Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

education

Oui, être enseignant est un métier... Mais sans outils informatiques performants, c'est un enfer...

12 Avril 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/aa5b468f1f111f9f08fba3df5d66bc4f-14550628.jpg?width=1000&client_id=eds&sign=c51da12d1cdf663630d76305d182e11a237162ebc7b51372756a5e62242e355a

Pire que l'enfer, l'école à la maison

Alors que l’enseignement à distance se révèle déjà être un véritable casse-tête pour de nombreuses familles, les dysfonctionnements des plateformes numériques mises à disposition par l’éducation nationale (ENT et CNED) en début de semaine n'ont fait qu'accroître ces difficultés.

Déjà l’école, quand vous étiez enfant, ça n’était pas rigolo. Mais l’école à la maison restera probablement comme l’un des moments les plus compliqués de cette vie au temps du coronavirus. Une époque compliquée pour les enfants et pour les parents avec pour seul bénéfice celui de rappeler que l’on ne s’improvise pas enseignant. Mais quand, en plus, les outils informatiques censés rendre cette école à la maison possible ne fonctionnent pas, alors là c’est vraiment l’enfer. 

Mais ce qui peut paraître plus inquiétant encore, c’est que même lorsqu’elle fonctionne sur le plan technique, l'école à la maison demeure compliquée à faire sur le plan pédagogique. Pour comprendre les causes d’un tel casse-tête, nous nous sommes rapprochés de Bruno Devauchelle, il est professeur à l’université de Poitiers, membre du laboratoire de recherche Techné et auteur d'Éduquer avec le numérique aux éditions ESF. 

Les entraves à l’enseignement à distance 

Pour Bruno Devauchelle, même si les outils numériques mis en place par le gouvernement proposent des contenus intéressants, l’accompagnement d’un adulte reste indispensable pour guider l’élève dans son apprentissage. 

"La plupart de ces outils ne peuvent être utilisés que s’ils sont situés dans un contexte dans lequel il y a un accompagnement dans lequel il y a une cohérence, dans lequel il y a une progression."  Bruno Devauchelle, spécialiste de l'éducation numérique

Bruno Devauchelle déplore ainsi le fait que les parents soient peu formés pour accompagner leurs enfants dans cet apprentissage à distance. Dans l’idéal, les enseignants devraient pouvoir adresser aux parents des supports de cours spécifiques pour rendre efficace cet accompagnement. Mais à défaut de temps et d’investissement sur le long terme du Ministère de l’éducation nationale dans la formation des familles, celles-ci se retrouvent souvent désœuvrées face aux difficultés liées à l’enseignement à distance. 

"Il est temps que l’éducation nationale fasse son agiornamento, par rapport au modèle présentiel complet pour développer des modèles plus souples – on va parler aujourd’hui de modèle hybride – pour faire en sorte qu’apprendre ne soit plus seulement le monopole de l’école." 

Les dysfonctionnements des plateformes l’éducation nationale 

Mais en plus des problèmes pédagogiques inhérents à l’enseignement à distance, ces difficultés sont largement accentuées lorsque les plateformes numériques dysfonctionnent. C’était le cas lors du premier confinement en mars 2020 mais à l’époque, l’indulgence était de mise : le caractère inédit de la situation rendait prévisibles les difficultés techniques. Mais ce mardi 6 avril, à la surprise des élèves, de leurs parents et de leurs enseignants, les Espaces Numériques de Travail (ENT), et le dispositif « Ma Classe à la Maison » hébergé par le site du CNED étaient inaccessibles pour des milliers d’élèves en France. Thierry Berthier, chercheur en cyberdéfense et en cyber sécurité, nous explique les causes possibles de ces dysfonctionnements. 

Le premier scénario, qui expliquerait les défaillances du CNED et de l’ENT, impliquerait un mauvais dimensionnement de l’infrastructure des sites, qui n’auraient pas été conçus pour accueillir les pics de trafic observés. 

La deuxième hypothèse, qui expliquerait les défaillances de certains Espaces Numériques de Travail, met en cause un opérateur privé, OVH Cloud, qui souffrirait des conséquences de l’incendie de son centre de stockage de données à Strasbourg. Mais cette accusation a été immédiatement démentie par le PDG d’OVH Cloud. 

Enfin, pour expliquer l’indisponibilité du service « Ma Classe à la Maison » du site du CNED ce mardi 6 avril, le ministre de l’éducation nationale a évoqué des cyber attaques de type DDoS, venues de l’étranger. Pour le spécialiste Thierry Berthier, cette dernière hypothèse est plausible, ce type d’attaque s’étant largement généralisé ces dernières années. Le principe de ces attaques DDoS aussi appelées attaques par déni de service est simple : des groupes de hackers font tomber un service en recrutant un nombre élevé d'objets connectés dits "zombifiés" pour créer un pic de trafic sur le site et le rendre indisponible. 

Ces attaques font l’objet d’un véritable business aujourd’hui sur internet : des groupes cybercriminels partout dans le monde proposent de mener des attaques DDoS pour des sommes peu élevées sur certains forums :

« Ils ont même tendance à casser les prix depuis un an. C’est à peu près 20 dollars les deux heures aujourd’hui, pour une petite attaque. » Thierry Berthier, chercheur en cyber sécurité 

Pour le chercheur en cyber sécurité, il est nécessaire de prendre en compte ce risque dans le futur et de proposer aux élèves des alternatives numériques sur lesquelles se replier en cas d’attaques. 

"On va être obligés de vivre avec ce type d’attaques et une complexité montante dans les attaques. Il va falloir apprendre à créer de la résilience dans tout nos services et y compris au niveau de l’éducation nationale, parce qu’évidemment c’est très important qu’il puisse y avoir une continuité de l’éducation."

Guillaume Erner 

A écouter en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Enseignement à distance : y a-t-il une bonne solution ?

11 Avril 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Enseignement à distance et nouvelles technologies: comment mieux  accompagner mon enfant - Aidersonenfant.com

Comment l’enseignement à distance doit-il se réinventer ? Quels en sont ses éventuels bénéfices ? Parvient-il à réduire les inégalités scolaires ou creuse-t’il encore un peu plus la fracture dite « numérique » ?

Au lendemain du lundi de Pâques, les cloches des lycées, collèges et écoles ont sonné à la maison, elles ont même sifflé, buggé, craqué.

Mardi 6 avril, pour la deuxième fois depuis le début de cette crise sanitaire, le Ministère de l’Education Nationale a dû relancer l’enseignement à distance. Une récidive qui s’est déroulée dans plusieurs régions françaises dans un certain chaos autant pour les enseignants que les parents et les élèves.

Au-delà des problèmes techniques de cette semaine, qu’avons-nous appris de l’usage et des pratiques de l’enseignement à distance dont le numérique semble une solution utile, nécessaire mais complexe.

Y-a-t’il des alternatives ? Comment l’enseignement à distance doit-il se réinventer ? Quels en sont ses éventuels bénéfices ? Parvient-il à réduire les inégalités scolaires ou creuse-t’il encore un peu plus la fracture dite « numérique » ?

Voici quelques unes des questions que nous allons mettre sur la table et nos invités auront près d’une heure pour y répondre en croisant leurs regards et leurs expériences de terrain. 

Tel est le programme de ce « Temps du débat » à écouter en direct jusqu’ à 19h sur France Culture ou quand vous le voulez sur l’application de Radio France.

François Saltiel

Lire la suite

Le bon soldat Blanquer et nous...

11 Avril 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Le bon soldat Blanquer et nous...

EXTRAITS

A la question : comment se fait-il que Jean-Michel Blanquer soit toujours à son poste? la seule réponse cohérente et logique est : parce qu'il fait du bon boulot. Tout le reste n'est qu'affabulation. Alors : soyons cohérents et logiques.

De nombreux enseignants, parents d'élèves ou simples citoyens s'interrogent ces jours-ci : comment après le désastre de l'école à la maison où quasiment aucun outil de l'Education nationale ne fonctionnait normalement, comment après une semaine de galère identique à celle vécue il y a un an jour pour jour, comment après un tel fiasco peut-on expliquer que le ministre  Blanquer ne soit toujours pas démis de ses fonctions? 

Au risque de paraître provocateur, je resterai logique et répondrai : parce qu'il fait bien son travail. Parce que celui qui l'a choisi ne trouve aucun motif à son limogeage. Et surtout : n'en a jamais trouvé un seul depuis mai 2017. 

Pourtant, ce n'est pas la première fois que cette question apparait. 

Déjà, il y eut la même, en miroir, en mars 2020. Faisons fonctionner ce truc auquel notre conscience apolitique se refuse de faire appel : la mémoire. 

Jusqu'au jeudi 12 mars 2020 au matin le ministre affirmait que la fermeture des écoles n'était même pas envisagée (1). "Jamais"! Paf, le soir même, surprise  (pour celui qui fait confiance à son ministre) : le président annonce la fermeture de toutes les écoles. Qu'à cela ne tienne, le ministre annonce dès le lendemain que "nos professeurs sont déjà habitués à certaines de ces modalités [...] les documents sont prêts, les instructions sont prêtes." (2) Bref, tout va pour le mieux. Un truc qu'on n'avait "jamais envisagé" devient une chose "prête". Il y a comme une contradiction du ministre par lui-même.

(...)

En effet, le ministre a beau démultiplier les prétendues causes des pannes, toutes  démenties par les faits les unes après les autres (4), on doit bien se rendre à l'évidence : rien ou pas grand chose n'a été fait depuis un an dans ce domaine. Du côté du ministère on affirme que 200 000 enseignants auraient été "formés à l'école à distance" depuis l'année dernière. (5) Un quart d'enseignants! Pourtant, dans le monde réel, la situation est bien autre. Dans ce monde-là, la formation continue des enseignants a été réduite à peau de chagrin depuis bien longtemps. Le peu qui reste, M Blanquer s'est entêté à le recentrer sur les fondamentaux. A savoir les mathématiques et le français. Ainsi cette année où les besoins réels des enseignants étaient surtout la préparation d'un éventuel reconfinement et donc une formation digne de ce nom sur les outils numériques, la réponse de la hiérarchie a été : PNF et PNM! A savoir Plans Nationaux en Français et en Mathématiques, avec les majuscules SVP! En guise de "formation" numérique nous avons eu des liens dans des mails à lire tranquillement chez nous, le soir. Au cas où on s'ennuierait.  

Malgré tout, les enseignants étaient décidés à faire ce qu'ils peuvent pour cette semaine d'enseignement à distance. Mais comme ils étaient nombreux à être décidés, le système des "tuyaux" ne l'a pas supporté. Quasiment toutes les plateformes liées à l'Education Nationale étaient en panne tout au long de la semaine. 

(...)

Tiens, son vrai travail, quel est-il? C'est celui de la transformation complète de l'école. Une école issue du rêve néolibéral dont les contenus sont réduits aux quatre piliers fondamentaux : lire, écrire, compter et respecter autrui. Il y tient et ne perd jamais une occasion de le rappeler. Pour avoir une idée de ce à quoi ressemblera cette école je vous invite à lire par exemple ces deux textes : ici et ici. Une école publique au rabais où les enseignants sont privés de toute liberté pédagogique et soumis par une surveillance et un contrôle permanents. Une société issue des rêves néolibéraux où le troupeau est conduit par une élite éclairée par le savoir et la science (17). Et où chacun sait bien rester à sa place et doit "s'adapter" pour être employable. Car, bien sûr, ce qui se cache derrière tout cela est bien l'économie de marché et ses totems.

C'est ce travail que M Blanquer exécute parfaitement bien. Et quand on connait ses liens avec l'Institut Montaigne ou l'IFRAP, on ne peut s'en étonner. A moins de faire preuve d'une très grande naïveté. Les réformes qu'il a déjà imposées vont dans ce sens d'une inégalité croissante : le baccalauréat et Parcoursup en sont des exemples dénoncés par une large part des enseignants. Celles qu'il prépare vont exactement dans le même sens. On a pu en avoir un avant goût sur les programmes de l'école maternelle (18) ainsi que celles dont le Grenelle de l'éducation a fait la promotion vernie de bons sentiments trompeurs (19). Son projet de 2S2C n'étant pas tout à fait enterré va dans le même sens : vider les programmes scolaires de tout contenu "superflu" et en laisser la gestion aux collectivités. Exit donc l'EPS ou les activités artistiques. Faites de la place aux "fondamentaux"! (20)

(...)

Deux événements à haute valeur symbolique montrent bien le peu de considération que le ministre accorde aux personnels.

Tout d'abord il y a le non-hommage à Christine Renon, cette directrice d'école qui s'est suicidée dans son établissement. Sa lettre d'adieu expliquant son geste désespéré avait été tentée d'être noyée dans une surdité et un silence hiérarchique scandaleusement méprisant. (28)

L'hommage à Samuel Paty a lui aussi fait ressentir aux enseignants de France la réalité de la déconsidération que le ministre cultive envers eux. Les diverses hésitations sur les horaires de rentrée après les vacances d'automne ou encore le caviardage de la lettre de Jaurès que les enseignants devaient lire ce jour-là montrent bien le logiciel froid de M Blanquer. (29) Rendre hommage à l'enseignant assassiné oui, mais prononcer les paroles sur la liberté pédagogique que Jaurès avait formulées surtout pas. Cette liberté pédagogique qui se trouve être la cible principale du ministre dans son projet se devait d'être tue, bâillonnée, même en ce jour particulier. La mise à nu d'une idéologie froide et intransigeante eut lieu ce jour-là. Une preuve supplémentaire que la bienveillance et les bons sentiments ne sont que de façade. 

Mais outre les sanctions et les diversions le ministre dispose d'autres outils surprenants dans sa lutte face aux enseignants qui lui sont opposés : la calomnie et les mensonges (déjà évoqués plus haut avec le terrain d'extrême droite) ainsi que la manipulation grossière de la réalité.

Il a donc pu :

- déclarer que la réforme du bac suscitait l'adhésion

- fournir les chiffres sur les prétendus "enseignants disparus" au printemps dernier pour ensuite déclarer qu'il ne faut pas calomnier les enseignants tout en promettant des sanctions contre ceux qui auraient "disparus" entretenant le flou et donc l'idée qu'une part des enseignants seraient des bons à rien (30)

- que la plainte du collectif Stylos rouges était un coup de "poignard dans le dos", contre lui, si bon, si protecteur, si paternaliste envers les enseignants (31)

- promettre une revalorisation "historique" des salaires enseignants, parlant même d'en faire "les mieux payés d'Europe" pour finalement réduire cette historicité uniquement à une prime informatique de 150 euros annuels pour 69 pour cent d'enseignants (il est bon ici de rappeler les 600 millions d'économies déjà évoqués)

- priver les professeurs documentalistes de cette prime en expliquant que celle-ci est réservée aux enseignants qui sont "devant les élèves" (!) (32)

- promettre le recrutement massif d'enseignants pour la rentrée de 2020 sans préciser qu'il s'agit pour la plupart de contractuels, donc précaires et dont les contrats n'iraient même pas jusqu'à la fin de l'année scolaire (et dont un bon nombre ne sera pas payés pendant les vacances scolaires, ce qui permettra au ministre de s'adonner à son passe-temps favori : réaliser des économies)(33)

La cerise sur le gâteau (ou plutôt la moutarde sur le lapin) de tout ceci pourrait être le syndicat "Avenir lycéen". Cette affaire est un exemple paradigmatique du fonctionnement ministériel. Un syndicat monté de toutes pièces pour soutenir la politique du ministre, faisant ainsi croire à une adhésion des lycéens à son projet et en minimiser les oppositions. Puis, lors de la révélation de l'affaire par Mediapart et Libération, balayer toutes les accusations d'un revers de main en parlant d'une "affaire à partir de rien" ou encore de "beaucoup de sauce et peu de lapin". Monter une structure pour manipuler les données réelles et quand celles-ci reviennent par le biais d'enquêtes journalistiques, tout simplement les nier ou les ignorer. Sans même prendre en considération l'éventuel argent public investi dans tout cela, le procédé en lui-même est assez problématique.

(...)

Que font les enseignants face à ce rouleau compresseur déterminé et cynique? 

Les uns jouent aux autruches. Jusqu'ici tout va bien. Ils applaudissent même parfois, espérant peut être se faire une des rares places au soleil que réserve ce nouveau système qui se profile aux plus dociles et aux plus visqueux. Il y en a toujours eu de ces idiots utiles dont la conscience politique et la capacité d'empathie dépassent difficilement leur propre image se reflétant dans un miroir de poche. Petit, le miroir et petite, la poche.

D'autres sont indignés mais ne savent que faire de toute cette colère et de ce sentiment d'être ignorés ou méprisés. Car il y a aussi la conscience professionnelle qui dit : on ne peut pas faire une grève longue, ni une grève de zèle, ni quoi que ce soit car ce serait trahir nos élèves qui ont besoin de nous. Certes, mais ceux de nos élèves qui viendront plus tard, ceux qui ne sont même pas encore nés, n'ont pas mérité qu'on les abandonne non plus. 

Cet abandon sera acté le jour où l'on nous confisquera notre liberté. Notre liberté doit être effective, réelle.

Mais cette confiscation a-t-elle déjà eu lieu? A voir... 

Jadran Svrdlin

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Quelques élèves de terminale du lycée Ango de Dieppe (Seine-Maritime) à l'heure de leurs choix d'orientation (Documentaire)

11 Avril 2021 , Rédigé par France 3 Normandie Publié dans #Education, #Parcoursup

Lycée, Parcoursup et Covid-19 : le sens de l'orientation en pleine crise sanitaire

Quelle filière choisir ? Ce job est-il vraiment fait pour moi ? Le documentaire Le sens de l’orientation suit quelques élèves de terminale du lycée Ango de Dieppe (Seine-Maritime) à l'heure de leurs choix d'orientation, pendant une année 2020 chamboulée par l'épidémie de Covid-19.

Derrière les victimes de l’épidémie de Covid-19, majoritairement âgées de 75 ans et plus, c’est toute la jeunesse étudiante qui voit ses perspectives enfumées par ces stop & go à répétition liés aux confinements/déconfinements successifs. Pas facile non plus pour ceux qui doivent penser orientation. En pleine crise sanitaire, cette étape essentielle de leur parcours personnel s'avère encore plus délicate. 

Dernier épisode en date : ce 3e confinement annoncé le 31 mars par le Chef de l’Etat Emmanuel Macron et la fermeture des écoles, collèges et lycées pour 3 semaines… au moins. Et malgré cela, des cours à maintenir. L’Education sur le front. Et à nouveau aux étudiants de tout âge de s’organiser pour poursuivre leur apprentissage. Même le sacro-sain examen du baccalauréat n’aura pas lieu, remplacé par un contrôle continu. Les cursus s’adaptent. Nos jeunes, futurs actifs de notre société, le doivent aussi. Et eux, auparavant symboles d’inconscience, d’énergie et d’ambition, peinent aujourd’hui à s’imaginer un avenir. Leur avenir. Et un peu du nôtre aussi.

Mais alors quelle orientation choisir ? Quel job ? Quelle place dans cette société grippée par un foutu virus ? L’emploi plus que jamais est au cœur des débats. Chahuté, en danger, remanié, mais pour certains aussi il devient un vrai refuge en cette période d’incertitudes… Et c'est là que la question d'une bonne orientation prend tout son sens. Autant se réaliser dans le job que l'on fait.

(...)

Olivier Couvreur, avec Fabienne Bahin et Aurélie Duplessi

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Revue de Presse Education... Couacs et bobards - Colères diffuses et brèves confuses - Oxygène...

11 Avril 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Couacs et bobards - Colères diffuses et brèves confuses - Oxygène...

L’école à distance résumée à des serveurs inertes, telle est la note dominante d’une actualité éducative hebdomadaire où l’on a vu aussi des manifestations fleurir dans les 10 kilomètres impartis. Pendant les cafouillages, l’éducation continue. N’est-ce pas là l’ultime et bonne nouvelle ?


JPEG - 119.1 ko
Illustration de Fabien Crégut

Couacs et bobards

La méthode Coué était à l’œuvre cette semaine pour justifier le grand cafouillage numérique de l’école à la maison. Pourtant, Jean-Michel Blanquer l’assurait sur les ondes de France-Inter le 26 février dernier « On » est préparé sur l’enseignement à distance, déclenchable au cas par cas, ou massif si ça devait prendre des proportions plus « importantes ». La déclaration, dont le Huffignton Post se faisait l’écho, vantait les trésors du CNED « Nous » avons toute une série d’enseignement à distance, du CNED, déclenchable au cas par « cas ». Et paf, dès mardi matin, le site était en rade comme bon nombre d’Espaces Numériques de Travail, déclenchant désarroi, lassitude et colère dans les maisons confinées comme chez les enseignants. « Comme lors du premier confinement mis en place pour freiner la diffusion du Covid-19, l’école à la maison a débuté mardi 6 avril avec de nombreux bugs signalés par des professeurs, parents et élèves, en raison de serveurs numériques inaccessibles ou défaillants. », constate FranceTvinfo.

La faute à qui ? L’OBS inventorie les raisons invoquées par le ministre de l’Éducation. « Un opérateur privé à Strasbourg victime d’un incendie il y a quelque temps, qui n’a pas pu faire face à l’afflux de connexions ce matin  ». Le directeur de l’opérateur réfute la culpabilité de son entreprise «  des régions ENT affectées et des applications indisponibles ne sont pas hébergées chez OVHcloud ! » Alors serait-ce une attaque venue de l’étranger ? « Quant au dispositif du Cned (Centre national d’Enseignement à Distance) Ma classe à la maison, qui a subi aussi des « perturbations », Jean-Michel Blanquer a évoqué mardi matin une « très forte attaque informatique venue de l’étranger  », sans plus de précision sur son origine. Le Quai d’Orsay est lui-même surpris par cette allégation qui a provoqué une avalanche de messages moqueurs sur les réseaux sociaux. Jérôme Notin, directeur du site CyberMalveillance, a une explication qui relance la vague de fous rires « Les motivations de ce type d’attaques en général sont soit une demande de rançon – ce qui n’a pas été le cas pour le ministère (…) – soit idéologiques ; peut-être que des étudiants, des collégiens se sont ligués pour louer ce réseau de machines zombies qui va ensuite attaquer les serveurs du Cned. »

Les rires n’apaisent pas la colère face à un fiasco prévisible au vu des faibles moyens engagés pour renforcer tuyaux et serveurs afin de supporter la charge des connexions simultanées et outiller enseignants et élèves. « 600 millions d’euros, c’est le montant des crédits non dépensés en 2020 et reportés à 2021 dans l’Éducation nationale [1], l’argent rendu, en pleine pandémie, au moment du « quoiqu’il en coûte », des milliards donnés à certaines sociétés privées. Combien de postes d’enseignants économisés en pleine crise ? combien d’outils informatiques non achetés pour des élèves qui en sont dépourvus ? Combien de journées de formations aux nouvelles modalités d’enseignement à distance ? » dénonce Jean-Charles Léon. « Le minimum aurait été d’anticiper (« être proactif », dans le jargon de la Start-up nation) et d’engager par exemple une coordination avec les acteurs de l’enseignement à distance et de se poser la question de la montée en charge du système. Cela ne semble pas avoir été le cas. Et donc, « on est prêts » à refaire les mêmes erreurs… » constate Philippe Watrelot sur le site d’Alternatives Économiques. Sa conclusion « Est-ce que le plus gros « plantage », la plus grosse « erreur 404 » ne serait pas d’avoir nommé Jean-Michel Blanquer à ce poste ? » rejoint les propos de Sylvain Grandserre sur « Blanquer le ministre qui bugue ». « Quand l’institution scolaire prendra-t-elle conscience des dégâts que produisent les écarts croissants entre ses discours et les réalités quotidiennes du travail de ses acteurs ? » s’interroge Paul Devin dans son blog.


Colères diffuses et brèves confuses

Pendant le confinement, les rabotages de moyens se poursuivent. Les mouvements de protestation sont forcément locaux, disséminés sur le territoire par l’application de la règle des 10 kilomètres. Jeudi 8, les AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap) donnaient de la voix un peu partout en France pour protester contre le mirage de l’école inclusive. « Il y a un décalage entre le discours d’Emmanuel Macron sur la scolarisation de tous les enfants et l’absence de solution pérenne. Comment suivre une scolarisation normale sur moins d’un tiers du temps de l’année ? L’égalité des chances en prend un coup  », témoigne Laurent, père d’un enfant dys. A Lorient comme à Narbonne, «  AESH, enseignants mais aussi représentants des parents d’élèves dénoncent une précarité avec un salaire en dessous du seuil de pauvreté. » A Sarcelles, la mobilisation associait le thème de l’éducation prioritaire. « Et pour les manifestants, le constat est sans appel : la baisse est générale pour ces établissements classés REP, REP + ou politique de la ville quand les inégalités creusées par la crise sanitaire nécessiteraient plus que jamais l’inverse », relate le Parisien. En Occitanie, on s’inquiète de la fermeture de classes dans l’enseignement agricole public comme au lycée Charlemagne de Carcassonne.

Pendant ce temps, la majorité de droite et du centre au Sénat adopte un amendement subrepticement glissé dans le projet de loi sur le respect des principes de la République, communément nommé loi contre le séparatisme. « En cas d’absence répétée d’un élève, la suspension du versement des allocations familiales pourra être décidée, après plusieurs avertissements. Le gouvernement n’a pas exprimé de position défavorable. »

Pendant ce temps-là, la fin de l’Observatoire de la laïcité est confirmée. « Le paradoxe de la fin programmée de l’Observatoire de la laïcité vient du niveau de satisfaction que cette institution suscite auprès des acteurs de terrain  » explique France 24 en illustrant quantitativement la qualité de travaux appréciés. « Car depuis 2013, et avec un budget annuel de fonctionnement de 59 000 euros, le bilan de l’Observatoire de la laïcité est riche de la publication de nombreux guides pratiques sur la laïcité, de la rédaction ou de la codirection de chartes de la laïcité à l’échelle nationale ou locale, de la formation à la laïcité de 350 000 acteurs de terrain, de la rédaction de plus de 1 000 analyses juridiques ». 119 universitaires apportent leur soutien à l’Observatoire dans les colonnes du Monde, « Ils mettent en garde contre la tentation de faire de la laïcité « un outil répressif, de contrôle et d’interdiction, en contradiction totale avec la loi de 1905  ». Le CRAP-Cahiers Pédagogiques a également publié un communiqué où il  rend hommage au travail effectué par l’Observatoire de la laïcité et gardera comme boussole l’idée que « la laïcité, ce n’est pas d’interdire ce qui choque ou déplaît à tel ou tel ».

Pendant ce temps-là de confinement, les concours d’entrées aux grandes écoles sont maintenus en présentiel quitte à se taire lorsqu’on est cas contact. "Mais je connais pas mal de gens qui disent que s’ils sont cas contact, ils ne vont pas le déclarer et ils ne se feront pas tester de peur d’être positifs. Deux ans de travail ruinés juste parce qu’on est peut-être positif, ça paraît énorme dans notre tête !" Les futurs bacheliers sont quant à eux sous la pression du grand oral pour le moment maintenu malgré l’évidence criante de l’impossibilité d’une préparation sereine. « Une pétition lancée par des lycéens a ainsi déjà réuni plus de 23 000 signatures. » indique Alexis Morel. Encore une fois, tout est fait comme si tout était normal. Cachez ce COVID que je ne saurais voir ou brandissez ces vaccins en signe d’espoir.

Hélas, là encore les promesses tournent aux bobards, douchées par les couacs d’une campagne de vaccination mal orchestrée. Les annonces se succèdent dans un grand flou comme le titre Le Point. Après les sexagénaires ou dès le mois d’avril et avant la reprise en présentiel ? « Dans » le déploiement de cette stratégie à l’égard de la communauté éducative, nous allons commencer, sans doute dès la semaine prochaine, à vacciner les personnels enseignants, les ATSEM (Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) et autres personnels de la communauté éducative de plus de 50 ans qui sont en contact avec des enfants en situation de handicap » a déclaré Jean Castex lors de son déplacement à Lyon le 10 avril. Voilà qui va sans doute rajouter au climat de défiance surtout lorsqu’on regarde du côté des 19 pays pour qui les enseignants constituent un public prioritaire pour la vaccination.

                                                   __________________________________________

Oxygène

Et si on parlait maintenant de belles initiatives petites ou immenses, de ces bulles qui apportent sourires et perspectives enthousiasmantes.
La documentariste Valérie Denesle a posé sa caméra à Dieppe pour suivre deux lycéennes dans leur parcours d’orientation. À travers ce film, la réalisatrice souhaitait « donner la parole à des personnes qu’on n’entend peu ou pas. J’avais envie de savoir ce qu’il y avait dans la tête d’une adolescente qui prépare son orientation. Ce qu’elles ont à raconter est important. » Julia et Gwanaelle, les deux lycéennes filmées, racontant avec enthousiasme cette expérience à Paris-Normandie. Le documentaire « le sens de l’orientation » est disponible ici.

Dans la série ces formidables élèves, France Bleu Occitanie nous raconte l’histoire de ce collégien qui a créé une appli d’appels associée à Discord pour les enseignants. Mise au point l’an passé, elle est toujours utilisée par les professeurs de l’enseignement supérieur. Maxence, le créateur de Suivix semble surpris par le succès « Ça me fait chaud au cœur, je ne m’imaginais pas du tout que ça prendrait une aussi grosse ampleur". A Lens, ce sont deux collégiens qui « préparent la seconde édition de leur festival de musique confinée, mais qui bastonne, le Back to the lockdown festival  » peut-on lire dans 20 Minutes.

Allons faire un tour du côté du site Les Outils Tice animé par Fidel Navamuel qui partage généreusement sa veille et ses conseils sur le numérique. Cette semaine, il attire notre attention sur « la Digitale », une boîte à outils et applications numériques conçues pour l’enseignement qui ont la particularité d’être gratuits et “responsables”.

Parmi les nombreuses ressources à lire, écouter, regarder, signalons les 9 émissions de radio proposées à l’occasion du 800e anniversaire de la Faculté de Médecine de Montpellier. Histoire, botanique, médecine d’hier et de demain, les thèmes sont riches pour célébrer l’Université de Rabelais et de Lapeyronie.

Et pour clore cette longue revue de presse, un mot écrit en majuscules : MERCI. La campagne de financement participatif pour la rénovation du site des Cahiers Pédagogiques a atteint son objectif. Nous allons donc avoir bientôt grâce à vous un site moderne et tout beau. La cagnotte est ouverte jusqu’au 11 au soir pour cette fois toiletter la maquette de la revue papier.

Aux manettes de la revue de presse cette semaine, Monique Royer qui vous souhaite des vacances ressourçantes, reposantes et sans bugs.

Lire la suite

“L’école française est fondée sur une occultation volontaire du corps”, Maxime Rovère, philosophe

10 Avril 2021 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education

“L’école française est fondée sur une occultation volontaire du corps”, Maxime Rovère, philosophe

Enseigner par le corps, tel est le credo de Maxime Rovère. Le philosophe soutient une conception de l’enseignement singulièrement mise à mal par la pandémie et l’école à distance, où les interactions entre élèves, si moteurs dans l’apprentissage, sont inexistants. Entretien.

« Depuis le XIXe siècle au moins, on pense classiquement que c’est plutôt en faisant taire le corps des élèves, en les tenant assis, immobiles et silencieux, que l’ont peut orienter leur attention vers des objets considérés comme purement intellectuels. […] On sait pourtant de longue date que les savoirs sont d’autant mieux assimilés qu’ils circulent entre pairs », écrit le philosophe Maxime Rovère dans une note rédigée pour le think tank dédié à l’éducation Vers le haut. Par conséquent, prendre en compte la corporéité des élèves, cela signifie considérer les échanges entre eux comme des moteurs fructueux d’apprentissages. » L’ex-professeur de lycée défend ainsi un « enseignement par le corps », dont il développe les contours philosophiques dans l’ouvrage L’École de la vie. Érotique de l’acte d’apprendre (éd. Flammarion), publié en septembre dernier. Entretien.

“Ce corps interactionnel, très émotif, est celui qui apprend ; il devrait être placé au centre de l’enseignement, non à la marge.”

Marc Belpois

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous (abonnés)

Lire la suite

19 pays de l'OCDE ont intégré les enseignants parmi les populations à vacciner en priorité... Pas la France.

10 Avril 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Avez vous l'impression de perdre du temps ?

EXTRAITS

Vaccination des profs : « La France accuse bien un certain retard » par rapport aux « bons élèves » de l’OCDE

Eric Charbonnier, qui a piloté une étude internationale sur le sujet pour l’OCDE, souligne que contrairement à la France dix-neuf pays ont intégré les enseignants parmi les populations devant prioritairement être vaccinées.

Le ministère de l’éducation parle d’une vaccination des enseignants à partir de la mi-avril, quand le chef de l’Etat semble ne pas l’envisager avant son ouverture aux personnes de moins de 50 ans – mi-juin, à ce stade. Au regard des calendriers de vaccination définis dans les autres pays, diriez-vous, comme les syndicats d’enseignants, que cela vient tard ?

Deux tiers des pays sur lesquels nous avons enquêté – dix-neuf, pour être précis sur trente qui ont répondu aux questions sur la vaccination – ont intégré les enseignants parmi les populations devant prioritairement être vaccinées. C’est le cas de l’Allemagne, du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de l’Autriche, de l’Estonie, de la Pologne, mais aussi du Chili, de la Lituanie ou encore de la Russie, pour ne citer qu’eux. Nous ne disposons pas, précisément, de la date de début de la vaccination des enseignants pour chacun d’entre eux, mais nous savons que ces « bons élèves » de l’OCDE ont en commun de l’avoir démarrée avant la fin du premier trimestre 2021. En comparaison, la France accuse bien un certain retard.

(...)

La France se félicite d’avoir gardé ses écoles ouvertes plus longtemps que ses voisins. Vous confirmez ?

Pour pouvoir faire la comparaison, nous avons retiré du décompte les week-ends, jours fériés et jours de vacances. A toutes choses égales, la France a effectivement moins fermé ses établissements scolaires entre janvier et décembre 2020 : elle a enregistré 29 jours de fermeture en maternelle, 29 aussi en élémentaire, 34 au collège et 39 au lycée, contre, respectivement, 42 jours de moins en maternelle en moyenne OCDE, 54 jours de moins en élémentaire, 63 jours au collège et 67 jours au lycée. La tendance à l’augmentation de la durée de fermeture, en fonction des niveaux d’enseignement, s’observe dans quasiment tous les pays : on a davantage fermé les lycées que les écoles maternelles, pour les raisons sociales mais aussi économiques évidentes.

Restons modestes : la France n’est pas non plus un cas à part. D’autres pays, comme l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande, la Norvège ou le Danemark, ont fait le choix de maintenir au maximum leurs écoles ouvertes, en tout cas en 2020. Les premiers mois de l’année 2021 [non inclus dans cette enquête] ont vu l’Allemagne prendre très vite la décision d’une fermeture des établissements. Cela peut encore changer.

Vous revenez aussi, dans cette étude de l’OCDE, sur la façon dont les systèmes éducatifs se sont adaptés à la pandémie. Beaucoup ont basculé, comme l’a de nouveau fait la France mardi 6 avril, dans l’enseignement à distance. Y a-t-il un mode opératoire commun ? Des pays qui ont mieux réussi que d’autres à faire cette « bascule » ?

Des pays comme l’Australie, le Canada ou la Norvège ont fait leur « mue » numérique il y a des décennies. Comparée à ces pays, la France accusait du retard. Cela ne s’est pas joué en mars 2020 : toutes les études menées avant le Covid montrent que l’utilisation des outils numériques par nos enseignants était en deçà de ce qui se fait ailleurs.

(...)

Propos recueillis par Mattea Battaglia

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Comment la crise sanitaire a boosté la soif de lire de certains ados

10 Avril 2021 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education, #Culture

Comment la crise sanitaire a boosté la soif de lire de certains ados

La réduction des activités extérieures a donné ou redonné l’envie de feuilleter à certains adolescents, qui témoignent de leur passion à « 20 Minutes »

  • Passant plus de temps chez eux, certains adolescents ont découvert le plaisir de la lecture ou s’y sont adonnés plus qu’à l’accoutumée.
  • Car le fait de plonger dans une histoire les éloigne des réalités anxiogènes du moment.
  • De la BD, en passant par l’heroic-fantasy jusqu’aux classiques, ils ont des goûts éclectiques.

Des sorties réduites, des activités culturelles et sportives suspendues, une vie sociale plus réduite… La crise sanitaire a bouleversé les loisirs des adolescents. Et si beaucoup d’entre eux se sont réfugiés sur leurs écrans pour trouver un peu de réconfort, certains ont découvert le plaisir de la lecture ou s’y sont adonnés plus qu’à l’accoutumée.

Caroline, 16 ans, fait partie de ceux que la crise du coronavirus a transformé en lecteurs, car ils étaient à la recherche de nouvelles activités. « J’ai commencé pendant le premier confinement. Je n’aimais pas forcément avant, mais n’ayant rien à faire, j’ai essayé et puis je suis tombée amoureuse de la lecture. Je passe environ une dizaine d’heures par semaine à lire. Je me suis récemment munie d’une liseuse, donc je le fais en version numérique. Mais j’achète encore énormément de livres. J’ai commencé à compter, depuis le 1er janvier 2021, combien de pages j’ai lues. J’en suis à plus de 1.700 pages tournées », annonce-t-elle fièrement.

En fouillant dans la bibliothèque…

Chez les adolescents qui aimaient déjà bien feuilleter avant la crise, le fait de passer plus de temps à la maison a avivé leur envie. A l’instar d’Arthur : « J’ai toujours beaucoup lu, mais c’est vrai que le confinement m’a fait davantage lire. J’ai lu notamment L’horloge de vie, de Marc Couvreux, que je conseille ! ». De son côté, Justine, 11 ans, est carrément devenue une lectrice compulsive depuis un an : « Je lis un bouquin et cinq BD par semaine. J’ai découvert les livres qui traînaient dans la bibliothèque et qui appartenaient à ma sœur. Et comme mes parents avaient peur que je m’ennuie et que je passe trop de temps sur les écrans, ils m’en ont offert plein depuis un an ».

Josse, 14 ans, passe aussi beaucoup plus de temps à tourner les pages qu’avant : « Je lisais un livre tous les deux mois avant la crise. Mais depuis, mon rythme, c’est plutôt deux livres par mois pendant la période scolaire et un livre par semaine pendant les vacances ».

« Il y a un véritable engouement autour des livres inspirés de séries Netflix »

Cette passion de certains adolescents pour la lecture, Coline Jason, professeur documentaliste au collège Jules Ferry de Mantes-la-Jolie (Yvelines), était aux premières loges pour la constater lorsque son établissement était encore ouvert : « Les élèves étaient très demandeurs, notamment de mangas. Ils avaient un véritable engouement pour L’atelier des sorciers, car le personnage Coco leur plaît beaucoup. Ils adorent aussi la BD Louca (Dequier) et se battaient pour avoir les tomes suivants. Plébiscite aussi pour Zombillenium (Pins). Cette année, les livres dont on est le héros, comme Loup-garou (Moon) ou Les larmes de Nuwa Jurdic) marchent bien aussi. Et il y a un véritable engouement les livres inspirés de séries Netflix, comme The witcher (d’Andrzej Sapkowski) ou Strangers things (de plusieurs auteurs selon les tomes) ».

Car les adolescents ont des goûts éclectiques, souligne Olivier Couderc, porte-parole du Centre national du livre (CNL) : « Ils lisent aussi bien des classiques, en raison des lectures imposées par les enseignants, que des mangas, de la BD, des comics, de l’heroic-fantasy, de la science-fiction… Les prescriptions de lectures leur proviennent aussi bien des amis, des réseaux sociaux (#BookTok sur Tik Tok), des youtubeurs (comme le compte "Le souffle des mots" d’Audrey) ». C’est le cas de Justine, qui passe d’un genre à un autre pour varier les plaisirs : « J’ai dévoré les 9 tomes du Journal d’Aurélie Laflamme (Desjardins), j’ai aussi lu Le journal de Cléopâtre (Diglee), les Harry Potter (Rowling), Les trois mousquetaires (Dumas) et même plusieurs Agatha Christie. En BD, j’ai adoré Le journal d’Esther (Varin, Sattouf), Les quatre sœurs (Rigal-Goulard), Les profs (Pica, Erroc), Les petits mythos (Larbier, Cazenove). Pour les choisir, je regarde la quatrième de couverture pour voir si l’histoire m’inspire et si le style d’écriture me plaît », explique-t-elle.

« A chaque fois que je lis, j’ai l’impression d’être dans ma bulle »

Josse, lui, fait carrément le grand écart : « Depuis un an, j’ai lu des classiques que j’ai trouvés chez moi : Germinal (Zola), Le lys dans la vallée (Balzac), Eugénie Grandet (Balzac), Le comte de Monte-Cristo (Dumas), Un sac de billes (Joffo), Le journal d’Anne Franck. Mais aussi des ouvrages économiques comme La richesse des nations (Smith), Le Capital (Marx), Capital et idéologie (Pïketty). Et quand je tombe sur des notions que je ne comprends pas, je regarde des vidéos de vulgarisation sur Internet. Récemment, je me suis mis à la philo, en lisant Le monde de Sophie (Gaarder) et L’existentialisme est un humanisme de (Sartre). Je vais chercher des mots dans le dictionnaire et je surligne les passages qui me plaisent. En parallèle, je lis des mangas comme One Piece (Oda) ou Death note (Ōba) ». Caroline, elle, a des goûts littéraires assez différents des ados de son âge, qu’elle assume pleinement : « Je lis principalement de la psychologie et la psychanalyse, mais aussi des biographies ou des histoires vraies ».

Leur point commun à tous reste le plaisir qu’ils trouvent à feuilleter : « La lecture est pour eux un moyen d’évasion », résume Olivier Couderc. Ce que confirme Justine : « A chaque fois, j’ai l’impression d’être dans ma bulle, mon monde ». « Cela permet de ne penser qu’au livre, à son histoire, de prendre du temps pour moi », témoigne Caroline.

Reste à savoir si leur plaisir des mots restera une fois la crise sanitaire passée. Josse y croit : « Après, je continuerai, car j’aime encore plus ça qu’avant. La preuve : je participe à des groupes de discussions sur Discord où l’on débat de nos lectures ». Justine pense aussi poursuivre dans cette voie : « Sauf si pendant ma crise d’ado, je me détourne des livres », confie-t-elle.

Delphine Bancaud

Lire la suite

Action-réaction - Jean-Michel Blanquer en pleine cote d’alerte

10 Avril 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Action-réaction - Jean-Michel Blanquer en pleine cote d’alerte

Le ministre de l’Education fait les frais de sa gestion de la crise sanitaire dans les écoles. Deux sondages confirment sa perte de vitesse, dans tous les électorats, même au sein de la base électorale d’Emmanuel Macron (LREM et Modem).

La pente est rude mais la route est droite. Après quatre ans aux manettes du ministère de l’Education nationale et en pleine tempête numérique sur l’école à distance, la cote de popularité de Jean-Michel Blanquer offre cette semaine des signes de faiblesse, confirmés par deux sondages consécutifs.

Le gouvernement a-t-il confiné les élèves trop tôt ou trop tard ? Quel que soit leur bord politique, les Français semblent accumuler les reproches à l’égard d’un ministre hypermédiatisé et désormais visé par une plainte. Dans le tableau de bord Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio publié jeudi, le ministre recule de cinq points – sept en deux mois, faisant les frais de la gestion de la crise sanitaire dans les écoles.

Même tendance dans le baromètre Elabe pour les Echos et Radio classique rendu public vendredi : à peine 21% des Français disent avoir une «image positive» du ministre de l’Education nationale quand plus de la moitié d’entre eux (51%) affirment en avoir une mauvaise. Cela représente une baisse de deux points en un mois, quatre depuis février.

La cote du ministre est au plancher au sein de l’électorat de gauche (16% de bonnes opinions, contre 32% à droite) et dans les tranches d’âges de 25 à 49 ans (14%). De plus, 15% des ouvriers ont une bonne image de lui, contre 27% des cadres. Mais c’est parmi l’électorat de la majorité macroniste que la glissade est la plus spectaculaire : à 46%, il a perdu 10 points en un mois et 20 points sur deux mois. «Parmi les électeurs d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle, il est au plus bas depuis un an, à 36%», note le quotidien économique.

«Alors qu’il avait réussi la reprise de septembre, la troisième phase de la crise sanitaire est plus difficile pour lui. Il n’apparaît pas aujourd’hui dans sa relation avec l’opinion, comme un homme fort du gouvernement», analyse Bernard Sananès, le président de l’institut Elabe. Jean-Michel Blanquer pointe désormais à la 19e place (sur 32) du classement des personnalités politiques, loin derrière les ministres Roselyne Bachelot (Culture), Olivier Véran (Santé) ou Bruno Le Maire (Economie et Finances), mais aussi loin derrière Eric Dupond-Moretti (Justice) et Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement.

Libération

Lire la suite

Covid-19 : la fermeture des écoles va-t-elle permettre de freiner l'épidémie ?

9 Avril 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Covid-19 : la fermeture des écoles va-t-elle permettre de freiner l'épidémie ?

L'efficacité de cette mesure mise en place depuis mardi est difficile à évaluer. Les experts sont de plus en plus divisés sur l'importance de la transmission du virus dans les établissements scolaires.

Les salles de classe de métropole vont rester vides pendant trois semaines. Les crèches, écoles, collèges et lycées sont fermés depuis le mardi 6 avril. Cette mesure radicale répond à un objectif : ralentir l'épidémie de Covid-19"C'est la solution la plus adaptée pour freiner le virus", a plaidé Emmanuel Macron lors de son allocution, le 31 mars. "Fermer les écoles, c'est la solution de raison", a renchéri le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, le lendemain. Mais cette "solution" va-t-elle vraiment permettre de casser la dynamique épidémique ? Franceinfo décortique les éventuels effets, directs et indirects.

Un lieu de contamination qui fait débat

La première difficulté pour juger de l'efficacité de cette mesure réside dans le fait que les spécialistes ne sont pas tous d'accord sur l'importance du rôle joué par les établissements scolaires dans la circulation du Sars-CoV-2. "Les écoles jouent un rôle dans la dynamique de l'épidémie", affirme dans The Conversation Dominique Costagliola, épidémiologiste et biostatisticienne. Pour appuyer son propos, la directrice adjointe de l'Institut Pierre-Louis d'épidémiologie et de santé publique cite deux études, l'une publiée dans Science (en anglais), l'autre dans le European Journal of Clinical Investigation (en anglais).

"Les enfants sont un point d'entrée du virus dans les familles ; les données en ce sens sont désormais nombreuses", ont également écrit l'ex-directeur de Santé publique France, François Bourdillon, et la docteure en science politique Mélanie Heard, dans une tribune publiée par Le Monde (article abonnés) le 24 février. L'épidémiologiste Antoine Flahault partage ces analyses dans un entretien au Figaro.

Si l'école joue un rôle dans la propagation de l'épidémie, celui-ci est mineur, d'après l'étude pédiatrique Vigil. Le cercle familial reste le principal lieu de transmission pour les plus jeunes, selon le pédiatre Robert Cohen, principal auteur de cette étude qui porte sur 300 enfants testés positifs, principalement âgés de 0 à 10 ans. Pour environ 200 d'entre eux, l'origine de la contamination a pu être établie. Et "dans 70 à 80% des cas, la transmission aux enfants s'est faite au sein du domicile". Ces constats sont corroborés par l'étude ComCor (PDF), travail au long cours mené par l'Institut Pasteur, portant sur 77 208 personnes "avec infection aiguë par le Sars-CoV-2".

"Avoir un enfant scolarisé en primaire n'a pas été jusqu'à maintenant associé à un surrisque d'infection pour les adultes vivant dans le même foyer."

Les auteurs de l'étude ComCor dans leur rapport de recherche

Des différences apparaissent toutefois selon les âges des enfants. Les campagnes de dépistage ont montré que le taux de positivité des tests était un peu plus élevé en passant de la maternelle au primaire, du primaire au collège et du collège au lycée. En clair, plus les enfants sont âgés, plus ils sont de potentiels vecteurs du virus.

Un effet direct sur les chaînes de transmission

Même si les établissements scolaires sont des lieux de contagion dont l'importance fait débat, leur fermeture a un effet direct : l'arrêt des contaminations, quelle que soit leur ampleur, fait valoir Pascal Crépey, épidémiologiste à l'Ecole des hautes études en santé publique.

"Malgré les avis divergents des spécialistes, nous nous entendons tous sur le fait qu'il y a très certainement des contaminations dans les écoles et que les fermer, cela permet d'éviter ces contaminations."

Pascal Crépey, épidémiologiste à france info

"Si les écoles sont fermées, elles ne sont plus des endroits où les chaînes de transmission peuvent se créer, il y aura donc moins de transmissions intra-foyer", abonde auprès de franceinfo Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l'université de Montpellier. L'universitaire fait remarquer que les contaminations provoquées par les enfants ne se limitent pas seulement aux membres de leur foyer, mais concernent également leurs grands-parents ou encore les autres membres de leur entourage familial ou amical qu'ils auraient pu côtoyer.

Un effet indirect sur les interactions des parents

La fermeture des établissements scolaires a également des répercussions en dehors des écoles, et qui ne concernent pas que les enfants. "Elle va aussi forcer certains parents à rester à la maison pour garder les enfants", souligne Pascal Crépey. Il s'agit, selon lui, de l'effet "un peu indirect que l'on cherchait à obtenir avec l'incitation au télétravail, qui est de réduire les moments d'exposition sur les lieux de travail", identifiés comme des lieux de contamination. 

En effet, selon l'étude ComCor, parmi les 45% de personnes interrogées qui pensaient savoir où elles avaient attrapé le virus, 15% ont cité le milieu professionnel. Mais les contaminations étaient 30% moins nombreuses chez les personnes en télétravail cinq jours sur cinq, contre 24% pour celles qui alternaient entre présentiel et distanciel.

"Le recours au télétravail a été insuffisant et donc je comprends que l'on passe par des mesures plus fortes, plus indirectement contraignantes, pour garder les gens chez eux."

Pascal Crépey, épidémiologiste à france info

La fermeture des écoles et l'incitation au télétravail visent un même et unique but : diminuer les interactions au sein de la population. "La mesure la plus efficace, d'un point de vue théorique, serait d'imposer aux gens de réduire de 50% à 60% les contacts qu'ils ont avec leurs semblables. Cela permettrait de casser la dynamique épidémique très rapidement et très efficacement. Mais c'est impossible à contrôler, à estimer", explique Pascal Crépey. Pour lui, "toutes les mesures prises par l'exécutif sont des mesures 'détournées' pour atteindre cet objectif de réduction des contacts. C'est justement le rôle du politique de traduire cet objectif en mesures réalistes et applicables pour que la société continue de fonctionner"

La fermeture des écoles peut également avoir un "impact de perception" auprès de la population, avance auprès de franceinfo Laura Temime, professeure d'épidémiologie et de modélisation des risques sanitaires au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Cela peut amener les Français à se dire qu'il se passe "quelque chose de grave, que c'est sérieux", poursuit l'enseignante-chercheuse. Ce sentiment pourrait inciter les Français à prendre davantage de précautions. 

Emmanuel Rusch, président de la Société française de santé publique, envisage lui aussi que la fermeture des écoles et l'éventuel changement d'appréciation du danger qu'elle entraîne aient des "conséquences en cascade" conduisant au final à une "forme de confinement familial".

Une efficacité impossible à évaluer ?

Mais, entre ces effets directs et indirects, est-il possible de mesurer précisément l'impact de la fermeture des écoles sur le ralentissement de l'épidémie ? Elle est "considérée comme une mesure efficace pour limiter la circulation du virus en communauté", écrit le Conseil scientifique dans son avis du 11 mars (PDF), se référant à deux études, l'une européenne publiée en novembre 2020 dans la revue Nature Human Behaviour (en anglais), l'autre française parue en février dans la revue Nature communications (en anglais).

Il s'agit même de l'une des mesures les plus fortes pour limiter la transmission du Sars-CoV-2, montre également une étude écossaise publiée dans la revue The Lancet (en anglais), en octobre 2020. C'est ce qui ressort d'une vaste comparaison des "interventions non pharmaceutiques" prises dans 131 pays pour faire face à la pandémie de Covid-19.

Toutefois, certains experts demeurent sceptiques. "Je ne pense pas que la fermeture des écoles aura un impact très important sur l'épidémie (...) C'est la moins bonne des solutions", juge l'épidémiologiste Martin Blachier sur CNews"La fermeture des écoles ne sert pas à grand-chose et pourrait même aggraver la situation", renchérit l'épidémiologiste Catherine Hill auprès de l'AFP. 

"Même lorsque cette période sera passée, il sera difficile de savoir si ces mesures ont eu un effet ou non, puisqu'il y a plein d'autres variables, telles que le climat."

Emmanuel Rusch, président de la Société française de santé publique à franceinfo

Isoler l'effet de la seule fermeture des écoles s'avère particulièrement difficile. D'abord, parce que d'autres mesures de freinage de l'épidémie s'appliquent en parallèle : le port du masque, le confinement, le couvre-feu et le télétravail notamment. Ensuite, parce que d'autres éléments peuvent influer : la diffusion du variant identifié en Grande-Bretagne, plus contagieux, ou à l'inverse l'accélération de la campagne de vaccination. 

"Il y a toujours énormément de choses qui jouent en même temps", résume Laura Temime, rappelant que l'éventuel effet bénefique du couvre-feu avait également fait débat. "Bien présomptueux celui qui saura dire si c'est efficace ou non", conclut Emmanuel Rusch.

Louis San

Lire la suite