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Vivement l'Ecole!

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Covid-19 : "Il faut fermer les écoles au plus vite", réclame le Pr Caumes sur LCI

28 Mars 2021 , Rédigé par Europe 1 Publié dans #Education

Covid-19 : "Il faut fermer les écoles au plus vite", réclame le Pr Caumes sur LCI

CRI D'ALARME - Qualifié de lanceur d'alertes depuis le début de la pandémie, le Pr Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière, réclame sur LCI la fermeture des écoles "au plus vite" et propose d'avancer "les vacances de Pâques de quinze jours".

Dans le débat autour de l'ouverture des écoles, le Pr Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), a tranché : il faut que les établissements scolaires restent portes closes. "Il faut fermer les écoles au plus vite", réclame-t-il sur LCI. "J'ai suggéré que les vacances de Pâques soient avancées de quinze jours. Nous devrions être en vacances dès lundi, avec des conséquences, j'en suis conscient", indique-t-il (voir vidéo en tête de cet article). "Il n'y a pas d'autres solutions si nous voulons casser les chaînes de transmission. Il faut s'attaquer aux transmissions dans le milieu du travail et en milieu scolaire."

En cause, la hausse des contaminations au Covid-19 qui n'en finit plus de remplir les services de réanimation. "En Île-de-France, la situation devient inquiétante, nous avons dépassé le pic de la deuxième vague depuis le week-end dernier", affirme le Pr Caumes. "L'allure de la courbe est telle que l'on tend désormais vers le pic de la première vague."

"J'ai l'impression d'être revenu à la case départ"

"J'ai l'impression d'être revenu à la case départ", regrette d'ailleurs le spécialiste, qui avertissait début mars 2020, avant le confinement, de l'arrivée d'une vague d'ampleur sur la France. Depuis, "des choix ont été faits de laisser le virus circuler, c'est le choix de l'immunité collective, naturellement et par la vaccination", poursuit Éric Caumes, qui estime à 20 millions le nombre de Français immunisés contre la maladie, naturellement ou grâce au vaccin. Forcément, sans stratégie zéro Covid"il y a un prix à payer".

Si la situation continue de s'aggraver, le chef du service des maladies infectieuses n'attend pas d'effets des restrictions supplémentaires prises il y a une dizaine de jours dans 16 départements, et qui pourraient apparaître dans les prochaines heures"Nous n'avons pas pris des mesures très différentes de celles qui étaient en cours", regrette-t-il. "Aucun d'entre nous n'en attend un impact majeur. Et à chaque fois que nous attendons, nous perdons quinze jours.

"Si les Français respectaient les gestes barrières, nous n'en serions pas là"

Le Pr Caumes dénonce également le comportement de la population au cours de cette pandémie. "Si les Français respectaient les gestes barrières, nous n'en serions pas là aujourd'hui", fustige-t-il. "La clé du problème, c'est le non-respect des mesures barrières en lieu clos. Les Français n'ont certainement pas fait ce qu'il fallait."

Enfin, Éric Caumes prévient : le Covid-19 ne va pas disparaître de sitôt. "Ce virus est installé avec nous pour toujours, mais il donnera une maladie bénigne, des rhumes chez l'enfant", explique-t-il. Mais d'ici là, "malheureusement, il y aura d'autres vagues, sauf si nous arrivons à vacciner massivement en période de non-circulation du virus".

Idèr Nabili

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Covid-19 à l'école : les annonces de Blanquer ne rassurent pas les enseignants

28 Mars 2021 , Rédigé par Europe 1 Publié dans #Education

Covid-19 à l'école : les annonces de Blanquer ne rassurent pas les enseignants

Face à l'augmentation des cas de Covid-19 dans les écoles, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé un renforcement du protocole sanitaire. Mais ces nouvelles mesures pourraient tout de même s'avérer insuffisantes, selon les épidémiologistes et une partie des enseignants. 

Renforcé, le protocole sanitaire dans les écoles sera-t-il suffisant pour rassurer les parents et les enseignants ? Au sein des établissements, où de plus en plus de cas de Covid-19 sont recensés, de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer la fermeture des écoles. Une option qu'écarte toujours l'exécutif, Emmanuel Macron la qualifiant de "dernier recours" dans les colonnes du Journal du dimanche.

En attendant, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé qu'un seul cas dans une classe entraînerait désormais sa fermeture dans les 19 départements concernés par le reconfinement régional. Mais ces annonces sont insuffisantes, selon les enseignants et épidémiologistes rencontrés par Europe 1. 

Le SNUipp menace de faire grève

Pour l'épidémiologiste Dominique Costagliola, la situation est intenable. "Comment on fait pour maintenir les classes dans les écoles où il n'y a plus d'enseignants ? Comment on fait pour maintenir la cantine alors qu'un quart des personnels sont positifs ou cas contact ?", interroge-t-elle. "C'est bien gentil de dire qu'on va vouloir maintenir les écoles, mais on ne peut pas faire ça sans personnel."

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Blanquer, capitaine du Titanic (pourquoi la fermeture des écoles est inéluctable)

28 Mars 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Télévision. L'autre histoire du naufrage du Titanic | L'Humanité

EXTRAITS

Alors que l’épidémie de covid-19 explose dans le pays, l’école n’est pas épargnée et prend l’eau de toute part : les contaminations d’enfants et d’enseignants montent en flèche, les classes et les écoles ferment par paquets. Au sommet, le ministre Blanquer reste droit dans ses bottes : son navire est insubmersible, puisqu’il le dit. Dans la réalité, la fermeture des écoles est devenue inéluctable.

Parce que l’école au bord de l’explosion

 

Il y a les chiffres, tout d’abord. Prenons ceux du ministère. Ils montrent une augmentation très forte des cas de contamination à l’école et des fermetures de classes.

La semaine du 12 mars, l’Education nationale annonçait 9 221 élèves contaminés ; la semaine du 19 mars, 15 484 élèves contaminés ; cette semaine, ce sont 21 183 élèves. Le nombre d’élèves contaminés a plus que doublé en 15 jours. Même chose du côté du personnel : La semaine du 12 mars, on comptait 1 106 personnes contaminées, le 19 mars on comptait 1 809, le 26 mars 2 515.

Comme on a suffisamment dit et répété que les chiffres du ministère sont trompeurs (voir ici), on file consulter ceux de Santé Publique France : la semaine dernière, SPF dénombrait 34 300 enfants et adolescents positifs, contre 15 484 cas à l’EN ; pour la seule journée du 22 mars, SPF annonce 11 099 contaminations chez les 0-19 ans, plus de la moitié de ce que l’EN annonce pour la semaine entière…

Quant au taux d’incidence, qui indique le nombre d’individus positifs sur 100 000, SPF a publié ses données au 24 mars : alors que le taux était ce jour-là de 313 pour l’ensemble de la population, il était supérieur chez les 11-17 ans (350 pour les 11-14 ans et 431 pour les 15-17), légèrement inférieur pour les 6-10 ans (283), mais en hausse pour toutes les tranches d’âge, le seuil d’alerte étant de 250. « Cette augmentation du nombre de cas chez les 0-18 ans, représentant 18% des cas identifiés, en semaine 11, est préoccupante, en particulier en raison du risque de contamination intrafamiliale secondaire », s’inquiète SPF.

D’aucuns rétorquent que ces chiffres sont dus aux tests salivaires péniblement mis en place depuis une quinzaine de jours (« si on cherche, c’est normal de trouver »), cela joue sans doute mais la réalité est plus prosaïque : les cas explosent à l’école parce qu’ils explosent dans le pays, l’école n’est pas le sanctuaire vendu par le ministère, et surtout pas en ce moment.

La plupart des scientifiques s’accordent sur le sujet : « Quand le virus circule activement dans la population, il circule aussi dans les écoles » (Dominique Costaglia, épidémiologiste et directrice à l’institut Pierre-Louis d’épidémiologie). « Le rôle des écoles dans la propagation du virus est important. Il suffit de regarder les données françaises pour s’en rendre compte (…). Une partie importante de ces contagions sont liées aux écoles. Les enfants se contaminent entre eux et contaminent ensuite leurs familles ». (Antoine Flahaut, directeur de l’Institut de santé globale). Exactement l’inverse de ce que disait encore JM Blanquer il y a quelques jours.

Même au Conseil scientifique, on est sur cette longueur d’onde : l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, reconnait que « l’école n’est pas l’amplificateur mais le reflet de la circulation du virus dans la communauté » et que garder les écoles ouvertes « dans une situation où le virus circule fortement revient à prendre un risque ».

(...)

Il semblerait, en dépit de la ligne tenue par JMB, que l’Elysée songe de plus en plus à fermer les écoles. On apprend avec Europe 1 que « pour l'instant, l'exécutif reste les yeux rivés sur les secteurs les plus inquiétants, dont les hôpitaux et les établissements scolaires. "Pour début avril, les projections ne sont pas bonnes", nous confie un conseiller. En haut lieu, on évoque discrètement l'obligation de fermer les écoles, ce qui pourrait être un premier désaveu à la stratégie du "freiner sans enfermer" prônée par le Premier ministre Jean Castex ».

Même son de cloche pour Le Parisien, à qui un conseiller de l’exécutif déclare que « mercredi prochain, à la télévision, Emmanuel Macron pourrait annoncer la fermeture des écoles, entrainant le basculement massif des français dans le télétravail. Tout dépendra en réalité des résultats du début de semaine ».

Cette semaine, certains IEN se renseignaient discrètement auprès des directrices et directeurs qui avaient, lors du premier confinement, accueilli les enfants de soignants, afin de savoir s’ils étaient partants pour renouveler l’opération, en cas de fermeture des écoles…

Lucien Marboeuf

Suivez l’instit’humeurs sur Facebook et sur Twitter @LucienMarboeuf.

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Revue de Presse Education... Sur le front de la covid — Pendant ce temps là — Et dans le Supérieur

28 Mars 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

Revue de Presse Education... Sur le front de la covid — Pendant ce temps là — Et dans le Supérieur

Bien sûr, l’actualité dans l’éducation tourne toujours à propos de la crise sanitaire, ce qui fera le plus gros de notre revue hebdomadaire. Mais pendant ce temps la pensée réformatrice poursuit sa lancée. Quelques débats sont lancés, et côté supérieur certains réclament la démission de la ministre, Mme Vidal, faisant écho à celle qui porte sur M. Blanquer.


Sur le front de la covid

Le problème des absences et des remplacements se pose enfin. France TvInfo indique “Les absences d’enseignants pour cause de Covid-19 se multiplient. Les classes ne ferment pas toujours et ils ne sont parfois pas remplacés, ce qui force un brassage des enfants contraire aux règles sanitaires.” De son côté Médiapart a mené l’enquête “Des professeurs considérés comme « vulnérables » sont remplacés par des surveillants sans formation ni rémunération adéquates, d’après une enquête de Mediapart. Face à l’augmentation des cas de Covid diagnostiqués chez les enseignants, leur vaccination est envisagée à partir de la « mi-fin avril », a annoncé mardi Emmanuel Macron.” (réservé aux abonnés).
Sur le versant psychique de la crise sanitaire on tire également le signal d’alarme. Un collectif dans le Monde pose la question : « Sommes-nous vraiment prêts à “trier” les enfants et adolescents suicidaires ? » “Avec la crise sanitaire due au Covid-19, chez les plus jeunes, les actes ou idées suicidaires déferlent depuis l’automne, alerte un collectif emmené par Lisa Ouss, pédopsychiatre à l’hôpital Necker, et les membres du conseil scientifique de la Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.” Et à Toulouse, un psychiatre alerte : "On reçoit beaucoup d’adolescents avec des idées suicidaires". “En Haute-Garonne les hospitalisations chez les moins de 18 ans pour motifs psychiatriques sont quatre fois plus nombreuses qu’avant l’épidémie de Covid-19. Comme partout en France. Le Professeur Jean-Philippe Raynaud, psychiatre, chef du service psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent au CHU de Toulouse, alerte sur cette situation inédite.”
Et “Pour Devi Sridhar, professeure de santé publique à l’université d’Edimbourg, les stratégies du Brésil, de la Suède et de la France face à la pandémie de Covid-19, « si différentes soient-elles, ne sont pas raisonnables ».” « En France, vous perdez sur tous les tableaux, vous avez les morts et la crise »
Et puis il y a eu l’interview de Jean-Michel Blanquer face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV, où à la 12ème minute, la question du taux d’incidence (500 sur 100 000) est soulevée. Jadran Svrdlin (qui est-il ? sur son blog Médiapart en a fait un commentaire rageur : "Le rêve panoptique de Jean-Michel Blanquer". “Jean-Michel Blanquer se fout du réel. Il soumet sans relâche celui-ci à ses propres désirs. Sa dernière leçon : déconnecter des outils scientifiques de leur utilité réelle pour en faire des objets de raisonnement creux et stérile. Sa stratégie pour imposer cette vision à l’école : précariser, diviser, surveiller. Et punir, bien sûr.”

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Le dessin de Fabien Crégut

Durant toute la semaine on s’est posée la question : Y va, Y va pas ? Pour Libération, il s’agissait de la vaccination. "Vaccination prochaine des enseignants : « Il faut aller vite parce que ça craque de partout dans les écoles »
Emmanuel Macron a annoncé des campagnes ciblées de vaccination pour les enseignants dès la mi-avril. Les syndicats sont satisfaits mais alertent sur la nécessité d’aller vite face à la propagation du virus
". Pour le Café pédagogique, c’était "Vaccination : Macron pousse, Blanquer résiste". “Pour la première fois, Emmanuel Macron reconnait que les enseignants font partie des professions exposées au covid 19. Il a promis le 23 mars qu’ils seront vaccinés. Mais quand ? Le président parle de "mi fin avril". JM Blanquer est nettement moins précis et surtout nettement moins favorable. Il déclare que les professeurs sont moins exposés que les autres professions... Alors la date…” Et pour Les jours, "Blanquer joue à colin-maillard avec le Covid". "Son entêtement à garder les écoles ouvertes fait fi de la réalité sanitaire : le nombre de contaminations explose parmi les enfants". (pour abonnés)
Et finalement le suspens se résout vendredi. Le Café pédagogique titre sobrement : Fermeture des classes dès un cas de covid dans 19 départements


Pendant ce temps là

Les réformes et leurs projets poursuivent leurs chemin comme si de rien n’était…
Paul Devin sur son blog signale : "Les enjeux du profilage des postes dans l’Education nationale". “Les initiatives se multiplient qui rompent avec les principes d’attribution des postes dans l’Éducation nationale pour leur préférer des recrutements profilés décidés par la volonté d’un supérieur hiérarchique. Un tel usage s’est longtemps limité à quelques postes de nature particulière mais il devient de plus en plus fréquent.”
Séverin Graveleau, pour les abonnés du Monde annonce la Réforme du lycée : des professeurs principaux aux « professeurs référents ». “La fonction de « professeur référent » devrait prochainement être créée, à côté de celle de professeur principal, pour répondre à l’explosion du « groupe classe » en filière générale. Certains établissements s’y sont déjà mis.”
Le Café pédagogique soulève un lièvre. Censure : JM Blanquer bat son record “Nouveau record pour l’Education nationale ! Le rapport d’activité de l’Inspection générale de l’Education nationale fait l’éloge de la réforme de fond réalisée par JM Blanquer et la cheffe de service de l’Inspection, Caroline Pascal. Il a surtout pour avantage de publier la liste des rapports de "l’inspection générale de l’éducation du sport et de la recherche". Malgré cette extension d’activité, encore moins de rapports ont été rendus publics en 2019.Cette année-là seulement 7 rapports ont été publiés sur 82 produits soit 8%. Les autres ne sont jamais sortis du cabinet de JM Blanquer. Celui-ci bat son record de 2017.”
Lucien Marboeuf "a enfin pris le temps de se pencher sur la synthèse du « Grenelle de l’éducation » rendue fin février, et plus précisément sur l’onglet « revalorisation ». On a bien tout lu, car c’est sur cette synthèse que le ministre Blanquer va s’appuyer (sans trop de mal, vu qu’elle rejoint largement et sans surprise sa ligne politique, sans qu’on sache distinguer l’œuf de la poule) pour « rendre ses arbitrages » sur la revalorisation des enseignants, fin mars.
Bon, la revalorisation « historique » n’est pas pour demain
." sur son blog L’Instit humeurs.

Il y a aussi des débats.
Par exemple : Pour transmettre le goût des sciences, si l’on repensait la formation des enseignants ?, ainsi que Plaidoyer pour une révolution de l’activité physique à l’école ou encore Enseignement de la guerre d’Algérie : « Au lieu de nous diviser, comprendre l’histoire nous unit »
Et du côté de l’Education populaire, concernant la laïcité, Sarah El Haïry veut davantage encadrer les associations d’éducation populaire, tandis qu’à Priziac : « Nous agissons pour l’éducation et l’insertion des jeunes depuis 155 ans ». “Créée en 1866, la Fondation des Apprentis d’Auteuil fête son 155e anniversaire. Elle accueille aujourd’hui près de 30 000 jeunes dans 230 établissements, dont Saint-Michel, à Priziac (Morbihan).”


Et dans le Supérieur

D’un côté on s’intéresse au numérique, moteur de cinq innovations dans l’enseignement supérieur. “Le numérique est placé, depuis une dizaine d’années, au cœur de la stratégie menée par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur. Une véritable stratégie numérique est lancée en octobre 2013 avec deux objectifs : rendre les universités toujours plus attractives et favoriser la réussite des étudiants. Décryptage des cinq innovations majeures.”
Mais de l’autre on cherche la Démission de Frédérique Vidal : un collectif de chercheurs et d’enseignants manifeste devant Matignon. “Un rassemblement à l’appel des collectifs de chercheurs est prévu devant Matignon ce jeudi 25 mars pour remettre une pétition demandant la démission de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal.”

Bernard Desclaux

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Ecoles : Blanquer, du déni à l’effet domino

28 Mars 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Le ministre de l’Education nationale s’obstine à ne pas imposer la demi-jauge pour tout le monde et garde les écoles ouvertes coûte que coûte. Pendant ce temps là, les établissements se vident de leurs élèves et de leur personnel scolaire.

Jusqu’où va le déni ? Dans la tête de Jean-Michel Blanquer, il semble n’avoir aucune limite quand il s’agit de défendre la seule fierté du gouvernement dans sa gestion de l’épidémie de Covid-19 : le maintien des écoles ouvertes. Le ministre de l’Education nationale ne lâche rien là-dessus, l’école, c’est «fondamental pour les enfants». Qui a dit le contraire ? Personne. Personne ne veut revivre le confinement de mars 2020 avec des gosses livrés à eux-mêmes dans des familles défavorisées, sans ordinateur pour travailler. Evidemment que ça creuse les inégalités.

Mais ne pouvait-on pas anticiper un peu avant d’en arriver à ce qui semble de plus en plus se profiler ? A chaque fois, c’est la même histoire : les profs apprennent, par voie de presse et au dernier moment, la mise en place d’un nouveau protocole sanitaire. Toujours plus long, toujours plus précis. Sauf qu’il est inapplicable. Un exemple: il ne faut pas brasser les élèves. Ok. Mais on fait comment quand les profs sont positifs au Covid et qu’il manque cruellement des remplaçants ? On dispatche les élèves qui ne peuvent pas être gardés chez eux dans d’autres classes. Virus : 1 point. Education nationale, zéro. Des exemples comme celui-là, il y en a à la pelle, comme celui de l’aération des salles avec parfois des fenêtres qu’on ne peut pas ouvrir. Un point de plus pour le virus. Depuis un an, on n’a pas acheté des ventilateurs mais on n’a pas non plus investi (matériel dans les classes ou formation des enseignants) pour améliorer la prise en charge des élèves à distance. Et les tests salivaires, censés permettre une meilleure gestion de l’épidémie à l’école, s’avèrent surtout être une pagaille sans nom.

Comme dans le reste de la société française, l’arrivée des variants a changé la donne avec des contaminations en cascade à partir du moment où le virus franchit les grilles d’une école. L’effet domino est terrible dans certains établissements, devenus fantômes avec des dizaines d’élèves et de profs absents. Comble de l’ironie : certains bâtiments sont vides, les élèves sont repassés en distanciel mais les établissements restent ouverts. L’astuce? Ils échappent ainsi au comptage du nombre de total d’établissements fermés. Cela permet de garder la face et de dire : vous voyez bien, on ne ferme pas les écoles, on avait raison. Il s’agit donc désormais d’un choix politique, bien plus que sanitaire.

Mais où est l’égalité de traitement là-dedans ? Qui assure les cours en distanciel si les profs sont eux-mêmes malades ? Comment affirmer que des élèves, qui passent le bac à la fin de l’année, sont aujourd’hui sur un pied d’égalité alors que certaines classes sont encore pour moitié en distanciel et d’autres totalement en présentiel et cela au sein d’un même lycée ? Et au collège alors : pourquoi ne pas imposer la demi-jauge pour tout le monde ? Jusqu’où peut donc aller le déni face à l’urgence sanitaire ? Vous avez trois heures.

Cécile Bourgneuf

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Coronavirus à l'école : au lycée Delacroix à Drancy, 20 élèves ont déjà perdu un parent du Covid

28 Mars 2021 , Rédigé par France bleu Publié dans #Education

Coronavirus à l'école : au lycée Delacroix à Drancy, 20 élèves ont déjà perdu un parent du Covid

Au lycée Eugène-Delacroix de Drancy (Seine-Saint-Denis), le nombre de cas de Covid explose ces derniers jours, aussi bien parmi le personnel que les élèves. Les enseignants ont adressé ce vendredi une lettre au président de la République pour demander solennellement la fermeture de l'établissement.

Le personnel du lycée Eugène-Delacroix à Drancy (Seine-Saint-Denis) a adressé, ce vendredi 26 mars 2021, une lettre au Président de la République et au ministre de l'Éducation nationale, pour demander officiellement et solennellement la fermeture de l'établissement où les cas de Covid se multiplient.

"Situation sanitaire alarmante"

Dans cette lettre, les enseignants dénoncent une "situation sanitaire alarmante". Depuis la rentrée du 1er mars, deux cas positifs et un cas contact ont été recensés parmi l'équipe de direction, 54 élèves positifs sans compter les nouveaux cas chaque jour, une vingtaine d'enseignants positifs , 48 classes avec au moins un élève cas contact.

Une vingtaine de parents d'élèves décédés du Covid

Des chiffres "révélateurs d'un danger grave et imminent", écrivent-ils. Surtout, ils rappellent que dans cet établissement qui compte près de 2.000 élèves, une vingtaine de jeunes ont déjà perdu leur père ou leur mère, depuis le début de l'épidémie il y a un an. "On nous a communiqué ce nombre lors du dernier conseil d'administration en décembre", affirme Fabrice Morel, enseignant et délégué du SNES-FSU 93, contacté par France Bleu Paris. "Moi-même, j'ai deux élèves qui ont perdu leur père". Cette semaine encore, il a appris qu'un parent au moins était dans un état critique. 

Les enseignants exercent leur droit de retrait

Au-delà des adultes, l'inquiétude est donc aussi grande parmi de nombreux adolescents. Des tests salivaires sont prévus dans l'établissement, le 30 mars, mais ils arrivent évidemment trop tard pour Fabrice Morel. Les enseignants exercent depuis mardi leur droit de retrait et comptent le répéter, dès la semaine prochaine, si leur demande n'est pas prise en compte. Ils l'ont écrite noir sur blanc dans le courrier envoyé au chef de l'État : "Nous réclamons la fermeture urgente et temporaire de l'établissement, avec un basculement total en enseignement à distance pour assurer la continuité pédagogique."

272 classes fermées en Seine-Saint-Denis

D'après le dernier bilan hebdomadaire communiqué par le rectorat, ce vendredi, 272 classes sont fermées en Seine-Saint-Denis, mais aucune école. Dans l'ensemble de l'académie de Créteil, 3.696 élèves sont porteurs du virus soit 877 de plus en 24 heures et chez les personnels, 857 cas sont positifs soit une hausse de 117 en 24 heures. 

Hajera Mohammad

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L'épidémie flambe... le ministre bouge peu

27 Mars 2021 , Rédigé par Snuipp - FSU Publié dans #Education

Attention au feu par Claude Gilli sur artnet

L’épidémie flambe dans les écoles mais le ministère ne prend toujours pas toutes les mesures supplémentaires pour la contenir, mis à part le retour, enfin, à une règle protectrice de fermeture de classe dès le premier cas dans les 19 départements reconfinés. Une décision nécessaire mais qui reste encore trop loin des enjeux. Par manque d’anticipation, le ministre et le gouvernement sont responsables de cette situation catastrophique qui met en danger les personnels, les élèves, leurs familles et la société dans son ensemble.

L’épidémie flambe dans les écoles mais le ministère ne prend pas toutes les mesures supplémentaires pour la contenir. Certes, il vient d’annoncer, enfin, le retour à une règle protectrice de fermeture de classe dès le premier cas mais dans les seuls départements reconfinés. Une exigence portée par le SNUipp-FSU depuis plusieurs semaines mais qui ne recouvre pas tous les enjeux actuels, loin de là.
Tous les indicateurs sont pourtant au rouge écarlate.

Des chiffres alarmants 

Depuis janvier, le taux d’incidence a été multiplié par quatre chez les 0-9 ans, contre deux dans l’ensemble de la population, et il vient de doubler lors de ces 10 derniers jours en Ile-de-France. Nationalement, il a augmenté de 42% pour les enfants d’âge scolaire de maternelle et de 36% pour ceux d’élémentaire depuis une semaine. Le nombre de cas positifs ayant fréquenté un milieu scolaire a atteint un chiffre record lors de la semaine dernière de rentrée des vacances d’hiver. Depuis quelques jours les fermetures de classes se multiplient suite à des contaminations en masse parmi les élèves, les personnels enseignants ou territoriaux...

La situation se retrouve tendue sur tout le territoire, les personnels absents pour Covid ou cas contacts ne sont plus remplacés. La pression des IEN pour accueillir tous les enfants alors que l’encadrement n’est pas suffisant met en danger l’école et dégrade les conditions d’apprentissage des élèves.

Tous les artifices sont utilisés par le ministère pour masquer la réalité, au risque de mettre en danger le fonctionnement des écoles et de s’éloigner de l’objectif de recul des inégalités. Des remplacements sont assurés par des enseignantes et enseignants RASED, par des CPC, des directeurs ou directrices. Dans certains départements on supprime les classes dédoublées et partout on consent au brassage des élèves en dépit de toute protection sanitaire. En Seine-Saint-Denis, on invente même une « école sans personnel enseignant »... 

Les équipes d'école et les municipalités sont livrées à elles-mêmes pour tenter de maintenir debout un service public d’éducation affaibli et très loin d’être suffisamment protecteur.

La seule mesure sérieuse et protectrice prise pour l’école, se limite à la fermeture dès le premier cas dans les seuls départements sous « restrictions sanitaires renforcées ». 

L’annonce de recrutement de personnels remplaçants arrive bien tard et ne permettra pas d’éteindre le feu dès les prochains jours dans les écoles. D’autant que le ministère n’est pas parvenu au mois de novembre à recruter suffisamment de contractuels pour remplacer les personnels vulnérables, le contexte actuel insécurisant va encore renforcer les difficultés de recrutement.

Depuis des mois, le SNUipp-FSU alerte et intervient auprès du ministère pour qu’il prenne enfin les mesures nécessaires : vaccination des personnels, cas contacts et règle de fermeture de classes redéfinis, tests salivaires massifs, cantines scolaires, allégement des effectifs, moyens pour l’aération, masques chirurgicaux fournis aux élèves comme aux personnels...

Il y a plus qu’urgence à freiner la propagation de l’épidémie et à prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires qui doivent être anticipées et préparées avec les personnels. Dans les départements où la circulation du virus explose, la question de fermer les écoles est clairement posée.

Le ministre et le gouvernement sont responsables de cette situation catastrophique qui met en danger les personnels, les élèves, leurs familles et la société dans son ensemble et qui n’est pas sans conséquence pour l’école et la société. Ils ne font rien pour l’éviter.

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Covid-19 à l’école : « Le bateau prend l’eau, et nous, on écope à la petite cuillère ! »

27 Mars 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Petites cuillères biodégradable en amidon de maïs de 125 mm pour dessert ou  entrée froide.

EXTRAITS

Dans les territoires les plus exposés au virus, des équipes éducatives sont contraintes à de « petits arrangements » au sein des établissements pour « tenir ».

« Cette semaine, j’ai fait cours à des classes de sept élèves. » L’enseignante de français qui a accepté de nous parler souhaite préserver son anonymat, et celui de son établissement, un lycée bourgeois du sud des Hauts-de-Seine. Depuis plusieurs jours, il ne reste que 41 élèves de première à venir en cours, sur 236 inscrits, tous les autres étant « à l’isolement, et sans dispositif de cours à distance, puisque nous sommes à plein temps dans l’établissement ». Selon elle, l’agence régionale de santé (ARS) a refusé de fermer le niveau première, malgré les demandes de la direction.

Alors que les cas de Covid s’envolent dans certains territoires, des équipes éducatives se voient obligées de « faire tourner » des établissements laissés ouverts avec parfois plus de dix classes fermées. Et un nombre d’encadrants réduit « comme peau de chagrin ». C’est ce qui se dit au collège Elsa-Triolet de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

En l’espace d’une semaine, trois classes ont fermé « à la chaîne » dans cet établissement, rapporte l’un des personnels, lui-même isolé chez lui car « cas contact » : une première classe lundi, une deuxième jeudi, une troisième vendredi… A l’heure où il nous a contactés, le 26 mars, une quatrième fermeture de classe était en discussion. Et une « AG » (assemblée générale) était convoquée, à distance. « Comment aborder une autre semaine dans ces conditions ? Les enseignants tiennent, mais l’équipe de direction et l’administration sont touchées. Et les personnels de vie scolaire s’arrêtent les uns après les autres… » Ce collège de 530 élèves en a pourtant « absolument » besoin : des faits de violence ont eu lieu, ces dernières semaines, aux abords de l’établissement.

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Remplaçants supplémentaires

Dans les écoles maternelles et élémentaires, les enseignants sont aussi contraints à de « petits arrangements » pas toujours tenables. « Mardi, j’ai remplacé dans une école où j’avais deux CP dédoublés regroupés », rapporte Baptiste Mahé, remplaçant dans le Nord. « Cela ne paraît pas spectaculaire comme ça, parce que ça fait 26 enfants, mais il n’y avait pas assez de tables, pas assez de place… Sans parler du brassage ! » Ce délégué du SNUipp-FSU, qui a l’habitude de sillonner sa circonscription, confie n’avoir « jamais vu autant de collègues pleurer ». « On savait qu’il fallait recruter plus, s’agace-t-il. Maintenant, le bateau prend l’eau, et nous, on écope à la petite cuillère ! »

Lors d’une conférence de presse convoquée en urgence, le 26 mars, Jean-Michel Blanquer a assuré que, dans les zones de forte tension, les rectorats seraient autorisés à recruter des remplaçants supplémentaires. Dans le premier degré, 2 220 enseignants contractuels l’ont déjà été depuis novembre. Sans combler tous les manques.

Violaine Morin et Mattea Battaglia

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La contamination dans les établissements scolaires

27 Mars 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

La contamination dans les établissements scolaires

Cet après-midi, le ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer a tenu une conférence de presse quant à la situation sanitaire dans les écoles. Une seule nouvelle mesure est prévue pour faire face à la hausse des contaminations : la fermeture de classe dès le premier cas de Covid-19, au lieu de trois auparavant.

"Le nombre de cas est en nette augmentation ces dernières semaines" a annoncé, lors d'une conférence de presse cet après-midi, le ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer à propos des écoles. Selon les chiffres du ministère, le nombre d'élèves contaminés à la Covid-19 est passé en une semaine de 15 000 à 20 000, quand il augmentait de 1 800 à 2 500 cas chez les personnels. Néanmoins, le ministre souligne que l'incidence reste plus faible chez les élèves, qui sont moins contaminés que les lycéens. 

Pour y faire face, le ministre a annoncé aujourd'hui une nouvelle mesure : les classes seront désormais fermées à partir d'un cas positif, contre trois cas auparavant. Pour l’instant, on dénombre 3200 classes fermées sur plus de 500 000. La fermeture complète des établissements scolaires demeure une solution de dernier recours et n'est pas au programme pour le moment. Les cours en extérieur sont encouragés lorsqu'ils sont possibles. Un dispositif sera déployé dès le mois d'avril pour vacciner les membres de l'Éducation nationale. En revanche, le gouvernement ne prévoit pas de nouveau protocole dans les cantines et n'appliquera pas de demi-jauges dans les collèges et lycées des départements sous mesures freinage. 

- Les écoles, collèges et lycées sont-ils des lieux particulièrement propices à la propagation du virus ? 

- Faudrait-il fermer les établissements scolaires dans les zones en tension comme le demandent certains élus ?

- Les mesures de dépistage mises en place sont-elles efficaces pour y endiguer les contaminations ? 

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Avec nous pour en parler

  • François Bourdillon est l'ancien directeur général de Santé Publique France.
  • Sophie Venetitay est secrétaire générale adjointe du SNES-FSU.
  • Rodrigo Arenas est co-président de la FCPE.
Les invités
L'équipe
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Écoles ouvertes à tout prix : quand le chaos s’installe face au Covid

27 Mars 2021 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education

Écoles ouvertes à tout prix : quand le chaos s’installe face au Covid

Des enseignants arrêtés et non remplacés, de nombreux enfants testés positifs au Covid-19, des classes qui ferment… Alors que les contaminations explosent dans les écoles des zones les plus touchées, le discours qui consiste à faire croire que tout est sous contrôle à l’Éducation nationale devient de plus en plus inaudible.

Ce n’est pas un mardi comme les autres. La cloche a sonné depuis une heure, les salles de classe sont vides, les couloirs déserts. Reste Julie*, penchée sur son ordinateur. La directrice de cette petite école maternelle de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) réfléchit à la manière de tourner le mail qu’elle doit adresser aux parents. Elle s’interrompt un instant, le temps de dire « au revoir » à sa collègue qui, comme elle, ne reviendra pas jeudi. Deux enseignantes ont été testées positives au Covid-19 presque en même temps, ainsi qu’une troisième qui était de passage. Une autre est par ailleurs arrêtée depuis plusieurs semaines – et toujours pas remplacée. « Aujourd’hui, on n’était plus que deux pour cinq classes. Là-dessus, le médecin scolaire m’appelle pour m’indiquer que nous sommes cas contacts à risque car nous avons déjeuné avec les autres. On va devoir s’isoler à notre tour », raconte Julie. Plus de professeurs, plus de directrice… plus d’école ? Comme si la situation n’était pas déjà assez rocambolesque, l’inspection académique a refusé tout net de fermer l’établissement : « Ils vont envoyer un ou deux remplaçants qui ne connaissent pas les lieux. Je ne serai même pas là pour les accueillir ! », s’étrangle l’intéressée...

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Marion Rousset

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