie de l'opinion.

François Mitterrand instaure pourtant en 1993 une "journée de commémoration des persécutions racistes et antisémites commises sous l'autorité de fait dite 'gouvernement de l'Etat français'".

Emmanuel Macron et le devoir de mémoire

Depuis le début de son quinquennat, le président de la république essaye d'être dans une politique de réconciliation mémorielle : Algérie, Rwanda... Il est sur tous les fronts. Le 20 septembre, Emmanuel Macron a officiellement demandé pardon aux harkis, annonçant une prochaine loi « de réparation », lors d’une cérémonie solennelle à l’Élysée. Il fera également du 7 avril – date de déclenchement du génocide contre les Tutsi, en 1994 – une journée de commémoration. Enfin, le 28 novembre 2017, Emmanuel Macron fera un discours à Ouagadougou où il annonce les axes de la relation qu'il veut fonder entre la France et le continent africain. Il déclare : "Je suis d’une génération de Français pour qui les crimes de la colonisation européenne sont incontestables et font partie de notre histoire." 

La récupération de la mémoire par les politiques 

Eric Zemmour se dit "hostile aux lois mémorielles" qu'il juge liberticides. Pour rappel, en France, il existe quatre lois mémorielles. La première, qui remonte au 13 juillet 1990, a permis de créer le délit de négationnisme. C'est cette loi qui, au moment de son instauration, avait fait l'objet de premières attaques. En 2001 par une deuxième loi portant sur le génocide arménien ainsi qu'une autre sur l'esclavage. Enfin la dernière en date, en 2005, portait sur la reconnaissance de la Nation en faveur des Français rapatriés. Il y a quelques semaines, Eric Zemmour disait : “Vichy a protégé les juifs français et donné les juifs étrangers”, [...] “C’est mon combat contre la repentance et la culpabilité. On essaye de culpabiliser le peuple français en permanence”.  Mais Eric Zemmour n'est pas le seul à manipuler l'histoire. 

Comment les politiques se servent de l'histoire? Dans quel but ? Nous en débattons avec nos invités... 

Patrick Cohen

A écouter en cliquant ci-dessous

INTERVENANTS

Sylvie Kauffmann

Directrice éditoriale au journal Le Monde. Spécialiste notamment des questions internationales.

Christine Ockrent

Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture

Jean-Noël Jeanneney

Historien, ancien Président de la BNF, producteur de l'émission "Concordance des temps" sur France Culture

Pascal Blanchard

Historien, chercheur au CNRS au Laboratoire communication et politique, spécialiste du "fait colonial" et des immigrations en France

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