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Vivement l'Ecole!

Articles récents

« On laisse croire aux plus investis que leurs efforts sont vains »...

2 Juin 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Politique

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EXTRAITS

Le 29 mars, le Cniré (Conseil national de l’innovation pour la réussite éducative) remettait à la ministre de l’Éducation nationale d’alors, Najat Vallaud-Belkacem, son dernier rapport, puisque le conseil n’aura pas été prolongé au-delà de son mandat initial de quatre ans. Le nouveau président de la République fait profession d’audace et de renouveau mais les premières mesures annoncées ne s’inscrivent jusqu’ici pas forcément dans cette ligne. Philippe Watrelot, ancien président du Cniré (et du CRAP-Cahiers pédagogiques), met en regard le rapport et les projets du nouveau ministre de l’Éducation nationale.

Le rapport du CNIRE faisait de nombreuses recommandations et propositions pour « innover pour une école à la fois plus juste et plus efficace ». Quel destin lui envisagez-vous dans le nouveau contexte politique?
 
Je vais demander un rendez-vous avec le nouveau ministre pour lui présenter le rapport. Je m’étais engagé auprès des membres du Cniré à assurer le plus possible le « service après-vente » des travaux de ce conseil qui s’est dissous début avril après quatre ans de fonctionnement.

Lorsque j’ai été nommé à sa présidence en septembre 2016, c’était sans illusion sur la postérité et l’impact de nos travaux dans un contexte de fin de mandat. Mais j’ai accepté car j’ai beaucoup d’attachement pour ce conseil qui rassemble des personnes aux statuts et aux parcours très divers. Et aussi parce que je pensais pouvoir malgré tout faire passer quelques idées dans le débat public et auprès de nos décideurs.

Comme nous le formulons dès le début du rapport, « Innovation » est un mot piégé. J’espère que ce rapport ainsi que les interviews qui l’ont accompagné pourront contribuer à faire évoluer les représentations. De même, la liste des soixante-dix-sept propositions portées par le Cniré depuis sa création peut servir de réservoir d’idées pour qui veut s’en emparer !

(...)

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, a déjà lancé ses premières mesures, quels commentaires vous inspirent-elles ?

« Il n’y aura pas de Loi Blanquer, j’en serai fier », a revendiqué le ministre à Avignon. Et il a ajouté : « Il y aura des évolutions du système, qui ne seront pas verticales ». Et il ne cesse d’affirmer également qu’il croit aux vertus de l’expérimentation et de l’évaluation. Faisons-lui crédit de ce discours.

Mais « en même temps » (!), on annonce que des décrets sont déjà en préparation pour permettre la baisse des effectifs en CP dans les Rep+ avec un risque de détricoter le dispositif « Plus de maîtres que de classes » avant même de l’avoir évalué.
On est confronté aussi à un retour en arrière avec la remise en cause de plusieurs aspects de la réforme du collège. Pour les EPI, par exemple, un nouveau texte laisserait la possibilité aux établissements scolaires de les proposer ou non. C’est un mauvais signal adressé à tous ceux qui se sont investis dans ces dispositifs et qui ont ainsi pu innover et co-élaborer des projets. Il en est de même aussi pour la remise en cause de la réforme des rythmes scolaires, alors que les PEDT ont pu permettre les « alliances éducatives » que nous appelons à généraliser.

D’une manière générale, avec de telles mesures contradictoires, on laisse croire aux plus conservateurs que toute réforme est impossible et aux plus investis que leurs efforts sont vains...

Enfin, on est un peu circonspect face à certaines déclarations où de manière réitérée il s’en prend au « pédagogisme ». L’innovation et l’expérimentation qu’il appelle de ses vœux n’ont pas besoin de ces termes disqualifiants et démotivants pour les enseignants engagés dans la transformation de l’École. Ils ont besoin de confiance, d’encouragement et de plus de pouvoir d’agir, collectivement dans leurs établissements.

Propos recueillis par Cécile Blanchard

L'entretien complet est à retrouver en cliquant ci-dessous

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Etienne Daho...

1 Juin 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Roger Vailland...

1 Juin 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Se servir du vent pour aller contre le vent ne définit pas seulement la navigation à voile mais aussi ce pouvoir que l’intelligence donne à l’homme de plier à son service les lois naturelles et sociales, la mesure de sa liberté. Bien qu’il soit souvent aussi pauvre que l’ouvrier agricole, le pêcheur n’est pas comme lui dans un état de mal-être absolu. Le pêcheur vend son poisson, qu’on lui achète ; dès qu’il y a commerce la servitude n’est plus absolue. La relative liberté du patron pêcheur se reflète sur le matelot et même sur le mousse, prix de leur complicité dans la lutte contre la nature et les hommes.

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Rythmes scolaires et classes de CP en REP : la mise en garde des élus urbains

1 Juin 2017 , Rédigé par France Urbaine Publié dans #Education

FRANCE URBAINE
Communiqué de presse 
Paris le 1er juin 2017
 
Rythmes scolaires et classes de CP en REP : la mise en garde des élus urbains
 
Trois semaines après la nomination du Gouvernement, les maires de grandes villes et présidents des métropoles et des grandes agglomérations, réunis au sein de France urbaine, ont tenu hier leur Conseil d'Administration pour débattre des orientations nouvelles voulues par le président de la République et le Gouvernement.
 
Ainsi, un projet de décret relatif aux rythmes scolaires offrirait la possibilité aux communes de repasser à la semaine de 4 jours. La publication de ce décret, qui devrait être examiné jeudi 8 juin par le Conseil supérieur de l'Education, serait une remise en cause pure et simple de la réforme récente. Les élus urbains s'en étonnent car cette organisation est pourtant aujourd'hui stabilisée, après un travail de longue haleine avec l'ensemble des parties prenantes, des dépenses importantes que l'Etat n'a compensées que partiellement ayant été engagées.
 
S'ajoutent à cela les remontées émanant de tous les territoires dans lesquels les services de l'éducation nationale poussent les collectivités à dédoubler les classes de CP en REP + (avant généralisation aux CE1 de REP et aux CP et CE1 de REP à partir de 2018). Ces directives posent des difficultés très importantes de mise en œuvre liées aux locaux, notamment dans les territoires d'ores et déjà en tension ou en phase de progression démographique forte. Les membres de France urbaine s'étonnent là encore qu'une telle mesure n'ait pas été prise en concertation avec eux alors même qu'ils ont compétence sur les locaux des écoles.
 
Jean-Luc Moudenc, président de France Urbaine, maire de Toulouse, président de Toulouse Métropole, et Jean-Louis Fousseret, 1er vice-président de France Urbaine, maire de Besançon et président du Grand Besançon, souhaitent être reçus dans les meilleurs délais parle Ministre de l'Education Nationale afin de l'alerter sur le sujet.
 
« Il ne faudrait pas que l'Etat renoue avec cette vieille méthode d'imposer unilatéralement et dans la précipitation de nouvelles dispositions qui impactent au premier chef les collectivités locales. Conformément au nouvel esprit de dialogue affiché par le président de la République, j'ai confiance dans la volonté du nouveau gouvernement de mettre en œuvre avec les élus locaux une méthode de réelle concertation » déclare Jean-Luc Moudenc.

 

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L’exagération de Jean-Michel Blanquer sur les "classes de latin stupidement supprimées"

1 Juin 2017 , Rédigé par Le Lab Europe 1 Publié dans #Education, #Politique

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Jean-Michel Blanquer s’est vu confier la mission courte et ardue de préparer en quelques mois seulement la rentrée scolaire de l’automne 2017 avec pas mal de changements dans les programmes scolaires. Le nouveau ministre de l’Éducation nationale entend revenir sur la réforme du collège de sa prédécesseure Najat Vallaud-Belkacem… mais avec un certain art de la synthèse (pardon, du *en même temps*). Ainsi, les classes bilangues, les classes européennes ainsi que l’enseignement des langues anciennes seront progressivement réinstaurés, et en même temps, le gouvernement n’entend pas supprimer les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires).

C’est ce que veut faire comprendre Jean-Michel Blanquer sur RTL ce mardi 30 mai. Mais le locataire de la rue de Grenelle balance une petite intox en plein exercice d’équilibriste. Il affirme sans ciller que les classes de latin "ont été stupidement supprimées" sous le précédent quinquennat :

La réforme du collège qui a eu lieu ces dernières années, elle disait : d’un côté, il faut de l’autonomie. Et ça je peux dire oui. 20% de possibilité de travailler sur des horaires librement de chaque établissement, c’était une bonne idée. Et en même temps, elle supprimait ce que les collèges avaient sucré grâce au peu d’autonomie qu’ils avaient [...] et obligeait tout le monde à faire les fameux EPI. C’était une énorme contradiction. Donc moi, je reviens à de la cohérence. Je garde la notion d’autonomie, mais en revanche je dis aux collèges : 'Vous avez le choix : si vous avez fait des EPI qui vous plaisent, gardez-les - bien entendu vous aurez la possibilité de faire les classes de latin qui ont été stupidement supprimées'.

Sauf que c’est exagéré. La réforme du collège prévoyait certes la disparition des options latin et grec au profit d’un EPI "langues et culture de l’Antiquité". Mais les élèves avaient toujours la possibilité de suivre un "enseignement de complément" pour les volontaires (1 heure hebdomadaire en 5e, 2 heures en 4e et 3e, contre 2 heures puis deux fois 3 heures pour l’option, comme l'expliquait Le Monde). 

On peut présumer que la réaction de Najat Vallaud-Belkacem à cette exagération se situera entre la moue (à l’annonce du nom de son successeur) et la dénonciation d’une fake news (face à Vanessa Burggraf).

Amandine Réaux

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Revue de Presse Education... Redoublement - Grève - Divers

1 Juin 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

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Une actualité éducative peu chargée aujourd’hui. On parle du redoublement, mais aussi de la première grève du ministère Blanquer.

Redoublement

Une nouvelle annonce du ministre de l’éducation : les redoublements, qui étaient devenus exceptionnels, vont redevenir plus fréquents. Petit à petit on détricote les actions du précédent gouvernement.

"Après le "pédagogisme" mis à mort dans Le Point le 25 mai, le nouveau ministre de l’éducation nationale a encore durci un peu ses propos. Sur RTL le 30 mai il a annoncé que le dispositif "devoirs faits" sera imposé dans tous les collèges et qu’il pourrait s’étendre aux écoles. Il s’est prononcé pour l’interdiction du téléphone portable dans tout le système éducatif. Mais il a surtout pris position pour le redoublement qui est "parfois une solution". Pour le ministre l’avenir du décret de 2014, qui a quasi abrogé le redoublement, "fait partie des choses sur la table". C’est un nouveau pan de la politique du dernier quinquennat qui est attaqué." C’est à lire dans le Café pédagogique.

Les Echos rappellent que "en 2014, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO) avait présenté une étude sur le sujet. Elle mettait en lumière le fait que la France était, à l’époque, dans le peloton de tête des pays de l’OCDE ayant recours à cette pratique. Le coût du redoublement avait été évalué à 1,6 milliard d’euros."

Et sur RTL ""Parfois le redoublement peut être une solution, mais ça doit être le cas le moins souvent possible. Ce qui est très important, surtout, c’est de l’aide personnalisée pendant l’année pour justement éviter le redoublement. Mais ça ne sert à rien de se voiler la face quand il y a un problème et que le redoublement peut être utile"."

N’aurait-il pas été plus pertinent de trouver des solutions alternatives (qui n’avaient, il faut le remarquer, pas été mises en place avec la circulaire de 2014) comme cela se pratique dans d’autres pays ?

Il faut lire cet article qui fait le point sur le redoublement, son efficacité et se qui ce fait ailleurs.

Pour faire un bilan des changements à venir, un article de l’Etudiant.
Collège : à quels changements s’attendre à la rentrée 2017 ?

Grève

Voici la première grève que doit affronter M. Blanquer. Elle est la conséquence directe de son annonce de dédoublement des CP de l’éducation prioritaire.

""On ne respecte pas les enseignants". C’est ce que nous a dit Jean Philippe Gadiet, co secrétaire départemental du Snuipp de Haute Garonne. Le 30 mai, le Snuipp a appelé avec la Cgt, Fo et les syndicats Fsu du secondaire , à faire grève. Pour le primaire, ce sont les effectifs chargés et le devenir des maitres surnuméraires qui mobilisent le Snuipp."

« L’académie de Toulouse a fait le choix de fermer tous les postes du dispositif « plus de maîtres que de classes » pour dédoubler les classes de CP en éducation prioritaire (REP+), regrette-t-il. Or, si ce dispositif existe depuis 4 ans au niveau national, l’académie de Toulouse l’a, elle, mis en place depuis des décennies. ». A lire dans Les Echos.

Divers

Seul un étudiant sur dix est enfant d’ouvrier. "Si le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur a augmenté, le nombre d’enfants d’ouvriers reste sous-représenté par rapport à son poids dans la population des 18-23 ans. Une des données à retenir du dernier rapport de l’Observatoire des inégalités, publié ce 30 mai 2017."

Adolescents et sommeil, le décalage horaire permanent

"Si « l’adolescent » fait la grasse matinée, ce n’est pas (uniquement) parce qu’il est paresseux, c’est car il en a besoin. Pour des scientifiques américains, rajouter quelques heures de sommeil au compteur des moins de 20 ans, en repoussant le début des cours, serait une solution possible à de nombreux problèmes."

La Cnil veut protéger « de manière effective les données personnelles des élèves »

"Avec l’utilisation de plus en plus importante du numérique à l’école, la Commission nationale de l’information et des libertés (Cnil) a décidé de garantir « de façon effective et contraignante » la protection des données scolaires, dont certaines sont liées aux élèves."

Une oreille lumineuse pour faire prendre conscience du bruit

"À Charolles (Saône-et-Loire), la mairie a investi dans un système pour motiver les élèves à parler moins fort."

Géraldine Duboz

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Pomme...

31 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Stieg Larsson...

31 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Lisbeth Salander ne s’était jamais considérée comme une vraie lesbienne. Elle n’avait jamais consacré du temps à déterminer si elle était hétéro-, homo- ou peut-être bisexuelle. De façon générale, elle se fichait des étiquettes et estimait que ça ne regardait personne, avec qui elle passait la nuit. S’il avait absolument fallu choisir, sa préférence sexuelle serait allée aux garçons – en tout cas, ils venaient en tête des statistiques. Le seul problème était d’en trouver un qui ne soit pas un débile, et qui éventuellement valait quelque chose au lit…

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Que seraient les élèves sans nous?... Que serions-nous sans eux?... (Réponse à Jean-Paul Brighelli)

31 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

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Ce texte est une réponse aux paroles imbéciles de Jean-Paul Brighelli il y a quelques jours.

Si vous supportez d'entendre une suite d'âneries crétines, dont le désormais tristement célèbre "leur (celle des élèves) parole, c'est de la merde", vous pouvez toujours visionner l'émission en cliquant le lien de bas de page.

Voilà donc comment je parle - avec des milliers de collègues encore plus passionnés et passionnants que moi - des élèves!

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Comme une petite musique…

Juin ! Le mois du brevet pour les troisièmes ! « Le vrai » comme dit Stéphanie… Le mois des derniers conseils de classe, ceux à la fin desquels les délégués de classe, à peine sortis de la salle, se précipitent sur leur portable pour annoncer les bonnes ou mauvaises nouvelles. « Tu passes ! »… Le mois qui termine l’année scolaire dans la moiteur de l’été qui s’annonce. Le mois des dossiers et des dernières sorties. Certains partent cette semaine en Espagne, à Barcelone. Je suis content pour eux. Les voyages ne font pas que former la jeunesse… Ils construisent et matérialisent leur vision d’une Europe qui, lentement, se fait.

Juin, c’est une petite musique différente. Nos séances, nos attitudes, nos conseils, résonnent différemment. Tout semble se détendre, s’écoule dans des moments d’être disait Proust, des moments d’être qui prennent fin. Je vis cette période comme au ralenti.

Le stress engendré par les mille et une obligations qui rythment nos journées communes s’estompe. Il laisse place à une forme étrange de quiétude, mais aussi de questionnements : auront-ils tous leur Brevet ? Ai-je tout fait pour que Pierre, enfin, soit libéré de son enfermement maladif face à l’écriture ? Stéphanie est-elle armée pour son passage en seconde ? Qu’aurais-je pu ou du faire d’autres pour cette quatrième difficile ? Mais il est trop tard désormais. Juin, c’est le point final d’un chapitre, le silence qui va s’installer dans l’établissement, le dernier cours, les au-revoir des plus grands qui ne reviendront pas… Quelques-uns nous ont côtoyés pendant quatre ans. Je les ai aimés, parfois détestés mais cela ne durait pas. Nous les avons accompagnés, sur le chemin, chaque collègue mettant le meilleur de lui-même pour construire ce voyage mystérieux qui mène de l’enfance timide ou dissipée à la pré adolescence responsable, qui mène à la connaissance par le savoir-faire libérateur.

Souvent je me suis demandé : que seraient-ils sans nous ? Mais je me demande aujourd’hui ce que je serais sans eux ? C’est dans cette double interrogation que se trouve je crois le Mystère, au sens quasi mystique du terme, du lien très fort qui unit le Maître à son disciple, l’élève au professeur. Jamais notre enseignement ne pourra accomplir pleinement ses missions si nous occultons le fait oh combien vivant du « vivre ensemble ».

Oui Stéphanie, oui Pierre, j’ai vécu avec vous ! Vous avez vécu avec moi ! J’ai été votre professeur et vous avez été mes élèves. Mais NOUS avons appris les uns des autres. Juin, c’est aussi cela : la perception d’une aventure commencée qui s’achève. Et l’on se souvient des fous-rires, des bonnes et des mauvaises notes, d’une leçon réussie et d’une autre manquée, des ces conversations au détour d’un couloir ou à votre table à la cantine. Que vous étiez fiers de me voir prendre le temps de m’arrêter pour vous écouter, vous regarder rire, vous inquiéter parfois... Et nous riions ensemble… Tu m’oublieras, Stéphanie… Mais si… Ne dis pas le contraire même si cela me fait plaisir que tu veuilles, sans le savoir, me mentir…Tu m’oublieras et il faut que cela soit ainsi. Bientôt tu côtoieras d’autres Maîtres, d’autres amis…Tu éprouveras d’autres sentiments, contradictoires et passionnés. Tu deviendras une citoyenne…Tu deviendras une femme. Tu apprendras encore car on apprend toujours et pas seulement à l’école… Quant à toi, Pierre, je te retrouverai peut être, en septembre… Et nous continuerons l’aventure…Tu veux bien ?

Juin ! Déjà… Tout est passé si vite…

Une année scolaire, la 33e de ma carrière… Déjà aussi ! Et comme une petite musique, j’entends mon père me dire :

« Alors, ils ont grandi tes élèves ? »…

Jamais il ne m’a demandé s’ils étaient meilleurs… Je n’aurais pas su quoi répondre… Meilleurs ? Meilleurs que qui, que quoi ? « Ils savent plus de choses papa… » Alors, m’a-t-il écrit un jour dans une lettre précieusement conservée, « ils ont forcément grandi et l’essentiel est là Christophe. Fais-les grandir en leur faisant aimer apprendre et aime apprendre avec eux ! Joue leur ta petite musique, bats la mesure et prends-les par la main au milieu des savoirs. Le reste ne t’appartient pas. Ils s’en empareront parce que tu auras su leur donner l’envie de t’accompagner vers le monde incertain de l’age adulte. Ils t’en seront reconnaissants même si, jamais, ils ne te le diront. De toutes les manières, nous ne sommes pas là pour être remerciés mais pour lire dans leurs yeux le désir de comprendre… »

Les paroles de mon père ont toujours résonné comme une petite musique…

Puissiez-vous, Stéphanie, Pierre et tous les autres, l’entendre à votre tour…

Christophe Chartreux

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