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Vivement l'Ecole!

art

Sortir... La collection Alana célébrée au Musée Jacquemart-André à Paris...

25 Octobre 2019 , Rédigé par Divers Publié dans #Art

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Sortir... "Les Justes" - Albert Camus - Adaptation d'Abd al Malik/Théâtre du Châtelet - Paris

5 Octobre 2019 , Rédigé par Youtube - Huffington Post Publié dans #Education, #Art

Extrait de l'Acte II

Tous regardent kaliayev qui lève les yeux vers Stepan.

Kaliayev, égaré.
Je ne pouvais pas prévoir... Des enfants, des enfants surtout. As-tu regardé des enfants ? Ce regard grave qu'ils ont parfois... Je n'ai jamais pu soutenir ce regard... Une seconde auparavant, pourtant dans l'ombre, au coin de la petite place, j'étais heureux. Quand les lanternes de la calèche ont commencé à briller au loin, mon coeur s'est mis à battre de joie, je te le jure. Il battait de plus en plus fort à mesure que le roulement de la calèche grandissait. Il faisait tant de bruit en moi. J'avais envie de bondir. Je crois que je riais. Et je disais "oui, oui"... Tu comprends?

Il quitte Stepan du regard et reprend son attitude affaisée.

J'ai couru vers elle. C'est à ce moment que je les ai vus. Ils ne riaient pas, eux. Ils se tenaient tout droits et, regardaient dans le vide. Comme ils avaient l'air triste ! Perdus dans leurs habits de parade, les mains sur les cuisses, le buste raide de chaque coté de la portière ! Je n'ai pas vu la grande duchesse. Je n'ai vu qu'eux. S'ils m'avaient regardé, je crois que j'aurais lancé la bombe. Pour éteindre au moins ce regard triste. Mais ils regardaient toujours devant eux.
Il lève les yeux vers les autres. Silence. Plus bas encore.
Alors je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Mon bras est devenu faible. Mes jambes tramblaient. Une seconde après, il était trop tard. (Silence. Il regarde à terre.) Dora, ai-je rêvé, il m'a semblé que les cloches sonnaient à ce moment là ?

Dora
Non, Yanek, tu n'as pas rêvé.

Elle pose la main sur son bras. Kaliayev relève la tête et les voit tous tournés vers lui. Il se lève.

Kaliayev
Regardez-moi, frères, regardes moi Boria, je ne suis pas un lâche, je n'ai pas reculé. Je ne les attendais pas. Tout s'est passé trop vite. Ces deux petits visages sérieux et dans ma main, ce poids terrible. C'est sur eux qu'il fallait le lancer. Ainsi. Tout droit. Oh non ! Je n'ai pas pu.

Il tourne son regard de l'un à l'autre.

Autrefois, quand je conduisais la voiture, chez nous en Ukraine, j'allais comme le vent, je n'avais peur de rien. De rien au monde, sinon de renverser un enfant. J'imaginais le choc, cette tête frêle frappant la rout, à la volée...

Il se tait.

Aidez-moi...

Silence.

Les Justes - Albert Camus

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Sortir... "Degas à l'Opéra" - 24 septembre - 19 janvier 2020/Musée d'Orsay - Paris

1 Octobre 2019 , Rédigé par Musée d'Orsay - Liberation Publié dans #Education, #Art

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Sortir... Exposition Francis Bacon - Centre Pompidou - Ou quand la peinture se nourrit de litérature...

17 Septembre 2019 , Rédigé par Divers Publié dans #Art

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A lire... Les femmes artistes sont dangereuses - Laure Adler et Camille Viéville

13 Septembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Art

Les femmes artistes sont dangereuses

«On ne naît pas artiste mais on le devient. Du plus loin qu'on s'en souvienne, l'histoire de l'art a été pensée, écrite, publiée, transmise par des hommes. Et quand on est née femme, être artiste, le prouver, y avoir accès, produire, montrer, continuer à le demeurer est un combat permanent, dangereux, épuisant physiquement, intellectuellement et psychiquement. Le temps semble aujourd'hui propice pour revisiter et regarder autrement les créations de celles qui ont eu le courage de défier les règles pour assouvir leur vocation.» Laure Adler.

 

Pour feuilleter le livre, c'est ci-dessous

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Sortir... Exposition "Divine Marilyn" - Galerie Joseph, 116 rue de Turenne, Paris 3e...

24 Août 2019 , Rédigé par France Info Publié dans #Art

La beauté et la fragilité de Marilyn Monroe vues par André de Dienes, Sam Shaw, Milton Greene et Bert Stern. L’exposition Divine Marilyn regroupe les photos de ces quatre grands noms de la photographie. Un événement culturel à voir jusqu’au 22 septembre.

Après Steve McQueen ou encore Johnny Hallyday, c’est au tour de Marilyn Monroe d’investir les murs de la galerie Joseph. Une nouvelle exposition plonge le visiteur dans l’intimité de l'actrice américaine des années 1950-60, de son enfance à sa dernière séance de pose quelques semaines avant sa mort.

Des premiers clichés d'André de Dienes  à la célèbre photo de Sam Shaw

En visitant l'exposition, le public assiste à la métamorphose de la jeune Norma Jeane Baker sous l’objectif d’André de Dienes. Le photographe américano-hongrois fut, en 1945,  l’un des premiers à photographier Marilyn, à l’époque jeune mannequin âgée de 19 ans. C’est lui qui immortalisera la transformation physique de la jeune femme qui passe, en quelques mois, de la midinette à la femme fatale. Des photos de mode aujourd’hui cultes. 

Devenue une star du cinéma, Marilyn rencontre Sam Shaw. Il la suivra tout au long de sa carrière sur les plateaux de tournage et signera l’une des photos les plus célèbres du 7e art : Marilyn en robe blanche sur la bouche de métro à l’occasion du tournage de Sept ans de réflexion.

Marilyn, femme fragile sous l'objectif de Milton Greene 

Autre photographe qui a compté dans la vie de l’actrice, Milton Greene. Comme ses confrères, il devient un ami. L’exposition Divine Marilyn montre d’ailleurs des clichés de Marilyn avec le fils du photographe.

"Là, c’est moi, en train de donner à boire à Marilyn. Ici, c’est en Californie pendant le tournage du film Bus stop, je devais avoir trois ans."

Joshua Greene, fils du photographe Milton Greene

Milton Green est l’un des rares photographes à avoir regardé Marilyn Monroe non pas comme un sex-symbol mais comme une femme naturelle, spontanée, souvent mélancolique. C’est d’ailleurs lui qui l’incite à quitter Hollywood et à monter sa propre société de production. Il réalisera plus de 5000 clichés de la star. Certains ont failli disparaître à jamais. 

"Ce que les gens ignorent, c’est que la plupart des photos couleurs que mon père a prises de Marilyn Monroe ont été détruites parce qu’elles n’avaient pas été conservées correctement. Beaucoup de photos exposées ici ont été réintroduites dans les années 1990-2000, lorsque que j’ai pu digitaliser tout ce travail et lui redonner vie." 

Joshua Greene,fils du photographe Milton Greene

La dernière séance avec Bert Stern 

Comme Milton Green, Bert Stern s’est plus intéressé à la femme et à ses failles, qu’à la star. Il photographiera Marilyn quelques semaines avant sa mort. 

"Bert Stern lui demande de ne pas être maquillée ou très peu. Elle se livre à lui d’une façon absolument incroyable. Cela génère des photos où l’on découvre un visage d’une grande fragilité. "

Ghislaine Rayer, commissaire de l'exposition

Ce shooting, appelé La dernière séance, dura près de trois jours. Bert Stern pris quelques 2500 clichés. Des photos qui ont immortalisé à jamais la véritable Marilyn.

Véronique Dalmaz

L'exposition "Divine Marilyn" est à découvrir jusqu'au 22 septembre 2019 à la Galerie Joseph (116 rue de Turenne, 75003 Paris).  Tous les jours de 11h à 20h, y compris les jours fériés, nocturnes les vendredis et samedis jusqu’à 22h.

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A Lire... Sollers en peinture - Une contre-histoire de l'art - Ed Tinbad (+ video)

1 Août 2019 , Rédigé par RCJ - Pileface Publié dans #Littérature, #Art

A Lire... Sollers en peinture - Une contre-histoire de l'art - Ed Tinbad (+ video)
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"Demain ne peut attendre, redonnons toute leur place à l'art et la culture en Europe"

29 Avril 2019 , Rédigé par JDD Publié dans #Art, #Culture

"Demain ne peut attendre, redonnons toute leur place à l'art et la culture en Europe"

Dans un texte, cosigné par Raphaël Glucksmann et Olivier Faure, respectivement tête de liste PS-Place publique aux européennes et patron du PS, des élus socialistes estiment qu'il y a aussi une "urgence culturelle" et qu'elle doit être évoquée dans le débat européen.

"À l’approche des élections européennes, l’art et la culture seraient une fois encore les grands absents des débats? Soyons ceux qui portent fièrement l’émancipation, l’humanisme, la fraternité, la solidarité, la poésie dans le discours politique, car ce sont ces principes qui sont essentiels pour donner tout son sens à la construction de l’Europe. Mieux, ils sont le garant d’une ouverture aux idées nouvelles, dans l’accélération des mutations que nous vivons. Ils donnent des outils et des espaces de réflexion pour déformater nos regards et libérer notre imagination dans nos visions d’une Europe 'réenchantée'.

Il y a urgence!

Il est temps d’inventer cette coopération nécessaire entre le monde intellectuel, les artistes et les experts au niveau européen. Notre continent se perd dans des querelles stériles, pris en tenaille entre les tenants du populisme d’un côté et les défenseurs du statu quo néolibéral de l’autre. Les premiers cherchent à instaurer un nouvel ordre menaçant les libertés et la démocratie. Les seconds s’érigent en rempart pour mieux continuer d’exploiter la planète et les populations, s’arrangeant au passage pour décrédibiliser tout projet alternatif. L’urgence est climatique et sociale, elle est aussi idéologique et donc culturelle.

L’idée européenne est bousculée, critiquée, niée. Les populistes la fustigent, pointant ses échecs pour mieux entonner le chant qui est le leur, le rejet de l'autre, soit la fermeture des frontières et le refus d'accueillir les étrangers. Les libéraux, eux, détournent les fondamentaux et négligent les valeurs visées par la construction européenne. Ils ne voient en l’Europe qu’un grand marché pour mieux asseoir la puissance des lobbies financiers. Trop longtemps la politique libérale et l’austérité ont dominé le continent. Or cela ne profite qu’à quelques-uns quand tous doivent se sentir européens. D’autres alternatives existent.

Dans ce contexte rendu critique par les crises multiples qui agitent le monde, rappelons les réussites de l’Union européenne, à commencer par le fait que nous avons construit une Institution politique enviée, et même jalousée, par les autres continents. Ces succès s’appuient sur un terreau culturel commun, travaillé des mêmes valeurs et des mêmes élans libérateurs. Notre histoire commune et notre diversité, notre diversité culturelle sont notre force. Nous devons continuer de l’irriguer par la création artistique, par le travail de l’esprit allié au génie de la main et à celui des corps.

Le monde culturel revendique pour les peuples l’émancipation, la justice sociale et la paix. Si l’Union Européenne s’est faite d’abord sur la dimension économique et l’équilibre des marchés, assurant une première forme de stabilité, elle doit revenir aujourd’hui sur ses fondamentaux : c’est par la culture et avec la fierté de placer la culture comme l’élément structurant de notre avenir qu’une nouvelle étape, à laquelle nous aspirons tous, peut advenir. La conscience des luttes à mener est maintenant établie, passons au temps des mobilisations et de l’action pour mettre en œuvre une Europe qui s’invente autrement, tournée vers les femmes et les hommes, une Europe qui a une histoire, des histoires, l’Europe de la culture.

Souvenons-nous, au moment où sont célébrés les 500 ans de la Renaissance, que l’Europe humaniste s’est façonnée sous l’impulsion de la création artistique. L’accès à l’art, la circulation des œuvres et les lieux de diffusion sont les moyens remarquables de faire vivre aussi les valeurs européennes pour que chacun en ait une expérience intime sur tous les territoires. La culture joue un rôle irremplaçable dans l’ouverture à l’autre, la découverte, le partage, l’hospitalité. Elle permet à chacun d’avoir une conscience de sa propre histoire et porte l’altérité. Elle est aussi une force contre l’oppression et l’obscurantisme. Elle a déjà montré sa volontaire implication dans le dialogue interculturel, l’accueil et l’intégration des réfugiés, participant pleinement à la définition de la société de demain.

La culture est le point de départ de nos questionnements en ce qu’elle nous confronte à d’autres manières de voir, de concevoir le monde ; elle nous bouscule dans nos routines et dans nos préjugés, en nous poussant à avancer et à créer. Une société qui se prive de cette dynamique essentielle s’appauvrit et se condamne à la stérilité.

L’espoir européen est beaucoup plus ambitieux. L’Europe n’appartient pas aux multinationales, aux géants du numérique, aux marchés internationaux et aux règlements complexes, elle appartient aux citoyens.

Cela nécessite des choix politiques qui affirment le rôle central des artistes comme de l’action culturelle, qui posent la recherche du lien social comme prioritaire et qui reconnaissent à chaque être humain sa dignité et la capacité de faire des choix et de trouver sa place.

Alors poursuivons avec fierté les combats culturels d’avenir en augmentant l’accès au programme Europe créative, au programme Erasmus+ pour le secteur culturel, en garantissant un statut et une juste rémunération aux artistes et aux créateurs européens, en soumettant les GAFAM à leur responsabilité, en faisant de la protection et de la mise en valeur du patrimoine européen un axe transversal de nos politiques… L’émotion générale suscitée par l’incendie foudroyant de Notre-Dame de Paris, symbole de la culture européenne, est la preuve tragique de ce commun qui nous rassemble.

Rappelons-nous les mots de Victor Hugo qui chérissait lui-même l’idée d’Europe : 'Le temps presse, l’humanité n’a pas une minute à perdre.' Il est urgent de considérer la culture comme le ciment de l’unité européenne."

Premiers signataires : Karine Gloanec Maurin (députée européenne), Raphaël Glucksmann (co-fondateur de Place publique, tête de liste d’Envie d’Europe "écologique et sociale" aux élections européennes), Olivier Faure (député de Seine-et-Marne et Premier secrétaire du Parti socialiste), Sylvie Guillaume (députée européenne, vice présidente du Parlement européen), Eric Andrieu (député européen, vice président du groupe de l’alliance progressiste des sociaux-démocrates), Silvia Costa (députée européenne, présidente de la commission culturelle du Parlement européen), Eider Gardiazabal Rubial (députée européenne, membre de la commission culturelle), Virginie Rozière (députée européenne), Julie Ward (députée européenne), Patrick Kanner (sénateur du Nord, président du groupe socialistes et apparentés au Sénat), David Assouline (sénateur de Paris), Sylvie Robert (sénatrice d’Ille et Vilaine), Dominique Potier (député de Meurthe-et-Moselle), Boris Vallaud (député des Landes), Jean-Patrick Gille (conseiller régional du Centre-Val de Loire), Pernelle Richardot (conseillère régionale, présidente du groupe socialiste Grand Est), Olivier Bianchi (maire de Clermont-Ferrand, secrétaire national à la culture du Parti socialiste), Juliette Mant (maire adjointe d’Arcueil), Nora Mebarek (conseillère municipale d’Ales), Vincent Tison (conseiller métropolitain-Tours Métropole Val de Loire), Jacques Renard (ancien membre de cabinet ministériel pour la culture)...

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Initier les enfants à l’art, une mission pas impossible...

28 Avril 2019 , Rédigé par Telerama Publié dans #Education, #Art

Initier les enfants à l’art, une mission pas impossible...

EXTRAIT

Par quoi commencer ? Que faut-il dire, expliquer ? A partir de quel âge peut-on emmener les enfants au musée ? Marie Sellier auteure d’une quarantaine de livres d’initiation à l’art répond à nos questions.

Considérons les premières étapes franchies. Oui, il faut initier les enfants à l’art dès le plus jeune âge. Non, ça ne se fera pas tout seul. Oui, c’est bien de les emmener au musée ou à une exposition. Ok, je me lance. Reste un problème de taille : la perspective apparaît souvent anxiogène, voire prend carrément des allures de parcours du combattant. Il suffit de s’imaginer un samedi après-midi dans le hall bondé du Louvre, les enfants électriques, l’ambiance surchauffée et toutes ces œuvres en embuscade. Par quoi commencer ? Quel chemin choisir ? J’emmène le petit avec la grande ou vaut mieux séparer les visites ?

Si l’on veut bien être honnête, la difficulté vient ainsi d’abord des adultes eux-mêmes. Pas vraiment experts, pour la plupart, en histoire de l’art, ils tremblent à l’idée du discours à tenir devant tel ou tel tableau ou, pire, telle installation contemporaine. La Dentellière, c’est quel peintre déjà ? Véronèse, quel siècle ? Miró, quel mouvement ? Que faut-il dire, expliquer, raconter ? Leurs souvenirs d’interminables visites de musées quand ils étaient petits pèsent également une tonne. L’expérience les avait dégoûtés pour un bon moment.

Marie Sellier, auteure d’une quarantaine de livres d’initiation à l’art, a eu la chance d’échapper à cette malédiction grâce à une grand-mère bonne fée, qui l’a prise très tôt par la main pour lui faire découvrir en douceur la beauté des œuvres. En 1992, elle créait la collection « L’enfance de l’art » à la Réunion des Musées nationaux. Depuis, elle n’a cessé de rencontrer des enfants à travers animations scolaires et ateliers. Son expérience est précieuse.

“Ne pas leur asséner des dates, des noms de mouvements en ‘isme’”

« Tout commence par la peur des adultes, cette espèce de trouille de celui qui se sent exclu d’un monde dont les codes lui échappent. Je suis toujours étonnée du nombre de personnes qui me disent : “L’art, je n’y connais rien.” Ou des enseignants qui se rabattent sur le français ou les maths en lieu et place de l’initiation artistique qu’ils craignent de ne pas maîtriser. La démarche, pourtant, est d’abord sensible, ouverte à tous, il suffit d’ouvrir les yeux, sans préjugés. De laisser venir les émotions. Mais la plupart des gens qui se sentent à l’écart ne s’autorisent même pas à regarder l’œuvre d’art. Il faut donc saisir les enfants avant qu’ils soient contaminés par cette grande peur et leur montrer des œuvres. Ne pas jargonner, ne pas leur asséner des dates, des noms de mouvements en “isme”. Les mettre par exemple devant Les Nymphéas, de Monet, sans leur infliger toute la vie du peintre. Les laisser barboter, s’imprégner de la beauté de l’œuvre, parce que l’art, c’est ça, une œuvre n’existe que par le regard qu’on porte sur elle. Dans un premier temps, peu importe que l’artiste ait vécu à telle ou telle époque. Les adultes comme les enfants n’ont aucune raison d’avoir peur. »

“Les enfants ont le droit de ne pas être sensibles à Rembrandt par exemple.“

« On peut initier les enfants à l’art le plus tôt possible. Je suis émerveillée par la capacité des bébés à saisir ce qui les entourent, en particulier à sentir la beauté des reproductions qu’on leur présente. C’est incroyable ce qu’une œuvre d’art peut dire aux enfants. Elle n’est pas raisonnable, elle exprime autre chose du monde que les enfants entendent. Elle est intouchable, existe par elle-même, on ne peut rien lui ajouter ni rien lui enlever. Sa beauté est de l’ordre du sacré, et les tout-petits y sont parfaitement sensibles. Plus tard, à l’adolescence, la démarche sera plus difficile si elle n’a eu aucun précédent, car toutes les barrières sont alors installées qui éloignent de l’art. En particulier toutes ces injontions écrasantes, ceci est beau, cela ne l’est pas, cet artiste est reconnu, il faut l’aimer. Je suis désolée, mais les enfants ont le droit de ne pas être sensibles à Rembrandt par exemple. A 8 ans, il ne m’intéressait guère, je préfèrais des tableaux plus anecdotiques à ses grands portraits qu’aujourd’hui je place au sommet. A l’époque, j’aimais beaucoup La Mort de Sardanapale, de Delacroix, ces chevaux hennissants, ces femmes agonisantes, ces voiles qui volaient. Et pourquoi pas ? »

(...)

Propos recueillis par Michel Abescat

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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