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Vivement l'Ecole!

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Les ministères de l’Éducation et du Travail mènent des attaques brutales contre les lycées professionnels

25 Juin 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Le lycée professionnel va être rénové pour mieux former aux métiers d'avenir

Le financement public de l’apprentissage, qui participe à l’abaissement du "coût du travail", est attribué massivement aux entreprises sans aucune contrepartie.

Des attaques multiples et brutales
 
L’enseignement professionnel initial public est la cible d’attaques récurrentes depuis de nombreuses années. Certain·es le considèrent trop coûteux, quand d’autres le prétendent éloigné des besoins des entreprises -voire pire, le discréditent en le qualifiant de “pourvoyeur de chômeurs et chômeuses”. Alors que l’apprentissage est plébiscité dans les médias et présenté comme LE modèle d’excellence, l’enseignement professionnel public est sous-financé, sous-doté, et connaît depuis plus de 20 ans des réformes qui diminuent le temps de formation des élèves et appauvrissent leurs savoirs et savoir-faire.
 
Aujourd’hui, c’est le projet global et l’objectif émancipateur de l’enseignement professionnel public qui sont plus que jamais menacés par le gouvernement.  Répondant ainsi aux exigences des organisations patronales, les ministères du Travail et de l’Éducation mènent des attaques brutales contre ce modèle de formation unique, pourtant envié en Europe, qui scolarise 650.000 jeunes en France. 
 
Le big-bang de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel (LCAP)
 
Cette loi bouleverse de fond en comble l’organisation de l’apprentissage en le livrant au secteur marchand notamment par l’arrivée du financement au contrat (sorte de tarification à l’acte). Cela exacerbe sa mise en concurrence directe avec l’enseignement professionnel sous statut scolaire. Par ailleurs, cette loi permet aux élèves de rentrer en apprentissage tout au long de l’année. Elle transforme ainsi l’enseignement professionnel public en une sorte de sas vers l’apprentissage, et crée les conditions du développement du mixage des parcours et des publics. Simultanément, en faisant passer de 23 à 13% la part de taxe d’apprentissage pouvant revenir aux lycées professionnels et technologiques, la loi réduit d’autant leur financement.
 
Elle impose aussi aux organismes de formation de publier leurs résultats via la plateforme InserJeunes. Ce site discrédite les formations scolaires et constitue un instrument de propagande au service de l’apprentissage. En donnant la main dans les CPC aux branches professionnelles sur la définition des diplômes, leur contenu et les parcours de formation, la LCAP permet surtout de développer l’employabilité immédiate. La consécration des compétences au détriment des savoirs et savoir-faire affaiblit la qualification et sa reconnaissance dans le monde du travail. Le contexte sanitaire difficile que nous traversons a pourtant révélé l’importance des formations professionnelles sous statut scolaire pour appréhender les incertitudes de l’emploi et sécuriser les parcours professionnels des jeunes.
 
Transformation de la voie professionnelle (TVP): vers une formation au rabais
 
Au cœur de la TVP, la baisse drastique des heures d’enseignement disciplinaire conduit à un appauvrissement des contenus de la formation. De plus, le regroupement des secondes, en familles de métiers, organise la déqualification des élèves en enseignant des compétences transversales génériques. Alors condensée en 1ère et Terminale, la préparation à un diplôme reconnu par les professionnels est amputée d’une année. Ce dispositif n’est pas mis en place dans les formations par apprentissage accentuant de fait la concurrence. C’est aussi un leurre pour les familles et les élèves qui n’ont qu’un choix contraint d’orientation à l’issue de cette année de seconde.
 
La TVP permet une réduction des postes et une mise en concurrence des enseignantes et enseignants, mais produit aussi une perte de sens du métier. En imposant des dispositifs utilitaristes, la réforme modifie en profondeur le métier dans l’objectif de transformer les enseignantes et les enseignants en simples exécutantes et exécutants. La mise en place de Parcoursup a exclu des poursuites d’études dans le supérieur un bon nombre de jeunes provenant des lycées professionnels. La non-augmentation des places en BTS ne permet pas l’élévation du niveau de qualification. Agissant ainsi, le ministre restreint, de fait, l’avenir des jeunes, notamment de celles et ceux, peu qualifiées et qualifiés, qui sont les premières victimes de la crise économique. 
 
L’apprentissage: une solution en trompe-l’œil
 
Le gouvernement et le ministre Blanquer brandissent l’apprentissage comme un système magique pour lutter contre le chômage des jeunes -argument qui ne résiste ni aux faits ni aux nombreuses études sur le sujet. L’insertion immédiate des jeunes dans l’emploi est fortement corrélée à la conjoncture économique et aux besoins des territoires. L’apprentissage limite aussi les possibilités de poursuites d’études des jeunes. Pourtant, l’élévation du niveau de qualification est un élément crucial pour résister aux crises économiques et pour une entrée durable dans l’emploi. L’apprentissage répond aux besoins immédiats des entreprises et des organisations patronales dans leur quête de main-d’œuvre précaire et à coût réduit. De plus il est discriminatoire, notamment à l’égard des filles et des jeunes issues et issus de l’immigration. Malgré ces réalités le gouvernement persiste à injecter des milliards pour le développer. Parmi les 7 milliards d’euros dévolus au plan “1 jeune 1 solution”, 4 milliards lui sont dédiés. Alors que le chômage des jeunes a bondi de 16% au 3ème trimestre 2020, ce plan n’a pas les effets escomptés puisque peu de nouveaux contrats ont été signés. Ce financement public massif de l’apprentissage qui participe à l’abaissement du “coût du travail” est attribué massivement aux entreprises sans aucune contrepartie. 
 
Pour nous CGT Éduc’action, CNT-FTE, SNALC, SNUEP-FSU, SUD Éducation, il y a urgence à mettre en œuvre un plan de financement ambitieux permettant de renforcer et de développer le service public de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire. C’est un outil indispensable pour augmenter le niveau de qualification de l’ensemble de la population, pour sécuriser les parcours scolaires et professionnels des jeunes et pour répondre aux nouveaux enjeux de société qui s’ouvrent à nous.
 
Par Isabelle VuilletCo-secrétaire générale de la CGT Educ’action
Erwan ChaslesSecrétaire fédéral à la voie professionnelle pour la CNT-FTE
Guillaume LefevreSecrétaire national à l’enseignement professionnel pour le SNALC
Sigrid GerardinCo-secrétaire générale du SNUEP-FSU
Jean-Charles HellequinCo-secrétaire de SUD Education
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De la souffrance des enseignants...

24 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

De la souffrance des enseignants...

Depuis des années, de nombreux livres, articles et émissions ont été consacrés au sujet, il est courant d'entendre la souffrance des enseignants.

 

Il conviendrait de parler DES souffrances car elles sont nombreuses. Peut-être même y en a-t-il autant que d'enseignants, chacun héritant de sa douleur, la partageant ou pas, l'assumant ou pas, la vivant plus ou moins mal selon le caractère de chacun et le degré de souffrance infligée.

 

Tous les enseignants, un jour ou l'autre, souffrent, ont souffert ou souffriront. Depuis l'incivilité de tel élève qui détruit votre cours puis votre moral jusqu'aux violences verbales et physiques heureusement plus rares mais qui existent. Tout cela n'est pas né avec les pamphlets vengeurs des Brighelli, Polony, Le Bris et autre Fanny Capel. Ils n'ont rien découvert, se contentant d'appuyer des dogmes idéologiques sur des «exemples» souvent invérifiables, uniques et, plus grave, ne proposant aucune solution efficace autre qu'un retour en arrière «du temps béni où c'était mieux avant». 

 

Il reste néanmoins ces souffrances. Elles sont là. Dès la grille de l'école, du collège ou du lycée franchie... Comme une boule dans le creux de l'estomac qui vous dirait tout bas: «N'y va pas».

 

Je pense souvent à ces collègues, moi qui ai eu la chance, le privilège de n'avoir quasiment jamais été confronté à ces inquiétudes quotidiennes, à ces sueurs froides, à ces insomnies. 

 

Depuis quatre ans, la situation des enseignants s'est particulièrement dégradée. Je ne parle pas ici de leurs seules conditions de salaires. Je pointe du doigt leurs conditions de travail au jour le jour.

 

Avec moins, on leur demande plus :

 

- la formation n'est pas aidée comme elle devrait l'être par l'institution ;

- la ghettoïsation des quartiers n'a pas été combattue, bien au contraire, entraînant la ghettoïsation des établissements scolaires ;

- les chefs d’établissements du secondaire sont incités à agir en DRH et à faire du chiffre ;

- les expérimentations pédagogiques restent à l'abri des regards même quand elles donnent d'excellents résultats ;

- on n'a pas travaillé une seule seconde sur un dossier qui me semble loin d'être anecdotique: l'architecture des bâtiments scolaires ;

- le système des nominations pour les jeunes professeurs est resté le même, c'est à dire une aberration absolue consistant à décourager le plus vite possible des enseignants enthousiastes et idéalistes en les «balançant» face à des élèves en souffrance et faisant souffrir. C'est souvent un «jeu de miroir».

 

J'espère que les années qui viennent permettront d'atténuer les effets de ces souffrances. Souffrances qui touchent tous les personnels.

 

Christophe Chartreux

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Droit de retrait contesté dans un collège d’Asnières : «J’ai le sentiment d’avoir été profondément humilié»

24 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Le droit d'alerte et le droit de retrait en cas de danger grave et imminent  dans la fonction publique - Actualité fonction publique territoriale

Des enseignants et assistants d’éducation d’un collège des Hauts-de-Seine, qui avaient exercé leur droit de retrait en novembre en raison des mesures sanitaires insuffisantes, ont vu leurs salaires amputés d’une somme ne correspondant par à leur débrayage. Certains portent l’affaire devant le tribunal administratif.

Le couperet est tombé en début d’année, sans qu’ils s’y attendent : entre 475 et 868 euros retirés de leur fiche de paie. Vingt-quatre enseignants et six assistants d’éducation (AED) du collège André-Malraux d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) ont eu la surprise de voir leurs salaires amputés pour avoir exercé, quelques semaines plus tôt, leur droit de retrait, s’estimant insuffisamment protégés face au Covid. En désaccord avec cette sanction, dix d’entre eux ont décidé de porter l’affaire devant le tribunal administratif, où ils ont déposé des requêtes en excès de pouvoir en mai et en juin. Une situation exceptionnelle. «Il est rare que l’administration sanctionne le droit de retrait et il fait rarement l’objet de décisions de justice», affirme l’avocat Emilien Batôt, spécialiste de la fonction publique.

Rembobinons. «A la rentrée de novembre, toute la France se confine, sauf un village irréductible : l’Education nationale. Mais on n’a pas de potion magique pour ça», illustre Cyril Boisseau, l’un des requérants, professeur d’histoire-géographie et syndiqué à Sud éducation. «“Les élèves se contaminent plus à la maison qu’à l’école” est devenu le nouveau mot d’ordre à partir de septembre. Il fallait absolument que la garderie tourne, à n’importe quel prix, quand bien même ça aurait pu mettre en danger les personnels et les élèves», regrette Hélène (1), une autre professeure de Malraux qui porte l’affaire devant le tribunal administratif.

A l’époque, contaminations et hospitalisations flambent de nouveau dans le pays, au point qu’Emmanuel Macron annonce un nouveau confinement : l’attestation de déplacement fait son retour, les commerces non essentiels baissent le rideau, mais cette fois les écoles restent ouvertes. Un nouveau protocole sanitaire voit le jour : le port du masque devient obligatoire dès le CP, les collégiens sont invités à ne plus changer de salle à chaque cours, des mesures pour renforcer la distanciation et le non-brassage des élèves s’imposent à la cantine. Le 5 novembre, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, complète le dispositif en annonçant que les lycées peuvent organiser la moitié de leurs cours à distance. Rien de tel dans les collèges.

A Malraux, on perd patience. Voilà des mois que les professeurs alertent sur leur situation, tant auprès de la direction de l’établissement que de leur hiérarchie départementale : fenêtres cassées, nombreux rapports d’incident pour mauvais port du masque de la part des élèves, pas de barrières pour séparer les groupes dans la cour… «Les collectivités n’ont pas du tout anticipé. Autant c’était compréhensible en mai-juin, autant c’est plus difficile de dire “On ne savait pas” en octobre», tacle Hélène.

«On a fait le boulot de la direction»

A l’annonce du nouveau protocole sanitaire, les syndicats demandent une journée banalisée, afin de le «remettre à plat» et de voir comment l’appliquer dans l’établissement. Leur direction – qui n’a pas souhaité répondre à nos questions – refuse. Trente professeurs et assistants d’éducation décident alors d’exercer leur droit de retrait, trois enseignants optent pour le droit de grève. Le droit de retrait peut être utilisé «si un agent a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ou s’il constate une défectuosité dans les systèmes de protection». Il permet de conserver son salaire, contrairement au droit de grève.

Le top départ de ce droit de retrait est donné le 5 novembre. Profs et AED se réunissent pour phosphorer et accouchent d’une liste de propositions visant à améliorer la protection tant des personnels que des élèves. «On a fait le boulot de la direction», juge Cyril Boisseau. «Il fallait qu’on mette les moyens suffisants pour assurer la sécurité de tous. A aucun moment on a dit “Par pitié, fermez les établissements”», indique Hélène, soucieuse que l’on ne croie pas que les profs voulaient juste se tourner les pouces en étant payés.

Collectivement, ils adressent un courrier à la rectrice, que Libération s’est procuré. Ceui-ci expose la situation et liste leurs desiderata, parmi lesquels le dédoublement des classes, l’augmentation du nombre d’agents d’entretien ou l’installation de purificateurs d’air. Ils réclament également la mise en place d’ateliers de formation au port du masque et, plus largement, aux gestes barrières, pour les élèves en infraction – 90 rapports d’incident ont alors été établis en deux mois. «Les élèves n’y sont pour rien», précise Hélène. Le collège Malraux est classé REP (réseau d’éducation prioritaire) et les professeurs se montrent sensibles aux situations socio-économiques compliquées d’un certain nombre d’adolescents. Le masque et son bon usage ne font pas toujours partie des priorités des familles, notamment monoparentales, qui peinent à joindre les deux bouts.

Mauvaise surprise la veille des vacances de Noël

Le droit de retrait s’étalera sur une semaine, du 5 au 12 novembre. Entre les deux : deux jours de week-end, une journée de grève «sanitaire» nationale et un jour férié, le 11. Cela aura son importance. Le jeudi 12, la direction accepte d’appliquer un certain nombre de mesures proposées par l’équipe éducative : mise à disposition de bouteilles de gel hydroalcoolique à l’entrée des classes et d’une deuxième salle pour manger, fléchage dans les couloirs, mise en place de formations pédagogiques pour les élèves… «L’administration locale a reconnu qu’il y avait plein de choses à faire et les a faites, alors on a repris le travail», explique Cyril Boisseau. Grâce aux formations, «on a vu des élèves qui se mettaient à mieux porter le masque, ça a eu des effets bénéfiques», assure Guillaume (1), un autre professeur ayant exercé son droit de retrait sans pour autant se joindre à l’action en justice de ses collègues.

Les semaines passent et professeurs comme AED poursuivent leur travail. La mauvaise surprise atterrira dans leurs casiers la veille des vacances de Noël : ils y découvrent une lettre argumentée de la directrice académique des services départementaux de l’Education nationale (Dasen) des Hauts-de-Seine se terminant ainsi : «Je considère donc qu’il n’existe aucun danger grave et imminent susceptible de justifier l’exercice de votre droit de retrait.»

«On a demandé s’il allait y avoir des sanctions, on n’a pas eu de réponse. Par contre, on a eu une réponse indirecte sur notre compte bancaire», lâche Hélène. Des centaines d’euros se sont envolées de leurs paies de janvier et de février. «Je ne m’y attendais pas du tout. J’ai eu la sensation d’avoir pris une claque, souffle Guillaume, qui a perdu 700 euros dans la bataille. J’ai le sentiment d’avoir été profondément humilié, et je pèse mes mots.»

La pilule a d’autant plus de mal à passer que, pour quatre jours de retrait effectués, professeurs et AED se sont vus retirer sept jours de salaire. En cause, un arrêt du Conseil d’Etat baptisé «Omont», qui prévoit que tous les jours de salaire soient prélevés entre le début d’une période de service non fait et la fin. Donc, dans ce cas, le week-end et le jour férié que fut le 11 novembre. Une règle rarement appliquée. «On a été sanctionnés d’une façon aberrante», juge Guillaume. «C’est comme si l’administration prenait une décision ferme par peur d’une contagion dans d’autres établissements», estime Thierry Renard, l’avocat des requérants.

«J’ai besoin de me battre encore un peu et que le droit soit reconnu»

Les concernés n’émettent pas le moindre doute quant à la légitimité de leur action. «On a eu plusieurs rendez-vous où on a essayé de dire que ça n’allait pas. On a eu l’impression d’une sorte d’inertie de la part de notre administration directe, rappelle Guillaume. Quand vous avez une trentaine de professeurs qui arrêtent les cours, c’est grave.» Sollicité par Libération, le rectorat répond que le protocole sanitaire mis en place à l’époque «répondait à toutes les exigences gouvernementales dans le cadre de la poursuite de l’activité scolaire et de la lutte contre le coronavirus» et que «l’analyse, par les services, de leur signalement et des moyens mis en place par l’Education nationale pour protéger les personnels n’a pas permis de caractériser un “danger grave et imminent”, ne permettant donc pas l’application d’un droit de retrait». Les personnels sont donc considérés comme grévistes. Pourtant, Cyril Boisseau l’assure : «Il n’y a jamais eu d’enquête.» Le rectorat n’a pas répondu à nos demandes de précisions quant à la teneur de l’«analyse» effectuée.

Certains syndicats déconseillent à leurs adhérents d’exercer leur droit de retrait pour cause de Covid, précisément parce qu’ils risquent d’être déboutés. «Le juge administratif en a une vision très restrictive. Un danger grave et imminent, c’est un danger de mort immédiat. A un instant T, pas sur la durée. Et il faut que l’administration n’ait pas tenu compte du danger, éclaire Emilien Batôt, dont le cabinet d’avocats, Officio, a réalisé une étude sur le sujet l’an passé, pour le compte du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc). Mais ça, c’est l’état du droit avant le Covid. Là je ne sais pas comment le juge va se prononcer.»

Cette histoire a passablement chamboulé ses protagonistes. Parce qu’ils ont bataillé, des heures durant, à la recherche de solutions et dans l’intérêt collectif, notamment celui des familles de leurs élèves. Un tiers d’entre eux a décidé de persévérer en portant l’affaire au tribunal administratif, les autres n’ont soit plus la force soit pas les moyens, parfois les deux, d’aller jusque-là. «J’ai vraiment eu besoin de tourner la page. Aller au tribunal administratif aurait prolongé cette épreuve», indique Guillaume. Hélène en fait une affaire de principe – «J’ai besoin de me battre encore un peu et que le droit soit reconnu» –, mais cela risque d’être son dernier combat au sein de l’Education nationale : «Je ne suis pas certaine de pouvoir continuer à travailler dans une institution qui maltraite à ce point ses personnels, et qui le fait sans aucun scrupule. Je n’avais jamais envisagé de quitter mes fonctions mais là, ça touche à nos vies.»

Elsa Maudet

(1) Les prénoms ont été modifiés.

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Elections régionales : « Les jeunes ont du mal à se repérer dans une offre politique brouillée »

24 Juin 2021 , Rédigé par Public Sénat Publié dans #Education

Abstention des jeunes: les solutions sont là mais la classe politique ne  s'en saisit pas | Le HuffPost

Entretien avec Anne Muxel, directrice de recherches au Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po. Elle s’intéresse au rapport des jeunes à la politique alors que beaucoup devraient s’abstenir lors des élections régionales et départementales.

Une majorité de jeunes entre 18 et 25 ans n’ira pas voter dimanche aux élections régionales et départementales. Comment s’explique cette abstention des jeunes ?

La palette d’outils dont les jeunes peuvent se saisir pour s’intéresser à la politique s’est élargie. Le vote reste un symbole du bon fonctionnement démocratique, mais les jeunes considèrent aussi qu’il y a d’autres formes d’expression. La manifestation est devenue un mode d’expression politique, chez les jeunes générations, extrêmement familier et banal. Mais il y a aussi d’autres formes, comme les boycotts, des signatures de pétitions, des mobilisations sur Internet, des discussions sur les réseaux sociaux.

La vision du vote comme un devoir civique est en train de se perdre chez les jeunes ?

Chez les jeunes générations, il est clair qu’on observe un affaiblissement de la norme civique. Elles appréhendent le vote comme un droit que l’on peut exercer plutôt que comme un devoir. L’abstention est aussi revendiquée de plus en plus comme un droit, tout comme la reconnaissance du vote blanc qu’ils réclament.

Les jeunes s’abstiennent, mais ils s’intéressent au débat public ?

Oui beaucoup d’études et d’enquêtes montrent que l’engagement des jeunes, y compris l’engagement bénévole, est plutôt en augmentation. On n’est pas du tout dans un cas de figure où les jeunes se replient sur leur petite sphère privée et individualiste. Ils ont un intérêt pour le collectif, pour la société, pour ce qui les entoure, pour des problématiques importantes. Par exemple, les questions environnementales sont aujourd’hui un vecteur de politisation des jeunes. Le réchauffement climatique, l’équilibre entre les activités humaines et les ressources naturelles, ce sont vraiment des sujets qui concernent au premier chef les jeunes. On l’a vu au travers de ces marches pour le climat. Après, il faut que l’offre politique s’adapte à leurs préoccupations.

Est-ce qu’il y a des partis politiques qui attirent vraiment le vote des jeunes ?

Non. Les jeunes se sentent plutôt éloignés des partis politiques traditionnels. Il y a de toute évidence, de la part des jeunes, une grande attente de renouvellement des formations politiques, mais aussi des façons de faire de la politique. Il y a aussi une attente de projets pour le futur qui les concerne, une demande de concret, je crois que ça doit être davantage entendu par les formations politiques.

Parlons de la manière avec laquelle l’exécutif communique avec les jeunes. Quand Emmanuel Macron réalise à l’Elysée une vidéo avec les youtubeurs très populaires McFly et Carlito, où ils font des roulades dans le jardin de l’Elysée, cela peut reconnecter les jeunes à la politique ou c’est juste du marketing ?

Je dirais que c’est un peu les deux. Il est tout à fait légitime pour les politiques de trouver de nouveaux canaux pour atteindre les jeunes générations aujourd’hui. Mais la communication ne suffit pas. Il faut les convaincre. Et pour convaincre un jeune, il faut aussi lui donner des réponses qui lui permettent de trouver une place dans la société. Un métier correspondant à sa formation. Une indépendance financière, une autonomie en matière de logement. La possibilité de se lancer dans la vie de façon autonome.

Pour convaincre les jeunes, les responsables politiques doivent aller sur les plateformes de discussion des jeunes, comme Jean Castex et François Hollande l’ont fait sur Twitch ?

Tout espace qui permet du débat est bienvenu. Les jeunes sont très demandeurs, d’informations, de discussion. Ils ont besoin d’être éclairés. Bien souvent, ils disent qu’ils ont du mal à se repérer dans une offre politique brouillée. Par exemple, les enjeux des élections régionales et départementales ne sont pas très lisibles pour eux.

Lors du 1er tour de ces élections, ce dimanche, environ 60 % des Français devraient s’abstenir. Pour quelles raisons ?

Il y a des causes de long terme qui sont liées à cette fatigue démocratique installée maintenant depuis un certain temps. Une défiance politique très importante que nous mesurons notamment au Cevipof dans le cadre du baromètre de confiance politique. Mais par rapport à ce scrutin, il y a aussi un effet plus conjoncturel. Les Français sortent d’une crise sanitaire qui a profondément bouleversé leur vie, leur travail, leurs activités quotidiennes, les relations avec leurs proches. Ils ont d’autres préoccupations que cet enjeu électoral et ce scrutin qui est mal identifié.

Ce sont des élections locales. On dit souvent que les Français sont assez proches de leurs élus locaux, mais pourtant, ils se désintéressent de ce type de scrutin.

C’est un paradoxe. Il y a une grande défiance à l’égard des responsables au niveau national. Il y a plus de proximité et plus de confiance à l’égard des élus locaux et notamment des maires. Donc, on pourrait penser que des enjeux portés par les pouvoirs au niveau de la région ou au niveau du département, les questions scolaires, les transports régionaux, les aides sociales, les interpellent. Or, ce n’est pas le cas. Ce sont des élections intermédiaires, dont les Français se saisissent souvent assez peu, sauf pour exprimer un mécontentement et un vote sanction. Je ne sais pas si ce sera le cas, nous le verrons dimanche.

Alexandre Poussart

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A Amiens, des lycéens œuvrent à la mémoire du patrimoine ouvrier

23 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Histoire

EXTRAITS

« On n’a pas fait des cours d’histoire, on la vivait en vrai » : à Amiens, des lycéens œuvrent à la mémoire du patrimoine ouvrier

Des élèves de filières bac pro se sont plongés dans les deux cents ans d’histoire de la manufacture de velours Cosserat et en ont tiré un livre. Ils y ont découvert l’existence de vestiges uniques datant de la première guerre mondiale.

Bien sûr, il manquait l’agitation du millier d’ouvriers, la fumée sortie des hautes cheminées et le bruit sourd de la salle des 500 métiers. Mais, en déambulant sur la friche de 13 hectares de l’ancienne usine Cosserat d’Amiens, des élèves du lycée technologique Edouard-Gand ont très vite perçu le poids de l’histoire ouvrière nichée derrière les façades classées de la manufacture de velours.

C’est une véritable immersion dans le passé industriel amiénois qu’ont vécue pendant un an ces élèves des trois filières bac pro (services soins à la personne, métiers de la mode et services proximité vie locale animation). Kévin Desnoyers, 17 ans, élève en 1re et futur animateur, n’en revient toujours pas. « Avec les profs, il y a certains projets où je donne ma présence. Là, pour la première fois de ma vie, j’ai donné ma motivation. »

Une de ses camarades de classe, Valentine Labelle, 16 ans, confirme : « On savait que ce projet ne serait pas banal et moi qui n’aime pas trop l’histoire, j’ai adoré. Pendant un an, on n’a pas fait des cours d’histoire, on la vivait en vrai. C’était l’Histoire, à Amiens. »

(...)

Présence américaine

Et l’aventure ne s’arrête pas là. Ces futurs animateurs des quartiers, couturiers ou aides-soignants ont découvert que deux baraquements de bois situés à l’entrée de la friche étaient des vestiges uniques de la première guerre mondiale. « J’ai un côté chien à truffes, dit en souriant Louis Teyssedou. Je me suis pris à mon propre piège de ces deux cents ans d’histoire qui vous regardent. »

En se penchant sur les huisseries des bâtiments, le professeur amiénois a appris avec l’aide de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) que le bois utilisé n’était pas français mais américain. « Ce genre de préfabriqués étaient coupés dans les forêts américaines et pouvaient être assemblés en une journée par une dizaine d’hommes, explique Alexandre Coulaud, responsable de recherche archéologique à l’Institut national de recherches archéologiques préventives. La Croix-Rouge américaine avait implanté ces structures pour soigner les blessés de la Grande Guerre et les civils. C’est un vrai sujet d’étude pour nous, archéologues, car ce sont certainement les derniers de France. »

Le professeur d’histoire a également contacté l’ambassade des Etats-Unis qui, depuis, se penche sur ces vestiges encore en très bon état. De son côté, la DRAC s’intéresse à l’ensemble du site, car toute une partie est protégée au titre des monuments historiques.

« En se plongeant dans les archives, le public scolaire s’est pris au jeu et l’on envisage une collaboration pour aller plus loin dans la sensibilisation de la jeune génération à l’histoire », explique Christian Douale, directeur adjoint délégué chargé des patrimoines et de l’architecture à la DRAC Hauts-de-France.

(...)

Aidé par les Archives nationales du monde du travail, basées à Roubaix (Nord), le professeur d’histoire remue ciel et terre pour sauver ce patrimoine amiénois. Fin juin, ses élèves vont proposer un spectacle sur la dynastie patronale Cosserat et le destin de ses ouvriers aux classes de CP des écoles d’Amiens. L’usine en déclin a définitivement cessé son activité en 2012, mais la jeune génération veut continuer à « causer de Cosserat ».

Laurie Monniez

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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En autobus, en îlots ou en U : l’organisation de la salle de classe est un outil de contrôle

23 Juin 2021 , Rédigé par Ouest France Publié dans #Education, #Pédagogie

organiser la salle de classe

En « autobus », en « îlots » ou en U, l’organisation de la salle de classe répond à des objectifs qui n’ont rien de hasardeux, analyse le géographe Pascal Clerc.

Qu’est-ce qu’une salle de cours ? Un espace d’enseignement, bien sûr, mais aussi un lieu de pouvoir, voire de coercition si l’on en croit le philosophe Michel Foucault qui, dans Surveiller et punir​ , en 1975, décrivait la classe comme une machine à apprendre, mais aussi à surveiller, à hiérarchiser, à récompenser…

Longtemps, pourtant, la classe n’a été qu’un lieu sans enjeu, se confondant avec le logement du maître.

Il faudra attendre la monarchie de Juillet pour que les choses évoluent : la loi du 22 juin 1833 oblige pour la première fois les communes à mettre à disposition des élèves un local spécifique.

La normalisation qui s’ensuit, appuyée sur des préoccupations sanitaires (lutter contre la scoliose ou la myopie) conduira peu à peu à définir des modèles standards, qui interrogent aujourd’hui les chercheurs.

« L’organisation du pouvoir »

C’est l’objet d’une étude passionnante publiée par Pascal Clerc, professeur de géographie à l’université de Cergy-Pontoise, dans la revue Géocarrefour, qui s’intéresse à la classe en tant qu’objet géographique​.

Car, selon lui à travers l’analyse des agencements, des territoires, des mobilités et des postures corporelles, de l’organisation du pouvoir, il s’agit d’interroger la relation entre pratiques pédagogiques et géographie de la salle de classe ».

L’agencement, donc. Si l’on excepte la classe de maternelle ou les salles spécialisées (labos, salles d’activités manuelles), trois dispositions sont le plus souvent retenus : « en autobus », en « U » ou en « îlots ».

Dans le cas de « l’autobus », les rangées d’élèves orientées en direction d’un enseignant juché sur une chaire, puis, jusqu’aux années 1970, sur une estrade mobilisent les mêmes ressorts : la transmission et le contrôle par le maître qui donne de la voix, des encouragements ou des réprimandes.

Il en va autrement de l’organisation « en îlots » ​ : quatre ensembles de tables. Un modèle de l’autonomie et de la co-construction, qui confère un statut nouveau à l’enseignant et son savoir ​selon Pascal Clerc, en ce qu’il déconstruit un modèle rigide, directif et en fait simultané, pour en faire une pratique fondée sur la coopération, l’échange, le partage de documentation et le travail collectif ».

Le modèle en« U » ​quant à lui, offre une ouverture en direction du tableau et du bureau de l’enseignant. Pédagogiquement, c’est une structure mixte qui favorise d’une part la discussion et le débat puisque tous les acteurs ont la possibilité de se voir, d’autre part […] la transmission puisque l’enseignant, situé hors du U, peut être le point de convergence des attentions.

Rang d’honneur ou fond de la classe ?

L’organisation spatiale de la classe n’a donc rien d’anodine. Dans l’autobus, chaque élève peut être localisé par sa place dans une ligne et une colonne​, mais toutes ne se valent pas : rang d’honneur ou fond de la classe, à charge pour le maître de savoir s’il préfère surveiller au ras de son bureau les élèves les plus turbulents, ou les reléguer en fond de classe !

Quelle place pour les élèves dans cet espace restreint. Très contrainte : 2 à 3 mètres carrés par élève – s’il se prélassait sur une plage, on dirait que cette dernière est saturée – contre 10 à 15 mètres carrés pour le professeur. Cela dit la considération accordée aux espaces d’apprentissage​, estime Pascal Clerc.

Sans parler du mobilier qui, grosso modo, n’a que peu évolué. Avec toujours la même injonction : se tenir droit, redressé. Un formatage que l’on retrouve dans l’exercice militaire et dans la gymnastique​, relève Pascal Clerc, qui au fond n’obéit qu’à un seul objectif : lutter contre la paresse, le laisser-aller, les idées malsaines…

Arnaud Bélier

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Ce que les orateurs de l’Antiquité pourraient donner comme conseils aux candidats passant le Grand Oral

22 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Baccalaureat

akg-images - Démosthène harangue les flots de la mer

EXTRAITS

L’historien spécialiste de la rhétorique et philologue Pierre Chiron explique, dans un entretien au « Monde », ce que les grands orateurs de l’Antiquité pourraient donner comme conseils aux milliers d’élèves passant la nouvelle épreuve du bac à partir de ce lundi 21 juin.

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L’enseignement de la rhétorique et de l’oralité a traversé les siècles avant de s’affaisser en France au XIXsiècle. Pourquoi ?

Dès l’Empire romain, la parole politique se retrouve moins libre et la rhétorique perd un peu de sa fonction démocratique pour devenir une compétence de caste qui se transmet dans les familles. Elle devient aussi une sorte de divertissement avec des déclamateurs publics, faisant des discours sur des sujets fantaisistes, aussi populaires que des joueurs de foot aujourd’hui. La rhétorique va ensuite survivre, à travers le Moyen Age, dans des régimes plus ou moins démocratiques, avec donc une fonction plus ou moins citoyenne. Les exercices enseignés à la période hellénistique vont ainsi se transmettre jusqu’au XIXe siècle, notamment par le biais des réformateurs protestants et des jésuites.

L’institution du baccalauréat, au début du XIXe, marque un tournant. Uniquement sous la forme orale au départ, l’examen bascule vers l’écrit au fil des décennies, comme toute la scolarité d’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui. La raison ? A l’école, l’enseignement transmissif et descendant, dont on a encore du mal à s’extraire aujourd’hui, n’est pas compatible avec le débat et la libération de la parole de l’élève, avec la démocratie dans la classe, en somme… Mais cette disparition de la culture de l’oral et de la rhétorique n’est pas universelle, comme le montrent les pays anglo-saxons. Si ce grand oral participe à nouveau à une éducation de la parole de l’élève, c’est un bon signe.

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Quels principaux conseils donnerait un orateur antique aux élèves qui passent ou vont passer le grand oral, ces jours-ci ?

Ils diraient probablement qu’il est primordial de maintenir le lien avec l’interlocuteur pendant tout l’entretien, et pour cela d’éviter les deux erreurs habituelles consistant à lire ses notes d’un côté ou à réciter un propos appris par cœur de l’autre. Il faut évidemment avoir en tête ou sur ses notes un canevas du déroulé du propos, un plan, mais en s’efforçant de ne rédiger aucune phrase pour être le plus naturel possible.

Le fait de bien avoir mémorisé la thèse, les arguments, les exemples et objections possibles, dont on parlait plus haut, permet d’éviter d’être dans l’improvisation totale et, donc, de tomber dans l’émotion. Et, enfin, il faut travailler les silences afin de laisser le temps à l’auditoire de comprendre le propos et de l’assimiler afin de faciliter la conversation.

Séverin Graveleau

Cet entretien paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien.

 

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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Le SNU désenchanté ?

22 Juin 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Militarisation de la jeunesse", un collectif contre le Service National  Universel créé à Nancy

EXTRAITS

"L'objectif du SNU c'est la transmission du socle républicain à travers des cérémonies en commun comme la levée des couleurs, le renforcement de la cohésion nationale avec une expérience de mixité sociale, la découverte de l'engagement grâce à l'intervention d'un corps en uniforme". Le service national universel ouvre ses centres le 21 juin jusqu'au 2 juillet pour la "phase de cohésion". Alors qu'il devait devenir universel et obligatoire dès 2021, le SNU n'a jamais réussi à trouver les effectifs annoncés. Sa généralisation à tous les jeunes est maintenant repoussée à une date indéterminée. Les évaluations montrent que le dispositif ne plait qu'à une petite frange de la population. La promesse du candidat Macron est désenchantée.

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Un projet qui n'a jamais réussi à trouver son public

Promesse de campagne du candidat Macron, le service national universel (SNU) devait concerner à terme tous les jeunes dans une version très allégée du service national. Le nouveau SNU doit "favoriser la participation et l’engagement de chaque jeune dans la vie de la Nation, valoriser la citoyenneté et le sentiment d’appartenance à une communauté rassemblée autour de ses valeurs, de renforcer la cohésion sociale et de dynamiser le creuset républicain... Le SNU sera un moment dans la vie du citoyen qui lui permettra de partager l’expérience d’une communauté d’âge et de la mixité sociale, et de découvrir les différentes formes d’engagement possibles", promettait le gouvernement en 2018.

C'est toujours cette rhétorique qui est utilisée. Pourtant le SNU n'a jamais réussi à atteindre ses objectifs. En 2020 le gouvernement avait prévu 30 000 volontaires. Finalement il n'y en eu que 2000. En 2021 il en a annoncé 29 000. Finalement seulement 18 000 ont été trouvés et son actuellement en centres. Depuis 2020, alors que son budget est intégré dans celui de l'Education nationale, le SNU n'arrive pas à le dépenser. En 2021 alors que 61 millions sont budgetés, les dépenses ne dépasseront pas 40 millions, soit à peu près 2200€ par jeune.

La mixité sociale promise n'est pas là

C'est que le SNU ne tient pas forcément ses promesses. En 2020, l'INJEP a publié un rapport d'évaluation sur la phase de préfiguration du SNU en 2019, à l'époque où il réunissait moins de 2000 volontaires. Incontestablement le dispositif a plus à ces jeunes, particulièrement les activités sportives et la partie défense sécurité.

Mais l'objectif de mixité sociale, mis en avant par le gouvernement en référence au service militaire, n'est pas atteint. Le rapport note " une surreprésentation des enfants de militaires (un tiers des jeunes NDLR), les familles des volontaires plutôt à l’aise financièrement, un engagement plus important des parents des volontaires SNU que la moyenne française, une majorité de volontaires venant de filières générales et technologiques et des volontaires SNU meilleurs élèves que la moyenne". En 2021 le secrétariat d'Etat à l'engagement annonce 5% de jeunes issus des quartiers politique de la ville. C'est moitié moins que la moyenne nationale. Comme le dit le rapport de 2020, " pour ce qui est de la diversité des situations des jeunes (situation scolaire ou sociale) l’objectif n’a été que partiellement atteint."

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Le désenchantement semble avoir gagné le gouvernement. Interrogé le 16 juin, le secrétariat d'Etat à l'engagement dit que "la décision de rendre le SNU obligatoire n'est pas prise. La généralisation reste en perspective mais le calendrier devra être arbitré au plus haut niveau". Le désenchantement a gagné le SNU.

François Jarraud

Billet complet en cliquant ci-dessous

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Bac 2021: le premier jour du Grand Oral ne s'est pas passé comme prévu

22 Juin 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education, #Baccalaureat

Mettre les multinationales hors-service - La vie en vert

EXTRAIT

Absence de jury, retards conséquents, des dysfonctionnements perturbent la première journée du grand oral, épreuve inédite du baccalauréat.

ÉDUCATION - “Je suis à mon grand oral depuis 7h30 , et je n’ai pas de jury.” Ce lundi 21 juin marque le début de l’épreuve inédite du grand oral. Mais sur les réseaux sociaux, les premiers convoqués rapportent déjà quelques dysfonctionnements, et se plaignent d’un manque d’organisation, à l’image de cette année scolaire perturbée par la crise sanitaire.

À 9h10 ce matin, plusieurs lycées ont organisé des mouvements de protestation. “Le jury est en grève ici à Lyon”, témoigne une internaute à nos confrères de France Info. “Pas mal de jurys commenceront à 10:30 sur l’académie de Créteil...Déjà des problèmes avec des professeurs en maladie depuis longtemps et pas remplacés, des jurys sans professeur de spécialité/spécificité”, commente un autre.

Le SNES-FSU recense depuis le début des épreuves tous les dysfonctionnements de ce nouveau bac, le Grand Oral ne fait pas exception.

Plusieurs élèves et enseignants témoignent aussi pour dénoncer la désorganisation, regrettant qu’on leur impose ce stress supplémentaire.

L’organisation des jurys semble être le gros point noir de cette nouvelle épreuve du baccalauréat. Vendredi 18 juin, à trois jours du début du grand oral, de nombreux professeurs d’Île-de-France, se savaient toujours pas “où” et “si” ils étaient convoqués pour faire passer l’épreuve, rapporte France Info. Si certains professeurs ont reçu deux convocations à deux endroits en même temps, d’autres, au contraire, apprennent le matin même qu’ils ne font désormais plus partie du jury.

 

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Gwenn Allanic

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Grand oral: sur Twitter, couacs en série et élèves en stress

21 Juin 2021 , Rédigé par La Voix du Nord Publié dans #Education, #Baccalaureat

https://www.francetvinfo.fr/image/75wmpyxf0-53e2/770/433/24850325.jpg
EXTRAIT
En ce premier jour de la première session de la nouvelle épreuve du bac, le grand oral, sur Twitter plusieurs profs dénoncent les couacs tandis que les élèves stressent.
Après les couacs dans l’organisation des épreuves écrites du bac, plusieurs profs dénoncent ce matin sur Twitter des problèmes dans l’organisation du Grand oral  : convocations reçues à la dernière minute, jury absent ou non adapté aux élèves, élèves livrés à eux-mêmes en attente de jury…

Quant aux élèves, ils sont, sans surprise, en état de stress

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