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Vivement l'Ecole!

Retour du masque à l'école : le premier syndicat du primaire aimerait "de la stabilité" plutôt qu'un "effet yo-yo"

4 Novembre 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

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Le Snuipp-FSU souhaite également une "campagne de conviction" auprès des parents. "La moitié seulement accepte de faire passer un test salivaire à leurs enfants. Il faut vraiment que le ministère passe la vitesse supérieure."

"Il nous faut de la stabilité" plutôt qu'un "effet yo-yo pas simple pour tout le monde", a critiqué jeudi 4 novembre sur franceinfo Guylaine David, secrétaire générale du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, alors que le port du masque redevient obligatoire au retour des vacances scolaires, le 8 novembre, pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires de 61 départements français, où le taux d'incidence est repassé au-dessus du seuil d'alerte de 50 cas de Covid-19 pour 100 000 habitants. Le port du masque était obligatoire dans 21 départements avant les vacances de la Toussaint.

"Cela montre que l'épidémie n'est pas derrière nous", estime Guylaine David, qui précise que dans les écoles, le port du masque pour les élèves est une des seules mesures permettant de réduire les risques de transmission du virus, car "on rentre dans une période [plus froide] où on ne pourra plus aérer les salles de classe comme on pouvait le faire auparavant, et on n'a toujours pas de capteurs de CO2 ni de purificateurs d'air."

franceinfo : Comment allez-vous faire accepter aux enfants ce retour en arrière ?

Guylaine David : Il va falloir s'adapter une fois de plus au protocole changeant, faire preuve de pédagogie auprès des enfants et des parents, puisqu'ils vont devoir fournir les masques pour leurs enfants à partir de lundi dans ces 39 nouveaux départements. Certains n'avaient enlevé le masque qu'une semaine avant les vacances scolaires. C'est vrai que c'est un effet de yo-yo qui n'est pas simple pour tout le monde, et qui va très certainement provoquer de l'insécurité et de l'instabilité dans nos classes.

Ce retour du masque obligatoire est-il une bonne chose ? Était-ce nécessaire ?

Cela montre que l'épidémie n'est pas derrière nous. Fin septembre, quand le ministère de l'Éducation avait annoncé cette mesure de fin du port du masque obligatoire, on avait été assez surpris. Il nous faut de la stabilité dans ce taux d'incidence en-dessous de 50 avant de prendre de telles mesures. On voit bien que le taux est changeant, et que d'une semaine à l'autre, cela peut évoluer. Là, on rentre dans une période [plus froide] où on ne pourra plus aérer les salles de classe comme on pouvait le faire auparavant. On n'a toujours pas de capteurs de CO2 ni de purificateurs d'air dans nos salles pour éviter que l'air soit contaminant. Donc, on n'a pas de mesures autres que le port du masque. Nous sommes avec une population pas vaccinée, pas protégée. Donc il faut protéger nos élèves. Et puis, la contamination dans nos classes peut retourner dans les familles. On a une population qui attend la troisième dose, une autre qui n'est pas vaccinée et qu'il ne faudrait pas contaminer. Il faut donc avoir des mesures de prudence, le port du masque et le non-brassage des élèves.

Il faut prendre ces mesures, aussi en raison des tests insuffisants en nombre ?

Oui, le ministère annonçait fin août une campagne massive avec 600 000 tests par semaine. On est très loin du compte avec à peine 200 000 tests. Et un taux d'acceptation très faible. La moitié des parents seulement acceptent de faire passer un test salivaire à leurs enfants. Il faut vraiment que le ministère passe la vitesse supérieure. Ça fait longtemps qu'on leur demande. Il faut tester massivement et régulièrement les élèves. Et il faut aussi une campagne de conviction auprès des parents, leur expliquer à quoi servent les tests, à éviter toute contamination dans les écoles et faire un tracing satisfaisant.

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Coronavirus : Pourquoi le retour du masque à l’école dans de nombreux départements fait grincer des dents

4 Novembre 2021 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education

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Avec cette décision, une soixantaine de départements sur 101 seront concernés par le port du masque à l’école

- Le masque sera à nouveau obligatoire dès lundi dans les écoles de 39 départements, en raison du regain de l’épidémie de Covid-19.

- Une décision mal accueillie par les syndicats d’enseignants, qui craignent que ces allers-retours dans le protocole sanitaire ne soient pas bien compris par les familles et que les règles sanitaires ne soient pas forcément bien appliquées.

« Tu as des masques dans ton cartable ? ». Voilà la question que les parents vont devoir reposer à leurs enfants après ces vacances scolaires de la Toussaint. Le masque sera en effet à nouveau obligatoire à partir de lundi dans les écoles primaires de 39 départements, en raison du regain de l’épidémie de coronavirus, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Une décision qui intervient car dans ces départements, le taux d’incidence est passé au-dessus de 50 cas pour 100.000 habitants.

Avant même les vacances de la Toussaint, le masque était déjà redevenu obligatoire pour les élèves de primaire en Lozère. Cela va donc porter à une soixantaine, sur 101, le nombre de départements où les élèves doivent le porter. Interrogé par 20 Minutes, le ministère de l’Education a indiqué qu’il communiquerait rapidement la liste des territoires concernés, un Conseil de défense ayant lieu ce jeudi.

Le protocole « yoyo » critiqué

Cette décision est d’autant plus mal accueillie par les syndicats enseignants qu’ils l’avaient vue venir : « Elle n’est pas surprenante. Lorsqu’en octobre, le masque avait été abandonné dans plusieurs départements, nous avions dit qu’il fallait être prudent car la situation sanitaire pouvait évoluer rapidement », déclare Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat enseignant SE-Unsa. « Les prévisions des scientifiques nous laissaient penser que le taux d’incidence allait remonter. D’autant qu’avec les températures en baisse, il devient difficile d’aérer les classes et que les enfants sont la seule population non vaccinée », abonde Ghislaine David, porte-parole du SNUipp-FSU.

Le mode de bascule du protocole de niveau 1 (non port du masque) à celui de niveau 2 (masque obligatoire pour les élèves) est aussi critiqué : si le seuil des 50 cas pour 100.000 habitants est dépassé cinq jours consécutifs, le protocole passe du niveau 1 au 2, comme c’est le cas dans les 39 départements concernés. « Cela nous semble trop court. Il faudrait que ce seuil soit dépassé pendant deux à trois semaines afin d’éviter ce phénomène de yoyo permanent », estime Ghislaine David.

Déstabilisant pour les enfants

Chez les parents d’élèves, la nouvelle fait aussi râler : « Les familles sont épuisées de devoir s’adapter sans cesse aux annonces brusques du gouvernement », indique Carla Dugault, coprésidente de la FCPE. Et le retour de règles sanitaires plus strictes risque de ne pas couler de source chez tout le monde : « On s’attend à ce que certains parents discutent du bien-fondé du retour du masque à l’école car ils ne perçoivent pas la reprise épidémique. Comme on l’a vu récemment en Lozère. Cela peut entraîner des tensions que les directeurs d’école devront tenter d’apaiser », anticipe Stéphane Crochet.

Ce retour du masque risque de déranger aussi les élèves, selon Ghislaine David : « En enlevant le masque, ils avaient oublié le Covid-19. Le fait de le remettre est déstabilisant pour eux. Sans compter les problèmes de discipline que cela va entraîner, car les enseignants vont devoir rappeler à l’ordre ceux qui ont perdu l’habitude de le mettre ou qui le portent sous le menton ».

Des inquiétudes pour les prochains mois

Ce retour du port du masque dans 39 départements est aussi interprété comme un signal inquiétant par la communauté éducative : « Plus on va entrer dans l’hiver, plus le nombre de départements dépassant le taux d’incidence de 50 pour 100.000 habitants risque d’augmenter. Cela veut-il dire qu’on est au début de la 5e vague ? On ne veut surtout pas revivre ce que l’on a subi l’an dernier », redoute Stéphane Crochet. Avant les vacances de la Toussaint, le nombre de classes fermées à cause du Covid-19 était légèrement remonté pour la première fois depuis la mi-septembre, pour s’établir à 1.246, soit 0,24 % des classes du pays, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale.

Pour éviter un scenario noir, les syndicats appellent le ministère à prendre de nouvelles mesures : « Depuis la rentrée, environ 200.000 tests ont été faits dans les écoles, au lieu des 600.000 prévus. On passe à côté de cas positifs chez les élèves. Il faut augmenter le nombre de tests et que les établissements soient équipés de purificateurs d’air », insiste Ghislaine David.

Delphine Bancaud

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Silvia Pérez Cruz... (et Cástor Pérez... Et Uxia...)

3 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Thomas Bernhard...

3 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Extinction - Thomas Bernhard - SensCritique

Il a fallu qu’ils meurent dans un accident et qu’ils se réduisent à ce bout de papier ridicule qu’on appelle photographie, pour ne plus pouvoir te faire du mal. La manie de la persécution a pris fin, ai-je pensé. Ils sont morts. Pour la première fois, à la vue de la photographie qui le montre à Sankt Wolfgang sur son voilier, j’ai eu pitié de mon frère. A présent il avait l’air encore beaucoup plus comique sur la photo qu’à première vue. Mon impassibilité en le regardant m’a fait peur. Mes parents aussi étaient comiques sur la photo où on les voit à la gare Victoria. Tous trois à présent, devant moi sur ma table, hauts de dix centimètres à peine, avec leurs vêtements à la mode et l’attitude grotesque de leur esprit, étaient encore plus comiques qu’au premier regard. La photographie ne montre que l’instant grotesque et l’instant comique, ai-je pensé, elle ne montre pas la personne telle qu’elle a été, en somme, durant sa vie, la photographie est une falsification sournoise, perverse, toute photographie, peu importe qui photographie, peu importe qui elle représente, est une atteinte absolue à la dignité humaine, une monstrueuse falsification de la nature, une ignoble barbarie. D’autre part, les deux photos me paraissaient prodigieusement caractéristiques justement de ceux qui étaient fixés sur la pellicule, de mes parents tout comme de mon frère. Les voilà, me suis-je dit, tels qu’ils sont vraiment, les voilà tels qu’ils étaient vraiment. J’aurais aussi bien pu emporter de Wolfsegg d’autres photographies de mes parents et de mon frère et les conserver, j’ai emporté et conservé celles-ci parce qu’elles reproduisent exactement mes parents et mon frère à l’instant où ces photographies ont été prises par moi, tels que mes parents étaient en réalité, tel qu’était mon frère en réalité. Je n’ai pas eu la moindre honte à le constater. Ce n’était pas par hasard que je n’avais pas détruit justement ces photographies et que je les avais même emportées à Rome et mises de côté dans le tiroir de ma table. Je n’ai pas là des parents idéalisés, me suis-je dit, j’ai là mes parents tels qu’ils sont, tels qu’ils étaient, ai-je rectifié. J’ai là mon frère tel qu’il a été. Ils étaient tous trois si timides, si communs, si comiques. Je n’aurais d’ailleurs pas toléré, me suis-je dit, dans le tiroir de ma table, une image fausse de mes parents et de mon frère. rien que les images réelles, les images vraies. Rien que de l’absolument authentique, si grotesque, peut-être même si repoussant soit-il. Et ce sont précisément ces photos de mes parents et de mon frère que j’avais montrées un jour à Gambetti, il y a un an, je me rappelle encore où, dans le café sur la Piazza del Popolo. Il avait regardé les photos, il avait demandé : Est-ce que tes parents sont très riches ? A quoi j’avais répondu : Oui. Je sais encore qu’ensuite le simple fait de lui avoir montré ces photos m’a été pénible. Tu n’aurais jamais dû lui montrer justement ces photos, me suis-je dit alors. C’avait été une sottise. Il y avait et il y a d’innombrables photos qui montrent effectivement mes parents sérieux, comme on dit, mais elles ne correspondent pas à l’image que, toute ma vie, je me suis faite de mes parents. Il y a aussi de ces photographies sérieuses de mon frère, elles aussi sont des images fausses. Du reste, je ne déteste presque rien au monde plus que l’exhibition de photographies. Je n’en montre aucune et je ne m’en laisse montrer aucune. Que j’aie montré à Gambetti la photo de mes parents à la gare Victoria a été une exception. Quel but poursuivais-je ainsi ? De son côté, Gambetti ne m’avait jamais montré de photographies. Naturellement je connais ses parents ainsi que ses frères et soeurs et cela n’aurait aucun sens de me montrer des photos qui les représentent, cela ne lui serait d’ailleurs jamais venu à l’idée. Au fond, je déteste les photographies et moi-même, il ne m’est jamais venu à l’idée de faire des photographies, à part cette exception londonienne, à part Sankt Wolfgang, Cannes, de ma vie je n’ai possédé un appareil photographique. Je méprise les gens qui sont constamment en train de photographier et qui se promènent tout le temps avec leur appareil photographique pendu au cou. Ils sont sans cesse à la recherche d’un sujet et ils photographient tout et n’importe quoi, même ce qu’il y a de plus absurde. Sans cesse ils n’ont rien d’autre en tête que de se représenter eux-mêmes et toujours de la façon la plus repoussante, ce dont ils n’ont cependant pas conscience. Ils fixent sur leurs photos un monde perversement déformé, qui n’a rien d’autre en commun avec le monde réel que cette déformation perverse dont ils se sont rendus coupables. Photographier est une manie ignoble qui atteint peu à peu l’humanité entière, parce qu’elle n’est pas seulement amoureuse de la déformation et de la perversité, mais qu’elle en est entichée et qu’en vérité, à force de photographier, elle prend à la longue le monde déformé et pervers pour le seul véritable. Ceux qui photographient commettent l’un des crimes les plus ignobles qui puissent être commis, en rendant la nature, sur leurs photographies, perversement grotesque. Sur leurs photographies, les gens sont des poupées ridicules, désaxées au point d’en être méconnaissables, défigurées, oui, qui regardent d’un air effrayé leur ignoble objectif, de façon idiote, repoussante. Photographier est une passion abjecte qui atteint tous les continents et toutes les couches de la population, une maladie qui a frappé l’humanité entière et dont celle-ci ne pourra jamais être guérie. L’inventeur de l’art photographique est l’inventeur de l’art le plus misanthrope de tous les arts. C’est à lui que nous devons la déformation définitive de la nature et de l’homme qui y vit, en la caricature perverse de l’une et de l’autre. Je n’ai encore jamais vu sur aucune photographie un homme naturel, autrement dit un homme véritable et vrai, comme je n’ai encore jamais vu sur aucune photographie une véritable et vraie nature. la photographie est le plus grand malheur du XXe siècle. Jamais je n’ai été pris d’un tel dégoût qu’en regardant de photographies. Mais, me suis-je dit à présent, si déformés que soient mes parents et mon frère sur ces seules photographies prises par moi avec l’appareil photographique appartenant à mon frère, à mesure que je les regarde celles-ci montrent tout de même, derrière la perversité et la déformation, la vérité et la réalité de ceux qui sont pour ainsi dire saisis par la photographie, parce que je ne me soucie pas des photos et que je vois ceux qui y sont représentés, non pas tels que les montre la photo dans sa déformation grossière et sa perversité, mais comme moi je les vois. Mes parents à la gare Victoria à Londres ai-je écrit au dos de la photo. Sur la deuxième, qui montre mon frère à Sankt Wolfgang, Mon frère faisant de la voile à Sankt Wolfgang. j’ai plongé la main dans le tiroir et j’ai retiré la photo sur laquelle mes soeurs Amalia et Caecilia posent devant la villa de Cannes que mon oncle Georg, le frère de mon père….. »

Thomas Bernhard - Extinction

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Une femme voilée... Par Christophe Chartreux

3 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Une femme voilée... Par Christophe Chartreux

Souvenirs revenus lors d'un voyage en voiture...

Lorsque je rentrais de l’école, du lycée, à huit ans, à quinze ans, je prenais toujours soin d’ôter mes chaussures. J’étais ainsi en permanence « comme à la plage ». Les couloirs de la maison, les pièces, la cave, le garage, tout me ramenait à la fraîcheur de l’eau que je prenais plaisir à faire exploser en gerbes de lumières, courant vers elle pour fuir la brûlure du sable, inonder mes pieds, mes mollets, mes cuisses, ma taille, mon corps entier plongeant dans l’Atlantique, quelques secondes immergé, dans le silence soudain, seulement bercé par le bouillonnement des rouleaux, puis surgissant à la lumière dans une explosion de joie solitaire avant quelques brasses comme autant de caresses partagées avec l’océan. Je revenais ensuite, essoufflé, me jetant sur ma serviette et, contemplant le ciel, cet autre océan dont la profondeur me plongeait dans des abîmes de réflexions naïves, je regardais défiler des nuages imaginaires, tout enivré de bleu.

Du coin de l’œil, et furtivement car je devais fixer la route, je regardais les pieds nus de mon amie. Ils étaient jolis… Elle est très belle...

Me revinrent alors en mémoire d’autres pieds nus…

Ceux de Khadija, que j’appelais khaddouj. Elle était notre bonne au Maroc - Je déteste ce terme. Il était utilisé par les familles françaises. Pas par mes parents. Elle était d'abord, avant tout et seulement la grande sœur à qui je me confiais lorsqu'enfant j'avais à partager un moment heureux ou moins heureux. Cette femme ne savait ni lire ni écrire mais savait mieux que personne lire dans mon regard et écrire dans ma mémoire. Rien d'elle ne s'est jamais effacé. J'ai appris énormément d'une femme illettrée… Paradoxe intéressant.

Elle aussi, dès son arrivée à la maison jusqu’à son départ, retirait sa djellaba et le voile couvrant sa bouche et son nez, ne laissant paraitre que ses yeux. Puis elle ôtait ses chaussures et restait pieds nus la journée entière. Des pieds peints de la cheville aux orteils. Ces figures me fascinaient car je ne les comprenais pas. C’était une jeune femme de vingt-cinq ans, brune aux yeux sombres, très mince, le visage toujours illuminé d’un sourire. Souvent, elle chantait en travaillant. Jamais elle ne se plaignait. Ses pieds nus rendaient sa démarche, d’une noblesse infinie acquise depuis l’enfance par le port de divers récipients sur la tête, légère, élégante, délicate. Elle ne touchait pas le sol, elle le frôlait, l’effleurait, le caressait. C’était une fée, ma fée.

Au plus fort de la chaleur du jour, elle m’invitait à la cave. Il y faisait si frais. S’asseyant en tailleur et, dans un geste ample sculptant l’espace, ramenant son sarouel entre ses jambes repliées, elle m'invitait à me blottir dans le berceau ainsi formé. Alors, caressant mon front, je l’entendais reprendre une mélopée ancienne. Jamais je n’ai entendu la fin. Je m’endormais, tranquille. Mes pieds nus reposant au sol, secoués de quelques soubresauts provoqués par des rêves oubliés.

La journée achevée au moment où les fleurs exhalent des parfums enivrants, son voile délicatement posé sur le visage, sa djellaba recouvrant son corps, je la regardais partir. Jamais je ne me suis posé la moindre question au sujet de ce vêtement tant cette femme me semblait libre dans son sarouel, ses peintures au henné, ses histoires, son corps souple, délié et sublime qui se dessinait sous des vêtements légers, brodés, délicats, lumineux et parfumés.

Il y avait chez cette femme "cachée" plus de sensualité que chez n'importe quelle européenne en maillot de bain.

C'est l'enfant des années 1960 qui parle... L'homme des années 2000 le pense... 

M'en souvenir me comble comme on comble un désir enfoui ou secret...

Christophe Chartreux

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« Bons en maths : gare aux stéréotypes de genre à l’école primaire »

3 Novembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Comment être fort en maths ? [Méthode] - Les Sherpas

EXTRAITS

Dans sa carte blanche, Etienne Ghys met en garde vis-à-vis des mécanismes qui peuvent induire des différences de performances en maths et en français en classe de CP, entre filles et garçons.

(...)

Une note récente du conseil scientifique de l’éducation nationale, intitulée « Qu’apprend-on des évaluations de CP-CE1 », tire quelques conclusions de cette masse de données. Certaines ne surprendront pas les professeurs des écoles. Par exemple, dans une même classe, les enfants nés en janvier réussissent significativement mieux que ceux qui sont nés en décembre de la même année. Il fallait s’y attendre : quand on a six ans, un an de plus ou de moins, c’est une énorme différence. Il va de soi que les professeurs le savent et en tiennent compte. Une autre observation, hélas évidente, est que les écoles situées dans des zones défavorisées ont des résultats inférieurs. Pour se rassurer sur le rôle de l’école, on vérifie heureusement qu’à la rentrée en CE1 ce déficit s’est en partie résorbé, même s’il subsiste.

Une constatation surprenante est la rapidité extrême avec laquelle une différence se met en place entre les garçons et les filles en matière de mathématiques. Les chiffres sont vraiment alarmants. À l’entrée en CP, les garçons et les filles ont exactement les mêmes compétences en mathématiques. A peine cinq mois plus tard, les garçons ont des résultats nettement meilleurs, et un an plus tard, à l’entrée en CE1, l’écart s’est encore creusé. Cela ne dépend ni du type d’école, ni de la position sociale, ni de l’âge des élèves.

(...)

Le but principal de ces évaluations à l’école élémentaire n’est pas seulement de déterminer un état des lieux des compétences des enfants au niveau national : un simple sondage suffirait. Il s’agit avant tout de proposer aux enseignants un outil qui leur permet de mesurer le plus objectivement possible les progrès de chacun de leurs élèves, et de détecter à temps des difficultés qui peuvent se présenter dans leur apprentissage. Pour l’instant, seule une petite moitié des professeurs des écoles déclarent que ces évaluations leur ont permis de déceler des problèmes chez leurs élèves. On ne sera pas surpris de leur méfiance face à ces évaluations nationales un peu trop normatives : qui connaît mieux les élèves que les maîtres et les maîtresses ?

Etienne Ghys(secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, directeur de recherche (CNRS) à l’ENS Lyon)

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Mixité scolaire : à Toulouse, un cas d’école

3 Novembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Tourisme à Toulouse : Vacances, Séjours et Sorties - Visite de la ville  Rose | Toulouse Tourisme

En 2017, dans le sillage d’expérimentations encouragées par l’Education nationale, la préfecture de Haute-Garonne fermait deux «collèges ghettos» du quartier du Mirail et affrétait des bus vers des établissements mieux cotés. Un pari audacieux qui, quatre ans plus tard, a fait mentir les sceptiques.

Une ola s’imposerait presque. Voilà qu’une expérimentation locale, pour améliorer la mixité sociale au collège, semble porter ses fruits. Cela se passe à Toulouse, en Haute-Garonne. Un projet qui avait tout d’un casse-pipe : fermer deux collèges enclavés du quartier du Mirail et acheminer les ados, par bus, dans les collèges chics du centre-ville et des zones pavillonnaires. Le temps de reconstruire deux nouveaux établissements, mieux situés et permettant plus de mixité. «Un dispositif d’une telle ampleur, avec une cohorte entière que l’on a pu suivre, c’est rarissime, s’enthousiasme Choukri Ben Ayed, professeur de sociologie. Les résultats chiffrés, de réussite au brevet et de ce que nous voyons sur le terrain, sont extrêmement positifs. Ça marche.» En fait, il n’en doutait pas une seconde : «Je l’ai toujours dit. Il n’y a pas de fatalité.»

«Tout est dépassable»

Choukri Ben Ayed suit, depuis le début le projet, ses hauts et ses bas. Et déteste ce discours sur «les blocages insurmontables» dès qu’on parle de mixité sociale à l’école : «On ne peut rien tant qu’il y a de la ségrégation résidentielle», «les familles ne voudront jamais», «les syndicats enseignants sont contre». Non, répond le sociologue : «Tout est dépassable. La preuve.» Dès les prémices du projet toulousain, Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Education nationale, le soutient à fond. L’objectif de mixité sociale et scolaire est inscrit dans l’article 1 de la loi de refondation de l’école de 2013, mais restait jusque-là une promesse de papier. Cette expérimentation était le moment ou jamais de la concrétiser. La ministre lance un appel à projet, promettant à toute collectivité locale motivée un soutien sans faille. La fenêtre politique est grande ouverte : les attentats de 2015 ont remis l’école face à ses enjeux. Notamment la nécessité d’apprendre le plus tôt possible à se connaître et faire société. Les chiffres, publiés le 28 mai 2015 par le Conseil national de l’évaluation du système scolaire (Cnesco), parlent d’eux-mêmes : 10 % des élèves de troisième sont scolarisés dans un «collège ghetto», avec plus de 60 % d’enfants d’ouvriers, au chômage ou inactifs alors qu’ils ne représentent en tout que 37 % des élèves. Dans les autres établissements, où la répartition entre élèves de différentes origines sociales est a priori meilleure, des biais persistent : un collège sur deux en 2015 comporte des classes bilangues ou avec des options rares. Ce qui peut reproduire, à l’intérieur des murs, une forme de ségrégation avec des effets tout aussi néfastes pour les élèves les plus défavorisés.

«La mixité n’est pas un sujet pour Jean-Michel Blanquer»

A la veille de la présidentielle de 2017, la ministre se félicitait du lancement de 82 expérimentations locales pour plus de mixité, dans le sillage de Toulouse. En réalité, le chiffre tournait plutôt autour de quinze, selon Choukri Ben Ayed. Mais depuis le changement de majorité, le ministère n’a plus fait de suivi. «La mixité n’est pas un sujet pour Jean-Michel Blanquer. Il a laissé les choses se faire, mais sans impulsion.» Une opération menée depuis 2017 dans six collèges du nord de Paris a aussi donné des bons résultats, s’appuyant notamment sur la tactique du secteur multicollège. L’idée est de modifier la carte scolaire pour que l’adresse du domicile de l’élève ne dépende non pas d’un, mais de deux collèges avec des compositions sociales différentes. Les premiers chiffres ont été dévoilés au printemps par Julien Grenet et Youssef Souidi de l’Institut des politiques publiques (IPP).

Dans une interview à Libération, Julien Grenet se réjouissait de constater que la mixité avait bien progressé sans faire fuir les familles CSP + vers le privé. Il racontait aussi les galères du démarrage, ces parents fous de rage, qui demandaient à être indemnisés pour la perte de capital sur leur logement qui allait, selon eux, perdre de la valeur parce qu’il n’était plus sectorisé dans le bon collège. Avec le temps, les colères se sont tassées. A Toulouse aussi, les premiers résultats persuadent les plus sceptiques. Et encouragent peut-être d’autres à essayer. Peut-on copier-coller ces expérimentations ? A cette question, Choukri Ben Ayed répond d’abord par un silence. Rien n’est jamais simple. Mais «la dynamique locale, oui, elle peut inspirer et être copiée. Les façons de travailler aussi : coopérer entre services du département et du rectorat, comme cela a été fait à Toulouse». Il rêve de l’acte II. En optimiste, il y croit. «Ces expérimentations montrent que c’est possible. Continuons. S’il est un domaine où la continuité de l’Etat doit être affirmée, c’est bien celui de la lutte contre les ségrégations.»

Marie Piquemal

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Tribune de Simon Epstein : Zemmour d’un point de vue juif

3 Novembre 2021 , Rédigé par DDV Publié dans #Politique

Le judaïsme expliqué par Jean-Christophe Attias #3 : La kippa - Le Point

EXTRAITS

Les travaux de l’historien israélien Simon Epstein ont souvent été mis en avant par la droite national-populiste, et par Éric Zemmour en particulier, pour discréditer la gauche, l'antiracisme, les dreyfusards, réhabiliter leurs adversaires et réécrire l'histoire. L'auteur, qui n’avait jusqu'alors jamais commenté ces usages et mésusages, nous livre son point de vue sur le phénomène Zemmour.

Simon Epstein, historien

J’ai un problème avec Zemmour. C’est un personnage balzacien, qui fait montre d’un culot immen­se. Hérissés de jugements péremptoires et d’assertions tran­chantes, ses livres l’ont rendu célèbre. Il a le sens de la formule, il est cas­sant et réduc­teur, comme on l’est aujourd’hui. Il ne pratique pas la nuance. Il vol­tige avec aisance entre le vrai et le faux, avec une prédilection marquée pour l’excessif et pour le faux. Il est pro­digue en documentation mais n’est pas poin­tilleux – c’est un euphé­misme – dans l’usage qu’il en fait. On a envie de le pasticher tant il crépite de cita­tions historiques, les unes appropriées et les autres non.

Il lui arrive, à ce sujet, de faire référence à deux de mes livres. L’un, qui re­trace le destin insolite des dreyfusards qui vivront assez vieux pour connaître la Seconde Guerre mondiale et l’occupation de la France par les Allemands. L’autre, qui tente de comprendre pour­quoi on trouvait tant d’ex-« antira­cistes » (venus de la gauche et de l’extrême gauche) dans la Collabo­ration et tant d’ex-antisémites (ve­nus de la droite et de l’extrême droite) dans la Résistance. Zem­mour me cite parfois à bon escient. Il me cite souvent en accentuant mon propos et en m’at­tri­­buant des conclu­sions qui sont siennes et non pas miennes. Il brandit de temps en temps un « comme l’écrit l’historien Simon Epstein » pour énoncer quel­que chose que je n’ai pas écrit comme il le dit, ou pis encore, que je n’ai pas écrit du tout.

(...)

Je ne sais quelle marque (providentielle ou funeste, ou bien, ce qui n’est pas à exclure, fugace et inoffensive, ou bien même, désopilante) il laissera dans l’histoire de France. Ce n’est pas l’ob­jet de ces lignes. Je m’inquiète ici de la place qu’il tiendra, et qu’il tient sans doute déjà, dans la lon­gue et tumul­tueuse histoire des Juifs de ce pays… Les Juifs de France, comme ceux de toute la Diaspora, savent qu’ils s’expo­sent à l’antisémi­tis­me, ce phéno­mène irré­duc­­tible qui alterne ses phases de ré­mission, parfois cour­tes et par­fois longues, ses périodes de hausse, ses flambées d’exacer­bation, puis de nouveau ses phases de ré­mis­sion. Les Juifs savent aussi que cer­tains d’entre eux – minoritai­res, heureu­sement – ne résis­tent pas à la pression et com­posent avec l’an­tisé­mi­tisme. Dans cer­tains cas, ils parti­cipent à sa propaga­tion.

C’était souvent l’extrême gauche qui illus­trait ce principe. J’évo­querai pour mémoire l’hiver 1953, quand les communistes juifs rivalisaient de servilité pour flétrir le noir com­plot des médecins juifs soviéti­ques. Plus récem­ment, dans les mouvances islamo-gauchistes, on trouve des Juifs professant une haine radicale de l’État d’Israël et du peuple juif. Ces Juifs antisionistes sont chargés de faire la leçon aux manifestants « humanitaires », soumis ou insoumis, qui crient « Mort aux Juifs ! » dans les défilés pour la Pales­tine. Ils leur expliquent, avec toute la douceur qui s’impose, qu’il est des revendications qu’on doit se garder, pour d’évi­den­tes raisons tactiques, d’ex­primer en public.

La différence avec Zemmour est qu’il est à l’extrême droite et non à l’ex­trême gauche. Il s’apparente aux « trumpistes » américains et à leurs homologues hongrois et autres, et il est, en France, la figure de proue de cette nouvelle manière de faire de la politique. Ses petites phrases sur Dreyfus (qui, à ses yeux, n’était pas vrai­ment inno­cent) ont une mauvaise odeur de moisi. Son apologie de Pétain (qui, selon lui, n’était pas vraiment cou­pab­­le) le localise dans l’extrême droite post-vichyssoi­se. Elle le positionne aux lisières (qu’il ne fran­chit pas, car Juif, il y serait mal reçu) de l’ultradroite néonazie. Il en va de même pour sa répudiation des lois Pleven et Gays­sot, ces lois dont la suppression laisse­rait le champ totalement libre au racis­me, à l’antisémitis­me et au négation­nis­me. Quant à s’en prendre aux en­fants juifs massacrés à Tou­louse, et qui reposent en terre d’Is­raël, c’est tout sim­plement ab­ject… Lorsque Zemmour fustige les femmes, les im­migrés, les homo­sexuels, les socia­listes, les centristes, les élites, les bobos, il le fait par con­vic­tion profonde, fas­ciné qu’il est par cette rhétorique d’ex­trême droite qu’il a lui-même enrichie, fort copieusement faut-il dire, d’élucubrations nouvelles.

(...)

Zemmour n’aura donc pas à se demander si « Paris vaut bien une messe »7. Historique­ment, il est de la lignée d’Arthur Meyer, le directeur du Gau­lois, qui se con­vertit au catholi­cisme en 1901. Il prolonge aussi Edmond Bloch, qui fré­quenta l’ex­trême droite française des années trente et qui, lui aussi, finit par se con­vertir au catho­licisme. Mais Zemmour, qui aspire à un destin national quand ses deux devan­ciers n’avaient joui que d’une noto­riété pas­sagère, n’aura pas à les suivre jusqu’au bénitier. Loin d’être un handicap dans sa « résistible ascen­sion »8, sa ju­déité lui sert, en quelque sorte, de joker imparable… C’est du grand-art et du jamais-vu, reconnais­sons-le. Au plan politique, c’est passionnant à observer. Au plan juif, « j’avoue que je suis épouvanté »9.

Simon Epstein

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Benoît Payan enterre le projet d’Emmanuel Macron du libre recrutement d’enseignants dans des écoles

3 Novembre 2021 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education

Marseille, l'audit qui fait peur | Les Echos

Début septembre, le président de la République avait annoncé l’expérimentation du libre recrutement des enseignants par les directeurs d’école.

L’annonce avait surpris son monde et avait été mal reçue par le monde enseignant. En septembre, Emmanuel Macron déclinait son plan «  Marseille en grand » dans lequel il avançait l’expérimentation du libre recrutement d’enseignants dans cinquante «  écoles laboratoires » de Marseille.

« Ça ne se fera pas », a répondu Benoît Payan, dans une interview accordée à La Marseillaise / Maritima. « Je pense que c’est une mauvaise idée. Je le lui ai dit », a poursuivi le maire de Marseille. « Je pense que cette idée est oubliée », s’est-il avancé.

Pour autant, le partenariat avec l’Etat au sujet de la rénovation des écoles est en bonne voie avec le vote, la semaine dernière, d’une première enveloppe de 254 millions d’euros par les députés

Alexandre Vella

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Hélène Grimaud joue Beethoven et Mozart...

2 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Mozart

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