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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Julien Green...

27 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Julien Green - Journal intégral, 1919-1940 de Julien Green - Grand Format -  Livre - Decitre
1919

28 octobre. Université de Virginie. Aujourd’hui, je traversais une pelouse à l’herbe abondante et longue ainsi qu’on en foule en rêve. L’or des feuilles brunies crépitait sous mes pas et j’allais sans but, le cœur endolori. Comme je passais près d’un gros chêne, un écureuil glissa du tronc héroïque et se prit à jouer à deux pas de moi. Gris tacheté de noir, il fit un tour, sautilla, puis me regarda de côté de son petit œil inquiet et joyeux, et se coula sous la frondaison amicale. À ce moment, la tristesse mourut dans mon cœur.

 

29 octobre3. Un jour de découragement et de solitude, un de ces jours où on se demande s’il ne serait pas bon que la foudre vous touchât au front, de son doigt de mort, un jour qui est une oppression de vingt-quatre heures. Mon cœur est resté au Lawn. Oh ! l’angoisse de n’être plus là-bas, dans cette vieille maison que j’aimai spontanément d’un amour irréfléchi dès la première seconde où je l’entrevis, un soir, dans la brume et les grandes ombres des magnolias frémissants.

 

30 octobre. Une sympathie mystérieuse s’établit de notre âme à un paysage, un site jusqu’alors inconnu, de telle sorte que nous devenons la dépendance de quelques beaux arbres, d’une prairie, d’une maison. Comment exprimer cela ? Du fond des choses inanimées s’éveille je ne sais quel être infernal ou divin qui nous capte et nous retient à jamais, qui s’empare de notre cœur comme d’une citadelle enlevée par surprise après un siège de patience et d’adresse, jusqu’à faire partie intégrante de notre personne, jusqu’à devenir nous-mêmes, jusqu’à nous tourmenter si nous essayons de nous libérer de cette domination.

 

4 novembre. Minuit. Mes chers livres qui êtes là, tous autour de moi, muets compagnons de ma solitude, comme je vous aime ! Que m’importe le tumulte du monde, les haines, les jalousies, les mépris, que m’importe, bons amis silencieux et austères, que m’importe ! Ma vie n’est pas gaie en ce moment, mais paisible et cachée. Dehors les étudiants font leur vacarme habituel. Quelqu’un en moi voudrait aller boire et s’amuser avec eux, mais quelqu’un d’autre s’y refuse.

Ce soir, lu Électre.

 

22 novembre. Je commence aujourd’hui un journal quelque peu différent de celui que j’avais entrepris dernièrement. Je compte dans celui-ci me préoccuper uniquement de ma vie spirituelle, ne parler du monde extérieur qu’en ce qu’il a d’influence directe sur les développements de ma pensée. Mon espoir est qu’après quelque dix mois de cet exercice j’aurai conduit mon intelligence à une conclusion qui puisse déterminer l’état de vie où je suis appelé d’une façon si radicale qu’elle exclura toute espèce de doute.

(Note de janvier 1921 : il va de soi que je n’ai jamais continué ce journal-là.)

 

14 décembre. Tout peut être mis en doute, tout, le mouvement des astres et la nature de la matière, tout, mais non le fait que j’existe et que je pense. Que le froid, la pluie, la chaleur soient autant d’illusions produites par mon corps, lequel n’est lui-même, peut-être, que l’illusion de mon esprit, soit, mais que parmi tant de choses incertaines mon esprit seul soit ce dont je puisse être sûr, voilà ce qui est indubitable. En sorte que la question de savoir comment je dois vivre devient une pure question de logique. Puisqu’il n’est que probable que le monde soit vrai et qu’il est sûr que mon cerveau existe, il me faut donner toute mon attention à ce qui forme le cœur même de mon inébranlable foi, ne dirigeant que de minimes efforts vers ce qui n’est qu’hypothèse, à savoir le monde tangible. Travailler à bien penser me paraît un devoir si impérieux, si clair, que j’en veux faire l’unique raison de ma vie, le motif de chacun de mes actes.

Considérant mon but comme atteint (mon but immédiat) chaque fois que j’aurais accompli quelque progrès moral ou intellectuel, ce qui est la même chose, ainsi que je l’ai dit autre part, je me ferai un devoir strict de ne pas entendre la voix de la calomnie ou de la médisance aveugle ; autrement je n’avancerai pas. J’ai un but à atteindre, je l’atteins par tous les moyens licites, le reste est accidentel. Le reste, c’est-à-dire la critique inintelligente ou les injures d’un monde imbécile. Et j’en reviens à ce que j’ai dit plus haut, à savoir que mon attention ne doit se porter outre-mesure sur ce qui peut n’être qu’une illusion ; que si je me fais un devoir de cette règle, il viendra normalement que prendre souci des rancunes ou des jalousies de l’homme, de ce que je crois être l’homme, est absolument contraire à ce devoir que je m’impose, et par conséquent, immoral.

 

17 décembre. Quelle manie ai-je donc de m’examiner avec une curiosité jamais lasse, une curiosité croissante ? Des jours entiers se passent et je ne vois personne, ou si l’on vient me voir, je réponds d’une façon distraite et obscure aux questions les plus banales, ou plutôt quelqu’un d’autre répond pour moi, un quelqu’un mystérieux qui articule des phrases dont j’ai à peine conscience, cependant que moi, le vrai moi, se perd en méditations fugaces. Que suis-je donc ? Et pourquoi ne suis-je pas plutôt allemand ou radjpoute ? Parce qu’il faut des Français ou des Américains ! Mais comment la sélection se fait-elle parmi les âmes en vacance ? Pourquoi telle âme est-elle destinée à s’incarner au bord de la Weser plutôt qu’en Perse ou en Champagne ? Je n’ai rien fait pour naître en France ; ma volonté est donc absente de ce qui fait le point de départ de toute ma vie. Et pourquoi suis-je déchiré, sans qu’il y aille de ma faute, entre deux esprits, à savoir l’esprit latin et foncièrement catholique, et l’esprit anglo-saxon avec tout ce qu’il comporte de mélancolie chronique et d’aspirations trop vagues pour être réalisées ? Mon malheur est de n’être pas un. Ne pouvant être quelque chose, j’ai fini par détester tout. Je vis comme un lunatique, triste, amant passionné de la solitude et de l’ombre.

 

20 décembre. Parfois, ce que l’on convenait d’appeler son originalité le faisait souffrir. Il rêvait de devenir pareil aux êtres qu’il voyait autour de lui, il choisissait ceux d’entre eux qui lui paraissaient les plus admirables et les plus normaux à la fois dans leurs visages et leurs comportements, et s’ingéniait à les imiter. On disait alors qu’il était amoureux, paroles stupides qu’il n’entendait point.

 

25 décembre. Nouvelle possible. Un fantôme s’installe dans une famille de bourgeois et sert de conscience à ces malfaiteurs. Les plus secrètes pensées de vice sont immédiatement tirées au clair et punies par l’être effroyable que personne ne peut voir. Agonie rapide de ces gens.

Autre sujet : un jeune sculpteur travaille à la cathédrale de Chartres, très haut, dans les nuages. Ses progrès ont quelque chose de miraculeux ; un jour, il se rend compte qu’il est à l’apogée de son génie et commence son chef-d’œuvre. Il se recule pour le contempler et tombe.

 

Julien Green - Journal intégral Tome 2

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A lire... "Grandir, éloge de l'âge adulte à une époque qui nous infantilise", par Susan Neiman

27 Novembre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Sociologie, #Jeunesse

Grandir : éloge de l'âge adulte à une époque qui nous infantilise

Notre société est obsédée par la jeunesse. La chose semble partout admise : devenir adulte, c’est se résigner à une vie moins aventureuse et beaucoup plus insignifiante que ce à quoi l’on pensait pouvoir prétendre.

Mais si l’on ne parle jamais de l’âge adulte en termes élogieux, ce n’est peut-être pas pour rien. Car en décrivant la vie comme un long déclin, nous laissons entendre aux plus jeunes qu’ils ne doivent pas en attendre grand-chose – et nous leur apprenons ainsi à ne rien réclamer. Derrière l’idéologie de la jeunesse éternelle se cache une question politique majeure.

Dans cet essai incisif, Susan Neiman, philosophe américaine internationalement reconnue et pour la première fois traduite en français, interroge cette culture, la nôtre, qui promeut une adolescence permanente. Et se tourne vers des penseurs tels que Kant, Rousseau et Arendt pour trouver un modèle de maturité qui ne soit pas simple affaire de résignation. Car la véritable maturité implique de trouver le courage de vivre dans un monde incertain sans rien céder au dogme du désespoir. Un adulte, affirme Neiman, transforme le monde de sorte qu’il ressemble davantage à ce qu’il devrait être, sans jamais perdre de vue ce qu’il est vraiment. Et si le fait de prendre de l’âge, loin de rimer avec ennui et renoncement, était en fait un idéal pour notre temps – peut-être même l’idéal le plus subversif que l’on puisse trouver dans une société qui nous encourage à ne pas faire l’effort de penser par nous-mêmes ?

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Éducation à la sexualité : "L’école ne s’est jamais sentie légitime sur ces questions"

27 Novembre 2021 , Rédigé par Marianne Publié dans #Education

Plus de cours d'éducation à la sexualité pour moins d'abus de pouvoir

EXTRAITS

Le ministère de l'Éducation nationale s’apprête à toiletter ses séances d’éducation sexuelle pour y intégrer la question du consentement. Historien de l'éducation, Claude Lelièvre rappelle à quel point la sexualité, souvent réduite à une simple gestion des risques, dérange l'institution scolaire.

Marianne : L’éducation sexuelle semble être un des sujets les plus éruptifs de l’Éducation nationale. Pourquoi ?

Claude Lelièvre : Jusqu’en Mai 1968, l’Éducation nationale se cantonnait au silence sur la sexualité. Il n’y avait aucune allusion dans les manuels de sciences de vie et de la terre (SVT) et encore moins de séances de sensibilisation. Le sujet a émergé dès 1971, lorsque le Comité d’action de Corbeil pour la libération de la sexualité a édité le tract « Apprenons à faire l’amour », rédigé par un médecin, le docteur Carpentier. Dans les écoles, des associations organisaient des séances d’éducation sexuelle sauvages, axée sur le seul plaisir – plus particulièrement phallique et masculin. Mais il n’y avait pas la question de la réciprocité du plaisir et du consentement. L’Éducation nationale s’est basée sur cette libération sexuelle – masculine – pour concevoir ses premières séances de sensibilisation.

Le ministre Joseph Fontanet (démocrate-chrétien) a publié une circulaire en 1973. « Il a longtemps été admis que les éducateurs devaient tenir les enfants à l’écart des problèmes de l’âge adulte, et plus spécialement à l’égard de ceux qui concernent la sexualité. Mais les fables racontées aux plus petits et le silence opposé aux plus grands paraissent aujourd’hui chargées d’inconvénients très lourds, du double point de vue de l’évolution psychologique et de la relation de l’adolescent à l’adulte. Ils sont devenus inacceptables du fait de la civilisation ambiante, de l’évolution des modes de vie, du recrutement mixte des établissements », détaillait le texte. Cette première circulaire a établi un premier clivage entre l’information biologique, axée sur la procréation, et l’éducation facultative.

(...)

Comment distinguer ce qui relève de l’Éducation nationale et ce qui relève du rôle des parents ? Cette question peut s’avérer complexe…

L’école ne s’est jamais sentie légitime sur ces questions. Elle n’est pas un lieu de plaisir. Elle ne trouve sa légitimité que dans la protection des enfants, au nom du risque du sexe.

(...)

La sexualité est-elle devenue politique ? On se souvient de la polémique sur le programme ABCD de l’égalité, lorsque Najat Vallaud-Belkacem était ministre des Droits des femmes, sous le gouvernement de François Hollande.

Najat Vallaud-Belkacem suivait un rapport de l’Inspection générale de l’éducation qui disait qu’il fallait déconstruire les stéréotypes dès la petite enfance. Ce n’était pas la question sexuelle, mais sexuée. Cette polémique est révélatrice d’une évolution plus large. Depuis les années 2010, les questions d’orientation sexuelle de genre se sont ajoutées au corpus général. L’éducation sexuelle est devenue politique et culturelle. Elle intègre toutes les révolutions sociétales et bioéthiques. En cela, elle est éruptive. Plus l’éducation sexuelle devient politique, plus elle fait figure de repoussoir pour les enseignants. Ces derniers délèguent donc la tâche à des associations militantes.

Violaine Des Courières

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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Covid-19 : il n’y a jamais eu autant de jeunes enfants contaminés en France

27 Novembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Les moins de 10 ans représentent, depuis le début du mois de novembre, la classe d’âge dont les contaminations au coronavirus progressent le plus vite.

Au niveau national, le taux d’incidence chez les enfants de moins de 10 ans atteint 238 nouveaux cas hebdomadaires pour 100 000 habitants, d’après les dernières données disponibles de Santé publique France, soit un niveau inédit depuis le début de l’épidémie. Il s’agit, depuis le début du mois de novembre, de la classe d’âge dont les contaminations progressent le plus vite. Il n’était jamais arrivé jusqu’ici que le taux d’incidence à cet âge soit supérieur à celui des 10-19 ou des 20-30 ans. C’est le cas à présent.

Sur une plus longue période, on se rend compte que non seulement le niveau est le plus élevé jamais atteint, mais également que la progression est la plus rapide jamais enregistrée.

Cette très forte propagation du virus chez les plus jeunes entraîne des fermetures en cascade. De 4 000 classes fermées vendredi 19 novembre, ce chiffre est proche de 8 900 ce vendredi. C’est surtout l’enseignement primaire qui est concerné, les collèges et les lycées – où les élèves ont l’âge d’être vaccinés – sont davantage épargnés. Ce phénomène a conduit le gouvernement à modifier ce jeudi son protocole en cas de détection d’un cas de Covid-19 en primaire, où les tests à large échelle ne vont désormais plus entraîner de fermetures systématiques. Le ministre, Jean-Michel Blanquer, a également annoncé ce vendredi la mise en place de deux autotests par semaine pour les collégiens de sixième.

On remarque par ailleurs qu’aucune zone de l’Hexagone n’est épargnée. Le taux d’incidence est supérieur à 300 chez les enfants dans toutes les grandes agglomérations.

Savinien de Rivet et Alice Clair

Article complet avec infographies à lire en cliquant ci-dessous

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Ennio Morricone...

26 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Marcel Proust...

26 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Le Temps retrouvé" de Marcel Proust - La Parafe

Ainsi, j'étais déjà arrivé à cette conclusion que nous ne sommes nullement libres devant l'œuvre d'art, que nous ne la faisons pas à notre gré, mais que préexistant à nous, nous devons, à la fois parce qu'elle est nécessaire et cachée, et comme nous ferions pour une loi de la nature, la découvrir. Mais cette découverte que l'art pouvait nous faire faire, n'était-elle pas, au fond, celle de ce qui devrait nous être le plus précieux, et qui nous reste d'habitude à jamais inconnu, notre vraie vie, la réalité telle que nous l'avons sentie et qui diffère tellement de ce que nous croyons, que nous sommes emplis d'un tel bonheur quand un hasard nous apporte le souvenir véritable ? Je m'en assurais par la fausseté même de l'art prétendu réaliste et qui ne serait pas si mensonger si nous n'avions pris dans la vie l'habitude de donner à ce que nous sentons une expression qui en diffère tellement, et que nous prenons au bout de peu de temps pour la réalité même. Je sentais que je n'aurais pas à m'embarrasser des diverses théories littéraires qui m'avaient un moment troublé - notamment celles que la critique avait développées au moment de l'affaire Dreyfus et avait reprises pendant la guerre, et qui tendaient à « faire sortir l'artiste de sa tour d'ivoire », et à traiter des sujets non frivoles ni sentimentaux, mais peignant de grands mouvements ouvriers, et à défaut de foules, à tout le moins non plus d'insignifiants oisifs (« j'avoue que la peinture de ces inutiles m'indiffère assez » disait Bloch), mais de nobles intellectuels, ou des héros.

Marcel Proust - Le temps retrouvé

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Nouveau protocole Covid à l’école primaire : ça passe ou ça classe ?

26 Novembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Nouveau protocole Covid à l’école primaire : ça passe ou ça classe ?

Le ministre de l’Education nationale a annoncé ce jeudi la généralisation d’un dispositif expérimenté jusqu’alors dans dix départements : il n’y aura plus de fermeture de classe mais un dépistage de tous les élèves si un cas est détecté. Des dispositions aux contours encore flous.

«Notre boussole reste la priorité d’une école ouverte.» Après presque deux années de pandémie, on imagine facilement un soupir de soulagement des parents à l’écoute des mots du ministre de l’Education nationale ce jeudi. Du côté du personnel éducatif, l’écho est tout autre. «On est sur une réponse à une pression du monde du travail et des parents mais pas une réponse de protection des élèves et de l’école», pointe Guislaine David, du SnuiPP-FSU, syndicat majoritaire dans le premier degré. Pour le ministre, il semblait y avoir urgence à stopper une nouvelle fois un décompte affolant. Selon les derniers chiffres délivrés en conférence de presse, 8 500 classes étaient fermées mercredi contre 4 048 vendredi. Une explosion concentrée presque exclusivement dans les écoles primaires. «Nous estimons que ce sont environ 180 000 familles qui sont concernées aujourd’hui par des fermetures de classes», a souligné Jean-Michel Blanquer. De quoi justifier un ajustement du protocole sanitaire du premier degré, dont les modalités pratiques restent floues. Avec 77% de primo-vaccinés chez les 12-17 ans et 75% ayant reçu les deux doses, «l’enseignement secondaire avec le protocole actuel peut tout à fait traverser la cinquième vague», a en revanche estimé le ministre. Pas de changement en collège et lycée donc.

Jusqu’alors, une classe de maternelle ou d’élémentaire était censée fermer dès la détection d’un cas de Covid, sauf dans dix départements (Ariège, Côte-d’Or, Moselle, Var, Landes…), qui expérimentent depuis début octobre le fait de ne renvoyer à domicile pour une semaine que les élèves positifs. Avant même d’avoir dressé un bilan de cet essai (un rendez-vous est fixé au 3 décembre), cette formule est désormais étendue nationalement, à partir du courant de la semaine prochaine, En d’autres termes, «il n’y aura plus de fermeture systématique de classe mais un dépistage de toute la classe en cas de cas positif, seuls les élèves ayant un test négatif [salivaire ou nasopharyngé] pourront faire leur retour» à l’écolea annoncé le ministre. Une déclaration sur l’honneur ne sera pas suffisante, les parents devront fournir le résultat à l’établissement.

Un changement «incompréhensible»

Le protocole est réadapté. «Le test peut être réalisé soit par les responsables légaux, en général les parents, […] soit à travers la présence des laboratoires dans l’école primaire», a expliqué Jean-Michel Blanquer en pointant les écueils du système précédent. Les laboratoires étant confrontés à une situation épidémique autrement plus tendue que début octobre, il a été dans certains cas impossible d’empêcher les fermetures de classe faute d’avoir pu mobiliser dans les vingt-quatre heures une équipe de laborantins. Témoignage de cette logistique complexe, mercredi, 179 classes gardaient portes closes dans le Rhône, pourtant parti prenant de l’expérimentation, selon le SnuiPP. Cette «mesure de souplesse» engrange de nouvelles inégalités. «Dans certains cas les parents vont facilement pouvoir se libérer une heure de leur travail pour pouvoir venir faire passer un test à leur enfant et il y a ceux qui travailleront jusqu’à 19h30 et ne pourront pas le faire dans la journée. On sait que ce sont les classes favorisées qui vont être en capacité de le faire, pas les autres», déplore le SnuiPP.

Le timing de cette annonce interroge également les syndicats. Un «changement de stratégie en pleine cinquième vague est incompréhensible» pour Stéphane Crochet, secrétaire général au syndicat SE-Unsa. Pointant le flou entourant ces annonces, il lance : «Nous n’avons pas compris si en attendant d’avoir un résultat négatif, les enfants restent à l’école ou pas.» Le ministère de l’Education nationale précise que la classe fermera bel et bien et que les élèves reviendront «peu à peu» avec leur laissez-passer. «Pour les trois semaines restantes avant Noël, en attendant de voir l’évolution de la situation épidémique, le maintien de la fermeture de classe dès un cas nous aurait paru plus prudent», appuie Stéphane Crochet. Si l’académie de Rennes assure que cette méthode leur a permis de réduire de 50% le nombre de fermetures de classes jusqu’à la semaine dernière et la soudaine flambée épidémique, quid de la période d’incubation ? «On a dit au ministère ce [jeudi] qu’il faut tester les élèves toutes les quarante-huit heures car un élève négatif à J-0 peut être positif à J+2», rappelle Guislaine David. Quant au seuil de trois cas positifs déclenchant une fermeture systématique de la classe, il est désormais caduc. Le ministère renvoie aux agences régionales de santé le soin d’apprécier la situation et de renvoyer ou non tous les bambins chez eux.

Marlène Thomas

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Sortir... Exposition Vivian Maier, Musée du Luxembourg

26 Novembre 2021 , Rédigé par Musée du Luxembourg Publié dans #Art, #Culture

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L'éducation des enfants - Vue par Montaigne...

26 Novembre 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Montaigne, dans le miroir des Autres

Le professeur Pierre Magnard nous explique la pédagogie montaignienne en s'appuyant sur la lecture du chapitre XXVI des Essais, un chapitre d'une modernité stupéfiante.

Quelle est la situation de Montaigne dans un siècle qui n'a cessé de multiplier les essais de pédagogie ? Dans la lignée de Rabelais, il s'élève contre une école de Pères Fouettards. Le professeur Pierre Magnard éclaire pour nous quelques points fondamentaux de la conception montaignienne de l'éducation qui illustrent cette prise de position :

  • Le philosophe condamne avant tout la condescendance des précepteurs, et les invite à se mettre au niveau des enfants :

On ne cesse de criailler à nos oreilles [d'enfants], comme si l'on versait dans un entonnoir, et notre rôle, ce n'est que de redire ce qu'on nous a dit. Je voudrais que le précepteur corrigeât ce point [de la méthode usuelle] et que, d'entrée, selon la portée de l'âme qu'il a en main, il commençât à la mettre sur la piste, en lui faisant goûter les choses, les choisir et les discerner d'elle-même, en lui ouvrant quelquefois le chemin, quelquefois en le lui faisant ouvrir. Je ne veux pas qu'il invente et parle seul, je veux qu'il écoute son disciple et parle tour à tour.

Selon Pierre Magnard, cette invitation à donner - ou rendre - la parole aux enfants constitue l'élément le plus original et novateur de la conception montaignienne de l'éducation. C'est la clé de l'autonomie des enfants.

  • Montaigne se positionne aussi contre l'apprentissage par cœur, qu'il juge abrutissant. Se référant à Platon, il s'en prend à ceux qui "farcissent" le crâne des enfants, se mobilisant pour que l'on fabrique, selon son célèbre mot, des têtes "bien faites" plutôt que des têtes "bien pleines" :

Savoir par cœur n'est pas savoir : c'est avoir à sa disposition ce qu'on a donné en garde à sa mémoire. Ce qu'on sait droitement, on en dispose sans regarder le modèle, sans tourner les yeux vers son livre. Fâcheuse capacité qu'une capacité purement livresque !

  • Autre cible de Montaigne : la pédanterie. La bêtise chez Montaigne n'est jamais synonyme d'ignorance, elle désigne au contraire le sentiment de savoir, c'est-à-dire une ignorance qui s'ignore. Le philosophe met au contraire en avant les concepts d'humilité et de modestie - au sens également financier du terme, comme le rappelle Pierre Magnard, qui y voit une référence à la critique socratique des sophistes qui vendaient très cher leurs leçons : 

Si la bêtise lui est si odieuse, ce n'est pas seulement parce qu'elle est le fait d’esprits étroits, mais parce qu'elle est aussi le fait de gens qui profanent la culture en en faisant une marchandise. Il y a maintes fois dans les Essais cette référence à ces faux maîtres qui sont en réalité des marchands. 

  • Montaigne prône enfin la dureté à l'égard du corps, mais une extrême douceur à l'égard de l'âme. Corps et âme doivent être tous deux éduqués, mais pas de la même manière : si le corps peut se soumettre à une discipline exigeante, l'âme en revanche ne doit être oppressée par aucune règle préconçue. Pierre Magnard insiste sur la prudence et la bienveillance dont les précepteurs doivent selon Montaigne faire preuve à l'égard de l'esprit de leurs élèves :

L'authentique pédagogue est un libérateur, mais le libérateur ne se contente pas d'affranchir celui qui aurait été dans une position de tutelle, il doit courir le risque de la totale liberté de l'esprit de l'autre. 

Tous ces éléments évoqués par Pierre Magnard dans l'émission permettent ainsi de constater la saisissante modernité qui caractérise la réflexion de Montaigne sur l'éducation des enfants. 

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Neptune's Car...

25 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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