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Vivement l'Ecole!

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Revue de Presse Education.... Reprise ou pas ? - Réflexions - Divers...

18 Avril 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education.... Reprise ou pas ? - Réflexions - Divers...

Sans surprise, l’annonce de la réouverture des écoles le 11 mai fait toujours autant couler d’encre.

Reprise ou pas ?

Les écoles vont rouvrir progressivement à partir du 11 mai : ce que l’on sait, ce que l’on ignore encore
« Si certains parents se réjouissent de cette décision, une rentrée dans un peu plus de trois semaines pose des questions. »
Enfin, on remarque surtout qu’on ignore beaucoup !

Coronavirus : Suis-je obligé de renvoyer mon enfant à l’école lorsque les cours reprendront ?
« Pas facile de s’y retrouver dans le flux d’informations qui tombent sur le nouveau coronavirus. Une question en particulier vous taraude ? Chaque jour, « 20 Minutes » fait en sorte de vous apporter la réponse »

Les chefs d’établissement s’inquiètent de cette reprise "progressive".
Pourquoi rouvrir mon lycée le 11 mai m’apporte plus de problèmes que de solutions - BLOG Par Bertrand Gaufryau Chef d’établissement de lycée agricole, économiste, militant de la pédagogie, citoyen engagé
« Cette annonce d’un retour progressif à partir du 11 mai m’a, comme de nombreux enseignants, personnels et collègues, pour le moins surpris. Le message quant aux nouvelles modalités de délivrance des diplômes laissait à croire que nous ne ferions une rentrée qu’en septembre. J’ai aussi peu goûté le couplet sur les inégalités scolaires et qu’en leur nom, soit justifiée une telle date de retour. »

Les enseignants s’inquiètent pour leur santé et celle de leurs proches.
Réouverture des écoles : pourquoi il sera délicat pour les enseignants de faire valoir leur "droit de retrait"
« Spécialisé en droit de l’éducation, Bruno Roze est avocat au barreau de Paris. Selon lui, la possibilité d’user ou non de son droit de retrait en temps d’épidémie de coronavirus dépend de plusieurs paramètres difficilement anticipables à ce jour. "Par exemple, si le virus a perdu en influence et, donc, si le nombre de cas a diminué, il y a de fortes chances que leur droit de retrait ne soit pas valide", détaille-t-il. Car, si le professeur peut se mettre en retrait sans demander l’aval de sa hiérarchie, l’administration peut malgré tout juger ce retrait "invalide" postérieurement. Ainsi, l’enseignant s’expose donc à des retenus sur traitement… D’où l’importance de prendre quelques précautions. »

Réflexions

TRIBUNE. Enseignement à distance : « Le danger d’une école sans humanité »
« Fanny Capel, professeure de lettres au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis et présidente de l’association Sauver les Lettres, revient dans une tribune à « l’Obs » sur la « continuité pédagogique » promue par le ministère de l’Education nationale. »

Philippe Meirieu : « L’école d’après »… avec la pédagogie d’avant ?
“S’il restait encore le moindre doute sur le caractère ridicule des prophéties sentencieuses sur notre avenir, la crise que nous traversons l’aurait levé. Certes, tout le monde est d’accord sur le fait qu’« il y aura un avant et un après », mais nul ne sait de quoi cet « après » sera fait. Les analyses se multiplient pour souligner le caractère inédit du moment que nous traversons, montrer qu’il remet en cause toutes nos habitudes et requiert une véritable refondation de nos systèmes de pensée et de décision. On nous dit que tous les pays et, en particulier, le nôtre, ont fait le choix de la santé pour tous plutôt que de la croissance économique au profit de quelques-uns. On déclare que nous allons, demain, revaloriser les professions de l’humain, nécessaires à notre survie collective, plutôt que continuer à exalter les « premiers de cordée » et à promouvoir les « gagneurs ». On nous explique qu’est venu le temps du partage équitable des biens communs qui nous permettra, enfin, ne pas « périr dans les eaux glacées du calcul égoïste » dont parlait Marx… Je voudrais bien le croire. Je voudrais être certain que nous nous dirigeons, à l’échelle planétaire, vers plus de solidarité, entre les personnes et les nations, plus de justice sociale et une meilleure prise en compte des enjeux écologiques majeurs. Mais, en vérité, je crois que rien n’est joué…”

Elèves "perdus" : les CEMEA proposent à J-M Blanquer d’inventer "des colonies de vacances apprenantes"
Paru dans Scolaire, Périscolaire le jeudi 16 avril 2020.
« Réorienter des budgets, par exemple ceux du SNU (service national universel), "réforme qui n’est peut-être, comme d’autres, plus d’actualité". C’est ce que proposent les CEMEA à Jean-Michel Blanquer après que celui-ci eut souhaité "remobiliser ’scolairement’ pendant un temps de vacances" les élèves "perdus". Il s’agirait de financer "des colonies éducatives et émancipatrices, c’est-à-dire, des centres pour partir et profiter des vacances, mais aussi pour préparer la rentrée". Le mouvement d’éducation populaire rappelle qu’il conçoit "les centres de vacances, la colo (comme) des lieux d’apprentissage, de socialisation". »
Effectivement le milliard du SNU pourrait servir à récupérer ces enfants que l’on a perdu dans la continuité pédagogique.

Divers

Coronavirus : les diplômes professionnels (CAP, bac pro, BTS) seront eux aussi délivrés selon les modalités du contrôle continu
« Les ministères de l’Education nationale et du Travail ont annoncé, jeudi, se caler sur ce qui est prévu pour les bacs généraux et technologiques. »

L’université au temps du corona
“La crise du coronavirus a accéléré la dématérialisation numérique dans l’enseignement supérieur, constatent Augustin Landier et David Thesmar. Le coeur du métier d’enseignant va sortir de la salle de cours et se recentrer sur les interactions personnelles en petit groupe.”

Au Portugal, l’école à la télé
“Face à la fermeture des écoles pour cause de confinement, la télévision publique portugaise va diffuser des programmes éducatifs à partir de ce lundi. Environ 50.000 élèves manquent l’enseignement à distance faute de connexion internet ou d’ordinateur, rapporte « Diário de Notícias ».”
Au Portugal l’école ne rouvre pas avant septembre.

Géraldine Duboz

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"Rentrée scolaire" - Le 11 mai et ses dénis...

17 Avril 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

"Rentrée scolaire" - Le 11 mai et ses dénis...

EXTRAITS

A la crise sanitaire particulièrement grave que traverse le pays, est en train de s'ajouter chez une grande partie des enseignants une incompréhension de la politique menée par le gouvernement. Cette situation n'existe que par la posture prise par un gouvernement qui parle beaucoup mais ne met pas en débat ses choix. Or les enseignants méritent la vérité.

Le déni de la reprise

"On voit des collègues qui sont persuadés qu'ils seront dans leur classe le 11 alors qu'on parle bien de progressivité et pas partout, non?". Cette remarque, lue sur Twitter le 16 avril, nous l'avons également entendue chez de nombreux enseignants avec qui nous avons été en contact depuis le 14 avril.

Nombreux sont les professeurs, aussi bien dans le premier que le second degré, qui ont compris que la réouverture des classes et des écoles ne serait que très partielle en mai voire même en juin. Cela nous revient presque à chaque contact avec un enseignant sans que ces professeurs puissent faire état d'une instruction officielle en ce sens.

Certains croient que la reprise sera tellement "progressive" qu'elle s'étalera sur un temps très long. D'autres saisissent le mot "progressif" dans le sens où la réouverture ne concernerait qu'une petite partie des écoles et des établissements.

(...)

Les enseignants sont des acteurs pas des objets

Des gouvernements ont expliqué tout cela. Mme Merkel, par exemple, a expliqué ce que voulait dire le taux de contamination. Le gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles le fait aussi quand il parle de la réouverture des classes.

En France, ni E Macron, ni JM Blanquer ne parlent de l'impératif économique alors qu'il est évident que c'est lui qui guide leur politique. Ils n'ont donné aucun argument sanitaire à leur surprenant revirement concernant l'ouverture des écoles.

Ils pensent ainsi éviter le débat. Or, à l'évidence, ces choix doivent être débattus. Pour réussir la reprise les enseignants doivent être des acteurs conscients pas des objets. Les enseignants ont le droit de savoir pourquoi on leur fait prendre de tels risques. Ils ne doivent pas être les objets d'une politique gouvernementale mais bien en être les acteurs. Sans leur collaboration on risque fort d'aller à la catastrophe. Or ils sont parfaitement à même de faire les choix nécessaires, même quand ils ne sont pas faciles. Comme enseignants ils sont confrontés à des situations difficiles et assument au quotidien leur rôle d'adulte dans la classe.

Cette exigence de vérité est une exigence d'éthique. Or il faut bien dire que c'est sur ce terrain que le ministère actuel pêche. On l'a vu , au nom de l'efficacité, demander aux jurys d'inventer des notes pour le bac 2019. On l'a vu , au nom de l'efficacité, accepter de donner le bac sur livret scolaire aux élèves des établissements hors contrat en 2020. On le voit maintenant, toujours parce que ça semble plus efficace, faire le choix de la réouverture sans l'expliquer et entretenir le brouillard sur son application. Le résultat n'est pas efficace : c'est le déni qui s'installe et les crises à venir. Le débat doit s'ouvrir.

François Jarraud

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Philippe Meirieu : « L’école d’après »… avec la pédagogie d’avant ?

17 Avril 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Philippe Meirieu : « L’école d’après »… avec la pédagogie d’avant ?

EXTRAIT

S’il restait encore le moindre doute sur le caractère ridicule des prophéties sentencieuses sur notre avenir, la crise que nous traversons l’aurait levé. Certes, tout le monde est d’accord sur le fait qu’« il y aura un avant et un après », mais nul ne sait de quoi cet « après » sera fait. Les analyses se multiplient pour souligner le caractère inédit du moment que nous traversons, montrer qu’il remet en cause toutes nos habitudes et requiert une véritable refondation de nos systèmes de pensée et de décision. On nous dit que tous les pays et, en particulier, le nôtre, ont fait le choix de la santé pour tous plutôt que de la croissance économique au profit de quelques-uns. On déclare que nous allons, demain, revaloriser les professions de l’humain, nécessaires à notre survie collective, plutôt que continuer à exalter les « premiers de cordée » et à promouvoir les « gagneurs ». On nous explique qu’est venu le temps du partage équitable des biens communs qui nous permettra, enfin, ne pas « périr dans les eaux glacées du calcul égoïste » dont parlait Marx… Je voudrais bien le croire. Je voudrais être certain que nous nous dirigeons, à l’échelle planétaire, vers plus de solidarité, entre les personnes et les nations, plus de justice sociale et une meilleure prise en compte des enjeux écologiques majeurs. Mais, en vérité, je crois que rien n’est joué…

connaissent bien, c’est, en effet, l’immense écart – le fossé, voire le gouffre – qui sépare les déclarations d’intention, générales et généreuses, des pratiques réellement mises en œuvre. « Formation à l’autonomie », « droits de l’enfant », « personnalisation des apprentissages », « expérience de la fraternité », « co-construction des pratiques »… on n’en finirait pas d’inventorier ces notions dont l’importance est proclamée en grande pompe et que les institutions, par peur ou par paresse, par manque d’inventivité ou inquiétude face à ce qui pourrait leur échapper, mettent systématiquement à l’écart ou cantonnent précautionneusement dans les marges. On sait bien qu’il faut qu’une équipe mobilisée, des cadres éducatifs qui prennent des risques et une hiérarchie qui ferme les yeux, pour que l’on s’interroge vraiment sur tout ce que cela veut dire concrètement et au quotidien. C’est que la cohérence entre promesses affichées et les pratiques mises en œuvre, n’est, en aucun cas, la règle : elle représente, tout au contraire, l’exception, infiniment rare et précieuse, qui émerge quand quelques individus ou groupes déterminés se mettent au travail en posant une question profondément subversive et que ne tolèrent guère les partisans du « désordre établi » : « Mais pourquoi ne fait-on pas ce que l’on annonce ? ».

Qu’on me permette donc de m’inquiéter et d’avouer que je ne sais guère ce qui restera demain des déclarations d’intention d’aujourd’hui. Que décidera-t-on quand nous ne serons plus tenaillés par l’inquiétude, que le souvenir du confinement s’estompera progressivement et que les inégalités révélées par les terribles événements que nous vivons seront à nouveau éclipsées par l’activisme au jour le jour ? Je crains que l’emballement de la « sortie » de la crise ne nous fasse oublier les conditions dans lesquelles nous y sommes entrés et que le « retour à la normale » soit, selon la logique de la plus forte pente, un « retour à l’anormal ».

(...)

Philippe Meirieu

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Une Ecole pour ce XXIe siècle qui commence aujourd'hui... (13)

17 Avril 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Lycée Lyautey - Casablanca

Lycée Lyautey - Casablanca

Une architecture scolaire à la mesure des enjeux éducatifs et environnementaux

 

Tous les établissements nouvellement construits devront respecter une « charte environnementale » notamment dans le choix des matériaux, l’agencement des locaux entre eux et les locaux eux-mêmes, les choix énergétiques, etc.

 

  • Une conception cohérente des « espaces–activités » (Le mot "activité", nous le savons, déplait à beaucoup. Que l'on s'attache avant tout à ce qu'il contient)

 

L’architecture scolaire est un sujet considéré comme secondaire et minoré. Ponctuellement, des réalisations montrent la réelle volonté - et le talent - d’architectes novateurs, soucieux de prendre en compte la spécificité des fonctions multiples de l’École d’aujourd’hui. Mais l’architecture scolaire est le plus souvent (pour des raisons budgétaires et par manque de connaissance fine de ce qui fait le quotidien de la vie scolaire dans cet espace clos) le reflet matériel et spatial de conceptions d’un autre temps. Un espace segmenté où domine l’unité de base héritée de la forme scolaire (Vincent, Lahire & Thin) : une salle, un maître, une classe, un objet disciplinaire. Mis à part le cas spécifique des lycées professionnels et techniques dont les ateliers/laboratoires sont dédiés à des activités propres, nos établissements scolaires sont des suites de salles clonées. Le modèle est finalement parfaitement disjonctif, à l’image des savoirs enseignés parcellisés dénoncés par Edgar Morin.

 

Pour travailler autrement, il s’agira là de procéder à une profonde réforme des structures spatiales nécessaires à l’étude et de concevoir des lieux qui soient « aussi » des lieux où se construisent une culture commune, des liens sociaux, l’apprentissage du collectif, la réalisation de projets et actions diversifiés, et où tous les croisements de groupes à géométrie variable que nous avons décrits dans les points précédents soient possibles et naturels.

 

C’est un lourd chantier qui ne peut être envisagé que sur le moyen terme : réhabilitations de ce qui peut l’être et programmes de travaux de construction étagés sur 15 ans pour aboutir progressivement à la réduction du nombre d’élèves par établissement.

 

Deux préoccupations majeures présideront à ce chantier :

 

- à l’image du lycée Kyoto (Région Poitou-Charentes), celle de l’excellence environnementale : zéro énergie fossile et 100% d’énergie propre ;

 

- celle de l’adéquation entre le Projet pour une nouvelle École du XXIème siècle et sa réalisation spatiale : ancrage et inscription pertinente dans l’espace local ; qualité des lieux dédiés à l’étude et à la diversité des activités ; osmose avec le tissu local d’activités (entreprises, activités culturelles, liens intergénérationnels, etc.).

 

  • Une pluralité de lieux pour répondre aux contraintes du fonctionnement novateur des « unités éducatives »

     

Les lieux appellent les comportements : il importe donc d’en imaginer qui soient sereins, propices à l’étude comme à la vie collective. Nous devons en finir avec ces salles de classes où s’installent bruyamment nos élèves, certains n’enlevant même pas leur manteau tant ils ont hâte de quitter le sinistre endroit. Nous devons en finir avec ces établissements où même des élèves volontaires n’ont pas de lieux où travailler (ou lire) contraints par le manque d’espaces adaptés, par des horaires trop rigides et un manque d’encadrement adulte posant des problèmes de sécurité. Nous devons en finir avec ces établissements où les enseignants n’ont pas suffisamment de lieux calmes où s’isoler pour travailler (sauf à se réfugier dans des classes vides) alors même que leurs fonctions nécessitent une présence de plus en plus importante dans les établissements scolaires.

 

- À chaque lieu doit correspondre telle ou telle posture mentale requise. Nos élèves sauront, dès leur entrée dans espace particulier, quelle attitude est attendue de leur part. L’espace ne sera plus seulement un lieu de « rassemblement », mais un lieu dédié à telle ou telle activité, clairement définie par l’architecture adaptée choisie.

 

- Nos établissements scolaires doivent se doter de salles de travail ; de salles de réunions équipées ; de salles de spectacle ; d’au moins une salle en amphithéâtre ; de petites bibliothèques spécialisées en plus du CDI.

 

- L’architecture des établissements scolaires doit aussi favoriser ce qui améliore le « vivre ensemble ». Les salles d’études et d’ateliers, les salles de classes, la bibliothèque/CDI, les salles de réunions et la salle des professeurs doivent communiquer. Il faut cesser de croire que l’enseignant sera plus tranquille en « s’encloisonnant ». Il doit « habiter » l’École pendant le temps qu’il y passe. Ce sera d’autant plus facile dans des unités éducatives à taille humaine (60/100 élèves).

 

- Les surveillants, qui n’enseignent aucune discipline et de ce fait peinent à trouver une légitimité disciplinaire, doivent sentir et partager la présence des enseignants lors des périodes quotidiennes « hors-classe ».

 

- L’École doit, par son architecture nouvelle, être bien entendu un lieu de travail le plus calme possible, ce qui sera favorisé par l’emploi de matériaux naturels, une réflexion sur la lumière (exemple de Kyoto). Les lieux de vie doivent être séparés en fonction des moments et activités quotidiennes : enseignement ; repas ; pauses ; rencontres avec tel ou tel enseignant ; etc. L’École doit aussi être un lieu qui fasse une belle place à l’accueil des parents, des associations, du monde professionnel environnant : que l’École ne soit plus un sanctuaire fermé, parfois « barbeletisé », vidéo-surveillé, mais transparent et acteur de son environnement urbain ou rural.

 

- La question des accès aux établissements et de la circulation interne des élèves doit être l’objet d’une étude particulière. Chaque lieu doit être accessible facilement et sera d’autant plus aisé à surveiller qu’il sera plus respecté. La question doit être pensée en lien avec les questions de gestion : place et rôle des surveillants, du personnel d’entretien et de gestion dans le dispositif éducatif ; taux d’encadrement adulte ; présence pour des activités variées d’acteurs extérieurs appartenant à la société civile.

 

L’architecture scolaire est un enjeu futur capital qui devrait être l’objet de toutes nos attentions et s’appuyer mieux que cela n’est fait sur les analyses qu’en font les usagers au quotidien.

 

A suivre...

 

Christophe Chartreux

 

Les autres épisodes sont à lire en cliquant ci-dessous et en allant visiter les liens de bas de page

 

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Revue de Presse Education... Y aller ou pas — Réflexions — Examens, concours, supérieur — Ailleurs...

17 Avril 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Y aller ou pas — Réflexions — Examens, concours, supérieur — Ailleurs...

Y aller ou pas la question se pose. D’autres réfléchissent sur la situation actuelle et future. On des infos sur les examens et concours et quelques nouvelles d’ailleurs.

Y aller ou pas

Dépister tous les enseignants ? Blanquer juge la question "plus compliquée que ça en a l’air"
Alors que les établissements scolaires sont les premiers lieux publics à avoir fermé, le 16 mars dernier, quelques jours avant le confinement de la population, ils devraient aussi être les premiers à rouvrir leurs portes, "progressivement", le 11 mai, a annoncé Emmanuel Macron lundi soir. Mais cette réouverture pose des questions sanitaires, par exemple le dépistage des enseignants, pour éviter une nouvelle propagation de l’épidémie.”

11 mai : l’impossible retour à l’école ?
L’école à la maison | Face aux incertitudes d’une réouverture des établissements scolaires, Louise Tourret a demandé à Antoine Prost de partager son regard d’historien sur la place de l’école et le métier d’enseignant tels que nous les réenvisageons à la lumière de la crise que nous traversons.”

Un blog à suivre : Chroniques d’un collège fermé (en vacances) Chroniques de deux classes de 4ème au temps du coronavirus (chacun chez soi, dans notre petite ville du 94)

Réflexions

L’Ecole d’après : Najat Vallaud-Belkacem : La mixité scolaire et l’égalité des chances doivent redevenir des sujets prioritaires
" On ne peut pas saluer les travailleurs de l’ombre qui nous sauvent aujourd’hui et ne pas permettre demain à leurs enfants d’obtenir de vraies chances de réussite dans le système scolaire". Ministre de l’éducation nationale de 2014 à 2017, Najat Vallaud-Belkacem revient dans cet entretien sur le terrain scolaire. Elle réagit à la question posée par la continuité pédagogique durant la crise sanitaire. Cette fameuse continuité pédagogique, indispensable pour la bonne marche du pays a-t-elle fonctionné ? Mais surtout, comment à l’aune de cette expérience massive, inédite, apprendre nous même pour les crises futures ? Elle regrette notamment l’arrêt du plan d’équipement numérique lancé en 2016 et rappelle la création de postes dans le service public d’éducation entre 2012 et 2017.”

La procédure Affelnet 2020 en dix questions par Thibaut Cojean
La procédure Affelnet permet d’affecter les élèves de 3e dans les lycées de leur académie. Si certaines règles (barèmes de points, nombre de vœux…) sont locales, son fonctionnement général est le même au niveau national. Et cette année, les circonstances exceptionnelles liées au confinement n’auront pas d’impact sur le calendrier et sur la procédure. Explications en dix questions-réponses.”

En confinement, l’éducation des enfants devient un sujet de discorde récurrent par Ophélie Ostermann
Confinés et divisés. Un Français sur deux déclare se disputer plus qu’avant avec son (sa) conjoint(e), selon un sondage Ifop publié le 8 avril (1). Sur le haut du podium des sujets qui fâchent ? L’éducation des enfants, plus précisément les écrans, les règles éducatives et le temps passé avec eux. Si d’ordinaire la question est sensible chez certains parents, le confinement exacerbe les désaccords. Ces derniers seraient notamment renforcés par l’école à la maison, selon Claire Leconte, professeure émérite de psychologie de l’éducation. Précisions.”

L’École à l’heure du Covid-19 Une situation sans précédent ? par Julien Cahon
En quoi la fermeture généralisée des écoles et établissements pour cause de crise sanitaire, et la mise en place de la continuité pédagogique créent-elles une situation inédite pour l’école française ? Et que peut nous apprendre l’historien sur notre situation actuelle à la lumière de crises précédentes ?

Examens, concours, supérieur

Capes, capeps, capet, agrégation : les nouvelle règles pour les concours de l’enseignement Par Camille Stromboni
Pour les 180 000 candidats qui n’avaient pas débuté les épreuves, des écrits seront organisés en juin et juillet. L’oral d’admission est supprimé.”

Capes, agrégation... les concours de l’enseignement maintenus, mais aménagés
Après plus d’un mois d’incertitude sur le sort de l’agrégation (recrutement pour l’enseignement secondaire ou supérieur), du Capes (Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire), et du concours de professeur des écoles (CRPE), les choses semblent se clarifier.”

Coronavirus : les concours de recrutement de l’Education nationale sont maintenus (mais avec des aménagements)
Après plus d’un mois d’incertitude sur le sort de ces trois concours, le ministre Jean-Michel Blanquer a détaillé les modalités de ces examens.”

Les décisions de modification des concours d’enseignants ont-elles des antécédents ? Par Claude Lelièvre sur son Blog : Histoire et politiques scolaires
Les concours externes de recrutement dont les écrits sont déjà passés auront leurs oraux en juin. Les autres auront leurs écrits en juin-juillet et leurs oraux au printemps 2021. Les épreuves des concours internes qui n’ont pas été passées le seront en septembre 2021. Des bouleversements sans précédents ? A voir.”

L’enseignement supérieur dans le flou
Le président de la République a annoncé lundi dernier que « dans l’enseignement supérieur, les cours ne reprendront pas physiquement jusqu’à l’été », les universités physiques ne rouvriront donc, a priori, pas leurs portes avant l’automne, mais qu’en est-il des classes préparatoires, des BTS et des écoles privées  ?

Ailleurs

Coronavirus : en Afrique de l’Ouest et du Centre, la difficulté de l’enseignement à distance
Dans la très grande majorité des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, les établissements scolaires ont fermé leurs portes pour limiter la propagation du coronavirus. L’enseignement à distance est devenu la règle et de nombreuses initiatives ont été mises en place. Mais les professeurs doivent contourner une difficulté de taille : assurer la continuité pédagogique pour tous les élèves, même pour les enfants qui n’ont aucun accès à internet.”

Québec : Garder le cap sur la réussite éducative
Au cours du point de presse de vendredi dernier, le premier ministre du Québec a communiqué qu’une ouverture des écoles le 4 mai 2020 – et peut-être même avant – était un scénario envisageable. Cette annonce a eu un effet-choc sur la population, particulièrement chez le personnel scolaire et les parents, bien qu’il ait été réitéré – lors du point de presse du samedi 11 avril – que cette décision serait prise en concertation avec la Santé publique.”

"C’est maintenant qu’il faut mettre nos enfants dehors et les exposer" : les Danois confiants dans la réouverture des écoles après le confinement
À partir de ce mercredi 15 avril, crèches, écoles maternelles et primaires danoises accueillent à nouveau les enfants de moins de 11 ans. Une mesure bien acceptée par les parents, dans ce pays peu touché par le Covid-19.”

Bernard Desclaux

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L’Ordre des Médecins s’oppose à la réouverture des écoles le 11 mai...

16 Avril 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

L’Ordre des Médecins s’oppose à la réouverture des écoles le 11 mai...

Le président du Conseil national de l’Ordre des Médecins déplore un « manque absolu de logique » et dénonce une décision qui reviendrait à « réintroduire le virus », dans un entretien au « Figaro ».

Créant la surprise et l’inquiétude des enseignants, Emmanuel Macron a annoncé le 13 avril la réouverture des établissements scolaires dès le 11 mai. Une décision contestée par Patrick Bouet, président de l’Ordre des Médecins, dans une interview au « Figaro », qui dénonce « un manque absolu de logique ».

Clos depuis le 12 mars, les établissements scolaires ont été les premiers à fermer dans l’Hexagone car « les enfants sont des vecteurs potentiels » et qu’il est « très difficile en milieu scolaire de faire respecter les gestes barrières ».

Des mesures de protection jugées insuffisantes

Une réouverture reviendrait à « remettre le virus en circulation », d’après Patrick Bouet. D’autant plus qu’il n’y a « pas d’explication médicale, infectieuse ou épidémiologique à déconfiner dans le milieu scolaire en premier ».

L’inquiétude des enseignants et la crainte d’un effet du rebond du virus sont justifiables selon lui, car « nous ne savons pas comment les tests PCR ou sérologiques seront effectués, comment les masques seront distribués ». Un retour à l’école ne serait envisageable que si l’ensemble des mesures de protection étaient mises en place, annonçait-il sur BFMTV.

Plutôt que de déconfiner en urgence dans les prochaines semaines, l’Ordre des Médecins préconise de « préparer la rentrée afin de voir comment les enfants pourront recevoir un enseignement complémentaire afin de compenser ce qu’ils auront manqué ».

Un retour « progressif » à l’école

Sur France 2, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, avait affiné les propos du chef de l’Etat et laissé entendre que le « retour à l’école ne serait pas obligatoire le 11 mai ».

Le ministre préconise un retour « progressif », et affirme qu’il ne s’agirait pas de retrouver la situation d’avant, dès le 11 mai. « On se donne deux semaines à partir d’aujourd’hui pour définir ce que l’on met derrière l’expression d’un retour progressif », ajoute-t-il.

Afin de limiter la taille des classes et les risques de contamination, Jean-Michel Blanquer évoque plusieurs pistes, dont celles de « charges horaires réduites », d’un retour à l’école « selon le niveau » ou « selon les catégories d’élèves », ou encore en prenant en compte les « considérations de nature territoriale ». A ce stade, toutes les pistes sont encore ouvertes.

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Une Ecole pour ce XXIe siècle qui commence aujourd'hui... (12)

16 Avril 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Une Ecole pour ce XXIe siècle qui commence aujourd'hui... (12)

La notion de « programme » doit être profondément transformée


Une réflexion sera progressivement menée autour de la notion de discipline scolaire et derrière elle, la question des « programmes ». Deux pistes peuvent être explorées :

 

  • d’une part, scinder les programmes traditionnels en « unités » présentant une cohérence soit de contenu, soit de compétence (démarche proche de la mise en œuvre des « unités de valeurs » à l’Université au début des années soixante-dix)

 

  • D’autre part, la piste plus ambitieuse proposée par Edgar Morin, entre autres, consistant à articuler les enseignements des disciplines autour de grandes questions que se pose tout être humain : l’identité terrienne, la condition humaine, qu’est-ce que comprendre un phénomène, comment se construit le savoir, etc. ? Rappelons qu’en mars 1998, au moment de la consultation nationale « Quels savoirs enseigner dans les lycées ? », Edgar Morin avait proposé au Ministère de l’Éducation nationale l’organisation de journées thématiques qui ont regroupé plus d’une soixantaine d’enseignants et de chercheurs de renom. L’idée de départ – qu’Edgar Morin défend inlassablement – était de prouver qu’une autre façon de considérer les savoirs et leur enseignement était possible. Les réalités et problématiques du monde d’aujourd’hui sont multidimensionnelles et complexes. Or leur enseignement se fait à partir de disciplines compartimentées, elles-mêmes souvent fragmentées en spécialités disjointes : l’élève étant supposé opérer de lui-même des liens, des articulations. Or, le défi est au contraire de permettre à chaque humain d’accéder à cette culture complexe en proposant une cohérence d’ensemble. Les disciplines ne sont pas un objectif en soi, elles sont des outils intellectuels pour penser le Monde. Le savoir (dispensé par l’École) doit répondre aux questions essentielles de la conscience humaine : qui sommes-nous, d’où venons-nous, où sommes-nous, comment fonctionne le monde, comment évolue-t-il ? Comme le souligne Edgar Morin, ces journées avait pour objet de relever un défi : « favoriser l’émergence de nouvelles humanités à partir des deux polarités complémentaires et non antagonistes, la culture scientifique et la culture humaniste » ; permettre ainsi à chaque humain « de se reconnaître humain et de reconnaître en autrui un être humain complexe ; de devenir apte à se situer dans son monde, sur la terre, dans son histoire, dans sa société ». (Le défi du XXIe siècle. Relier les connaissances, p. 15). Plus de vingt ans après, l’analyse garde toute sa pertinence ; treize ans après, l’École est inchangée. L’élève subit un enseignement toujours aussi fragmenté et une journée de collégien ressemble à un inventaire à la Prévert : calcul algébrique, étude du devoir argumenté, exercices de flûte - aujourd'hui de chant choral -, dialogue en anglais… se succèdent au gré des emplois du temps. Qu’a « construit » ce collégien au terme de sa journée ? La question lui est-elle d’ailleurs posée ?

 

Placer la question du sens au cœur de la rénovation à mener est une urgence. On se doute des réticences (pour ne pas dire plus) que cela engendrerait : nous avons déjà souligné – pour la simple inscription des matières dans les perspectives du Socle commun – combien les territoires disciplines résistent. C’est un processus de longue haleine qu’il conviendrait d’initier : refonder cette École du XXIème siècle ne peut s’envisager que sur une dizaine d’années, et donc obtenir l’adhésion du corps social pour que les alternances politiques ne viennent pas altérer le processus.

 

Et pourtant, dans les deux cas, les bénéfices d’une telle révolution scolaire seraient considérables. Il s’agirait de permettre à l’élève d’être dans une spirale positive de construction des savoirs :

- l’élève peut continuer d’avancer dans les matières où il réussit sans s’ennuyer à refaire la même chose là où il échoue. En cas de difficultés, l’élève va à son rythme ;

- cela « remixe » les groupes et oblige à tisser des liens plus nombreux avec d’autres d’âges très différents.

 

Pour le développement de « matières» ouvrant la voie à la diversité


En arts plastiques, musique, langues étrangères (autres?...), des élèves d’âges différents seront regroupés pour échanger, comparer, confronter leurs talents. Un élève n’est pas différent d’un autre uniquement par l’âge. Il l’est aussi par ses qualités propres et un enfant de 11 ans peut avoir beaucoup plus de possibilités en arts plastiques, en musique, en langues (voire dans toutes les autres matières) qu’un autre de 14 ou 15 ans. L’inverse est évidemment vrai.


Tous ces temps de rencontres, de dialogues informels seront facilités par :

 

- d’autres rythmes scolaires hebdomadaires et annuels. Repenser les vacances d’été en les organisant par zones n’est pas une utopie, avec néanmoins les réserves que pose cette utopie aux parents divorcés ne vivant pas dans les mêmes régions.

- Quant à l’organisation au quotidien, et en distinguant le primaire du secondaire, après une large consultation des chrono-biologistes, des personnels éducatifs et fédérations de parents d’élèves, il faudra notamment se poser la question de savoir s’il est bien raisonnable de continuer à encadrer (au sens propre du terme) les élèves de collège dans un emploi du temps de 32 heures (!!!) réparties sur cinq jours avec une heure pour déjeuner et, en collèges ruraux (très nombreux), le car de 17h07 à ne surtout pas manquer…


Les pistes que nous lançons ici sont à étudier très en détail avec les professionnels concernés car les questions sont multiples : comment organiser ces enseignements pour ne pas recréer de nouveaux cloisonnements ? à partir de thématiques ? d’un projet pluridisciplinaire d’une Unité éducative ? d’un concours impulsé par le ministère mettant les établissements en concurrence pour la réalisation concrète du projet ? Il peut s’agir égale de modules tournés vers une thématique nécessitant la collaboration de plusieurs disciplines : module de civilisation anglaise, allemande ou espagnole ; module d’expression orale… La richesse des projets déjà en œuvre dans de nombreuses écoles montre que l’imagination, la capacité à innover et à créer et l’énergie pédagogique ne manquent pas : il suffirait d’une politique volontariste pour accélérer le mouvement.

 

Christophe Chartreux

 

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"Pour les spectacles et l’école, projetons-nous dès maintenant vers la rentrée de septembre." Philippe Sansonetti, Professeur au Collège de France et à l'Institut Pasteur

16 Avril 2020 , Rédigé par La Vie des Idées Publié dans #Education

"Pour les spectacles et l’école, projetons-nous dès maintenant vers la rentrée de septembre." Philippe Sansonetti, Professeur au Collège de France et à l'Institut Pasteur

EXTRAITS

Philippe Sansonetti est médecin et micro-biologiste, professeur au Collège de France (titulaire de la chaire Microbiologie et maladies infectieuses) et à l’Institut Pasteur.

Expliquant les raisons du confinement par l’insuffisance de la seule distanciation sociale, Ph. Sansonetti pose les conditions nécessaires pour un futur déconfinement – qui ne mettra pas fin aux mesures de distanciation.

(...)

Une fois décidée, la sortie de confinement devra s’accompagner d’un maintien rigoureux des mesures de distanciation sociale et d’hygiène individuelle et collective, incluant le port de masques, « professionnels » selon disponibilité ou « artisanaux ». Impossible de déconfiner tant que les pharmacies seront en rupture chronique de stocks de masques et de gels hydro-alcooliques. Comme proposé, la « réserve citoyenne » pourrait jouer à plein dans ce contexte pour informer, aider, accompagner, dans la rue, dans des lieux se prêtant aux regroupements, dans les transports en commun qui risquent d’être un lieu de recrudescence de la contamination lorsque reprendront les activités professionnelles.

4 – Les transports interrégionaux devront rester limités, sauf exceptions à définir, aux nécessités professionnelles.

5 – Les rassemblements devront rester interdits avec certaines exceptions, mais sous des formes très limitées comme les enterrements. Certains rassemblements sportifs et religieux semblent avoir malheureusement joué un rôle important dans la création de foyers de transmission hyperactifs en Italie, Espagne et France. Les entreprises devront soigneusement organiser la distanciation sociale. Pour ce qui concerne les métiers d’accueil de population, les commerces, la restauration, l’hôtellerie qui sont un pan important de notre vie économique et sociale, il est urgent de réfléchir à des solutions, sans-doute contraignantes, mais vitales. Certaines ont été expérimentées dans les commerces de première nécessité.

Pour les spectacles et l’école, projetons-nous dès maintenant vers la rentrée de septembre.

Conclusion provisoire

En fait, ce n’est que lorsque l’on commencera à disposer d’une vraie cartographie de l’évolution de l’épidémie, suite au déconfinement, lorsque le R0 se sera stablement établi au-dessous de 1, c’est-à-dire sous le seuil épidémique, indiquant l’absence de tendance au rebond, que l’on pourra commencer à relâcher prudemment, rationnellement, progressivement la pression des mesures ci-dessus, car il faudra bien entendu accompagner le redémarrage de la vie et de l’économie afin d’éviter que le traitement fasse plus de mal que la maladie.

Combien de temps ? Un certain temps, serait-on tenté de répondre… Mais encore ?

Il faut avoir l’humilité de dire que l’on ne sait pas vraiment à ce stade, qu’une partie du « génie évolutif » de la maladie nous échappe encore et que SARS-CoV-2 peut à tout instant modifier son comportement dans un bon ou un mauvais sens, du fait d’une mutation. Des modèles indiquent même que le confinement actuel pourrait ne faire que pousser l’épidémie à rebondir après l’été… Mais ce délai dépendra d’abord de l’adhésion citoyenne aux mesures prises.

Pour s’avancer, disons au mieux dans le courant de l’été – sauf si un traitement efficace intervenait rapidement, ce que les essais cliniques en cours vont nous dire dans les semaines qui viennent. Sa large disponibilité permettrait d’atténuer d’un coup ce qui fait le spectre de cette maladie, à savoir ses formes graves voire mortelles, et de diminuer la charge virale globale en circulation, donnant un coup de pouce significatif et possiblement définitif à la stabilisation du R0 sous le seuil épidémique.

Quoi qu’il advienne, les mesures de distanciation sociale et d’hygiène renforcée devront être maintenues tant que nous ne disposerons pas d’un vaccin, c’est-à-dire pas avant plusieurs mois, sans doute une année. Nous nous y habituerons, l’espèce humaine est résiliente.

Pour terminer, une note personnelle d’espoir, une de tristesse et une d’angoisse.

Espoir et confiance d’abord : la science apportera les solutions à cette crise qui paralyse notre pays, notre continent et la planète. Recherche biomédicale, fondamentale, académique et industrielle, toutes les forces sont mobilisées et globalement financées pour découvrir, tester, valider et développer molécules thérapeutiques et vaccins.

Tristesse pour le rêve européen. L’Europe a raté l’examen du Covid-19. Raté son examen d’entrée dans la crise, sans coordination, avec des replis nationalistes malheureusement attendus. Les pays européens particulièrement touchés garderont cette cicatrice des égoïsmes nationaux. L’Europe semble aussi être en passe de rater son examen de sortie. La nécessité d’une gestion intégrée, sanitaire, scientifique, économique, sociale, de ce moment clé du déconfinement des citoyens européens, ce moment qui porte en lui la somme de tous les dangers et de tous les espoirs, semble devoir être aussi géré à l’aune des égoïsmes nationaux. Que vaudront les milliards d’Euros de la BCE sans une intelligence européenne collective et solidaire ? Le pire n’est pas certain, un miracle est toujours possible, mais que deviendra l’Union Européenne après cette crise ?

Une note d’angoisse enfin. Cette réaction massive, scientifique, médicale, sociale, économique, à la pandémie serait-elle survenue si Covid-19 n’avait pas d’abord touché les pays nantis ? La pandémie se développe lentement mais sûrement sur le Continent africain et dans d’autres régions pauvres de la planète. Faisons tout, dès maintenant, pour que le Sud bénéficie en toute équité des moyens thérapeutiques et des vaccins qui vont être développés. « Frères et solidaires… », n’oublions pas Charles Nicolle.

Philippe Sansonetti

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Pourquoi rouvrir mon lycée le 11 mai m'apporte plus de problèmes que de solutions

16 Avril 2020 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Pourquoi rouvrir mon lycée le 11 mai m'apporte plus de problèmes que de solutions

EXTRAIT

Cette annonce d’un retour progressif à partir du 11 mai m’a, comme de nombreux enseignants, personnels et collègues, pour le moins surpris.

Bertrand Gaufryau

Chef d'établissement de lycée agricole, économiste, militant de la pédagogie, citoyen engagé.

Un peu plus de 36 millions de concitoyens devant la lucarne pour écouter le président de la République! À la fois comme citoyen donc, mais aussi comme chef d’établissement, j’ai écouté avec attention la communication de 27 minutes délivrée en ce lundi de Pâques.

Rentrée progressive donc pour les enfants des crèches, des écoles, mais aussi pour les collégiens, lycéens. Seuls resteront sans face-à-face pédagogique les étudiants, pour lesquels il est probable d’imaginer un suivi, une fin d’année ”à distance”. L’idée qui était en cours était plutôt une réouverture des établissements scolaires en septembre.

Cette annonce d’un retour progressif à partir du 11 mai m’a, comme de nombreux enseignants, personnels et collègues, pour le moins surpris. Le message quant aux nouvelles modalités de délivrance des diplômes laissait à croire que nous ne ferions une rentrée qu’en septembre. J’ai aussi peu goûté le couplet sur les inégalités scolaires et qu’en leur nom, soit justifiée une telle date de retour.

Une reprise dans quelles conditions pour les élèves et les enseignants? Pour les familles?

Il n’était plus urgent d’attendre selon Emmanuel Macron. “En même temps”, il nous est asséné une “vérité vraie” selon laquelle “l’école à la maison” —qui est un abus de langage pour moi, est une réussite, seulement 5 % à 8 % des élèves ayant décroché, et que d’un autre côté, au nom de ces dernières le retour au 11 mai est impérieux! Certes, faire école, c’est apprendre ensemble! Et le retour à l’école à partir du 11 mai, ce sera le réapprendre. Réapprendre, c’est-à-dire susciter, accompagner le désir en redonnant le sens des apprentissages afin de permettre le reanccrochage des savoirs… À partir du 11 mai, ce n’est pas finir l’année, mais travailler à comment préparer la prochaine!...Et autrement. Dans quelles conditions pour les élèves et les enseignants? Pour les familles? Pour tous les acteurs des territoires qui accompagnent aussi la vie des établissements scolaires?…

(...)

Bertrand Gaufryau

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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« Les enfants vont perdre deux mois d’école, peut-être plus, est-ce vraiment un drame ? »

16 Avril 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

« Les enfants vont perdre deux mois d’école, peut-être plus, est-ce vraiment un drame ? »

Le chercheur en sciences de l’éducation Benoît Urgelli invite à considérer cette période particulière « à l’échelle de toute une scolarité ».

Entretien. Benoît Urgelli est chercheur en sciences de l’éducation à l’université Lyon-II et administrateur de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) du Rhône et de la métropole de Lyon. Il revient, après un mois de confinement et d’« école à la maison », sur la « continuité pédagogique ».

Après un mois de confinement, quel bilan peut-on tirer de la « continuité pédagogique » ?

Les familles font de leur mieux, même si elles s’inquiètent beaucoup de la manière dont seront gérées les inégalités, voire les injustices, de l’enseignement à la maison. Certains parents sont en télétravail, d’autres ont des fratries nombreuses ou des enfants en situation de handicap, d’autres encore ont des difficultés à comprendre les attentes des enseignants.

L’autre source d’inquiétude, c’est la perte du lien entre les élèves, en particulier les adolescents, pour qui la socialisation entre pairs est essentielle. De nombreuses familles rapportent que leurs ados se sentent déprimés et ont du mal à se mettre au travail – y compris parce que les attentes des enseignants sont très diverses et pas toujours bien coordonnées. Cela semble mettre en difficulté beaucoup de jeunes.

(...)

Alors que s’amorce la cinquième semaine de confinement, ne faudrait-il pas commencer à décélérer sur l’école à distance, et acter l’« année particulière » ?

Les parents commencent à se demander, en effet, si l’on ne pourrait pas acter ce fait. Les enfants pourraient repartir sereinement de là où ils en étaient avant la fermeture des classes. Cela permettrait de s’assurer que les connaissances et les compétences ont été, a minima, consolidées pour tous. Pour de nombreux enseignants, en primaire en tout cas, l’avancement dans le programme passera après.

A titre personnel, je pense qu’il faut l’accepter : les enfants perdront deux mois d’école, peut-être plus… Mais est-ce vraiment un drame, à l’échelle de toute leur scolarité ? Nous pouvons faire confiance aux professeurs pour reprendre les choses calmement, en s’adaptant à tout le monde. Mais aussi pour revenir sur ce que les élèves auront appris chez leurs parents, peut-être avec d’autres méthodes.

(...)

Propos recueillis par

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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