Le ministère de l’Action et des Comptes publics a décidé d’appliquer un gel de précaution de 3% sur le budget 2018. Logiquement, a priori, la culture ne fait pas exception. Mais Emmanuel Macron, alors candidat à l’élection présidentielle, s’étant naguère engagé dans sa campagne à protéger ce budget, l’annonce a fait grincer des dents. Six présidents des associations de structures publiques (Centres dramatiques nationaux, Centres chorégraphiques nationaux, Territoires de cirque…) ont ainsi prix leur plume pour dénoncer une telle décision qui ne fait, selon eux, qu’accentuer «une tension toujours croissante qui s’exerce, année après année, sur l’ensemble des équipes employées par les structures culturelles publiques».

Dans un communiqué daté du 6 juin, les signataires demandent au président de la République et au Premier ministre de prononcer «de toute urgence et avant l’ouverture du Festival d’Avignon [le 6 juillet, ndlr] la levée du gel du budget de la culture». Prédisant, en cas de refus de lever ce gel de précaution (estimé à quelque 20 millions d’euros), des «emplois menacés dès la rentrée», «des déficits structurels inévitablement provoqués» et «des actions en direction des publics (notamment scolaires) nécessairement supprimées», les associations coalisées glissent également dans leur texte une phrase sibylline que d’aucuns pourraient interpréter comme une menace imminente, compte tenu de l’actualité saisonnière toujours hyper chargée : «Les festivals de cet été ne sauraient se dérouler sereinement alors même que l’ensemble des acteurs culturels publics n’est aujourd’hui plus en mesure de garantir le bon fonctionnement de leurs établissements dès la rentrée du mois de septembre.»

Gilles Renault