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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Emmanuel Carrère...

25 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Seules les parties civiles ne le regardaient pas. Assise juste devant moi, entre ses deux fils, la mère de Florence fixait le plancher comme si elle s’accrochait à un point invisible pour ne pas s’évanouir. Il avait fallu qu’elle se lève ce matin, qu’elle prenne un petit déjeuner, qu’elle choisisse des vêtements, qu’elle fasse depuis Annecy le trajet en voiture et à présent elle était là, elle écoutait la lecture des 24 pages de l’acte d’accusation. Quand on est arrivé à l’autopsie de sa fille et de ses petits-enfants, la main crispée qui serrait devant sa bouche un mouchoir roulé en boule s’est mise à trembler un peu. J’aurais pu, en tendant le bras, toucher son épaule, mais un abîme me séparait d’elle, qui n’était pas seulement l’intolérable intensité de sa souffrance. Ce n’est pas à elle et aux siens qui j’avais écrit, mais à celui qui avait détruit leurs vies. C’est à lui que je croyais devoir des égards parce que, voulant raconter cette histoire, je la considérais comme « son » histoire. C’est avec son avocat que je déjeunais. J’étais de l’autre côté.

Emmanuel Carrère - L'adversaire

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Les tests Covid à l'école, un "fiasco" qui dure depuis neuf mois

25 Novembre 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education, #Blanquer

Le fiasco Blanquer - broché - Said Benmouffok - Achat Livre ou ebook | fnac

Jean-Michel Blanquer voulait 600.000 tests salivaires chaque semaine. Mais à peine un tiers seulement sont réalisés.

Le ministère de l’Éducation a-t-il vu trop grand? Afin de mieux “tracer, tester, protéger” les écoliers, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer avait annoncé lors de sa conférence de rentrée un objectif de 600.000 tests salivaires réalisés par semaine sur tout le territoire dans les écoles maternelles et primaires. Une stratégie qualifiée d’“ambitieuse” par le ministère sur son propre site.  

Trop ambitieuse? Trois mois plus tard, l’objectif est en tout cas loin d’être atteint. Sur environ 400.000 tests déployés chaque semaine (alors que 600.000 sont bien disponibles), seule la moitié sont effectivement réalisés. Ces tests rapides restent pourtant indispensables avec l’arrivée de la 5e vague qui n’épargne pas les enfants (le taux d’incidence chez les moins de 9 ans n’a jamais été aussi haut) et donc les écoles: 8000 classes étaient fermées ce jeudi (contre 6000 sur 527.000 mardi). Elles étaient 4000 seulement 4 jours plus tôt, et 1000 à la mi-novembre. Pour rappel, il suffit d’un élève positif au Covid-19 dans la classe pour la fermer. 

Comment expliquer la difficile mise en œuvre de ces tests salivaires, que certains enseignants vont jusqu’à qualifier de “fiasco”, un terme déjà employé avant l’été? Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire nationale du syndicat enseignant UNSA interrogée par le Huffpost, explique que “les parents sont réticents à donner leur accord, car on touche à la santé de leurs enfants”. 

Un manque de communication

Également contacté, le ministère de l’Éducation n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet, mais Jean-Michel Blanquer partageait ce constat dans le Parisien : ”Même pour ce genre de tests indolores et simples, il n’y a pas une acceptation massive. C’est une difficulté qu’on a depuis le début.”  

Il y a eu une certaine cacophonie qui n’a pas mis en confiance les parents

Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire nationale du syndicat enseignant UNSA

Élisabeth Allain-Moreno pointe toutefois la responsabilité du ministère dont le discours a été “flou”. “Il y a eu une certaine cacophonie qui n’a pas mis en confiance, détaille-t-elle. Au départ le matériel n’arrivait pas (ces tests sont déployés depuis le mois de février, NDLR), s’ajoute la difficulté de gérer les annonces des fermetures de classe faites au dernier moment, puis la question du masque à l’école qui n’a fait que changer... Sur le fond, les tests sont une bonne idée. Mais sur la forme, il y a eu un manque de communication et il y a désormais une forme de ras-le-bol chez les parents.”

Guislaine David, porte-parole du syndicat Snuipp-FSU, confirme au Huffpost: “Il n’y a pas eu de campagne de communication pour ces tests, alors qu’ils sont le seul moyen de protéger les enfants contre le virus et de les empêcher de le diffuser”, car les moins de 12 ans n’ont pas encore accès à la vaccination. Résultat: la semaine dernière, un peu moins de 50% des parents ont donné leur accord pour faire tester leur progéniture, que ce soit à la maison (test salivaire en autoprélèvement) ou directement à l’école -tout dépend du choix fait par le laboratoire ou le rectorat.

Des directeurs d’école trop sollicités

Autre problème pointé par les syndicalistes: le manque de moyens. “Certains laboratoires n’ont pas la main d’œuvre nécessaire, d’autres ont engagé du personnel, mais pas forcément formé”, regrette Élisabeth Allain-Moreno, qui pointe aussi le manque des médiateurs de lutte anti-Covid, vacataires parfois non formés à la santé qui avaient été déployés au printemps pour aider le personnel médical scolaire.

“Ils ont été prolongés jusqu’au 31 décembre, mais on aura encore besoin d’eux après, car la 5e vague sera toujours là”, insiste la secrétaire générale adjointe du syndicat national des médecins scolaires et universitaires (SNMSU) UNSA Jocelyne Grousset. Celle-ci évoque également l’écart entre les territoires ruraux, souvent moins bien lotis que les territoires urbains et où la logistique devient plus compliquée: les laboratoires sont moins nombreux ou plus éloignés, le recrutement de médiateurs est parfois plus difficile.

De grosses responsabilités s’abattent de fait sur les directeurs et directrices des écoles, regrette Élisabeth Allain-Moreno: “Ils doivent gérer la mise en place du protocole qui évolue souvent, assurer le lien avec les familles, avec la mairie, et en plus ils doivent dans de nombreux cas faire classe puisqu’ils sont aussi professeurs des écoles.”

Marie Terrier

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Clisthène, le collège dont la France voulait s’inspirer

25 Novembre 2021 , Rédigé par HEIDI.NEWS Publié dans #Education

EXTRAITS (de l'article en lien de bas de page)

Unique en son genre, Clisthène est un collège public dans un quartier populaire de Bordeaux. Ici, les journées se suivent et ne se ressemblent pas, savant mélange de disciplines classiques, de décloisonnement des apprentissages et de culture. Pas de notes, pas de sanctions, des rôles attribués à tous, le rapport aux ados se veut constructif et responsabilisant.

Dans la salle des professeurs du collège Clisthène, à Bordeaux, les élèves, âgés de 12 à 15 ans, entrent presque à leur guise. Ils demandent des livres, un ballon, viennent remplir des papiers, chercher un masque, s’assoient pour discuter avec un adulte, désamorcer un conflit. «Ressortez s’il vous plaît puis revenez en frappant à la porte et en disant bonjour», demande Cécile, la professeure de biologie, à Samia et Célia, entrées un peu trop promptement dans la pièce. Maxime, le photographe qui m’accompagne, regarde ce joyeux chaos avec étonnement: dans ses souvenirs d’enfance, la salle des professeurs était un sanctuaire.

Autre époque? Pas vraiment. Dans les établissements scolaires français, cette pièce reste le domaine privé des enseignants. C’est là qu’ils se posent et préparent leurs cours. Autre façon de faire, alors? Oui, assurément. Unique au sein de l’éducation publique, Clisthène est connu au point d’avoir fait l’objet d’un livre*. Au point aussi d’avoir inspiré la réforme du collège voulue par l’ancienne ministre française de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem. Réforme détricotée depuis.

Afin de comprendre comment l’école publique peut innover, aucun doute, nous devions découvrir cet endroit pour notre Exploration «Réinventer l’école».

Une expérimentation globale

Fruit du travail de deux anciens collègues d’un même collège, le projet de Clisthène** a été lancé en 2002. «J’avais le désir de faire bouger l’éducation nationale, dans un cadre de mixité sociale», se souvient Jean-François Boulagnon, l’un des deux instigateurs, joint par téléphone. «Je voulais faire une expérimentation globale, avec un collège au coeur du système, où seraient repensés à la fois la journée scolaire, le temps pédagogique et le rapport aux élèves, tout en suivant le programme et à budget constant. Pour le projet, j’ai beaucoup lu, nous nous sommes inspirés de beaucoup de travaux scientifiques et finalement, nous avons essayé de mettre bout à bout des idées qui tenaient la route.»  Résultat des courses: près de vingt ans plus tard, le nombre de demandes d’inscription est bien supérieur au nombre de places. Et les jeunes, souvent, adhèrent au projet: «Il y a un esprit de groupe à Clisthène, on s’aide entre nous, on est contents» s’enthousiasment en cœur quatre copines de 4e (l’équivalent en Suisse de la 10H). «Grâce à tout ce que nous faisons ici, ma façon de m’exprimer à l’écrit et à l’oral s’est beaucoup améliorée», dit pour sa part Nicolas, avec des mots réfléchis et le sourire aux lèvres.

(...)

Rapport différent à l’ado

Ici, pas de notes durant les deux premières années de collège – elles sont remplacées par des couleurs. Pas de retenues, ni de sanctions non plus, sauf dans des cas graves. On demande aux élèves de s’engager sur certains points à améliorer, de remplir des fiches d’incident lorsqu’il y a des problèmes avec des enseignants - lesquels doivent aussi remplir leur partie de la fiche. Place à la responsabilisation, avec des rôles attribués à chaque élève et qui changent régulièrement, de la personne en charge de distribuer la parole pendant les cours à celle qui fait l’appel ou s’assure que tous se sont bien lavés les mains avant de déjeuner. «Il faut distribuer la parole et retrouver le calme», annonce ainsi au début de son cours d’arts plastiques la professeure Nadine Coussy-Clavaud, troisième coordinatrice du projet. Annette lève alors la tête du croquis qu’elle dessinait et reprend son rôle en main : c’est elle qui s’occupe aujourd’hui de distribuer la parole. «Samia, tu peux parler, après ça sera à toi Martin».

Même chose pour les professeurs. «Moi, cet après-midi, je suis poisson pilote. Si un enseignant a un problème en classe avec un élève, il me demande de monter, je m’assois quelques minutes à côté dudit enfant, pour baisser la pression. Ça permet d’éviter l’exclusion du cours», explique Djamel, enseignant en mathématiques et ravi d’avoir rejoint Clisthène en ce début d’année scolaire. «Avant, dans mes précédents postes, j’essayais souvent d’avoir une approche différente, mais c’était compliqué, je me sentais très seul.»

(...)

Ingrid Seithumer

Suite et fin (abonnés) en cliquant ci-dessous

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A lire... "Race et histoire dans les sociétés occidentales XVe-XVIIIe siècle" - Jean-Frédéric Schaub et Silvia Sebastiani

25 Novembre 2021 , Rédigé par Mollat - Libération Publié dans #Histoire, #Culture

Couverture du livre Race et histoire dans les sociétés occidentales (XV-XVIIIe siècle)

Ce livre présente les processus de racialisation qui ont ponctué la transformation de l'Europe et de ses colonies de la fin du Moyen Âge à l'âge des révolutions. Cette histoire éclaire l'évolution des sociétés, des institutions, des cultures et des théories. Elle décrit la volonté de catégoriser les individus et les groupes, de les enclore dans des identités présentées comme intangibles, de discriminer les collectifs dominés, voire d'organiser l'oppression à grand échelle contre des populations définies par leur race.

La racialisation procède par naturalisation des rapports sociaux et des caractères physiques et moraux qui se transmettent de génération en génération, à travers la procréation. Elle repose sur une contradiction : le racisme affirme que les gens sont prisonniers de leur race et s'emploie néanmoins à gérer la transformation des races.

Quatre coups de projecteur permettent de rendre compte de cette histoire : la noblesse de naissance face à l'anoblissement, la nature juive ou musulmane qui persiste dans le sang des convertis, l'origine ineffaçable des métis dans l'Amérique coloniale, la déshumanisation des Africains par la traite esclavagiste.

Ces phénomènes sont les expériences séculaires sur lesquelles les auteurs des Lumières se sont fondés pour classer l'humanité en races. Ils hiérarchisent les groupes humains mais proclament aussi l'universalité des droits de l'homme. Le siècle des philosophes peut alors se lire comme le fruit d'une histoire passée, autant que comme le fondement d'une histoire inachevée, la nôtre.

Librairie Mollat

https://www.mollat.com/livres/2538949/jean-frederic-schaub-race-et-histoire-dans-les-societes-occidentales-xve-xviiie-siecle#

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«Iel», pourquoi tant de fiel ?

25 Novembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Langue, #Blanquer

https://images.midilibre.fr/api/v1/images/view/61950d058fe56f47416d7026/large/image.jpg?v=1

En inscrivant le pronom neutre dans sa version en ligne, le Robert n’a fait que son travail : rendre compte des usages, estime la linguiste. Cela ne vaut pas une panique ministérielle !

Du Robert, Alain Rey disait qu’il était, «au contraire de l’Académie française, […] un observatoire, pas un conservatoire» (entretien à la Liberté du 4 novembre 2017). S’il était encore en vie, il se réjouirait sans doute de l’entrée du pronom valise «iel» dans la version numérique de son dictionnaire, lerobert.com. Mais il se réjouirait moins de la tempête polémique qui secoue à présent sa maison, et nos médias. Le Robert est-il en train d’être emporté par une vague de fond idéologique puissante et redoutable, le «wokisme» ? (j’ai rarement vu un mot se vider en si peu de temps de son sens originel, positif, puis, une fois affublé du suffixe -«isme», devenir l’épouvantail préféré de tout un tas de politiques qui ont compris comment faire peur à peu de frais).

La réponse est simple : en fait, le Robert en ligne fait juste son travail. Il observe l’usage. Les usages. Les répertorie. Rend leur sens disponibles à tous. On y apprend par exemple que «pochon» est un sac dans l’ouest de la France. Les usages régionaux sont-ils plus acceptables que les usages militants ? Ils nous plaisent davantage, ils ne nous menacent pas, ils fleurent bon le territoire français et la fierté nationale. Sur le site du Robert, depuis des mois, une des requêtes inabouties les plus fréquentes étaient «iel». Ses lexicographes, dont c’est le métier, se sont donc en toute logique décidés à donner satisfaction à toutes celles et ceux qui avaient besoin, envie de savoir ce que «iel» voulait dire. A quoi diable «iel» pouvait bien servir.

«Iel», dont l’usage est encore rare, précise bien l’entrée, «pronom personnel sujet de la 3e personne», sert ainsi à désigner une personne, et ce, «quel que soit son genre». Sans doute n’en avez-vous jamais encore entendu parler. Le pronom, que la Grande Grammaire du français (Actes Sud, 2021) et le Dictionnaire des Francophones (en ligne) mentionnent également, permet de se dispenser de l’assignation masculin ou féminin que le système pronominal du français propose – impose ? – à celles et ceux qui le parlent. Notre système binaire, dont Roland Barthes déplorait en janvier 1977 l’insuffisance, dans sa leçon inaugurale de la chaire de sémiologie littéraire du Collège de France : «Dans notre langue française [...] je suis obligé de toujours choisir entre le masculin et le féminin, le neutre ou le complexe me sont interdits.» Il développera plus tard la notion du neutre et de sa «puissance», sa capacité à exprimer la complexité du réel. En cela, «iel», qui amalgame «il» et «el», est barthésien. Grammaticalement, il a tout d’un pronom typique, qui dit toujours très peu sur l’entité qu’il désigne. D’ailleurs «il(s)» et «elle(s)» sont les seuls pronoms genrés en français, «je/tu/on/nous/vous» ne le sont déjà pas.

C’est une polémique en or

Il est naturel que cette forme nouvelle, qui plus est grammaticale, choque le plus grand nombre. Elle ne lui sert à rien. Le plus grand nombre s’en passerait bien, de même qu’il se passerait bien de devoir réfléchir à ce que c’est, pour certaines personnes, de ne pas se sentir concernées, identifiées, ni par «il» ni par «elle». Iels seraient 22 % des 18-30 ans à ne pas se sentir représentés par le masculin ou le féminin, d’après un sondage Ifop publié fin novembre 2020. Nier le problème ne permet jamais de le résoudre. Pourquoi s’alarmer de ce que les principaux intéressés aient trouvé avec ce pronom quelque résolution symbolique ? Pour les couples égalitaires également, et les groupes mixtes, «iels» sera pratique. Les langues, comme tout système de représentation, de découpage du réel, sont traversées d’enjeux sociaux qui les remodèlent doucement. En ce moment, vers plus d’égalité, et de neutralité. A chaque langue ses propositions, dont la majorité s’empare, ou non. En espagnol, c’est la terminaison -e qui a émergé pour contourner le codage entre le -a du féminin et le -du masculin, ce qui donne, par exemple, niñes, (les enfants non genrés, ni niños, petits garçons ni niñas, petites filles). L’anglais, lui, pratique depuis un moment déjà, au singulier, le pronom personnel pluriel they.

Posons-nous des questions simples. Pourquoi ouvre-t-on un dictionnaire? Pour y relire la définition d’un mot qu’on aime bien? (génial, «vent», c’est un déplacement d’air, j’adore !). Ou pour comprendre ce que veut dire un mot dont on entend parler ici et là et qu’on ne connaît pas ? (Mais où est «wokisme» dans lerobert.com ? Vite, une nouvelle entrée !). Le fait qu’un mot entre dans le Robert signifie-t-il que nous devons l’utiliser ? Non. Les dictionnaires contiennent-ils beaucoup d’autres mots que nous ne connaîtrons ou n’utiliserons peut-être jamais ? Oui. Serons-nous punis si nous ne l’utilisons pas ? Non.

Alors à quoi bon certains, dont le ministre de l’Education nationale, hystérisent-ils le débat ? Si ce n’est pour profiter des émotions négatives, violentes, qu’il soulève ? C’est une polémique en or, facile, notre langue, en France, nous tient trop au cœur, on peine à y réfléchir. Monsieur Blanquer peut-il s’occuper des vrais problèmes qui rendent nos métiers d’enseignants difficiles ? Pas plus que le point médian, autre usage minoritaire, autre point de crispation dont il s’était déjà emparé récemment, le pronom «iel» n’a vocation à être enseigné sur les bancs de l’école. Parents, dormez tranquilles, vos chérubins ne sont pas menacés, la mère patrie veille,«iel» ne figure pas encore dans le Robert Junior. Pourvu qu’ils (vos enfants) n’aient pas de problème à s’identifier au masculin ou au féminin, tout ira bien pour eux. En attendant, laissons donc les lexicographes faire leur métier, car iels ont bien du mérite.

Julie Neveux, Je parle comme je suis, Grasset, 2020.

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Où en sont les 600.000 tests salivaires promis dans les écoles par Jean-Michel Blanquer ?

25 Novembre 2021 , Rédigé par LCI Publié dans #Education, #Blanquer

Actualité - Apel

DÉFIANCE - Déployés depuis plus de 9 mois dans les écoles, les tests salivaires rencontrent un succès mitigé chez les élèves. Pourtant, ce mardi, il n'y a jamais eu autant de classes fermées en France en raison de la 5e vague de Covid-19.

Mais où sont passés les tests salivaires dans les écoles ? Lancé fin février dernier, le dispositif devait atteindre le fameux chiffre de 600.000 dépistages hebdomadaires, promis fin-mai par le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer. Avec 200.000 tests réalisés en moyenne ces dernières semaines, on est encore loin du compte. “Même en étant optimiste, ce chiffre est impossible à atteindre”, lâche Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire nationale du syndicat enseignant Unsa, auprès de LCI. 

Défiance, organisation trop lourde

La faute à qui ? Les causes sont multifactorielles, assurent les syndicats. “C’est extrêmement lourd à organiser pour les directeurs d’école qui jonglent avec leurs heures de coursLes partenaires - les laboratoires - se reposent complètement sur les instituteurs, alors que cela devrait être l’inverse. Ce n’est pas à un prof de toucher le matériel médical ou de faire cracher l’élève”, assure Elisabeth Allain-Moreno.

Pour Elisabeth Allain-Moreno, le ministère sait que l'objectif des 600.000 tests par semaine “sera difficilement” atteignable, mais il continue de mettre la pression sur ses professeurs "pour faire monter les chiffres"

Elle pointe aussi “un relâchement dans la société des gestes barrières et un manque de volonté", alors que "le dispositif repose sur la seule adhésion des parents”. Ces derniers doivent en effet donner leur consentement écrit pour faire tester leur enfant. Bilan : dans la semaine du 8 au 15 novembre, sur 307.804 tests proposés par le ministère, seuls 141.696 ont été effectués. La différence entre ceux proposés et ceux réalisés atteignait jusqu’à 200.000 fin octobre

Dans Le Parisien, le ministre de l’Éducation déplorait de son côté ce manque "d'acceptation” pour cette campagne de dépistage. “C'est une difficulté qu'on a depuis le début. Pourtant, il est essentiel que ces tests se fassent sur une tranche d'âge qui n'est pas vaccinée. J’encourage largement les parents dans ce sens", encourageait Jean-Michel Blanquer.

Léa Coupau

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Carl Philipp Emanuel Bach...

24 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Annie Ernaux...

24 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Je suis descendue à Barbès. Comme la dernière fois, des hommes attendaient, groupés au pied du métro aérien. Les gens avançaient sur le trottoir avec des sacs roses de chez Tati. J'ai pris le boulevard de Magenta, reconnu le magasin Billy, avec des anoraks suspendus au-dehors. Une femme arrivait en face de moi, elle portait des bas noirs à gros motifs sur des jambes fortes. La rue Ambroise-Paré était presque déserte jusqu'aux abords de l'hôpital. J'ai suivi le long couloir voûté du pavillon Elisa. La première fois je n'avais pas remarqué un kiosque à musique, dans la cour qui longe le couloir vitré. Je me demandais comment je verrais tout cela après, en repartant. J'ai poussé la porte 15 et monté les deux étages. À l'accueil du service de dépistage, j'ai remis le carton où est inscrit mon numéro. La femme a fouillé dans un fichier et elle a sorti une pochette en papier kraft contenant des papiers. J'ai tendu la main mais elle ne me l'a pas donnée. Elle l'a posée sur le bureau et m'a dit d'aller m'asseoir, qu'on m'appellerait.

La salle d'attente est séparée en deux boxes contigus. J'ai choisi le plus proche de la porte du médecin, celle aussi où il y avait le plus de monde. J'ai commencé à corriger les copies que j'avais emportées. Juste après moi, une fille très jeune, blonde avec de longs cheveux, a tendu son numéro. J'ai vérifié qu'on ne lui donnait pas non plus sa pochette et qu'elle aussi serait appelée. Attendaient déjà, assis loin les uns des autres, un homme d'une trentaine d'années, vêtu mode et calvitie légère, un jeune Noir avec un walkman, un homme d'une cinquantaine d'années, au visage marqué, affaissé dans son siège. Après la fille blonde, un quatrième homme est arrivé, il s'est assis avec détermination, a sorti un livre de sa serviette. Puis un couple : elle, en caleçon, avec un ventre de grossesse, lui en costume cravate.

Sur la table, il n'y avait pas de journaux, seulement des prospectus sur la nécessité de manger des produits laitiers et « comment vivre sa séropositivité ». La femme du couple parlait à son compagnon, se levait, l'entourait de ses bras, le caressait. Il restait muet, immobile, les mains appuyées sur un parapluie. La fille blonde gardait les yeux baissés, presque fermés, son blouson de cuir plié sur ses genoux, elle paraissait pétrifiée. À ses pieds, il y avait un grand sac de voyage et un petit qui s'attache dans le dos. Je me suis demandé si elle avait plus de raisons que les autres d'avoir peur. Elle venait peut-être chercher son résultat avant de partir en week-end, ou de retourner chez ses parents en province. La docteure est sortie de son bureau, une jeune femme mince, pétulante, avec une jupe rose et des bas noirs. Elle a dit un numéro. Personne n'a bougé. C'était quelqu'un du box d'à côté, un garçon qui est passé rapidement, je n'ai vu que des lunettes et une queue-de-cheval.

 

Annie Ernaux - L'événement

 

L'événement

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Conférence Jean-Paul Delahaye : "Ce que la pauvreté fait à l’école, ce que l’école fait de la pauvreté" - Video

24 Novembre 2021 , Rédigé par ESPE Aix-Marseille Publié dans #Education

La conférence est l’occasion d’entrer dans le quotidien d’une jeunesse dont on parle très peu, d’une jeunesse invisible et pourtant nombreuse : les enfants des pauvres. Une sorte d’angle mort de la République car, comme le disait la philosophe Simone Weill, «Pour se rendre invisible, quel homme n’a pas de moyen plus sûr que de devenir pauvre».

En prenant appui sur son rapport Grande pauvreté et réussite scolaire, le choix de la solidarité pour la réussite de tous, remis en 2015, Jean-Paul Delahaye donne la parole à ceux qui peuvent témoigner de ce que la pauvreté fait à l’école.

Comment entre sereinement dans les apprentissages quand on est mal logé, mal soigné, mal nourri, mal habillé… ?

Si tous les enfants des pauvres ne sont pas en échec scolaire, si l’école n’est pas responsable de tout (sans l’école les inégalités seraient bien pires encore), ce que l’école fait de la pauvreté peut se mesurer à partir de ce constat désormais bien connu : la France est un des pays de l’OCDE dans lequel le poids de l’origine sociale pèse le plus sur les destins scolaires. Affrontons la réalité en face : notre élitisme est davantage social que républicain.

Mais il n’y a aucune fatalité à cela. Jean-Paul Delahaye centre son propos sur deux actions complémentaires qui sont nécessaires si l’on veut vraiment rendre notre école plus juste : des actions sociales et de santé pour aider tous les élèves à entrer dans les apprentissages et une organisation pédagogique de l’école repensée pour un système éducatif qui ne soit pas essentiellement concentré sur la fonction de tri et de sélection des meilleurs.

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A voir... "L'événement", d'Audrey Diwan...

24 Novembre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Cinéma

Le film 

Synopsis 

Je me suis fait engrosser comme une pauvre. L’histoire d’Anne, très jeune femme qui décide d’avorter afin de finir ses études et d’échapper au destin social de sa famille prolétaire. L’histoire de la France en 1963, d’une société qui condamne le désir des femmes, et le sexe en général. Une histoire simple et dure retraçant le chemin de qui décide d’agir contre la loi. Anne a peu de temps devant elle, les examens approchent, son ventre s’arrondit…

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