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Vivement l'Ecole!

ecriture inclusive

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Ecriture inclusive: liens vers l'enquête de Libé...

6 Novembre 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Ecriture inclusive

Ecriture inclusive: liens vers l'enquête de Libé...
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L’écriture inclusive touche l’accord sensible... (+ commentaire)

6 Novembre 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Ecriture inclusive

L’écriture inclusive touche l’accord sensible... (+ commentaire)

Souvent réduites au «point médian» accusé d’être «illisible», les règles grammaticales visant à redonner de la visibilité au féminin déchaînent la colère des plus conservateurs depuis la publication cet automne d’un manuel scolaire qui les applique.

Ce serait une «prise d’otages des écoliers» pour le député LR Julien Aubert, «une agression de la syntaxe», pour le philosophe Raphaël Enthoven, une «novlangue» digne de 1984 de George Orwell, un «massacre», des «barbarismes illisibles», «un péril mortel» selon les termes de l’Académie française (qui a généreusement accueilli en son sein pas moins de huit femmes en près de quatre siècles)… Mais quel sujet peut donc bien susciter une telle ire, une telle avalanche de termes propres à faire trembler les Français·es ? La désormais célèbre et très décriée écriture inclusive. Adoptée pour la première fois cet automne par l’audacieux éditeur Hatier dans un manuel scolaire d’histoire pour CE2, elle déchaîne depuis les passions. Mais est-elle forcément bien comprise ? Son objectif est en réalité limpide : «inclure» les deux genres (masculin et féminin) dans la langue française, la rendre plus égalitaire. Autrement formulé : cesser de gommer le féminin (oui, les pompières aussi sauvent des vies).

Mots épicènes

Comment ? Par exemple en insérant un «point médian» ou «point milieu» avant un «e» bien féminin dans les mots dont on use : les électeur·rice·s (ou électeurs·rices) car oui, les femmes ont le droit de vote. Compliqué ce petit «·» ? Pas franchement : sur PC, il naît du raccourci clavier alt+0183, et alt+Maj+F sur Mac. Du moins pour l’instant, car il devrait bientôt figurer sur les claviers azerty. Même Microsoft a décidé de s’y mettre : son logiciel de traitement de texte, Office 365, propose la version au féminin de tous les noms employés. Mais l’écriture inclusive ne se réduit pas à ce seul «point milieu», largement caricaturé et auquel certains rêvent de mettre un poing. L’écriture inclusive peut aussi se pratiquer très simplement en jouant la «double flexion». Késako ? Il suffit de mentionner explicitement et systématiquement les électrices et les électeurs, les académiciennes et les académiciens. Le cas échéant, on peut encore se rabattre sur des mots dits épicènes, plus neutres, comme «les responsables». Voilà, juste ça. A première vue, pas de quoi dénaturer notre langue ô combien chatouilleuse dès qu’il s’agit de la dépoussiérer ou, pis, faire trembler notre république des lettres.

«Il y a une grande méconnaissance de ce qu’est l’écriture inclusive», observe Margaux Collet, membre du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), instance rattachée au Premier ministre chargée d’éclairer le gouvernement sur la parité. La preuve, certains la pratiquent déjà, comme M. Jourdain faisait de la prose à sa langue défendante. A ce petit jeu, la palme revient à l’ex-ministre de l’Education nationale, Luc Ferry, s’emballant fin octobre sur Twitter : «On aimerait savoir qui est le crétin ou la crétine qui a inventé une écriture inclusive imprononçable et en rupture avec toute la littérature.» Bien joué, Luc Ferry, d’avoir aussi pensé à invectiver la crétine… Pas mal aussi, madame la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, assurant : «Je ne suis pas vraiment pour…» avant d’ajouter être «favorable à la féminisation des noms».

Petit hic

Malgré la levée de boucliers, le mouvement est en marche. Il sera à nouveau alimenté ce jeudi par le collectif Prenons la une, constitué de femmes journalistes défendant une meilleure représentation des femmes dans les médias, lors d’un débat intitulé : «Les médias sont-ils prêts pour l’écriture inclusive ?» A l’origine de cette opération de justice langagière, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui publiaitil y a deux ans jour pour jour un Guide pour une communication publique sans stéréotype de sexe. Soit un outil pensé comme «un accompagnement pratique pour une communication égalitaire, à destination des institutions publiques, nationales et territoriales», résume l’enseignante-chercheuse en psychologie et membre du HCE Françoise Vouillot.

Depuis 2015, 20 000 exemplaires papier de ce guide ont été imprimés, et tout autant téléchargés. En outre, une cinquantaine d’interventions pédagogiques ont été menées dans la fonction publique. A ce jour, une quarantaine d’institutions se sont engagées (mais qu’on se rassure, sans sanction possible) à rendre le féminin visible dans leur communication écrite : des ministères (de l’Education nationale, de la Justice, ou de l’Intérieur) à l’Assemblée nationale, en passant par des collectivités locales, ou encore l’ENA. Petit hic : si le ministère de l’Education s’est mobilisé sous le quinquennat de François Hollande pour donner l’exemple aux écolières et aux écoliers, le nouveau ministre macronien Jean-Michel Blanquer, lui, rétropédale en s’abritant derrière l’un des arguments favoris des opposants : «Ça ajoute de la complexité.»*

«Vieux fantasme»

Ce type de réaction, le HCE l’avait bien sûr anticipé. Sa réponse : «user du féminin au contraire clarifie». L’organisme n’a pas été plus dépourvu quand sur les réseaux sociaux, beaucoup se sont insurgés après la parution du manuel des éditions Hatier, assurant (à tort), que les classiques de la littérature française allaient être réécrits. «C’est d’une mauvaise foi sidérante», désespère Françoise Vouillot, lasse de voire le fameux le Corbeau et le Renard jeté en pâture par les détracteurs. Non, il n’a jamais été question de flanquer maître corbeau d’une maîtresse, et encore moins d’attribuer la fable à un·e Jean·ne de La Fontaine…

«Il y a eu beaucoup d’opposition de principe dans les réactions très vives de ces dernières semaines», analyse Françoise Vouillot, qui poursuit : «Certains clament que l’écriture inclusive est un gadget. Pourquoi, dès lors, s’énerver autant ?» D’autant, que depuis leur parution il y a deux ans, les recommandations du HCE pour une communication paritaire n’ont jamais suscité pareil tollé.

C’est donc bien l’arrivée de ce débat en milieu scolaire qui a ouvert les vannes. «L’école est un sujet hyper sensible, estime Françoise Vouillot. C’est un lieu puissant de transmission des normes, et il y a sans doute une peur irrationnelle que l’écriture inclusive vienne dissoudre les sexes.» Ce «vieux fantasme» avait déjà été agité au moment des débats sur les ABCD de l’égalité ou la supposée «théorie du genre», rappelle l’enseignante-chercheuse, qui insiste : il ne s’agit pas de «transformer, voire de déformer», mais simplement de faire revenir les femmes dans le français, comme c’était le cas il y a des siècles des siècles (lire page 3). Jusqu’à ce que l’Académie française, au XVIIe siècle, ne décide de faire du masculin le genre «le plus noble».

Par Catherine Mallaval

* Commentaire

"...si le ministère de l’Education s’est mobilisé sous le quinquennat de François Hollande pour donner l’exemple aux écolières et aux écoliers, le nouveau ministre macronien Jean-Michel Blanquer, lui, rétropédale en s’abritant derrière l’un des arguments favoris des opposants : «Ça ajoute de la complexité."

Et il n'est tout à coup plus question de vanter la "plasticité du cerveau" des tout petits...

Comme l’affirmait le Ministre de l'Education Nationale dans La Croix en date du 13 septembre 2017, reprenant des propos tenus auprès des journalistes de L'EXPRESS: (voir lien en bas de page)

"...la plasticité du cerveau est particulièrement forte dans les premières années de la vie, beaucoup moins ensuite."

"...il (Le Ministre) préconise « la maîtrise des quatre opérations au CP et au CE1 »"

Plasticité qui serait donc tout à fait bienvenue pour imposer la maîtrise des 4 opérations en CP/CE1 mais plus du tout pour d'autres apprentissages qui ont le terrible et rédhibitoire défaut de ne pas avoir reçu l'onction de la sacro-sainte Académie Française manifestement très influente ces derniers temps.

Une "plasticité" à choix multiples?

Christophe Chartreux

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L'écriture inclusive, hérésie ou évolution?...

29 Octobre 2017 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Ecriture inclusive

L'écriture inclusive, hérésie ou évolution?...

C'est par un manuel pour les élèves de CE2 que la polémique est arrivée. En tête de chapitres, des mots nouveaux sont arrivés : "Artisan.e.s" ou "agriculteur.rice.s". À chaque fonction, les versions féminine et masculine sont écrites pour donner plus de place aux femmes. Cette écriture dite inclusive se répand. Par exemple, sur le site du Centre national des Arts et métiers, les ingénieurs sont aussi des ingénieures.

Une langue désunie et disparate

Une façon d'écrire qui fait bondir l'Académie française. Dans une déclaration, les Immortels mettent en garde contre l'écriture inclusive qu'ils comparent à un "péril mortel".

Pour eux, elle conduit à une langue désunie et disparate et crée une confusion qui confine à l'illisibilité. Les mots sont forts. Des académiciens contre l'écriture inclusive, rien d'étonnant pour une universitaire. Selon Éliane Viennot, ceux qui ne comptent "que 4% de femmes dans leurs rangs sont dans leur rôle, ils ont déjà refusé la féminisation de nombreux mots tels qu'autrice'".

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Ci-dessous liens et points de vue différents sur le sujet

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