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Vivement l'Ecole!

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Service civique dans la culture: "On se fait exploiter mais on est consentant"...

14 Décembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Culture, #Jeunesse

Service civique dans la culture: "On se fait exploiter mais on est consentant"...

EXTRAITS

Travail de larbin ou postes à responsabilité… «Libération» a recueilli une trentaine de témoignages de volontaires, de la Gaîté lyrique à Manifesta, dont les tâches dépassaient largement le cadre de leur mission d'intérêt général. Une dérive d'autant plus inquiétante que ces postes sont rendus indispensables au fonctionnement de structures associatives.

Dans le secteur culturel, les services civiques sont partout. Qu’on aille dans un centre d’art renommé, une friche culturelle en région parisienne ou une troupe de théâtre en milieu rural, il y a de fortes chances pour tomber sur l’un de ces volontaires âgés de 16 à 25 ans qui se consacrent, pour une durée de six mois à un an, à une mission d’intérêt général. Manifesta, la Biennale européenne de création contemporaine qui a posé d’août à octobre ses valises à Marseille – la manifestation a pris fin un mois avant la date prévue à cause du confinement – en a par exemple enrôlé une armada. Elle a engagé une vingtaine de personnes en service civique, notamment pour des tâches de médiations et d’accueil aux publics. «On espérait, avant le Covid, en engager 40», dit l’organisation, dont le budget visé pour cette édition de trois mois est de 6,5 millions d’euros. Dans le discours, le dessein est louable : renforcer la mixité sociale, aider des jeunes en décrochage scolaire, les former aux métiers de la culture… Dans les faits, les volontaires payés 580 euros par mois pour un 35 heures ont «plutôt le profil "diplômés d’école d’art" que celui de "jeunes des quartiers populaires"», assure une «service civique» de Manifesta, elle-même en master.

Pendant plusieurs mois, Libération a recueilli près d’une trentaine de témoignages, qui font part d’un véritable dévoiement de cet «engagement au service de l’intérêt général» dans la culture. Souvent, ces volontaires sont de jeunes femmes, fraîchement diplômées des Beaux-Arts ou en gestion de projets culturels, cherchant désespérément un emploi. Qu’elles soient dans une compagnie de théâtre en mal de financement ou un musée subventionné, leurs missions de volontariat ressemblent souvent à la fiche de poste d’un salarié. La plupart vont jusqu’à parler de «travail dissimulé» ou de «salariat précaire déguisé», dénonçant parfois «heures supplémentaires non payées» et tâches ne correspondant pas à la philosophie du service civique. En effet, certaines se sont retrouvées à faire du nettoyage ou du service au bar. Et la conjoncture actuelle n’annonce rien de bon. La culture traversant une crise sans précédent causée par la gestion du Covid-19, on peut imaginer que ce type d’arrangement n’aille qu’en s’aggravant.

(...)

Faire semblant d’être dans les clous

Ces volontariats ne viennent pas seulement combler le manque d’argent des associations culturelles en lutte pour leur survie. Certains organismes plutôt bien installés n’hésitent pas à recruter des étudiants diplômés au parcours déjà chargé de stages. Aux centres d’art Bétonsalon ou à la Gaîté lyrique à Paris, des anciens volontaires assurent passer un véritable entretien d’embauche. «Il fallait avoir un bon background, raconte Marie, qui a un master en histoire des arts. En 2018-2019, à la Villa Vassilieff [résidence d’artistes et second lieu d’exposition de Bétonsalon, ndlr], l’année où j’ai été prise, la direction cherchait des gens avec une solide culture en art contemporain, un bon niveau d’anglais qui pouvaient faire de la régie d’œuvres ou coordonner des projets.» La concurrence est parfois rude. Au Centre de création contemporaine Olivier-Debré (CCCOD) à Tours, la direction reçoit en moyenne 25 à 30 candidatures pour une offre. Ce n’est donc pas un hasard si les missions rangées dans la catégorie «culture et loisirs» par l’Agence du service civique sont celles où l’on trouve les volontaires les plus diplômés. Près de 35% d’entre eux ont au moins un bac+3 (contre 19% au niveau national).

(...)

«Faire le ménage, vider les poubelles»

Nombreux sont les volontaires à avoir occupé des postes à responsabilité. A la Gaîté lyrique, Charlotte (1) a géré certains budgets sans son tuteur (dont le budget prévisionnel d’une saison) et a été à plusieurs reprises la référente à contacter en cas d’urgence lors de concerts : «C’était comme si j’occupais un CDD de chargée de production. Ça nous faisait bien rire avec les autres volontaires d’être seulement payés 580 euros par mois pour occuper un vrai emploi.» Le service communication du BAL, espace d’exposition indépendant dédié à l’image contemporaine à Paris, ne pourrait quant à lui plus fonctionner sans son service civique chaque année renouvelé, estime une ancienne volontaire.

Si cela peut permettre à beaucoup d’acquérir de l’expérience, certains se plaignent d’avoir été pris pour des larbins. «On s’est retrouvées à faire le ménage, à vider les poubelles. On nous demandait aussi de faire à manger, mais on n’avait pas le droit de manger ce que l’on avait préparé», déplore une ancienne service civique du Jardin parallèle (JP), institution rémoise consacrée à l’art de la marionnette et qui jouit d’une réputation notable. A peine arrivée, Camille, une autre volontaire venue au JP avec l’envie d’apprendre à travailler les costumes, se retrouve dans un hangar à trier pendant une semaine des tas de tissus poussiéreux entassés pêle-mêle. «On m’a dit "tiens, ça pourrait être une de tes missions !" rapporte la jeune femme diplômée d’un BTS couture. On ne m’a rien confié d’autre et puis, les autres m’ont culpabilisée…» La même année, une autre volontaire se souviendra des allers-retours en mode «chauffeuse de taxi» pour les comédiens, tandis que Camille attire l’attention sur une collègue qui s’est occupée du poulailler. Mi-2019, tous quittent prématurément leur poste après l’alerte d’une volontaire, à l’agence, sur les abus de la structure. Depuis, le Jardin parallèle n’accueille plus de services civiques. «Nous avons toujours fait de notre mieux», se défendent sommairement par texto les directeurs, qui n’ont pas souhaité en dire plus à Libération.

(...)

«Travail déguisé et sous-payé»

Et même si certains parviennent à décrocher des contrats – au CCOD de Tours, sur 24 services civiques depuis 2015, 4 travaillent pour le centre, dont 3 en CDI –, les postes de volontaires viennent fragiliser un marché de l’emploi déjà à bout de souffle. «Avec ces offres, on découvre qu’il y a donc du travail, mais qu’il n’y a pas d’emploi. On veut bien que ce travail soit fait, mais on ne veut pas embaucher de façon pérenne les gens», tance Ophélie Latil. Derrière, c’est l’Etat qui se retrouve moteur de cette précarisation : «Quand on finance les associations par des subventions, on peut espérer créer de l’emploi salarié stable, estime la directrice de recherche Maud Simonet. Quand on diminue les subventions, et qu’en même temps on incite à prendre des services civiques, cela revient à précariser davantage le travail en l’invisibilisant et le "gratuitisant".»

(...)

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Anna Mutelet , Annabelle Martella

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Sortir... La Fabrique de l'Extravagance - Domaine de Chantilly - Jusqu'au 3 janvier 2021...

6 Septembre 2020 , Rédigé par Domaine de Chantilly Publié dans #Art, #Culture

Sortir... La Fabrique de l'Extravagance - Domaine de Chantilly - Jusqu'au 3 janvier 2021...
Sortir... La Fabrique de l'Extravagance - Domaine de Chantilly - Jusqu'au 3 janvier 2021...
Sortir... La Fabrique de l'Extravagance - Domaine de Chantilly - Jusqu'au 3 janvier 2021...
À la rentrée 2020, le Domaine de Chantilly accueillera, dans les Grands Appartements du château, une exposition inédite et joyeuse où porcelaines fines et excentrique modernité se rencontreront. Les porcelaines princières de Meissen et de Chantilly, qui ont marqué les arts décoratifs du Siècle des Lumières, seront mises à l’honneur grâce à une scénographie exceptionnelle signée Peter Marino.
 
Considérée comme "l’or blanc" du XVIIIe siècle, la porcelaine est désirée par les plus grands princes d’Europe.
 
Deux d’entre eux, Auguste le Fort, électeur de Saxe et roi de Pologne, et Louis-Henri de Bourbon, prince de Condé et premier ministre du roi Louis XV, mettent leur fortune au service de leur passion et fondent deux des plus prestigieuses manufactures de porcelaine, à Meissen et à Chantilly.
 
Pagodes et magots chinois, vases japonais, animaux en tous genres… le goût du Siècle des Lumières est à l’exotisme. Les manufactures de Meissen et de Chantilly imitent alors avec grande précision des pièces japonaises de style Kakiemon tout en s’adaptant aux formes et usages occidentaux.
 
Auguste le Fort ira jusqu’à repousser les limites techniques de la porcelaine en créant une fragile ménagerie, impressionnante par ses dimensions et sa technique.
 
Grâce à des prêts exceptionnels qui n’ont souvent jamais été montrés en France, cette exposition constituera une opportunité rare de contempler d’extraordinaires pièces, dont les gigantesques oiseaux en porcelaine de Meissen.
 
Et d'autres renseignements en cliquant ci-dessous
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Pourquoi je démissionne de la Fondation maison des sciences de l’homme....

23 Juillet 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Culture, #Sociologie

Pourquoi je démissionne de la Fondation maison des sciences de l’homme....

Le sociologue, qui dirigeait ce centre de recherches depuis 2009, vient d’annoncer qu’il quitte son poste, sur fond de désaccords profonds avec le ministère de la Recherche et le Campus Condorcet, qui regroupe désormais la recherche en sciences humaines et sociales.

Tribune. Que fait le pouvoir pour relancer les sciences humaines et sociales françaises (SHS) qui ont perdu beaucoup de leur aura internationale ? Sous la présidence Sarkozy, il a décidé de juxtaposer au nord de Paris plusieurs établissements universitaires et de recherches en SHS et de les doter de services communs : ce sera le Campus Condorcet. L’histoire dira si ce projet d’abord immobilier peut être plus que leur regroupement sur un même territoire et si une dynamique scientifique collective, de niveau international en naîtra. Il est trop tôt pour trancher.

Le pouvoir a aussi créé l’Alliance Athéna, censée «réunir les principaux acteurs de la recherche au service d’une stratégie commune de portée internationale». Mais avec quels résultats ? Qui a jamais entendu parler d’Athéna, en dehors de la bureaucratie universitaire française ?

La Fondation maison des sciences de l’homme (FMSH), une institution de taille modeste - 140 emplois, un budget de l’ordre de 17 millions d’euros - a été capable jusqu’ici, à contre-courant des tendances au déclin des SHS françaises, d’agir avec souplesse et efficacité à l’échelle internationale. Qu’on en juge : invitation et accueil de centaines de chercheurs étrangers chaque année en France et, symétriquement, mobilité «sortante» pour des chercheurs français ; politique scientifique novatrice avec la création en 2011 du Collège d’études mondiales dont les titulaires de chaires sont de belles figures de la recherche : Manuel Castells, actuel ministre espagnol des Universités, Hervé Le Bras, Saskia Sassen, Dominique Méda, Richard Sennett, Nancy Fraser, Michel Foucher, René Frydman, Marc Fleurbaey, François Jullien, etc., sans oublier le regretté Ulrich Beck, penseur prémonitoire de la société du risque ; installation de plateformes innovantes, où nombre de chercheurs du monde entier et de diverses disciplines coopèrent sur de grands chantiers (progrès social, sortie de la violence, racisme et antisémitisme, etc.) ; cycles de conférences «penser global», avec Edgar Morin ou Immanuel Wallerstein ; partenariats internationaux, débouchant sur d’innombrables initiatives en France et à l’étranger ; action pionnière en matière numérique, etc. Le rapport du Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES), une institution d’évaluation indépendante mandatée officiellement, est ici positif. Et si un «référé» de la Cour des comptes conteste cette appréciation, on objectera qu’il n’est peut-être pas de sa vocation et de sa compétence que d’évaluer l’apport scientifique et le rayonnement mondial d’une fondation comme la FMSH.

Reconnue d’utilité publique, la FMSH est hybride et atypique, largement financée par l’Etat en même temps que de droit privé. Inscrite dans les réseaux des fondations internationales, elle abrite depuis janvier la délégation française de la Fondation Gulbenkian. Or, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche s’est comme réveillé en 2019 pour la mettre sous tutelle et contribuer à une entreprise de démolition où quelques hauts fonctionnaires et un quarteron de dirigeants universitaires se sont coalisés. Leur méthode ? Fouler ses statuts aux pieds, lui faire subir prédation et isolement, mépriser les personnalités qualifiées incarnant la société civile au sein de son conseil de surveillance, priver son directoire de ses prérogatives statutaires et finalement la vider de son sens pour en faire une agence de moyens au service exclusif du Campus Condorcet. Cette destruction a été facilitée par la politique néolibérale imposée sous Sarkozy et poursuivie ensuite. En 2010, trois quarts des personnels de la FMSH étaient des fonctionnaires, le ministère a exigé de remplacer ceux qui partaient par des salariés de droit privé et, en 2020, le rapport était inversé. Les salariés sont la majorité, la culture de l’institution s’est dégradée, le syndicalisme s’est affaibli. Le capitalisme n’est pas en cause ici, mais l’Etat, et les politiques qui le dirigent.

Avec Frédérique Vidal ministre, la déstructuration de la FMSH s’est accélérée, devant beaucoup à un système où les responsables politiques d’un Etat plutôt gazeux laissent une bureaucratie, ses réseaux et ses affidés universitaires développer des stratégies qui leur sont propres, et à courte vue. Ce qui s’observe ici, en moins dramatique, est du même ordre que ce que l’on a constaté en matière de santé, avec la question des masques et des tests. A ceci près qu’à l’impéritie s’ajoute une logique de démolition. Quelques hauts fonctionnaires du ministère désiraient la mise sous tutelle et même la destruction de la FMSH pour des raisons dont les seules avouables tiennent au fiasco qui guette le Campus Condorcet : puisque les financements et les personnels risquent de lui manquer, que les centaines de millions d’euros déjà investis ne suffisent pas, pourquoi, se sont-ils dit, ne pas dérouter les ressources affectées à la FMSH vers Condorcet, déshabiller Paris pour habiller Aubervilliers ? Le calcul ne pouvait que séduire celles des principales institutions engagées dans le Campus dont les dirigeants sont membres de droit du conseil de surveillance de la FMSH : ils s’en sont fait les promoteurs. Cela impliquait pour ces acteurs de prendre le contrôle de la fondation, en faisant rentrer dans son conseil de surveillance des personnalités gagnées à ce projet, et en nommant un commissaire du gouvernement qui soit aussi un directeur au ministère. Il fallait aussi l’affaiblir, disqualifier son action et court-circuiter le président de son directoire réélu en juin 2019 et perçu comme un obstacle : nous en sommes là.

C’est pourquoi je démissionne. Les deux autres membres du directoire font de même. Les quatre personnalités qualifiées incarnant la société civile au conseil de surveillance le quittent, rejoignant le représentant du FNRS (équivalent belge du CNRS), membre de droit qui demande depuis un an à ne plus y siéger - il n’y a plus désormais d’institution étrangère au sein du conseil. Le pouvoir, tout en maniant une logique néolibérale, a laissé agir une bureaucratie d’Etat et ses affidés universitaires pour dévitaliser une des rares structures françaises assurant dans son domaine une présence et un rayonnement mondial de notre pays. C’est peut-être ce qu’Antoine Petit, le président du CNRS, qui est partie prenante de cette casse, appelle une politique «darwinienne», celle que nous promet la loi, en gestation, de programmation pluriannuelle de la recherche.

Michel Wievorka

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De la culture, oui! Mais avec les pré-requis éducatifs...

24 Mai 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Culture

De la culture, oui! Mais avec les pré-requis éducatifs...

Edouard Philippe, Premier Ministre, est l'auteur d'un livre intitulé Des hommes qui lisent chez Lattès. Le chef du gouvernement y livre sa vision de la culture. Celle-ci permettrait, c'est la thèse sous-tendue par le contenu de l'ouvrage, d'assurer à la génération présente et à celles à venir un futur étincelant dont l'illustration se trouve sous nos yeux: le quinquennat actuel.

Il fallait y penser. 

Comme si la culture et ses pratiques diverses, notamment la lecture, suffisaient à elles seules, à bâtir les structures d'une politique. 

Comme si la culture, la lecture, la musique suffisaient ex nihilo à donner envie d'échafauder une société sans haine ni violence.

Comme si - et je ne parle plus ici du livre d'Edouard Philippe mais ne m'en éloigne pas vraiment - une "rentrée en musique" suffisait "magiquement" à créer du lien dans une école tout à coup bienheureuse. Par la magie de la baguette d'un chef.

Comme si la promotion des arts et de la culture, notamment par "le goût du livre et la pratique musicale", suffisaient à faire d'un enfant un être épanoui, complet et ouvert au monde. Un enfant "libre" en quelque sorte.

Comme s'il suffisait de chanter ou de pratiquer un instrument pour "créer du bonheur". Je cite le Ministre de l'Education Nationale dans un entretien donné au magazine Le Point et repris sur le site institutionnel Eduscol

"Le théâtre ou les pratiques musicales collectives, qu'il s'agisse de chorale ou d'orchestre, sont très importants, car ils supposent l'écoute de l'autre pour atteindre une harmonie collective. La musique crée tout simplement du bonheur. Et son bienfait cognitif est démontré." Jean-Michel Blanquer, entretien publié dans "Le Point" le 17 août 2017

On ne peut s'empêcher, tant en lisant Edouard Philippe que le ministre de l'Education Nationale, de soupçonner une forme d'instrumentalisation de la culture à des fins politiques. 

Comment peut-on croire, et surtout faire croire, que la seule apparition du bonheur à l'écoute d'un concerto ou à la lecture de Proust permettrait à n'importe quel élève de s'emparer des clefs de compréhension du monde qui l'entoure et, souvent, l'agresse ? C'est oublier très et trop aisément que la lecture, l'écoute d'un morceau, la pratique d'un instrument, le jeu d'un acteur disant un grand texte - Phèdre, cité un peu illusoirement (voir ici) par le locataire de la Rue de Grenelle - sont D'ABORD affaire d'éducation. 

C'est exactement ce qu'en dit la philosophe et historienne Perrine Simon-Nahum dans Libération, page 17, en date du 18 août :

"La culture est semblable à la démocratie. Pas plus que cette dernière n'est le régime du consensus, mais bien, comme le montrait l'historien François Furet, celui de la crise, la culture ne saurait se résumer au seul sentiment de plaisir et de facilité qu'Edouard Philippe se plait à décrire. Les livres sont, certes, les compagnons indispensables d'une vie mais ils se gardent d'être toujours dociles et sympathiques. Ils peuvent aussi être violents, voire hostiles, se dérober et nous échapper".

J'engage vivement  le Premier Ministre, le Ministre de l'Education Nationale et celui de la Culture à cesser de croire pouvoir transformer un peuple d'enfants en peuple apaisé par la pratique d'une culture détachée de tous pré-requis éducatifs.

N'oublions jamais que les allemands composaient l'un des peuples les plus érudits d'Europe avant de se donner à l'enfer du nazisme.

N'oublions jamais que les idéologues Khmers Rouges firent leurs études dans les plus prestigieuses universités françaises. Pour quels résultats?... 

Il n'existe aucune "culture magique". La culture à elle seule, détachée de tout et offerte à la seule pratique, ne sera jamais un viatique suffisant. Chanter, lire, jouer, quoi qu'en disent les "sciences cognitives", ne suffisent pas ex nihilo à rendre un enfant "libre"! 

Il n'est de "culture" que celle qui s'apprend, se pratique, s'apprivoise et se maîtrise. Toutes les autres approches ne peuvent rien entraîner de positif. Bien au contraire.

Christophe Chartreux

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L'Education Artistique et Culturelle existait avant 2017...

21 Mai 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Culture

L'Education Artistique et Culturelle existait avant 2017...

Alors que se profile le projet "2S2C",  dispositif « 2S2C » ayant pour objet de confier des groupes d’élèves (environ 15) à des animateurs payés par les communes pour des activités « Sport, santé, culture et civisme », l’ensemble étant réalisé à la place des cours et sur le temps scolaire, je me permets de rappeler que l’Éducation Artistique et Culturelle (EAC) existait avant 2017.

Deux liens ci-dessous pour illustrer mon propos

Dès 2015, Najat Vallaud-Belkacem annonçait:

"les épreuves écrites du Diplôme National du Brevet seront "complétées par un oral de 15 minutes (10 minutes d'exposé et 5 minutes de questions) également noté sur 100 points. Au cours de cette épreuve, vous devrez présenter un projet de votre choix, que vous aurez mené dans le cadre d'un EPI, ou d'un des trois parcours au programme du nouveau collège : artistique et culturelle (en remplacement de l'histoire des arts), avenir et citoyen. " (L'Etudiant/30 septembre 2015)

Voir ICI

Je tiens enfin à rappeler que l’éducation artistique et culturelle passe aussi par la formation de tous les acteurs concernés, irriguant toutes les disciplines et concernant tous les élèves.

Christophe Chartreux

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"Discours de Macron pour la culture : aide-toi et l’État t’aidera !" (A propos d'éducation)

7 Mai 2020 , Rédigé par Télérama Publié dans #Culture

"Discours de Macron pour la culture : aide-toi et l’État t’aidera !" (A propos d'éducation)

EXTRAIT

Parmi les annonces de soutien au secteur culturel détaillées ce mercredi figure la mobilisation des intermittents sur le temps périscolaire. Une manière de renforcer l’éducation artistique à l’école tout en faisant baisser le nombre d’intermittents susceptibles de solliciter la prolongation de leurs droits.

(...)

Les artistes au secours de l’Éducation nationale et inversement

Emmanuel Macron n’est plus à une révolution près. S’il appelle à révolutionner la culture, il souhaite aussi « révolutionner l’accès de la culture et de l’art à l’école ». En même temps, tous les ministres de la Culture de la Ve République ont, à un moment ou un autre, entonné ce couplet. Là où le propos du président diffère, c’est qu’il est mû par une forme de pragmatisme. D’un côté, a-t-il expliqué en substance, nous avons des milliers d’artistes couverts par l’intermittence, attendant que la vie culturelle reprenne ; de l’autre, des centaines de milliers d’enfants qui ne pourront pas tous retourner à l’école en même temps et qui, cet été, ne partiront pas en vacances. Pourquoi ne pas faire en sorte que les uns et les autres se rencontrent, au plus grand bénéfice de chacun ?

« Nous allons donner des heures qui permettront aux intermittents du spectacle de créer », a détaillé le chef de l’État. L’idée est de solliciter ces derniers pour qu’ils s’investissent sur le temps périscolaire dans les établissements, qui doivent progressivement rouvrir dans des conditions fortement impactées. « J’ai besoin de gens qui savent inventer, besoin d’artistes et d’intermittents pour réorganiser le temps de l’école », a-t-il lancé.

Les ministres de la Culture et de l’Education nationale devront donc rapidement oeuvrer à la mise en place d’une plateforme pour recenser et mettre en contact les établissements avec ceux en mesure de s’investir quelques heures ou jours par semaine. Manière de renforcer l’éducation artistique et culturelle à l’école tout en faisant baisser le nombre d’intermittents susceptibles de solliciter la prolongation de leurs droits. « Peut-être que comme ça, les intermittents pourront faire leurs heures ! », a ainsi conclu Emmanuel Macron. Sauf que cet investissement existe déjà, a rapidement souligné la CGT-Spectacle, qui doute en outre que ce soit la meilleure solution pour faire repartir le volume d’emplois.

(...)

Olivier Milot et Sophie Rahal

L'intégralité de l'article est à lire en cliquant ci-dessous

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Lettre ouverte à Monsieur le Premier Ministre: "Pour que la culture revive!"...

6 Mai 2020 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Culture

Lettre ouverte à Monsieur le Premier Ministre: "Pour que la culture revive!"...

Permettez-nous de vous rappeler, Monsieur le Ministre, que la culture contribue sept fois plus au PIB que l’industrie automobile!

Monsieur le Premier Ministre, 

Lors de son audition à la commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale, votre Ministre de la Culture l’a répété: “la culture est essentielle à notre démocratie”. Pourtant lors de votre dernière allocution devant la représentation nationale, vous l’avez largement reléguée aux simples interactions sociales.

Alors une question nous brûle les lèvres, Monsieur le Premier Ministre: est-elle vraiment si essentielle aux yeux de votre Gouvernement?

Considérez-vous qu’elle est constitutive du récit que les humains ont tissé siècle après siècle, domptant les éléments imposés par une nature profane et interrogeant toujours un peu plus fortement le bien-fondé et les frontières des stéréotypes et des systèmes dominants de notre organisation?

Qu’elle est fondamentale dans l’expression individuelle, qu’elle permet d’ouvrir des chemins infinis de liberté et d’invention, qu’elle dessine des rêves collectifs et propose des lectures originales et nouvelles du monde?

Qu’elle est indispensable pour supporter notre condition humaine tellement insatisfaisante dans son absurdité et la frustration d’un quotidien parfois brutal, sourd à nos colères?

Essentielle la culture donc, bien sûr. Et avant tout, par et pour celles et ceux qui la font, qui la portent, qui la tissent et qui en vivent. Pour celles et ceux dont le quotidien n’est pas inscrit dans un schéma régulier, mais dans un travail au long cours de construction. Pour toute cette multitude de métiers et de savoir-faire; ceux mis en lumière et les autres que nous n’imaginons même pas mais sans lesquels rien de ce qui nous est donné à voir ou à entendre n’existerait.

Et pourtant, au troisième mois d’une crise totalement nouvelle et dévastatrice, la culture est touchée de plein fouet par la pandémie du Covid-19. Qu’ils soient salariés, indépendants, associatifs, intermittents, tous ces faiseurs de culture se retrouvent anéantis par les annulations et fermetures en cascade des spectacles et des lieux culturels. Déjà dans des situations fragiles et souvent précaires -50% des artistes vivent en dessous du seuil de pauvreté– ils voient, depuis trois mois, leurs droits liés à l’exploitation et la diffusion des œuvres s’effondrer, leurs contrats non honorés et se retrouvent ainsi sans aucune rémunération.

Pour plus de 270.000 artistes-auteurs, pour presque 260.000 intermittents du spectacle et pour 1,3 millions d’acteurs culturels, c’est une crise sociale qui s’annonce. Oui “ils sont inquiets”, et c’est là un bien triste euphémisme dans la bouche de votre ministre.

L’urgence est donc celle d’un soutien financier massif au monde culturel. L’ensemble du secteur vous le demande, sous forme d’un dispositif d’année blanche qui reprenne à l’identique les indemnisations pour une période d’un an au minimum.

D’autre part, les mesures dont ces professions sont censées pouvoir bénéficier, comme le chômage partiel ou l’accès au fonds de solidarité, ne collent pas à leur réalité. Elles nécessitent des aménagements administratifs.

À cela s’ajoute une absence de lisibilité quant à la reprise des manifestations culturelles, ce flou empêche les artistes de s’investir de nouveau dans la mise en route de nouveaux projets et de se projeter dans un avenir plus ou moins proche. Ils ont besoin d’un cadre fixe, concerté et rassurant.

Enfin, cette crise ne pourra être surmontée que par une confiance et un dialogue avec les organisations professionnelles qui vous font nombre de propositions concrètes sur les corrections à apporter à ces systèmes devenus inadéquats aux réalités de leurs professions.

Alors, il y aura toujours l’idée tenace que cette vie de “saltimbanques”, après tout, ils l’ont choisie! Choisie parce qu’ils sont passionnés et engagés. Pour autant, cela ne peut pas les condamner à demeurer une variable d’ajustement dans le discours politique: 25 millions d’euros en aide à la Culture quand des milliards sont consentis, à juste titre, à l’économie… Permettez-nous de vous rappeler, Monsieur le Ministre, que la culture contribue sept fois plus au PIB que l’industrie automobile! Il ne s’agit, bien évidemment, pas de mettre en concurrence les énergies et l’investissement de nos concitoyens dans la diversité de leurs professions ou de leurs missions. Pour autant, il est aussi important de se souvenir que la culture n’est pas un ornement “par-dessus le marché” et qu’elle prend aussi en charge une part de subversion dont nous n’avons aucun intérêt à ce qu’elle s’échoue sans filtre dans le quotidien.

Alors, Monsieur le Ministre, on ne peut entendre qu’à côté du mot “essentiel” que répète votre Ministre de la Culture, ne soit pas maintenant adossé un vaste plan de sauvetage et de redémarrage du monde culturel, en soutien à toutes celles et ceux qui nous ont accompagnés dans nos journées confinées et qui continuent à nous faire voyager au-delà de la solitude, de la maladie et des peurs.

Les co-signataires:

Mme Michèle Victory, députée de l’Ardèche
Mme Valérie Rabault, députée de Tarn-et-Garonne, présidente du groupe Socialistes et apparentés à l’Assemblée nationale
M. Patrick Kanner, sénateur du Nord, président du groupe Socialiste et républicain au Sénat
M. Olivier Faure, député de Seine-et-Marne, premier secrétaire du PS
M. Olivier Bianchi, secrétaire national PS chargé de la culture, maire de Clermont-ferrand
Mme Sylvie Robert, sénatrice d’Ille-et-Vilaine

M. Maurice Antiste, sénateur de la Martinique
Mme Viviane Artigalas, sénatrice des Hautes-Pyrénées
M. David Assouline, sénateur de Paris
M. Joël Aviragnet, député de Haute-Garonne
Mme Ericka Bareigts, députée de la Réunion
Mme Marie-Noëlle Battistel, députée de l’Isère
M. Claude Berit-Debat, sénateur de Dordogne
Mme Gisèle Biémouret, députée du Gers
Mme Maryvonne Blondin, sénatrice du Finistère
Mme Nicole Bonnefoy, sénatrice de Charente
M. Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime
M. Martial Bourquin, sénateur du Doubs
M. Jean-Louis Bricout, député de l’Aisne
M. Luc Carvounas, député du Val-de-Marne
Mme Catherine Conconne, sénatrice de Martinique
M. Roland Courteau, sénateur de l’Aude
M. Yves Daudigny, sénateur de l’Aisne
M. Alain David, députée de Gironde
M. Gilbert-Luc Devinaz, sénateur du Rhône
Mme Laurence Dumont, députée du Calvados
M. Jérôme Durain, sénateur de Saône-et-Loire
M. Alain Duran, sénateur de l’Ariège
M. Vincent Eble, sénateur de Seine-et-Marne
M. Rémi Feraud, sénateur de Paris
Mme Corinne Feret, sénatrice du Calvados
M. Jean-Luc Fichet, sénateur du Finistère
Mme Martine Filleul, sénatrice du Nord
M. Guillaume Garot, député de la Mayenne
M. Hervé Gillé, sénateur de Gironde
Mme. Karine Gloanec Maurin, ancienne députée européenne et secrétaire nationale PS culture
Mme Nadine Grelet-Certenais, sénatrice de la Sarthe
Mme Annie Guillemot, sénatrice du Rhône
M. David Habib, député des Pyrénées-Atlantiques
Mme Laurence Harribey, sénatrice de Gironde
M. Jean-Michel Houllegatte, sénateur de la Manche
M. Christian Hutin, député du Nord – apparenté
M. Oliver Jacquin, sénateur de Morthe-et-Meuselle
Mme Victoire Jasmin, sénatrice de Guadeloupe
M. Patrice Joly, sénateur de la Nièvre
Mme Gisèle Jourda, sénatrice de l’Aude
M. Régis Juanico, députée de la Loire – Génération.s
Mme Marietta Karamanli, députée de la Sarthe
M. Eric Kerrouche, sénateur des Landes
M. Jérôme Lambert, député de Charente
M. Jean-Yves Leconte, sénateur des français à l’étranger
Mme Claudine Lepage, sénatrice des français à l’étranger
M. Serge Letchimy, député de la Martinique - apparenté
M. Jean-Jacques Lozach, sénateur de la Creuse
Mme Monique Lubin, sénatrice des Landes
M. Victorin Lurel, sénateur de la Guadeloupe
M. Jacques-Bernard Magner, sénateur du Puy-de-Dôme
Mme Josette Manin, députée de la Martinique – apparentée
Mme Juliette Mant, déléguée nationale PS chargée de la Culture
M. Didier Marie, sénateur de Seine-Maritime
Mme Michelle Meunier, sénatrice de Loire-Atlantique
Mme Marie-Pierre Monier, sénatrice de la Drôme
M. Franck Montaugé, sénateur du Gers
Mme George Pau-Langevin, députée de Paris
Mme Christine Pires Beaune, députée du Puy-de-Dôme
M. Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle
Mme Angèle Préville, sénatrice du Lot
M. Joaquim Pueyo, député de l’Orne
M. Gilbert Roger, sénateur de Seine-Saint-Denis

Mme Claudia Rouaux, députée de l’Ille-et-Vilaine
M. Clément Sapin, délégué national PS chargé de la Culture
M. Hervé Saulignac, député de l’Ardèche
Mme Sophie Taille-Polian, sénatrice du Val-de-Marne – Génération.s
M. Rachid Temal, sénateur du Val-d’Oise
Mme Nelly Tocqueville, sénatrice de Seine-Maritime
M. Jean-Marc Todeschini, sénateur de Moselle
Mme Sylvie Tolmont, députée de la Sarthe
M. Jean-Louis Tourenne, sénateur d’Ille-et-Vilaine
Mme Cécile Untermaier, députée de Saône-et-Loire
Mme Hélène Vainqueur-Christophe, députée de la Guadeloupe
M. Boris Vallaud, député des Landes
Mme Sabine Van Heghe, sénatrice du Pas-de-Calais

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Comment imaginer la culture demain ?

1 Mai 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Culture

Comment imaginer la culture demain ?

Rarement la culture a tenu une place si centrale dans nos vies. Mais, cette effervescence culturelle se double de la pire crise que le monde des arts ait connu depuis des années. Alors comment imaginer la culture demain pour que celle-ci continue de nous égayer et de nourrir notre imaginaire ?

Avec la fermeture simultanée de ses 2.000 cinémas, 3.000 librairies et 3.500 salles de spectacle, le secteur français de la culture se retrouve depuis un mois et demi confronté à un défi sans précédent. Mais dans dix jours, les bibliothèques et les médiathèques, ainsi que les librairies et les galeries d’art, et quelques “petits musées” pourront rouvrir leurs portes. Une partie du monde de la culture, durement atteint par le confinement, pourra ainsi sortir de la tête de l’eau. Cependant, si une telle mise à l’arrêt n’a pas d’équivalent dans l’histoire, le monde des arts a traversé bien d’autres épreuves, dont nous pouvons tirer des enseignements. On compare souvent la récession économique liée au Grand confinement à la Grande Dépression. On sait moins que lorsque Roosevelt a lancé en 1933 son New Deal pour faire face à celle-ci, il y a intégré un important volet culturel. Alors que doit-on apprendre du passé pour imaginer la culture de demain ? 

Pour  discuter de cet épisode méconnu de l’histoire américaine, nous recevons Frédéric Martel, journaliste et professeur à l’Université des Arts de Zurich, auteur de "De la culture en Amérique".

Puis, pour tenter de dessiner les contours de la culture de demain, nous serons en compagnie de Emmanuel Demarcy-Mota, metteur en scène, directeur du Théâtre de la Ville et du Festival d’Automne

L'exemple du New Deal 

" Franklin Roosevelt arrive au pouvoir en 1933 et il n’était pas forcément concerné par le milieu culturel ou artistique. Lorsqu’il arrive au pouvoir, Roosevelt décide de lancer un 1er New Deal, qui va offrir à la société américaine la retraite, un système d’aide, et stopper le travail infantile. Il y a un mouvement social très fort. Et Roosevelt veut relancer la croissance par un investissement massif de l’État." 

Dans ce premier plan, il y a un volet culturel très fort. Et Roosevelt décide d’aider les artistes. Frédéric Martel

"Les artistes sont pas forcément considérés comme des professionnels et donc le New Deal ne fonctionne pas très bien au départ. Mais un peu après vers 1935, il y a la création de la Work Progress Administration et vient le 2nd New Deal où la culture occupe une place centrale dans le programme."

L’idée de Harry Hopkins (penseur du New Deal et dirigeant de Work Progress Administration) est de croire aux arts car l’art peut avoir un effet de levier pour créer de nouveaux emplois et redonner vie à la démocratie américaine. 7 000 écrivains sont recrutés comme fonctionnaire D’État. Plus de 16 000 musiciens sont également recrutés, mais aussi des artistes et des comédiens. Frédéric Martel

" Le Programme de théâtre est soutenu par Eleanor Roosevelt, la femme du Président. Ce grand projet vise à créer des agences théâtrales dans 5 régions américaines avant d’irriguer le reste du pays. Et cela crée une dimension d’excellence et une dimension de décentralisation totalement inédite."

On peut dire que le bilan du New Deal est mitigé et durable. Le programme va durer une dizaine d’années et a subi beaucoup de critiques. Roosvelt est accusé entres autres de soutenir des artistes communistes. Le plan disparaît progressivement quand la Seconde Guerre Mondiale débute. Frédéric Martel

Aujourd'hui, un secteur culturel aux abois. Entretien avec Emmanuel Demarcy-Mota

On ne sait pas ce qui protège les auteurs. Quel est le minimum de protection pour les auteurs ? Si les auteurs et les artistes en règle générale ne se sentent pas accompagnés et protégés, alors c’est la loi du plus fort qui prévaut. Emmanuel Demarcy-Mota

" Il n’y a aucune visibilité quant à la manière dont les salles de spectacle seront ouvertes dans les prochains mois. Il y a besoin d’un plan, d’un chemin qui soit clair pour pouvoir débattre et penser l’après."

On a en France ce filet de sécurité qui est l’intermittence. Mais même sur ce point, il y a des incertitudes. Il faut des clarifications rapidement à cet égard. Il faut absolument être vigilant et venir en aide pour les plus faibles et les plus fragiles. Emmanuel Demarcy-Mota

Comment imaginer la culture demain ? 

Je pense que le numérique peut accompagner mais il ne peut pas prendre le relai du réel. Si nous n'avons plus de lieux pour se réunir et pour regarder, on se retrouve avec une société aveugle. Il est fondamental de trouver de nouvelles temporalités. Emmanuel Demarcy-Mota

"Nous lançons un programme qui s’appelle «Tenir parole » visant à continuer d’inventer collectivement d’autres manières de faire, de rencontrer et d’entretenir."

Nous devons construire un modèle qui nous réunit. Nous avons besoin d’être réunis pour avancer. Et nous avons besoin d'inventer de nouveaux espaces pour dialoguer et échanger. Emmanuel Demarcy-Mota

"Une période comme celle-ci est une période pour la pensée. Cette période doit être stimulante intellectuellement. Elle fait le lien entre le rêve et la réel."

Guillaume Erner

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« Pourquoi faut-il une telle catastrophe pour que l’accès à la connaissance soit libéré ? »

29 Mars 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Culture

« Pourquoi faut-il une telle catastrophe pour que l’accès à la connaissance soit libéré ? »

EXTRAITS

Marin Dacos, la science en partage

La pandémie de Covid-19 a généré la mise à disposition gratuite de centaines de publications par les revues scientifiques. Conseiller au ministère de la recherche, ce militant de la science ouverte estime qu’il faut étendre et systématiser ce dispositif hors période de crise.

On s’attendait à trouver Marin Dacos satisfait. Ou, du moins, soulagé de constater que la crise sanitaire avait eu raison de la cupidité des éditeurs de revues scientifiques : la plupart d’entre eux ont mis un point d’honneur à rendre accessibles gratuitement les publications sur le SRAS-CoV-2, produites par centaines ces dernières semaines. Il faut dire que l’attitude inverse aurait été peu ­compréhensible. Pour ne pas dire criminelle. D’ailleurs, l’OMS a très vite appelé à un partage total et immédiat, échaudée par la mauvaise circulation des données lors de la dernière épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, en 2013-2016.

On s’attendait à le trouver satisfait, donc, car Marin Dacos, conseiller au ministère de la recherche, est un militant de longue date de la science ouverte. Sa prise de conscience remonte à ses études d’histoire. « Mon expérience de l’accès aux livres fut saisissante : quasiment rien à l’université d’Avignon, ­pendant mes premières années de fac (elle a beaucoup changé depuis), puis la splendide, opulente bibliothèque Lavisse de la Sorbonne, réservée aux agrégatifs, où tout était en accès libre. » L’avènement du Web, à l’époque, fait briller ses yeux. « On sentait un potentiel magnifique, humaniste, de transformation radicale des conditions d’accès au savoir. »

(...)

Marin Dacos regrette, en outre, que les données scientifiques sous-jacentes soient très rarement mises à disposition. « C’est cette boîte noire qu’il faut ouvrir maintenant. Et ce, dans toutes les disciplines, sauf lorsque le secret (défense ou médical) est en jeu. Mais cela implique un changement de nature des informations fournies par les chercheurs. » Le but : permettre à qui le souhaite de les exploiter. « On peut envisager d’agréger des données venant de différentes sources, de détecter des erreurs d’interprétation sur des mesures anciennes et surtout de trouver des choses qu’on ne cherchait pas », pointe Marin Dacos.

Un satellite prenant des mesures ultra-précises destinées à la physique fondamentale s’est, par exemple, révélé un excellent outil pour évaluer l’intensité de la pollution spatiale. « De tels heureux hasards peuvent aussi survenir en virologie. Mais il faut changer de modèle. Et la crise du coronavirus doit nous aider à en prendre collectivement conscience », conclut-il. Autrement dit, pour lutter contre un virus, il faut confiner la population… mais surtout pas les données scientifiques.

Cécile Bonneau

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Aujourd'hui, on s'évade! (Vidéos)

29 Mars 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Culture

EXTRAITS

« Echappées belles ». Sur l’offre replay de France TV, dix-sept reportages de la saison 14, jusqu’au 22 mai et sur YouTube.

Pour aller plus haut, sans vertige

L’ivresse des sommets vous manque ? Pour proposer de l’évasion aux montagnards confinés, les alpinistes du groupe militaire de haute-montagne basé à Chamonix (Haute-Savoie) partagent gratuitement leurs vidéos de pérégrinations en altitude.

(...)

Youtube.com/et chaîne YouTube GMHM.

Pour sortir du train-train, au quotidien

A l’heure du voyage responsable, le slow travel sur les rails a de beaux jours devant lui. Avec « Des trains pas comme les autres », sur France 5, Philippe Gougler nous propose de l’accompagner le long d’une voie ferrée mythique ou, au contraire méconnue.

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« Des trains pas comme les autres ». Replay de France TV et YouTube, pour les plus anciens.

Pour se promener dans l’Aude, à l’aube

C’est beau, la France ! Les 100 lieux qu’il faut voir, documentaire de cinquante-deux minutes, nous fait découvrir les beautés de l’Hexagone et de l’outre-mer.

(...)

« Les 100 lieux qu’il faut voir ». Sur l’offre replay de France TV jusqu’au 1er avril et sur YouTube pour les sujets plus anciens.

Pour nager, dans le bonheur

Connue pour son offre de films et de séries, la plate-forme de streaming Netflix propose aussi de chouettes documentaires. Avec quelques pépites qui vous transporteront ailleurs, sans prétention mais de façon très attachante.

(...)

« Destination happiness ». Netflix, dans la catégorie documentaires.

François Bostnavaron

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