Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

education

Et à part ça, les déclinistes, c'était mieux avant? (Vidéo)

6 Juin 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Lire la suite

Bac 2021 : «On pense grand oral, on dort grand oral, on mange grand oral»

5 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Grand oral du bac : le déroulement enfin dévoilé - Le Point

Deux semaines avant le début des épreuves du baccalauréat, une classe de terminale du lycée Edouard-Branly, à Créteil, s’entraîne une ultime fois pour son grand oral. Emma Bertoin, de l’association Trouve ta voix, prodigue les derniers conseils.

«Tu connais ton sujet parfaitement, alors maintenant, amuse-toi.» Depuis 8 heures ce vendredi, Emma Bertoin enchaîne les conseils avec pédagogie et bienveillance. Dans la petite salle du lycée Edouard-Branly à Créteil (Val-de-Marne), cette membre de l’association Trouve ta voixqui forme les lycéens en région parisienne à la prise de parole en public, rend visite à des élèves de terminale aux spécialités scientifiques. Objectif : les préparer au grand oral du baccalauréat.

Instaurée par la réforme du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, cette épreuve est l’une des principales nouveautés de la session du bac général et technologique 2021. «Cette épreuve vise à évaluer les élèves sur leur capacité à prendre la parole de manière structurée et argumentée mais aussi à développer une réflexion», a souligné le ministère dans un communiqué publié mercredi. Pendant cinq minutes, chaque candidat devra répondre à une des deux questions préparées pendant son année de terminale. S’ensuivra un échange de quinze minutes avec un jury composé de deux professeurs.

«Evacuer mon stress avec les mains»

Après avoir accompagné la classe toute l’année, Emma Bertoin, étudiante de 23 ans, propose ce matin une dixième (et ultime) séance de préparation, lors d’un cours de mathématiques. «Les élèves doivent travailler une des deux questions sur laquelle ils seront interrogés le Jour J», explique la jeune femme. Sous la lumière blafarde de la petite salle de classe, Alexis est le premier à se lancer. Debout et dos au tableau blanc, le garçon redresse ses lunettes nerveusement : «Je vous préviens, je ne suis pas hyper prêt.»

Si les présentations peuvent encore s’améliorer, Emma Bertoin félicite néanmoins ses élèves : «Tous ont beaucoup progressé dans leur expression orale, leur expression corporelle mais aussi dans la tenue de leur discours», explique-t-elle. Un constat partagé par Maimouna, une élève pour qui s’exprimer à l’oral était au départ une grosse source d’inquiétude. «Maintenant ça va mieux, Emma m’a montré comment évacuer mon stress avec les mains. J’ai l’impression d’avoir plus d’expérience», confie la jeune fille.

Une expérience «vitale» pour nombre d’élèves de la classe, privés l’an dernier de l’oral de français, annulé pour cause de Covid. Alors que l’échéance se rapproche, les sources d’inquiétude grandissent chez les futurs candidats. «Ma plus grande peur, c’est d’oublier un élément de démonstration pendant l’exposé», explique Nikita qui se désole de n’avoir droit à «aucun support», comme un Powerpoint. Pour ne rien oublier Maimouna a préféré apprendre tout par cœur. «Si je ne fais pas cela, j’ai peur de me laisser déstabiliser par le stress», explique la jeune fille.

Une technique contre laquelle Emma Bertoin met néanmoins en garde : «Ne donnez surtout pas l’impression que vous récitez», martèle celle qui mise aussi beaucoup sur la capacité de vulgarisation. «Parlez-moi comme à une enfant de cinq ans», leur répète-t-elle à chaque fin d’exposé. Si le conseil fait sourire, il n’est pas évident à appliquer pour ces élèves peu rodés à l’exercice. «Expliquer les maths à l’oral, c’est super dur», se défend Nikita.

«Des zones d’ombre»

Dans la salle à côté, Madame Zaabani, professeure de mathématiques, aide les retardataires à finaliser leurs questions. «Ça fait deux semaines qu’on pense grand oral, qu’on dort grand oral, qu’on mange grand oral», plaisante l’enseignante, qui consacre les dernières heures de ses cours à la préparation de l’épreuve. Alors que les consignes sur le déroulé de l’examen continuent d’être communiquées au compte-gouttes par le gouvernement, les élèves n’ont réellement commencé la préparation de leur question qu’il y a deux semaines.

«On passe notre temps à aller à la pêche aux infos», soupire l’enseignante qui regrette de faire face, encore aujourd’hui à d’importantes «zones d’ombre» sur le déroulé et la notation des épreuves. N’ayant toujours reçu aucune directive ministérielle sur un barème exact et uniformisé de notation, l’enseignante se dit «inquiète» : «En tant qu’examinatrice, je ne voudrais pas être injuste en allant à l’encontre des conseils prodigués par un autre enseignant qui aurait privilégié le fond à la forme ou inversement.» Pour Emma Bertoin, il est malheureusement trop tard pour s’en préoccuper à présent : «Les conseils ont déjà été donnés, il ne leur reste qu’à faire de leur mieux.»

Julie Richard

Lire la suite

Du lycée aux grandes écoles, la fabrique des élites

4 Juin 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Que se passe-t-il derrière la porte d’un grand lycée parisien? Elles nous font entrer à Henri-IV : Sarah Pochon, socio-ethnologue et auteure de "Derrière la grande porte" (Editions du Détour, 2021), et Laure-Elisabeth Bourdaud, co-scénariste du téléfilm d'Arte "Les Héritières", sont nos invitées.

Sarah Pochon est socio-ethnologue au sein de l’atelier Sherpas (URePSSS) à l’université d’Artois à Arras. Spécialiste de l’enseignement de l’EPS, elle a consacré une thèse au sujet en 2019 :  «L’EPS dans les “beaux quartiers”. Socio-ethno-didactique de l’EPS en contexte scolaire d’excellence : Le cas du lycée Henri-IV de Paris». 

"La réputation précède la réalité : c’est l’image d’une carte postale, cet établissement qui a un petit côté anachronique voire exotique, puisque c’est l'institution qui scolarise une élite scolaire" (Sarah Pochon)

Derrière la grande porte (Editions du Détour, mars 2021), son premier livre, est une vulgarisation de sa thèse. Une enquête d’un an au cours de laquelle elle s’est intéressée à l’enseignement au sein du lycée public Henri IV à Paris, établissement de prestige et objet de nombreux fantasmes. Explorant les lieux et récoltant les témoignages, elle s'intéresse à la réalité au-delà des clichés. Le résultat est une enquête à contre-courant des études habituelles, lesquelles se concentrent davantage sur les établissements dits "difficiles" au prétexte qu'il ne se passe "rien" dans les écoles au contexte plus favorisé. Elle se concentre notamment sur les traces de la distinction sur le corps de ces élèves.

"On pourrait se dire que la place du corps dans cet endroit n'est pas forcément centrale pour des élèves qui doivent se préparer aux futurs concours, qui doivent obtenir les meilleures notes. Or on a cette omnivorité, cette pédagogisation des loisirs chez cette jeunesse favorisée" (Sarah Pochon)

Laure-Elisabeth Bourdaud, notre deuxième invitée, a co-écrit avec Johanna Goldschmidt le scénario de la fiction Les Héritières, un téléfilm à voir sur arte.tv du 28 mai au 1er septembre et sur Arte vendredi 4 juin à 20h55. Réalisé par Nolwenn Lemesle, il montre l'année décisive de Sanou (Tracy Gotoas), adolescente originaire de La Plaine Saint-Denis, dans le 93, qui intègre le lycée Henri-IV. En échange d’une bourse, elle devient la tutrice de Khady (Fanta Kebe), une élève de son ancien collège au fort potentiel mais traînant avec de mauvaises fréquentations et se désintéressant des études, nourrie par sa passion pour le hip hop.

"Dans son discours, la proviseure discipline davantage le rapport à l’effort et le rapport au travail plutôt que les comportements. C'est typique des élites" (Sarah Pochon)

Le film montre les nombreuses difficultés de Sanou à intégrer les codes d'un milieu dans lequel elle débarque et qui demande deux fois plus de travail à ceux qui n'en sont pas. Il déroule également la difficulté à rester fidèle à ses origines et à concilier deux mondes socialement distincts.

"Sanou est en train de faire à la fois son travail d'élève et d'apprendre les codes. Elle n'apprend pas que ses leçons, elle apprend aussi le milieu dans lequel elle doit se mouvoir" (Laure-Elisabeth Bourdaud)

Olivia Gesbert

Pour aller plus loin : 

Lire la suite

Choukri Ben Ayed : La grande pauvreté et l'école : Sortir de la fatalité

4 Juin 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Grande pauvreté, inégalités sociales et école Sortir de la fatalité -  broché - Philippe Joutard - Achat Livre | fnac

"Aujourd'hui ce ne sont pas les idées, les énergies ou les savoir-faire qui manquent pour faire face aux ravages de la grande pauvreté dans le champ éducatif. Ce dont nous avons besoin c'est d'une volonté collective d'en faire une priorité de l'action publique". La publication de l'ouvrage dirigé par Choukri Ben Ayed est une bonne nouvelle. C'est un de ces livres que l'on attend et que l'on recommande. Il est aussi précieux par la façon dont il croise les savoirs scientifiques et les expériences d'acteurs de terrain. Si la grande pauvreté pèse lourdement sur l'Ecole (1.6 M d'élèves pauvres contre 1.2M en 2012), l'ouvrage montre des enseignants, des chefs d'établissement, des acteurs locaux qui ne baissent pas les bras et qui agissent. C'est cela le message de " La grande pauvreté et l'école : Sortir de la fatalité" (Berger Levrault) : on peut, on doit faire reculer les inégalités sociales à l'Ecole. C'est possible. Choukri Ben Ayed, qui dirige cet ouvrage collectif, explique comment.

 

Cet ouvrage dresse un bilan documenté en même temps qu'il donne la parole à des acteurs de terrain : enseignants, cadres de l'Education Nationale, décideurs des collectivités locales, parents. C'est un ouvrage académique ou militant ?

 

Cette dichotomie entre académisme et militantisme n’est pas toujours pertinente si ce n’est pour figer des positions. Ce qui était essentiel pour nous c’était de produire un ouvrage documenté, accessible, reposant sur des sources fiables, tout en mettant les constats en regard d’expériences concrètes d’acteurs de terrain. S’il y a une forme de militantisme, c’est en rapport avec son objet : les liens entre grande pauvreté et école, objet peu travaillé. Nous ne disposions jusque-là que de rapports officiels de grande importance, comme le rapport de Philippe Joutard de 1992 : « Grande pauvreté et réussite scolaire. Changer de regard », celui de Claude Pair de 1993 sur la région Nord pas de Calais et celui de Jean-Paul Delahaye de mai 2015 : « Grande pauvreté et réussite scolaire ». Hélas, ces rapports n’ont pas donné lieu à des débouchés politiques significatifs, la problématique est tombée en quelque sorte en désuétude, nous souhaitions l’actualiser. Les trois auteurs de ces rapports sont d’ailleurs co-auteurs de l’ouvrage.

 

Est-ce le moment de le publier ?

 

Y’a-t-il de bons ou de mauvais moments pour parler de la grande pauvreté en France ? Elle devrait être une préoccupation constante. Si le projet de l’ouvrage a vu le jour avant la crise sanitaire celle-ci a été un révélateur criant des inégalités sociales en France : plus d’un million de français ont basculé dans la pauvreté et avec eux probablement des millions d’élèves déjà fragilisés qui le sont encore davantage aujourd’hui. Donc oui c’est certainement le bon moment.

(...)

 

Propos recueillis par F Jarraud

 

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Tentative d'agression au lycée de La Martinère : l'académie de Lyon donne une version très différente de celle de Laurent Wauquiez

4 Juin 2021 , Rédigé par Lyon Mag.com Publié dans #Education, #Politique, #Regionales2021

Fake news - Méfiance | Annabac

Après le Parquet, c'est au tour du recteur de l'académie de Lyon de donner sa version des faits survenus ce mercredi au lycée de La Martinière - Diderot.

Ou plutôt ce mardi, selon l'académie. Car en effet, la version énoncée par Olivier Dugrip diffère de celle de Laurent Wauquiez, le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes qui s'était rendu sur les lieux ce jeudi soir

Selon le service d'Etat, ce ne sont "que" deux individus qui se seraient présentés devant la loge d'accueil pour demander à voir la jeune élève victime d'intimidation. 

Après le refus de l'agent scolaire, les deux "voyous islamistes", comme les appelait Laurent Wauquiez, seraient tout simplement repartis dans le calme. Toujours selon le rectorat, "à aucun moment le bon fonctionnement du lycée n'a été impacté".

Atténuation des faits par l'académie ou récupération très politique de Laurent Wauquiez en pleine campagne des régionales ? L'enquête ouverte par le Parquet ce vendredi devrait permettre d'éclaircir les quelques points flous qui planent encore sur la situation.

La version de M. Wauquiez

Lire la suite

Parcousup2021 Sucks. Encore plus que d'habitude.

4 Juin 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Université, #Education

Parcousup2021 Sucks. Encore plus que d'habitude.

EXTRAITS

Bon. Ayant très immodestement écrit l'un des deux meilleurs articles de tous les temps au sujet de #Parcoursup (l'autre étant disponible sur Lundi matin), j'étais décidé à fermer ma bouche cette année pour essentiellement deux raisons : la première c'est qu'en tant que parent j'ai de nouveau un enfant mien dans cette loterie, et la seconde c'est que cette année encore plus que les précédentes j'ai - ainsi que les collègues avec qui nous assurons le recrutement du meilleur DUT Infocom de la galaxie connue - pleuré des larmes de sang durant des semaines entières à force de constater le niveau d'incurie présidant aux supposées "mises à jour" de la plateforme et à ce qu'elle produisait au final comme automatisation ou acceptation des inégalités.

216 900 jeunes sans aucune proposition acceptée.

Oui mais voilà je suis tombé hier sur une des interventions de la figure tutélaire de l'ESR, oscillant entre un Voldemor sous anxiolytiques et une Gorgone Méduse aux fantaisies capillaires éreintantes, j'ai nommée Frédérique Vidal. Dont l'argumentaire se résume en trois points auxquels je vais sommairement répondre :

  • "tout va bien, les profs et les services des rectorats sont formidables"

Là j'ai surtout envie de crier dans son oreille avec la délicatesse d'un Jean-Marie Bigard répondant aux questions d'un journaliste sur le port de l'étoile jaune comme signe de refus de la vaccination. Et accessoirement je tiens à ta disposition, Frédérique, les échanges de mails avec les services (totalement dépassés) du rectorat à chaque fois que nous les sollicitions pour l'un des innombrables bugs de cette année. Mais c'est vrai qu'ils sont gentils. Formidablement dépassés et incompétents sur les points techniques (à moins bien sûr que la compétence ne se mesure à l'aune de la capacité à répondre "nous sollicitons la plateforme et revenons vers vous rapidement"), mais gentils, en effet. 

  • "7 bacheliers sur 10 ont reçu une ou plusieurs propositions"

Fume. Il y avait 723 000 bacheliers l'année dernière - et il y en a davantage cette année. Ce qui signifie que si les chiffres avancés par la ministre sont vrais (d'ailleurs on vérifie comment hein ?), 506 100 bacheliers auraient reçu une ou plusieurs propositions. Cette immarcescible quiche étant supposée maîtriser la soustraction au regard des coupes qu'elle continue d'opérer dans le renouvellement des postes de titulaires, cela veut surtout dire qu'à ce jour 216 900 lycéen.ne.s n'ont toujours reçu absolument aucune proposition de Parcoursup (à titre d'information, l'année dernière à la même époque ils étaient plus de 400 000 sans réponse positive ... donc en effet c'est ... "mieux").

Cette année ces 216 900 lycéen.ne.s sont par ailleurs en train de plancher sur le fumeux "grand oral" du Bac de l'oncle Jean-Michel Fétide Blanquer, lequel grand oral contient, je le rappelle, un temps de discussion sur l'orientation choisie ("échangez avec le jury sur votre projet d'orientation"). Autant vous dire, que pour 216 900 jeunes gens et jeunes filles à ce jour, cette discussion sur le "projet d'orientation" se prépare avec la même motivation qu'un entretien de renouvellement de ses droits chez pôle emploi. Comment peut-on même imaginer que ces jeunes gens et jeunes filles préparent un oral sur leur projet d'orientation quand leur avenir s'appelle "refus", quand leur espoir s'appelle "en attente" et quand leur présent se résume à "0 propositions d'admission" ?!

Capture d’écran 2021-06-02 à 09.30.41

  • "tout le monde se réjouit d'en avoir fini avec le tirage au sort comme modalité de sélection pour l'entrée dans le supérieur."

Alors là. Mais alors là bordel. J'ai un stock de métaphore conséquent me permettant d'éviter les injures mais même lui (le stock) il a tendance à s'épuiser devant des gens qui osent tout à ce point et que c'est même à cela qu'on les reconnaît (comme l'écrivait Audiard). Donc pour une remise en contexte historique rapide sur cette histoire de "tirage au sort", on se réfèrera utilement au début du thread du Professeur Logos sur Twitter dont je me permets de reprendre ici les premiers éléments : 

1/ #ParcourSup, c'est le jour de la marmotte: les mêmes éléments de langage, d'année en année. Au départ, il y avait la volonté idéologique de reprendre la loi Devaquet (si tu savais) sur la sélection, avec une mise en concurrence croisée établissements/candidats.

2/ Aussi le ministère avait-il mis en place cette opération d'enfumage: un "tirage au sort" pour régler un nombre infime de cas, bien inférieur au nombre de candidats découragés par Parcoursup, problème qu'un traitement rationnel et humain aurait solutionné en une semaine chrono.

3/ Tout l'enjeu était de parvenir à faire croire qu'il s'agissait d'un problème de plateforme, et pas de 15 ans de sous-investissement, dans le temps même où les enfants du babyboom de l'an 2000 devenaient adultes.

4/ Il y eu deux étages d'enfumage pour faire oublier la démographie: le matraquage d'un problème fictif (APB fonctionne par tirage au sort) et l'inepte marronnier "Parcoursup fait-il mieux qu'APB?" En 2006, APB parvenait à 76% d'affectations INSTANTANEMENT; 53% en premier vœu …

Et pour la suite, c'est par là :-)

Bien. Maintenant laissez-moi vous expliquer pourquoi Parcoursup nous amène, contrairement aux affirmations de Frédérique Voldemor Gorgone Vidal, vers toujours davantage de "tirage au sort". 

(...)

Bonus Track.

Oui des solutions existent pour éviter toute cette gabegie. En voici quelques-unes. Non exhaustives. 

Rétablir la hiérarchisation des voeux.

Cesser de fragmenter et d'atomiser les processus se saisie et de traitement.

Cesser de faire peser la charge de la contrainte et de la vérification sur les premières victimes de ces systèmes, c'est à dire les lycéens et lycéennes.  

Etablir clairement et en toute transparence la réalité du recrutement et de l'examen des dossiers pour chaque catégorie de formation (= dire si les lettres de motivation, les appréciations, le CV seront ou non regardés et prix en compte ou si c'est juste la moyenne qui sera prise en compte, et dire alors quelle moyenne il faut avoir pour espérer une place). Aujourd'hui on indique simplement aux familles qu'elle peuvent demander à consulter l'algorithme local. Ce qui revient, au lieu de s'engager à promouvoir un système "juste", à inverser la charge de la preuve en demandant aux familles de faire les démarches  pour prouver qu'elles ont pu être victime d'une injustice. Et devinez quoi ? Non seulement les familles ont autre chose à foutre mais en plus le système est suffisamment bien organisé pour décourager les rares qui tenteraient le coup. Et en plus elles ont tellement intégré que de toute façon le système était injuste qu'elle ne tentent même plus de s'en offusquer et de le combattre.

Se servir des indicateurs de Parcoursup (les formations les plus demandées, les voeux les plus abandonnés, etc.) pour piloter une vraie politique pluri-annuelle de l'enseignement supérieur et de la recherche. Cette année par exemple on nous répète que les voeux pour les IFSI (Instituts de Formation en Soins Infirmiers) ont littéralement explosé. Ce qui est à la fois tout à fait explicable (la pandémie est passée par là), tout à fait étonnant (qu'allaient-ils faire dans cette galère ?) et tout à fait enthousiasmant (on est sûr qu'ils et elles n'y vont pas pour l'argent ...). Se servira-t-on de cet indicateur pour réfléchir au taux d'encadrement - et de places offertes - de ces formations pour les prochaines années ? Pour y créer si besoin des postes supplémentaires et y ouvrir davantage de places ? Non. Bien sûr que non. A aucun moment ce système n'a été pensé et réfléchi comme un levier d'optimisation d'autre chose que du fracas des espoirs et des aspirations de la jeunesse. 

Parcoursup a été créé par autant de Créon tentant de museler et de contraindre des légions d'Antigone. Pour l'instant Créon l'emporte. Mais la pièce n'est pas finie. 

(...)

Olivier Ertzscheid

Texte complet - abonnés - à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Inégalités scolaires : les élèves des territoires ruraux manquent-ils vraiment d’ambition ?

3 Juin 2021 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education

EXTRAIT

Les inégalités territoriales en matière de parcours scolaire font actuellement l’objet de nombreux débatsDes rapports récents mettent notamment en évidence les inégalités entre territoires ruraux et urbains. Les élèves des territoires ruraux, s’ils réussissent aussi bien que ceux des villes à l’école et au collège, s’engagent dans des filières plus courtes (filière professionnelle, apprentissage…), accèdent moins à l’enseignement supérieur et s’engagent moins dans des filières sélectives comme les classes préparatoires aux grandes écoles.

Pour expliquer ces différences, le manque de mobilité, l’éloignement des opportunités d’emploi plus concentrées dans les grandes agglomérations ou encore le manque de diversité des métiers représentés sont identifiés comme des obstacles. Par ailleurs, les aspirations de ces jeunes seraient limitées à cause du phénomène d’autocensure. Selon ce postulat, ces élèves manqueraient d’ambition car ils auraient peu confiance en eux, « verraient petit », auraient un esprit d’initiative limité et seraient moins compétitifs.

Nous proposons de dépasser ces conceptions péjoratives et déficitaires de la ruralité, impliquant des personnes et non des contextes, pour analyser plus finement les processus psychosociaux en jeu dans le parcours scolaire de ces élèves.

Sentiment d’appartenance

Si le rural se caractérise par une faible densité de population, les géographes montrent qu’il n’y a pas une mais des ruralités qui recouvrent des problématiques éducatives et scolaires différentes. Par exemple, la ruralité périurbaine est très différente du rural isolé, comme le milieu montagnard.

L’étude que nous avons menée se centre sur le rural à tradition industrielle, qui concerne des petites villes comprenant une forte proportion d’ouvriers et d’employés et qui sont également marquées par des fragilités économiques et sociales liées à la désindustrialisation.

Cette enquête menée auprès de 1 400 élèves de cours moyen, sixième et troisième, des membres de la communauté éducative et des familles, vise à mieux comprendre les freins et les leviers à l’ambition scolaire de ces élèves. Nous en livrons ci-dessous les premiers résultats.

Les élèves de notre étude ont un sentiment d’appartenance élevé à leur territoire et se sentent davantage liés à leur école ou à leur collège que leurs camarades vivant en milieu urbain et issus de milieux socioprofessionnels similaires. Par ailleurs, ils rapportent majoritairement des relations sociales positives avec les pairs et avec les adultes dont ils se sentent proches, et se considèrent comme soutenus par leurs enseignants.

Globalement, les familles soulignent leur confiance dans l’école pour favoriser les apprentissages et le bien-être de leurs enfants. Et les membres de la communauté éducative disent engager de nombreux efforts pour préserver ou développer ce climat bienveillant dans lequel les relations positives avec les élèves occupent une place importante.

Cela se traduit par une écoute et par la proposition de nombreuses activités périscolaires (voyages, clubs..) permettant de développer la convivialité et le sentiment d’appartenance des élèves à la structure scolaire.

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Amaël André - Maître de conférences HDR, Université de Rouen Normandie

Catherine Delarue-Breton - Professeure des universités, Université de Rouen Normandie

Lire la suite

Les lycées professionnels, parent pauvre de l’éducation

3 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Diplomatique Publié dans #Education

Choisir la voie professionnelle - Onisep

 

EXTRAIT

Elle est la face cachée de la planète éducative, invisible dans les discours officiels, qui lui préfèrent l’apprentissage. La voie professionnelle scolaire instruit pourtant un tiers des lycéens et les trois quarts des jeunes qui s’orientent vers des métiers d’ouvrier ou d’employé. Jadis instrument d’émancipation, cette « école du peuple », promise à une « rénovation », souffre d’une double relégation : scolaire et sociale

En septembre 2017, le Mouvement des entreprises de France (Medef) lançait une campagne destinée à faire connaître ses propositions pour améliorer le système éducatif en mettant dans la bouche des jeunes cette accusation : « Si l’école faisait son travail, j’aurais du travail. » La charge contre l’éducation nationale était si violente que même l’ancienne « patronne des patrons » Laurence Parisot ne vit là que « morgue, mépris, bêtise, ignorance » (Twitter, 21 septembre). Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer ne put qu’exiger le retrait immédiat du slogan — ce qui fut fait. Le Medef présenta des demi-excuses. Selon lui, l’opération ne visait « évidemment pas les professeurs, mais un système qui produit du chômage ». Voire…

ELe matraquage médiatique en matière d’éducation conduit à confondre, d’une part, la protection contre le chômage que représente un diplôme à titre individuel et, d’autre part, la formation comme panacée pour lutter collectivement contre le fléau. Certes, en France, les actifs ayant un diplôme de niveau bac + 2 minimum sont deux fois moins au chômage que ceux qui ont le niveau du baccalauréat, et trois fois moins que les non-diplômés. Mais cela ne signifie en rien que la formation professionnelle, initiale ou continue, peut à elle seule suppléer au manque d’activité économique ou de partage du travail. À court terme, elle ne peut qu’agir à la marge, sur les dizaines de milliers d’offres non pourvues de ce fait chaque année, un chiffre bien maigre au regard des 3,5 millions de chômeurs sans aucune activité.

Jean-Michel Dumay

Suite et fin (abonnés) en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Philippe Askenazy, économiste : « Il faut annuler le bac 2021 »

3 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Baccalaureat

Philippe Askenazy, économiste : « Il faut annuler le bac 2021 »

EXTRAITS

Le chercheur plaide, dans sa chronique au « Monde », pour la suppression des épreuves du baccalauréat, dont la pertinence n’est plus assurée, selon lui, après deux ans de scolarité perturbée par l’épidémie de Covid-19.

Chronique. Hormis dans une minorité d’établissements, essentiellement privés, les lycéens ont connu une année scolaire particulièrement perturbée. Par manque de matériel, de formation ou de volonté, les professeurs n’ont pu massivement pratiquer un enseignement hybride lorsque les jauges imposaient des demi-groupes. Entre difficultés techniques et limites pédagogiques inhérentes à l’exercice, les cours en distanciel n’ont pu apporter une formation quantitative et qualitative similaire aux cours « normaux ». Les lacunes accumulées sont actées par le ministère puisque, lors du grand oral du bac, les candidats pourront, face au jury, se munir d’une lettre exposant quelles parties du programme n’ont pas été abordées.

Ce contexte interroge la pertinence d’organiser des épreuves du bac (notamment philosophie et grand oral en terminale, français en 1re) en juin.

(...)

Les stigmates éducatifs de la crise sanitaire risquent ainsi de peser longtemps sur l’économie française. Pour les limiter sur le court terme, la priorité devrait être la préparation des jeunes à l’année prochaine et d’essayer de combler au maximum leurs lacunes. L’inquiétude est vive dans les universités où seront accueillis les nouveaux bacheliers qui auront subi deux années consécutives sous Covid. D’autant que, si les vacances d’été sont prévues le 7 juillet, les lycéens de 1re et de terminale quitteront bien avant les bancs du lycée au nom de la préparation du bac.

Plus absurde encore, les lycéens de 2de des établissements centres d’examen le quitteront vers le 12 juin, bien qu’ils ne passent aucune épreuve. Plus de trois semaines utiles seront ainsi perdues, alors que l’amélioration des conditions sanitaires aurait pu permettre une reprise en jauge quasi normale. Les familles qui le pourront financièrement se tourneront alors vers les officines privées de remise à niveau, qui déploient déjà leurs offres durant ces semaines perdues.

(...)

Philippe Askenazy - Chercheur au Centre Maurice-Halbwachs (ENS-CNRS-EHESS-PSL)

Texte complet à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Est-il réaliste de vouloir faire cours dehors?

2 Juin 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

EXTRAITS

Pour lutter contre le Covid-19, Jean-Michel Blanquer a suggéré de faire classe à l'extérieur. Une belle opportunité, qui ne doit cependant pas être improvisée dans l'urgence.

Le 22 avril dernier, Jean-Michel Blanquer adressait un message à l'ensemble des personnels de l'Éducation nationale afin de leur préciser dans quelles conditions se tiendrait officiellement la rentrée du lundi 26 avril. Aux enseignants et enseignantes du premier degré, il réservait ces quelques phrases:

«Le printemps nous offre davantage de possibilités pour trouver des solutions ou pour adopter des alternatives aux enseignements en classe: je vous invite à vous en saisir. Vous pourrez notamment conduire davantage d'activités ou faire cours en extérieur. Les classes en plein air sont bénéfiques sur le plan sanitaire, et elles le sont aussi sur le plan éducatif.»

Faire cours dehors, c'est le rêve de pas mal d'élèves qui supportent mal de devoir rester enfermés dans une salle de classe pendant de longues heures alors que la cour de récréation est irriguée de soleil. Je me souviens de mes camarades qui, dès que le printemps semblait suffisamment installé, insistaient encore et encore auprès de nos profs pour que nous ayons le droit, au moins une fois, d'aller faire une heure de cours assis en tailleur dans l'herbe.

(...)

Enfermés dehors

Si ses déclarations et décisions donnent souvent envie de se coller la tête dans le four, on remarquera que Jean-Michel Blanquer est resté relativement prudent dans son communiqué, ne conseillant les cours en extérieur qu'aux enseignants du premier degré. Reste que dans certains collèges et lycées, des chefs d'établissement ont tenté de forcer la main de leur équipe de profs.

«Nos salles étant trop petites et impossibles à aérer correctement, nous en avons référé maintes et maintes fois à notre direction, explique Carole, professeure de SVT dans un collège breton. Le principal nous a expliqué le plus calmement du monde que les gradins de la piste d'athlétisme étaient libres et que nous étions invités à les transformer en lieux d'enseignement. Il a insisté sur le fait que c'était justement un moment-clé pour réinventer nos pratiques et innover pédagogiquement. C'est vrai que faire cours sans tableau ni vidéoprojecteur, c'est singulier.»

(...)

Nature et découvertes

En Suisse, Sarah Wauquiez est l'une des spécialistes en la matière. En 2019, cette enseignante et formatrice a écrit avec Nathalie Barras et Martina Henzi l'ouvrage L'école à ciel ouvert. Le livre est proposé par Silviva, organisme né dans les années 1980 autour de l'amour de la forêt. Ce centre de compétences trilingue (français, allemand, italien) propose des formations, des outils éducatifs et des journées d'échange liées à cette thématique.

Auparavant psychologue auprès de jeunes enfants, Sarah Wauquiez a découvert les joies de l'enseignement en extérieur le jour où elle a suivi un ami instituteur qui cherchait un adulte pouvant l'aider à assurer une séance avec des enfants de 3 à 5 ans. «Ça m'intéressait de voir ce qu'apporte aux enfants un contact régulier avec la nature... et ça ne m'a plus lâchée.»

(...)

Sur Éduscol, le site d'information et d'accompagnement des personnels d'éducation, des premières ressources ont été timidement mises à disposition des professeurs des écoles. Mais l'exemple canadien est particulièrement intéressant, comme l'illustre le site Hors les murs qui montre que faire cours dehors relève d'un état d'esprit, et pas d'une nécessité de bricoler à la hâte des solutions contre une pandémie plus coriace que cela.

Thomas Messias

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite