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Vivement l'Ecole!

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Dans les écoles primaires, la kermesse comme moyen de finir l'année presque normalement

28 Juin 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Kermesse de l'école St-Anne

Entre confinements et couvre-feux, cette année a été éprouvante pour les enfants. Maintenant que la situation s'apaise, certaines écoles veulent retrouver une vie normale et organisent une kermesse - ou au moins un moment festif avec les enfants - dans le respect des règles sanitaires.

La crise sanitaire a beaucoup affecté les enfants. Port du masque obligatoire, distanciations, protocoles à respecter. Des mesures qui ont angoissé les plus jeunes. Mais avec le déconfinement et l'apaisement de la situation sanitaire, les enfants sont en demande de fête et les écoles veulent conclure l'année de manière plus normale avec une kermesse. 

l'école Charles de Foucauld, dans le quatorzième arrondissement de Paris, la décision d'organiser une kermesse a été prise très en amont, en février. La directrice Sophie Monnin a voulu être prévoyante, car elle refusait de terminer une deuxième année sans un événement festif avec les enfants.

Avec l'association des parents d'élèves et une partie de l'équipe, on s'est dit qu'on ne pourrait pas décider d'une kermesse au dernier moment, lorsqu'on nous annoncera que ce sera possible. On avait eu l'expérience au fil de l'année que les décisions sont prises d'une semaine sur l'autre. Donc on a fait comme si c'était possible, avec les contraintes Covid au maximum. 

Pour que tout se déroule sans accroc, l'école a laissé les parents s'inscrire sur des créneaux d'une heure et demie, répartis entre 9 heures et 18 heures 30, avec 150 participants maximum par créneau - parents et enfants. Durant le créneau, les enfants profitent des jeux dispatchés dans toute la cour : pêche aux canards, chamboule-tout, châteaux gonflables, baby-foot géant. Par contre, pas de traditionnel spectacle sur scène, mais un flashmob au milieu de la cour !

Les enfants ont préparé une petite surprise sous forme de flashmob, qui se déclenche une dizaine de minutes avant la fin du créneau horaire. Ils vont tous se rassembler au milieu de la cour, danser et inviter leurs parents à les rejoindre, avant de quitter l'école en musique. Stéphanie Noukou, enseignante en CE1

Marquer la fin de l'année écoulée est un rituel important pour les enfants : on quitte sa maîtresse, ses copains, parfois même son école, ce sont des adieux qu'il faut formaliser pour accepter le changement. La kermesse devient donc le rendez-vous pour acter le changement de classe, voire de niveau. Mais c'est aussi un moyen pour les parents de découvrir le lieu de vie de leurs enfants.

La kermesse permet de changer le rapport à l'école pour beaucoup de familles éloignées de l'école. C'est le seul moment où elles peuvent entrer physiquement dans l'enceinte de l'école, où elles ont un rapport direct avec l'établissement scolaire. Ça permet de désacraliser la nature de l'école, pour des familles qui en ont une vision parfois compliquée. — Mourad Besbes, vice-président des parents d'élèves de la FCPE Paris

Des répercussions de la crise sanitaire

Pour certains enfants, les contraintes sanitaires ont été plus difficiles à vivre que pour d'autres. À l'école Simon Bolivar, dans le dix-neuvième arrondissement de Paris, la directrice Laaldja Mahamdi, adhérente au SNUipp, voit des profils d'élèves très différents dont certains issus de familles très défavorisées qui vivent dans des hôtels sociaux ou des foyers d'urgence. Lors du premier confinement en mars 2020, elle a tenu à garder contact avec ces enfants, notamment par téléphone.

Le fait de les avoir au téléphone nous a permis de rentrer dans le quotidien de ces familles. On entendait pleurer, les mamans - qui sont souvent seules et isolées - nous demandaient de l'aide, parce que les enfants se tapaient la tête contre les murs. À ce moment-là, on ne pouvait pas sortir et ces enfants criaient, pleuraient ou se tapaient la tête contre les murs pour exprimer leur mal-être.

Ces crises de violence liées à l'enfermement ont eu des répercussions à la rentrée sur le comportement des enfants en classe. Laaldja Mahamdi et son équipe ont dû redonner un cadre scolaire à ces enfants très fragiles qui avaient eu des difficultés à suivre les cours à distance. D'où la nécessité pour elle de garder les écoles ouvertes à tout prix ! Car à travers les écoles, les enfants travaillent ensemble, mais apprennent surtout à sociabiliser et à jouer ensemble.

Côté réglementation des kermesses, les mesures vont s'assouplir au 1er juillet : elles pourront se tenir en intérieur, avec un public debout et une jauge de 4m2 par personne.

Phéline Leloir-Duault

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Brevet des collèges : coup d'envoi de l'examen ce lundi pour 860 000 collégiens

28 Juin 2021 , Rédigé par Midi Libre Publié dans #Education

Brevet des collèges : coup d'envoi de l'examen ce lundi pour 860 000 collégiens

Après le bac, le brevet des collèges : les élèves de troisième vont plancher lundi 28 juin et mardi 29 juin sur cet examen, qui est le seul à ne pas avoir été aménagé cette année malgré le Covid-19.

Jour J pour le brevet des collèges. 860 000 élèves de classe de troisième vont passer les épreuves du Diplôme national du brevet (DNB). Celui-ci est évalué sur 800 points : les 400 premiers points correspondant aux épreuves finales, c'est-à-dire le français qui se déroule ce lundi matin, puis l'histoire-géographie, les maths, le bloc "sciences et technologie" et l'oral du brevet, qui existe depuis 2017.

Les 400 points restants sont attribués par l'évaluation de huit compétences lors du dernier conseil de classe de 3e. Cela signifie que la plupart des élèves ont déjà l'assurance d'avoir leur diplôme grâce au contrôle continu

Pas d'aménagement pour cet examen

Il n'y a donc pas beaucoup d'enjeu avec le brevet, mais symboliquement, cela reste le premier examen national. Mais cette année, contrairement au bac, le DNB n'a fait l'objet d'aucun aménagement lié à la crise sanitaire. Les élèves de 3e ont pourtant eu une année chamboulée, avec des classes fermées, des professeurs absents, et même au printemps, pour les 15 départements qui étaient encore classés en rouge, des cours maintenus en demi-jauge

Un brevet qui suscite quelques inquiétudes 

"Depuis des mois nous demandions des aménagements aussi pour le brevet, sur les programmes et les sujets", souligne Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, le premier syndicat du secondaire chez nos confrères de La Voix du Nord. "Là on fait comme s’il n’y avait pas eu de conséquences sur les collèges alors qu’on sait qu’il n’y a pas eu de fonctionnement normal sur l’ensemble de l’année". Elle fait ici référence aux cours qui ont eu lieu en hybride et au programme qui n'a pas pu être entièrement traité.

Rattrapage en septembre

Sur le volet sanitaire, les candidats formellement identifiés comme cas contacts ou positifs au Covid-19 ne seront pas autorisés à se présenter aux centres d’examen avant la fin de leur période d’isolement, a souligné le ministère de l’Education. Leur absence aux épreuves sera justifiée par un cas de force majeure et ces candidats seront donc convoqués aux épreuves de remplacement organisées les 13 et 14 septembre.

Déroulement de l'examen 

Pour les candidats sous statut scolaire, le brevet est évalué sur 800 points. Le diplôme est délivré par l'évaluation du niveau de maîtrise de huit composantes du socle commun de connaissances, de compétences et de culture (400 points), ainsi que par cinq épreuves terminales, dont une orale, obligatoires à la fin de l’année de troisième. Les épreuves terminales du DNB représentent 400 points répartis comme suit : français (100 points) ; mathématiques (100 points) ; histoire-géographie, enseignement moral et civique (50 points) ; physique-chimie, sciences de la vie et de la Terre et technologie (50 points) ; l’épreuve orale (100 points).

L’an dernier, le taux de réussite à cet examen décerné uniquement sur les notes obtenues au contrôle continu en raison du Covid-19 et des restrictions sanitaires imposées pour limiter la propagation du virus, avait progressé de quatre points à 90,5 %.

Mélissa Simon

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Revue de Presse Education... Nouveautés improvisées – Du vécu et des débats –Variations – Salutaires cogitations

27 Juin 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Nouveautés improvisées – Du vécu et des débats –Variations – Salutaires cogitations

Les épreuves du bac général et technologique ont eu beau se résumer au français, à la philosophie et au grand oral, elles ont engendré cafouillis, stress et insatisfactions. Les nouveautés étaient de mise dans une impression d’improvisation tandis que les algorithmes de Parcours Sup distillaient leurs perles d’angoisse. Heureusement pendant le cafouillage, les réflexions se poursuivent pour une école moins stressante et une vision enrichie de la réussite scolaire.

Nouveautés improvisées

La numérisation des copies de philosophie aurait pu apparaître comme un progrès. Hélas, une erreur 503 s’est invitée, accroissant la colère des enseignants correcteurs. «Retards de distribution, bugs du logiciel, scandale écologique et craintes d’être surveillés… les professeurs de philosophie ne décolèrent pas. Pour eux, la numérisation des copies dénature le travail des correcteurs », relève Louise Vallée pour le Monde (article réservé aux abonnés). La correction en elle-même s’est avérée pour beaucoup bien décevante. Avec la possibilité de garder la note du contrôle continu, des élèves stratèges se sont présentés à l’examen sans aller jusqu’au bout de leur composition. « On se souvient que certains candidats avaient quitté les salles d’examen au bout d’une heure, beaucoup au bout de deux. Ils devaient au minimum signer la liste d’émargement et rester dans la salle pendant une heure. De nombreux élèves savaient qu’ils pouvaient d’ores et déjà compter sur leur contrôle continu », explique Sonia Princet qui a recueilli les impressions d’enseignants correcteurs dont Marie Perret.. « Les élèves ne sont pas responsables de la situation. À partir du moment où le ministère a décidé que cette épreuve n’en serait pas une, il fallait s’attendre à ce que le niveau des copies soit celui-ci. La responsabilité incombe plutôt au ministère qui aurait dû soit aménager l’épreuve bien en amont, bien avant le mois de juin, soit l’annuler. »

Le grand oral était la grande nouveauté de ce bac, maintenue comme si l’année avait été ordinaire avec un cafouillage frisant l’impréparation. « Bac 2021: le premier jour du Grand Oral ne s’est pas passé comme prévu », titre le Huffington Post« Absence de jury, retards conséquents, des dysfonctionnements perturbent la première journée du grand oral, épreuve inédite du baccalauréat. », explique Gwenn AllanicFrance Info a recueilli des témoignages édifiants sur le déroulement de l’épreuve«Je suis enseignant. Nous avons été convoqués comme beaucoup de collègues pour être jury vendredi soir à 21h05 ! J’ai été convoqué dans deux établissements différents aux mêmes heures et le même jour en tant que professeur de réserve ! Une convocation au Sud de l’académie et l’autre au Nord ! »

Du vécu et des débats

Libération est allé à la rencontre de lycéens à la sortie du grand oralShelby « qui est «très timide en temps normal» et n’aime pas attirer l’attention a concentré ses efforts pour regarder les jurés dans les yeux en exposant son sujet consacré au financement des entreprises et a «beaucoup parlé avec les mains, pour ne pas jouer avec». L’exact inverse d’Anissa, 17 ans. «On m’a dit de ne surtout pas trop parler avec les mains, sinon on dirait que tu danses, le jury n’aime pas ça. Et de ne pas parler vite», indique l’adolescente, sortie ravie de cette épreuve. «Ils étaient trop cool, trop gentils», dit-elle au sujet des professeurs chargés de l’évaluer. » Le Figaro a choisi le lycée Condorcet pour recueillir des témoignages dont ce constat de deux enseignants. « «Les élèves apprennent à poser leur voix, à se détacher de leur note, et gagnent ainsi des qualités utiles pour la suite de leur parcours». Les deux professeurs expliquent même que la forme rapporte plus de points que le fond dans cette épreuve, selon une grille qui leur a été distribuée. »

Variations

Contrairement aux sections générales et technologiques, pour les BAC PRO les aménagements ont été minimes, explique Alexis Morel. « Comme les autres années, cinq épreuves, dont quatre générales et communes à toutes les filières, sont prévues au menu. Une situation “injuste” pour Ariane, élève en bac pro vente : “Nous avons tous été victimes de la crise sanitaire, et notre année a été aussi stressante que celle des lycées généraux, voire pire.” Outre les cours en demi-jauge et les classes à distance, elle et ses camarades ont vu leurs stages reportés ou annulés. »

Les épreuves pas encore terminées, un aménagement du bac pointe son nez. « Il s’agirait de « resacraliser » l’examen, après deux années où, crise sanitaire oblige, il n’a pu se tenir correctement (à 100 % en contrôle continu l’an passé, 82 % cette fois-ci). Rien, ou presque, du bac version Blanquer, créé en 2018, n’a réellement pu exister. », explique Thomas Poupeau.

En Algérie, les grands moyens sont employés pour éviter le renouvellement des fraudes massives lors du bac de 2016. Pendant les cinq jours de l’épreuve, l’accès à Internet est freiné dans le pays paralysant une grande partie des activités. Peine perdue : « Car ni le blocage de WhatsApp, Facebook et Twitter, ni les coupures d’internet ne sont parvenus à endiguer la triche. » relate France-Info. « En attendant, des internautes suggèrent, non sans humour, que la seule façon d’éliminer le problème serait de… supprimer le bac. »

« Alors que le baccalauréat, l’épreuve anticipée de français ou encore les BTS ont connu des aménagements pour s’adapter à l’année scolaire bousculée par le Covid, rien de tel pour le brevet, ce qui suscite quelques inquiétudes. » rapporte l’Est Républicain alors que 860 037 collégiens plancheront lundi et mardi.

Sup de contrariétés

Les algorithmes de Parcours Sup provoquent encore cette année déceptions, incompréhensions et amertume. « L’algorithme s’inscrit dans une réforme globale de l’orientation en France qui sacrifie une partie de la jeunesse aux exigences du marché du travail, dénonce Julien Gossa, maître de conférences à l’université de Strasbourg. » dans une tribune de Libération réservée aux abonnés.

« “Je suis démotivée” : Parcoursup met à mal le moral des lycéens en attente à Brioude (Haute-Loire) » constate La MontagneSara Saidi de L’étudiant rassure les déçus en allant à la rencontre d’étudiants qui, malgré des vœux contrariés sont heureux de leur parcours. Ils partagent leur expérience. « Bien s’informer sur les offres de formation, même à l’étranger, est un autre conseil donné par certains étudiants. Cela a permis par exemple à Jade de rebondir après les refus des formations auxquelles elle avait candidaté sur Parcoursup en 2018. »

L’Etudiant se penche également sur le bilan des parcours « oui, si », un dispositif mis en place pour accompagner de façon renforcée les candidats potentiellement en difficultés pour le suivi de leur première année dans l’enseignement supérieur. Et le constat est mitigé : « Selon une note publiée le 23 avril par le département statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur, la réussite des étudiants après un parcours “oui si” n’est pas évidente. Si les titulaires d’un baccalauréat professionnel sont nombreux dans ces parcours aménagés, rares sont ceux qui arrivent à passer en deuxième année. »

Admis pour la rentrée prochaine à la Sorbonne ou déjà étudiant dans cette université, tous seront mis à la même enseigne avec des cours en amphi suivis exclusivement à distanceLe Figaro s’en fait l’écho « L’université Sorbonne Nouvelle annonce sur son site que «tous les cours en amphi passent en distanciel asynchrone» et ce, «quelle que soit la jauge à la rentrée»La raison: «les amphithéâtres impliquent un fort brassage et sont plus difficiles à aérer», lit-on. » Claire Conruyt a également interrogé plusieurs responsables d’universités pour voir si le distanciel sera une pratique généralisée.

Dans The Conversationl’orientation universitaire est explorée pour éclairer la question des inégalités salariales entre les hommes et les femmes. « Or, l’exercice de métiers différents (on parle parfois de « ségrégation occupationnelle ») ne semble pas le fruit du hasard et découle notamment des filières de formation suivies. Or, celles-ci apparaissent fortement différenciées selon le genre et s’avèrent rarement mixtes. Ainsi, la part de femmes parmi les nouvelles personnes inscrites en cycle licence n’est-il en moyenne que de 30 % en STEM (sciences, technologies, ingénierie, mathématiques) quand il est de 77 % en santé et protection sociale. »

Salutaires cogitations

Amaël André et Catherine Delarue-Breton, enseignants à l’Université de Rouen, s’interrogent dans The Conversation : « Inégalités scolaires : les élèves des territoires ruraux manquent-ils vraiment d’ambition ? ». Leur analyse des processus psychosociaux en jeu dans l’orientation scolaire nous invite à dépasser les préjugés et à revisiter la notion d’ambition scolaire« Au-delà de son acception géographique ou sociale, où l’ambition, sur son versant positif toujours, se conçoit comme un désir individuel d’aller au loin et plus haut, il nous semble nécessaire de la repenser comme un désir multiforme de se dépasser soi-même, de s’augmenter et d’augmenter aussi ce qui nous entoure. On peut avoir de l’ambition pour soi – et chercher à se délocaliser – ou pour son territoire – et chercher à le valoriser – par exemple. »

Toujours dans The ConversationSylvian Wagnon et Mathieu Depoil, de l’Université Paul Valery de Montpellier, se penchent sur l’éducation populaire, « cette démarche éducative non scolaire’» et son évolution. Toujours essentielle à l’image de l’action d’ATD Quart-Monde, « L’éducation populaire s’ancre dans tous les domaines et représente un levier éducatif pour toutes les catégories sociales et toutes les générations à l’image du travail de la Fédération des centres sociaux sur le vieillissement. »

Louisa Benchabanerelate quant à elle des solutions mises en place par des enseignants pour favoriser l’apprentissage de la confiance en soi. En effet, « Le système de notation apparaît aux yeux des experts comme un obstacle majeur au développement d’une plus grande confiance en soi. “On évalue beaucoup par le négatif, en sanctionnant les erreurs, et on ne met pas du tout en valeur les efforts et les progrès des élèves”, observe la philosophe Joëlle Proust, membre du Conseil scientifique de l’Éducation nationale.

L’organisation de la salle de classe ioue-t-elle un rôle dans cette confiance en soi encouragée ou au contraire brimée ? Elle reflète, quoi qu’il en soit, les pratiques pédagogiques qui s’y déroulentOuest France relaie les travaux du géographe Pascal Clerc qui « s’intéresse à la classe en tant qu’objet géographique. ». Il analyse ce qui se joue selon l’organisation : en autobus, en U ou en îlots. « Car, selon lui à travers l’analyse des agencements, des territoires, des mobilités et des postures corporelles, de l’organisation du pouvoir, il s’agit d’interroger la relation entre pratiques pédagogiques et géographie de la salle de classe ».

Au Québec, les équipes pédagogiques sont invitées à «  prendre une pause pour poser un regard sur les apprentissages réalisés afin de mieux se projeter dans l’avenir. » Des personnes-ressources et une démarche sont mises à disposition. « Selon moi, il est important que les gestionnaires scolaires profitent de la fin de l’année pour amorcer une réflexion collective avec leur équipe. Ce temps d’arrêt, juste avant les vacances, peut être l’occasion de tirer profit des acquis réalisés et des défis rencontrés cette année pour pouvoir les utiliser comme levier afin de se projeter dans le futur », fait remarquer Mélissa Bricault, conseillère RÉCIT au Centre de services scolaire des Mille-Îles.

Monique Royer aux manettes cette semaine de notre revue de presse

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Génération Covid, le malaise étudiant [Enquête] - Vidéo

27 Juin 2021 , Rédigé par Public Sénat Publié dans #Education, #Université

« C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 », affirmait Emmanuel Macron le 14 octobre.

Mais en 2021, la situation des 2,8 millions d’étudiants en France n’a jamais été aussi précaire. Selon la Fondation Abbé Pierre, les 18-30 ans ont été les premières victimes des conséquences économiques et sociales de la crise du Covid-19. Le sénateur des Hauts de Seine Pierre Ouzoulias préside la mission d’information sur la vie étudiante. Il est allé à la rencontre des acteurs concernés pour mieux cerner le malaise étudiant. Les jeunes : victimes collatérales de la crise sanitaire ?

Une enquête de Flora Sauvage (2021)

Retrouvez l'intégralité du documentaire en replay sur https://www.publicsenat.fr/documentaires

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Quand les jeunes font peur aux adultes...

27 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Hauts-de-France : une région jeune mais une jeunesse qui galère

 

Quand les jeunes font peur aux adultes...

 

Les «jeunes», les «d'jeuns», «être jeune», la «jeune génération», les «jeunes d'aujourd'hui», «des» jeunes... Autant d'expressions pour désigner cette catégorie rangée dans une tranche d'âge plus ou moins précise. Car en effet quand commence-t-on à être jeune et quand cessons-nous de l'avoir été?

 

Question très ancienne mais à laquelle on commence seulement à répondre. La psychiatrie de l'adolescence ne s'est développée qu'il y a quelques années. La première étude française sur l'un des comportements à risques attachés à la jeunesse (addiction aux drogues illicites) date de 1983. Il faudra attendre 1993 pour étudier les résultats de la toute première étude nationale (échantillon de 12 000 individus âgés de 11 à 19 ans) portant sur un ensemble de comportements: consommation de tabac, alcool, drogues illicites, suicides et tentatives de suicides, dépressions, troubles des conduites alimentaires, violences.

 

Depuis les années 2000, la «population jeune» est étudiée de très près. Aujourd'hui, tout ce qu'on ne percevait pas avant mais qui existait déjà, est connu, porté à l'attention des médias, du public, de l'opinion. Et, évidemment, comme si tout cela était nouveau. Or la nouveauté réside plus dans le fait d'examiner la jeunesse que dans la soi-disant «découverte» de comportements à risques qui se multiplieraient ou apparaitraient ex nihilo. Les violences mises sous la lumière des études depuis 1993 ne démontrent pas que ces violences sont apparues en 1993. C'est pourtant l'un des messages qui est resté dans les esprits, surligné par deux expressions populaires bien connues à chaque fois que l'actualité s'empare d'une affaire de cette sorte: «Ah là là, c'est de pire en pire!» ou bien «C'était quand même mieux avant».

 

La violence (en général) chez les jeunes n'est donc pas née en 1993. Mais des éléments de violence, propres ceux-là à notre époque, ont évolué. Par exemple la précocité des auteurs de faits de violence. Précocité à mettre, au risque de commettre une erreur digne d'un étudiant débutant ses études de sociologie, en parallèle avec un autre fait: la précocité est un fait observable en tout. Tout est aujourd'hui plus précoce. Pourquoi pas la violence? Concernant la consommation de drogues illicites, et plus particulièrement le cannabis, la progression en nombre de consommateurs a été spectaculaire.

 

Pour autant, il convient de dire aussi:

 

- que cette consommation de cannabis ne progresse plus ;

- que si la consommation a été si facile, c'est que les autorités n'ont pris en compte l'ampleur et les dégâts du phénomène que très tard ;

- que la production, les transferts et la vente de cannabis sont quasi exclusivement le fait d'adultes.

 

La consommation excessive d'alcool (avec la mode des «binge drinking») est un l'autre phénomène prégnant. Il n'est pas propre à la jeunesse. Les cas de comas éthyliques sont beaucoup plus fréquents chez les + de 25 ans que chez les adolescent-e-s. Mais la télévision et autres médias vous proposeront plus facilement les images, certes affligeantes, de jeunes filles et garçons écroulés au petit matin dans leur vomi après une «rave party», que celles tout aussi affligeantes d'adultes exactement dans le même état. L'image du jeune des années 2000 est celle d'un individu qui fait peur aux adultes. Elle est très dévalorisée et avec elle celle de leurs parents montrés du doigt. Ils sont loin pourtant d'être les seuls responsables.

 

Notre génération, je parle ici des 40-60 ans et +, a voulu que les enfants soient conscients de tout très vite. Oubliant qu'il s'agissait d'enfants et que ceux-ci avaient besoin d'accompagnement permanent, de protection. A la maison comme à l'école. A force de pousser nos jeunes à «faire tout très tôt, très vite, très bien», on a négligé les risques. Ces risques qui explosent en actes au collège, ce lieu charnière délaissé depuis des années par bien des gouvernements, sauf pour le définir comme étant seulement celui de l'acquisition des connaissances. C'est là un très dangereux déni de réalité! Un(e) collégien(ne) est souvent en souffrance avec pour conséquence l'échec de sa scolarité. Ne pas vouloir le voir est une faute. Mais cela fait partie de l'utilisation politique qui est faite de la jeunesse, qui est faite aussi de certains faits choisis pour en cacher d'autres. Les «jeux» dangereux (jeu du foulard entre autres) font peu de victimes, même si ce "peu" est déjà un "trop". Les médias et les politiques ont énormément communiqué sur le sujet. Parle-t-on avec la même acuité des 500 jeunes qui se suicident chaque année en France? Non. Mais voilà, les «jeux» à risques accusent la jeunesse elle-même quand les suicides accusent aussi les adultes. Les boucs-émissaires les plus faciles sont ces jeunes, parfois aussi leurs mères, lesquelles, on l'oublie trop souvent, sont de plus en plus nombreuses à travailler - ce qui est un progrès - et donc, passent moins de temps avec leurs enfants - ce qui est une régression.

 

En Europe, notre pays est un cas à part. Il est dans la moyenne en ce qui concerne les consommations de tabac et d'alcool, mais en tête pour celle du cannabis et des médicaments à caractère psychoactif. Il convient en même temps de signaler que nous sommes le seul pays d'Europe à considérer que fumer dix joints et plus en un mois est une «consommation régulière». C'est le même critère que pour l'alcool. Or dans tous les autres pays européens, on différencie les critères selon qu'un individu consomme un produit licite et/ou un produit illicite. Quant à la consommation de médicaments anxiolytiques, la France est championne toutes catégories d'âge. On en parle peu.

 

Au XXIème siècle, et la France d' Emmanuel Macron est à ce titre «exemplaire», la jeunesse souffre du regard négatif et suspicieux qu'on porte sur elle. Sur celles et ceux aussi qui cherchent à comprendre, à expliquer telle ou telle conduite dans son contexte, sans juger, à mettre sur un même plan compréhension ET sanction. Or, pour beaucoup de responsables politiques, vouloir expliquer, c'est être laxiste et prôner le «laisser faire». Ce qui permet de plus facilement faire admettre à l'opinion que seules des politiques répressives peuvent être efficaces. On est, en caricaturant à peine, passé du dialogue nécessaire aux caméras vidéos et portiques d'entrée. Or tous les pays qui ont expérimenté ces méthodes de répression en ont constaté l'inefficacité totale. 

 

A force de vouloir toujours démontrer que seuls les jeunes en général (et parfois leurs familles), que seuls les jeunes des milieux en difficultés financières, que seuls les jeunes en milieux urbains ont des problèmes et/ou en sont responsables, on passe à coté d' autres responsabilités, au moins partagées: celle de la société civile et celle des politiques.

 

Christophe Chartreux

 

Le regard d'Emma (une ex élève) :

 

« J'ai très souvent remarqué qu'un jeune, fille ou garçon, entre 15 et 18 ans, inquiétait ses parents, ses profs, les amis des parents, les collègues des profs. Un bon nombre d'entre eux en tout cas. Il y a toujours des exceptions. On les inquiète. Ils ne parviennent pas à comprendre qu'on puisse vouloir ne pas tout dire, tout montrer, tout prouver. Ils ont peur de nos « jardins secrets », veulent les contrôler. Comme si eux-mêmes n'avaient jamais été jeunes avant nous. Ceci étant dit, il est quand même vrai de dire que de plus en plus de jeunes dépassent les limites, sortent du cadre. Moi qui sors pas mal en soirées, je vois des « gamines » ou « gamins » de 15 ans se déchirer à l'alcool. Beaucoup plus que les joints -ça c'était nos parents- l'alcool fait des ravages.

 

En fait les adultes ont peur de nous mais aussi ont peur pour nous. C'est compréhensible. Je pense même qu'ils ont plus peur pour nous que de nous. Quant aux professeurs, qui sont ceux qui devraient nous connaître le mieux, après nos parents, ils ne savent pas, pour la plupart, nous parler. Nous écouter aussi. On échange jusqu'au collège. Après, au lycée, la grande majorité des profs ne veut pas nous parler. Ils n'ont jamais le temps. Alors que nous, élèves, attendons justement qu'ils nous apportent à la fois les savoirs mais aussi la compréhension.

 

La peur vient peut-être de là. On n'échange plus. Il faut finir les programmes. Il faut préparer le Bac pour que le lycée soit bien classé (on nous a dit ça avant-hier : toutes les terminales réunies devant le proviseur! A croire que le Bac il faut l'avoir d'abord pour l'image du lycée et ensuite seulement pour nous !).

 

On aurait tous moins peur les uns des autres en prenant le temps de se connaître. Mais voilà, il faut toujours aller vite !

 

Emma

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Le brevet des collèges 2021 commence lundi, sans aménagements liés au Covid

26 Juin 2021 , Rédigé par Sud-Ouest Publié dans #Education

Le brevet des collèges 2021 commence lundi, sans aménagements liés au Covid

Quelque 860 037 candidats sont inscrits en France métropolitaine et dans les départements et régions d’Outre-mer pour passer ce diplôme national du brevet (DNB) lundi et mardi.

Après le bac, le brevet des collèges : les élèves de troisième vont plancher lundi et mardi sur cet examen, qui est le seul à ne pas avoir été aménagé cette année malgré le Covid-19 et qui en fait « un peu stresser » plus d’un.

Quelque 860 037 candidats sont inscrits en France métropolitaine et dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM) pour passer ce diplôme national du brevet (DNB). D’un côté, la série générale avec 782 215 candidats et de l’autre la série professionnelle avec 77 822 candidats. Alors que le baccalauréat, l’épreuve anticipée de français ou encore les BTS ont connu des aménagements pour s’adapter à l’année scolaire bousculée par le Covid, rien de tel pour le brevet, ce qui suscite quelques inquiétudes.

« Depuis des mois nous demandions des aménagements aussi pour le brevet, sur les programmes et les sujets », souligne Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, le premier syndicat du secondaire. « Là on fait comme s’il n’y avait pas eu de conséquences sur les collèges alors qu’on sait qu’il n’y a pas eu de fonctionnement normal sur l’ensemble de l’année ».

En effet, des cours ont eu lieu en hybride dans les collèges des 15 départements les plus touchés par le Covid. « Sans compter les classes fermées et les enseignants absents partout en France », rappelle Mme Vénétitay. « Les correcteurs vont se retrouver face à des candidats qui n’ont pas toujours traité tout le programme », craint-elle. Pour certains élèves, les cours en pointillé de cette année scolaire n’incitent pas à l’optimisme.

« Année un peu bâclée »

Hannah, 14 ans, collégienne en troisième à Paris, compte les jours qu’il lui reste pour réviser. « Je suis bonne élève mais je suis quand même un peu stressée car avec le confinement, l’année a été un peu bâclée par certains profs », lance-t-elle. Sa crainte ? « Tomber sur un sujet de maths qu'(elle) n'(a) pas balayé ». « On a eu beaucoup de polycopiés en fin d’année pour les dernières notions », raconte-t-elle.

Margot, élève de troisième dans un autre établissement à Paris est, elle, moins stressée. « J’ai déjà plus de 400 points donc je ne suis pas particulièrement inquiète mais ce n’est pas pour autant que je ne travaille pas, je révise jusqu’au dernier moment », affirme-t-elle.

Les épreuves écrites de français, mathématiques, histoire-géographie, sciences et vie de la terre (SVT) et physique se dérouleront lundi et mardi. L’épreuve orale doit s’étaler entre le 3 mai et le dernier jour des épreuves écrites.

Sur le volet sanitaire, les candidats formellement identifiés comme cas contacts ou positifs au Covid-19 ne seront pas autorisés à se présenter aux centres d’examen avant la fin de leur période d’isolement, a souligné le ministère de l’Éducation. Leur absence aux épreuves sera justifiée par un cas de force majeure et ces candidats seront donc convoqués aux épreuves de remplacement organisées les 13 et 14 septembre.

L’an dernier, le taux de réussite à cet examen décerné uniquement sur les notes obtenues au contrôle continu en raison du Covid-19 et des restrictions sanitaires imposées pour limiter la propagation du virus, avait progressé de quatre points à 90,5 %.

Cette année, « dans la mesure où les épreuves de philosophie et du grand oral étaient maintenues pour le baccalauréat, c’était compliqué de ne pas faire passer celles du brevet », reconnaît Jean-Rémi Girard, président du syndicat Snalc (secondaire), selon qui cet examen a le rôle « de premier examen passé dans la vie de l’élève ». « Le brevet marque la fin d’une partie de la scolarité, le retirer serait une erreur », concède aussi Sophie Vénétitay.

Sud-Ouest (avec AFP)

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Mise en place d'une option français et culture antique en 6ème - Ou quand JM Blanquer copie-colle Najat Vallaud-Belkacem

25 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Changer le paradigme de la communication politique - Revue Politique et  Parlementaire

EXTRAITS

Une circulaire de rentrée pour le grand public 

A qui est destinée la circulaire de rentrée 2021 ? Le texte , fort court, reprend surtout des éléments de communication. Il contient peu d'annonces. Les principales sont la mise en place d'une option français et culture antique en 6ème, qui rappelle des souvenirs, et le retour de Pix. Après des circulaires de rentrée  2019 et 2020 qui étaient très contraignantes pour les enseignantes, le texte de 2021 semble s'adresser plutôt au grand public  ou aux électeurs...

(...)

La mise en place d'une option français culture antique en 6ème

Il y a pourtant des annonces. La première est la mise en place d'une option français et culture antique en 6ème "notamment dans les collèges les plus défavorisés". On n'a pas plus de précisions sur le contenu et le déploiement de cette option qui rappelle la réforme du collège menée par N Vallaud Belkacem.

(...)

EPS et lecture en élémentaire

Deux mesures concernent l'école primaire. "Dans le premier degré, la mise en place des 30 minutes d'activité physique quotidienne, qui se déploie dans de très nombreuses écoles, a vocation à être généralisée", ce qui reste imprécis. Ca ne l'est pas plus pour le " Quart d'heure lecture qui doit être instauré ou développé partout où c'est possible".

(...)

Il y aurait un grand intéret à développer une véritable politique de mixité sociale dans les collèges et lycées pour relever le niveau des élèves. Mais cette politique semble incohérente avec deux politiques ministérielles dont la circulaire ne parle pas : la réforme de l'éducation prioritaire avec l'objectif de supprimer les Rep et le développement d'établissements publics internationaux pour les plus favorisés.

Le reste de la circulaire reprend la communication grand public du ministère.

François Jarraud

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Education à l’environnement : «Une base que chaque enfant doit pouvoir toucher du doigt grâce à l’école»

25 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Environnement

Qu'est ce que l'éducation à l'environnement ?

Encore le fruit d’initiatives personnelles, cette pédagogie centrée sur le respect de la nature, connaît un intérêt croissant de la part des établissements. Au collège Saint-Pierre de Jarnac, les enfants sortent de classe pour chausser des bottes.

Visseuse en main, des collégiens entreprennent de fixer des planches sur le toit de leur poulailler. Objectif : rendre la construction, installée dans la cour de l’établissement scolaire plus résistante à la pluie. Un peu plus loin, leurs camarades moins bricoleurs tentent de communiquer avec les poules. Cet après-midi au collège Saint-Pierre de Jarnac (Charente), pas de cours de maths ou de français. Les élèves de sixième passent l’après-midi en plein air, à désherber leur jardin potager et à déguster à l’aveugle des plantes aromatiques. Pour les guider, des animateurs de l’association Les Jardins Respectueux, qui intervient dans plusieurs établissements scolaires dans le département pour sensibiliser et éduquer les élèves à l’environnement et au développement durable.

«L’aspect ludique permet d’assimiler pas mal d’informations», glisse Rémi Marcotte, architecte paysagiste de formation et fondateur de l’association. Au programme par exemple, la construction d’un composteur, pour valoriser les biodéchets de la cantine. De plus en plus d’écoles, collèges et lycées mettent en place ce type d’initiations, encore rares il y a quelques années : début 2020, un peu plus d’un tiers des établissements de l’académie de Poitiers proposait un projet d’éducation au développement durable, contre un quart en 2017. Non prévu au programme, l’enseignement à l’environnement dans les collèges reste disparate et «essentiellement le fruit d’initiatives spontanées», relevait en 2014 une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). La situation a depuis évolué, affirme le ministère de l’Education nationale, qui a signé en mai un accord de partenariat avec le ministère de la Transition écologique, qui vise une «démultiplication» de l’éducation au développement durable de la maternelle au lycée.

«Plus on commence tôt, mieux c’est»

Pour Christian Bonnin, président des Jardins Respectueux, il est important de débuter l’éducation à la nature dès le plus jeune âge : «plus on commence tôt, mieux c’est, car la sensibilité à l’écologie des enfants est bien plus importante que celle des adultes.» Une façon pour les animateurs d’espérer avoir un impact sur le long terme, «même en dehors de l’école». «L’éducation à l’environnement est une base que chaque enfant doit pouvoir toucher du doigt grâce à l’école», abonde Orane Larbi, éducatrice à l’environnement. «Ce qui me fait extrêmement plaisir c’est quand des enfants nous disent qu’ils ont construit un petit jardin chez eux avec leurs parents.»

Les élèves semblent très réceptifs : «Plus les gens agiront comme nous, plus la planète sera en bonne santé», résume une sixième, qui assure ne plus supporter les comportements «irresponsables» de certains. «Quand je vois les autres jeter des déchets par terre je m’empresse d’aller les ramasser pour les mettre à la poubelle !», se vante la pré-ado entre deux animations. Mathias – qui depuis le début de l’atelier poulailler se promène avec une poule sur la tête – a de son côté convaincu ses parents d’installer un composteur à la maison. Sa camarade Adèle s’est, elle, convertie à la consommation en circuit court : «On peut manger ce qu’on a cultivé au collège et ramener quelques aliments chez nous, alors qu’en grande surface, on ne sait pas forcément d’où ça vient…», commente la jeune fille.

Au-delà de la sensibilisation nécessaire aux enjeux écologiques, Svenja Lhez, professeure d’allemand qui a contribué à la création de ce projet – qui a valu au collège d’obtenir le label E3D (label obtenu lorsqu’un établissement s’engage dans une démarche de développement durable) délivré par l’Education nationale en début d’année – voit aussi dans ces ateliers en extérieur l’occasion d’«apprendre différemment, en ne restant pas assis toute sa journée sur une chaise jusqu’à 17 heures». Un moyen aussi pour les collégiens de gagner en autonomie : «certains élèves qui s’autocensurent lors de travaux théoriques se découvrent et se révèlent sur ce genre de travaux pratiques», remarque Adrien, professeur de physique-chimie. Pour l’équipe encadrante, les ateliers n’ont pas vocation à transformer les élèves en Greta Thunberg en puissance. Simplement à initier une prise de conscience, sans culpabilisation, pointe Marie Lozac’h, membre de l’association : «C’est un peu comme des graines qu’on sème, ça germe ou pas dans l’esprit des élèves !»

Aurore Savarit-Lebrère

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21 novembre 2017: JM Blanquer "tuait" le front républicain. En direct, applaudi par Marine Le Pen...

25 Juin 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

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Racisme d’État (1/2): un nouveau «front républicain»

Le 21 novembre 2017, le front républicain est mort en direct à l’Assemblée nationale. Un nouveau front républicain s’est formé quand les députés ont ovationné debout le ministre de l’Éducation nationale : celui-ci a fait l’unanimité, ou presque, non plus au nom de l’antiracisme pour faire barrage à l’extrême droite, mais avec le Front national, contre un syndicat qui combat le « racisme d’État ».

SUD Éducation 93 avait en effet annoncé pour la mi-décembre un stage de formation syndicale, sous le titre : « Au croisement des oppressions : où en est-on de l’antiracisme à l’école ? » « Deux ateliers « en non-mixité raciale » sont également au programme », précise Mediapart, « le premier portant sur “les outils pour déconstruire les préjugés de race, de genre et de classe”, le second sur le “ récit d’expérience des enseignant.es racisé.es”. »

On sait que la non-mixité, sexuelle et surtout raciale, fait polémique depuis le printemps 2016, d’abord avec les réunions féministes de Nuit Debout (mais qui s’indigne réellement de la non-mixité d’associations comme La Barbe ?) puis surtout après les journées de Paroles non-blanches, lors des mobilisations estudiantines à l’université Paris-8 contre la loi Travail : celles-ci avaient déjà suscité une question au gouvernement, et la condamnation de la ministre de l’Éducation nationale de l’époque.

Une fois encore, le Printemps républicain et le site d’extrême-droite Fdesouche ont lancé l’offensive : depuis des années, la « fachosphère » étend son influence avec des rhétoriques qui se réclament de la République comme de la laïcité. La censure se réclame désormais de la démocratie. La scène se répète, à propos du Camp décolonial contre le racisme d’État, et du Festival Nyansapo organisé par le collectif afroféministe Mwasi. C’est vrai aussi, dans le monde universitaire, sur des thèmes proches – même s’il n’y est pas question de non-mixité, autour du colloque sur l’intersectionnalité qui a failli être censuré au printemps 2017 à l’ESPE de l’académie de Créteil, ou de celui sur l’islamophobie qui l’a bien été à l’université Lyon-2 en septembre 2017.

Durant la séance de questions au gouvernement, Jean-Michel Blanquer commence par déclarer : « Tous les hommes naissent libres et égaux en droit. C’est l’article 1er de la Déclaration du 26 août 1789 qui je pense est à l’origine de l’engagement de tous les membres de cette Assemblée. » Autrement dit, c’est l’union sacrée autour de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Tout ce qui met en cause ce fondement de notre République, de notre histoire républicaine, est évidemment très grave. »

Cécile Rilhac, députée LREM, a uniquement interrogé le ministre sur la non-mixité ; celui-ci n’en dit mot dans sa réponse. Il préfère s’en prendre au vocabulaire (quitte à se tromper au moment de citer) : « ces ateliers qualifiés (j’ouvre les guillemets) de “non-racialisés” – et de “racialisés” aussi d’ailleurs (je ferme les guillemets). L’expression même utilisée est absolument scandaleuse. Elle ne peut pas avoir sa place dans l’Éducation nationale. »

C’est une des caractéristiques du débat français : depuis des années, la classe politique confond les mots et les choses. On passe son temps à rejeter le mot « islamophobie » au lieu de combattre le racisme anti-musulman. On prétend s’engager contre le racisme en décidant, à défaut d’autres actions, de supprimer le mot « race » de la Constitution ou du droit français – alors que c’est une arme contre la discrimination raciale. Et cela, au moment même où s’en saisissent des antiracistes, souvent des personnes racisées, que Libération qualifiait en une, le 3 avril 2016, de « nouveaux antiracistes ».

Le ministre lutte pareillement contre un lexique : « On parle de “non-mixité raciale”, on parle de “blanchité”, on parle de “racisés”, c’est-à-dire les mots les plus épouvantables du vocabulaire politique sont utilisés au nom soi-disant de l’antiracisme alors qu’en fait ils véhiculent évidemment un racisme. » Les images montrent d’ailleurs, au passage, les quelques figures « non-blanches » de l’Assemblée nationale, comme pour appuyer la logique color-blind d’un discours républicain indifférent aux différences raciales.

Dès lors qu’il s’agit d’un stage antiraciste organisé par SUD Éducation, et non de journées du Front national, l’évidence pourtant n’a rien d’évident ; c’est bien pourquoi il faut l’affirmer avec force, « évidemment », contre ces nouveaux racistes que seraient les nouveaux antiracistes. Dans sa question, Cécile Rilhac était beaucoup plus modérée, puisque, si elle « condamn[ait] la méthode », la députée de la majorité rappelait l’importance du « combat contre le racisme », mais aussi le droit des enseignants d’« exprimer leur point de vue en toute liberté » ; « en même temps », elle mettait en garde contre « une forme d’hystérisation et d’instrumentalisation de cette polémique par une partie de l’extrême droite et de la fachosphère ».

Le ministre n’a pas cette exigence : ce n’est pas le risque de récupération qui l’inquiète, et il n’évoque pas davantage la liberté des enseignants. Il est d’ailleurs significatif que le ministre ne se soucie pas du risque de discrimination syndicale : le mot discrimination n’apparaît pas dans sa réponse. Sur le racisme, il n’a qu’une chose à dire : «  puisque ce syndicat a décidé de parler aussi de racisme d’État, j’ai décidé de porter plainte pour diffamation à l’encontre de SUD Éducation 93. »

Alors que la question n’avait pas été interrompue par des applaudissements, la conclusion de la réponse transforme les applaudissements nourris en ovation, Marine Le Pen en tête : « Nous devons avoir l’unanimité de la représentation nationale contre cette vision de l’homme. » Quand l’ennemi principal, c’est « l’antiracisme politique », le Front national est au cœur du pacte républicain.

Eric Fassin

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Un deuxième billet proposera une discussion du vocabulaire contesté : non seulement les mots racisés et blanchité, mais aussi antiracisme politique, politiques de racialisation et de la race, et racisme d’État.

Post Scriptum (15 décembre 2017) :

Il semble que les images de l'intervention de Jean-Michel Blanquer sur LCP aient changé depuis l'écriture de ce billet : http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/ateliers-non-mixtes-de-sud-education-93-sur-le-racisme-detat-jean-michel. En particulier, on n'y voit plus aujourd'hui, à la fin de son intervention, Marine Le Pen parmi les premières à se lever pour ovationner le ministre. Heureusement, ces images que j'avais commentées sur Twitter (https://twitter.com/EricFassin/status/933421710703058944) y figurent toujours (https://twitter.com/LCP/status/932984363033116673).

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"C'est insupportable" : les profs de philo dénoncent la numérisation des copies du bac

25 Juin 2021 , Rédigé par France bleu Publié dans #Education, #Baccalaureat

"C'est insupportable" : les profs de philo dénoncent la numérisation des copies du bac

Près d'une semaine après l'épreuve de philo, les profs dénoncent les conditions dans lesquelles ils doivent corriger les copies. Cette année, elles sont toutes numérisées, ce qui engendre de nombreux problèmes.

"Le progrès technique est-il un progrès pour l'Humanité ?" La question était posée en 2016 aux bacheliers à l'épreuve de philosophie. La réponse cette année est concise : "Certainement pas."

Les profs de philo s'énervent contre la numérisation des copies. Plus de papier cette année, les feuilles des élèves ont été scannées par le rectorat et mises en ligne sur une plate-forme. Une opération qui a retardé la mise à disposition des copies et le temps de correction donné aux correcteurs. 

La numérisation est aussi entachée de couacs :"Les copies sont, par exemple, mal classées. Les pages 7 et 8 arrivent avant les pages 1 et 2, détaille Alexandra Renault, prof à Bourg-lès-Valence. Certains collègues n'ont pas eu l'entièreté des copies, c'est-à-dire que certaines feuilles n'ont pas été numérisées. D'autres feuilles ont été mal numérisées, c'est-à-dire qu'il y a des morceaux qui manquent."

Des corrections plus laborieuses

Des problèmes remontés aux administrateurs de la plate-forme, qui pallient au fur et à mesure le problème. La correction en ligne est aussi plus laborieuse. Impossible de comparer les copies entre-elles car le logiciel ne peut pas toutes les afficher en même temps. "Il faudrait un écran qui fait 3 mètres sur 5" ironise Alexandra Renault, penchée sur son ordinateur portable.

Pour s'y retrouver, elle a décidé d'écrire chaque note sur un papier. "Je classe les copies par sujet et quand j'ai fini de corriger un sujet, je pourrai visualiser l'ensemble des notes pour éventuellement en modifier certaines pour les harmoniser". Certains ont aussi abandonné l'idée d'annoter les copies en ligne, car la procédure prend trop de temps

S'ajoutent à cela des copies bâclées, arrêtées en cours de route car les élèves ont pris l'épreuve à la légère. Si leur note au bac est inférieure à leur moyenne en cours d'année, elle ne sera pas prise en compte. Une décision ressentie comme un coup de poignard par certains enseignants. "On passe l'année à apprendre des choses aux élèves, à les faire progresser. Et tout ça a été balayée d'un revers de main. C'est n'importe quoi". 

"Sincèrement, on pète les plombs", assène à bout Alexandra Renault. Pour dénoncer cette situation, certains professeurs ont décidé de faire grève et de ne plus corriger les copies.

François Breton, France Bleu Drôme Ardèche

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