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Vivement l'Ecole!

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Parcoursup : l’admission à l’université, hypothèse incertaine pour les lycéens

2 Juillet 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

L'épreuve Parcoursup a-t-elle supplanté le bac ?

EXTRAIT

Le tri des candidatures aux licences universitaires comporte une part d’aléatoire, y compris pour des lycéens affichant un bon dossier. Une source de frustration et de stress supplémentaire.

Sa position la plus favorable sur liste d’attente : 4 000e. La plus mauvaise : 8 000e. Depuis un mois, Flora (les prénoms ont été modifiés) se sent en sursis, à mesure que Parcoursup rend ses réponses d’admission dans l’enseignement supérieur. Elève au lycée Hélène-Boucher, dans le 20e arrondissement de Paris, 14/20 de moyenne, la jeune fille souhaite intégrer une licence en sciences politiques à Paris-I ou à Nanterre, un projet validé par ses professeurs et par le chef d’établissement sur la « fiche avenir » versée à son dossier de candidature.

Pourtant, ces deux formations « non sélectives » l’ont mise en attente. Au bout de trois semaines, deux autres formations, qui étaient pour elle des « vœux de secours » – licence de psychologie et licence d’administration économique et sociale (AES) – pour lesquels Flora était aussi en attente, ont fini par lui donner une réponse positive, des centaines de places s’étant libérées ces derniers jours.

L’exemple de Flora est loin d’être isolé et trois ans après la mise en place de Parcoursup, la question est de savoir si les filières « non sélectives » à l’université sont encore une réalité lorsque les listes d’attente sont si longues qu’aucun espoir n’est permis pour le candidat mal classé. Le ministère de l’enseignement supérieur martèle de son côté qu’aucun refus d’admission ne peut être formellement opposé par les commissions d’examen des vœux puisqu’elles n’ont pas la possibilité de dire « non » à des candidats. En revanche, elles peuvent les placer en fin de liste d’attente s’ils n’ont pas été classés par l’algorithme de tri.

« Seule une capacité d’accueil insuffisante peut justifier qu’il ne soit pas fait droit à une demande d’inscription dans une formation non sélective, affirme Jérôme Teillard, responsable de la plate-forme Parcoursup. Evidemment, certaines de ces formations peuvent connaître des tensions en dépit des créations de places régulières conduites dans le cadre du plan étudiants et du plan de relance. » Jeudi 1er juillet, 16,6 % des 841 000 candidats (lycéens et étudiants en réorientation) restaient sans proposition. A partir du 2 juillet, chacun pourra solliciter un accompagnement de son rectorat pour trouver une formation parmi les places encore vacantes.

Professeur principal dans l’académie d’Amiens, Jean (qui a requis l’anonymat) ne souhaite plus « assurer le service après-vente » de la plate-forme. « Je m’interroge cette année plus que les précédentes, rapporte-t-il. La grande question des élèves est de savoir s’ils auront une place à l’université, ce à quoi je suis incapable de répondre. » Dans sa classe, cet enseignant d’histoire-géographie observe un phénomène nouveau : des élèves à 11 ou 12/20 de moyenne reçus en classe prépa, une autre avec 17/20 sur liste d’attente pour le Parcours accès santé spécifique (PASS) de la faculté de médecine, tandis qu’une troisième à 14,5/20 y a été admise dès le premier tour… « Elles ont choisi les mêmes spécialités en 1re et en terminale et présentent des profils similaires, sans engagement extrascolaire qui aurait pu faire la différence entre elles, analyse leur professeur. Est-ce dû à un bug informatique ? Est-ce qu’il vaut mieux avoir 14 partout plutôt que 17 de moyenne avec une grande différence entre deux matières ? »

(...)

Soazig Le Nevé

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"Combien de Français ne partent pas en vacances l'été ?" (2019 mais toujours d'actualité)

2 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Bouseux et racailles, l'avenir c'est vous, n'en déplaise aux haineux !" -  Bondy Blog

Ce samedi, classé «noir» dans le sens des départs par Bison Futé, sera la journée la plus difficile de l’été sur l’ensemble des grandes routes. Pour autant, une grande partie des Français ne prend pas de vacances l'été (ni le reste de l'année).

Question posée par Antoine le 30/07/2019

Bonjour.

Difficile de passer à côté de l'annonce faite vendredi matin : ce samedi, classé noir dans le sens des départs par Bison Futé, sera la journée la plus difficile de l'été sur l'ensemble des grands axes routiers français.

Ce premier samedi d'août, chassé-croisé entre «juillettistes» et «aoûtiens», avait déjà été le plus bouché lors de l'été 2018, avec 644 kilomètres de bouchons cumulés en France, selon les chiffres communiqués par Bison Futé à CheckNews. Qui avait comptabilisé 4 624 kilomètres de bouchons cumulés sur les routes françaises les samedis, entre le 30 juin et le 1er septembre. Des bouchons et des samedis «noirs» qui occultent une réalité : une bonne partie des Français ne partent pas en vacances.

Une étude réalisée en 2015 par la Direction générale des entreprises (DGE), pour le compte du ministère de l'Economie et des Finances, estimait en effet que moins d'un Français sur deux partait en vacances l'été. «Les personnes à bas revenu ou sans diplôme, mais aussi celles exerçant une activité indépendante ou habitants en dehors des grandes agglomérations partent moins», explique cette étude.

Sans surprise, la variable la plus discriminante pour expliquer le départ et le non-départ est le revenu du foyer. Parmi les ménages percevant plus de 3 800 euros par mois (21% des ménages), seulement 10,4% ne sont pas partis en voyage l’été (en 2015). A l’inverse, parmi les ménages percevant moins de 1 900 euros par mois (26% des ménages), 43,6% ne sont pas du tout partis en voyage, 28,5% sont partis entre une et sept nuits maximum et seulement 27,9% d’entre eux sont partis en vacances au moins une semaine au cours des mois de juin, juillet, août ou septembre.

Par ailleurs, entre 2013 et 2015, 16% des Français n’ont réalisé aucun voyage personnel et 21,6% d’entre eux ne sont pas partis en vacances.

82% des cadres, 47% des ouvriers

En 2014, le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie avait également étudié le taux de départ en vacances des Français, pas seulement l'été, mais sur l'ensemble de l'année. Notant que ce taux de départ, qui avait augmenté dans les années 80, puis au milieu des années 90 (passant de 59 à 66%) avait baissé de 9 points en une quinzaine d'années. Avant de repartir à la hausse entre 2011 et 2014, pour atteindre 60% cette dernière année.

Les conclusions (relevées à l'époque par l'Observatoire des inégalités) de cette étude rejoignent, dans les grandes lignes, celle de la DGE : 40% seulement des personnes aux revenus inférieurs à 1 200 euros mensuels ont quitté leur domicile pour des congés en 2014, contre 86% pour celles qui disposent de plus de 3 000 euros. Et 82% des cadres supérieurs partent en congés, contre 47% des ouvriers.

Concernant les Français qui partent en été, qui restent majoritaires, l'Insee s'est penchée sur la saison touristique d'été 2018, en se basant sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques (hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques). L'Institut statistique note une «fréquentation en hausse», mais surtout grâce à la clientèle qui ne réside pas en France le reste de l'année. L'étude relève ainsi que la fréquentation des hébergements touristiques par les Français dans l'Hexagone reste stable.

Cordialement

Robin Andraca

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Macron opposé au crop top à l’école : quand Schiappa et Moreno défendaient la liberté vestimentaire des lycéennes

2 Juillet 2021 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Jeunesse

La journée du Cropped top

Crédits : Vanessa MEYER - Maxppp

Dans l’hebdomadaire « Elle », le chef de l’Etat s’oppose au crop top à l’école et se dit partisan d’une « tenue décente exigée ». En septembre dernier, deux ministres avaient soutenu les lycéennes et défendaient leur droit à s’habiller comme elles le souhaitent.

« À l’école, je suis plutôt “tenue décente exigée”, aussi bien pour les filles que pour les garçons. » Dans un entretien au magazine « Elle », publié ce jeudi 1er juillet, Emmanuel Macron s’est dit hostile au port du crop top – un t-shirt qui dévoile le nombril – à l’école, estimant que « tout ce qui vous renvoie à une identité, une volonté de choquer ou d’exister n’a pas sa place à l’école ». Une petite phrase qui n’a pas manqué de faire réagir et qui risque de mettre en porte-à-faux au moins deux membres du gouvernement.

La raison ? En septembre dernier, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, défendait le port d’une tenue « républicaine » à l’école« [Ce] n’est pas un lieu comme les autres, ce n’est pas comme si vous allez à la plage ou en boîte de nuit. Chacun peut comprendre qu’on vient à l’école habillé d’une façon républicaine », avait-t-il déclaré.

Des propos qui lui avait valu un recadrage public de la ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes Elisabeth Moreno. « En France, chacun est libre de s’habiller comme il le veut, avait-elle martelé. Les femmes ont mis des siècles à pouvoir s’affranchir de codes vestimentaires. Cette liberté conquise de haute lutte n’a pas de prix. » Et d’ajouter : « C’est aussi un enjeu d’éducation des jeunes garçons, du rapport qu’ils entretiennent aux jeunes filles et lié aux valeurs de respect. »

(...)

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Un étudiant sur deux obligé de sauter un repas, selon une nouvelle étude

2 Juillet 2021 , Rédigé par Le Figaro Publié dans #Education, #Université, #Jeunesse

Un étudiant sur deux obligé de sauter un repas, selon une nouvelle étude

EXTRAIT

Une étude de Linkee menée auprès de 3 281 étudiants révèle que la précarité étudiante n’a jamais été aussi élevée. Et 40 % des participants envisagent même d’arrêter complètement leurs études.

«Pas de vacances pour la précarité», explique Julien Meimon, président de l’association Linkee qui vient en aide aux plus démunis tout en luttant contre le gaspillage alimentaire à Paris. Cette organisation vient de publier une étude inquiétante sur la précarité étudiante: 97 % des participants vivent sous le seuil de pauvreté. Julien Meimon souligne les difficultés rencontrées par les étudiants, au-delà de la crise sanitaire: «Ces jeunes vont mettre beaucoup de temps à s’en relever. C’est un problème de fond qui n’est pas tranché parce que les terrasses ont ouvert et que les gens se préparent à partir en vacances».

(...)

Jean Cittone

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Les nouvelles formes de l'angoisse chez l'enfant et l'adolescent

1 Juillet 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Entre l’approche neuroscientifique qui méconnaît le sujet et le monde des réseaux sociaux qui laisse les passions d’amour et de haine se répandre entre les individus, quelles réponses apporter au désarroi de l’enfant et de l’adolescent ?

Internet fait apparaître de nouvelles formes d'angoisse chez l'adolescent. Un monde virtuel qui met entre parenthèses le corps dans sa présence réelle et le sollicite en même temps sans cesse. Quel rapport les adolescents entretiennent-ils avec l'angoisse moderne ?

Nous nous intéresserons aux nouvelles formes de l’angoisse de l’enfant, aux nouvelles manifestations du malaise adolescent et à la façon dont la psychanalyse permet de prendre appui sur la parole pour répondre à leur souffrance.

Freud considère que l'état d'angoisse est quelque chose de très fréquent chez l'adolescent. L'angoisse est liée à un danger que le sujet ne peut fuir. Elle exige une réponse pulsionnelle de la part de l'individu. Lacan précise que l'angoisse est un affect du sujet. C'est au moment de la mise en rapport de son propre corps avec celui de l'autre que surgit l'angoisse. 

Une rencontre enregistrée en septembre 2019.

Clotilde Leguil, philosophe, psychanalyste

Philippe Lacadée, psychiatre, psychanalyste

Hélène Deltombe, psychanalyste.

Retrouvez sur notre webmagazine Balises le dossier "Psychanalyse, psychiatrie et malaise social".

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Quand le touche-pipi dépasse le jeu d'enfants, le dilemme éthique des enseignantes de maternelle

1 Juillet 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Maternelle

EXTRAIT

Il faut se garder de criminaliser certains gestes qui relèvent de la curiosité enfantine, tout en étant capable de discerner quand un comportement mérite d'être signalé à la justice.

Jouer au docteur, embrasser «sur la bouche» un copain ou une copine, baisser le pantalon ou regarder sous la jupe des filles... En maternelle, ces expériences des petits sont fréquentes, surtout au printemps, quand les vêtements sont plus légers et que de grandes complicités sont nées entre les enfants. Expression de la curiosité enfantine pour le corps de l'autre, le «monde des grands» et le mystère des origines, il s'agit d'une étape normale que l'adulte accompagne en répondant avec des mots simples et précis aux questions des enfants: «Qu'est-ce qu'un garçon? Une fille?», «D'où viennent les bébés?», «Quand peut-on avoir un amoureux ou une amoureuse?»

L'école maternelle est souvent le principal lieu de socialisation à cet âge, c'est en son sein que l'enfant découvre l'autre et apprend à le respecter. Nous utilisons des jeux, des livres, des poupées et poupons, pour nommer les parties du corps, montrer celles qui relèvent de l'intimité et que l'autre n'a pas le droit de toucher, surtout si l'on n'est pas d'accord. Sans dramatiser les jeux entre enfants, l'enseignante trace aussi clairement que possible la limite de l'intime qui ne doit pas être franchie. «Dès le plus jeune âge, explique la psychologue et psychanalyste Héloïse Castellanos-Colombo, on doit apprendre à s'affirmer et à refuser avec véhémence ce qui dérange de la part des autres enfants.»

(...)

Maëliss Rousseau

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Bac : avec le contrôle continu, la note injuste ?

1 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Bac : avec le contrôle continu, la note injuste ?

La fin programmée des évaluations communes, dès la rentrée prochaine, fait remonter les oppositions entre les partisans d’une épreuve nationale et terminale et ceux d’un contrôle continu renforcé.

Encore des changements pour le bac ? A y regarder de plus près, il s’agit plutôt d’un retour en arrière. En 2017, le programme du candidat Macron annonçait déjà la couleur du futur bac avec «quatre matières obligatoires à l’examen final [entre 8 et 9 épreuves sans les options facultatives, ndlr] et le reste en contrôle continu». Dix mois plus tard, Jean-Michel Blanquer présentait la copie de sa réforme avec 60% d’épreuves terminales. Les 40% restants devaient être issus du contrôle continu mais, pour apaiser les oppositions syndicales, seulement 10% de son contenu reposait sur les notes du bulletin scolaire. Le reste, 30%, concernait des épreuves anticipées échelonnées entre la première et la terminale : les fameuses E3C devenues EC (avec histoire-géo, langues vivantes, sciences, EPS et une spécialité).

Ce lundi, Jean-Michel Blanquer a finalement annoncé, dès la rentrée prochaine, la fin de ces épreuves communes, qui avaient provoqué de gros remous lors de leur mise en place en 2020. Coup de bol pour le ministre, la crise sanitaire est passée par là, imposant, de fait, le contrôle continu en lieu et place des examens de juin. Cette année, il représente 82% de la note finale du bac et l’an dernier, 100%. Jean-Michel Blanquer s’appuie sur cette expérience pour mieux faire passer la pilule.

«Une promesse républicaine enterrée»

Cette suppression des évaluations communes est une «avancée» pour le SNPDEN, le principal syndicat des chefs d’établissement. «Qui de mieux qu’un enseignant qui suit ses élèves toute l’année pour évaluer leur niveau de compétence  interroge son secrétaire général, Bruno Bobkiewicz, favorable à un contrôle continu intégral. Le corps enseignant s’écharpe depuis le début sur la simplification du nouveau bac, entre les partisans du contrôle continu intégral («une mesure de raison» selon le Sgen CFDT, syndicat minoritaire) et les adeptes, plus nombreux, d’un bac national et terminal, «une promesse républicaine enterrée par Jean-Michel Blanquer» selon le Snes-FSU. Le principal syndicat du secondaire estime que le contrôle continu «accroît les inégalités entre élèves et entre établissements».

«Le but du bac est de se préparer aux épreuves en respectant les programmes, ajoute Jean-Rémi Girard, président du Snalc. En renforçant le contrôle continu, on prend le risque de s’adapter de plus en plus au fonctionnement local et donc de perdre en exigence» avec des programmes parfois bâclés et la crainte de voir des élèves associés à leur lycée d’origine. Autre inquiétude : celle d’une pression sur les notes, qui existe déjà avec Parcoursup : «Il y aura forcément de la pression de la part des parents, des élèves, des chefs d’établissement sur les profs pour que les notes ne soient pas trop basses et que les lycées ne perdent pas leur attractivité, assure le sociologue de l’éducation Pierre Merle. Mais s’il n’y a plus d’évaluations fiables, la sélection ne sera plus pertinente.»

Des notes variables selon les profs

Autre débat qui anime profs et chercheurs : les épreuves communes terminales sont-elles plus justes et donc plus fiables ? «Oui, répond Pierre Merle. Ces épreuves sont anonymes alors qu’en contrôle continu, les professeurs connaissent leurs élèves et ont des biais sociaux d’évaluation. Ils sont inconsciemment influencés par le statut des élèves, leur genre, leur origine sociale.» Et les notes seront, selon lui, forcément variables en fonction des profs, plus ou moins généreux, que les élèves auront face à eux. «Même pour les épreuves nationales, il y a toujours un effet correcteur, rétorque Bruno Bobkiewicz. Ce n’est pas une garantie d’équité.» Le secrétaire général du SNPDEN reconnaît toutefois qu’il va falloir harmoniser la notation : «On va activer un conseil pédagogique sur ces sujets, promet-il. Cela passe par un travail sur des banques nationales de sujets, des corrections croisées [échanges de copies] ou encore des devoirs communs à plusieurs professeurs pour ne pas donner l’impression d’être “prof-dépendant”.»

Pour Claude Lelièvre, historien de l’éducation, les oppositions au renforcement du contrôle continu, «ne sont pas fondées». Son argument : les examens de l’enseignement supérieur, «100% en contrôle continu, sont pourtant des diplômes nationaux et personne n’y trouve rien à redire», remarque-t-il. Enfin, le contrôle continu a, selon lui, une incidence bien plus importante avant la terminale : «Aujourd’hui, 20% d’une classe d’âge ne va pas en terminale et ne passe donc pas le bac parce que ces jeunes ont été orientés vers d’autres voies par leurs professeurs qui se sont basés sur le contrôle continu. Il existe donc des inégalités bien plus importantes !»

Cécile Bourgneuf

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"Pourquoi lit-on autant les « Fables » de La Fontaine à l’école ?" (Et doit-on le faire ?)

30 Juin 2021 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education, #Littérature

EXTRAITS

Nous célébrons cette année les quatre cents ans de la naissance de Jean de La Fontaine. À cette occasion plusieurs hommages sont rendus à l’auteur, dont la récente publication d’un inédit de Michel Serres sur le célèbre fabuliste. L’événement est aussi fêté à l’école. Le ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports organise ainsi un concours national pour inciter à étudier les Fables du CP à la 3e.

Cette incitation est aussi largement visible dans les programmes scolaires. Depuis deux ans, les Fables figurent par exemple dans les œuvres obligatoires à étudier en classe de première. Depuis 2018, elles sont au cœur d’un dispositif promouvant la lecture auprès des enfants à leur entrée au collège, l’opération « Un livre pour les vacances », qui consiste à offrir à chaque élève quittant le CM2 un recueil de plusieurs fables illustrées.

Comment expliquer cette présence des Fables à tous les stades du parcours scolaire de l’élève ? Ses qualités esthétiques reconnues, ses perspectives culturelles riches et ses avantages pédagogiques certains, qualités partagées par d’autres classiques, ne semblent pas suffire à rendre compte de cette postérité exceptionnelle.

« Tout parle en mon ouvrage, et même les Poissons »

Si les enfants sont aujourd’hui habitués aux fictions où les animaux s’expriment comme des humains, les bêtes parlantes sont rares dans la production lettrée du XVIIe siècle, et font figure d’exception dans quelques textes allégoriques, burlesques et/ou galants. La Fontaine participe largement de leur essor, certes tout relatif, dans le paysage littéraire français : en témoignent les nombreux recueils de fables qui voient le jour au XVIIIe siècle, et s’inscrivent dans sa filiation.

Ces personnages amusants sont particulièrement propices à développer le goût de la lecture chez les enfants. Ainsi, Martine Courbin qui s’intéresse à la « présence de la fable dans les manuels scolaires de cours moyen » observe que la quasi-totalité des extraits présentés dans ces derniers, depuis le début du XXIe siècle, met en scène des animaux, alors qu’ils sont absents d’un texte sur trois environ dans le premier des douze livres des Fables, principal vivier des morceaux choisis pour l’école.

Au-delà de cet aspect ludique, les Fables peuvent servir de support à l’acquisition de compétences variées. Elles sont souvent mobilisées par exemple pour l’exercice fameux de la récitation, qui travaille à la fois l’élocution et la mémorisation.

Elles sont également mises en relation dans les programmes scolaires avec l’étude des caractéristiques et spécificités des genres littéraires et des personnages du récit, ou avec diverses activités, de la mise en scène à l’écriture d’invention comme à l’occasion du concours « Fête des Fables, faites des Fables ».

(...)

Les Fables apprennent moins à l’enfant à être équitable, loyal, généreux, solidaire, empathique, courageux, qu’à être lucide sur le monde qu’il habite. Cette leçon de clairvoyance repose même souvent sur un spectacle bien contraire au sens moral de ses lecteurs, celui du sort cruel réservé aux personnages qui sont pétris d’illusions. Le Corbeau est dépouillé de son bien par le flatteur, la Grenouille qui croit pouvoir sortir de sa condition éclate sous les yeux du Bœuf indifférent et du lecteur, la Cigale est condamnée à mort par son imprévoyance après la raillerie finale de la Fourmi.

Ainsi, selon Patrick Dandrey le monde représenté dans les Fables est « immoraliste, destructeur (d’illusions) et formateur de l’esprit plus que destiné à élever l’âme et à conduire l’enfant sur le droit chemin de la perfection ».

(...)

Camille Delattre - Doctorante en Littérature, Université de Lorraine

Paola Tomarchio - Doctorante en littérature, Université de Lorraine

Billet à lire intégralement en cliquant ci-dessous

A lire et à écouter aussi

 

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Ecoles du 93 : des scolarités minées par les défaillances de l’Etat

30 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

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Alors que le confinement a nui aux élèves des milieux défavorisés et que les inégalités scolaires se sont creusées entre les élèves relevant de l’Éducation prioritaire et les autres, aucun plan d’envergure n’est proposé pour la rentrée. Le non-remplacement des enseignants reste entier, les contractuels sont surreprésentés et aucun moyen supplémentaire n’est à l’ordre du jour.

Alors que le confinement a nui aux élèves des milieux défavorisés et que les inégalités scolaires se sont creusées entre les élèves relevant de l’Éducation prioritaire et les autres, aucun plan d’envergure n’est proposé pour la rentrée : le non-remplacement des enseignants reste entier, les contractuels sont surreprésentés, et aucun moyen supplémentaire n’est à l’ordre du jour.

Des collégiens ayant manqué des dizaines d’heures de cours dans des disciplines fondamentales ; des élèves de primaire restés sans enseignant pendant plusieurs semaines consécutives ; des élèves de CP privés du bénéfice des classes dédoublées ; des élèves de maternelle ayant vu défiler jusqu’à dix remplaçants dans l’année et qui se rendent le matin à l’école la boule au ventre (1)… L’année scolaire qui s’achève en Seine-Saint-Denis a été particulièrement chaotique du fait de l’incapacité de l’Etat à assurer de manière efficace le remplacement des enseignants absents. Ici, l’Etat a rajouté de la discontinuité dans la scolarité d’élèves déjà fortement impactées par la crise sanitaire.

Dès l’été, les associations de parents d’élèves et les syndicats d’enseignants avaient pourtant anticipé la gravité de la situation à venir. Nous-même – sociologues et parents d’élèves – avions contribué à alerter, dans une tribune publiée mi-novembre, sur le sous-calibrage des moyens alloués pour faire face aux effets de la crise sanitaire. Nous dénoncions alors le fait que, chaque jour, plusieurs centaines d’élèves de Saint-Denis se retrouvaient privés de remplaçants, contraints d’être dispatchés dans des classes de tous niveaux, ou tout simplement invités à rester chez eux.

En off, le recteur de l’Académie de Créteil n’avait pas manqué de nous manifester son mécontentement de voir paraître une telle tribune. «C’est ce genre de papier qui nourrit la peur des parents de scolariser leurs enfants dans le public et qui les jette dans les bras du privé…», nous avait-il expliqué en substance, tentant un acrobatique retournement de responsabilités.

Il faut dire que le recteur est enclin à cacher la misère sous le tapis… Les chiffres des absences non remplacées dans le 93 ne sont jamais ébruités. A défaut d’accéder facilement à ces données sensibles, la FCPE 93 demande chaque semaine aux parents d’élèves de son réseau de remplir des formulaires destinés à faire remonter au recteur les chiffres des absences non remplacées… Une situation ubuesque !

Cacher la misère sous le tapis

Face à la catastrophe annoncée, le recteur a bien recruté en urgence quelques centaines de contractuels au cours de l’année, mais on n’écope pas un bateau qui prend l’eau depuis plusieurs années avec une grosse cuillère… En effet, le problème des absences non remplacées n’est pas né avec la crise sanitaire : il est ancien et structurel. Dès 2014, les associations et collectifs de parents d’élèves en ont fait une cause prioritaire, estimant qu’un enfant scolarisé en Seine-Saint-Denis perd tout au long de sa scolarité l’équivalent d’un an de scolarité. En 2018, le rapport d’information des parlementaires Cornut-Gentille et Kokouendo a fustigé à son tour l’exclusion scolaire vécue par les élèves de notre territoire du fait du non-remplacement des enseignants. Les auteurs indiquaient par exemple que le taux de suppléance dans le 1er degré, était alors à peine au-dessus des 50 %, quand il était à presque à 80 % en moyenne dans l’Hexagone.

Dans le contexte de la crise sanitaire, un nouveau cap a été franchi. A Saint-Denis, Épinay ou encore Romainville, dans un certain nombre d’écoles, ce sont des animateurs de centre de loisirs qui prennent désormais en charge les classes en cas d’absence des enseignants. Si l’Education nationale parle d’un dispositif «exceptionnel», rien ne garantit que le recours aux animateurs ne soit pas reconduit hors contexte de crise.

Les carences de l’État dans le 93 et, plus largement, dans l’académie de Créteil, ne se bornent évidemment pas à la question du non-remplacement des enseignants : les contractuels, soit des enseignants en CDD non formés au métier, y sont surreprésentés ; les personnels essentiels que constituent les médecins, infirmières, psychologues scolaires y font cruellement défaut ; enfin, plusieurs centaines d’AESH manquent à l’appel pour accompagner les enfants en situation de handicap.

Une dépense éducative moindre en Seine-Saint-Denis

Que prévoit l’Etat pour la rentrée 2021-2022 dans le 93 ? Aucun plan d’envergure permettant de régler le problème du non-remplacement des enseignants et de garantir aux élèves une certaine continuité. Aucun plan inédit pour faire face aux conséquences éducatives de la crise sanitaire dans notre département. Pourtant, comme le montrent les enquêtes de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), le confinement a nui aux élèves des milieux défavorisés et les inégalités scolaires se sont creusées entre les élèves relevant de l’Éducation prioritaire et les autres. Les mesures de dédoublement des effectifs dans les petites classes, qui avaient été décidées avant la crise, risquent de ne pas porter leurs fruits dans un contexte aussi dégradé.

Le simple rattrapage des moyens alloués aux élèves de notre territoire n’est pas non plus à l’ordre du jour car, rappelons-le, la dépense éducative par élève y est moindre que dans des départements où la population est plus aisée.

Fermeture des classes

En revanche, l’Éducation nationale ferme de très nombreuses classes (environ 270) poursuivant sa politique de gestion comptable. On se rappelle que l’année dernière, le ministre Jean-Michel Blanquer, en bon élève du gouvernement, avait préféré rendre 200 millions d’euros (l’équivalent de plus de 4 000 postes d’enseignants) à Bercy plutôt que renforcer les moyens de l’Éducation dans un contexte de crise sanitaire.

A Saint-Denis, qui accueille sur son territoire l’école publique de la Légion d’honneur, l’inégal traitement des enfants de la République est criant. A quelques mètres d’écart, une école qui offre le meilleur à quelques-uns, et des conditions de scolarisation inacceptables au plus grand nombre.

(1) A titre d’exemple, voir la page Facebook du collectif «On veut des profs» (Saint-Denis) que nous contribuons à animer et qui recueillent des témoignages de parents d’élèves.

par Séverine Kakpo et Etienne Penissat, Sociologues et parents d’élèves dans le 93

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Nouvelle réforme du bac : le risque d’un examen trop « local » donc « inégal »

30 Juin 2021 , Rédigé par Médiapart Publié dans #Education

baccalauréat – News, Research and Analysis – The Conversation – page 1

Deux ans après sa première mouture, la réforme du bac connaît déjà des ajustements. Le contrôle continu est renforcé et les épreuves communes supprimées. Plusieurs experts et une partie des syndicats dénoncent un nouveau coup porté à l’Éducation nationale.

« C’est la fin du baccalauréat tel qu’on l’a connu. On va toujours plus loin dans le bac local », martèle Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat Snes-FSU (principal syndicat du secondaire). Entrée en application en 2019, la réforme du bac de Jean-Michel Blanquer va subir un premier gros lifting dès la rentrée prochaine. Des réajustements présentés par le ministre de l’éducation nationale aux organisations syndicales lundi 28 juin, et censés « simplifier » la réforme.

En substance, l’examen sera toujours composé de 40 % de contrôle continu et 60 % d’examen final, mais il ne sera plus question de cumuler les deux méthodes d’évaluation pour une même matière. De manière générale, la nouvelle partition fait la part belle au contrôle continu, renforce la responsabilité des enseignants et anéantit le refuge de la copie anonyme.

Concrètement, les épreuves communes, ex-E3C, qui avaient provoqué une forte mobilisation des lycéens à la fin 2019, passent à la trappe. Désormais, les matières du tronc commun que sont le français, l’histoire-géographie, les langues vivantes, l’éducation physique et sportive, l’enseignement scientifique pour la voie générale et les mathématiques pour la voie technologique seront évaluées par les enseignants au fil des mois. Même modalité pour l’enseignement moral et civique.

Point d’orgue de l’année pour les élèves de terminale, l’examen final ne concernera plus que la philosophie, les enseignements de spécialité, les épreuves anticipées de français et le fameux « grand oral » dont ils peinent encore à se remettre. 

« Il y avait déjà cette démarche qui était esquissée… On avait le bac avec 60 % d’épreuves terminales et 40 % d’épreuves en contrôle continu. Mais dans les 40 %, il y avait 10 % de bulletins. Là on passe à 40 % de bulletins », détaille Sophie Vénétitay, du Snes, qui dénonce une « dénationalisation » de l’examen au profit d’un « bac local ». « Et qui dit bac local dit inégalité accrue entre élèves et entre établissements. C’est le projet de Blanquer, il le met en place en instrumentalisant la crise sanitaire », estime la syndicaliste, tout avançant la possibilité d’une mobilisation à la rentrée prochaine.

Pour appuyer son propos, elle invoque l’expérience de l’année passée : « On a vu comment le contrôle continu dénaturait complètement le lien entre les élèves et les profs. On est dans une évaluation permanente parce que chaque note compte. On a vu des dérives, des parents et des élèves qui demandent à refaire un contrôle parce que la note ne leur va pas. On a aussi vu des pressions de la part de chefs d’établissement pour dire qu’il fallait noter différemment. »

Une analyse à laquelle le sociologue de l’éducation Pierre Merle souscrit. « À partir du moment où l’on réduit la place de l’anonymat dans les épreuves du bac et où l’on renforce le contrôle continu sous la responsabilité de chaque professeur, avec chacun ses épreuves et ses pratiques de notations, les notes ne sont plus comparables entre elles. Et les évaluations sont aléatoires », regrette-t-il.

Pour contrer ces critiques, le gouvernement brandit l’argument des « repères nationaux » qui seront diffusés aux équipes pédagogiques pour les aider à garantir la sacro-sainte « égalité de traitement des élèves ». Les enseignants sont aussi conviés à débattre de leurs techniques, et à « faire des pratiques d’évaluation un sujet majeur ».

Et si le syndicat SE-Unsa voit dans cette nouvelle réforme un léger mieux, c’est aussi à la stricte condition que le contrôle continu soit « objectivé par un travail collectif ». « Il faut impérativement que les notes du contrôle continu soient fondées sur un travail qui a été discuté en équipe, dont les critères sont partagés. Nous avons demandé à ce qu’il y ait du temps dégagé pour cela, et que l’indemnité de contrôle continu soit maintenue », ajoute Claire Krepper, pour le SE-Unsa.

Même son de cloche à la FCPE, qui relativise : « Ce n’est pas le bac qui crée les inégalités. Ce n’est pas non plus le bac qui va permettre de les régler. Le seul moyen de faire disparaître cette notion de bac local, c’est en retirant le lycée d’origine de l’algorithme de Parcoursup », rappelle Rodrigo Arenas, vice-président de cette association de parents d’élèves, historiquement favorable à l’élargissement du contrôle continu.

En filigrane, pour les experts, ces décisions ne font que confirmer une démarche de fond. « Les crises sont souvent le moment d’une accélération des tendances qu’on observait déjà. On le voit bien, un dispositif qui s’est imposé par la force des choses est en train de devenir la règle. Le gouvernement voudra sûrement prendre appui sur le fait que tout le monde a joué le jeu », argue le sociologue Tristan Poullaouec, qui n’hésite pas à questionner les promoteurs de cette réforme bis : « Sur quels travaux de recherche universitaires se basent-ils pour montrer qu’il n’y a pas de danger de creusement des inégalités ? On pourrait leur demander : prouvez-nous que la notation au lycée Henri-IV ou à Louis-Le-Grand, à Paris, est tout à fait comparable, à acquis équivalents, à celles du lycée Mandela à Nantes ou Utrillo à Stains », poursuit le chercheur.

Proposées par Jean-Charles Ringard et Pierre Mathiot, copilotes du comité de suivi de la réforme du lycée, ces propositions de révision se conjuguent encore au conditionnel, et devraient être « discutées et enrichies au sein des instances consultatives » les 2 et 8 juillet prochains. Mais le sociologue Pierre Merle en est convaincu, le mal est fait. « Par petits traits fins, Blanquer va complètement modifier l’organisation de la sélection et la place du bac. Au total, j’ai une bonne raison de penser que c’est un système qui va poser beaucoup de problèmes. »

Prisca Borrel

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