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Vivement l'Ecole!

culture

Régionales 2021 - L'Alternative s'engage pour la culture, l'art, la création, le patrimoine, les artistes!

9 Juin 2021 , Rédigé par NVB Publié dans #Art, #Culture, #Politique

Chères amies, chers amis, 

Après plus de 18 mois de privation de toute forme de culture vivante, à partager ensemble dans les salles comme dans les festivals, après un mandat régional, surtout, durant lequel aucune ambition culturelle n’aura été portée, nous allons enfin pouvoir faire vivre à nouveau la culture, la création, l’art, le patrimoine, les artistes !  

Durant toute la campagne, j’ai tenu à rencontrer les acteurs culturels dans mes déplacements, et dimanche, j’ai eu la chance d’assister à l’ouverture de la Biennale de la Danse. Je peux vous le dire : que de belles promesses pour l’avenir et le renouveau de la culture ��
 

 

Je m'engage donc sur un grand plan de libération de la culture pour accompagner la sortie de crise et inventer ensemble une nouvelle politique culturelle, ouverte et ambitieuse, pour toutes et tous ! 

�� Notre Région est une grande terre de culture et de patrimoine, nous nous devons d’offrir le meilleur à tous les publics, mais aussi faire de ce secteur créatif et culturel, un grand atout économique et touristique, un marqueur de notre identité humaniste, plurielle, ouverte sur le monde.

Je m’engage fermement, à cet égard, à ne jamais soumettre la liberté de création à aucune considération politique, à faire des choix en toute transparence, en étroite concertation avec les acteurs, sous leur regard, et avec un contrôle indépendant. 

Seul le strict respect de la laïcité et des valeurs républicaines sera exigé, en toute circonstance. 

 


 

�� Retrouvez le détail de ce plan, à la fin de cette lettre de campagne !

Najat Vallaud-Belkacem
Candidate à la Présidence de la Région Auvergne-Rhône-Alpes

______

Cette relance culturelle reposera sur trois grands piliers :

>>  Une politique territoriale pour lutter contre les déserts culturels !
 

�� Développement d’une culture de la proximité à travers les 1000 comptoirs de  services et de solidarité. 
◽️ Inclusion de projets culturels dans les aménagements urbains et de centres-bourgs. 
�� Développement de la diffusion numérique de grands événements régionaux et de productions locales.
◽️ Impulsion des grands projets culture-territoire : nous encouragerons et soutiendrons les initiatives locales qui veulent se dimensionner à une échelle nationale et valoriser la décentralisation culturelle.
�� Contractualisation avec les projets culturels comme le projet de capitale culturelle européenne de Clermont Ferrand par exemple. Ou le soutien aux actions de Villeurbanne, désignée première Capitale Culturelle de France.

>> Une politique économique pour faire de l’écosystème culturel l’un des piliers de notre activité économique et lui assurer les moyens de son développement !

�� Doublement du budget de la culture aujourd’hui de 60 millions d’euros pour le faire passer à 120 millions d’euros afin de développer une réelle politique culturelle à la hauteur des enjeux et des ambitions de notre région pour ce secteur. 
◽️ Encouragement à la création artistique et d’événements, au décloisonnement et aux synergies entre les professionnels eux-mêmes.
�� Financement à l’ensemble des arts, de la création en passant par la production jusqu’à la diffusion sur l’ensemble du territoire et accompagner l’innovation culturelle, renforcer l’écosystème culturel et son économie en développant les synergies  (développement des liens entre culture et tourisme, culture et éducation, culture et mobilités...) et la professionnalisation du secteur.
◽️ Soutien au secteur culturel à travers le Fonds Impact Avenir qui investira 1 milliard d’euros dans les entreprises.

 

>> Une politique sociale, car la culture, c'est aussi les conditions de l’émancipation de chacun ! 

�� Création d’un pass Région enrichi pour les jeunes et un pass culture pour tous les publics fragiles (familles, seniors), ainsi qu’une tarification sociale dans les clubs et associations culturelles que nous subventionnerons. 
◽️ Renforcement de l’éducation artistique et culturelle des jeunes sur tout le territoire ainsi que leur accès à la culture en réseau avec les établissements de formation artistique et les entreprises culturelles, en instaurant un parcours découverte des métiers du patrimoine et des arts. 
�� Soutien aux artistes émergents et indépendants dans leur diffusion, en particulier dans la période de réouverture 
◽️ Multiplication par 10 du budget dédié aux associations en passant de 15 à 150 millions d'euros : la culture en bénéficiera aussi, sur tout le territoire, et pour toutes pratiques artistiques !


Pour plus de détails, retrouvez l’intégralité de notre programme ici : www.aura-alternative.fr

��  SAVE THE DATE  ��
Nos deux meetings auront lieu les 10 et 14 juin prochains
à Cournon d'Auvergne et à Lyon ! Plus d’infos par ici.   

   


�� Vous ne pouvez pas vous déplacer pour aller voter, ou vous n’êtes pas là les 20 et 27 juins, pensez à la procuration !

Vous souhaitez vous engager à nos côtés dans cette campagne, nous faire part d’une idée, d’une remarque, faire un don ou tout simplement recevoir des informations.

 
Contactez-nous : www.aura-alternative.fr
 
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En Auvergne-Rhône-Alpes, la culture a un nom: l'Alternative! Avec Najat Vallaud-Belkacem...

5 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Culture

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« Pourquoi la grande majorité du monde culturel, les spécialistes aussi, sont hostiles au Pass proposé par Macron »

28 Mai 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Culture

Le pass Culture : acteurs culturels du Centre-Val de Loire proposez dès  maintenant vos offres ! | Ciclic

EXTRAITS

Beaucoup redoutent que cette offre renforce l’industrie du divertissement et qu’elle creuse la fracture culturelle entre jeunes urbains issus des classes favorisées et les autres, relève dans sa chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».

Chronique. Emmanuel Macron s’est mis dans la peau d’un oncle voulant faire un cadeau de Noël à un neveu. Ne sachant pas ses goûts, il place quelques billets dans une enveloppe. Le geste est peu poétique mais au moins le gamin saura quoi faire de l’argent.

C’est la philosophie du Pass culture : 300 euros pour chaque jeune de 18 ans, à dépenser sur vingt-quatre mois, par le biais d’une offre riche proposée sur une application numérique. Après deux ans de tests dans quatorze départements, la promesse phare du président de la République vient d’être lancée dans la France entière.

C’est a priori gagnant-gagnant : des jeunes s’offrent des places de cinéma, des livres ou des cours de guitare, et des librairies ou théâtres renflouent leurs caisses pâlottes depuis la pandémie. Et pourtant la grande majorité du monde culturel, les spécialistes aussi, sont hostiles à ce chéquier numérique. Nombre de lieux de spectacles subventionnés demandent déjà sa suppression dans un communiqué daté du 19 mai.

(...)

Depuis la création du ministère de la culture, en 1959, la réponse est grosso modo celle-ci : multiplier les lieux d’art et de création, leur donner des moyens, charge à eux d’attirer le public le plus diversifié. L’audience de cette culture dite « légitime » a augmenté en soixante ans mais, en dépit d’actions louables, les milieux modestes n’en sont pas, limitant souvent leurs loisirs à la télévision ou à des formes industrielles – écrans en tous genres, YouTube, jeux vidéo, films populaires.

(...)

La gratuité n’est pas la solution

On peut néanmoins se demander pourquoi le Pass culture est ouvert à tous, alors que le Pass sport de 50 euros, annoncé au même moment, visant à alléger l’inscription à un club de football ou de basket, lui, est réservé aux enfants de milieux modestes.

Les mauvaises langues répondent que si on avait retiré du dispositif les « 18 ans aisés », il n’y aurait plus grand monde pour acheter des places au théâtre public ou au musée. A rapprocher d’une confidence faite par un conseiller de Macron : « C’est déjà pas mal si le Pass sert aux jeunes friands de culture. »

Si la construction de théâtres ou de musées n’a pas bouleversé la sociologie du public, et si l’amélioration des librairies n’a pas élargi les lecteurs de romans, un chèque de 300 euros risque de ne pas changer la donne.

Les sociologues de la culture ont montré qu’une réponse économique – le Pass en est une – est fragile. Nombre de villes ou de lieux culturels proposent déjà des cartes jeunes et des tarifs très attractifs, et ils peinent à diversifier leur audience. La gratuité non plus n’est pas la solution. Il faudrait un miracle pour que le Pass démente ces faits.

(...)

Ce Pass va coûter à l’Etat entre 160 millions et 180 millions d’euros la première année. Cet argent manque cruellement au tissu associatif local, aux maisons des jeunes et de la culture ou aux centres culturels de rencontre. Soutenir ce réseau constituerait une politique culturelle volontariste, alors que le Pass traduit plutôt une fuite en avant – dépensez l’argent comme il vous plaira.

Un deuxième Pass culture, prévu en janvier 2022 avec l’éducation nationale, se rapproche, lui, d’une politique culturelle. Chaque élève se verra offrir 200 euros étalés entre la 4e et la terminale, mais il sera accompagné dans ses choix par les enseignants.

Encore un effort, et l’Etat agira dès la maternelle, où domine déjà une « malnutrition culturelle », selon la psychanalyste Sophie Marinopoulos, qui a remis un rapport en ce sens, en 2019, au ministère de la culture. 18 ans, c’est trop tard.

Michel Guerrin - Rédacteur en chef du Monde

Texte complet à lire en cliquant ci-dessous

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Les mathématiques ont-elles pris le pouvoir sur le réel ? (Audio)

29 Avril 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Culture

Les mathématiques ont-elles pris le pouvoir sur le réel ? (Audio)

Quelle est la place de l’humain dans un univers où le bonheur est accompagné par les machines ? Faut-il lutter contre une "société algorithmique déshumanisante" ? On sait tout optimiser, mais on a toujours du mal à anticiper les accidents, les retards qui vont mettre la machine par terre.

On est passé d’une société informatique à une société d’intelligence artificielle. Les chiffres permettent de tout mesurer, de tout calculer, de prédire les comportements aléatoires. Avec la généralisation des calculs massifs, on est entré dans un autre monde : de la programmation informatique, on est passé au "machine learning". Sommes-nous entrés dans un monde cybernétique, autrement dit de "gouvernance par les nombres" ? Paradoxe : le monde est à la fois de plus en plus lisible, prédictif, contrôlable, mais également de plus en plus volatile, incertain, complexe, ambigu.

Quelle est la place de l’humain dans un univers où le bonheur est accompagné par les machines ? Quelle est la place de l’intuition et de la création dans ce contexte ? Faut-il, comme le souhaite l'économiste Daniel Cohen, lutter contre une "société algorithmique déshumanisante" ? On sait tout optimiser, tout modéliser, tout simuler, tout corréler… mais on a toujours du mal à anticiper les grains de sables, les accidents, les retards qui vont mettre la machine par terre.

Avec Elisabeth Grosdhomme, Bruno Teboul, François Pitti et Julien Cantegreil.

Et c'est à écouter en cliquant ci-dessous

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Comment la crise sanitaire a boosté la soif de lire de certains ados

10 Avril 2021 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education, #Culture

Comment la crise sanitaire a boosté la soif de lire de certains ados

La réduction des activités extérieures a donné ou redonné l’envie de feuilleter à certains adolescents, qui témoignent de leur passion à « 20 Minutes »

  • Passant plus de temps chez eux, certains adolescents ont découvert le plaisir de la lecture ou s’y sont adonnés plus qu’à l’accoutumée.
  • Car le fait de plonger dans une histoire les éloigne des réalités anxiogènes du moment.
  • De la BD, en passant par l’heroic-fantasy jusqu’aux classiques, ils ont des goûts éclectiques.

Des sorties réduites, des activités culturelles et sportives suspendues, une vie sociale plus réduite… La crise sanitaire a bouleversé les loisirs des adolescents. Et si beaucoup d’entre eux se sont réfugiés sur leurs écrans pour trouver un peu de réconfort, certains ont découvert le plaisir de la lecture ou s’y sont adonnés plus qu’à l’accoutumée.

Caroline, 16 ans, fait partie de ceux que la crise du coronavirus a transformé en lecteurs, car ils étaient à la recherche de nouvelles activités. « J’ai commencé pendant le premier confinement. Je n’aimais pas forcément avant, mais n’ayant rien à faire, j’ai essayé et puis je suis tombée amoureuse de la lecture. Je passe environ une dizaine d’heures par semaine à lire. Je me suis récemment munie d’une liseuse, donc je le fais en version numérique. Mais j’achète encore énormément de livres. J’ai commencé à compter, depuis le 1er janvier 2021, combien de pages j’ai lues. J’en suis à plus de 1.700 pages tournées », annonce-t-elle fièrement.

En fouillant dans la bibliothèque…

Chez les adolescents qui aimaient déjà bien feuilleter avant la crise, le fait de passer plus de temps à la maison a avivé leur envie. A l’instar d’Arthur : « J’ai toujours beaucoup lu, mais c’est vrai que le confinement m’a fait davantage lire. J’ai lu notamment L’horloge de vie, de Marc Couvreux, que je conseille ! ». De son côté, Justine, 11 ans, est carrément devenue une lectrice compulsive depuis un an : « Je lis un bouquin et cinq BD par semaine. J’ai découvert les livres qui traînaient dans la bibliothèque et qui appartenaient à ma sœur. Et comme mes parents avaient peur que je m’ennuie et que je passe trop de temps sur les écrans, ils m’en ont offert plein depuis un an ».

Josse, 14 ans, passe aussi beaucoup plus de temps à tourner les pages qu’avant : « Je lisais un livre tous les deux mois avant la crise. Mais depuis, mon rythme, c’est plutôt deux livres par mois pendant la période scolaire et un livre par semaine pendant les vacances ».

« Il y a un véritable engouement autour des livres inspirés de séries Netflix »

Cette passion de certains adolescents pour la lecture, Coline Jason, professeur documentaliste au collège Jules Ferry de Mantes-la-Jolie (Yvelines), était aux premières loges pour la constater lorsque son établissement était encore ouvert : « Les élèves étaient très demandeurs, notamment de mangas. Ils avaient un véritable engouement pour L’atelier des sorciers, car le personnage Coco leur plaît beaucoup. Ils adorent aussi la BD Louca (Dequier) et se battaient pour avoir les tomes suivants. Plébiscite aussi pour Zombillenium (Pins). Cette année, les livres dont on est le héros, comme Loup-garou (Moon) ou Les larmes de Nuwa Jurdic) marchent bien aussi. Et il y a un véritable engouement les livres inspirés de séries Netflix, comme The witcher (d’Andrzej Sapkowski) ou Strangers things (de plusieurs auteurs selon les tomes) ».

Car les adolescents ont des goûts éclectiques, souligne Olivier Couderc, porte-parole du Centre national du livre (CNL) : « Ils lisent aussi bien des classiques, en raison des lectures imposées par les enseignants, que des mangas, de la BD, des comics, de l’heroic-fantasy, de la science-fiction… Les prescriptions de lectures leur proviennent aussi bien des amis, des réseaux sociaux (#BookTok sur Tik Tok), des youtubeurs (comme le compte "Le souffle des mots" d’Audrey) ». C’est le cas de Justine, qui passe d’un genre à un autre pour varier les plaisirs : « J’ai dévoré les 9 tomes du Journal d’Aurélie Laflamme (Desjardins), j’ai aussi lu Le journal de Cléopâtre (Diglee), les Harry Potter (Rowling), Les trois mousquetaires (Dumas) et même plusieurs Agatha Christie. En BD, j’ai adoré Le journal d’Esther (Varin, Sattouf), Les quatre sœurs (Rigal-Goulard), Les profs (Pica, Erroc), Les petits mythos (Larbier, Cazenove). Pour les choisir, je regarde la quatrième de couverture pour voir si l’histoire m’inspire et si le style d’écriture me plaît », explique-t-elle.

« A chaque fois que je lis, j’ai l’impression d’être dans ma bulle »

Josse, lui, fait carrément le grand écart : « Depuis un an, j’ai lu des classiques que j’ai trouvés chez moi : Germinal (Zola), Le lys dans la vallée (Balzac), Eugénie Grandet (Balzac), Le comte de Monte-Cristo (Dumas), Un sac de billes (Joffo), Le journal d’Anne Franck. Mais aussi des ouvrages économiques comme La richesse des nations (Smith), Le Capital (Marx), Capital et idéologie (Pïketty). Et quand je tombe sur des notions que je ne comprends pas, je regarde des vidéos de vulgarisation sur Internet. Récemment, je me suis mis à la philo, en lisant Le monde de Sophie (Gaarder) et L’existentialisme est un humanisme de (Sartre). Je vais chercher des mots dans le dictionnaire et je surligne les passages qui me plaisent. En parallèle, je lis des mangas comme One Piece (Oda) ou Death note (Ōba) ». Caroline, elle, a des goûts littéraires assez différents des ados de son âge, qu’elle assume pleinement : « Je lis principalement de la psychologie et la psychanalyse, mais aussi des biographies ou des histoires vraies ».

Leur point commun à tous reste le plaisir qu’ils trouvent à feuilleter : « La lecture est pour eux un moyen d’évasion », résume Olivier Couderc. Ce que confirme Justine : « A chaque fois, j’ai l’impression d’être dans ma bulle, mon monde ». « Cela permet de ne penser qu’au livre, à son histoire, de prendre du temps pour moi », témoigne Caroline.

Reste à savoir si leur plaisir des mots restera une fois la crise sanitaire passée. Josse y croit : « Après, je continuerai, car j’aime encore plus ça qu’avant. La preuve : je participe à des groupes de discussions sur Discord où l’on débat de nos lectures ». Justine pense aussi poursuivre dans cette voie : « Sauf si pendant ma crise d’ado, je me détourne des livres », confie-t-elle.

Delphine Bancaud

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Guerre culturelle, bataille sociétale : comment qualifier ce qui nous arrive ? (Audio)

10 Mars 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Culture

Black Lives Matter pourrait influencer la présidentielle américaine | Le  HuffPost

Des débats divers qui traversent nos sociétés de part et d'autre de l'Atlantique, peut-on définir une certaine continuité ? Existe-t-il un lien entre ces points de dissension, qui formerait la ligne de démarcation de ce que l'on se plaît à figurer sous le terme de "guerre culturelle" ?

Pour beaucoup d’entre nous ces termes recouvrent des idées difficiles à cerner. Mais pour les spécialistes de science politique, ils sont assez clairs et décrivent un ensemble a priori hétéroclite de débats qui agitent nos sociétés: la question du voile, de l’islamo-gauchisme, de la cancel culture, le débat sur le genre ou l’écriture inclusive font partie du combat pour ce que l’on appelle aussi l’hégémonie culturelle. Bref, des interpellations publiques sur des questions de mœurs, de religion, de sexualité ou de rapport à la nature.

Mais pourquoi ces débats deviennent-ils des scandales médiatiques ?

Les batailles sur ces notions, ces concepts  ont-elles remplacé les batailles sur les conditions de vie, les batailles sociales ? Et si oui, pourquoi ?

INTERVENANTS

Vincent Tiberj professeur d’université à Sciences Po Bordeaux

Mathieu Bock-Côté sociologue et chargé de cours à HEC Montréal. Il est aussi chroniqueur au Journal de Montréal et au Figaro

Cécile Alduy professeur de littérature française à l’université de Stanford, chercheuse associée au Cevipof – Sciences Po

Emission à écouter en cliquant ci-dessous

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La culture face au dilemme du vote barrage : «Rien qu’entendre parler de la présidentielle ajoute une angoisse terrible à celle qu’on éprouve»...

1 Mars 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Culture

France, le barrage hydroélectrique d'Artouste à 2000m | Flickr

EXTRAITS

Artistes et professionnels du secteur ont accepté de dire à «Libé» s’ils voteraient Macron au second tour pour faire barrage à l’extrême droite.

A l’arrêt, largement floué par les stratégies de déconfinements, souvent oublié des allocutions ou alors grossièrement sommé d’enfourcher le premier fauve qui passe, et volontiers ulcéré par la politique de l’exécutif, où en est le secteur culturel avec le macronisme comme rempart à l’extrême droite ? Parmi les artistes et acteurs de la culture sollicités par Libé, car présumés plus ou moins gauchistes de cœur et de vote, nombreux sont ceux qui ont poliment décliné de se livrer au jeu discutable de la politique-fiction. Les réponses des autres reflètent bien combien la notion de vote barrage est devenue délicate à gauche à l’épreuve du quinquennat en cours. Surtout, tous ou presque ont affirmé combien ils veulent croire que l’histoire ne peut être encore écrite et qu’un remake de 2017 n’est pas inéluctable.

Elsa Abderhamani, artiste et cofondatrice de la revue de BD Bien, monsieur

«Le Pen n’est évidemment pas une option. Mais il n’est pas question d’aller voter Macron. Je n’ai pas pu m’y résoudre il y a cinq ans, malgré les pressions de mon entourage, parce que rien n’allait dans son programme. Ni l’économie ni la culture… Rien. Quelque part, il a été fidèle à ses idées. Le spectre des Le Pen ne peut pas servir d’excuse pour voter pour n’importe qui tous les cinq ans. J’espère que Philippe Poutou se représentera. Mais au second tour, je n’irai voter que si le vote blanc est pris en compte.»

Swann Arlaud, acteur (Grâce à Dieu, Petit Paysan, Perdrix)

«La perspective du vote barrage est terrifiante, car c’est un renoncement. Ça m’horrifie d’être face à un tel ultimatum dans quelques mois. Aujourd’hui, je peux envisager l’abstention. Ce quinquennat qui n’est pas fini a été si catastrophique qu’on se demande parfois si pire est possible. Je pense notamment aux violences policières non assumées, à notre ministre de l’Intérieur qui explique à la télé que Marine Le Pen est «molle», ou à la manière dont la révolte des gilets jaunes a été entendue. Vis-à-vis de la culture, le gouvernement a fait le choix de la consommation. Un choix politique d’ouvrir les magasins où les gens s’entassent avant Noël et de fermer les lieux de culture alors que les épidémiologistes disent qu’on ne s’y contamine pas. Au-delà de la question des besoins vitaux, c’est un choix de société très inquiétant de nier la culture, ou de la considérer comme une variable dont l’absence ne priverait qu’une petite catégorie de la population et une corporation.»

(...)

Marie Desplechin, écrivaine (Verte, la Vie sauve, Sans moi)

«Je ne peux pas ne pas aller voter. Impossible. Le droit de vote, on l’a, on s’en sert. J’irais voter Macron, le cœur au bord des lèvres. Le niveau de l’arnaque et de la déception est gigantesque, mais avec toutes les lois liberticides qui ont été mises en place, comment filer les clés à Marine Le Pen ? Ce que je souhaiterais, c’est un changement constitutionnel, qui nous sorte de cette centralisation qui promeut des arrivistes. S’il y avait 18 ministres de l’Education nationale, on pourrait espérer que toutes les écoles maternelles ne soient pas broyées par la même réforme qui ignore ce qu’est un petit enfant, par exemple. Il y aurait quantité de tocards, mais aussi des gens bien. Ma porte reste ouverte, je ne suis pas du genre à me laisser abattre, et pourtant, sous le gouvernement Macron, j’ai du mal à ne pas être désespérée. Pour ne pas être triste, je vais sur des combats locaux qui sont eux aussi en grand danger, la ZAD du triangle de Gonesse, les comités inter-hôpitaux…»

(...)

Marion Siéfert, autrice, metteuse en scène et performeuse (Jeanne_Dark_, Du sale !, le Grand Sommeil)

«Je n’aime pas du tout cette question. La poser, c’est déjà participer à la fabrication artificielle d’un second tour Le Pen-Macron, comme si c’était une chose inéluctable. Macron et Le Pen au premier tour en 2017, c’est 45 % des suffrages. 55 % des électeur.ices ont décidé de ne pas voter pour eux, la majorité donc, et je ne compte pas ici la masse immense des abstentionnistes.

«60 % du programme de Le Pen père des années 1980 concernant l’immigration sont passés, ont été actés, ont donné lieu à des enfermements en prison et en centre de rétention administratif, à des ITF (interdictions du territoire français), à des OQTF (obligations de quitter le territoire français), à des dizaines de milliers de morts en Méditerranée et à des expulsions (y compris vers le Soudan et l’Erythrée). Il faut se rendre à l’évidence : tous les partis politiques considèrent que l’immigration est un problème et bafouent les droits humains les plus élémentaires.

«Pourquoi, plus d’un an avant les prochaines élections, nous devrions répondre à une question si loin de nos préoccupations actuelles, si ce n’est pour alimenter des pronostics médiatiques qui permettent de ne pas traiter de ce qui nous importe vraiment ? Libé n’a pas d’autres sujets plus brûlants ? Voilà la question que j’aimerais retourner à Libération.»

Anne Diatkine, Julien Gester, Didier Péron, Marius Chapuis et Lelo Jimmy Batista

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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'Islamo-gauchisme", histoire d'une notion" - Bien plus que de simples mots...

17 Février 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Culture

Depuis l'assassinat de Samuel Paty, l'explosion du terme "islamo-gauchisme" dans le débat public français est saisissant. Arme rhétorique de la droite pour décrédibiliser la gauche sur les questions liées à la laïcité, ce mot polémique dépasse aujourd'hui largement cet affrontement classique.

"Islamo-gauchisme", un terme qui sonne invariablement comme une expression de mépris voire une franche insulte aujourd’hui mais quelle est son histoire ? 

C’est la question que s’est posé Valentine Faure, dans un article du Monde cette semaine. "Islamo-gauchisme", employé par Jean-Michel Blanquer le 22 octobre dernier pour désigner une idéologie dangereuse, selon lui, quelques jours après l’assassinat du professeur d’histoire-géographie, Samuel Paty, à la sortie du collège de Conflans Sainte Honorine où il enseignait. "L’islamo-gauchisme" était entré dans le vocabulaire gouvernemental après un usage largement partisan depuis une vingtaine d’années.

"Islamo-gauchisme", c’est Pierre-André Taguieff qui l’aurait utilisé pour la première fois pour décrire, je cite : "une convergence entre intégristes musulmans et groupes d’extrême gauche, à la faveur d’ennemis communs". Le sociologue refuse d’assumer les usages postérieurs de son invention. 

L’usage médiatique "d'islamo-gauchisme" semblait jusqu’ici plutôt réservé à la droite, en témoigne un chiffre établi par un autre sociologue, Fabrice Dhume-Sonzogni, qui octroie au quotidien Le Figaro 50% des utilisations du terme depuis son apparition récurrente située entre  2003 et 2004 dans la presse quotidienne nationale. 

Comment ce qualificatif de défiance a pu prendre une telle ampleur ?

Selon l’historien Ismaïl Ferhat, la disparition du monde ouvrier en tant que force de contestation globale a poussé les forces de  gauche à s’interroger sur les nouveaux leviers du changement révolutionnaire. Dans les années 1970, les travailleurs immigrés attirent l’attention, avec l’oppression double de leur statut : discrimination raciale et pénibilité de leurs conditions de travail. Ils  apparaissent alors comme un groupe témoin de l’aliénation des individus dans les sociétés contemporaines. La référence à l’islam reste alors cantonnée au second plan.

C’est une lecture culturelle de la discrimination qui intègre pleinement la dimension religieuse et qui prend son essor dans les années 1980 au sein d’une gauche non-révolutionnaire à la volonté affichée que la démocratie libérale porte l’extension des droits de l’homme et de l’égalité selon Philippe Portier, également cité par Valentine Faure : la revendication d’un projet de "société multiculturelle, respectueuse des droits propres aux minorités issues de l’immigration", en ligne de mire : la critique de l’universalisme, grand effaceur des singularités.  

Avec une fracture au bord de laquelle vont désormais s’articuler tous les doutes de la gauche : la condamnation à mort de Salman Rushdie par l’ayatollah Khomeyni en 1989 pour son livre les Versets sataniques. L’islam politique ne semblait finalement pas porter les valeurs de la  gauche occidentale mais il fallait rester vigilant face aux débordements anti-musulmans. Une ligne d’équilibre délicate qui piège souvent les débats, toujours actuelle et amplifiée, depuis, par les aléas du conflit israélo-palestinien et les attentats terroristes qui se sont multipliés ces dernières années. S’affronter au parcours des usages du terme "islamo-gauchisme", c’est plonger dans une histoire tortueuse où les principes se heurtent à la nuance qui passe difficilement la frontière de l’efficacité de rigueur dans l’exercice du discours politique.

Liens :

Valentine Faure, "Islamo-gauchisme" : histoire tortueuse d’une expression devenue une invective, Le Monde, 11/12/2020.

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