Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

baccalaureat

Réforme du bac : les profs craignent une recrudescence de tricheries avec le contrôle continu

8 Juillet 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Baccalaureat

 Réforme du bac : les profs craignent une recrudescence de tricheries avec le contrôle continu

Le Conseil supérieur de l'éducation examine jeudi 8 juillet les propositions sur la réforme du bac. Mais le ministre a déjà annoncé les contours de cette nouvelle formule, qui s'appuiera sur 40% de contrôle continu, et 60% d'épreuves terminales. Les profs craignent une pratique généralisée de la tricherie.

Alors que la réforme du baccalauréat doit entrer en vigueur en septembre, le Conseil supérieur de l'éducation examine jeudi 7 juillet les textes réglementaires et les ajustements proposés par Jean-Michel Blanquer. Mais la vocation de cette instance, à laquelle participent les syndicats d'enseignants, est purement consultative. Les grandes lignes de la réforme ont d'ores-et-déjà été présentées par le Ministre de l'Education.

Débusquer les tricheurs

Dans cette nouvelle version du baccalauréat, l'acquisition du diplôme reposera sur 60% d'épreuves terminales, et 40% de contrôle continu, basé sur les bulletins scolaires de Première et Terminale. Certains professeurs y voient le risque décuplé de tricheries, comme en témoigne cette enseignante parisienne. "On a eu une classe où tous les professeurs se sont aperçus que leurs élèves avaient une manière très sophistiquée de tricher. Ils sont solidaires entre eux, se couvrent. On n'a pas les feuilles de bac, donc ils peuvent glisser un brouillon ou des notes dans une copie double.

Elle raconte aussi des élèves qui "tapotent" sur leurs téléphones portables, soigneusement dissimulés sous la table ou dans les poches de leur sweat. Pas facile pour les enseignants de repérer les mouvements suspects quand ils sont tous seuls pour surveiller une trentaine d'élèves, serrés les uns à côté des autres. 

"Comme dans toutes les classes, les élèves trichent. Les notes, ce ne sont pas nos vraies notes."

Selon cette professeure, le phénomène n'épargne pas les bons éléments. "Ils ne pensent pas forcément à mal, mais c'est vrai qu'il y a une pression collective." Effectivement, Sasha et Nawelle, toutes les deux pourtant studieuses, admettent avoir déjà cédé à la tentation. "Même moi j'ai triché, je l'avoue ! Quand le professeur sort de la classe, il y en a qui vont donner les réponses à d'autres. "  Plus subtil encore, certains lycéens s'arrangent pour être absents lors des derniers contrôles du trimestre pour ne pas risquer de faire baisser leur moyenne

Sonia Princet

Lire la suite

Résultats du bac 2021 : «Allez passer une année comme nous, c’est loin d’être aussi évident que ça !»

7 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Résultats du bac 2021 : «Allez passer une année comme nous, c’est loin d’être aussi évident que ça !»

Les 715 000 candidats du nouveau baccalauréat ont découvert ce mardi matin leurs résultats. Après une année scolaire éprouvante et une réforme émaillée de couacs, l’heure est au soulagement pour beaucoup d’élèves.

«Allô Papa, j’ai eu la mention ! On va appeler tout le monde au bled !» Un sourire jusqu’aux oreilles, Inès enchaîne les coups de fil ce mardi matin. Postée devant le lycée Arago, situé dans le XXe arrondissement de Paris, la jeune lycéenne est venue chercher ses résultats du baccalauréat. «Je ne pensais pas du tout avoir mon Bac ! Dans ma famille, ils commençaient tous à se faire à l’idée que je pouvais redoubler», lâche-t-elle. Inscrite en terminale générale, spécialité Géopolitique et Humanités, Inès a rejoint sa copine Mariama devant les portes de l’établissement pour profiter du moment à deux. «Moi aussi j’ai eu la mention Assez bien, je suis soulagée», explique Mariama qui avoue avoir rendu copie presque blanche à l’épreuve de philosophie.

Connexion capricieuse

Loin de la foule qui s’amasse ordinairement devant les panneaux d’affichages, des élèves qui se serrent dans les bras ou versent quelques larmes, seuls quelques candidats se pressent aujourd’hui pour accéder à leurs résultats. «On vient chercher ses résultats par classe pour éviter trop de rassemblements», explique Léane, inscrite au lycée Arago et «sous le stress d’avoir une bonne mention». Si les résultats des 715 000 candidats étaient en ligne à partir de 8h30 ce matin (10h00 pour les jeunes parisiens), la connexion capricieuse en a obligé beaucoup à se déplacer. «On est vraiment au top niveau informatique», lâche, sarcastique, le proviseur du lycée, Georges Benguigui, qui a bien dû mettre bon un quart d’heure avant d’accéder aux résultats de ses élèves sur Cyclades, le site de l’Education nationale.

Sur le tableau d’affichage, quelques bonnes surprises pour les professeures venues prendre connaissance des notes de leurs élèves. «Cette année, il fallait s’attendre à ça, ils l’ont donné à tout le monde», nuance-t-on néanmoins. Côté candidats, la remarque a le don d’agacer : «C’est injuste de parler de bac low cost, s’insurge Maroua, inscrite en terminale générale à la cité scolaire Maurice Ravel, dans le XXe arrondissement parisien. Allez passer une année comme nous, dans le flou de la réforme, avec le Covid et les cours en visio [visioconférence, ndlr], c’est loin d’être aussi évident que ça.»

Contrôle continu

Un constat partagé par Mattéo, son camarade de classe. «Suivre la physique en visio c’était vraiment difficile, on ne pouvait pas intervenir comme on voulait ou poser des questions», se remémore-t-il, clope au bec. Sans parler de la philo : «De grands moments de solitude devant mon écran», dit en riant Maroua, qui misait tout sur l’épreuve finale pour avoir la moyenne. Les aménagements prévus par le ministère de l’Education nationale autorisaient en effet les candidats à ne retenir que la meilleure note entre celle obtenue à l’épreuve et celle du contrôle continu, à condition d’avoir rendu sa copie.

Enki, de son côté, peine à cacher sa déception. Le jeune homme qui se destine à une classe préparatoire commerce espérait mieux que la mention Assez bien : «C’est à cause du contrôle continu ça, justifie-t-il. Avec les résultats que j’ai eus cette année, je ne pouvais pas espérer mieux.» Covid oblige, plusieurs examens sur table ont dû être annulés cette année, portant à près 82 %, la part du contrôle continu dans la note finale des candidats au bac général et technologique.

A 11h30, personne n’a pu avoir accès au détail de ses notes mais la perspective des vacances suffit à redonner le sourire à Maroua : «De toute façon, moi, la mention, je m’en fiche. C’était pour mes parents, pour qu’ils puissent se la péter devant leurs amis !»

Julie Richard

Lire la suite

Les bacheliers 2021 en ont marre d'entendre que leur bac ne vaut rien (et ils ont raison)

6 Juillet 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Baccalaureat

Les bacheliers 2021 en ont marre d'entendre que leur bac ne vaut rien (et ils ont raison)

EXTRAIT

Nombre d'entre eux ne voient plus cet examen comme une fin en soi, mais comme une porte d'accès vers les études supérieures.

C'est le rite de passage par excellence: l'obtention du baccalauréat. Alors que les résultats tombent ce mardi, que pensent vraiment les lycéens et lycéennes de ce diplôme si décrié, régulièrement accusé d'être sans valeur et trop facile? Pour Yohan, lycéen à Grenoble, le bac n'est plus aussi intimidant que pour les générations précédentes: «Quand j'étais en primaire ou au collège, le bac, c'était le Graal, ça nous paraissait très compliqué à avoir. Au fil du temps, quand j'ai compris que le plus important, c'était l'après-bac, j'ai commencé à voir l'examen comme une étape obligée, un ticket d'entrée pour les études supérieures», explique le jeune homme qui entamera l'an prochain une classe préparatoire scientifique.

«Bien sûr que le bac est important à mes yeux, et pour la plupart de mes amis, renchérit Nesrine qui a obtenu son sésame l'année dernière à Perpignan. On nous en parle quasiment tous les jours depuis la seconde alors évidemment qu'on veut l'avoir! Mais c'est vrai que je sentais mes parents presque plus investis que moi. Pour eux, c'est vraiment LE diplôme, alors que, personnellement, je serai bien plus fière de moi si je décroche un master ou un doctorat, par exemple.»

Le baccalauréat n'est plus une fin en soi. Pour Charles Hadji, professeur honoraire en sciences de l'éducation à l'université Grenoble Alpes et spécialiste de l'évaluation des élèves, même s'il a un peu perdu de sa superbe au fil des années, le bac demeure toujours très important, tant d'un point de vue académique que d'un point de vue social: «Les lycéens sont toujours heureux de réussir cet examen et de faire la joie de leur famille, et continuent de s'y préparer, pour la plupart, avec beaucoup de sérieux.»

Un enjeu académique, social et festif

Beaucoup de sérieux, mais tout de même un peu moins d'anxiété que leurs aînés, comme le raconte Mathilde, 27 ans, bachelière en 2011. «Pour moi, le bac, c'était une montagne, je m'en rendais malade, et pourtant, j'étais bonne élève! Mais mon petit frère Théo n'était pas si angoissé que ça, il a révisé mais sans plus, sans pression.»

«Honnêtement, j'étais plus stressé pour l'examen du code de la route, affirme le petit frère en question, âgé de 18 ans. Le jour des épreuves du bac, j'étais détendu, je savais que, comme j'avais bien bossé et que mes notes de l'année étaient plutôt bonnes, je n'avais pas trop à m'en faire.» Il reconnaît cependant être un peu anxieux à l'approche des résultats, dévoilés ce mardi matin. «L'idée de ne pas passer à l'étape d'après, de devoir refaire une année de terminale, forcément, ça fait un peu peur. Et puis, pour toute ma famille, c'est un événement, je ne veux pas les décevoir.»

(...)

Audrey Renault

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Couac Les bacheliers d’Ile-de-France auront-ils leurs résultats du bac à temps

4 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Couac Les bacheliers d’Ile-de-France auront-ils leurs résultats du bac à temps

A cause de problèmes techniques, les professeurs de la région convoqués pour les jurys d’harmonisation des notes n’ont pas encore pu faire leur travail alors que les résultats du bac doivent être annoncés mardi.

Leur mobilisation est sans doute à la hauteur du «chaos» décrit par les professeurs. Habituellement sur la réserve, les directeurs d’établissement d’Ile-de-France tirent cette fois la sonnette d’alarme «face au fiasco des examens 2021». Leur principal syndicat, le SNPDEN, appelle ses troupes à se rassembler ce lundi devant la Maison des examens (le Siec) à Arcueil, dans le Val-de-Marne, qui gère les académies de Paris, Versailles et Créteil. «Il s’agit d’un mouvement d’humeur pour dire que l’organisation, avec des retards et des dysfonctionnements très importants, n’est pas à la hauteur de cette session du bac», explique Sébastien Volpoet, secrétaire académique du Siec en Ile-de-France.

Après de nombreux problèmes liés à l’organisation du grand oral et des copies mal numérisées en philo, ça coince en effet désormais du côté des jurys d’harmonisation et de délibération en Ile-de-France. Ces derniers devaient se tenir ce mardi et ce jeudi et n’ont finalement pas eu lieu.

Trois étapes clés pour harmoniser les notes

Une fois les épreuves terminales passées, les professeurs convoqués pour ces jurys doivent harmoniser les notes, pour plus d’équité entre les élèves. Ses notes comprennent en majorité celles du contrôle continu qui compte pour 82% de la note finale du bac cette année. Tout doit être réalisé en trois étapes : l’harmonisation d’abord, pendant laquelle des professeurs de différentes disciplines vérifient que les élèves n’ont pas été sous notés ou sur notés. Les jurys observent pour cela les notes des années précédentes par lycée pour s’assurer qu’il n’y a pas de gros décalage qui pourrait poser question.

Deuxième étape : la délibération durant laquelle les jurys étudient les situations une par une en observant les notes des livrets scolaires. «Si un élève a 9,99 et qu’on voit dans son dossier qu’il a fait des efforts toute l’année, on peut augmenter sa note à 10», illustre Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. Enfin, troisième étape, celle de la délibération finale qui réunit, par département, les vice-présidents des jurys pour valider les résultats avant leur proclamation.

Mais cette année, rien ne s’est déroulé comme prévu. Nina (1), professeure de maths, est vice-présidente de jury. Comme tous les professeurs convoqués pour l’harmonisation, elle s’est rendue ce mardi dans son centre d’examen. Mais en arrivant sur place, «le logiciel qui nous permet d’harmoniser les notes ne fonctionnait pas. On nous a demandé de partir à 10h30, de revenir à 14h30 mais ça ne marchait toujours pas», déplore-t-elle. Ce jeudi, elle devait assister au jury de délibération qui a été annulé la veille pour être reporté au vendredi. Et ce vendredi, il a encore été décalé à lundi… la veille de la proclamation des résultats du bac. Dans un message adressé aux chefs de centre de délibération, le service interacadémique des examens et concours (Siec) attribue ce contretemps aux profs : «A la suite du retard dans la restitution de copies de certains correcteurs, les bascules de notes et leur nécessaire traitement sont en cours de finalisation.»

«Quand il y a un problème, c’est toujours la faute des profs ! s’insurge José (1), professeur d’histoire-géo à Paris et membre de jury d’harmonisation. Mais la raison de ce retard est purement technique : on a eu tout un tas de problèmes avec le logiciel Santorin sur lequel on corrige et enregistre les notes.» Contacté par Libération, le centre des examens d’Ile-de-France admet que ce nouvel outil, comme les aménagements du bac 2021, a été mis en place «dans un laps de temps très court». Or, c’est une énorme machine «avec plus de 110 000 candidats» au bac à gérer, ce qui expliquerait pourquoi ça coince.

Le Siec assure qu’il y aura bien deux réunions d’harmonisation et de délibération ce lundi. «Mais comment voulez-vous qu’on fasse en un seul jour ce qu’on était censés faire en deux jours ? s’inquiète Nina. J’ai peur qu’on ne se concentre que sur l’harmonisation de masse alors que c’est très important de faire du cas par cas. Encore plus après cette année pendant laquelle les élèves n’ont pas du tout travaillé dans les mêmes conditions.»

Après avoir envisagé de faire grève, Nina compte finalement aller jusqu’au bout «pour vérifier que les élèves ne sont pas lésés». José, lui, ne sait pas encore ce qu’il fera. Il ne supporte plus d’être prévenu à la dernière minute et d’être «corvéable à merci». Comme ses collègues, une question le taraude : «Est-ce que les notes du bac pourront être délivrées mardi ?» «Oui», répondent le Siec et le ministère de l’Education nationale joints par Libération. Mais les profs d’Ile-de-France en doutent. «Ou alors, ça se fera au détriment des élèves», assure José.

Cécile Bourgneuf

(1) Le nom a été modifié.

Lire la suite

Bac : avec le contrôle continu, la note injuste ?

1 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Bac : avec le contrôle continu, la note injuste ?

La fin programmée des évaluations communes, dès la rentrée prochaine, fait remonter les oppositions entre les partisans d’une épreuve nationale et terminale et ceux d’un contrôle continu renforcé.

Encore des changements pour le bac ? A y regarder de plus près, il s’agit plutôt d’un retour en arrière. En 2017, le programme du candidat Macron annonçait déjà la couleur du futur bac avec «quatre matières obligatoires à l’examen final [entre 8 et 9 épreuves sans les options facultatives, ndlr] et le reste en contrôle continu». Dix mois plus tard, Jean-Michel Blanquer présentait la copie de sa réforme avec 60% d’épreuves terminales. Les 40% restants devaient être issus du contrôle continu mais, pour apaiser les oppositions syndicales, seulement 10% de son contenu reposait sur les notes du bulletin scolaire. Le reste, 30%, concernait des épreuves anticipées échelonnées entre la première et la terminale : les fameuses E3C devenues EC (avec histoire-géo, langues vivantes, sciences, EPS et une spécialité).

Ce lundi, Jean-Michel Blanquer a finalement annoncé, dès la rentrée prochaine, la fin de ces épreuves communes, qui avaient provoqué de gros remous lors de leur mise en place en 2020. Coup de bol pour le ministre, la crise sanitaire est passée par là, imposant, de fait, le contrôle continu en lieu et place des examens de juin. Cette année, il représente 82% de la note finale du bac et l’an dernier, 100%. Jean-Michel Blanquer s’appuie sur cette expérience pour mieux faire passer la pilule.

«Une promesse républicaine enterrée»

Cette suppression des évaluations communes est une «avancée» pour le SNPDEN, le principal syndicat des chefs d’établissement. «Qui de mieux qu’un enseignant qui suit ses élèves toute l’année pour évaluer leur niveau de compétence  interroge son secrétaire général, Bruno Bobkiewicz, favorable à un contrôle continu intégral. Le corps enseignant s’écharpe depuis le début sur la simplification du nouveau bac, entre les partisans du contrôle continu intégral («une mesure de raison» selon le Sgen CFDT, syndicat minoritaire) et les adeptes, plus nombreux, d’un bac national et terminal, «une promesse républicaine enterrée par Jean-Michel Blanquer» selon le Snes-FSU. Le principal syndicat du secondaire estime que le contrôle continu «accroît les inégalités entre élèves et entre établissements».

«Le but du bac est de se préparer aux épreuves en respectant les programmes, ajoute Jean-Rémi Girard, président du Snalc. En renforçant le contrôle continu, on prend le risque de s’adapter de plus en plus au fonctionnement local et donc de perdre en exigence» avec des programmes parfois bâclés et la crainte de voir des élèves associés à leur lycée d’origine. Autre inquiétude : celle d’une pression sur les notes, qui existe déjà avec Parcoursup : «Il y aura forcément de la pression de la part des parents, des élèves, des chefs d’établissement sur les profs pour que les notes ne soient pas trop basses et que les lycées ne perdent pas leur attractivité, assure le sociologue de l’éducation Pierre Merle. Mais s’il n’y a plus d’évaluations fiables, la sélection ne sera plus pertinente.»

Des notes variables selon les profs

Autre débat qui anime profs et chercheurs : les épreuves communes terminales sont-elles plus justes et donc plus fiables ? «Oui, répond Pierre Merle. Ces épreuves sont anonymes alors qu’en contrôle continu, les professeurs connaissent leurs élèves et ont des biais sociaux d’évaluation. Ils sont inconsciemment influencés par le statut des élèves, leur genre, leur origine sociale.» Et les notes seront, selon lui, forcément variables en fonction des profs, plus ou moins généreux, que les élèves auront face à eux. «Même pour les épreuves nationales, il y a toujours un effet correcteur, rétorque Bruno Bobkiewicz. Ce n’est pas une garantie d’équité.» Le secrétaire général du SNPDEN reconnaît toutefois qu’il va falloir harmoniser la notation : «On va activer un conseil pédagogique sur ces sujets, promet-il. Cela passe par un travail sur des banques nationales de sujets, des corrections croisées [échanges de copies] ou encore des devoirs communs à plusieurs professeurs pour ne pas donner l’impression d’être “prof-dépendant”.»

Pour Claude Lelièvre, historien de l’éducation, les oppositions au renforcement du contrôle continu, «ne sont pas fondées». Son argument : les examens de l’enseignement supérieur, «100% en contrôle continu, sont pourtant des diplômes nationaux et personne n’y trouve rien à redire», remarque-t-il. Enfin, le contrôle continu a, selon lui, une incidence bien plus importante avant la terminale : «Aujourd’hui, 20% d’une classe d’âge ne va pas en terminale et ne passe donc pas le bac parce que ces jeunes ont été orientés vers d’autres voies par leurs professeurs qui se sont basés sur le contrôle continu. Il existe donc des inégalités bien plus importantes !»

Cécile Bourgneuf

Lire la suite

Les derniers clous sur le cercueil du Baccalauréat ? Communiqué de l'APHG

30 Juin 2021 , Rédigé par APHG Publié dans #Education, #Baccalaureat

Baccalauréat : les bonnes affaires des diplômés avec mention - Capital.fr

EXTRAIT

A propos du communiqué du Ministère de l’Education nationale : « Ajustements proposés pour le baccalauréat général et technologique à compter de la session 2022 ».

Chaque étape de la réforme du lycée délivre une modification profonde des conditions de travail des élèves et de leurs professeurs dont les effets délétères ont été régulièrement pointés par l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG).

Un an de difficultés multiples liées à la pandémie a montré que, pourtant régulièrement alerté, le ministère n’a jamais fait preuve de l’anticipation nécessaire. Entre injonctions contradictoires et précipitation, les équipes pédagogiques ont fait le maximum pour préparer au mieux leurs élèves. Convocations envoyées au dernier moment, parfois le jour-même de l’épreuve, jurys convoqués comme « spécialistes » d’un enseignement qui n’est pas le leur, élèves se retrouvant plusieurs heures sans jury… Les épreuves du baccalauréat 2021, celles de la première année de la réforme, se sont déroulées dans un désordre sans pareil. Les autorités rectorales et ministérielles minimisent la réalité mais prennent soin d’en attribuer la faute sur les professeurs qui ne peuvent que subir les effets d’une usine à gaz contre lesquels nous avions alerté dès novembre 2017 ! C’est irresponsable et, dans le climat qui est le nôtre, c’est choisir de jeter l’opprobre sur les professeurs. Tant bien que mal, les épreuves ont finalement été passées. Mais à quel prix ?

(...)

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

https://www.aphg.fr/Les-derniers-clous-sur-le-cercueil-du-Baccalaureat

Lire la suite

Dis-moi où tu passes le bac, je te dirai ce que tu fais

30 Juin 2021 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education, #Baccalaureat

https://cdn-s-www.estrepublicain.fr/images/746A03C9-736A-4A22-98E1-5DAEB8C881ED/NW_detail_M/title-1623430233.jpg

L’HUMEUR DU JOUR – Le ministre de l’Éducation annonce encore une nouvelle réforme du bac, et un renforcement du contrôle continu. Au risque d’accentuer les inégalités.

Le Covid aura-t-il été le meilleur allié de Jean-Michel Blanquer ? À peine achevée sa première édition, voilà son nouveau bac déjà re-réformé pour 2022, à la faveur des adaptations « exceptionnelles » imposées par la crise sanitaire et qui vont devenir la norme. Ce qui ne change pas : les épreuves terminales compteront toujours pour 60 % de la note finale. Ce qui change : les 40 % de contrôle continu seront désormais calculés exclusivement sur les notes obtenues au cours de l’année, avec la suppression des « épreuves communes » – ex-« épreuves communes de contrôle continu » : des devoirs sur table effectués en cours de première et de terminale, très critiqués l’an dernier pour leur première mise en place, et carrément annulés cette année pour cause de crise sanitaire.

Évidemment, cela a le mérite de la simplicité et de la cohérence : depuis le départ, le ministre ne jure que par le contrôle continu. A priori, ce dernier semble plus juste : récompenser les efforts de toute une scolarité, au lieu de se fonder sur des examens ponctuels, avec leur part d’aléatoire. Pourtant, cette annonce peu concertée renforce dangereusement le soupçon qui pèse sur ce nouveau bac : creuser les inégalités entre élèves. Privés d’une évaluation anonyme et nationale, ils seront désormais associés jusqu’au diplôme à leurs établissements et enseignants, dont les systèmes de notation varient considérablement. Et sans qu’aucune procédure d’harmonisation ne semble prévue. Dès 2022, le bac ne sera plus qu’un diplôme local, à la valeur définitivement dépendante de la réputation du lycée où il a été passé. Un progrès, vraiment ?

Juliette Bénabent

Lire la suite

Le ministre de l'hésitation nationale Blanquer simplifie le contrôle continu - Par Claude Lelièvre

29 Juin 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Baccalaureat

Le ministre de l'hésitation nationale Blanquer simplifie le contrôle continu - Par Claude Lelièvre

Il lui aura fallu quatre ans pour le faire, après nombre de manœuvres dilatoires. Par machiavélisme, comme certains le pense ? Ou bien tout simplement par valse-hésitation d'un ministre très politicien qui tente souvent de ''passer entre les gouttes'' tout en adoptant un ton péremptoire.

Pour mémoire, le 15 févier 2018, j'avais posté sur Médiapart un billet intitulé :

« Le ministre de l'hésitation nationale Blanquer a manqué son rendez-vous historique! »

Le «vrai contrôle continu» compte pour 10% et le «faux contrôle continu» pour 30%. In fine, «l'allégement» des épreuves et leur «simplification» se solde par un «alourdissement» et une «complexification» du baccalauréat. Bravo l'artiste !

Dans son interview parue dans « L'Etudiant » le 30 mars dernier, Emmanuel Macron avait pourtant été très clair : « Nous faisons confiance au contrôle continu et au jugement des professeurs pour l'entrée dans les formations sélectives (écoles préparatoires aux grandes écoles, sections de techniciens supérieurs, IUT, écoles post-bacs). Pourquoi en seraient-ils incapables pour le baccalauréat? ». Il s'agissait bien du ''contrôle continu'' entendu comme l'ensemble des évaluations ordinaires faites au fil des années (en première et terminale) présentes dans les dossiers des postulants examinés. Et on se souvient de sa conclusion : « Je souhaite donc simplifier le baccalauréat. Quatre matières seront passées en contrôle terminal, les autres seront validées en contrôle continu ».

Mais ce n'est pas ce qui vient d'être annoncé par le ministre de l'hésitation nationale Blanquer. Cinq épreuves terminales (le français en fin de classe de première, deux épreuves de spécialité au printemps, un ''oral'' et la philosophie en fin de terminale) comptant pour 60%. Plus 10 % de ''vrai contrôle continu'' (prise en compte des notes ''ordinaires'', comme dans les dossiers de candidatures aux formations post-bacs recherchées). Plus 30 % de ''faux contrôle continu'' reposant sur des ''partiels'' ad hoc en première et terminale (pouvant avoir lieu en janvier et en avril pour la première, et en décembre pour la terminale). La ''simplification'' demandée et proclamée par le chef de l'Etat Emmanuel Macron se solde par un étalement et une prolifération des moments possibles de ''bachotage'', une soi-disant simplification ultra-compliquée !

Et un an plus tard,  j'ai rendu compte d'un autre cas exemplaire (car ultra-rapide) des œuvres et manœuvres  du ministre de l'hésitation nationale Jean-Michel Blanquer

Le 11 février 2019, le député ''LR'' Eric Ciotti défend un amendement qu'il a déposé avec quelques autres parlementaires  en cours de discussion du projet de loi.: ''cet amendement tend à faire en sorte que le drapeau français soit installé dans chaque classe de  chaque école de la République. Nous avons évoqué La Marseillaise ; nous parlons maintenant du drapeau français."

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer répond dans un premier temps par la négative en s'inscrivant sur ce point dans la continuité de ses prédécesseur : ''Que les enfants connaissent la Déclaration des droits de l’homme, qu’ils chantent La Marseillaise et que le drapeau soit présent dans l’école est un objectif fondamental. Comme vous le savez, le code de l’éducation prévoit déjà chacun de ces éléments à l’échelle de l’école. Vous proposez qu’ils soient dorénavant présents à l’échelle de la classe. Je ne dis pas que c’est une proposition absurde, mais je ne pense pas qu’il soit souhaitable de multiplier les affichages en classe pour des raisons pratiques assez évidentes.

Mais d'autres députés ''LR'' prennent la parole et soutiennent l'amendement présenté par Eric Ciotti. Il y a une suspension de séance à l'issue de laquelle est proposé (et voté) un amendement à la suite de ''propositions faites par le Gouvernement, avec l’aval du premier signataire de l’amendement no 102 (Eric Ciotti), ainsi rédigé : « La présence de l’emblème national de la République française, le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, du drapeau européen ainsi que des paroles du refrain de l’hymne national est obligatoire dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degrés, publics ou privés sous contrat.

Le ministre de l'hésitation nationale Jean-Michel Blanquer a ''tranché'' (sur un ton ''péremptoire'', à son habitude...). Et qu'en est-il effectivement dans les salles de classe plus de deux ans après  ?

Claude Lelièvre

Lire la suite

Nouveau bac : les évaluations communes remplacées par les moyennes de l'année

29 Juin 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Baccalaureat

Nouveau bac : les évaluations communes remplacées par les moyennes de l'année

Comme attendu, le ministère de l'Éducation nationale propose des ajustements pour le baccalauréat à partir de l'année prochaine. La part de contrôle continu ne change pas, les évaluations communes sont supprimées.

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a présenté ce lundi 28 juin des ajustements de sa réforme du baccalauréat. Le contrôle continu sera renforcé. Les évaluations communes (E3C) seront abandonnées dès la rentrée prochaine et remplacées par un contrôle continu "plus souple", basées sur les moyennes. Ces E3C étaient l'aboutissement d'un compromis pour "apaiser certaines oppositions syndicales" souligne le ministère.

Le baccalauréat toujours basé à 40% sur le contrôle continu

Les moyennes de l'élève dans toutes les disciplines du tronc commun qui ne seront pas évaluées par des épreuves terminales seront prises en compte. Il y a l'histoire-géographie, les deux langues vivantes obligatoires, l'EPS, l'enseignement scientifique en voie générale ou les mathématiques en voie technologique. Cela fait cinq matières, coefficient 6 chacune sur les deux années de première et terminale. Elles comptent pour 30% de la note du bac. À cela s'ajoutera l'enseignement de spécialité que les élèves abandonnent en première. C'était coefficient 5, il passe à 8. Enfin l'enseignement moral et civique, discipline que le ministre veut mettre en avant, sera coefficient 2.

Le ministère de l'Éducation nationale annonce une nouveauté : les options pourront désormais être créditées d'un coefficient supplémentaire de 4 si elles sont suivies en première et en terminale ou coefficient 2 seulement en terminale. Pour les examens, rien ne change ni sur le calendrier ni sur les modalités. Le français, les deux spécialités, la philo et le grand oral comptent pour 60% de la note du bac. 

Le contrôle continu, source d'inégalité ?

La notation n'est pas la même selon les professeurs, selon les lycées. Mais le ministre ne propose pas de garde-fou, il renvoie à une concertation au sein des établissements. Le principal syndicat d'enseignant, le SNES, réagit et dénonce un bac local. Finalement, le ministre impose son idée de départ, un contrôle continu basé uniquement sur les bulletins scolaires. Les évaluations communes sont lourdes à organiser. Et surtout, avec la crise sanitaire, le bac cette année repose à 82% sur les moyennes des élèves et c'était même 100% l'an dernier. Donc l'idée de revenir à 40% de contrôle continu, à partir des notes de l'année, passe beaucoup mieux aujourd'hui. Le ministre peut plus facilement le faire accepter. 

Toutes ces propositions seront étudiées et débattues par les organisations syndicales dans le cadre d'un Conseil supérieur de l'éducation le 8 juillet prochain.

Victor Vasseur

Lire la suite

"C'est insupportable" : les profs de philo dénoncent la numérisation des copies du bac

25 Juin 2021 , Rédigé par France bleu Publié dans #Education, #Baccalaureat

"C'est insupportable" : les profs de philo dénoncent la numérisation des copies du bac

Près d'une semaine après l'épreuve de philo, les profs dénoncent les conditions dans lesquelles ils doivent corriger les copies. Cette année, elles sont toutes numérisées, ce qui engendre de nombreux problèmes.

"Le progrès technique est-il un progrès pour l'Humanité ?" La question était posée en 2016 aux bacheliers à l'épreuve de philosophie. La réponse cette année est concise : "Certainement pas."

Les profs de philo s'énervent contre la numérisation des copies. Plus de papier cette année, les feuilles des élèves ont été scannées par le rectorat et mises en ligne sur une plate-forme. Une opération qui a retardé la mise à disposition des copies et le temps de correction donné aux correcteurs. 

La numérisation est aussi entachée de couacs :"Les copies sont, par exemple, mal classées. Les pages 7 et 8 arrivent avant les pages 1 et 2, détaille Alexandra Renault, prof à Bourg-lès-Valence. Certains collègues n'ont pas eu l'entièreté des copies, c'est-à-dire que certaines feuilles n'ont pas été numérisées. D'autres feuilles ont été mal numérisées, c'est-à-dire qu'il y a des morceaux qui manquent."

Des corrections plus laborieuses

Des problèmes remontés aux administrateurs de la plate-forme, qui pallient au fur et à mesure le problème. La correction en ligne est aussi plus laborieuse. Impossible de comparer les copies entre-elles car le logiciel ne peut pas toutes les afficher en même temps. "Il faudrait un écran qui fait 3 mètres sur 5" ironise Alexandra Renault, penchée sur son ordinateur portable.

Pour s'y retrouver, elle a décidé d'écrire chaque note sur un papier. "Je classe les copies par sujet et quand j'ai fini de corriger un sujet, je pourrai visualiser l'ensemble des notes pour éventuellement en modifier certaines pour les harmoniser". Certains ont aussi abandonné l'idée d'annoter les copies en ligne, car la procédure prend trop de temps

S'ajoutent à cela des copies bâclées, arrêtées en cours de route car les élèves ont pris l'épreuve à la légère. Si leur note au bac est inférieure à leur moyenne en cours d'année, elle ne sera pas prise en compte. Une décision ressentie comme un coup de poignard par certains enseignants. "On passe l'année à apprendre des choses aux élèves, à les faire progresser. Et tout ça a été balayée d'un revers de main. C'est n'importe quoi". 

"Sincèrement, on pète les plombs", assène à bout Alexandra Renault. Pour dénoncer cette situation, certains professeurs ont décidé de faire grève et de ne plus corriger les copies.

François Breton, France Bleu Drôme Ardèche

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>