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Vivement l'Ecole!

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Fortes chaleurs : comment les lycées s'organisent-ils avant les épreuves de philosophie du bac ?

15 Juin 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Baccalaureat, #Philosophie, #Education

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Salles de classe aérées toute la nuit, ventilateurs, réserves de bouteilles d'eau : avec les températures caniculaires attendues ce mercredi, les lycées se sont organisés avant l'épreuve de philosophie.

Le bac de philosophie a lieu ce mercredi 15 juin au matin, pour 523.199 candidats très exactement ! Coup d'envoi de l'épreuve à 8 heures, jusqu'à 12h. Il s'agit de la dernière épreuve écrite pour les filières générale et technologique. Les candidats auront trois sujets au choix par filière.

Mais cette année, ils devront composer avec la chaleur. Le ministère de l'Education nationale a donné des consignes pour que les chefs d'établissements veillent au maximum à protéger les salles d'examen de la chaleur et qu'ils mettent de l'eau à disposition.

Garder la fraîcheur dans les salles

Ce n'est pas la première fois que le mercure s'affole pendant des examens. En 2019, les épreuves du brevet avaient été reportées de quelques jours pour que les candidats planchent dans de meilleures conditions. Cette fois-ci, il n'a pas été envisagé de décaler le bac mais des consignes ont été adressées aux proviseurs.

Sur son site internet, le ministère de l'Education nationale a listé des recommandations. À Nice, les élèves ont l'habitude des températures élevées mais les lycées ont quand même pris des mesures pour s'adapter. Au lycée Guillaume Apollinaire, la proviseure Sylvie Pénicaut, qui est aussi représentante du syndicat des chefs d'établissements SNPDEN, raconte que les salles d'examen ont été aérées toute la nuit : "On ne refermera les fenêtres que vers huit heures, dit-elle, pour garder le maximum de fraîcheur et on a aussi acheté un à deux ventilateurs par salle, selon la taille des salles. On a essayé de faire au mieux. C'est une problématique qui va se poser de plus en plus, donc il faut prévoir."

Les épreuves de français l'après-midi

La proviseure a aussi commandé des stocks de petites bouteilles d'eau : "Les 300 candidats en auront une sur leur table en arrivant, et on passera aussi si nécessaire avec des brocs d'eau et des verres. C'est vraiment primordial qu'ils puissent s'hydrater régulièrement. On a aussi des surveillants qui sont dans les couloirs, pour permettre d'aller se rafraîchir éventuellement au lavabo si nécessaire."

Mais ce qui inquiète Sylvie Pénicaut, c'est l'épreuve de français pour les élèves de Première, qui aura lieu ce jeudi 16 juin, entre 14 heures et 18 heures : "Je vois pas comment on va pouvoir rafraîchir les salles à l'avance, fait-elle remarquer. Elles seront déjà chaudes quand les candidats vont arriver. Notre lycée est mal isolé. On est bien jusqu'à 10 heures le matin et après, il commence à faire très chaud. Alors on a essayé de mettre au maximum les élèves côté nord mais cela a une limite parce qu'on a une vingtaine de salles qui vont être occupées donc il y en a forcément qui seront côté sud."

Les proviseurs aurait préféré que le bac de français ait lieu le matin. "Maintenant qu'il y a très peu d'épreuves écrites, estime Sylvie Pénicaut, qu'elles soient organisées le matin, ce serait plus facile, il ferait plus frais, les conditions seraient plus supportables". Mais si l'après-midi a été choisi, selon le ministère de l'Education nationale, c'est pour laisser davantage de temps aux lycées pour numériser toutes les pages des copies de philosophie.

Sonia Princet

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Le bac philo de Libé: l’union (populaire) fait-elle la force ?

15 Juin 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat, #Philosophie

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En politique, la force va à la force. Il suffit d’une promesse de victoire pour que des conflits auparavant insurmontables deviennent des malentendus vite dépassés. Récemment, la gauche française apparaissait tellement désunie qu’on la donnait pour morte. Et puis, forte d’un petit miracle (le score de Jean-Luc Mélenchon), elle s’est retrouvée comme un seul homme derrière l’espoir d’une conquête. Mais si la force favorise l’union, l’union fait-elle la force ?

«La populace, disait Victor Hugo, ne fait que des émeutes. Pour faire une révolution, il faut le peuple.» L’union du peuple confère une direction à la force des gens, elle évite qu’elle ne se disperse et ne se transforme en une juxtaposition de faiblesses. Jusqu’ici, la politique est semblable à l’amour : il arrive qu’un plus un fassent davantage que deux. Etre unis, ce n’est pas seulement ajouter ses forces, c’est en découvrir de nouvelles. Le «je» s’étonne que le «nous» puisse réaliser tant de choses : s’embrasser avec fougue durant des heures ou prendre la Bastille. Il suffit parfois d’être ensemble, ou de l’être à nouveau, pour se sentir immortels. Une force qui va en sachant où elle va paraît invincible. Que peut-on contre un peuple uni et déterminé ?

Il y a pourtant des raisons de se méfier du romantisme politique. Il n’est déjà pas sûr qu’un couple, même uni, constitue un seul individu, alors un peuple… «L’union fait la force» est la devise de la Belgique, un pays dont on sait bien qu’il est traversé par des divisions culturelles et linguistiques qui le placent souvent au bord du chaos. Quand on valorise l’union pour l’union, c’est certes pour se donner du courage, mais aussi pour voiler ses faiblesses. Le risque est alors de réaliser l’union par le haut, par exemple en pensant qu’un seul homme, roi ou président, suffira à faire taire les discordes. La Boétie a sous-titré son Discours de la servitude volontaire le «Contre-un». Il visait justement cette tentation de sacrifier la liberté singulière des sujets au mythe de l’unité sociale. Au nom de la force que confère l’unité on abandonne parfois le droit. Surtout lorsque l’on se met à croire que l’union s’incarne dans un monarque, fut-il présidentiel.

C’est pourquoi il n’y a pas d’union populaire sans débats intenses sur les institutions. Une institution démocratique est justement ce qui fait tenir des individus ensemble sans nier leurs singularités : comme dans un Parlement idéal, on y recherche l’unité à travers la discussion des désaccords. L’union fait le droit autant que la force si elle est conquise à chaque instant plutôt que postulée une fois pour toutes. Spinoza, le seul philosophe classique à être authentiquement démocrate, disait qu’une multitude a moins de chances de se tromper qu’un individu isolé, ne serait-ce que parce qu’il est rare que beaucoup de personnes s’entendent «sur une seule et même absurdité». Plus on est de fous, moins on délire sur la même folie, plus il y a de chances que nos illusions se neutralisent les unes les autres. L’union populaire fait la force (Spinoza dirait plutôt la «puissance») si elle demeure toujours «nouvelle», c’est-à-dire si elle valorise le conflit.

Michael Foessel, professeur de philosophie à l’Ecole polytechnique

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"Écoles du futur" : futur de l'école ?

14 Juin 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Le programme de l'école primaire | PARENTS.fr

Résumé

Alors que le président de la République vient d'annoncer la généralisation de l'expérimentation lancée à Marseille, nos invités débattent du projet de réforme pour l'autonomie des établissements.

avec :

Philippe Meirieu (Spécialiste de la pédagogie et professeur émérite à l’université Lumière Lyon 2), Guislaine David (Porte-parole du SNUipp-FSU (syndicat du premier degré)), Jean-Rémi Girard (professeur de français au lycée et président du SNALC, syndicat national des lycées et des collèges).

En savoir plus

En septembre dernier, Emmanuel Macron lançait un plan appelé "Marseille en Grand". Le projet comprenait un volet scolaire et initiait un financement spécifique (2,5 millions d’euros) pour 59 écoles "laboratoires". Il aurait vocation – en cas de victoire de la majorité présidentielle – à être étendu dès la rentrée prochaine à d’autres territoires.

C’est ce que le Président de la République a annoncé lui-même lors d’un déplacement dans une école marseillaise, le 02 juin dernier, accompagné du nouveau ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye. Nom de code du projet : "écoles du futur".

Alors de quoi s’agit-il ? Des fonds conséquents seraient, comme à Marseille, alloués à des établissements afin de financer des projets "autour de la culture, des langues, de l'environnement ou des sciences". Il s’agirait aussi, et c’est une rupture, que les directeurs d'école participent au recrutement des enseignants à partir de la rentrée. L’objectif ? Faire progresser les élèves et rendre ces écoles plus attractives. Mais la méthode est loin de faire l’unanimité et beaucoup d’enseignants sont sceptiques. Alors l’école du futur, est-ce un futur souhaitable pour l’école ?

Louise Tourret s'entretient avec Jean-Rémi Girard, président du SNALC (syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur), et professeur de lettres en lycée à Asnières sur Seine, Alain Bertoli, directeur de l'école-laboratoire Albert-Chabanon à Marseille, Guislaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du SNUipp-FSU (syndicat des enseignants du premier degré) et Philippe Meirieu, professeur en science de l’éducation, chercheur en pédagogie et auteur notamment du Dictionnaire inattendu de pédagogie (ESF éditeur, 2021).

La citation

"Il ne faut pas que l'autonomie se fasse au détriment de la solidarité"Philippe Meirieu

Pour aller plus loin

Lien vers l'article du Figaro du 02/06/2022 : À Menpenti, une expérimentation un peu fantôme

Lien vers l'article du Monde du 02/06/2022 : Aux sources d'inspiration de l'école du futur vantée par Emmanuel Macron

Illustrations sonores

Extrait du discours d'Emmanuel Macron du 02 juin 2022 à l’école Menpenti de Marseille

Alain Souchon, "Le jour et la nuit" (Alain Souchon - Pierre Souchon ) avec les petits chanteurs d’Asnieres / Label : Emi

Louise Tourret

A écouter en cliquant ci-dessous

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L’aménagement des salles de classe « en couloirs de bus » fait obstacle à un réel partage de la parole

14 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Architecture scolaire

bien-être à l'école Archives - #PROFPOWER

EXTRAITS

Salle de classe : « Des espaces modulables, des tables en îlots, des espaces vides favorisent l’échange. Ils créent l’espace du collectif, de l’écoute et de la parole »

Alors que l’épreuve du grand oral du bac réhabilite l’oral à l’école, l’aménagement des salles de classe « en couloirs de bus » fait obstacle à un réel partage de la parole, alerte Cyril Delhay, professeur d’art oratoire à Sciences Po, dans une tribune au « Monde ».

Inauguré en juin 2021, le grand oral du bac avait deux objectifs. Le premier était de donner la compétence de parler en public à tous les élèves. Le deuxième de susciter une dynamique à l’école de façon que l’oral, à la fois comme chemin d’apprentissage et comme mode d’éducation, y prenne toute sa place.

La première édition de l’épreuve, en dépit de la pandémie mondiale, a permis d’enclencher cette évolution fondamentale. Nouveauté de cette deuxième édition, les questions du jury ne pourront plus porter sur l’ensemble du programme de spécialité mais devront découler du seul exposé du candidat. On est sorti de l’ambiguïté qui pouvait encore faire de cet oral un écrit oralisé où le jury passe le lycéen sur le gril. La parole de l’élève qui a choisi et questionné son sujet est valorisée sans ambiguïté. Et ainsi son engagement. La pleine réussite du nouveau dispositif tient désormais à sa pleine appropriation par tous. La formation des enseignants comme des élèves en demeure le point-clé.

Déployer l’oral comme pratique éducative de la maternelle à la terminale est un défi plus vaste encore. Qu’est-ce que l’oral ? Nombre de textes à visée pédagogique peinent à définir la notion. Ainsi, pour l’école primaire, une typologie incertaine proposée sur le site officiel Eduscol évoque « l’oral scriptural » ou encore « l’oral décontextualisé » pour définir une parole où le locuteur (l’enfant) parlerait d’un fait rapporté. Un tel jargon aura-t-il pour vertu d’aider la pratique de l’oral, ou, au contraire, de permettre, une fois de plus, de tourner autour du pot et de ne pas s’en saisir ? Car ne nous y trompons pas, il y a des intérêts objectifs puissants à ne pas investir la pédagogie de l’oral tant celle-ci questionne l’enseignement.

(...)

Défi lancé aux équipes pédagogiques

S’il existe en maternelle des « espaces de regroupement », avec des élèves placés au même niveau autour d’un espace ouvert, ils disparaissent par la suite. La grande majorité des classes en France sont structurées en couloirs de bus.

De la maternelle à la terminale, l’élève français y reçoit entre 13 500 et 15 000 heures d’enseignement. Avec quelle efficience ? Les résultats des enquêtes PISA [Programme international pour le suivi des acquis] se succèdent, toujours plus médiocres. Et la société française construite à l’école se fait de plus en plus atomisée.

L’oral, ce changement simple mais redoutable tant il bouscule les pratiques, est un défi lancé aux équipes pédagogiques comme aux collectivités territoriales. Rénove-t-on ou construit-on une école, un collège, un lycée ? Comment décide-t-on de l’aménagement de la salle de classe, de la place de l’oral et des pédagogies actives, de la société française présente et future ?

Cyril Delhay est l’auteur du rapport sur le grand oral « Faire de l’oral un levier de l’égalité des chances », remis à l’éducation nationale en 2019.

Cette tribune paraît dans Le Monde de l’éducation. Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien.

 

https://www.lemonde.fr/education/article/2022/06/13/salle-de-classe-des-espaces-modulables-des-tables-en-ilots-des-espaces-vides-favorisent-l-echange-ils-creent-l-espace-du-collectif-de-l-ecoute-et-de-la-parole_6130119_1473685.html?xtor=EPR-33281056-[education]-20220614-[_titre_1]&M_BT=115764035545371

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«Comment il peut oser dire ça ?» A Montargis le «ni-ni» de Blanquer laisse amer

14 Juin 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Législatives : Jean-Michel Blanquer aspergé de crème chantilly par deux  enseignants à Montargis

Au lendemain de l’élimination dès le premier tour de l’ancien ministre de l’Education nationale de la législative dans la 4e circonscription du Loiret, les électeurs goutent peu sa diatribe mettant dans le même sac l’extrême droite et l’extrême gauche.

Attablé au soleil à une terrasse à deux pas de la gare de Montargis (Loiret), Philippe, les cheveux gris en brosse s’adonne à son rituel du lundi. Le sexagénaire, accompagné de quelques camarades débriefe l’actualité autour d’un café et de quelques tickets à gratter. D’habitude, ça parle surtout foot, mais ce lundi, c’est la politique qui les anime, lendemain d’élection oblige. «Il a pris une de ces taules l’autre», glisse Thierry qui se dit «communiste de père en fils»«L’autre», c’est l’ancien ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, candidat pour la première fois à une élection dans la 4e circonscription du Loiret et éliminé dès le premier tour à 189 voix près, en ne recueillant que 18,89 % des suffrages. «Il repart aussi vite qu’il est venu, il aura même pas eu le temps de faire le tour de la ville, ironise Philippe, pas franchement fan du candidat de la majorité présidentielle. On ne va plus en entendre parler maintenant…»

Mais même éliminé, Blanquer fait encore parler de lui dans les rues de Montargis. La faute à sa réaction post-défaite. Dans la foulée des résultats, l’ancien chouchou de la macronie est apparu à la télévision la mine déconfite, renvoyant le Rassemblement national (en tête) et la Nupes dos-à-dos. «Je le dis très solennellement, l’extrême gauche est un danger aussi important que l’extrême droite aujourd’hui», a-t-il affirmé, pointant, à la manière d’un Donald Trump, des «irrégularités» dans le scrutin. Une intervention qui brusque les électeurs de la circonscription. «Dire que le FN et la gauche représentent tous les deux un danger pour la République est une honte. Il oublie que sans tous les électeurs de LFI, du PS, du Parti communiste et des Verts, Macron ne serait peut-être pas à l’Elysée», grince Sophie, 34 ans, au pied de l’église Sainte-Marie-Madeleine. La juriste qui penche à gauche est d’autant plus «amère» qu’elle dit s’être fait violence pour glisser un bulletin «Emmanuel Macron» au second tour de la présidentielle.

«Comment il peut oser dire ça ?»

Sur une terrasse à quelques mètres de là, Samia et Nathalie, toutes les deux électrices macronistes diffèrent sur le cas Blanquer. La première, âgée de 36 ans, se montre très agacée par ce «ni-ni». «Comment il peut oser dire ça ? Le RN n’a pas d’équivalent. Avec ce genre de sortie débile on va en prendre pour des semaines», s’étrangle-t-elle. La seconde n’est pas choquée : «Avec la violence qu’il a subie pendant toute sa campagne, je peux comprendre qu’il ne veuille pas appeler à voter pour ceux qui l’ont attaqué», dit-elle, faisant allusion à l’«enchantillage» dont a été victime l’ancien ministre et à la venue de son sosie dansant orchestrée par le collectif Ibiza. Au même moment, sur BFMTV, Blanquer annonce qu’il va déposer un recours en justice à cause des supposées «irrégularités» repérées dans la campagne du candidat de la Nupes, Bruno Nottin. «Non là, c’est n’importe quoi», soufflent les deux amies en voyant l’information s’afficher sur leurs smartphones.

«On sent bien que Blanquer penche plus d’un côté»

De son côté le candidat RN Thomas Ménagé, arrivé en tête du premier tour avec 31,45 % des voix se satisfait parfaitement de ce ni-ni. L’ancien proche de Nicolas Dupont-Aignan compte bien profiter de cette absence de consigne de Blanquer pour se présenter face aux électeurs comme le «rempart républicain» de ce second tour face à une «extrême gauche qui ne représente pas les valeurs de la république». Une thèse que le discours de l’ancien ministre ne contredit donc pas. Thomas Ménagé va plus loin, soulignant que depuis dimanche soir Blanquer ne cesse de charger le candidat de la Nupes et de l’épargner : «C’est un ni-ni sur l’étiquette politique mais quand on lit entre les lignes, on sent bien que Blanquer penche plus d’un côté.» Comprendre : pour lui.

De retour sur le terrain, le représentant de la gauche unie Bruno Nottin juge, lui, cette absence de consigne de vote «surréaliste»«Si le RN passe, Blanquer aura une lourde responsabilité», souffle le communiste en pleine séance de porte-à-porte. Pour l’emporter dimanche, l’élu de Montargis compte sur la mobilisation du peuple de gauche et des quartiers populaires qui ont massivement boudé les urnes. «C’est la gauche face aux racistes d’extrême droite», répète-t-il à l’envi aux parents d’élève à la sortie de l’école Albert-Thierry. «C’est l’alerte générale, lance-t-il à une dame aux cheveux noirs en train de parcourir son nouveau tract. La droite et Blanquer ne sont même pas foutus d’appeler à voter pour nous alors qu’on a fait ce qu’il faut pour éviter Le Pen présidente.» Et de répéter, dans un soupir : «On ne peut compter que sur nous.»

Sacha Nelken

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Candidats, copies, épreuves : le bac 2022 en six chiffres

13 Juin 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

Candidats, copies, épreuves : le bac 2022 en six chiffres

Après les épreuves de spécialité en mai, place cette semaine à la suite des épreuves écrites, pour les quelque 709 000 candidats au baccalauréat. Une fois n'est pas coutume, ce sont les élèves de bac pro qui ouvrent le bal cette année.

Après des révisions plus ou moins fébriles, le stress monte, chez les candidats au bac. Les élèves de la voie professionnelle plancheront dès ce mardi 14 juin sur les épreuves de français et d'histoire-géo, tandis que ceux des voies générales et technologiques s'attelleront mercredi à la philosophie. Les deux dernières éditions du baccalauréat ayant été perturbées par la crise du Covid, c'est la première fois que les épreuves écrites du nouveau bac général (pour lequel les élèves choisissent deux enseignements de spécialité) se déroulent entièrement.

709.399 candidats

Très exactement 709 399 candidats sont inscrits sur les listes pour les épreuves de Terminale. Parmi eux, 18.355 passent l'examen en candidat libre. Notons que le bac général reste majoritaire, avec 53% des élèves. Les baccalauréats professionnel et technologique représentent ensuite respectivement 20% et 26% des candidats. L'aspirant bachelier le plus jeune a 15 ans, et le plus âgé 75 ans.

3.5 millions de copies

Au total, les épreuves du bac 2022 représenteront plus de 3,5 millions de copies : ces tonnes de feuillets noircis à l'encre des aspirants bacheliers seront dématérialisés et répartis entre les 64.050 correcteurs, qui travailleront donc sur écran.

60% de la note

Si le contrôle continu constitue 40% de la note finale, les 60% restants sont déterminés par les épreuves finales. Les enseignements de spécialités sont coefficient 16, le grand oral coefficient 10 (14 pour le bac technologique) et la philosophie 8 (4 pour le bac technologique).

1ère épreuve

Terminé, le temps où la philosophie donnait le coup d'envoi du marathon de juin ! Cette année, ce sont les élèves de bac pro qui ouvrent le bal, en passant mardi les épreuves de français et d'histoire-géographie. Pour les candidats au bac général ou technologique, l'épreuve de philo se tiendra mercredi. Elle est l'une des rares épreuves écrites qui subsiste du bac ancienne formule. Trois sujets seront proposés, les mêmes pour tous les candidats.

71.331 candidats bénéficient d'une aide ou d'un aménagement d'épreuve

Pour cette session 2022, les rangs des candidats comptent 71.331 jeunes en situation de handicap qui bénéficient d'une aide ou d'un aménagement d'épreuve : une personne qui écrit à leur place, transcription en braille, logiciel de reconnaissance vocale, temps majoré, etc.

5 juillet

Fin du suspense (au moins en partie) le 5 juillet avec la publication des résultats, d'abord dans les établissements des candidats, puis dans leur espace personnel sur le site Cyclades. Pour ceux qui auraient entre 8 et 10 de moyenne générale sur 20, les épreuves de rattrapage auront lieu entre le 6 et le 8 juillet.

Par la rédaction numérique de France Inter

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Blanquer, le meilleur élève du macronisme devenu bonnet d'âne

13 Juin 2022 , Rédigé par L'Express Publié dans #Education

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Candidat dans le Loiret, Jean-Michel Blanquer a été éliminé dès le premier tour. Une défaite qui succède à une sortie compliquée du gouvernement et une campagne difficile.

Avec Manuel Valls, il restera dans l'histoire du macronisme l'un des grands perdants de ces élections législatives et, peut-être même, de ce quinquennat. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale de 2017 à 2022, a été éliminé ce dimanche soir dès le premier tour des élections législatives dans la quatrième circonscription du Loiret. Avec 18,86% des voix, il a été devancé par le candidat du Rassemblement National Thomas Ménagé (30,8%) et le candidat communiste de la Nupes Bruno Nottin (19,98%). Une défaite amère qui vient boucler cinq années durant lesquelles le juriste et haut fonctionnaire est passé de pilier incontestable du gouvernement à ministre en perte de vitesse, hautement fragilisé par la crise du Covid-19. "Il y avait une trop grande tension entre le monde enseignant et lui ; Blanquer a dit aux profs qu'il ne les aimait plus après leur avoir dit qu'il voulait les dresser", résumait un proche du président de la République au lendemain de la nomination du gouvernement Borne.  

Quelques jours avant le scrutin, un pilier de la majorité, qui aime scruter les sondages, se faisait du souci pour sa candidature : "Non seulement il sous-performe chez les jeunes, mais il sous-performe aussi chez les parents." Des inquiétudes, semble-t-il, fondées. "Ça se joue à moins de 200 voix d'écart et, eu égard à tout ce qu'il s'est pris dans la tronche, ce n'est pas déshonorant", chuchote l'un de ses proches quelques minutes après l'annonce officielle des résultats par le ministère de l'Intérieur. Mais comment expliquer la chute de cet ancien ministre très identifié par les Français et qui n'avait pas lésiné sur les présences médiatiques pour construire sa stature politique ? Le même compagnon de route embraye : "Il faut dire qu'il n'a pas été très aidé, dit-il. Il y avait trois types de ministres sortants : ceux à qui l'on a dit qu'il fallait mieux ne pas être candidats pour ne pas prendre une taule, comme Dupond-Moretti ou Pannier-Runacher ; ceux qu'on a bougés de circo pour préserver leurs chances, comme Nadia Hai, et puis Blanquer à qui on laisse un circo qui a voté Le Pen et qui est de droite depuis toujours..." Lors du premier tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen a effectivement récolté pas moins de 32,7% des voix et s'était imposée au second tour avec 52% des suffrages. Non seulement Jean-Michel Blanquer était parachuté, mais il a atterri sur une terre hostile... Ce n'était pas le plan.  

Durant plusieurs mois, Jean-Michel Blanquer, aidé par une partie de son équipe ministérielle, a cherché le bon territoire. Le bon département. La bonne circonscription. "Il veut continuer sa mue, il veut se confronter au suffrage, il souhaite avoir une utilité en 2022 et après 2022", expliquait en décembre l'un de ses conseillers. Début décembre, il jette son dévolu sur les Yvelines : le ministre de l'Éducation compte s'installer dans la 3e circonscription du département, en lieu et place de la marcheuse Béatrice Piron, tombeuse d'Henri Guaino en 2017. Mais après quelques semaines - "alors que tout était ficelé", nous assurait-on - une partie de la macronie s'oppose en interne au remplacement et soutient la candidate sortante. Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, proche lieutenant d'Emmanuel Macron et gestionnaire en chef des investitures pour La République en marche, demande que Blanquer abandonne. 

Seulement, fin février, beaucoup ont déjà fait leur marché et les alternatives sont peu nombreuses. Le nombre de circonscriptions gagnables est bien mince. C'est donc la quatrième du Loiret, en région Centre-Val-de-Loire, qui est choisie par Jean-Michel Blanquer. Le député sortant, Jean-Pierre Door, en place depuis 2002, ne se représente pas : le ministre de l'Education considère, bon gré mal gré, qu'un territoire de droite lui siérait plutôt bien. Veste en daim sur les épaules et casquette franchouillarde vissée sur le crâne, il entame sa première campagne en tant que candidat. Elle aurait pu être sa seconde : en 2021, il a refusé de mener la liste de la majorité présidentielle aux élections régionales en Ile-de-France, alors qu'Emmanuel Macron lui avait proposé de se confronter pour la première fois au suffrage des Français. "En ne se lançant pas aux régionales, Blanquer a fait une erreur tactique, analyse l'un de ses anciens collègues au gouvernement. Quand vous voulez peser dans la vie politique, il faut avoir le courage d'aller au combat. Personne ne vous reprochera jamais de défendre vos idées." 

L'ancien directeur de l'ESSEC découvre donc, à Montargis comme à Courtenay, la rudesse de la campagne électorale. D'autant que plus que derrière les micros et les caméras, comme lors d'une matinale sur BFMTV, il peine à démontrer son grand intérêt pour la circonscription et les raisons de son choix. Le ministre à la plus longue longévité à la tête de l'Éducation nationale s'est, en outre, confronté à la colère d'une partie des Français, dont des gilets jaunes, contre Emmanuel Macron, son quinquennat et ses ministres les plus visibles. Une semaine avant ce premier tour, il a notamment été aspergé de crème chantilly et insulté par deux enseignants dans les rues de Montargis. "J'ai eu beaucoup de violences verbales, à la fin elles sont devenues de la violence physique, et c'est grave. Je dis aux Français qu'il faut privilégier les candidatures du calme, de la modération, de la liberté d'expression", a-t-il déclaré, très déçu, ce dimanche soir sur France 2. 

Erwan Bruckert

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L’égalité des chances, plus que jamais contre l’égalité

13 Juin 2022 , Rédigé par N'autre école Publié dans #Education

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EXTRAITS

Le site internet de la Présidence de la République, dans sa partie placée sous l’égide d’Emmanuel Macron (https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/) comprend un volumineux dossier consacré au domaine social (école, égalité homme-femme, société solidaire, santé). Ce dossier est intitulé « Liberté. Fraternité. Égalité des chances ». L’égalité des chances est ainsi substituée à l’égalité, dans une déformation calculée de la devise même de la République.

Cette accablante manipulation lexicale révèle mieux que tous les discours ce qui nous attend.

Macron entend faire de l’égalité des chances le fil directeur de sa politique sociale : elle était présentée comme « plus que jamais une priorité » du quinquennat précédent, où elle devait même permettre de combattre le « séparatisme » … ; et, pour le second quinquennat, à peine nommée à Matignon c’est l’égalité des chances qu’Elisabeth Borne est chargée de promouvoir dans ses déplacements, cependant que Macron va jusqu’à justifier la nomination au ministère de l’éducation nationale de Pap Ndiaye en disant qu’« Il incarne ce qu’on a fait ces cinq dernières années, ce que nous voulons faire, c’est-à-dire combien l’école de la République permet de bâtir l’égalité des chances ».

Cette notion d’égalité des chances, aujourd’hui promue au premier rang de la politique macronienne, a une histoire, et c’est une histoire qui devrait faire réagir ceux et celles qui entendent défendre l’égalité.

(...)

Revendiquer l’égalité des chances relève d’un choix de société diamétralement opposé à revendiquer l’égalité. Cette dernière repose sur des droits, non sur des « chances ». Revendiquer un droit, c’est se placer dans une optique collective et égalitaire, revendiquer une chance, c’est se placer dans une optique individualiste et concurrentielle.

C’est bien de deux choix de société qu’il s’agit.

Alain Chevarin

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Le ministre de l'Éducation nationale Pap Ndiaye annonce des "grands débats" dans les écoles à la rentrée

11 Juin 2022 , Rédigé par France Bleu Publié dans #Education

Les Grands Débats permettent d'aborder tous les sujets économiques » |  Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

En déplacement à Vouneuil-sous-Biard, près de Poitiers, le ministre de l'Éducation nationale Pap NDiaye annonce que dès la rentrée de septembre, des "grands débats" seront organisés dans les établissements scolaires, pour repenser le métier d'enseignant et renforcer les liens avec le périscolaire.

Après le grand débat national lancé à la suite du mouvement des "gilets jaunes" ou encore le Ségur de la santé en pleine crise du Covid-19, voici venus les grands débats dans les écoles. C'est ce qu'annonce, vendredi 10 juin, le ministre de l'Éducation nationale Pap Ndiaye, en déplacement au centre de loisirs de Vouneuil-sous-Biard, près de Poitiers. 

Il a notamment rencontré les acteurs du périscolaire, pour évoquer avec eux le dispositif de colos apprenantes, le contrat "C carré" de Vouneuil, la valise maths déployée à Nouaillé-Maupertuis ou encore le dispositif langage de l'école Tony-Lainé, à Poitiers. Le ministre est aussi venu soutenir le député Ensemble (anciennement LREM) de la deuxième circonscription de la Vienne Sacha Houlié, candidat à sa réélection dimanche.

 

"À partir de septembre ou d'octobre, nous avons pour projet de lancer les grands débats sur l'école", explique Pap Ndiaye. "Non pas de faire un Grenelle de l'éducation, une grand-messe à Paris, mais plutôt au plus près des demandes locales et du terrain, pour imaginer des dispositifs dans l'alliance entre le scolaire et le périscolaire." 

Le ministre de l'Éducation nationale se donne comme objectif de "lutter contre les inégalités scolaires et de projeter le monde éducatif dans une nouvelle dynamique, de le sortir d'une forme de morosité liée en partie à la crise sanitaire. Tout cela ne se fera qu'en embarquant le plus de monde possible."

"Je serai un ministre de terrain"

À l'occasion de cette prise de parole, l'une des rares devant la presse depuis sa nomination rue de Grenelle, il a aussi tracé les grandes lignes de son mandat"Il a pu exister des malentendus avec le personnel éducatif, liés à des questions de délimitation de responsabilité et des questions budgétaires aussi", admet Pap Ndiaye. "Tout cela est à penser, peut-être à changer, y compris dans le cadre de ces grands débats. Ce sera l'occasion, dans chaque école de France, de proposer et d'imaginer ce qui peut être fait à l'échelle des établissements, afin que ces liens parfois distendus puissent être renoués. J'y serai très attentif, je serai d'ailleurs moi-même un ministre de terrain."

Bastien Munch

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