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Vivement l'Ecole!

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Covid-19. Tests salivaires à l’école : la note qui met le feu aux poudres

1 Mars 2021 , Rédigé par Ouest France Publié dans #Education

https://photos.lci.fr/images/613/344/tests-salivaires-ecole-1de518-0@1x.jpeg

Les élèves doivent cracher dans une pipette. Le ministère demande aux directeurs d’école « d’encadrer » l’opération. « Scandaleux », dénoncent des enseignants. Juste du bon sens pour rassurer les enfants, se défend le ministère.

Samedi 20 février, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, annonçait qu’entre 50 000 et 80 000 tests salivaires de détection du Covid-19 seraient effectués dès cette semaine, sur la base du volontariat. « Ce sont des laboratoires qui effectueront les tests au sein des établissements. ​Le temps de les identifier et d’organiser tout cela, la campagne ne débutera pas avant le milieu de la semaine », précisait à Ouest-France le ministère en début de semaine .

En réalité, seules quelques écoles tests seront concernées cette semaine. « Dans l’académie de Grenoble, par exemple, une seule école est concernée. Ailleurs, quelques écoles pilotes seront testées tous les quinze jours, pour suivre une cohorte », ​affirme Guislaine David, la secrétaire générale du SNUipp, premier syndicat du premier degré.

Une note a mis le feu aux poudres

La divulgation hier soir d’une note adressée à un directeur d’école test du Rhône a mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux. On y apprend qu’un « personnel du laboratoire est présent sur chaque opération de dépistage ». Lors de la première intervention dans l’école, « il présente les modalités du dépistage et forme les personnels à la supervision du recueil des prélèvements ».

Cette notion de « supervision » interroge. Qu’entend-on par là ? La note précise : « L’encadrement de ces prélèvements est par la suite assuré par les personnels de l’Éducation nationale ou des collectivités territoriales.  Les personnels supervisant l’opération devront s’assurer, outre de la bonne réalisation du prélèvement lui-même, du bon étiquetage des flacons servant au prélèvement. Ils s’assurent également que les prélèvements sont réalisés dans les conditions préconisées. »

Sur Twitter, certains appellent à « refuser » ce protocole :

« Et si le prélèvement n’est pas bien effectué ? »

 

Plusieurs enseignants actifs sur le réseau social à l’oiseau confirment que la même demande a été exprimée par des inspecteurs de l’Éducation nationale auprès de directeurs d’école. Les syndicats, qui réclamaient de longue date ces tests, sont vent debout. «  L’Éducation nationale va donc demander à des enseignants de se déclarer volontaires. Bien souvent, ce seront des directeurs. Mais qui s’occupera de leur classe pendant ce temps ? La mise en œuvre s’annonce compliquée sur le terrain », alerte Guislaine David.

Interrogé par Ouest-France, le ministère de l’Éducation nationale se veut rassurant : « Le protocole prévoit que le prélèvement se fera toujours en présence d’un personnel de l’Éducation nationale pour ne pas laisser seul un élève avec un personnel de laboratoire. » Sous-entendu : ce n’est pas aux enseignants de recueillir le prélèvement, ce qui serait du jamais vu. Le ministère précise également « qu’un personnel de santé doit être présent pour superviser l’opération. Et s’il ne peut pas l’être, des renforts (secouristes) seront prévus. »

Les médecins scolaires, qui n’ont pas été concertés, et les infirmières scolaires ont déjà expliqué qu’ils n’avaient pas les moyens de faire passer ces tests, trop occupés qu’ils sont à effectuer le contact tracing des élèves malades, pour repérer les cas contacts. Le problème de fond est là. Les enseignants devront donc donner un coup de pouce.

« C’est proprement scandaleux !!! On est donc psy, infirmier-infirmière, détecteur d’inceste et de harcèlement, islamo-gauchiste… Mais zéro investissement dans le dernier rempart de la République », fustige également sur Twitter Lysias Leprof.

Arnaud Bélier

https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/covid-19-les-enseignants-devront-faire-passer-eux-memes-les-tests-salivaires-7167249

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Revue de Presse Education... Métier - Covid - Genre - Cantine...

28 Février 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Métier - Covid - Genre - Cantine...

Alors qu’il reste encore une semaine de vacances à la zone B, La situation de l’école semble s’engluer éternellement dans le marasme covidien. Mais heureusement, notre bon parti majoritaire nous a dégotté une bonne petite polémique, et même deux pour faire bonne mesure (mais nous n’allons observer que celle sur les cantines lyonnaises, ne soyons pas trop gourmands). On s’intéresse aussi au genre et au métier d’enseignant.


Métier

Dans Le Monde, on évoque la discipline de sélection...et son manque d’attrait pour de futurs enseignants. « Professeur de maths, un métier qui peine à attirer
A l’université, les étudiants spécialisés dans cette discipline sont aspirés vers d’autres carrières. Le nombre de candidats au Capes de mathématiques a chuté de 17% en quatre ans.
 » Comme beaucoup de bons articles, une phrase, en début résume l’idée : « Dans mon domaine et en maîtrisant l’anglais, je peux travailler de n’importe où dans le monde en étant bien payé », assure-t-il. Alors, enseignant… » Je me mets à sa place, mal payé, mal considéré, pris éternellement entre des directions qui changent selon le vent (enfin le ministre...) et les exigences souvent contradictoires des différents acteurs de l’éducation, ça ne fait pas tellement envie...
RFI peut peut-être y trouver une réponse à sa question « Pourquoi la France est-elle classée parmi les derniers en mathématiques en Europe ? »

Mickaël Faivre, vient de publier sur sa chaine Youtube, Bref. Je suis professeur documentaliste. Il y recense (avec forcément des excès) les poncifs que certains peuvent avoir sur les professeur documentaliste et surtout il présente son métier, un bon moyen de travailler les rôles du collège en 6è, par exemple.
sur Youtube https://www.youtube.com/watch?v=34lNXv7Zi54

Vous souhaitez devenir professeur(e) ? Vivre au Lycée vous a trouvé le site avec un test fait pour vous (spoiler, 9/10 chances que ce ne soit pas fait pour vous !)

Dans La France Agricoleon apprend que« Le sénat planche sur l’enseignement agricole « idéal » et doit remettre son rapport  » cette semaine (pour abonnés). Espérons pour l’enseignement agricole que Denormandie ne soit pas aussi fossoyeur que le ministre du MENJS

Nathalie Elimas, secrétaire d’État chargée de l’Éducation prioritaire, présente dans L’Etudiant « la première phase d’une expérimentation autour de contrats locaux d’accompagnement qui sera menée à la rentrée de septembre dans 172 établissements de 3 académies. ». Je vous rassure, on n’apprend pas grand chose de cette interview : « Nous travaillons à la mise en place de critères d’évaluation », « Le choix des établissements concernés à l’intérieur de ces académies s’appuie sur une série d’indicateurs nationaux et d’indicateurs propres aux académies qui permettent de déterminer les besoins liés aux "unités éducatives" » indicateurs dont vous n’aurez évidemment pas les attendus, etc.


Covid

Dans Le Monde, « Covid-19 : « Il existe en France un déni du risque de l’épidémie à l’école »
Malgré les données scientifiques démontrant le rôle des écoles dans la diffusion du virus, le gouvernement a choisi de les maintenir ouvertes. Or cette décision ne s’accompagne pas d’une stratégie de prévention, déplorent, dans une tribune au « Monde », l’ex-directeur de Santé publique France, François Bourdillon, et la politiste Mélanie Heard.
[...]
Les données virologiques établissent, par exemple, que la charge virale excrétée par les enfants, même asymptomatiques, est comparable à ce qui est observé chez les adultes. Les données britanniques tirées d’un échantillon aléatoire montrent que les classes d’âge scolaire ont des taux de prévalence supérieurs à ceux des adultes. En France, à partir des seules données de dépistage cette fois, la réalité de la circulation du virus chez les enfants est désormais soulignée à chaque point hebdomadaire de l’agence de sécurité sanitaire Santé publique France [...]
D’une semaine sur l’autre, le nombre de classes fermées en France est en très nette hausse. La situation actuelle est, en outre, profondément modifiée par la diffusion de nouveaux variants bien plus contagieux, y compris chez les enfants. Et tous les modèles disponibles s’accordent pour les décrire comme capables de provoquer une vague d’infections dramatique à l’échéance de moins d’un mois dans notre pays.
Devant cette convergence d’informations scientifiques, bien des pays européens ont décidé de fermer leurs écoles : le débat porte alors sur la stratégie de prévention qui permettrait de les rouvrir sans alimenter une reprise de l’épidémie. Mais, dans notre pays, il existe un déni de la réalité du risque et l’« arbitrage » en faveur de la continuité scolaire est tenu pour intangible.
 » En clair, une situation de dilemme entre continuité scolaire et risque épidémique...Et à Chambourcy, on n’a pas pu dire "oh oui !" à la reprise lundi pour cause de variant sud-africain...

Et les tests salivaires dans tout ça ? Pour l’instant on n’en voit pas trop la couleur...
Dans La Dépêche, on évoque la zone C, la plus importante en nombre d’élèves et qu’« Il ne faut pas s’attendre à un déploiement massif puisque plusieurs écoles en France n’ont toujours pas été dotées en matériel. Il s’agit en fait d’une nouvelle étape dans la lutte contre le virus alors que la situation sanitaire est jugée très préoccupante » et pour la zone A ? « en Nouvelle-Aquitaine, par exemple, «  l’arrivée de ces tests a pris du retard pour les élèves du 1er degré  », observe Stéphanie Anfray, présidente de la FCPE 33  »
Mais...
Ouest-France annonce « Covid-19. Les enseignants devront« superviser » les tests salivaires
“Les élèves doivent cracher dans une pipette. Le ministère demande aux directeurs d’école « d’encadrer » l’opération. « Scandaleux », dénoncent des enseignants. Juste du bon sens pour rassurer les enfants, se défend le ministère.”
 »
Confirmé par l’article de BFMTV malgré un titre en trompe-l’œil : « Les enseignants craignent de devoir s’occuper des tests salivaires dans les écoles, le ministère nie » sauf que juste après, dans l’article, le ministère ne nie plus du tout.
Depuis l’UNSA éducation et le SNU-ipp ont protesté chacun de leur côté contre cette mesure.

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Faut-il en rire ? Sans doute pas, mais il vaut mieux continuer à rire. Parmi d’autres, Philippe Watrelot mentionne le rire à l’école (et hors d’école, chez les enseignants) dans La Croix : « Les règles parfois insensées et les revirements auxquels l’école est soumise depuis des mois engendrent un déchaînement de blagues sur des sites comme ParentsProfs (parentsprofslemag.fr), Wesh Wesh Prof (sur Facebook), RIP-éduc (@RIP_educ sur Twitter, « Réseau d’information prioritaire, le premier blog d’actualité bienveillant, éthique, responsable, bienveillant et bienveillant »). Des images détournées moquent le « protocole fantôme » censé protéger élèves et enseignants, l’aération des salles surchargées en plein hiver, l’enseignement à une classe entièrement masquée… « Le ministre de l’éducation en prend plein la figure, mais il faut dire que c’est assez facile… », pointe Philippe Watrelot ». Ils ont oublié mon cher EdukAktus, mais je leur pardonne, l’article est vraiment plaisant à lire. Je mentionne encore : « « On rit pour ne pas pleurer, observe encore Philippe Watrelot. On est tellement agacés…, c’est un mécanisme de défense. » L’enseignant utilise également l’humour dans sa salle de classe. « Faire des blagues aide à prendre du recul, y compris avec les élèves. La période est dure et triste pour eux aussi. » Pour autant, le prof ne se prend pas pour un humoriste : « Je ne suis pas un stand-upper frustré ! Quand je blague en classe, ce n’est jamais gratuit. C’est aussi une manière de construire la relation pédagogique avec mes élèves. » ».


Genre

Claude Lelièvre revient dans une interview pour L’autonome sur la question du genre à l’école.
Extrait choisi : « Le combat pour résorber la division sexuée de l’école passait aussi par la mixité scolaire. Comment s’est-elle mise en place ? Était-ce une volonté délibérée de mélanger les élèves des deux sexes ?
Contrairement à ce que l’on entend souvent, la mixité scolaire n’est pas un pur produit de mai 68. Elle a commencé à se mettre massivement en place dès le début des années 1960. C’est un processus au long cours, qui commence par le primaire et qui, au début des années 1970, ne fait que s’achever.
Ce qui est remarquable c’est qu’on ne le fait pas pour des raisons idéologiques, puisque l’on n’a jamais tranché le débat entre les partisans de la « coéducation » et les tenants du statu quo, mais pour des motifs organisationnels et d’économies d’échelle. On a peut-être « gagné » des postes d’enseignant en fusionnant les classes, mais on a raté l’occasion d’un débat revisitant les fondements de notre école.[...]
Même sous un ministre aussi progressiste (pour son temps) que Jean Zay, l’éducation était encore extrêmement genrée. Aussi les femmes ont-elles dû « grignoter » progressivement ce qui leur était refusé. Par exemple, le taux de jeunes femmes parmi les inscrit·es à l’université, qui n’était que de 3 % en 1900, n’a cessé de croître : 10 % en 1914, 25 % en 1930, 45 % en 1970, 50 % en 1980 et à présent elles y sont largement majoritaires.
Toutefois, notamment parce que l’on n’a jamais réinterrogé un certain nombre de stéréotypes sexistes qui étaient à la base de notre système éducatif, cela s’est fait avec d’énormes disparités selon les disciplines. Si dans le domaine des lettres et des langues, les femmes représentaient déjà 33 % des étudiant·es en 1914, elles sont encore aujourd’hui très minoritaires dans les écoles d’ingénieur·es.
 »

Monsieur Patate ? ou Madame polémique à deux balles ? La marque annonce qu’elle va désormais s’appeler Potatoe Head (tête de patate) et non plus Mister Potatoe (Monsieur Patate) pour faire place à toute la famille et tous les genres. Et cela fait un gros titre, un peu partout. Pas de quoi fouetter un chat, purée !

Et si on parlait des règles à l’école ? Violaine Morin s’est intéressée au sujet dans Le Monde (réservé abonnés). « La région Ile-de-France, qui a lancé à la rentrée 2020 une campagne pour équiper les lycées en distributeurs de serviettes hygiéniques et tampons gratuits, estime qu’une élève sur trois ne dispose pas d’un accès satisfaisant aux protections périodiques.  ». « La marque Always estime, quant à elle, sur la base d’une étude Google Survey, que 130 000 Françaises ratent les cours, chaque année, à cause de leurs règles.  »

Et dans le MESRI ? La ministre a annoncé des distributeurs gratuits à la rentrée pour « lutter contre la précarité menstruelle » a-t-elle annoncé le 23 février sur RTL. Reste à savoir combien de temps les budgets permettront de les réapprovisionner quand on peine à trouver papier hygiénique, savon et essuie-mains déjà. Une réponse partielle dans cet article du Huffington Post d’octobre 2019 : les facs se sont emparées du sujet via leurs BDE surtout. Ainsi à Rennes 2 « Durant la semaine de la rentrée, pas moins de 10.000 kits de 18 serviettes ou tampons bio et sans plastique seront distribués gratuitement, de même que 1300 cups et serviettes réutilisables. »


Cantine

N’ayant aucune envie de m’infliger plus d’islamo-gauchisme ou d’écriture inclusive (je vous renvoie à cette revue et relue pour ce dernier sujet), j’ai choisi ma polémique de la semaine : la viande à la cantine.

Revenons d’abord sur le contexte : pour limiter les manipulations et permettre de mieux gérer les flux d’élèves dans les cantines de la municipalité lyonnaise, le maire a décidé de supprimer les menus avec viande temporairement.
Donnons ensuite la parole à un militant : Benoit Biteau, député européen EELV était jeudi soir sur C8il explique sur sa page Facebook : « Ils nous prennent vraiment pour des imbéciles.
➡️Gérard Collomb, l’ancien maire de Lyon avait pris la même décision l’an dernier pour les mêmes raisons ; ça n’avait posé aucun problème au gouvernement à ce moment-là. Etrange non ?
➡️Les enfants défavorisés mangent plus de viande que les enfants des milieux plus aisés. C’est une étude du ministère de l’Agriculture qui le montre !
➡️Le marqueur social le plus fort est en réalité l’accès aux fruits & légumes : la malnutrition des enfants défavorisés est aujourd’hui surtout liée à l’inaccessibilité des fruits & légumes
➡️60% de la viande servie aujourd’hui dans les cantines est importée de l’étranger
➡️Et enfin, les études sur les cantines scolaires qui ont expérimenté le menu végétarien montrent que manger MOINS de viande, c’est manger MIEUX de viande. MIEUX pour les enfants car de meilleure qualité et MIEUX pour les éleveurs français car approvisionnement local ! »
Rappelons que si le maire de Lyon supprime la viande, il ne propose pas pour autant que des menus végétariens, le poisson figurant encore au menu. Et pour la viande des cantines, on est très loin du tournedos rossini soyons honnête, plus près de la semelle dégoulinante de sauce (pour masquer sans doute). Rappelons aussi que cela ne représente pas plus de 4 repas par semaine (sur 21 !).
Libération veut aller plus loin que la polémique : « les 206 écoles de la ville prévoient aussi de se tourner progressivement vers une alimentation bio et tournée vers des producteurs locaux. » pas de quoi rendre hystériques les éleveurs il me semble (réservé abonnés).
Libération publie aussi la tribune de parents d’élèves lyonnais qui s’indignent : « Alors que la situation des écoles est actuellement préoccupante sur de nombreux points, qu’il semble qu’aucune enveloppe supplémentaire au budget de l’éducation nationale ne permette d’imaginer des conditions plus « normales » d’étude en temps d’épidémie, qu’un grand nombre de familles mais aussi toute une partie de la jeunesse se voient fortement précarisées et isolées en cette période, le gouvernement trouve donc urgent de saisir préfecture et tribunal concernant la composition des menus dans les cantines lyonnaises. » et reviennent sur leurs précédentes demandes de prise en compte de qualité dans les cantines.

Mais voilà que le maire de Clermont-Ferrand s’y met aussi selon Le Point. « Les cantines scolaires de Clermont-Ferrand distribuent deux menus végétariens par semaine, a indiqué la mairie, assurant vouloir ainsi « améliorer la qualité des repas ». « Nous proposons depuis le mois de janvier deux menus végétariens, sans poisson ni viande, et cela fonctionne très bien », a déclaré mercredi 24 février à l’Agence France-Presse Nicolas Bonnet (EELV), adjoint chargé de la restauration à la mairie de Clermont-Ferrand.
Le personnel des cantines « a été formé à la cuisine végétarienne pour explorer de nouvelles façons d’agrémenter, de composer les plats, car il ne s’agit pas seulement de supprimer le jambon les jours où il y a purée-jambon », a-t-il ajouté, précisant que les œufs, la crème ou le beurre étaient servis normalement
 »

Qu’en dit la professeure en nutrition Martine Laville ? Dans La Croix, Eve Guyot l’a interrogée. « D’abord, il ne faut pas confondre le régime végétarien qui exclut la viande et le poisson, et un menu végétalien qui se débarrasse de l’ensemble des protéines d’origine animale, dont les œufs ou le fromage. Si le régime végétalien est une catastrophe pour la santé, notamment celle des enfants qui sont en pleine croissance, le menu végétarien ne présente aucun danger, et peut même être bénéfique. »
Pourtant sur sa page Facebook, Vie de Carabin a publié une petite BD expliquant les différentes sources de fer et leur absorption. N’étant pas du tout spécialiste (et même n’y connaissant rien), je laisse les pros en parler et vous y renvoie, sauf si c’est pour l’insulter comme certains semblent l’avoir fait...

Un point m’alarme surtout, toutes ces polémiques fondées sur rien, sur des interprétations (parfois personnelles "je pense que...", "j’ai entendu" très scientiste tout ça) étranges des faits ne servent-elles pas à masquer les vrais sujets qui devraient réellement nous occuper ? Nous enfirouaper (joli terme québécois) voire nous occuper l’esprit pour éviter d’avoir à répondre à de vraies questions d’importance ?

Emilie Kochert, contente de reprendre les cours demain

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De la souffrance des enseignants... Par Christophe Chartreux

28 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

De la souffrance des enseignants... Par Christophe Chartreux

Depuis des années - de nombreux livres, articles et émissions ont été consacrés au sujet - il est courant d'entendre la souffrance des enseignants.

Il conviendrait de parler DES souffrances car elles sont nombreuses. Peut-être même y en a-t-il autant que d'enseignants, chacun héritant de sa douleur, la partageant ou pas, l'assumant ou pas, la vivant plus ou moins mal selon le caractère de chacun et le degré de cette souffrance infligée.

Tous les enseignants, un jour ou l'autre, souffrent, ont souffert ou souffriront. Depuis l'incivilité de tel élève qui détruit votre cours puis votre moral jusqu'aux violences verbales et physiques heureusement plus rares mais qui existent. Tout cela n'est pas né avec les pamphlets vengeurs des Brighelli et Polony Ils n'ont rien découvert, se contentant d'illustrer des dogmes idéologiques par des «exemples» souvent invérifiables, uniques et, plus grave, ne proposant aucune solution efficace autre que le retour en arrière «du temps béni où c'était mieux avant». 

Il reste néanmoins ces souffrances... Elles sont là... Dès la grille du collège ou du lycée franchie... Comme une boule dans le creux de l'estomac qui vous dirait tout bas: «N'y va pas»...

Je pense souvent à ces collègues, moi qui ai la chance, le privilège de n'avoir quasiment jamais été confronté à ces inquiétudes quotidiennes, à ces sueurs froides, à ces insomnies. Je pense souvent à eux et plus encore depuis ce funeste mois de mai 2017. Oh bien entendu, il serait trop facile de faire porter le chapeau des drames individuels à un seul homme. Le Président de la République et son gouvernement ont appliqué la politique annoncé dès 2016. Ils n'ont surpris personne.

Pour autant, depuis quatre ans, la situation des enseignants s'est particulièrement dégradée. Je ne parle pas ici seulement de leurs conditions de salaires. Je pointe du doigt leurs conditions de travail au jour le jour.

Avec moins, on leur demande plus; la formation fait ce qu'elle peut; la ghettoïsation des quartiers n'a pas été combattue, bien au contraire, entraînant la ghettoïsation des établissements scolaires; en fin de mandat, on nous annonce des réflexions.  Ce Président et ce gouvernement auront été ceux des annonces... Les chefs d’établissements du secondaire sont incités à agir en DRH et à faire du chiffre; les expérimentations pédagogiques restent à l'abri des regards même quand elles donnent d'excellents résultats; on n'a pas travaillé une seule seconde sur un dossier qui me semble loin d'être anecdotique: l'architecture des bâtiments scolaires; le système des nominations pour les jeunes professeurs est resté le même, c'est à dire une aberration absolue consistant à décourager le plus vite possible des enseignants enthousiastes et idéalistes en les «balançant» face à des élèves en souffrance et faisant souffrir... C'est souvent un «jeu de miroir»...

J'espère que les années qui viennent - après la parenthèse heureuse de 2012/2017 - permettront d'atténuer les effets de ces souffrances. Souffrances qui touchent tous les personnels, mais aussi comme je viens de le dire, les élèves et leurs parents.

Christophe Chartreux (écrit en 2011 et simplement actualisé)

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Pendant ce temps-là, le ministère fait des économies...

28 Février 2021 , Rédigé par France Info - L'Instit Humeurs Publié dans #Education

Pendant ce temps-là, le ministère fait des économies...

EXTRAIT

Il fallait vraiment suivre l’actualité de l’éducation de près pour tomber sur l’information : il y a quelques jours le Café pédagogique nous apprenait que le ministère avait annoncé coup sur coup des centaines de millions d'euros d'économies pour l’année 2020.

250 millions d’euros d’économies à l'Education nationale

Ce sont successivement 212 millions, 33 millions et 393 millions d’économies que le ministère a publiés au Journal officiel ces dernières semaines.

- le 22 janvier (J.O. n°0021 du 24 janvier 2021), le ministère signait l’arrêté officialisant le « report de crédits » d’un total de 212 501 312,60 € ; cet engagement de dépenses, annulé pour 2020 et ouvert pour 2021, provient intégralement du budget « soutien de la politique de l’éducation nationale ».

- le 26 janvier (J.O. n°0038 du 13 février 2021), le ministère signait l’arrêté officialisant le « report de crédits » d’un total de 33 642 385 € ; cet engagement de dépenses, annulé pour 2020 et ouvert pour 2021, provient notamment pour 9 620 708 € de « l’enseignement scolaire public du second degré », et pour 21 010 141 € du « soutien de la politique de l’éducation nationale ».

- le 12 février (J.O. n°0041 du 17 février 2021), un nouvel arrêté du ministère officialisait un « report de crédits » d’un montant total de 393 872 866 €. Ici, il faut distinguer ce qui a été économisé sur le budget 2020 de l’Education nationale, soit 6 438 234 €, et ce qui relève du budget sport, jeunesse et vie associative, tombés dans l’escarcelle de JM Blanquer au dernier remaniement, soit 387 434 632 € (essentiellement des engagements concernant les jeux olympiques et paralympiques 2024).

Au total, le ministère se retrouve donc avec 640 millions d'euros disponibles pour 2021, 252 581 931,60 € pour l’écoleCe n'est pas la première fois, rappelle le Café pédagogique, que le ministère Blanquer parvient à faire des économies, alors que « généralement l'Education nationale a du mal à finir l'année et [qu’] il faut assez souvent voter une rallonge pour la paye de décembre ». En 2018 déjà, 200 millions avaient été économisés, mais « l’année suivante, le budget de l'Education nationale avait fort peu augmenté ».

Il est difficile de savoir précisément sur quels postes budgétaires cet argent a été économisé, mais on aimerait bien en connaitre le détail : quelle dépense prévue a été reportée, quels « engagements » n’ont pas été honorés ? Pour quelles raisons ?... On ne sait pas ce qui n'a pas été fait en 2020, et on ne sait pas non plus comment cet argent sera "engagé" en 2021, s'il sera destiné à des projets ajournés ou disponible pour d'autres. L’avenir nous dira peut-être ce que JM Blanquer fera de ces millions, mais s’il est en panne d’idées pour l'école, on peut les lui rafraichir.

Pendant ce temps, 1800 postes supprimés dans le secondaire…

Cette année encore, le secondaire paie l’addition de la politique ministérielle : 1800 postes sont supprimés au budget 2021 dans les collèges et les lycées. Ce n’est pas la première année : le chercheur Laurent Frajerman a établi à 36 186 le nombre de postes supprimés dans le second degré entre 2007 et 2018, soit près d’un poste sur 10. Dans le même temps, les collèges et lycées accueillaient 244 089 élèves de plus.

L’information n’a pas échappé aux médias qui se préoccupent d’éducation, mais il est intéressant de noter que pour beaucoup de journalistes la justification à ces suppressions de postes se trouve… dans la « priorité accordée au primaire ». Ainsi cet article du monde daté du 18 février 2021 et intitulé « Dans les collèges et les lycées, les conséquences en cascade de la baisse des moyens ». L’article est très intéressant, mais le chapô laisse songeur : « La « priorité à l’école primaire » se fait durement sentir dans les établissements du second degré, contraints d’absorber 1 800 suppressions de postes à la rentrée 2021 ».

(...)

Lucien Marboeuf

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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L’usage des toilettes à l’école : petit coin, vaste sujet...

26 Février 2021 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education

Les toilettes des établissements scolaires trop souvent insalubres |  PARENTS.fr

Manque d’intimité, défaut d’hygiène, peur des incivilités… Plus de huit écoliers sur dix se retiennent de fréquenter les WC de leur établissement. Des stratégies d’évitement très néfastes pour la santé des plus jeunes, alerte la géographe Édith Maruéjouls. Qui prône la création de cabines véritablement préservées des regards.

Pour la géographe Édith Maruéjouls, spécialiste des cours de récréation, les WC ne sont pas un petit sujet. Dans le cadre du programme éducatif « À nous les toilettes ! » (1), cette chercheuse planche sur le réaménagement des blocs sanitaires dans les écoles.

Plus de huit élèves sur dix déclarent se retenir “souvent” ou “de temps en temps” d’aller aux toilettes, selon une enquête Harris Interactive pour Harpic. Pour quelle raison ?
Le premier problème, c’est en effet l’évitement. Beaucoup d’enfants y vont quand ils ne peuvent vraiment plus se retenir, et certains jamais ! Ils mettent en place des stratégies, serrent les fesses ou s’empêchent de boire à la cantine. Cela crée une forte charge mentale au quotidien : comment être concentré en classe, courir dans la cour, jouer avec les autres quand on a l’esprit occupé à se retenir de faire pipi ? Sans oublier les conséquences sanitaires : ne pas aller aux toilettes quand on en a envie favorise les infections urinaires chez les filles et les garçons.

(...)

Marion Rousset

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous (Abonnés)

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Claude Lelièvre : « On n’a jamais vraiment résolu la question du genre à l’école »

26 Février 2021 , Rédigé par Autonome de Solidarité Laïque Publié dans #Education

École d'aujourd'hui à la lumière de l'histoire | Éditions Odile Jacob

EXTRAITS

Dans son nouvel ouvrage, L’École d’aujourd’hui à la lumière de l’Histoire (à paraître le 17 mars prochain aux éditions Odile Jacob), l’historien de l’éducation Claude Lelièvre revient sur les nombreuses contrevérités historiques trop souvent convoquées dans les débats actuels autour de l’École. Parmi de nombreux sujets, il aborde la question des inégalités femmes-hommes et le rôle de l’éducation dans celles-ci. Retour avec lui sur quelques points de sa réflexion…

Qu’est-ce qui a abouti, à la fin du XIXe siècle, à l’idée d’une éducation obligatoire pour les femmes, au même titre que pour les hommes ?

Il est remarquable que la loi Jules Ferry de 1882 rende l’école obligatoire non seulement pour les garçons, mais aussi pour les filles. Il faut toutefois souligner que, s’il y avait un retard aux siècles précédents quant à la scolarisation des filles, celui-ci est résorbé dès la fin du Second Empire. Le souci de Ferry n’est donc pas tant de scolariser les filles que d’en faire des « républicaines ».

Cela passe en particulier par l’idée de les soustraire à l’influence de l’Église, via un programme d’instruction morale et civique qui insiste sur les principes républicains. Car même si les femmes, à l’époque, ne votent pas et ne sont pas éligibles, elles ont une influence politique à l’intérieur du foyer.

Éduquer les femmes voulait-il pour autant dire leur offrir une place équivalente au sein de la société ? Quel était, à l’époque de la IIIe République, le contenu de cette éducation ?

Le mot d’ordre de l’époque était « l’égalité dans la différence » : on considérait que la place de la femme était au foyer, en tant qu’épouse et mère. Il ne s’agissait nullement de les émanciper, bien au contraire. Même si l’on instaure dès 1880 et la loi Camille Sée, un enseignement secondaire féminin, il est délibérément conçu comme fort différent de celui des hommes. Les rares femmes qui y accèdent, issues pour la plupart de la bourgeoisie, sont destinées à être… des femmes de bourgeois. Pas question donc qu’elles passent le baccalauréat, qui est exclusivement masculin. À la place, en guise de brevet de fin d’études secondaires, elles n’ont qu’un examen dit « désintéressé » puisqu’elles ne peuvent de toute façon pas aller dans le supérieur.

Pour ce qui concerne les écoles communales, les programmes d’histoire et de géographie sont identiques à ceux des garçons, puisque liés à l’éducation civique; mais certains enseignement peuvent être différents pour les garçons et les filles , en particulier ceux d’éducation physique et de travaux manuels. Il s’agit d’acquérir pour elles « les qualités sérieuses de la femme de ménage ».

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L’enseignement s’est largement féminisé depuis Jules Ferry : on entend parfois qu’un secteur qui se féminise est déconsidéré économiquement et socialement. Qu’en est-il aujourd’hui selon vous ?

Le métier d’enseignant est de longue date très féminisé, cela n’a pas tellement évolué depuis la fin de la IIIe République. Jules Ferry lui-même, qui portait les stéréotypes sexistes de son temps, considérait que les femmes avaient davantage les qualités d’empathie et de bienveillance nécessaires à cette tâche, autant que le sens du dévouement qui allait avec la fonction.

Car c’est aussi cela la réalité du métier : les enseignants français sont mal rémunérés, en comparaison bien sûr d’autres secteurs économiques, mais même par rapport aux autres pays. En 1914, au moment où Charles Péguy évoque les « hussards noirs de la République », nous sommes déjà avant-derniers en Europe pour le niveau de rémunération de nos enseignants. Voilà une question qu’il faut trancher : le métier d’enseignant est-il une activité comme une autre, ou un sacerdoce qui demande des sacrifices ?

Comment a évolué historiquement la répartition femmes/hommes dans l’enseignement des principales disciplines ?

La part des enseignantes dans chaque discipline est logiquement le reflet des disparités que l’on observe dans le choix de cursus des étudiant·es. On évoquait plus haut que les femmes étaient devenues majoritaires dès l’après-guerre dans le domaine des lettres et des langues, mais ça n’est pas du tout vrai pour la philosophie, le droit ou les sciences dites « dures ».

Et ce qui est inquiétant, c’est que cette polarisation selon les disciplines perdure et même qu’elle s’est encore renforcée ces dernières décennies. Le taux de femmes enseignant les mathématiques a par exemple chuté de 52 % à 46 % entre 1989 et 2011. Idem pour la physique-chimie, où elles sont passées de 47 % à 42 %.

Y a-t-il dans les métiers de l’éducation, comme ailleurs dans notre société, un « plafond de verre » qui limite l’accès des femmes aux plus hautes fonctions ?

Sans doute, car on observe toujours en tendance qu’il y a nettement plus de directeurs que de directrices d’école, ou bien d’inspecteurs que d’inspectrices, même si cela tend à se résorber.

Toutefois, il est intéressant de remarquer que lorsqu’il y a une vraie volonté politique, les choses peuvent bouger. C’est le cas pour la fonction la plus haute de nos académies, à savoir les recteurs et les rectrices, qui sont aujourd’hui pratiquement en nombre égal de chaque sexe. C’est un vrai progrès dont il faut s’inspirer ailleurs.

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Autonome de Solidarité Laïque

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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Nathalie Quintane, prof et poète... (Vidéo)

26 Février 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

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Avec Un hamster à l’école l’écrivaine Nathalie Quintane revient sur ses 53 années « dans l’éducation nationale ». Quand la poésie parle de cantine, de mutations ou de dictée.

Tout le monde a des idées sur l’école, mais lorsque paraît un livre sur le sujet, c’est en général un pamphlet, pour dire que l’éducation nationale c’est n’importe quoi, qu’il faudrait tout faire autrement, et que l’auteur.e a d’ailleurs la solution.

Ce n’est pas ce que fait Nathalie Quintane dans Un hamster à l’école, qui va de l’élève qu’elle fut à la prof en collège qu’elle est : « C’est en tant que hamster/ que j’ai pu tenir aussi longtemps dans ce contexte/ parce que je fais tourner très vite la roue et que je suis/ extrêmement concentrée sur l’effet d’optique/ que produit la vitesse au niveau des rayons ».

Sur le mode littéral, à la fois percutant et souriant, qu’elle cultive depuis Chaussure (P.O.L, 1997), en passant par Tomates (P.O.L, 2010) ou Un œil en moins (P.O.L, 2018), Nathalie Quintane revient sur ses expériences concrètes à l’école. Les faits, rien que les faits, et voir que ça fait : avoir une estrade ou pas, une cantine délicieuse ou infecte, entrer dans une salle des profs, participer à une réunion syndicale, faire passer un examen.

Raconter l’école comme la vivent les enfants, les parents et les enseignants, la raconter avec les moyens de la littérature, c’est-à-dire en prise avec ce qui nous arrive, au présent : car la poésie n’est pas un machin poussiéreux pour faire des dictées et des récitations, mais un outil qui sert à mordre sur le réel.

L’entretien est à retrouver en podcast ici.

 
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Un hamster à l’école. La Fabrique. 198 p. 13 euros.

 

 

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A l’école, la précarité force les grilles...

26 Février 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

A l’école, la précarité force les grilles...

Dans plusieurs établissements scolaires franciliens, la découverte de situations très difficiles d’élèves sans logement a provoqué un élan de solidarité chez les enseignants et les parents d’élèves.

A Clichy (Hauts-de-Seine) dans la petite couronne de Paris, un collégien, petit et vif, a déclenché une mobilisation locale. C’était en octobre. Il a levé la main avec insistance pendant un cours. Aude, sa professeure, le pensait dissipé ou en quête d’attention. Elle n’a pas pris la mesure tout de suite. «Madame, c’est quoi le 115  Il a tout déballé. Sa famille est expulsée de son logement. Sa mère, lâchée par son époux, est coincée dans un enfer administratif. Sans papiers, sans boulot, donc sans ressources, avec trois enfants à charge. Les problèmes de la maison ne résistent pas au Covid : en classe, ils sont plus difficiles à dissimuler qu’avant la pandémie.

Une ado de 14 ans est dans la même situation : évacuée du même immeuble et dépendante du Samu social. Cet hiver, sa mère, séparée, est tombée malade du Covid-19. Quarantaine pour tous, sans le sou, dans un endroit qu’ils ne connaissent guère. Elle a alerté ses profs. Certains se sont relayés - une heure et demie aller-retour - pour leur apporter de la nourriture.

Les enseignants sont des thermomètres sociaux. Ils ont toujours aidé en silence : de l’argent glissé pour le déjeuner à un élève pauvre aux sacs de vêtements donnés en sous-marin. Quand la pauvreté explose, ils sont au front.

«C’est très dur, mais il faut qu’on sache»

Dans le XIXe arrondissement parisien, Laaldja Mahamdi pensait son école primaire préservée. «Du moins, ça n’arrivait pas jusqu’à nous.» Depuis la rentrée de septembre, la directrice oscille entre deux sentiments : l’impression que le sort s’abat sur ses classes, et en même temps, que les liens de confiance tissés avec les familles portent leurs fruits. «Pendant le premier confinement, on appelait les parents tout le temps, on est entrés dans leur intimité. Depuis, ils se confient plus facilement», explique-t-elle. A la grille de l’établissement, une mère, mise à la porte par son mari, est un cas pratique : elle ne sait pas où dormir, et ne s’en cache pas. La directrice : «C’est très dur. Mais il faut qu’on sache, on a besoin de savoir pour comprendre pourquoi les enfants sont en vrac, et n’arrivent pas à apprendre.» A chaque moment de pause, ses collègues ne parlent que de ça. Comment gérer ? Comment aider ? «La solidarité invisible, spontanée et hors associatifs, comble les manques et les trous. Tout prend son importance, même l’immatériel.»

Laaldja Mahamdi est une «madame pont», elle facilite les liens avec l’assistante sociale et le médecin scolaire. Dans l’urgence, en mars dernier, elle a lancé une boucle d’entraide WhatsApp avec les familles du quartier. «Ça a pris, ça réconforte.» Chaque matin, des parents se relaient pour apporter des repas, la directrice les glisse dans le cartable le soir, pour la mère dans la panade. Une famille héberge depuis deux semaines une femme à la rue avec ses enfants. D’autres encore déposent des habits, des compotes, des briques de lait à la grille de l’école.

Marie Piquemal et Ramsès Kefi

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Pour des mesures d’urgence et une stratégie globale contre le Covid19 en milieu scolaire...

25 Février 2021 , Rédigé par FSU, FCPE, Ecole et Familles oubliées Publié dans #Education

Pour des mesures d’urgence et une stratégie globale contre le Covid19 en milieu scolaire...

Presque un an après le début de la crise sanitaire, la gestion ministérielle de ce dossier est marquée par de très nombreuses insuffisances qui frisent parfois l’irresponsabilité. Enfermé dans un déni coupable de réalité, le ministre de l’Éducation nationale multiplie les sorties médiatiques à contre-courant de la situation sanitaire réelle. Il prend aussi des décisions incompréhensibles dont la dernière en date est l’allègement du protocole sanitaire alors même que les variants circulent davantage sur le territoire.

Pourtant les différents avis et études scientifiques convergent tous pour mettre en avant le rôle actif de l’école dans la diffusion de l’épidémie.

Attachés au maintien de l’ouverture des écoles et des établissements comme à la scolarité en présentiel des élèves, la FSU, la FCPE, le collectif Ecole et Familles oubliées exigent la mise en place d’un protocole sanitaire qui permettrait enfin d’assurer la protection des élèves et des adultes et plus largement de la société par une gestion responsable et volontariste de la crise sanitaire.

Parmi les mesures à prendre en urgence :

  • la diffusion par aérosol est un élément clé de la circulation rapide du virus. Cette donnée n’a jamais vraiment été prise en compte par le ministère de l’Éducation nationale : les établissements scolaires ne sont toujours pas équipés en détecteurs de CO2, les conditions d’aération sont déplorables. C’est uniquement grâce à des initiatives individuelles (parents d’élèves, enseignants) ou politiques (collectivités territoriales) que des capteurs de CO2 sont installés dans certaines classes. L’Éducation nationale en est donc réduite à compter sur la grande débrouille de ses usagers. Nous exigeons l’équipement en détecteurs de CO2 de toutes les écoles, établissements scolaires et CIO, des purificateurs d’air pour les cantines, ainsi que la mise en place d’une large campagne d’information et de sensibilisation sur la diffusion par aérosol.
  • la politique de tests/traçage/isolement n’est pas à la hauteur, encore plus dans un contexte de diffusion des variants anglais, brésilien et sud africain. Nous demandons qu’il n’y ait pas de distinction en fonction des variants : un cas positif doit entraîner la fermeture de la classe et les adultes doivent être systématiquement considérés comme cas contacts. La politique de tests doit être renforcée : si l’annonce de tests salivaires va dans le bon sens, elle est insuffisante face aux enjeux de la période. Il faut davantage de tests, réguliers, une stratégie de déploiement plus lisible et mieux coordonnée ainsi qu’une plus grande réactivité des ARS. Il s’agit également de mettre en place une surveillance épidémiologique avec une stratégie de dépistage de masse, entraînant des tests réguliers.
  • il est incompréhensible que l’Éducation nationale ne soit pas en mesure de fournir des données fiables et précises sur le nombre de cas (y compris de variants), les conséquences en terme de fermeture de classes et d’établissements, le nombre de tests, leur type, les résultats par académie et au niveau national. Nous exigeons que ces données soient fournies chaque semaine, en open data.
  • nous réitérons notre demande que l’État fournisse des masques chirurgicaux aux élèves. L’interdiction de porter des masques faits maison ne s’est pas accompagnée d’une mesure de gratuité ce qui met de nombreuses familles en difficulté alors même que la crise économique frappe durement bon nombre de ménages. De plus, la fourniture de masques chirurgicaux permet de s’assurer du renouvellement régulier et de la qualité des masques portés par les élèves.

Ces mesures urgentes doivent s’accompagner d’une réelle réflexion et concertation sur le meilleur moyen de sécuriser les établissements scolaires. Des moyens humains et financiers doivent aussi être débloqués à court et moyen terme : pour assurer les remplacements, pour préparer la rentrée 2021, pour alléger les effectifs, pour engager les aménagements nécessaires dans les locaux etc…


Nos organisations exigent donc la mise en place d’une stratégie globale de lutte contre le covid19 et de prévention en milieu scolaire. Il y a urgence !

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Covid-19 : «La campagne massive de tests dans l’Education nationale est un échec»

24 Février 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Covid-19 : «La campagne massive de tests dans l’Education nationale est un échec»

Le ministre de l’Education nationale assure que des dizaines de milliers de tests salivaires seront effectués dès cette semaine dans les écoles de la zone A, sur le terrain, pourtant, personne ne semble prêt.

Jean-Michel Blanquer l’a assuré, samedi sur BFM TV : «50 000 à 80 000 tests» salivaires seront réalisés dès cette semaine dans les écoles de la zone A, avant d’atteindre l’objectif de «200 000 tests» effectués, chaque semaine, sur le tout le territoire. Ces tests sont réalisés «en priorité» dans les écoles primaires (maternelles et élémentaires), précise le ministère de l’Education nationale. C’est toujours rassurant, en pleine pandémie, ce genre d’annonce. Encore faut-il que le discours soit raccord avec la réalité. «Le cabinet du ministre nous avait, juste avant, assuré que ce ne serait pas possible de mettre en place ces tests dès cette semaine», rapporte Guislaine David, cosecrétaire générale du SnuiPP-FSU, principal syndicat du primaire. Normal, l’annonce de ce dépistage a été faite pendant les vacances. Or, les directions d’établissements doivent mettre en place un dispositif et récupérer les autorisations parentales des élèves volontaires. «C’est donc impossible d’en avoir cette semaine sauf dans les territoires où cela a été organisé en amont par les conseils départementaux et régionaux et non pas par l’Education nationale», assure Guislaine David. Les syndicats et chefs d’établissements s’interrogent : quels moyens vont être mis en place ? Qui organisera ses tests ? Les écoles n’ont pas de personnel médical sur place, ni d’assistants d’éducation (AED) pour surveiller les enfants à ce moment-là.

Des infirmiers scolaires pour les tests «quand c’est possible»

«La procédure n’est pas encore complètement finalisée», reconnaît-on au ministère de l’Education nationale, qui donne quelques précisions : des kits de prélèvements seront peu à peu mis à disposition par les laboratoires et les tests seront effectués dans les écoles en lien avec l’agence régionale de santé (ARS) et les infirmiers scolaires «quand c’est possible». Des partenariats pourront aussi se mettre en place localement. Cinq écoles de Charleville-Mézières, dans les Ardennes, ont par exemple expérimenté ce type de dépistage avant tout le monde, dès le 15 février, avec le soutien de la Croix-Rouge. Lorsque le dispositif est mis en place, les enfants doivent cracher dans un flacon, avec au moins un millimètre de salive. Pour les plus petits, la salive peut être prélevée directement sous la langue à l’aide d’une pipette. Les échantillons sont ensuite analysés dans un laboratoire pharmaceutique et les résultats communiqués directement aux familles, sous vingt-quatre heures, assure le ministère de l’Education. Si le résultat est positif, les parents sont tenus d’informer l’école. Les laboratoires peuvent, eux, uniquement communiquer aux établissements scolaires le nombre de cas positifs enregistrés.

Le gouvernement veut déployer ces dépistages dans les écoles puisque les primaires n’étaient jusque-là testés qu’en cas de gros clusters. Pour les enfants, un écouvillon au fond du nez, c’est forcément impressionnant. Dans les collèges et les lycées, les tests antigéniques ont en revanche été mis en place dès le mois de novembre. Sans succès. Début janvier, seulement 100 000 tests avaient été effectués. On expliquait alors qu’il s’agissait d’un galop d’essai. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait d’ailleurs promis d’accélérer la cadence : un nouveau protocole très ambitieux prévoyait de tester «jusqu’à un million d’enfants et d’enseignants par mois, ce qui est énorme  avait-il lancé, enthousiaste. Tellement énorme, que ce n’est jamais arrivé.

Des chiffres très opaques

Joint par Libération pour obtenir un bilan chiffré, le ministère de l’Education nationale assure ne pas avoir de données et conseille de contacter l’ARS, qui n’a pas non plus ces chiffres. La Haute Autorité de santé et le ministère de la Santé renvoient de leur côté vers l’Education nationale. Les syndicats enseignants réclament eux aussi régulièrement ces chiffres bien opaques. Le Snes-FSU rapporte ceux livrés tout récemment par le cabinet du ministre : 55 000 tests auraient été réalisés la semaine du 8 au 12 février avec seulement 15 % de candidats. En cumul, 200 000 tests auraient été effectués a aussi précisé le cabinet. Mais depuis quand ? C’est la grande inconnue. Pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le secondaire, une chose est sûre en tout cas : «Cette campagne massive de tests dans l’Education nationale est un échec. Il n’y a eu aucune pédagogie, ni sensibilisation dessus. Et le déploiement géographique ne fonctionne pas puisqu’il s’applique de façon très aléatoire sur le terrain.»

A partir de trois cas positifs au Covid identifiés dans un collège ou un lycée, une campagne de tests est normalement automatiquement mise en place, toujours sur la base du volontariat. L’ARS peut également décider de déployer, de manière aléatoire, des campagnes de dépistage dans des écoles des zones les plus touchées par le Covid. Le ministère de l’Education nationale a assuré aux syndicats enseignants qu’ils auraient bientôt un point hebdomadaire sur le bilan des dépistages par académie. Reste à voir s’il tiendra sa promesse.

Cécile Bourgneuf

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