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Vivement l'Ecole!

blanquer

Annulez la rentrée - La chronique de Waly Dia (Vidéo)

4 Septembre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Blanquer

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"En 2021, j’ai honte d’enseigner le français" - Vidéo

31 Mai 2021 , Rédigé par Afef Publié dans #Education, #Blanquer, #Baccalaureat

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Pourquoi les profs sont-ils mécontents qu’on leur promette 700 millions d’euros ?

30 Mai 2021 , Rédigé par L'Instit' Humeurs Publié dans #Education, #Blanquer

Pourquoi les profs sont-ils mécontents qu’on leur promette 700 millions d’euros ?

EXTRAIT

Cette semaine JM Blanquer, entre autres mesures issues du Grenelle de l’Education, a annoncé une enveloppe de 700 millions d’euros destinée à la "revalorisation" des enseignants. Alors que la somme semble importante, ces derniers font grise mine, oscillant entre colère et dépit. Certains répondront que les profs ne sont jamais contents et qu’ils ne se rendent pas compte de leurs privilèges. D’autres, ceux qui connaissent les dossiers, savent qu’il y a là bien des raisons pour les enseignants de fulminer.

Parce que ça a l’air de beaucoup d’argent, mais en fait non

Balancé comme ça en prime time, 700 millions d’euros, ça semble un gros paquet d’argent, et JM Blanquer ne s’est pas privé de valoriser ce qu’il présente comme un geste « inédit ».

Pour bien prendre conscience de ce que cela représente réellement, il faut d’abord examiner l’enveloppe en détail :

100 millions « permettront la montée en puissance des mesures déjà prises l’an passé » : il s’agit de la fameuse prime d’attractivité, ces 100 millions ne concernent qu’une minorité de profs, ils font juste partie de la revalorisation annoncée en 2020.

200 millions « seront consacrés à une protection sociale complémentaire de l’ensemble des personnels de l’Education nationale » ; c’est une nouveauté dans l’EN, mais en réalité elle ne fait que réparer une injustice : jusqu’ici, l’état versait 1,60 € par an au titre de la mutuelle complémentaire, alors que les entreprises financent au moins 50 % de la mutuelle de leurs employés (de bien meilleure qualité…). Les profs toucheront donc environ 15 € par mois pour leur mutuelle.

- restent 400 millions, soit la même somme qu’en 2021 allouée à la revalorisation salariale, dont l’utilisation sera débattue en juin avec les syndicats.

Comme il y a plus d’1 million d’agents travaillant pour l’EN, dont 870 000 enseignants, on aura une idée de l’ordre de grandeur de la mirifique "revalorisation" promise par le ministre : les 400 millions correspondent à environ une trentaine d’euros par mois, à peine de quoi compenser l’inflation des deux dernières années.

Si on comprend bien ce qu’a dit le ministre, cet argent sera utilisé de la même façon qu’en 2021 : une partie seulement des profs en bénéficiera, les jeunes en priorité, sous forme de primes, le point d’indice restant gelé. Pour 2021, moins d’un tiers des profs sont concernés, les deux tiers restants n'ont droit qu’à la prime informatique de 12,50 € par mois (ça couvre à peu près les cartouches d’imprimante…).

69% des enseignants ont donc perdu du pouvoir d’achat en 2021, et ce sera visiblement la même chose en 2022.

(...)

Lucien Marboeuf

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Blanquergate - "Le ministère a fait du démarchage pour le syndicat Avenir lycéen"

27 Novembre 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Blanquer

Blanquergate - "Le ministère a fait du démarchage pour le syndicat Avenir lycéen"

Un ex-lycéen a raconté à Mediapart, documents à l’appui, comment un responsable de son rectorat l’avait démarché lors de la création d’Avenir lycéen. Au même moment, un compte officiel du ministère diffusait des messages favorables au syndicat pro-Blanquer.

De rebond en rebond, l’affaire « Avenir lycéen » n’en finit par d’interroger sur la responsabilité du ministère de Jean-Michel Blanquer. Un ancien lycéen de l’académie de Normandie a raconté à Mediapart comment un responsable de son rectorat l’a démarché pour le compte du syndicat Avenir lycéen, en décembre 2018, au moment de grèves intenses contre Jean-Michel Blanquer et de la création de cette organisation pro-exécutif alors inconnue du grand public.

Alors en terminale, Martin*, qui venait d’être élu au conseil académique de la vie lycéenne (CAVL) du rectorat de Caen, a eu la surprise de recevoir, à son lycée, un tract pour adhérer au syndicat Avenir lycéen, qui venait tout juste d’être créé.

Dos du tract d’Avenir lycéen remis à Martin. © Document Mediapart
Dos du tract d’Avenir lycéen remis à Martin. © Document Mediapart

Le message lui a été transmis, selon son récit, par la conseillère principale d’éducation de son lycée au nom du proviseur vie scolaire (PVS), un fonctionnaire qui assure des missions de conseiller technique (notamment sur les sujets de vie lycéenne) auprès du directeur académique. Au dos du tract qui lui a été adressé (voir ci-contre), figure d’ailleurs l’annotation suivante : « De la part de M. Marie [le PVS – ndlr], transmis par le PVS pour vous, pour votre information. » « Ma CPE a servi de facteur pour le PVS, j’étais très surpris de recevoir un tract d’une organisation lycéenne », témoigne Martin, qui était alors âgé de 17 ans.

Le lycéen est à l’époque d’autant plus étonné qu’il se renseigne autour de lui et se rend compte qu’il est le seul élu de son CAVL, sur 24, à faire l’objet d’une telle attention. Pourquoi a-t-il été ciblé si précisément ? Martin explique que, quelques jours plus tôt, lors de l’installation du CAVL le mercredi 12 décembre 2018, en pleine grève lycéenne contre Jean-Michel Blanquer, les échanges ont été « un peu tendus » entre les représentants lycéens et le recteur et le PVS David Marie. « Des élus affichaient clairement leur soutien aux blocages dans les lycées, moi je disais que ce n’était pas notre rôle de nous prononcer sur les blocages », raconte-t-il. Au cours de la réunion, Martin devient ainsi un allié du recteur et de son PVS avant, donc, de recevoir le fameux tract d’adhésion quelques jours plus tard dans son lycée.

Le tract est titré « Avenir Lycéen : enfin une organisation lycéenne au service des lycéens ». Il comporte en en-tête le mot-dièse : #AvenirLyceen. Et se conclut par la phrase suivante : « Nous invitons tous les lycéens soucieux de leur avenir et de leur éducation à nous rejoindre, à nous faire part de leurs problèmes quotidiens, et à nous communiquer leurs revendications (avenirlycéen@gmail.com) afin d’engager des débats dans les mois qui viennent. » Le document, signé des « fondateurs d’Avenir Lycéen », est daté du 11 décembre 2018, à Paris.

Comment le PVS de l’académie de Caen se l’est-il procuré ? Pourquoi l’a-t-il ainsi transmis à Martin ? Sollicité par Mediapart, David Marie n’a pas donné suite à nos demandes d’explications.

Tweet de la déléguée nationale à la vie lycéenne de l’époque. © Twitter / @Agnes_davlc
Tweet de la déléguée nationale à la vie lycéenne de l’époque. © Twitter / @Agnes_davlc

Cet étrange épisode n’est pas sans rappeler un mail envoyé, le 9 décembre, dans l’académie d’Orléans-Tours. Révélé par Liberation, le message montre comment un membre du rectorat a donné des conseils à un lycéen sur la façon de communiquer sur les réseaux sociaux, en l’invitant à rajouter le mot-clé #Avenirlyceen à chaque fois qu’il poste « un message sur la vie lycéenne ».

Interrogé par La République du Centre, mardi 24 novembre, le rectorat a contesté « toute tentative de manipulation » : « Le fonctionnement a été tout à fait normal et démocratique »a-t-il expliqué, en se disant prêt à fournir des explications aux syndicats plutôt que « communiquer à travers la presse ».

Au même moment, début décembre 2018, un compte officiel du ministère (@VieLyceenne) a aussi relayé en masse de nombreux messages favorables à « Avenir Lycéen », en utilisant à chaque fois le mot-dièse #AvenirLyceen.

Dès le 6 décembre 2018, le compte ministériel, mais aussi celui de la déléguée nationale à la vie lycéenne (DNVL) de l’époque, Agnès Bertrand, bras armé du ministre, relaient les messages des futurs co-fondateurs du syndicat projeté – qui n’a alors pas encore vu le jour – en y ajoutant spontanément #AvenirLycéen.

Le 11 décembre, l’un des co-fondateurs d’Avenir lycéen s’exclame : « C’est le grand jour. Après le lancement du #, #AvenirLyceen devient une association ». La DNVL, Agnès Bertrand, relaie ce message aussi.

Pourquoi un compte officiel du ministère a-t-il ainsi soutenu une organisation syndicale avant même sa création officielle ? Relancés à plusieurs reprises, le ministère de l’éducation nationale et l’ex-DNVL Agnès Bertrand n’ont pas répondu à nos sollicitations sur ce sujet.

Antton Rouget

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Jean-Michel Blanquer, un ministre dans la tourmente...

26 Novembre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Blanquer

Jean-Michel Blanquer, un ministre dans la tourmente...

EXTRAITS

(...)

Lundi 23 novembre. Jean-Michel Blanquer sort d’un week-end de lessiveuse médiatique et politique. Mediapart et Libération l’ont mis en cause pour son soutien au syndicat Avenir lycéen, une structure progouvernement, créée en 2018, sur laquelle a veillé le ministère de l’éducation nationale en lui distribuant de l’argent public ; 65 000 euros de subventions ont été versés en 2019. Des sommes pour partie dilapidées, selon Mediapart, en frais de bouche et hôtels de luxe. Le ministre réplique par une offensive très politique. « Il y a des médias, en l’occurrence tout un secteur de l’ultragauche, qui ne pensent qu’à créer de la polémique à partir de rien. Cette histoire, ça n’est rien », balaie-t-il sur BFM-TV.

(...)

Le cabinet du ministre a fourni aux parlementaires des éléments de langage pour répondre sur le fond aux mises en cause publiées par Mediapart. Ces élus appartiennent pour la plupart au « fan-club JMB », une boucle Telegram lancée en 2018 par la députée LRM des Yvelines, Aurore Bergé. Une transfuge du parti Les Républicains (LR), qui se retrouve, comme ses camarades, dans la ligne d’« athéisme militant » – selon les termes d’un ministre – défendue par M. Blanquer. « Jean-Michel Blanquer a toujours porté la même ligne politique, en étant au combat pour les valeurs républicaines et laïques, vante Aurore Bergé. Certains ont pu croire que sa ligne était minoritaire ; elle est fortement soutenue au sein de la majorité parlementaire et elle est celle du président de la République. »

D’autres macronistes goûtent pourtant peu ces attaques contre la presse. « Tous ces trucs-là me donnent plus envie de quitter la politique qu’autre chose », soupire un ministre. Sur Twitter, le député (LRM) du Cher, Loïc Kervran, assume publiquement sa différence. « Mon rôle de parlementaire est de contrôler l’action du gouvernement, pas de défendre un ministre en affaiblissant la démocratie », écrit-il, ajoutant à l’intention de ses collègues qu’« une classe politique qui se respecterait et respecterait les journalistes se grandirait ». (...)

(...)

« Ego surdimensionné »

Depuis la rentrée, l’intéressé a des fourmis dans les jambes sur le plan électoral. Après avoir rechigné à se lancer dans la course aux élections régionales en Ile-de-France, il a fini par y mouiller un doigt de pied, à la demande de M. Macron. Le ministre a pris la tête d’un groupe de travail pour bâtir le projet de la majorité dans la région. « Jean-Michel va poser un certain nombre de conditions à sa candidature : pas de sortie du gouvernement en cas de défaite, et un droit de regard sur la composition des listes », assure un proche. Le lancement de sa campagne, prévu à l’origine fin octobre, devait enclencher la dynamique des régionales pour LRM au niveau national. Une manière d’achever la mue de cet expert des sujets éducatifs. « On n’arrive pas à Matignon sans risques », sourit un ministre.

Lors du remaniement, en juillet, son nom figurait sur la courte liste des remplaçants potentiels d’Edouard Philippe. « Blanquer se dissipe », grince un responsable de la majorité. « Il n’a pas découvert la politique en 2017. Même quand il était directeur de grandes administrations, il en faisait à sa manière », défend la ministre déléguée à la citoyenneté, Marlène Schiappa, qui se trouve souvent en phase avec lui sur les questions de laïcité et le juge « incontournable ».

Signe de cette montée en puissance : la plupart de ses détracteurs n’osent pas assumer de propos critiques à visage découvert. Plusieurs membres de la commission des affaires culturelles et de l’éducation au Palais-Bourbon dressent le portrait d’un homme à l’« ego surdimensionné », qui ne supporterait pas la contradiction.

(...)

Alexandre Lemarié, Julie Carriat et Olivier Faye

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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L'ultra-gauche n'est pas du tout ce que Jean-Michel Blanquer désigne...

25 Novembre 2020 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Blanquer

EXTRAITS

La dénonciation de l'ultra-gauche par une partie de la sphère politico-médiatique s'inscrit dans des traditions anciennes de différents partis, qui cherchent à créer un ennemi de l'intérieur.

La dénonciation de la figure de l'ennemi est une forme récurrente de la vie politique. Après l'invention de l'islamo-gauchisme et de l'islamo-fascisme, une autre figure prend sa place dans le paysage politico-médiatique: l'ultra-gauche.

Comme l'Hydre de Lerne, les figures et les constructions repoussoirs viennent régulièrement pimenter les dénonciations publiques, responsables des maux de la société ou des attaques contre les hommes politiques. Elles s'inscrivent dans des traditions anciennes qui de droite comme de gauche cherchent à créer un ennemi de l'intérieur et pour souder un camp à désigner à la vindicte soit le camp adverse soit un bouc émissaire.

«Voilà l'ennemi»

La dénonciation de l'extrême gauche est une forme récurrente de la vie politique. Depuis le XIXe siècle la formule est utilisée. De la dénonciation des anarchistes lors des attentats des années 1893-1894 ou lorsque Georges Clemenceau s'en prenait à la CGT en 1906.

Plus tard, Albert Sarraut dénonçait les communistes en expliquant le 23 avril 1927 le «communisme voilà l'ennemi». En 1951, Charles de Gaulle s'en prend au séparatisme communisme. Charles Pasqua en 1986 voit «des gauchistes et des anarchistes de tout poil et de toute nationalité».

Depuis les années 2000, l'ultra-gauche a souvent été placée sur le banc des accusés, tantôt comme responsable de sabotages dans l'affaire dite de Tarnac durant laquelle Libération, par exemple, a supposé en novembre 2008 que l'ultra-gauche était responsable du sabotage du réseau TGV, tantôt comme initiatrice des mouvements émeutiers, ce dont certains courants de la gauche se sont toujours réclamés.

(...)

Dans les années 1960, elle converge avec l'analyse de certains groupes libertaires eux aussi hostiles à l'action syndicale. L'expression d'ultra-gauche définit alors également une partie des libertaires, les situationnistes et des militants révolutionnaires sans attache partisane particulière piochant dans les différents corpus militants pour constituer de nouvelles pistes de réflexion en rupture avec la société.

Par commodité, l'expression ultra-gauche désigne alors tous les groupes aux marges externes de l'extrême gauche léniniste –trotskiste ou maoïste– et de la gauche antiautoritaire –libertaire, autogestionnaire. Le qualificatif d'ultra-gauche intègre alors la gauche émeutière, qui aujourd'hui se définit comme telle et revendique cette pratique sociale et politique.

Tous ces groupes se méfient des institutions et de la presse officielle, les déclarations actuelles sur leur lien supposé avec Libération et Mediapart ayant suscité des remarques aussi amusées que narquoises, tant les liens semblent et sont inexistants.

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#Blanquergate - JM Blanquer refuse une enquête administrative indépendante...

25 Novembre 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education, #Blanquer

#Blanquergate - JM Blanquer refuse une enquête administrative indépendante...

EXTRAITS

Comment appeler ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale le 24 novembre ? A trois reprises des députés de gauche et de droite ont demandé des explications à JM Blanquer sur son implication dans la création et l'action de l'association Avenir lycéen. Le premier ministre a estimé que l'accusation "est dénuée de tout fondement". Par la suite, JM Blanquer, interrogé à deux reprises a pris soin de ne jamais répondre aux questions en répondant à des questions qui ne lui étaient pas posées. Il a refusé d'affirmer qu'il n'avait eu aucun rôle dans la création d'Avenir lycéen. Le gouvernement fait peu de cas des questions des députés.

(...)

JM Blanquer refuse une enquête administrative indépendante

Sylvie Tolmont (PS) interroge à son tour JM BLanquer. "Mon propos n’est pas de vous interroger sur l’origine de la création et la nature de ce syndicat dont nombre de ses membres sont issus de votre parti politique, ni sur le bon usage des subventions importantes qui lui ont été versées… Il appartiendra par ailleurs à la justice, saisie de plaintes de plusieurs syndicats, de faire en toute indépendance la lumière sur les éléments de ce dossier qui seraient pénalement répréhensibles. Cela dit, on ne peut balayer la gravité des faits révélés d’un revers de main, comme vous le faites. Un ministre ne peut créer ses interlocuteurs et en faire des instruments de promotion de ses réformes tout en affaiblissant les oppositions existantes... Afin de garantir la nécessaire impartialité qu’une enquête interne ne saurait offrir, allez-vous consentir à ce qu’une enquête soit diligentée non par vos services, qui seraient alors juge et partie, mais par l’inspection générale de l’administration, comme on est en droit de l’exiger dans un État de droit ?" JM Blanquer répond sur la subvention versée à Avenir lycéen et sur le fait qu'il a rencontré les dirigeants de cette association : "mon cabinet et moi-même voyons sans arrêt des interlocuteurs de cette nature". De fait l'un d'eux a été embauché au ministère. "Troisièmement, vous me demandez s’ils ont fait un bon usage de leur argent. Je vous répondrai que ce n’est pas sûr" etc. A aucun moment le ministre n'a même fait mine de répondre à la question de la députée.

(...)

F Jarraud

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Blanquer ne jure que par l' «ultra-gauche»... Une trumpisation accélérée...

25 Novembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Blanquer

Blanquer ne jure que par l' «ultra-gauche»... Une trumpisation accélérée...
Blanquer ne jure que par l' «ultra-gauche»... Une trumpisation accélérée...

L'«ultra-gauche», concept ultra-flou

Le ministre de l'Education nationale estime que les polémiques autour du syndicat Avenir lycéen sont «cousues de fil blanc par des secteurs de l’ultra-gauche». Mais de quelle gauche parle-t-il ? La super-extra-gauche, la méga-gauche ou bien l'hyper-gauche ?

Interrogé sur des soupçons d’instrumentalisation du syndicat Avenir lycéen, révélés par Médiapart et Libération, Jean-Michel Blanquer a rejeté «un non-sujet, monté en épingle par un secteur de l’ultra-gauche». Une sortie médiatique qui n’a pas manqué de susciter son lot de commentaires savoureusement moqueurs sur les réseaux sociaux. «Mais c’était pas censé être nous l’ultra-gauche», a ironisé sur Twitter le média d’extrême gauche Lundi matin«Si tout devient ultra-gauche, il va falloir inventer de nouveaux termes pour s’y retrouver : super-extra-gauche, méga-gauche, über-gauche, archi-gauche, hyper-gauche», a suggéré le chercheur Mathieu Tricot. Ou encore «Bon mais, si Libé c’est l’ultragauche, on est où nous ?» s’interrogeait l’informaticien Laurent Chemla. Cette piètre défense du ministre «me paraît ultra gauche», résumait à son tour le sociologue Arnaud Saint-Martin.

Changement absolu de la société

Que signifie ce terme, que recouvre-t-il vraiment ? En principe, on parle davantage d’extrême gauche ou de gauche radicale, plutôt que d’ultra-gauche. Quelle que soit la terminologie empruntée, il désigne en règle générale une matrice idéologique prônant la rupture avec le système capitaliste et formulant une critique de la gauche institutionnelle, dite sociale-démocrate ou réformiste. En France, ce courant, aussi nébuleux soit-il, a ses têtes d’affiche : le journaliste et éditeur Eric Hazan, l’économiste Frédéric Lordon, la philosophe belge mais influente auprès de la France insoumise Chantal Mouffe et son congénère Alain Badiou, pour ne prendre que quelques exemples. Mais tous n’entretiennent pas le même rapport à l’idée d’une radicalisation de la gauche. Dans de nombreux essais, Chantal Mouffe la théorise «populiste» tandis qu’Alain Badiou propose de «ressusciter l’hypothèse communiste».

La gauche ultra ou radicale est multiple et protéiforme. Tous y portent un projet de changement absolu de la société mais diffèrent par les modalités pour y parvenir. Certains rêvent du «grand soir» et de renverser le pouvoir, d’autres d’une autonomie politique sinon d’une totale autarcie. L’ultra-gauche peut donc aussi bien être anarchiste que situationniste, nihiliste que zadiste, marxiste ou léniniste, trotskiste ou maoïste. Ces deux dernières années, à l’occasion du mouvement des gilets jaunes, le terme a largement été associé aux Black bloc, souvent présent en tête de cortège. Outre l’intention de revivifier l’idée révolutionnaire, l’action violente, pratique ou simplement théorique, jalonne en effet la mouvance qualifiée d’ultra-gauche.

Pourrir le débat public

Bref, il y aurait presque autant de nuances que d’acteurs rattachés de loin comme de près au courant. On peut par exemple y ajouter Julien Coupat, devenu célèbre pour son implication dans l’affaire Tarnac. Or, il se trouve que Libé, représentant de l’ultra-gauche selon Blanquer donc, s’est particulièrement distingué dans son traitement du dossier. En 2008, le journal consacre sa une du 18 novembre à un groupe soupçonné de sabotage de caténaires. «Sabotages du réseau TGV. L’ultra gauche déraille», titre l’édition du jour. Avec ce sous-titre : «Selon le gouvernement, les personnes interpellées hier dans le cadre de l’enquête sur les dégradations des voies ferrées appartiennent à la mouvance "anarcho-autonome".» Un torrent de critiques s’abat alors sur le journal, ainsi que le rappelait Checknews en 2018, accusé de participer à la fabrication d’un mythe terroriste. La qualification de «terroriste» ne sera finalement pas retenue par la Cour de Cassation.

Cette affaire emblématique montrera à quel point la notion de radicalité est co-construite par ceux-là mêmes qui la dénoncent. Mais surtout, en utilisant le qualificatif d’ultra-gauche pour ramasser l’ensemble de ses détestations et tenter de décrédibiliser les enquêtes journalistiques dont il est l’objet, Jean-Michel Blanquer en dit peut-être davantage sur lui-même que sur ce qu’il vise. Après avoir qualifié les universités et l’Unef de lieux où sévirait «l’islamo-gauchisme», il confirme un peu plus sa volonté de pourrir un débat public, ou de le «trumpiser» diront certains – Trump qualifie sans nuances les démocrates américains d’ultra-gauchistes – en abusant d’anathèmes flous que l’on retrouve à foison dans le corpus sémantique de la droite. Et achève de ranger le parti présidentiel de ce côté-ci de l’échiquier idéologique et politique ?

Simon Blin

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Affaire #Avenirlycéen : les documents qui montrent l'implication des rectorats...

24 Novembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Blanquer

Affaire #Avenirlycéen : les documents qui montrent l'implication des rectorats...

Alors que le ministre Jean-Michel Blanquer dénonce une «polémique à partir de rien» au sujet de l'organisation lycéenne, «Libération» publie les messages qui prouvent l'implication de son administration.

Après la métaphore culinaire de la «sauce» et du «lapin» dimanche, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, et ses soutiens ont entrepris lundi une violente contre-attaque médiatique après les révélations de Libération sur la genèse de l’organisation Avenir lycéen, qui revendique 400 adhérents. Plus proche de l’amalgame et de l’injure que d’une réponse sur des faits et éléments concrets.

 

Interrogé par BFM TV ce lundi matin, le ministre a ainsi dénoncé «tout un secteur de l’ultra-gauche qui ne pense qu’à créer de la polémique à partir de rien», voire «une affaire cousue de fil blanc par des secteurs de l’ultra-gauche». Et de proclamer qu’«il n’y a pas d’affaire», avant d’indiquer à la chaîne qu’elle n’est pas «obligée de relayer cela». Dans la même veine, Blanquer a également soutenu qu’«aujourd’hui, le sujet c’est : est-ce qu'[Avenir lycéen] a fait un mauvais usage [de sa subvention] ?» Or, notre enquête publiée samedi allait au-delà des premières révélations de Mediapart, montrant comment l’administration de l’Education nationale avait été à la manœuvre pour la création d’une organisation plus en phase avec les actions du locataire de la rue de Grenelle. Ce lundi, Mediapart a publié un autre article apportant de nouveaux éléments en ce sens.

Lundi, une tribune signée d’une trentaine de députés LREM (peut-être les membres de la boucle Telegram «Fan-Club JMB») vole au secours du ministre, dans un texte évoquant pêle-mêle l'«islamo-gauchisme», l'«extrême gauche» et allant jusqu’à affirmer que «dénoncer Edwy Plenel, lui qui a trouvé des excuses aux assassins des JO de Munich comme aux frères Kouachi, entraîne un déchaînement, repris sans aucune nuance par certains médias comme Libération»

Dans sa stratégie de défense, le ministre assure que l’enquête repose uniquement sur des témoignages. C’est erroné. Elle est également étayée par des preuves écrites : mails, captures d’écran de discussions… Nous avons sollicité le ministère vendredi, avant la publication de notre article, pour le faire réagir sur tous ces points précis. Malgré nos relances, il n’a pas répondu. Et toujours pas à cette heure. Nous avons donc décidé de publier ces éléments écrits, qui ont servi, entre autres, de matière à notre enquête.

La rédaction de communiqués de presse

Retour début décembre 2018, quelques jours avant la création d’Avenir lycéen. Alors que la mobilisation dans les lycées gagne du terrain, des fonctionnaires, en poste dans plusieurs rectorats, proposent à de jeunes lycéens, fraîchement élus dans les CAVL (conseil académique de la vie lycéenne) de faire des communiqués pour apaiser la situation. Ces élus, mineurs pour la grande majorité, sont des sortes de «superdélégués de classe», qui représentent les élèves dans des instances du rectorat, et qui parfois participent à des comités de suivi de réforme (par exemple, la réforme du bac). Elus depuis quelques jours, plusieurs se lancent donc, sur les conseils du rectorat, dans la rédaction de communiqués de presse. Mais ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est que leur correspondant au rectorat allait corriger leur copie. Avec plus ou moins de formes…

 

Exemple de réponse reçue par Zoée Perochon-de Jametel, dans l’académie de Créteil :

#avenirlycéen

 

#Avenirlycéen

Autre exemple, dans l’académie d’Orléans-Tours cette fois. Le fonctionnaire encourage Teddy mais propose tout de même des changements importants dans son texte.

Cet échange prend ensuite une autre dimension. Au lendemain de l’épisode du communiqué, Teddy Wattebled reçoit un nouveau mail daté du 9 décembre : cette fois, le fonctionnaire du rectorat lui donne des conseils sur la façon de communiquer sur les réseaux sociaux. Et l’invite à rajouter le #Avenirlyceen à chaque fois qu’il poste «un message sur la vie lycéenne».

#AvenirLycéen

Le message date du 9 décembre, donc avant la création d’Avenir lycéen – les statuts de l’association ont été déposés le 12 décembre en préfecture. Cela pose question. Au moins une, centrale : qui est à l’origine de cette consigne ? Il est difficile de croire que ce référent du rectorat ait eu seul l’idée de conseiller aux élèves d’ajouter ce hashtag, qui commençait à circuler chez les jeunes macronistes.

Sylvain Mouillard , Marie Piquemal , Charles Delouche Bertolasi

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Monsieur Blanquer, vous ne voyez pas de lapin, mais l’affaire lève un lièvre...

24 Novembre 2020 , Rédigé par Telerama Publié dans #Education, #Blanquer

Monsieur Blanquer, vous ne voyez pas de lapin, mais l’affaire lève un lièvre...

L’HUMEUR DU JOUR – Le tout jeune syndicat Avenir lycéen, subventionné par l’État, a-t-il été créé “pour servir sa communication” ? Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, balaie les accusations d’un revers de main. L’avenir des lycéens, lui, semble bien mal servi.

« Il y a beaucoup de sauce et peu de lapin, comme on dit chez moi », lâchait Jean-Michel Blanquer ce dimanche sur RTL à propos du scandale qui menace de lui exploser à la figure. On prédit un bel avenir à cette formule probablement pesée au trébuchet (elle joue le bon sens paysan face à l’agitation médiatique parisienne). Un peu comme l’expression « les yeux dans les yeux », désormais associée pour l’éternité à Jérôme Cahuzac. Car du lapin, il semble y en avoir à s’en péter la sous-ventrière (comme on dit chez moi).

Rappelons les faits, tels que révélés par Mediapart et Libération. En décembre 2018, pour contrer la contestation lycéenne qui menace de converger avec le mouvement des Gilets jaunes, l’entourage du ministre a l’idée du siècle : créer Avenir lycéen, un syndicat d’élèves qui serait d’accord avec lui. Objectif, jouer la carte de l’apaisement auprès des jeunes pyromanes qui brûlent des poubelles devant leur établissement et plus généralement porter la bonne parole ministérielle. Un outil de propagande, en somme. Dûment subventionné (au contraire de syndicats lycéens moins d’accord avec le ministre, qui ont vu dans le même temps fondre leur ressources).

Jean-Michel Blanquer pouvait-il ne pas être au courant ? Quoi qu’il en soit, on ne sait trop ce qui choque le plus : que l’appareil d’État se prête à pareilles magouilles ou qu’il instrumentalise des mineurs. Car parmi les membres d’Avenir lycéen, on compte manifestement des jeunes gens sincèrement investis, fiers d’avoir eu l’oreille du rectorat, voire du ministère. Et qui découvrent qu’ils étaient manipulés. Dur…

Marc Belpois

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