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Vivement l'Ecole!

Articles avec #education tag

Le dédoublement des classes : une épine dans le pied du nouveau ministre de l'Education nationale...

29 Mai 2017 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Politique

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Emmanuel Macron, en campagne présidentielle, a promis de dédoubler une partie des classes de CP et CE1 dès 2017. Le ministre de l'Education nationale risque de se heurter à des enseignants qui plébiscitent l'ancien dispositif.

Pendant la campagne de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron avait promis d'alléger les effectifs d'une partie des classes de CP et CE1 dans les zones les plus difficiles, dès la rentrée prochaine. À l'heure de l'application du dédoublement, la question de l'avenir du dispositif "Plus de maîtres que de classes" se pose. Or, les enseignants concernés préfèrent ce plan lancé sous le précédent quinquennat, à celui annoncé par le nouveau président.

Le système des enseignants épaulés devait être renforcé

"Plus de maîtres que de classes" est un dispositif mis en œuvre depuis trois ans. Il fait appel à 3 200 enseignants répartis dans les écoles primaires des zones les plus difficiles, les réseaux d'éducation prioritaire (Rep) et d'éducation prioritaire renforcée (Rep+). Le précédent gouvernement avait prévu d'embaucher 1 900 enseignants de plus pour la rentrée de septembre 2017. Le principe consiste à faire venir un maître supplémentaire par école retenue. Le professeur des écoles navigue alors de classe en classe pour épauler ses collègues, comme l'expliquent Laurence et Christelle, deux enseignantes dans une école des Hauts-de-France. L'une enseigne  en cours préparatoire (CP) est en CP, l'autre appartient au dispositif "Plus de maîtres que de classes". Elles forment un binôme et travaillent, "en co-intervention" dans la classe, avec un regard croisé, enrichissant.

On peut faire des ateliers, on peut dédoubler la classe, faire des groupes de besoin ou de niveau.

Laurence et Christelle, enseignantes

Deux enseignantes travaillent dans une classe de 24 élèves aujourd'hui. Demain, avec la promesse d'Emmanuel Macron, elles seraient toujours là, mais chacune dirigerait une classe de 12 élèves. Au final, le tableau sera-t-il le même ? Non, regrettent Laurence et Christelle. Elles perdraient, disent-elles, de la souplesse pédagogique et les effets positifs d'un travail en équipe. Elles redoutent aussi des conséquences sur l'ambiance de travail en classe. "À douze, nous n'aurons pas, peut-être, la même émulation", déclarent-elles.

Le chantier du ministre : sans "casse"

Le sentiment de regret émis par les deux enseignantes n'est pas isolé. Une pétition contre la suppression du dispositif "Plus de maîtres que de classes" a déjà été signée par plus de 11 000 personnes. Les syndicats enseignants sont également montés au créneau. Le nouveau ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, marche sur un terrain sensible. Le successeur de Najat Vallaud-Belkacem affirme avoir entendu le message.

On ne dépouille rien. On ne casse pas le dispositif 'Plus de maîtres que de classe'.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale

Où trouver les 2300 enseignants nécessaires au dédoublement d'ici septembre prochain ? Il est trop tard pour les embaucher et il n'existe pas de réservoir disponible, d'autant que l'Education nationale manque déjà de remplaçants. Faute d'alternatives, le nouveau ministre pourrait être contraint de redéployer, malgré tout, les 1 900 enseignants recrutés spécialement pour cette rentrée afin de compléter l'ancien dispositif. Mais ce serait alors déclarer la guerre aux syndicats enseignants.

Solenne Le Hen - france-info  Radio France

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Education : l’égalité en danger?...

29 Mai 2017 , Rédigé par Balle au centre Publié dans #Education, #Politique

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EXTRAIT

La liberté sans cadre s’appelle l’anarchie. Et il n’y a pas de terreau plus fertile que cette dernière pour le développement des inégalités. La France, déjà championne de l’OCDE du déterminisme social en matière éducative, ne peut se permettre de prendre le risque de les voir encore se creuser. Il en va de l’existence même de la méritocratie, pilier central de la promesse républicaine dans notre pays.

Si la référence à la primauté du « terrain » masque une volonté de mise en concurrence des écoles et des établissements, si l’encensement de la différenciation annonce la suppression de toute règle – y compris celles dont la seule vocation est de protéger les élèves, au premier rang desquels ceux issus des milieux les moins favorisés –, c’est le caractère national de l’Education qui est en jeu. Et l’avenir de ceux que le hasard de la vie a fait naître sans capital social dans les territoires relégués de la République. Dans un contexte dans lequel, les dernières enquêtes des sociologues Stéphane Beaud et Gérard Mauger viennent de nous le rappeler, la jeunesse populaire d’aujourd’hui paie plein pot les transformations du marché du travail (Une génération sacrifiée ?, éd. rue d’Ulm, 2017).

En signalant il y a quelques jours que le nouveau ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer est « un gestionnaire de haut vol avant tout, qui a une vue technocratique des choses, plus qu’une fibre politique, pédagogique ou culturelle », l’historien de l’éducation Claude Lelièvre faisait craindre que les politiques éducatives à venir soient avant tout comptables. La première interview donnée au journal Le Monde par celui qui était jusqu’alors directeur général du groupe Essec laisse entrevoir un choix plus clivant : celui d’une Ecole à plusieurs vitesses.

(...)

Agathe Cagé

Suite et fin à retrouver ci-dessous

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La politique n'est vivante que si l'on se dispute à son sujet...

28 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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Je n'aime pas, mais alors pas du tout, cette France qui se construit...

J'écris ces mots et ces phrases comme ils me viennent à l'esprit. La France que j'appelle "macronienne" ne me dit rien qui vaille et ne m'attire pas. Elle a le visage d'un pays que je ne connais pas et ne veux pas connaître.

Celui d'une grande bourgeoisie - ce n'est pas péjoratif - dictant au reste du "bon peuple" ce qu'il convient de penser, de dire, de faire.

Celui d'une France urbanisée mais urbanisée autour de quatre ou cinq grands pôles dont évidemment Paris. Paris intra muros.

Celui d'un espace fracturé mais artificiellement "rassemblé" par la seule volonté d'un discours présidentiel croyant pouvoir effacer les différences quand il faudrait au contraire les constater pour les réduire par l'action bien plus que par les mots ou les phrases simplistes et vidées de tout sens.

Celui d'un champ politique dont on voudrait éliminer les clivages et le débat d'idées. Bruno Bonnell, candidat "La République En Marche" à Villeurbanne face à Najat Vallaud-Belkacem, n'affirmait-il pas, sans rire ou avec ce sourire des cyniques certains de leur triomphe:

"Le débat entre la droite et la gauche c'est vintage". (Libération).

"Vintage"... Comme si la politique devenait soudain un produit de consommation courante.

Une France sans débat d'idées, aseptisée, qui commence déjà à mourir d'ennui. A mourir d'ennui et à souligner le danger qui s'annonce: celui d'une majorité présidentielle écrasante qui aura choisi, construit son opposition formée par la France Insoumise et le Front National. L'objectif tellement visible étant d'obtenir des victoires électorales grâce aux futurs millions de votes par défaut. Ceux-là même qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir. L'invention d'une "dictature douce".

Celui d'une France d'où la gauche serait absente. Je parle ici de la gauche de gouvernement, celle qui a, par le passé très récent, exercé le pouvoir avec courage et opiniâtreté, réussissant parfois, échouant parfois. La tragique absence - ou l'extrême rareté -  de ses représentants élus à l'Assemblée Nationale confirmerait alors mes craintes. La France ne serait plus celle qui a porté si haut la confrontation des idées, le débat raisonné et argumenté. Devrons-nous dire à nos élèves: "Plus de débat! Soyons dogmatiquement consensuels!"?

Relisant récemment Spectrum de Perry Anderson, je fus arrêté par cette phrase:

« L’art n’est vivant que si l’on se dispute à son sujet. »

Il en va de même pour la politique... Sans dispute, point de vie...

Si la France d'Emmanuel Macron et de son parti - qui désormais en est un, quoi qu'il en dise - est celle qui imposerait aux français le concept de "la seule ligne possible", telle une évidence qu'il serait outrecuidant, voire blasphématoire, de nier, alors refusons absolument cette vision-là et combattons-la. Elle défigure Marianne!

Si la France d'Emmanuel Macron est celle qui imposerait à toutes et à tous le fait que seul le parti présidentiel est capable de défendre l'intérêt général, alors combattons cet "idéal" illustré par des des phrases aussi convenues que banalement médiocres:

"Il faut du renouvellement!". Qui n'est, si l'on y songe, que la variante édulcorée du "Virez-les tous" de Jean-Luc Mélenchon. Il existe parfois des complicités involontaires...

"Vous ne pouvez être objectifs puisque que vous appartenez à un parti!". Le "parti" étant LE repoussoir brandi par les militants marcheurs. Eux qui participent pourtant à la construction d'un ultra-parti...

"Le Président DOIT avoir une majorité pour appliquer les réformes". Oubliant que ce Président fut élu, non par consentement large, mais par l'apport de voix destinées uniquement à faire barrage au Front National.

Si la France d'Emmanuel Macron est celle d'une école fabriquée pour les meilleurs et éliminant les plus faibles, oubliant jusqu'au principe d'éducabilité, revenant en - marche -  arrière pour appliquer de vieilles recettes ayant toutes échoué, passant à coté des enjeux véritables, autonomisant les collèges et lycées dans un ultra libéralisme dangereux, n'hésitant pas à tolérer des mouvements pour le moins douteux quant à leurs motivations laïques - je pense à Sens Commun, à Espérance Banlieues, alors luttons pied à pied contre cette politique-là...

Si la France d'Emmanuel Macron est celle de la pensée unique, autoritaire et sans contradiction possible, alors disons-le haut et fort:

L'économie aura pris le pas sur la raison...

L'entreprise triomphera de toute sagesse...

La rentabilité sera, même à l'école, partout la norme...

L'évaluation de tout, y compris de l'individu, sera le seul et redoutable instrument de mesure...

La bourgeoisie "CSP++++" détiendra les clefs du pouvoir et du savoir. Le sien.

Pour toutes ces raisons, j'appelle chacun et chacune à donner à la France une VERITABLE opposition, pour des débats d'idées, pour construire un pays aux sensibilités multiples et respectées!

Christophe Chartreux

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Pour une France du débat d'idées et des clivages nécessaires...

27 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

 

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Emmanuel Macron a été élu Président de la République.

Je l'en félicite et lui souhaite de réussir dans la très lourde tâche qui l'attend.

De réussir pour la France et les français. Tous les français.

Pour celles et ceux qui, par conviction ont accompagné le nouveau Président dans sa démarche. S'engager est toujours une attitude louable.

Pour celles et ceux très nombreux qui ont voté pour lui sans adhérer à son projet et ont néanmoins contribué à le porter au pouvoir, empêchant en même temps le Front National d'entrer à l'Elysée. 

Pour celles et ceux enfin, historiquement très nombreux, qui ont choisi le bulletin "Marine Le Pen". Ceux-là, souvent déclassés, souvent électeurs de gauche depuis des générations, devront être entendus. Si tel n'était pas le cas, si Emmanuel Macron persiste dans la volonté d'appliquer un projet qu'il faut bien appeler "libéral", tournant le dos aux acquis sociaux, affaiblissant les services publics, transformant le pays en une "start up" géante, alors d'autres électeurs iront grossir le flot des partis extrémistes, démagogiques et populistes.

Alors Emmanuel Macron n'aura été qu'un marchand de sable, un vendeur de rêves. De ce rêve d'une France sans clivage.

Car j'entends, je lis ici et là qu'il conviendrait de" dépasser les clivages".

J'entends, je lis ici et là que "la droite et la gauche, cela n'existe plus".

J'entends, je lis ici et là que le "rassemblement" serait la seule alternative au "modèle ancien de pratiquer la politique".

Cette petite musique, ce discours, ces éléments de langage, j'en conteste la réalité. J'en dénonce la dangerosité à terme.

Les clivages gauche/droite sont là et bien là. Je dirai même: heureusement! Sans oublier cet autre clivage, superposé au précédent: exclus/inclus

Car que serait un pays bercé dans l'illusion d'une embrassade générale sinon un pays sans débat d'idées?

Que serait un peuple auquel il suffirait de dire que tout devrait aller bien, que l'optimisme devrait - dogmatiquement - régner en seul maître, que le rêve devrait prendre la place des réalités?

J'ai voté pour Manuel Valls, par conviction et cohérence lors du premier tour de la primaire. Puis, respectueux de mon engagement socialiste, j'ai totalement soutenu le vainqueur Benoit Hamon auquel j'ai donné ma voix au premier tour de l'élection présidentielle. Enfin, j'ai voté Emmanuel Macron pour empêcher la victoire de Marine Le Pen.

Pour autant, dès 20h01, j'ai retrouvé ma famille politique: le Parti Socialiste qu'il est hors de question que je quitte alors qu'il se trouve dans la difficulté. Je n'ai jamais trahi mes amis. Je n'ai jamais trahi mes valeurs, ces valeurs socialistes, clairement de gauche, incompatibles avec la majorité des aspects du projet porté par En Marche!.

Je serai un opposant constructif. Je n'hésiterai pas une seconde pour dire le bien que je pense de telle ou telle initiative. Mais je n'hésiterai pas une seconde pour m'opposer à tout ce qui me semblera aller à l'encontre des intérêts des plus faibles, des oubliés, des décrochés.

A commencer par ce projet Education dont le moins qu'on puisse dire est qu'il passe à coté des véritables enjeux de l'école qui a besoin de temps long. Pas de mesurettes destinées à plaire à quelques-uns. Nous y reviendrons.

Quant au Parti Socialiste, il doit se refonder sous peine de disparaître.

Tel qu'il est aujourd'hui et si l'on ne change rien ou si peu, il est au yeux de millions de français un véritable repoussoir!

La ligne politique, ni sociale libérale, ni "insoumise", mais tout simplement SOCIALISTE, fièrement SOCIALISTE, portée par des personnalités prêtes à s'engager plus encore, doit être d'une clarté absolue.

Pour refonder - mot à la mode - ce Parti Socialiste, je crois - entre autres - à Najat Vallaud-Belkacem. Je parle ici de la "simple" militante qui n'a jamais trahi aucun de ses engagements et qui saura, si elle le souhaite, incarner nos idéaux les plus chers.

Najat Vallaud-Belkacem qui saura si bien représenter les villeurbannais en siégeant comme députée à l'Assemblée Nationale dans les rangs d'un Parti Socialiste o combien nécessaire!

Et comme l' "homme providentiel" - ou la femme - n'existe que dans les rêves des illusionnistes, elle saura s'entourer et rassembler les forces vives d'un parti bien vivant!

Paix et Fraternité...

Christophe Chartreux, militant socialiste, section de Dieppe, Seine Maritime

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27 mai... Journée Nationale de la Résistance... "Entre ici Jean Moulin..." (+ une lettre de Camus à Barthes)

27 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Histoire, #Education

A la suite d’une critique de Roland Barthes sur La Peste intitulée « Annales d’une épidémie ou roman de la solitude? », parue au début de 1955, Camus répond à l'auteur de "Mythologies". Il réaffirme ici sa conception de la "Résistance".

                                  __________________________________

Monsieur Roland Barthes, Paris.

Paris le 11 janvier 1955

Cher Monsieur,

Si séduisant qu’il puisse paraître, il m’est difficile de partager votre point de vue sur La Peste.  Bien entendu tous les commentaires sont légitimes, dans la critique de  bonne foi, et il est en même temps possible et significatif de  s’aventurer aussi loin que vous le faites. Mais il me semble qu’il y a  dans toute œuvre des évidences dont l’auteur a le droit de se réclamer  pour indiquer au moins dans quelles limites le commentaire peut se  déployer. Affirmer par exemple que La Peste fonde une morale  antihistorique et une politique de solitude, c’est d’abord se vouer,  selon moi, à quelques contradictions, et surtout dépasser quelques  évidences dont je résumerai ici les principales :

1° La Peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise sur plusieurs  portées, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance  européenne contre le nazisme. La preuve en est que cet ennemi qui n’est  pas nommé, tout le monde l’a reconnu, et dans tous les pays d’Europe.  Ajoutons qu’un long passage de La Peste a été publié sous  l’Occupation dans un recueil de combat et que cette circonstance à elle  seule justifierait la transposition que j’ai opérée. La Peste, dans un  sens, est pus qu’une chronique de la résistance. Mais assurément, elle  n’est pas moins.

2° Comparée à L’Etranger, La Peste marque, sans discussion possible,  le passage d’une attitude de révolte solitaire à la reconnaissance d’une  communauté dont il faut partager les luttes. S’il y a évolution de L’Etranger à La Peste, elle s’est faite dans le sens de la solidarité et de la participation.

3° Le thème de la séparation, dont vous dites très bien l’importance  dans le livre est à ce sujet très éclairant. Rambert, qui incarne ce  thème, renonce justement à la vie privée pour rejoindre le combat  collectif. Entre parenthèses, ce seul personnage montre ce que peur  avoir de factice l’opposition entre l’ami et le militant. Car une vertu  est commune aux deux qui est la fraternité active, dont aucune histoire,  finalement, ne s’est jamais passée.

4° La Peste se termine, de surcroît, par l’annonce, et  l’acceptation , des luttes à venir. Elle est un témoignage de « ce qu’il  avait fallu accomplir et que sans doute (les hommes) devraient encore  accomplir contre la terreur et son arme inlassable, malgré leurs  déchirements perpétuels… »

Je pourrais développer encore mon point de vue. Mais déjà, s’il me  semble possible d’estimer insuffisante la morale qu’on voit à l’œuvre  dans La Peste (il faut dire alors au nom de quelle morale plus  complète), légitime aussi d’en critiquer l’esthétique (beaucoup de vos  observations sont éclairées par le fait tout simple que je ne crois pas  au réalisme en art), il me semble bien difficile au contraire de dire à  son propos, comme vous le faites en terminant, que son auteur refuse la  solidarité de notre histoire présente. Difficile et, permettez-moi de  vous le dire avec amitié, un peu attristant.

La question que vous posez en tout cas « Que feraient les combattants de La Peste  devant le visage trop humain du fléau ? » est injuste en ce sens  qu’elle doit être écrite au passé et qu’alors elle a déjà reçu sa  réponse, qui est positive. Ce que ces combattants, dont j’ai traduit un  peu de l’expérience, ont fait, ils l’ont fait justement contre les  hommes, et à un prix que vous connaissez. Ils le referont sans doute,  devant toute terreur et quel que soit son visage, car la terreur en a  plusieurs, ce qui justifie encore que je n’en aie nommé précisément  aucun pour pouvoir mieux les frapper tous. Sans doute est-ce là ce qu’on  me reproche, que La Peste puisse servir à toutes les  résistances contre toutes les tyrannies. Mais on ne peut me le  reprocher, on ne peut surtout m’accuser de refuser l’histoire, qu’à  condition de déclarer que la seule manière d’entrer dans l’histoire est  de légitimer une tyrannie. Ce n’est pas votre cas, je le sais ; quant à  moi, je pousse la perversité jusqu’à penser que se résigner à une telle  idée revient en réalité à accepter la solitude humaine. Et loin de me  sentir installé dans une carrière de solitude, j’ai au contraire le  sentiment de vivre par et pour une communauté que rien jusqu’ici n’a  jamais pu entamer dans l’histoire.

Voilà, trop succinctement, ce que je tenais à vous dire. Je voudrais  seulement vous assurer pour finir que cette discussion amicale n’enlève  en rien à l’estime que j’ai pour votre talent et votre personne.

Albert Camus.

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L'école est à nous ! Ou comment Jean Zay révolutionna l'éducation nationale... (Doc 52 minutes)

27 Mai 2017 , Rédigé par LCP Publié dans #Education, #Histoire

A l'heure de sa panthéonisation, quelle image reste-t-il de Jean Zay (1904-1944) dans la mémoire collective française ? Davantage celle d'une victime de la barbarie que celle d'un grand homme d'État, semble-t-il. Et pourtant... Nommé à seulement 31 ans au sein du Front Populaire à la tête du ministère de l'Education nationale, Jean Zay se lance malgré tout dans un grand chantier d'innovation et de rénovation du système scolaire français . Soucieux de faire entrer la culture dans tous les foyers , il est à l'origine du CROUS, du CNRS et des bibliobus. Instigateur du Festival de Cannes, il aurait dû en organiser la première édition en septembre 1939.

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L'oral à l'école : qu'apprend-on et comment?...

27 Mai 2017 , Rédigé par Repères Publié dans #Education, #Pédagogie

Couverture Repères n° 54

L’objectif de ce numéro est de dépasser la dichotomie oral enseigné-oral pour apprendre, afin de montrer que les didacticiens ont continué à problématiser celle-ci ce qui donne à penser que l’enseignement de l’oral est en train de s’implanter durablement dans le paysage de la didactique du français. Dans cette perspective, sont présentés trois champs d’étude qui redessinent les contours actuels de la didactique de l’oral en interrogeant sa variabilité constitutive à l’école.

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A Lire... Frères Migrants... Patrick Chamoiseau...

27 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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Frères Migrants
DÉCLARATION DES POÈTES

1 - Les poètes déclarent : Ni orpheline, ni sans effets, aucune douleur n’a de frontières !

2 - Les poètes déclarent que dans l’indéfini de l’univers se tient l’énigme de notre monde, que dans cette énigme se tient le mystère du vivant, que dans ce mystère palpite la poésie des hommes : pas un ne saurait se voir dépossédé de l’autre !

3 - Les poètes déclarent que l’accomplissement mutuel de l’univers, de la planète, du vivant et des hommes ne peut s’envisager que dans une horizontale plénitude du vivant — cette manière d’être au monde par laquelle l’humanité cesse d’être une menace pour elle-même. Et pour ce qui existe…

4 - Les poètes déclarent que par le règne de la puissance actuelle, sous le fer de cette gloire, ont surgi les défis qui menacent notre existence sur cette planète ; que, dès lors, tout ce qu’il existe de sensible de vivant ou d’humain en dessous de notre ciel a le droit, le devoir, de s’en écarter et de concourir d’une manière très humaine, ou d’une autre encore bien plus humaine, à sa disparition.

5 - Les poètes déclarent qu’aller-venir et dévirer de par les rives du monde sont un Droit poétique, c’est-à-dire : une décence qui s’élève de tous les Droits connus visant à protéger le plus précieux de nos humanités ; qu’aller-venir et dévirer sont un hommage offert à ceux vers qui l’on va, à ceux chez qui l’on passe, et que c’est une célébration de l’histoire humaine que d’honorer la terre entière de ses élans et de ses rêves. Chacun peut décider de vivre cette célébration. Chacun peut se voir un jour acculé à la vivre ou bien à la revivre. Et chacun, dans sa force d’agir, sa puissance d’exister, se doit d’en prendre le plus grand soin.

6 - Les poètes déclarent qu’en la matière des migrations individuelles ou collectives, trans-pays, trans-nations et trans-monde, aucune pénalisation ne saurait être infligée à quiconque, et pour quoi que ce soit, et qu’aucun délit de solidarité ne saurait décemment exister.

7 - Les poètes déclarent que le racisme, la xénophobie, l’indifférence à l’Autre qui vient qui passe qui souffre et qui appelle sont des indécences qui dans l’histoire des hommes n’ont ouvert la voie qu’aux exterminations, et donc que ne pas accueillir, même pour de bonnes raisons, celui qui vient qui passe qui souffre et qui appelle est un acte criminel.

8 - Les poètes déclarent qu’une politique de sécurité qui laisse mourir et qui suspend des libertés individuelles au nom de l’Ordre public contrevient au principe de Sûreté que seul peut garantir l’exercice inaliénable indivisible des Droits fondamentaux.

9 - Les poètes déclarent qu’une Constitution nationale ou supranationale qui n’anticiperait pas les procédures d’accueil de ceux qui passent qui viennent et qui appellent, contreviendrait de même manière à la Sûreté de tous.

10 - Les poètes déclarent qu’aucun réfugié, chercheur d’asile, migrant sous une nécessité, éjecté volontaire, aucun déplacé poétique, ne saurait apparaître dans un lieu de ce monde sans qu’il n’ait — non pas un visage mais tous les visages, non pas un cœur tous les cœurs, non pas une âme toutes les âmes. Qu’il incarne dès lors l’Histoire de toutes nos histoires et devient par ce fait même un symbole absolu de l’humaine dignité.

11 - Les poètes déclarent que jamais plus un homme sur cette planète n’aura à fouler une terre étrangère — toute terre lui sera native —, ni ne restera en marge d’une citoyenneté — chaque citoyenneté le touchant de ses grâces —, et que celle-ci, soucieuse de la diversité du monde, ne saurait décider des bagages et outils culturels qu’il lui plaira de choisir.

12 - Les poètes déclarent que, quelles que soient les circonstances, un enfant ne saurait naître en dehors de l’enfance ; que l’enfance est le sel de la terre, le sol de notre sol, le sang de tous les sangs, que l’enfance est donc partout chez elle, comme la respiration du vent, le salubre de l’orage, le fécond de la foudre, prioritaire en tout, plénière d’emblée et citoyenne d’office.

13 - Les poètes déclarent que la Méditerranée entière est désormais le Lieu d’un hommage à ceux qui y sont morts, qu’elle soutient de l’assise de ses rives une arche célébrante, ouverte aux vents et ouverte aux plus infimes lumières, épelant pour tous les lettres du mot accueil dans toutes les langues, dans tous les chants, et que ce mot constitue uniment l’éthique du vivre-monde.

14 - Les poètes déclarent que les frontières ne signalent qu’une partition de rythmes et de saveurs, qui n’oppose pas mais qui accorde, qui ne sépare que pour relier, qui ne distingue que pour rallier, et que dès lors aucun cerbère, aucun passeur, n’y trouvera à sévir, aucun désir n’y trouvera à souffrir.

15 - Les poètes déclarent que toute Nation est Nation-Relation, souveraine mais solidaire, offerte au soin de tous et responsable de tous sur le tapis de ses frontières.

16 – Frères migrants, qui le monde vivez, qui le vivez bien avant nous, les poètes déclarent en votre nom, que le vouloir commun contre les forces brutes se nourrira des infimes impulsions. Que l’effort est en chacun dans l’ordinaire du quotidien. Que le combat de chacun est le combat de tous. Que le bonheur de tous clignote dans l’effort et la grâce de chacun, jusqu’à nous dessiner un monde où ce qui verse et se déverse par-dessus les frontières se transforme là même, de part et d’autre des murs et de toutes les barrières, en cent fois cent fois cent millions de lucioles ! — une seule pour maintenir l'espoir à la portée de tous, les autres pour garantir l’ampleur de cette beauté contre les forces contraires. 

Paris, Genève, Rio,
Porto Alegre, Cayenne,
La  Favorite,
Décembre 2016

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La relation pédagogique à l’épreuve du verdict scolaire...

26 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

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La relation pédagogique à l’épreuve du verdict scolaire

Il est entendu que la relation Enseignants/Enseignés est conditionnée par la réussite scolaire des élèves. Les « mauvais élèves » manifestent une agressivité impuissante à l’encontre des professeurs qui n’est en fait qu’une contestation impuissante de leur place scolaire, que cette contestation provienne de la mauvaise réputation de l’établissement ou du rang qu’ils y occupent. De la contestation à la violence, il n’ y a qu’un pas comme le démontrent de nombreuses recherches : la problématique de l’échec (au sens large) et celle de la violence (au sens large) sont intimement liées. Même les phénomènes éloignés des enjeux scolaires, comme le racket, sont plus fréquents dans les classes de niveau et, évidemment, dans les classes du niveau le plus « bas ».

L’évaluation scolaire est donc porteuse de tensions potentielles. Ce qui ne signifie en aucun cas qu’il faille la supprimer mais, l’ aborder autrement, l’ utiliser autrement, l’ expliquer et la justifier seraient certainement une «valeur ajoutée », aussi bien pour les « bons » que pour les « mauvais » élèves d’ailleurs.

Au lieu de ça, le « rabaissement scolaire » est encore trop souvent utilisé:

  • passage au tableau vécu par le couple Prof/Elève comme un moment de punition, punition d’autant plus humiliante pour l’élève qu’il la vit devant ses pairs.
  • utilisation de sobriquets divers
  • rendu de copies classées en ordre décroissant avec commentaires à caractère vexatoire (Grand « classique »)
  • appréciations humiliantes dans les bulletins
  • confusions des registres entre jugement sur le travail et jugement sur la personne.

(Voir l’excellent ouvrage de P Merle, L’élève humilié. L’école, un espace de non-droit ? Paris, PUF 2005)

Le jugement scolaire est porteur d’enjeux relationnels d’autant plus délicats qu’il est dénié :

  • par l’élève d’abord, qui fait semblant d’y être indifférent ou en rajoute dans l’ostentation de la « nullité » scolaire, même si cette mise en scène cache qu’il se sent très responsable de ses résultats scolaires.
  • par l’enseignant ensuite qui trouve l’élève trop consommateur, trop « comptable », calculant sa moyenne à la décimale près, laissant de coté des matières peu « rentables » au brevet ou au BAC. (Mais les élèves n’ont-ils pas été initiés en amont depuis la 6ème, parfois avant, à ces « savants » calculs ?).
  • Et le malentendu est à son comble lorsqu’on s’aperçoit que les élèves trouvent eux aussi les enseignants trop « instrumentaux », leur reprochant de ne les juger qu’au travers de leurs notes et leurs résultats généraux.

Donc l’élève en appelle au RESPECT MUTUEL, conçu à la fois comme un critère de justice et comme une manière de le reconnaître dans sa différence et son authenticité d’adolescent. (Voir F Dubet, L’Egalité et le Mérite dans l’Ecole Démocratique, Année sociologique 2000, Numéro 50, Pages 383 à 409). Lorsque c’est le cas, mauvaises performances scolaires et bonnes relations peuvent coïncider. L’idéal serait de placer sur le même plan relations positives et exigences en termes d’apprentissages

Christophe Chartreux

Voir les recherches d’Anne Barrère, Professeur, PROFEOR (Interactions professions, éducation et orientation), Université Lille III

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Continuons de dire non à l'homophobie! Amnesty International... (Vidéo)

26 Mai 2017 , Rédigé par Amnesty International Publié dans #Education, #Homophobie

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