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Vivement l'Ecole!

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Le Collège citoyen de France, une «ENA du terrain» pour prendre des cours de codes

30 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Education

Collège citoyen de France

Misant sur le partage d’expérience, cette nouvelle école, dont les cours débuteront en juin, veut former gratuitement une cinquantaine de citoyens au fonctionnement de la vie publique pour les aider à développer un projet d’intérêt général.

Parfois, il ne suffit pas d’avoir du temps, de l’énergie et des convictions pour concrétiser son projet. Il faut aussi compter dans son attirail une boussole pour s’orienter dans le labyrinthe de l’action publique : comprendre comment fonctionnent les institutions, comment se dépatouiller de l’administratif ou s’imposer au milieu d’une foule d’autres acteurs pas décidés à vous faire des cadeaux. C’est avec la volonté de pallier ce manque qu’un collectif, mêlant anciens hauts fonctionnaires, membres d’associations et artistes, a créé le Collège citoyen de France. Cette «ENA du terrain» entend former gratuitement des citoyens de tous horizons à la vie publique, pour leur permettre de développer un projet d’intérêt général. L’idée est née pendant le premier confinement, alors que le monde d’après s’inventait à coups de tribunes utopistes, avec l’envie de proposer quelque chose de plus concret pour redonner du sens à la politique.

«Une école comme l’ENA ne fait pas découvrir les réalités sociales, qui sont pourtant la matière première des politiques publiques», raconte Julien Neutres, l’un des dix cofondateurs, haut fonctionnaire passé par l’ENA. Parmi les dossiers des candidats au Collège citoyen, on retrouve des profils divers, allant d’une directrice d’Ehpad à un ex-commandant de caserne de pompiers, en passant par un ancien créateur de sites internet.

Une «petite démocratie»

La cinquantaine de nouveaux admis débuteront les cours en juin. Ils apprendront à construire un projet, mais aussi à comprendre le fonctionnement des institutions ou les relations entre acteurs publics, le lien avec l’Etat, avec un préfet, avec des partis politiques. «Il faut leur donner les moyens pour qu’ils ne se retrouvent pas démunis en arrivant dans ce milieu qui fonctionne selon des codes particuliers», expose Tania de Montaigne, l’une des cofondatrices, écrivaine et chroniqueuse à Libération. Si quelques vedettes viendront dispenser des cours (l’ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, ou le professeur au Collège de France Patrick Boucheron), les créateurs du Collège citoyen ont surtout misé sur le partage d’expérience pour faire de leur formation une «petite démocratie». Chacun pourra faire profiter les autres de son vécu, et surtout, chacun devra s’ouvrir à la réalité de ses camarades de promo. Un agriculteur sera amené à passer du temps au côté d’un chef d’entreprise, et inversement

Si d’autres institutions similaires, comme «l’école de l’Engagement» d’Arnaud Montebourg, ont clairement vocation à préparer les futurs cadres d’un parti, le Collège citoyen insiste sur sa volonté d’accepter des élèves de toutes sensibilités politiques, tant que celle-ci ne confine pas aux extrêmes. «Il s’agit simplement de préparer des personnes qui voudraient prendre un engagement pour le bien commun, pour qu’elles aient la force de le mener à bien», appuie Dominique Versini, ancienne secrétaire d’Etat issue de la société civile et cofondatrice du Collège citoyen. Un sang neuf qui pourrait attirer l’attention de partis en quête de changement.

Nicolas Celnik

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Philippe Meirieu : Construire une vision d'avenir pour l'Ecole et la démocratie

30 Juin 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Avec la traduction automatique, quel est l'avenir de la traduction ?

EXTRAITS

"Ce qui se joue à travers la place de l'éducation dans le débat politique c'est une certaine confiance en l'avenir, le contraire du populisme". Pédagogue, président des CEMEA, Philippe Meirieu se retrouve au centre de deux événements importants cette semaine. Le 30 juin, le lancement d'"Ambition éducation" et de son appel. Le 3 juillet celui de Convergence(s) pour l'éducation nouvelle.  A un an des présidentielles, l'ambition est de ramener l'éducation dans le débat politique. Pour Philippe Meirieu, l'avenir de la démocratie en dépend.

Vous êtes au cœur de deux événements importants cette semaine : Convergence(s) pour l'éducation samedi et Ambition éducation aujourd'hui. Après 4 années de ministère Blanquer où le ministre a démontré qu'il peut faire ce qu'il veut sans rencontrer de vraie résistance, il y a t-il encore une place pour l'action ?

C'est à nous de démontrer que l'on peut agir et mobiliser autour de la question de l'éducation. Il faut le faire d'autant plus urgemment que ce qui semble s'imposer dans le débat public en France n'est plus un idéal éducatif mais le contrôle et la répression comme outils majeurs des politiques publiques.

(...)

L'idée d'alliances éducatives locales, qui sous tend Ambition éducation, a t-elle fait la preuve de son efficacité ?

Je ne crois pas. Pas encore. Car les tentatives, l'appel de Bobigny, la refondation, ne sont pas allés jusqu'au bout. On n'a pas vraiment réuni les acteurs éducatifs locaux. La notion de projet éducatif de territoire a été dévoyée. L'école reste la seule instance éducative légitime alors que l'enfant est un tout. Il faudrait que les différents acteurs construisent un éco système éducatif qui permette à l'enfant de se développer.

L'école ne peut pas résoudre seule tous les problèmes surtout quand on lui demande de porter des valeurs que la société refuse, comme l'effort ou la probité. Il faut donc une prise de conscience des acteurs locaux pour qu'ils collaborent. Or ce qui est devant nous aujourd'hui c'est une politique de la suspicion réciproque.

Cette mobilisation des acteurs locaux n'est pas contradictoire avec le renforcement des solutions de l'Etat. Il faut réfléchir aux impulsions nationales et à leur complémentarité avec les initiatives locales.

(...)

Sans vision d'avenir il n'y a pas de démocratie. C'est cette vision qui est à construire. L'éloge constant du pragmatisme est mortifère pour la démocratie. La démocratie a besoin de clarté sur les projets de société en jeu. Et ce qui se joue dans les mois à venir c'est moins des points de vue techniques sur telle ou telle mesure que de dévoiler les projet de société qui sont derrière. Il faut donner aux citoyens la possibilité de choisir. J'espère que l'on pourra changer cela pour la présidentielle.

Propos recueillis par François Jarraud

Ambition éducation

Convergences pour l'éducation nouvelle

La primaire citoyenne

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Les derniers clous sur le cercueil du Baccalauréat ? Communiqué de l'APHG

30 Juin 2021 , Rédigé par APHG Publié dans #Education, #Baccalaureat

Baccalauréat : les bonnes affaires des diplômés avec mention - Capital.fr

EXTRAIT

A propos du communiqué du Ministère de l’Education nationale : « Ajustements proposés pour le baccalauréat général et technologique à compter de la session 2022 ».

Chaque étape de la réforme du lycée délivre une modification profonde des conditions de travail des élèves et de leurs professeurs dont les effets délétères ont été régulièrement pointés par l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG).

Un an de difficultés multiples liées à la pandémie a montré que, pourtant régulièrement alerté, le ministère n’a jamais fait preuve de l’anticipation nécessaire. Entre injonctions contradictoires et précipitation, les équipes pédagogiques ont fait le maximum pour préparer au mieux leurs élèves. Convocations envoyées au dernier moment, parfois le jour-même de l’épreuve, jurys convoqués comme « spécialistes » d’un enseignement qui n’est pas le leur, élèves se retrouvant plusieurs heures sans jury… Les épreuves du baccalauréat 2021, celles de la première année de la réforme, se sont déroulées dans un désordre sans pareil. Les autorités rectorales et ministérielles minimisent la réalité mais prennent soin d’en attribuer la faute sur les professeurs qui ne peuvent que subir les effets d’une usine à gaz contre lesquels nous avions alerté dès novembre 2017 ! C’est irresponsable et, dans le climat qui est le nôtre, c’est choisir de jeter l’opprobre sur les professeurs. Tant bien que mal, les épreuves ont finalement été passées. Mais à quel prix ?

(...)

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

https://www.aphg.fr/Les-derniers-clous-sur-le-cercueil-du-Baccalaureat

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Dis-moi où tu passes le bac, je te dirai ce que tu fais

30 Juin 2021 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education, #Baccalaureat

https://cdn-s-www.estrepublicain.fr/images/746A03C9-736A-4A22-98E1-5DAEB8C881ED/NW_detail_M/title-1623430233.jpg

L’HUMEUR DU JOUR – Le ministre de l’Éducation annonce encore une nouvelle réforme du bac, et un renforcement du contrôle continu. Au risque d’accentuer les inégalités.

Le Covid aura-t-il été le meilleur allié de Jean-Michel Blanquer ? À peine achevée sa première édition, voilà son nouveau bac déjà re-réformé pour 2022, à la faveur des adaptations « exceptionnelles » imposées par la crise sanitaire et qui vont devenir la norme. Ce qui ne change pas : les épreuves terminales compteront toujours pour 60 % de la note finale. Ce qui change : les 40 % de contrôle continu seront désormais calculés exclusivement sur les notes obtenues au cours de l’année, avec la suppression des « épreuves communes » – ex-« épreuves communes de contrôle continu » : des devoirs sur table effectués en cours de première et de terminale, très critiqués l’an dernier pour leur première mise en place, et carrément annulés cette année pour cause de crise sanitaire.

Évidemment, cela a le mérite de la simplicité et de la cohérence : depuis le départ, le ministre ne jure que par le contrôle continu. A priori, ce dernier semble plus juste : récompenser les efforts de toute une scolarité, au lieu de se fonder sur des examens ponctuels, avec leur part d’aléatoire. Pourtant, cette annonce peu concertée renforce dangereusement le soupçon qui pèse sur ce nouveau bac : creuser les inégalités entre élèves. Privés d’une évaluation anonyme et nationale, ils seront désormais associés jusqu’au diplôme à leurs établissements et enseignants, dont les systèmes de notation varient considérablement. Et sans qu’aucune procédure d’harmonisation ne semble prévue. Dès 2022, le bac ne sera plus qu’un diplôme local, à la valeur définitivement dépendante de la réputation du lycée où il a été passé. Un progrès, vraiment ?

Juliette Bénabent

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La "woke culture" est-elle à l'origine de la suppression du grec et du latin dans les universités américaines ?

29 Juin 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

La "woke culture" est-elle à l'origine de la suppression du grec et du latin dans les universités américaines ?

Un article paru dans "Le Figaro" explique que l’université de Princeton, aux États-Unis, a supprimé l’obligation d’apprendre le grec et le latin. La “woke culture" en serait à l'origine, dénoncant l'esclavagisme et le racisme des sociétés antiques. C’est plus compliqué que ça.

Selon un article du Figaro publié le 24 juin , les universités américaines chercheraient à "chasser le grec et le latin" de leurs cursus, sous prétexte que les sociétés antiques étaient "esclavagistes et racistes". L'article a suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux. Il vise essentiellement l’université américaine de Princeton qui a récemment décidé que "le grec et le latin ne seraient plus obligatoires en lettres classiques". L’article explique que cette décision est liée à "la pression du courant ‘woke’, réduisant la culture antique à une société esclavagiste et raciste". Cependant cette affirmation est un raccourci.

Il est vrai que l'université de Princeton a décidé de ne plus rendre obligatoire les enseignements de langues anciennes pour les étudiants du cursus dit "classique". Cela a notamment été expliqué dans la revue des anciens élèves, Princeton Alumni News: "Le parcours classique, qui exigeait un niveau intermédiaire en grec ou en latin pour l’intégrer, a été supprimé, tout comme l’obligation de suivre des cours de grec ou de latin."

Supprimer les barrières à l’entrée de la licence

Cette décision fait partie d’une série de mesures prises par l'université de Princeton visant à rendre les différents enseignements plus inclusifs et flexibles. Un communiqué de l’université rappelle que "les étudiants sont toujours encouragés à suivre l’un de ces deux langages si cela est cohérent avec leur intérêt dans le cursus. Nous pensons qu'une approche basée sur l’inclusion et la persuasion sera plus efficace pour encourager l’apprentissage de ces langages, qu’une approche basée sur l’obligation."

La raison de ce changement dans l’enseignement des langues anciennes n’est pas le racisme ou l'esclavagisme dans les sociétés grecques et romaines. Dans son communiqué, l'université explique vouloir supprimer les barrières à l’entrée du cursus, comme l’obligation d’avoir un niveau médian en grec ou en latin, afin de diminuer les disparités d’accès entre les étudiants: "Nous pensons qu’avoir dans notre département des gens qui n’ont pas suivie d'enseignements classiques au lycée et qui n’ont pas eu d'initiation au grec ou au latin en fera une communauté intellectuelle plus vivante", explique Josh Billings, directeur des licences et professeur du département classique de Princeton. L’idée est donc bien d’inclure davantage d’élèves avec des profils plus divers dans ce cursus et non de limiter l'enseignement du grec et du latin: "Nous n’avons pas réduit notre enseignement des langues anciennes et ne comptons pas le faire." confirme l’université.

Une réflexion sur l’enseignement de la culture antique

Cependant, il y a bien une réflexion menée sur l'inclusivité et le "racisme systémique" dans l'université de Princeton. "Ces derniers mois, la crise sanitaire et les horribles incidents de violences racistes, surtout contre les personnes noires, ont mis en lumière les inégalités systémiques de notre société. Ces tragédies nous obligent à réaffirmer notre engagement pour la diversité et l’équité dans nos domaines." explique la direction dans la rubrique "Diversité et équité" du site de l'université.

Dans ses engagements, l'université affirme vouloir "articuler une vision claire, moderne et inclusive des disciplines". Cela concerne notamment l'enseignement de la culture antique: "Là où les sociétés grecques et latines étaient enseignées comme des cultures exemplaires, les étudiants du cursus classique (...) portent maintenant attention à la thématique de l’inclusion." Les universitaires de Princeton mènent en fait une réflexion sur la façon d'enseigner les différentes matières, afin d’éviter les biais culturels. Mais cela n’est pas directement en lien avec la décision de supprimer l’obligation d’étudier les langues anciennes dans le cursus classique.

Nina Droff

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Les enfants et adolescents, grands oubliés des mesures de lutte contre le Covid-19

29 Juin 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

Covid-19 : avoir un enfant à l'école accroît-il vraiment le risque de  transmission du virus ? - Capital.fr

EXTRAITS

Nous pâtissons grandement d'une idéologie obsolète considérant les plus jeunes comme des sous-citoyens qui ne peuvent pas jouir des mêmes stratégies de réduction des risques que les adultes.

Depuis le début de la pandémie, la question des enfants et des adolescents cristallise un grand nombre de débats et, il faut bien le reconnaître, de mauvaise foi et de mauvaise volonté. On aura vu à maintes reprises le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer se prendre les pieds dans le tapis des chiffres pour minimiser le risque de contagion dans les établissements scolaires. La société française de pédiatrie a, pour sa part, toujours sous-estimé la part des enfants dans la transmission du virus, en dépit de l'impact visible des vacances scolaires et des connaissances acquises précédemment sur la plupart des virus respiratoires.

Il nous semble aujourd'hui légitime d'affirmer que nous avons assisté à une forme de conflit d'intérêts idéologique de la part de ces instances qui ont toujours eu la volonté louable de défendre l'éducation, et spécifiquement la scolarisation présentielle des enfants, ce qui les a menées à négliger la prévention au sein des écoles, collèges et lycées.

Si nous pensons bien sûr que sanctuariser l'éducation des enfants est nécessaire (c'est même un droit fondamental des enfants), nous avons la conviction qu'il ne faut en aucun cas perdre de vue la santé des enfants et de leurs proches. En effet, si les plus jeunes déclarent le plus souvent des formes bénignes de l'infection, qu'il y a eu peu d'hospitalisations et encore moins de décès, ils peuvent contaminer le personnel des écoles, leurs parents, leurs grands-parents et toute personne de leur entourage. Il y a aussi des enfants scolarisés souffrant de comorbidités les mettant dans la catégorie des personnes à risque de forme grave. Et, même s'il est crucial d'affiner cela par des études solides afin de définir des critères diagnostiques, le Covid long affecte également les enfants et les adolescents avec un impact qui pourrait s'avérer important sur leur qualité de vie et sur leur scolarité.

Plutôt que chercher à minimiser la transmission chez l'enfant, les pouvoirs publics, pour protéger la scolarité et l'éducation, devraient tout mettre en œuvre pour déployer sans délai toutes les mesures adaptées pour sécuriser vis-à-vis du Covid-19 les lieux d'accueil scolaires et périscolaires dès cet été. C'est d'autant plus important au vu du contexte: à mesure que la population adulte va se faire vacciner, les réservoirs de Covid se déplaceront vers les plus jeunes pas encore vaccinés. Par ailleurs, nous ne savons pas encore si les nouveaux variants sont plus agressifs, plus virulents chez les jeunes et les enfants.

(...)

Il semble évident qu'il convient de profiter des vacances pour aménager et équiper les établissements scolaires et les lieux d'accueil périscolaires de façon à assurer une aération/ventilation des locaux fermés adaptée au risque de transmission par aérosols. À l'aide de tests réalisés grâce à des capteurs de CO2, il pourra s'agir de meilleurs agencements de l'espace et des fenêtres ainsi que de l'équipement en purificateurs d'air (là où l'aération satisfaisante est impossible à obtenir, dans les salles de classe et tout particulièrement dans les endroits où les enfants enlèvent leurs masques comme la cantine ou la bibliothèque). Tant que circulera le virus et que planeront des menaces de rebond, le masque devra être conservé dans les lieux clos par les enfants au-dessus de 6 ans et le personnel d'encadrement.

Il est également crucial de déployer (pour de vrai, cette fois), les tests salivaires et les tests antigéniques dans les écoles et de marteler l'importance de se faire tester au moindre symptôme (nez qui coule, nez bouché, maux de gorge et/ou de tête, fièvre...) afin de s'isoler dans les plus brefs délais. Nous savons désormais que le variant Delta a tendance à se manifester chez les plus jeunes par des symptômes assez peu spécifiques (comme un simple rhume) ne signant pas toujours cliniquement le Covid.

Nous pâtissons aujourd'hui grandement d'une idéologie obsolète considérant les enfants et les adolescents comme des sous-citoyens qui ne peuvent pas jouir des mêmes stratégies de réduction des risques que les adultes, et qui seraient incapables de résilience et de plasticité face à des enjeux épidémiques que beaucoup ont parfois parfaitement bien compris, voire revendiquent.

Laure Dasinieres et Antoine Flahault

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Quand les enseignants claquent la porte

29 Juin 2021 , Rédigé par Le monde des idées Publié dans #Education

Sclera pictogrammes

EXTRAITS

Les démissions de professeurs des écoles, bien que statistiquement limitées, sont un révélateur de la dégradation des conditions de travail des enseignants dans un contexte d’austérité budgétaire, sans que cette question se limite au thème de la revalorisation des salaires.

Suite à la publication de données qui faisaient état d’une augmentation du nombre de démissions des professeurs des écoles (Jarraud, 2020) et de l’événement tragique qu’a représenté le suicide de Christine Renon le 21 septembre 2019 (Le Monde, 3 octobre 2019), le groupe professionnel des enseignants du primaire a attiré une attention inhabituelle, à rebours d’une conception idéalisée d’un métier avec des horaires souples, une journée de travail qui se termine à 16 heures 30, beaucoup de temps libre et une grande autonomie. C’est d’ailleurs une profession qui attire un nombre relativement important de personnes en reconversion, notamment dans le premier degré, où leur proportion est passée de 18,8 % en 2011 à 28,3 % en 2018 d’admis au concours. En même temps, le taux de démissions, en particulier chez les stagiaires qui sont à mi-temps en stage et à mi-temps en classe, depuis la réforme de 2013 liée à la « refondation de l’école » a triplé entre 2012-2013 et 2015-2016, passant de 1,66 % en 2012-2013 à 3,18 % en 2015-2016 (Carles et Frérat, 2017, p. 37). La proportion d’enseignants en poste qui démissionnent reste cependant relativement modeste malgré cette augmentation : elle représente 0,02 % durant l’année scolaire 2008-2009, 0,08 % en 2013-2014 et 0,24 % en 2017-2018 (Feuillet et Prouteau, 2020).
 6 % des stagiaires ne sont plus enseignants l’année suivante en 2017, qu’ils soient licenciés ou qu’ils démissionnent ou qu’ils prennent une disponibilité (un tiers des enseignants débutants).

L’enjeu de cet article est de décrire et d’analyser les charges de plus en plus lourdes auxquelles doivent faire face les professeurs des écoles, et qui expliquent la crise que traverse actuellement la profession ; le nombre de démissions, statistiquement insignifiant, n’est qu’un révélateur parmi d’autres, dont la baisse d’attractivité du métier, l’insatisfaction d’une partie grandissante de la profession, etc.

(...)

Ce serait une erreur de considérer que les enseignants qui démissionnent sont plus insatisfaits que d’autres : ils ont simplement plus d’opportunités pour partir (une diversité de ressources les caractérise) et parfois, un événement déclencheur : une situation d’humiliation avec un inspecteur, la mort d’un proche qui les conduit à réinterroger le sens de ce qu’une partie d’entre eux décrivent comme une descente aux enfers ou une expérience de harcèlement moral avec un membre de l’encadrement. Un article récent (Balland, 2020) qui porte sur des néo-enseignants aux prises avec l’angoisse et qui eux, ne s’autorisent pas à partir, montre, s’il en était besoin, à quel point les expériences de ceux qui restent et de ceux qui partent sont semblables. Le contexte de chômage, de précarisation de l’emploi, etc., n’autorise pas à penser comme l’expression d’un bien-être au travail le faible nombre de démissions. Ce bien-être est réel pour une partie d’entre eux, mais beaucoup d’autres luttent avant tout pour « tenir » face à la dégradation des conditions de travail.

Sandrine Garcia

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Le ministre de l'hésitation nationale Blanquer simplifie le contrôle continu - Par Claude Lelièvre

29 Juin 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Baccalaureat

Le ministre de l'hésitation nationale Blanquer simplifie le contrôle continu - Par Claude Lelièvre

Il lui aura fallu quatre ans pour le faire, après nombre de manœuvres dilatoires. Par machiavélisme, comme certains le pense ? Ou bien tout simplement par valse-hésitation d'un ministre très politicien qui tente souvent de ''passer entre les gouttes'' tout en adoptant un ton péremptoire.

Pour mémoire, le 15 févier 2018, j'avais posté sur Médiapart un billet intitulé :

« Le ministre de l'hésitation nationale Blanquer a manqué son rendez-vous historique! »

Le «vrai contrôle continu» compte pour 10% et le «faux contrôle continu» pour 30%. In fine, «l'allégement» des épreuves et leur «simplification» se solde par un «alourdissement» et une «complexification» du baccalauréat. Bravo l'artiste !

Dans son interview parue dans « L'Etudiant » le 30 mars dernier, Emmanuel Macron avait pourtant été très clair : « Nous faisons confiance au contrôle continu et au jugement des professeurs pour l'entrée dans les formations sélectives (écoles préparatoires aux grandes écoles, sections de techniciens supérieurs, IUT, écoles post-bacs). Pourquoi en seraient-ils incapables pour le baccalauréat? ». Il s'agissait bien du ''contrôle continu'' entendu comme l'ensemble des évaluations ordinaires faites au fil des années (en première et terminale) présentes dans les dossiers des postulants examinés. Et on se souvient de sa conclusion : « Je souhaite donc simplifier le baccalauréat. Quatre matières seront passées en contrôle terminal, les autres seront validées en contrôle continu ».

Mais ce n'est pas ce qui vient d'être annoncé par le ministre de l'hésitation nationale Blanquer. Cinq épreuves terminales (le français en fin de classe de première, deux épreuves de spécialité au printemps, un ''oral'' et la philosophie en fin de terminale) comptant pour 60%. Plus 10 % de ''vrai contrôle continu'' (prise en compte des notes ''ordinaires'', comme dans les dossiers de candidatures aux formations post-bacs recherchées). Plus 30 % de ''faux contrôle continu'' reposant sur des ''partiels'' ad hoc en première et terminale (pouvant avoir lieu en janvier et en avril pour la première, et en décembre pour la terminale). La ''simplification'' demandée et proclamée par le chef de l'Etat Emmanuel Macron se solde par un étalement et une prolifération des moments possibles de ''bachotage'', une soi-disant simplification ultra-compliquée !

Et un an plus tard,  j'ai rendu compte d'un autre cas exemplaire (car ultra-rapide) des œuvres et manœuvres  du ministre de l'hésitation nationale Jean-Michel Blanquer

Le 11 février 2019, le député ''LR'' Eric Ciotti défend un amendement qu'il a déposé avec quelques autres parlementaires  en cours de discussion du projet de loi.: ''cet amendement tend à faire en sorte que le drapeau français soit installé dans chaque classe de  chaque école de la République. Nous avons évoqué La Marseillaise ; nous parlons maintenant du drapeau français."

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer répond dans un premier temps par la négative en s'inscrivant sur ce point dans la continuité de ses prédécesseur : ''Que les enfants connaissent la Déclaration des droits de l’homme, qu’ils chantent La Marseillaise et que le drapeau soit présent dans l’école est un objectif fondamental. Comme vous le savez, le code de l’éducation prévoit déjà chacun de ces éléments à l’échelle de l’école. Vous proposez qu’ils soient dorénavant présents à l’échelle de la classe. Je ne dis pas que c’est une proposition absurde, mais je ne pense pas qu’il soit souhaitable de multiplier les affichages en classe pour des raisons pratiques assez évidentes.

Mais d'autres députés ''LR'' prennent la parole et soutiennent l'amendement présenté par Eric Ciotti. Il y a une suspension de séance à l'issue de laquelle est proposé (et voté) un amendement à la suite de ''propositions faites par le Gouvernement, avec l’aval du premier signataire de l’amendement no 102 (Eric Ciotti), ainsi rédigé : « La présence de l’emblème national de la République française, le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, du drapeau européen ainsi que des paroles du refrain de l’hymne national est obligatoire dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degrés, publics ou privés sous contrat.

Le ministre de l'hésitation nationale Jean-Michel Blanquer a ''tranché'' (sur un ton ''péremptoire'', à son habitude...). Et qu'en est-il effectivement dans les salles de classe plus de deux ans après  ?

Claude Lelièvre

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Nouveau bac : les évaluations communes remplacées par les moyennes de l'année

29 Juin 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Baccalaureat

Nouveau bac : les évaluations communes remplacées par les moyennes de l'année

Comme attendu, le ministère de l'Éducation nationale propose des ajustements pour le baccalauréat à partir de l'année prochaine. La part de contrôle continu ne change pas, les évaluations communes sont supprimées.

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a présenté ce lundi 28 juin des ajustements de sa réforme du baccalauréat. Le contrôle continu sera renforcé. Les évaluations communes (E3C) seront abandonnées dès la rentrée prochaine et remplacées par un contrôle continu "plus souple", basées sur les moyennes. Ces E3C étaient l'aboutissement d'un compromis pour "apaiser certaines oppositions syndicales" souligne le ministère.

Le baccalauréat toujours basé à 40% sur le contrôle continu

Les moyennes de l'élève dans toutes les disciplines du tronc commun qui ne seront pas évaluées par des épreuves terminales seront prises en compte. Il y a l'histoire-géographie, les deux langues vivantes obligatoires, l'EPS, l'enseignement scientifique en voie générale ou les mathématiques en voie technologique. Cela fait cinq matières, coefficient 6 chacune sur les deux années de première et terminale. Elles comptent pour 30% de la note du bac. À cela s'ajoutera l'enseignement de spécialité que les élèves abandonnent en première. C'était coefficient 5, il passe à 8. Enfin l'enseignement moral et civique, discipline que le ministre veut mettre en avant, sera coefficient 2.

Le ministère de l'Éducation nationale annonce une nouveauté : les options pourront désormais être créditées d'un coefficient supplémentaire de 4 si elles sont suivies en première et en terminale ou coefficient 2 seulement en terminale. Pour les examens, rien ne change ni sur le calendrier ni sur les modalités. Le français, les deux spécialités, la philo et le grand oral comptent pour 60% de la note du bac. 

Le contrôle continu, source d'inégalité ?

La notation n'est pas la même selon les professeurs, selon les lycées. Mais le ministre ne propose pas de garde-fou, il renvoie à une concertation au sein des établissements. Le principal syndicat d'enseignant, le SNES, réagit et dénonce un bac local. Finalement, le ministre impose son idée de départ, un contrôle continu basé uniquement sur les bulletins scolaires. Les évaluations communes sont lourdes à organiser. Et surtout, avec la crise sanitaire, le bac cette année repose à 82% sur les moyennes des élèves et c'était même 100% l'an dernier. Donc l'idée de revenir à 40% de contrôle continu, à partir des notes de l'année, passe beaucoup mieux aujourd'hui. Le ministre peut plus facilement le faire accepter. 

Toutes ces propositions seront étudiées et débattues par les organisations syndicales dans le cadre d'un Conseil supérieur de l'éducation le 8 juillet prochain.

Victor Vasseur

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Dossier : L’art d’apprendre à lire, retour sur quelques leçons de la recherche

29 Juin 2021 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education, #Pédagogie

Dossier : L’art d’apprendre à lire, retour sur quelques leçons de la recherche

Évoquez l’apprentissage de la lecture et aussitôt reviennent au premier plan les débats sur les manuels et les méthodes, globale et syllabique. Mais n’est-ce pas un angle un peu réducteur pour embrasser les multiples questions qui se posent sur les manières d’appréhender l’écrit ?

Avant même l’entrée au CP et le travail de B.A-BA, les enfants apprivoisent les liens entre signes et sens à travers tout un ensemble d’activités, sur lesquelles la recherche s’arrête de plus en plus.

Anita Collins et Misty Adoniou (University of Canberra) nous expliquent ainsi pourquoi les jeux de mots et comptines, loin d’être de simples divertissements, sont si présents en maternelle, tandis que Caroline Creusot-Tuphile (Université de Bordeaux) explore le dialogue qui se noue entre adultes et enfants autour des albums jeunesse. Des interactions essentielles pour poser les bases d’une bonne compréhension que les enfants peuvent affiner ensuite en se mettant dans la peau du conteur, selon les travaux de Sylvie Cèbe (Université Clermont-Auvergne).

À l’heure où les textes circulent de plus en plus en version numérique, les spécialistes de la psychologie cognitive nous invitent à ne pas négliger les aspects matériels de la lecture, du cadre où l’on se trouve au support que l’on utilise, car cela interfère avec la perception et le souvenir qu’on aura du récit, explique Ugo Ballenghein (UPEC). D’ailleurs, l’écriture manuscrite n’est pas seulement une habitude culturelle, mais aussi un tremplin vers l’apprentissage de la lecture.

Cet apprentissage se poursuit tout au long de la scolarité, l’élève s’initiant à l’analyse de textes toujours plus complexes et à l’art d’argumenter. Dans un contexte où prolifèrent les images et les informations, il faudra donc cultiver l’esprit critique, tout en assimilant les codes de la lecture sur écran, comme l’expose Divina Frau-Meigs (Université Sorbonne-Nouvelle), pour mieux jongler entre papier et ordinateur, selon les conseils de Naomi S. Baron (American University).

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Aurélie Djavadi - Cheffe de rubrique Education

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