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Vivement l'Ecole!

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Le grand complot des livres d'histoire contre les femmes...

17 Septembre 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Femme

Les tribulations des femmes à travers l'Histoire - De la Révolution à la  Belle Époque : la grande régression - Herodote.net

EXTRAITS

Pourquoi l'évolution des places respectives des femmes et des hommes dans la société ne mériterait-elle pas d'être enseignée?

Après des mois de travail dans le cadre de mon nouveau livre, je suis en mesure de vous annoncer un scoop: les femmes n'existent pas. En tout cas d'après les programmes d'histoire de l'Éducation nationale.

C'est même pire.

De façon contre-intuitive quand on voit l'évolution actuelle de la société, la place des femmes dans les nouveaux programmes d'histoire est en régression par rapport aux précédents. Comme le soulignent les historiennes Véronique Garrigues et Julie Pilorget«Aujourd'hui, avec les nouveaux programmes de collège et de lycée, on constate un nouveau recul de la présence des femmes dans l'histoire enseignée, et les enseignements de spécialité font avant tout la promotion d'un “roman national” tourné vers les faits militaires et les événements politiques.»

Il faut dire que, pendant longtemps, cette absence a été facile à justifier. On pensait que les femmes, cantonnées aux travaux domestiques et à la maternité, n'avaient pas eu les possibilités matérielles de participer à l'histoire. Mais la recherche a montré qu'il s'agissait d'un mythe. Il porte même un nom, «le mythe de la femme empêchée». En réalité, tant qu'on postulait que les femmes n'avaient rien fait, et donc qu'on ne les cherchait pas, elles restaient invisibles. Du moment où l'on a commencé à chercher les femmes dans les sources, on les a trouvées: des femmes peintressculptricescompositrices, des reines, des chevaleressesdes femmes soldatsdes femmes bâtisseuses de cathédrales au Moyen Àge. Et encore plus étonnant: nombre de ces femmes ont rencontré un grand succès à leur époque.

(...)

Rétablir la vérité

Je repense avec une certaine colère à mes cours au lycée sur la démocratie athénienne ou la révolution française. Chaque fois, le fait que les femmes aient été exclues de cette citoyenneté était présenté par les profs, et dans les manuels, comme un détail. Un truc pas très important. On le mentionnait en passant, pour évacuer le sujet.

En vérité, considérer que l'exclusion des femmes est un détail historique et ne mérite pas la première place, c'est clairement dire que les femmes elles-mêmes sont accessoires, secondaires. Anecdotiques.

Il s'agirait de rétablir des vérités historiques qui ont été masquées par des préjugés sexistes que les programmes d'histoire reproduisent.

Et cela, c'est une décision politique. Une décision qui devrait paraître insupportable à tout le monde, pas seulement aux femmes. Parce que, messieurs, ce sont aussi vos ancêtres qui ont été effacées, c'est la moitié de votre arbre généalogique sur lequel on tire un trait.

(...)

Cet été, j'ai lu cette phrase dans Le Carnet d'or de Doris Lessing (romancière qui a eu le prix Nobel et qui pourrait facilement à son tour tomber dans l'oubli). C'est sa psychanalyste qui s'adresse à l'héroïne: «En quoi êtes-vous différente? Voulez-vous dire qu'il n'y a jamais eu de femmes artistes? Qu'il n'y a jamais eu de femmes indépendantes? Qu'il n'y a jamais eu de femmes qui réclament leur liberté sexuelle? Je vais vous dire: une immense file de femmes s'étend derrière vous, dans le passé, et il faut que vous les cherchiez, que vous les trouviez en vous-même, et que vous preniez conscience d'elles.» Cela date de 1962.

Bref, Les grandes oubliées sort cette semaine aux éditions de l'Iconoclaste, avec une merveilleuse préface de Michelle Perrot, et j'en suis fière.

Titiou Lecoq

Texte complet à lire en cliquant ci-dessous

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Gérard Garouste : "L'art apprend la liberté aux enfants"

17 Septembre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Art, #Education

Rencontre avec le peintre Gérard Garouste pour les 30 ans de son association La Source, qui vise à aider les jeunes en difficulté via l’expression artistique.

Notre invité ce matin est un "intranquille", en référence à ce livre paru en 2009 aux éditions de l'Iconoclaste. Son oeuvre et son engagement continue de nous inspirer. 

A l'occasion du 30e anniversaire de l'association La Source, née à Guéroulde, dans l'Eure, rencontre avec le peintre Gérard Garouste qui a fondé cette association il y a trente ans, avec son épouse Elisabeth Garouste, dans le but d'aider l'enfance en difficulté.

En tant qu'artiste, nous nous sommes dit que nous pouvions faire quelque chose pour ces enfants en difficulté. L'art n'est pas simplement une distraction. L'art est nécessaire pour construire un enfant, construire son sens de la liberté et de la responsabilité. 

Ces enfants qui viennent de milieux difficiles ont besoin d'une structure. De ce point de vue, l'éducateur et artiste forment un très beau couple pour agir sur l'enfant. (...) Tous les enfants sont des artistes. En vieillissant, ils perdent ce don : les artistes sont simplement des enfants qui ont oublié de grandir. 

J'ai moi-même été dans un échec familial. On m'a envoyé en Bourgogne pour m'éloigner de mes parents, où j'ai vécu avec des enfants de l'Assistance publique. J'ai donc connu leurs problèmes, leur douleur. Une fois adulte, je me suis dit : 'Maintenant que je suis grand, il est temps que je fasse quelque chose". 

Pour aller plus loin : 

  • Tout savoir sur l'Association La Source
  • Une exposition, à l'occasion des 30 ans de La Source, se tiendra sur l'esplanade du Trocadéro à partir du 22 septembre
  • Vraiment peindre, de Gérard Garouste, est paru au Seuil en 2021
  • L'Intranquille est paru aux éditions L'Iconoclaste
  • A écouter ici, le documentaire Sur les docks "A la source", signé Elise Andrieu et Christine Robert

Caroline Broué

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Plusieurs médias crient au dénigrement et aux insultes généralisés des élèves de sixième... Ce qu’infirment de nombreux acteurs de terrain.

17 Septembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

https://images.bfmtv.com/9JaeNKR_ejHF6s0mV2BDyQXFxQs=/0x0:1280x720/1280x0/images/Anti2010-des-collegiens-de-6e-cibles-par-une-campagne-de-harcelement-en-ligne-1129658.jpg

Plusieurs médias crient au dénigrement et aux insultes généralisés des élèves de sixième, ce qu’infirment de nombreux acteurs de terrain. Ces derniers y voient toutefois l’occasion de sensibiliser sur le sujet.

Serait-ce l’histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours ? Ou du journaliste qui a vu le journaliste qui a vu le hashtag ? A lire la presse, les élèves nés en 2010 vivent un enfer. La faute à TikTok, où des vidéos «anti 2010» pullulent, qui invitent à s’en prendre aux élèves actuellement en sixième. La FCPE, principale fédération de parents d’élèves, a même fait un communiqué titré «Les enfants de 2010 sont devenus une cible : la FCPE demande au gouvernement d’agir en urgence !» Si des vidéos dénigrant, insultant voire menaçant les jeunes de 11 ans existent bien, la plupart des spécialistes du harcèlement contactés par nos soins sont bien en peine de parler d’un véritable problème de masse.

«Tous les collégiens qu’on rencontre sont tout à fait au courant de ce phénomène, affirme la directrice générale de e-Enfance, Justine Atlan. Après, ça n’a pas la même gravité qu’un harcèlement personnalisé puisque justement c’est un harcèlement très massif, qui touche une classe d’âge. Je n’ai aucune intention de tirer une sonnette d’alarme pour dire que c’est très grave.» Au 119, le numéro de l’enfance en danger, on n’est pas au courant dudit phénomène, si ce n’est via les articles de presse parus. «Je ne vois pas du tout de quoi on parle, nous répond quant à lui Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du syndicat majoritaire chez les chefs d’établissement, le SNPDEN-Unsa, par ailleurs père d’une fille née en 2010. Hier, on était en conférence nationale, donc on était quand même 70, et on était incapables de trouver un collègue qui avait entendu parler du sujet.»

«Je ne ferai pas peur aux gens»

Du côté de l’association les Papillons, qui installe des boîtes aux lettres dans les écoles afin que les élèves y postent le récit de leurs souffrances, «on a récupéré, mardi dans un collège, un mot d’enfant qui nous parlait de ce hashtag, “né en 2010”, en disant qu’il commençait à subir des incivilités, raconte le fondateur de l’asso, Laurent Boyet. On lui disait “t’es bien un 2010 pour t’habiller comme ça”, “t’es un 2010, tu joues pas au foot avec nous”. On ne sentait pas dans son mot un malaise trop fort mais un énervement, un agacement.» Pour autant, «je n’ai pas du tout de vague d’enfants de sixième déprimés parce que nés en 2010. Si vraiment tous les collégiens entrés en sixième y étaient soumis, ils nous l’écriraient.»

L’association Marion la main tendue organisait justement jeudi soir une réunion avec des parents d’élèves pour parler, entre autres, de ce harcèlement pesant sur «les 2010». «Les parents ont été alertés par la presse», note la présidente Nora Tirane Fraisse. L’association, elle, n’a rien constaté de particulier. «Je n’ai pas de chiffres disant que tous les collèges sont en feu. Tant que je n’ai pas de données, je ne ferai pas peur aux gens», rétorque Nora Tirane Fraisse.

Une seule association, Hugo !, nous l’affirme : «C’est alarmant, c’est inquiétant. Il n’y a pas de chiffres, je vous dis juste que c’est énorme.» La structure a reçu «une dizaine de signalements cette semaine». Selon son président, Hugo Martinez, des collégiens filtrent les comptes TikTok en fonction des années de naissance des utilisateurs et bombardent d’insultes et de menaces ceux nés en 2010. «On est en train de basculer dans une société où il y a du harcèlement envers des individualités et aussi des nouvelles formes de harcèlement envers des générations entières», prévient-il.

«L’arbre qui cache la forêt»

Au dire des associations, les sixièmes de 2021 subissent la même chose que leurs aînés, à savoir une forme de «bizutage» propre aux petits nouveaux et sans gravité. Reste que l’arrivée au collège est toujours une période à risque. «Ce qui déclenche le harcèlement, c’est un état de vulnérabilité supposé. Un sixième est plus petit de taille et surtout est le nouveau, il n’a pas encore de parcours, de réseau et c’est facile de s’attaquer à cette personne-là», avertit Nora Tirane Fraisse.

Même si «les 2010» ne vivent pas un réel cyberharcèlement générationnel, «c’est intéressant parce que ça donne l’occasion de faire de la prévention beaucoup plus large sur le harcèlement en soi et sur la façon de se comporter sur les réseaux sociaux», estime Justine Atlan. «Pour moi, le sujet, ce n’est pas juste le hashtag 2010, ça, c’est l’arbre qui cache la forêt. Sinon, ça veut dire que les 2011 ne se font pas harceler. Certains vont se dire “Je suis de 2009, je me fais taper : pourquoi ?”», abonde Nora Tirane Fraisse.

Qu’ils soient nés en 2010, en 2005 ou n’importe quand, des jeunes subissent chaque année du harcèlement, en ligne ou de visu. A tous, il convient de rappeler que des solutions existent, notamment le 3018 en cas de harcèlement numérique et le 3020 en cas de harcèlement entre élèves à l’école.

Elsa Maudet

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Inégalités scolaires : à qui la faute ? - 3 questions à Jean-Paul Delahaye

17 Septembre 2021 , Rédigé par Se-UNSA Publié dans #Education

Issu d’un milieu extrêmement modeste, Jean-Paul Delahaye a occupé de hautes fonctions au sein de l’Éducation nationale. Alors que rien ne le prédestinait à ce parcours, il revient sur sa vie d’enfant pauvre dans son livre Exception consolante*. Ce titre est aussi une formule employée par Ferdinand Buisson pour qualifier les élèves boursiers qui arrivent quelquefois à percer dans un système essentiellement construit pour que chacun reste bien à sa place.
Le SE-Unsa lui pose trois questions sur les inégalités scolaires.

Toutes les enquêtes nationales et internationales montrent que notre système éducatif se caractérise par les difficultés persistantes des élèves issus des milieux sociaux les plus précaires. À qui la faute ? 

Les difficultés des enfants des milieux populaires sont de plusieurs ordres.

D’abord, il faut bien comprendre ce que la pauvreté fait à l’école : comment apprendre sereinement quand on est mal logé, mal nourri, mal habillé, moins bien soigné malgré les progrès de l’accès aux soins, quand vous n’avez pas d’argent pour payer la sortie scolaire ? Il y a donc une action sociale à conduire - sachant que bien sûr l’École n’est pas responsable de tout - pour par exemple remettre les fonds sociaux à niveau, revaloriser les bourses, assurer par la création de postes l’accompagnement social et de santé des écoles et établissements.

Ensuite, il faudrait mettre fin à la discrimination négative qui touche certains territoires. Je voudrais qu’on m’explique comment on peut parler d’égalité dans l’offre de formation que nous devons à tous les citoyens quand, dans un collège de banlieue, on n’a pas les moyens de remplacer les professeurs absents. Comment ose-t-on parler d’égalité des chances quand on dépense 45 fois plus pour l’accompagnement après la classe des étudiants des classes préparatoires que pour les élèves de l’éducation prioritaire ? Pourquoi certains parlent-ils de nivellement par le bas ou d’égalitarisme chaque fois que l’on veut construire du commun entre tous les enfants pendant la scolarité obligatoire ? On se souvient du tollé qu’a suscité le démarrage d’une deuxième langue pour tous en cinquième, de la part de ceux, de droite comme de gauche d’ailleurs, dont les enfants fréquentaient les sixièmes bilangues. Et on a rétabli en 2017 les sixièmes bilangues à la grande satisfaction de ceux qui veulent ménager, avec l’argent de tous, un parcours pour leurs seuls enfants.

En réalité, nous rencontrons beaucoup de difficultés à faire évoluer un système qui produit une élite quasi héréditaire qui se soucie assez peu de l’intérêt général, un système qui fonctionne par ordre au sens que cela avait sous l’Ancien régime. Cela ne veut pas dire que rien ne se passe. Mon propos n’est pas pessimiste. C’est certes difficile mais les choses bougent sur le long terme pour les enfants des milieux populaires.

Sous le précédent quinquennat, vous avez porté la semaine de 4 jours et demi au primaire. En quoi est-ce une mesure de justice sociale ? Pourquoi n’a-t-elle pu être pérennisée ?

La semaine de 4 jours, c’est l’échec de tout un pays et c’est un grand mystère. Comment la France a-t-elle pu compacter sur aussi peu de jours la scolarité de ses enfants de l’école primaire ? Vous remarquerez qu’aucun pays au monde n’a songé à nous imiter dans cette folie de 140 jours de classe par an, alors que la plupart des autres pays scolarisent leurs enfants du primaire sur environ 180 jours. Comme si le temps scolaire était chez nous un fardeau dont les adultes voulaient se débarrasser !

Ceux qui disent que quatre jours ou cinq jours d’école par semaine c’est la même chose sont soit des menteurs, soit des charlatans. Si je parle dans mon livre du temps scolaire c’est parce que j’ai bénéficié dans ma scolarité de la semaine de 5 jours de classe qui permettait des activités diversifiées. Il faudra bien un jour revenir à 5 matinées de classe avec des journées plus courtes et des activités éducatives offertes à tous les enfants. C’est comme cela qu’on met la jeunesse à égalité de droits.

Une enquête de la Depp a montré en 2017 que ce sont les familles des milieux populaires qui sont le plus attachées à la semaine de 5 jours. Elles savent bien, elles, que leurs enfants n’ont que l’école pour s’émanciper. Qui se soucie aujourd’hui de ce que font les enfants des pauvres le jour où ils ne sont pas en classe, eux qui ne vont pas au conservatoire ou au poney-club le mercredi, et encore moins dans les officines payantes de soutien scolaire ?

Votre mère, à qui le livre est dédié, a acheté un tourne-disque, puis un téléviseur d’occasion avec une partie de l’argent des aides sociales. Que pouvez-vous dire à ceux qui reprochent aux familles pauvres ce type d’achats ?

Je crois que tout a été dit sur cette sordide affaire. On ne peut qu’être consterné par l’ignorance que cela révèle de la vie quotidienne des familles populaires de la part de certains qui n’ont probablement jamais vu de près des pauvres, y compris pendant leur scolarité la plupart du temps protégée de la fréquentation des enfants du peuple. Aujourd’hui comme dans ma jeunesse, beaucoup de familles pauvres ne survivent que grâce à des allocations. Cela gêne quelqu’un ? Ces allocations ou ces aides ne sont pas des aumônes consenties par les puissants à des êtres inférieurs. C’est un mode de redistribution de la richesse collective qui n’est qu’une part de ce qu’il faudrait faire pour plus de justice sociale.

C’est d’ailleurs grâce à cette redistribution, même incomplète, que la France est un des pays capitalistes dans lequel les pauvres sont aujourd’hui moins maltraités qu’ailleurs. Cette idée que les pauvres dépenseraient mal cet argent est parfaitement scandaleuse. Ces gens-là ne savent pas ce que c’est un frigo vide, des factures impayées, l’humiliation de ne pas pouvoir vivre comme tout le monde, moi je le sais. Écouter des disques, c’est superflu ? Avoir une télévision, c’est un luxe ? C’est toujours aux pauvres que ceux qui n’ont pas de problème de fin de mois demandent des comptes.

L’École de la confiance ce n’est manifestement pas pour les pauvres. Et si on demandait aux riches ce qu’ils ont fait du cadeau fiscal reçu avec la suppression de l’ISF, eux qui devaient faire ruisseler cet argent dans l’intérêt général du pays ?

* Jean-Paul Delahaye, Exception consolante – Un grain de pauvre dans la machine, Éditions de la Librairie du Labyrynthe, 2021, 256 p. - 17 €

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Femme, noire et proviseure de lycée: quelle diversité des cadres à l’Éducation nationale en France?

17 Septembre 2021 , Rédigé par RFI Publié dans #Education

Devant l’école, on la prend pour la nounou, si elle se tient debout devant la loge du lycée, on la prend pour la dame de service ou pour une surveillante, si elle accompagne des élèves en sortie scolaire...

Toute sa vie, Mahi Traoré a refusé d’être assignée à sa couleur de peau et à ses origines maliennes. À 48 ans, première femme noire africaine à devenir proviseure d’un lycée parisien, elle continue à composer avec la condescendance vis-à-vis des citoyens français issus de la diversité. Qu’en est-il des chefs d’établissements issus de l’immigration maghrébine à l’Éducation nationale ?  L’École républicaine peut-elle promouvoir l’ascenseur social pour ses élèves avec si peu de diversité à sa tête ?  

Chantal Lorho

Avec :

- Mahi Traoré, proviseure de lycée à Paris, autrice de Je suis noire mais je ne me plains pas, j’aurais pu être une femme (Robert Laffont) 

- Radouane Mhamdi, secrétaire départemental de Seine-Saint-Denis du Syndicat National des Personnels de Direction de l'Éducation Nationale, SNPDEN UNSA.

Programmation musicale : 

► Éducation nationale - Grand Corps Malade 

► Mali Nialé - Oumou Sangaré.

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Revalorisation des enseignants : Monsieur Blanquer, un peu d’honnêteté !

17 Septembre 2021 , Rédigé par Parti Socialiste Publié dans #Education, #Politique

Revalorisation des enseignants : Monsieur Blanquer, un peu d’honnêteté !

Yannick Trigance, secrétaire national du Parti socialiste à l'École, l'Éducation, l'Enseignement supérieur et la Recherche

Depuis plusieurs semaines, engagé dans une nouvelle campagne médiatique dont lui seul a le secret, le Ministre de l’Éducation nationale Blanquer affirme sans vergogne que « le salaire des enseignants aura bien plus augmenté entre 2017 et 2022 qu’entre 2012 et 2017 quand il y avait un gouvernement que soutenait Madame Hidalgo ». (« Le Parisien » du 13 septembre)

Une fois de plus, M. Blanquer part du principe que ses assertions restent indiscutables et indiscutées : il n’en est rien, bien au contraire.

Car la réalité des faits ramène les propos de M. Blanquer à ce qu’ils sont : des contre-vérités.

La réalité d’abord, c’est qu’entre 2012 et 2017 des mesures de revalorisation ciblées ont été prises pour les enseignants par les gouvernements socialistes : alignement de l’indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves du premier degré sur celle du second degré en la portant à 1200 euros par an, augmentation des indemnités éducation prioritaire pour rendre plus attractifs ces territoires en les portant à 1 734 euros en REP et 2312 euros en REP+, attribution de nouvelles décharges aux directeurs d’école, augmentation des indemnités pour l'exercice de missions particulières.

La réalité encore, c’est que les accords PPCR (Parcours professionnels, carrières et rémunérations) conclus avec l’ensemble des forces syndicales – qu’est devenu le dialogue social sous le quinquennat Blanquer ? – , concernaient l’ensemble des enseignants et permettaient d’aller plus loin en revalorisant très sensiblement le salaire moyen des professeurs, au-delà de la moyenne OCDE.

En fin de carrière, ce PPCR portait le salaire des enseignants français au niveau les plus élevés de l’OCDE, comme l’Allemagne. Sur l'ensemble d'une carrière, un enseignant devait percevoir 23 000 € brut de plus qu'aujourd'hui, soit un effort total d'un milliard d'euros, dont près de 500 millions dès 2017 et 300 millions au titre de la hausse du point d'indice.
Et la nouvelle grille plus linéaire mise en place dans le cadre de ces accords permettait à tous les enseignants d’accéder à la « hors classe », ce qui était loin d'être le cas jusqu’alors notamment dans le premier degré.

Enfin, il était prévu que la classe exceptionnelle soit accessible pour 80% à des enseignants ayant exercé des missions particulières, par exemple pour un enseignant ayant travaillé durant 8 ans en éducation prioritaire : une logique nouvelle qui ne reconnaissait plus seulement les enseignants travaillant avec les élèves les plus forts mais aussi ceux qui s'engagent en Rep ou Rep+.

La réalité toujours, c’est que contrairement à ce que font M. Blanquer et l’actuel gouvernement, les grandes augmentations précédentes avaient opté pour une programmation sur plusieurs années. Le PPCR, par exemple, engageait l'exécutif jusqu'en 2020.

La réalité enfin, c’est que cette programmation mise en place jusqu’en 2017 sous l’action de Najat Vallaud-Belkacem, Monsieur Blanquer ne l’a pas poursuivie : il s’est récemment contenté d’une vague promesse de 500 millions chaque année pendant plusieurs années, sans aucune garantie.

Au final, la revalorisation présentée aux syndicats le mercredi 25 août – une modeste enveloppe de 245 millions d’euros pour le budget de 2022 – se traduit par une prime de 29 euros net par mois pour les enseignants en milieu de carrière à 57 euros pour les plus jeunes : on est bien loin des revalorisations réalisées entre 2012 et 2017 !

Et si « la présidentielle ne peut pas être une Foire du Trône de la démagogie » comme le ministre le claironne dans la presse, il lui faudra rendre des comptes sur sa politique éducative de régression face à ceux qui, comme Anne Hidalgo, ont décidé de placer l’éducation, l’école et ses enseignants au cœur de leur projet et de leurs priorités.

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En temps ressenti, Jean-Michel Blanquer est ministre depuis 48 ans (Vidéo)

16 Septembre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

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L’affectation nationale des professeurs, un garant d’égalité devenu carcan

16 Septembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Carcan ou pilori · Visitmuseum · Catalonia museums

EXTRAITS

L’égalité de traitement entre les fonctionnaires de l’éducation nationale n’est pas toujours respectée. Chaque année, sur 30 000 enseignants du secondaire qui demandent à être mutés, 60 % n’obtiennent pas satisfaction.

Analyse. Ce n’est pas qu’une question technique. Ni même seulement un message à l’adresse des spécialistes – ou des acteurs – de l’école. En annonçant, le 2 septembre, au premier jour de la rentrée des classes, que les directeurs de cinquante « écoles laboratoire » pourraient « choisir » leur équipe dans les quartiers défavorisés de Marseille, Emmanuel Macron a positionné, plus rapidement qu’attendu, l’éducation dans la campagne présidentielle.

Une proposition aux airs de petite révolution dans le paysage éducatif, où le directeur d’école n’a, aujourd’hui, aucun pouvoir sur ses collègues ni même de statut qui l’en distingue. « Je dis plein de gros mots pour beaucoup de gens », a reconnu M. Macron, devançant les réactions syndicales – elles ont été unanimement « contre » –, tout en assumant sa ligne : donner de l’autonomie aux chefs d’établissement. Une conversion de l’école au « principe du management libéral », ont réagi en nombre les enseignants.

(...)

Le « mouvement » révèle ainsi ses limites. Pour combler les manques, l’éducation nationale recrute des contractuels, ces enseignants non titulaires qui n’ont pas passé de concours. Dans l’académie de Versailles, ils sont plus de 4 000 en renfort ; et même 4 500 à Créteil. Les « primes ZEP » et les « bonus à l’ancienneté », autre levier, n’ont apporté qu’une « réponse partielle à un problème structurel », argumente-t-on dans les rangs syndicaux, où l’on défend plutôt l’ouverture de postes ou l’octroi de moyens supplémentaires aux écoles. 

Déserts scolaires

Une autre piste moins connue est celle des « postes à profil ». C’est à elle qu’ont pensé les acteurs de l’école en entendant le discours du chef de l’Etat à Marseille. Ces affectations réalisées « hors barème » flèchent des postes en fonction de besoins spécifiques : classes européennes, classes préparatoires, disciplines artistiques… Leur nombre a « légèrement augmenté » en dix ans, écrit la Cour des comptes en 2017, jugeant l’« outil sous-utilisé ». On reconnaît, rue de Grenelle, la volonté de le « développer » sans avancer d’objectif chiffré.

La piste n’est pourtant pas aussi révolutionnaire qu’on peut le croire, et pas seulement parce que le recrutement dans l’enseignement privé, fort de plus de 100 000 enseignants, fonctionne ainsi. Dans le public, une tentative menée sous le quinquennat Sarkozy avait tourné court. Ces postes à profil destinés à des établissements prioritaires entre 2010 et 2012 n’avaient pas trouvé preneur. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, en sait quelque chose : il était à l’époque directeur général de l’enseignement scolaire, le numéro deux du ministère.

(...)

Mattea Battaglia et Sylvie Lecherbonnier

Article à lire intégralement en cliquant ci-dessous

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Jean‑Michel Blanquer, un ministre à la longévité républicaine ou bonapartiste ? - Par Claude Lelièvre

16 Septembre 2021 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education

EXTRAITS

En ce mois de septembre, Jean‑Michel Blanquer va battre le record de longévité d’un ministre de l’Éducation nationale de la Cinquième République, détenu par Christian Fouchet, resté un peu plus de quatre ans et quatre mois en poste au gouvernement (du 28 novembre 1962 au 6 avril 1967). Mais on n’atteint pas encore les records des cinq « ministres de l’école » des deux Bonaparte, ni même ceux de trois autres ministres de l’Instruction publique sous la royauté restaurée.

Bien sûr, on pourrait objecter que leurs positions ne sont pas tout à fait comparables, en discutant les intitulés des différents postes. Mais ceux-ci figurent bien ès qualités au sein de « La liste des ministres chargés de l’Éducation nationale et de leurs différentes appellations depuis 1802 jusqu’à nos jours » dans les « Ressources numériques en histoire de l’éducation ».

Instruction publique ou Éducation nationale

L’appellation de « ministre » (des « Affaires ecclésiastiques et de l’Instruction publique ») intervient pour la première fois en août 1824. Mais on doit remarquer que ne c’est pas une rupture, tant s’en faut. C’est la même personne (l’évêque ultra-royaliste Denis Frayssinous) qui devient ce ministre, en continuité avec la responsabilité qu’il avait auparavant : « Grand-maître de l’Université royale ».

L’intitulé « instruction publique » est apparu avant celui d’« éducation nationale », qui arrivera en 1932. Certains ont voulu voir dans ces deux dénominations successives le signe d’une priorité accordée d’abord à « l’instruction » avant celle qui se serait imposée ensuite, à savoir une priorité donnée à « l’éducation ». Mais cela ne signifie pas du tout qu’en réalité l’École est passée de « l’instruction » à « l’éducation » (de « l’instructif » à « l’éducatif ») comme l’a prétendu par exemple Jean‑Claude Milner dans son célèbre pamphlet De l’Ecole paru en 1984.

D’abord parce que le premier ministère de plein exercice dévolu à l’École a été institué en pleine période ultra-royaliste et cléricale par l’ordonnance du 26 août 1824. Et si la dénomination « instruction publique » a alors été préférée à celle d’« éducation nationale », c’est parce que ce dernier intitulé renvoyait au moment le plus révolutionnaire de la Révolution française. Et ce ne pouvait être la prédilection des ultra-royalistes alors au pouvoir. Ensuite, parce que la première circulaire de Mgr Frayssinous aux recteurs est on ne peut plus révélatrice :

« Sa Majesté, en appelant à la tête de l’Instruction publique un homme revêtu d’un caractère sacré, fait assez connaître à la France entière combien elle désire que la jeunesse de son royaume soit élevée dans des sentiments religieux et monarchistes ».

Les ministres de l’Instruction publique ou de l’Éducation nationale n’ont jamais duré très longtemps sous la Troisième République ou la Quatrième République car leur nomination et leur maintien dépendaient avant tout d’un accord collectif entre différentes composantes ou « sensibilités » politiques à géométries et à durées variables.

En revanche, les deux Bonaparte ont mis à la tête de l’école des hommes qu’ils ont choisis personnellement et qu’ils ont gardés longtemps. Dans la mouvance bonapartiste, la nomination d’un ministre est d’abord le fait du Prince (le chef de l’État pouvant exercer un pouvoir personnel fort).

(...)

Claude Lelièvre

Suite et fin en cliquant ci-desssous

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"Le « quoi qu’il en coûte » s’est arrêté à la porte des écoles"

16 Septembre 2021 , Rédigé par AOC Publié dans #Education

"Le « quoi qu’il en coûte » s’est arrêté à la porte des écoles"

 

EXTRAIT

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           Le « quoi qu’il en coûte » s’est arrêté à la porte des écoles

Lorsqu’on regarde les chiffres du budget consacré à l’enseignement scolaire, on pourrait se dire qu’il a progressé. Le budget de l’Éducation nationale atteint 55,1 milliards d’euros, soit le plus élevé de l’État, avec 1,6 milliard de plus qu’en 2020. Mais ces chiffres bruts sont trompeurs. Un rapide calcul montre que cela correspond à une augmentation de 2,6 % par rapport aux dépenses de 2020. Dans le même temps pourtant, le budget de l’État a bien plus augmenté (9,5 %), ce qui réduit donc l’importance de cette hausse et la part du budget de l’Éducation nationale dans le budget global. L’effort du pays en matière d’éducation est toujours de l’ordre de 6,7 % du PIB.

La France, parmi des pays comparables, était un de ceux qui consacraient le moins à l’école primaire. Il était donc logique de renverser la tendance. Mais cela s’est fait à moyens constants : on a déshabillé Pierre élève de lycée pour habiller Paul, élève de CP. Pire, comme les effectifs d’élève ont augmenté en lycée et dans le supérieur à cause du pic démographique, les conditions de travail se sont dégradées : classes surchargées et réduction de l’offre pour les élèves.

Si 2 039 postes ont été créés dans les écoles en 2021, dans le même temps, le second degré (collèges et lycées) a perdu 1 800 postes et l’enseignement privé 239. Tout compte fait, le solde des postes est négatif, avec 120 postes en moins. Alors que d’autres ministères (police, justice) voient leurs effectifs vraiment augmenter… Pour faire illusion, le gouvernement use d’un artifice. Dans le secondaire, les suppressions d’emplois seront compensées par des heures supplémentaires. Mais c’est un trompe-l’œil. Les professeurs font déjà des heures sup’ et peuvent difficilement en absorber davantage. En 2019, le ministère avait déjà augmenté le nombre d’heures supplémentaires… Mais un tiers seulement avait pu être assuré.

Cette logique d’économie est vraiment au cœur de la mission de Jean-Michel Blanquer. On peut lire la réforme du lycée et du bac ainsi, puisque cela a permis d’augmenter les effectifs des classes en supprimant les séries. De la même manière, la réforme de la formation qui se met en place en 2021 va supprimer le mi-temps de formation pour les stagiaires, considéré comme très coûteux. Ceux-ci seront désormais à temps plein après leur réussite au concours. À la place, on propose aux candidats de faire six heures de cours dans une sorte de contrat d’apprentissage. Pas sûr que cela contribue à l’attractivité du métier.

Pas sûr non plus que les mesures de ce qu’on ose à peine qualifier de « revalorisation » suffisent. Malgré un effort pour les débuts de carrière, le métier d’enseignant est notoirement moins bien rémunéré que dans les autres pays européens et surtout en comparaison avec les autres salaires auxquels peuvent prétendre les bac + 5. Comme je le développe dans mon livre, on est loin, bien loin, d’une réelle revalorisation pour l’ensemble des enseignants (dans les mesures récentes, c’est à peine la moitié d’entre eux qui est concernée). L’économiste Asma Benhenda estime que pour atteindre le salaire médian des autres bac + 5, il faudrait une hausse d’environ 380 euros bruts par mois.

On le voit, le « quoi qu’il en coûte » s’est arrêté à la porte des établissements scolaires. C’est d’autant plus paradoxal que le maintien des écoles ouvertes dont se glorifie aujourd’hui le ministre a permis le maintien du fonctionnement de l’économie en faisant de l’École une « garderie nationale », sans que les enseignants en soient réellement récompensés.

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Philippe Watrelot

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