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Vivement l'Ecole!

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Coup de coeur... Dino Buzzati..

24 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Jusqu’alors, il avait avancé avec l’insouciance de la première jeunesse, sur une route qui, quand on est enfant, semble infinie, où les années s’écoulent lentes et légères, si bien que nul ne s’aperçoit de leur fuite. On chemine placidement, regardant avec curiosité autour de soi, il n’y a vraiment pas besoin de se hâter, derrière vous personne ne vous presse, et personne ne vous attend, vos camarades aussi avancent sans soucis, s’arrêtant souvent pour jouer. Du seuil de leurs maisons, les grandes personnes vous font des signes amicaux et vous montrent l’horizon avec des sourires complices ; de la sorte, le cœur commence à palpiter de désirs héroïques et tendres, on goûte l’espérance des choses merveilleuses qui vous attendent un peu plus loin ; on ne les voit pas encore, non, mais il est sûr, absolument sûr qu’un jour on les atteindra.

Est-ce encore long ? Non, il suffit de traverser ce fleuve, là-bas, au fond, de franchir ces vertes collines. Ne serait-on pas, par hasard, déjà arrivé ? Ces arbres, ces prés, cette blanche maison ne sont-ils pas peut-être ce que nous cherchions ? Pendant quelques instants, on a l’impression que oui, et l’on voudrait s’y arrêter. Puis l’on entend dire que, plus loin, c’est encore mieux, et l’on se remet en route, sans angoisse.

De la sorte, on poursuit son chemin, plein d’espoir ; et les journées sont longues et tranquilles, le soleil resplendit haut dans le ciel et semble disparaître à regret quand vient le soir.

Mais, à un certain point, presque instinctivement, on se retourne et l’on voit qu’un portail s’est refermé derrière nous, barrant le chemin de retour. Alors, on sent que quelque chose est changé, le soleil ne semble plus immobile, il se déplace rapidement ; hélas ! on n’a pas le temps de le regarder que, déjà, il se précipite vers les confins de l’horizon, on s’aperçoit que les nuages ne sont plus immobiles dans les golfes azurés du ciel, mais qu’il fuient, se chevauchant l’un l’autre, telle est leur hâte ; on comprend que le temps passe et qu’il faudra bien qu’un jour la route prenne fin.

A un certain moment, un lourd portail se ferme derrière nous, il se ferme et est verrouillé avec la rapidité de l’éclair, et l’on n’a pas le temps de revenir en arrière. Mais, à ce moment-là, Giovanni Drogo dormait ignorant, et dans son sommeil, il souriait, comme le font les enfants.

Bien des jours passeront avant que Drogo ne comprenne ce qui est arrivé. Ce sera alors comme un réveil. Il regardera autour de lui, incrédule ; puis il entendra derrière lui un piétinement, il verra les gens, réveillés avant lui, qui courront inquiets et qui le dépasseront pour arriver avant lui. Il entendra les pulsations du temps scander avec précipitation la vie. Aux fenêtres, ce ne seront plus de riantes figures qui se pencheront, mais des visages immobiles et indifférents. Et s’il leur demande combien de route il reste encore à parcourir, on lui montrera bien encore d’un geste l’horizon, mais sans plus de bienveillance ni de gaieté. Cependant, il perdra de vue ses camarades, l’un demeuré en arrière, épuisé, un autre qui fuit en avant de lui et qui n’est plus maintenant qu’un point minuscule à l’horizon.

Passé ce fleuve, diront les gens, il y a encore dix kilomètres à faire et tu seras arrivé. Au lieu de cela, la route ne s’achève jamais, les journées se font toujours plus courtes, les compagnons de voyage toujours plus rares, aux fenêtres se tiennent des personnages apathiques et pâles qui hochent la tête.

Jusqu’à ce que Drogo reste complètement seul et qu’à l’horizon apparaisse la ligne d’une mer démesurée, immobile, couleur de plomb. Désormais, il sera fatigué, les maisons le long de la route auront presque toutes leurs fenêtres fermées et les rares personnes visibles lui répondront d’un geste désespéré : ce qui était bon était en arrière, très en arrière, et il était passé devant sans le savoir. Oh ! il est trop tard désormais pour revenir sur ses pas, derrière lui s’amplifie le grondement de la multitude qui le suit, poussée par la même illusion, mais encore invisible sur la route blanche et déserte.

A présent, Giovanni Drogo dort à l’intérieur de la troisième redoute. Il rêve et il sourit. Pour la dernière fois, viennent à lui, dans la nuit, les douces images d’un monde totalement heureux. Gare à lui s’il pouvait se voir lui-même, tel qu’il sera un jour, là où finit la route, arrêté sur la rive de la mer de plomb, sous un ciel gris et uniforme, et sans une maison, sans un arbre, sans un homme alentour, sans même un brin d’herbe, et tout cela depuis des temps immémoriaux.

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Conduites addictives des adolescents - « Un des principaux objectifs de la politique de prévention est de retarder l’entrée dans les consommations. »

23 Avril 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

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EXTRAIT

François Beck est directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Sociologue et statisticien, il travaille depuis plus de vingt ans sur les conduites addictives. Nous faisons ici le point avec lui sur la prévention des comportements des adolescents en matière d’addiction.

Pouvez-vous d’abord nous préciser quels « produits » sont concernés ou étudiés et ce que l’Observatoire entend par « conduites addictives » ?

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies est un groupement d’intérêt public qui a pour objet d’éclairer les pouvoirs publics, les professionnels du champ et le grand public sur le phénomène des drogues et des addictions. Depuis plusieurs décennies, le champ de la politique française sur ce thème ne se limite plus aux seuls produits illicites. Nous travaillons donc à la fois sur les substances classées comme stupéfiants (cannabis, cocaïne, MDMA/ecstasy, héroïne…) mais aussi sur les produits licites tels que l’alcool et le tabac et même les médicaments psychotropes qui peuvent être très présents chez certains usagers de drogues. Depuis quelques années, sont apparues des dizaines de substances, les « nouveaux produits de synthèse », qui sont des déclinaisons moléculaires des drogues « classiques » et ne sont classés sur la liste des stupéfiants que lorsqu’on a pu établir précisément les risques afférant, achevant ainsi de complexifier le paysage. Ce sont par exemple les cannabinoïdes de synthèse ou les cathinones.

Mais, au moins autant que la substance, c’est le comportement qui importe, le type d’usage qui peut varier en intensité et en fréquence, être récréatif ou non.

Enfin, depuis quelques années, pour dépasser l’approche par produit et faciliter un abord commun face aux drogues et aux addictions, on parle de plus en plus de conduites addictives. Les consommations de drogues sont concernées mais aussi des pratiques et des comportements identifiés comme pouvant devenir problématiques : jeux vidéo, usage d’Internet, jeux d’argent et de hasard…

(...)

Propos recueillis par Cécile Blanchard

Pour en savoir plus :

Le site de l’OFDT

Jeunes et addictions, sous la direction de François Beck, OFDT, 2016.

Adolescences ?, recension de l’ouvrage de François Beck, Florence Maillochon et Ivana Obradovic, 2014, Belin.

D’une culture d’opposition à une culture contrainte
Par Michel Fize

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Réaction suite au résultat du premier tour de l’élection présidentielle - Najat Vallaud-Belkacem

23 Avril 2017 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Politique

Réaction suite au résultat du premier tour de l’élection présidentielle - Najat Vallaud-Belkacem

Je prends acte, avec tristesse et inquiétude, que pour la seconde fois de son histoire en quinze ans, la gauche ne sera pas représentée au second tour de l’élection présidentielle française.

C’est une défaite historique, lourde de conséquences pour notre pays, dont je mesure pleinement toute la gravité. Nous devrons, le moment venu, avoir la volonté sincère, le courage et l’honnêteté d’en comprendre toutes les raisons et d’en tirer toutes les leçons qui s’imposent pour l’avenir.

Mais ce soir, je veux surtout retenir que la menace d’une victoire et de l’accession au pouvoir de l’extrême-droite est plus forte que jamais, ce qui serait une catastrophe majeure aux conséquences imprévisibles pour la France, pour la République et pour l’Europe.

J’appelle donc solennellement tous les électeurs et toutes les électrices à faire barrage au Front National le 7 mai prochain en votant massivement pour Emmanuel Macron. Sans hésitation, et sans état d’âme.

Pas une seule voix ne doit lui manquer parmi celles et ceux qui sont attachés à la démocratie, aux valeurs républicaines, à l’Europe, au sens de la raison, de la modération et du progrès qui font depuis toujours la grandeur de notre nation, et sa place dans le monde.

Rien ne doit nous détourner de la seule urgence qui vaille: battre le Front National.

J’ai une pensée, ce soir, pour le Président François Hollande dont l’engagement et l’action au service de la France, j’en suis convaincue, seront réévaluées à leur juste valeur dans l’histoire.

Je veux également saluer Benoît Hamon qui a mené une campagne honnête, loyale, courageuse, audacieuse et sincère.

Najat Vallaud-Belkacem

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Fink...

23 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jean Tardieu...

23 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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OFFERTE A LA NUIT

Offerte à la nuit qui de toutes parts nous déborde et envahit le jour lui-même à cette nuit qui nous dessine et nous allonge ici toute chose se tient debout sur son ombre entre un envol toujours futur toujours déçu et la chute vertigineuse ici c'est ici que les solitaires qui se cherchent les peuples déchirés les astres volant en éclats se rejoignent et se passent le mot sans le comprendre ici sur le seuil de ce temple au fronton écroulé autrefois résonnant de conseils aujourd'hui plus éloquent encore d'être muet nous savons qu'il n'y a rien à connaître sinon l'enchaînement fatal des questions lancées à tous les murs d'où ne revient que leur écho et que tout est à redouter des ruses de l'espace car ce triomphe à l'horizon étincelant ce gage l'espérance enfoui dès l'origine au fond de notre espèce n'est plus qu'un vaste oubli d'or et de feu où les poussières de la vie et de la mort pareilles aux nombres-tourbillons dans le creuset des machines géantes ont enfin démasqué cet ordre illusoire ce séjour inutile et superbe sans raison condamné à retourner toujours et toujours sur lui-même cendre et brasier fuite et fureur comme une phrase ressassée.

HENNISSEMENT DE L'INCONNU

Cependant que s'obscurcissent et se mélangent à qui mieux mieux l'erreur le vrai le songe et la raison dans le grenier des accessoires hors d usage el de sens démentiel désordre le hasard implacable prend place et s'impose partout amplement fourni (selon le déroulement d'une suite sans logique et sans freiN) de mouvements opposés variables et insensibles qui ne se peuvent traduire qu'en termes de douleur car il est devenu évident que l'aigle et sa proie font de leur couple horrible et de leur inséparable agonie la seule clé pour nos mains talonnantes d'aveugles et la seule mesure possible de ce qui comble à tout casser ce lieu sans lieu ce dôme autrefois transparent mais qui pour jamais s'est voilé de conjectures furibondes ce ciel sonore et infaillible ce recours cet abri peuplé de protecteurs de démons et d'oracles figures familières jouant leur rôle et portant leur nom même insulté veilleurs toujours reconnaissables et toujours prêts à nous défendre aux frontières sauvages où piaffe où hurle où hennit l'imprévisible l'inconnu.

LES VOLETS

Pendus aux murs de la maison comme feuilles aux branches mobiles mais tenus comme les feuilles au grand marronnier de la place par une matinée tournante incertaine triste et joyeuse d'orage et d'éclaircies les volets les uns ouverts les autres clos ou bien les mêmes tour à tour le vent les ouvre et les rabat comme autant d'oreilles de lapins famille de lapins famille de volets poursuivis immobiles par le vent qui va-vient par le soleil qui s'endort dans un nuage et se réveille dans un courant d'air le bruit des oreilles de bois de lapins toujours battant les volets de la maison jamais lassés d'indiquer l'heure qui s'ouvre et l'heure qui se ferme la présence ou l'absence des habitants de la maison le temps qu'il fait le temps qui passe qui toujours va qui toujours vient toujours revient sinon pour nous qui partirons mais pour tous ceux qui reviendront.

UN REGARD POUR UN SOUFFLE

Tombé soudain là sous mes pas du plus lointain de cet espace et de ce temps coalisés pour nous confondre ce faible souffle sur le sol entre le mur et le buisson me fait trembler d'effroi de joie de gratitude et de vertige car il contient mais inversée la même charge sans mesure que mon regard lorsque l'été lorsque la nuit droit vers le ciel s'élance et plane vidé de poids et de pensée mon esprit simple et démuni qui ne croit rien que ce qu'il touche et se sent proche des points d'or disséminés ici et là même de l'astre le plus pâle et le plus seul à peine vu ni reconnu sur le gravier et pas à pas franchi le seuil où rien n'est plus qui nous réponde je m'aventure hors de moi-même vers ma fin sans adresser à tant d'énigmes torturantes à ce soleil à cet amour qui m'ont fait naître et m'ont fait vivre à ces splendeurs qui vont s'éteindre à ces horreurs qui vont cesser à cet espoir qui va dormir à toute main que j'ai serrée à toute lèvre que j'ai bue aucun reproche ni regret car la souffrance est dépassée car la mémoire est en deçà du pur instant du seul regard navigateur qui ma quitté pour le voyage sans retour.

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Nouveau! Le Magazine de l'Education...

23 Avril 2017 , Rédigé par Le Magazine de l'Education Publié dans #Education

Voici le numéro zéro du Magazine de l’éducation... Edité par la plateforme TECHEDULAB de l’Université de Cergy-Pontoise, il s’adresse aux professionnels, décideurs des politiques de l’éducation mais aussi à qui veut comprendre les faits éducatifs. Le numéro zéro décrypte les programmes éducation des candidats à la présidentielle. "Mettons l'éducation au coeur des débats politiques" ! Philippe Meirieu

L’enjeu du Magazine de l'éducation est d’étudier et de permettre de comprendre ce que sont les phénomènes éducatifs en mutation, de les faire comprendre afin de construire des conditions d’évolution.

NUMERO 0

Le premier numéro s’intéresse aux programmes des candidats à l’élection présidentielle ainsi qu'à l’architecture et l’environnement scolaire.

Quels enjeux éducatifs pour 2017 ? Quelle politique pour l'école et l'éducation ? Comment construire l'école de demain ? Les conceptions des salles de classe et des écoles ont-elles de l’importance dans le bien-être à l’école et dans la qualité d’apprentissage ? Retrouvez toutes les réponses dans ce numéro !

Télécharger le numéro zéro :

LE MAGAZINE DE L'EDUCATION - NUMERO 0 - MARS 2017

Bonne lecture !

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Pour qui voteraient les 12-18 ans?...

23 Avril 2017 , Rédigé par La Dépêche du Midi Publié dans #Education, #Politique

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L'association Électeurs en herbe France est composée pour moitié de personnels de l'Éducation nationale et de professionnels de l'éducation populaire, réunis au sein d'un comité pédagogique chargé de piloter un projet d'éducation à la citoyenneté non partisan, à travers le pays. Le collectif s'appuie également sur un conseil scientifique composé d'expert(e)s apportant leur expérience. Ce programme, «Électeurs en herbe», est né au Québec en 2001. Il vise à favoriser la socialisation politique et citoyenne des jeunes participants, à travers l'organisation d'une simulation d'élection dans les établissements scolaires dans le contexte de vraies échéances électorales. Les élections présidentielles de dimanche ont été choisies. À travers toute la France, 10 établissements pilotes, 1 200 électeurs en herbe, participent à cette expérience. Pour l'Aveyron, le lycée Raymond-Savignac, avec deux classes, l'une du lycée général et l'autre du lycée professionnel, participe. Le scrutin fictif qui se déroulait hier, à 17 heures, a permis l'organisation d'un débat fort intéressant dirigé par la conseillère principale d'éducation, Corinne Sabatier.

Après avoir examiné quels sont les pouvoirs du président de la République dans notre pays, les 70 élèves concernés ont pu donner leurs points de vue sur divers aspects des programmes des onze candidats.

Il a surtout permis la mise en œuvre d'un parcours pédagogique innovant ayant beaucoup intéressé les jeunes concernés qui ont préféré cette méthode aux traditionnels cours d'éducation civique.

La Dépêche du Midi

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A voté... Incroyable campagne...

23 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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A voté...

A voté en me remémorant les "grands moments" de cette incroyable campagne présidentielle.

Incroyable par les très importantes différences de projets de société offerts aux choix des citoyens.

Incroyable hélas aussi et surtout par la déception qu'a engendré le "vol" de véritables débats. Car de débats, il n'y eut pas.

Qu'on se souvienne de ces échanges à cinq candidats, éliminant les six autres. Un scandale passé comme une lettre à la poste.

Qu'on se souvienne de cette longue soirée à onze ne permettant à aucun de développer utilement - utilement pour le citoyen - son ou ses quelques-s idée-s majeure-s. Une chaîne de télévision, BFM TV je crois, il y a quelques jours avait envoyé un journaliste au milieu d'une foule de sympathisants - je tairai le nom du candidat afin de ne pas être trop sévère - en leur demandant de citer une idée majeure du projet de leur "champion". Sur quelques cent personnes interrogées, cinq avaient été capables de répondre. Les autres ne savaient pas.

Cette campagne présidentielle ne fut pas celle des programmes - pourtant intéressants par bien des aspects pour la plupart - mais celle des personnalités dissimulant leurs idées, les transformant de semaine en semaine, de peur d'être trop clivants. Le champion en la matière étant Emmanuel Macron dont l'électeur serait bien en peine de dire quelle mesure phare éclaire nos consciences sur le chemin qu'il nous proposait. "Une bulle de savon gonflée à l'hélium" pour reprendre la magnifique formule du politologue Thomas Guénolé.

Qu'on se souvienne de cette dernière et pitoyable longue, très longue procession des candidats lors de cette soirée maintenue par France 2. Pas de débat. Trois des "grands" - on se croirait à la Cour d'Espagne - n'en voulaient pas pour diverses raisons dont la peur de commettre LA bourde qui eût détruit le fragile édifice construit patiemment pour faire illusion. Alors, la presse a dit "Amen". Et le citoyen n'eut plus qu'à subir un défilé verbeux.

Qu'on se souvienne de ces grandes envolées, dites, assénées, hurlées. De grandes envolées pour des idées simplistes. La démagogie se nourrit plus facilement du simple que du compliqué. Et de la démagogie nous en eûmes au kilomètre.

Qu'on se souvienne de cette campagne, dévorée par les affaires. Le plus "extraordinaire", si je puis dire, étant que les deux plus concernés par ces "affaires", très graves sur le plan judiciaire si les faits sont avérés, Madame Le Pen et Monsieur Fillon, font partie des favoris pour la qualification au second tour. Je n'ose imaginer le message envoyé au monde si les français présentaient deux "mis en examen" à départager pour occuper l'Elysée.

Qu'on se souvienne de cette campagne qui, privant le citoyen de véritable débat et l'obligeant à des synthèses impossibles, vit les rumeurs, les fausses nouvelles, les "fake" et autres "intox" prendre davantage de place dans les réseaux sociaux que la réflexion fondée sur l'analyse du "vrai", du "désirable". Sur ces réseaux dits "sociaux", nous ne communiquons plus. Nous participons parallèlement, sans vraiment nous rencontrer, à entretenir la croyance que "nous avons raison", chacun dans notre sphère. Tout le monde vit donc dans le "semblant du vrai". Le pire des mensonges.

Qu'on se souvienne de cette campagne, "gardiennée à 90% par le CAC 40" comme le rappelle Aude Lancelin dans "Le1" du 19 avril. Oui, rappelons-nous toujours que la France est fort mal classée en matière de liberté d'expression. 45e! Et ceci pour trois raisons: concentration des médias, manque d’indépendance, protection insuffisante. Faut-il rappeler que la presse française appartient à une dizaine de personnes. Et je suis large.

Comment dans ces conditions peut-on être certain d'une véritable variété des lignes éditoriales?

Comment dans ces conditions peut-on être certain de l'indépendance d'un candidat quand ce dernier est lié, personnellement et/ou professionnellement, à tel ou tel propriétaire de médias?

Qu'on se souvienne de cette campagne qui efface quasi totalement l'Education. Quand pendant tout le quinquennat il en fut énormément question. Sujet "glissant" pour candidats prudents. Quelle tristesse! Et, quand il fut - un tout petit peu - question quand même du sujet, ce fut pour promettre le retour au passé le plus poussiéreux ou un statu quo à peine retouché. Les véritables enjeux des réformes profondes entamées pendant ces cinq dernières années ne furent pas abordés.

Je me souviens tout particulièrement de ce scandale soulevé par la possibilité offerte en option d'apprendre la langue arabe. Ceci afin - aussi - d'ôter à des officines plus ou moins louches, la possibilité de radicaliser quelques jeunes esprits naïvement abusés. Tollé! Tollé qui eût été absent s'il avait été question de n'importe quelle autre langue. Mais non! Il s'agissait de l'arabe.

Pourtant, pour de très nombreux enfants, cette langue est un capital précieux, qu'il conviendrait de développer. Pourquoi priver une partie de notre jeunesse d'un tel atout? Quand de très nombreuses grandes entreprises demandent l'expertise des arabisants. Le bilinguisme est un capital. Parfois, dans certaines zones urbaines, c'est le seul. Priver ces jeunes de ce capital, c'est les précipiter dans les bras des "extrêmes"! N'allons pas jusqu'à commettre l'ânerie de fabriquer nous-mêmes les futurs frontistes ou islamistes.

Oui, qu'on se souvienne de cette triste et médiocre campagne présidentielle dont le vainqueur quel qu'il soit sera, dès le lendemain du triomphe, très fragilisé. Sans oublier les législatives qui délivreront sans doute un autre verdict.

"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à paraître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres"

Antonio Gramsci

Qu'on y songe...

Christophe Chartreux

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"Je fais le choix de la cohérence, de la loyauté et de la fidélité à tout ce qui fait mon engagement au service de la France..."

21 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Hamon

 

Mes chers ami.e.s,

Jamais une élection présidentielle n’aura été aussi incertaine à deux jours du premier tour. Rien n’est joué, tout est entre vos mains.

L’enjeu de ce premier tour, c’est d’exprimer vos convictions, de choisir le projet qui s’accorde le mieux avec l’idée que vous vous faites de l’intérêt du pays, de désigner le candidat qui défend le mieux vos valeurs, les idées en lesquelles vous croyez.

Je fais le choix de la cohérence, de la clarté, de la loyauté et de la fidélité à tout ce qui fait mon engagement politique depuis quinze ans, au service de la France. Je voterai pour Benoît Hamon dont j’estime que le projet est celui qui répond le mieux aux enjeux des années à venir.

Benoît Hamon a fait campagne avec honnêteté, dignité, inventivité, force et courage. Une campagne collective, renouant avec les intellectuels, s’appuyant sur les chercheurs, sur les idées nouvelles, en donnant toute leur place à la jeunesse et à la société civile.

Il est le candidat de la gauche qui veut rassembler. Le candidat d’une gauche ouverte, sociale, écologiste, européenne, laïque, respectueuse de la France, de son histoire et de sa diversité. Le candidat d’une économie moderne qui prend soin des femmes et des hommes qui travaillent. Le candidat d’une démocratie profondément renouvelée. Le candidat de l’ambition éducative, de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la culture. Le candidat de la continuité dans une longue et belle histoire de la gauche qui assume ses responsabilités sans renoncer à aucun de ses idéaux.

Une gauche qui doit continuer à penser la société et ses évolutions pour la transformer et la rendre plus juste et plus durable. Une gauche qui n’oublie pas que sa mission historique est de se battre pour les plus fragiles, les oubliés, les exclus. Une gauche lucide qui assume que le travail évolue, et que des jeunes mieux formés, des salariés bien protégés, des chômeurs mieux accompagnés sont les conditions de la réussite économique. Une gauche qui combat le terrorisme par tous les moyens, en France et dans le monde, pour la paix et et pour notre sécurité. Une gauche qui prend la mesure de l’urgence écologique, et qui sait faire preuve de courage face à toutes les résistances pour protéger notre planète, et préparer un monde meilleur pour nos enfants.

Une gauche qui est ma gauche.

Je souhaite que nous soyons une majorité à faire ce choix : je vous appelle à vous rendre massivement aux urnes dimanche prochain, et à voter pour Benoît Hamon. Pour vous, pour nos enfants, pour la République et pour la France.

Najat Vallaud-Belkacem

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Dimanche... Une journée particulière...

21 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

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Chers amis,

Le blog s'arrête jusqu'à dimanche... Une journée particulière...

Demain les mille kilomètres du retour en Normandie m'attendent...

J'appelle modestement chacune et chacun à bien réfléchir, à ne pas voter par ressentiment mais par conviction.

J'ai soutenu et je soutiens François Hollande.

J'ai voté pour Manuel Valls lors de la primaire.

J'ai respecté l'engagement qui liait les membre du Parti Socialiste à soutenir le vainqueur, quel qu'il fut.

Je voterai pour le projet de Benoit Hamon dimanche, sans l'ombre d'un doute. Il est le meilleur dans tous les domaines. Le plus équilibré. Le plus enthousiasmant. Le plus réalisable rapidement. Le plus écologique. Le plus européen dans une Europe utile.

Quel que soit le résultat final, je suis et resterai fier d'avoir mené campagne pour ce candidat, issu des urnes et fidèles à ses idées.

Tout autre vainqueur nous mènera soit dans l'enfer de l'extrême droite, soit dans le mur d'une droite très à droite; dans les deux cas avec des gens dont le présent judiciaire est pour le moins quelque peu encombré.

Quant aux autres, je ne crois pas une seconde à l'efficacité de leurs propositions. Soit parce qu'elles ont été appliquées et ont échoué, soit parce qu'elles sont irréalisables.

Bon week-end et à lundi...

En attendant l'espoir...

Christophe Chartreux

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