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Vivement l'Ecole!

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Coup de coeur... Yves Bonnefoy...

27 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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La Beauté

Celle qui ruine l'être, la beauté,
Sera suppliciée, mise à la roue,
Déshonorée, dite coupable, faite sang
Et cri, et nuit, de toute joie dépossédée —
O déchirée sur toutes grilles d'avant l'aube, piétinée sur toute route et traversée,
Notre haut désespoir sera que tu vives,
Notre coeur que tu souffres, notre voix
De l'humilier parmi tes larmes, de te dire
La menteuse, la pourvoyeuse du ciel noir.
Noue désir pourtant étant ton corps infirme.
Notre pitié ce cœur menant à toute boue.

                                        _____________________________

Les étoiles voûtaient les murs du haut jardin
Comme les fruits de l'arbre au-delà, mais les pierres
Du lieu mortel portaient dans l'écume de l'arbre 
Comme une ombre d'étrave et comme un souvenir.

Etoiles et vous, craies d'un pur chemin. 
Vous pâlissiez, vous nous preniez le vrai jardin, 
Tous les chemins du ciel étoile faisant ombre 
Sur ce chant naufragé ; sur notre route obscure.

Dans ses coffres le rêve a replié 
Ses étoffes peintes, et l'ombre 
De ce visage taché 
De l'argile rouge des morts.

Tu n'as pas voulu retenir 
Ces mains étroites qui firent 
Le signe de solitude 
Sur les pentes ocres d'un corps.

 Et telle une eau qui se perd
 Dans les rougeurs d'une eau sombre.
 La nuque proche se courbe
 Sur la plage où brille la mon.

                                    ________________________________

Delphes du second jour

Ici l'inquiète voix consent d'aimer
La pierre simple.
Les dalles que le temps asservit et délivre.
L'olivier dont la force a goût de sèche pierre

Le pas dans son vrai lieu.
L'inquiète voix
Heureuse sous les roches du silence,
Et l'infini, l'indéfini répons

Des sonnailles, rivage ou mort.
De nul effroi
Était ton gouffre clair,
Delphes du second jour.

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27 mai... Journée Nationale de la Résistance... "Entre ici Jean Moulin..." (+ une lettre de Camus à Barthes)

27 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Histoire, #Education

A la suite d’une critique de Roland Barthes sur La Peste intitulée « Annales d’une épidémie ou roman de la solitude? », parue au début de 1955, Camus répond à l'auteur de "Mythologies". Il réaffirme ici sa conception de la "Résistance".

                                  __________________________________

Monsieur Roland Barthes, Paris.

Paris le 11 janvier 1955

Cher Monsieur,

Si séduisant qu’il puisse paraître, il m’est difficile de partager votre point de vue sur La Peste.  Bien entendu tous les commentaires sont légitimes, dans la critique de  bonne foi, et il est en même temps possible et significatif de  s’aventurer aussi loin que vous le faites. Mais il me semble qu’il y a  dans toute œuvre des évidences dont l’auteur a le droit de se réclamer  pour indiquer au moins dans quelles limites le commentaire peut se  déployer. Affirmer par exemple que La Peste fonde une morale  antihistorique et une politique de solitude, c’est d’abord se vouer,  selon moi, à quelques contradictions, et surtout dépasser quelques  évidences dont je résumerai ici les principales :

1° La Peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise sur plusieurs  portées, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance  européenne contre le nazisme. La preuve en est que cet ennemi qui n’est  pas nommé, tout le monde l’a reconnu, et dans tous les pays d’Europe.  Ajoutons qu’un long passage de La Peste a été publié sous  l’Occupation dans un recueil de combat et que cette circonstance à elle  seule justifierait la transposition que j’ai opérée. La Peste, dans un  sens, est pus qu’une chronique de la résistance. Mais assurément, elle  n’est pas moins.

2° Comparée à L’Etranger, La Peste marque, sans discussion possible,  le passage d’une attitude de révolte solitaire à la reconnaissance d’une  communauté dont il faut partager les luttes. S’il y a évolution de L’Etranger à La Peste, elle s’est faite dans le sens de la solidarité et de la participation.

3° Le thème de la séparation, dont vous dites très bien l’importance  dans le livre est à ce sujet très éclairant. Rambert, qui incarne ce  thème, renonce justement à la vie privée pour rejoindre le combat  collectif. Entre parenthèses, ce seul personnage montre ce que peur  avoir de factice l’opposition entre l’ami et le militant. Car une vertu  est commune aux deux qui est la fraternité active, dont aucune histoire,  finalement, ne s’est jamais passée.

4° La Peste se termine, de surcroît, par l’annonce, et  l’acceptation , des luttes à venir. Elle est un témoignage de « ce qu’il  avait fallu accomplir et que sans doute (les hommes) devraient encore  accomplir contre la terreur et son arme inlassable, malgré leurs  déchirements perpétuels… »

Je pourrais développer encore mon point de vue. Mais déjà, s’il me  semble possible d’estimer insuffisante la morale qu’on voit à l’œuvre  dans La Peste (il faut dire alors au nom de quelle morale plus  complète), légitime aussi d’en critiquer l’esthétique (beaucoup de vos  observations sont éclairées par le fait tout simple que je ne crois pas  au réalisme en art), il me semble bien difficile au contraire de dire à  son propos, comme vous le faites en terminant, que son auteur refuse la  solidarité de notre histoire présente. Difficile et, permettez-moi de  vous le dire avec amitié, un peu attristant.

La question que vous posez en tout cas « Que feraient les combattants de La Peste  devant le visage trop humain du fléau ? » est injuste en ce sens  qu’elle doit être écrite au passé et qu’alors elle a déjà reçu sa  réponse, qui est positive. Ce que ces combattants, dont j’ai traduit un  peu de l’expérience, ont fait, ils l’ont fait justement contre les  hommes, et à un prix que vous connaissez. Ils le referont sans doute,  devant toute terreur et quel que soit son visage, car la terreur en a  plusieurs, ce qui justifie encore que je n’en aie nommé précisément  aucun pour pouvoir mieux les frapper tous. Sans doute est-ce là ce qu’on  me reproche, que La Peste puisse servir à toutes les  résistances contre toutes les tyrannies. Mais on ne peut me le  reprocher, on ne peut surtout m’accuser de refuser l’histoire, qu’à  condition de déclarer que la seule manière d’entrer dans l’histoire est  de légitimer une tyrannie. Ce n’est pas votre cas, je le sais ; quant à  moi, je pousse la perversité jusqu’à penser que se résigner à une telle  idée revient en réalité à accepter la solitude humaine. Et loin de me  sentir installé dans une carrière de solitude, j’ai au contraire le  sentiment de vivre par et pour une communauté que rien jusqu’ici n’a  jamais pu entamer dans l’histoire.

Voilà, trop succinctement, ce que je tenais à vous dire. Je voudrais  seulement vous assurer pour finir que cette discussion amicale n’enlève  en rien à l’estime que j’ai pour votre talent et votre personne.

Albert Camus.

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C'est parti!... Fonction publique: baisse d’effectifs et probable gel du point...

27 Mai 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique

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La suppression de 120.000 postes de fonctionnaires, souhaitée par Emmanuel Macron, mais aussi le probable gel du point d’indice ont été au coeur mardi des premiers contacts entre les syndicats de la fonction publique et leur ministre, Gérald Darmanin.

Si la baisse d’effectifs est maintenue, ce sera un «point de rupture», a prévenu la CGT, tandis que pour la CFDT toute «modernisation» de la fonction publique passe «d’abord par une réflexion sur les missions», ont indiqué à l’AFP les deux syndicats à l’issue de leurs rencontres.

FO a confirmé à l’AFP l’intention du gouvernement de supprimer 120.000 postes et de rétablir «un jour de carence» pour les fonctionnaires, mais, selon son représentant, Christian Grolier, «le ministre accepte aussi un débat de fond sur les missions et le service public de demain, ce qui orientera l’objectif gouvernemental».

Pour Bernadette Groison (FSU) «le ministre a redonné sans surprise la feuille de route d’Emmanuel Macron. Il a tenté de nous rassurer, dit-elle, mais la dimension budgétaire va peser».

Juste avant de débuter, le ministre de l’Action et des comptes publics, également en charge de la fonction publique, avait affirmé sur RTL que cette suppression d’effectifs, sur le quinquennat, serait un engagement «tenu».

«Les grandes orientations, nous les contestons, et nous n’avons pas eu d’éléments qui précisent les choses», a déclaré à l’AFP Jean-Marc Canon, représentant de la CGT fonction publique, qui a débuté la série de rencontres en début de matinée à l’hôtel de Cassini, ancien ministère de la fonction publique.

«La baisse des effectifs, comme (le fait) de scinder la valeur du point d’indice (qui sert à calculer la rémunération des fonctionnaires, NDLR) en fonction des versants de la fonction publique (Etat, hospitalière, territoriale), font partie des actes qui, s’ils sont posés, constitueront un recul majeur et un point de rupture pour la CGT», a-t-il averti.

- Rendez-vous salarial -

Selon M. Canon, le ministre a par ailleurs indiqué qu’il n’y aurait «vraisemblablement pas de hausse de la valeur du point d’indice en 2017», ni rendez-vous salarial annuel. Un tel rendez-vous «pourrait être organisé au printemps 2018», a précisé un communiqué de la CGT plus tard.

Selon la CFDT, FO et la FSU, ce rendez-vous salarial, acté par l’ancien gouvernement, semble bel et bien prévu et pourrait se tenir avant la fin de l’année.

Mais «sans engagement sur le résultat», dit Mylène Jacquot (CFDT), «sans revalorisation du point d’indice à l’ordre du jour», précise Bernadette Groison (FSU) tandis que FO tient pour acquis le «probable gel du point pour 2018».

Ce point d’indice avait été revalorisé de 1,2% en 2016.

Interrogé par l’AFP, le ministère a indiqué que «des rencontres avec les organisations syndicales auront lieu avant la fin de l’année pour parler du pouvoir d’achat des fonctionnaires».

Le ministre a par ailleurs assuré dans un communiqué qu’il donnerait «la priorité à la discussion sur l’adaptation et la modernisation des missions», dans le souci d’un «dialogue permanent».

«On a dit nos attentes, on jugera aux actes», a déclaré Mme Jacquot, en saluant un ministre «plutôt à l’écoute».

«Nous n’irons pas autour d’une table pour discuter de comment on supprime 120.000 fonctionnaires. Si discussion il y a, elle doit être centrée sur les missions et la qualité du service public. Une modernisation aura des conséquences sur l’organisation du travail, les contenus, la formation (...) ce qui nécessite des accompagnements pour les agents», a-t-elle ajouté.

Les autres organisations syndicales seront reçues mercredi et la semaine prochaine. De nouvelles rencontres bilatérales sont prévues au mois de juin, avant une possible réunion plénière en juillet, selon les syndicats.

Libération avec AFP

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L'école est à nous ! Ou comment Jean Zay révolutionna l'éducation nationale... (Doc 52 minutes)

27 Mai 2017 , Rédigé par LCP Publié dans #Education, #Histoire

A l'heure de sa panthéonisation, quelle image reste-t-il de Jean Zay (1904-1944) dans la mémoire collective française ? Davantage celle d'une victime de la barbarie que celle d'un grand homme d'État, semble-t-il. Et pourtant... Nommé à seulement 31 ans au sein du Front Populaire à la tête du ministère de l'Education nationale, Jean Zay se lance malgré tout dans un grand chantier d'innovation et de rénovation du système scolaire français . Soucieux de faire entrer la culture dans tous les foyers , il est à l'origine du CROUS, du CNRS et des bibliobus. Instigateur du Festival de Cannes, il aurait dû en organiser la première édition en septembre 1939.

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L'oral à l'école : qu'apprend-on et comment?...

27 Mai 2017 , Rédigé par Repères Publié dans #Education, #Pédagogie

Couverture Repères n° 54

L’objectif de ce numéro est de dépasser la dichotomie oral enseigné-oral pour apprendre, afin de montrer que les didacticiens ont continué à problématiser celle-ci ce qui donne à penser que l’enseignement de l’oral est en train de s’implanter durablement dans le paysage de la didactique du français. Dans cette perspective, sont présentés trois champs d’étude qui redessinent les contours actuels de la didactique de l’oral en interrogeant sa variabilité constitutive à l’école.

(...)
 
Suite et fin en cliquant ci-dessous
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A Lire... Frères Migrants... Patrick Chamoiseau...

27 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

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Frères Migrants
DÉCLARATION DES POÈTES

1 - Les poètes déclarent : Ni orpheline, ni sans effets, aucune douleur n’a de frontières !

2 - Les poètes déclarent que dans l’indéfini de l’univers se tient l’énigme de notre monde, que dans cette énigme se tient le mystère du vivant, que dans ce mystère palpite la poésie des hommes : pas un ne saurait se voir dépossédé de l’autre !

3 - Les poètes déclarent que l’accomplissement mutuel de l’univers, de la planète, du vivant et des hommes ne peut s’envisager que dans une horizontale plénitude du vivant — cette manière d’être au monde par laquelle l’humanité cesse d’être une menace pour elle-même. Et pour ce qui existe…

4 - Les poètes déclarent que par le règne de la puissance actuelle, sous le fer de cette gloire, ont surgi les défis qui menacent notre existence sur cette planète ; que, dès lors, tout ce qu’il existe de sensible de vivant ou d’humain en dessous de notre ciel a le droit, le devoir, de s’en écarter et de concourir d’une manière très humaine, ou d’une autre encore bien plus humaine, à sa disparition.

5 - Les poètes déclarent qu’aller-venir et dévirer de par les rives du monde sont un Droit poétique, c’est-à-dire : une décence qui s’élève de tous les Droits connus visant à protéger le plus précieux de nos humanités ; qu’aller-venir et dévirer sont un hommage offert à ceux vers qui l’on va, à ceux chez qui l’on passe, et que c’est une célébration de l’histoire humaine que d’honorer la terre entière de ses élans et de ses rêves. Chacun peut décider de vivre cette célébration. Chacun peut se voir un jour acculé à la vivre ou bien à la revivre. Et chacun, dans sa force d’agir, sa puissance d’exister, se doit d’en prendre le plus grand soin.

6 - Les poètes déclarent qu’en la matière des migrations individuelles ou collectives, trans-pays, trans-nations et trans-monde, aucune pénalisation ne saurait être infligée à quiconque, et pour quoi que ce soit, et qu’aucun délit de solidarité ne saurait décemment exister.

7 - Les poètes déclarent que le racisme, la xénophobie, l’indifférence à l’Autre qui vient qui passe qui souffre et qui appelle sont des indécences qui dans l’histoire des hommes n’ont ouvert la voie qu’aux exterminations, et donc que ne pas accueillir, même pour de bonnes raisons, celui qui vient qui passe qui souffre et qui appelle est un acte criminel.

8 - Les poètes déclarent qu’une politique de sécurité qui laisse mourir et qui suspend des libertés individuelles au nom de l’Ordre public contrevient au principe de Sûreté que seul peut garantir l’exercice inaliénable indivisible des Droits fondamentaux.

9 - Les poètes déclarent qu’une Constitution nationale ou supranationale qui n’anticiperait pas les procédures d’accueil de ceux qui passent qui viennent et qui appellent, contreviendrait de même manière à la Sûreté de tous.

10 - Les poètes déclarent qu’aucun réfugié, chercheur d’asile, migrant sous une nécessité, éjecté volontaire, aucun déplacé poétique, ne saurait apparaître dans un lieu de ce monde sans qu’il n’ait — non pas un visage mais tous les visages, non pas un cœur tous les cœurs, non pas une âme toutes les âmes. Qu’il incarne dès lors l’Histoire de toutes nos histoires et devient par ce fait même un symbole absolu de l’humaine dignité.

11 - Les poètes déclarent que jamais plus un homme sur cette planète n’aura à fouler une terre étrangère — toute terre lui sera native —, ni ne restera en marge d’une citoyenneté — chaque citoyenneté le touchant de ses grâces —, et que celle-ci, soucieuse de la diversité du monde, ne saurait décider des bagages et outils culturels qu’il lui plaira de choisir.

12 - Les poètes déclarent que, quelles que soient les circonstances, un enfant ne saurait naître en dehors de l’enfance ; que l’enfance est le sel de la terre, le sol de notre sol, le sang de tous les sangs, que l’enfance est donc partout chez elle, comme la respiration du vent, le salubre de l’orage, le fécond de la foudre, prioritaire en tout, plénière d’emblée et citoyenne d’office.

13 - Les poètes déclarent que la Méditerranée entière est désormais le Lieu d’un hommage à ceux qui y sont morts, qu’elle soutient de l’assise de ses rives une arche célébrante, ouverte aux vents et ouverte aux plus infimes lumières, épelant pour tous les lettres du mot accueil dans toutes les langues, dans tous les chants, et que ce mot constitue uniment l’éthique du vivre-monde.

14 - Les poètes déclarent que les frontières ne signalent qu’une partition de rythmes et de saveurs, qui n’oppose pas mais qui accorde, qui ne sépare que pour relier, qui ne distingue que pour rallier, et que dès lors aucun cerbère, aucun passeur, n’y trouvera à sévir, aucun désir n’y trouvera à souffrir.

15 - Les poètes déclarent que toute Nation est Nation-Relation, souveraine mais solidaire, offerte au soin de tous et responsable de tous sur le tapis de ses frontières.

16 – Frères migrants, qui le monde vivez, qui le vivez bien avant nous, les poètes déclarent en votre nom, que le vouloir commun contre les forces brutes se nourrira des infimes impulsions. Que l’effort est en chacun dans l’ordinaire du quotidien. Que le combat de chacun est le combat de tous. Que le bonheur de tous clignote dans l’effort et la grâce de chacun, jusqu’à nous dessiner un monde où ce qui verse et se déverse par-dessus les frontières se transforme là même, de part et d’autre des murs et de toutes les barrières, en cent fois cent fois cent millions de lucioles ! — une seule pour maintenir l'espoir à la portée de tous, les autres pour garantir l’ampleur de cette beauté contre les forces contraires. 

Paris, Genève, Rio,
Porto Alegre, Cayenne,
La  Favorite,
Décembre 2016

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Schiappa, un féminisme qui tourne en rond...

27 Mai 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Feminisme

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Avec ses livres «Osez l’amour des rondes» et «Qui sont les violeurs ?», la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les hommes et les femmes réalise un doublé contradictoire. Contre-productif ?

On ne sait pas grand-chose sur Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les hommes et les femmes. On aimerait imaginer que l’actuel gouvernement a eu des bonnes raisons de lui confier ce poste. Ce serait formidable que cette nomination ne soit pas la récompense à une fidèle de la première heure d’En marche, mais un acte de confiance dans ses capacités et dans ses idées. Autrement on ne voit pas ce que cherche Emmanuel Macron en faisant participer au gouvernement et au Parlement des membres de la société civile. Si ces derniers sont choisis non en fonction de leurs compétences mais de leur fidélité, ce serait pire pour la démocratie que s’ils étaient membres d’un parti politique. Car au risque qu’ils soient des incapables s’ajoute celui de devenir des pantins. Mais pourquoi poser ces questions à propos de cette bloggeuse ? Il suffit de lire ses livres sur les femmes pour le comprendre. Prenons par exemple son ouvrage le plus connu : Osez l’amour des rondes (la Musardine, 2010). Selon Marlène Schiappa, notre société qui discrimine les grosses aussi bien au travail que dans les magasins de vêtements est au fond terriblement hypocrite. Tandis que ces femmes souffrent du regard que l’on porte sur leurs bourrelets, les hommes les adorent. «Elles sont sexy, écrit Marlène Schiappa, elles sont sensuelles, elles attirent le mâle en rut et quand on y en goûte, on ne peut plus s’en passer !» Ce faisant, au lieu de souffrir en subissant des régimes qui les affament, le sexe permettrait aux rondes de se réconcilier avec elles-mêmes. Si elles plaisent tant, si elles sont - comme le prétend Schiappa - si bonnes pour les activités sexuelles, elles devraient l’assumer et dire merde aux normes esthétiques du système, continuer à manger des frites et à se gaver de tous les desserts du monde. Que penser de ce raisonnement qui confine à la vulgarité et à la bêtise déconcertante ? Y a-t-il un sous-texte sensé qui nous échapperait ?

Les politiques de la maigreur seraient au fond antisexuelles, elles viseraient à tarir le désir et à rendre les rondes complexées et malheureuses. C’est peut-être cela qui suscita, lors de la parution d’Osez l’amour des rondes, l’ire des féministes intégristes. Elles accusèrent l’auteure d’être «grossophobe» et machiste car ces femmes ne prenaient valeur et dignité, selon ce livre, que par leur position d’objet sexuel pour les hommes. Indignée par ces critiques, Schiappa chercha à faire croire que son essai devait être interprété au second degré, renonçant ainsi implicitement à sa théorie pro-sexe. Mais c’était trop tard. Sa réputation auprès des féministes était faite.

Il était pourtant indispensable de la changer car elle était devenue entre-temps le référent en matière de féminisme d’Emmanuel Macron. Cela explique peut-être la parution, en février, de son ouvrage Qui sont les violeurs ? Essai sur la culture du viol (Editions de l’Aube). Dans ce texte, elle affirme en substance, et toujours avec la même logique d’un tambour qui raisonne, que chez les hommes, le désir de prendre les femmes par la force est naturel. La cause de cette obscure inclination est, à ses yeux, le sentiment de réussite sociale qu’ils éprouvent lorsqu’ils les violent. Comme si ce crime odieux leur octroyait une satisfaction narcissique comparable à celle qu’ils éprouvent lorsqu’ils sont élus président de la République ou prix Nobel de physique. Fort heureusement, si tous les hommes sont des violeurs nés, ils sont pourvus, selon l’auteure, des moyens de se retenir. Mais comment réussiront-ils s’il y a tant de femmes bien en chair qui les excitent, si l’on s’en tient à la logique de la nouvelle secrétaire à l’Egalité ? Profitera-t-elle du poste qu’on lui a confié pour mettre les rondes au régime afin d’éviter que les femmes ne soient violées ? C’est une piste. Il n’est pas impossible que le féminisme de Mme Schiappa devienne le meilleur anneau gastrique pour les femmes en surpoids. Et la meilleure façon de se mettre En marche ?

Marcela Iacub

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Clelia Vega...

26 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Amin Maalouf...

26 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Si les hommes de tous pays, de toutes conditions, de toutes croyances se transforment aussi facilement en massacreurs, si les fanatiques de tous poils parviennent aussi facilement à s’imposer comme les défenseurs de l’identité, c’est parce que la conception  » tribale  » de l’identité qui prévaut encore dans le monde entier favorise une telle dérive; une conception héritée des conflits du passé, que beaucoup d’entre nous rejetteraient s’ils l’examinaient de plus près, mais à laquelle nous continuons à adhérer par habitude, par manque d’imagination, ou par résignation, contribuant ainsi, sans le vouloir, aux drames par lesquels nous serons demain sincèrement bouleversés.

(...)

A l’inverse, dès lors qu’on conçoit son identité comme étant faite d’appartenances multiples, certaines liées à une histoire ethnique et d’autres pas, certaines liées à une tradition religieuse et d’autres pas, dès lors que l’on voit en soi-même, en ses propres origines, en sa trajectoire, divers confluents, diverses contributions, divers métissages, diverses influences subtiles et contradictoires, un rapport différent se crée avec les autres, comme avec sa propre  » tribu « . Il n’y a plus simplement  » nous « , et  » eux  » – deux armées en ordre de bataille qui se préparent au prochain affrontement, à la prochaine revanche. Il y a désormais, de  » notre  » côté, des personnes avec lesquelles je n’ai finalement que très peu de choses en commun, et il y a, de  » leur  » côté, des personnes dont je peux me sentir extrêmement proche.

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La relation pédagogique à l’épreuve du verdict scolaire...

26 Mai 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

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La relation pédagogique à l’épreuve du verdict scolaire

Il est entendu que la relation Enseignants/Enseignés est conditionnée par la réussite scolaire des élèves. Les « mauvais élèves » manifestent une agressivité impuissante à l’encontre des professeurs qui n’est en fait qu’une contestation impuissante de leur place scolaire, que cette contestation provienne de la mauvaise réputation de l’établissement ou du rang qu’ils y occupent. De la contestation à la violence, il n’ y a qu’un pas comme le démontrent de nombreuses recherches : la problématique de l’échec (au sens large) et celle de la violence (au sens large) sont intimement liées. Même les phénomènes éloignés des enjeux scolaires, comme le racket, sont plus fréquents dans les classes de niveau et, évidemment, dans les classes du niveau le plus « bas ».

L’évaluation scolaire est donc porteuse de tensions potentielles. Ce qui ne signifie en aucun cas qu’il faille la supprimer mais, l’ aborder autrement, l’ utiliser autrement, l’ expliquer et la justifier seraient certainement une «valeur ajoutée », aussi bien pour les « bons » que pour les « mauvais » élèves d’ailleurs.

Au lieu de ça, le « rabaissement scolaire » est encore trop souvent utilisé:

  • passage au tableau vécu par le couple Prof/Elève comme un moment de punition, punition d’autant plus humiliante pour l’élève qu’il la vit devant ses pairs.
  • utilisation de sobriquets divers
  • rendu de copies classées en ordre décroissant avec commentaires à caractère vexatoire (Grand « classique »)
  • appréciations humiliantes dans les bulletins
  • confusions des registres entre jugement sur le travail et jugement sur la personne.

(Voir l’excellent ouvrage de P Merle, L’élève humilié. L’école, un espace de non-droit ? Paris, PUF 2005)

Le jugement scolaire est porteur d’enjeux relationnels d’autant plus délicats qu’il est dénié :

  • par l’élève d’abord, qui fait semblant d’y être indifférent ou en rajoute dans l’ostentation de la « nullité » scolaire, même si cette mise en scène cache qu’il se sent très responsable de ses résultats scolaires.
  • par l’enseignant ensuite qui trouve l’élève trop consommateur, trop « comptable », calculant sa moyenne à la décimale près, laissant de coté des matières peu « rentables » au brevet ou au BAC. (Mais les élèves n’ont-ils pas été initiés en amont depuis la 6ème, parfois avant, à ces « savants » calculs ?).
  • Et le malentendu est à son comble lorsqu’on s’aperçoit que les élèves trouvent eux aussi les enseignants trop « instrumentaux », leur reprochant de ne les juger qu’au travers de leurs notes et leurs résultats généraux.

Donc l’élève en appelle au RESPECT MUTUEL, conçu à la fois comme un critère de justice et comme une manière de le reconnaître dans sa différence et son authenticité d’adolescent. (Voir F Dubet, L’Egalité et le Mérite dans l’Ecole Démocratique, Année sociologique 2000, Numéro 50, Pages 383 à 409). Lorsque c’est le cas, mauvaises performances scolaires et bonnes relations peuvent coïncider. L’idéal serait de placer sur le même plan relations positives et exigences en termes d’apprentissages

Christophe Chartreux

Voir les recherches d’Anne Barrère, Professeur, PROFEOR (Interactions professions, éducation et orientation), Université Lille III

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