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Vivement l'Ecole!

Afghanistan : les filles privées de rentrée dans les collèges et les lycées

20 Septembre 2021 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Réouverture des écoles en Afghanistan sans les filles | LInformateur.com

La rentrée dans les établissements du secondaire s'est faite sans les écolières, samedi.

Une rentrée 100% masculine en Afghanistan : seuls les collégiens et lycéens ont été autorisés à reprendre le chemin de l'école dans le pays, samedi 18 septembre. Dix jours après la réouverture des universités privées du pays, le ministère de l'Education afghan a annoncé vendredi que "tous les professeurs hommes et les élèves" du secondaire allaient retrouver leur établissement, sans faire aucune mention des enseignantes ou des collégiennes et lycéennes.

L'Unicef déplore la décision des talibans

"L'Unicef se félicite de la réouverture des écoles secondaires en Afghanistan, mais souligne que les filles ne doivent pas être laissées de côté", a réagi vendredi la directrice exécutive de l'agence onusienne, Henrietta Fore. "Il est essentiel que toutes, y compris les plus âgées, puissent reprendre leur éducation sans plus de retard, et que les enseignantes puissent elles aussi continuer à enseigner", a insisté l'Unicef dans un communiqué, rappelant les "progrès considérables dans le pays au cours des deux dernières décennies".

Les femmes conservent certes le droit d'étudier à l'université, mais elles devront pour cela porter une abaya ainsi qu'un hijab et les cours se feront dans la mesure du possible en non-mixité. Aucune femme ne figure par ailleurs au sein du nouvel exécutif provisoire, présenté début septembre.

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Julos Beaucarne...

19 Septembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Tanguy Viel...

19 Septembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Personne ne lui a demandé comment elle était habillée ce matin-là mais elle a tenu à le préciser, qu’elle n’avait pas autre chose à se mettre que des baskets blanches mais savoir quelle robe ou jean siérait à l’occasion, idem du rouge brillant qui couvrirait ses lèvres, elle y pensait depuis l’aube. Elle, assise à la terrasse de l’Univers, sur la grande place piétonne au cœur de la vieille ville, derrière elle on pouvait lire en très grosses lettres sur le haut mur de pierres les mots hôtel de ville, plus haut encore le drapeau tricolore comme un garde endormi reposant dans l’air tiède. Bientôt elle franchirait le grand porche et traverserait la cour pavée qui mène au château, anciennement le château donc, puisque depuis longtemps transformé en mairie, et quoique pour elle, dirait-elle, c’était la même chose : qu’elle ait rendez-vous avec le maire de la ville ou le seigneur du village, dans sa tête ça ne faisait pas de différence – même fébrilité, même cœur un peu tendu d’entrer là, dans le grand hall où elle pénétrerait pour la première fois, presque surprise d’en voir s’ouvrir les portes électriques à son approche, comme si elle s’était attendue à voir un pont-levis s’abaisser au-dessus des douves, et qu’à la place d’un vigile en vêtements noirs, elle avait eu affaire à un soldat en cotte de mailles. Dans cette ville, c’est comme ça, on dirait que les siècles d’histoire ont glissé sur les pierres sans jamais les changer, pas même la mer qui deux fois par jour les attaque et puis deux fois par jour aussi renonce et se retire, battue, comme un chien la queue basse.

Elle, assise toujours à la terrasse de l’Univers, bien sûr elle était en avance, le temps d’un café et puis de lire Ouest-France, ou non pas lire vraiment mais parcourir les titres et les photos couleur, et puis quand même s’attarder sur la page des sports, parce que cherchant s’il n’y avait pas un article sur son boxeur de père – lui qui du haut de ses quarante ans venait de remporter son trente-cinquième combat et dont la presse locale ne cessait de célébrer la longévité pour ne pas dire, plus encore, la renaissance – renaissance, oui, c’est le mot qu’ils employaient à loisir depuis que Max Le Corre était revenu en haut de l’affiche, tandis qu’un temps il en avait disparu –, alors elle aura souri sans doute en regardant l’énième photo de lui les bras levés sur un ring, le gros titre au-dessus qui se projetait vers l’avenir, disant « Marchera-t-il encore sur l’eau ? »​. Puis, regardant l’heure sur son téléphone, elle a refermé le journal, posé deux euros dans la coupelle devant elle et s’est levée. Dans la grande vitre du café elle s’est estimée une dernière fois, certaine, dira-t-elle plus tard, qu’elle avait fait le bon choix, cette veste en cuir noir qui laissait voir ses hanches, dessous la robe en laine un peu ajustée, le vent à peine qui en effleurait la maille quand elle tirait dessus.

Oui, a-t-elle dit aux policiers, ça peut vous surprendre mais je me suis dit que j’avais fait le bon choix, ça et les baskets blanches qu’on a toutes à vingt ans, de sorte qu’on n’aurait pas pu deviner si j’étais étudiante ou infirmière ou je ne sais pas, la fille qu’on appelle.

La fille qu’on appelle ? a demandé l’un d’eux.

Oui, ce n’est pas comme ça qu’on dit ? Call-girl ?

Tanguy Viel - La fille qu'on appelle

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Covid-19 : le conseil scientifique et le conseil d’orientation vaccinale critiquent le protocole de l’éducation nationale

19 Septembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Deux essais vent debout contre Jean-Michel Blanquer

EXTRAITS

Covid-19 : le dépistage à l’école est fortement recommandé par le conseil scientifique

Les experts préconisent notamment, en primaire, de ne renvoyer chez eux que les enfants détectés positifs. Des recommandations qui contrastent singulièrement avec les dispositions du ministère de l’éducation nationale.

Limiter le risque d’une flambée épidémique à l’école. A l’heure de la rentrée scolaire, l’enjeu est dans toutes les têtes. Mais par quelles stratégies ? Celles déployées par le ministère de l’éducation nationale contrastent, à l’évidence, avec les dernières recommandations du conseil scientifique et du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV). Ce constat est frappant à la lecture de leur avis commun daté du lundi 13 septembre, intitulé « Enjeux de la rentrée scolaire », non encore rendu public, mais dont Le Monde a pu prendre connaissance.

A l’heure, aussi, où la barre des 50 millions de Français primovaccinés contre le Covid-19 a été franchie, vendredi 17 septembre – le pari présidentiel étant relevé à quelques jours près –, les préconisations des deux instances résonnent comme une critique des dispositions sanitaires mises en place à l’école. Tout le monde pourtant, l’éducation nationale comme les deux conseils d’experts, partage le même objectif : garder les classes ouvertes, autant que faire se peut. En revanche, les moyens pour y parvenir divergent sensiblement.

Le principe qui prévaut actuellement à l’école est « un cas, une fermeture de classe ». Au primaire, en effet, dès qu’un cas avéré est détecté, toute la classe est fermée. Dans le secondaire, les cas contacts non vaccinés sont tenus de passer en distanciel durant sept jours. Dans leur avis commun, les membres du conseil scientifique et du COSV insistent pour leur part sur un maître mot : le dépistage.

(...)

Pourquoi importe-t-il tant de réduire la circulation virale chez les mineurs ? Jusqu’ici, les enfants étaient considérés comme épargnés par les formes sévères et graves de Covid-19, rappelle l’avis. Mais « des éléments récents amènent à nuancer ces notions ».

En particulier, l’émergence du variant Delta, plus contagieux, qui représente aujourd’hui 99 % des souches circulant en France, « fait redouter une épidémie pédiatrique à la rentrée, dans un contexte de non-vaccination chez les moins de 12 ans et de couverture vaccinale partielle chez les 12-17 ans ».

(...)

« Fiasco » des autotests

Annoncées par l’éducation nationale, les opérations de dépistage sur prélèvement salivaire au primaire, antigéniques ou par autotests dans les collèges et lycées n’ont pas concerné tous les établissements. Le dernier bilan épidémiologique de l’année scolaire 2020-2021, transmis le 2 juillet, chiffrait à 373 172 les tests salivaires proposés au primaire pour 184 050 tests réalisés (dont 0,09 % de positifs), soit moins de la moitié. Loin, très loin, de l’objectif gouvernemental de 600 000 tests salivaires par semaine promis par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

Une rentrée plus tard, le premier état des lieux sanitaire diffusé ce vendredi ne s’étend pas sur la stratégie de dépistage. « Les tests salivaires reprenant progressivement dans les écoles primaires, cette donnée [le nombre de tests] sera indiquée prochainement », dit le communiqué officiel. Dans ses interviews de rentrée, M. Blanquer n’a guère insisté sur ce point, sinon pour rappeler, comme dans Le Parisien, le 13 septembre, que « les tests sont toujours gratuits en milieu scolaire ».

A écouter les directeurs et les chefs d’établissement, les livraisons de tests en milieu scolaire se sont souvent faites « au compte-gouttes », et la demande des familles est restée très en deçà de ce qu’escomptait l’éducation nationale : leur adhésion a été estimée par les syndicats d’enseignants à 60 % pour les tests salivaires, et autour de 20 % à 30 %, parfois moins, pour les prélèvements nasopharyngés. Concernant les autotests, dispositif antigénique à réaliser soi-même, et censé bénéficier, gratuitement, aux lycéens et aux personnels, les ratios avancés par les proviseurs ont souvent été plus bas encore – de l’ordre de 5 % à 10 % en moyenne, par lycée, selon le syndicat de proviseurs SNPDEN-UNSA. Avant l’été, ce dernier parlait de « fiasco ».

(...)

Mattea Battaglia et Florence Rosier

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Vive la France ! - Réponse à Eric Zemmour... (Vidéo)

19 Septembre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Politique

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Apprenons aux élèves à penser leur futur...

19 Septembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Education: tout élève doit pouvoir se projeter dans le futur... - Vivement  l'Ecole!

Une véritable culture de l’accompagnement au « projet » est à mettre en œuvre collectivement dans nos établissements scolaires. Ceci se fait déjà, mais de manière disparate et sans grands moyens d'accompagnement. 

 

Pour pouvoir mener à bien la réflexion sur son orientation pour le futur (à court ou moyen terme), l’élève doit pouvoir avoir une vision précise de ses compétences et de ses potentialités (question souvent abordée d’une évaluation par compétence, individuelle et argumentée). Ce bilan peut permettre à l’élève, en cas de distorsion entre ses souhaits et ses capacités présentes, d’envisager une remédiation ciblée (en langues, expression écrite, etc.). Il doit pouvoir opérer en permanence des ajustements entre ce qu’il maîtrise et ce qu’il vise.

 

L’élève doit pouvoir également se projeter dans le futur. C’est une préoccupation enseignante peu développée alors même que les travaux portant sur les Perspectives temporelles à l’adolescence montrent que beaucoup de jeunes ont des difficultés à se projeter dans leur avenir. L’École favorise peu les activités de ce type. Ainsi la thèse de Leininger-Frézal, 2009, portant sur l’Éducation au développement durable, montre que les projets pédagogiques sont très rarement ancrés dans le futur, et que même des pratiques dites parfois très exagérément "innovantes" sont pensées dans et pour l’école, donc dans un cadre défini, alors même que les finalités civiques visées sont un futur à construire à l'extérieur de l'Ecole.

 

L’élève doit pouvoir enfin se projeter dans le monde. Le problème est que l'école est fermée sur elle-même. Une ouverture "vers le monde" et "au monde" semble une piste importante. Cela ne signifie pas « vendre » l'école à quelque entreprise que ce soit, mais simplement ne pas la couper des réalités économiques et sociales.

 

Ainsi, « l’orientation » -comme il est dit de manière elliptique- doit être un temps de découverte, un moment structuré par un projet pédagogique. Cela peut, par exemple, revêtir la forme d’un projet artistique (écriture et représentation d’une pièce de théâtre, tournage vidéo), de la conception d’outils de communication sur les métiers (reportage sur des branches professionnelles méconnues, interviews de professionnels, enquêtes), d’un journal… Ainsi, les élèves s’approprieront-ils le projet en tant qu’acteurs et non spectateurs/consommateurs d’une « orientation » qui leur serait proposée de l’extérieur. D’ailleurs, si les enseignants eux-mêmes sont incités à concevoir leur carrière comme une dynamique, sans doute seront-ils enclins à mieux comprendre les angoisses et le stress de leurs élèves.

 

Il doit donc exister un lien fort entre la découverte du monde du travail et les apprentissages fondamentaux : non plus comme une sorte d’assujettissement de l’école au monde du travail (considérant qu’elle doit être le « réservoir » des futurs travailleurs) mais bien au contraire en permettant à chaque élève d’interpeller l’École sur ce qu’elle peut lui « offrir » comme ressources pour accéder à son projet personnel et le construire.

 

Le rôle central de la technologie

 

Cette discipline devrait jouer un rôle dans la construction que les élèves ont à avoir de la pluralité des métiers d’aujourd’hui et du futur :

 

- en permettant une réelle découverte des métiers du XXIème siècle avec des passerelles entre chaque « espace de découverte » ;

 

- en développant des activités réelles, des projets, des expériences des « unités éducatives » en lien avec le monde du travail en fonction des métiers accessibles dans le bassin d’emploi (professions de toutes natures : tertiaires, techniques, agricoles ; monde médical, professions libérales, fonction publique…).

 

De la sixième à la seconde, les élèves doivent avoir construit (avec des moments de synthèses, de comparaison, d’échanges au sein des unités éducatives de leurs expériences) un panel aussi large que possible de l’ensemble des voies ou grands secteurs d’activités qui s’offrent à eux. Des forums regroupant chaque année des professionnels dans les établissements pourraient contribuer à approfondir cette connaissance des métiers dont les élèves n’ont qu’une vision le plus souvent abstraite voire fantasmée.

 

Afin de sensibiliser les enseignants à cette problématique, tout professeur devra avoir effectué un stage en entreprise au cours de sa formation. Une implication dans l’ensemble du dispositif de l’établissement permettra par ailleurs une connaissance en temps réel de professions en constante évolution.

 

Affirmer qu’apprendre tout au long de la vie scolaire est un droit entraîne, de la part des pouvoirs publics, des engagements forts.

 

L’enfant sera accompagné dans sa découverte du langage (et de la langue française), dans sa découverte du « vivre et faire ensemble », deux fondements de la citoyenneté débutante. Il pourra, quand c’est possible et particulièrement dans les premiers mois de sa scolarité, être accompagné de ses parents dans cet apprentissage.

 

- Engagement à reprendre et appliquer le principe des cycles à l’école primaire. Une évaluation précise des acquis de cette réforme ambitieuse, de ses blocages devra être faite. Des réajustements seront envisagés.

 

- Engagement à mettre tout en œuvre pour une mise en place des pédagogies différenciées. Leur promotion, depuis le milieu des années quatre-vingts, pour rendre plus efficace l’enseignement-apprentissage dans des classes devenues parfois très hétérogènes, n’a pas été suivie d’une réelle généralisation. Si des approches différenciées ont fini par infiltrer les pratiques, elles sont trop souvent le fait d’enseignants « innovants » en raison du surcoût de travail demandé, des problèmes liés à l’évaluation, des effectifs parfois pléthoriques. La restructuration des établissements en « unités éducatives » devraient, notamment en réduisant les effectifs pour certaines activités, en permettre la généralisation.

 

Un mémorandum des pratiques innovantes et de leur efficacité devra faire l’objet d’une évaluation globale. Des moyens devront être mis en place, au plan national et local (niveaux départementaux et régionaux) pour favoriser la diffusion des pratiques pédagogiques, qu'elles soient "innovantes" ou pas. L'innovation n'étant pas automatiquement gage de qualité et de succès :

 

mutualisation grâce à la mise en réseau internet des établissements ; journées d’études ; presse professionnelle spécialisée (ce qui n’existe pas dans notre métier contrairement à d’autres, les revues étant le plus souvent l’œuvre d’associations militantes).

 

- Engagement à offrir à tous les élèves la possibilité de capitaliser des acquis afin d’éviter les redoublements inefficaces.

 

- Engagement à supprimer tous les critères d’âge et à systématiser la « scolarisation par récurrence ».

 

L’École deviendra alors une « maison d’éducation » ouverte sur tous les apprentissages destinés à un public diversifié.

 

Utopie? Tant mieux !

 

Christophe Chartreux

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Effets déclarés par les acteurs à propos du dispositif « devoirs faits » dans un collège...

18 Septembre 2021 , Rédigé par Les cahiers du Cerfee Publié dans #Education

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EXTRAITS

Teresa Assude, Karine Millon-Faure, Claire Guille-Biel Winder et Julie Gobert

Introduction

Le dispositif « devoirs faits » (DF) a été mis en place au Collège à partir de l’année 2017-2018 pour répondre à un besoin d’aide aux élèves dans leur travail personnel à l’intérieur même de l’établissement. Les devoirs scolaires sont considérés comme une pratique ordinaire qui dure depuis très longtemps, comme nous pouvons le voir dans le Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire édité sous la direction de Ferdinand Buisson (éd. 1911). On peut y voir écrit à l’entrée « devoirs scolaires » que : « On nomme ainsi tout travail écrit que l'élève doit exécuter comme suite et comme application d'une leçon exposée ou dirigée par le maître. » (s.p.)

Dans ce contexte de l’école de la IIIème République, l’organisation pédagogique à l’école primaire était structurée en deux parties : la leçon du maître et les exercices d’application de la leçon pris en charge par les élèves. Il s’agissait, comme le précise ce dictionnaire, d’« un moyen de provoquer l'effort personnel des enfants, tout en assurant le contrôle de l'enseignement reçu. » (ibid, s.p.) Les devoirs scolaires étaient ainsi intégrés au travail dans la classe car il s’agissait, non seulement d’entraîner l’élève mais de s’assurer qu’il avait bien appris ce qu’il était censé apprendre de la leçon du maître. Celui-ci devrait faire en sorte que le choix de ces « devoirs » soit judicieux en fonction de la leçon et ce choix était considéré comme « une des parties essentielles de la préparation de la classe »

Ces devoirs devraient rentrer le plus possible dans le cadre du temps scolaire même si les devoirs à la maison étaient aussi envisageables, comme il est indiqué :

« Si les devoirs sont bien choisis, s'ils « se rattachent toujours à une leçon dont le souvenir est présent à l'esprit de l'enfant », s'ils sont courts, rien ne s'oppose à ce que leur exécution rentre à peu près complètement dans le temps affecté à la journée scolaire. Les devoirs à la maison, dont on a parfois exagéré l'étendue et la portée (d'accord ou non en cela avec les familles), peuvent être, sans réel dommage pour les études, réduits le plus possible. Avec les plus jeunes élèves, il est même désirable qu'ils soient radicalement supprimés. » (ibid, s.p.)

4Nous retenons de ces citations que les « devoirs scolaires » étaient normalement des exercices écrits, en relation directe avec la leçon du maître et qu’ils étaient essentiellement internes à la classe, même s’il pouvait aussi y avoir des devoirs à la maison.

(...)

Conclusion

 

Lors des entretiens individuels ou des réunions de concertation que nous avons menés, les acteurs (élèves et intervenants) ont témoigné des difficultés qu’ils rencontraient au sein de ce dispositif soulevant ainsi de nombreuses questions. Tout d’abord, à qui ce dispositif doit-il s’adresser ? Les élèves en grande difficulté ne sont généralement pas volontaires pour y participer et lorsqu’ils y viennent, ils travaillent peu et perturbent souvent le reste du groupe. Toutefois certains élèves qui n’étaient pas volontaires au départ ont fini par y trouver un intérêt et par ailleurs, le dispositif « devoirs faits » semble avoir des effets bénéfiques pour des élèves qui ne sont pas en grande difficulté scolaire.

86Ensuite, quel type d’aide mettre en place ? Si certains enseignants ou AED centrent leurs interventions sur les contenus de savoirs, soit en accompagnant la réalisation des devoirs soit en reprenant certains points du cours, d’autres apportent une forme d’aide différente, centrée sur le développement de compétences transversales ou la mise en place de conditions optimales pour que l’élève puisse effectuer seul ses devoirs. Il s’agit toutefois d’un point à clarifier afin que parents et élèves sachent ce qu’ils vont pouvoir retirer de ces séances.

87En outre, comment les intervenants peuvent-ils se sentir légitimes pour intervenir dans la mesure où il leur manque des informations sur l’histoire de la classe et de l’élève, des compétences en pédagogie ou didactique, voire des connaissances concernant les savoirs disciplinaires mis en jeu ? Il semble en effet que le rapport au savoir disciplinaire constitue un paramètre déterminant dans le sentiment de légitimité des intervenants. La réponse à cette problématique pourrait au moins partiellement résider dans la définition des objectifs donnés à ces séances (s’agit-il d’interventions pour réexpliquer à l’élève des contenus disciplinaires ou pour l’aider à développer d’autres types de compétences ?).

88Enfin, comment établir un lien entre le dispositif « devoirs faits » et l’extérieur, qu’il s’agisse de la maison ou de la classe ? Cela supposerait une communication dans les deux sens pour que toutes les personnes qui jouent un rôle dans l’accompagnement de la scolarité de l’élève connaissent ses difficultés, mais également les efforts fournis dans les autres espaces de travail. Cela pourrait également amener les enseignants à s’interroger sur la nature et l’exploitation des devoirs qu’ils donnent à la maison. Nous retrouvons les résultats d’autres travaux, comme nous l’avons déjà indiqué.

89En dépit des difficultés rencontrées, la mise en œuvre du dispositif « devoirs faits » dans ce collège, semble avoir des effets colibri qui sont perçus par les élèves et par les intervenants comme plutôt positifs voire très positifs. Ces effets apparaissent comme ayant une place importante dans la qualité de ce type de dispositif : il s’agit de mettre les élèves au travail, ou de les remettre au travail pour qu’ils puissent prendre leur place d’élève. La valorisation de ce type d’effet auprès des élèves mais aussi auprès des professeurs et des parents semble essentielle pour permettre aux acteurs du dispositif « devoirs faits » de prendre conscience des répercussions de leur implication.

90Cette analyse des déclarations des acteurs nous a apporté un premier type d’informations sur les difficultés rencontrées, mais également sur les améliorations possibles concernant la mise en œuvre de ce dispositif. Il reste à présent, pour enrichir notre réflexion, à étudier les pratiques effectives durant ces séances de « devoirs faits » : ce sera l’objet d’un prochain article. En effet, les limites de notre étude de cas sont de deux ordres : il s’agit d’effets déclarés et nous n’avons pas confronté pour le moment les discours tenus par les acteurs avec les observations que nous avons pu mettre en place. Cette confrontation nous permettra de voir les écarts entre les discours et les actes mais aussi des faits dont les acteurs ne sont pas forcément conscients. La deuxième limite est qu’il s’agit d’une étude de cas, dans le contexte d’un seul collège. Nos résultats sont ainsi relatifs et contextualisés. Malgré cela, ces résultats vont dans le même sens que d’autres travaux sur les devoirs scolaires et le travail personnel des élèves. La conjonction de résultats parcellaires et locaux issus d’études de cas variées montrant certaines tendances nous semble être une voie importante pour montrer par la suite la robustesse de ces conclusions.

Texte intégral à lire en cliquant ci-dessous

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Camille Thomas joue Schubert, Massenet, Saint-Saëns...

18 Septembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... William S. Burroughs...

18 Septembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Bouddha ? Un camé métabolique, tout le monde te le dira... Il fabrique sa blanche lui-même, vois-tu ? Aux Indes, ils ont pas la notion du temps, le Camelot a des fois un mois de retard et plus... « Voyons voir, c’est-il la deuxième ou la troisième mousson ? C’est que j’ai rancart à Ketchupore à peu près plus ou moins dans ces eaux-là. » Tu vois tous les camés qui poireautent dans la position du lotus, ils bavent par terre en guettant l’arrivée du Camelot... Et Bouddha part en bombe :
— J’en ai plein les sandales... Nom de Dieu, je vais métaboliser ma propre came.
— Fais pas ça, camarade, tu vas avoir le fisc sur le dos.
— Mon cul, oui ! J’ai trouvé le joint, vise un peu : me voilà passé Saint Homme à partir de tout de suite.
— Merde alors, ça c’est la belle combine !
— Oui, mais voilà, sur tous les citoyens qui viennent s’inscrire à la Nouvelle Religion, il y en a qui déconnent que c’est à peine croyable. Des frénétiques, ils savent pas se tenir. Ils ont pas de classe, quoi... Du reste, ils se feraient lyncher que ça m’étonnerait pas, le public aime pas voir des types la ramener avec des airs d’être plus vertueux que les autres... « Et alors quoi, Boubou, on emmerde le monde ? » Tu vois le topo... C’est pourquoi il faut y aller mollo, tu m’entends, mollo-mollo... « Voilà ce qu’on vous offre, Messieurs-dames, c’est à prendre ou à laisser. On vous l’enfonce pas dans l’âme comme un lavement, vu qu’on n’emploie point les méthodes de certains va-de-la-gueule qui méritent pas leurs noms et que je vois pas beaux d’ici peu... Videz-moi la grotte, il me faut du champ pour mettre mon métabolisme en route, je vais fabriquer une dose-canon et après ça je vous balance recta le Sermon du Feu...

Mahomet ? Tu veux rire ou quoi ? Il a été fabriqué de toutes pièces par le Syndicat d’Initiative de La Mecque, et c’est un agent de publicité égyptien, un pauvre mec paumé par la picole, qui a torché le scénario.
— Remets-moi la même chose, Gus, et puis je rentre à la maison, c’est l’heure de ma sourate... Par Allah, attends les journaux du matin, ça va faire du bruit dans les souks. Je vais dénoncer le scandale des Desseins Animistes !
Le barman lève la tête de sa feuille de P. M. U. :
— Ouais ! il dit. Leur châtiment sera terrible.
— Hein ?... hum... tu l’as dit. Alors c’est d’accord, Gus, je te fais un chèque ?
— Vous signez assez de chèques pour tapisser tous les murs de La Mecque, c’est bien connu. Je suis pas un mur, moi, M’sieur Mahomet.
— Écoute voir, Gus, j’ai deux échantillons de publicité, la bonne et puis l’autre. C’est pas des fois de l’autre que tu cherches, non ? Je risque de me faire révéler une sourate au sujet des loufiats qui point ne dispensent la charité aux infortunés qu’Allah élit...
— Ouais, et leur châtiment sera terrible... L’Arabie aux Arabes... (Gus saute par-dessus son comptoir.) J’en ai ma claque, Maho. Ramasse tes sourates et taille la route. Attends que je te donne le coup d’envoi. Et que je te revoye plus !
— Ça va être la fête à ton bistro, figure de con sans foi ni loi. Je vais le faire boucler d’autor, tu vas te retrouver aussi sec qu’un intestin de camé. S’il le faut, par Allah, je ferai interdire l’alcool dans toute la péninsule !
— M’en fous, c’est déjà un continent...

Confucius ? Tu peux ranger ses boniments sur le même rayon que Les Deux Orphelines et les bandes dessinées.

Lao-Tseu ? Ça fait beau temps qu’on l’a mis à la poubelle... Et puis assez causé de ces faux saints tout poisseux, avec leur air d’innocence ahurie comme s’ils se faisaient enculer tout en pensant à autre chose. Je vois pas pourquoi on permettrait à ces vieux cabots ratés de nous enseigner la Sagesse !

William S. Burroughs - Le festin nu

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Malaise... Par Najat Vallaud-Belkacem/19 septembre 2019 et toujours d'actualité

18 Septembre 2021 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Politique

Malaise... Par Najat Vallaud-Belkacem/19 septembre 2019 et toujours d'actualité

Il fut un temps où, quand le premier personnage de l’Etat parlait de «fuite d’eau», nous entendions de toutes parts de justes réactions d’indignation. Aujourd’hui, des mots aussi déshumanisants que «vague» sont employés sans que personne n’y trouve plus rien à redire. On va jusqu’à employer, au Gouvernement, une rhétorique guerrière avec un appel à «armer le pays». On n’en dira jamais assez les dommages causés, dans notre pays, par ces années de mauvais débats sur l’identité nationale et l’immigration, et qui resurgissent aujourd’hui sous une autre forme, dans d’autres bouches.

En termes de cadrage des perceptions, nous savons combien les métaphores utilisées influent sur la manière dont nous pensons les choses. Ces figures de style et exercices de communication sont donc non seulement dérangeants, sinon odieux, ils sont surtout catastrophiques d’un point de vue politique. Les effets de manche et l’inflation sémantique, loin de compenser les insuffisances des actes ou leur inefficacité, ont en effet un impact direct sur les représentations et les attentes. Le discours de Grenoble et ses suites n’ont rien produit d’autres que de l’intolérance vis à vis de l’immigration, et une polarisation toujours plus grande de l’opinion. Parler des choses, «sans tabou», quand on en parle mal, quand on libère chacun des contraintes des normes sociales et que l’on laisse libre cours aux fantasmes, cela n’apaise rien. Cela aggrave le problème.

Par les mots employés par le Président de la République cette semaine — «parti bourgeois» opposé à ces catégories populaires qui «vivraient avec» -, on semble acter un renoncement politique. En nommant les choses ainsi, on fige en effet une forme de partition sociale que l’on dénonçait pourtant hier à grands coups d’envolées lyriques sur l’émancipation et l’égalité des chances. On semble ainsi renoncer à toute possibilité de réconcilier l’ensemble des Français autour d’intérêts communs, de les fédérer autrement qu’en leur désignant des ennemis et des boucs émissaires.

Mais il y a pire : par ces mots, on enferme «le peuple», et surtout «les catégories populaires» dans une posture victimaire, la posture de ceux qui «subissent», «vivent avec», on leur nie la possibilité d’être ouverts, généreux, de savoir dépasser leurs intérêts particuliers pour considérer l’intérêt général. Finalement, vu d’en haut, le peuple serait incapable d’empathie, ce carburant de nos démocraties que j’ai pourtant plus souvent trouvé dans les quartiers populaires que dans les ministères. Il serait incapable de saisir la complexité d’une situation, il faudrait donc lui résumer les faits au risque de la caricature, exciter ses émotions au risque de flatter ce que l’humain a de plus médiocre… Cette approche réductrice, paternaliste, caricaturale du peuple ne vaut pas mieux que celle qui consiste à tout pardonner à certaines catégories de populations parce qu’elles seraient, à elles seules, l’essence même du peuple. Quel que soit le groupe caricaturé ou érigé en bouc émissaire, la politique qui parie sur les jalousies ou la victimisation ne saura jamais réconcilier et jeter les bases de compromis qui nous sont tant nécessaires.

Le Macronisme se voudrait avant tout un «pragmatisme», on le sait. Outre qu’opposer «humanité» et «fermeté» est profondément dérangeant, car cette opposition induit que l’on serait contraint de sacrifier son humanité afin de vivre dans une société pacifiée et ordonnée — il y a dans la revendication de pragmatisme une mystification incroyable. Pour mémoire, il y a eu plus d’un million de demandes d’asile dans le monde en 2018, un chiffre en baisse, et 46 700 personnes l’ont obtenu en France pour cette même année (OFPRA). En Colombie, pays moins grand que le nôtre où je me suis rendue récemment, on accueille chaque jour, sans drame, 27 000 réfugiés vénézuéliens. Ici, nous fantasmons sur des hordes qui se presseraient à nos portes, et ne savons même pas gérer correctement les malheureux qui parviennent jusqu’à nous — la plupart du temps, sans désir de rester dans notre pays.

On se jette des images et des symboles à la figure, comme par exemple l’AME dont on a entendu qu’elle serait détournée pour financer des «prothèses mammaires», quand nous savons bien que l’essentiel finance des interventions médicales urgentes, visant avant tout à prévenir la résurgence de maladies graves, et donc à nous protéger collectivement… Souvent, ces caricatures sont élaborées au nom d’un prétendu affrontement entre «raison» et «émotion». Mais c’est oublier que la politique n’est ni purement rationnelle, ni émotion brute. Nos démocraties souffrent autant de manque d’empathie que de manque de faits établis et de chiffres éprouvés et incontestables! La politique ne doit se désigner pour ennemi ni la raison ni l’émotion, elle est une combinaison de tout cela, et a un ennemi prioritaire : la manipulation, l’erreur de perception, la négation du réel, la «Fake news».

Avec cette approche adoptée aujourd’hui sur l’immigration, le politique vient une fois de plus s’arrimer à des perceptions majoritaires — la France est l’un des pays du monde qui surestime le plus le nombre d’immigrés sur son territoire — : ayant renoncé à agir sur les choses en abandonnant toute audace réformatrice sur l’autel de l’ultra-libéralisme, il ne prétend même plus agir sur les erreurs de perception, et se contente de surfer sur une réalité parallèle en espérant que cela suffise à lui redonner un semblant de légitimité et de soutien populaire. Si nous persistons collectivement, non seulement en France mais aussi au Royaume-Uni, en Italie ou aux États Unis, dans cette voie, alors j’en ai la conviction: la Politique n’en sortira pas grandie, et la question migratoire n’en deviendra que plus difficile à résoudre.

Najat Vallaud-Belkacem

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