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Vivement l'Ecole!

divers

A ma mère...

29 Mai 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Ma mère…

(À lire en écoutant les 12 fantaisies pour violon seul de Telemann. Exclusivement par Arthur Grumiaux)

Je ne sais pas parler d’elle. Ou plus exactement, je ne peux rien écrire car très vite mon regard se noie…

Se noie des larmes arrachées par les beaux souvenirs qu’elle m’a offerts, fabriqués, construits…

De l’Algérie natale, je n’ai conservé que quelques photos en noir et blanc. Je marche vers elle, mon père vient de me lâcher pour mes premiers pas. Mon Algérie est encore en guerre. Nous sommes en 1960 ou 61. Bientôt mon père décidera de mettre épouse et enfant à l’abri, au Maroc, des « événements ». Manière habilement politique de ne jamais parler de guerre. Ce fut pourtant bien une guerre.

Ma mère, accueillait tous les enfants des villages alentour. Français et arabes. Cela lui fut reproché par les colons « pieds-noirs ». Elle soignait ceux parfois atteints de teigne et de gale. Sans distinction. Jamais !

Bien des années plus tard, alors que mon père effectuait un stage à l’Université d’Aix-en-Provence pour préparer le concours d’inspecteur de l’Education Nationale, un des stagiaires se présenta à lui. « Bonjour. Je m’appelle Ahmed (ce n’est pas le véritable prénom) et je vous connais bien. J’étais en Algérie en même temps que vous. Mais j’étais de l’autre côté. Instituteur le jour et FLN la nuit. Un soir, il y a eu une attaque. Des morts. Des blessés. Mais pas vous. J’avais reçu ordre qu’aucun mal ne vous soit fait »

Mon père, surpris, lui demanda les raisons de cette bienveillance.

« Vous n’aviez pas l’esprit colon, Algérie Française. Chez vous, dans votre classe, avec votre épouse, les enfants étaient tous traités de la même manière. Vous respectiez nos familles, notre langue, nos fêtes religieuses. Un jour, j’ai même partagé la rupture du jeune du ramadan avec vous. Vous étiez le seul français présent ! Alors, le FLN vous a mis de coté, si je puis dire.

- Et si vous n’aviez pas reçu l’ordre ?

Ahmed a souri…

- Je l’ai reçu… Voilà... »

Oui, voilà…

Mes parents, ma mère, c’était ça. La bonté, le partage, la solidarité. Elle aussi aimait la petite fille aux pieds nus qui riait avec moi. Qui rit toujours avec moi… Une autre maman... Une autre histoire...

Le dimanche, un rituel. Qui n’était pas la messe. Elle me prenait par la main et m’emmenait acheter un « palmier ». Ce biscuit saupoudré de sucre. Nous revenions par la promenade devant la mer, à El Jadida. Puis remontions, en passant devant le cinéma Marhaba et ses grandes affiches annonçant les films proposés et à venir, vers la rue Guynemer. Je prenais le temps de ne terminer ma gourmandise qu’une fois arrivé à la maison. Le plaisir est quelque chose qu’il faut savoir faire durer. Sinon, à quoi bon…

"Ca va mon fils ? Pourquoi es-tu si long à terminer un si petit gâteau ?"

Parce que je n’aime pas les fins maman… Parce que je n’aime pas les fins…

Plus tard, lorsque mon père aura décidé de vivre une autre vie avec une autre femme, j’accompagnerai ma mère dans d’autres promenades. Sans « palmier ». C’est moi qui tiendrai sa main pour l’empêcher de précipiter sa vie du haut d’une falaise. Mais cela, ça m’appartient…

Elle s’est éteinte discrètement. Sans plainte malgré la maladie. Les derniers jours, elle m’appelait « Monsieur ». Sa mémoire était allée rejoindre ses souvenirs et mon père parti quelques mois avant, le jour d’une rentrée scolaire, ces rentrées qui depuis restent pour moi tout à la fois d’immenses bonheurs et le chagrin toujours présent d’un père absent.

Ma mère aimait le soleil, le vent, la plage, les enfants et les amis à la maison…

Christophe Chartreux

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Souvenir d'une femme voilée...

28 Mai 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

le voile, claudio, 1987.. - ..un détour par le Maroc..

Lorsque je rentrais de l’école, du lycée, à huit ans, à quinze ans, je prenais toujours soin d’ôter mes chaussures. J’étais ainsi en permanence « comme à la plage ». Les couloirs de la maison, les pièces, la cave, le garage, tout me ramenait à la fraîcheur de l’eau que je prenais plaisir à faire exploser en gerbes de lumières, courant vers elle pour fuir la brûlure du sable, inonder mes pieds, mes mollets, mes cuisses, ma taille, mon corps entier plongeant dans l’Atlantique, quelques secondes immergé, dans le silence soudain, seulement bercé par le bouillonnement des rouleaux, puis surgissant à la lumière dans une explosion de joie solitaire avant quelques brasses comme autant de caresses partagées avec l’océan. Je revenais ensuite, essoufflé, me jetant sur ma serviette et, contemplant le ciel, cet autre océan dont la profondeur me plongeait dans des abîmes de réflexions naïves, je regardais défiler des nuages imaginaires, tout enivré de bleu.

Me reviennent en mémoire d’autres pieds nus…

Ceux de Khadija, que j’appelais khaddouj. Elle était notre bonne au Maroc - Je déteste ce terme. Il était utilisé par certaines familles françaises. Pas par mes parents. Elle était d'abord, avant tout et seulement la grande sœur à qui je me confiais lorsqu'enfant j'avais à partager un moment heureux ou moins heureux. Cette femme ne savait ni lire ni écrire mais savait mieux que personne lire dans mon regard et écrire dans ma mémoire. Rien d'elle ne s'est jamais effacé. J'ai appris énormément d'une femme illettrée… Paradoxe intéressant.

Elle aussi, dès son arrivée à la maison jusqu’à son départ, retirait ses chaussures et restait pieds nus. Des pieds peints de la cheville aux orteils. Ces figures me fascinaient car je ne les comprenais pas. C’était une jeune femme de vingt-cinq ans, brune aux yeux sombres, très mince, le visage toujours illuminé d’un sourire. Souvent, elle chantait en travaillant. Jamais elle ne se plaignait. Ses pieds nus rendaient sa démarche, d’une noblesse infinie acquise depuis l’enfance par le port de divers récipients sur la tête, légère, élégante, délicate. Elle ne touchait pas le sol, elle le frôlait, l’effleurait, le caressait. C’était une fée, ma fée.

Au plus fort de la chaleur du jour, elle m’invitait à la cave. Il y faisait si frais. S’asseyant en tailleur et, dans un geste ample sculptant l’espace, ramenant son sarouel entre ses jambes repliées, elle m'invitait à me blottir dans le berceau ainsi formé. Alors, caressant mon front, je l’entendais reprendre une mélopée ancienne. Jamais je n’ai entendu la fin. Je m’endormais, tranquille. Mes pieds nus reposant au sol, secoués de quelques soubresauts provoqués par des rêves oubliés.

Le soir, avant de faire à pieds le court trajet qui la ramenait chez elle, elle couvrait son visage d'un voile fin, légèrement transparent. C'est ainsi qu'elle était arrivée le matin et qu'en gestes délicats elle avait découvert son sourire.

Je la trouvais aussi belle voilée que dévoilée, sans me poser jamais la moindre question. 

Je l'ai aimée. Et l'aime toujours.

Christophe Chartreux

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Chers amis...

23 Avril 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Chers amis,

Retour demain vers la Normandie... 1000 kms à assurer... 

A lundi donc...

CC

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Du Viet Nam à l'Ukraine... Une vie....

19 Avril 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Comme je l'ai déjà écrit, j'ai grandi dans les années 60 en pleine guerre du Viet Nam. Je la suivais à la radio et je feuilletais les pages de Paris-Match - le grand Paris-Match; pas ce qu'il est devenu aujourd'hui. 

J'étais fasciné et horrifié par les articles et les photographies. Les explosions des bombes au napalm figées sur papier glacé. Les B-52 larguant des tonnes de munitions sur des villages et des ennemis invisibles enterrés dans des forêts, des collines et des rizières dont s'occupaient des femmes aux chapeaux en pagode et aux pas caressant la terre dont ils étaient les héritiers millénaires. 

Me reviennent en mémoire les regards des GI's américains. Dépoitraillés, usés par la peur, les pupilles dilatées par les excès de drogues. Des hommes qui ne savaient plus très bien où était le bien, où était le mal. Les regards de ces autres soldats, aux pieds nus, attendant de partir à l'assaut des "impérialistes", certains de la victoire, de la noblesse de leur cause, quel que soit le contenu des lendemains pourvu qu'il fût le leur. 

Je découvrais les "protest songs" et Joan Baez. Woodstock et Jimmy Hendrix reproduisant les explosions des bombes à la guitare. J'avais 11 ans...

53 ans plus tard, nous vivons en direct à la télévision le massacre de l'Ukraine. Des bombardements incessants réduisant des villes en cendres. Des populations obligées de vivre dans des caves ou des couloirs de métros. Des enfants souriants ou en larmes. Ou les deux à la fois, incrédules, terrifiés par des adultes enragés qu'ils croyaient - on leur disait à l'école - des exemples. Des femmes, parfois même pas encore, violées devant leurs proches par des "soldats" voués aux enfers d'un despote. Des innocents abandonnés à même le sol dans la rue d'un village. Fusillés pour rien !

Alors m'est venu ce texte. Déstructuré comme ce massacre, ces immeubles éventrés, ces corps déchiquetés...

                 ____________

Du ciel vient la mort explosions murs éventrés

Hurlements du blessé sirènes un homme qui court

Le village silencieux quel village plus rien 

Chars des chiens errants le métro refuge

Dans le ciel des avions bombes fuite abri

Cadavres charniers puanteur Guernica encore

Tout s'évanouit le réel est néant le jour devient la nuit

Et la nuit s'illumine des éclairs des missiles

Et le jour se tapit tremblant comme une flamme

Et puis...

Et puis une femme belle blonde maquillée

Le feu partout mais son sourire !

Christophe Chartreux

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Week end de vacances...

15 Avril 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Chers amis...

A lundi car je m'octroie 3 jours de "pause blog".

Bon week end !! 

CC

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Chers amis...

9 Avril 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

LOGOTYPE – Agence Ars Magna

Chers amis,

En raison de l'actualité et de mon départ lundi pour le sud-ouest, le blog reprendra le cours de sa vie mardi.

Portez-vous bien.

Amitiés

CC

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J'avais envie de t'écrire de jolies choses... Et la guerre se tut un instant...

13 Mars 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

(À lire en écoutant la partita numéro 2 de Bach par Martha Argerich au piano)

J'avais envie de t'écrire des jolies choses pour rendre le monde plus beau…

Mais la nuit tombe de fatigue et moi avec elle… Les mots ne viennent pas… Je les appelle à tue-tête !

"Eh ho les mots ! Je vous attends ! Allez les mots ! On se réveille ! C'est pour mon amie! Alors les mots ? Ça vient ?

Non parce que là, il y a des gens qui sont en train de bien salir le monde. Et le monde, mon amie, elle l'aime ! Je ne veux pas qu'on lui salisse son monde moi, à mon amie ! Donc les mots, dépêchez-vous de cogner à la porte !

Ils se font prier en plus ces idiots de mots idiots ! Pourtant ils sont beaux quand ils veulent !

Regard… Rires… Rêve… Pieds Nus… Balade… Fleurs… Mer… Soleil… Pluie… Mains… Musique… Chanson… Voyage… Enfance… Souvenir… Mot… Complice… Echange… Couleur… Lointain… Pont… Ami… Amie… Maroc… Vent…

Ah les voilà les mots ! Le vent sans doute les aura jetés sur la page…

Le vent du Maroc, de l'amie à l'ami, par le pont du lointain, aux couleurs des échanges complices, des mots, des souvenirs d'enfance en voyage, au milieu des chansons, des musiques. Mains ouvertes sous la pluie, au soleil, la mer comme une fleur, en balade pieds nus, et le rêve de voir rire ton regard…

Quand ils s'en donnent la peine, ils disent de jolies choses… Les mots…

Et la guerre se tut un instant...

Christophe Chartreux

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Vers Kyiv (Kiev), dans les pas d'Ulysse...

27 Février 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Dans les pas d’Ulysse…

 

En ces temps de guerre en Europe – car si l'Europe n'est pas en guerre, la guerre est en Europe – j'avais envie de m'éloigner du vacarme des bombes, des hurlements des sirènes et des regards apeurés d' enfants terrés dans les abris à Kyiv et ailleurs dans un pays supplicié : l'Ukraine.

 

J'entends, je lis, ici et là, qu'il ne faudrait pas exprimer nos sentiments et conserver notre sang-froid. Cette maîtrise des experts face aux horreurs d'un conflit. Eh bien, laissons cela aux experts. Au nom de quoi devrions-nous nous interdire d'exprimer notre colère, notre révolte, notre tristesse ? Je trouve admirable de lire une Najat Vallaud-Belkacem ou une Cécile Alduy n'hésitant jamais à traduire leurs émotions en mots, leurs larmes en messages...

 

cecile alduy sur Twitter : "Cette image n’a fait pleurer: le cœur gros de voir cet élan spontané profondément humain, face à cette masse de dureté i humaine" / Twitter

 

Alors, je vous emmène en Grèce. Pourquoi la Grèce ? Pourquoi Athènes ? Celle de Clisthène inventant le vote, celle de Mélina Mercouri combattant la dictature, celle du Meltemi soufflant sur la mer Egée ? Oui pourquoi ?

 

Parce que c'est là, au milieu des oliviers et au pied de l'Olympe, en haut des Météores et parmi les Cyclades que sont nés les sentiments premiers : la joie, la peine, la colère, les passions qu'Epidaure accueillait. Les comédiens y portaient des masques ne dissimulant rien mais au contraire multipliant la force, la puissance et la signification des sentiments offerts au public.

 

Venez, suivez-moi... Sans oublier Kyiv, partons en quête de nous-mêmes...

 

Il est donc un pays que j’ai visité il y a fort longtemps, entraîné par mon premier amour. Marchant dans les pas d’Ulysse, j’ai découvert la Grèce. Celle d’Athènes, des Cyclades et de la Crète… Celle de Jacques Lacarrière… Celle d’un peuple surtout… Cette femme me faisant signe de la main pour m’offrir un verre d’eau, alors que la chaleur écrasait le chemin qui mène aux ruines du Cap Sounion, s’offrant à la lumière bouillante de cet après-midi-là plongeant vers la mer toute proche, restera gravée dans ma mémoire. Elle était la Grèce ! Pas celle des mythes, qui ont la fâcheuse habitude de figer l’Histoire. Celle de la montagne épousant les eaux, des oliviers et des murs blancs, des rires et des larmes, des chaises installées devant les entrées et attendant la fraîcheur du soir, de la liberté conquise au prix du sang, de la tragédie et du bonheur de vivre ! De Mélina Mercouri et de Maria Farantouri. Du sirtaki, oh pas celui frelaté pour touristes. Non… Celui dansé un soir par un homme seul, âgé, certain de ne pas être vu et que j’ai observé en silence. La Grèce dansait ! Il a terminé, je me suis éclipsé. Je ne voulais pas trahir ma présence et, par là, trahir le secret de cette danse n’appartenant qu’à lui. Jamais je n’ai vu homme plus grec, à part peut-être ces oliviers millénaires aux corps torturés par le temps et le vent, donnant aux collines des allures de champs de bataille dont les guerriers seraient restés prisonniers du temps…

 

J’ai aimé Santorin. Là encore, pas celui des touristes dégueulés par vaisseaux entiers pour une journée d’arrêt avant de poursuivre le marathon vers d’autres îles, d’autres villes. Vite parcourues, vite pillées en photographies, selfies et cartes postales. C’était dans les années 1980. Les ruelles de la ville-citadelle n’étaient pas encore trop embouteillées par des hordes d’envahisseurs et l’on pouvait déambuler à l’aise au milieu des maisons blanches à coupole bleue. Déjà Braque annonçait sa venue. De l’Atlantide au cimetière marin de Varengeville, quel chemin parcouru… Que d’amours englouties… Au loin, dans le soleil déclinant, loin de Fira et d’Oïa, assis sur un muret, nous regardons finir le jour. L’obscurité enveloppe les regards d’un halo étrange. Ici tout est mystère, comme ce volcan, là, posé, flottant encore au centre de la caldera. Nea Kameni se noie…

 

Puis vint la Crète… Ce bain dans la mer de Libye… Chaude et trop calme à mon goût. Je suis un enfant de l’Atlantique agitée. Les rouleaux de ma jeunesse n’existent qu’en cas de meltemi soufflant en tempête. Zeus est né ici. Je l’ai croisé en parcourant les gorges de Samaria. Elles ont conservé quelques-uns de mes rêves…

 

Je les retrouverai en lisant et relisant quelques pages de l’Odyssée. Ulysse l’aventurier, Ulysse aux mille ruses… Son retour à Ithaque, reconnu par son vieux chien… Le massacre des prétendants et Pénélope lui imposant l’épreuve du lit conjugal sculpté, par lui seul, dans un « rejet » d’olivier… Toujours les oliviers… Cet épisode ravit mes élèves chaque fois que je le leur lis. La Grèce et ses récits ont sur moi le même pouvoir d’émerveillement que je connaissais, enfant, lorsque je découvrais avec mes parents les paysages de l’Atlas enneigé ou ceux d’une plage de Sidi Bouzid, accessible seulement à pied après avoir emprunté l’ouverture étroite d’un pan de falaise détaché, prêt à s’effondrer dans l’océan. J’étais Ulysse marchant vers Calypso… Invincible dans mes étés éternels…

 

Il faut du grec en nous. Aussi épris de liberté que peut l’être ce peuple. Depuis les Thermopyles jusqu’à la disparition du régime des colonels, les grecs sont restés amoureux fous de leur indépendance. Salamine et Platées viendront le confirmer… Maria Farantouri et Mélina Mercouri le chanter entre l’Acropole et les collines de la Pnyx, des Nymphes et des Muses.

 

Il y a du Maroc dans la Grèce. La lumière, la mer, le vent et les chants. L’Histoire multi millénaire. Des paysages tellement beaux qu’ils rendent l’être humain acceptable…

 

Il est des pays où même la pauvreté peut être fastueuse, ou les nuits se reflètent dans tes yeux sombres par la lune escaladant le ciel, ou les terrasses de café se dépeuplent quand le jour se prépare au réveil, où les pas restent silencieux par les pieds toujours nus, au milieu des rires et des claquements secs et réguliers des hommes aux komboloï…

 

Lectrices, lecteurs, si tu vas un jour en Grèce, marche encore et toujours pieds nus, loin des villes et des lieux consacrés au tourisme de masse, dans les ruelles des villages perdus seulement par celles et ceux qui ne savent plus regarder la beauté en face.

 

Alors, nous pourrons ensemble courir vers les victoires… A Kyiv, par exemple...

 

Christophe Chartreux

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Chers amis...

23 Février 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Londres pointe Moscou du doigt sur ses intentions en Ukraine - Le Point

Chers amis,

L'actualité m'oblige à laisser le blog au repos ce jour.

Amitiés

CC

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Le goéland... Par Christophe Chartreux

20 Février 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Je le vois tournoyer d’abord, puis fondre dans l’espace et frôler les vagues en une courbe parfaite. Il remonte vers moi pour se poser enfin, délicatement, au bord de la falaise… Un goéland… Un de ces oiseaux perdus de vue depuis longtemps tant je m’y habitue. Nos regards se croisent. Qui suis je pour lui sinon l’intrus respectant son repos, le temps de lisser les plumes de ses ailes fatiguées ? S'il savait à quel point l'épuisement parfois me gagne. Les combats sont rudes. Il est dans ses éléments, lui, l'oiseau marin. L’air, l'eau, la roche. Et le feu sans oser l'approcher. Je suis l'étranger. La houle de la vie m'a porté, bousculé. La houle des faits du monde battant les flancs des hommes, les secouant, les ballottant à en vomir parfois, l'Histoire faisant peu de cas des trop piètres marins. Elle avance, et la presse la reflète, la relate, la transforme, l'embellit, la rend plus laide, la torture et nous laisse assommés, au coin d'une table, dans un fauteuil, dans nos voitures, partout, envahissant tout. Elle nous noie dans de beaux textes ou d'immondes messages, de belles paroles ou quelques mots abjects. L'oiseau regarde la mer… Que voit il, l'oiseau , sinon l'univers liquide qui est le sien ? Sinon l’azur, absolument. Que voit il l'homme, sinon sa vie, là, devant lui, tempétueuse ou tranquille, sa vie de houle et de clapot, de grands calmes et d'ennui mélangés ? Notre Histoire n'est pas la demeure des oiseaux. Un univers entier où nous sommes étrangers. L' Histoire se déroule sans nous… Elle nous échappe… Nous croyons la faire quand c'est elle qui nous modèle, qui nous fait grands ou petits. L' Histoire… Un tragique océan. Des humains s’y noient. À l'ère médiatique, technologique, technocratique, internétique, algorithmique, l'oiseau dispose du bien dont nous rêvons, toutes et tous, que nous cherchons, qui nous fait rêver, vivre et mourir, le Graal : la liberté en mille reflets divers. Mille reflets éblouissants qui ferment mes yeux à demi quand l'oiseau, reposé, décide de regagner son paradis marin. Il vole dans son Histoire… En coups d'ailes presque lents au point qu'on craint qu'il tombe. Il est un balancement, puis un point, puis plus rien. J'ai vu voler le temps… Hommes, nous sommes tous des étrangers. Au milieu du fracas universel. Regardez l'oiseau se poser devant vous, croiser votre regard. Laissez le en paix et vivez avec lui le moment privilégié de l'Histoire qui vous berce. Vouloir « faire l'Histoire », avoir cette prétention, c'est Icare qui se tue, c'est l'eau qui nous aspire vers des fonds incertains, c’est l’oiseau que l’on chasse…

Christophe Chartreux

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