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Vivement l'Ecole!

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Quand le Ministre de l'Education Nationale se fourvoie gravement...

24 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Quand le Ministre de l'Education Nationale se fourvoie gravement...

Lire le JDD dimanche fut, pour moi comme pour de très nombreux enseignants/collègues, à la fois une curiosité, une série de "chocs" et un sourire.

Jean-Michel Blanquer répondait aux questions des journalistes pour évoquer, affirmait le titre, tout ce qui allait changer dans l'école à la rentrée 2017.

Rien de très nouveau à ce sujet puisque les annonces passées n'étaient que confirmées:

- division par deux des CP en REP+;

- "retour" (je tiens aux guillemets) de l'enseignement du latin/grec et des classes bilangues;

- la création du "devoirs faits" permettant aux élèves volontaires de faire leurs devoirs avant de rentrer chez eux;

- création d' "internats ruraux";

- utilisation du redoublement;

- la liberté laissée aux communes et écoles primaires de revenir à la semaine de 4 jours;

- une réflexion sur les vacances;

Et, comme le rappelle le JDD:

  • Face aux errements du système admission post-bac, le ministre promet une politique d'orientation profondément revisitée dès le début du lycée et une concertation dès l'automne sur le baccalauréat. 
  • La prime de 3.000 euros pour les professeurs allant exercer en REP+ (quartiers défavorisés) verra ses modalités définies "au cours du quinquennat".
  • Jean-Michel Blanquer veut relancer une politique volontariste des internats à la rentrée 2018, pour passer de "l'internat prison" à "l'internat liberté".
  • Les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) resteront l'objet d'une épreuve au brevet, mais avec une modulation possible des thématiques pour les établissements.

Autant d'annonces dont la traduction sur le terrain sera pour partie TRES difficile.

Je pense par exemple:

-  à la division des CP en REP+ - quels locaux? Quels personnels? A-t-on la certitude d'une quelconque efficacité de la mesure une fois ces CP passés dans des CE1 à 25 ou plus? 

- à la prime de 3000 euros pour les professeurs allant exercer en REP+ - primes qui "verra ses modalités définies au cours du quinquennat". Que de flou!

- au système "devoirs faits" dont personne ne sait par qui seront encadrés les élèves: faire des devoirs, apprendre ses leçons sont des actes pédagogiques qui ne peuvent être remplacés par une simple surveillance.

Mais les lecteurs eurent aussi droit à ces quelques déclarations qui tonnent comme autant de messages:

"L’ennemi du service public, c’est l’égalitarisme";

"Najat Vallaud-Belkacem, ce fut quand même une catastrophe";

Le ministre veut restaurer les cours de latin et de grec "chaque fois que c'est possible", ce qui est selon lui "un enjeu de civilisation";

"Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale";

Reprenons, point par point:

"L’ennemi du service public, c’est l’égalitarisme";

Le mot est une fois de plus lâché. "Egalitarisme". Un terme qui appartient au corpus des droites les plus traditionnalistes. Il faut se méfier des mots en "isme". Surtout lorsqu'un Ministre s'en sert pour accabler et dénaturer l'égalité. Car c'est bien de cela dont il s'agit.

L' "égalitarisme" est le terme trouvé par la droite, historiquement,  lui ayant permis de toujours justifier les injustices et inégalités à venir. "Donnons plus à ceux qui ont déjà plus. L' égalitarisme ne passera pas!".

Des mots d'ordre entendus chez SOS Education et dans les collectifs Racine, bras armé du Front National en matière de politique éducative.

Tristesse!

"Najat Vallaud-Belkacem, ce fut quand même une catastrophe"

Au détour de l'entretien, nous dit le JDD, Jean-Michel Blanquer glisse donc ce "tacle" à l'encontre de la Ministre qui l'a précédé. Ce n'est là que son point de vue, une prise de position idéologique fondée sur aucune étude, aucune évaluation, aucun recul lorsqu'on sait - lui le premier - qu'une réforme en matière d'éducation ne peut porter de fruits qu'après une période de cinq années minimum.

Non, le travail de Najat Vallaud-Belkacem (comme des deux autres ministres de l'éducation du quinquennat de François Hollande), n'a pas été une "catastrophe". Bien au contraire!

Certaines décisions auraient pu être prises plus tôt ou plus tard? Certaines autres auraient pu être plus ou mieux expliquées? Peut-être.

Mais au moins, avec elle, parlait-on d'EDUCATION!

Mais au moins avec elle s'est-on ENFIN penché sur le sort des plus faibles! 

Mais au moins avec elle y avait-il un réel intérêt pour les enseignants et les élèves!

Mais au moins avec elle, les inégalités étaient-elles les véritables ennemies!

(Lire à ce sujet le billet de Claude Lelievre dans Médiapart/Voir lien en bas de page)

Je n'ai pas aperçu, dans l'entretien au JDD, une ligne où il soit question d'EDUCATION. On y fait de la petite politique, on y manie un discours idéologique et l'on semble oublier que si catastrophe il y a, elle est à venir et, pire encore, a DEJA eu lieu entre 2007 et 2012, sous la présidence de Monsieur Sarkozy:

- 80 000 postes supprimés;

- mort de la formation initiale ("Prof, ce métier qui ne s'apprend pas");

- semaine de 4 jours en primaire;

Et j'en passe.

Le Directeur Général de l'Enseignement Scolaire qui mit en musique, avec zèle, cette politique de casse de l'école s'appelait... Jean-Michel Blanquer.

Pas Najat Vallaud-Belkacem!

Le ministre veut restaurer les cours de latin et de grec "chaque fois que c'est possible", ce qui est selon lui "un enjeu de civilisation".

Le "retour" de l'enseignement du latin/grec (qui n'a pas disparu. Il suffit pour cela de se rendre sur le terrain) est donc placé par le Ministre sous le signe d'un "enjeu de civilisation". Et il ajoute:

"Nous ne venons pas de nulle part. Nos racines sont gréco-latines".

Je ne vais pas ici, par manque de place et de temps, mais aussi je l'avoue, par immense lassitude, revenir trop lourdement sur ces affirmations. Elles sont tout simplement fausses, historiquement. Fausses par l'emploi du "Nos". J'imagine mes collègues et moi-même affirmant "nos" racines gréco-latines devant des classes composées d'élèves très surpris de l'apprendre car absolument pas "gréco-latins".

Quant à l'utilisation du mot "civilisation", il illustre lui aussi, comme l' "égalitarisme", l'idéologie véhiculée par les officines de droite et d'extrême droite, dont "Sens Commun" entre autres. D'après Jean-Michel Blanquer, hors le latin-grec, "preuve" irréfutable de civilisation - concept TRES large et affirmation discutable - hors ces racines-là, il n'y aurait que le "nulle part".

C'est tout simplement gravissime!

"Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale"

Cette dernière affirmation pourrait sembler anecdotique, voire ridicule et appartenant au registre de Gala et de la presse people en général.

Sauf qu'elle est tenue dans un média connu par un Ministre de la République.

Brigitte Macron n'est ici absolument pas en cause. Je la suppose d'ailleurs davantage gênée que flattée par la sortie étonnante de Monsieur Blanquer.

Que nous dit la phrase du ministre? Rien au sujet de la personne citée. Beaucoup au sujet de ce qu'elle incarne dans l'esprit du locataire de la Rue de Grenelle.

Madame Macron a été enseignante, sans doute excellente - je n'en sais strictement rien - et a accompli toute sa carrière dans l'enseignement privé. Ce qui, en soi, n'a rien d'un crime.

Mais Madame Macron est aujourd'hui "première dame" et Monsieur Blanquer est aujourd'hui Ministre de l'Education Nationale. La parole de ce dernier n'est pas, n'est jamais neutre. Si le Ministre choisit de citer en exemple la "première dame" et d'en faire un "exemple" pour tous les enseignants de France, il va falloir que cette désignation soit motivée. En quoi Madame Macron est-elle cet "exemple"?

J'attends avec impatience - car il serait criminel de nous priver des compétences supposées d'une telle enseignante désignée comme "exemplaire" - les conférences pédagogiques que le Ministre ne manquera pas d'organiser et au cours desquelles les enseignants en exercice pourront bénéficier des "leçons" que Madame Macron viendra dispenser pour le bien de tous les élèves de France, de Navarre et du lointain...

Christophe Chartreux

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Coup de coeur... La Fontaine...

23 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Education

Coup de coeur... La Fontaine...

"Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale"

Jean-Michel Blanquer, Ministre de l'Education Nationale, JDD 23/07/2017

                              _________________________________________

LE CORBEAU ET LE RENARD

       Maître Corbeau, sur un arbre perché,
           Tenait en son bec un fromage.
       Maître Renard, par l'odeur alléché,
           Lui tint à peu près ce langage :
       Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
    Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
           Sans mentir, si votre ramage
           Se rapporte à votre plumage,
     Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie,
           Et pour montrer sa belle voix,
   Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
   Le Renard s'en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
              Apprenez que tout flatteur
     Vit aux dépens de celui qui l'écoute.

   Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.
           Le Corbeau honteux et confus
   Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

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Sélection à l'entrée de l'université - APB n'est pas le problème...

22 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Sélection à l'entrée de l'université - APB n'est pas le problème...

APB est depuis quelques mois la cible de celles et ceux favorables à une "sélection" à l'entrée de l'Université. Sous quelque forme que ce soit.

Ceux-là, sous prétexte d'empêcher les échecs dès la première année à l'université, souhaitent instituer des "pré-requis" (qui dans certaines filières existent déjà sans interdire le moins du monde les abandons dès la première année).

Cette solution est certainement la plus paresseuse et surtout celle qui, en des temps où l'obligation de faire des économies est particulièrement prégnante, permettra au gouvernement de dépenser le moins possible, notamment en ressources humaines supplémentaires. Oubliant, comme souvent, qu'en matière d'éducation, un euro dépensé est d'abord un investissement.

Oubliant que d'autres filières, pourtant très sélectives, connaissent aussi - sans qu'on n'en parle jamais - ce phénomène d'abandon précoce. Je pense aux classes préparatoires aux grandes écoles.

Ce n'est pas l'outil APB qui crée, en amont, des élèves fragilisés par des orientations souvent plus imposées que choisies, entraînant de fait des inscriptions dans des filières ne correspondant pas aux attentes ni au niveau pour des étudiants très rapidement... "désorientés".

Ce n'est pas l'outil APB qui crée, en aval, l'engorgement des filières "sur-demandées".

En revanche, c'est bien un choix politique délibéré qui, par la seule instauration d'une sélection, veut interdire l'accés des études supérieures à des bacheliers presque considérés comme indignes et encombrants: bacheliers technologiques et bacheliers professionnels. L'immense majorité appartenant à des classes sociales moyennes et défavorisées.

Depuis des années, d'autres choix sont faits, souvent imposés aux gouvernements successifs, par les universités elles-mêmes:

- pas de créations de postes d'enseignants;

- restriction des effectifs des premiers cycles post-bac;

- pas d'investissement dans le renouvellement des locaux. Encore moins dans la création.

APB semble donc être un prétexte fort utile à celles et ceux ne souhaitant pas s'engager dans une politique d'investissements destinés à rendre à l'université française ses "habits" historiques. Ceux qui faisaient d'elle la dispensatrice d'une culture générale de très haut niveau appuyée sur un esprit critique tellement nécessaire dans une société dite "de la connaissance".

Enfin, rappelons avec Sophie Orange et Romuald Bodin - L'Université n'est pas en crise. Les transformations de l'enseignement supérieur: enjeux et idées reçues. Ed Le Croquant, Paris 2013 - que le taux d'abandon en premier cycle est très ancien, qu'il remonte au milieu du XXe siècle et qu'il est stable: environ 30%.

La France, comme tous les pays, développés ou pas, a un besoin pressant de professionnels diplômés. Plus la base sera importante en effectifs, plus nos élites seront faciles à former.

Restreindre l'accès à l'université et ne croire qu'en cette seule solution sans en imaginer d'autres, sans même s'en donner les moyens, c'est prendre le risque de voir notre pays, 5e puissance mondiale, se priver de ces élites indispensables.

Christophe Chartreux

Cette réflexion m'est inspirée:

- par le livre cité

- par les propos de Sophie Orange recueillis dans Le Monde, page 27 en date du 21 juillet 2017

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Semaine de quatre jours à l’école : « Les parents ont préféré leur confort à celui de leurs enfants »...

21 Juillet 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Semaine de quatre jours à l’école : « Les parents ont préféré leur confort à celui de leurs enfants »...

EXTRAITS

(...)

Le Monde.fr a demandé aux parents concernés par ce nouveau changement de témoigner. Les opposants à la semaine de quatre jours, les plus nombreux à avoir apporté leurs témoignages, mettent en avant un intérêt de l’enfant remisé aux oubliettes et les problèmes d’organisation et de garde le mercredi.

« Des enfants sacrifiés au bénéfice des adultes », dénonce Pierre M., père d’une fillette en CM1. « Pourquoi un enfant serait-il moins fatigué quand il apprend sur quatre jours au lieu de cinq, quand le nombre d’heures d’apprentissage par jour est plus important ? », questionne-t-il.

(...) Maguy P., retraitée et grand-mère :

« A quoi ont servi tous les conseils des chronobiologistes préconisant des apprentissages sur cinq matinées, avec des après-midi allégés en activités et en temps passé à l’école ? (…) Les parents de ma petite-fille travaillent : le mercredi, ce sera donc centre de loisirs (qui n’est rien d’autre, ici, qu’une garderie) ou longue journée avec grands-parents un peu fatigués. »

Marc V., dont les enfants de 8 et 9 ans retournent à la semaine de quatre jours à la rentrée, renchérit :

« J’ai le sentiment que les parents ont préféré leur confort personnel à celui de leurs enfants. Certes, la semaine de quatre jours et demi nécessitait une organisation particulière. (…) Mais au moins, l’étalement des horaires offrait aux enfants un temps de repos que maintenant ils auront beaucoup moins ».

(...)

Nine S., maman de deux petites filles, pointe le problème de garderie le mercredi dans sa commune où la semaine de quatre jours va être réinstaurée à la rentrée et déplore « des journées beaucoup trop longues » pour les enfants :

« Le problème est, et reste, pour les parents qui travaillent, la garde des enfants le mercredi. Et, dans notre commune, rien n’est fait pour les parents qui travaillent… La municipalité propose le mercredi une garderie de 7 heures à 9 heures, puis le centre aéré de 9 heures à 12 h 15 et de 13 h 30 à 18 heures, mais rien entre 12 h 15 et 13 h 30 ! Le maire nous explique, en effet, que mettre en place la cantine coûterait trop cher, car il doit faire face à la diminution des dotations de l’Etat. C’est donc aux parents de pallier cette non-continuité de service. »

(...)

Florence C., déléguée de parents d’élèves, favorable au maintien de la semaine de quatre jours et demi et pour laquelle « les APS [activités physiques et sportives] dont bénéficiaient nos enfants étaient de qualité et coordonnées avec le corps enseignant ». Elle déplore que la communauté de communes (CDC) dont elle dépend :

« ait engagé un recours contre la décision de maintenir la semaine de quatre jours et demi contre l’avis du conseil d’école qui était unanime pour protéger l’intérêt des enfants et en accord avec le corps enseignant. L’académie a fait droit au recours de la CDC en validant le retour à la semaine de quatre jours le 11 juillet ».

(...)

Les parents favorables au retour à la semaine de quatre jours sont ceux qui ont pu prendre leurs dispositions et ne pas travailler le mercredi. « J’ai la chance de ne plus travailler le mercredi matin l’année prochaine, j’ai pris un 80 % pour pouvoir profiter de mes enfants, écrit Clément M. Ravi de pouvoir permettre à mon fils d’évoluer à un autre rythme le mercredi matin. (…) Nous récupérons aussi le mardi soir sans stress du lendemain… »

(...)

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Semaine de 4 jours - A raison de 6h par jour en école primaire, où placer les APC?...

21 Juillet 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Pédagogie

Semaine de 4 jours - A raison de 6h par jour en école primaire, où placer les APC?...

EXTRAIT

(...)

1- En quoi consiste ce nouveau changement ?

C’était une des promesses d’Emmanuel Macron durant sa campagne : laisser « plus de liberté » aux communes en leur laissant le choix de revenir à la semaine de quatre jours. La réforme Peillon, en vigueur depuis 2013 et qui fixe les bases de la semaine de quatre jours et demi, n’est donc pas abrogée. Les communes sont libres d’organiser la semaine scolaire comme elles le souhaitent, sur une base de quatre jours ou quatre jours et demi.

Cette nouvelle organisation résulte d’un décret publié au Journal officiel le 28 juin, qui instaure une dérogation permettant à une école maternelle ou élémentaire de revenir à la semaine de quatre jours si elle le souhaite, et ce dès septembre 2017.

Le décret pose cependant plusieurs limites, précisant que cette dérogation ne doit pas avoir pour effet :

« de répartir les enseignements sur moins de huit demi-journées par semaine,
ni d’organiser les heures d’enseignement sur plus de vingt-quatre heures hebdomadaires,
ni sur plus de six heures par jour et trois heures trente par demi-journée,*
ni de réduire ou d’augmenter sur une année scolaire le nombre d’heures d’enseignement ni de modifier leur répartition. »

2. Comment s’opère cette dérogation ?

  • Le passage à la semaine de quatre jours émane d’une entente entre les différents acteurs locaux : commune ou établissement public de coopération intercommunale, conseils d’école et inspecteur de l’éducation nationale de circonscription.
  • Ces différents acteurs locaux saisissent ensuite conjointement les services départementaux de l’éducation nationale pour leur proposer une nouvelle organisation du temps scolaire.
  • Dans chaque département, la demande est ensuite examinée par le directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen), qui vérifie l’application de plusieurs règles, notamment le respect des heures d’enseignement par semaine, par journée et par demi-journée. Avant de valider le passage à la semaine de quatre jours, le Dasen doit enfin « consulter la collectivité territoriale compétente en matière de transport scolaire ainsi que le conseil départemental de l’éducation nationale. »

A la discrétion du Dasen, la décision peut s’appliquer « dans toutes les écoles de la commune (…) quand une majorité des conseils d’école s’est exprimée en sa faveur ».

(...)

Clément Le Foll

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

* Interdiction d'organiser les enseignements sur sur plus de six heures par jour et trois heures trente par demi-journée

Donc se pose une question (qui ne concerne que les écoles revenues à 4j/Semaine):

Comment les professeurs d'école pourront-ils dispenser les 36h/année d'APC destinées aux élèves en difficultés?

Si l'APC est placée sur une des quatre journées (Lundi/Mardi/Jeudi/Vendredi), elle s'ajoute aux six heures quotidiennes.

Or il est interdit de dépasser 6h/jour.

Reste le mercredi matin... Mais ça...

Christophe Chartreux

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Rythmes scolaires : le grand retour en arrière...

21 Juillet 2017 , Rédigé par Parti Socialiste Publié dans #Education, #Politique

Rythmes scolaires : le grand retour en arrière...

C’est le premier revers de la Contre-réforme Blanquer : en dépit d’un décret taillé sur mesure, seul un quart des élèves de France reviendra à la semaine de 4 jours à la rentrée prochaine.

C’est un échec pour le ministre de l’éducation nationale qui avait choisi d’imposer ce décret sans évaluation, concertation ou discussion parlementaire et sans jamais faire la preuve du bénéfice pour les élèves de ce retour en arrière. Trop souvent, ce n’est donc pas l’intérêt de l’enfant qui a primé mais bien celui de certains adultes et de municipalités, très majoritairement de droite, trop contentes de faire des économies dans le budget de leurs activités périscolaires.

Le Parti socialiste s’inquiète des conséquences de la mise en oeuvre de ce décret. La France devient en effet le seul pays européens à infliger à ses élèves des journées aussi nombreuses et aussi longues alors qu’on sait qu’elles encouragent l’échec scolaire, en particulier des enfants issus de milieux défavorisés.

Elle prive concrètement les élèves et les enseignants d’une demi-journée d’enseignement, détricote le cadre national de la journée scolaire, et accentue les inégalités territoriales que le Président de la République, la veille, appelait pourtant à résorber. A la rentrée, dans de nombreuses communes, des milliers d’enfants ne pourront plus pratiquer d’activités artistiques et culturelles et les intervenants seront réduits au chômage.

Le Parti socialiste exhorte le gouvernement à ne pas supprimer l’aide de l’Etat aux communes qui souhaitent poursuivre la semaine de 4,5 jours afin que leur choix ne soit pas dicté par les coupes budgétaires imposées par la rue de Grenelle mais par leur seul souci de faire réussir tous les élèves.

Colombe BROSSEL

Secrétaire nationale à l'Éducation et à la formation, et vice-présidente du Conseil national

Yannick TRIGANCE

Secrétaire national adjoint à l'éducation et aux lycées professionnels

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Films de prof - Films sur l'école...

20 Juillet 2017 , Rédigé par SensCritique Publié dans #Education, #Cinéma

Films de prof - Films sur l'école...

Exerçant le "Plus beau métier du monde", emploi parfois difficile mais souvent passionnant, je me sens forcément concerné par l'oeil que peuvent avoir certains réalisateurs sur mon métier mais aussi sur l'école, l'éducation, que ce soit sous l'aspect humoristique (Bad teacher, le maitre d'école...), documentaire (Etre et avoir, Entre les murs d'un certain côté...) ou biographique (Ecrire pour exister par exemple).

Cela concerne aussi tous les horizons : français ou américains souvent mais aussi italien, chinois ou encore allemand.

Toute aide est la bienvenue.

Mes autres listes ou j'ai besoin d'aide aussi :
http://www.senscritique.com/liste/Histoire_vraie_tiree_de_faits_reels/70122
http://www.senscritique.com/liste/Films_d_histoire_historiques/59399

Merci à Aurea tout particulièrement pour toute son aide et à tous les autres également ;)

Ici les films que j'ai passés à mes (heureux) élèves :
http://www.senscritique.com/liste/Films_passes_a_mes_eleves/177459

                       ____________________________________________________

Le Cercle des poètes disparus (1989

Detachment (2012)

Le Maître d'école (1981)

Half Nelson (2007)

Le plus beau métier du monde (1996)

La Journée de la jupe (2009)

Entre les murs (2008)

Esprits rebelles (1995)

Et des dizaines d'autres en cliquant ci-dessous

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Quatre jours par semaine à l'école... Et si l'on commençait par parler du qualitatif?... (+ commentaire)

20 Juillet 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Pédagogie

Quatre jours par semaine à l'école... Et si l'on commençait par parler du qualitatif?... (+ commentaire)

Rythmes scolaires : la semaine de quatre jours est-elle une exception française ?

En France, près de 37 % des communes ont choisi de supprimer dès la rentrée la demi-journée supplémentaire de classe. Ce qui revient à passer à nouveau la semaine de quatre jours.

Comme l’avait promis Emmanuel Macron, les communes ont fixé le nombre de jours passés en classe par leurs élèves. Près de 37% d’entre elles ont choisi de repasser à la semaine de quatre jours à la rentrée, contre quatre jours et demi jusqu’à cette année. En 2008, Xavier Darcos avait supprimé la matinée du mercredi (ou du samedi) des emplois du temps des écoliers, mais Vincent Peillon l’avait rétablie en 2013. Notre pays est-il le seul à avoir fait ce choix ?

Les chiffres de l’OCDE montrent que oui, la France est bien une exception. La semaine de quatre jours n’est en vigueur dans aucun autre pays européen. Si on élargit à l’OCDE, le constat est le même. Tous les pays ont en moyenne cinq jours de classe, sauf Israël qui en a six.

Cependant, il n’existerait pas d’enquête permettant de réellement comparer l’organisation de la semaine dans les pays développés. Les chiffres de l’OCDE résultent en fait de la division du nombre de jours d’école par le nombre de semaines scolaires, ce qui «permet de dégager un modèle dominant, qui est celui d’une semaine scolaire de 5 jours pleins», précise une note écrite du gouvernement datant de 2012. A cette époque, la France était déjà le seul pays à avoir fait le choix de la semaine de quatre jours. Depuis, la situation internationale n’a pas beaucoup changé.

«Regarder le nombre de jours d’école par semaine de classe ne permet pas vraiment d’avoir un aperçu de la durée d’enseignement que reçoivent les élèves. Les horaires ne sont pas les mêmes et il y a également une grande variabilité de la durée des vacances scolaires en fonction des pays», avertit Lorène Prigent, consultante en développement des systèmes éducatifs et conseillère scientifique de l’Institut européen d’éducation et de politique sociale (IEEPS).

Une réalité plus complexe

Il faut aussi préciser que «dans de nombreux pays, comme la Finlande, l’enseignement est une compétence partagée avec les collectivités, et variable d’une école à l’autre», indique Lorène Prigent. Au Danemark et en Italie, les rythmes scolaires font l’objet de recommandations ou de cadrages nationaux. En Italie, les instances régionales peuvent ensuite les adapter, tandis qu’au Danemark, ce sont les établissements eux-mêmes. En Allemagne, chaque Land décide de son calendrier scolaire et les semaines peuvent être étalées sur 5 à 6 jours. En Pologne aussi, certaines régions ou municipalités ont opté pour les 6 journées de classe. «Mais cela ne modifie pas le nombre d’heures d’enseignement sur la semaine», précise la note du gouvernement.

Autre nuance concernant les chiffres de l’OCDE : dans presque tous les pays européens, les élèves vont bien à l’école toute la journée, et ce tous les jours sauf le week-end. Mais l’Allemagne, le Danemark, la Hongrie, l’Autriche ou encore certaines communautés consacrent l’après-midi à des activités sportives ou aux loisirs.

Le nombre de jours par semaine paraît donc uniforme à première vue, mais il recouvre des réalités différentes. Reste que la France cultive sa différence au niveau quantitatif. Or, selon Lorène Prigent, cela ne contribuerait pas à combler les failles de notre système éducatif. «Le débat se concentre exclusivement sur la quantité, c’est-à-dire les jours de classe par semaine, et empêche de parler de l’essentiel. A savoir que nous avons un vrai problème de qualité des enseignements en classe, regrette-t-elle. La dernière enquête internationale TIMMS sur les sciences en CM1 place la France en dernière position pour les mathématiques parmi l’ensemble des pays de l’OCDE. D’ailleurs, l’évaluation produite par la direction de l’évaluation du ministère de l’Education ainsi que celle de l’inspection générale montrent que les effets pédagogiques de l’ajout d’une matinée sont limités, à la fois sur les apprentissages des élèves et sur les pratiques des enseignants. Donc réfléchir sur du quantitatif pourquoi pas, mais cela doit venir dans un second temps.»

Margaux Lacroux             

Commentaire

"D’ailleurs, l’évaluation produite par la direction de l’évaluation du ministère de l’Education ainsi que celle de l’inspection générale montrent que les effets pédagogiques de l’ajout d’une matinée sont limités, à la fois sur les apprentissages des élèves et sur les pratiques des enseignants."

Effets limités en effet puisque le "monde enseignant" éprouve, pour de multiples raisons que je ne développerai pas ici, des difficultés à modifier ses pratiques. Des siècles d'habitudes ont enkysté une profession pourtant très souvent inventive mais insuffisamment encouragée à innover.  

Personne n'a d'ailleurs jamais affirmé que la semaine de 4,5 jours était à elle seule capable de résoudre les problèmes des élèves en difficultés.

En revanche, il est certain que celle de quatre jours avec les mêmes programmes et les mêmes pratiques n'est d'aucun secours pour ces mêmes élèves et accroît les inégalités.

Enfin, concernant la "semaine de quatre jours", rappelons que:

- l'Inspection Générale;

- l'Institut Montaigne;

- un rapport parlementaire;

- l'ensemble des syndicats et des fédérations de parents (appel de Bobigny);

- l'Académie de médecine

ont TOUS condamné cette organisation hebdomadaire, ou l'ont a minima fortement déconseillée tout en encourageant une réforme des pratiques et de la formation continue.

Christophe Chartreux

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Université - APB n'est pas coupable Mr Macron! Soyez inventif et entreprenant!...

18 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #APB

Université - APB n'est pas coupable Mr Macron! Soyez inventif et entreprenant!...

APB... Admission Post Bac... Ce cauchemar! Ce paria! Cet outil cause de tous les maux, de toutes les angoisses des nouveaux bacheliers et de leurs parents! Tout, absolument tout est de sa faute! Si Mathilde ou Pierre n'obtiennent pas la faculté de leur choix  - ce qui est évidemment inadmissible! - l'accusé qui doit se lever pour écouter sa condamnation à mort, c'est APB! Seulement APB! Toujours APB!

Or, l'OUTIL APB n'est en aucun cas l'enjeu. Ce dernier est ailleurs et tient en une question:

Veut-on continuer à ouvrir des places dans l'enseignement supérieur public ?

La démographie très forte (cette année et surtout l'an prochain) et la nécessaire élévation du niveau de qualification de la jeunesse voudraient que la réponse soit oui.

Mais dans les faits, Emmanuel Macron et le Gouvernement répondent par la négative:

- en diminuant de 336 millions le budget de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, contrairement aux promesses de campagne;

- en se préparant à instaurer la sélection et la hausse des frais d'inscription à l'entrée de l'université.

C'est à dire à créer en France cet ersatz de "modèle" nord-américain que le Président nouvellement élu admire.

Ces solutions sont signes de paresse, de faiblesse. Plutôt qu'imaginer et mettre en place les outils nécessaires au bon accueil des étudiants, nécessaires à leur éducabilité car on est éducable à tous les âges de la vie, le Gouvernement choisit de froncer les sourcils devant l'afflux de futurs diplômés possibles.

Ces diplômés potentiels absolument nécessaires à la France, 5e puissance mondiale, pour assurer son avenir appuyé sur des métiers exigeant de hauts niveaux de qualification, ne peuvent pas, ne doivent pas être mis de côté:

- ni par un tirage au sort;

- ni par une sélection/solution de facilité.

Sélection qui ne dit pas ce que deviendront les milliers d'éliminés n'ayant pour bagage que le seul Bac dont on sait qu'il n'est pas un viatique suffisant pour espérer une entrée facile dans la vie professionnelle.

Le candidat Macron encourageait les français à avoir de l'imagination, à entreprendre, à créer, à oser.

Alors que le Président Macron applique ses conseils à lui-même et exige de son gouvernement qu'il soit courageux:

"Créez! Imaginez! Osez! Soyez inventifs et originaux!

Avec la condamnation d'APB - qui n'est pas à l'origine du manque de places à l'Université - et l'ouverture d'une sélection, vous vous enkystez dans le vieux monde!"

Voilà ce que nous aimerions entendre...

Christophe Chartreux

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« Les solutions que propose le ministre de l’Education me font peur »...

12 Juillet 2017 , Rédigé par Street Vox Publié dans #Education, #Pédagogie, #Histoire

« Les solutions que propose le ministre de l’Education me font peur »...

EXTRAIT

par Laurence de Cock, docteure en Sciences de l’éduc. Cette prof d’Histoire en région parisienne dans le secondaire a cofondé le collectif Aggiornamento pour réfléchir à l’enseignement de l’histoire et aux politiques qui touchent à l’éducation.

On a causé pédagogie, enseignement du fait colonial et patriotisme à l’école avec Laurence de Cock docteur en sciences de l’éduc et prof d’histoire.

Jean Michel Blanquer a été nommé ministre de l’Éducation par Emmanuel Macron. Quelle est sa vision de l’école ?

C’est compliqué. D’abord, parce qu’il faut être juste, Blanquer, qui est en poste dans l’institution depuis 20 ans a un vrai amour de l’école. Il est soucieux de la réussite des élèves et de remédier aux 40% des gamins qui savent mal ou ne savent pas lire après la primaire.

Mais les solutions qu’il propose me font peur. C’est un farouche défenseur voire un croyant du modèle de l’entrepreneuriat et de la réussite individuelle. Y compris par la stimulation de la concurrence. Il a été président de l’Essec, ce n’est pas anodin.

D’un côté, il prône un discours de liberté en disant qu’il faut donner une plus grande marge de manœuvre aux établissements et aux enseignants. Mais cette liberté va être contrôlée de très près via des évaluations, qu’il affectionne particulièrement.

Par exemple, il a annoncé le retour des évaluations nationales à l’école primaire. Ce tout-évaluation me semble particulièrement dangereux. Cela va accélérer le processus de classement des établissements à toutes les échelles, nationales, internationales et européennes. On a déjà une école championne des inégalités en France. Avec Blanquer, ça risque d’empirer.

C’est aussi un fervent méritocrate, ce qui veut dire qu’il considère qu’à partir du moment où toutes les chances sont données aux élèves pour réussir, il n’y a pas de raisons qu’ils échouent. Mais que vont devenir ceux qui échouent ?

C’est une vraie question, à laquelle le précédent ministère a tenté de répondre, en voulant supprimer le redoublement par exemple, dont les études prouvent qu’il n’aide quasiment aucun élève. Mais il n’a malheureusement pas eu le temps d’aller au bout.

Pourtant, Blanquer prône l’innovation pédagogique. Il souhaite expérimenter. Il apparaît comme étant plutôt moderne.

En effet, Blanquer est un défenseur de l’utilisation des sciences cognitives dans l’apprentissage [il a mis en place une expérimentation de ce type à l’Essec]. Pour lui, toutes les expériences d’éducation, à partir du moment où elles amènent à la réussite, sont bonnes à prendre.

Par exemple, il peut défendre l’utilisation de pédagogies inspirées par la méthode Montessori. Il a financé celle de Céline Alvarez (link is external) quand il était directeur de l’enseignement scolaire, c’est-à-dire bras droit du ministre, sous Nicolas Sarkozy. Alors, pourquoi pas.

Mais il faut ajouter que notre ministre n’est pas un farouche défenseur du service public. Le grand risque pour moi est que l’école prenne un tournant néo-libéral.

Que des expérimentations financées par le privé, donc des acteurs dont l’intérêt des enfants n’est pas la priorité, puissent entrer dans des classes. Avec probablement un virage numérique spectaculaire. Tout ça pose un problème de fond sur la définition et le rôle de l’Etat dans l’éducation, qui serait sérieusement mise en péril.

(...)

Propos recueillis par Alice Maruani

Suite et fin à retrouver en cliquant ci-dessous

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