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Vivement l'Ecole!

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"Demain ne peut attendre, redonnons toute leur place à l'art et la culture en Europe"

29 Avril 2019 , Rédigé par JDD Publié dans #Art, #Culture

"Demain ne peut attendre, redonnons toute leur place à l'art et la culture en Europe"

Dans un texte, cosigné par Raphaël Glucksmann et Olivier Faure, respectivement tête de liste PS-Place publique aux européennes et patron du PS, des élus socialistes estiment qu'il y a aussi une "urgence culturelle" et qu'elle doit être évoquée dans le débat européen.

"À l’approche des élections européennes, l’art et la culture seraient une fois encore les grands absents des débats? Soyons ceux qui portent fièrement l’émancipation, l’humanisme, la fraternité, la solidarité, la poésie dans le discours politique, car ce sont ces principes qui sont essentiels pour donner tout son sens à la construction de l’Europe. Mieux, ils sont le garant d’une ouverture aux idées nouvelles, dans l’accélération des mutations que nous vivons. Ils donnent des outils et des espaces de réflexion pour déformater nos regards et libérer notre imagination dans nos visions d’une Europe 'réenchantée'.

Il y a urgence!

Il est temps d’inventer cette coopération nécessaire entre le monde intellectuel, les artistes et les experts au niveau européen. Notre continent se perd dans des querelles stériles, pris en tenaille entre les tenants du populisme d’un côté et les défenseurs du statu quo néolibéral de l’autre. Les premiers cherchent à instaurer un nouvel ordre menaçant les libertés et la démocratie. Les seconds s’érigent en rempart pour mieux continuer d’exploiter la planète et les populations, s’arrangeant au passage pour décrédibiliser tout projet alternatif. L’urgence est climatique et sociale, elle est aussi idéologique et donc culturelle.

L’idée européenne est bousculée, critiquée, niée. Les populistes la fustigent, pointant ses échecs pour mieux entonner le chant qui est le leur, le rejet de l'autre, soit la fermeture des frontières et le refus d'accueillir les étrangers. Les libéraux, eux, détournent les fondamentaux et négligent les valeurs visées par la construction européenne. Ils ne voient en l’Europe qu’un grand marché pour mieux asseoir la puissance des lobbies financiers. Trop longtemps la politique libérale et l’austérité ont dominé le continent. Or cela ne profite qu’à quelques-uns quand tous doivent se sentir européens. D’autres alternatives existent.

Dans ce contexte rendu critique par les crises multiples qui agitent le monde, rappelons les réussites de l’Union européenne, à commencer par le fait que nous avons construit une Institution politique enviée, et même jalousée, par les autres continents. Ces succès s’appuient sur un terreau culturel commun, travaillé des mêmes valeurs et des mêmes élans libérateurs. Notre histoire commune et notre diversité, notre diversité culturelle sont notre force. Nous devons continuer de l’irriguer par la création artistique, par le travail de l’esprit allié au génie de la main et à celui des corps.

Le monde culturel revendique pour les peuples l’émancipation, la justice sociale et la paix. Si l’Union Européenne s’est faite d’abord sur la dimension économique et l’équilibre des marchés, assurant une première forme de stabilité, elle doit revenir aujourd’hui sur ses fondamentaux : c’est par la culture et avec la fierté de placer la culture comme l’élément structurant de notre avenir qu’une nouvelle étape, à laquelle nous aspirons tous, peut advenir. La conscience des luttes à mener est maintenant établie, passons au temps des mobilisations et de l’action pour mettre en œuvre une Europe qui s’invente autrement, tournée vers les femmes et les hommes, une Europe qui a une histoire, des histoires, l’Europe de la culture.

Souvenons-nous, au moment où sont célébrés les 500 ans de la Renaissance, que l’Europe humaniste s’est façonnée sous l’impulsion de la création artistique. L’accès à l’art, la circulation des œuvres et les lieux de diffusion sont les moyens remarquables de faire vivre aussi les valeurs européennes pour que chacun en ait une expérience intime sur tous les territoires. La culture joue un rôle irremplaçable dans l’ouverture à l’autre, la découverte, le partage, l’hospitalité. Elle permet à chacun d’avoir une conscience de sa propre histoire et porte l’altérité. Elle est aussi une force contre l’oppression et l’obscurantisme. Elle a déjà montré sa volontaire implication dans le dialogue interculturel, l’accueil et l’intégration des réfugiés, participant pleinement à la définition de la société de demain.

La culture est le point de départ de nos questionnements en ce qu’elle nous confronte à d’autres manières de voir, de concevoir le monde ; elle nous bouscule dans nos routines et dans nos préjugés, en nous poussant à avancer et à créer. Une société qui se prive de cette dynamique essentielle s’appauvrit et se condamne à la stérilité.

L’espoir européen est beaucoup plus ambitieux. L’Europe n’appartient pas aux multinationales, aux géants du numérique, aux marchés internationaux et aux règlements complexes, elle appartient aux citoyens.

Cela nécessite des choix politiques qui affirment le rôle central des artistes comme de l’action culturelle, qui posent la recherche du lien social comme prioritaire et qui reconnaissent à chaque être humain sa dignité et la capacité de faire des choix et de trouver sa place.

Alors poursuivons avec fierté les combats culturels d’avenir en augmentant l’accès au programme Europe créative, au programme Erasmus+ pour le secteur culturel, en garantissant un statut et une juste rémunération aux artistes et aux créateurs européens, en soumettant les GAFAM à leur responsabilité, en faisant de la protection et de la mise en valeur du patrimoine européen un axe transversal de nos politiques… L’émotion générale suscitée par l’incendie foudroyant de Notre-Dame de Paris, symbole de la culture européenne, est la preuve tragique de ce commun qui nous rassemble.

Rappelons-nous les mots de Victor Hugo qui chérissait lui-même l’idée d’Europe : 'Le temps presse, l’humanité n’a pas une minute à perdre.' Il est urgent de considérer la culture comme le ciment de l’unité européenne."

Premiers signataires : Karine Gloanec Maurin (députée européenne), Raphaël Glucksmann (co-fondateur de Place publique, tête de liste d’Envie d’Europe "écologique et sociale" aux élections européennes), Olivier Faure (député de Seine-et-Marne et Premier secrétaire du Parti socialiste), Sylvie Guillaume (députée européenne, vice présidente du Parlement européen), Eric Andrieu (député européen, vice président du groupe de l’alliance progressiste des sociaux-démocrates), Silvia Costa (députée européenne, présidente de la commission culturelle du Parlement européen), Eider Gardiazabal Rubial (députée européenne, membre de la commission culturelle), Virginie Rozière (députée européenne), Julie Ward (députée européenne), Patrick Kanner (sénateur du Nord, président du groupe socialistes et apparentés au Sénat), David Assouline (sénateur de Paris), Sylvie Robert (sénatrice d’Ille et Vilaine), Dominique Potier (député de Meurthe-et-Moselle), Boris Vallaud (député des Landes), Jean-Patrick Gille (conseiller régional du Centre-Val de Loire), Pernelle Richardot (conseillère régionale, présidente du groupe socialiste Grand Est), Olivier Bianchi (maire de Clermont-Ferrand, secrétaire national à la culture du Parti socialiste), Juliette Mant (maire adjointe d’Arcueil), Nora Mebarek (conseillère municipale d’Ales), Vincent Tison (conseiller métropolitain-Tours Métropole Val de Loire), Jacques Renard (ancien membre de cabinet ministériel pour la culture)...

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Initier les enfants à l’art, une mission pas impossible...

28 Avril 2019 , Rédigé par Telerama Publié dans #Education, #Art

Initier les enfants à l’art, une mission pas impossible...

EXTRAIT

Par quoi commencer ? Que faut-il dire, expliquer ? A partir de quel âge peut-on emmener les enfants au musée ? Marie Sellier auteure d’une quarantaine de livres d’initiation à l’art répond à nos questions.

Considérons les premières étapes franchies. Oui, il faut initier les enfants à l’art dès le plus jeune âge. Non, ça ne se fera pas tout seul. Oui, c’est bien de les emmener au musée ou à une exposition. Ok, je me lance. Reste un problème de taille : la perspective apparaît souvent anxiogène, voire prend carrément des allures de parcours du combattant. Il suffit de s’imaginer un samedi après-midi dans le hall bondé du Louvre, les enfants électriques, l’ambiance surchauffée et toutes ces œuvres en embuscade. Par quoi commencer ? Quel chemin choisir ? J’emmène le petit avec la grande ou vaut mieux séparer les visites ?

Si l’on veut bien être honnête, la difficulté vient ainsi d’abord des adultes eux-mêmes. Pas vraiment experts, pour la plupart, en histoire de l’art, ils tremblent à l’idée du discours à tenir devant tel ou tel tableau ou, pire, telle installation contemporaine. La Dentellière, c’est quel peintre déjà ? Véronèse, quel siècle ? Miró, quel mouvement ? Que faut-il dire, expliquer, raconter ? Leurs souvenirs d’interminables visites de musées quand ils étaient petits pèsent également une tonne. L’expérience les avait dégoûtés pour un bon moment.

Marie Sellier, auteure d’une quarantaine de livres d’initiation à l’art, a eu la chance d’échapper à cette malédiction grâce à une grand-mère bonne fée, qui l’a prise très tôt par la main pour lui faire découvrir en douceur la beauté des œuvres. En 1992, elle créait la collection « L’enfance de l’art » à la Réunion des Musées nationaux. Depuis, elle n’a cessé de rencontrer des enfants à travers animations scolaires et ateliers. Son expérience est précieuse.

“Ne pas leur asséner des dates, des noms de mouvements en ‘isme’”

« Tout commence par la peur des adultes, cette espèce de trouille de celui qui se sent exclu d’un monde dont les codes lui échappent. Je suis toujours étonnée du nombre de personnes qui me disent : “L’art, je n’y connais rien.” Ou des enseignants qui se rabattent sur le français ou les maths en lieu et place de l’initiation artistique qu’ils craignent de ne pas maîtriser. La démarche, pourtant, est d’abord sensible, ouverte à tous, il suffit d’ouvrir les yeux, sans préjugés. De laisser venir les émotions. Mais la plupart des gens qui se sentent à l’écart ne s’autorisent même pas à regarder l’œuvre d’art. Il faut donc saisir les enfants avant qu’ils soient contaminés par cette grande peur et leur montrer des œuvres. Ne pas jargonner, ne pas leur asséner des dates, des noms de mouvements en “isme”. Les mettre par exemple devant Les Nymphéas, de Monet, sans leur infliger toute la vie du peintre. Les laisser barboter, s’imprégner de la beauté de l’œuvre, parce que l’art, c’est ça, une œuvre n’existe que par le regard qu’on porte sur elle. Dans un premier temps, peu importe que l’artiste ait vécu à telle ou telle époque. Les adultes comme les enfants n’ont aucune raison d’avoir peur. »

“Les enfants ont le droit de ne pas être sensibles à Rembrandt par exemple.“

« On peut initier les enfants à l’art le plus tôt possible. Je suis émerveillée par la capacité des bébés à saisir ce qui les entourent, en particulier à sentir la beauté des reproductions qu’on leur présente. C’est incroyable ce qu’une œuvre d’art peut dire aux enfants. Elle n’est pas raisonnable, elle exprime autre chose du monde que les enfants entendent. Elle est intouchable, existe par elle-même, on ne peut rien lui ajouter ni rien lui enlever. Sa beauté est de l’ordre du sacré, et les tout-petits y sont parfaitement sensibles. Plus tard, à l’adolescence, la démarche sera plus difficile si elle n’a eu aucun précédent, car toutes les barrières sont alors installées qui éloignent de l’art. En particulier toutes ces injontions écrasantes, ceci est beau, cela ne l’est pas, cet artiste est reconnu, il faut l’aimer. Je suis désolée, mais les enfants ont le droit de ne pas être sensibles à Rembrandt par exemple. A 8 ans, il ne m’intéressait guère, je préfèrais des tableaux plus anecdotiques à ses grands portraits qu’aujourd’hui je place au sommet. A l’époque, j’aimais beaucoup La Mort de Sardanapale, de Delacroix, ces chevaux hennissants, ces femmes agonisantes, ces voiles qui volaient. Et pourquoi pas ? »

(...)

Propos recueillis par Michel Abescat

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Sortir... Exposition "C'est Beyrouth" - Institut des cultures d'Islam/Paris... Jusqu'au 28 juillet...

24 Avril 2019 , Rédigé par Libération Publié dans #Art

Alliant vidéo et photo, l’Institut des cultures d’islam réunit les points de vue d’une quinzaine d’artistes sur la capitale libanaise, dont le récit intime de Fouad Elkoury durant le conflit avec Israël en 2006.

C’est le récit d’une flamme qui vacille dans une ville qui s’embrase. Où comment petite et grande histoire intriquées fusionnent dans On War and Love, montage vidéo signé Fouad Elkoury, qui pourrait résumer à lui seul l’esprit de l’exposition collective C’est Beyrouth,présentée à l’Institut des cultures d’islam. Combinant photos et vidéos, seize artistes font cause commune pour, selon Stéphanie Chazalon, la directrice de l’établissement parisien, brosser le portrait d’une «ville meurtrie, résiliente, effervescente et insolite, où se côtoient les cultures, les communautés et les croyances». Et, ainsi, «proposer d’entrevoir une société unique dans sa diversité, fragilisée par les guerres et une structuration confessionnelle à bout de souffle». Réparti dans deux bâtiments, le parcours - qui se pare d’une affection plus lucide, voire sarcastique, que prosélytique - se découpe en chapitres : «Une ville multiconfessionnelle», «le Corps comme marqueur identitaire», «Des minorités ignorées», «Exil et migration» et «le Spectre de la guerre».

(...)

Gilles Renault

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Emmanuel Macron et Notre-Dame : une décision, une ânerie... La Tribune de l'Art...

18 Avril 2019 , Rédigé par La Tribune de l'Art Publié dans #Art, #Politique

Emmanuel Macron et Notre-Dame : une décision, une ânerie... La Tribune de l'Art...

Il ne se passe donc pas une journée depuis l’incendie de Notre-Dame-de Paris sans que le Président de la République et son gouvernement ne nous gratifient d’annonces toutes plus absurdes ou scandaleuses les unes que les autres.

Emmanuel Macron avait déjà fait très fort mardi en expliquant qu’il allait reconstruire Notre-Dame plus belle qu’avant, et en cinq ans (voir notre article). Plus belle qu’avant ? On sait désormais comment : en lançant un concours d’architecture pour la reconstruction de la flèche ! Car pour notre Président de la République, « la flèche ne faisant pas partie de la cathédrale d’origine », on peut l’effacer d’un trait de plume. Exit Viollet-le-Duc de la cathédrale Notre-Dame. On en est là, donc, en 2019, de la considération pour le XIXe siècle que les historiens de l’art ont pourtant réhabilité ces quarante dernières années. On ne sait que dire devant tant d’inculture.

Or, rappelons-le encore une fois, la charte de Venise, qui définit les principes de la restauration et que la France a ratifiée (ce qui l’engage), impose certaines contraintes. D’abord, « les apports valables de toutes les époques à l’édification d’un monument doivent être respectés, l’unité de style n’étant pas un but à atteindre au cours d’une restauration ». Viollet-le-Duc constitue, ô combien, un apport valable à Notre-Dame-de-Paris, et ses adjonctions sont d’ailleurs classées au même titre que le reste du monument. On peut aussi y lire que la restauration « a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse » Et, pour la flèche de Viollet-le-Duc, élément constitutif de la cathédrale depuis plus d’un siècle, les documents authentiques sont légion (on conserve tous les plans de l’architecte), tandis que sa structure et sa forme sont parfaitement connues grâce aux photographies et aux relevés modernes. Il n’y a donc aucune hypothèse à ce sujet. Puisqu’il ne s’agit pas d’une « reconstitution conjecturale » (terme employé dans la charte), il n’y a aucune raison d’envisager pour elle qu’elle « porte la marque de notre temps » (ce qu’impose la charte dans ce cas), et encore moins, comme le veut Emmanuel Macron, qu’il s’agisse d’« un geste architectural contemporain ».

Alexandre Gady l’a dit dans l’émission « Quotidien », « le patrimoine a une temporalité qui n’est pas celle des hommes politiques ». Cette précipitation, qui voit des décisions fondamentales prises en deux jours, sans aucun temps de réflexion ni consultation des spécialistes, et sans suivre les procédures habituelles de la restauration des monuments historiques, n’est rien d’autre que de l’agitation politique. Emmanuel Macron semble vouloir profiter de ce désastre pour marquer Paris comme d’autres l’ont fait avec de nouveaux monuments. Or, on ne peut pas jouer avec Notre-Dame. Et, même sans évoquer la convention de Venise, il suffit d’invoquer le simple bon sens : on ne fait pas de « geste architectural contemporain » sur un monument historique comme cette cathédrale.

Comme nous le disions plus haut, les annonces se succèdent et à chaque fois nous font croire à un poisson d’avril décalé, avant qu’on ne réalise effaré qu’il n’en est rien. Ainsi, aujourd’hui, a été nommé « Monsieur reconstruction » (sic, voilà le terme utilisé par les gazettes) de la cathédrale. Quitte à ne pas consulter les spécialistes, profitons-en pour nommer à la tête de cette restauration complexe un général cinq étoiles, ancien chef d’État major des armées, puis grand chancelier de la Légion d’honneur. Tous titres qui lui donnent manifestement, aux yeux d’Emmanuel Macron, une parfaite légitimité pour ce rôle…

Édouard Philippe n’est pas en reste, qui a aussi déclaré qu’un établissement public, rien que cela, serait mis en place pour mener à bien la reconstruction. Comme si la création d’une telle structure avait la moindre justification pour ce qui reste la restauration d’un monument historique. Et il a ajouté, martial, que « chaque euro versé pour la reconstruction de la cathédrale, dans le cadre d’une souscription nationale, sera dédié à cette seule tâche ». Il ne sait sans doute pas, ce qui est désormais un secret de polichinelle pour quiconque connaît un peu le coût d’un tel chantier, que le milliard et probablement bien davantage qui va être récolté à cette occasion va dépasser de plusieurs centaines de millions les réels besoins. Les milliers de donateurs pour la restauration de Notre-Dame seront sûrement heureux de savoir que leur générosité va servir à financer un concours appelé à choisir un « geste architectural contemporain » pour décorer le toit de Notre-Dame, mais que le surplus n’ira pas aux autres monuments en péril, innombrables, de notre pays (on se demande d’ailleurs ce qu’il va en faire).

Le Canard Enchaîné d’aujourd’hui donne de nouveaux chiffres qui témoignent de la grande misère des monuments historiques dans notre pays, et du peu de cas que les gouvernements successifs font du patrimoine. Dans un article intitulé « Cathédrales et monuments : seuls les crédits ne flambent pas », Hervé Liffran révèle quelques chiffres stupéfiants qui confirment ce que nous dénonçons depuis toujours. On y apprend ainsi que pour 2019, l’État n’a prévu que 18 millions d’euros de crédits de paiement pour l’entretien [1] des monuments historiques lui appartenant, dont 86 cathédrales. Soit moins de 100 000 euros par monument. Il rappelle aussi que pour Notre-Dame, il avait prévu de ne donner que 40 millions pour la restauration sur les dix prochaines années, soit 4 millions par an, sur les 240 millions qui étaient alors nécessaires [2]. Pas de doute, il aura vraiment fallu un incendie pour qu’Emmanuel Macron déclare enfin sa flamme à Notre-Dame !

Didier Rykner

Notes

[1Précision ajoutée après la publication de cet article : il s’agit bien du budget de l’entretien

[2Nous avions le chiffre de 150 millions d’euros nécessaire, mais il s’agit désormais d’un détail.

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Sortir... Exposition "Courbet, dessinateur" au Musée Courbet - Paris

15 Février 2019 , Rédigé par Musée Courbet Publié dans #Art

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Aux origines de la photo documentaire française...

30 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Art, #Culture

À l’occasion de l’exposition, au Centre Pompidou, « Photographie, arme de classe », l’historienne de l’art Damarice Amao explique comment, dans les années 1920-1930, se mit en place en France un langage photographique à la fois militant, critique et esthétique.

L'exposition, gratuite, rassemble quelque 150 photos, affiches, collages et petits films. Sous-titrée « La photographie sociale et documentaire en France, 1928-1936 », elle propose des documents rares témoignant d'une époque où des photographes amateurs ouvriers, épaulés par des professionnels, décidèrent de se servir de « l'arme » des photos pour dénoncer leurs conditions de vie, le système social et économique, les violences policières.

Damarice Amao est co-commissaire de cette exposition (à laquelle nous avons aussi consacré un porfolio). Historienne de l'art et de la photographie, spécialiste d'Éli Lotar, Damarice Amao revient dans cet entretien sur la genèse du mouvement de ces « photographes révolutionnaires », leurs liens avec les artistes qui leur étaient contemporains (et notamment les surréalistes) et l'acuité du pouvoir de la photographie à cette époque.

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Le catalogue de l'exposition
Photographie, arme de classe
Sous la direction de Damarice Amao, Florian Ebner et Christian Joschke
Éd. Textuel et Centre Pompidou
303 pages, environ 250 photographies et documents
Format : 28 × 21,70 cm
49 euros

Exposition du 7 novembre 2018 au 4 février 2019, de 11 heures à 21 heures. Galerie de photographies, Centre Pompidou, 75004 Paris. Entrée libre.

Sophie Dufau

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"Je n'ai jamais entendu un élève me dire qu'il rêvait d'écrire comme Molière..."

28 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Art

"Je n'ai jamais entendu un élève me dire qu'il rêvait d'écrire comme Molière..."

"Je n'ai jamais entendu un élève me dire qu'il rêvait d'écrire comme Molière..."

Il y a quelques années, ce devait être en 2012 ou 2011, j'ai pu obtenir des places gratuites pour des rencontres sportives de haut niveau (football en majorité) et à peu près un même nombre de "pass" donnant droit à la visite gratuite de Musées parisiens dont Le Louvre et Orsay. Le total de ces places et entrées avoisinait la trentaine, une quinzaine pour les matchs et l'autre quinzaine pour les musées. Je décidai donc évidemment d'en faire profiter mes élèves de quatrième. Pourquoi ceux-là  ? J'avoue avoir oublié mais là n'est pas l'essentiel.

Je savais par expérience que les places "sportives" auraient plus de succès que les places "artistiques". Ce fut le cas puisque seuls deux élèves choisirent des entrées au Louvre et Orsay quand tous les autres, filles et garçons, se jetèrent comme des morts de faim sur les entrées au stade. Je dus procéder à un tirage au sort et je fis, ce jour-là, beaucoup de mécontents.

Cette anecdote démontre - Pierre Bourdieu l'a dit bien avant moi - que plus l'offre est importante, plus elle crée et accroit les inégalités. Car elle n'est pas préparée en amont. Nos élèves - les miens issus d'un milieu rural dans un contexte social majoritairement "en difficultés" - sont souvent très au fait de la "chose sportive", notamment le football que tous et de plus en plus, toutes, ont pratiqué dès le plus jeune âge et le pratiquent fort longtemps après leurs études. Ils en comprennent les règles, connaissent leurs "stars" bien mieux que leurs leçons, s'identifient à un Lionel Messi ou Kilian M'Bappe. Ils saisissent très vite, car on le leur a appris, les enjeux financiers de ce sport. "Sponsor" et "mercato" n'ont aucun secret pour eux. A l'école, au collège, au lycée, cet apprentissage se poursuit. Certains rêvent même de marcher sur les traces de leurs "artistes" favoris. Ils portent souvent le maillot de leur équipe favorite, Barcelone et "PSG" tenant le haut de l'affiche. Ils tapissent les murs de leurs chambres de posters. Ils reproduisent les gestes de leurs "Dieux".

Je n'ai JAMAIS entendu aucun élève me dire qu'il rêvait de devenir Van Gogh ou Monet, François Villon ou René Char, Mozart ou Bach, Emile Zola ou Albert Camus  !

Je n'ai JAMAIS entendu aucun élève me dire qu'il avait le poster de Le Clézio ou de Niki de Saint Phalle au dessus de son lit  !

Je n'ai JAMAIS entendu un élève me dire qu'il rêvait d'écrire comme Molière ou Sartre  !

Cela s'explique très aisément. Nos élèves, malgré tous les efforts remarquables des collègues professeurs d'école, puis de nos collègues professeurs d'arts plastiques en collège, n'ont que très peu l'occasion de pénétrer les grandes "arènes de l'art" sauf, évidemment, ceux dont les parents ont des habitudes culturelles qu'ils transmettent à leurs enfants. En milieu rural, une sortie dans un Musée nécessite un déplacement, souvent coûteux, mobilisant des personnels, le tout alourdi par des obligations "paperassières" certes obligatoires mais freinant souvent les meilleures volontés. Et l'offre artistique, de plus en plus grande quoi qu'on en dise, ne fait alors que creuser les inégalités existantes puisque cette offre n'intéresse souvent que les élèves DEJA acquis aux règles de l'art. Education artistique qui, au passage, s'arrête dans sa phase obligatoire, au collège.

Il est absolument obligatoire de réduire cette inégalité. Dès la maternelle et jusqu'au dernier jour des études, qu'elles soient courtes ou longues. Un tableau, une oeuvre musicale, un film, une sculpture, un roman, un monument, bref une oeuvre d'art a ses règles, ses enjeux, ses "stars". Il suffit de les connaître pour pouvoir les apprécier. Souvent nos élèves rêvent de vivre la vie de tel ou tel sportif... Ils rêvent d'une autre vie. Sans le savoir ils sont amateurs d'art. Car à quoi sert l'oeuvre d'art sinon à nous faire vivre d'autres vies que les nôtres, fut-ce quelques secondes? Reste à leur permettre d'en avoir les moyens...

Et que ces moyens soient offerts à toutes et à tous!  A égalité...

Alors peut-être entendrons-nous bientôt une ou un élève nous dire, le regard pétillant de bonheur:

"Un jour, je serai Annie Ernaux!"... "Un jour, je serai Salvador Dali!"...

Christophe Chartreux

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Sortir... Caravage à Rome au musée Jacquemart-André...

8 Décembre 2018 , Rédigé par christophe Publié dans #Art, #Education

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Pétain - Quand justifier les propos du Président de la République se transforme en exercice difficile....

10 Novembre 2018 , Rédigé par RMC Publié dans #Histoire, #Education, #Art

Commentaires:

Contrairement aux propos tenus, il a bien été prévu de rendre hommage aux HUIT maréchaux.  Dont Pétain.

Il fut d'ailleurs tenté de le "dissimuler" manifestement...

La preuve ci-dessous:

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