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Vivement l'Ecole!

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Baccalauréat : 200 ans de "C'était mieux avant"...

7 Juillet 2017 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Baccalaureat

Baccalauréat : 200 ans de "C'était mieux avant"...

EXTRAIT

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé une réforme du baccalauréat qui tiendra compte du contrôle continu. Depuis Jules Ferry en passant par la démocratisation du secondaire jusqu'au logiciel APB, aucune réforme n'aura fait consensus et on continue à entendre que le niveau baisse.

Chaque année, c’est la même musique : le diplôme du baccalauréat a-t-il encore de la valeur ? En somme, est-ce que le bac "c'était mieux avant" ? Après 200 ans de réformes successives, le bac a toujours ses détracteurs et la polémique émerge à chaque nouveau lifting ou à la simple annonce des résultats, comme ce mercredi.

Car le baccalauréat a bel et bien 200 ans : il est à l’origine instauré sous Napoléon Ier en tant que diplôme d’entrée à l’université. L'Empereur veut alors former les élites dédiées au fonctionnement du pays et, pour ce faire, crée les lycées. La première session du baccalauréat, en juillet 1809, n’accueille ainsi que 39 candidats, tous issus de la haute bourgeoisie. Il n’existe pas encore d’épreuve écrite, il ne s'agit que d'un simple entretien oral. L'examen est quasiment donné.

A la moitié du XIXe siècle, le baccalauréat devient de plus en plus difficile, mais attire toujours peu de monde : sur 100 000 candidats arrivant en terminale, seuls 4600 d’entre eux s’essayent à passer le baccalauréat. C'est au début du XXe siècle, avec les réformes de Ferry et l’école laïque et obligatoire, que le nombre de bacheliers augmente considérablement : de 7 000 en 1890, ils passent à 37 000 en 1926. Un chiffre qui ne cesse d'augmenter au cours du siècle, à mesure que réformes et décrets viennent préciser les conditions d'obtention, rendant au passage le baccalauréat accessible aux femmes.

Dès ses premières réformes, le baccalauréat est remis en question : "Il a toujours été contesté, soit certaines de ses formes, soit le baccalauréat en lui-même, expliquait l'historien de l'éducation française Claude Lelièvre dans "Lieux de mémoire" en 1998. On lui reproche alors de figer l'enseignement secondaire, de l'organiser autour de quelques épreuves écrites et orales, d'empêcher les professeurs d'élargir la forme de leur enseignement, parce qu'ils prépareront moins bien les élèves au baccalauréat, etc."

Par exemple, le discours latin qui est imposé au baccalauréat de 1853 jusqu'en 1881... Ce discours latin qui est une forme aberrante de formation des enfants au XIXe siècle, joue un rôle considérable dans le maintien de la France intellectuelle à l'intérieur de cadres de pensée traditionnels. Ce n'est pas un hasard si on a pu accuser l'enseignement public français d'être responsable de la défaite de 1870-1871 [ndlr : la guerre franco-prussienne].

(...)
 
Pierre Ropert
 
Suite et fin à lire et écouter en cliquant ci-dessous
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Des taux de réussite abracadabrantesques au bac?... Par Claude Lelièvre...

5 Juillet 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Baccalaureat

Des taux de réussite abracadabrantesques au bac?... Par Claude Lelièvre...
Le temps est venu, début juillet, où l'on se penche avec gravité sur le gain ou la perte d'un ou deux points dans les taux de réussite aux différents baccalauréats. Et cette fois, en plein état de grâce présidentiel et avec la consigne versaillaise d'« en finir avec le déni de réalité ». On va voir ce qu'on va voir en matière de réforme du baccalauréat
 
En 2016, les taux de réussite (après les épreuves de rattrapage) ont été de 88,5% tous baccalauréats confondus (91,4% pour les bacs généraux ; 90,7% pour les bacs technologiques ; 82,2% pour les bacs professionnels). En 2016, 78,6 % des membres de la classe d'âge ont obtenu un baccalauréat (40,4% un bac général ; 15,7% un bac technologique ; 22,5% un bac professionnel).
 
Si on suit l'évolution des baccalauréats généraux (la plus longue, car les bacs technologiques n'arrivent qu'en 1970 et les bacs professionnels en 1986), on peut noter qu'au début des années 1960, les taux de succès aux baccalauréats généraux atteignent seulement les 60%. Puis (à l'exception de 1968 où il grimpe à 80%) le taux de réussite est d'environ 66% jusqu'en 1985. A partir de là (date de l'annonce de l'objectif de 80% d'une classe d'âge au niveau bac pour l'an 2000), le taux de réussite va augmenter de 10% en cinq ans, et rester à peu près à cette hauteur de 75% de 1990 à 1996. Puis le taux de succès reprend son ascension pour atteindre finalement 92% en 2013.
 
Le'' niveau'' aurait-il baissé ? On est tenté de l'affirmer, surtout si on a passé (comme moi) le baccalauréat au début des années 1960. Seulement 10% d'une classe d'âge a obtenu alors le baccalauréat (général, car il n'y en avait pas d'autres) contre 40% en 2016. Et, bien que nous ayons été nettement moins nombreux (et donc en principe plus ''sélectionnés'') pour tenter d'obtenir ces baccalauréats généraux, seuls 60% d'entre nous ont réussi l'examen (contre plus de 90% en 2016). On peut donc dire – à certains égards - que le ''niveau'' a baissé (vu du côté des ''chances'' – ou difficultés - de réussite).
 
Mais de quel ''niveau'' s'agit-il ? Quel(s) sens peut-il avoir ?
 
Le rapport motivant le décret du 18 août 1959 relatif au baccalauréat  était déjà pour le moins problématique... : « Il est normal qu’un examen de qualité incontestable sanctionne les études de l’enseignement du second degré. Mais il est anormal que ce même examen compromette les études dont il doit couronner le terme […]. Ces études, qui devraient être uniquement orientées vers l’acquisition de la culture générale, s’orientent de plus en plus vers le ‘’bachotage’’, c’est à dire l’acquisition hâtive, superficielle et indigeste d’un savoir encyclopédiqu». En 1960, nous avons donc été 10 % d'une classe d'âge à obtenir ce type de baccalauréat là, avec ce ''niveau'' là (et 40% à échouer...)
 
Puis, quelques années plus tard, le général de Gaulle nomme Alain Peyrefitte ministre de l’Education nationale en avril 1967, en lui confiant une mission à ses yeux essentielle : « Il faudra faire passer l’orientation et la sélection ». Alain Peyrefitte se montre en effet très préoccupé par les résultats du système universitaire français: « Tout se passe, dit-il, comme si l’université organisait un naufrage pour repérer les nageurs qui échappent à la noyade ». A vrai dire, une dizaine d'années avant, et alors même que moins de 10 % d’une classe d’âge obtenait le baccalauréat, le taux d’échecs à l’Université était déjà élevé puisque seulement 23% des étudiants en lettres obtenaient leur licence en trois ans ( la durée en principe normale des études), 35% en quatre ans, 22% en cinq ans et 10% en six ans...
 
Le Conseil des ministres du 24 avril 1968 traite des mesures envisagées pour « contrôler et normaliser la croissance des effectifs des étudiants : pas de sélection malthusienne, mais orientation, grâce à la diversification des voies ». « L’inscription automatique interviendra, dans la voie choisie, pour la moitié environ ou les deux tiers des bacheliers, soit : ceux qui ont obtenu une mention ; plus ceux qui ont obtenu 12 sur 20 dans les disciplines fondamentales de la voie choisie. Pour les autres, le droit à l’inscription ne sera pas automatique. Le bachelier pourra se porter simultanément candidat à plusieurs établissements. Les candidatures seront examinées, sur présentation du dossier scolaire, par des jurys d’établissement, lesquels pourront accepter ou refuser l’admission. Le gouvernement prendra des dispositions pour que l’ensemble des enseignements supérieurs diversifiés permette d’absorber la totalité des bacheliers désireux de poursuivre leurs études ». Mai 68 aura raison du projet.
 
Un demi-siècle a passé. Où en est-on ? Au cours de la campagne des présidentielles, le candidat Emmanuel Macron n'a pas hésité à se prononcer sur le sujet, avec des attendus divers.
 
Lors de la présentation de son programme, le 2 mars dernier, le candidat d'« En marche ! » a proposé un baccalauréat avec seulement 4 épreuves obligatoires, le reste étant composé d'un contrôle continu, en évoquant sa volonté de réduire le coût de l'examen jugé trop important à cause du nombre des épreuves .
 
Sur le site d'« En marche ! », fin mars, il ne s'agit plus de cela (même si la proposition est identique) : « Au lycée, revoir la forme du baccalauréat (4 matières obligatoires à l'examen final et le reste en contrôle continu) afin de rendre possible de nouvelles formes d’organisation du temps scolaire et de nouveaux parcours, qui prépareront mieux à la poursuite d’études et à l’insertion professionnelle ».
 
Ces considérations sont sans doute à rapprocher de celles indiquées dans un débat télévisé par le candidat Emmanuel Macron en vue de « libérer » les universités : la possibilité d’afficher des prérequis à l’entrée de la licence :« Pour une licence en sciences, ces prérequis pourront être des acquis minimaux en mathématiques, en sciences physiques ou en sciences de la vie et de la terre. Un lycéen ne disposant pas de ces prérequis pourra s’inscrire après avoir comblé ses lacunes, par des cours d’été ou par la validation de modules universitaires. ».
 
Le nouveau ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer se réfugie – lui – dans les métaphores : « muscler » le baccalauréat qui doit être « plus musclé qu'épais ». Et il est tellement content de ces '' éléments de langage'' qu'il les répète d'interview en interview afin d'éviter de se prononcer sur le fond (cf encore dimanche dernier sur BFMTV et Europe1). Oui, on sait, il faut faire « confiance » dans la « bienveillance ». Et Jean-Michel Blanquer en rajoute dans l'air du temps  (« donner du sens ») : « il faut que le baccalauréat ait plus de sens ». Mais quel(s) sens ? Dans quel(s) sens ? Le nouveau ministre de l'Education nationale se garde bien d'amorcer quelque réflexion précise que ce soit à ce sujet. Et il se refuse à tout calendrier. Une seule certitude (pour « en finir avec le déni de réalité ») : Jean-Michel Blanquer va « muscler » le baccalauréat avec ses ''petits bras musclés'' .
 
Dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Edouard Philippe a donné – lui - un calendrier. « Une concertation sera lancée dès la rentrée prochaine, pour resserrer les épreuves finales autour d'un plus petit nombre de matière et définir ce qui relève du contrôle continu ». La concertation doit aboutir « avant septembre 2018 pour une mise en œuvre complète de cette réforme pour le bac 2021 ». Le Premier ministre a aussi promis pour la rentrée 2018 des « contrats de réussite » aux étudiants, avec des « prérequis ». Il y a donc bien un calendrier, mais sans que les différentes pièces du puzzle soient vraiment rassemblées et en bon ordre. La révolution est en marche. Et on verra ce qu'on verra.
 
Claude Lelièvre
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Faire du bac un tremplin pour les études supérieures...

16 Juin 2017 , Rédigé par La Croix Publié dans #Education, #Baccalaureat

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Le bac 2017 débute jeudi 15 juin alors que l’exécutif envisage une réforme de ce diplôme.

Emmanuel Macron veut durant son mandat ramener à quatre le nombre d’épreuves finales. L’occasion de repenser l’accès aux études supérieures.

Ce devrait être l’une des dernières éditions « avant travaux ». La session du baccalauréat qui s’ouvre ce jeudi 15 juin pour les 718 000 candidats intervient en effet dans un nouveau contexte politique, avec un président de la République et un ministre de l’éducation désireux de réformer ce monument national créé par Napoléon.

En ligne de mire, notamment, la lourdeur et le coût de cet examen. Le ministère évoque cette année un montant de 57 millions d’euros. Mais en tenant compte des cours supprimés dans les établissements centres d’examen, le SNPDEN, principal syndicat de chefs d’établissement, avait en 2013 évalué la facture à 1,5 milliard d’euros.

Selon son entourage, le ministre Jean-Michel Blanquer veut éviter toute précipitation. « Le dossier sera ouvert à partir de la rentrée, avec le lancement d’une concertation. Mais la réforme ne devrait pas s’appliquer en 2018 », indique son cabinet, qui n’exclut pas toutefois « des inflexions » dès l’an prochain.

Plus de contrôle continu

Il n’empêche, le candidat Macron a clairement proposé de ramener à quatre le nombre d’épreuves finales. Avec, en corollaire, la probable montée en puissance du contrôle continu.

Dans pareil cas, la valeur du bac resterait-elle la même, quel que soit l’établissement dans lequel on l’a préparé ? Pas tout à fait. « Mais la sélection dans les BTS ou les classes prépa se fait déjà sur la base du dossier scolaire et non des résultats au bac, même s’il faut bien sûr obtenir ce diplôme. Même chose, d’ailleurs, pour l’affectation dans les autres formations par la procédure informatique APB », relève l’historien de l’éducation Claude Lelièvre.

À ses yeux, le risque serait plutôt de voir « les élèves ou leurs parents faire pression sur les enseignants pour obtenir de meilleures notes dans les matières évaluées en contrôle continu ».

Sachant que bien des projets de réforme du bac ont dû être retirés sous la pression de la rue, Claude Lelièvre considère que l’exécutif aurait tort de s’engager dans un simple allégement des épreuves finales : « Quitte à prendre des risques, il faut en profiter pour repenser l’articulation du bac avec l’enseignement supérieur. »

Imposer des « prérequis »

Une préoccupation que semble partager Emmanuel Macron. Le chef de l’État ne cache pas son souhait d’imposer des « prérequis » pour pouvoir entrer à l’université, notamment dans certaines filières universitaires « en tension » où faute de sélection, les candidats sont parfois départagés par tirage au sort.

« Conçu comme le premier grade de l’enseignement supérieur, le baccalauréat est dans les faits devenu, ces 20 ou 30 dernières années, un simple diplôme de certification des études secondaires », observe Michel Richard, le secrétaire général adjoint du SNPDEN. L’urgence, pour lui, consiste à « réorganiser le bac en fonction des prérequis nécessaires pour réussir dans le supérieur ».

Comme le suggère Claude Lelièvre, un tel objectif devrait en toute logique « conduire à supprimer les filières (L, ES, S, etc.) pour proposer au lycée des enseignements modulaires, le nombre de formations dans le supérieur étant infiniment plus grand que celui des séries au bac ».

« Une sélection qui ne dit pas son nom »

« Il ne faudrait garder en épreuves terminales que les quatre ou cinq matières déterminantes pour l’orientation et l’affection dans le supérieur », estime pour sa part Jean-Rémi Girard, secrétaire national à la pédagogie du Snalc (syndicat national des lycées et collèges).

« Nous proposons de passer ces épreuves plus tôt durant l’année de terminale afin qu’elles comptent dans le processus d’affectation. Il faudrait ensuite mettre à profit le temps restant jusqu’aux grandes vacances pour aider les bacheliers à se préparer à l’enseignement supérieur, plaide ce syndicaliste enseignant. De même, ceux qui ne présentent pas les prérequis – comme quelqu’un qui aurait obtenu 8 sur 20 en physique et voudrait s’inscrire à l’université dans ce domaine – devraient pouvoir bénéficier d’une seconde chance en passant au sein de l’université un examen d’entrée pour la formation souhaitée », fait-il valoir.

Si l’Unef, l’une des deux principales organisations étudiantes, dénonce déjà la logique des prérequis comme « une sélection qui ne dit pas son nom », l’historien Claude Lelièvre veut croire que « les esprits sont peut-être mûrs pour dépasser un statu quo trop souvent synonyme d’échec massif en licence

Denis Peiron

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Baccalauréat... Vers une réforme, mais laquelle?...

15 Novembre 2016 , Rédigé par Bruno Magliulo Publié dans #Baccalaureat, #Education

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