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Vivement l'Ecole!

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Pour que l’école tienne : adapter, vacciner, recruter

26 Avril 2021 , Rédigé par FSU Publié dans #Education

Pour que l’école tienne : adapter, vacciner, recruter

Pour que l’école tienne : adapter, vacciner, recruter

Paris, le 25 avril 2021

La reprise scolaire se fait dans un contexte sanitaire toujours préoccupant. Jeudi soir, le gouvernement a annoncé les modalités de cette reprise : retour en classe dès le 26 avril pour le premier degré, école à distance jusqu'au 3 mai pour le second degré.


Les demandes portées conjointement par nos organisations ont amené le ministre à annoncer des mesures plus fortes que celles appliquées précédemment pour cette reprise : maintien des fermetures de classes à partir d’un cas de covid, arrêt de la répartition des élèves dans les autres classes des écoles en cas de non remplacement, montée en charge de la politique de tests ou encore extension des demi jauges à tous les lycées et à certains collèges. Ce sont des mesures indispensables non seulement pour assurer le fonctionnement des écoles et établissements scolaires, mais aussi pour l'ensemble de la société afin que les écoles ne soient pas des vecteurs d’une nouvelle accélération de l'épidémie.

Il est maintenant nécessaire d’aller plus loin pour maintenir sur le long terme l’ouverture des écoles en assurant la sécurité des personnels et des élèves. La question de la vaccination des personnels n'a pas véritablement avancé, et aucune politique n'est aujourd'hui définie pour vacciner tous les personnels qui en font la demande. Les personnels sont légitimement inquiets à l’idée de reprendre sans pouvoir se faire vacciner, ils doivent faire l’objet d’une priorisation de la part du gouvernement. La stratégie de mise en œuvre de la politique de tests reste floue, sans que l'on sache si les objectifs ambitieux affichés se traduiront réellement sur le terrain. La volonté d'organiser les auto tests à l'intérieur des lycées pour les élèves pose toute une série de problèmes. Les "demi jauges" doivent être plus nombreuses, y compris hors des départements en tension, et avoir pour objectif de limiter les effectifs globaux et de classes ou groupes d’élèves trop chargés. La généralisation des demi-groupes doit être acceptée partout où elle est jugée nécessaire par les équipes. Elles nécessitent des recrutements immédiats. La suspension des classes en cas d’absence doit être précisée ; à ce jour personne ne sait qui assurerait les enseignements à distance. Cela ne peut, en tout état de cause, se solder par une remise en cause des obligations réglementaires de service.


L'école ne pourra fonctionner, à court et à long terme, sans moyens supplémentaires. Concernant les besoins de rénovation du bâti et d'équipement (en capteurs de CO 2, en purificateurs d'air, etc), le gouvernement doit agir en ce sens avec les collectivités territoriales. Les besoins en moyens humains, eux, n'ont fait l'objet que de quelques recrutements de personnels contractuels et d’AED, le remplacement continue à ne pas pouvoir être assuré correctement. L’annonce de 5000 recrutements doit encore se traduire dans les faits. En outre, il est inacceptable que la rentrée 2021 se prépare toujours avec des moyens humains insuffisants, alors que les besoins créés par plus d'une année d'école en mode dégradé sont énormes. Nous demandons dans l'immédiat les moyens d’assurer les remplacements, et des créations de postes d’enseignantes et d’enseignants, de Psy-EN, de personnels administratifs, santé et sociaux, vie scolaire dans les écoles et les établissements pour la rentrée de septembre, pour annuler les fermetures de classes et de postes, répondre aux inégalités qui se creusent, et pouvoir anticiper une possible poursuite de la crise sanitaire.

Les examens, en collège comme dans les trois voies du lycée, ne pourront pas se tenir comme prévu puisque l'année n'a pas été normale, nous demandons que des décisions rapides soient prises pour clarifier l'organisation et les attentes de l'ensemble des examens.

L'école restera à distance pour le second degré sur la semaine du 26 avril. Là aussi, la semaine avant les congés a montré que peu de choses ont été anticipées, laissant les collègues improviser des solutions avec des élèves inquiets et absolument pas préparés à cet enseignement à distance annoncé brutalement.

Ce sont les personnels qui permettent au service public d'éducation de tenir. Les organisations CFDT (SGEN et FEP), FSU, SNALC, Sud Education, UNSA Education les soutiennent, partout, en continuant d’intervenir pour que leur sécurité soit assurée, que leur santé soit préservée et que leurs conditions de travail soient améliorées dans l'immédiat et sur le plus long terme. Nos organisations décident de se revoir sous 15 jours pour faire un bilan de la reprise et envisager des suites

CFDT (Sgen et FEP), FSU, SNALC, Sud, UNSA

 

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Rentrée - L'absence d'anticipation... Pour ne pas changer...

26 Avril 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Vacances scolaires : les profs ne veulent pas «revivre le coup du  "débrouillez-vous"» - Vivement l'Ecole!
Covid-19 : "Je ne vois aucun changement par rapport à avant", certains enseignants réticents avant la rentrée des classes sous protocole renforcé
Les élèves d'élémentaire et de primaire retournent en classe lundi, avec un protocole sanitaire renforcé.
La rentrée pour les élèves d'élémentaire et de maternelle a lieu lundi 26 avril, après une semaine d'école à distance et deux semaines de vacances. Le protocole sanitaire a été renforcé, puisque désormais un seul cas positif entraînera la fermeture automatique de la classe. Les dépistages par tests salivaires doivent par ailleurs s'intensifier, avec 400 000 dépistages hebdomadaires dans les écoles élémentaires.
"Je n’espère rien, je n’attends rien"
Émilie, enseignante dans une école élémentaire de Marseille est "très contente de retrouver [ses] élèves""Je vois bien que les chiffres ne sont pas bons, reconnaît-elle. Mais je constate aussi que mes élèves ont besoin de retourner à l’école. Tout le monde en a besoin et l’école à distance n’est pas souhaitable."
Mais les inquiétudes sont encore nombreuses. Les annonces de mesures renforcées n'ont pas du tout convaincu Christine, enseignante en banlieue parisienne, qui "n’espère rien, n’attend rien". "On nous dit qu’il y aura des tests mais je pense qu’il n’y en aura pas, déplore-t-elle. On va se retrouver exactement dans la même situation qu’avant ce pseudo-confinement. S’il y a des enfants malades, on va refermer la classe. Je ne vois aucun changement par rapport à avant.
"Dans les faits, ça ne fonctionne pas correctement"
Éric, directeur d'une école dans l'ouest parisien ne croit pas en ce nouveau protocole sanitaire renforcé : "Dans les faits, ça ne fonctionne pas correctement, dit-il. Jusqu’à présent, je n’ai pas vu un seul test salivaire sur l’ensemble des écoles de la commune dans laquelle je travaille. Quand un enseignant sera absent, nous n’aurons pas de remplaçant. Ils vont certainement être répartis et il y aura quelques brassages d’enfants, alors qu’il ne doit pas en y avoir." Les enseignants en école élémentaire et maternelle doivent en principe recevoir deux autotests hebdomadaires à partir de cette semaine.
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Rentrée - "Revolver"...

25 Avril 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Rentrée - "Revolver"...

Les élèves du primaire reprennent ce lundi le chemin de l’école, alors que les contaminations restent hautes et que les recrutements, la vaccination des enseignants et les tests dans les établissements sont en rade.

C’est un peu comme jouer à la roulette russe avec un revolver dont le barillet est chargé avec toutes les balles. Après trois semaines d’arrêt, les crèches, maternelles et écoles primaires rouvrent ce lundi, tandis que les collégiens et les lycéens suivront lundi prochain. Or, le danger sanitaire pour les enseignants et leurs élèves reste exactement le même, car rien n’a été fait pendant cet interlude pour mettre en place des protocoles réalisables, sécurisés et budgétés. Ainsi, alors que la courbe du nombre de nouvelles contaminations quotidiennes est encore à un niveau très haut, l’immense majorité (87%) des personnels de l’Education nationale ne sont toujours pas prioritaires pour la vaccination. Et ce même chez les éducateurs des plus petits, qui font face à des enfants sans masques. On remarquera au passage que ceux-ci doivent apprendre prononciation et intonation du langage avec des enseignants dont ils ne voient pas les lèvres ou les expressions du visage, puisque les fameux masques transparents promis en début d’année aux crèches et maternelles sont en fait invisibles.

Pire, les tests salivaires pour élèves et les autotests pour les enseignants, censés rassurer (un peu) les profs, sont victimes eux aussi de «problèmes de logistique», pour ne rien changer. Même les consignes sanitaires les plus simples, comme aérer les classes en continu, ne sont toujours pas mises en place, entre autres parce que les seules classes avec capteurs de CO2 sont celles que les enseignants ont équipées à leurs frais. Seule protection contre le virus pour les profs ce lundi : les affirmations infondées du ministre de l’Education, qui continue de minimiser le rôle de l’école dans la dynamique épidémique. Quant au protocole permettant de remplacer au pied levé un prof cas contact, il ne pourra se mettre en place car le recrutement a lamentablement échoué : il semblerait que peu de Français veuillent devenir enseignants. On se demande bien pourquoi.

Dov Alfon

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Covid-19 : avant le retour en classe, des professionnels de l'éducation ne sont pas rassurés

25 Avril 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Covid-19 : avant le retour en classe, des professionnels de l'éducation ne sont pas rassurés

"En ce moment, j'ai pas mal d'élèves qui ont le Covid-19, qui m'ont prévenue qu'ils ne seraient pas là à la rentrée", a notamment déclaré sur franceinfo la représentante du SNUipp-FSU 93.

A la veille d'un retour en classe des élèves de maternelle et de primaire, première phase vers la levée des restrictions face à l'épidémie de Covid-19, certains professionnels de l'éducation partagent leurs réserves. "On aura les autotests pour les enseignants, mais pour ce qui est des tests salivaires, on n'en a pas encore vu la couleur avant les vacances et je ne sais pas si on en verra la couleur après les vacances, j'espère que des efforts seront faits"a déclaré sur franceinfo Catherine Da Silva, dimanche 25 avril. Cette directrice d'école élémentaire à Saint-Denis et représentante du syndicat SNUipp-FSU 93 n'est "pas vraiment sereine". Suivez la situation dans notre direct.

Inquiétude de professionnels de l'éducation avant la rentrée. "Il ne me semble pas que les chiffres soient extrêmement favorables à une réouverture des écoles. En ce moment, j'ai pas mal d'élèves qui ont le Covid-19, qui m'ont prévenue qu'ils ne seraient pas là à la rentrée", a estimé sur franceinfo Catherine Da Silva.

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Revue de Presse Education... Reprise - Laïcité - Covid et conséquences

25 Avril 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Reprise - Laïcité - Covid et conséquences

Comme de nombreuses semaines ces derniers mois, l’actualité est dominée par la pandémie et ses conséquences, notamment la reprise dans les écoles, les collèges et lycées. L’autre fait marquant et polémique est l’annonce des états généraux de la laïcité. Diverses publications pour terminer.

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Le dessin de Fabien Crégut.

Reprise

Les réactions sont nombreuses à la suite de l’annonce de la réouverture des écoles demain puis des collèges et lycées la semaine prochaine.
Tout d’abord, le protocole. Il n’a pas vraiment changé, comme l’explique le Café pédagogique.
“22 avril - Alors que l’épidémie n’a pas réellement régressé, l’Education nationale maintient les dates de réouverture des établissements. Lors d’un échange avec les syndicats, le ministère a annoncé quelques améliorations du protocole sanitaire. Cela concerne surtout la fermeture des classes dès le 1er cas de covid. Dans les départements les plus exposés, les collèges passeront en demi jauge. Celle-ci reste la règle dans tous les lycées. Rien de neuf par contre en ce qui concerne la vaccination des enseignants, le maintien des examens ou l’aération des cantines et des salles de classe.” La seule nouveauté c’est que les classes de primaire sans enseignant ne seront plus accueillies. Covid-19 : la classe sera fermée quand un prof de primaire n’est pas remplacé dans Libération.
Les examens sont maintenus (grand oral, philosophie, brevet, etc) ce qui engendre de nombreuses réactions, de même que les autres mesures annoncées.
Tests, demi-jauge, grand oral : parents et syndicats divisés avant la réouverture des classes"Dernier objet de querelle : le maintien de l’écrit de philosophie et surtout du grand oral du baccalauréat annoncé par Jean-Michel Blanquer. "Cela fait un moment que nous disons que cette année n’est pas normale et que par conséquent il faut en prendre la mesure au niveau des examens et donc neutraliser le grand oral." défend Sophie Vénétitay, assurant qu’"il y a une rupture d’égalité" entre les élèves selon les conditions épidémiologiques de leurs lycées ou le recours au fonctionnement hybride ou non dès octobre lorsqu’il n’était pas obligatoire. "C’est une nouvelle épreuve, issue d’une réforme, nous estimons qu’il faut lâcher du lest et le neutraliser cette année" croit également Jean-Rémi Girard."
Les scientifiques réagissent aussi à la réouverture des écoles, eux qui n’y étaient pas favorables pour une grande majorité.Le protocole sanitaire des écoles sera-t-il efficace ? Ce qu’en disent 3 scientifiques
“Si les scientifiques considèrent qu’il est trop tôt pour rouvrir, ils saluent l’arrivée de la question de l’aération dans le protocole sanitaire à destination des écoles.” A lire dans le HuffingtonPost.
La nouveauté que constitue les autotests au lycée fait couler beaucoup d’encre, notamment à propos du fait que le gouvernement aurait souhaité que les enseignants s’en chargent (ils s’ennuient tellement en classe). Les médecins scolaires s’étonnent. Covid-19 : il n’y a pas assez de médecins pour former les "élèves aux autotests", s’inquiète le Syndicat national des médecins scolaires. "Comme on dit "autotest", forcément, c’est la personne elle-même qui le fait. Et dans l’allocution de Jean-Michel Blanquer, il a parlé de la semaine du 3 mai, d’activités pédagogiques, de tutoriels et de personnels formés qui, pendant une semaine, expliqueraient aux élèves de quoi il s’agit. Alors, j’aimerais bien savoir qui sont ces personnels ? Par qui seront-ils formés ? Nous n’avons pas de précisions à ce niveau-là."
(FranceTvInfo)
Pour cette reprise se pose la question de l’aération des salles de classe. Nombreux sont les scientifiques et les enseignants ayant réclamé, en vain, des capteurs de CO2. Covid-19 : mesurer le CO2 pour mieux aérer et diminuer la transmission
“La transmission du SARS-CoV-2 se fait essentiellement par aérosols. Pour limiter leur concentration, un groupe d’enseignants-chercheurs propose d’équiper les écoles de capteurs de CO2, un gaz qui trahit la qualité de l’air respiré”. (Le Monde)

Une autre revendication ignorée des enseignants : la vaccination. D’ailleurs les Français sont d’accord : 79% de la population estime qu’il faut vacciner le personnel enseignant en priorité
“Selon un sondage OpinionWay pour le syndicat d’enseignants Snes-FSU, 79% des Françaises et Français pensent que le personnel enseignant doit faire partie des publics prioritaires à la vaccination contre le coronavirus.” (RTL)
Pour le gouvernement, ouvrir la vaccination aux enseignants de plus de 55 ans (comme à tous les Français) semble avoir résolu le problème. D’ailleurs beaucoup de Français n’ont pas retenu l’âge et sont persuadé que tous les enseignants peuvent être vaccinés. La communication est donc un point fort de cette présidence.


Laïcité

C’est l’autre sujet polémique de la semaine, avec l’annonce par Marlène Schiappa des états généraux de la laïcité.
Les associations s’interrogent : pourquoi maintenant et pour quoi faire ?
“Une trentaine d’organisations, dont le CRAP-Cahiers pédagogiques, signent un texte commun pour s’inquiéter de l’organisation d’États Généraux de la laïcité, sans concertation et dans un délai très court.”
Et beaucoup ont décidé de boycotter. 28 organisations syndicales et associatives refusent de participer aux états généraux de la laïcité lancés par la ministre Marlène Schiappa. La Croix
Comme le rappelle Libération,L’initiative survient en plein bras de fer sur le devenir de l’Observatoire de la laïcité.
Rappelons que la laïcité est déjà aux coeur des débats de la loi sur les séparatismes.
Misère du débat public sur l’école
“Le mercredi 10 mars 2021, la commission de l’éducation, de la culture et de la communication du Sénat auditionnait Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale, dans le cadre de l’examen de la « loi séparatisme ». Olivier Vincent réagit ici aux propos tenus pendant cette audition, et notamment à son postulat que ce serait à l’État de dire quels sont les auteurs et les références acceptables dans la formation des enseignants en matière de laïcité.”
Et revoilà l’islamogauchisme.
"Islamo-gauchisme" craint par la ministre de l’Enseignement supérieur en France : le sociologue Michel Wieviorka remet son rapport final
“Le sociologue Michel Wieviorka a remis un rapport à la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal sur le supposé "islamo-gauchisme" à l’université, après s’être saisi lui-même de la question, a-t-il indiqué à l’AFP. Ce rapport de quelque 80 pages, qu’il a intitulé "Racisme, antisémitisme, antiracisme : apologie pour la recherche", paraît jeudi aux éditions La Boîte à Pandore.” RTL


Covid et conséquences.

Tout d’abord les conséquences sur les jeunes.
Coronavirus : « Les journées sont devenues trop longues »… Comment les ados d’un village limousin vivent la crise sanitaire
“Ce mardi, ils tapent dans un ballon sous un ciel lumineux. Amandine, Léa, Noah et Maïa sont en vacances. Mais confinement oblige, les quatre adolescents n’ont pas eu droit au dépaysement. D’ailleurs, depuis le début de la crise sanitaire, leurs vacances, c’est souvent dans leur village qu’ils les ont passées : à Magnac-Bourg, en Haute-Vienne, où vivent 1.117 âmes. Alors qu’ils voudraient courir le monde, leur horizon s’est brutalement rétréci depuis un an.”
Coronavirus : Le « think tank » Terra Nova propose des pistes pour lutter contre le décrochage des jeunes
“COVID-19 Le « think tank » proche du centre gauche plaide pour « un effort accru de formation » à l’intention de ces jeunes, au plus près d’eux, « dans leurs territoires », grâce au numérique
Un déploiement massif de l’apprentissage en s’appuyant sur le numérique pour des formations à distance souples : le centre de réflexion Terra Nova lance des pistes dans un rapport publié mercredi pour lutter contre le décrochage des jeunes frappés par la crise du Covid-19.” 20 Minutes

Ensuite, les enseignants.
Covid à l’école : "En France, on a parfois oublié les enseignants"
“Pour Eric Charbonnier, analyste de l’OCDE, la politique éducative française affiche des résultats mitigés dans sa gestion de la crise.
Nous nous sommes interrogés sur les modes d’organisation : est-ce que les décisions relatives aux protocoles sanitaires, sont très centralisées dans les pays de l’OCDE ? Ou, est-ce que, finalement, les écoles ont leur mot à dire ? Or, notre étude démontre que le système est très centralisé, quasiment partout. Même dans des pays plutôt fédéraux, ou découpés en provinces comme la Canada. Ce qui a pu susciter pas mal de problèmes sur le terrain et créer des mécontentements. Les enseignants ne comprennent pas que l’on change aussi souvent de protocole. Sur ce point, la situation de la France est donc la même qu’ailleurs. Les difficultés propres qu’elle rencontre sont plutôt liées à son modèle éducatif. ”
 L’Express, pour les abonnés.

Et après le covid ? Une analyse de Bruno Magliulo
L’école de l’après covid 19 : sur quels fondements se construit-elle ?
“Depuis près de dix-huit mois, du fait de la crise créée par le virus Covid 19, comme la société toute entière, l’école est soumise, en France comme ailleurs, à une série de défis nouveaux. Tant bien que mal, grâce à la mobilisation des acteurs de terrain, le navire prend l’eau mais ne coule pas. Cependant, les transformations induites par cette crise sont si profondes que nombreux sont ceux qui pensent que l’école de l’après Covid 19 sera marquée par les bouleversements qui la traversent en cette période de pandémie. Pour diverses raisons, on peut prédire un large retour sur l’école d’avant, avec cependant diverses évolutions nées des pratiques de temps de crise.”


Divers

Le Cned a fait la une de l’actualité à cause de l’échec des classes virtuelles, mais peu de gens connaissent les conditions de travail de ses salariés.
Au Cned, des agents et des enseignants se sentent débordés et isolés
“Le quotidien au Cned est pourtant l’inverse d’une utopie 2.0, selon les salariés interrogés par StreetPress. « Il y a des bugs quasiment chaque semaine qui durent entre une et quatre heures. Pendant ce temps, on ne peut pas travailler », témoigne Catherine, 54 ans, qui corrige des copies d’histoire-géographie. Jeudi 8 avril, plusieurs dizaines d’employés du Cned se sont mis en grève. Et ce n’est pas seulement parce que leurs ordis rament. Ils éteignent leurs tours centrales pour protester contre leurs conditions de travail et l’absence de moyens supplémentaires malgré l’augmentation du nombre d’inscrits depuis la crise sanitaire.”

Un sujet qui revient régulièrement, l’affection dans les lycées de Paris. Pourquoi tant de bruit autour de l’affectation dans les lycées parisiens ? Par Cécile Blanchard Rédactrice en chef des Cahiers pédagogiques
“En matière d’éducation, Paris fait figure d’exception : les directeurs d’école y sont systématiquement déchargés de toute heure de cours et la Ville fournit aux écoles élémentaires des PVP (professeurs de la Ville de Paris) qui se chargent des enseignements de musique, arts visuels et EPS dans les écoles élémentaires. Surtout, l’affectation en lycée suit une procédure très spéciale, appelée Affelnet (dont les résultats seront connus cette année le 30 juin)” pour les abonnés d’Alternatives-economiques.

Au moment où Joe Biden reconnait le génocide arménien, de nombreux enseignants témoignent de la difficulté de l’enseigner. Génocide arménien : de plus en plus, les professeurs doivent faire face au négationnisme
“Encouragées par des associations franco-turques, les contestations des élèves et de leurs parents du génocide arménien sont de plus en plus fréquentes, pendant les cours et en dehors.” Le JDD

Un sujet important et grave, l’accès à la pédophilie via le net.
Pornographie en ligne : des risques préoccupants pour les adolescents
“L’adolescence est une période de bouleversements et de maturations physiques, biologiques et psychiques. Pour les jeunes, Internet va alors sembler un lieu privilégié pour chercher des informations et partager des questionnements, les confrontant seuls aux dangers et aux risques de cette utilisation.
Un adolescent sur cinq serait concerné par un de ces risques : cyberharcèlement, contact avec des inconnus, utilisation de sexting et usage de la pornographie.
La confrontation avec la pornographie en ligne est un risque qui questionne. En effet, le nombre de sites de cet ordre s’est multiplié de manière exponentielle : en 2007, il existait déjà plus de 4 millions de sites d’ordre pornographique sur Internet et, souvent, il suffit de valider « être majeur » ou « avoir plus de 18 ans » pour y accéder.”

Pour terminer, on s’intéresse aux jeunes filles. Celles qui vivent en milieu rural et les étudiantes victimes d’agressions.
Elle a enquêté sur les jeunes filles en milieu rural populaire
“La sociologue Yaëlle Amsellem-Mainguy est allée rencontrer des jeunes filles de milieu populaire vivant en milieu rural. Elle met en lumière les ressources déployées par cette jeunesse.” Ouest France
« La majorité des étudiantes qui viennent consulter se libèrent de faits d’agressions »
“Margaux Leroyer-Mordacq le Blanc, psychologue clinicienne et accompagnant les étudiants, revient sur les violences sexuelles et morales au sein de l’enseignement supérieur.”

Géraldine Duboz

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L'école? Une variable d'ajustement dans la communication sanitaire gouvernementale - Par Lucien Marboeuf

25 Avril 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

L'école? Une variable d'ajustement dans la communication sanitaire gouvernementale - Par Lucien Marboeuf

EXTRAITS

Comme si de rien n'était

Les écoles vont donc rouvrir demain lundi 26 avril, après quatre jours de distanciel et deux semaines de vacances anticipées. Si on peut, à la lecture de certains chiffres, espérer être au début d’un « plateau haut » après ces trois semaines, les indicateurs nationaux et locaux sont peu ou prou les mêmes que ceux qui avaient prévalu à la mise en place de ce "confinement" avec écoles fermées. Autrement dit ce qui nécessitait une fermeture il y a trois semaines n’empêche pas, aujourd’hui, une réouverture complète. Pour quelles raisons avait-on fermé, au juste ?

Fermeture politique

Quand le président Macron avait annoncé, le 31 mars, la fermeture des établissements scolaires pour trois semaines (quatre dans le secondaire), vacances incluses, on avait naïvement pensé qu’enfin l’exécutif avait entendu, qu’enfin la présidence, le gouvernement avaient pris conscience : entendu les alertes des épidémiologistes, qui disaient qu’il fallait serrer la vis pour de bon et fermer les écoles ; entendu les professeurs, les familles, qui voyaient les cas covid+ se multiplier, les classes fermer par centaines, les chiffres doublant ou triplant d’une semaine sur l’autre ; pris conscience, au-delà des contaminations en milieu scolaire, du rôle de l’école dans la circulation invisible du virus ; pris conscience qu’opérer un tour de vis dans la lutte contre l’épidémie passait nécessairement par une maitrise de ce qui se passe à l’école, quitte à la fermer pour un temps.

On s’est bien trompé.

De toute évidence, l’exécutif, président en tête, n’a pas écouté, n’a pas réalisé. La fermeture des écoles début avril ne doit rien à une quelconque prise de conscience, rien à une capacité d’écoute soudaine, pire : rien à la situation sanitaire. E. Macron en a lui-même fait l’aveu assumé, le 6 avril, au Parisien : « Je ne conditionne pas la réouverture des écoles à des indicateurs sanitaires. Pourquoi ? Parce que ces trois semaines d’absence physique de cours sont déjà un effort important ». Trois semaines, vraiment ? En réalité 3 ou 4 jours en primaire et 9 dans le secondaire. Et puis, de quel effort parle-t-on, au juste ?... Jeudi 15 avril, en visio avec une quinzaine de maires, E. Macron confirme les dates d’ouverture des écoles (26 avril) et des collèges et lycées (3 mai) et répète que « ça ne dépend pas de l’épidémie ».

La réouverture des écoles est donc un acte politique totalement déconnecté de la situation sanitaire, tout comme leur fermeture n’avait, on le comprend maintenant, rien à voir avec l’épidémie. L’école est une variable d’ajustement dans la communication sanitaire de l’exécutif.

(...)

87% des enseignants non éligibles à la vaccination

L’accent mis sur les tests est une bonne chose, mais comme le disait un internaute cette semaine, « on ne veut pas savoir qu’on est positif, on ne veut pas attraper le covid ! ». Pour cela, il n’y a que la vaccination, mais le gouvernement ne voit décidément pas les enseignants comme une priorité. On se souvient que le ministre Blanquer avait annoncé en janvier que les enseignants seraient vaccinés « en mars au plus tard, si on arrive à le faire avant, ce serait bien ».

On en est très loin aujourd’hui, seuls les enseignants de plus de 55 ans sont éligibles à la vaccination, comme le reste de la population, ce qui concerne 13% des profs Pour les 87% restants, l’horizon est maintenant à la mi-juin, autant dire qu’ils ont une petite chance d’être vaccinés pile pour le dernier jour d’école. Ce calendrier est désapprouvé par 75% des français.

Pour rappel, la France est un des pays de l’OCDE à n’avoir pas fait de la vaccination des enseignants une priorité. En mars, 19 pays sur 30 avaient déjà placé les enseignants sur la liste des personnes à vacciner prioritairement (en Allemagne, les profs sont au niveau 2 de priorité, celui des 70-80 ans). Et parmi les pays qui n’en font pas une priorité, certains comme le Japon ou l’Angleterre sont de toute façon très avancés dans la vaccination…

En France, le 22 avril, le ministère annonçait fièrement 15 000 personnels vaccinés, soit… 1,31%.

(...)

Le pire, mais pas le plus étonnant, est que le ministre lui-même ait participé insidieusement à ce prof bashing : lorsque les journalistes de France info, vendredi, le questionnaient sur le vaccin, demandant « pourquoi ne pas avoir ouvert la vaccination à tous les enseignants, ne pas avoir profité de ces deux trois semaines pour vacciner en masse les enseignants ? », puis insistant d’une relance « pourquoi on ne va pas plus vite ? », JMB a insisté sur le fait que « ce n’est pas la totalité de ceux qui sont concernés qui ont profité de cette possibilité »…

C’est la base, en politique : quand vous ne voulez pas qu’on parle de vous, parlez des autres.

Suivez l’instit’humeurs sur Facebook et sur Twitter @LucienMarboeuf.

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"Il était une fois..." l'éducation scientifique populaire, avec Albert Barillé

24 Avril 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Eviter les caries, se laver les mains, se faire vacciner... vous faites peut-être partie des millions d'enfants qui ont eu accès aux bases de l'éducation à l'anatomie et à la santé grâce à "Il était une fois la vie", et grâce à son créateur visionnaire : Albert Barillé.

"La vie, la vie, la vie, la vie..." Vous l'avez en tête, ce fameux générique ? En 1986, un producteur crée une série qui va changer le rapport de millions d’enfants à leur corps et à leur santé. Un petit garçon l'avouait à la télévision dès 1990 : “J’aime bien regarder Il était une fois la vie. Quand les globules blancs mangent les méchants...” La pédagogie scientifique est basée sur l'anthropomorphisme et la personnification des composantes du corps, assimilé à un Far West, une machine où "gentils" et "méchants" se livrent bataille. Le musicien Michel Legrand en compose la bande son. Roger Carel, la voix de C-3PO, de Kermit la grenouille et de Alf, en interprète le héros récurrent, “Maestro”. Tout comme C’est pas sorcier créé sept ans plus tard, Il était une fois la vie devient culte pour plusieurs générations, en inventant une façon intelligente et vivante de parler de sciences au grand public. 

Une ambition éducative et humaniste

Albert Barillé, 1994 : "L’image peut et doit véhiculer le savoir, et de préférence sans distiller l’ennui. Et, c’est ce que nous essayons de faire, l’image peut aussi fustiger l’intolérance, la bêtise." Déclinée en sept volets, traduite en 80 langues, la saga est devenue l’un des fleurons de la télé française, encore diffusée 40 ans plus tard, et générant des millions d’euros en droits d’auteur et en produits dérivés (jeux, livres, figurines...). Albert Barillé soulignait déjà les clés de ce succès lors d'un salon audiovisuel à Montréal en 1980 : "Notre production a été fort bien reçue. Elle a été vendue dans plus de 60 pays. Je pense que les gens nous font confiance, et désirent nous suivre, puisque nous prenons les mêmes personnages dans de nouvelles aventures".

Né en Pologne en 1920 dans une famille modeste, Albert Barillé a d’abord créé pour la télévision française la fiction Colargol. Mais la transmission des savoirs l’intéresse plus encore, comme il le formule dans un documentaire auto-produit consacré à la fabrication d'un dessin animé en 1994 : "Dès mon plus jeune âge, j’ai toujours été passionné par les origines de l’homme, les infiniment petits, les infiniment grands. Cela a donné Il était une fois l’homme, Il était une fois l’espace, Il était une fois la vie, il était une fois les Amériques…" L’aventure Il était une fois commence en 1978, cinq minutes chaque soir sur FR3, dans une ambition explicitement éducative et humaniste. Albert Barillé : "Les gens responsables se doivent d’alimenter de façon utile les jeunes cervelles où tant de cases restent à remplir. Et si de plus nous parvenons à rassembler autour du poste les parents et enfants, et contribuer au dialogue entre eux, alors mon vœu sera exaucé." 

Un fou de rigueur face au manga

Pendant trente ans, l'auteur et chef d'orchestre dirige et contrôle chaque étape de la fabrication : documentation, écriture, dessin, musique, bruitages, doublage, mixage... C’est un bourreau de travail, un autodidacte qui s’est formé seul à l’histoire, à la médecine, à l’astrophysique, à l’écologie... Il dit travailler plus de 100 heures par semaine, mais par rigueur, fait relire tous ses scénarios au directeur du CNRS, Joël de Rosnay. 

Il faut 1 million de dessins, et six mois à l’équipe pour créer un seul épisode image par image, contre 5 épisodes dans le même temps pour les studios d’anime japonais, qui les concurrencent déjà en France. Albert Barillé, 1994 : "Un enfant est une éponge, il absorbe tout ce qu’on lui donne. Donnez-lui le meilleur comme le pire, il l'absorbera de la même façon."

Mais face à Goldorak et Candy, les personnifications frappantes, l’humour, la logique des démonstrations assurent le succès de la série, qui plaît aussi aux parents, rassurés par un programme non-violent et édifiant. Albert Barillé : "Au départ, il y a le scénario. Il faut qu’il soit drôle, amusant, plein de gags, parce que sinon, peu importe que vous ayez de grandes idées, s’il ne reste personne devant pour les regarder !" 

Dessin, doublage, musique : rien n'est laissé au hasard

Barillé, dont les cheveux avaient blanchi tôt, imagine ce héros drôle, somnolent, et à la fois garant du savoir universel : le Maestro, interprété par Roger Carel. Le comédien revenait en 2009 sur son incarnation du personnage : "Cette espèce de voix un peu comme ça, tout en étant un petit peu tendre par moment, mais qui est quand même une voix d’enseignant : on apprend des choses aux enfants. Mais quand même dans le sourire et dans le rire. Mais la voix, pour qu’elle sorte, dans tous les dessins animés c’est comme ça, vous êtes toujours inspirés par le graphisme."

Dans un style plus proche de la ligne claire belge que du manga, le jeune dessinateur Jean Barbaud assure la direction artistique. Jean Barbaud, 2017 : "J’étais complètement libre d’interpréter les formes des globules, des bactéries comme je voulais." Une attention particulière est portée aux bruitages, à la musique, pour porter la dynamique, le rythme. Michel Legrand, 1994 : "J’ai pensé à une espèce d’ensemble de saxophones et quelques cuivres, je crois que ce sera marrant." La saga est un reflet de son temps, de la foi dans le progrès, d’une éducation morale à l’hygiène, à la santé…  

La dernière série consacrée à la Terre, en 2009 est aussi pionnière de programmes sur la préservation de l’environnement. Albert Barillé meurt la même année, mais sa saga est remastérisée en 2017 et rediffusée encore à la télévision et sur le web, où d’autres prennent la relève de la transmission des sciences, des Youtubeurs et youtubeuses comme Manon Brill, Mr. Nozman ou Dirty Biology...

Camille Renard

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Pierre Mathiot : « Le défi de l’égalité des chances, c’est de passer de l’artisanal à l’industriel » (Vidéo) + point de vue

24 Avril 2021 , Rédigé par M Le mag Publié dans #Education

Egalité des chances? Un point de vue à lire ci-dessous

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Le protocole sanitaire des écoles sera-t-il efficace? Ce qu'en disent 3 scientifiques...

24 Avril 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Le protocole sanitaire des écoles sera-t-il efficace? Ce qu'en disent 3 scientifiques...

Si les scientifiques considèrent qu’il est trop tôt pour rouvrir, ils saluent l'arrivée de la question de l’aération dans le protocole sanitaire à destination des écoles.

ÉCOLES - Une rentrée test. Ce jeudi 22 avril, Jean Castex et Jean-Michel Blanquer ont détaillé le protocole de réouverture des écoles, qui s’appliquera dès le 26 avril, à l’occasion de la rentrée des maternelles et primaires.

Face à une situation sanitaire qui s’améliore très timidement, le gouvernement mise sur un protocole renforcé, privilégiant la fermeture des classes dès le moindre cas de Covid-19, des jauges réduites, le dépistage massif et l’aération des salles de cours. Ces mesures sont-elles suffisantes pour empêcher une reprise épidémique? Le HuffPost a posé la question à plusieurs chercheurs. 

Rentrée précipitée

“Le gouvernement décide de rouvrir de manière précipitée, malgré nos mises en garde. Les indicateurs ne sont pas suffisamment verts”, explique Antoine Flahault, médecin épidémiologiste à Genève et directeur de l’Institut de santé globale.

Un parti pris politique, à contre-courant, “assumé” par le Premier ministre en conférence de presse jeudi soir, malgré les alertes des épidémiologistes sur le nombre de contaminations et des tensions toujours importantes en réanimation. Le présentiel est important pour l’avenir et la santé mentale des écoliers, fait valoir l’exécutif. Libérés de leurs enfants, les parents pourront également travailler dans des conditions plus pérennes, essentielles à la reprise économique. 

Ainsi, le protocole sanitaire des écoles vise surtout à maîtriser le risque de reprise épidémique, alors que les vaccins commencent à peine à faire effet et que des variants plus contagieux menacent. Les espoirs de vie normale pourraient être douchés, si le déconfinement se passe mal.

Or, l’école est un endroit clef dans l’épidémie. Même si la question du degré de contagiosité des plus jeunes fait encore débat, Antoine Flahault souligne que le milieu scolaire est “l’un des derniers réservoirs d’interaction humaine”, quand les magasins, les bars, les salles de sport et la plupart des lieux qui accueillent le public sont fermés. “Un des derniers leviers sur lequel on pouvait agir”, explique l’épidémiologiste. 

“Globalement, les mesures du gouvernement permettent de réduire les risques, mais cela ne va pas forcément suffisamment loin, vu la situation. Il y a des trous dans la raquette. “On est dans un entre-deux, qui risque de se traduire par une efficacité… entre deux”, résume l’épidémiologiste, dans un clin d’œil au “en même temps”, cher au Président de la République. 

Ouvrir les écoles et tester massivement

Le gouvernement opte principalement pour une fermeture systématique des classes, dès le premier cas détecté. Cette stratégie, adoptée quelques jours avant le confinement, est en rupture avec le protocole gardé par le ministre de l’Éducation pendant des mois. Elle repose donc sur le dépistage massif, essentiellement “dans les départements où l’incidence est la plus élevée”, a précisé Jean Castex.

“C’est une bonne idée de tester régulièrement les enfants. Cela permet d’extraire des enfants porteurs du virus avant même qu’ils ne contaminent le reste de la classe”, estime Antoine Flahault. Le dépistage est effectivement un levier majeur dans la lutte contre le Covid-19, utilisé depuis l’été dernier.

Le protocole intègre désormais les autotests. Disponibles en pharmacie depuis quelques semaines, ils seront distribués aux enseignants et aux élèves de plus de 15 ans. Efficaces dans la lutte contre l’épidémie, selon le dernier avis du Conseil scientifique, ils s’ajouteront aux 400.000 tests salivaires que le gouvernement souhaite déployer à la rentrée. Fin avril, la Haute Autorité de Santé se prononcera sur son utilisation pour les tous petits. Ces tests sont “atraumatiques”, anodins en terme médical. 

Tester est une stratégie judicieuse, mais pas toujours facile à mettre en place. Avant le dernier confinement, Jean Michel Blanquer s’est confronté au manque de personnel pour dépister dans les écoles. Cette fois-ci, le gouvernement affiche un objectif encore plus ambitieux, 600 000 tests hebdomadaires d’ici fin mai.

Pour être efficace, cette stratégie nécessite également de la pédagogie. Dans son dernier avis, le Conseil scientifique souligne l’importance de l’acceptation de cette pratique, et de la bonne formation des enseignants, pour aider les enfants à se tester correctement. Jeudi, un mail contenant des instructions d’utilisation a été envoyé aux directeurs et directrices d’école. 

Toutes fenêtres ouvertes

La rentrée sera également toutes fenêtres ouvertes, annonce Jean-Michel Blanquer : ”Nous encourageons les collectivités pour les capteurs de CO2 et les purificateurs d’air. Nous encourageons aussi les classes en plein air. La saison le permet.” L’air concentré des endroits clos est particulièrement à risque. Sans rien imposer à l’échelle nationale, le ministre met l’accent sur l’aération, principal axe sur lequel l’école peut progresser, car de nombreux gestes barrière sont déjà mis en place (masque dès 6 ans, distance entre les tables).

Le modélisateur des contaminations au CNRS, spécialiste du milieu scolaire, Bertand Maury salue cette prise de conscience, mais pour lui, il faudrait aller plus loin:  “La ventilation est très importante, il faut aérer toutes les 15 minutes pour réduire les risques. Pour maîtriser cette pratique, les capteurs de CO2 sont essentiels. Le gouvernement est un peu timide : qui va acheter les capteurs? Combien seront disponibles?”. 

Un avis partagé par Antoine Flahault : “On aurait pu les rendre obligatoires par exemple. Attendre que chaque classe soit équipée pour rouvrir”. Antoine Flahault et Bertand Maury préconisent en priorité l’acquisition de capteurs de CO2 pour la cantine. Le moment du repas est le point noir de tous les protocoles, car sans masque. Pour l’instant, Jean-Michel Blanquer recommande d’éviter le brassage, en essayant de faire manger ensemble uniquement les élèves d’une même classe et en recommandant aux parents qui le peuvent de venir chercher leurs enfants à la pause déjeuner.

 

L’école dehors, pas sans risques

Le ministre Jean-Michel Blanquer insiste également sur la possibilité de faire classe dehors, sans l’imposer là non plus ni détailler de protocoles spécifiques. “Le risque à l’extérieur est effectivement plus faible, mais les échanges de gouttelettes existent aussi en extérieur. Dehors, les contacts prolongés, sans masque, en face à face, à courte distance sont à proscrire”, détaille le chercheur du CNRS Alexandre Nicolas, spécialiste des contaminations en extérieur à l’institut lumière matière. 

Si globalement, le protocole permet de réduire les chances de contamination à l’échelle individuelle, rouvrir les écoles représente un risque, à l’échelle collective. “En cours de récréation, si l’enfant navigue d’un groupe à l’autre sans masque, le risque de transmission est en réalité faible, car il ne reste pas plus d’une à deux minutes en face des autres élèves. Mais répété pour tous les écoliers, dans toutes les écoles, le risque pour la société est bien plus élevé”, souligne le chercheur. Permettre aux élèves d’étudier, tout en veillant à ce que la société n’en pâtisse pas, c’est tout l’enjeu de cette rentrée. 

Antoine Beau

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Autotests : "Un lycée n'est pas un hôpital de campagne", réagit le secrétaire général du SNPDEN-Unsa

23 Avril 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Autotest Covid, mode d'emploi - Radio - Play RTS

"On va avoir besoin très vite de précisions très importantes (...) pour savoir si nous sommes vraiment en capacité de le faire", indique Philippe Vincent.

"Un lycée n'est pas un dispensaire, ce n'est pas un centre de soins et encore moins un hôpital de campagne", a déclaré Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN-Unsa (Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale), alors que les lycéens devront effectuer un autotest par semaine à partir du 10 mai. Ils pourront le faire dans leur établissement, selon les dernières directives du ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. "Il faut que nous ayons rapidement un cadre", a-t-il ajouté.

franceinfo : Êtes-vous prêts à encadrer ces autotests ?

Philippe Vincent : Le défi est très important parce que, hormis quelques annonces très génériques des personnels formés et des locaux dédiés, on n'a pas le détail. D'ailleurs, nous avons fait parvenir au ministère une douzaine de questions très précises sur les conditions attendues. On va avoir besoin très vite de précisions très importantes, à la fois en termes de responsabilité, de logistique, de stockage, de personnel, de locaux, d'hygiène etc. pour savoir si nous sommes vraiment en capacité de le faire. Un lycée n'est pas un dispensaire, ce n'est pas un centre de soins et encore moins un hôpital de campagne. Si on veut réussir l'opération de dépistage de masse avec des personnels compétents et dans des conditions sanitaires sécurisées, il faut effectivement que nous ayons un cadre rapidement.

Il y aura aussi deux autres tests, deux fois par semaine, pour vous, le personnel de l'Éducation nationale. Allez-vous les faire chez vous ?

Oui, c'est ce qui est prévu. J'imagine que la logistique va suivre et que nous serons dotés du nombre de tests pour l'ensemble de nos personnels, puisque tous les personnels sont concernés, quel que soit leur statut et quelle que soit leur position. Donc je pense que là, nous serons en capacité de mettre ces tests à disposition de tous nos personnels.

Y a-t-il adhésion de ces personnels pour ces autotests ?

Je pense que oui, c'est quand même une pierre de plus à l'édifice du dépistage et de la prévention. Je pense qu'à partir du moment où ils seront mis à disposition facilement, les personnels les utiliseront. C'est une forme de garantie, ne serait-ce que pour sa propre santé.

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