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Vivement l'Ecole!

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"HYMNE A L'ECOLE POUR TOUS"- Lora Yeniche/ Journée Mondiale des droits de l'enfant

21 Juin 2021 , Rédigé par Youtube Publié dans #Education

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Le « grand oral » ne donne pas une place sans précédent à l'oral au bac - Par Claude Lelièvre

21 Juin 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Baccalaureat

Le « grand oral » ne donne pas une place sans précédent à l'oral au bac - Par Claude Lelièvre

L'annonce d'une épreuve de « grand oral » au baccalauréat a fait grand bruit. Encore convient-il de mettre cela en perspective historique pour en apprécier (et en relativiser) la nouveauté et mieux entrer dans la problématique des rôles respectifs joués par l'écrit et l'oral dans les épreuves du baccalauréat au cours de sa longue marche.

L’institution du « baccalauréat » sous sa forme moderne par Napoléon I, en 1808, a été le point de départ des baccalauréats dits « généraux » que nous connaissons. Mais avec une grande différence au début, puisqu'il s'agissait uniquement d'un examen oral qui durait entre une demi-heure au moins et trois-quarts d'heure au plus. Les examinateurs se contentaient le plus souvent de l'explication orale d'un texte à partir duquel on posait également quelques questions ad hoc.

En 1830, l'arrêté du 9 février prescrit que « tout candidat au baccalauréat sera tenu d'écrire instantanément un morceau de français, soit de sa composition, soit en traduisant un passage d'un auteur classique ». Ce moment d'écrit fugitif au cours de l'oral est censé répondre à une préoccupation énoncée quelques années plus tôt dans une circulaire ministérielle : « nous devons avouer que nous recevons parfois des lettres ou des réclamations d'individus pourvus du grade du baccalauréat, et dont le style et l'orthographe offrent la preuve d'une honteuse ignorance. »
En 1840, une véritable épreuve écrite ( une version latine) à caractère éliminatoire et préalable à l'épreuve orale est substituée au « morceau de français » introduit en 1830 en plein cours de l'épreuve orale.

L'écrit va s'alourdir peu à peu. En 1852 on ajoute une composition latine de trois heures à la version latine de deux heures. En 1864, le ministre de l'Instruction publique Victor Duruy rajoute en sus une épreuve écrite sur un sujet de philosophie de quatre heures.

Au cours des années, les épreuves écrites et orales prennent  de plus en plus d'ampleur et se diversifient tant et si bien que les décrets du 9 avril et du 25 juillet 1874 divisent en deux le baccalauréat ès lettres. À l'écrit de la première partie (passé en rhétorique, l'équivalent de notre classe de première) une version latine et une composition latine ; à l'oral, des explications d'auteurs grecs, latins, français et des interrogations sur la rhétorique et la littérature classique, l'histoire, la géographie. À l'écrit de la deuxième partie (passée en classe de philosophie), une dissertation de philosophie et la traduction d'un texte de langue étrangère ; à l'oral, des interrogations sur la philosophie, les sciences mathématiques, les sciences physiques et naturelles, une langue vivante, l'histoire et la géographie. On tient là l'architecture foncière du baccalauréat tel qu'il va être jusqu'au début des années 1960, les autres baccalauréats s'alignant finalement pour l'essentiel sur cette architecture.

Il est difficile de savoir dans quelle mesure la question de la pertinence d'évaluer la maîtrise de telle ou telle matière par des épreuves écrites ou bien par des épreuves orales a pu compter dans les choix qui ont eu lieu. Et pourtant on ne devrait pas perdre de vue que la préparation à l'oral est dans l'école française nettement moins assurée que la préparation à l'écrit ; sans compter que cela peut avoir des effets différenciés selon les origines socio-culturelles des élèves.

Quoiqu'il en soit, il est évident que cela n'a pas été en tout cas le souci premier lors des turbulences des modifications des épreuves du baccalauréat durant la décennie gaullienne. La commodité (explorée tous azimuts, avec des changements « brutaux ») de l'organisation des épreuves du baccalauréat en vue de sa « simplification » semble l'avoir nettement emporté.

Pour rappel : en 1959, on supprime l'oral sauf pour les langues vivantes. En 1960, on supprime la seconde session de rattrapage, mais on la remplace par un oral de rattrapage qui a lieu sur le champ pour les élèves qui ont au moins 7/20. En 1965, on rétablit la session de rattrapage en septembre avec un écrit et un oral. En 1967 on supprime à nouveau la session de septembre, mais on rétablit un oral de rattrapage. En 1969, fin du baccalauréat en deux temps : ne subsiste en première qu'une épreuve de français « par anticipation ».

Mais il y a bien eu à ce moment-là une vraie simplification de l'organisation du baccalauréat. Il ne faudrait en effet pas oublier qu'on en était à un baccalauréat en deux parties avec écrit et oral pour la plupart des matières à la fois en première et en terminale (avec, en sus, des sessions de « rattrapage » organisées tout à fait sur le même modèle à la fin des grandes vacances). On verra, par comparaison, ce qu'il en sera pour la simplification du baccalauréat en cours.

Pour l'organisation du baccalauréat en 1968, pas d'états d'âme non plus. Le « simple et le pratique » (selon une formule célèbre postérieure de Jean-Pierre Chevènement), l'a emporté finalement, dans un contexte particulier, sur toute autre considération : un « simple » oral.

Claude Lelièvre

Extraits de mon dernier livre « L'école d'aujourd'hui à la lumière de l'histoire » paru chez Odile Jacob en mars dernier Pages 234-236 et  241-242

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Revue de Presse Education... Laïcité - Bac - Parcoursup - Divers - Ailleurs

21 Juin 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Laïcité - Bac - Parcoursup - Divers - Ailleurs

Cette semaine c’est l’annonce par le ministre d’un plan de formation sur la laïcité qui fait la Une. On parle aussi beaucoup du bac et encore de Parcoursup. Quelques infos diverses avant d’aller faire un tour au-delà de nos frontières.

LAICITE

Encore une annonce tonitruante qui fait suite à la loi contre le séparatisme et l’assassinat de Samuel Paty. Apparemment les enseignants n’ont pas la même conception que le gouvernement de la laïcité, alors il est urgent de les former. Par contre, leur donner les moyens de faire correctement leur travail… C’est le rapport Obin et sa conception très particulière du sujet qui sert de base à ce plan.

On commence par la source (site du ministère) : Laïcité et Valeurs de la République : le ministre retient les préconisations de Jean-Pierre Obin pour lancer dès la rentrée 2021 son plan de formation des personnels. “Au lendemain de l’assassinat de Samuel PATY, Jean-Michel BLANQUER, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, a souhaité confier à Jean-Pierre OBIN, Inspecteur général honoraire, la rédaction d’un rapport consacré à la formation des personnels de l’Éducation nationale à la laïcité et aux valeurs de la République, dans l’objectif que ce rapport aboutisse à des propositions très opérationnelles.”

Les détails dans Le Monde : l’éducation nationale annonce un plan de formation sur quatre ans pour les personnels“Jean-Michel Blanquer a repris les grandes lignes d’un rapport sur la formation des enseignants à la laïcité, dont il avait confié l’écriture à l’ancien inspecteur général Jean-Pierre Obin. Celui-ci relevait notamment une « confusion intellectuelle » sur ce sujet.”
Sur FranceInfoTV : Laïcité : en quoi va consister la formation des enseignants annoncée par Jean-Michel Blanquer ? “Ce plan reprend les principales propositions d’un rapport sur le sujet commandé en février par le ministre de l’Education. Il doit notamment permettre au personnel de savoir “appréhender les phénomènes de contestation des savoirs et d’atteinte à la laïcité et aux valeurs de la République”.”

On poursuit avec l’analyse critique du Café pédagogique : Laïcité : Le rapport Obin et la politique Blanquer 
Remis en mai au ministre mais publié le 14 juin, le rapport Obin sur “la formation des personnels de l’Education nationale à la laïcité” propose un vaste plan de formation qui entend imposer à tous les personnels de l’Education nationale la version très spéciale de la laïcité portée par son auteur. Selon un scénario très classique, le rapport commandé par le ministre se transforme immédiatement en décisions.  Tout cela se fait dans le climat pré électoral marqué par la loi séparatisme. L’Education nationale est mobilisée pour accompagner cette campagne. Ce qui marque dans le rapport et peut-être demain dans les formations c’est la tentative de rompre avec la conception de la laïcité qui fait sens aux yeux des enseignants et dans l’Etat en général. Cette tentative a t-elle un avenir passé 2022 ?”

Autre analyse, celle de Philippe Watrelot : Laïcité, panique morale et instrumentalisation.  “Je ne suis pas un « spécialiste » de la laïcité…
Je suis juste un prof de SES qui enseigne et vit en banlieue depuis toujours. Je travaille dans la ville où je suis né et où j’ai fait mes études. J’habite dans la commune juste à côté, dans un immeuble où se côtoient des personnes de toutes origines. Je croise des femmes avec le voile, certaines élèves le retirent juste à l’entrée du lycée. Nous sommes confrontés quelquefois à des problèmes avec certains élèves mais il y a eu peu d’incidents en 2015 ni au moment de l’assassinat de Samuel Paty. Je ne veux donc pas faire des généralités et encore moins de grands discours.” 

 Enfin l’analyse de la Vigie de la laïcité. ​“Lundi 14 juin 2021, Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire a remis au ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, un rapport sur « La formation des personnels de l’Éducation nationale à la laïcité et aux valeurs de la République ».
​La Vigie de la laïcité a pris connaissance de ce rapport et en tire les commentaires suivants : …”

BAC

C’est le marronnier du moment avec l’écrit de philo et la numérisation des copies, ainsi que le Grand Oral.

Le dessin de Jules Thommen

Tout d’abord le grand oral que Blanquer défend coût que coûte mais dont les enseignants regrette qu’aucun temps d’apprentissage ne soit prévu dans les moyens donnés aux établissements. Baccalauréat 2021 : un grand oral pour tenter de changer la place d’un enseignement marginalisé en France. “Le grand oral sera la nouveauté du baccalauréat 2021. Une remise en lumière d’un apprentissage dont la place reste fragile dans les programmes scolaires.”
Bac et Grand oral. Jean-Michel Blanquer rejette les critiques sur son côté inégalitaire
“Le ministre de l’Éducation a estimé lundi que le Grand oral, grande première cette année, allait permettre de valoriser les élèves. Pour Jean-Michel Blanquer, l’école doit compenser les différences qui peuvent exister entre élèves en fonction de leur origine sociale.”

Autre polémique du bac 2021 : la correction numérique des copies que rejettent les enseignants de philosophie. Bac : quand les profs de philo refusent en bloc la correction numérique
“Ce jeudi avait lieu l’épreuve de philosophie du bac 2021. Outre les polémiques autour du contrôle continu, c’est désormais la correction de l’épreuve qui fait débat. Temps de correction réduit, procédure en ligne, surveillance… on vous explique la colère des correcteurs.” Notons que la correction numérique ne concerne pas les autres examens

Et pour terminer une petite analyse de Claude Lelièvre? Le baccalauréat est-il un héritage napoléonien ?
“Théologie, droit, médecine, sciences mathématiques et physiques, lettres : dans ces cinq domaines qui structurent l’université au début du XIXe siècle, les grades « conférés par les Facultés à la suite d’examens et d’actes publics […] seront au nombre de trois : le baccalauréat, la licence et le doctorat », indique le décret du 17 mars 1808 signé par Napoléon.
Ce texte pose les bases du baccalauréat moderne. Cependant, cet examen n’est pas une création ex nihilo et son intitulé existait déjà sous l’Ancien Régime. Dans quelle mesure la date de 1808 marque-t-elle un tournant dans l’histoire de l’éducation ? Quelles traces la période napoléonienne a-t-elle laissées dans l’enseignement secondaire tel que nous le connaissons ?”

Bac Pro 2021 : le sujet d’histoire géographie, enseignement moral et civique
Mercredi 16 juin : deuxième épreuve pour les élèves du Bac Pro, après le français ce matin, l’histoire géo cette après-midi.

Le dessin de Fabien Crégut

PARCOURSUP

Parcoursup encore et toujours.

Parcoursup : pourquoi d’excellents élèves ne trouvent pas de formation
“DÉCEPTION – De nombreux candidats affichant des notes pourtant très hautes sont confrontés à la réforme du baccalauréat et aux algorithmes de sélection de Parcoursup, que les
Parcoursup, machine à angoisses. Cruel algorithme Par Célia Cuordifede
“Depuis 2018, la plate-forme a institué le concept de sélection à l’entrée des formations pour les bacheliers. Mais les outils de cadrage apparaissent toujours très opaques et créateurs de profondes inégalités.”

L’épreuve Parcoursup a-t-elle supplanté le bac ?“Les procédures d’affectation dans le supérieur semblent avoir pris plus d’importance que le baccalauréat : quel est le sens de cette orientation ?” L’émission de Louise Tourret à écouter. 32 ‘
L’épreuve Parcoursup.
“J’étais hier soir l’invité de l’émission “Être et savoir” de Louise Tourret sur France Culture. Et nous avons parlé de Parcoursup. De “l’épreuve Parcoursup” comme le rappelait opportunément le titre de l’émission. Et de pourquoi ce système (me) semblait inefficace socialement, anxiogène individuellement et dangereux politiquement.”

Comment Parcoursup organise sans le vouloir la fuite des cerveaux étudiants
“Entre attente interminable, stress dilué sur tout l’été et réponses aléatoires, le système d’affectation dans l’enseignement supérieur fait s’arracher les cheveux aux lycéens. À bout de forces, certains d’entre eux préfèrent se tourner vers l’étranger, histoire de voir si l’herbe n’y est pas plus verte…”

Le nouveau marché de l’orientation scolaire. “L’orientation scolaire est un enjeu majeur pour les élèves du secondaire. Au sein de l’éducation nationale, la mission des conseillers d’orientation et des enseignants est pourtant menacée par la raréfaction des moyens et l’accroissement du nombre d’élèves. Une dégradation de service qui pousse les familles à se tourner un peu plus vers le marché privé de l’orientation scolaire.”
Orientation : l’heure de gloire du mentorat
“La pratique du mentorat se développe en France avec l’appui du gouvernement. Le modèle, fondé sur une vision sur-mesure de l’orientation, reste limité dans son impact global.” Par Tiphaine Thuillier

Le dessin de Jules Thommen

DIVERS

Grenelle : Le ministère veut changer le statut des enseignants
“”Esprit d’équipe” : c’est le thème d’un groupe de travail réunissant syndicats et ministère suite au Grenelle de l’éducation. Sous prétexte de développer “l’esprit d’équipe” dans les écoles et les établissements, l’Education nationale souhaite modifier le statut des enseignants du 2de degré pour y inclure des missions d’encadrement. Une façon de hiérarchiser e caporaliser le corps enseignant ?”
Les enseignants français sont mal payés : une réalité chiffrée et incontestable ! Par Paul DEVIN
“Alors qu’une publication de l’INSEE vient à nouveau affirmer la faible rémunération des enseignantes et enseignants, d’aucuns cherchent à mettre en doute cette réalité avec des arguments qui se révèlent être des poncifs résistants mais faux…”

« La grande pauvreté n’est pas considérée comme une problématique centrale des politiques éducatives »
Dans l’ouvrage qu’il a dirigé, « Grande pauvreté, inégalités sociales et école. Sortir de la fatalité », Choukri Ben Ayed questionne l’action de l’école en matière de lutte contre les inégalités en croisant études scientifiques et expériences de terrain. Propos recueillis par Séverin Graveleau

Sylvain Connac : Coopération et évaluation
“”Quand on touche à l’évaluation, on touche à beaucoup de facteurs liés à l’enseignement”. C’est pourtant le projet qu’ont mené Sylvain Connac et Pierre Cieutat (Lirdef – Pidapi) dans une trentaine de classes de l’enseignement catholique de la région toulousaine. Dans un ouvrage (Coopération et évaluation. Pour ne décourager aucun élève, Chronique sociale), ils montrent comment le changement s’opère dans la classe en s’appuyant sur une nouvelle évaluation : la boucle évaluative. Sylvain Connac revient sur cette recherche.”

Contre le harcèlement scolaire, il faut un sursaut des candidats aux régionales et départementales
“Le sujet du harcèlement à l’école reste un grand oublié de la campagne électorale. Pourtant, les régions ont la charge des lycées et les départements des collèges.” par Hugo Martinez Étudiant, ancienne victime de harcèlement scolaire, président de l’association HUGO !

L’éducation aux médias et à l’information, plus nécessaire que jamais
“Après l’assassinat de Samuel Paty, la demande des enseignants a explosé. Récit d’une intervention dans un collège de la dessinatrice KAM, pour l’association Cartooning for Peace.” Par Soazig Le Nevé

AILLEURS

Un petit tour hors de France.

En cas d’échec, le conseil de classe est roi
“enseignement Covid oblige, plusieurs changements sont à signaler au niveau des corrections et des délibérations.” C’est en Belgique

L’OCDE plaide pour développer l’éducation tout au long de la vie
“Dans un nouveau rapport publié le 15 juin, “Perspectives sur les compétences 2021”, l’OCDE attire l’attention sur l’impact de la crise du Covid. Pour l’OCDE l’éducation tout au long de la vie devra davantage encore améliorer les compétences de ceux qui ont quitté tôt le système scolaire. Une recommandation qui concerne particulièrement la France où le pourcentage des adultes en formation et leur gain en compétences sont inférieurs à la moyenne OCDE.”

Un système éducatif sur la voie de la numérisation
“La crise sanitaire bouleverse les activités de nombreux secteurs dont l’éducation et la formation. Alors que des solutions d’urgence sont mises en place pour permettre aux élèves et étudiants de terminer leur année à distance, une véritable transformation digitale est enclenchée.”
“Sur cette voie, le Vietnam a su s’adapter à temps et de manière efficace. C’est ce que décrit par exemple un rapport de 2020 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce document, analysant la réponse des secteurs éducatifs à la crise sanitaire, relève qu’en 2020, 79,7% des élèves vietnamiens avaient expérimenté la scolarisation en distanciel, ce qui place le Vietnam au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (67,5%).”

Géraldine Duboz

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La lecture, “grande cause nationale” : un (trop) beau symbole ?

18 Juin 2021 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education

La lecture, “grande cause nationale” : un (trop) beau symbole ?

L’HUMEUR DU JOUR – Favoriser l’apprentissage et la pratique de la lecture à travers une nouvelle série d’initiatives : c’est l’un des objectifs d’Emmanuel Macron. Mais ce programme, dont on sait peu de chose pour l’instant, sera-t-il suffisant ?

La politique étant (aussi) affaire de symboles, il ne nuira certainement pas à la lecture – et donc au livre, qui demeure son véhicule privilégié – d’être labellisée pour une année « grande cause nationale », ainsi que devait l’annoncer ce jeudi 17 juin Emmanuel Macron à l’occasion d’un déplacement dans les Hauts-de-France. De symboles, il n’en manquait pas, lors de cette visite présidentielle.

Par exemple le double choix de faire étape à Château-Thierry, lieu de naissance de Jean de La Fontaine, il y a tout juste quatre cents ans, et à Villers-Cotterêts, où en 1539 fut signée la fameuse ordonnance faisant du français (ou du « langage maternel françois ») la langue officielle du royaume de France. Et où, l’an prochain, la Cité internationale de la langue française ouvrira ses portes, dans le château de François Ier rénové.

Le choix, aussi, d’embarquer dans la caravane présidentielle le chantre intarissable de la lecture (à voix haute, à voix basse) qu’est devenu Fabrice Luchini. Le choix, encore, de visiter deux départements français, la Somme et l’Aisne, où l’illettrisme sévit avec une particulière intensité, notamment parmi les 18-25 ans – l’illettrisme, cette « grande cause nationale » de l’année 2013…

Les symboles sont tout sauf négligeables, mais ils ne font pas une politique publique en faveur du livre et de la lecture. Une politique apte à contrecarrer la lente mais patente désaffection pour la lecture que continuent de pointer les enquêtes d’opinion – en dépit de l’engouement collectif en trompe-l’œil pour le livre qu’on a cru constater depuis le début de la crise sanitaire. Des mesures visant à favoriser l’apprentissage et la pratique de la lecture, qui seront décidées et mises en œuvre au cours de l’année à venir, on connaît pour l’heure fort peu de chose. Mais le symbole sait être parfois la source, l’inspiration, l’élan de l’action.

Nathalie Crom

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Bac de philo : vers un sabordage des notes ?

18 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Île Maurice : le MV Wakashio au fond de l'océan - Réunion la 1ère

Les profs de philosophie ne digèrent pas la proposition de l’Education nationale de ne retenir que la meilleure note entre l’épreuve terminale écrite de ce jeudi et la moyenne du contrôle continu. Autre point de crispation : la numérisation des copies. Plusieurs actions sont envisagées.

C’est traditionnellement l’une des épreuves emblématiques du bac, marquant le coup d’envoi de la période des examens. Mais la philo a bien perdu de sa superbe. D’abord parce qu’elle est supplantée par le grand oral, qui compte même pour deux points de plus dans les filières générales, avec un coefficient 10. A cause de la crise sanitaire, ces deux épreuves sont les seuls examens de fin d’année. Tout le reste repose sur le contrôle continu, qui représentera 80 % de la note finale.

Ensuite, l’enjeu de la philo est moindre pour ce bac 2021, à tel point que les profs s’attendent à voir débarquer des élèves mains dans les poches et tongs aux pieds. Pourquoi ? Parce que seule la meilleure note entre l’épreuve finale et la moyenne de l’année comptera à la fin.

Cet aménagement a été proposé par le ministre de l’Education nationale en raison de la crise sanitaire. Cette année encore, les lycéens ont subi de plein fouet la pandémie avec de grandes disparités selon les établissements et, même, selon les classes. Cours en présentiel à 100 % pour certains, demi-jauge pendant six mois pour d’autres, classes fermées, élèves ou profs cas contacts : le rythme des lycéens n’a pas du tout été le même partout.

Face à ces inégalités, les profs de philo réclamaient d’autres aménagements : au départ, un allégement du programme, puis un doublement du nombre de sujets le jour J, avec quatre sujets de dissertation et deux explications de texte. Une option rejetée par le ministère«Pourquoi ce traitement de défaveur ? s’interroge auprès de Libération Nicolas Frank, prof de philo et président de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public (Appep). Retenir la meilleure note était la pire des solutions. Cette épreuve devient un événement folklorique de fin d’année.»

Numérisation des copies

L’autre point de crispation concerne la numérisation des copies et leur traitement via le logiciel Santorin. «C’est la première fois qu’on va l’utiliser, 90 % d’entre nous ne le connaissent pas, déplore Christelle (1), prof de philo lyonnaise. Les copies vont nous arriver au fil de l’eau et on ne connaît pas à l’avance leur nombre exact contrairement à avant, où il était inscrit noir sur blanc sur nos convocations.» «Comme on ne connaît pas notre volume total de travail, on ne pourra pas calculer le nombre de copies qu’on doit traiter par jour, c’est une organisation très inconfortable», regrette Christelle.

Nicolas Frank, le responsable de l’Appep, l’estime entre 130 et 150 copies par enseignant, à corriger en sept jours ouvrés – un laps de temps beaucoup plus court que précédemment.

Autres handicaps, selon eux : il sera désormais impossible de mener les corrections par sujet et la navigation dans Santorin n’est pas prévue pour que les profs puissent revenir à une copie déjà évaluée, «alors qu’il est nécessaire de pouvoir comparer régulièrement les rendus pour conserver une cohérence globale», souligne Christelle, l’enseignante lyonnaise. «On demandait donc d’avoir le choix de corriger numériquement ou non, explique Nicolas Frank. Le ministère a finalement proposé à ceux qui préfèrent les copies écrites de les imprimer et d’ensuite reporter les notes et les appréciations dans le logiciel.» Un «aménagement» d’autant plus chronophage.

Manifestations, AG, grèves et sabordages

A Lyon, Marseille, Paris, Bordeaux, Lille ou encore Strasbourg, les profs de philo s’organisent pour protester contre ces décisions. Appels à manifester, assemblées générales, menaces de grèves et même sabordages des évaluations : toutes les options sont sur la table.

Mardi soir, une AG en ligne a réuni les enseignants de philo lyonnais, qui ont adressé une lettre à leur hiérarchie. Dans leur académie, l’organisation du bac atteint un summum d’absurdité. La réunion «d’entente», d’ordinaire prévue après la réception des copies par les profs, pour qu’ils puissent estimer de manière collégiale comment les élèves se sont emparés des différents sujets avant d’approfondir leurs corrections, a été programmée… avant l’arrivée des copies.

Quant à la réunion «d’harmonisation», qui permet a posteriori aux correcteurs de comparer les moyennes de leurs lots avant la saisie des notes officielles, elle a été calée après la date de rendu au rectorat. «Et les notes finales vont être fixées par un jury de délibération auquel les correcteurs n’ont pas été associés, alors qu’avant, c’était presque une faute de ne pas pouvoir y assister, explique Christelle. On sait aussi que ce jury pourra ajouter jusqu’à 3 points sur une copie, c’est énorme. On a vraiment l’impression que cette année, il faut noter quoi qu’il en coûte», pointe la prof lyonnaise.

Les enseignants de l’académie de Grenoble, réunis en AG le 9 juin, dénoncent pour leur part dans un communiqué «un nouveau passage en force», dans la lignée de la réforme Blanquer et des conditions d’exercice durant la crise sanitaire. Selon eux, cette forme de «télétravail» aggrave une «situation chaotique, méprisante et épuisante pour les enseignants, et anxiogène pour les élèves». Car la notation via Santorin fait craindre une surveillance accrue sur le travail des correcteurs, qui peut être contrôlée en continu par le coordinateur ou l’inspecteur, eux aussi branchés au logiciel.

Enfin, nombre d’enseignants s’inquiètent de l’aberration écologique que représente la numérisation généralisée. «Ça me rend dingue de voir qu’on impose un traitement numérique dont on sait les dégâts qu’elle cause pour l’environnement», souffle Jeanne, prof de philo à Marseille. Les enseignants grenoblois s’interrogent également dans leur communiqué : «A quoi bon stocker sur des serveurs des copies qui ont été rédigées par les candidats sur papier ? […] Apprendre à utiliser Santorin pour mal faire ce que nous savions très bien faire avec notre tête et un crayon, c’est tout aussi absurde…»

Cécile Bourgneuf et Maïté Darnault

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Vers un vrai contrôle continu au baccalauréat - Par Claude Lelièvre...

18 Juin 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Baccalaureat

Vers un vrai contrôle continu au baccalauréat - Par Claude Lelièvre...

Le pusillanime Blanquer va-t-il se lancer dans cette terrible aventure? Jusqu'ici il a préféré l'alternative d'une ''usine à gaz'' qui n'a jamais fonctionné à la simplification du bac demandée par Macron. Va-t-il suivre les recommandations actuelles du concepteur initial de la réforme, Mathiot, et du nouveau secrétaire général du Snpden-Unsa ?

Hier, devant la commission ''éducation'' du Sénat,  Pierre Mathiot a déclaré qu' « il s'agit de repenser la manière dont les 40% de contrôle continu au bac vont être calculés . Les épreuves ponctuelles mettent en péril l'organisation du lycée. Il faut aller vers un contrôle continu intégral ».

Cette position a été  appuyée par Bruno Bobkiewicz, nouveau secrétaire général du Snpden-Unsa (le syndicat de chefs d'établissement le plus représentatif). « C'est un sujet qui peut maintenant passer. C'est un message qui peut être accepté par les enseignants. C'est l'occasion de transformer l'essai ». Pour lui aussi le moment est venu de supprimer les épreuves ponctuelles pour mettre en place un contrôle continu intégra

En commentaire, je me contenterai de reproduire de larges extraits de l'un de mes billets passés (signe d'une constance de principe...) posté le 2 juillet 2020

« Pour le contrôle continu, Blanquer est toujours aussi pusillanime

On aurait pu penser que Blanquer, après que les baccalauréats aient été obtenus cette année dans le cadre du contrôle continu ordinaire, renoncerait à l'usine à gaz des «épreuves communes de contrôle continu». Mais non, il a préféré la solution cosmétique d'une certaine modification de ses modalités et du changement de nom. Il n'y aura toujours pas de "simplification" du baccalauréat.

Le 30 janvier dernier, j'avais posé la question dans Mediapart : «La formule hybride des E3C est contraire à l'esprit de la simplification de la réforme du bac» vient de déclarer le Comité de suivi de la réforme. Bien vu, mais bien tard. Et il va proposer des «ajustements» pour accomplir «l'esprit de la réforme» ou pour permettre à Blanquer de tergiverser encore?"

Eh bien, on a eu la réponse : cela lui a permis de '' tergiverser encore". En définitive, on a  eu quelques ''simplifications" d'un dispositif qui avait complexifié la passation du baccalauréat au lieu de la simplifier! Bravo l'artiste!

On est loin de ce qui avait été annoncé et promu par Emmanuel Macron lors de sa campagne de l'élection présidentielle et qu'il avait précisé dans une interview parue dans "L'Etudiant'' le 30 mars 2017, « Nous faisons confiance au contrôle continu et au jugement des professeurs pour l'entrée dans les formations sélectives (écoles préparatoires aux grandes écoles, sections de techniciens supérieurs, IUT, écoles post-bacs). Pourquoi en seraient-ils incapables pour le baccalauréat? ». Il s'agissait bien du "contrôle continu" entendu comme l'ensemble des évaluations ordinaires faites au fil des années (en première et terminale) présentes dans les dossiers des postulants examinés. Et on se souvient de sa conclusion : « Je souhaite donc simplifier le baccalauréat. Quatre matières seront passées en contrôle terminal, les autres seront validées en contrôle continu ».

Il s'agissait donc de mettre en oeuvre pour une partie du baccalauréat ce qui est mis en oeuvre depuis longtemps par les professeurs du secondaire lorsqu'ils ont à choisir les élèves qui pourront venir dans leurs classes préparatoires ou leurs STS. Ces professeurs font leur choix sur la base de dossiers ''maison'', à partir des notes et appréciations ordinaires obtenues en première et terminale par les candidats dans leurs établissements respectifs; et en toute connaissance de cause (le baccalauréat restant à obtenir comme condition certes nécessaire mais non suffisante pour être sélectionné). Sur la base d'un ''vrai contrôle continu'' donc.

Et l'on ne parle pas d'"iniquités' en l'occurrence...Comme personne ne réclame des jurys d'harmonisation pour les licences ou masters (''maison'') délivrés par chacun des établissements universitaires. 

Claude Lelièvre

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Bac philo : « On s’attendait à être préparés, et on y va les mains dans les poches »

17 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Baccalaureat

https://images.rtl.fr/~c/770v513/rtl/www/1359730-un-jeune-homme-passe-le-baccalaureat-le-17-juin-2019.jpg

EXTRAITS

L’épreuve de philosophie, jeudi, est la seule rescapée, avec le grand oral, d’un baccalauréat largement aménagé. La meilleure note entre la copie et le contrôle continu sera conservée.

Ils décrivent une année « chaotique »« fluctuante »« en dents de scie »« décousue ». Des cours de philo une semaine sur deux, avec « pas grand-chose » entre-temps pour avancer seul. Des visios où « on n’entend rien », des notions apprises sur YouTube et des enseignants qui essaient tant bien que mal d’avancer, en ayant passé une partie de l’année à se demander si l’épreuve serait maintenue.

Pour Aram, Thelma, Sofiane et les autres, qui font partie des 526 000 élèves candidats aux baccalauréats général et technologique, l’épreuve de philosophie doit pourtant bien avoir lieu, jeudi 17 juin. Certes, elle est aménagée : il y a trois sujets de dissertation au choix au lieu de deux, ainsi qu’un commentaire de texte. Et, différence de taille avec une année « normale », seule la meilleure note, entre l’épreuve et le contrôle continu, sera conservée.

Il n’empêche, « c’est quand même le bac ». Et comme tous ses camarades, Eloïse Hoedt ne se sentait « pas prête ». Son lycée de Chantilly (Oise) est passé en demi-jauges au retour des vacances de la Toussaint – comme c’est le cas pour tous les lycéens que nous avons interrogés. Le roulement d’un jour sur deux est mal tombé pour elle, car il a fait sauter à chaque fois les heures de philo. « Il y avait des semaines entières où je n’avais pas cours, rapporte la lycéenne. Ce n’était pas facile de suivre la classe virtuelle, où on n’entendait pas grand-chose. Du coup, ceux qui étaient en classe envoyaient leurs notes aux autres. »

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Bouquet final décevant

Thelma Magré, à Nantes, partage la même déception. Elle n’a pas étudié certaines notions « importantes et intéressantes », comme l’art, la vérité, la nature… Même en présentiel, son entrée dans la philosophie a été « compliquée », avec une enseignante « souvent absente » dont les cours consistaient en une « vague introduction » des notions au programme. « Tout a été tellement fluctuant, soupire Thelma, notre suivi est loin d’avoir été complet. » Résultat ? Elle bricole, en cumulant « plusieurs stratégies ». « Je regarde des vidéos sur YouTube et j’écoute des podcasts pour avoir un complément sur les notions, explique-t-elle. Et puis, on en parle avec mes copines, on se réexplique certaines choses que les autres n’ont pas comprises. » Thelma n’est pas la seule avoir eu cette idée : les vidéos consacrées au baccalauréat ont cumulé 18 millions de vues sur YouTube depuis janvier 2021. Parmi les plus visionnées, on trouve une fiche de révision de philosophie sur la liberté, selon des chiffres communiqués par YouTube France.

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Le bac de philo est « plus stressant » pour certains que pour d’autres. Thelma ne connaît pas beaucoup de camarades à qui les notes trop faibles demanderaient un gros effort de rattrapage au moment de l’épreuve – un signe sans doute de l’indulgence qui a prévalu en cette année perturbée. Il n’empêche que « ce n’est pas très juste », assure la lycéenne. « Il y a des profs plus sévères que d’autres, tout le monde n’est pas noté pareil. J’ai des amis pour lesquels la mention va se jouer sur l’épreuve, alors que d’autres l’ont déjà parce que leur prof de philo note moins sec. » Clara, elle, préfère voir le bon côté : « En même temps, je ne me serais pas vue passer le bac normalement, après une année pareille. »

Violaine Morin

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Bac 2021 : «Au bout d’une heure, je serai parti de l’épreuve de philo»

17 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Bac 2021: les candidats seront-ils tentés de rendre copie blanche à l' épreuve de philo? - Le Figaro Etudiant

Totem du baccalauréat, l’épreuve de philo s’apprête à être vécue, ce jeudi, dans un calme inédit. Un peu plus d’une semaine avant l’épreuve, Inès, élève du lycée Albert Camus à Nîmes (Gard), plaisantait : «J’aborde les deux épreuves terminales [philo et grand oral, ndlr] en allant à la plage donc ça va.» Les 715 006 candidats pourront compter sur un précieux filet de sécurité : la meilleure des deux notes entre l’écrit de philo et la moyenne annuelle de l’élève sera retenue. Un compromis gagnant-gagnant annoncé début mai en réponse aux demandes d’annulation des épreuves terminales. «Ça peut nous pousser à travailler sans provoquer un stress démesuré», juge Inès.

Huit jours avant le jour J, les révisions de philo n’étaient pas une priorité pour la Nîmoise, focalisée sur le grand oral, grande nouveauté de cette session : «Mais j’avais déjà révisé durant l’année et pour le bac blanc.» Chez Camille, en terminale au lycée Henri-IV à Paris, pas d’urgence non plus : «Je n’ai pas encore révisé, je compte le faire un peu, mais j’ai une moyenne très correcte de 13,5 dans cette matière, je vais surtout plancher sur le grand oral.»

Ces adaptations inédites ouvrent la voie à des calculs opportunistes. La tentation de rendre copie blanche est grande. Et certains comptent bien y céder. Si «le candidat se présente à l’épreuve et reste pendant la durée légale d’une heure dans la salle», la meilleure des deux notes sera retenue, a confirmé Edouard Geffray, directeur général de l’enseignement scolaire, comme le rapporte France Info. Il prévient que l’élève «prend un risque inconsidéré par rapport à son avenir» car «cette note figure sur le relevé de notes» du bac.

Eviter des efforts inutiles

Paul, lycéen en terminale technologique dans la région bordelaise, a fait ses calculs sur un simulateur en ligne : «Pour avoir la mention bien, il faudrait que j’aie 20 en philo et 20 au grand oral. C’est impossible.» Avec sa moyenne de 12 dans cette matière, il devrait être assuré de décrocher le sésame «assez bien». L’enjeu est donc pour lui de sécuriser cette mention en s’évitant des efforts inutiles. «Je compte répondre à la première question de l’explication de texte [prévue pour les sujets de bac techno], ça va me prendre dix minutes max. Au bout d’une heure, je serai parti comme les trois quarts de ma classe.» Une façon quand même de rester «respectueux vis-à-vis du correcteur, qui aura plein d’absurdités à corriger»

Reconnaissant «une stratégie intelligente», Lydia (1) du lycée Le Corbusier à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), prend le chemin inverse. Pour elle, les révisions ont débuté fin mai. Grâce «à une prof de philo extraordinaire», l’élève, avec son 15 de moyenne, aborde l’écrit «sans peur». Les concepts sont acquis. «Avec des amis, on a juste à réviser un peu les définitions et relire les pensées des auteurs pour pouvoir les citer.» Lydia est décidée : «Je la ferai cette épreuve. Je ne veux pas me limiter car c’est un exercice important pour notre culture.» Pas question pour elle de laisser filer cette occasion de «se tester pendant quatre heures dans de réelles conditions d’examen». Plus encore, «réussir cette épreuve voudrait dire que je sais réfléchir et raisonner», ajoute-t-elle.

En fonction de la moyenne obtenue sur l’année, la stratégie à adopter en vue de l’examen diffère. «Dans mon cas, l’épreuve de philo ne sert à rien car je ne pense pas que j’aurai une note supérieure à ma moyenne actuelle», concédait ainsi fin mai Maxence, qui a obtenu 16 de moyenne dans son lycée à Auch (Gers), mais qui compte malgré tout jouer le jeu du bac. Pour d’autres au contraire, l’épreuve finale peut être l’occasion de rattraper une moyenne faiblarde. «Dans les lycées comme Henri-IV, où les moyennes sont souvent plus basses qu’ailleurs, passer ce bac de philo permet de voir quel aurait été notre niveau avec une épreuve nationale», soulève ainsi Camille, qui y voit «une sûreté» après des «accidents dans plusieurs matières» au cours de l’année.

«Ce bac n’a pas du tout de valeur»

Si nombre de professeurs de philo se sont indignés face à une épreuve dévaluée, Paul y voit un enjeu d’égalité. «Ce ne serait pas juste de privilégier la philosophie alors que toutes les autres matières ont été passées en contrôle continu.» Le temps gagné sur la philo est mis à profit du grand oral, dernier vestige de la réforme du bacIci, pas de deuxième chance. «Je travaille à fond sur les questions», note Lydia, très à l’aise sur la présentation grâce à sa participation au groupe d’art oratoire de son lycée. Elle appréhende toutefois les dix minutes de questions, invoquant les points non étudiés en première et ceux survolés en terminale.

Si beaucoup relèvent le soulagement de voir la pression s’envoler grâce à un bac passé à au moins 82% en contrôle continu, Camille, du lycée Henri-IV, lâche : «Pour moi, ce bac n’a pas du tout de valeur.» Et remet en balance le choix d’un lycée élitiste. «Le seul intérêt que je pouvais y trouver était d’avoir un bon niveau et donc de bonnes notes au bac. Ce seul petit avantage est parti en fumée.» Inès refuse, elle, de parler d’un diplôme dévalué : «C’est peut-être plus dur de rester concentrée et d’avoir 10 de moyenne toute l’année que sur une semaine d’épreuves ?»

Marlène Thomas

(1) Le prénom a été changé.

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Bac : Pourquoi les profs de philo craignent que l’épreuve ne perde tout son sens cette année

16 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Baccalaureat

Bac : Pourquoi les profs de philo craignent que l’épreuve ne perde tout son sens cette année

Ce jeudi aura lieu la première épreuve écrite du bac, mais les conditions dans lesquelles elle sera passée et sa notation ne plaisent guère aux profs de philo.

EDUCATION - Ce jeudi aura lieu la première épreuve écrite du bac, mais les conditions dans lesquelles elle sera passée et sa notation ne plaisent guère aux profs de philo

L’épreuve phare du baccalauréat risque de perdre un peu de sa superbe cette année. L’écrit de philosophie ouvrira jeudi matin la session 2021 du bac nouvelle formule, mais elle a été aménagée pour tenir compte des perturbations dans les lycées provoquées par la crise sanitaire​. Car depuis novembre, de nombreux élèves suivent des enseignements à distance ou en demi-groupe. Ce qui ne leur a pas permis de se préparer aussi bien que leurs aînés.

Pour réduire la pression, le ministère a décidé qu’il y aurait quatre sujets au choix, au lieu de trois. Cerise sur le gâteau : c’est la meilleure note qui sera retenue, entre celle obtenue à l’épreuve et celle du contrôle continu, à condition d’avoir rendu sa copie.

Bienveillance vs folklore

Un entre-deux défendu par Jean-Michel Blanquer : « Ce qui m’a paru important, c’est de maintenir une épreuve terminale. En même temps, cette année, nous devions avoir une bienveillance particulière vu la situation ». Mais cette solution mi-figue mi-raisin ne passe pas auprès des profs de philo. « Maintenir une épreuve vidée de sa substance, c’est du folklore, de l’affichage médiatique. Car les élèves ont fait leurs calculs : ils savent déjà s’ils auront leur bac ou pas. Et si c’est le cas, ils estiment ne pas avoir besoin de grappiller quelques points en plus », s’emporte Nicolas Franck, président de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public.

« Ce système est démotivant et d’ailleurs, la majorité des candidats n’ont pas révisé. Dans leur tête, ils sont en vacances. Seuls les élèves le plus favorisés qui sont poussés par leurs parents l’ont fait, ou ceux qui ont vraiment eu des mauvaises notes pendant l’année », explique à 20 Minutes Jeanne, prof de philosophie à Marseille. Mais pas question pour les élèves de sécher totalement : « Si un élève ne se rend pas à l’épreuve, sans justificatif, c’est 0 et il n’y a pas de possibilité de recours au contrôle continu », a prévenu Edouard Geffray, le directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco).

« On a l’impression d’être devenu des prestataires de bonnes notes »

Mais ce n’est pas le seul point qui fâche : le fait que tous les élèves n’aient pas eu les mêmes chances dès le début de l’année irrite aussi les enseignants. « Il y a une inégalité considérable dans la préparation de l’épreuve. Dans certains établissements, ils ont eu cours tous les jours et dans d’autres, l’année a été chaotique, les élèves ou leur prof de philo étant tombés malades, les cours ayant été massivement à distance, les bacs blancs n’ayant pas été organisés », indique Nicolas Franck. « Et lorsqu’on va retrouver devant une copie anonyme, il nous sera impossible de connaître les conditions d’apprentissage de l’élève cette année. Ce qui rend impossible une évaluation juste de notre part et va générer une rupture d’égalité », juge Jeanne.

Autre pomme de discorde avec la rue de Grenelle : les consignes de bienveillance qu’ont reçues les profs. « On a l’impression d’être devenu des prestataires de bonnes notes. Il aurait fallu alléger le programme, annoncer que l’on allait doubler le nombre de sujets à l’épreuve dès l’automne, afin que l’on puisse préparer les élèves sereinement et que l’on ait une vraie épreuve terminale », fustige Nicolas Franck.

« Je crains que beaucoup de candidats quittent la salle au bout d’une heure »

Enfin, la numérisation des copies du bac pour être corrigées sur ordinateur, mise en œuvre pour la première fois cette année, fait grogner les profs : « Quand on corrige des copies, il faut pouvoir les comparer, les classer, pour ajuster la notation. C’est impossible sur écran », estime Nicolas Franck. « On doit corriger les copies sur écran, mais le ministère nous propose aussi de les imprimer si cela nous aide. C’est à la fois absurde et peu écologique », critique Jeanne.

Forts de ces constats, les profs de philo redoutent que l’épreuve de jeudi ne tourne à la pièce de théâtre : « Je crains que beaucoup de candidats quittent la salle au bout d’une heure. Et que certains participent au concours lancé par des lycéens sur les réseaux sociaux, qui consiste à rendre la copie la plus rigolote possible. Cela annihilerait complètement le côté solennel du bac et nous donnerait l’impression de travailler pour rien », lance Nicolas Franck. Des réunions de profs ont eu lieu dans certains lycées pour imaginer une forme de contestation. Et le SNES-FSU a déposé un préavis de grève allant du début des épreuves à la fin. Même si le mouvement a peu de chance d’être suivi, une bonne part des profs de philo vont finir l’année avec un sentiment de lassitude.

Delphine Bancaud

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140 ans d’École publique : une histoire d’avenir

16 Juin 2021 , Rédigé par Se-Unsa Publié dans #Education, #Histoire

Sarthe : la liste des ouvertures et des fermetures de classes pour la  rentrée de septembre 2019
 
L’École de la République est souvent associée à trois priorités : lire, écrire, compter. Est-ce exact? 
 
Claude Lelièvre : Ce n’est pas le moindre des paradoxes que cette légende qui attribue à Jules Ferry une fixation sur le lire-écrire-compter, alors qu’il n’a cessé de lutter en sens contraire. Discours de Jules Ferry au Congrès pédagogique des instituteurs de France du 19 avril 1881 : Pourquoi tous ces « accessoires » que nous groupons autour de l’enseignement traditionnel du « lire, écrire, compter » : les leçons de choses, l’enseignement du dessin, les notions d’histoire naturelle, les musées scolaires, la gymnastique, les promenades scolaires, le travail manuel, le chant, la musique chorale ? Pourquoi tous ces accessoires ? Parce qu’ils sont à nos yeux la chose principale. Telle est la grande distinction, la grande ligne de séparation entre l’ancien régime, le régime traditionnel, et le nouveau.
 
Est-ce à dire que Jules Ferry était un pédago ?
 
C. L. : Eh bien oui ! Jules Ferry, dans son discours au Congrès pédagogique des inspecteurs primaires du 2 avril 1880 disait : Nous voulons des éducateurs ! Est-ce là être trop ambitieux ? Non. Et je n’en veux pour preuve que la direction actuelle de la pédagogie, que ces méthodes nouvelles qui consistent, non plus à dicter comme un arrêt la règle à l’enfant, mais à la lui faire trouver ; qui se proposent avant tout d’exciter la spontanéité de l’enfant, pour en diriger le développement normal au lieu de l’emprisonner dans des règles toutes faites auxquelles il n’entend rien, au lieu de l’enfermer dans des formules dont il ne retire que de l’ennui.
 
Cette École avait-elle pour mission d’être démocratique ? Plus précisément, tous les enfants vivant sur le territoire national étaient-ils également enseignés ?
 
C. L. : Comme le dit Ferdinand Buisson (placé par Jules Ferry à la tête de l’Enseignement primaire, où il resta 17 ans) lorsqu’il devient radical-socialiste au début du XX° siècle : Gratuité, obligation, laïcité, il fallait commencer par là. Mais aujourd’hui, nous ne pouvons plus feindre de ne pas voir que notre société, malgré son apparence démocratique, divise, dès leur naissance, les enfants de la nation en deux catégories qu’elle traite différemment. D’une part, cinq millions d’enfants d’ouvriers, de paysans, de travailleurs manuels à qui elle offre l’instruction primaire élémentaire gratuite qui se termine à treize ans […]. D’autre part, trois cent mille enfants qui continueront de longues et belles études toujours payantes et acquerront ainsi la certitude d’être l’élite de la société de demain.[…] Nous avons, pour masquer cette différence, imaginé le système des bourses.
 
L’École est aussi divisée selon le genre, elle n’est pas mixte. Les filles ne peuvent avoir accès à la préparation au baccalauréat (passeport pour l’université). Et, même si Jules Ferry tient à ce qu’il y ait une certaine scolarisation pour les petits arabes en Algérie (contrairement à la plupart des colons qui n’en veulent pas), la règle générale est la rareté de la scolarisation dans ce qu’on appelait alors les colonies.
 
Le rôle d’ascenseur social est parfois assigné à l’École ; Jules Ferry partageait-il cette préoccupation ?
 
C. L. : Cette École, divisée selon les origines sociales ou le sexe (sans compter les cas particuliers des colonies), n’est nullement préoccupée par un souci d’ascenseur social. Pour Jules Ferry, la question de l’égalité se résume à celle de l’égalité juridique, mais ne vise nullement celle des conditions ou des parcours. Rien à voir avec une préoccupation d’ascenseur social.
 
L’avis du SE-Unsa
 
Les lois Ferry ont puissamment contribué à rendre les enseignements accessibles, dans un espace éducatif laïque, pour une jeunesse qui en était souvent éloignée. Cela a rendu possible l’enracinement de la République dans notre pays. Mais nul besoin, au SE-Unsa, de célébrer les 140 ans de l’École publique en poursuivant le mirage d’un paradis perdu. La réaffirmation d’un régime politique de libertés demande que notre École réponde sans atermoiements aux enjeux scolaires d’aujourd’hui, notamment en s’engageant pour la mixité sociale et dans la lutte contre les inégalités afin de ne plus laisser de place aux injustices qui façonnent les destins individuels et notre destin collectif. Oui, l’échec scolaire persistant des élèves issus des milieux les plus modestes, maintes fois révélé par les enquêtes nationales et internationales, est un danger majeur dans un contexte politique plus préoccupant que jamais sous la Ve République. Le SE-Unsa s’engage dans la voie du sursaut démocratique qui passera par une nouvelle étape de la démocratisation scolaire.
 
Claude Lelièvre est professeur honoraire d’histoire de l’éducation, spécialiste de l’histoire des politiques scolaires. Son dernier livre, L’école d’aujourd’hui à la lumière de l’histoire soumet la mythologie scolaire à l’épreuve des faits et traite pêle-mêle des sujets parfois polémiques et souvent mal compris, tels que la laïcité, l’égalité des chances, les fondamentaux…
L'École d'aujourd'hui à la lumière de l'Histoire Contre-vérités et  surprises - broché - Claude Lelièvre - Achat Livre ou ebook | fnac
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