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Vivement l'Ecole!

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Le Défenseur des droits publie son guide «Agir contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans l’emploi»

17 Mai 2017 , Rédigé par Défenseur des droits Publié dans #Société, #Education

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Ce nouveau guide du Défenseur des droits met en lumière les spécificités des discriminations subies par les personnes LGBT sur leur lieu de travail et propose des solutions concrètes pour les identifier et les prévenir.

Il dresse un état des lieux des LGBT phobies au travail et démontre qu’elles restent encore très présentes : 39% des personnes LGBT interrogées en France, déclarent en effet avoir fait l’objet de commentaires ou d’attitudes négatives au travail.

Ces discriminations surviennent lors de la recherche d’un emploi, de l’embauche, ou encore au cours du déroulement de la carrière.

De ce fait, ce guide formule des recommandations qui préconisent aux employeurs de mettre en place une politique d’identification et de prévention des LGBTphobies à travers la mise en place d’actions de sensibilisation et de formation du personnel, et des politiques RH garantissant l’égalité de traitement des personnes LGBT.

Pour aller plus loin, retrouvez le guide « Agir contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans l’emploi »

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17 mai... Journée mondiale de lutte contre l'homophobie... A mes élèves homosexuels...

17 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Homophobie

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A mes élèves homosexuels...

17 mai 2017...

C'est aux adolescents, nos élèves, auxquels je pense en écrivant ces lignes. Aux adolescents, filles et garçons, qui sentent confusément ou de manière absolument certaine qu'ils sont et seront homosexuels.

A quoi pouvaient penser ces jeunes filles et garçons en voyant et en écoutant des milliers de Français, avec, parmi eux peut-être, des parents qui ignorent tout de la sexualité de leurs propres enfants, défiler en hurlant leur opposition, pour beaucoup leur haine, au mariage pour tous, mais d'abord à l'homosexualité, cette "déviance", cette "inversion", cette "atteinte intolérable à l'ordre naturel de l'humanité"  ? Ne sont-ils pas, ces jeunes homosexuels, en droit d'avoir tout simplement peur face à ce déferlement d'intolérance  ?

J'ai eu, j'ai et j'aurai des élèves homosexuels. D'éducation traditionnellement catholique, baptisé, communié et confirmé, je peux concevoir les interrogations, les doutes, les interpellations légitimes. Je ne peux, en revanche, accepter les appels à l'ostracisation, à la stigmatisation, au rejet, à l'isolement, à l'enfermement dans des caricatures abominables amenant certains à comparer les homosexuels à des singes. A des singes!!!

Alors, pour mes élèves homosexuels, je veux me battre afin que leur droit à l'égalité de choix - celui de se marier ou pas civilement, celui d'adopter ou pas - leur soit reconnu comme il l'est déjà dans de nombreux pays très catholiques comme l'Espagne et le Portugal.

Je pense, ce 17 mai 2017, à ces centaines, peut-être ces milliers de filles et garçons moqués, insultés, traités de PD, de tapettes, de fiottes, de gouines, de goudous, de lopettes, d'invertis, de tarlouzes. Le corpus dans ce domaine est d'une "richesse" infinie. Au XXIème siècle le triangle rose a disparu. Les mots sont restés. La honte aussi.

Pour mes élèves homosexuels, je me battrai afin que soit effacée cette honte qui n'a pas lieu d'être. Je me battrai au nom de traditions familiales chrétiennes -  mais oui  - qui m'ont permis d'être d'abord à l'écoute, d'être d'abord dans le partage, d'être d'abord dans l'amour des autres et du prochain, quelle que soit son orientation sexuelle.

Pour mes élèves homosexuels, je défendrai et appelle à défendre la dignité à laquelle ils ont droit.

Pour tous mes élèves enfin, je me battrai pour construire une société civile tendant le plus possible vers l'égalité et vers la compréhension des uns entre les autres, hétérosexuels et homosexuels, dont le point commun est d'AIMER...

Christophe Chartreux

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FCPE : en éducation, il « faut sortir de la politique de yoyo mortifère »

17 Mai 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education

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EXTRAITS

Dans une lettre à Emmanuel Macron et dans un entretien à AEF, la FCPE fait part de ses inquiétudes quant au nouveau programme éducatif qui se profile.

La Fédération des Conseils de Parents d’Elèves  a adressé la semaine dernière une lettre à Emmanuel Macron, pour lui faire part de certaines de ses inquiétudes.

(...)

Interrogée par ailleurs par AEF sur une possible réforme des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires, les EPI, Liliana Moyano s’y montre également défavorable, car pour elle, tout comme pour les rythmes scolaires, c’est « s’attaquer à nouveau à des questions qui ont été très caricaturées. »

Enfin, pour ce qui est de la proposition d’Emmanuel Macron d’instaurer des classes de CP-CE1 à 12 élèves en éducation prioritaire, elle se demande avec quels moyens, et surtout si de fait, cela ne reviendrait pas à détricoter le dispositif « Plus de maîtres que de classes » mis en place en 2014, qui s’avère satisfaisant. Dans le programme éducation d’Emmanuel Macron en effet, les 5000 enseignants affectés actuellement au dispositif « Plus de maîtres que de classes » seraient réaffectés dès septembre prochain dans les classes de CP les plus défavorisées, en REP+.

Sandra Ktourza

A retrouver en entier en cliquant ci-dessous

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Que change la déclaration de Macron sur les classes bilangues?... (+ commentaire)

16 Mai 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Macron

Que change la déclaration de Macron sur les classes bilangues?... (+ commentaire)

«J’ai décidé de restaurer les classes bilangues. A partir de septembre prochain, les classes bilangues rouvriront en France.» Ainsi va ce tweet, balancé lundi après-midi, par Emmanuel Macron au premier jour de sa présidence. Cette annonce s’est retrouvée noyée dans une avalanche de messages postés en direct de Berlin où le nouveau chef de l’Etat s’est rendu pour saluer Angela Merkel. Une minute avant, le compte officiel du Président était sur le mode : «L’un et l’autre, nous sommes convaincus que nous avons besoin d’une vraie refondation de l’Europe.» Et trois minutes après : «La feuille de route doit donner une véritable efficacité à l’Union européenne. Il n’y aura pas de tabou sur les changements de traités.» A première vue, on pourrait trouver incongrue cette annonce concernant le système scolaire français au beau milieu d’une rencontre entre chefs d’Etat. En réalité, rien d’étonnant, tant ces classes ont une résonance diplomatique. Explication.

Qu’en est-il des classes bilangues : ont-elles été supprimées ?

Non, les deux tiers d’entre elles existent encore, même si elles sont inégalement réparties sur le territoire (leur nombre n’a pas changé à Paris, mais est en baisse dans l’académie de Caen par exemple). La réforme du collège, dans son esprit initial, devait pourtant les rendre exceptionnelles. Mais face au tollé suscité et à l’écho médiatique, les rectorats se sont engouffrés autant que possible dans le régime d’exception.

Rembobinons en version accélérée. Mars 2015, la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem présente sa réforme, vantant sa mesure phare : tous les élèves apprendront une deuxième langue vivante dès la cinquième, et non plus à partir de la quatrième. Du coup, avait-elle balayé d’une phrase, l’option bilangue, permettant d'apprendre deux langues dès la sixième, n’a plus de raison d’être. Cette option, bénéficiant à 16% des élèves, permettait parfois aux chefs d’établissement de faire des classes de niveaux, chères aux parents mais désastreuses en termes de mixité sociale. La suppression de l’option bilangue avait aussi une visée égalitaire : de fait, cette option revenait à rajouter des heures d’enseignement, et donc à donner plus à un petit nombre d’élèves, souvent issus de milieux favorisés.

Dès le départ, la ministre avait précisé que toutes les classes bilangues ne disparaîtraient pas. Quelques-unes devaient subsister, dans le cas où les élèves auraient commencé en primaire une autre langue que l’anglais. A l’époque, la ministre pensait surtout aux enfants de l’est de la France, apprenant souvent l’allemand en primaire. Mais en réalité, les rectorats qui avaient les ressources humaines nécessaires (comme Paris par exemple), se sont mis à proposer à la rentrée 2016 des enseignements d’allemand ou espagnol en primaire, et ainsi conserver ouvertes les sections bilangues au collège.

Pourquoi Macron fait-il cette déclaration depuis Berlin ?

Quand la réforme du collège a été présentée au printemps 2015, les réactions ont été très vives en France mais aussi… outre-Rhin. Inquiète de voir chuter le nombre de classes bilangues, la secrétaire d’Etat allemande Maria Böhmer avait même averti : «Ce projet ne doit pas voir le jour.» L’enjeu dépasse le cadre pédagogique, il est politique. Et diplomatique. Le traité de l’Elysée, qui lie depuis 1963 la France et l’Allemagne, prévoit explicitement que «les deux gouvernements s’efforc[ent] de prendre des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre d’élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande.» Ces classes bilangues anglais-allemand permettaient de doper les effectifs, en rameutant 11% des sixièmes.

Pour déminer les tensions, Najat Vallaud-Belkacem avait même nommé «une déléguée ministérielle au renforcement de l’apprentissage de l’allemand», clamant sur les plateaux télé qu’elle n’avait rien contre la langue allemande, bien au contraire. Rien d’étonnant donc que Macron, soucieux de soigner les relations avec le partenaire allemand, choisisse ce premier déplacement pour faire cette annonce.

Qu’avait dit Macron sur les classes bilangues jusqu’ici ?

Son programme était beaucoup moins affirmatif que ce tweet-annonce. Dans ses propositions de campagne, Macron proposait d’insuffler plus de «souplesse» (il dit aussi «autonomie») dans le système éducatif, et notamment dans l’application de la réforme du collège. Son équipe en charge du volet éducation, nous avait précisé pendant l’entre-deux-tours que l’apprentissage de la deuxième langue serait conservé dès la cinquième.

Mais qu’en revanche, les choses pourraient changer pour les 20% dégagés dans l’emploi du temps des élèves pour les enseignements pratiques interdisciplinaires (les fameux EPI), ces projets transversaux montés par deux ou trois profs. «Ce volume horaire de 20% demeure mais chaque établissement pourra décider de ce qu’il en fait : continuer les EPI, ou remettre en place des parcours bilangues, ou bien des enseignements de langues anciennes», expliquait alors Fanny Anor, membre de l’équipe de campagne. «Chaque conseil d’administration dans les collèges sera libre de décider et de s’organiser», ajoutait-elle, insistant sur cette idée chère à Emmanuel Macron de laisser plus de liberté aux équipes. Ce tweet-annonce semble beaucoup plus directif.

Marie Piquemal

Commentaires:

"Vouloir remplacer des heures en petit groupe pour tous par 1 bonus pour une minorité, c'est attaquer la méritocratie " Agathe Cagé

1/3 des classes bilangue n'ont pas disparu;

+6,1% de germanistes au collège;

+7,9% de débutants allemand LV2 depuis entre 2015 et 2016

A qui Monsieur Macron a-t-il voulu faire plaisir?...

Christophe Chartreux

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Stephan Eicher...

16 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Fernando Pessoa...

16 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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La grammaire, qui définit l'usage, établit des divisions légitimes mais erronées. Elle distingue, par exemple, les verbes transitifs et intransitifs ; cependant, l'homme sachant dire devra, bien souvent, transformer un verbe transitif en verbe intransitif pour photographier ce qu'il ressent, et non, comme le commun des animaux-hommes, pour se contenter de le voir dans le noir. Si je veux dire que j'existe, je dirai : " Je suis. " Si je veux dire que j'existe en tant qu'âme individualisée, je dirai : " Je suis moi. " Mais si je veux dire que j'existe comme entité, qui se dirige et se forme elle-même, et qui exerce cette fonction divine de se créer soi-même, comment donc emploierai-je le verbe être, sinon en le transformant tout d'un coup en verbe transitif ? Alors, promu triomphalement, antigrammaticalement être suprême, je dirai : " Je me suis. " J'aurai exprimé une philosophie entière en trois petits mots. N'est-ce pas infiniment préférable à quarante phrases pour ne rien dire ? Que peut-on demander de plus à la philosophie et à l'expression verbale ?

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12 élèves par classe et détricotage du“Plus de Maîtres que de Classes”...

16 Mai 2017 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

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C'était une promesse phare du candidat Macron : réduire les classes de CP et de CE1 à 12 élèves dans les réseaux d'éducation prioritaire. Elle devrait être esquissée en septembre.

Alors maintenant que le président a pris ses fonctions et que nous attendons la nomination du gouvernement en fin de journée, a-t-on la certitude que cette proposition sera réalisée dès septembre ? Elle le sera en partie seulement. Pour passer à douze élèves en CP-CE1 en Réseau d'éducation prioritaire (REP), il faut dédoubler les classes et donc en créer 12 000. Or c'est impossible en totalité dès la rentrée de septembre.

La mesure devrait s'appliquer dans un premier temps à tous les élèves de CP des REP+, c'est-à-dire les Réseaux d'Éducation Prioritaires les plus en difficulté et une partie des CP de REP. Le président veut utiliser les 5 000 postes du dispositif "Plus de maîtres que de classes" dès septembre. Ce dispositif, créé en 2013, devait être généralisé à la rentrée. Il disparaîtrait donc avant d'avoir même d'avoir été évalué, ce que dénoncent les syndicats et ce que regrettent de nombreux enseignants.

Le tx d’encadrement est "la bonne question à poser" ms remplacer dispositif serait "une erreur politique".

Des écoles à flux tendus

Par la suite, 5 000 postes devraient être créés et 2 000 redéployés, sans que l'on sache pour l'instant d'où ils proviendraient. On arriverait ainsi aux 12 000 postes de professeurs nécessaires. Reste un problème : les locaux. Certaines écoles sont déjà à flux tendu et ne disposent pas de salle de classe supplémentaire. Emmanuel Macron a annoncé une aide aux communes pour leur permettre de réaliser des travaux d'aménagement. Le montant a fluctué au cours du temps. 50 millions, 150 ou plus récemment 200 millions d'euros.

Tout reste encore à préciser. Dernièrement, l'entourage du nouveau président a expliqué que les écoles seraient libres de fonctionner avec deux maîtres dans une classe, plutôt qu'en demi-classe si elles le souhaitaient. C'est-à-dire exactement le dispositif déjà en place.

Des instructions devraient être données aux recteurs dans la circulaire de rentrée.

Sonia Bourhan

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Najat Vallaud-Belkacem appelle son successeur à rester dans la « continuité »...

16 Mai 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Politique

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EXTRAITS

Dans un "mémorandum" adressé à son successeur, Najat Vallaud-Belkacem liste "10 enjeux clés". Elle lui conseille de faire preuve de tenacité, et de "continuer à faire, sans défaire", dans "la continuité".

« La continuité n’est ni un aveu d’impuissance ni un renoncement »

« accepter de continuer à faire, sans défaire ».

Dans sa lettre, la ministre sur le départ liste 10 « enjeux clés pour l’École dans les dix prochaines années ». Les 3 premiers sont la formation des enseignants ; l’extension de la scolarité obligatoire à 3 ans ; et l’encouragement de l’innovation, du numérique et de l’autonomie des équipes pédagogiques.

Pour la ministre, il faudra aussi « engager une réforme globale » du lycée ; réformer les lycées en éducation prioritaire et amplifier la mixité sociale ; mobiliser autour des valeurs de la République ; « développer le bien-être » des élèves et lutter contre le décrochage ; « ouvrir l’École à la société » (parents d’élèves, collectivités locales, associations et entreprises), « démocratiser » l’enseignement supérieur ; et faire de la recherche « une priorité », « au service de l’innovation dans toute la société française ».

« puisse ce mémorandum aider dans cette tâche celles et ceux qui auront la responsabilité de cette belle et grande maison (le ministère de l’Education, ndlr) qui est, plus que jamais, le cœur battant et l’avenir de la République ».

Najat Vallaud-Belkacem conseille à celui qui lui succédera, de « consacrer du temps, de la patience et de la pédagogie » au débat sur l’éducation, afin que le grand public « perçoive le sens de l’action conduite ».

« il faudra affronter au quotidien, sans se désespérer ni rien mépriser, un bruit de fond fait de polémiques permanentes, de faits divers élevés au rang de généralités qui feront foi bien davantage que tous vos faits, chiffres et arguments toujours suspects de manipulation ». 

« il faudra se battre, ligne à ligne, contre les difficultés de l’opinion ».

Enfin, Najat Vallaud-Belkacem conseille à son successeur de « travailler avec l’ensemble des acteurs de la communauté éducative », et de « persévérer dans l’action ».

Fabien Soyez

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Anne Dufourmantelle «La perversion du langage empêche de sortir de la colère sociale»...

16 Mai 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Philosophie

Anne Dufourmantelle «La perversion du langage empêche de sortir de la colère sociale»...

La mobilisation colérique a marqué cette campagne présidentielle. Mais pour l’auteure de la «Puissance de la douceur», la colère doit être écoutée, et, pour la dépasser, le dialogue et le débat démocratique s’imposent. Encore faut-il que les mots aient un sens.

Les éclats de voix et les coups d’éclat n’ont pas manqué pendant la campagne, et le vote protestataire a rassemblé largement à droite comme à gauche pour constituer un front «antisystème». Laurent Fabius, en installant Emmanuel Macron dans sa fonction de président de la République, a dit que le temps «d’apaiser les colères» était venu. Alors même que cette colère électorale, politique ou sociale prend de plus en plus de place et semble ne plus vouloir s’éteindre, ne laissant aucune place à ce que l’on appelait autrefois «l’état de grâce». Dès, le lendemain de l’élection, la première manifestation de l’ère Macron s’est déroulée à Paris. Pour la philosophe et psychanalyste, Anne Dufourmantelle, la première condition de l’apaisement est une capacité au dialogue qui ne peut exister alors que nous sommes plongés dans une époque de grande perversion du langage. Quand les mots échangés disent le contraire de ce qu’ils sont censés dire, la société se retrouve dans une impasse, confrontée à une colère sans fin.

La colère sous toutes ses formes, personnelle ou collective, a marqué la campagne présidentielle et semble être disqualifiée. Est-elle hors-jeu, hors débat ?

La colère est une émotion, mais c’est aussi le fruit d’une pensée. En parlant des individus ou masses en colère, on cherche à les discréditer. On réduit leur sentiment à une pulsion ou à un instinct qui ne peut ainsi accéder à la dignité d’une réaction à l’injustice, ce qui est tout de même sa première raison d’être. La «colère» qui s’est fait jour contre les partis de gouvernement n’est pas à négliger, sans quoi le ressentiment va se creuser. Le risque est de voir la colère se cristalliser en haine ou bien faire retour sur les sujets en les enfonçant plus encore dans le découragement. Ce qui ne promet que de la violence.

D’où vient-elle ?

La colère portée par un individu ou par un groupe vient le plus souvent d’un sentiment de déception ou de trahison. Et de ce point de vue, elle est saine et sainte. Elle exprime un élan vital, un éros, qui sort les sujets de la déréliction, de la morbidité. On est du côté de la vie beaucoup plus que de la mort. La colère est un moyen d’échapper à la mélancolie. S’il n’a pas un objet sur lequel il va «passer sa colère», l’individu risque de la retourner contre lui-même. On dit qu’il y a beaucoup de colère en France, mais c’est peut-être préférable à une situation de résignation léthargique grosse de haines futures. La colère est une sorte de fièvre, le signe d’une crise. On peut faire baisser la température momentanément, mais pour guérir, il faut aller en chercher la cause. Si on s’arrête au symptôme, on peut mettre en danger l’organisme, car le corps social comme le corps humain n’a plus de moyen de s’exprimer.

(...)

Quand il n’y a plus de mots, la rage vient ?

La colère s’accompagne souvent d’un manque de mots pour la dire. Il y a une distorsion de la parole. Les mots justes sont empêchés d’être dits, ou n’arrivent pas à être formulés, dépassent l’intention du sujet. Le danger est là quand la colère se cristallise en haine ou en rage. On entend bien «FHaine» dans FN. D’où peut-être leur récente idée de changer de nom. Dans la paranoïa, la haine permet au sujet de se donner une raison d’être. L’autre devient le bouc émissaire chargé de toutes les frustrations et angoisses de sujets en mal de reconnaissance. La haine permet de retourner un complexe d’infériorité en toute puissance possible contre un tiers. L’attrait immense de la haine vient de ce qu’elle permet à des sujets psychiquement fragiles de trouver un sens à leur frustration et leur impuissance. Elle permet d’échapper au chaos interne qui les menace.

(...)

Comment peut-on dépasser sa colère ?

On en sort par le langage, le dialogue avec l’autre pour obtenir la reconnaissance de la légitimité de son point de vue. Et là, nous nous heurtons à une difficulté pratiquement insurmontable dans notre société, c’est la perversion du langage. C’est moins des expressions que le sens des mots qui est retourné ou dévoyé. On dit «réaliste» quelqu’un qui se conforme à l’idéologie dominante, on dit «évaluer» quand, en réalité, on dévalue en encourageant la délation, on appelle «progrès» toute transgression quelle qu’elle soit, on parle «de protéger les gens» quand, en réalité, on les contrôle, on qualifie soudain de «plébiscite» ce qui était un «barrage» la veille, on dit «se mettre en disponibilité» quand on est placardisé en entreprise et que celle-ci ne licencie pas mais se «restructure», on appelle «réforme» des dérégulations et «révolution» l’actualisation de l’hégémonie économique sur la politique.

(...)

C’est un langage vide ?

C’est pire qu’un langage vide, c’est pire que le cynisme, c’est un langage pervers. Le risque - ou l’intérêt d’un Etat comme d’un sujet qui ne veut pas répondre à une demande de justice - alors est de ne laisser comme porte de sortie que la violence, la lutte armée, les affrontements des «casseurs». «On a que ça», disent-ils. Si les mots ne sont pas communs, si les mots n’ont plus de sens, le socle d’une compréhension commune disparaît, et nous nous retrouvons dans une société bloquée. D’autant que l’institution ne peut sortir de cette situation, c’est aux individus de refuser cette perversion pour retisser un dialogue efficient, qui convertit la colère non pas en haine mais en relation de deux intelligences loyales. Pour sortir de la colère, si on ne peut remédier à ce qui l’a provoquée, à ses causes profondes, il faut au moins créer un espace-temps un peu préservé et des conditions matérielles de dignité a minima, c’est-à-dire des conditions qui permettent de la supporter et de l’alléger, voir de retrouver une forme de sérénité. On ne peut pas demander à un sujet de dépasser sa colère sans qu’il ait un espace de reconnaissance un peu sauvegardé d’où il pourra la transcender et tâcher de la comprendre plutôt que d’y céder.

Philippe Douroux

L'entretien est à retrouver dans son intégralité ci-dessous

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Projet de rythmes scolaires à la carte : "Une logique purement libérale et financière", selon la FCPE...

15 Mai 2017 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Politique

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Franceinfo : Quelle est votre réaction face au projet d'Emmanuel Macron de permettre aux communes de revenir sur la réforme des rythmes scolaires ? 

Liliana Moyano : Pour nous, c'est un très mauvais signal donné par le président élu. Emmanuel Macron reviendrait ainsi sur le rythme des cinq matinées dans le primaire, pourtant reconnu par tous les spécialistes comme plus favorable à l'apprentissage des enfants que l'organisation en quatre jours. Ce n'est pas négociable ! Quels que soient leurs ancrages sociaux ou géographiques, il faut donner aux enfants les mêmes conditions pour apprendre, et les mêmes chances de pouvoir pratiquer des activités périscolaires [artistiques ou sportives].

Là, on est purement dans une approche libérale et financière. Visiblement, Emmanuel Macron n'a pas entendu ce que la présidentielle nous a dit sur les fractures en France. Le message directement financier envoyé en direction des élus est très inquiétant. Ceux qui vont souffrir en premier sont les enfants des familles les plus fragilisées et des territoires les plus abandonnés. L'éducation à la carte n'est pas acceptable.

Il n'est pas possible de toucher aux rythmes scolaires ?

Il n'y a pas encore de bilan sur la dernière réforme mise en place, dont l'organisation vient juste de se stabiliser ! Il faut lui laisser le temps de faire son effet. Les pays qui réussissent, qui ont de bons résultats en matière d'éducation, sont ceux qui mènent un projet sur vingt ans, pas ceux qui remettent tout en cause tous les cinq ans.

La proposition d'Emmanuel Macron est partie d'un constat avéré : certaines communes n'ont pas les moyens de financer les activités périscolaires ou de les organiser. Que répondez-vous à cela ?

C'est vrai qu'il y a des communes où ça passe mal. Il faut faire un bilan, et, surtout, simplifier le fonds d'aide fléché pour soutenir les projets des communes sur les activités périscolaires. Un bilan a été fait sur l'utilisation de ce fonds il y a deux mois, il n'était dépensé qu'à 50% ! Seuls 200 millions d'euros sur 400 avaient été dépensés. 

Le problème avec ce fonds, c'est que seules les collectivités avec des services conséquents peuvent y recourir. Pour l'instant, les petites communes renoncent souvent à monter ces dossiers parce que c'est trop compliqué. Nous demandons que ces sommes soient déployées plus facilement : on ne peut pas être dans une France à deux vitesses.

Anne Brigaudeau

Article entier à retrouver ci-dessous

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