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Vivement l'Ecole!

baccalaureat

Le baccalauréat: un nœud gordien à trancher? Par Claude Lelièvre...

24 Janvier 2018 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Baccalaureat

Le baccalauréat: un nœud gordien à trancher? Par Claude Lelièvre...

Si l'on en juge par les indications distillées par la mission Mathiot, il s'agit toujours de dénouer ce nœud gordien (au risque de l'embrouiller) alors qu'il pourrait être tranché. Mais pour accomplir cette tâche historique, il faudrait un Alexandre : Blanquer, ou Macron ?

Jean-Michel Blanquer (dans un livre) et Emmanuel Macron (dans ses déclarations de candidat à la présidence de la République) ont annoncé une solution de principe ''tranchante''  : « quatre épreuves terminales », et le reste en « contrôle continu ». Mais le diable se cache dans les détails (au risque de masquer les reculades possibles au moment de passer à l'acte) : quelles épreuves terminales, dans quel ordre temporel ; et, surtout, quel ''contrôle continu'' (la principale pierre d'achoppement ).

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les indications de la mission Mathiot sur ces points sont passablement alambiquées et que la « simplification » du baccalauréat en principe recherchée peut aboutir au contraire à une complexité (voire une lourdeur) encore plus grande.

Cinq épreuves terminales, dont une en première et en juin (le français) et quatre en terminale (les deux épreuves des deux disciplines choisies en ''majeures'', au retour des vacances de printemps ; puis la philosophie et un ''grand oral'' inédit , en juin) .Pour le reste, valse hésitation : recours au ''contrôle continu'', avec les notes de première et terminale ; ou des ''examens ponctuels'', types ''partiels'' en fin de semestre (les sujets proviendraient d'une base nationale ou académique ; les copies seraient anonymes) ; ou panachage de ces deux modalités...

Le ministre de l'Education nationale a été prévenu dès le début de la rentrée scolaire 2017-2018 : « ''nous ne sommes pas du tout favorable à un passage en contrôle continu" déclare Frédérique Rolet, du Snes-FSU. "Il ne peut pas y avoir de consensus sur ces questions-là entre les organisations syndicales'', affirme Jean-Rémi Girard, du Snalc. À la fin, c'est la décision politique qui s'imposera. Il faudra alors voir jusqu'à quel degré grandit la contestation…Chez les lycéens, on se tient prêt à toute éventualité : "Si le contrôle continu au bac et la sélection à la fac sont instaurés, nous serons favorables à une mobilisation lycéenne et étudiante", explique Coline Mayaudon, déléguée nationale du Syndicat général des lycéens » (« Educpros », 4 septembre 2017).

En prime, un historique des tentatives avortées. On se limitera à l'évocation des plus marquantes (le plus souvent sélectionnées en raison surtout de la célébrité de leurs promoteurs).

En février 1896, le ministre de l'Instruction publique Emile Combes (connu plus tard pour être le ministre qui a fait interdire d'enseignement les congrégations au début du XXième siècle) propose le passage des élèves des établissements secondaires publics devant leurs professeurs (soit après la classe de première, soit après les terminales ''philosophie'' ou ''mathématiques élémentaires''). Le jury aurait été présidé par un délégué de l'Etat, choisi sur une liste établie par le conseil académique. Le recteur en aurait désigné les membres annuellement. Et ce « certificat de fin d'études secondaires » aurait été délivré in fine par le ministre. Ce projet ''Emile Combes'' n'aboutit pas.

En novembre 1950, Michel Debré dépose un amendement au sein du Conseil de la République : « Afin de consacrer la fin des études du second degré, un certificat (dit de fin d'études secondaires) serait instauré, avec une première et une deuxième parties, selon les principes en usage pour le baccalauréat actuel. Il serait délivré dans chaque établissement public d'enseignement du second degré, par un jury particulier à l'établissement, mais présidé par un représentant du recteur. Ce certificat serait accordé ou refusé au vu des notes obtenues en cours d'année, sous réserve de certaines épreuves, pour les élèves dont les notes seraient insuffisantes ». Là encore, ce projet de « certificat de fin d'études secondaires » n'aboutit pas.

En 1962, la première partie du baccalauréat (qui se passait en première pour un certain nombre de disciplines) est transformée en ''examen probatoire'' organisé au sein de chaque établissement. La décision a été prise alors que Michel Debré était Premier ministre. Mais la Société des agrégés fait courir la rumeur que les examinateurs ont eu tendance à faire preuve d'une bienveillance coupable pour leurs élèves (ce qui est d'ailleurs infirmé si l'on prend connaissance des statistiques des taux de reçus, qui diminuent en fait un tout petit peu...). Toujours est-il que la suppression de l'examen'' probatoire'' est décidée dès 1964 (alors que l'agrégé de lettres classiques Georges Pompidou a succédé à Michel Debré à la place de Premier ministre). Et il est finalement remplacé par les ''épreuves anticipées de français'' qui permettent de maintenir une première évaluation ''terminale'' en fin de première.

En 1989, au moment de la première « loi d’orientation » (celle de 1989) , le ministre de l’Education nationale Lionel Jospin lance le projet d’introduire le contrôle continu en cours de formation pour les baccalauréats. Mais devant les réactions très vives rencontrées (en particulier du SNES et du SNALC), il annonce en juillet 1990 l’« ajournement » de ce projet

Huit ans plus tard, le ministre de l’Education nationale Claude Allègre annonce à son tour une réforme du baccalauréat prévoyant l’introduction du contrôle continu dans un certain nombre de disciplines, parallèlement au maintien d’épreuves terminales. Mais cette réforme est finalement victime du retrait des réformes envisagées par Claude Allègre exigé par ses adversaires qui obtiennent in fine sa démission en 2000.

En 2005, le ministre de l’Education nationale François Fillon met en exergue dans son projet de la deuxième « loi d'orientation » une proposition importante de modification des modalités d’obtention du bac :  ramener d’une douzaine à six les épreuves terminales du diplôme, les autres matières étant validées par un contrôle continu ou en cours de formation en première et terminale . Mais il est en butte à de vives mises en cause de la part du SNES, le principal syndicat des professeurs y voyant un risque de rupture de l’égalité « avec des baccalauréats dont la valeur dépendrait des lycées fréquentés » (on notera cependant que les universitaires évaluent et certifient leurs propres étudiants sans que cela suscite ce genre d'appréhensions). Elles sont suivies par des manifestations puis des grèves de lycéens prenant une grande ampleur. François Fillon doit renoncer.

Lors de son discours sur l'éducation prononcé le 10 avril 2014, François Fillon revient à la charge : « En 2005, j’ai voulu, mais je n’ai pas pu, traiter cette question. Je persiste et signe. Je propose de réduire à 4 le nombre d’épreuves en renforçant les exigences de chacune d’entre elles  pour permettre la réussite dans l’enseignement supérieur. Chacun sait que le baccalauréat actuel est marqué par une dispersion des savoirs exigés ; au fil des années, le nombre d’épreuves a augmenté parallèlement à un déclin des exigences attachées à chacune d'entre elles. Le baccalauréat doit comprendre une épreuve de français passée à la fin de la première début juillet et trois épreuves en terminale portant sur les matières dominantes de la série passées début juillet, afin de rendre au baccalauréat une valeur qu’il n’a plus et de mieux préparer aux études supérieures. Les disciplines ne faisant pas l’objet d’épreuve pourront être notées dans le cadre du contrôle continu »

Y-a-t-il une fin à l’éternel retour ?

Claude Lelièvre

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Baccalauréat - «La réforme pose le problème de l’égalité entre les élèves»...

24 Janvier 2018 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Baccalauréat - «La réforme pose le problème de l’égalité entre les élèves»...

Pour la sociologue Marie Duru-Bellat, si certaines pistes soulevées sont intéressantes, leur mise en œuvre pourrait avoir des effets pervers.

Avec un plus grand choix offert à l’élève dans les matières, l’examen qui marque la fin du lycée semble changer de philosophie. Le bac, ce vieux rite républicain commun à une classe d’âge, deviendrait un moment d’évaluation des aptitudes individuelles. Prudente, la sociologue Marie Duru-Bellat, professeure émérite à Sciences-Po Paris (photo DR), voit dans cette réforme la possibilité de mieux adapter l’enseignement à la diversité des profils. Mais elle met en garde contre le risque d’un système plus inégalitaire.

Le nouveau baccalauréat devrait comporter moins d’épreuves. Ce changement de mode d’évaluation des candidats vous inquiète-t-il ?

Il est essentiel de conserver un examen commun standardisé, qui soit une référence partagée par tous les enseignants et tous les élèves. C’est l’assurance de maintenir une égalité entre tous les établissements scolaires. Mais on peut défendre cet examen final sans vouloir forcément conserver le système actuel : la multiplicité des épreuves et des options s’avère très coûteuse. Or les chercheurs ont montré qu’une évaluation avec peu de notes aboutit à des résultats similaires à ceux d’un examen qui comprend plus d’épreuves. En revanche, la suppression de certaines épreuves pourrait se solder par une plus faible implication des élèves dans les matières qui ne seront pas concernées par un examen final. De plus, la mise en place du contrôle continu pour ces matières conduira à des épreuves «locales», qui posent le problème de l’égalité entre les élèves. Il en va de même de la nouvelle épreuve d’oral : les oraux d’un lycée comme Henri-IV ne seront pas forcément les mêmes que ceux d’autres lycées.

Qu’en est-il des connaissances communes à l’ensemble des élèves ?

Un socle commun de connaissances est évidemment nécessaire au collège, et l’un des grands problèmes actuels est que tous les élèves ne l’atteignent pas. Les filières de spécialisation précoces ont été disqualifiées, car elles maintenaient un noyau dur d’élèves faibles : l’enseignement commun doit donc être maintenu jusqu’à 15 ou 16 ans. Ensuite, il faut mettre en place une plus grande individualisation des parcours. Les études supérieures sont diversifiées, tous les élèves ne suivront pas les mêmes formations, et il faut donc les aider à se former de façon adaptée. Cela a déjà été fait avec le baccalauréat : il s’est diversifié avec de nombreuses voies différentes, et c’est ce qui explique le bon niveau de résultat à cet examen. Il faut que la diversité des profils d’élèves soit reconnue, car un modèle unique peut pénaliser les élèves qui s’y sentent moins bien.

L’idée de «grand oral», comptant pour 30 % de la note finale, ne risque-t-elle pas de privilégier des aptitudes qui ne s’apprennent pas - ou pas seulement - à l’école, comme l’aisance à l’oral ?

L’école doit prendre en compte les savoirs non académiques et les aptitudes individuelles, qui existent déjà : bien qu’il s’agisse d’un exercice canonique, la dissertation ne se maîtrise pas uniquement grâce aux cours, mais aussi en fonction d’aptitudes qui s’acquièrent ailleurs. La priorité est donc de se demander quels savoirs sont jugés importants. Si l’oral en fait partie, alors il faut savoir comment on l’enseigne aux élèves, et comment on l’évalue de façon satisfaisante. A l’heure actuelle, il n’y a pas d’enseignement de l’oral et de l’argumentation. Il faut l’organiser, et c’est ce qui me rend sceptique sur la réforme en cours : on ne travaille pas l’oral dans une classe de 35 élèves.

La possibilité donnée aux élèves de personnaliser leur parcours vous semble-t-elle un bon moyen d’adapter leur formation aux exigences du marché du travail ?

Cette idée est une chimère. Un adulte sur deux exerce un emploi sans rapport avec sa formation. On court après l’objectif d’une adaptation aux attentes du marché du travail, alors que les employeurs attendent souvent des compétences assez générales, pouvoir travailler en équipe, avoir de l’aisance à l’oral…

La nouvelle organisation du lycée s’inspire beaucoup de l’université, avec une année divisée en semestres, ou le choix de matières «majeures» et «mineures». Cela permettra-t-il aux élèves de mieux se préparer à l’enseignement supérieur ?

Il n’est pas forcément bon que les étapes à venir «grignotent» l’organisation de la vie des lycéens. On a trop tendance à mettre en place une course à la précocité pour préparer les élèves à la suite, laissant de côté le souci de leur vie quotidienne : n’oublions pas que ce qui les motive chaque matin, c’est surtout de retrouver leurs amis, et il faut aussi en tenir compte !

Thibaut Sardier

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Le Sgen-CFDT fait le point sur les hypothèses, rumeurs et intox qui circulent à quelques jours de la remise du rapport Mathiot...

15 Janvier 2018 , Rédigé par SGEN-CFDT Publié dans #Education, #Baccalaureat

Le Sgen-CFDT fait le point sur les hypothèses, rumeurs et intox qui circulent à quelques jours de la remise du rapport Mathiot...

La mission présidée par Pierre Mathiot, après plusieurs dizaines d’auditions, devrait remettre son rapport au ministre dans la semaine du 22 janvier.

Le Sgen-CFDT a, parce que c’est sa vision du dialogue social, été reçu pour avancer ses propositions. L’absence de point d’étape intermédiaire a favorisé les diffusions d’hypothèses, rumeurs et intox diverses et variées. Le Sgen-CFDT a annoncé qu’il jugerait sur pièces sans entrer dans ce jeu potentiellement délétère.

Nous faisons le point pour démêler le vrai du faux à quelques jours de la remise du rapport et vous permettre d’y voir plus clair.

La réforme est un retour vers le futur avec reconstitution de filières qui existaient déjà dans les années 1980 (A, B, C…) – Info/intox

Dans l’état actuel des annonces la mission Mathiot va sans doute présenter plusieurs pistes au ministre. Il est probable que parmi elles, certaines amènent à conserver des « silos » de formation plus ou moins hiérarchisés et prestigieux.

Rappelons que pour entrer dans les silos prestigieux (filière S actuelle par exemple) s’exerce une sélection drastique à la fin de la classe de seconde, fondée non seulement sur le « mérite » mais aussi sur le niveau de connaissance des rouages du système par les familles.

L’objectif de la réforme du lycée est de faire des économies – Info (en tout cas, c’est sûrement l’un des objectifs )

Vu les DHG annoncées cette année et les annonces sur le budget de l’Éducation nationale il est certain que le ministère a l’intention de rééquilibrer le coût d’un élève entre le primaire et le secondaire. Le lycée, avec ses multiples options notamment, en fera les frais. Le coût du bac est dénoncé, notamment par la Cour des comptes depuis des lustres.

C’est plié, nous n’avons pas voix au chapitre – Info/intox

Les consultations sont nombreuses, les choses ont évolué et dans l’état actuel des annonces la mission va sans doute présenter plusieurs pistes au ministre, mais pour l’instant celui-ci ne nous a pas habitués à écouter ce que les personnels ont à dire.

La responsabilité de l’organisation syndicale majoritaire dans cet état de fait est grande : elle dévoie le dialogue social en affichant avant même le début des concertations son hostilité à tout changement mais « en même temps » participe aux discussions pour obtenir des « lignes rouges » non discutables (CCF et contrôle continu) avant même la fin des consultations de tous les acteurs.

Le calendrier de la réforme du bac est intenable – Info

L’absence de continuité des politiques publiques d’Éducation induit que tout changement doit être réalisé dans un délai extrêmement contraint.

Ainsi le ministère envisage quelques semaines à peine de concertation avec les organisations syndicales, en février, avant ses annonces, pour une mise en œuvre de la semestrialisation en seconde dès la rentrée 2018 (les programmes devant être modifiés pour la rentrée 2018).

Ces délais imposés rendent les conditions de travail insupportables aux personnels à la fois sur l’assimilation et la maitrise des changements attendus (programmes, architecture…) mais également sur la philosophie générale de leurs missions, dont le sens semble devoir se conformer aux vues du ministre de la rue de Grenelle.

Les filières sont un gage d’égalité républicaine et un lycée modulaire sera forcément inégalitaire – Intox

Regardons l’état de la discrimination sociale dans le système actuel : 77 % des lauréats du bac enfants de cadres obtiennent un baccalauréat général, 14 % un baccalauréat technologique et 9 % un baccalauréat professionnel, alors que la répartition est de respectivement 34 %, 22 % et 44 % pour les enfants d’ouvriers.

Ceux qui utilisent cet argument de l’égalité républicaine renoncent simplement à regarder en face la situation actuelle et s’affranchissent ainsi de l’effort intellectuel de proposer des améliorations. Le lycée actuel et la forme du bac actuel sont particulièrement discriminants. Tout changement serait-il forcément pire ?

Si certaines organisations syndicales prennent en exemple de lycée modulaire le modèle anglais, il existe bien d’autres systèmes éducatifs où le lycée est modulaire, où les résultats des élèves sont meilleurs que chez nous et où les inégalités sont moindres.

Prendre le prétexte du contexte général de la société est aussi malhonnête car la société anglaise est beaucoup plus libérale que la société française. Pourquoi ne pas plutôt regarder les effets positifs des lycées modulaires du Canada ou du Danemark ?

Le lycée proposé par Mathiot est un lycée modulaire, donc le Sgen-CFDT est forcément d’accord – Intox

Pour le Sgen-CFDT une réforme du bac et du lycée doit concerner toutes les voies et pas seulement la voie générale. Le lycée modulaire proposé par le Sgen-CFDT doit être « en même temps » polyvalent et diversifié. Polyvalent pour prendre en compte dans son organisation toutes les voies (y compris la voie professionnelle), et diversifié car il permet aux lycéens de construire un parcours en adéquation avec leurs appétences et leurs compétences.

Pour cela le Sgen-CFDT fait le pari de l’émancipation et de l’autonomisation des lycéens, notamment en aidant ceux qui en ont besoin par des dispositifs d‘accompagnement.

Le Sgen-CFDT revendique un bac « à la carte » et la fin d’un diplôme national – Intox

Jamais le Sgen-CFDT n’a proposé que les élèves choisissent les disciplines qu’ils souhaitent travailler et présenter au bac, et ce, quel que soit le niveau de spécialisation. Il propose au contraire un menu, dans lequel les apprentissages seraient progressivement construits par spécialisation progressive mais où la possibilité de garder des disciplines de découverte dans tous les domaines serait possible (y compris les domaines technologiques et professionnels).

Pour le Sgen-CFDT, le bac doit être une charnière entre le lycée et le supérieur, et doit réellement jouer son double rôle : la certification des compétences et connaissances et la préparation au supérieur.

Pour certifier des niveaux de compétences on peut aussi faire confiance aux professionnels de la pédagogie et de l’évaluation que sont les enseignants et accepter des modalités variées de validation des apprentissages. C’est le cumul de ces validations qui donne une indication du profil de l’élève, bien plus que la réussite toujours aléatoire à une épreuve à une date donnée, dans des conditions variables (canicule, maladie…). Par contre pour garder une dimension ritualisée au baccalauréat le Sgen-CFDT est favorable à une épreuve orale et récapitulative.

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Réformes du lycée et du baccalauréat - Quid des 9 propositions du 15 janvier 2009 d’un collectif de 19 organisations ?

2 Janvier 2018 , Rédigé par EducPros - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Baccalaureat

Réformes du lycée et du baccalauréat - Quid des 9 propositions du 15 janvier 2009 d’un collectif de 19 organisations ?

On devrait connaître au cours du mois de janvier les conclusions de la mission dévolue à Pierre Mathiot sur les réformes du lycée et du baccalauréat.

Dans un contexte du même type (à savoir une mission « d’analyse, de compréhension, d’écoute et de proposition » sur la réforme du lycée confiée à Richard Descoings début janvier 2009 par Nicolas Sarkozy), un collectif de 19 organisations avait rendu publiques le 15 janvier 2009 neuf propositions pour réformer le lycée. Ce collectif regroupait notamment des syndicats d’enseignants (SE-Unsa, Sgen-CFDT), des syndicats lycéens ou étudiants (UNL, Unef, Confédération étudiante), des associations éducatives (Ligue de l’Enseignement), des mouvements pédagogiques (Crap-Cahiers pédagogiques) et des associations d’élus (Association des Régions de France).

« 1) L’organisation du lycée est modulaire : modules communs et modules d’exploration en seconde ; modules communs et modules de spécialisation progressive en cycle terminal.

2) Les voies générales et technologiques sont fusionnées.

3) Les modalités de la certification terminale (baccalauréat) tiennent compte de cette nouvelle organisation : les modules sont capitalisés après validation en cours de formation. En plus de cette capitalisation, le baccalauréat fait l’objet d’un nombre réduit d’épreuves terminales et d’une épreuve intégrée représentative du parcours de l’élève.

4) Les modules sont définis par des connaissances et des compétences à acquérir. Le mode d’évaluation est précisé à l’avance. Les modules peuvent être pluri-disciplinaires, interdisciplinaires ou disciplinaires.

5) Un temps d’accompagnement doit être prévu de façon spécifique dans les emplois du temps, encadré par des professeurs référents, avec deux objectifs distincts à moduler tout au long de l’année scolaire : un travail d’élaboration du parcours personnel et le suivi des apprentissages réalisés, dans le cadre de petits groupes d’élèves.

6) L’accompagnement des élèves, le travail en équipe et la participation au pilotage de l’établissement font partie des missions des enseignants et sont intégrés dans leurs services.

7) L’accompagnement, le travail personnel, la vie associative, les relations entre pairs, entre jeunes et adultes, l’apprentissage démocratique sont des dimensions importantes pour la formation et l’insertion du futur citoyen. Leur donner du temps implique de limiter l’horaire des cours des élèves.

8) Les instances collectives doivent être redéfinies pour permettre la participation de tous, élèves et adultes.

9) L’autonomie des établissements va de pair avec leur mise en réseau sur un territoire donné dans une logique de complémentarité pour éviter toute concurrence »

Ces propositions avaient pour vocation d’être entendues dans le cadre de la concertation qu’allait mener Richard Descoings (avec rapport d’étape en mai 2009 et rapport final en octobre) et d’être entendues aussi par le ministre de l’Education nationale d’alors (Xavier Darcos).

Doit-on dire, in fine, que toute ressemblance avec la situation actuelle serait pure coïncidence ou bien  "hors de saison" ?

Claude Lelièvre

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Plan Etudiants : les proviseurs désemparés face aux « délais trop courts »...

22 Novembre 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Baccalaureat

Plan Etudiants : les proviseurs désemparés face aux « délais trop courts »...

EXTRAITS

Selon des syndicats de personnels de direction, les lycées seraient loin d'être prêts pour appliquer à temps les mesures prévues par le plan Etudiants.

(...)

« Wait and see »

La réforme prévoit que le conseil de classe du 1er trimestre formule des premières appréciations sur les choix d’orientation des lycéens. Or, « les conseils de classe du 1er trimestre démarrent dans 15 jours », souligne Philippe Vincent, secrétaire général adjoint du SNPDEN. « Tant que les questions pratiques ne sont pas réglées par des textes juridiques, nous disons à nos collègues : wait and see ! ».

En outre, « les délais sont trop courts pour organiser la première semaine de l’orientation », qui doit être mise en place dans les établissements en novembre/décembre, estime Jean-Louis Lopez, secrétaire fédéral du Sgen-CFDT.

Le nouvel APB au coeur des angoisses

Le projet prévoit également la nomination, dès le mois de décembre, d’un second professeur principal pour chaque classe de terminale. Or, là encore, les syndicats déplorent l’absence de base juridique, notamment concernant l’indemnité de cet enseignant. « Couvre-t-elle l’année scolaire ou prend-elle effet en décembre ? Est-il possible de cumuler la fonction ? », interroge par exemple Philippe Vincent.

Les chefs d’établissement dénoncent, enfin, la « communication précipitée » du gouvernement autour de la nouvelle plate-forme d’admission dans l’enseignement supérieur, qui remplacera APB en 2018. Baptisée Parcoursup, elle proposera plusieurs changements par rapport à APB, en particulier un nombre de vœux réduits et non hiérarchisés.

(...)

Elsa Doladille

Article à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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Bac et post-bac: les lycées l’ont emporté sur les universités...

21 Novembre 2017 , Rédigé par Claude Lelièvre - EducPros Publié dans #Education, #Baccalaureat

 Bac et post-bac: les lycées l’ont emporté sur les universités...

On est d’abord passé de jurys d’universitaires hégémoniques à des jurys de professeurs de lycée hégémoniques. Mais cela fait si longtemps que l’on a tendance à l’oublier ; et à oublier l’importance et le sens de cet état de fait.

A l’origine, les jurys d’examens du baccalauréat sont composés exclusivement d’universitaires, puisque c’est un examen d’entrée à l’université (même s’il porte sur la fin du secondaire). Au tout début du baccalauréat, une circulaire du 5 avril 1810 prescrivait que les examens universitaires devaient commencer le 1er août. Les aspirants au doctorat subissaient les premiers les épreuves. Puis venaient les aspirants au grade de la licence. Les candidats au baccalauréat étaient examinés les derniers. Les professeurs d’université ne pouvaient partir en vacances que lorsque tous les examens étaient terminés.

Cette règle, respectée pour l’essentiel tout au long du XIX° siècle, va se heurter à la croissance du nombre des candidats qui devient relativement importante au début du XX° siècle. On va donc étoffer les jurys en y intégrant progressivement de plus en plus de professeurs du secondaire. D’abord des professeurs agrégés ou possédant le doctorat, directement choisis par le ministre. Puis le décret du 13 août 1931 fait passer du ministre au recteur la désignation des professeurs du secondaire ; et un autre texte du 23 mai 1934 oblige les professeurs agrégés et même certains professeurs non agrégés à siéger dans les jurys. Le recteur n’a plus la possibilité de choisir les professeurs du secondaire donnant les ‘’meilleures garanties’’ : il y a désormais le ‘’tour de rôle’’, et tout professeur du secondaire peut (et même éventuellement doit) être examinateur.

Toutefois, et actuellement encore, les jurys du baccalauréat restent présidés obligatoirement par un titulaire de l’enseignement supérieur. Mais finalement les professeurs du secondaire deviennent quasi hégémoniques dans les jurys du baccalauréat (censé être pourtant un examen d’entrée à l’Université).

Par ailleurs, si le bac  est un passeport sans visa pour l’entrée dans les universités , il n’en est pas de même pour l’entrée dans les formations post-bacs dépendant des lycées  (les classes préparatoires et les sections de techniciens supérieurs menant aux BTS) : il doit avoir en plus le visa de l’encadrement des lycées…

Cet état de fait dure depuis très longtemps pour l’accès aux classes préparatoires aux grandes écoles sises dans les lycées (et a paru  »naturel »). Et cela s’est aussi instauré sans problème lors de l’institution des STS, à la fin des années 1960, dans la mesure où ces formations post-bac étaient abritées par les lycées, dans leur mouvance et finalement dans leur dépendance.

On a donc eu dès lors (sans délibération et sans discussion) un dispositif pour le moins paradoxal : une entrée dans les universités (pour des formations en principe  »longues ») soumise à la seule condition du passeport de la détention de l’un des baccalauréats existants ; et une entrée dans des formations en principe  »courtes » soumises elles aussi à ce passeport mais sous condition d’un visa du lycée à l’issue d’une sélection sur dossier (incluant ouvertement un aspect  »maison » des lycées d’origine et d’arrivée).

Une drôle d’égalité de traitement…. Une égalité pourtant par ailleurs revendiquée comme principe  »républicain » de base par beaucoup des acteurs !

Est-ce que la réforme en cours des entrées à l’université va changer grand-chose à cela ? C’est loin d’être évident. D’une part parce que Frédérique Vidal a été claire « concernant les filières sélectives (classes préparatoires, BTS, IUT, double licence) : le système d’admission restera le même » ( « Le Monde » du 31 octobre). D’autre part parce qu’il a été dit aussi par la ministre de l’Enseignement supérieur et par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer que « c’est l’étudiant qui aura le dernier mot » pour son inscription universitaire. Quid alors de la place effective des  »attendus » (ou  »pré-requis ») et éventuellement du rôle effectif de  »périodes » universitaire préalables pour les acquérir (et de leurs  »issues » )? A moins que l’on n’ait pas bien compris ?

Y aurait-il du flou « artistique », voire un « art poétique » dans tout cela ?

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint
.

( Verlaine, « L’Art poétique ».)

Claude Lelièvre

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Vers la fin du bachotage?... Bon courage...

13 Novembre 2017 , Rédigé par EducPros - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Baccalaureat

Dessin de Cloum - http://pamplemouss.blogy.fr/bachotage-a46527452

Dessin de Cloum - http://pamplemouss.blogy.fr/bachotage-a46527452

Petit répertoire historique du bachotage

Dans « Le Parisien » d’aujourd’hui, le ministre de l’EN Jean-Michel Blanquer a déclaré : « on voit bien que le bac tel qu’il existe aujourd’hui est arrivé à la fin d’une époque et qu’il faut passer à autre chose. Il faut en finir avec le bachotage pour lui redonner du sens

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la thématique du « bachotage », loin d’être une nouveauté ( pressante),  a une longue histoire.

L’expression même de « bachotage » a fait le titre d’un livre paru il y a plus d’un siècle, en 1910, sous la plume d’un professeur de physique de l’université de Toulouse, Ernest Bouasse.

Dès 1880, Jules Ferry lui-même tente une réforme de l’examen : « La question du baccalauréat, dit-il, s’est ainsi posée : arracher cet examen aux misères, aux écueils et aux mensonges de la préparation mnémonique et mécanique ». Après soixante-dix ans d’existence…

Mais le résultat de sa réforme est pour le moins incertain car, quatre-vingts ans plus tard, au tout début de la cinquième République, il ne semble pas que l’on ait été beaucoup avancé si l’on en juge par le rapport motivant le décret du 18 août 1959 relatif au baccalauréat : « Il est normal qu’un examen de qualité incontestable sanctionne les études de l’enseignement du second degré. Mais il est anormal que ce même examen compromette les études dont il doit couronner le terme […]. Ces études, qui devraient être uniquement orientées vers l’acquisition de la culture générale, s’orientent de plus en plus vers le ‘’bachotage’’, c’est à dire l’acquisition hâtive, superficielle et indigeste d’un savoir encyclopédique ».

Il y a tout juste 70 ans (!), en 1947, le célèbre (et mythique?) Plan Langevin-Wallon contenait les propositions ou observations suivantes.« Les examens à tous les degrés [dont le baccalauréat] devront être conçus sur un type nouveau qui dissocie les épreuves de connaissances et l’appréciation des aptitudes. Les examens de fin d’études [poursuivies obligatoirement jusqu’à 18 ans] doivent être un contrôle portant sur l’ensemble des études et ne doivent pas permettre la préparation spéciale d’un programme limité. Par des sondages multipliés on s’efforcera d’explorer l’ensemble des acquisitions et des aptitudes en éliminant le plus possible le hasard »

Ainsi, alors même que durant plus d’un siècle et demi, le baccalauréat a été réservé à une élite (1% d’une classe d’âge sous Jules Ferry, 3% sous le Front populaire, 4 % à la Libération, moins de 10% à la fin de la quatrième République), les mises en cause des types d’épreuve de cet examen (et donc de sa valeur réelle ) ont été récurrentes et persistantes.Il serait sans doute bon de s’en souvenir aujourd’hui, tout en prenant clairement conscience de la réalité de la grande diversité actuelle du baccalauréat, ou plutôt des baccalauréats. Une fois n’est pas coutume, on souhaite bien du courage en l’occurrence au ministre actuel de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer…

Claude Lelièvre

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Entrée à la fac - Lycées: des doutes sur la faisabilité...

1 Novembre 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Orientation, #Baccalaureat

Entrée à la fac - Lycées: des doutes sur la faisabilité...

EXTRAITS

Entrée à la fac : des doutes exprimés sur le rôle renforcé des lycées
 
Dans la réforme annoncée par le gouvernement, les conseils de classe de terminale formuleront des avis sur l’orientation des élèves. Des questions de faisabilité se posent.
 
(...)
 
« Mesures insuffisantes »
 
Autant de mesures bien accueillies par les représentants du monde scolaire, même si aucune d’entre elles ne révolutionnera le système. « Beaucoup de ces dispositifs – semaines de l’orientation, tutorat, accompagnement personnalisé, etc. – recouvrent ce qui existe déjà », rapporte Claire Guéville, du SNES-FSU, syndicat majoritaire chez les enseignants du secondaire. « Au fond, on tourne toujours autour des mêmes idées pour améliorer le lien entre le lycée et les universités », renchérit Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat des proviseurs.
 
(...)
 
Se posent aussi des questions de faisabilité. « Deux professeurs principaux, c’est une avancée importante. Mais où les trouver ?, s’interroge Philippe Tournier. On peine déjà à désigner un professeur principal pour chaque classe, particulièrement en terminale, car beaucoup d’enseignants sont un peu effrayés par la responsabilité qui leur revient. Ils savent que ce qu’ils disent à l’élève peut peser très lourd et ont peur de se tromper.
 
« Pas formés à cela »
 
De même, le conseil de classe va-t-il pouvoir rendre un avis sur les dix vœux d’orientation formulés par chaque élève ? Le plan « Etudiants » prévoit de renforcer le rôle de cette instance : lors du premier trimestre, elle formulera des « recommandations », avant de rendre des « avis » au second trimestre qui seront transmis aux universités. « Un conseil de classe de terminale devra-t-il donc donner jusqu’à 350 avis éclairés (35 élèves × 10 vœux) en une ou deux heures ? Impossible en l’état. Il faudra imaginer d’autres formes d’organisation », assure M. Tournier.
 
Surtout, le conseil de classe se sentira-t-il légitime à endosser ce rôle ? « Je ne vois pas comment, nous, professeurs de terminale, on peut se prononcer sur la capacité d’un élève à intégrer l’une ou l’autre des 12 000 formations existantes, alors qu’on n’en connaît pas les attendus, qu’on n’est pas formés à cela et qu’on ne sait pas comment la motivation d’un élève va évoluer par rapport à un projet », s’inquiète Claire Guéville, pour qui la mesure revient, in fine, à donner aux enseignants le pouvoir d’accorder, ou non, un droit de poursuite d’études. « Un exercice qui nous semble périlleux et dont on peut douter de la pertinence », estime-t-elle.
 
(...)
 
Aurélie Collas
 
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Réforme du Bac: la concertation oubliée...

28 Octobre 2017 , Rédigé par EducPros.fr Publié dans #Education, #Baccalaureat

Illustration d'une lycéenne à Rennes, le jour des résultats du baccalauréat. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Illustration d'une lycéenne à Rennes, le jour des résultats du baccalauréat. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Réforme du lycée et du bac : une mission plutôt qu'une concertation

La réflexion autour de la réforme du lycée et du baccalauréat aura une forme différente de celle de l'entrée à l'université : pas de concertation mais une "mission", confiée à Pierre Mathiot. Elle devrait débuter dans la foulée des annonces sur l'entrée à l'université, le 30 octobre 2017.

On commence à y voir plus clair sur le processus qui mènera aux réformes du lycée et du baccalauréat. Alors qu'il était régulièrement imaginé une concertation à l'image de celle sur l'entrée à l'université, avec des groupes de travail thématiques, il s'agira plutôt d'une "mission", selon les informations d'EducPros. Autrement dit : pas de groupes de travail mais "des entretiens avec une remise de rapport", à l'image de l'action de Richard Descoings lorsqu'il menait la dernière réforme du lycée en date, en 2010.

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Erwin Canard

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Bac et entrée dans le supérieur selon le plan Plan «Langevin-Wallon» par Claude Lelièvre...

22 Octobre 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelievre Publié dans #Education, #Baccalaureat

Résultat de recherche d'images pour "plan langevin wallon"

Une réponse toujours d'avant-garde ? A méditer en tout cas, puisque Daniel Filâtre - rapporteur général de la concertation sur l'accès au supérieur - rend compte aujourd'hui des préconisations des onze groupes de travail.

Il y a tout juste 70 ans (!) le célèbre (et mythique?) Plan Langevin-Wallon contenait les propositions ou observations suivantes.

« Le baccalauréat permettra l'entrée dans l'enseignement pré-universitaire. Un stage probatoire de courte durée servira à diriger les étudiants vers les enseignements en rapport avec leurs aptitudes et, si besoin est, à éliminer les plus inaptes »

« Les examens à tous les degrés devront être conçus sur un type nouveau qui dissocie les épreuves de connaissances et l'appréciation des aptitudes. Les examens de fin d'études [poursuivies obligatoirement jusqu'à 18 ans] doivent être un contrôle portant sur l'ensemble des études et ne doivent pas permettre la préparation spéciale d'un programme limité. Par des sondages multipliés on s'efforcera d'explorer l'ensemble des acquisitions et des aptitudes en éliminant le plus possible le hasard »

Vingt ans après, en février 1967, le Bureau politique du parti communiste français publie dans un numéro spécial de sa revue « L'Ecole et la nation » des « propositions pour une réforme démocratique de l'enseignement » qui s'appuient beaucoup sur le Plan Langevin Wallon et qui reprennent entièrement sur ces points le texte-même du Plan présenté ci-dessus.

Il est précisé : « Doit-on dès lors envisager un baccalauréat comprenant des épreuves communes et des options ? Dans cette hypothèse, les options seraient beaucoup plus diversifiées et permettraient des combinaisons beaucoup plus nombreuses que dans l'actuel enseignement secondaire. Les goûts et les aptitudes de chaque personnalité pourraient s'y affirmer, ce qui favoriserait l'orientation à 18 ans .

Les options pourraient être soit des épreuves plus approfondies dans les matières communes (ce qui permettrait notamment de constituer les groupements principaux), soit des épreuves en d'autres matières. Le candidat pourrait obtenir un baccalauréat avec mention ''philosophie'', ou ''mathématiques'', ou ''beaux-arts'', ou ''dessin industriel'' et ainsi de suite. Le maintien d'épreuves orales est nécessaire. Il s'impose pour les langues étrangères. Mais il est plus généralement utile pour donner ses dimensions humaines à l'examen. Ni programmes ''démentiels'', ni méthodes mécaniques et dogmatiques fondées sur l'acquisition passive des résultats ».

Claude Lelièvre

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