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Vivement l'Ecole!

culture

Salon du livre 2017: Lettre ouverte de Benoit Hamon au citoyen lecteur...

25 Mars 2017 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education, #Culture

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Tous les candidats vous diront qu’il faut préserver le prix unique du livre. Mais ce discours chante plus qu’il ne parle si on ne forme pas des lecteurs.

A l'occasion du Salon du livre, je veux m'adresser au citoyen et lecteur.

Une petite musique se fait entendre depuis quelques semaines dans cette campagne: on ne parle pas de culture. C'est vrai, et c'est triste. J'ai choisi de parler de culture dans la primaire de la gauche, beaucoup l'ont remarqué, et dans cette élection présidentielle. J'ai choisi de le faire parce que j'aime l'art mais aussi par cohérence politique.

Tous les candidats vous diront qu'il faut préserver l'exception culturelle et le prix unique du livre. Tous les candidats vous diront que face aux défis technologiques, il faut défendre les auteurs, les financements de la création et les librairies. Que c'est comme cela que la chaîne du livre pourra être préservée et se développer. Moi aussi je le dis, parce que c'est fondamental.

Mais ce discours chante plus qu'il ne parle si on ne forme pas des lecteurs. Or, l'envie de lire se construit en famille et, surtout quand les livres s'y font rare, à l'école et à la bibliothèque. Les citoyens deviennent lecteurs sur le chemin entre l'école et la bibliothèque.

J'affirme le rôle fondamental de la lecture publique. Les bibliothèques sont à mes yeux le premier service public de la culture. Notre pays a la chance de bénéficier, malgré des zones blanches qu'il faut travailler à combler, d'une assez bonne couverture sur le territoire, des bibliobus, en passant par les bibliothèques de quartiers jusqu'aux grandes médiathèques, qui ont pu se développer notamment grâce à l'engagement de nombreuses collectivités locales, souvent de gauche. Elles sont animées par des fonctionnaires de très grande qualité, des hommes et des femmes passionnés par la littérature et la transmission du savoir et, grâce à eux, les bibliothèques se sont progressivement ouvertes à tous les médias, à l'action culturelle, aux expositions... Elles sont, toutes les études le montrent, des espaces de réalisation effective des droits culturels, parce qu'elles accueillent tous les publics, enfants, adolescents, familles modestes comme aisées.

Je porterai les concours publics à la culture à 1% du PIB, avec quatre priorités : le rééquilibrage territorial, l'éducation artistique et culturelle, le financement de la création, la diversité culturelle. Ainsi nous pourrons développer et ouvrir davantage les bibliothèques. Il faut soutenir les collectivités locales qui investissent, qui innovent, qui acquièrent des livres. Porter les droits culturels, c'est un investissement, et avant tout un investissement humain. Mon projet politique est cohérent, je ne propose pas l'élargissement des horaires des équipements culturels d'une main et la baisse des ressources des collectivités locales de l'autre. Je ne propose pas moins de fonctionnaires donc moins de bibliothécaires, moins de moyens pour l'aménagement des rythmes éducatifs.

L'école justement, au sein de laquelle les enfants doivent découvrir la culture et la pratiquer, individuellement et collectivement. Je veux un grand plan pour la culture à l'école. Je souhaite que, dans ce cadre, tous les enfants de CP soient inscrits dans une bibliothèque ou un bibliobus, qu'ils y soient physiquement accompagnés. La lecture est un plaisir, découvrir tôt qu'elle est accessible librement est fondamental.

Je souhaite encourager l'entreprenariat culturel, que l'on soit innovants, pour que les maisons d'édition se développent, que de nouvelles librairies indépendantes ouvrent dans nos centres-villes qui dépérissent. La gratuité du prêt de livre et le soutien aux acteurs du livre sont complémentaires. Sur un territoire, quand la librairie et la bibliothèque sont dynamiques, qu'elles travaillent ensemble, la lecture progresse.

On peut chanter tous les discours sur la culture que l'on veut, ils ne sont que de l'eau sur le sable si l'on ne donne pas une vraie place dans la société aux auteurs. Je propose de reconnaître le statut d'artiste, pour tous ceux, qui ne rentrent pas dans le régime de l'intermittence : sécurisation des carrières, amélioration de la protection sociale, résidences, rémunération et intégration des revenus de toutes les activités des artistes, y compris celles d'action culturelle, parce qu'on ne cesse pas d'être un auteur quand on propose un atelier d'écriture.

Parce que je regarde le monde tel qu'il est, tel qu'il vient et non tel qu'il fut, ma politique culturelle tient compte des nouvelles habitudes culturelles des français, que le numérique a bouleversées et souvent enrichies. En tant que Ministre de la consommation, je me suis battu pour les droits des consommateurs et ai porté le médiateur du livre. Je poursuivrai ces orientations en matière numérique. La possibilité pour les lecteurs, et c'est valable aussi pour la musique, de pouvoir lire sur des supports différents les livres qu'ils ont acquis est une condition fondamentale du respect des consommateurs mais aussi de développement du livre numérique.

L'exception culturelle portée par la France depuis les années 30 et qui a permis le développement de la création et de la diffusion, comme aucun pays au monde n'y est parvenu, n'est pas un principe obsolète. C'est tout simplement considérer que la loi du plus fort, du plus rentable, du plus mainstream peut tuer la création. Au contraire, quand les gros financent les petits, quand les succès déjà acquis rendent possible les projets à venir, la diversité culturelle progresse. Je porterai à l'échelle européenne la taxation des acteurs du numérique, qui doivent respecter le droit d'auteur, en vue du financement de la création qui vient, et le maintien d'un taux de TVA réduit sur le livre papier comme sur le livre numérique.

La diversité culturelle doit se retrouver en ligne. On ne peut se satisfaire d'un discours victimaire ou défaitiste : les pouvoirs publics ont la capacité d'imposer aux plateformes des quotas d'œuvres européennes et des obligations de production de ces œuvres. Nous pouvons ensemble créer des plateformes et outils numériques qui n'ont pas comme horizon le profit, Gallica l'a montré. Oui, cela implique de se battre, je crois en l'Europe, je n'en ai pas une vision naïve.

La culture est d'autant plus désirable qu'elle est, pour tous les citoyens, accessible physiquement, financièrement, socialement. Elle est d'autant plus désirable si les auteurs, qui ne nous attendent pas pour changer le monde avec leur plume, et ceux qui les accompagnent, ont toute leur place dans la société.

Benoit Hamon

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"S’il y avait quelque chose qui comptait encore plus que l’action publique, ce serait la culture sous toutes ses formes et pour tout le monde"... Manuel Valls

17 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Culture

cij.valdoise.fr

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EXTRAITS

Devant la rédaction de «Libération» et ses «agitateurs», l’ex-Premier ministre a défendu bec et ongles son bilan et répondu sur la politique économique, l’Europe, les réfugiés, Donald Trump…

Dernier des candidats de la primaire de «la Belle Alliance populaire» à se présenter devant Libération, Manuel Valls a trouvé l’exercice «vivifiant». Travail, Europe, Trump, «identité heureuse», migrants, politique pro-entreprises, il n’a rien esquivé. En tension comme un sportif dans le sprint final, il a martelé que, s’il est en lice, c’est pour gagner. La primaire puis la présidentielle. La route est encore longue.

(...)

(Amar Henni, éducateur) Vous parlez beaucoup de laïcité, notamment à l’école. Mais il y a aussi un temps d’éducation hors de l’école qui est important. Et rien n’est proposé sur cette éducation hors les murs, pourtant essentielle, même dans la lutte contre la radicalité jihadiste. Pourquoi ne l’abordez-vous pas ?

Je suis d’accord avec vous. Dans nos quartiers populaires, il y a les familles, l’école. Mais derrière, on a les éducateurs de rue, les animateurs, les centres de loisir… Il y a par exemple un secteur profondément en crise aujourd’hui : la psychiatrie et de la pédopsychiatrie. Or on sait que les ruptures d’une partie de nos gamins sont liées à la violence, au contexte familial, à la perte d’autorité car le père n’est pas là, à la drogue, au décrochage scolaire. La réponse, d’abord, est dans ce secteur pédopsychiatrique. Et les militants de la laïcité, du terrain, doivent être davantage aidés.

(Leïla Slimani) Je suis écrivaine. Je vous ai entendu dire dans une interview que la prochaine élection se jouerait sur des enjeux culturels et identitaires, que ce serait une des grandes questions de cette élection. Pourriez-vous être, d’une certaine façon, à gauche, le porteur de l’identité heureuse ? Indépendamment de celui qui a inventé et porté ce concept, est-ce une idée qui vous parle ?

Il n’est pas illogique que la France s’interroge, en tout cas maintenant, sur son destin et sur ce qu’elle est. Cela explique en grande partie une forme de dépression nationale, qui n’est pas nouvelle. Peut-être parce que ce pays, qui est une grande puissance, qui a une grande histoire, on ne lui dit pas suffisamment ce que doit être son rôle dans le monde - c’est ce que j’essaie de faire. Mais je ne sais pas s’il faut accoler un mot. C’est comme la mondialisation, heureuse ou pas ? L’identité heureuse ? En tout cas, il faut que nous soyons capables de réexpliquer ce qu’est la France. Je le fais en rappelant que nous avons des racines chrétiennes, pourquoi les nier ? Nous accueillons aussi la plus vieille communauté juive d’Europe, et l’islam est la deuxième religion de France. Il faut la voir comme une chance. Moi, je veux une France fière, fière de ce qu’elle est, fière de sa diversité, fière aussi de son métissage, le métissage n’étant pas l’oubli des origines des uns et des autres. C’est ce que je veux porter et incarner : une France fière et heureuse. Mais la question du bonheur est d’une autre nature, on le voit dans votre dernier ouvrage…

(Leïla Slimani) Ce n’est pas ma spécialité (Rires).

La question du bonheur est d’une autre nature, sur laquelle le politique est plus prudent… (Sourires). Mais la fierté, une fierté ouverte, oui, je crois que c’est important.

(...)

Selon votre programme, en matière de culture vous voulez «défendre notre patrimoine, redonner des moyens à notre politique patrimoniale. Mener une politique ambitieuse pour la maîtrise de la langue française». A l’heure de Netflix, d’i-Tunes, n’êtes-vous pas un peu à côté des enjeux ?

Vous avez rarement un responsable politique qui parle de culture. Et là, vous me ramenez à la caricature. Regardez ce que j’écris ou ce que j’ai dit. Cela ne me donne pas de lettres de noblesse particulières, mais je suis le fils d’un artiste-peintre et je suis marié avec une musicienne. S’il y avait quelque chose qui comptait encore plus que l’action publique, ce serait la culture sous toutes ses formes et pour tout le monde. Une erreur a été faite, celle de baisser le budget de la culture entre 2012 et 2014. S’il y avait une raison pour Aurélie Filippetti [de démissionner], c’était à ce moment-là, pas lorsqu’on a augmenté son budget. Et nous avons quand même sauvé les artistes de ce pays et leur modèle unique d’intermittence. Enfin, sur la langue française, c’est un sujet transversal. Le Président doit incarner la langue, car c’est un outil d’influence. On a trop reculé à l’étranger dans l’enseignement du français. L’illettrisme, ce sont 4 à 6 millions de nos compatriotes en métropole et dans nos outre-mer. Il faut porter cette lutte.

Libération

Entretien complet à lire ci-dessous

Toujours dans le même numéro de Libé:

Il est demandé à Manuel Valls quel serait son premier grand discours:

"Sur la culture, la langue française, la lutte contre l'illettrisme, à la philarmonie de Paris"

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Culture... Par Cécile Alduy...

2 Janvier 2017 , Rédigé par Libération - Cécile Alduy Publié dans #Education, #Culture

Culture... Par Cécile Alduy...
Culture

Depuis quelques années déjà, le mot «culture» dépérit dans le débat politique. Non qu’il ait été entièrement abandonné, à l’instar de son voisin d’hier, «humanisme». Le mal est plus retors : le mot «culture», à force de n’être utilisé que dans son sens civilisationnel ou ethnographique («culture française»), a été vidé de son sens premier, artistique et intellectuel (les arts et les lettres), pour se pétrifier dans la bouche des politiques en obsession identitaire. La culture est passée aux oubliettes, tandis que les cultures, et le fantasme d’un combat fatidique entre «notre culture» et un supposé «multiculturalisme», saturent les discours. Or, du singulier au pluriel, du général universel aux particularismes culturels locaux, ce que l’on perd, c’est la sève de ce mot et la vie de l’esprit qu’il incarne : sa faculté de constituer un projet d’émancipation, plutôt que d’exclusion, d’offrir une voie de liberté et d’empathie, plutôt que d’enfermer les individus dans une culture figée en patrimoine et «transmise» comme un héritage ou un ADN.

Mot omniprésent, mais devenu hémiplégique, voire perverti en un synonyme poli d’«ethnie» ou de «race» dans le discours d’extrême droite, «culture» n’est plus ce beau mot inauguré par Du Bellay à partir du verbe «cultiver», qui supposait activité, élévation et création. La culture, comme exercice de l’esprit, pratique artistique, activité créatrice qui invente du nouveau à partir de traditions éparses, est un faire orienté vers l’avenir, non une essence héritée du passé. Les cultures, réduites à des «modes de vie», des «mœurs», des «coutumes» à défendre contre un «autre» dont la différence est vécue comme une menace, signent l’emprise des déterminismes de la naissance et érigent les habitudes héritées en absolus indépassables.

Réflexion en acte, pensée incarnée, œuvre née d’une liberté individuelle, la culture donne à autrui l’occasion de s’éprouver soi-même dans son humanité, capable d’émotions désintéressées et d’autonomie de jugement, de penser et d’habiter d’autres mondes, d’autres vies. Elle dépayse, ouvre des horizons, forge des mondes nouveaux, fait advenir des possibles, fabrique du commun en proposant des expériences partagées : elle est donc immédiatement politique et pratique. Ce sont pourtant les sens ethniques et ethnographiques empruntés de l’allemand Kultur ou de l’anglais culture qui dominent aujourd’hui le débat politique, en dépit du besoin urgent d’une vraie politique en faveur de la culture.

Les industries culturelles et artistiques françaises représentent, dit-on, 1,7 million d’emplois et 3,2 % du PIB, soit sept fois plus que l’industrie automobile (chiffres de 2014). On aimerait pourtant qu’à l’heure des attentats contre Charlie Hebdo ou le Bataclan, les responsables politiques ne réduisent pas constamment le mot «création» à la création d’entreprise et la culture à une industrie de consommation ou une assignation identitaire.

 Cécile Alduy

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Cécile Alduy

Elle a déjà «pris au mot» Marine Le Pen, pour reprendre le titre de son dernier ouvrage (Seuil, 2015). Cette année, Cécile Alduy, professeure de littérature et de civilisation françaises à l’université de Stanford, aux Etats-Unis, décortiquera les discours des politiques de tout bord dans Libération, comme dans son prochain livre à paraître à la fin du mois : Ce qu’ils disent vraiment, Décoder le discours des présidentiables (Seuil).

 

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Education - De la "culture juvénile"...

2 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Culture

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Pour vivre ensemble, enseignants et élèves doivent gérer, dans les collèges et lycées, l’arrivée d’une culture juvénile de plus en plus légitime, en phase avec des technologies et des références propres à un univers médiatique qui se développent indépendamment de l’univers scolaire. (Voir à ce sujet D Pasquier, Cultures lycéennes, revue AUTREMENT, 2005).

L’enfance est d’abord créative et ludique ; l’adolescence l’est aussi, MAIS les aspects «énergétiques et transgressifs s’y ajoutent. Les « jeux » de langage des adolescents, obscènes et/ou provocateurs, en particulier sur les thèmes les plus dérangeants pour l’institution (Ethnicité, sexualité et racisme/antisémitisme) visent à déranger les tabous adultes. Peu à peu, ils deviennent un système de communication avec ses codes, ses plaisanteries, ses fausses injures, ses automatismes langagiers.

Par ailleurs, le « groupe adolescent » est le troisième larron de la relation pédagogique. Selon qu’il est opposant ou adhérent à l’école, il exclura, dans le premier cas le « collaborateur », dans le second le « nul ».  Au milieu de tout cela , l’enseignant, souvent critique des médias, rétif à l’éphémère des modes, soucieux d’un langage normalisé jugent les élèves incapables d’opinion personnelle, c'est-à-dire dans la définition légitime de l’institution, éclairée par des connaissances et des « bons » auteurs.

Pourtant certains professeurs n’hésitent pas à jouer de ces codes en feignant de s’approprier les codes juvéniles pour réduire les distances et amener une classe à s’investir dans des conventions plus classiques. Ils parlent souvent de ce travail de motivation où il s’agit d’exploiter des éléments proches de la culture juvénile : films, textes de chansons par exemple. La chose n’est pas facile car très rapidement montrée du doigt par les collègues, dénoncée par les « traditionalistes », caricaturée par les médias. Or une pédagogie démocratisante ne doit elle pas passer par l’utilisation des supports quotidiens de la jeunesse pour les amener vers autre chose évidemment, pour développer leur esprit critique, bref pour peu à peu les inciter à partager d’autres supports dont ils sauront apprécier les qualités et les défauts ? Amener ses élèves à apprécier Villon, Hugo ou Aragon en passant par des textes de rap est il dévalorisant pour un professeur ? Evidemment pas.

En rendant impraticables les « bonnes relations », l’enseignant doit alors faire face  une multiplication d’incidents qui le coupent d’une source importante de satisfaction et de motivation professionnelles en même temps qu’elle hypothèque le cœur de la transmission pédagogique.

Deux compétences relationnelles apparaissent aujourd’hui fondamentales pour l’enseignant

-       la capacité d’interpréter les langages et codes de conduite des adolescents. (ce qui n’empêche nullement de les corriger);

-       le tact qui permet de comprendre le contexte exact du jugement scolaire que l’on porte.

 

Voir les nombreux résultats recherches d’Anne Barrère, Professeur, PROFEOR (Interactions professions, éducation et orientation), Université Lille III

Christophe Chartreux

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