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Vivement l'Ecole!

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Quand Bruno Le Maire et des économistes surlignent l'échec de la politique éducative menée par JM Blanquer

6 Juillet 2021 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education

Quand Bruno Le Maire et des économistes surlignent l'échec de la politique éducative menée par JM Blanquer

EXTRAITS

Alerte sur le niveau d'éducation en France, Le Maire veut en faire une priorité pour 2022

Bruno Le Maire entend consacrer une enveloppe à la formation dans le futur plan d'investissement, qui doit prendre le relais du plan de relance. Pour les économistes réunis à Aix-en-Provence ce week-end, le déclin du niveau éducation des jeunes Français pose question et devrait être la priorité du prochain mandat présidentiel.

Après le plan de relance de 100 milliards d'euros, né en 2020, voilà son petit frère, « le plan d'investissement », selon les termes de Bercy, destiné à doper la croissance. Si l'on ignore encore son ampleur financière, celui-ci sera axé sur les technologies du futur, comme l' hydrogène . Bruno Le Maire - qui présentera dans les prochains jours son plan à Emmanuel Macron - souhaiterait aussi y inclure un volet autour des compétences et de la formation, selon l'entourage du ministre de l'Economie.

Interrogé dimanche soir sur LCI, le locataire de Bercy veut d'ailleurs faire de l'éducation, « le grand sujet et la priorité qui doit démarrer le prochain quinquennat ». «Il faut essayer de profiter de la campagne présidentielle pour mettre sur le devant de la scène les sujets les plus importants dont dépend l'avenir de nos enfants et de notre nation», à savoir l'éducation, «priorité absolue du prochain quinquennat», a-t-il insisté.

(...)

Pour Laurence Boone, cheffe économiste de l'OCDE, « le sujet de la formation et de l'éducation devrait être la priorité des candidats à l'élection présidentielle de 2022 ». Bruno Le Maire est donc sur cette ligne. Le ministre de l'Economie ne cache pas qu'en cas de réélection d'Emmanuel Macron à l'Elysée en mai prochain, il serait favorable à ce que le dossier de l'éducation soit sur le haut de la pile dès le début du nouveau quinquennat. Avec au menu tous les sujets : formation et rémunération des enseignants, financement de la recherche….

Nathalie Silbert et Guillaume de Calignon

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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La « salle des profs », un nouveau tiers-lieu à inventer au sein des établissements scolaires ?

5 Juillet 2021 , Rédigé par GéoCarrefour Publié dans #Education

La « salle des profs », un nouveau tiers-lieu à inventer au sein des établissements scolaires ?

EXTRAIT

Résumé

Le concept de tiers-lieu (Oldenburg, 1989) fait référence à l'idée de « communauté », que l'on peut transférer dans le monde scolaire lorsqu’on évoque la « communauté éducative ». Au sein d’un établissement scolaire, la « salle des profs » peut-elle être qualifiée de tiers-lieu ? À l’heure où on demande aux équipes pédagogiques de travailler ensemble en interdisciplinarité, de se former souvent hors temps de travail, la « salle des profs » n’a-t-elle pas vocation à jouer un rôle essentiel dans la mise en place de pratiques collaboratives ? L'analyse s’appuie notamment sur une enquête réalisée auprès d'enseignants de collèges et lycées en Martinique. Elle montre la nécessité d’aménager de véritables espaces renforçant les liens entre les différents acteurs de la communauté éducative.

Introduction

« De nombreuses enquêtes ont mis en évidence l’isolement des enseignants français et leur difficulté à travailler en équipe. Cet isolement constitue un frein à la coopération, à l’expérimentation et à l’essaimage des pratiques. Les salles de professeurs et les centres de documentation et d’information (CDI), où il est en général difficile d’échanger et où l’aménagement et le mobilier, ne sont pas conçus pour des travaux collaboratifs. Ils n’encouragent pas les rencontres ni les initiatives en ce sens [...] » (Becchetti-Bizot et al., 2017, p. 51).

Cette citation, tirée d'un récent rapport (2017), intitulé « Vers une société apprenante » pour le Ministère de l’Éducation nationale, met en exergue le fait qu'en France, les pratiques collaboratives au sein des établissements scolaires sont beaucoup moins développées que dans d'autres pays. Le métier d'enseignant en France est même qualifié de « solitaire » dans le compte rendu de l'enquête TALIS (Teaching And Learning International Survey) de 2013 par la DEPP (Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance), menée auprès d'enseignants de collèges en les interrogeant sur leurs pratiques à la fois en classe et hors de la salle de classe (DEPP, MEN, 2014). La collaboration entre collègues, mais aussi avec l'ensemble de la communauté éducative, ainsi que les pratiques d'enseignement alternatives seraient donc sous-représentées en France. Pourtant, on enjoint de plus en plus les équipes pédagogiques à travailler en interdisciplinarité par la pédagogie de projet, ou au travers des différents parcours (artistiques et culturel, avenir, citoyen...) ou encore à mener des pédagogies différenciées en faveur d'une école inclusive, intégrant les nouveaux outils numériques, etc. On les invite également, dans le même sens, à repenser la relation professeur/élève, qui se doit d'être moins frontale, par l'utilisation de méthodes dites « actives » ; et, au sein des établissements, à développer des relations plus horizontales où la hiérarchie serait davantage perçue comme une aide pour l'évolution de l'enseignant plutôt que comme un moyen de contrôle et d'évaluation. En outre, selon un article du journal Le Monde, paru en avril 2019 (Charbonnier, 2019), le métier souffrirait également en France d'un fort manque d'attractivité et le développement de la formation continue et d'une culture de la collaboration pourrait fortement contribuer à le revaloriser.

Au vu des différentes transformations sociétales à l'œuvre aujourd’hui, l'enseignement de masse (tel qu'il fut conçu au XIXe et au XXe siècles) doit en effet, pour beaucoup de chercheurs en éducation, être repensé et ne s'applique plus aux défis que doit relever le XXIe siècle (Robinson et Aronica, 2017). Cependant, bon nombre de bâtiments scolaires d'aujourd'hui furent construits à cette époque, avec leurs salles de classes cloisonnées, en enfilade le long de couloirs interminables et étroits. Alors que sous l’Ancien Régime, lorsque l’éducation était essentiellement assurée par l’Église, les écoles s’apparentaient davantage à des couvents, les lycées (créés en 1802 par Napoléon Ier) furent construits sur le modèle des bâtiments militaires, avec salles de classe au rez-de-chaussée et dortoirs à l’étage (Mazalto, 2007). Et même si certains lycées gardent une architecture prestigieuse en réinvestissant d’anciens collèges de congrégations, la démocratisation de l’enseignement sous la Troisième République pousse l’État à rationnaliser au maximum les espaces scolaires tout en respectant les conseils des hygiénistes intégrés aux critères de fonctionnalités. C’est donc « dans cette deuxième moitié du XIXe siècle que se fige la conception des lieux de transmission dans un langage architectural qui cloisonne, rationnalise et contraint » (Marquez, 2015, p. 74). Cela donne lieu à des bâtiments scolaires entièrement normalisés composés de salles de classe rectangulaires, des modules de base reproduits à l’identique partout et, ce, d’autant plus que les procédés de construction issus de la Révolution industrielle amplifient et favorisent cette standardisation. Ce rationalisme des constructions scolaires, déjà présent sous Jules Ferry, atteint son paroxysme après la Seconde Guerre mondiale, d’autant plus qu’il faut réhabiliter et reconstruire dans un temps très court les édifices détruits. Mais, aujourd’hui, ces bâtiments sont souvent des infrastructures vieillissantes, pas toujours adaptées et suffisamment flexibles pour répondre aux nouvelles exigences de l'enseignement actuel. Bien sûr, il ne s'agit pas de dire que le bâtiment seul fait la pédagogie, et celle-ci évoluera toujours plus vite que ne se transformera le bâti. Cependant, ces bâtiments standardisés, parfois réalisés à la va-vite avec des matériaux de piètre qualité, induisent de fait un enseignement essentiellement frontal et peu propice à des pratiques collaboratives et flexibles où l’enseignant et l’élève seraient tous les deux en position d’acteurs. Pour autant, si l'espace ou le lieu ne déterminent pas les comportements des individus, comme on a pu le lire dans les discours des naturalistes et des géographes à la fin du XIXe siècle (Debarbieux, 2006), ils peuvent clairement les influencer ; c'est le cas notamment lorsqu'il s'agit du bien-être à l'école, que ce soit pour les élèves ou les enseignants, mais aussi du climat scolaire ou encore de l'efficacité des apprentissages et des pratiques enseignantes. C'est pourquoi ce rapport de 2017, « Vers une société apprenante », encourage vivement les établissements scolaires à aménager de nouveaux espaces d'échanges qui soient de véritables espaces collaboratifs permettant la mise en œuvre de nouvelles pratiques de travail, mais aussi une véritable dynamique d'innovation et de créativité :

« Aménager des tiers-lieux physiques, dans tous les types d’établissements de formation et de recherche ou à proximité, et des tiers-temps pour favoriser les rencontres et les coopérations entre praticiens, passeurs et chercheurs, aux différentes échelles, modestes ou ambitieuses, dans des centres de références » (Taddei et al., 2017, p. 5).

Cette notion de « tiers-lieu » (Oldenburg, 1989), on le verra par la suite, même si elle n'est pas nouvelle, revient en force aujourd’hui et acquiert ici toute sa pertinence, notamment dans le domaine de l’éducation où la formation et l’auto-formation sont au cœur des processus qui concernent à la fois les élèves, mais aussi les enseignants, les futurs enseignants, les chercheurs, les parents d’élèves et l’ensemble de la communauté éducative. Les tiers-lieux répondent aussi à un nouveau besoin de modularité et de flexibilité induit généralement par le développement des outils numériques qui permettent un travail de plus en plus nomade et interconnecté par le biais des réseaux. C'est pourquoi on parle aussi parfois de « tiers-lieux numériques » ou virtuels. La création de ces tiers-lieux au sein des établissements scolaires pourrait être une des réponses aux besoins actuels des enseignants et des élèves, ainsi qu'à cette nécessité croissante d’aménager de véritables espaces de collaboration.

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Solenne Jego et Colette Ranély Vergé-Dépré

(...C'est donc ce à quoi cherche à répondre ce travail, notamment à partir d'une enquête menée auprès d'enseignants du second degré en Martinique concernant un espace bien précis qu'ils fréquentent régulièrement : la salle des professeurs. Comment la perçoivent-ils ? Est-elle propice à la coopération, voire à la co-élaboration de projets entre collègues, et donc un moteur d’innovations pédagogiques ? Comment un meilleur aménagement et une plus grande appropriation de cet espace pourraient-ils agir sur la perception que les enseignants en ont, ainsi que sur l’évolution des pratiques et du travail en équipe au sein des établissements du second degré ?

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"Il faut lire, discuter, bricoler" conseille Philippe Meirieu pour les vacances des enfants

5 Juillet 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Pédagogie

"Il faut lire, discuter, bricoler" conseille Philippe Meirieu pour les vacances des enfants

Philippe Meirieu, est professeur honoraire, chercheur en science de l'éducation et spécialiste de la pédagogie, auteur de "Ce que l'école peut encore pour la démocratie" aux éditions Autrement. Il est l'invité du journal de 13h à la veille des vacances scolaires après deux années chaotiques dans les classes.

Les vacances scolaires débutent donc après demain mardi, jusqu'au 2 septembre. Pour les écoliers, collégiens ou lycéens, ces vacances s'annoncent donc à l'issue de deux années scolaires chaotiques en raison de la crise du coronavirus. Certains élèves ont pu paraître totalement perdus. Le spécialiste des sciences de l'éducation, Philippe Meirieu, était l'invité du journal de 13h, ce samedi. 

FRANCE INTER : Quel est l'état des enfants et des jeunes à l'issue de cette période compliquée

Philippe Meirieu : Vous avez raison il est temps que les vacances arrivent et qu'on puisse retrouver un équilibre de vie. Nous voyons à travers certaines études que, quand même, beaucoup d'enfants en Ont été sinon traumatisés, du moins bousculés par cette crise sanitaire et par les conditions de la scolarité. Cette année, je pense que pour reprendre l'année prochaine dans de bonnes conditions, il faut qu'ils passent de belles vacances.

C'est quoi des belles vacances ? Ne rien faire en juillet et en août ? Ou au contraire, essayer de rattraper le retard scolaire et garder un pied dans l'éducation ?

C'est un peu difficile. C'est à la fois tout cela. Ce que nous savons aujourd'hui, c'est qu'il y a un lien très fort entre l'équilibre psychique et les apprentissages cognitifs. Quelqu'un qui est en déséquilibre psychique et qui est un peu inquiet, traumatisé, angoissé aura du mal à apprendre. Beaucoup d'enfants sont aujourd'hui en déséquilibre psychique. Ils ont vécu une période un peu traumatique pour eux-mêmes et donc il faut retrouver cet équilibre psychique. Un cadre sécurisé, une ambiance relativement sereine et en même temps, dans cet équilibre psychique, il faut entretenir la curiosité, le désir d'apprendre. Il faut lire, il faut discuter, il faut bricoler. Il faut faire des tas de choses qui permettent d'avoir une activité intellectuelle et une activité cognitive qui soit constructive et positive. 

Le plus difficile, c'est peut être pour les écoliers qui passent du primaire au collège. Est ce que c'est la transition la plus délicate sur laquelle il faut faire le plus d'attention pour les parents ?

Oui, sans aucun doute. C'est la transition qui marque sans doute la rupture la plus forte. Je crois qu'il faut là aussi proposer aux enfants un cadre serein, sécurisé, leur dire que ce n'est pas la même école, mais c'est une école qu'on va continuer quand même avec les mêmes principes et qu'on va l'accueillir en sixième. Les sixièmes sont en général très bien accueillis. Il faut dire à son enfant qu'on va l'accompagner et qu'il aura auprès de lui des adultes qui vont veiller sur lui. Je crois que les enfants ont vraiment besoin de sentir que les adultes veillent sur eux. Ils ont vécu une période où la mort, les masques, tout cela a pu les inquiéter profondément. Nous avons des études qui montrent que ils ont pris du poids, qu'ils ont perdu un certain nombre de facultés cognitives. Ils ont subi cette crise plus que nous ne le pensons, je pense, et ils ont vraiment besoin d'adultes solides et sereins à leurs côtés. 

Il y a une question également importante qui est le décrochage scolaire. Est ce que des retards pourront être rattrapés, selon vous, dans les semaines qui viennent et à partir de la rentrée? 

Oui, il faut relativiser cette question. Bien sûr, il y a des retards, mais d'une part, ces retards ont affecté presque tous les élèves. Les écarts ne se sont pas, il faut l'espérer, grandis. Les études semblent montrer le contraire, mais je pense que les professeurs seront attentifs à ce que les écarts soient comblés, à ce qu'il y ait un accueil et un accompagnement personnalisé. Je pense qu' il faudra au cours de l'année prochaine, que nos enfants soient bien accompagnés sur le plan de la scolarité et qu'ils aient une année la plus sereine possible dans des conditions qui soient les plus équilibrées possible. 

Philippe Meirieu, quelles leçons enseignements tirez-vous de ces mois de crise dans les classes? 

Le fait que nous n'avons peut être pas suffisamment anticipé sur la durée que nous avons probablement géré trop au coup par coup pour les enfants, le coup par coup était quelque chose de difficile à vivre. Par rapport à cela, nous avons sans doute besoin, nous autres adultes, que nous soyons parents, que nous soyons administrateurs de l'Education nationale, professeurs, de nous projeter un peu plus loin, de lisser les choses d'une manière un peu plus grande pour éviter de soumettre nos enfants à des à-coups qui les déstabilisant quand même beaucoup.

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Revue de Presse Education... Post Covid - Réformer la réforme du Bac - Parcoursup - Supérieur - Divers...

5 Juillet 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Post Covid - Réformer la réforme du Bac - Parcoursup - Supérieur - Divers...

Pour cette dernière revue de presse de l’année scolaire, nous vous offrons quatre mains. Pour les thèmes, même diversité :  de l’école post-covid, une réforme de la réforme du bac, Parcoursup, un tour dans le supérieur et plein d’informations diverses.

Post-covid ?

Agnès Florin, chercheuse au CREN à Nantes l’affirme dans le Café pédagogique : “Le Covid va laisser une trace durable “.
Ce que nous avons observé en premier c’est qu’un pourcentage important de collégiens disent qu’un des leurs a été touché par le covid : environ 30% des jeunes. C’est très important. Et nous avons compris qu’il fallait comprendre cet impact au sens large. L’impact est souvent social : rapport au travail, inquiétude. Il dépend aussi des élèves car ils vivent dans des environnements différents. La crise sanitaire n’a pas eu le même impact auprès des élèves vivant dans de grands appartements ou dans des appartements surpeuplés. Les élèves dont le domicile a un jardin ou un balcon sont plus satisfaits. Les enfants dont le père s’est mis en télétravail aussi.
et une remarque importante : “Ce que nous disent les jeunes à la sortie du premier confinement c’est que le bien être au collège est supérieur à celui de leur maison. Ils ressentent une meilleure atmosphère de travail au collège.

Sur France Info jeudi, le ministre a fait l’unanimité dans la profession… contre lui ! Sur les rattrapages en collège et lycée post-covid, il affirme : ““On fera une inscription d’office à devoirs faits” pour les élèves de 6e qui ne seront “pas au niveau en français et en mathématique”, a annoncé Jean-Michel Blanquer. Le dispositif restera sur la base du volontariat pour les autres élèves de cinquième, quatrième et troisième. “

Une belle unité, bravo Monsieur le ministre !

Parimal Mandke raconte dans Marseille News “L’enseignement supérieur dans le monde post-Covid”
“Les étudiants se sont maintenant habitués à ce nouveau système d’éducation. Cela fait plus d’un an maintenant, et il est sûr de supposer que les méthodes d’étude traditionnelles devront arriver à un modèle mixte qui combine les meilleures caractéristiques des deux, l’apprentissage physique en classe et l’apprentissage numérique. La collaboration et la communication à distance entre les étudiants, les parents et les enseignants sont devenues un élément crucial pour ajouter de la valeur aux études, même lorsque les enfants ont été à la maison, loin du campus. Le besoin de l’heure est un écosystème complet qui est un mélange parfait d’outils et de technologies innovants pour l’enseignement-apprentissage combinés à des opportunités de socialisation entre pairs et avec les enseignants dans un cadre naturel physique.”

Réformer la réforme du bac

Les Echos ont titré dessus en premier “Bac : Blanquer s’apprête à renforcer le contrôle continu
Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, doit proposer ce lundi des aménagements à sa réforme du bac. La mise en place envisagée du contrôle continu intégral, avec la disparition des épreuves communes, provoque déjà une vive colère de certains syndicats.

Sur le site du ministère Ajustements proposés pour le baccalauréat général et technologique à compter de la session 2022

Une annonce qui suscite de nombreuses réactions :

Marianne lance un débat entre Emmanuel Maurel et Pierre Mathiot sur “Rupture d’égalité ou revalorisation : le contrôle continu menace-t-il le bac ?”
Un extrait assez singulier au vu des études déjà anciennes sur la docimologie “Même quand on n’était pas un très bon élève, on avait sa chance à l’examen et on avait la garantie que la notation au bac serait de la pure égalité. ” selon Emmanuel Maurel. Citons un travail de Bruno Suchaut déjà en 2008 sur les notes du bac :”La loterie des notes au bac : un réexamen de l’arbitraire de la notation des élèves”

Jean-Robert Pitte signe une tribune dans Le Figaro : “Bac: «Un rite qui n’a plus de sens va disparaître à terme… et tant mieux!”
“Il faut saluer la réforme du bac, examen dévalué de longue date, explique le secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, Jean-Robert Pitte.” Il ajoute “La crise sanitaire aura paradoxalement permis à Jean-Michel Blanquer d’entreprendre une réforme profonde du baccalauréat.” et pour bien enfoncer le clou du bac qui n’a plus de valeur : “Ce sésame dont le prestige était resté intact et l’obtention aussi difficile qu’émouvante depuis sa fondation par Napoléon en 1808 jusqu’aux environs de 1968, n’avait aujourd’hui plus rien de méritoire.” Evidemment, Monsieur Pitte, a passé son bac avant 1968, je vous rassure.

Dans Mediapart, Faïza Zerouala considère que le Contrôle continu au bac [est] l’injustice chronique de Blanquer
Le ministre de l’éducation nationale vient de décider d’introduire davantage de contrôle continu pour le baccalauréat, au risque de créer un examen local et d’accroître ainsi les inégalités entre élèves. Comme quasiment toutes ses réformes depuis le début du quinquennat.” abonnés

La Croix fait un tour d’horizon des propos du ministre et donne la parole à Jean-Rémi Girard : “Attribuer 40 % du bac sur la base des bulletins, ce serait placer les enseignants sous la pression permanente des élèves et de leurs parents », fait-il valoir. C’est aussi « courir le risque de voir chaque lycée faire une lecture locale des programmes, en tenant compte du profil des élèves et en s’éloignant du référentiel national que constituait jusqu’ici le bac »

N’en doutons pas, d’autres retours viendront dès la rentrée à ce sujet, nous vous donnons rendez-vous.

Parcoursup

Notre rédactrice en chef, Cécile Blanchard a publié dans Alternatives économiques un article sur ce “Que fait Parcoursup aux lycéens ?”
Depuis trois ans, les lycéens de terminale doivent passer par une plate-forme du nom de Parcoursup pour s’inscrire dans l’enseignement supérieur. Un certain nombre d’écoles privées échappent à cette règle, mais elle vaut sinon pour toutes les filières universitaires, les classes préparatoires, les BTS, etc.”

L‘Express a donné la parole à des lycéens déçus et publie une enquête au titre péremptoire. “Parcoursup : “C’est une loterie qui ne dit pas son nom !”
Heureusement, l’enquête va au-delà des déceptions : “Les critères requis par les différentes formations sont clairement formalisés et accessibles sur la plateforme. Les candidats savent donc à quoi s’attendre”, assure Jérôme Teillard, chef de projet Parcoursup au ministère de l’Enseignement supérieur. Certes. Mais quand le nombre de places est largement insuffisant pour absorber le flux des aspirants étudiants toujours plus nombreux (+ 234 700 ces cinq dernières années), comment départager cette masse de profils de plus en plus similaires ? C’est là que ça se corse ! La façon dont s’opèrent les choix reste souvent trop opaque. Un constat avancé par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH). ”

Sur Europe1, la ministre affirme que “Parcoursup : “c’est exactement le principe de la méritocratie” “APB c’était le tirage au sort. Parcoursup c’est un projet d’orientation qui se construit […] Il y a les attendus qui sont connus, il y a les dossiers qui sont examinés…
Dans ce même entretien Frédérique Vidal annonce la création de 19.000 places supplémentaires, notamment en BTS et dans les filières en tension… mais sans moyens supplémentaires en terme d’enseignants.

Supérieur

La fin de l’année est compliquée pour les étudiants qui se retrouvent sans affectation en master.

Dans le Huffington Post ” Quand les étudiants en licence ont la mauvaise surprise d’être acceptés nulle part” 
Avec le mouvement #EtudiantsSansMaster, les étudiants prennent la parole sur les difficultés à être acceptés en master. Des formations de plus en plus restreintes, jugées trop élitistes.
“Un hashtag en forme de ras-le-bol général. Les étudiants, déjà touchés par les conséquences sociales et éducatives de la pandémie de Covid avec les cours en distanciel, l’isolement, la difficulté à trouver des petits boulots ou à maintenir une vie sociale, sont désormais confrontés (pour ceux qui terminent leur troisième année) à une autre problématique lorsqu’il s’agit d’envisager leur avenir.”

Et pour la rentrée ? Ce qui se profile dans l’enseignement supérieur. Par Clément Rocher de l’Etudiant.
“À quoi ressemblera votre rentrée de septembre ? La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a reçu le rapport contenant des préconisations sur la préparation de la rentrée étudiante 2021. Elle devrait s’exprimer sur les points retenus dans les jours à venir.”

Deux tribunes sur l’enseignement et la recherche.
Retour d’expérience sur l’enseignement de l’anthropocène à l’université. Tribune signée par 5 universitaires (The COnversation)
“La planète bleue voit incontestablement son état se détériorer : les différents systèmes naturels interconnectés (biosphère, atmosphère, hydrosphère, lithosphère) sont dégradés de manière profonde et généralisée par les activités humaines, avec ce que certains chercheurs ont nommé une « grande accélération » depuis les années 1950. L’urgence de partager le constat sur l’état de la planète et d’élaborer des réponses à la hauteur des enjeux pour maintenir son habitabilité se fait chaque jour plus pressante.”
« Nous voulons une cohérence de la politique publique en matière de recherche architecturale, urbaine et paysagère »
“Entre promesses non tenues et rendez-vous manqués, la réforme des Ecoles nationales supérieures d’architecture et de paysage (ENSA-P) est restée lettre morte, dénoncent dans une tribune au « Monde », 48 directeurs et directrices de recherche.”

Une polémique sur la “blanchité alimentaire”.
«Blanchité alimentaire»: Sciences Po sous le feu des critiques après les propos d’une chercheuse du CNRS. Par Aldebert Mayeul pour Le Figaro étudiant.
“Dans le cadre d’un séminaire organisé par Sciences Po Paris et l’Université de Nanterre, cette chercheuse a défendu le concept de «blanchité alimentaire» comme outil de «l’identité raciale dominante». L’école se défend, affirmant ne promouvoir «aucune théorie ni école de pensée particulière».”

Divers

L’année se termine difficilement pour les personnels de l’éducation nationale.
Quand les enseignants claquent la porte, par Sandrine Garcia de La vie des idées
“Les démissions de professeurs des écoles, bien que statistiquement limitées, sont un révélateur de la dégradation des conditions de travail des enseignants dans un contexte d’austérité budgétaire, sans que cette question se limite au thème de la revalorisation des salaires.”
Après quinze mois de crise sanitaire, les chefs d’établissement se disent « fatigués »
“Alors qu’une étude publiée récemment montre une forte dégradation du moral des personnels de direction depuis mars 2020, certains d’entre eux racontent les effets d’un an et demi de crise sanitaire sur leur métier.” Par Séverin Graveleau. Article réservé aux abonnés du Monde.

Une tribune sur l’orientation par Vincent Troger (Le Monde) et la réponse de Bernard Desclaux (sur son blog)
« Le système d’orientation de l’école française semble de plus en plus décalé avec la réalité économique et sociale ». Tribune de Vincent Troger, Maître de conférence honoraire en sciences de l’éducation
“Alors que la procédure Parcoursup continue, Vincent Troger, maître de conférences honoraire en sciences de l’éducation, invite, dans une tribune au « Monde », à centrer davantage l’orientation sur le projet de vie des jeunes.”
Par Bernard Desclaux : Peut-on changer notre système d’orientation

Régions : zoom sur les compétences dans l’enseignement scolaire, l’orientation et le supérieur. Par Thibaut Cojean dans L’Etudiant
“Entre la gestion quotidienne des lycées, une mission d’orientation partagée avec l’Etat et un financement facultatif de l’enseignement supérieur, quel est le rôle des régions dans l’éducation et la recherche ?”

Pour terminer, un peu de lecture. Philippe Meirieu : Construire une vision d’avenir pour l’Ecole et la démocratie
“”Ce qui se joue à travers la place de l’éducation dans le débat politique c’est une certaine confiance en l’avenir, le contraire du populisme”. Pédagogue, président des CEMEA, Philippe Meirieu se retrouve au centre de deux événements importants cette semaine. Le 30 juin, le lancement d'”Ambition éducation” et de son appel. Le 3 juillet celui de Convergence(s) pour l’éducation nouvelle. A un an des présidentielles, l’ambition est de ramener l’éducation dans le débat politique. Pour Philippe Meirieu, l’avenir de la démocratie en dépend.”

“Il faut lire, discuter, bricoler” conseille Philippe Meirieu pour les vacances des enfants. (France Inter)
“Les vacances scolaires débutent donc après demain mardi, jusqu’au 2 septembre. Pour les écoliers, collégiens ou lycéens, ces vacances s’annoncent donc à l’issue de deux années scolaires chaotiques en raison de la crise du coronavirus. Certains élèves ont pu paraître totalement perdus. Le spécialiste des sciences de l’éducation, Philippe Meirieu, était l’invité du journal de 13h, ce samedi.”

Emilie Kochert et Géraldine Duboz, qui vous souhaitent de bonnes vacances.

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Couac Les bacheliers d’Ile-de-France auront-ils leurs résultats du bac à temps

4 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Couac Les bacheliers d’Ile-de-France auront-ils leurs résultats du bac à temps

A cause de problèmes techniques, les professeurs de la région convoqués pour les jurys d’harmonisation des notes n’ont pas encore pu faire leur travail alors que les résultats du bac doivent être annoncés mardi.

Leur mobilisation est sans doute à la hauteur du «chaos» décrit par les professeurs. Habituellement sur la réserve, les directeurs d’établissement d’Ile-de-France tirent cette fois la sonnette d’alarme «face au fiasco des examens 2021». Leur principal syndicat, le SNPDEN, appelle ses troupes à se rassembler ce lundi devant la Maison des examens (le Siec) à Arcueil, dans le Val-de-Marne, qui gère les académies de Paris, Versailles et Créteil. «Il s’agit d’un mouvement d’humeur pour dire que l’organisation, avec des retards et des dysfonctionnements très importants, n’est pas à la hauteur de cette session du bac», explique Sébastien Volpoet, secrétaire académique du Siec en Ile-de-France.

Après de nombreux problèmes liés à l’organisation du grand oral et des copies mal numérisées en philo, ça coince en effet désormais du côté des jurys d’harmonisation et de délibération en Ile-de-France. Ces derniers devaient se tenir ce mardi et ce jeudi et n’ont finalement pas eu lieu.

Trois étapes clés pour harmoniser les notes

Une fois les épreuves terminales passées, les professeurs convoqués pour ces jurys doivent harmoniser les notes, pour plus d’équité entre les élèves. Ses notes comprennent en majorité celles du contrôle continu qui compte pour 82% de la note finale du bac cette année. Tout doit être réalisé en trois étapes : l’harmonisation d’abord, pendant laquelle des professeurs de différentes disciplines vérifient que les élèves n’ont pas été sous notés ou sur notés. Les jurys observent pour cela les notes des années précédentes par lycée pour s’assurer qu’il n’y a pas de gros décalage qui pourrait poser question.

Deuxième étape : la délibération durant laquelle les jurys étudient les situations une par une en observant les notes des livrets scolaires. «Si un élève a 9,99 et qu’on voit dans son dossier qu’il a fait des efforts toute l’année, on peut augmenter sa note à 10», illustre Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. Enfin, troisième étape, celle de la délibération finale qui réunit, par département, les vice-présidents des jurys pour valider les résultats avant leur proclamation.

Mais cette année, rien ne s’est déroulé comme prévu. Nina (1), professeure de maths, est vice-présidente de jury. Comme tous les professeurs convoqués pour l’harmonisation, elle s’est rendue ce mardi dans son centre d’examen. Mais en arrivant sur place, «le logiciel qui nous permet d’harmoniser les notes ne fonctionnait pas. On nous a demandé de partir à 10h30, de revenir à 14h30 mais ça ne marchait toujours pas», déplore-t-elle. Ce jeudi, elle devait assister au jury de délibération qui a été annulé la veille pour être reporté au vendredi. Et ce vendredi, il a encore été décalé à lundi… la veille de la proclamation des résultats du bac. Dans un message adressé aux chefs de centre de délibération, le service interacadémique des examens et concours (Siec) attribue ce contretemps aux profs : «A la suite du retard dans la restitution de copies de certains correcteurs, les bascules de notes et leur nécessaire traitement sont en cours de finalisation.»

«Quand il y a un problème, c’est toujours la faute des profs ! s’insurge José (1), professeur d’histoire-géo à Paris et membre de jury d’harmonisation. Mais la raison de ce retard est purement technique : on a eu tout un tas de problèmes avec le logiciel Santorin sur lequel on corrige et enregistre les notes.» Contacté par Libération, le centre des examens d’Ile-de-France admet que ce nouvel outil, comme les aménagements du bac 2021, a été mis en place «dans un laps de temps très court». Or, c’est une énorme machine «avec plus de 110 000 candidats» au bac à gérer, ce qui expliquerait pourquoi ça coince.

Le Siec assure qu’il y aura bien deux réunions d’harmonisation et de délibération ce lundi. «Mais comment voulez-vous qu’on fasse en un seul jour ce qu’on était censés faire en deux jours ? s’inquiète Nina. J’ai peur qu’on ne se concentre que sur l’harmonisation de masse alors que c’est très important de faire du cas par cas. Encore plus après cette année pendant laquelle les élèves n’ont pas du tout travaillé dans les mêmes conditions.»

Après avoir envisagé de faire grève, Nina compte finalement aller jusqu’au bout «pour vérifier que les élèves ne sont pas lésés». José, lui, ne sait pas encore ce qu’il fera. Il ne supporte plus d’être prévenu à la dernière minute et d’être «corvéable à merci». Comme ses collègues, une question le taraude : «Est-ce que les notes du bac pourront être délivrées mardi ?» «Oui», répondent le Siec et le ministère de l’Education nationale joints par Libération. Mais les profs d’Ile-de-France en doutent. «Ou alors, ça se fera au détriment des élèves», assure José.

Cécile Bourgneuf

(1) Le nom a été modifié.

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"Qu'est-ce que bien enseigner ?"

3 Juillet 2021 , Rédigé par Quora Publié dans #Education, #Pédagogie

EXTRAIT

Qu'est-ce que bien enseigner ?

La question paraît simple. Pourtant, la réponse est difficile à fournir car, en matière d'éducation - d'instruction, devrais-je dire, pour ne pas tout mélanger -, tout le monde a son mot à dire - la preuve, je ramène ma fraise aussi, mais c'est la saison…

Pourquoi ?

Tout simplement parce que tout le monde se dit d'une façon éclairée à l'allumette : "Moi aussi je suis allé à l'école ! Moi aussi j'ai subi des professeurs ! Moi aussi j'ai des idées pour améliorer l'enseignement !" comme s'il existait un lien de cause et de conséquence entre tous ces éléments…

Il m'est arrivé de consulter un médecin et cela n'a jamais été une raison suffisante pour que je me considère diplômé de médecine et encore moins spécialiste d'un domaine médical pour mener des consultations ou apprendre à mon médecin son métier et la bonne manière d'ausculter un patient !

Ma réponse ne se veut pas celle après laquelle plus rien ne pourra être dit - quel prétentieux je serais si telle était mon ambition. En revanche, elle est celle d'une personne qui s'est déjà posé la question au cours de sa vie et dont la réponse intéressera peut-être quelques lecteurs qui se perdent sur la plateforme…

Monsieur Jean-Noël Robert, professeur de lettres classiques à la retraite, m'a dit lors d'un stage à Paris : "Lorsque l'on est enseignant, il est nécessaire d'aborder l'exercice de ses fonctions avec humilité car rien n'est jamais acquis et il nous reste toujours beaucoup à apprendre dans notre discipline tout comme des élèves." Bien que le professeur puisse acquérir des méthodes et des savoir-faire pour toujours faire évoluer son enseignement dans l'intérêt des élèves, il est un élément qu'il doit garder en tête : rien n'est jamais acquis ! Une séance peut se dérouler sans encombres un jour et le lendemain tout peut dérailler à cause de la fatigue, d'un manque d'attention ou d'autres éléments et il en va de même d'une personne à l'autre : ce n'est pas parce qu'une façon d'expliquer a fonctionné sur Tartempion qu'elle fonctionnera également sur Tartemolle.

(...)

Nelson Pollet

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Rattrapage post covid : Les demi vérités de JM Blanquer

3 Juillet 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Aujourd'hui, demi-vérité – 121/366 | Dominique Cano – auteur

EXTRAITS

JM Blanquer va t-il prendre à bras le corps la question du niveau des élèves et du nécessaire rattrapage après les deux années de covid ? Sur France Info, le 1er juillet, le ministre a donné cette impression multipliant les annonces de postes pour créer des petits groupes d'accompagnement des élèves. Si cela satisfait l'opinion publique, les professionnels décryptent vite qu'il ne s'agit que de demi-vérités.

Demi vérité sur le rattrapage en collège et lycée

"On fera des inscriptions d'office à Devoirs faits pour les élèves de 6ème qui ne seront pas au niveau", a déclaré JM Blanquer sur France Info le 1er juillet. Il annonce "l'équivalent de 1500 postes", sous forme d'heures supplémentaires, notamment en lycée pour l'accompagnement des élèves et un dispositif "je réussis au lycée". "Cela va permettre le rattrapage nécessaire", dit-il.

Immédiatement cela entraine des réactions. Sur Twitter, Christian Chevalier, membre du Cese mais ancien secrétaire général du Se-Unsa, un syndicat classé dans les réformistes, précise que "inscription d'office ne signifie pas participation obligatoire. Seule la scolarisation est obligatoire en France". Et il ajoute : "bel exemple de com destinée à faire intentionnellement croire à l'opinion publique que le ministre mène son ministère à la baguette".

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F Jarraud

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Enfants placés : violence à tous les étages

3 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Enfance

Aide sociale à l'enfance : une assistante familiale creusoise se sent  "abandonnée"

Que ce soit en foyer ou en famille d’accueil, les jeunes qui bénéficient de l’Aide sociale à l’enfance subissent des violences diverses, que l’institution n’écoute et n’accompagne pas suffisamment, note une étude de l’Ined.

Le sujet s’est imposé par la force des choses. Engagées dans une enquête sur les trajectoires des jeunes sortant de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), des chercheuses de l’Ined (Institut national d’études démographiques) ont constaté qu’une thématique revenait fréquemment dans la bouche des interrogés : la violence. Elles ont donc décidé de recentrer leur étude sur ce thème spécifique et ont publié, en juin, «La violence sous protection : expériences et parcours des jeunes récemment sortis de placement», travail basé sur les paroles de 37 jeunes venant de quitter le giron de l’ASE. En voici les principaux enseignements.

Dans les familles d’accueil, le risque accru des violences psychologiques

Nombre de documentaires ont révélé le climat violent pouvant régner dans des foyers de la protection de l’enfance, où coups et insultes sont légion. Mais il est une violence plus difficile à percevoir et, a fortiori, à montrer : la violence psychologique. Les familles d’accueil en sont, indique l’étude, «le lieu de prédilection».

Des filles, en particulier lorsqu’elles sont étrangères ou d’origine étrangère, dénoncent l’exploitation dont elles font l’objet. «On pliait les vêtements, on triait les vêtements [des] enfants [de la mère d’accueil], enfin les femmes de ménage quoi, toujours H24. Elle m’a fait faire le lit au moins dix fois. Avant elle a dit : “Si tu fais pas très bien ton lit, ben il faut que tu laves tout avec de l’eau de javel parce que ça va laisser vos microbes ici, vous les Africaines on sait pas si vous avez le sida ou des trucs comme ça, faut bien nettoyer”», relate Rosie, qui affirme avoir été mise dehors sous la pluie ou avoir dû manger la nourriture que les enfants de la famille avaient fait tomber.

Ces violences s’installent d’autant plus aisément que les assistants familiaux comme les jeunes accueillis n’ont souvent que peu de liens avec l’ASE. «Je n’ai eu qu’une visite en l’espace de cinq ans, c’est pas normal. […] C’est comme si j’avais été abandonnée. […] Je n’avais pas de lieux pour parler de ce qui n’allait pas», raconte ainsi Emilie. Les parents accueillants, eux, manquent de relais et de soutien face à des jeunes difficiles.

La nature même de la relation entre les enfants et leurs familles d’accueil peut être source de conflits. «Alors que [les jeunes] attendent un investissement affectif de la part [des assistants familiaux], ils s’aperçoivent parfois que leur accueil repose sur une transaction financière, ce qui peut être très mal vécu», indique l’enquête. Clara affirme même qu’«à la fin, ben ils sont devenus extrêmement méchants jusqu’à dire que j’étais qu’une fiche de salaire, que je servais à rien quoi».

Lorsque des jeunes parviennent à dénoncer des problèmes, «la réponse institutionnelle est presque toujours le déplacement de l’enfant vers un autre lieu de vie». Sans, donc, que la famille ne soit ni sanctionnée ni accompagnée.

Dans les foyers, une violence banalisée

Dans les foyers, la violence s’exerce surtout entre pairs. «Il faut jouer des coudes, montrer qu’on ne se laissera pas faire et tenir sa réputation», note l’étude. Interrogée par les chercheuses, Nadejla résume : «Soit tu choisis d’être le larbin des gens, soit tu choisis d’être parmi les boss. Il faut choisir son camp. Parce que si tu te bagarres pas, t’es considérée comme une personne faible.» Toutefois, si le niveau de violence est «probablement plus élevé» dans les foyers que dans les familles d’accueil, «l’accompagnement par l’équipe éducative permet de canaliser les agressivités».

A noter que «les jeunes confrontés à des violences avant le placement tendent à relativiser celles subies dans l’institution, attitude particulièrement fréquente chez les garçons». Ainsi, «toute une partie des actes qui seraient probablement évalués par un observateur extérieur comme de la violence reste en sourdine».

Face aux violences sexuelles, la parole de la victime remise en question

Parce qu’elles ont un parcours chaotique, peuvent être turbulentes, difficiles à gérer, les victimes d’agressions sexuelles peuvent voir leur parole remise en cause lorsqu’elles osent en parler. Elles «restent fréquemment perçues comme fragiles psychologiquement, pouvant élaborer de fausses histoires pour mettre à mal l’institution», indique l’étude. Ce qu’illustre Justine : «Mon éducateur ne me croyait pas. Il croyait que je mentais juste pour quitter le truc [le foyer, ndlr]

Faute de crédibilité, la victime n’est pas suffisamment accompagnée, psychologiquement ou pour porter plainte, et finit «dans tous les cas» par être changée de lieu d’accueil, afin d’être séparée de l’auteur des faits, qu’il s’agisse d’un professionnel, du conjoint d’une «mère d’accueil» ou d’un autre jeune. «La réparation psychologique passe par la reconnaissance des faits, et celle-ci semble absente», constate l’Ined.

Des moments charnières dans le parcours au sein de l’ASE

Le premier placement peut être particulièrement violent pour les jeunes, en particulier lorsqu’ils n’ont pas été informés de ce qui allait se passer et encore moins consultés. «Si la séparation lors de la première entrée en placement est mal préparée, ou bien si les enfants sont malmenés au cours du premier placement, alors une méfiance qui ne sera parfois jamais levée, s’instaure», alerte l’étude.

A l’autre bout du processus, la sortie du giron de la protection de l’enfance peut provoquer «une véritable souffrance». A 18 ans, 21 s’ils bénéficient d’un contrat jeune majeur, ils doivent se débrouiller seuls. Ils le savent depuis longtemps, les éducateurs ne manquant pas de leur rappeler régulièrement l’échéance, ce qui cause du stress chez certains. «Mineur c’est beau et majeur c’est la catastrophe, résume Nadjela. Ils te le disent : “T’es considéré comme majeur, t’es dehors.”»

Des pistes d’amélioration

Que faire de tout cela ? Les chercheuses suggèrent notamment de contrôler davantage les lieux de placement, d’écouter les jeunes et de les associer aux décisions. Elles conseillent aussi de travailler sur les sorties de l’ASE afin qu’elles soient moins vécues comme un traumatisme.

Mais l’enjeu dépasse le seul cadre de l’Aide sociale à l’enfance, car les jeunes sont souvent confrontés à de la violence avant même leur placement : «Lutter contre la violence en institution suppose aussi de lutter contre la violence qui s’exprime dans la société, hors de ses murs. Une politique sociale visant à réduire les violences sociales serait certainement la politique de prévention des violences institutionnelles la plus efficace.»

Elsa Maudet

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À ma chère École, qui a subi tant d'épreuves cette année - Par Bertrand Gaufryau

3 Juillet 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

À ma chère École, qui a subi tant d'épreuves cette année - Par Bertrand Gaufryau

EXTRAITS

Chère école, première de corvée devenue au fil des mois de cette année scolaire, première de cordée.

Même si l’histoire singulière remonte au 13 mars 2020, je vous avoue avoir fait un “reset” sur ce qui avait été une fin d’année chaotique, où chacune et chacun n’avait certainement pas pris en compte la dimension de la pandémie et de ses conséquences globales.

L’Histoire est à la fois un continuum mais aussi faite de ruptures. L’école qui est au cœur de la République est à la fois un des piliers de notre société qui doit participer à “la fabrique du futur citoyen”, mais aussi le réceptacle de toutes les contradictions de notre pays, des débats de société, de la vie, du vivre-ensemble en quelque sorte.

L’école est au carrefour des problématiques liées à l’accueil de tous et de chacun dans sa diversité et se doit de résoudre celles relatives à toutes les fractures: sociale, numérique, éducative, territoriale, identitaire. Et sans perdre le sens de ce qu’elle est, à savoir un lieu d’émancipation, de transmission des savoirs et désir d’apprendre, je voudrais vous dire ce que je sais, ce que je crois, ce que j’ai vécu.

La première de ces premiers de cordée

Comme chef d’établissement, comme citoyen à travers des mots sous forme de lettre à l’école, d’éloge de ce qu’elle a été au cours de cette année si atypique. Alors je vais m’adresser à toi chère école de la République, chère école dans la République, chères écoles dans la diversité des territoires, de leur histoire, mais rassemblées dans cet art de l’accompagnement des jeunes de tous âges sur le chemin de l’émancipation.

(...)

En cette fin d’année scolaire, je voulais t’écrire ces mots, parce qu’ils ont un sens. Plus que jamais d’ailleurs, ils ont été utiles pour exprimer des sentiments, des incertitudes plus que des vérités. École, chère école, si tu n’es pas le veau d’or de notre République, tu n’es pas le paillasson sur lequel on peut impunément s’essuyer les pieds, te demander tout et son contraire, tout et encore davantage.

Par contre, cette période nous a finalement appris ce que l’école peut encore pour la démocratie, comme l’écrit Philippe Meirieu. C’est un joyau et comme tout joyau, cela nécessite d’en plus que jamais prendre soin.

Bertrand Gaufryau

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Les filles peuvent s'habiller comme elles veulent, c'est un droit, pas une opinion (25 sept 2020)

2 Juillet 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

Laval : indignation après les présumés propos sexistes et insultants d'un  prof de collège

Leur interdire des tenues sous prétexte qu'elles risquent d'exciter les garçons hétéros, c'est ce qu'on appelle la culture du viol.

Oyez, oyez braves gens, venez écouter les palabres sur la nouvelle polémique en royaume de France et de Navarre. Enfin... Polémique... Est-ce bien le terme adéquat? Je veux dire, regardons les choses en face: depuis dix jours, dix putains de jours, la France se demande si les filles ont le droit de s'habiller comme elles veulent.

Mais vous êtes sérieux? On vit dans quel monde pour que cette question soit simplement évoquée plus de vingt secondes? Alors dix jours à s'interroger dessus...

Pire encore, au bout de dix jours, on n'a toujours pas trouvé la réponse. (Indice, elle tient en trois lettres et il y a un U au milieu.)

J'ai résisté deux semaines, je n'ai rien publié sur le sujet parce que je me disais que bordel de merde je n'allais pas donner mon avis sur «les filles peuvent-elles choisir librement leurs vêtements?». Vous imaginez en interview?

– Bonjour Titiou Lecoq, donc vous pensez que les filles doivent s'habiller comme elles veulent, c'est bien cela?
– Oui, tout à fait. Évidemment, ce n'est que mon opinion personnelle.

Mais non, bordel de poil à cul. C'est un droit. C'est pas une opinion. Il faudrait arrêter de demander leur opinion aux gens sur n'importe quoi. Bientôt on aura «vous êtes pour ou contre le droit de vote pour les femmes?».

Excusez-moi, je m'énerve. Mais c'est totalement aberrant. Ça me rappelle les témoignages sur le pantalon pour femmes qui a longtemps été jugé obscène (voir l'excellent livre de l'historienne Christine Bard, Une histoire politique du pantalon). Et puis, le short, le crop top et les brassières, mais quoi de neuf sous le soleil? Où étaient ces gens ces trente dernières années?

Salut 1990!

(À noter qu'à mon époque, dans les médias, il y avait des vieux messieurs comme, je sais pas, disons Philippe Sollers, qui nous disaient que l'étalage de notre viande ce n'était pas du tout excitant ni érotique, que limite nous étions écœurantes.)

Je suis donc totalement atterrée par le débat actuel qui, n'en doutons pas une seconde, aboutira à:
1. «pour ou contre l'uniforme à l'école?», puis
2. «pour ou contre la mixité à l'école?».

Évidemment, le plus aberrant c'est que des membres de l'Éducation nationale se permettent de sanctionner des élèves à cause de leurs tenues. C'est honteux. On vivrait sous mon régime politique, la titioucratie, ces personnes écoperaient d'un blâme. Que des profs, que des encadrants transmettent ainsi la culture du viol... Parce que contrôler les tenues des filles sous prétexte qu'elles risquent d'exciter les garçons hétéros, c'est exactement ce qu'on appelle la culture du viol. Au passage, on notera que c'est une approche totalement hétérocentrée. Visiblement, il n'y a que les garçons hétérosexuels qu'il faut protéger de la tentation.

Titiou Lecoq

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