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Vivement l'Ecole!

Articles récents

Coup de coeur... Rosa Montero...

20 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Rosa Montero...

Au début, elle était résolue à ne plus jamais le revoir. Mais, à mesure que les jours passaient, une sorte de trou avait grandi à l'intérieur d'elle, une sensation de faim ou d'asphyxie, la certitude désolante d'être incomplète. Avec le temps, la folie de l'amour, du désir d'amour, avait commencé à s'allumer dans sa tête.

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«Les cartes représentent aussi ce qui n’existe pas, elles donnent accès à l’imaginaire de l’autre»...

20 Juillet 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Histoire, #Geographie, #Philosophie

«Les cartes représentent aussi ce qui n’existe pas, elles donnent accès à l’imaginaire de l’autre»...

Deux philosophes, Gilles A. Tiberghien et Jean-Marc Besse, observent une véritable extension du domaine de la carte ces dernières années. Dans un ouvrage collectif, ils montrent que la cartographie ne se contente plus de représenter le monde mais qu’elle y inscrit des valeurs, des croyances, des normes et des rêves.

Tout est cartographiable aujourd’hui : les déserts médicaux, le patrimoine végétal mondial, et même les représentations des utilisateurs de Snapchat… Les centres d’art contemporain s’emparent également de l’objet cartographique, sans oublier un usage plus militant de sites comme MigrEurop recensant les naufrages en Méditerranée. Jean-Marc Besse, philosophe et spécialiste des savoirs géographiques, et son confrère Gilles A. Tiberghien, qui enseigne l’esthétique à la Sorbonne, ont tenté de dessiner l’extension du domaine de la cartographie dans un ouvrage magnifiquement illustré, Opérations cartographiques (Actes Sud, 2017). Ils ont convoqué pour des rencontres et des séminaires d’autres passionnés, comme Catherine Hofmann, conservatrice au département des cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France, Guillaume Monsaingeon, commissaire de plusieurs expositions artistiques sur la cartographie, Gilles Palsky, géographe et historien de la cartographie, et une vingtaine d’autres spécialistes… qui sont aussi auteurs de cet ouvrage.

(...)

Catherine Calvet

Suite et fin en cliquant ci-dessous

 

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Films de prof - Films sur l'école...

20 Juillet 2017 , Rédigé par SensCritique Publié dans #Education, #Cinéma

Films de prof - Films sur l'école...

Exerçant le "Plus beau métier du monde", emploi parfois difficile mais souvent passionnant, je me sens forcément concerné par l'oeil que peuvent avoir certains réalisateurs sur mon métier mais aussi sur l'école, l'éducation, que ce soit sous l'aspect humoristique (Bad teacher, le maitre d'école...), documentaire (Etre et avoir, Entre les murs d'un certain côté...) ou biographique (Ecrire pour exister par exemple).

Cela concerne aussi tous les horizons : français ou américains souvent mais aussi italien, chinois ou encore allemand.

Toute aide est la bienvenue.

Mes autres listes ou j'ai besoin d'aide aussi :
http://www.senscritique.com/liste/Histoire_vraie_tiree_de_faits_reels/70122
http://www.senscritique.com/liste/Films_d_histoire_historiques/59399

Merci à Aurea tout particulièrement pour toute son aide et à tous les autres également ;)

Ici les films que j'ai passés à mes (heureux) élèves :
http://www.senscritique.com/liste/Films_passes_a_mes_eleves/177459

                       ____________________________________________________

Le Cercle des poètes disparus (1989

Detachment (2012)

Le Maître d'école (1981)

Half Nelson (2007)

Le plus beau métier du monde (1996)

La Journée de la jupe (2009)

Entre les murs (2008)

Esprits rebelles (1995)

Et des dizaines d'autres en cliquant ci-dessous

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Quatre jours par semaine à l'école... Et si l'on commençait par parler du qualitatif?... (+ commentaire)

20 Juillet 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Pédagogie

Quatre jours par semaine à l'école... Et si l'on commençait par parler du qualitatif?... (+ commentaire)

Rythmes scolaires : la semaine de quatre jours est-elle une exception française ?

En France, près de 37 % des communes ont choisi de supprimer dès la rentrée la demi-journée supplémentaire de classe. Ce qui revient à passer à nouveau la semaine de quatre jours.

Comme l’avait promis Emmanuel Macron, les communes ont fixé le nombre de jours passés en classe par leurs élèves. Près de 37% d’entre elles ont choisi de repasser à la semaine de quatre jours à la rentrée, contre quatre jours et demi jusqu’à cette année. En 2008, Xavier Darcos avait supprimé la matinée du mercredi (ou du samedi) des emplois du temps des écoliers, mais Vincent Peillon l’avait rétablie en 2013. Notre pays est-il le seul à avoir fait ce choix ?

Les chiffres de l’OCDE montrent que oui, la France est bien une exception. La semaine de quatre jours n’est en vigueur dans aucun autre pays européen. Si on élargit à l’OCDE, le constat est le même. Tous les pays ont en moyenne cinq jours de classe, sauf Israël qui en a six.

Cependant, il n’existerait pas d’enquête permettant de réellement comparer l’organisation de la semaine dans les pays développés. Les chiffres de l’OCDE résultent en fait de la division du nombre de jours d’école par le nombre de semaines scolaires, ce qui «permet de dégager un modèle dominant, qui est celui d’une semaine scolaire de 5 jours pleins», précise une note écrite du gouvernement datant de 2012. A cette époque, la France était déjà le seul pays à avoir fait le choix de la semaine de quatre jours. Depuis, la situation internationale n’a pas beaucoup changé.

«Regarder le nombre de jours d’école par semaine de classe ne permet pas vraiment d’avoir un aperçu de la durée d’enseignement que reçoivent les élèves. Les horaires ne sont pas les mêmes et il y a également une grande variabilité de la durée des vacances scolaires en fonction des pays», avertit Lorène Prigent, consultante en développement des systèmes éducatifs et conseillère scientifique de l’Institut européen d’éducation et de politique sociale (IEEPS).

Une réalité plus complexe

Il faut aussi préciser que «dans de nombreux pays, comme la Finlande, l’enseignement est une compétence partagée avec les collectivités, et variable d’une école à l’autre», indique Lorène Prigent. Au Danemark et en Italie, les rythmes scolaires font l’objet de recommandations ou de cadrages nationaux. En Italie, les instances régionales peuvent ensuite les adapter, tandis qu’au Danemark, ce sont les établissements eux-mêmes. En Allemagne, chaque Land décide de son calendrier scolaire et les semaines peuvent être étalées sur 5 à 6 jours. En Pologne aussi, certaines régions ou municipalités ont opté pour les 6 journées de classe. «Mais cela ne modifie pas le nombre d’heures d’enseignement sur la semaine», précise la note du gouvernement.

Autre nuance concernant les chiffres de l’OCDE : dans presque tous les pays européens, les élèves vont bien à l’école toute la journée, et ce tous les jours sauf le week-end. Mais l’Allemagne, le Danemark, la Hongrie, l’Autriche ou encore certaines communautés consacrent l’après-midi à des activités sportives ou aux loisirs.

Le nombre de jours par semaine paraît donc uniforme à première vue, mais il recouvre des réalités différentes. Reste que la France cultive sa différence au niveau quantitatif. Or, selon Lorène Prigent, cela ne contribuerait pas à combler les failles de notre système éducatif. «Le débat se concentre exclusivement sur la quantité, c’est-à-dire les jours de classe par semaine, et empêche de parler de l’essentiel. A savoir que nous avons un vrai problème de qualité des enseignements en classe, regrette-t-elle. La dernière enquête internationale TIMMS sur les sciences en CM1 place la France en dernière position pour les mathématiques parmi l’ensemble des pays de l’OCDE. D’ailleurs, l’évaluation produite par la direction de l’évaluation du ministère de l’Education ainsi que celle de l’inspection générale montrent que les effets pédagogiques de l’ajout d’une matinée sont limités, à la fois sur les apprentissages des élèves et sur les pratiques des enseignants. Donc réfléchir sur du quantitatif pourquoi pas, mais cela doit venir dans un second temps.»

Margaux Lacroux             

Commentaire

"D’ailleurs, l’évaluation produite par la direction de l’évaluation du ministère de l’Education ainsi que celle de l’inspection générale montrent que les effets pédagogiques de l’ajout d’une matinée sont limités, à la fois sur les apprentissages des élèves et sur les pratiques des enseignants."

Effets limités en effet puisque le "monde enseignant" éprouve, pour de multiples raisons que je ne développerai pas ici, des difficultés à modifier ses pratiques. Des siècles d'habitudes ont enkysté une profession pourtant très souvent inventive mais insuffisamment encouragée à innover.  

Personne n'a d'ailleurs jamais affirmé que la semaine de 4,5 jours était à elle seule capable de résoudre les problèmes des élèves en difficultés.

En revanche, il est certain que celle de quatre jours avec les mêmes programmes et les mêmes pratiques n'est d'aucun secours pour ces mêmes élèves et accroît les inégalités.

Enfin, concernant la "semaine de quatre jours", rappelons que:

- l'Inspection Générale;

- l'Institut Montaigne;

- un rapport parlementaire;

- l'ensemble des syndicats et des fédérations de parents (appel de Bobigny);

- l'Académie de médecine

ont TOUS condamné cette organisation hebdomadaire, ou l'ont a minima fortement déconseillée tout en encourageant une réforme des pratiques et de la formation continue.

Christophe Chartreux

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Coup de coeur... Alberto Moravia...

18 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Alberto Moravia...

Il y a dans l’œuvre de Poe une nouvelle qui me paraît décrire parfaitement mon état d’âme de ce temps-là, c’est celle qui relate l’aventure d’un pêcheur attiré avec son propre bateau dans les spirales d’un tourbillon marin. Il tourne avec sa barque tout autour des parois de l’abîme et avec lui, au-dessus, à côté, en dessous, tournent les innombrables épaves des naufrages antérieurs. Il sait qu’en tournoyant il approche de plus en plus du fond du gouffre où la mort l’attend et il sait quelle est l’origine de ces épaves. Eh bien ! Ma vie pouvait se comparer à un tourbillon constant. J’étais pris dans les spirales d’un entonnoir obscur et je voyais tournoyer en même temps que moi toutes les choses que j’aimais. Ces choses dont j’étais censé vivre et que je voyais au contraire entraînées avec moi dans le même étrange naufrage. Je me sentais tourner en cercle avec tout ce qui au monde est bon et beau et pas un seul instant je ne cessais d’apercevoir le fond sinistre de l’entonnoir qui me promettait comme à toutes les autres épaves une fin inévitable. Par moments le tourbillon semblait diminuer, s’aplanir, tourner plus lentement et me rendre à la calme surface de la vie quotidienne. À d’autres, au contraire, le tournoiement se faisait plus rapide et plus profond ; je descendais alors toujours davantage dans l’abîme, et toutes les œuvres humaines, tous les principes humains me suivaient et j’en arrivais à désirer l’engloutissement définitif.

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Université - APB n'est pas coupable Mr Macron! Soyez inventif et entreprenant!...

18 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #APB

Université - APB n'est pas coupable Mr Macron! Soyez inventif et entreprenant!...

APB... Admission Post Bac... Ce cauchemar! Ce paria! Cet outil cause de tous les maux, de toutes les angoisses des nouveaux bacheliers et de leurs parents! Tout, absolument tout est de sa faute! Si Mathilde ou Pierre n'obtiennent pas la faculté de leur choix  - ce qui est évidemment inadmissible! - l'accusé qui doit se lever pour écouter sa condamnation à mort, c'est APB! Seulement APB! Toujours APB!

Or, l'OUTIL APB n'est en aucun cas l'enjeu. Ce dernier est ailleurs et tient en une question:

Veut-on continuer à ouvrir des places dans l'enseignement supérieur public ?

La démographie très forte (cette année et surtout l'an prochain) et la nécessaire élévation du niveau de qualification de la jeunesse voudraient que la réponse soit oui.

Mais dans les faits, Emmanuel Macron et le Gouvernement répondent par la négative:

- en diminuant de 336 millions le budget de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, contrairement aux promesses de campagne;

- en se préparant à instaurer la sélection et la hausse des frais d'inscription à l'entrée de l'université.

C'est à dire à créer en France cet ersatz de "modèle" nord-américain que le Président nouvellement élu admire.

Ces solutions sont signes de paresse, de faiblesse. Plutôt qu'imaginer et mettre en place les outils nécessaires au bon accueil des étudiants, nécessaires à leur éducabilité car on est éducable à tous les âges de la vie, le Gouvernement choisit de froncer les sourcils devant l'afflux de futurs diplômés possibles.

Ces diplômés potentiels absolument nécessaires à la France, 5e puissance mondiale, pour assurer son avenir appuyé sur des métiers exigeant de hauts niveaux de qualification, ne peuvent pas, ne doivent pas être mis de côté:

- ni par un tirage au sort;

- ni par une sélection/solution de facilité.

Sélection qui ne dit pas ce que deviendront les milliers d'éliminés n'ayant pour bagage que le seul Bac dont on sait qu'il n'est pas un viatique suffisant pour espérer une entrée facile dans la vie professionnelle.

Le candidat Macron encourageait les français à avoir de l'imagination, à entreprendre, à créer, à oser.

Alors que le Président Macron applique ses conseils à lui-même et exige de son gouvernement qu'il soit courageux:

"Créez! Imaginez! Osez! Soyez inventifs et originaux!

Avec la condamnation d'APB - qui n'est pas à l'origine du manque de places à l'Université - et l'ouverture d'une sélection, vous vous enkystez dans le vieux monde!"

Voilà ce que nous aimerions entendre...

Christophe Chartreux

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Solea... Flamenco...

17 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... George Sand...

17 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... George Sand...

Par toutes ses voix, par celle de l’amitié comme par celle de l’opinion, le monde lui criait de se relever et de se reprendre. C’était là le devoir en effet selon le monde, dont le nom en pareil cas équivaut à celui d’ordre général, d’intérêt de la société : « Suivez le bon chemin, laissez périr ceux qui s’en écartent ». Et la religion officielle ajoutait : « Les sages et les bons pour l’éternel bonheur, les aveugles et les rebelles pour l’enfer ! » Donc peu importe au sage que l’insensé périsse ?

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Ce Président qui excelle dans la novlangue...

17 Juillet 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Médias

Ce Président qui excelle dans la novlangue...

Ces mots, qui nous enveloppent. Voici la ministre du Travail, à la tribune de l’Assemblée. «Le chemin que nous proposons, c’est de donner plus de liberté et de protection, dit Muriel Pénicaud, pour défendre la réforme du code du travail. Il faut à nos entreprises plus de souplesse.» Ces mots qu’on finit par ne plus entendre, assourdis que nous sommes. Il faudrait, dans ces phrases, relever chaque mot. Le chemin, d’abord. Le chemin que l’on trace, puis ensuite où l’on chemine tranquillement, le délicieux chemin ombragé, qui sent la noisette. Sur un chemin, on ne se précipite pas. On va au pas de son âne, tranquillement, un bosquet après l’autre. On pourrait objecter que si Emmanuel Macron, pour réformer le code du travail, a choisi les ordonnances plutôt que la loi, c’est justement pour foncer. Mais non. Emmanuel Macron est ce prodige, cette synthèse de toutes les contradictions, qui va vite et lentement à la fois. Comme aurait pu dire George Orwell, inventeur de la novlangue, il «foncechemine».

D’ailleurs, ce chemin, le gouvernement le «propose». Il n’impose rien, quelle horreur. Et s’il a repoussé tous les amendements de l’opposition, ce n’est évidemment pas par refus du dialogue, puisque justement, il s’agit de développer le «dialogue social». Alors pourquoi ? Parce qu’un amendement de l’opposition, ça se rejette, aussi vrai qu’il faut, de temps en temps, élaguer les ronces sur les chemins. «Evidemment !» répond une députée macronienne à un mélenchonien qui lui fait remarquer que le taux d’adoption des amendements est de 0 %. Restent, dans le discours de Muriel Pénicaud, les classiques : «liberté, protection, souplesse». «Liberté» pour qui ? «Protection de qui ?» Ce n’est pas précisé. Liberté en général. Protection universelle. Et la «souplesse» ! Qui pourrait s’opposer à la souplesse ? Qui va monter à la tribune pour défendre les rigidités ?

Ce radieux et bucolique paysage macronien, où prolifèrent violettes, coquelicots, souplesses et évidences, pourrait n’être menacé par rien, n’étaient les cailloux et les ronces qui, sur les plus jolis chemins, ont parfois le mauvais goût de faire trébucher ou d’égratigner. Justement, à propos de la ministre du Travail, cette méchante affaire de voyage à Las Vegas, organisé sans appel d’offres. Ce n’est pas grand-chose. Un tout petit caillou. Mais c’est encore trop. Et justement, dans une conférence de presse, voici qu’une journaliste interroge le Président sur le caillou. Directement. Mais où se croit-elle ? Emmanuel Macron a vite fait de la remettre à sa place, qui ne commente pas «les péripéties du quotidien».

Les journalistes, voilà le problème. Les journalistes ont le mauvais goût de se mettre en travers des chemins. Ils zooment sur les cailloux, ils voient tout en noir : il va pleuvoir, on n’arrivera jamais à temps, on aurait dû partir plus tôt, on aurait dû partir plus tard, on aurait dû partir de l’autre côté. Et même quand ils cheminent aussi, dociles, avec les meilleures intentions du monde, ils prennent de la place, ils encombrent le champ de vision, ils proposent des variantes d’itinéraire, on ne peut pas «foncecheminer» à son aise. Aussi Emmanuel Macron a-t-il eu la bonne idée de se faire lui-même journaliste. Il va «créer son média», annoncent les médias, dépités. Il se filmera. Il s’interrogera. Il se répondra. Il postera le tout sur Facebook Live, où il fera peut-être même les commentaires, s’il a le temps. D’ailleurs, il a déjà commencé.

Emmanuel reçoit Angela. On a construit un joli décor : un groupe de jeunes Français et de jeunes Allemands enthousiastes. Ils s’envoient des balles, et doivent prononcer des phrases dans la langue de l’autre. Les règles du jeu ne sont pas parfaitement claires, mais la séance est retransmise sur le Facebook Live de l’Elysée. Et le pire, c’est qu’on le regarde, ce moment d’actualité heureuse, cette préfiguration de ce que sera le futur média En marche, où le prince charmant se «parletaira» avec grâce, dans un sous-marin nucléaire ou sur la tour Eiffel (ça marche : ce pourrait d’ailleurs être le nom de la future chaîne).

Les journalistes râlent contre cette concurrence déloyale. C’était tellement sympa, de filmer le joli chemin, tous ensemble ! Les pauvres. Ils vont devoir détourner leurs caméras, aller filmer dans les ronces, voire sortir du chemin. C’est peut-être la meilleure chose qui puisse leur arriver, même si c’est moins confortable.

Daniel Schneidermann             

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Antisionisme = antisémitisme ? Une erreur historique, une faute politique...

17 Juillet 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Politique, #Histoire

Antisionisme = antisémitisme ? Une erreur historique, une faute politique...

EXTRAIT

« Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » Cette phrase finale est venue gâcher le discours salutaire d’Emmanuel Macron lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv, devant Benyamin Netanyahou. Une erreur historique, une faute politique.

La présence inédite et scandaleuse du Premier ministre le plus belliciste de l’histoire d’Israël à cette cérémonie n’est sans doute pas pour rien dans la faute politique commise par le nouveau président. Car celle-ci résulte d’un alignement sur son hôte, incroyablement qualifié de « cher Bibi » – celui-ci l’a-t-il appelé « Manu » ? – et par la même occasion sur le Conseil représentatif de institutions juives de France (CRIF).

L’histoire du conflit central du Proche-Orient – faut-il le rappeler à Emmanuel Macron ? – ne commence pas le 14 mai 1948, lorsque naît l’État d’Israël. C’est en 1897 que l’Organisation sioniste voit le jour, avec pour but la création d’un Foyer national juif en Palestine. Entériné par la déclaration Balfour en 1917, puis par le mandat que la Société des Nations confie au Royaume-Uni en 1922, cet objectif ne rallie pas la majorité des Juifs, loin de là : l’immense majorité y est hostile, communistes et bundistes, mais aussi religieux. Antisionistes, tous ces Juifs étaient-ils antisémites ?

Bien sûr que non ! A vrai dire, le sionisme est une idéologie parmi d’autres. Imagine-t-on les communistes interdire la critique du communisme ? Les gaullistes interdire la critique du gaullisme ? C’est pourtant la prétention des tenants les plus extrémistes du sionisme. Présenter l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme reviendrait à leur donner raison.

(...)

Indéfendable historiquement comme idéologiquement, l’assimilation de l’antisionisme à l’antisémitisme constitue surtout une faute grave : elle permet en effet à la droite et à l’extrême droite israéliennes de tenter d’étouffer la voix de tous leurs opposants, à l’intérieur comme à l’extérieur. Et ce « cadeau » arrive à point nommé, alors que la violation permanente du droit international et des droits humains a isolé Israël comme jamais au sein de la communauté internationale. Marginalisé diplomatiquement, le gouvernement Netanyahou s’inquiète en outre de l’hostilité de l’opinion, avec notamment la montée de la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions – je pense au BDS militant, mais aussi au BDS institutionnel, qui voit de puissants fonds de pension, de grandes entreprises et de grosses banques se retirer des territoires occupés, voire d’Israël. On imagine sans mal comment les autorités israéliennes utiliseront la petite phrase d’Emmanuel Macron pour criminaliser les pressions internationales qui s’exercent sur elles.

Il y a de la schizophrénie dans la démarche de notre nouveau président. Il prétend relancer la négociation et, condamnant la colonisation, se fixe pour objectif la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, les deux États ayant leur capitale à Jérusalem. Mais la diplomatie française ne saurait l’ignorer : des tractations israélo-palestiniennes ne sauraient suffire seules pour atteindre cet objectif. Même François Hollande, malgré son « chant d’amour pour Israël et pour ses dirigeants », l’avait compris, en acceptant le projet de conférence internationale proposé, en son temps, par Laurent Fabius. Si Emmanuel Macron veut vraiment contribuer à une paix juste et durable, il faut qu’il accepte le principe de sanctions contre Israël, dès lors que celui-ci refusera de se plier au droit international. Commencer par museler l’opinion en présentant la critique d’Israël comme antisémite n’est pas un bon début.

Guy Vidal

A lire ci-dessous dans son intégralité

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