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Vivement l'Ecole!

"Hors de question que j'y retourne!" : face au Covid-19, des enseignants à la retraite appelés à la rescousse à l'école

24 Janvier 2022 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Jour Du Professeur Professeur Grand Père Vieux Professeur, Day, Grand Père,  Classe Fichier PNG et PSD pour le téléchargement libre

Face au nombre important d’enseignants touchés par le Covid-19 dans les écoles, plusieurs départements lancent un appel aux anciens instituteurs. Mais dans leur grande majorité, les néo-retraités rencontrés par france info y sont opposés. 

Annie a reçu le message il y a quelques jours. "C'est un mail qui est écrit en caractères excessivement importants. Je pense que c'est adapté à la population ciblée", explique cette professeure retraitée qui vit à Vannes (Morbihan). Elle fait partie de ces néo-retraités qui sont appelés à prêter main forte à l'Education nationale face au nombre important d’enseignants touchés par le Covid-19 dans les écoles. 

"Comme on est pas toutes jeunes, ils se disent qu’on ne voit pas bien", plaisante celle qui, à 61 ans, est retraitée depuis un an et demi. Sur ce mail, il est indiqué : "Vous avez exercé les fonctions de professeur des écoles avant de solliciter votre départ à la retraite. Aussi, je vous informe qu'il vous ait possible d'effectuer des remplacements dans le département du Morbihan". 

Mais pour Annie, "hors de question" d'y retourner ! "D'abord, je n'ai pas envie de tomber malade, de me promener dans le département ou de faire de la garderie au pied levé", explique-t-elle.

"J'ai fait ma carrière, j’ai donné, j’ai largement mérité ma retraite !" Annie, institutrice retraitée à france info

"J’ai quand même bien souffert à l’Education nationale, je trouve", ajoute la jeune retraitée. La crise sanitaire à l’école, elle l’a déjà connue durant ses derniers mois en classe, en 2020. Et son état d'esprit reflète bien celui des anciens enseignants contactés par france info. "Je ne reviendrai pas faire le pompier de service", lancent beaucoup d'entre eux. 

Les volontaires sont rares 

Beaucoup d'anciens professeurs des écoles s’inquiètent d’être envoyés, tel n’importe quel vacataire, dans une école trop loin de chez eux. Ce que réfute l'administration. "On va évidemment rechercher une stabilité sur un territoire, autant que faire se peut. On ne veut pas mettre les gens en difficulté ! C’est le plus beau métier du monde", affirme Guylène Esnault, directrice académique dans le Finistère.  

Depuis son bureau de Quimper, après avoir épuisé le vivier des vacataires habituels, elle s’apprête à envoyer un courrier, à de jeunes retraités. "En tant que citoyen, c’est aussi se dire 'je participe à la lutte contre ce virus'. Et je pense que c'est important que les enfants continuent d’aller à l’école. Pour les néoretraités, c’est tout à fait dans cet esprit-là", avance Guylène Esnault.  

Pour la directrice académique, qui espère de nombreux retours positifs dans cette période de crise"quand on est professeur un jour, on est professeur toujours !".  

Reste tout de même une limite d'âge : un fonctionnaire ne peut pas être rappelé au-delà de 67 ans… Théoriquement seulement : en Mayenne, d’anciennes institutrices de 73 et 75 ans ont été recontactées. La direction académique, à Laval, reconnaît un couac : l’âge des retraitées n’avait pas été revérifié. 

Agathe Mahuet

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Sade...

23 Janvier 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Epicure...

23 Janvier 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Philosophie

Flammarion - Lettre à Ménécée - Epicure - Texte integral - Edition avec  dossier : Epicure: Amazon.fr: Livres

Qu'on ne remette pas à plus tard, parce qu'on est jeune, la pratique de la philosophie et qu'on ne se lasse pas de philosopher, quand on est vieux. En effet, il n'est, pour personne, ni trop tôt ni trop tard, lorsqu'il s'agit de veiller à la santé de son âme. D'ailleurs, celui qui dit que le moment de philosopher n'est pas encore venu, ou que ce moment est passé, ressemble à celui qui dit, s'agissant du bonheur, que son moment n'est pas encore venu ou qu'il n'est plus. Aussi le jeune homme doit-il, comme le vieillard, philosopher : de la sorte, le second, tout en vieillissant, rajeunira grâce aux biens du passé, parce qu'il leur vouera de la gratitude, et le premier sera dans le même temps jeune et fort avancé en âge, parce qu'il ne craindra pas l'avenir. Il faut donc faire de ce qui produit le bonheur l'objet de ses soins, tant il est vrai que, lorsqu'il est présent, nous avons tout et que, quand il est absent, nous faisons tout pour l'avoir.

Epicure - Lettre à Ménécée

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« On ne combat pas des dérives en faisant la guerre à l’intelligence »

23 Janvier 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université, #Histoire, #Philosophie

https://www.causeur.fr/wp-content/uploads/2022/01/colloque-anti-woke-sorbonne.jpg

Le colloque organisé les 7 et 8 janvier à la Sorbonne contre la supposée « pensée woke » s’apparente à une sorte de banquet totémique où ont été voués aux gémonies les meilleurs penseurs de la seconde moitié du XXe siècle, analyse l’historienne Elisabeth Roudinesco, dans une tribune au « Monde ».

 

Les 7 et 8 janvier s’est tenu dans le plus bel amphithéâtre de la Sorbonne un colloque intitulé « Après la déconstruction : reconstruire les sciences et la culture ». Une bonne soixantaine d’universitaires issus de toutes les disciplines y avaient été conviés par Pierre-Henri Tavoillot, président du Collège de philosophie, avec pour partenaires le Comité Laïcité République, l’Observatoire du décolonialisme (en la personne de son rédacteur en chef, Xavier-Laurent Salvador) et Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale.

Répartis en trois sections et douze tables rondes, les intervenants disposaient de huit à vingt minutes pour exprimer leur hostilité à la « pensée woke », considérée comme l’instrument d’une destruction de la civilisation occidentale. Plusieurs s’étaient récusés au dernier moment pour cause de maladie.

Le mot « woke » servait, à la fin du XXsiècle, à définir un mouvement de prise de conscience (un « éveil ») des discriminations subies par les Noirs, par les femmes ou par les minorités sexuelles : on parlait alors de « culture woke ». Depuis 2020, le mot a été repris par les opposants à cette culture qui se plaisent désormais à la dénigrer en comparant ses représentants à une tribu communautariste. Ne classent-ils pas les sujets en fonction de leur race, de leur genre ou de leur religion, afin de réclamer des réparations pour des offenses subies depuis la nuit des temps ?

Aux yeux de leurs détracteurs, les artisans de cette politique identitaire ne seraient qu’un ramassis de néoféministes, d’islamo-gauchistes, de déboulonneurs de statues, de LGBTQIA+, adeptes de la « culture de l’annulation » (cancel culture), tous complices des attentats contre Charlie Hebdo et Samuel Paty. Ils auraient ainsi « gangréné » l’université française pour la transformer en un vaste campus américain. Quant aux défenseurs de cette politique identitaire, de plus en plus actifs, ils regardent leurs adversaires comme de sombres islamophobes, racistes et misogynes. D’où une déferlante d’insultes de part et d’autre.

(...)

Convaincus que ce « mouvement » menace le monde civilisé, les participants au colloque ont vanté les mérites de leur livre fondateur : La Pensée 68. Essai sur l’anti-humanisme contemporain. Publié en 1985 par Luc Ferry et Alain Renaut, l’ouvrage racontait déjà la même histoire : Lacan, Bourdieu, Derrida, etc., étaient déjà regardés par les auteurs du livre comme les sinistres héritiers d’une pensée obscure (Freud, Marx, Nietzsche et Heidegger) ayant donné naissance à deux totalitarismes : le stalinisme et le nazisme.

Quand on sait que Foucault était libéral, proche un temps de la deuxième gauche, et que Derrida, ami de Nelson Mandela, soutenait non seulement les dissidents de Prague mais aussi Salman Rushdie, que Lacan était peu favorable aux barricades, on regrette que les intervenants de la Sorbonne se soient éloignés de toute cohérence historique. Inutile de dire que Freud ne fut en rien un dynamiteur de civilisation mais bien un penseur attentif à ses malaises et aux pulsions mortifères qui la menaçaient et la menacent encore.

Armés de l’hypothèse des « trois âges » et hantés par les barricades de la rue Gay-Lussac, les intervenants de ce colloque visaient moins les dérives identitaires contemporaines – issues des études (studies) de genre et de décolonialité – qu’une armada imaginaire de furieux guillotineurs qui auraient, depuis mai 1968, détruit l’école républicaine. Drôle de « mouvement » !

L’avenir, un cauchemar peuplé de monstres

A l’exception de [l’essayiste québécois] Mathieu Bock-Côté – soutien d’Eric Zemmour –, ces intervenants ne sont pas d’extrême droite, ils n’ont pas réhabilité la France de Vichy. Mais ils se sentent les victimes d’une pensée (le wokisme) dont ils ne parviennent pas à endiguer les méfaits : « C’est fichu », disent-ils en chœur.

Et c’est au nom de cette attitude réactionnaire, inspirée par une époque tourmentée, qu’ils ont réussi à former un collectif destiné à combattre le passé sans avoir à penser ni le présent, qui les révulse, ni l’avenir, qu’ils se représentent comme un cauchemar peuplé de monstres. De quelle « reconstruction » parlent-ils ? On a peine à le savoir. Citons quelques exemples.

Pierre-André Taguieff avait envoyé une vidéo dans laquelle il qualifie Derrida de chef de file d’une « secte intellectuelle internationale » hostile à « l’homme blanc ». Eric Anceau a pris la défense d’Olivier Pétré-Grenouilleau, historien des traites négrières, stupidement attaqué en 2005 par un collectif mémoriel n’ayant aucun rapport avec une quelconque entreprise de déconstruction. Pierre Vermeren a présenté la « pensée 68 » comme la résultante d’une « décomposition dramatique et sanglante de l’Algérie française ». Par la perte de son empire, la France serait devenue une sorte de colonie africaine, intellectuellement régentée par trois adeptes du déconstructionnisme nés en Algérie, et donc déracinés de leur ancrage territorial : Jacques Derrida – toujours lui –, Louis Althusser et Hélène Cixous, brocardée sans ménagement.

(...)

Mais le clou du spectacle fut le discours du ministre de l’éducation nationale. Regrettant que tant d’enseignants aient un tel appétit pour la déconstruction, Jean-Michel Blanquer prononça ces mots qui se passent de commentaire : « Il s’agit de re-républicaniser l’école, car (…) l’école de la République est une école de la République. » Et encore : « Certains cherchent à ringardiser l’approche française de la laïcité, à nous dire qu’elle serait un concept spécifiquement français, incompréhensible ailleurs (…). Je prétends totalement le contraire. Il y a d’autres pays que le nôtre qui ont connu ou qui connaissent la laïcité : à commencer par la Turquie (…) ou l’Uruguay. » Alors qu’en Turquie la religion reste soumise à l’Etat, et qu’en Uruguay le principe de laïcité est sans cesse mis en cause, de tels propos peuvent étonner.

On sait que les revendications identitaires, qui travaillent la société occidentale, sont nées d’un phénomène de repli sur soi postérieur à la chute du mur de Berlin. Et s’il est vrai que les chercheurs qui les théorisent souvent de manière outrancière s’inspirent aujourd’hui, au moins en partie, des penseurs français des années 1970, cela ne signifie pas que les uns et les autres soient coupables d’un « ethnocide » (Taguieff) anti-occidental. A cet égard, les universitaires réunis dans ce conclave devraient, en vue de leur prochain colloque, réviser leur copie : on ne combat pas des dérives en faisant la guerre à l’intelligence.

Elisabeth Roudinesco est historienne, chargée d’un séminaire d’histoire de la psychanalyse à l’Ecole normale supérieure. Cofondatrice de l’Institut Histoire et Lumières de la pensée et collaboratrice du « Monde des livres », elle a récemment publié « Soi-même comme un roi. Essai sur les dérives identitaires » (Seuil, 2021).

 

Texte complet à lire en cliquant ci-dessous

 

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Education/Présidentielle 2022 - Des projets timides concernant l' éducation et la notion de "programmes"

23 Janvier 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Les programmes scolaires ne plaisent ni aux parents, ni aux profs

 

A moins de cent jours du premier tour de l'élection présidentielle, il est peu question de programmes. A l'Ecole, les programmes sont nos feuilles de route. Celles des élèves aussi.

 

Alors à tous les candidats, je voudrais dire ceci :


Une réflexion aurait du être progressivement menée autour de la notion de discipline scolaire et derrière elle, la question des « programmes ». Deux pistes auraient pu être explorées :

 

d’une part, scinder les programmes traditionnels en « unités » présentant une cohérence soit de contenu, soit de compétence (démarche proche de la mise en œuvre des « unités de valeurs » à l’Université au début des années soixante-dix) ;

 

d’autre part, la piste plus ambitieuse proposée, entre autres mais particulièrement, par Edgar Morin consistant à articuler les enseignements des disciplines autour de grandes questions que se pose tout être humain : l’identité terrienne, la condition humaine, qu’est-ce que comprendre un phénomène, comment se construit le savoir, etc. ? 

 

En mars 1998, au moment de la consultation nationale « Quels savoirs enseigner dans les lycées ? », Edgar Morin avait proposé au Ministère de l’Éducation nationale l’organisation de journées thématiques qui ont regroupé plus d’une soixantaine d’enseignants et de chercheurs de renom. L’idée de départ était de prouver qu’une autre façon de considérer les savoirs et leur enseignement était possible. Les réalités et problématiques du monde d’aujourd’hui sont multidimensionnelles et complexes. Leur enseignement se fait à partir de disciplines compartimentées, elles-mêmes souvent fragmentées en spécialités disjointes : l’élève étant supposé opérer de lui-même des liens, des articulations. Le défi est au contraire de permettre à chaque humain d’accéder à cette culture complexe en proposant une cohérence d’ensemble.

 

Les disciplines ne sont pas un objectif en soi, elles sont des outils intellectuels pour penser le Monde. Le savoir (dispensé par l’École) doit répondre aux questions essentielles de la conscience humaine : qui sommes-nous, d’où venons-nous, où sommes-nous, comment fonctionne le monde, comment évolue-t-il ? Comme le souligne Edgar Morin, ces journées avaient pour objet de relever un défi : « favoriser l’émergence de nouvelles humanités à partir des deux polarités complémentaires et non antagonistes, la culture scientifique et la culture humaniste » ; permettre ainsi à chaque humain « de se reconnaître humain et de reconnaître en autrui un être humain complexe ; de devenir apte à se situer dans son monde, sur la terre, dans son histoire, dans sa société ». (Le défi du XXIe siècle. Relier les connaissances, p. 15). Vingt-quatre ans après, l’analyse garde toute sa pertinence ; pourtant vingt-quatre ans après, l’École est inchangée. L’élève subit un enseignement toujours aussi fragmenté et une journée de collégien ressemble à un inventaire à la Prévert : calcul algébrique, étude du devoir argumenté, exercices de flûte - aujourd'hui de chant choral -, dialogue en anglais… se succèdent au gré des emplois du temps. Qu’a « construit » ce collégien au terme de sa journée ? La question lui est-elle d’ailleurs posée ? Parfois, j'en ai connu plus d'un, il se la pose. Peut-être serait-il temps d'enfin lui répondre...

 

Placer la question du sens au cœur de la rénovation à mener est une urgence. On se doute des réticences (pour ne pas dire plus) que cela engendrerait : j'ai déjà dit en d'autres occasions diverses, – pour la simple inscription des matières dans les perspectives du Socle commun – combien les « territoires disciplinaires » résistent. C’est un processus de longue haleine qu’il conviendrait d’initier : refonder cette École du XXIème siècle ne peut s’envisager que sur une dizaine d’années, et donc obtenir l’adhésion du corps social pour que les alternances politiques ne viennent pas altérer le processus. Ce que d'autres pays ont su et surtout VOULU faire en commun.

 

Pourtant, dans les deux cas, les bénéfices d’une telle révolution scolaire seraient considérables. Il s’agirait de permettre à l’élève d’être dans une spirale positive de construction des savoirs :

 

  • l’élève peut continuer d’avancer dans les matières où il réussit sans s’ennuyer à refaire la même chose là où il échoue. En cas de difficultés, l’élève va à son rythme ;

  • cela « remixe » les groupes et oblige à tisser des liens plus nombreux avec d’autres d’âges très différents.

 

Christophe Chartreux

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Quand le Président de la République "emmerde" les enseignants...

23 Janvier 2022 , Rédigé par challenges Publié dans #Education

Emmanuel Macron : cette autre phrase choquante sur les non vaccinés passée  inaperçue - Closer

 

Blanquer reçoit les félicitations présidentielles

Face à la grève des enseignants et à l’affaire d’Ibiza, l’Elysée sort l’artillerie. "Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’école ouverte, est en proie à une offensive de déstabilisation insupportable", selon un proche du président de la République.

Ledit ministre a même reçu les félicitations présidentielles pour son intervention de sortie de crise qui "a apaisé la situation".

Olivier Véran, le ministre de la Santé a, lui, été prié de se montrer "plus coopératif pour l’organisation des tests dans les établissements scolaires qui relèvent de sa responsabilité".

Challenges

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À propos du témoignage de deux enseignants qui veulent quitter l'école

23 Janvier 2022 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

La Démission - SG Avocat droit du travail Paris

EXTRAITS

La question de « la crise de la vocation » et de l’augmentation des démissions dans l’enseignement est devenue une question médiatique. Analyse de deux témoignages d'enseignants qui veulent démissionner de l'Éducation Nationale pour des raisons toutefois radicalement différentes.

À propos du témoignages de deux enseignants qui veulent démissionner de l’éducation nationale ( EN)

La question de « la crise de la vocation » et de l’augmentation des démissions dans l’enseignement est devenue une question médiatique comme le montre la récente publication de deux témoignages de jeunes professeurs sur deux sites pourtant politiquement opposés. Malgré leurs options idéologiques différentes, l’analyse comparée de ces deux témoignages montre que l’augmentation des démissions dans l’Education Nationale ( EN) ne s’explique pas uniquement par la dévalorisation du métier d’enseignant (dont ne parlent d’ailleurs pas ces professeurs).

Le premier témoignage publié par « Front populaire », le magazine de Michel Onfray, est celui de Raphael, jeune professeur d’espagnol, qui « comme de nombreux enseignants, a décidé, à contre-cœur, de claquer la porte de l’Éducation nationale » en raison du « nivellement par le bas, des mauvais comportements des élèves et de la tyrannie de la bienveillance »1En effet selon Raphael « l’autorité, pour l’Éducation nationale, est un mot grossier qui est volontairement confondu avec l’autoritarisme. La peur, la lâcheté de l’administration font que non seulement le professeur est abandonné à son propre sort en cas de conflit avec un élève ou avec un parent, mais en plus, il sera sacrifié afin de ne pas faire de vague. En réalité, l‘Éducation nationale et l'État ont peur parce qu’ils sont faibles ». C’est donc à cause du déclin de l’autorité magistrale que Raphael veut démissionner.

Le site anarchiste Lundi Matin, publie, quant à lui, le témoignage d’un jeune enseignant d’anglais, Hugo, qui, lui aussi, « ne veut plus aller à l’école »2. «  Je dis que je n’ai plus envie d’aller à l’école car il fût un temps où cela m’attirait. Je voulais échapper au marché du travail, comme tant d’autres et faire un métier avec du sens, sans avoir saisi toutes ces implications. Aujourd’hui serviteur d’un état bourgeois, je compte les jours qui me séparent de la rentrée ». Hugo ne supporte plus de jouer au flic pour une institution dont l’objectif n’est pas de transmettre des connaissances mais de «  dompter la jeunesse » et « de pacifier les jeunes foules ». « Nous, les cadres de l’école de la république, nous dit-il, nous avons l’institution de notre côté et nous l’utiliserons pour briser vos désirs débordants. Vos amusements minables. Votre arrogance déplacée. Moi-même, il m’arrive d’éprouver une pointe de plaisir quand je crois appliquer la juste sanction. Pour moi, c’est là que se noue la dissonance que ressent chaque enseignant dans l’exercice de son métier. On te raconte que tu vas transmettre ton savoir de manière enrichissante et parfois, tu te retrouves à enfiler ton casque de CRS et tu mates les indisciplinés. ». Pour Hugo, ce n’est donc pas le déclin de l’autorité mais à l’inverse l’autoritarisme de l’institution scolaire qu’il juge insupportableTout oppose, a priori, les diagnostics d’Hugo et de Raphael, mais au delà de leurs différences, ces témoignages comportent pourtant certains points communs.

En effet, les témoignages de Hugo et de Raphael nous sont présentés par Lundi Matin et par Front Populaire comme révélateurs d’une situation nouvelle au sein de l’Education Nationale. Or, contrairement à ce que prétendent ces deux sites, ce type de témoignage n’a rien de nouveau. En effet , la critique libertaire de l’école républicaine ne date pas d’hier, et on pourrait trouver de nombreux textes ou témoignages critiques sur « l’école-caserne » y compris depuis ces 20 ou 30 dernières années. Quant aux témoignages d’inspiration réac-républicaine, on en trouve de nombreux exemples chaque année depuis le fameux « De l’école » de J.C. Milner,3 en passant par « La fabrique du crétin» de J.C. Brighelli4. Le pamphlet réac ou décliniste sur l’école est un genre littéraire à lui tout seul. Mais qu’il soit réactionnaire ou anti-autoritaire5, le pamphlet sur l’école se doit d’être catastrophiste. Susciter l’intérêt des médias nécessite d’affirmer que tout va mal dans l’Éducation Nationale ( ce qui ne veut évidemment pas dire que tout va bien ) et de ré-affirmer que l’éducation est en crise, même si cette crise n’est par ailleurs pas récente d’après le célèbre essai qu’Hannah Arendt a consacré à ce sujet dans un livre paru en … 19616.

(...)

JY Mas, Professeur de sciences économiques et sociales (SES) dans l'enseignement secondaire en Seine Saint Denis

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Covid à l'école, l'université française, les mathématiques... Trois belles émissions proposées par France Culture

23 Janvier 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Questions d'auditeurs pour France Culture

Le covid est-il en train d'épuiser l'école ? Après deux ans d'épidémie et un variant galopant, le covid abîme le temps de l’école avec les absences d’élèves, de professeurs, et des protocoles qui eux aussi grignotent le temps dédié à l'enseignement. Ces heures perdues se rattraperont-t-elles ? Dans quel état notre système scolaire va-t-il sortir de cette crise ? (Etre et savoir, 57 min)

Universités : un modèle économique au cœur du débat. Dans un contexte de massification de l’accès à l’enseignement supérieur, et alors que la question de l'efficacité de celui-ci est un enjeu professionnel majeur pour la population étudiante, la question des moyens alloués aux universités françaises constitue une question politique fondamentale. (Entendez-vous l'éco ? 58 min)

Non, les mathématiques ne sont pas réservées à certaines configurations cérébrales. Ce n'est que la première des idées reçues que le mathématicien David Bessis s'applique à déconstruire. Pour l'auteur de "Mathematica. Une aventure au cœur de nous-mêmes", les mathématiques sont avant tout une expérience physique, qui, loin d'être inféodées au seul raisonnement logique, relèvent d'abord du plaisir charnel de manipuler des objets. 

🔗Pour une approche sensible des mathématiques (L'Invité(e) des Matins, 42 min)

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Elza Soares...

22 Janvier 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Haruki Murakami...

22 Janvier 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

 

 

Ce dont je veux parler ici, c’est d’une jeune femme.

À vrai dire, je ne sais absolument rien d’elle. Je ne me souviens même pas de son nom ou de son visage. Et il y a tout à parier qu’elle non plus ne se rappelle ni mon nom ni mon visage.

Quand je l’ai rencontrée, j’étais étudiant en deuxième année à l’université, je n’avais pas encore vingt ans, et elle, dans les vingt-cinq, je pense. Nous faisions l’un et l’autre un petit job à temps partiel, au même endroit, aux mêmes horaires. Ce qui nous a conduits, un peu par hasard, à passer une nuit ensemble. Nous ne nous sommes plus jamais revus ensuite.

À l’époque de mes dix-neuf ans, j’ignorais à peu près tout de mes sentiments, de leurs fluctuations, et bien entendu j’étais encore plus fermé aux sentiments des autres. Malgré tout, je crois que j’étais capable de saisir ce qu’étaient la joie et la tristesse. Mais les innombrables nuances qui s’échelonnent entre la joie et la tristesse, je ne savais pas alors où les situer et je ne comprenais pas les rapports qu’elles entretenaient entre elles. Je me sentais donc souvent terriblement perturbé et impuissant.

Néanmoins, je voudrais raconter ma rencontre avec cette jeune femme.

Elle composait des tankas et une anthologie de ses poèmes avait été publiée : c’est tout ce que je savais. Enfin, « anthologie », c’est peut-être beaucoup dire, il s’agissait d’un unique opuscule, sommairement relié, une auto-édition très rudimentaire. Malgré tout, quelques-uns de ces poèmes restèrent étrangement gravés en moi. La plupart de ces créations avaient trait à l’amour et à la mort. Comme si l’amour et la mort étaient indissociables et refusaient d’être séparés.

Toi et moi

Nous sommes donc

Si éloignés l’un de l’autre

Devrais-je m’élever

Jusqu’à Jupiter ?

 

Sur un oreiller de pierre

Je pose mon oreille

Et j’entends

Mon sang

Qui coule qui roule

Sans un son

« Dis, il se peut que je prononce le nom d’un autre homme au moment où je prends mon pied, ça ne t’embête pas ? » m’avait-elle demandé.

Nous étions tous les deux nus sous la couette.

« Non, pas spécialement », avais-je répondu, mais je n’en étais pas tout à fait certain. Après tout, pourquoi aurais-je dû m’en soucier ? Au fond, ce n’était qu’un nom. Et entre un nom et un autre, y a-t-il une grande différence ?

« Il est possible que je hurle…

— Ah, ça, c’est peut-être gênant », lui avais-je répliqué précipitamment.

En effet, j’habitais un vieil appartement en bois aux cloisons aussi minces que les gaufrettes d’autrefois. Si elle criait au milieu de la nuit, tout le voisinage en profiterait.

« Bon, alors, le moment venu, je pourrais mordre dans une serviette », avait-elle suggéré.

J’étais donc allé à la salle de bains lui chercher une serviette propre et solide, que j’avais posée sur la table de chevet.

« Comme ça, ça ira ? »

Elle avait mordillé la serviette à plusieurs reprises, comme un cheval qui essaie son nouveau mors. Puis elle avait opiné, l’air de dire, Oui, ça ira.

Notre relation était le fait du hasard. Je n’étais pas particulièrement attaché à elle, et elle, de son côté, n’était sans doute pas fan de moi (je crois). Cet hiver-là, nous avions travaillé dans le même restaurant, un italien sans prétention, non loin de Yotsuya, durant environ deux semaines, mais comme nos postes de travail étaient assez éloignés l’un de l’autre, je n’avais pas eu l’occasion d’avoir une véritable conversation avec elle. Je m’activais en cuisine, je faisais la vaisselle ou j’aidais les cuistots. Elle était serveuse. Tous les salariés à temps partiel étaient des étudiants, sauf elle. C’était peut-être la raison pour laquelle ses manières d’être étaient un peu différentes. Elle avait démissionné à la mi-décembre, et après la fermeture tout le monde était allé boire un verre dans un bistrot du coin. On m’avait invité aussi à me joindre au groupe. Ce n’était pas vraiment un pot de départ. On s’était contentés de boire des bières pendant une petite heure et, tout en discutant, de grignoter des crackers et autres snacks. J’avais appris à cette occasion qu’avant de travailler au restaurant elle avait été employée dans une agence immobilière et dans une librairie. Elle m’avait raconté qu’aucun de ces emplois ne lui avait convenu. Dans le restaurant italien, elle n’avait de problème avec personne, mais elle ne s’en sortait pas avec un salaire aussi misérable et, même si elle n’en avait aucune envie, elle devait chercher un nouveau job.

Quelqu’un lui avait demandé quel type de travail elle aurait bien aimé faire.

« Ça m’est complètement égal », avait-elle répondu en se frottant du doigt le côté du nez où l’alignement de deux petites taches de naissance évoquait une constellation. « De toute façon, il n’y a aucun boulot génial. »

J’habitais alors à Asagaya et elle à Koganei. À la gare de Yotsuya, j’étais donc monté avec elle dans l’express de la ligne Chūo et je m’étais installé sur une banquette à son côté. Il était déjà plus de 23 heures et la nuit était froide, avec ce vent glacé spécial du début de l’hiver. Oui, on était brusquement passé à l’époque de l’année où il fallait des gants et une écharpe. À l’approche de la station d’Asagaya, je m’étais levé. Elle avait dirigé son regard vers moi.

« Tu penses que je pourrais rester avec toi cette nuit ? m’avait-elle demandé à voix basse.

— Bien sûr, mais pourquoi ?

— Parce que Koganei, c’est encore bien loin.

— Mais chez moi, c’est minuscule et plutôt encombré.

— Je m’en fiche. » Et elle avait attrapé la manche de mon manteau.

 

Haruki Murakami, Première personne du singulier, traduit du japonais par Hélène Morita

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