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Vivement l'Ecole!

baccalaureat

Le retour du "c'était mieux avant" à propos du BAC

6 Juillet 2022 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Baccalaureat

Le retour du "c'était mieux avant" à propos du BAC

C’est un marronnier décliniste ‘à quoi bon 80% d’une classe d’âge au BAC, si c’est pour brader l’examen national’. C’est le même refrain chaque année début juillet. Ce matin, la question sondage du Figaro c’est Le niveau du BAC est-il trop faible ? Je parie sur la réponse demain ! Entendez, c’était mieux avant la victoire du pédagogisme post 68 et la culture du tout-écran. S’il est vrai, comme l’a montré le sociologue Gérald Bronner, qu’Internet, les algorithmes, ont tendance à s’adresser plus à notre cerveau archaïque, il est aussi vrai, comme le montre de nombreux tests de connaissances, qu’un adolescent d’aujourd’hui acquiert beaucoup plus d’informations qu’un adolescent du siècle dernier. Et qu’il sait aussi les traiter, les analyser. Internet n’a pas tuer la connaissance ni la capacité à raisonner, seul l’abus des écrans est néfaste. Le déclinisme qui accuse la modernité d’acculturer nos enfants rappelle le mythe de Theuth (Platon). Le Dieu Theuth invente l’écriture et propose sa trouvaille au roi d’Egypte qui la refuse parce que bien sûr, cette nouvelle technique va tuer la culture orale et atrophier le cerveau, puisque la mémoire ne sera plus nécessaire !

Mais le niveau baisse-t-il vraiment?

Si l’on prend l’orthographe, la syntaxe en français (pour les sciences c’est plus sujet à caution), si l’on prend la connaissance des grands classiques de la littérature, il y a une baisse certaine du niveau telle qu’on le mesure avec nos critères académiques. appelons ça la culture verticale. et c’est préoccupant puisqu’il s’agit de notre culture commune, qui faisait que nos grands-parents, partout en France, savaient 3 ou 4 fables de la fontaine… et les grandes dates de l’histoire, du baptême de Clovis à jusqu’à Valmy. mais ils ne savaient pas grand-chose du vaste monde, des idées et des cultures des autres. nos enfants ont une large culture horizontale, internet leur a développé des capacités, des agilités intellectuelles très puissantes, même si –en cas d’abus d’écran- leur capacité de concentration sur des formes plus classiques d’acquisition des connaissances se détériore. l’idéal serait d’arriver à restaurer de la culture verticale sans perdre la culture horizontale, c’est l’éternel dilemme entre le nombre d’heures de français et calcul (les savoirs fondamentaux) et les nécessaires apprentissages de notre temps. ce débat très politique mérite mieux que les anathèmes pavloviens sur le bradage du bac qui, de toute façon, n’est plus le bon instrument de mesure des savoirs. les réactions aux résultats du bac dépendent de ce que l’on veut faire dire au réel… ce n’est pas parce qu’on rehausse les notes, que le niveau baisse. et d’ailleurs qu’est-ce que le niveau global? une somme de connaissances classiques ou la capacité à s’adapter à un monde devenu complexe ? le plus préoccupant, c’est que la maitrise des savoirs verticaux dépend à nouveau du capital culturel de chacun. donc les inégalités se creusent. mais que chaque année une controverse existe souligne un aspect positif : l’éducation reste un enjeu central des préoccupations françaises. et ce n’est pas le cas dans tous les pays.

 
Thomas Legrand
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Grand oral du Bac, petits brouillons...h

28 Juin 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Grand oral du bac : non, «l'éclat du regard» ne sera pas évalué par le jury  - Le Parisien

Grand oral du bac: «J’avais préparé mes élèves à ce que ça ne se passe pas comme prévu»

Epreuve à repasser, absence de jury, manque d’examinateurs de spécialité: le grand oral du baccalauréat ne se déroule pas de façon idoine pour certains élèves. Si certains syndicats déplorent des problèmes d’organisation, le ministère de l’Education nationale assure que ces dysfonctionnements restent marginaux.

Camille (1), en terminale STMG, l’assure : son grand oral s’est bien déroulé. Pourtant, elle fait partie de ces élèves qui vont devoir le repasser. Lundi 20 juin, quand elle s’est présentée dans un lycée du Val-de-Marne, un seul examinateur l’attendait, au lieu des deux attendus. Deux jours plus tard, elle est reconvoquée pour le 28 juin. «J’étais dans l’incompréhension totale. Mon prof de spécialité m’a dit que c’est parce que je n’avais eu qu’un seul membre de jury. J’ai trouvé ça injuste.» La voilà obligée de plancher à nouveau. «Ce que je redoute le plus, c’est de ne pas faire aussi bien que le premier, que les questions soient plus difficiles ou le jury plus dur», s’inquiète la jeune femme. Sollicité, le ministère de l’Education nationale affirme que cette situation a pu arriver «dans quelques rares cas», mais qu’un «rappel a été fait en quelques heures et la situation ne s’est pas reproduite». A voir.

Certains élèves n’ont même pas eu la chance de voir un examinateur. En Seine-Saint-Denis, un lycéen, convoqué le 20 juin, a été renvoyé chez lui moins de deux heures plus tard. Le jury ne s’était pas présenté. «Il s’était préparé assidûment, témoigne sa mère. C’est une situation déstabilisante pour nos enfants. Le lycée nous a dit que 24 élèves étaient concernés mais personne ne nous a contactés pour nous informer ou nous rassurer, on ne savait même pas quand ils seraient reconvoqués.» Si leur oral n’a pas été annulé, d’autres lycéens n’ont pas pu le passer dans les conditions normales de l’examen. «En raison d’erreurs de convocation, des professeurs d’établissements privés ont pu faire passer leurs propres élèves», observe Audrey Chanonat, secrétaire nationale pédagogie du SNPDEN, le syndicat national des personnels de direction. Certains élèves ont également été évalués par des examinateurs dont aucun n’enseignait leur spécialité.

Disparités territoriales

Du 20 juin au 1er juillet, un peu plus de 540 000 candidats doivent passer le grand oral, nouveauté du bac Blanquer mis en place en 2019 et chamboulé par deux années de Covid. Cette épreuve, qui consiste à interroger les élèves sur des questions préparées en amont en lien avec leurs spécialités et sur leur orientation postbac, avait lieu pour la première fois l’année dernière. Déjà, l’organisation avait été chaotique : jurys absents, convocations de dernière minute, manque de professeurs de spécialité. «On se disait que c’était normal parce que c’était la première fois, se rappelle Lucie (1), enseignante en anglais dans les Yvelines et examinatrice du grand oral. Mais on pensait que ce serait réglé.»

Les retours de chefs d’établissements font état de disparités territoriales. A Lille, «moins de couacs d’organisation» ont été relevés cette année et les «quelques absences ont pu être facilement remplacées», salue Florence Delannoy, proviseure au lycée Montebello. Secrétaire académique du SNPDEN Créteil, Sébastien Volpoet est lui formel : «C’est mal organisé, pire que l’année dernière.» Audrey Chanonat dresse, elle, un bilan plus contrasté. «Il semble que ça a été globalement mieux que l’an dernier mais nous avons en effet eu des remontées d’absence de jurys», déroule-t-elle. Elle ajoute : «Certains établissements ont pu pallier ces difficultés avec des enseignants du lycée mais parfois ça n’a pas été possible.» Des «bugs académiques» qu’elle est dans l’impossibilité de chiffrer. La structure même de cette nouvelle épreuve – avec un jury dit naïf et un autre devant obligatoirement enseigner dans l’une des deux spécialités de l’élève – complexifie, selon elle, ces remplacements.

Le ministère de l’Education nationale assure que «dans la quasi-totalité des cas, [les épreuves] se sont déroulées sans aucune difficulté». Même mot d’ordre du côté du Siec (Service interacadémique des examens et concours dans les académies de Créteil, Paris et Versailles), qui reconnaît qu’«il arrive à la marge que le nombre de professeurs absents en dernière minute soit supérieur au nombre de professeurs de réserve» pouvant engendrer une attente, voire un report exceptionnel. Aux absences imprévisibles s’en ajoutent d’autres, plus évitables. Certains enseignants ont été sollicités à la fois pour évaluer le grand oral et pour des oraux de concours comme le Capet (Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique). «Des bugs liés au fait que ce ne sont pas les mêmes services qui organisent les différentes convocations», analyse Audrey Chanonat.

«Au moindre grain de sable, ça peut jouer très fort»

Samy, professeur de SES dans l’académie de Créteil, avait pris les devants. «En tant que prof de spé, j’avais préparé mes élèves à ce que ça ne se passe pas comme prévu.» Les conséquences pour les candidats ne sont pas à balayer. «Tous les élèves ne sont pas bien armés pour gérer des dysfonctionnements de dernière minute. Pour ceux qui ne savent pas bien rebondir, au moindre grain de sable, ça peut jouer très fort», s’alarme l’enseignant.

Lucie, professeure d’anglais, a été sollicitée le lundi pour le lendemain 8 heures : «Je remplaçais une prof prévenue elle-même au dernier moment et qui ne pouvait pas annuler un rendez-vous médical pris de longue date.» Une organisation bancale que le ministère, là aussi, conteste. «Toutes les convocations ont été envoyées dans les délais», écrivent-ils, rappelant que les remplaçants peuvent être «convoqués au fil de l’eau». Sébastien Volpoet s’agace que son travail mené auprès du Siec n’ait pas porté ses fruits : «Au moins un professeur de réserve par spécialité doit être sollicité par centre d’examen. Dans la réalité, on s’est aperçu que certains n’avaient personne en réserve sur certaines matières.» L’Education nationale concède que «selon les disciplines, il peut être plus difficile d’intervenir, notamment lorsqu’il s’agit [de spécialités] pour lesquelles il y a peu d’enseignants sur tout le territoire de l’académie». Le Siec avance pour l’Ile-de-France le chiffre de «8 000 enseignants convoqués dont environ 1 200 sur les commissions de réserve». Une marge visiblement insuffisante pour ne laisser aucun élève sur le carreau.

Marlène Thomas

(1) Les prénoms ont été changés.

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Bac de français 2022 : « Les femmes sont mieux prises en compte dans les œuvres au programme »

17 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Baccalaureat

Olympe de Gouges, figure de l'Histoire et emblème du féminisme

EXTRAITS

De plus en plus d’autrices sont désormais au programme du bac de français, remarque dans un entretien au « Monde » Françoise Cahen. Un réel progrès, selon cette professeure de français au lycée d’Alfortville, qui avait lancé une pétition à ce sujet en 2016.

Olympe de Gouges, Madame de La Fayette, Marguerite Yourcenar et Nathalie Sarraute : quatre autrices sont au programme du bac de français des séries générales et technologiques en 2022. En 2016, Françoise Cahen, agrégée et docteure en lettres modernes, enseignante au lycée Maximilien-Perret d’Alfortville, avait lancé une pétition, signée par quelque vingt mille personnes, pour dénoncer l’absence d’écrivaines au programme de terminale de l’ex-filière littéraire. Une initiative qui lui avait valu le soutien de la ministre de l’éducation nationale de l’époque, Najat Vallaud-Belkacem, et l’inscription au programme du bac L 2017 de La Princesse de Montpensier, une nouvelle de Madame de La Fayette. Six ans plus tard, Françoise Cahen reconnaît que les lignes ont bougé.

Olympe de Gouges, Madame de La Fayette et Marguerite Yourcenar figuraient parmi les autrices que vous mentionniez dans votre pétition il y a six ans. Elles font désormais partie du programme de français au baccalauréat. Comment percevez-vous cette évolution ?

La place des femmes a vraiment changé, elles sont mieux prises en compte. Olympe de Gouges constitue un excellent choix. Le texte étudié au programme – Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne – permet de travailler sur la notion d’égalité entre les hommes et les femmes dans la littérature. Il s’agit toutefois d’un texte court, pas très substantiel à étudier pour les élèves. Comme on ne connaît pas bien Olympe de Gouges, il me semble qu’on n’a pas osé aller vers ses pièces de théâtre. L’une d’elles, sur l’esclavage, aurait peut-être été plus riche pour le baccalauréat.

De réels efforts ont été entrepris depuis la pétition. Toutefois, les autrices citées en 2016 sont seulement un petit lot de femmes connues. On pourrait peut-être aussi faire surgir plus de femmes occultées par l’histoire littéraire. Par leurs travaux, les universitaires ont la capacité de les rendre visibles, notamment en les mettant au programme de l’agrégation, comme ils l’ont fait avec Christine de Pizan, une poétesse méconnue du Moyen Age.

Cela a permis de diffuser ses œuvres, d’enrichir les études sur elle, de l’intégrer aux cours des professeurs d’université. Aujourd’hui, de façon très concrète, on la retrouve dans nos manuels au lycée. Les universités peuvent et doivent donc nous aider à consacrer ces autrices. On multiplierait ainsi les œuvres de ces femmes susceptibles d’être au programme du baccalauréat de français.

(...)

Pensez-vous que le nouveau ministre de l’éducation nationale, Pap Ndiaye, pourra apporter une dynamique nouvelle sur ces sujets ?

Ses travaux d’universitaire et ses recherches laissent entrevoir qu’il est très sensible aux problématiques d’égalité culturelle. Je crois qu’il restera forcément quelque chose de visible de ses idées. S’il a accepté la mission, c’est qu’il estime nécessairement pouvoir agir sur ces questions. Ces sujets peuvent être tout à fait stimulants intellectuellement : ils font bouger nos références, provoquent de nouvelles rencontres entre la littérature et les élèves.

Florian Mestres

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Fortes chaleurs : comment les lycées s'organisent-ils avant les épreuves de philosophie du bac ?

15 Juin 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Baccalaureat, #Philosophie, #Education

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Salles de classe aérées toute la nuit, ventilateurs, réserves de bouteilles d'eau : avec les températures caniculaires attendues ce mercredi, les lycées se sont organisés avant l'épreuve de philosophie.

Le bac de philosophie a lieu ce mercredi 15 juin au matin, pour 523.199 candidats très exactement ! Coup d'envoi de l'épreuve à 8 heures, jusqu'à 12h. Il s'agit de la dernière épreuve écrite pour les filières générale et technologique. Les candidats auront trois sujets au choix par filière.

Mais cette année, ils devront composer avec la chaleur. Le ministère de l'Education nationale a donné des consignes pour que les chefs d'établissements veillent au maximum à protéger les salles d'examen de la chaleur et qu'ils mettent de l'eau à disposition.

Garder la fraîcheur dans les salles

Ce n'est pas la première fois que le mercure s'affole pendant des examens. En 2019, les épreuves du brevet avaient été reportées de quelques jours pour que les candidats planchent dans de meilleures conditions. Cette fois-ci, il n'a pas été envisagé de décaler le bac mais des consignes ont été adressées aux proviseurs.

Sur son site internet, le ministère de l'Education nationale a listé des recommandations. À Nice, les élèves ont l'habitude des températures élevées mais les lycées ont quand même pris des mesures pour s'adapter. Au lycée Guillaume Apollinaire, la proviseure Sylvie Pénicaut, qui est aussi représentante du syndicat des chefs d'établissements SNPDEN, raconte que les salles d'examen ont été aérées toute la nuit : "On ne refermera les fenêtres que vers huit heures, dit-elle, pour garder le maximum de fraîcheur et on a aussi acheté un à deux ventilateurs par salle, selon la taille des salles. On a essayé de faire au mieux. C'est une problématique qui va se poser de plus en plus, donc il faut prévoir."

Les épreuves de français l'après-midi

La proviseure a aussi commandé des stocks de petites bouteilles d'eau : "Les 300 candidats en auront une sur leur table en arrivant, et on passera aussi si nécessaire avec des brocs d'eau et des verres. C'est vraiment primordial qu'ils puissent s'hydrater régulièrement. On a aussi des surveillants qui sont dans les couloirs, pour permettre d'aller se rafraîchir éventuellement au lavabo si nécessaire."

Mais ce qui inquiète Sylvie Pénicaut, c'est l'épreuve de français pour les élèves de Première, qui aura lieu ce jeudi 16 juin, entre 14 heures et 18 heures : "Je vois pas comment on va pouvoir rafraîchir les salles à l'avance, fait-elle remarquer. Elles seront déjà chaudes quand les candidats vont arriver. Notre lycée est mal isolé. On est bien jusqu'à 10 heures le matin et après, il commence à faire très chaud. Alors on a essayé de mettre au maximum les élèves côté nord mais cela a une limite parce qu'on a une vingtaine de salles qui vont être occupées donc il y en a forcément qui seront côté sud."

Les proviseurs aurait préféré que le bac de français ait lieu le matin. "Maintenant qu'il y a très peu d'épreuves écrites, estime Sylvie Pénicaut, qu'elles soient organisées le matin, ce serait plus facile, il ferait plus frais, les conditions seraient plus supportables". Mais si l'après-midi a été choisi, selon le ministère de l'Education nationale, c'est pour laisser davantage de temps aux lycées pour numériser toutes les pages des copies de philosophie.

Sonia Princet

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Le bac philo de Libé: l’union (populaire) fait-elle la force ?

15 Juin 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat, #Philosophie

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En politique, la force va à la force. Il suffit d’une promesse de victoire pour que des conflits auparavant insurmontables deviennent des malentendus vite dépassés. Récemment, la gauche française apparaissait tellement désunie qu’on la donnait pour morte. Et puis, forte d’un petit miracle (le score de Jean-Luc Mélenchon), elle s’est retrouvée comme un seul homme derrière l’espoir d’une conquête. Mais si la force favorise l’union, l’union fait-elle la force ?

«La populace, disait Victor Hugo, ne fait que des émeutes. Pour faire une révolution, il faut le peuple.» L’union du peuple confère une direction à la force des gens, elle évite qu’elle ne se disperse et ne se transforme en une juxtaposition de faiblesses. Jusqu’ici, la politique est semblable à l’amour : il arrive qu’un plus un fassent davantage que deux. Etre unis, ce n’est pas seulement ajouter ses forces, c’est en découvrir de nouvelles. Le «je» s’étonne que le «nous» puisse réaliser tant de choses : s’embrasser avec fougue durant des heures ou prendre la Bastille. Il suffit parfois d’être ensemble, ou de l’être à nouveau, pour se sentir immortels. Une force qui va en sachant où elle va paraît invincible. Que peut-on contre un peuple uni et déterminé ?

Il y a pourtant des raisons de se méfier du romantisme politique. Il n’est déjà pas sûr qu’un couple, même uni, constitue un seul individu, alors un peuple… «L’union fait la force» est la devise de la Belgique, un pays dont on sait bien qu’il est traversé par des divisions culturelles et linguistiques qui le placent souvent au bord du chaos. Quand on valorise l’union pour l’union, c’est certes pour se donner du courage, mais aussi pour voiler ses faiblesses. Le risque est alors de réaliser l’union par le haut, par exemple en pensant qu’un seul homme, roi ou président, suffira à faire taire les discordes. La Boétie a sous-titré son Discours de la servitude volontaire le «Contre-un». Il visait justement cette tentation de sacrifier la liberté singulière des sujets au mythe de l’unité sociale. Au nom de la force que confère l’unité on abandonne parfois le droit. Surtout lorsque l’on se met à croire que l’union s’incarne dans un monarque, fut-il présidentiel.

C’est pourquoi il n’y a pas d’union populaire sans débats intenses sur les institutions. Une institution démocratique est justement ce qui fait tenir des individus ensemble sans nier leurs singularités : comme dans un Parlement idéal, on y recherche l’unité à travers la discussion des désaccords. L’union fait le droit autant que la force si elle est conquise à chaque instant plutôt que postulée une fois pour toutes. Spinoza, le seul philosophe classique à être authentiquement démocrate, disait qu’une multitude a moins de chances de se tromper qu’un individu isolé, ne serait-ce que parce qu’il est rare que beaucoup de personnes s’entendent «sur une seule et même absurdité». Plus on est de fous, moins on délire sur la même folie, plus il y a de chances que nos illusions se neutralisent les unes les autres. L’union populaire fait la force (Spinoza dirait plutôt la «puissance») si elle demeure toujours «nouvelle», c’est-à-dire si elle valorise le conflit.

Michael Foessel, professeur de philosophie à l’Ecole polytechnique

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"La réforme du bac est un désastre"

30 Novembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Baccalaureat

Réforme du bac : vers une orientation (trop) précoce ? - Educpros

EXTRAITS

« Le bac en mars, une mesure qui pénalise les apprentissages de nombreux lycéens »

La réforme du bac est un désastre, estime Jean-Yves Mas, professeur en sciences économiques et sociales en lycée, dans une tribune au « Monde ». Elle pénalise les plus faibles, rend le suivi des élèves plus difficile et ampute d’un tiers leur formation.

Pendant que le gouvernement et Le Figaro font la chasse au « wokisme » dans l’éducation nationale, les professeurs qui enseignent une matière de spécialité en terminale n’ont eux qu’un seul objectif : finir impérativement le programme avant le mois de mars. En effet, cette année, la réforme du lycée, dont l’application avait été perturbée par le confinement et l’épidémie de Covid-19 en 2020 et 2021, s’applique désormais pleinement en terminale, et sa mesure la plus absurde est désormais effective : les épreuves d’enseignement de spécialité auront bien lieu à la mi-mars 2022 et non fin juin comme avant la réforme.

Rappelons que dans le nouveau « bac Blanquer », les élèves choisissent deux spécialités qui comptent pour 32 % de la note finale et qui sont évaluées par un examen terminal (coefficient 16 chacune). Autrement dit, la génération 2004, après avoir subi le confinement en 2020, et eu cours les deux tiers de l’année en demi-jauge en 2021, voit sa formation amputée d’un tiers par la réforme du bac de 2022.

En effet, la prise en compte des notes du bac dans Parcoursup est une des mesures-phares de la réforme de Jean-Michel Blanquer et de Pierre Mathiot. Les années précédentes, les dossiers de Parcoursup étaient remplis à la moitié de l’année scolaire, la sélection se faisait alors sur les résultats du premier et du deuxième trimestre. En fixant le passage des spécialités au mois de mars, la réforme permet donc d’intégrer les notes des spécialités dans Parcoursup.

(...)

... le plus grave, c’est qu’en amputant d’un tiers le temps d’apprentissage global des élèves dans les disciplines censées représenter le cœur de leur formation, la réforme du bac risque de pénaliser les élèves les plus faibles, ceux qui ont le plus besoin de temps pour maîtriser certaines compétences. Quand on voit les difficultés de certains jeunes à maîtriser orthographe et expression, on ne peut que s’indigner des effets délétères de l’avancement des dates du bac sur le niveau réel des élèves.

On pense ici notamment à l’exercice de la dissertation dans certaines spécialités (sciences économiques et sociales ; histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques ; humanités, littérature et philosophie ; langues), dont l’apprentissage commence, certes, en 1re, mais qui étaient, jusqu’à présent, approfondies surtout en terminale. Seuls les élèves qui auront acquis ces savoir-faire en 1re seront donc capables de satisfaire aux exigences méthodologiques des épreuves de spécialité. C’est donc bien une mesure qui pénalisera les apprentissages de nombreux lycéens puisque ces compétences ne seront en général pas revues à l’université.

(...)

Le bilan de la réforme du bac est tout simplement désastreux : elle pénalise les élèves les plus faibles, complexifie les emplois du temps des lycéens (qui ont parfois cours de 18 heures à 19 heures), engendre des tensions supplémentaires à propos du contrôle continu, rend le suivi des élèves plus difficile et ampute d’un tiers leur formation. En assujettissant l’enseignement au lycée au dispositif de sélection Parcoursup, le ministère de l’éducation montre qu’il considère désormais que le rôle du lycée est uniquement de sélectionner les élèves et non de participer à leur formation intellectuelle. Voilà pourquoi nous estimons qu’il doit repousser les dates du bac au mois de juin et renoncer à cette réforme absurde et inutile.

Jean-Yves Mas(professeur de sciences économiques et sociales dans le secondaire)

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Réforme du bac : les profs craignent une recrudescence de tricheries avec le contrôle continu

8 Juillet 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education, #Baccalaureat

 Réforme du bac : les profs craignent une recrudescence de tricheries avec le contrôle continu

Le Conseil supérieur de l'éducation examine jeudi 8 juillet les propositions sur la réforme du bac. Mais le ministre a déjà annoncé les contours de cette nouvelle formule, qui s'appuiera sur 40% de contrôle continu, et 60% d'épreuves terminales. Les profs craignent une pratique généralisée de la tricherie.

Alors que la réforme du baccalauréat doit entrer en vigueur en septembre, le Conseil supérieur de l'éducation examine jeudi 7 juillet les textes réglementaires et les ajustements proposés par Jean-Michel Blanquer. Mais la vocation de cette instance, à laquelle participent les syndicats d'enseignants, est purement consultative. Les grandes lignes de la réforme ont d'ores-et-déjà été présentées par le Ministre de l'Education.

Débusquer les tricheurs

Dans cette nouvelle version du baccalauréat, l'acquisition du diplôme reposera sur 60% d'épreuves terminales, et 40% de contrôle continu, basé sur les bulletins scolaires de Première et Terminale. Certains professeurs y voient le risque décuplé de tricheries, comme en témoigne cette enseignante parisienne. "On a eu une classe où tous les professeurs se sont aperçus que leurs élèves avaient une manière très sophistiquée de tricher. Ils sont solidaires entre eux, se couvrent. On n'a pas les feuilles de bac, donc ils peuvent glisser un brouillon ou des notes dans une copie double.

Elle raconte aussi des élèves qui "tapotent" sur leurs téléphones portables, soigneusement dissimulés sous la table ou dans les poches de leur sweat. Pas facile pour les enseignants de repérer les mouvements suspects quand ils sont tous seuls pour surveiller une trentaine d'élèves, serrés les uns à côté des autres. 

"Comme dans toutes les classes, les élèves trichent. Les notes, ce ne sont pas nos vraies notes."

Selon cette professeure, le phénomène n'épargne pas les bons éléments. "Ils ne pensent pas forcément à mal, mais c'est vrai qu'il y a une pression collective." Effectivement, Sasha et Nawelle, toutes les deux pourtant studieuses, admettent avoir déjà cédé à la tentation. "Même moi j'ai triché, je l'avoue ! Quand le professeur sort de la classe, il y en a qui vont donner les réponses à d'autres. "  Plus subtil encore, certains lycéens s'arrangent pour être absents lors des derniers contrôles du trimestre pour ne pas risquer de faire baisser leur moyenne

Sonia Princet

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Résultats du bac 2021 : «Allez passer une année comme nous, c’est loin d’être aussi évident que ça !»

7 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Résultats du bac 2021 : «Allez passer une année comme nous, c’est loin d’être aussi évident que ça !»

Les 715 000 candidats du nouveau baccalauréat ont découvert ce mardi matin leurs résultats. Après une année scolaire éprouvante et une réforme émaillée de couacs, l’heure est au soulagement pour beaucoup d’élèves.

«Allô Papa, j’ai eu la mention ! On va appeler tout le monde au bled !» Un sourire jusqu’aux oreilles, Inès enchaîne les coups de fil ce mardi matin. Postée devant le lycée Arago, situé dans le XXe arrondissement de Paris, la jeune lycéenne est venue chercher ses résultats du baccalauréat. «Je ne pensais pas du tout avoir mon Bac ! Dans ma famille, ils commençaient tous à se faire à l’idée que je pouvais redoubler», lâche-t-elle. Inscrite en terminale générale, spécialité Géopolitique et Humanités, Inès a rejoint sa copine Mariama devant les portes de l’établissement pour profiter du moment à deux. «Moi aussi j’ai eu la mention Assez bien, je suis soulagée», explique Mariama qui avoue avoir rendu copie presque blanche à l’épreuve de philosophie.

Connexion capricieuse

Loin de la foule qui s’amasse ordinairement devant les panneaux d’affichages, des élèves qui se serrent dans les bras ou versent quelques larmes, seuls quelques candidats se pressent aujourd’hui pour accéder à leurs résultats. «On vient chercher ses résultats par classe pour éviter trop de rassemblements», explique Léane, inscrite au lycée Arago et «sous le stress d’avoir une bonne mention». Si les résultats des 715 000 candidats étaient en ligne à partir de 8h30 ce matin (10h00 pour les jeunes parisiens), la connexion capricieuse en a obligé beaucoup à se déplacer. «On est vraiment au top niveau informatique», lâche, sarcastique, le proviseur du lycée, Georges Benguigui, qui a bien dû mettre bon un quart d’heure avant d’accéder aux résultats de ses élèves sur Cyclades, le site de l’Education nationale.

Sur le tableau d’affichage, quelques bonnes surprises pour les professeures venues prendre connaissance des notes de leurs élèves. «Cette année, il fallait s’attendre à ça, ils l’ont donné à tout le monde», nuance-t-on néanmoins. Côté candidats, la remarque a le don d’agacer : «C’est injuste de parler de bac low cost, s’insurge Maroua, inscrite en terminale générale à la cité scolaire Maurice Ravel, dans le XXe arrondissement parisien. Allez passer une année comme nous, dans le flou de la réforme, avec le Covid et les cours en visio [visioconférence, ndlr], c’est loin d’être aussi évident que ça.»

Contrôle continu

Un constat partagé par Mattéo, son camarade de classe. «Suivre la physique en visio c’était vraiment difficile, on ne pouvait pas intervenir comme on voulait ou poser des questions», se remémore-t-il, clope au bec. Sans parler de la philo : «De grands moments de solitude devant mon écran», dit en riant Maroua, qui misait tout sur l’épreuve finale pour avoir la moyenne. Les aménagements prévus par le ministère de l’Education nationale autorisaient en effet les candidats à ne retenir que la meilleure note entre celle obtenue à l’épreuve et celle du contrôle continu, à condition d’avoir rendu sa copie.

Enki, de son côté, peine à cacher sa déception. Le jeune homme qui se destine à une classe préparatoire commerce espérait mieux que la mention Assez bien : «C’est à cause du contrôle continu ça, justifie-t-il. Avec les résultats que j’ai eus cette année, je ne pouvais pas espérer mieux.» Covid oblige, plusieurs examens sur table ont dû être annulés cette année, portant à près 82 %, la part du contrôle continu dans la note finale des candidats au bac général et technologique.

A 11h30, personne n’a pu avoir accès au détail de ses notes mais la perspective des vacances suffit à redonner le sourire à Maroua : «De toute façon, moi, la mention, je m’en fiche. C’était pour mes parents, pour qu’ils puissent se la péter devant leurs amis !»

Julie Richard

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Les bacheliers 2021 en ont marre d'entendre que leur bac ne vaut rien (et ils ont raison)

6 Juillet 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Baccalaureat

Les bacheliers 2021 en ont marre d'entendre que leur bac ne vaut rien (et ils ont raison)

EXTRAIT

Nombre d'entre eux ne voient plus cet examen comme une fin en soi, mais comme une porte d'accès vers les études supérieures.

C'est le rite de passage par excellence: l'obtention du baccalauréat. Alors que les résultats tombent ce mardi, que pensent vraiment les lycéens et lycéennes de ce diplôme si décrié, régulièrement accusé d'être sans valeur et trop facile? Pour Yohan, lycéen à Grenoble, le bac n'est plus aussi intimidant que pour les générations précédentes: «Quand j'étais en primaire ou au collège, le bac, c'était le Graal, ça nous paraissait très compliqué à avoir. Au fil du temps, quand j'ai compris que le plus important, c'était l'après-bac, j'ai commencé à voir l'examen comme une étape obligée, un ticket d'entrée pour les études supérieures», explique le jeune homme qui entamera l'an prochain une classe préparatoire scientifique.

«Bien sûr que le bac est important à mes yeux, et pour la plupart de mes amis, renchérit Nesrine qui a obtenu son sésame l'année dernière à Perpignan. On nous en parle quasiment tous les jours depuis la seconde alors évidemment qu'on veut l'avoir! Mais c'est vrai que je sentais mes parents presque plus investis que moi. Pour eux, c'est vraiment LE diplôme, alors que, personnellement, je serai bien plus fière de moi si je décroche un master ou un doctorat, par exemple.»

Le baccalauréat n'est plus une fin en soi. Pour Charles Hadji, professeur honoraire en sciences de l'éducation à l'université Grenoble Alpes et spécialiste de l'évaluation des élèves, même s'il a un peu perdu de sa superbe au fil des années, le bac demeure toujours très important, tant d'un point de vue académique que d'un point de vue social: «Les lycéens sont toujours heureux de réussir cet examen et de faire la joie de leur famille, et continuent de s'y préparer, pour la plupart, avec beaucoup de sérieux.»

Un enjeu académique, social et festif

Beaucoup de sérieux, mais tout de même un peu moins d'anxiété que leurs aînés, comme le raconte Mathilde, 27 ans, bachelière en 2011. «Pour moi, le bac, c'était une montagne, je m'en rendais malade, et pourtant, j'étais bonne élève! Mais mon petit frère Théo n'était pas si angoissé que ça, il a révisé mais sans plus, sans pression.»

«Honnêtement, j'étais plus stressé pour l'examen du code de la route, affirme le petit frère en question, âgé de 18 ans. Le jour des épreuves du bac, j'étais détendu, je savais que, comme j'avais bien bossé et que mes notes de l'année étaient plutôt bonnes, je n'avais pas trop à m'en faire.» Il reconnaît cependant être un peu anxieux à l'approche des résultats, dévoilés ce mardi matin. «L'idée de ne pas passer à l'étape d'après, de devoir refaire une année de terminale, forcément, ça fait un peu peur. Et puis, pour toute ma famille, c'est un événement, je ne veux pas les décevoir.»

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Audrey Renault

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Couac Les bacheliers d’Ile-de-France auront-ils leurs résultats du bac à temps

4 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Couac Les bacheliers d’Ile-de-France auront-ils leurs résultats du bac à temps

A cause de problèmes techniques, les professeurs de la région convoqués pour les jurys d’harmonisation des notes n’ont pas encore pu faire leur travail alors que les résultats du bac doivent être annoncés mardi.

Leur mobilisation est sans doute à la hauteur du «chaos» décrit par les professeurs. Habituellement sur la réserve, les directeurs d’établissement d’Ile-de-France tirent cette fois la sonnette d’alarme «face au fiasco des examens 2021». Leur principal syndicat, le SNPDEN, appelle ses troupes à se rassembler ce lundi devant la Maison des examens (le Siec) à Arcueil, dans le Val-de-Marne, qui gère les académies de Paris, Versailles et Créteil. «Il s’agit d’un mouvement d’humeur pour dire que l’organisation, avec des retards et des dysfonctionnements très importants, n’est pas à la hauteur de cette session du bac», explique Sébastien Volpoet, secrétaire académique du Siec en Ile-de-France.

Après de nombreux problèmes liés à l’organisation du grand oral et des copies mal numérisées en philo, ça coince en effet désormais du côté des jurys d’harmonisation et de délibération en Ile-de-France. Ces derniers devaient se tenir ce mardi et ce jeudi et n’ont finalement pas eu lieu.

Trois étapes clés pour harmoniser les notes

Une fois les épreuves terminales passées, les professeurs convoqués pour ces jurys doivent harmoniser les notes, pour plus d’équité entre les élèves. Ses notes comprennent en majorité celles du contrôle continu qui compte pour 82% de la note finale du bac cette année. Tout doit être réalisé en trois étapes : l’harmonisation d’abord, pendant laquelle des professeurs de différentes disciplines vérifient que les élèves n’ont pas été sous notés ou sur notés. Les jurys observent pour cela les notes des années précédentes par lycée pour s’assurer qu’il n’y a pas de gros décalage qui pourrait poser question.

Deuxième étape : la délibération durant laquelle les jurys étudient les situations une par une en observant les notes des livrets scolaires. «Si un élève a 9,99 et qu’on voit dans son dossier qu’il a fait des efforts toute l’année, on peut augmenter sa note à 10», illustre Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. Enfin, troisième étape, celle de la délibération finale qui réunit, par département, les vice-présidents des jurys pour valider les résultats avant leur proclamation.

Mais cette année, rien ne s’est déroulé comme prévu. Nina (1), professeure de maths, est vice-présidente de jury. Comme tous les professeurs convoqués pour l’harmonisation, elle s’est rendue ce mardi dans son centre d’examen. Mais en arrivant sur place, «le logiciel qui nous permet d’harmoniser les notes ne fonctionnait pas. On nous a demandé de partir à 10h30, de revenir à 14h30 mais ça ne marchait toujours pas», déplore-t-elle. Ce jeudi, elle devait assister au jury de délibération qui a été annulé la veille pour être reporté au vendredi. Et ce vendredi, il a encore été décalé à lundi… la veille de la proclamation des résultats du bac. Dans un message adressé aux chefs de centre de délibération, le service interacadémique des examens et concours (Siec) attribue ce contretemps aux profs : «A la suite du retard dans la restitution de copies de certains correcteurs, les bascules de notes et leur nécessaire traitement sont en cours de finalisation.»

«Quand il y a un problème, c’est toujours la faute des profs ! s’insurge José (1), professeur d’histoire-géo à Paris et membre de jury d’harmonisation. Mais la raison de ce retard est purement technique : on a eu tout un tas de problèmes avec le logiciel Santorin sur lequel on corrige et enregistre les notes.» Contacté par Libération, le centre des examens d’Ile-de-France admet que ce nouvel outil, comme les aménagements du bac 2021, a été mis en place «dans un laps de temps très court». Or, c’est une énorme machine «avec plus de 110 000 candidats» au bac à gérer, ce qui expliquerait pourquoi ça coince.

Le Siec assure qu’il y aura bien deux réunions d’harmonisation et de délibération ce lundi. «Mais comment voulez-vous qu’on fasse en un seul jour ce qu’on était censés faire en deux jours ? s’inquiète Nina. J’ai peur qu’on ne se concentre que sur l’harmonisation de masse alors que c’est très important de faire du cas par cas. Encore plus après cette année pendant laquelle les élèves n’ont pas du tout travaillé dans les mêmes conditions.»

Après avoir envisagé de faire grève, Nina compte finalement aller jusqu’au bout «pour vérifier que les élèves ne sont pas lésés». José, lui, ne sait pas encore ce qu’il fera. Il ne supporte plus d’être prévenu à la dernière minute et d’être «corvéable à merci». Comme ses collègues, une question le taraude : «Est-ce que les notes du bac pourront être délivrées mardi ?» «Oui», répondent le Siec et le ministère de l’Education nationale joints par Libération. Mais les profs d’Ile-de-France en doutent. «Ou alors, ça se fera au détriment des élèves», assure José.

Cécile Bourgneuf

(1) Le nom a été modifié.

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