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Vivement l'Ecole!

banlieue

Médias et quartiers: Clichy-sous-Bois, la rupture...

16 Août 2019 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Banlieue

Médias et quartiers: Clichy-sous-Bois, la rupture...

Chaque mercredi, Mediapart diffuse une vidéo en accès libre. Aujourd’hui, nous commençons une série « Médias : les quartiers vous regardent » par un retour à Clichy-sous-Bois. En 2005, le traitement médiatique des révoltes après la mort de Zyed et Bouna avait exaspéré les habitants qui ne se reconnaissaient pas dans le miroir proposé par la presse, notamment audiovisuelle. Comment tentent-ils d’y faire face ? 

Le 27 octobre 2005, deux jeunes de Clichy-sous-Bois (93) meurent en se réfugiant dans un transformateur EDF alors qu’ils étaient poursuivis par la police. Le soir même, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, insinue que les deux victimes (Zyed Benna et Bouna Traoré, 17 et 15 ans) voulaient commettre un cambriolage. Plusieurs nuits de révoltes urbaines vont alors émailler les quartiers populaires d’Île-de-France, puis, rapidement, tout l’Hexagone.

Cet épisode revient sur les coulisses médiatiques de ces révoltes. Comment les caméras du monde entier se sont soudainement tournées vers cette commune de Seine-Saint-Denis, et en ont fait une ville emblématique des enjeux et des problématiques de la « banlieue » ? Treize ans plus tard, nous interrogeons ce traitement médiatique et ses conséquences.

L’épisode enclenche la réflexion sur les causes du fossé, et sur les initiatives mises en place à l’époque, pour éviter qu’il ne s’aggrave. L’émission « Périphéries » avec Édouard Zambeaux sur France Inter a été créée après les révoltes de 2005. Le journaliste revient à Clichy-sous-Bois et évoque avec Byron, habitant du quartier, le traitement médiatique de nos jours.

  • Prochains épisodes :
  •  
  • – Amiens : le fossé (diffusion le 16 août)
    – Beaumont-sur-Oise : le rapport de force (diffusion le 19 août)
    – Grenoble : la réplique (diffusion le 21 août)
    – Marseille : l’alternative (diffusion le 23 août)

À l’origine de cette série de cinq vidéos, des phrases que nous, journalistes des collectifs La Friche et ŒIL, avons entendues : « Les journalistes, c’est des gros DJ, ils remixent tout ! » ; « Les journalistes viennent ici, nous parlent, et après, on ne les revoit plus jamais » ; ou encore « Vous voulez faire de l’audimat ? Ça n’intéresse personne les gens sympas »… Des phrases que nous avons entendues comme autant de symptômes d’une rancœur accumulée par des citoyen.ne.s qui se sentent dévalué.e.s, dans la presse, en raison de leur simple appartenance à un territoire.

Il n’est pas rare non plus de discuter entre collègues du fossé entre les « banlieues » et la profession de journaliste. Et pourtant, rien ne change. Dans le même temps, des initiatives fleurissent, des habitants imposent leur regard sur leurs quartiers, prennent les journalistes à partie ; des médias de proximité créent des espaces de réappropriation de la parole ; des associations utilisent différents leviers, judiciaires parfois, pour se faire entendre et changer l’image de leur territoire. Des journalistes modifient leur pratique, sont remis en question, vont dans les écoles pour tenter de retisser du lien et expliquer les spécificités de leur métier.

« Médias : les quartiers vous regardent » est un projet documentaire, composé d’une web-série et d’un cycle d’éducation aux médias, qui explore le traitement médiatique des quartiers populaires et le fossé qui s’est créé entre les « périphéries » et les journalistes. Cinq épisodes vidéo donnent la parole à des habitant.e.s de quartiers populaires dans toute la France, pour amorcer une réflexion collective sur les solutions à mettre en place pour améliorer nos pratiques journalistiques.

 
lafriche

La Friche est un collectif de journalistes indépendant.e.s, artistes, documentaristes, technicien.ne.s de l’image et du son. Tous et toutes revendiquent une pratique professionnelle directement inspirée du réel et des quartiers populaires, au plus près des enjeux forts de notre société, et s’inspirent de l’éducation populaire dans leurs pratiques professionnelles. En plus de produire des reportages, documentaires ou œuvres artistiques, le collectif La Friche anime des ateliers d’éducation aux médias et à l’information visant à la réappropriation de la parole médiatique. Sont membres de ce collectif : Lucas Roxo, Leïla Khouiel, Kozi Pastakia, Rouguyata Sall, Amanda Jacquel, Sabrina Alves, Ferial Latreche, Azzedine El Mourabet, Fatma Torkhani, Julien Pitinome, Sheerazad Chekaik-Chaila et Flora Beillouin

 
collectifoeil

Le Collectif ŒILOur Eye Is Life : Notre Œil est Vie… – défend une photographie fondée sur l’engagement et tend à donner la parole à celles et ceux qui ne l’ont pas ou plus, avec comme philosophie que l’image doit être en partage, un bien commun qui témoigne et questionne la société. Nous défendons une photographie fondée sur l’engagement social. Ce que nous « voyons », ce que nous « capturons », ce que nous « montrons » est ce que nous pouvons et devons changer. Ces engagements tendent à promouvoir une vision humaniste de la photographie. Depuis le début de l’année 2015, l’association Our Eye is Life édite le magazine trimestriel Fumigène, mène des formations et sensibilisations aux médias, et le développement d’une agence de photographes. Sont membres de ce collectif : Leo Ks, Julien Pitinome, Nnoman Cadoret, Maxwell Aurélien James et Nora Hamadi.

Par Les Collectifs La Friche Et ŒIL

La vidéo est visible en cliquant ci-dessous

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Quatre mesures pour changer les banlieues...

23 Mai 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Banlieue

Quatre mesures pour changer les banlieues...

EXTRAIT

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Education : rien de très neuf

Du volet éducatif du plan Borloo, il ne reste pas grand-chose dans le discours du président de la République. Oubliée, la proposition de créer des «cités éducatives», qui regrouperaient école, collège, établissements partenaires et structures culturelles et de jeunesse, sous le pilotage d’un principal adjoint. A la place, le chef de l’Etat poursuit sa stratégie des «premiers de cordée», en systématisant par exemple le tutorat des élèves de banlieue par des étudiants d’écoles subventionnées par l’Etat.

Jean-Louis Borloo émettait également l’idée de régler le problème du turnover des professeurs dans les zones d’éducation prioritaire (REP, ex-ZEP) en leur versant des primes spéciales. C’est ce qu’Emmanuel Macron proposait lors de sa campagne (une prime de 3 000 euros par an, dont le principe a été confirmé depuis par le ministre de l’Education nationale… sans s’engager sur l’échéance du premier versement). Ce mardi, il n’en a pas reparlé.

Le Président a surtout confirmé l’idée de faire correspondre la part de boursiers admis dans les filières d’enseignement supérieurs avec la part de boursiers qui les demandent, ou celle de rendre obligatoire l’école à partir de 3 ans, afin, selon lui, de mieux lutter contre des inégalités qui se construisent «dès la maternelle».

Seule annonce un peu neuve, celle de créer une bourse de stages de troisième, alimentée par 15 000 places fournies par l’Etat et 15 000 par les entreprises privées, à destination des élèves dont les parents ne disposent pas d’un riche réseau professionnel.

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Tonino Serafini  et  Kim Hullot-Guiot

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Ecole en Seine-Saint-Denis : « Il faut varier les méthodes d’apprentissage »...

19 Mai 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique, #Banlieue

Ecole en Seine-Saint-Denis : « Il faut varier les méthodes d’apprentissage »...

EXTRAITS

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C’est l’une des plus grandes idées reçues sur la Seine-Saint-Denis. L’école y serait « surdotée ». La raison : l’étendue de son réseau d’éducation prioritaire – 58 % des écoliers du département et 62 % des collégiens y sont scolarisés. Mais les conclusions du rapport parlementaire d’évaluation de l’action de la puissance publique dans le département, qui sera présenté à l’Assemblée nationale le 31 mai, sont sans appel : l’instabilité des effectifs enseignants y est plus forte qu’ailleurs, l’absentéisme et le décrochage scolaire plus importants, la couverture des absences des enseignants moins efficace que dans le reste de l’académie de Créteil.

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« Cours dialogué »

Alors comment ces très jeunes professeurs, dont la formation s’affine au cours des premières années, enseignent-ils aux élèves de Seine-Saint-Denis ? Faire cours « différemment » semble être la condition sine qua non pour réussir à « accrocher » la majeure partie d’une classe. Camille Moro, enseignante depuis six ans en histoire-géographie au collège Pablo-Neruda de Pierrefitte-sur-Seine (classé REP), admet avoir connu une longue période d’adaptation.

« On nous fait croire à la fac qu’on va faire de l’histoire-géo. Mais moi, le cœur de mon travail, c’est de sans cesse varier mes approches. »

Pour intéresser des classes que tous les professeurs interrogés jugent « très hétérogènes », certains évoquent les détours de l’actualité, le « cours dialogué » où l’oral prend une place importante, ou encore les projets transdisciplinaires. « Il y a dans nos classes des élèves qui sont incapables de suivre un cours magistral, explique Iannis Roder, qui enseigne l’histoire depuis 1999 au collège Pierre-de-Geyter de Saint-Denis (classé REP). Il est donc important de varier les modalités d’apprentissage. »

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Dans les établissements où, selon le mot de Iannis Roder, le « capital culturel est faible », l’école joue également un rôle d’ouverture culturelle, à la fois essentielle et relativement facile à mettre en place en région parisienne où l’offre est importante. Mais là encore, il existe des effets pervers car les sorties prennent du temps scolaire. Or ce temps est déjà plus entamé qu’ailleurs par les absences d’enseignants, l’absentéisme des élèves, les exclusions temporaires… pour des bénéfices faibles à moyen terme.

« En France, on croit beaucoup que les enfants des classes supérieures réussissent grâce à une culture générale acquise dans la famille, rappelle Agnès van Zanten. Mais il n’existe pas de corrélation forte entre les activités extrascolaires comme la musique ou le théâtre et les notes. »

En Seine-Saint-Denis, on revendique cependant d’arriver à « intéresser tout le monde », alors que les établissements plus privilégiés « abandonnent » les mauvais élèves. « C’est vrai qu’on ne fait pas la même chose », admet finalement Iannis Roder. « Mais ce n’est pas acheter la paix sociale. C’est garder tout le monde avec soi. »

Violaine Morin

Article complet à lire en cliquant sur le lien de bas de page

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A La Courneuve, « on essaie de faire réussir de la même façon les filles et les garçons »

21 Janvier 2018 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Banlieue, #Jeunesse

A La Courneuve, « on essaie de faire réussir de la même façon les filles et les garçons »

EXTRAITS

Dans cette banlieue parisienne, la mairie et les équipes enseignantes se mobilisent contre les stéréotypes de genre au moment des choix d’orientation.

Un décor de film, gris et glauque, dans une banlieue à la centaine de nationalités, pour un établissement public qui en compte tout autant. Sa réputation le précède, et les jugements à l’emporte-pièce qui vont avec : aucune chance pour ses enfants de réussir avec ce départ dans la vie.

Mais non, Gwenaëlle Badufle, professeur principale d’économie en classe terminale ES au lycée Jacques-Brel, balaye les a priori d’un haussement d’épaules : « J’y enseigne depuis douze ans, j’aurais largement la possibilité d’en partir, mais c’est un bon lycée, pas du tout le cliché du lycée de banlieue. Les équipes sont très investies, les élèves ont beaucoup de chance. »

Avant d’ajouter : « J’aime ma classe, je suis attachée à mes élèves, nous avons noué une relation de confiance. Notre travail porte ses fruits, il y a 83 % de réussite au bac dans notre lycée, ce qui est un bon score pour la région. »

Attention aux terminales

Heureuse d’aller enseigner à La Courneuve, cette professeure de 38 ans raconte ce que le lycée a mis en place pour ses élèves : cours du soir tous les jours de la semaine et dans toutes les matières, soutien scolaire, encadrement attentif des professeurs, rencontre avec d’anciens élèves, tutorat pour ceux qui le souhaitent… Presque rien ne semble laissé au hasard, particulièrement pour les terminales, qui font l’objet de toutes les attentions, aussi bien du côté des professeurs que de la municipalité.

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« Discrimination des lycées de banlieue »

« J’étais la seule blonde de ma classe, la seule à ne pas avoir de problèmes pour acheter mes livres, mais je ne suis pas la seule de ma classe à avoir réussi mes études, et je n’aurais pas voulu ailler ailleurs », confie Marine Guinot, qui a effectué toute sa scolarité à Jacques-Brel et passé son bac en 2013. Mention très bien, Sorbonne, Dauphine, le parcours de cette jeune fille n’a rien à envier à celui d’un élève d’Henri-IV, à Paris. Le lycée courneuvien propose des partenariats avec des écoles ou des facultés prestigieuses à ses meilleurs élèves.

« En réalité, il y a deux façons d’avoir accès aux bonnes facs quand on vient d’un lycée de banlieue, c’est soit une mention au-delà de la normalité, soit une procédure particulière. En dehors de ça, on peut parler de discrimination des lycées de banlieue », explique celle qui se prépare à devenir consultante pour les collectivités territoriales, après sa période d’apprentissage à la Délégation interministérielle à la transformation publique. Car « en plus de toutes les autres difficultés qui sont les siennes, un bachelier de La Courneuve se voyait jusqu’ici affecté, par le biais du zonage de la procédure APB, vers des facs moins prestigieuses, ou très loin de chez lui ».

Reste à savoir si la nouvelle plate-forme d’orientation dans le supérieur, Parcoursup, censée assouplir les critères géographiques dans l’affectation des élèves, permettra aux jeunes pousses de La Courneuve et d’ailleurs de fouler plus nombreuses les pavés du Quartier latin…

Ondine Debré

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«Macron et le Sarkozy de 2007 se rejoignent dans leur critique de l’égalitarisme»...

31 Mars 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Banlieue

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«Macron et le Sarkozy de 2007 se rejoignent dans leur critique de l’égalitarisme»

«Macron, candidat de la banlieue? Il s’agit avant tout d’une mise en scène médiatique. On le voit assez clairement dans les photos qui illustrent son programme, où on le retrouve entouré de nombreuses personnes issues de minorités ethniques. C’est une carte qu’il joue, probablement dans la perspective de son affrontement avec Marine Le Pen au second tour. Concrètement, rien ne permet de dire qu’il y a un engouement pour Macron dans les quartiers populaires. Les quartiers populaires, qui avaient voté à plus de 80% pour François Hollande, sont sans doute perçus par l’équipe de Macron comme un réservoir de voix, celui des déçus du PS. Mais comme le montrent les dernières études d’opinion, le premier parti des banlieues reste celui des abstentionnistes. Sans compter les données structurelles qui affaiblissent le poids électoral de cette "cible", comme la mal-inscription sur les listes ou le taux important d’étrangers.

«L’offre de Macron envers les banlieues est très inconsistante. Il peut séduire à la rigueur une petite frange de jeunes entrepreneurs de ces quartiers, qui pourraient se retrouver dans son discours de conquête, sur la réussite personnelle. Mais difficilement au-delà : les habitants des quartiers populaires ont des aspirations très ordinaires – le salariat, la sortie de la précarité, l’accès à la fonction publique comme refuge face aux discriminations. Du coup, le discours macroniste sur l’entreprenariat risque de tomber à plat, ou d’avoir une portée très limitée. Il y a un paradoxe entre sa démarche ciblée vers les quartiers (mais qui ne reste, dans son approche très segmentée, qu’un segment parmi d’autres à conquérir) et la faiblesse de ses propositions. Sa seule mesure spécifique est le retour des "emplois francs", qui furent un flop retentissant du quinquennat. Cela est révélateur de l’absence de réflexion de Macron ou de son entourage sur la question de la banlieue. Ce n’est pas son monde, pas celui de son entourage, juste une partie de son cœur de cible.

Voir aussi L’auberge espagnole de Macron

«Macron et le Sarkozy de 2007 se rejoignent dans leur critique de l’égalitarisme. Comme les tenants de la "troisième voie", de Bill Clinton à Tony Blair, Macron fait grand cas de l’égalité des chances de départ – mais pas de l’égalité du résultat. Avec cette idée que le rôle de l’Etat est de mettre tout le monde sur la même ligne de départ – même si ensuite, il y aura des gagnants et des perdants sur la ligne d’arrivée. Cette idée d’autonomisation, d’émancipation, d’identification à des "role models" s’inscrit dans une vision du monde néolibérale. C’est l’une des acceptions possibles de l’empowerment, dans sa version individuelle, totalement dénuée de dimension collective. Son modèle de société se résume à l’homo economicus en quête de son bonheur individuel. Ce tropisme individuel très fort explique qu’il n’a pas de discours sur l’économie sociale et solidaire, par exemple. Sa lutte contre les discriminations ressemble à du pur affichage, surtout qu’il ne prend pas position sur les statistiques ethniques.

«Sur le sécuritaire, son refus de la dépénalisation du cannabis est une posture conservatrice. Enfin, question identité et laïcité, il est amené à se contredire tant il drague ouvertement des segments électoraux différents, des habitants des quartiers aux soutiens de Fillon. Mais le point positif, c’est qu’il n’en fait pas un axe central de son projet.»

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Guillaume Gendron

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