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Vivement l'Ecole!

Les hussards noirs de la République mal placés pour gagner la guerre des revenus - Par Claude Lelièvre

25 Janvier 2022 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Les hussards noirs de la République ou les combats pour l'école laïque

EXTRAITS

Lorsqu'en 1913 l'écrivain Charles Péguy a lancé l'expression « hussards noirs de la République » qui allait faire florès pour désigner les enseignants du primaire ( mais qui concernait pour lui seulement les élèves-maîtres des écoles normales de son enfance) les instituteurs en France gagnaient - déjà- deux fois moins que leurs homologues d'Allemagne.

Comme l'a souligné le grand historien anglais Théodore Zeldin dans son livre sur « Les Passions françaises », « en 1914, les instituteurs d'Alsace-Lorraine (alors sous souveraineté allemande) recevaient un salaire deux fois plus élevé que celui de leurs collègues français et, dans une enquête internationale, les enseignants du primaire en France furent classés comme les plus mal payés d'Europe, venant à la vingt-cinquième place, à égalité avec ceux du Monténégro »

La focalisation différentielle et récurrente avec l'Allemagne vient de loin, à savoir de la cuisante défaite de Sedan à la fin du Second Empire et de son ''explication'' dominante devenue une antienne. En 1882, dans un discours prononcé à Reims, le ministre de l'Instruction publique Jules Ferry affirme que « l'instituteur prussien a fait la victoire de sa patrie, l'instituteur de la République préparera la revanche »

En 1876 était déjà paru sous la signature d'Ernest Lavisse la première version d'une « Histoire de France » destinée aux écoliers avec comme préambule un avertissement concernant leurs maîtres qui « savent qu'on répète tous les jours, en Allemagne, que l'instituteur allemand a vaincu à Sadowa et à Sedan ». La grande figure républicaine et patriotique Léon Gambetta avait déjà lancé : « le vrai vainqueur à Sedan fut l'instituteur prussien, et c'est à l'instituteur français de gagner la prochaine guerre »

Est-ce l'instituteur français qui a gagné la guerre de « 14-18 » ? Indépendamment de sa contribution à la préparation de « la revanche », la corporation des instituteurs fut en tout cas parmi celles qui eurent le plus fort taux de pertes. Mais il est sûr que les instituteurs ne gagnèrent pas la guerre des revenus. Telle est sans doute la rançon lorsqu'on est ''voué à se dévouer'' : on a droit aux honneurs et aux limites collatérales de la reconnaissance ''symbolique''. L'appellation toujours renouvelée de ''hussards noirs de la République'' en est la marque récurrente, d'autant plus saugrenue que le taux d'hommes parmi les enseignants du primaire se réduit de plus en plus à la portion congrue...

(...)

On remarquera aussi qu'Emmanuel Macron s'était déjà exprimé peu ou prou sur le sujet à Rodez le 3 octobre 2019, de façon alors quelque peu emberlificotée : « Si je revalorisais, comme je veux le faire, l'ensemble des enseignants... on parle d'un million de fonctionnaires. Si je voulais revaloriser comme ça, c'est dix milliards ! Je ne vais pas mettre dix milliards demain. C'est vos impôts ! Ou c'est le déficit, c'est la dette pour vos enfants. Donc c'est investir sur notre éducation, faut repenser la carrière. Cela veut dire qu'il faut qu'on arrive à ce que la carrière progresse davantage. Qu'on ait un vrai dialogue avec l'ensemble des enseignants et leurs représentants. Il faut dire comment on fait mieux progresser la carrière, comment on paie mieux ; comment du coup, parce qu'on paie mieux , peut-être on change aussi le temps de travail , la relation au travail. Et je pense que les enseignants de votre génération sont tout à fait prêts et ils le font d'ailleurs, bien souvent, hors du temps scolaire, d'accompagner les jeunes différemment, que ce soit valorisé, que cela puisse être demandé aux enseignants. Que le métier change »

Plus de deux ans ont passé depuis. Force est de constater que pas grand chose n'a changé en l'occurrence. Que cela revienne au moment de l'élection présidentielle et dans la perspective d'un nouveau quinquennat ne manque certes pas de signification ni d'enjeu.

(...)

Claude Lelièvre

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Quand le ministre de l'Education nationale minimise le nombre de cas positifs chez les élèves... (Vidéo)

25 Janvier 2022 , Rédigé par Arte Publié dans #Education

Alors que le protocole sanitaire à l'école ne cesse d’être réaménagé face à l’explosion des contaminations, au grand dam des parents d'élèves, le ministre de l'éducation nationale Jean-Michel Blanquer évoquait le 11 janvier sur BFM TV « autour de 50 000 cas positifs cumulés » pour 12 millions d’élèves.

Un chiffre relativement bas, qui a suscité beaucoup d'interrogations et de commentaires compte tenu du nombre de nouveaux cas annoncés chaque jour en France. Selon le secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale, le chiffre officiel est largement minoré par des grosses perturbations dans les remontées du nombre de cas à l’inspection académique. Des déclarations qui ne peuvent plus être faites de manière exhaustive, en raison justement de l'emballement de l'épidémie.

D'ailleurs, si on se fie aux chiffres publiés par Santé publique France sur le taux d'incidence dans les classes d'âge scolarisées, on arrive à un tout autre résultat que les chiffres de Jean-Michel Blanquer. Sur la semaine de la rentrée, du 1er au 7 janvier, on décomptait ainsi plus de 44 000 cas positifs chez les 3 à 5 ans, 127 000 chez les 6 à 10 ans, 110 000 chez les 11 à 14 ans et 117 000 pour les 15 à 17 ans.

Soit un total de près de 400 000 cas de Covid recensés la semaine de la rentrée dans la tranche d’âge correspondant aux enfants scolarisés dans le premier et second degré. Huit fois plus que les chiffres du ministre.

#JeanMichelBlanquer #Protocolesanitaire #Ibiza

28 Minutes est le magazine d’actualité d’ARTE, présenté par Elisabeth Quin du lundi au vendredi à 20h05. Renaud Dély est aux commandes de l'émission le samedi.

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Une génération sacrifiée : l’impact des fermetures d’écoles sur l’éducation des filles en Afrique

24 Janvier 2022 , Rédigé par ONE France Publié dans #Education

https://www.francetvinfo.fr/pictures/XvarQJLUwylFI4PrbQjirKzpGP8/1200x675/2021/03/22/php9AnoI7.jpg

EXTRAIT

Alors qu’ils reprennent progressivement le chemin de l’école, les enfants vivant sur le continent africain risquent de ne pas retrouver le même environnement que celui d’avant la pandémie. Dans certaines écoles, le nombre d’élèves par classe sera plus faible en raison des taux élevés d’abandon scolaire, notamment chez les adolescentes.

En Afrique, le COVID-19 a exclu une génération entière du système éducatif. Dans les pays africains à revenu faible ou intermédiaire, les enfants qui ne retourneront pas à l’école lors de sa réouverture se comptent par millions, et ce, pour diverses raisons. L’une d’elles est la suivante : pendant la pandémie, de nombreuses familles ont subi une perte de leurs moyens de subsistance, ce qui a affecté leur capacité à payer les frais de scolarité. En Afrique du Sud, on estime que 750 000 élèves ont dû abandonner l’école au cours de la première année de la pandémie. 10 % des personnes interrogées dans le cadre d’une étude ont déclaré qu’au moins un enfant de leur foyer n’était pas retourné à l’école en 2021.

Une étude menée au Kenya a révélé que 16 % des filles et 8 % des garçons ne sont pas retournés à l’école en 2021, après près d’un an de fermeture des écoles. Ruth Kagia, cheffe de cabinet adjointe du président kényan, a déclaré que les conséquences négatives des taux élevés d’abandon scolaire se feront sentir pendant des décennies : « La pandémie creuse les inégalités préexistantes, mettant en lumière les vulnérabilités des systèmes sociaux, éducatifs et économiques qui amplifient à leur tour les impacts de la pandémie. »

Dans certains pays, les filles qui n’étaient pas scolarisées en raison de la fermeture des écoles étaient chargées d’aider aux tâches ménagères. De nombreux parents, en particulier ceux qui accordent peu de valeur à l’éducation des filles, pourraient être tentés de garder leurs filles à la maison après la réouverture des écoles ce mois-ci.

Des disparités accrues

Des études menées en 2020 ont montré que les fermetures d’écoles ont engendré la déscolarisation d’environ 90 % des élèves dans le monde. Parmi eux, 800 millions étaient des filles. Au cours des deux dernières années, des millions d’enfants – garçons et filles – qui n’ont pas eu la chance de bénéficier de l’apprentissage en ligne ou de l’enseignement à domicile n’ont eu que très peu, voire pas du tout, accès à l’éducation. En Afrique, la réouverture de certaines écoles n’a eu lieu qu’en janvier 2022, après une interruption de près de deux ans, notamment en Ouganda.

Ces longues fermetures d’écoles risquent d’accentuer encore les disparités entre les élèves qui ont pu poursuivre leur scolarité grâce à l’enseignement à domicile ou à l’apprentissage en ligne et ceux qui n’ont pas eu cette chance. La plupart des enfants qui n’ont pas reçu d’enseignement pendant les fermetures d’écoles devront probablement redoubler des classes pour rattraper leur retard, ce qui signifie qu’ils seront à la traîne par rapport à leurs camarades. Certains pourraient même tout simplement abandonner l’école.

Certaines écoles kényanes ont mieux réussi que d’autres à maintenir les garçons et les filles à l’école. William Wambugu, le directeur de l’école primaire Ndaragua à Nyahururu, au Kenya, a déclaré que lorsque la pandémie a frappé, l’école disposait déjà d’un programme de conseil pour les élèves, qui apporte un soutien psychosocial aux filles. « Je pense que c’est la raison pour laquelle aucune de nos filles n’est tombée enceinte et que tous les élèves sont revenus cette année », a-t-il déclaré.

Grossesses d’adolescentes, mariages précoces et violences sexuelles

L’école de Wambugu fait partie de celles qui ont eu le plus de chance. Les grossesses d’adolescentes et les mariages précoces représentent un frein à l’éducation des filles dans toute l’Afrique. La province sud-africaine de Gauteng a connu une augmentation de 60 % des grossesses chez les adolescentes depuis le début de la pandémie. On peut attribuer cette augmentation à différents facteurs, notamment au manque d’accès des filles à l’éducation sexuelle, à l’accès réduit aux contraceptifs pendant les périodes de confinement et aux violences sexuelles.

(...)

Rasna Warah

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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Higelin... Arthur, Izia, Jacques...

24 Janvier 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Marivaux...

24 Janvier 2022 , Rédigé par christophe

La Double Inconstance eBook : Marivaux, Marivaux, Pierre de: Amazon.fr:  Boutique Kindle

 

TRIVELIN. - Mais, Madame, écoutez-moi.
SILVIA. - Vous m'ennuyez.
TRIVELIN. - Ne faut-il pas être raisonnable ?
SILVIA, impatiente. - Non, il ne faut pas l'être, et je ne le serai point.
TRIVELIN. - Cependant...
SILVIA, avec colère. - Cependant, je ne veux point avoir de raison : et quand vous recommenceriez cinquante fois votre cependant, je n'en veux point avoir : que ferez-vous là?
TRIVELIN. - Vous avez soupé hier si légèrement, que vous serez malade, si vous ne prenez rien ce matin.
SILVIA. - Et moi, je hais la santé, et je suis bien aise d'être malade ; ainsi, vous n'avez qu'à renvoyer tout ce qu'on m'apporte, car je ne veux aujourd'hui ni déjeuner, ni dîner, ni souper ; demain la même chose. Je ne veux qu'être fâchée, vous haïr tous tant que vous êtes, jusqu'à tant que j'aie vu Arlequin dont on m'a séparée : voilà mes petites résolutions, et si vous voulez que je devienne folle, vous n'avez qu'à me prêcher d'être plus raisonnable, cela sera bientôt fait.
TRIVELIN. - Ma foi, je ne m'y jouerai pas, je vois bien que vous me tiendriez parole ; si j'osais cependant...
SILVIA, plus en colère. - Eh! bien! Ne voilà-t-il pas encore un cependant ?
TRIVELIN. - En vérité, je vous demande pardon, celui-là m'est échappé, mais je n'en dirai plus, je me corrigerai. Je vous prierai seulement de considérer...
SILVIA. - Oh! Vous ne vous corrigez pas, voilà des considérations qui ne me conviennent point non plus.
TRIVELIN, continuant. - ... que c'est votre souverain qui vous aime.
SILVIA. - Je ne l'empêche pas, il est le maître : mais faut-il que je l'aime, moi? Non, et il ne le faut pas, parce que je ne le puis pas ; cela va tout seul, un enfant le verrait, et vous ne le voyez pas.
TRIVELIN. - Songez que c'est sur vous qu'il fait tomber le choix qu'il doit faire d'une épouse entre ses sujettes.
SILVIA. - Qui est-ce qui lui a dit de me choisir? M'a-t-il demandé mon avis ? S'il m'avait dit : Me voulez-vous, Silvia ? Je lui aurais répondu : Non, seigneur, il faut qu'une honnête femme aime son mari, et je ne pourrais pas vous aimer. Voilà la pure raison, cela ; mais point du tout, il m'aime, crac, il m’enlève, sans me demander si je le trouverai bon.
TRIVELIN. - Il ne vous enlève que pour vous donner la main.
SILVIA. - Eh ! Que veut-il que je fasse de cette main, si je n'ai pas envie d'avancer la mienne pour la prendre ? Force-t-on les gens à recevoir des présents malgré eux ?
TRIVELIN. - Voyez, depuis deux jours que vous êtes ici, comment il vous traite ; n'êtes-vous pas déjà servie comme si vous étiez sa femme ? Voyez les honneurs qu'il vous fait rendre, le nombre de femmes qui sont à votre suite, les amusements qu'on tâche de vous procurer par ses ordres. Qu'est-ce qu'Arlequin au prix d'un prince plein d'égards, qui ne veut pas même se montrer qu'on ne vous ait disposée à le voir ? D’un prince jeune, aimable et rempli d'amour, car vous le trouverez  tel. Eh ! Madame, ouvrez les yeux, voyez votre fortune, et profitez de ses faveurs.

 

Marivaux - La double inconstance

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L'école ouverte... Cet élément de langage qui dissimule un immense foutoir...

24 Janvier 2022 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

libre gratteur: Conseil pour un jeune prof : comment se faire chahuter en 5  minutes !

"Les enfants étaient debout sur une chaise" : quand les contractuels appelés en renfort dans les écoles sont dépassés

Pour faire face aux absences des enseignants à cause du Covid-19, le gouvernement a annoncé un renfort de 3 300 contractuels, après la grève très suivie du 13 janvier dernier. Si l'appel à ces non-fonctionnaires n'est pas nouveau, cela se passe parfois dans des conditions compliquées. 

C'était une promesse après la grève très suivie du 13 janvier dans l'Education nationale qui manifestait contre les protocoles sanitaires changeants : le ministère de Jean-Michel Blanquer a annoncé un renfort de 3 300 contractuels dans les écoles pour faire face aux absences des enseignants.

Au départ, cette directrice d'une école parisienne était heureuse de voir arriver deux personnes pour remplacer des collègues malades, atteints par le Covid-19, mais elle a très vite déchantée. "On est intervenus plusieurs fois où les enfants étaient debouts sur une chaise, qui se jetaient au sol les uns sur les autres..."

Ces contractuels n'ont visiblement aucune expérience dans le métier : la directrice prévient sa hiérarchie, l'inspection académique, qui dépêche des conseillers pédagogiques. Mais impossible de rattraper toute une formation d'enseignant. "Ils ne connaissaient pas les programmes des enfants. Ça fait plus de vingt ans que j'enseigne. Je n'ai jamais vu ça".

L'ambiance est habituellement chaleureuse dans cette école dynamique d'un quartier populaire de Paris. Mais voir une situation si chaotique écœure rapidement les autres enseignants.

"La personne ne savait pas qu'il fallait faire l'appel, ne savait pas remplir un cahier d'appel." Une enseignante à france info

"C'est très humiliant aussi pour nous, notre profession, confie une enseignante, parce que ça ne viendrait à l'esprit de personne de mettre quelqu'un pour remplacer un médecin s'il n'est pas formé." 

Inquiétude des parents

Les parents se mobilisent alors : ils écrivent des courriers pour alerter les autorités, raconte cette mère d'élève. "Qu'est-ce qu'on attend pour nos enfants ? On attend un peu mieux que juste de la garderie. Si l'école prend notre enfant, peut les garder toute la journée et qu'on peut aller travailler, on est contents. Mais en fait, on attend plus. Au niveau de la sécurité, ça pose problème. Et j'espère qu'on n'aura pas de drame."

Devant les difficultés, l'un des deux contractuels a jeté l'éponge après deux jours et demi d'école. Sollicités, les services de l'Education nationale n'ont pas souhaité répondre à nos questions. 

Noémie Bonnin

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Éclairer les jeunes esprits, enseigner au siècle des Lumières

24 Janvier 2022 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Les Philosophes des Lumières | Superprof

Une révolution pédagogique est à l'œuvre au XVIIIe siècle. Les penseurs des Lumières rediscutent les pratiques éducatives et la relation maître-élève. Les méthodes d’enseignement, grâce aux expériences scientifiques ludiques, font la part belle à l’éveil de la curiosité et au goût du travail.

En 1738, l’abbé Nollet publie son Programme ou Idée générale d'un cours de physique expérimentale, avec un catalogue raisonné des instruments. Nous y trouvons des expériences sur la solidité et la porosité des corps, sur la mobilité et la compression, sur la pesanteur et sur l’équilibre. Maître de physique et d’histoire naturelle des enfants du roi Louis XV, Jean-Antoine Nollet est de ces personnes qui ont contribué à faire rayonner la science avec des instruments de physiques incroyables, pour découvrir et apprendre, entre amusement et étonnement, sur la lumière, le feu, les couleurs. Dès lors, pourquoi ne pas électrifier une brochette de gardes royaux qui se tiennent par la main ! C’est une histoire électrisante, tout en couleur, et en Lumières !

Le siècle des Lumières, c’est bien connu, est une période de bouillonnement intellectuel où des penseurs s’attachent à libérer l’esprit humain des oppressions religieuses et politiques, et où les représentations s’infléchissent pour placer l’individu au centre du monde. Qu’en est-il de l’enfant et de son éducation ?

Au XVIIIe siècle, en effet, les idées portées par les philosophes des Lumières - la raison, le progrès ou encore la perfectibilité de l’homme - modifient profondément la façon d’envisager l’éducation des enfants. D’adulte miniature, l’enfant devient un être à part entière, avec ses spécificités. De savant déversant son savoir, le maître devient une nouvelle figure paternelle dotée d’un véritable art pédagogique. De relation de domination, l’éducation devient un contrat entre l’élève et le maître fondé sur la confiance, qui laisse le champ libre à la liberté et à l’individualité de l’enfant. Toutes ces réflexions théoriques sur l’éducation sont-elles mises en pratique ? Quelle place nouvelle tient l’enseignement des sciences dans cette nouvelle grammaire pédagogique ?

Xavier Mauduit

Nos invité·e·s

Stéphane Van Damme est professeur d’histoire moderne. Il occupe une chaire d’histoire transnationale de l’Europe moderne au sein du département d’histoire de l’ENS. Il a notamment publié :

Josiane Morel est enseignante et formatrice à l'Université Clermont-Auvergne, responsable du master "Métiers de l'éducation, de l'enseignement et de la formation pour le second degré". Agrégée de lettres modernes, elle est docteure en Littérature et langue françaises du XVIIIe siècle. Elle a notamment publié :

Jacques Cattelin est professeur agrégé de sciences physiques. Il a enseigné la physique-chimie en collège et à l’école supérieure des Beaux-Arts de Tours. Spécialiste des instruments scientifiques anciens, il a été vice-président de l’ASEISTE (Association de sauvegarde et d’étude des instruments scientifiques et techniques de l’enseignement). Il est l’auteur de La Belle Histoire de la physique (avec Christelle Langrand, De Boeck, 2017).

L'exposition Enseigner la physique, tout un art ! est à découvrir jusqu'au 6 mars 2022 au Musée Bernard d'Agesci à Niort.

Sons diffusés dans l'émission

  • Lecture par Vanda Benes : Émile ou de l’éducation, livre second, de Jean-Jacques Rousseau, 1762
  • Extrait : film P.R.O.F.S. de Patrick Schulmann, 1985
  • Archive : Abbé Nollet évoqué par Fernand Lot dans Heure de culture française - France Culture, 15 décembre 1967
  • Lecture par Vanda Benes : De l’Esprit des lois, dans Œuvres complètes de Montesquieu, 1748
  • Musique : "Fantaisie pédagogique" par Les Quatre Barbus - Album : La Pince à linge, label : Rym Musique, 1997
  • Extrait : reportage sur l'exposition Enseigner la physique... tout un art ! au musée Bernard d'Agesci à Niort
  • Archive : Gaston Bachelard sur l'histoire des sciences dans Heure de culture française - France Culture, 1er janvier 1948
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Ecoles... Comme si la crise était derrière nous...

24 Janvier 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

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EXTRAIT

(....)

Comme si la crise était derrière nous

N’hésitant devant rien, Jean Castex nous gratifia de cette raffarinade : «Ce variant omicron est certes beaucoup plus dangereux mais moins sévère que ses prédécesseurs.» Le Premier ministre vantait la stratégie de l’école ouverte de Jean-Michel Blanquer, «un choix fort, constant depuis le début de la crise sanitaire».

Alors que les écoles se sont vidées avant même la fin du premier mois des Hunger Games 2022, Castex balayait d’un revers de la main les alertes de ceux qui avaient demandé de retarder la rentrée scolaire : «Rien n’aurait été pire que de fermer les établissements scolaires, voire de retarder la rentrée, car la réouverture, vu la flambée du nombre de cas, aurait été difficile.»

On aurait volontiers demandé à Monsieur Déconfinement si entre deux notes d’éléments de langage LREM, il avait eu le temps de jeter un œil à l’avis du Conseil scientifique publié la veille, qui signalait un «niveau de contamination massif jamais atteint jusqu’ici» en France, et notait que la remontée préoccupante des contaminations dès la troisième semaine de janvier «s’explique par un regain de l’épidémie chez les moins de 15 ans et chez les 30-44 ans, suggérant un effet important de la rentrée des classes : le virus circule de façon intense chez les plus jeunes et se propage ensuite aux parents» avant de conclure : «Il y a un risque que ce rebond touche progressivement les autres groupes d’âge, et notamment les plus fragiles.»

Pour la énième fois, les considérations politiques ont primé sur la lutte contre l’épidémie. L’efficacité de la vaccination contre les formes graves, la moindre sévérité de l’immense majorité des cas de Covid liés à omicron et le ras-le-bol de la population amènent l’exécutif à communiquer comme si la crise était derrière nous, parce que c’est ce qu’en majorité nous voulons entendre, et qu’il reste moins de quatre-vingt jours avant le premier tour de la présidentielle. Sur les plateaux télé, les «rassuristes» exultent, quand bien même leurs prédictions sont constamment démenties par les chiffres de contamination.

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Christian Lehmann

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Camille Peugny: «Je plaide pour que la jeunesse soit le temps de l’expérimentation»

24 Janvier 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Jeunesse

EXTRAITS

Faute d’une vision politique, les gouvernants ont accru les inégalités au sein de cette tranche d’âge. Le sociologue estime que l’Etat doit aider les jeunes à trouver leur voie et les accompagner vers l’autonomie par un financement universel des études ou des formations.

Depuis début janvier, il est possible pour un jeune un peu perdu de «trouver un métier», en cliquant sur un bouton dédié, sur la plateforme gouvernementale «1 jeune 1 solution». Face à la difficulté de se repérer dans la foule des dispositifs existants, un simulateur permet également de savoir à quelles aides il aura droit. Des aides d’urgence aux «chèques psy» en passant par la garantie jeunes, les annonces fleurissent, à coups de millions débloqués, aussi bien du côté du gouvernement que du côté des candidats à la présidentielle comme Yannick Jadot ou Valérie Pécresse.

Quelle conception de la jeunesse se dessine derrière ces effets de manche ? Plus vraiment des enfants, pas encore pleinement des travailleurs, ils souffrent pourtant d’un manque de vision de la part des politiques qui s’en emparent confusément, estime le sociologue Camille Peugny dans Pour une politique de la jeunesse (Seuil, janvier 2022). Pour ce spécialiste des inégalités, c’est à l’Etat et non à la famille de prendre en charge cette transition vers l’autonomie, pour lutter contre la fracture entre les générations et au sein de la jeunesse elle-même. S’inspirant du modèle scandinave, il appelle à considérer cet âge comme celui de l’expérimentation, et les jeunes comme des citoyens à part entière, dessinant la cohésion sociale de demain.

Face aux présidents d’université réunis le 13 janvier, Emmanuel Macron a dessiné les contours d’une réforme structurelle de l’enseignement supérieur : «On ne pourra pas rester durablement dans un système où l’enseignement supérieur n’a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants.» Assiste-t-on à un changement de conception de l’université ?

Depuis bientôt dix ans, les ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale – Valérie Pécresse, Geneviève Fioraso, Jean-Michel Blanquer ou Frédérique Vidal – ont successivement installé une vision conforme à ce qui se passe dans les pays anglo-saxons. Certes, le fossé entre grandes écoles et universités existe bel et bien en France, le diagnostic n’est pas nouveau. Nous sommes l’un des pays de l’OCDE dans lequel l’origine sociale pèse le plus sur la réussite scolaire. Mais l’Etat continue de dépenser 50% en plus pour les étudiants de classe prépa que pour les élèves de l’université, qui s’entassent à 300 dans les amphis face à des enseignants vacataires.

Que propose Macron ? Orienter plus tôt, ce qui renforcerait un système élitiste et sélectif. Professionnaliser plus, alors que nos masters sont déjà largement professionnalisants, et que les compétences générales fournies par les premières années d’université sont indispensables dans un marché du travail flexible. Augmenter les frais d’inscription, ce qui conduirait à une baisse de la poursuite des études pour les enfants des classes populaires. En rapprochant certaines universités des grandes écoles, Macron veut créer des filières d’excellence, mais ces mastodontes entérineraient au contraire un enseignement supérieur à deux vitesses. S’en remettre au marché accentue les travers du système actuel. Pourquoi ne pas plutôt se tourner vers les pays scandinaves, où l’université, danoise par exemple, est gratuite ?

(...)

La crise sanitaire a malgré tout révélé l’urgence de mieux encadrer cette catégorie d’âge ?

Elle a mis au jour l’idée que la jeunesse, sauf pour sa frange la plus aisée, était un âge fragile. Les files d’attente des étudiants devant les banques alimentaires ont frappé les esprits. Elle a rendu visible le fait que les jeunes n’avaient pas le droit au RSA selon les mêmes conditions que le reste de la population, et que des poches de pauvreté s’étendaient chez les étudiants jusque-là plutôt épargnés. Beaucoup d’entre eux n’ont pas de problème pour choisir leurs études ou se loger correctement, mais tous ne sont pas les «héritiers» définis par Bourdieu et Passeron il y a un demi-siècle. Une partie, récente, est issue des classes populaires et a absolument besoin d’un travail pour survivre, emploi dont la crise les a privés à certains moments.

(...)

La jeunesse pâtit d’un flottement entre le temps de l’enfance et le statut de travailleur…

Entre l’âge de fin de scolarité obligatoire à 16 ans et l’âge d’accès à la pleine citoyenneté et à la protection sociale dans les mêmes conditions que le reste de la population, à 25 ans, il y a presque dix ans de flou, encadrés par des dispositifs particuliers reposant en majorité sur les politiques familiales. Considérés comme des «mineurs sociaux», sans cesse ramenés au portefeuille de leurs parents, les jeunes deviennent adultes dans l’ombre de leur famille. D’autres pays européens considèrent les jeunes comme des citoyens à part entière dès l’âge de fin de scolarité obligatoire.

(...)

N’est-ce pas irréaliste de penser qu’on peut importer ce modèle danois, onéreux, en France ?

Non, car les obstacles sont plus idéologiques que financiers. L’arrêt des allocations familiales et de la demi-part fiscale après 18 ans permettrait de réaliser des économies substantielles. En 2010, le think tank Terra Nova avait chiffré le coût d’un dispositif de protection universelle sur quatre ans, à hauteur de 500 euros par mois, pour un montant de 4 à 5 milliards d’euros sur le budget de l’Etat. Mais le coût électoral d’une telle annonce est trop élevé. Il ne s’agit pas de dire qu’on va mettre en place des bons de formation dès septembre 2022, mais qu’il faut aller dans cette direction. Avec de la volonté politique, cela ne me paraît pas impossible, à moyen terme.

La campagne présidentielle n’est-elle pas l’occasion de remettre cet enjeu sur le devant de la scène ? Vous lancez un appel aux décideurs à la fin du livre.

C’est un argument mobilisé à chaque campagne, rares sont les candidats qui ne se présentent pas comme «le candidat de la jeunesse». Mais les jeunes servent plus souvent de prétexte pour mener des politiques d’austérité : pour réduire la dette ou repousser l’âge de la retraite, on invoque «les générations futures». La jeunesse n’apparaît pas pour l’instant comme un enjeu central, ou alors des candidats comme Valérie Pécresse propose un examen d’entrée au collège, à rebours de ce que j’appelle de mes vœux !

(...)

L’enjeu n’est rien de moins que la cohésion sociale de demain…

La finalité devrait être la lutte contre les inégalités entre générations, un risque d’autant plus fort dans des sociétés où la vieillesse est de plus en plus coûteuse. L’autre priorité est de réduire les inégalités liées à l’origine sociale, territoriale ou ethnique, entre jeunes. Tout doit-il être joué à 16 ou 20 ans ? La manière dont les individus se projettent dans l’avenir a des effets démocratiques. Le pessimisme des jeunes Français s’appuie sur le sentiment que la société ne leur donne pas la possibilité de montrer ce dont ils sont réellement capables. Les jeunes Nord-Européens, où les politiques sont plus inclusives, universelles et protectrices, sont plus optimistes. Il faut prendre au sérieux les effets des politiques publiques sur les individus. Le risque, c’est que la défiance, le ressentiment et le repli ne fassent que croître.

Clémence Mary

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De l'absence des mesures de prévention efficaces en milieu scolaire...

24 Janvier 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Social et santé | Académie de Bordeaux

EXTRAITS

Covid-19 : pourquoi la France possède le record européen de cas quotidiens

Selon les spécialistes, ces contaminations sont la conséquence de la propagation du variant Omicron, mais aussi d’un certain relâchement et de l’absence des mesures de prévention efficaces en milieu scolaire.

Sur le site Our World in Data, le graphique stupéfie. Les auteurs de cette publication en ligne, de l’université d’Oxford, y tracent l’évolution du nombre de cas quotidiens positifs au Covid-19. A chaque pays d’Europe, sa couleur. En rouge, l’un d’eux sort du lot : la France. Avec sa pente très raide, presque constante depuis le 27 décembre 2021, elle offre un profil unique, et un nombre record de contaminations. Au 20 janvier, la moyenne hebdomadaire des nouveaux cas enregistrés chaque jour y atteint 337 446, quand le deuxième pays, l’Italie, affiche 180 373 tests positifs. Le Royaume-Uni et l’Allemagne plafonnent, quant à elles, à 92 000 et 90 000 nouvelles contaminations quotidiennes. Les autres suivent loin derrière.

Cette représentation est quelque peu trompeuse. Pour mesurer l’impact réel de la vague Omicron qui déferle sur l’Europe, depuis la fin de l’année 2021, il faut cocher la case « par rapport à la population ». Cette fois, le Danemark accompagne la France parmi les pays comptant, chaque jour, plus de 5 000 nouveaux cas par million d’habitants. Depuis le 18 janvier, le pays scandinave nous a même dépassés.

Mais derrière, le trou est creusé : le Portugal, la Belgique et la Suisse comptent entre 3 000 et 4 000 cas, le Royaume-Uni poursuit sa décrue avec 1 300 cas, l’Allemagne a tout juste dépassé les 1 000. « Quelle que soit la manière dont on prend les chiffres, ce constat reste pour nous un mystère, admet Hajo Zeeb, professeur d’épidémiologie à l’université de Brême, en Allemagne. Soit cela vient des tests, soit cela vient des chances que vous laissez au virus de circuler en France. Je crains que la deuxième hypothèse ne soit la bonne. »

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Circulation du virus chez les enfants

Deuxième explication avancée par le professeur Pialoux : « Le taux hallucinant de circulation observé chez les enfants, avec une augmentation de 56 % en semaine 2, juste après la rentrée, et des taux quotidiens de nouveaux cas de 5,5 % chez les 10-19 ans et de 4 % chez les 0-9 ans. C’est considérable. Leurs parents sont ensuite les premiers touchés, par l’intermédiaire des clusters familiaux. Puis, tous les autres. »

Une explication privilégiée par le conseil scientifique, dans son dernier avis, daté du 19 janvier. « La cinquième vague, liée au variant Omicron, demeure à un niveau très élevé au niveau national, avec un regain épidémique possiblement lié à la reprise de la vie scolaire », écrit cette instance.

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Tous les épidémiologistes le soulignent : la France n’a pas pris de mesures véritablement fortes, ni pendant la vague Delta, ni même lorsque Omicron est venu s’y ajouter, sans laisser le moindre répit. Pour l’épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale (université de Genève), le constat est pourtant assez simple : le virus SARS-CoV-2 – et le variant Omicron par-dessus tout – se transmet dans les lieux clos, fréquentés, mal aérés ou mal ventilés. « Il faudrait donc les rendre aussi sûrs que les milieux extérieurs », en les équipant de capteurs de CO2de ventilateurs ou de purificateurs d’air

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Les écoles n’échappent pas à cette règle. C’est d’ailleurs une recommandation forte du conseil scientifique : « S’il s’avère que la reprise épidémique constatée depuis le 18 janvier 2022 est bien liée à une circulation très active du virus dans les écoles primaires, les maternelles, et les crèches, il conviendra d’y allouer au plus vite des moyens supplémentaires pour renforcer les protocoles sanitaires de prévention et dépistage des infections en milieu scolaire et dans les crèches. »

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Une fois encore, le virus déjoue les certitudes. « Va-t-on vivre le scénario favorable espéré par tous : une décrue des nouvelles contaminations, s’accompagnant d’une décrue des hospitalisations à partir de février-mars ?, s’interroge Antoine Flahault. Ou bien allons-nous revivre une dynamique analogue à celle de la mi-décembre, avec une nouvelle flambée liée à l’arrivée d’un nouveau variant, qui échappe en partie à l’immunité laissée par le précédent ? » Vertigineuses questions.

Nathaniel Herzberg et Florence Rosier

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