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Vivement l'Ecole!

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Paris 2024 : le discours indécent de coach Macron

15 Septembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Jeunesse, #Education

Paris 2024 : comment le Covid chamboule les Jeux olympiques - L'Express  L'Expansion

Les athlètes français ne rapportent pas assez de médailles par rapport à l’argent public investi dans le sport, et il va falloir changer tout ça : c’est le message transmis lundi soir par Emmanuel Macron aux médaillés de Tokyo qu’il recevait à l’Elysée.

Ils n’avaient plus besoin de prouver qu’ils avaient un mental à toute épreuve. Les médaillés olympiques français viennent pourtant de le démontrer une nouvelle fois, en subissant lundi les consignes en vue de Paris 2024 concoctées par coach Macron, qui les recevait à l’Elysée pour une cérémonie en leur honneur. Sauf que d’hommage, il a été peu question au beau milieu d’un exposé échevelé qu’on aurait pu intituler «le macronisme appliqué au sport», ponctué de quelques concepts inaudibles : «pacte de performance»«cordée du sport» ou «capital sportif-entrepreneur»...

Evacués quelques mots rapides de félicitations pour Tokyo, le Président a prévenu celles et ceux sans qui la France ne figurerait pas dans le top 10 du tableau des médailles : il faudra «faire beaucoup plus» dans trois ans. Belle leçon d’hypocrisie envers des personnes qui se sont ruinées (souvent au sens financier du terme) et épuisées pendant cinq ans pour brillamment contribuer à remplir les objectifs olympiques. Sans chiffrer son rêve de médailles, le chef de l’Etat a souhaité que la France fasse, a minima, partie des cinq meilleures nations olympiques en 2024.

Le manège rhétorique fonctionne peut-être devant d’autres publics. Mais athlètes confirmés et autres aspirants à la médaille n’ont pas envie d’entendre de telles inepties: ils veulent du concret. Qu’on leur parle des aides envisageables pour les trois ans qui les séparent des prochaines olympiades, d’un plan pour former plus d’entraîneurs, d’éducateurs avec des vraies compétences ou de moyens financiers mis dans le développement des clubs.

Le rapport Onesta, base de travail pour 2024

Dans son discours d’une dizaine de minutes, le président a promis qu’il annoncerait «dans les prochaines semaines un plan massif pour les équipements sportifs de proximité». C’est bien, mais l’Agence nationale du sport (ANS), financée par les crédits du ministère des Sports, subventionne déjà des projets de construction ou de rénovations d’équipements. Et surtout, c’est au début du quinquennat qu’il aurait fallu mettre le paquet. Au moment même où les Jeux ont été attribués à Paris, en 2017. Ce moment où l’ancienne ministre des sports Laura Flessel évoquait déjà l’ambitieux objectif de 80 médailles. Qui apparaît aujourd’hui démesuré, tant les investissements en faveur du sport n’ont pas suivi.

L’ANS devait alors se substituer au ministère des Sports en vue des Jeux, et permettre le développement des structures dédiées aux athlètes partout en France. Or ses prérogatives et les moyens qui lui ont été alloués ont été bien trop limités pour espérer une première «montée en gamme» lors des JO de Tokyo cet été.

Si le président parle d’un bilan «mitigé», qu’on ne s’y trompe pas : les 33 médailles grappillées (olympiques et paralympiques) au Japon (contre 42 à Rio en 2016) sont peu ou prou conformes à ce que la France pouvait espérer, au vu de l’intérêt minime porté par le gouvernement pour le secteur jusqu’ici.

Le discours présidentiel n’a d’ailleurs pas l’air d’avoir convaincu les concernés. Teddy Riner, plutôt bien placé pour savoir de quoi il en retourne, vu le nombre de récompenses récoltées dans sa carrière. «La France est une grande nation de sport mais se dire qu’on va faire 90 médailles à Paris 2024, non. Faut faire beaucoup plus de choses pour prétendre à 90 médaillés dans trois ans», a-t-il réagi. Avant de résumer la pensée de beaucoup: «Il fallait investir déjà sept ans en arrière dans le sport, massivement.»

Et suivre les recommandations de la cellule de haute performance montée sur mesure en 2017 afin de dicter une ligne directrice sur sept ans. Emmanuel Macron en a repris aveuglément certains points lundi. Il a indiqué vouloir imiter les prédécesseurs chinois et anglais, qui ont doublé leur moisson de breloques lors de leurs éditions organisées à domicile en 2008 et 2012, en concentrant les efforts «sur les profils et les disciplines à fort potentiel».

Entrer dans le fameux top 5 est jouable à condition d’être au rendez-vous dans ce qui fait la force de la délégation française: le judo, l’escrime, les sports cos, et – ce sont les gros chantiers – l’athlétisme et la natation, deux disciplines ayant raté le coche à Tokyo. Mais il ne faut pas négliger les autres sports, nécessaires dans cette quête vers les sommets, où quelques futurs champions et championnes ne demandent qu’à éclore, à condition de bénéficier d’un environnement sportif décent, propice à la performance.

Claude Onesta, l’ancien entraîneur des handballeurs français, deux fois doré aux Jeux et désormais manageur de la haute performance, vient de remettre au gouvernement ses préconisations en vue des JO de Paris. Une fois n’est pas coutume, espérons que l’exécutif le suive au pied de la lettre. Pas sûr que les athlètes doivent être les seuls à «en faire beaucoup plus».

Romain Métairie

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Philippe Watrelot : « La question des inégalités à l’École est un angle mort du débat public » (Je suis un pédagogiste)

15 Septembre 2021 , Rédigé par Diacritik Publié dans #Education

Je suis un pédagogiste Gommer les clichés, construire une meilleure école -  broché - Philippe Watrelot - Achat Livre ou ebook | fnac

EXTRAIT

A l’heure où la rentrée est marquée par la parution du panégyrique de Jean-Michel Blanquer par lui-même, il est peut-être temps, loin des mondanités éditorialistes avec le ministre, d’écouter une véritable réflexion sur l’école. C’est précisément au moment de la rentrée que Philippe Watrelot, enseignant qui se présente lui-même comme un militant pédagogique, choisit de faire paraître son stimulant essai, Je suis un pédagogiste. En revendiquant cette étiquette de pédagogiste qu’on lui a attribuée, Watrelot en profite pour rouvrir le débat sur l’école, évoquer ses difficultés, son manque de budget et la dévalorisation criante du métier. À l’heure de la présidentielle, l’éducation doit être au centre des discussions avec des propositions fortes. Inutile de dire que Diacritik ne pouvait qu’aller à la rencontre de Philippe Watrelot pour échanger avec lui de cette école du futur.

Ma première question voudrait porter sur les origines de votre salutaire essai, Je suis un pédagogiste qui vient de paraître. Vous dites d’emblée l’avoir écrit en réaction à l’insulte ou tout du moins à la dépréciation dont le terme même de « pédagogiste » serait, selon vous, actuellement l’objet. En ce sens, vous vous êtes décidé à écrire, dites-vous encore, afin de « retourner le stigmate ». Comment avez-vous donc procédé ? Votre but en écrivant était-il d’emblée de vous fixer, comme l’indique le sous-titre, de « gommer les clichés, construire une meilleure école » ? 

Débattre de l’école et de l’éducation est légitime. Ce sont des questions de société qui ne doivent être confisquées par quiconque. Mais elles ne doivent pas non plus être caricaturées. C’est un procédé très classique sur le plan rhétorique  (stratégie de l’homme de paille) que de parer l’« adversaire » de tous les défauts. Il est en effet plus facile de combattre un ennemi qu’on s’est soi même fabriqué. Le constat de la difficulté à débattre, je le fais depuis des années puisque mon parcours est celui d’un militant de la pédagogie. Je suis engagé dans des associations complémentaires de l’école et des mouvements pédagogiques depuis très longtemps.

Mais le débat s’est tendu et est devenu plus violent au cours des dix dernières années. Il y a évidemment le rôle des réseaux sociaux mais j’y vois aussi et surtout le symptôme d’un malaise enseignant qui s’accentue. L’idée du livre m’est venue à partir de 2015 au moment de la réforme du collège. Le mouvement que je présidais (le CRAP-Cahiers Pédagogiques) avait vu dans cette réforme des aspects positifs et ce soutien m’a valu d’être exposé. Et j’ai alors, en quelque sorte, « incarné » la figure de ce qu’on a appelé à ce moment-là un « pédagogiste ». Le terme s’est donc imposé à moi, je me souviens même avoir été invité à un débat télévisé et être présenté ainsi !

D’une certaine manière, je n’avais pas le choix. Soit, je continuais à rejeter ce terme disqualifiant soit j’essayais dans une sorte de « judo » lexical de le retourner pour en faire sinon une force, du moins un motif de fierté. C’est ce qu’on appelle en sociologie (je suis prof de SES) une tentative de « retournement du stigmate ». Le procédé n’est pas nouveau. Par exemple, rappelons qu’au départ le mot même d’« intellectuel » a été forgé comme une insulte par les anti-dreyfusards .

Dans une première version du manuscrit, l’essentiel du livre était consacré à la réfutation des arguments des « anti » pédago que j’entendais et lisais depuis toutes ces années. Et alors, je me suis rendu compte que le plus important pour convaincre était plutôt d’être dans  une démarche de propositions. Et puis, il y a la proximité du débat de la présidentielle et la volonté d’agir pour que la cause de l’École et des enseignants soit entendue. Le livre a ainsi évolué et est donc plus équilibré : la première partie est consacrée à la déconstruction du terme de « pédagogiste » et à la réfutation des clichés (chapitres 1 à 5), la deuxième partie est plus positive et tournée vers l’avenir  (chapitres 6 à 10).

Pour résumer le livre en une phrase : « vous dites que je suis un pédagogiste ? Je ne suis pas celui que vous croyez et je suis fier des idées et des pratiques que je défends. Et j’ai des propositions à vous faire ».

(...)

Johan Faerber

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Doublement du salaire des profs : quand Hidalgo réveille le débat politique

15 Septembre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Politique

https://images.bfmtv.com/EG2XBIgBJoRa7-9mU8py4IIKeyE=/0x43:768x475/640x0/images/La-maire-de-Paris-Anne-Hidalgo-annonce-sa-candidature-a-la-presidentielle-le-12-septembre-2021-a-Rouen-1126437.jpg

Désormais candidate à la présidentielle, la maire de Paris publie demain son sixième livre intitulé « une femme Française ». Et dans ce livre se niche la proposition que l’on n’attendait pas : le doublement du salaire des profs.

Car oui, Anne Hidalgo pense possiblede multiplier par deux au moins, sur un quinquennat, le traitement de toutes les personnes au contact avec les élèves. Pour commencer, elle veut aligner le salaire des nouveaux professeurs sur le salaire médian des titulaires d’un bac 5. 

Depuis que cette mesure est connue, la bataille des chiffres fait rage et ses rivaux s’étouffent

Pour résumer, Anne Hidalgo ne serait qu’une sombre démagogue

Il est pourtant de bonne guerre que la maire de Paris, essayant de réanimer le grand cadavre à la renverse qu’est la social-démocratie, s’adresse en premier à un segment électoral qui votait autrefois largement pour le PS. 

Pour mémoire, en 2012, près de la moitié des profs avait choisi François Hollande au premier tour ! En 2017, plus d’un tiers d’entre eux avaient opté pour Emmanuel Macron, et un quart pour Jean-Luc Mélenchon. 

C’est d’ailleurs ce qui explique la réaction épidermique du leader de la France insoumise. Il a commencé par se moquer, en se demandant si le PS avait perdu sa culture de gouvernement. 

Dans le Journal du Dimanche, il a clamé qu’Anne Hidalgo n’avançait aucune idée politique particulière alors que lui promet par exemple une loi d’urgence sociale avec blocage des prix et smic à 1400 euros. 

On l’a compris, la bataille pour le leadership à gauche est sérieusement lancée

Mais la proposition d’Anne Hidalgo est-elle vraiment crédible ? 

Dans son livre, Anne Hidalgo la chiffre à 9 000 euros par an et par élève tout au long de sa scolarité. Le prix à payer pour transformer l’école et réduire le nombre de décrocheurs, selon elle.

Les économistes s’entendent autour d’un coût de 30 à 35 milliards d’euros par an, soit un huitième du coût global du quoi qu’il en coûte, évalué à 240 milliards. 

Encore une promesse que le PS ne tiendrait pas me soufflait hier un cadre de la majorité en référence à taxation à 75 % sur les très hauts revenus promise par François Hollande en 2012. Mais cet interlocuteur régulier du président reconnait que l’idée « n’est pas idiote ». 

Pas idiote en effet parce qu’avec sa proposition dont il reste à détailler les conditions exactes de mise en œuvre, l’élue PS réussit à organiser le débat autour d’elle. Intersectionnelle à sa manière en faisant se croiser deux des thèmes phares de la rentrée : la priorité donnée à l’éducation et l’augmentation du pouvoir d’achat. 

Soazig QuéménerRédactrice en chef politique à Marianne

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Ecoles "innovantes" à Marseille... Rebondissement !

14 Septembre 2021 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education

https://www.francetvinfo.fr/pictures/PyzUl6A9ce5dvT9e5Cq6mEs6cI4/752x423/2021/09/02/phpr78Df6.jpg

EXTRAIT

(...)

Rebondissement

On peut lire sur le site de France Inter ce matin que « la semaine dernière, les directeurs d’écoles de Marseille ont reçu un appel à projets. Le directeur académique leur promet des moyens financiers importants en échange d’un projet innovant à présenter aujourd’hui ou au plus tard jeudi. »

Pour Virginie Akliouat, du Snuipp des Bouches du Rhône, citée par France Inter, « ne privilégier que 50 écoles sur une commune qui en compte 472 « est inacceptable. De plus cela revient à mettre « les écoles en concurrence les unes avec les autres », sans résoudre les vrais problèmes

Franck Delétraz, professeur dans les quartiers nord de Marseille, du SE-Unsa, également cité, alerte sur le fait que les directeurs d’école qui ont une semaine pour présenter un projet innovant, sont perdus, en l’absence de consignes claires.. « Il n’y a pas de canevas donc les directeurs font un peu comme ils peuvent. Ils ne savent pas dans quelle direction ils vont et ils ont une petite semaine pour le faire » déplore-t-il.

Sandra Ktourza

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Directeur d’école, un métier toujours en quête de reconnaissance

14 Septembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Bougie Jar "Merci Directrice pour cette année !" - cadeau Directrice école

EXTRAITS

Les annonces d’Emmanuel Macron, le 2 septembre à Marseille, ont relancé la question des pouvoirs des directeurs d’école. Sur le terrain, ces derniers demandent surtout plus de temps et d’autonomie pour accomplir leurs missions.

Emmanuel Macron a pris la communauté éducative de court. Jeudi 2 septembre, jour de la rentrée scolaire, le président de la République a annoncé vouloir donner plus de pouvoir aux directeurs de 50 écoles « laboratoires » marseillaises. Ces derniers doivent pouvoir « choisir l’équipe pédagogique », a-t-il affirmé, mettant ainsi en avant une antienne libérale sur la nécessaire autorité hiérarchique du directeur d’école. Une idée qui a suscité la colère des syndicats d’enseignants, d’autant plus que le président de la République estime qu’il faudra « évaluer » la mesure et « la généraliser si elle est concluante ». Guislaine David, la co-secrétaire générale du SNUipp-FSU, y voit la première pierre d’une « dérégulation de l’école » : « on ne gère pas une école comme une entreprise privée », souligne-t-elle.

Cette expérimentation, dont la mise en œuvre juridique reste à préciser, se télescope avec la proposition de loi de la députée La République en marche (LRM) Cécile Rilhac sur la création d’une fonction de directeur d’école, et avec les discussions des partenaires sociaux autour du Grenelle de l’éducation. « Donner le pouvoir d’agir aux équipes éducatives grâce à une direction d’école consolidée » fait partie des douze engagements du Grenelle définis par Jean-Michel Blanquer en mai. Une indemnité annuelle de 450 euros brut, mise en place en 2020, a par exemple été pérennisée dans ce cadre.

(...)

Pas de statut juridique

L’autorité fonctionnelle, élément de la proposition de loi de Cécile Rilhac, qui doit revenir en deuxième lecture à l’Assemblée nationale fin septembre, suscite plus d’adhésion, malgré des divergences syndicales. Le SNUipp-FSU y est opposé, alors que le SE-UNSA et le SGEN-CFDT y sont plus favorables, selon ses contours. « Aujourd’hui, les directeurs et directrices d’école ne peuvent pas prendre de décisions. Il faut arrêter de les infantiliser. Cette autorité fonctionnelle est un bon compromis. Elle leur donnerait plus de marge de manœuvre », estime la députée LRM.

L’établissement scolaire ne possède pas de statut juridique. Il s’agit d’un service de la commune, au sein de laquelle exercent des enseignants fonctionnaires d’Etat. De ce fait, le directeur d’école n’a pas la maîtrise de son budget ou ne peut pas signer de convention avec un quelconque partenaire. L’autorité fonctionnelle est censée y remédier. « Plus qu’une autorité, on aurait besoin de davantage d’autonomie pour piloter notre école. Nous dépendons de trop de monde et cela ralentit le processus de décision. Nous devons à chaque fois demander une autorisation à la mairie, à l’académie… », relate Valérie, directrice d’école en Eure-et-Loir. « Il faudrait aussi s’attaquer à la question du statut de l’école », estime Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-UNSA.

(...)

La diminution drastique des emplois aidés depuis 2017 a créé un vide. Une assistance administrative était apportée par ce dispositif. « J’avais une aide huit heures par semaine pour effectuer toutes ces tâches. Depuis, il ne se passe pas un seul dimanche sans que je travaille », se rend compte Françoise. Le ministère assure avoir mobilisé « 12 500 jeunes à la rentrée 2020 pour venir en appui dans les écoles » et vouloir poursuivre ce mouvement en 2021.

Face à ce trop-plein, Anabel Roy, secrétaire départemental du SE-UNSA en Haute-Vienne, a jeté l’éponge. Le 31 août, elle a quitté le poste de directrice qu’elle occupait depuis dix-huit ans. « Cela n’a pas été une décision facile, mais j’avais besoin d’exprimer un ras-le-bol. » Un conflit avec une famille particulièrement procédurière a été le déclencheur. « L’école est le réceptacle des difficultés sociétales. Les relations avec les familles, notamment avec la crise sanitaire, sont plus tendues qu’auparavant. » Anabel Roy n’est pas la seule dans ce cas. Chaque année, des postes de direction d’école restent non pourvus – un enseignant en prend alors la charge – ou des directeurs démissionnent de leur fonction, sans que le phénomène ne soit quantifié précisément par le ministère ou les syndicats.

Sylvie Lecherbonnier

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Écoles pilotes à Marseille et recrutement par les directeurs : le projet qui sème la discorde

14 Septembre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

À Marseille, Macron présente son plan “Marseille en grand” | Le HuffPost

Le projet d'Emmanuel Macron de laisser, dans certaines écoles, les directeurs recruter leurs enseignants autour d'un projet innovant a surpris tout le monde. Et si, sur le terrain, les équipes se sont mises au travail pour préparer sa mise en place, l'idée ne fait pas l'unanimité, loin de là.

Il a surpris tout le monde. Début septembre, lors de son déplacement à Marseille, Emmanuel Macron a annoncé qu'il souhaitait qu'à la rentrée 2022, dans 50 écoles de la ville, des directeurs d'école puissent choisir leur équipe pédagogique autour d'un projet innovant. Il a promis des aides financières pour mener à bien ce projet avec des enseignants "pleinement motivés"

Mais cette déclaration a provoqué un tollé chez les directeurs et les professeurs des écoles : le recrutement des enseignants ne fait pas partie de leurs revendications. Une réunion entre le ministre de l'Éducation nationale et les syndicats est prévue ce mardi à Paris. Mais sur le terrain, à Marseille, les opérations ont déjà commencé pour mettre en œuvre l'annonce présidentielle.

Projet innovant = moyens importants

La semaine dernière, les directeurs d'écoles de Marseille ont reçu un appel à projets. Le directeur académique leur promet des moyens financiers importants en échange d'un projet innovant à présenter aujourd'hui ou au plus tard jeudi. Mais les contours sont aussi larges que flous, comme l'explique Franck Delétraz, professeur dans les quartiers nord de Marseille, et représentant départemental du SE-Unsa : "Cela doit toucher le temps de l'enfant, c'est-à-dire pas seulement le temps en classe, mais aussi le périscolaire. On demande aux directeurs d'intégrer les questions de l'inclusion scolaire, de travailler à la coéducation, avec les parents ou d'autres partenaires. On leur a dit qu'il y aurait des moyens par exemple pour des aménagements de cours, pour avoir davantage de jeux, des arbres, des cours végétalisées...On leur a dit aussi qu'il serait possible de revoir l'emploi du temps, c'est à dire avec classe le matin et sport l'après-midi, ou encore de revoir les temps de récréation. On leur demande de travailler sur les langues, sur la laïcité..." 

Cet inventaire à la Prévert fait sourire (amèrement) Franck Delétraz, qui ajoute : "C'est un peu tout ! Il n'y a pas de canevas donc les directeurs font un peu comme ils peuvent. Ils ne savent pas dans quelle direction ils vont et ils ont une petite semaine pour le faire. Or, ce n'est pas le directeur qui peut décider tout seul, cela demande du temps de réflexion, du temps de concertation. On n'est pas contre l'innovation, mais les enseignants sont vraiment partagés et ont peur parce qu'ils ne savent pas dans quoi ils s'engagent et quelles peuvent être les conséquences pour la rentrée prochaine."

Macron a pris tout le monde de court 

Dans son appel à projets, la direction académique ne parle absolument pas du recrutement des enseignants par les directeurs. Le sujet qui fâche et qui pourrait tout faire capoter. Les syndicats se demandent ce qu'il adviendra des enseignants d'une école pilote avec projet innovant où le directeur pourra recruter son équipe. Pourront-ils rester ? Pour l'instant, personne n'a la réponse. 

Le ministère de l'Éducation nationale ne donne aucune précision avant la réunion de ce mardi matin avec les organisations syndicales. "La réunion permettra d'enclencher un processus à moyen et long terme avec les acteurs locaux (académie, ville), donc nous ne nous prononçons pas sur la suite car ce serait prématuré", dit-on au cabinet de Jean-Michel Blanquer. L'annonce d'Emmanuel Macron a pris tout le monde de court, alors qu'une proposition de loi sur les directeurs d'écoles est en cours de discussion au Parlement. Il s'agit de la proposition Rilhac, qui sera examinée à l'Assemblée nationale le 29 septembre, et qui prévoit des délégations de compétences accordées aux directeurs, mais pas le recrutement des enseignants. 

"Une solution qui met les écoles "en concurrence les unes avec les autres"

"Le Président a fait un choix très clair", estime Virginie Akliouat, du syndicat Snuipp des Bouches du Rhône : "Ne privilégier que 50 écoles sur une commune qui en compte 472. Pour nous, c'est créer vraiment quelque chose sans précédent, à savoir une inégalité de traitement entre les écoles d'une même commune, voire entre les écoles d'un même quartier qui accueillent le même public et donc donner des chances qui ne sont pas du tout équitables d'une école à l'autre."

Il déplore "une véritable situation d'urgence sur Marseille" à laquelle "cette solution-là ne répond pas" et met plutôt "les écoles en concurrence les unes avec les autres""Entre celle qui pourra avoir des moyens et celle qui ne pourra pas en avoir, sans expliciter quels sont les critères retenus et sans donner les mêmes chances aux élèves de réussir." 

Sonia Princet

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Doublement du salaire des enseignants... Et si l'on étudiait calmement cette proposition?...

13 Septembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

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Hausse des salaires des profs : un débat primordial

Anne Hidalgo, qualifiée de «démagogue» par Jean-Michel Blanquer, a au moins le mérite d’avoir mis la rémunération des enseignants au centre de la campagne.

Les grands thèmes de cette campagne présidentielle étaient, jusqu’à maintenant, les écrans plats, les prénoms des bébés, le film Bac Nord, le wokisme et l’agencement du rayon halal des supermarchés. Dans un livre officialisant sa candidature, Anne Hidalgo a proposé d’y ajouter la valorisation du métier d’enseignant. Elle estime ainsi possible, sur la durée d’un quinquennat, «de multiplier par deux au moins le traitement de toutes les personnes au contact avec les élèves.» Lundi matin sur France Inter, la maire socialiste de Paris a jugé «inadmissible que nos enseignants soient aussi peu payés», qualifiant l’éducation et la santé de «missions essentielles».

Les cris d’orfraie des autres candidats politiques laissent pourtant envisager qu’il n’en est rien. «Un sommet de la démagogie», pour le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, «mesure catégorielle» pour Stéphane Le Foll, tandis qu’Alexis Corbière dénonce dans une syntaxe hasardeuse «une formule choc sur les profs que plus personne ne juge crédible». Deux candidats, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, qui sont crédités de bien plus d’intentions de vote que Hidalgo, sont d’accord pour se contenter d’une ambition plus raisonnable, comme celles des syndicats d’enseignants.

«Quel fracas pour le livre de M. Helvétius ! Voilà bien du bruit pour une omelette», s’inquiétait Voltaire en 1758 d’attaques qui pourraient bien faire vendre un livre qu’il espérait vite oublié. Mais faut-il laisser le champ seulement au livre d’Eric Zemmour ? La question du salaire des profs est un débat de société primordial, tandis que le système éducatif français, considéré il n’y a pas si longtemps comme l’un des meilleurs au monde, décroche dans tous les classements d’évaluation par rapport à des pays qui ont investi massivement au tournant du siècle dans la valorisation des enseignants. Anne Hidalgo n’en espérait sans doute pas tant, mais le débat est ouvert.

Dov Alfon

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«Je ressens un profond mépris» : Blanquer vu par les profs

13 Septembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

«Je ressens un profond mépris» : Blanquer vu par les profs

Le ministre de l’Education nationale est convaincu que sa politique suscite l’adhésion de nombre d’enseignants. Sur le terrain, c’est pourtant loin d’être le cas.

Promis, on ne leur a rien soufflé. Les uns après les autres, dans le premier comme dans le second degré, en ville comme à la campagne, ils lâchent spontanément le même mot : «Mépris». Les enseignants interrogés par Libération saturent de n’être pas considérés par leur ministre, Jean-Michel Blanquer. On a pourtant soigneusement évité les représentants syndicaux, généralement accusés par les occupants de la rue de Grenelle successifs d’être mécontents par essence. «Je ressens un profond mépris pour les membres de l’Education nationale, pour tous les gens qui travaillent sur le terrain. Ce qu’on pense de ses actions ne l’intéresse pas», résume Charlotte, prof de français dans un collège de banlieue parisienne. «Il ne connaît pas les difficultés du métier, le manque cruel de moyens», juge pour sa part Manuela, enseignante remplaçante en primaire en Haute-Savoie.

Une sale manie du ministre cristallise les mécontentements : il fait ses annonces par voie de presse. «C’est comme si vous appreniez une restructuration de toute votre rédaction dans le Monde. Nous, c’est ça tout le temps», lance Vincent, professeur de lettres et d’histoire-géographie dans un lycée professionnel du Grand-Est. «C’est un ministre qui agit et communique pour les parents d’élèves, pas pour les enseignants et le personnel de l’Education nationale», note Mathieu (1). Ce prof d’histoire-géo dans un collège de Pau (Pyrénées-Atlantiques) y voit une bonne stratégie politique : «Il s’adresse à un corps électoral et pas aux acteurs du système éducatif.»

«Il raconte n’importe quoi en disant que tout est prêt»

Les plaies les plus récentes étant toujours les plus vives, nombre d’enseignants pointent la gestion erratique du Covid-19. «C’était la pire année pour moi, il fallait jongler en permanence avec des injonctions contradictoires. Et puis, pourquoi avoir quand même maintenu les épreuves [de français, philo et le grand oral au baccalauréat, ndlr] ? C’était juste pour dire : on a fait notre réforme», juge Dominique (1), professeur d’histoire-géographie dans un lycée parisien, alors que le grand oral, épreuve phare du nouveau bac mis en œuvre par Blanquer, s’est tenu malgré les oppositions et l’impréparation. «Il raconte n’importe quoi sur la gestion de la crise en disant que tout est prêt. On ne m’a pas fourni de masque [l’Education nationale est censée en distribuer à ses personnels, ndlr], et, depuis le début de la pandémie, on n’a eu aucun test salivaire», peste Christelle, professeure des écoles en Dordogne.

Une décision trouve partiellement grâce aux yeux de nos interlocuteurs : le fait d’avoir très peu fermé les écoles, au contraire de nombreux autres pays. «Ça a permis de limiter un certain nombre de problèmes sociaux», salue Guillaume (1), professeur d’histoire-géographie dans un collège du Rhône. Mais les moyens n’ont pas été à la hauteur, jugent les enseignants, qui ont souvent dû utiliser leurs ordinateurs personnels pour assurer la sacro-sainte continuité pédagogique. Le gouvernement a bien mis en place une «prime informatique» mais son montant de 150 euros par an est loin de satisfaire les besoins. «Si on veut avoir un ordinateur digne de ce nom, je vous donne rendez-vous dans dix ans !» raille Pierrick (1), enseignant en CM1-CM2 à Amiens.

Opposition résignée et silencieuse

Un épisode a été vécu douloureusement par la communauté pédagogiqueAprès l’assassinat de Samuel Paty en octobre, le gouvernement avait annoncé que les enseignants auraient un temps dédié, sans élèves, pour se réunir, échanger et préparer leur hommage. Il a finalement fait machine arrière et les profs ont dû attaquer la rentrée de novembre comme d’habitude. «Ça a été épouvantable», lâche Dominique.

Pour autant, tout n’est pas sombre. Le dédoublement des classes de grande section, CP et CE1 en REP (réseau d’éducation prioritaire) et REP+ est vu comme une bonne chose, mais qui se fait «à moyens constants», donc au détriment d’autres classes ou niveaux. Guillaume, lui, apprécie «Devoirs faits», un dispositif d’aide aux devoirs proposé aux collégiens, assurant avoir «vu des évolutions positives germer de cela». Et Frédéric salue les «vacances apprenantes», qui mêlent soutien scolaire et activités diverses et ont permis, à son échelle, à trente enfants ne partant pas en vacances de faire du vélo cet été.

Nombre d’enseignants affirment n’avoir pas vraiment d’avis sur leur ministre, désabusés par des gouvernements successifs n’ayant pas été à la hauteur des enjeux de l’Education nationale, jugent-ils. Ces professeurs ne font pas grève, ne manifestent pas, sont plutôt dans une opposition résignée et silencieuse. Lors de la dernière présidentielle, la profession, traditionnellement acquise à la gauche, avait déclaré voter pour Emmanuel Macron à 38 % selon un sondage Ipsos. Pas dit qu’on les y reprenne, songe Mathieu : «Ça va cogner fort si Macron se représente avec ce ministre : les enseignants ne voteront pas pour lui.»

Cécile Bourgneuf et Elsa Maudet

(1) Les prénoms ont été modifiés.

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Covid: le nombre de classes fermées a été multiplié par six en une semaine

13 Septembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

À Rouen, l'école maternelle Marie Houdemare fermée une semaine suite à des  cas de Covid-19

EXTRAIT

Au lendemain de la rentrée, on dénombrait 545 classes fermées. Elles sont désormais «un peu plus de 3000», selon le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer. Qui pilonne les propositions d’Anne Hidalgo dans les colonnes du Parisien.

Le dernier bilan datait du 7 septembre. En moins d’une semaine, le nombre de classes fermées en raison d’un cas de covid a été multiplié par six. Le chiffre officiel est donné lundi par le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, dans les colonnes du Parisien. Selon ses calculs, cela «représente à peine plus de 0,5 % des 540 000 classes du pays», contre 0,1 % il y a une semaine.

«Nous nous attendons à ce que cela augmente ces prochains jours puis se stabilise, avant de redescendre, si cela suit la courbe que nous avons eue à chaque retour de vacances. C’est aussi ce schéma que l’on constate à la Réunion, où la rentrée a eu lieu deux semaines avant la métropole», précise le ministre.

Pour cette rentrée, le ministère a retenu le protocole sanitaire de «niveau 2» (sur 4) qui autorise tous les élèves à être accueillis en présentiel et leur impose le port du masque en intérieur, sauf en maternelle. Un cas de Covid-19 dans une classe en primaire entraîne une fermeture, comme en juin. En cas de contamination au collège ou au lycée, seuls les élèves cas contacts qui ne sont pas vaccinés doivent s’isoler une semaine.

Dans Le Parisien lundi, Jean-Michel Blanquer explique qu’il prône la généralisation des capteurs de CO2, après avoir longtemps minimisé l’utilité de ces appareils dans la lutte contre le covid à l’école et sans avoir jamais proposé de financement pour les établissements.

«La généralisation de ces outils est souhaitable, mais elle ne doit pas faire oublier le geste de base, l’ouverture des fenêtres, insiste-t-il. Les collectivités sont en train de les déployer. Les préfets ont consigne d’aider celles qui ont des difficultés. Je rappelle qu’un capteur de CO2 coûte quelques dizaines d’euros».

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Libération

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Les records de Blanquer - Par Philippe Watrelot - Extraits

13 Septembre 2021 , Rédigé par AOC Publié dans #Education

https://www.francetvinfo.fr/pictures/6wrZmb4e4egc-dLTsPZ8SoenwaA/752x423/2021/09/04/phpQgsUde.jpg

EXTRAITS

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Aujourd’hui lundi 13 septembre, Jean-Michel Blanquer bat le record de longévité au poste de ministre de l’Éducation nationale, détenu jusqu’alors par Christian Fouchet avec près de 4 ans et 4 mois consécutifs. Alors que nous arrivons au terme du quinquennat, le ministre qui bat aussi des records d’impopularité chez les enseignants se répand dans la presse pour faire son propre bilan. En complément de ces monuments d’autosatisfaction dans lesquels il faut ranger également le livre qu’il publie chez Gallimard, École ouverte. On peut aussi se pencher sur une longue note de l’Institut Montaigne intitulée « Quinquennat Macron : le grand décryptage », où figure un long chapitre consacré à l’éducation. Le style y est aussi, on s’en doute, très positif. On peut le lire comme une sorte d’argumentaire de campagne pour 2022.

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Promesses et intentions

Pour dresser le bilan, il faut déjà s’appuyer sur ce qui était annoncé en 2017 et ensuite. Dans le programme du candidat Macron, on trouve une seule page consacrée à l’éducation avec une liste hétéroclite de promesses. Cela va de la « priorité à l’école primaire », avec la « limitation à 12 élèves par enseignant pour les classes de CP et CE1 en zone prioritaire » en passant par l’interdiction des téléphones portables en primaire et au collège. On annonce aussi le rétablissement des parcours bi-langues au collège, ainsi que du grec et du latin (jamais supprimés…), un accompagnement après la classe et la « modernisation du baccalauréat ». On dit aussi vouloir donner plus d’autonomie aux équipes éducatives et mieux évaluer les résultats des établissements et universités.

La politique éducative (comme bien d’autres aspects) semble avoir été sous-traitée à l’Institut Montaigne. Ce think-tank qu’on peut qualifier de néolibéral avait travaillé en amont sur des propositions pour « moderniser » l’École. Parmi ses contributeurs figurait Jean-Michel Blanquer qui, par ailleurs, avait écrit plusieurs livres qui étaient autant de lettres de motivation pour un éventuel poste de ministre. Quel que soit le président…

C’est surtout dans L’école de demain (Odile Jacob, 2016) qu’il affirme ses intentions réformatrices, avec deux axes majeurs : fonder son pilotage sur les apports de la science (en fait, des neurosciences) et l’évaluation (des élèves, des enseignants, des établissements) et rendre le système éducatif et les établissements plus « autonomes ». On verra qu’entre les discours, les intentions et la réalité des décisions et du pilotage, il y a de la marge…

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Le « quoi qu’il en coûte » s’est arrêté à la porte des écoles

Lorsqu’on regarde les chiffres du budget consacré à l’enseignement scolaire, on pourrait se dire qu’il a progressé. Le budget de l’Éducation nationale atteint 55,1 milliards d’euros, soit le plus élevé de l’État, avec 1,6 milliard de plus qu’en 2020. Mais ces chiffres bruts sont trompeurs. Un rapide calcul montre que cela correspond à une augmentation de 2,6 % par rapport aux dépenses de 2020. Dans le même temps pourtant, le budget de l’État a bien plus augmenté (9,5 %), ce qui réduit donc l’importance de cette hausse et la part du budget de l’Éducation nationale dans le budget global. L’effort du pays en matière d’éducation est toujours de l’ordre de 6,7 % du PIB.

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Si 2 039 postes ont été créés dans les écoles en 2021, dans le même temps, le second degré (collèges et lycées) a perdu 1 800 postes et l’enseignement privé 239. Tout compte fait, le solde des postes est négatif, avec 120 postes en moins. Alors que d’autres ministères (police, justice) voient leurs effectifs vraiment augmenter… Pour faire illusion, le gouvernement use d’un artifice. Dans le secondaire, les suppressions d’emplois seront compensées par des heures supplémentaires. Mais c’est un trompe-l’œil. Les professeurs font déjà des heures sup’ et peuvent difficilement en absorber davantage. En 2019, le ministère avait déjà augmenté le nombre d’heures supplémentaires… Mais un tiers seulement avait pu être assuré.

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Record de communication, record de surdité

Le ministre a saturé l’espace médiatique. Il parle plus qu’il n’agit. Par exemple, son dernier livre École ouverte est un slogan, un storytelling destiné à montrer le « courage » de Blanquer face à l’adversité (et implicitement la frilosité des enseignants).

Car une des caractéristiques de cette omniprésence médiatique, c’est qu’à chaque fois, il semble faire jouer l’opinion contre les enseignants. Les épisodes de prof bashing ont été nombreux durant ces quatre années. Quelquefois, on a été jusqu’à inventer des polémiques, voire des mensonges comme ce fut le cas avec les méthodes de lecture. Cela lui sert aussi à dicter l’agenda et à détourner l’attention de problèmes plus importants. Dernier exemple en date : les affiches sur la « laïcité », avec lesquelles le ministre crée une fois de plus une polémique qui lui permet de saturer le débat public.

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L’épisode récent de la proposition macronienne de donner aux directeurs d’école le pouvoir de choisir leurs enseignants témoigne non seulement d’une méconnaissance de la réalité des établissements et de l’état du recrutement mais surtout d’une posture essentiellement idéologique.

Cette proposition néolibérale était déjà au cœur des préconisations de Blanquer dans son livre de 2016. C’est une vision de l’« autonomie » réduite à la vision d’un chef d’établissement manager (ce qu’en plus, ne sont pas les directeurs).

Mais cette autonomie est très limitée et très encadrée. Le ministre n’oublie pas qu’il est un technocrate et qu’il a besoin de s’appuyer sur la technostructure pour exister. Comme le dit Claude Lelièvre dans un billet de blog récent « Jean-Michel Blanquer apparaît personnellement certes comme un “théologien” ostentatoire du néo-libéralisme, mais surtout comme un “pratiquant” quelque peu flottant ».

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Tous les militants d’une école de l’émancipation et qui savent que celle-ci doit évoluer pour être moins inégale vont devoir agir ensemble pour reconstruire un projet collectif et ambitieux pour l’École.

Philippe Watrelot

PROFESSEUR DE SCIENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES, PROFESSEUR EN TEMPS PARTAGÉ À L'INSPÉ DE PARIS

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