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Vivement l'Ecole!

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Hamon veut un milliard par an pour la recherche et l'enseignement supérieur...

7 Mars 2017 , Rédigé par Sciences et Avenir Publié dans #Education, #Université

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LP/Olivier Lejeune

Benoît Hamon, candidat socialiste à la présidentielle, a proposé samedi d'investir un milliard d'euros par an dans la recherche et l'enseignement supérieur lors du prochain quinquennat, épinglant aussi des propositions d'Emmanuel Macron comme "irruption du libéralisme dans l'éducation".

Interpellé plusieurs fois au cours d'une réunion publique à Reims sur ses mesures en matière d'éducation et de recherche, M. Hamon a exprimé sa volonté de "consacrer des investissements importants", à savoir "un milliard d'euros par an" pour "la recherche et l'université, ce qui sur le quinquennat fera un investissement de 5 milliards d'euros".

"Ce n'est pas possible d'étudier dans de bonnes conditions quand on reçoit une leçon magistrale dans un amphithéâtre bondé. C'est la réalité dans de nombreuses universités et cela précipite l'échec", a souligné celui qui fut brièvement ministre de l'Education (avril-août 2014) avant son départ du gouvernement.

"Non pas que le gouvernement n'ait pas agi", a encore plaidé M. Hamon, citant "l'effort qui a été fait sur ce quinquennat en faveur des universités", "l'amélioration de l'aide sociale aux étudiants" ou "la réforme des COMUE (Communauté d'universités et d'établissements, ndlr)". "Mais il faut aller encore plus loin", a-t-il insisté.

"La deuxième chose, c'est le statut des chercheurs, des enseignants post-doctorat, dans tous les métiers de l'université, on se rend compte qu'il y a énormément de précarité qui se ressent sur la qualité des cours", a assuré le candidat socialiste, qui veut revaloriser les carrières.

M. Hamon s'est aussi dit "frappé de voir comment la recherche publique aujourd'hui est obsédée par la recherche au financement (...) pour parfois délaisser ce qui devrait être le travail du chercheur". Il a souhaité "donner de la stabilité et de la visibilité à la recherche publique" en gonflant substantiellement l'enveloppe allouée.

"Pour faire simple, il n'y aura pas d'alternative demain aux pesticides s'il n'y a pas de recherche pour trouver des substituts", a-t-il encore souligné, pour justifier d'en faire "la priorité absolue" s'il est élu.

M. Hamon en a profité pour décocher une flèche en direction du candidat d'En Marche! et ancien ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui a multiplié récemment les propositions en matière d'éducation.

"Je suis tombé de ma chaise quand j'ai appris qu'Emmanuel Macron proposait la liberté pour les écoles de fixer les rythmes scolaires et la liberté de recruter les enseignants", a grincé M. Hamon.

"Mais où croyez-vous qu'iront les meilleurs ? Là où sont déjà les meilleurs", a assuré ce député des Yvelines.

"Que croyez-vous que seront les rythmes éducatifs ? Ce sera des écoles avec chacun son rythme. Et comment organisera-t-on le service public? Cela sera l'irruption du libéralisme dans l'Education nationale. (...) Oublions l'égalité", a-t-il encore tempêté.

Et le candidat socialiste de promettre, lui, de "hisser l'école, le collège et le lycée à des niveaux qui permettent effectivement d'assurer l'égalité, et pas seulement d'en parler".

Durant l'heure et demie de questions-réponses, M. Hamon a notamment réaffirmé son soutien à "la procréation médicalement assistée pour les couples de lesbiennes", se disant "pas favorable à la gestation pour autrui".

Interrogé par les journalistes sur les derniers rebondissements de l'affaire Fillon, M. Hamon s'est refusé à commenter, considérant que cela parasite la campagne et empêche de débattre sur le fond. "Je ne parlerai plus de Fillon", a-t-il coupé court, visiblement excédé.

Sciences et Avenir (Avec AFP)

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Le journal de France 2 caution du complotisme?... Dix enseignantes et enseignants interpellent la rédaction de France 2

6 Mars 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

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Michel Field

                                                                                    Directeur exécutif de l'information

                                                                                             France Télévision

Lundi 6 mars 2017

Objet : édition de 20 h du journal de France 2 / dimanche 5 mars / caution au complotisme

Monsieur,

            Enseignant-es, nous avons regardé l'interview de François Fillon par Laurent Delahousse , dimanche 5 mars lors de l'édition de 20 h. Nous tenons à vous faire part de notre inquiétude quant aux manquements à la déontologie dont ces journalistes ont fait preuve et leurs conséquences sur notre travail auprès des jeunes.

            Une des difficultés de notre métier est de donner aux élèves les outils pour identifier et déconstruire les scénarios complotistes afin qu'ils prennent leurs distances avec. Nous attendons du service public de l'audiovisuel qu'il nous aide dans cette démarche, et au moins qu'il ne renforce pas l'état d'esprit qui aboutit à ces thèses. C'est pourtant ce qu'ont fait les deux journalistes dans cet entretien.

            Ainsi, une question posée par Laurent Delahousse cautionne-t-elle la vision complotiste de « l'affaire Fillon » que le candidat Les Républicains entretient. Sans aucun recul critique, le journaliste demande : « Avez-vous une idée de qui a orchestré tout cela? ». Que François Fillon préfère nourrir l'idée d'une conspiration contre lui plutôt que de présenter les preuves éventuelles du travail effectif de sa femme et de ses enfants est à la limite compréhensible – à défaut d'être très convaincant. Mais qu'un journaliste, tenu à une déontologie encore plus stricte quand il fait partie du service public, entretienne auprès du public par la formulation même des questions qu'il pose l'idée que le travail de la justice, quand il concerne des responsables politiques, serait orchestré par un esprit malin travaillant dans l'ombre, voilà qui est inacceptable.

            De la même façon, François Fillon a affirmé que des chaînes télévisées avaient annoncé mercredi 1er mars le suicide de sa femme. Les journalistes ne lui ont pas demandé de références précises, ne l'ont pas relancé sur le sujet, cautionnant par leur silence une nouvelle thèse complotiste dont la caractère mensonger a depuis été prouvé.

            Ainsi donc le service public d'information a-t-il cautionné ce dimanche soir une vision conspirationniste de la justice, des médias et de la politique. Comment, dans ces conditions, exiger de nos élèves qu'ils et elles adoptent un recul critique face aux théories du complot qui peuvent les séduire ? Notre expérience le montre : ces théories séduisent notamment des jeunes qui sont curieux de notre monde, se posent des questions, ne trouvent pas toutes les réponses satisfaisantes à l'école et les cherchent dans des médias présentant des visions complotistes de l'histoire, de l'économie, de la politique ou de la justice. L'édition de 20 h de dimanche soir a alimenté ces fantasmes.

            Nous vous interpellons donc afin que vous interveniez rapidement. Nous ne cherchons pas de chasse aux sorcières, mais les deux journalistes doivent être mis face à leurs responsabilités, et avertis clairement sur les conséquence de leur manquement à la déontologie. Une prochaine édition du 20 heures doit par ailleurs amener un correctif à ces cautions au complotisme, et permettre aux journalistes de présenter leurs excuses, d'alerter sur la force séductrice du conspirationnisme et de rappeler que les questions d'un journaliste reposent sur une vision subjective sur laquelle Laurent Delahousse n'a eu aucun recul critique.

            D'une façon générale, nous pensons et nous enseignons à nos élèves que la déontologie journalistique inclut la présomption d'innocence et le respect de la personne interrogée ; mais aussi la confrontation des points de vue et l'esprit critique. En renonçant à ces deux dernières règles et en alimentant les thèses complotistes, les journalistes doivent assumer qu'ils transgressent les règles que nos élèves pensent respectées – et que nous leur demandons de respecter. Pourquoi ces deux journalistes devraient-il être au-dessus de la déontologie ?

            En espérant que vous comprendrez notre inquiétude et saurez y répondre rapidement et efficacement, nous vous prions d'agréer, Monsieur, l'expression de nos salutations distinguées,

Vincent Casanova, Grégory Chambat, Laurence De Cock, Hayat El Kaaouachi, Anaïs Flores, Éric Fournier, Fanny Layani, Florine Leplâtre, Jérôme Martin, Servane Marzin,

                                                                                            enseignantes et enseignants.

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Stromae...

6 Mars 2017 , Rédigé par christophe

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Coup de coeur... Annie Ernaux...

6 Mars 2017 , Rédigé par christophe

 

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Il y a vingt ans, je me suis trouvée à faire des courses dans un supermarché à Kosice, en Slovaquie. Il venait d’ouvrir et c’était le premier dans la ville après la chute du régime communiste. Je ne sais si son nom – Prior – venait de là. À l’entrée, un employé du magasin mettait d’autorité un panier dans les mains des gens, déconcertés. Au centre, juchée sur une plate-forme à quatre mètres de haut pour le moins, une femme surveillait les faits et gestes des clients déambulant entre les rayons. Tout dans le comportement de ces derniers signifiait leur inaccoutumance au libre-service. Ils s’arrêtaient longuement devant les produits, sans les toucher, ou en hésitant, de façon précautionneuse, revenaient sur leurs pas, indécis, dans un flottement imperceptible de corps aventurés sur un territoire inconnu. Ils étaient en train de faire l’apprentis- sage du supermarché et de ses règles que la direction de Prior exhibait sans subtilité avec son panier obligatoire et sa matonne haut perchée. J’étais troublée par ce spectacle d’une entrée collective, saisie à la source, dans le monde de la consommation.

Je me rappelais la première fois où je suis entrée dans un supermarché. C’était en 1960 dans la banlieue de Londres et il s’appelait simplement Supermarket. La mère de famille qui m’employait comme fille au pair m’y avait envoyée, munie d’une poussette de marché – ce qui me déplaisait –, avec une liste de denrées à acheter. Je n’ai pas le souvenir précis de mes pensées et de mes sensations. Je sais seulement que j’éprouvais une certaine appréhension à me rendre dans un endroit qui m’était étranger à la fois par son fonctionnement et par la langue que je maîtrisais mal. Très vite j’ai pris l’habitude d’y flâner en compagnie d’une fille française, au pair elle aussi. Nous étions séduites et excitées par la diversité des yaourts – en phase anorexique – et la multiplicité des confiseries – en phase boulimique – nous octroyant alors la liberté d’engloutir dans le magasin le contenu d’un paquet de Smarties sans passer à la caisse.

Nous choisissons nos objets et nos lieux de mémoire ou plutôt l’air du temps décide de ce dont il vaut la peine qu’on se souvienne. Les écrivains, les artistes, les cinéastes participent de l’élaboration de cette mémoire. Les hypermarchés, fréquentés grosso modo cinquante fois l’an par la majorité des gens depuis une quarantaine d’années en France, commencent seulement à figurer parmi les lieux dignes de représentation. Or, quand je regarde derrière moi, je me rends compte qu’à chaque période de ma vie sont associées des images de grandes surfaces commerciales, avec des scènes, des rencontres, des gens.

Je me rappelle :

Carrefour avenue de Genève à Annecy, où en mai 1968 nous avons rempli à ras bord un chariot – pas encore « caddie » – parce qu’on craignait la pénurie totale de vivres.

l’Intermarché de La Charité-sur-Loire, à l’écart de la ville, avec son panneau « Les Mousquetaires de la Distribution », la récompense des enfants l’été après les visites de châteaux et d’églises, comme l’était pour eux le passage au Leclerc d’Osny après la classe. Ce même Leclerc où j’ai rencontré plus tard d’anciens élèves que je ne reconnaissais pas tout de suite, où des larmes me sont venues en pensant que je n’y achèterais plus jamais de chocolat pour ma mère qui venait de mourir.

Major au pied du rocher de Sancerre, Continent sur les hauteurs de Rouen près de l’université, Super-M à Cergy, enseignes dont la disparition accentue la mélancolie du temps.

le Mammouth d’Oiartzun où nous ne sommes jamais allés malgré notre désir d’y faire provision de chorizo et de touron avant la frontière – mais il était toujours trop tard – et qui était devenu une private joke familiale, le symbole du contretemps et de l’inaccessible.

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Un prof étudie ce que sont devenus ses anciens élèves de Seine-Saint-Denis... (+ video)

6 Mars 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

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EXTRAIT

Le sociologue Fabien Truong a suivi dix ans durant le parcours dans l’enseignement supérieur d’une vingtaine de ses anciens lycéens de Seine-Saint-Denis. Entretien.

Ancien professeur de lycée en Seine-Saint-Denis et ­socio­logue, Fabien Truong a suivi pendant dix ans le parcours dans l’enseignement supérieur d’une vingtaine d’anciens élèves. Dans Jeunesses françaises. Bac + 5 made in banlieue (La Découverte, 2015), il raconte leurs parcours, entre dépassement de soi et mépris de classe.

Les élèves de banlieue que vous faites parler dans ­votre livre ont tous suivi des études dans le supérieur. Quelles difficultés y ont-ils rencontrées ?

Les jeunes banlieusards tendent à cumuler plusieurs stigmates : le mépris de classe, l’illégitimité culturelle, l’origine ­migratoire, le racisme, les difficultés territoriales et, depuis une quinzaine d’années, la question de l’islam. Les élèves que je fais parler dans cet ouvrage se souviennent tous du premier moment où leur illégitimité a été brutalement exposée, une fois le bac en poche.

Comme Sara, par exemple : mention bien au bac, étudiante à Sciences Po, invitée à participer à un dîner d’étudiants de première année. Quand elle explique qu’elle ne boit pas d’alcool parce qu’elle est musulmane, le débat se déplace inévitablement sur l’islamisme et le terrorisme. La violence sociale de cet événement montre bien les difficultés éprouvées par ces jeunes quand ils traversent les multiples frontières de notre société.

Mais ces premiers moments, si violents soient-ils, ne doivent pas masquer une autre dynamique qui se met en place : celle du cheval à bascule. Les êtres ­sociaux ne vivent pas que dans cette violence sociale. Ils apprennent aussi à faire des allers-retours entre anciens et nouveaux univers. C’est ce que j’ai pu observer sur le temps long.

(...)

Même en ayant joué le jeu des études, ces jeunes ne sont pas à l’abri des aléas du marché de l’emploi

Oui, c’est vrai, et il y a parfois le sentiment que les études ne paient pas, même si ce n’est pas vrai, à long terme. Cette angoisse vis-à-vis de la rentabilité des études explique le succès grandissant des écoles privées post-bac auprès des classes ­populaires urbaines. Dans mon livre, j’aborde la question des business schools privées qui vendent le fait qu’elles garantissent un emploi à la sortie.

Ce discours attire évidemment de plus en plus de jeunes pour qui les études sont un passeport vers une mobilité sociale espérée. Nous n’avons pas de ­recul sur ces formations qui se multiplient.

Vous n’utilisez pas le terme de « classes sociales » pour ­expliquer ces trajets sociaux. Pourquoi ?

Je parle de « trajectoires sociales » – mais les classes sociales n’ont, bien évidemment, pas ­disparu. Quand vous grandissez dans un milieu populaire, l’une des premières expériences est celle du manque matériel et cela change votre rapport au désir et au temps.

Dans mon livre, j’essaie d’analyser les différents stigmates des classes populaires et de voir à quoi ils sont liés : à la migration, au mépris de classe… Ce qui est intéressant, c’est l’« intersectionnalité », comment tout cela se croise, sans s’additionner mécaniquement.

Marine Miller
Journaliste au Monde

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Exposition « Shoah et bande dessinée » : la force des images pour raconter l’indicible... (+ videos)

6 Mars 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Histoire

Jusqu’au 30 octobre 2017, le Mémorial de la Shoah fait découvrir, notamment aux collégiens et lycéens, comment l'Holocauste a été représenté par le 9e art.

L’idée d’une exposition sur la représentation de la Shoah à travers la BD, portée par Didier Pasamonik, éditeur de bandes dessinées, et Joël Kotek, historien, était dans les cartons du Mémorial de la Shoah depuis une bonne dizaine d’années. Jusqu’au 30 octobre 2017, les visiteurs pourront découvrir 190 planches, pour la plupart originales, abordant la question du génocide (juif, mais aussi arménien, tutsi, tzigane…).

Au total, les oeuvres de 90 auteurs sont exposées au Mémorial de la Shoah, à Paris. Elles permettent de découvrir d’une façon pédagogique, comment le “9e art” a représenté l’Holocauste.

Shoah et bande dessinée” retrace l’historique de la représentation de l’indicible dans la BD : au départ, au lendemain de la guerre, les artistes dessinent la Shoah d’une façon réfractée (à travers des métaphores, ou d’une manière très fugace), puis ils décident de la montrer clairement à partir de 1955, avec “Master Race”, de Bernard Krigstein, jusqu’à l’oeuvre la plus connue : “Maus”, d’Art Spiegelman (1986).

Toutes ces oeuvres sont à retrouver lors de l’exposition, au milieu d’une multitude d’autres bandes dessinées de grande qualité, qui permettent de se plonger dans l’Histoire à travers le dessin. De la BD franco-belge aux Comics, en passant par les mangas, le visiteur constatera à quel point la Shoah a marqué la narration graphique, longtemps considérée comme réservée aux enfants.

(...)

Fabien Soyez

Pour en savoir plus, cliquer ci-dessous

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A Lire... Analyser les opinions politiques sur Internet...

6 Mars 2017 , Rédigé par La Vie des Idées Publié dans #Politique

 

La politique en 140 caractères

À propos de : Julien Boyadjian, Analyser les opinions politiques sur internet. Enjeux théoriques et défis méthodologiques, Dalloz

Comment lire et mesurer les opinions politiques exprimées sur les réseaux sociaux ? Le politiste Julien Boyadjian tente de répondre en dressant le profil sociologique des « twittos politiques ».

Recensé : Julien Boyadjian, Analyser les opinions politiques sur internet. Enjeux théoriques et défis méthodologiques, Paris, Dalloz, 2016, 400 p., 60 €.

 

L’élection de Donald Trump, le 8 novembre 2016, a une nouvelle fois montré les limites prédictives des enquêtes sur les opinions électorales et politiques. Cela avait déjà été le cas lors de l’élection présidentielle française de 2002, ou plus récemment lors du Brexit, en juin 2016. Sans que cela soit formulé explicitement, le travail de Julien Boyadjian est traversé par un questionnement sur la faillite des sondages et, surtout, de leur interprétation.

Selon l’hypothèse au commencement de cette enquête, Twitter serait un dispositif socio-numérique permettant une mesure plus fiable des opinions politiques que les traditionnels sondages d’opinion. Le pari de Julien Boyadjian est d’autant plus intéressant que la plateforme de micro-blogging est plus souvent étudiée pour sa capacité à renouveler la délibération publique ou ses logiques de viralité [1] qu’en tant que relais d’opinions politiques. L’auteur propose de mobiliser les outils du web-tracking, développés par les professionnels du marketing et de la veille stratégique afin de collecter et d’analyser les grandes quantités d’opinions politiques émises sur Twitter. Son propos vise à « démontrer au lecteur la plus-value heuristique de ce nouveau matériau et de ses nouveaux outils de mesure et d’analyse, tout en explicitant les conditions nécessaires à la réussite de cette “importation” en sociologie politique » (p. 3).

Sociologiser les opinions politiques numériques

Grâce à ces instruments, Julien Boyadjian espère dépasser la critique que fait Pierre Bourdieu de l’opinion publique sondagière (voir encadré) [2]. Avec Twitter, les opinions politiques étudiées ne seraient, selon lui, plus altérées par les questionnements imposés par le chercheur ni par le processus d’observation, vu qu’elles sont générées hors de toute enquête. Il y voit aussi deux autres intérêts : la possibilité de travailler sur ces opinions a posteriori, sans les reconstruire artificiellement ; et celle de retracer les logiques de consommation et de circulation des messages.

Les quatre principales critiques de Bourdieu à l’opinion publique sondagière

  1. La technique de sondage suppose que tout le monde puisse avoir une opinion. Or, selon le sociologue français, les inégalités socioculturelles provoquent un sentiment d’incompétence qui peut pousser certains citoyens à ne pas répondre aux enquêteurs.
  2. Les sondages supposent que toutes les opinions se valent. Or, Bourdieu montre qu’il existe différents degrés de compétence politique, et les opinions sont relatives aux fonctions et positions sociales de chacun des répondants.
  3. Les enquêtes d’opinion publique par sondage supposent un accord sur les questions qui méritent d’être posées. Or les enquêtés ne se sont, la plupart du temps, jamais posé les questions formulées par les sondeurs, encore moins dans les termes employés. Les problématiques politiques sont donc imposées par les instituts de sondage, selon Bourdieu.
  4. Les réponses données par les sondés sont influencées par nombre de facteurs : les mots choisis pour poser les questions ou formuler les réponses possibles (et leurs connotations), l’ordre des questions, etc. Or, le sociologue souligne que les possibilités de réponse sont infinies.

Prudent, il ajoute néanmoins qu’il est nécessaire de situer socialement et politiquement ces opinions en suivant un panel d’utilisateurs. Son travail sociologique s’appuie alors, selon les règles classiques de la représentativité scientifique, sur un questionnaire recueillant les données sociodémographiques des internautes et leurs préférences politiques, c’est-à-dire les motivations et l’identité sociale des individus prenant la parole. Par là, il serait possible, selon l’auteur, d’éviter le second écueil dénoncé par Bourdieu : l’homogénéisation des opinions politiques. Au contraire, cette démarche permettrait à ses yeux d’évaluer la force de chaque tweet, selon les déterminants sociaux et culturels de son auteur, mais aussi selon sa circulation. En fin de compte, Julien Boyadjian conçoit la construction des opinions politiques à la croisée de facteurs conjoncturels et structurels, selon une logique de marché qui articule l’offre d’informations et d’opinions (journalistes, médias, hommes politiques, bloggeurs, etc.) et les caractéristiques de la demande (l’attitude politique des utilisateurs de twitter – les « twittos » – à un moment t).

(...)

Antoine Faure

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Najat Vallaud-Belkacem : "Pour l’intérêt des élèves, il faut continuer dans l’action"

6 Mars 2017 , Rédigé par La Nouvelle République Publié dans #Education

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Photo Frédéric Stucin pour Libération (lien en bas de page)

Les lycées professionnels ont longtemps souffert d’une mauvaise réputation. Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche depuis plus de deux ans et demi, Najat Vallaud-Belkacem a cherché à revaloriser cette filière par le biais de différentes dispositions. La dernière en date est la mise en place à la rentrée de 500 nouvelles formations. Elle les présente à Tours ce lundi.

Entretien relu et amendé par Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Najat Vallaud-Belkacem se rend au lycée des métiers Henri-Becquerel à Tours ce lundi avant de se rendre à l’université François-Rabelais de Tours avec le ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, Patrick Kanner. Elle vient y présenter 500 nouvelles formations dans les lycées professionnels à la rentrée 2017 et une nouvelle modalité pour les étudiants qui pourront faire valider les compétences acquises dans le bénévolat et l'action sociale et solidaire notamment.

Sommaire

> L'enseignement en lycée professionnel

> Le parcours post-bac

> L'engagement des étudiants

> Le quinquennat de François Hollande

La présidentielle 2017 

Comment faire pour revaloriser la perception de l'enseignement en lycée professionnel auprès des élèves notamment ?

Notre enseignement professionnel est de grande qualité. On en a absolument besoin pour pourvoir notre pays en ouvriers, techniciens, artisans, ingénieurs, cadres, etc. Alors que nous avons fêté les 30 ans du baccalauréat professionnel l'an dernier, on constate que c'est une voie qui souffre encore parfois d’une piètre réputation aux yeux des familles, alors qu'elle permet pourtant d’accéder au marché du travail bien mieux que des voies plus générales. Alors, depuis trois ans, j’ai fait adopter plusieurs mesures pour revaloriser cet enseignement professionnel et notamment faire en sorte qu’il soit choisi et non pas subi : tant que les élèves auront l’impression de le subir, ce sera, dans leur tête, une voie de relégation alors que c’est une voie d’excellence aussi.

Quelles sont ces mesures ?

Par exemple, la possibilité depuis la rentrée 2016 pour les élèves qui arrivent en seconde professionnelle de pouvoir changer d’orientation pendant les vacances de la Toussaint s'ils estiment que là n'est pas leur place, et repartir sur une autre seconde pro, techno ou générale. Il y a aussi la mise en place d’une semaine systématique de préparation aux stages en entreprise, afin de mieux les préparer aux attendus, aux codes de l’entreprise, aux règles d’hygiène et de sécurité etc. Ils sont très jeunes après tout, et il ne faut pas s'étonner que ce monde-là leur soit encore étranger. Par ailleurs, pour en finir avec la fatalité des stages qu'on ne trouve pas, ou alors juste chez l'épicier du coin et toujours de manière très inégalitaire, j'ai créé 330 pôles de stage sur tout le territoire, à l'échelle des bassins d'emploi, pour que des stages puissent être proposés aux élèves qui n'ont pas pu les trouver.

Il s'agit aussi de répondre à des offres d'emplois qui ne trouvent pas preneurs ?

Une des façons de revaloriser les filières professionnelles aux yeux des élèves, c’est de faire en sorte qu'elles préparent à des métiers dont on sait qu’ils seront porteurs demain, qu'ils offriront du travail. Nous avons travaillé avec France Stratégie pour cibler ces métiers qui, à horizon 10 ans en France, vont manquer de main d’œuvre, être en tension ou être des métiers d’avenir sous l'effet notamment de la révolution numérique et de la transition écologique. À partir de là, nous avons conçu 500 nouvelles formations pour les lycées professionnels qui vont se déployer à la rentrée 2017 partout en France. Pour cela, nous avons recruté 1.000 enseignants supplémentaires. La typologie de ces formations est le fruit d’un travail de qualité mené en commun avec les régions. En région Centre Val de Loire où je retrouve ce lundi, le président François Bonneau, ce sont ainsi 18 nouvelles formations professionnelles qui sont créées à la rentrée et qui répondent directement aux enjeux et spécificités du territoire en matière de développement économique.

N'y a-t-il pas, aussi, un déficit d'information ?

Quand on est ministre de l’Education nationale, on a la chance de sillonner la France, d’aller à la rencontre des élèves, des communautés scolaires dynamiques, innovantes, attentives, on voit des choses dont l’opinion publique n’est pas toujours consciente, de magnifiques histoires d’excellence, des parcours de réussite qui se préparent dans les lycées professionnels, avec des professeurs à la fois très engagés et ouverts sur le monde de l'entreprise. Honnêtement c'est bluffant.

Alors oui, nous devons mieux informer sur les lycées professionnels pour les revaloriser. C’est ce qui m'a amenée à leur demander d'organiser des « portes ouvertes » chaque année ou encore à opérer des jumelages entre collèges et lycées professionnels pour que les élèves de 3ème viennent les découvrir.C’est comme cela que l’on pourra répondre aux besoins de nos industries pour les métiers de soudeur, de chaudronnier, d'ajusteur dans l’aéronautique, etc. Même chose pour le secteur tertiaire qui connait lui aussi de forts besoins, je pense aux services d’aide à la personne. Ou encore tout ce qui relève de la transition écologique, des smart grids, des réseaux intelligents, des mobilités du futur.

Recueilli par Olivier Pirot

Suite et fin en cliquant ci-dessous (ou sur les liens en haut de page)

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Revue de Presse Education... Macron et l’éducation - Préconisations - L’économie et l’Académie - Butinages...

6 Mars 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Politique

Revue de Presse Education... Macron et l’éducation - Préconisations - L’économie et l’Académie - Butinages...

Qu’avons nous au menu de ce bloc notes ? Le plat de résistance est politique avec le programme d’Emmanuel Macron dont nous analyserons la partie consacrée à l’éducation tout en déplorant que le débat en soit réduit à des questions annexes. Nous accompagnerons cela de quelques préconisations de saison. Avant de nous intéresser à l’économie, dont on fait tout un fromage... Et nous finirons par un dessert gourmand avec quelques lectures diverses et variées... Bon appétit.

Macron et l’éducation

Jeudi 2 mars, le programme d’Emmanuel Macron a été révélé. Le candidat l’a présenté à la presse notamment dans un long entretien au Parisien et mis en ligne sur son site .

Comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi même je signale que j’ai consacré un billet de blog à l’éducation dans le programme de En Marche . Vous pourrez lire aussi des analyses de ce programme éducatif dans Le Monde ou dans Le Figaro . Pour Aurélie Collas dans Le Monde , “Le programme d’Emmanuel Macron sur l’éducation puise dans deux rhétoriques sur l’école. D’un côté, celle de François Hollande, de Vincent Peillon et de ses successeurs Rue de Grenelle : « investir », donner la « priorité » au primaire et aux zones d’éducation prioritaire (ZEP) pour lutter contre l’échec scolaire et les inégalités sociales. Des principes inscrits au cœur de la loi de refondation de l’école de 2013. De l’autre, la promesse d’une autonomie accrue des établissements, y compris en matière de recrutement des enseignants. Et la remise en cause, plus ou moins partielle et implicite, de la réforme des rythmes scolaires et de celle du collège. ”.

Si on rentre dans le détail des principales mesures, le candidat propose la création de « 4 000 à 5 000 » postes sur le prochain quinquennat – alors qu’il compte supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. L’objectif principal est de limiter à 12 élèves dans les ZEP la taille des classes de CP et CE1 – actuellement, la moyenne est de 22,7 élèves en ZEP. Mais comme ces créations de postes ne seront pas suffisantes, il redéploierait également entre 6000 et 10.000 postes des 60.000 créés sous le quinquennat de François Hollande. En ce qui concerne le collège, Emmanuel Macron affirme qu’il réintroduira « le principe des classes bilangues ». Il annonce également « des parcours européens » et un véritable enseignement du latin et du grec. Dans Le Figaro , on apprend que dans un livre à paraître le 8 mars, deux journalistes affirment que Brigitte Macron, la femme du candidat, ancienne professeure de Français et lettres classiques dans un lycée privé parisien, « aimerait voir les heures d’EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) supprimées et celles de français et de maths rétablies ». Pour le lycée, il n’y a pas vraiment d’annonces, hormis celle d’une réforme du baccalauréat avec seulement quatre matières obligatoires à l’examen final. Mais quand on sait l’importance dans l’opinion de ce rituel, nul doute que cela suffise à alimenter la machine à polémiques.

Mais pourtant, ce n’est pas là dessus que l’attention s’est focalisée. Comme on pouvait le craindre, c’est la proposition d’interdire les portables qui est la plus commentée et suscite le plus de réactions. Ainsi , dans L’Obs, “François”, principal de collège affirme qu’il est pour les portables à l’École et que “interdire c’est impossible”. Pour lui, il vaut mieux éduquer qu’interdire. dans L’Obs, un prof de maths va même plus loin puisqu’il affirme qu’il utilise cet outil en classe. Que ce soit dans L’Express ou dans le Midi Libre , les avis d’enseignants et de chefs d’établissements sont mitigés et dubitatifs. Rappelons enfin que cette interdiction est déjà prévue par le Code de l’Éducation (loi du 12 juillet 2010 – art.183)

Plutôt que “de discuter de la pertinence ou non de cette mesure, on peut se poser la question du niveau d’importance de cette proposition (qui figure en 2ème position dans la plaquette du programme) par rapport à des questions comme l’autonomie, la priorité au primaire ou même la réforme du bac... ” (voilà maintenant que je m’auto-cite...). On a l’impression d’un “clin d’oeil” rétro destiné à complaire à une partie de l’électorat et qui fait diversion. Encore une fois, comme je l’ai déjà dit à plusieurs occasions, le débat sur l’École mériterait mieux.

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Philippe Watrelot

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Chanson touareg.... Sahara sud marocain...

5 Mars 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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