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Vivement l'Ecole!

« Je ne me voyais pas faire ça toute ma vie » : ces agrégés qui ont quitté l’enseignement

21 Septembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Le concours de l'agrégation sous le coup d'une erreur historique - Le Point

EXTRAITS

Quelques membres de ce « corps d’élite » des professeurs choisissent, temporairement ou définitivement, de renoncer à faire cours. Un phénomène que l’éducation nationale qualifie de « minoritaire ».

Crise de la vocation, pouvoir d’achat, offres plus attractives ailleurs... Chaque année, à bas bruit, des agrégés quittent l’enseignement. Un phénomène ancien et mal quantifié, mais qui concerne 8 % de ce « corps d’élite » des professeurs.

« Je ne me voyais pas faire ça toute ma vie », reconnaît d’emblée un agrégé d’allemand aujourd’hui détaché dans une administration centrale, qui, comme plusieurs autres personnes interrogées par Le Monde, préfère rester anonyme.

(...)

Parmi les raisons qui poussent à changer de voie, la plupart de ceux interrogés par Le Monde citent « l’évolution de carrière » et la « reconnaissance ». La rémunération est moins souvent abordée, même si la perte du pouvoir d’achat des enseignants concerne aussi les agrégés. Selon le bilan social du ministère de l’éducation nationale, en 2018, un agrégé de moins de 30 ans gagnait, en moyenne, 2 367 euros net par mois – primes et indemnités comprises –, contre 1 939 euros net pour un professeur certifié. Cet écart s’accroît au cours de la carrière, pour atteindre près de 1 000 euros à 50 ans.

(...)

Parmi les normaliens, certains admettent ainsi ne pas avoir « vraiment eu le choix ». D’autres ont passé le concours en partie pour « se rassurer » ou « par atavisme », même si peu d’entre eux affirment n’avoir jamais souhaité donner cours. « J’ai enseigné pendant six ans, et j’ai adoré ça », assure par exemple Nicolas Demorand, présentateur de la matinale de France Inter, ancien élève de l’ENS de Fontenay-Saint-Cloud (devenue ENS de Lyon) et agrégé de lettres modernes. « Mais j’avais plus envie encore de faire du journalisme, et c’est cela qui a primé. » A sa suite, une génération d’anciens élèves des ENS, dont certains sont agrégés, rejoindront la presse – en particulier Radio France.

Le premier contact avec l’enseignement, à l’issue du concours, est souvent déterminant. « Au bout de cinq minutes, j’ai compris que ça n’allait pas marcher », se souvient ainsi Xavier de La Porte, agrégé de lettres aujourd’hui journaliste à L’Obs« Je n’ai pas accroché avec ce folklore, la salle des profs, négocier les emplois du temps, gérer les élèves. Je faisais tout ce qu’il ne fallait pas, j’avais un rapport trop affectif avec eux… » Peu après sa titularisation, il démissionnera pour devenir journaliste.

(...)

Un « facteur d’attractivité du concours »

A-t-on, lorsque l’on n’est plus devant ses élèves, le sentiment d’avoir déserté ? Ceux que nous avons interrogés considèrent qu’ils gardent un lien avec « l’intérêt général » et « la chose publique ». A l’heure des questions, après quelques années d’enseignement, l’évidence des choix s’est bien souvent imposée. Peu après son arrivée à France Culture, Nicolas Demorand a ainsi croisé son professeur de littérature du XVIsiècle, qui enseigne toujours à l’ENS de Lyon. « Il m’a dit : Ce que vous faites aujourd’hui, c’est ce à quoi vous avez été formé. Cette phrase m’a marqué et j’y pense souvent. En substance, il me disait d’y aller, et de le faire à fond. »

De son côté, l’éducation nationale ne semble pas trouver à redire au fait que ses ouailles choisissent des chemins de traverse. En insistant sur le caractère minoritaire du sujet, la direction générale des ressources humaines du ministère assure qu’« il n’est pas anormal que le corps des agrégés, dont le recrutement est très sélectif, ouvre des possibilités fonctionnelles diversifiées ». Il s’agirait même d’un « facteur d’attractivité du concours », ajoute-t-on.

(...)

Violaine Morin

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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21 septembre 2019... Notre collègue Christine Renon se donnait la mort... Depuis, RIEN n'a changé !

21 Septembre 2021 , Rédigé par christophe

Suicide d'une directrice d'école : « Ce qu'a vécu Christine, on le vit  quotidiennement », des milliers de personnes rendent hommage à Christine  Renon

Monsieur l'Inspecteur, Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Aujourd'hui, samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée.

Les soucis depuis bien avant la rentrée se sont accumulés, c'est le sort de tous les directeurs malheureusement.

Il n'y a que les Inspecteurs/trices généraux qui annoncent en réunion la voix légère que les directeurs ont de très lourdes responsabilités et qu'il vaut mieux être à leur place qu'à la nôtre, mais comment pensent-ils à améliorer nos conditions d'exercice ?

Encore du travail avec le RGPD, et encore je ne vais pas me plaindre, cette année, j'ai retrouvé une décharge complète.

La succession d'Inspecteurs qui passe à Pantin ne se rend pas compte à quel point tout le monde est épuisé par ces rythmes. Personne ne s'interroge sur les gens qui partent ! Sur le temps que travaillent les directeurs !

A la rentrée, les personnels non nommés qui se présentent dans les écoles sans que les Inspections locales soient au courant, la course aux enseignants faite par l'inspecteur et moi-même pour mon école le samedi après-midi pour le lundi, j'imagine que pour les autres cela a été pareil, le risque écarté le vendredi de fermeture de classe (A la maternelle Méhul il y a eu trois fois des changements de structures après la rentrée) tout cela concourt au stress des directeurs.

Les remontées de tableau de structure !!!! mais à quoi sert onde ? Faut-il donner de l'argent des coopératives pour que les inspecteurs aient une clé OTP !

Le travail des directeurs est épuisant, car il y a toujours des petits soucis à régler, ce qui occupe tout notre temps de travail et bien au-delà du temps rémunéré, et à la fin de la journée, on ne sait plus trop ce que l'on a fait.

Pour ma part, j'ai toujours fait pour le mieux pour les élèves, les enseignants, les parents, j'ai essayé de me rendre disponible au maximum pour chacun, toujours répondu positivement à un service que l'on me demandait.

Je dois dire que l'accumulation de faits mineurs dont le plus grave de mon point de vue s'est passé à l'extérieur de l'école, la réception des parents concernés, les concertations avec la psychologue scolaire, les entrevues ou échanges avec l'inspecteur m'ont plus qu'éprouvée !

En rien l'école n'est responsable de cela, mes collègues et moi-même faisons de notre mieux pour la sécurité des enfants.

Mais les Directeurs sont seuls ! Seuls pour apprécier les situations, seuls pour traiter la situation car les parents ne veulent pas des réponses différées, tout se passe dans la violence de l'immédiateté. Ils sont particulièrement exposés et on leur en demande de plus en plus sans jamais les protéger.

La semaine après la rentrée, ils sont déjà épuisés.

Le nombre de personnel dans des collèges qui reçoivent le même nombre d'élèves que nos écoles montre le degré de l'exposition et du stress dans les situations tendues quand on est seul.

C'est une honte qu'il y ait des directeurs non déchargés.

La perspective d'appeler une famille pour leur dire que leur enfant (alors qu'on est sûr qu'il ne l'a pas fait) est soupçonné d'avoir mis le doigt dans l'anus d'un autre (ils ont 3 ans tous les 2) dans la classe, l'école ou le centre ! IMPOSSIBLE ! je ne peux pas le faire, c'est la goutte d'eau qui ce matin m'a anéanti, mais franchement, j'étais déjà très éprouvée.

La perspective aussi de devoir organiser des APC avec les horaires que l'on a. Franchement, prendre les enfants sur le temps méridien, cela peut les faire progresser ? Au pire ils ont faim, au mieux ils digèrent !

Les prendre après, les prendre avant ? En quoi les rythmes de l'enfant à Pantin sont-ils raisonnables ? Presque les même qu'avant avec le mercredi en plus.

Pourquoi notre ministre n'impose-t-il pas aux villes les même horaires ?

Et que pense-t-il des horaires de Pantin ?

La perspective de devoir faire le tableau des réunions,

La perspective de devoir faire les élections de parents d'élèves,

La perspective de devoir faire les plans de sécurité,

La perspective d'aller expliquer aux nouveaux le carnet de suivi des apprentissages premiers, alors que l'État nous a laissé faire tout seuls ce « truc », car selon les circonscriptions, départements, personne n'a le même, certains ont un livret qu'ils tamponnent ce qui a le mérite d'être pratique et moins chronophage, d'autres collent des vignettes, écrivent, prennent des photos… ceci prend un temps monstrueux aux enseignants. Certains s'en sortent mieux avec l'application sur tablette sur Apple, bien sûr tout équipement est sur les deniers personnels des enseignants.

La perspective de devoir faire avec la nouvelle direction du centre de loisirs qui nous envoient des animateurs à 12 heures 10 pour enquêter sur la probabilité que l'enseignante ait appelé la famille d'un enfant qui est tombé et qui dénie une fois qu'elle a la réponse, et le lendemain pareil à midi pour un autre enfant alors qu'il n'est pas inscrit au centre de loisirs!! cela augure des relations futures !

La perspective de devoir attendre pour voir mon médecin pour la toux qui m'empêche de dormir depuis plusieurs jours.

La perspective de dire encore en conseil d'école que les enseignants sont les seuls à qui l'employeur (l'État qu'il s'agisse de l'Education Nationale ou de la collectivité locale) ne fournit pas leur outil de travail, et même avec leurs outils personnels, ils ont du mal à travailler, franchement 2 heures de pause méridienne et pas d'ordinateur pour 11 classes, la clé USB, pour le service informatique de la ville de Pantin est un danger digne de déclencher une guerre !

La perspective de tous ces petits riens qui occupent à 200 % notre journée

Je dois dire aussi que je n'ai pas confiance au soutien et à la protection que devrait nous apporter notre institution, d'ailleurs, il n'y a aucun maillon de prévu, les inspecteurs de circonscription ont probablement encore plus de travail que les directeurs, et la cellule de crise quelle blague !
L'idée est de ne pas faire de vague et de sacrifier les naufragés dans la tempête ! Pourvu que la presse ne s'en mêle pas ! J'ai vu mon amie XXXXX se relever difficilement de ce manque de soutien.

En l'occurrence, je ne vois pas de quoi la presse se mêlerait ! Personne dans l'école n'a rien à se reprocher, j'ai des collègues formidables qui font très bien leur travail, les enfants sont en sécurité dans un cadre rassurant.

Je laisse à la cellule de l'éducation nationale le soin de gérer au mieux le mal être qui va suivre suite au choix du lieu de ma fin de vie, et je suis particulièrement désolée pour XXXXX qui se remet à peine du décès de ses parents.

Et pour finir, je me demande si je ne ferais pas une petite déprime !!! je n'ai pas l'habitude, j'en ai jamais fait, mais j'ai une boule dans la gorge depuis ce matin et envie de pleurer et je suis tellement fatiguée !

Je remercie les parents d'élèves élus qui ont toujours été là, Je remercie les parents en général.

Je remercie mes collègues directeurs.

Je remercie mes collègues pour leur travail avec leur classe, particulièrement à XXXXX, XXXXX, XXXXX et bravo les nouveaux arrivants !

Je remercie les enfants qui ont fréquenté et qui fréquentent l'école.

Je remercie aussi les nombreux animateurs avec qui nous échangeons des bonjours cordiaux.

Je remercie l'Institution de ne pas salir mon nom,

Christine Renon
Directrice épuisée

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A propos de Laurent Bigorgne, de l'Institut Montaigne, de JM Blanquer et d'E Macron...

21 Septembre 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

S'entendre comme larrons en foire....

Education : le libéral Institut Montaigne, maître à penser de Macron

Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, est un fidèle de ce think tank proche du CAC 40 et très influent pendant la campagne du nouveau président

Au jeu des pronostics politiques, Laurent Bigorgne était bien coté pour devenir ministre. Cet agrégé d’histoire de 42 ans, spécialiste de l’éducation, est à la tête de l’Institut Montaigne, un think tank proche du patronat. Pendant la campagne, il a discrètement modelé une partie du programme de son «ami» Emmanuel Macron en jonglant pendant plusieurs mois entre un rôle de conseiller officieux et son poste à «Montaigne». Et une fois élu, le nouveau président de la République a choisi pour le ministère de l’Education Jean-Michel Blanquer, un vieux compagnon de route de l’Institut Montaigne. C’est une nomination au goût de victoire pour lui et une boutique qui a toujours défendu un courant libéral de l’enseignement.

Cela fait déjà plusieurs années que Laurent Bigorgne souffle des idées à l'oreille d'Emmanuel Macron. Il avait pris l'habitude de lui rendre visite à l'Elysée, quand ce dernier était encore le secrétaire général adjoint du président Hollande. Les deux hommes s'étaient rencontrés par l'entremise de Richard Descoings, illustre et décrié directeur de Sciences-Po, mort en 2012. Quand une petite équipe s'active autour de Macron début 2016, Bigorgne participe aux réunions. «Avant le lancement officiel du mouvement, quelques personnes avaient pris l'habitude de se rencontrer assez fréquemment. On devait être une dizaine, on discutait, de fil en aiguille ce petit groupe s'est consolidé», détaille le directeur de l'Institut Montaigne.

«Structure apolitique»

Ce think tank fondé en 2000 par Claude Bébéar, longtemps PDG d'Axa et figure tutélaire du patronat français, a la vocation «d'élaborer des propositions concrètes dans les domaines de l'action publique, de la cohésion sociale, de la compétitivité et des finances publiques». L'Institut Montaigne et sa quinzaine de salariés sont financés quasi intégralement grâce aux adhésions d'une centaine d'entreprises, dont plusieurs sont membres du CAC 40. Avec une limite : une société ne peut pas apporter plus de 2 % du budget total. Pourtant réputé comme proche de la droite, l'organisme se réclame «indépendant» des partis. C'est Bébéar qui recrutera Laurent Bigorgne et le placera directeur des études en 2009. L'année suivante, il deviendra directeur général.

En s'engageant avec En marche, Laurent Bigorgne a surtout joué avec le feu. Lorsque Mediapart révèle que l'association du parti est hébergée à son domicile privé, il doit organiser à la hâte un déjeuner avec l'équipe du think tank pour expliquer sa démarche. «Il nous a dit qu'il avait compris l'avertissement et qu'il allait prendre ses distances avec Emmanuel Macron», se rappelle un collaborateur. Claude Bébéar, dont il est proche, le rappelle à l'ordre. Il confie : «Quand j'ai créé l'Institut Montaigne, j'ai édicté le principe d'une structure apolitique et si on ne respecte pas ça, on tue l'Institut.» A la même période, Emmanuel Macron va proposer à Laurent Bigorgne de devenir délégué général de son nouveau parti. Une offre qu'il décline mais continue de s'investir «sur son temps privé» dans la campagne présidentielle. La lecture des nombreux échanges contenus dans les MacronLeaks permet de saisir son influence. Un mois après le lancement d'En marche, il rédige par exemple une ébauche de lettre où Macron s'exprime à la première personne pour rappeler les fondamentaux de son mouvement politique. Il participe également aux réunions stratégiques et file un coup de main pour la levée de fonds en incitant quelques proches à contribuer.

«Veux-tu en être ?»

Mais le directeur de l'Institut Montaigne est surtout sollicité pour piloter les questions liées à l'éducation, à l'enseignement supérieur et à la recherche. C'est lui qui prépare l'argumentaire du discours que prononce Macron devant la Conférence des présidents d'université, au lendemain de sa démission du ministère de l'Economie à la fin de l'été. Lors d'une conversation en octobre, Laurent Bigorgne demande un retour critique sur les premières grandes orientations du programme de Macron en matière d'éducation à Gilles de Margerie, assureur nommé directeur de cabinet au ministère de la Santé. S'en suit une discussion où Bigorgne expose sa stratégie pour préparer le terrain en cas de victoire : «Il faut pouvoir discuter avec le Snes et le SNUIPP, l'Unsa et la CFDT… sans en attendre beaucoup. C'est un milieu où les archéos pèsent beaucoup et ils ne veulent aucun vrai changement.» Avant de rassurer son interlocuteur : «On a déjà pas mal de relais dans l'administration centrale.» Puis l'invite : «Je vais lancer un premier gpe éduc, veux-tu en être ?» Des échanges de moins en moins fréquents à partir de 2017. «Je prends la décision de laisser la caravane partir», raconte Bigorgne dont les idées ont déjà bien infusé dans la campagne d'Emmanuel Macron. Et d'expliquer : «J'étais convaincu que s'ils allaient au bout, il y aurait Jean-Michel Blanquer, un type que je connais par cœur, qui deviendrait ministre et que ce serait très bien.»

«Une philanthropie à l’américaine»

Pour cause, le nouveau ministre de l'Education est un fidèle du think tank depuis de nombreuses années. Il a participé à plusieurs de ses rapports et appartient au comité directeur Agir pour l'école depuis sa création. Cette organisation, présidée par Bigorgne, est un satellite de «Montaigne». Dédié à l'école élémentaire, il multiplie les expériences depuis plusieurs années pour mettre en œuvre ses idées dans le domaine de l'éducation. C'est par exemple grâce à cette structure hébergée dans les mêmes locaux que l'Institut Montaigne que Céline Alvarez a pu lancer une expérimentation mêlant la méthode d'apprentissage Montessori et les neurosciences, narrée dans son best-seller, les Lois naturelles de l'enfant. A l'époque Jean-Michel Blanquer est directeur général de l'enseignement scolaire (Dgesco) au côté du ministre de droite Luc Chatel (de 2009 à 2012). Blanquer va soutenir le projet d'Alvarez et lui permettre de franchir les portes de l'enseignement public de 2011 à 2014. Agir pour l'école lui apporte de son côté un soutien financier pour équiper sa classe et rémunérer partiellement une assistante pour «environ 20 000 euros», précise Laurent Cros qui dirige ce satellite de l'Institut Montaigne. L'association s'est également chargée de mesurer les résultats de l'expérimentation de Céline Alvarez, neurosciences à l'appui. Le développement de certaines zones du cerveau des enfants a par exemple été observé à l'aide d'IRM. Dans un premier temps plébiscité, le protocole de Céline Alvarez est devenu l'objet de nombreuses critiques des professionnels de l'éducation : depuis leur terme en 2014, les tests effectués n'ont fait l'objet d'aucune publication dans une revue scientifique. «La période où Jean-Michel Blanquer était à la Dgesco, était la plus faste en expérimentation mesurée», décompte Laurent Cros. «Blanquer et "Montaigne" incarnent une approche scientiste de l'éducation, à la recherche permanente de la martingale. Comme s'il existait quelque part une bonne façon d'enseigner qui résoudrait tous les problèmes», tacle un chercheur spécialiste de l'analyse des politiques éducative.

A la même période, le nouveau ministre de l'Education avait aussi aidé Agir pour l'école pour lancer son projet «Lecture», en «trouvant des classes et en parlant à quelques recteurs», précise Laurent Cros. C'est l'expérimentation la plus importante de l'association, mise en œuvre dans des écoles de quartiers populaires. Son but est de préparer activement les enfants à la lecture dès la grande section de maternelle. «Il y a chez eux une philanthropie à l'américaine, ils veulent sauver les gamins des banlieues en contournant ce qu'ils considèrent comme des archaïsmes de l'école publique», estime Laurence de Cock, professeure d'histoire et docteure en sciences de l'éducation. Ce projet a été financé en grande partie par des fortunes privées dont Axa (200 000 euros), Bettencourt (180 000 euros) et Dassault (100 000 euros). Avec l'Institut Montaigne, le nouveau ministre de l'Education a aussi publié à l'automne l'Ecole de demain. Beaucoup des idées développées dans ce livre programme sont proches de celles défendues par la droite pendant la campagne présidentielle. «C'est une personnalité reconnue dans le milieu éducatif et Jean-Michel Blanquer a eu des contacts à ce titre avec François Fillon, fait savoir Annie Genevard, députée LR du Doubs et responsable éducation de l'ex-candidat. J'avais moi-même demandé à le rencontrer.» Blanquer a d'ailleurs nommé comme directeur de cabinet Christophe Kerrero, engagé au côté de Fillon pendant la campagne. Mais l'Ecole de demain contenait également plusieurs mesures fortes de la feuille de route de Macron. On retrouve par exemple les propositions de «diviser par deux la taille des classes» en éducation prioritaire, de «bâtir un système d'évaluation permettant de mesurer les performances des établissements et les acquis des élèves» et de laisser les chefs d'établissement «libres» de constituer leur équipe pédagogique.

«libérer les énergies»

Dans la cour du ministère, lors de la passation de pouvoir le 17 mai, Jean-Michel Blanquer imprime tout de suite la marque de l'Institut Montaigne avec des formules types, telles que «libérer les énergies», «différenciation des parcours», «sciences cognitives», «expérimentation», «rôle essentiel des chefs d'établissement», «excellence»… Blanquer a aussi nommé comme conseillère spéciale Fanny Anor, qui a quitté le think tank pour rejoindre son cabinet ministériel. «Pour l'instant, l'influence de l'Institut Montaigne est relative car leurs expérimentations ne concernent que quelques milliers d'élèves, tempère Olivier Noblecourt, ex-directeur de cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, qui vient de quitter la rue de Grenelle. Mais avec la nomination de Blanquer, ils vont sûrement avoir une place beaucoup plus importante.» De son côté, Laurent Bigorgne assure qu'il n'a pas reçu d'offre de dernière minute pour entrer au gouvernement et que, malgré sa proximité avec Jean-Michel Blanquer, il devra désormais «prendre rendez-vous» pour voir le ministre.

Ismaël Halissat

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"Laurent Bigorgne : Les enseignants ne sont pas mal payés : il y en a trop..."

21 Septembre 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique - Libération Publié dans #Education, #Politique

Les profs sont des "planqués" - Et si on en parlait!

EXTRAIT

Fin août, l'Institut Montaigne publiait un bilan de l'action gouvernementale en matière d'éducation qui tenait du panégyrique et du programme. Il lançait les grandes lignes de ce qu'Emmanuel Macron a commencé à dessiner pour 2022. Le 18 septembre, son directeur, Laurent Bigorgne, très proche d'E Macron et de JM Blanquer, intervient sur France Inter à propos du salaire des enseignants. "On n'a pas bien su organiser l'échelon secondaire qui est très couteux et qui a conduit à paupériser beaucoup d'enseignants. 

(...)

F Jarraud

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"Pas un professeur qui gagne moins de 2000 euros en avril 2022 : Gabriel Attal rétropédale" - Et se trompe encore !

21 Septembre 2021 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

Le rétropédalage à l'honneur… | velomaxou

"Il n'y aura pas un professeur qui gagne moins de 2000 euros" en avril 2022 : Gabriel Attal rétropédale

Invité hier sur BFM TV, le porte-parole du gouvernement avait évoqué un salaire minimal des enseignants de 2 000 euros d'ici la fin du quinquennat. Il faisait en fait référence à un objectif de Jean-Michel Blanquer de revalorisation d'ici à 2024. Et il a corrigé son erreur sur Twitter.

2022 n'est pas 2024. Gabriel Attal s'est fendu d'un Tweet pour reconnaître une erreur : "Mea culpa", admet le porte-parole du gouvernement au lendemain de son intervention. Il était l'invité de BFM Politique ce dimanche et, interrogé sur la rémunération des fonctionnaires, il a soutenu que "sur l'école, avec le Grenelle de l'éducation, on augmente la rémunération des professeurs : à la fin de ce quinquennat il n'y aura pas un professeur qui gagne moins de 2 000 euros net par mois."

 

 

Or, la fin du quinquennat, soit avril 2022, est loin d'être l'échéance réellement envisagée par l'exécutif. Le ministre de l'Éducation nationale, de la jeunesse et des sports Jean-Michel Blanquer avait quant à lui évoqué 2024 en ligne de mire "si l'on prolonge la courbe que nous avons amorcée".

 

 

La divergence n'est pas passée tout à fait inaperçue et certains enseignants ont exprimé leur agacement sur Twitter, telle Sophie Vénétitay, professeure de sciences économiques et sociales dans l'Essonne et secrétaire générale du syndicat SNES-FSU qui soupçonne au choix "une faille spatiotemporelle", un "petit mouvement de panique parce que ça se voit qu'il n'y a pas eu de revalorisation 'historique'" ou la "stratégie 'dire n'importe quoi' peu importe les implications".

 

La rémunération des enseignants constitue un sujet sensible pour lequel la France est régulièrement taclée par l'OCDE. Dans son rapport 2021, l'Organisation de coopération et de développement économiques note par exemple que dans l'Hexagone, "les salaires statutaires des enseignants ayant 15 ans d'expérience et les qualifications les plus répandues (professeurs des écoles ou professeurs certifiés) ont stagné ou n'avaient augmenté que de 1 % entre 2010 et 2020 dans l’élémentaire et dans les filières générales des deux cycles de l’enseignement secondaire", contre 6 à 7  % d'augmentation en moyenne dans les pays de l'OCDE.

 

Dans ce contexte, le ministre de l'Éducation a présenté fin août une enveloppe de 245 millions d'euros pour le budget de 2022 destinée à la revalorisation des revenus des enseignants. Elle comprend des primes d'attractivité allant de 57 euros net par mois pour les plus jeunes professeurs à 29 euros pour ceux en milieu de carrière.

La candidate socialiste à la présidentielle Anne Hidalgo, à son tour, a promis de "multiplier par deux au moins le traitement de toutes les personnes au contact avec les élèves". Un engagement de campagne, comme celui des 2 000 euros de Jean-Michel Blanquer, qui précise : "Nous accomplirons cet objectif si nous restons au pouvoir".

Mathilde Fassin

Commentaire:

Le rétropédalage comporte une nouvelle énorme "erreur".

Pour que des augmentations soient validées à horizon 2024, comme le dit M. Gabriel Attal, il faudrait une loi de programmation pluri annuelle.

Or celle-ci n'a jamais été votée.

Christophe Chartreux

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The Kinks...

20 Septembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Isaac Asimov... Comment en 1964, il imaginait 2014... Sidérant !

20 Septembre 2021 , Rédigé par Framablog Publié dans #Littérature

L’Exposition Universelle de New York de 1964 est consacrée à «  La paix par la compréhension  » (NdT  : Peace Through Understanding). L’aperçu qu’elle donne du monde de demain écarte l’hypothèse d’une guerre nucléaire. Et pourquoi pas  ? Si une telle guerre a lieu le futur ne mérite pas d’être évoqué. Laissons donc les missiles sommeiller éternellement dans leurs silos et observons ce qui pourrait advenir d’un monde qui ne serait pas atomisé.

Ce qui est à venir, du moins au travers de la lunette de l ‘Exposition, est merveilleux. Le futur vers lequel l’Homme se dirige est vu avec un espoir plein d’entrain, nulle part mieux montré qu’au pavillon de la General Electric. Ici les spectateurs tourbillonnent parmi quatre scènes, chacune contenant des mannequins souriants, quasiment vivants, qui bougent et parlent avec une telle aisance que, pendant près d’une minute et demie, ils vous convainquent qu’ils le sont vraiment.

Ces scènes, qui se déroulent en 1900, 1920, 1940 et 1960, montrent les progrès des appareils électriques et les changements qu’ils apportent à la vie quotidienne. J’y ai pris énormément de plaisir et je regrette seulement qu’ils n’en aient pas imaginé de semblables dans le futur. Que sera la vie, par exemple en 2014, dans 50 ans  ? À quoi ressemblera l’Exposition Universelle de 2014  ?

Je ne sais pas, mais je peux essayer de deviner.

Une pensée qui me traverse l’esprit est que les hommes continueront à fuir la nature pour créer un environnement plus à leur convenance. D’ici 2014 les panneaux électroluminescents seront communément utilisés. Les murs et les plafonds brilleront doucement, dans une variété de teintes qui changera à la pression d’un bouton.

Les fenêtres seront devenues archaïques, et quand bien même présentes elles seront polarisées pour bloquer les rayons du soleil les plus durs. Le degré d’opacité du verre étant même fait pour varier automatiquement selon l’intensité de la lumière.

On trouve une maison souterraine à l’Exposition qui semble être un signe du futur. Si ses fenêtres ne sont pas polarisées, elles peuvent en revanche changer le «  paysage  » en modifiant l’éclairage. Les maisons en périphérie des villes, avec variateur de température, air filtré, et contrôle de la lumière, seront monnaie courante, libérées ainsi des vicissitudes de la météo. À l’Exposition Universelle de 2014, le «  Futurama  » de General Motors (NdT  : attraction populaire réalisée par General Motors pour l’Exposition Universelle de 1939) présentera sans doute des visions de cités souterraines pleines de potagers sous lumière artificielle. La surface ainsi gagnée, expliquera General Motors, sera dédiée à l’agriculture à grande échelle, aux pâturages et parcs, avec moins d’espace gaspillé pour l’occupation humaine.

Des appareils continueront de soulager l’humanité des travaux fastidieux. Les cuisines seront conçues de manière à préparer des «  auto-repas  », chauffant l’eau et la transformant en café  ; grillant le pain et le bacon  ; cuisant, pochant ou brouillant des œufs, etc. Le petit-déjeuner sera «  commandé  » la veille afin d’être prêt à l’heure spécifiée le lendemain matin. Des repas et dîners entiers, avec des aliments semi-préparés, seront conservés au congélateur jusqu’au moment de leur préparation. Je soupçonne, cependant, que même en 2014, il sera bon d’avoir un petit coin dans la cuisine où des repas plus individuels pourront être préparés à la main, en particulier lorsque l’on reçoit des invités.

En 2014 les robots ne seront ni courants ni très élaborés mais ils existeront. L’exposition IBM n’a pas de robots aujourd’hui mais elle est dédiée aux ordinateurs, qui sont montrés dans toute leur incroyable complexité, notamment dans la tâche de traduction du russe vers l’anglais. Si les machines sont si intelligentes aujourd’hui, qui sait ce qu’elles feront dans 50 ans  ? Ce seront des ordinateurs beaucoup plus miniaturisés qu’aujourd’hui, qui serviront de «  cerveaux  » aux robots. L’une des principales attractions du pavillon IBM à l’Exposition Universelle de 2014 pourrait être une femme de ménage robotique, gauche et grosse, bougeant lentement mais cependant capable de ramasser, ranger, nettoyer et manipuler divers appareils. Cela amusera sans aucun doute les visiteurs de disperser des débris sur le sol afin de voir cette ménagère robotique les enlever maladroitement et les classer entre «  à jeter  » et «  mettre de côté  ». (Des robots jardiniers auront aussi fait leur apparition.)

General Electric à l’Exposition Universelle de 2014 montrera des films en 3D de ses «  Robots du Futur  » élégants et profilés et ses appareils de ménage intégrés effectuant toutes les tâches promptement. (Il y aura une file d’attente de trois heures pour voir le film, il y a certaines choses qui ne changent jamais.)

Bien sûr les appareils de 2014 n’auront besoin d’aucun câble électrique. Ils seront alimentés par des batteries longue durée à énergie nucléaire (radioisotope). Le combustible ne sera pas cher car il sera le sous-produit des centrales à fission qui, en 2014, fourniront plus de la moitié des besoins énergétiques de l’humanité. Mais, une fois ces batteries à isotopes épuisées, elles ne seront éliminées que par des agents autorisés par le fabricant.

Et une ou deux centrales expérimentales à fusion nucléaire existeront déjà en 2014 (même aujourd’hui, une petite mais véritable fusion nucléaire est présentée régulièrement par la General Electric, à l’Exposition Universelle de 1964). De grandes centrales d’énergie solaire seront aussi en fonction dans plusieurs zones désertiques et semi-désertiques telles que l’Arizona, le Néguev ou le Kazakhstan. Dans les zones plus fréquentées, mais plus nuageuses et brumeuses, l’énergie solaire sera moins efficace. Une présentation à l’Exposition Universelle de 2014 montrera des modèles de centrales énergétiques dans l’espace, collectant les rayons solaires à l’aide d’immenses paraboles, renvoyant l’énergie ainsi collectée sur Terre.

Le monde d’ici 50 ans aura encore rétréci. À l’Exposition Universelle de 1964, la présentation de General Motors décrit, entre autres choses, des «  usines de construction de routes  » dans les tropiques et, plus près de chez nous, des autoroutes surchargées avec de long bus se déplaçant sur des voies centrales réservées. Il y a de fortes chances que l’utilisation de routes, du moins dans les régions du monde les plus avancées, aura passé son pic en 2014  ; l’intérêt se portera alors de plus en plus sur les transports réduisant au maximum le contact avec la surface terrestre. Il y aura l’aviation, bien sûr, mais les transports terrestres seront de plus en plus aériens (environ 50 cm au-dessus du sol). Les visiteurs de l’Exposition Universelle de 1964 peuvent s’y déplacer dans un «  hydroptère  », qui s’élève sur quatre pylônes et glisse sur l’eau avec un minimum de frictions. Ceci n’est sûrement que temporaire. En 2014, les quatre pylônes auront été remplacés par quatre jets d’air comprimé afin que le véhicule n’ait plus aucun contact avec les surfaces liquides ou même solides.

Les jets d’air comprimé serviront également à soulever les véhicules terrestres au-dessus des routes, ce qui, entre autres choses, réduira les problèmes de pavage. Une terre damée ou une pelouse tondue feront tout aussi bien l’affaire. Les ponts auront aussi une moindre importance dès lors que les voitures seront capables de traverser l’eau à l’aide de leurs jets d’air comprimé, bien que les arrêtés locaux décourageront cette pratique.

Beaucoup d’efforts seront consacrés à la conception de véhicules munis de «  cerveaux-robot  » qui pourront être configurés pour une destination particulière et s’y rendront sans l’interférence des lents réflexes d’un conducteur humain. Je soupçonne qu’une des attractions majeures de l’exposition 2014 sera la balade sur des petites voitures robotisées qui manœuvreront dans la foule 50 cm au-dessus du sol, avec dextérité et en s’évitant automatiquement.

Pour les voyages de courte distance, des trottoirs mobiles surélevés (avec des bancs de chaque côté, des places debout au centre) feront leur apparition dans les sections du centre-ville. Le trafic continuera (sur plusieurs niveaux dans certains endroits) uniquement parce que tout les parkings seront hors voirie et qu’au moins 80  % des livraisons par camion seront effectuées dans des centres précis en périphérie de la ville Des tubes à air comprimé transporteront biens et matériaux sur des distances locales, et les aiguillages qui achemineront les cargaisons spécifiques vers les destinations correspondantes seront une des merveilles de la ville.

Les communications se feront par visioconférence et vous pourrez à la fois voir et entendre votre interlocuteur. L’écran, en plus de vous permettre de voir les gens que vous appelez, vous permettra également daccéder à des documents, de voir des photographies ou de lire des passages de livres. Une constellation de satellites rendra possible les appels directs vers n’importe quel point de la terre, même la station météorologique en Antarctique (visible dans toute sa splendeur glacée sur le stand de General Motors en 64).

D’ailleurs, vous serez en mesure de joindre quelqu’un sur les colonies sélènes (sur la Lune), pour lesquelles General Motors présente une gamme de véhicules impressionnants (sous forme de maquettes) avec de larges pneus tendres prévus pour les terrains accidentés qui peuvent exister sur notre satellite naturel.

Quantités de conversations simultanées entre la Terre et la Lune pourront être facilement traitées par des faisceaux laser modulés, lesquels seront très faciles à manipuler dans l’espace. Sur Terre, par contre, les rayons laser devront être enfermés dans des tubes en plastique pour éviter les interférences atmosphériques, problème sur lequel les ingénieurs continueront à travailler.

Converser avec la Lune sera simple mais inconfortable à cause des 2,5 secondes de délai entre les questions et les réponses (le temps nécessaire pour que la lumière fasse l’aller-retour). Le même genre de communication avec Mars prendra 3,5 minutes même lorsque Mars est au plus près de la Terre. Cependant, en 2014, seules des sondes téléguidées s’y seront posées, mais une expédition habitée sera en préparation et, dans le Futurama de 2014, on pourra trouver une maquette de colonie martienne élaborée.

Quant à la télévision, des murs-écrans auront pris la place de l’équipement habituel, mais des cubes transparents feront leur apparition, dans lesquels la vision tri-dimensionnelle sera possible. En fait, une des présentations populaires à l’Exposition Universelle de 2014 sera une télévision 3D, grandeur nature, dans laquelle on verra des spectacles de ballet. Le cube tournera lentement pour montrer la vision sous tous les angles.

Nous pouvons poursuivre indéfiniment cette joyeuse extrapolation, mais tout n’est pas aussi rose.

Dans la file d’attente pour la présentation de la General Electric à l’Exposition Universelle de 1964, je me suis retrouvé face au menaçant panneau d’Equitable Life (NdT  : une compagnie d’assurance américaine), égrenant l’augmentation de la population des États-Unis (plus de 191 000 000) d’une unité toutes les 11 secondes. Pendant le temps que j’ai passé à l’intérieur du pavillon de la General Electric, la population américaine a presque gagné 300 âmes, et la population mondiale environ 6 000.

En 2014, il est fort probable que la population mondiale sera de 6,5 milliards et que les États-Unis compteront 350 millions d’habitants. La zone de Boston à Washington, la plus dense de cette taille sur Terre, sera devenue une mégalopole avec une population de plus de 40 millions d’habitants.

La pression démographique va forcer l’urbanisation croissante des déserts et des régions polaires. Le plus surprenant, et d’une certaine manière le plus réconfortant, est que 2014 marquera le début des grands progrès dans la colonisation des plateaux continentaux. Le logement sous-marin sera prisé par les amateurs de sports nautiques, et encouragera sans aucun doute une meilleure exploitation des ressources maritimes, nutritives et minérales. La General Motors a exposé, dans sa présentation de 1964, une maquette d’hôtel sous-marin d’un luxe alléchant. L’Exposition Universelle de 2014 présentera des villes de fonds marins, avec des lignes de bathyscaphes transportant hommes et matériel dans les abysses.

L’agriculture traditionnelle aura beaucoup de difficultés à s’adapter. Des fermes se spécialiseront dans la culture de micro-organismes plus efficaces. Les produits à base de levures et d’algues transformées seront disponibles dans de multiples saveurs. L’Exposition Universelle de 2014 comportera un bar à algues, dans lequel des imitations de dinde et des pseudo-steaks seront servis. Ce ne sera pas mauvais du tout (si vous pouvez supporter ces prix élevés), mais il y aura une barrière psychologique importante à lever face à une telle innovation.

En 2014 la technologie continuera à suivre la croissance démographique au prix d’immenses efforts et avec un succès incomplet. Seule une partie de la population mondiale profitera pleinement de ce monde gadgétisé. L’autre, plus grande encore qu’aujourd’hui en sera privée et, en attendant de pouvoir accéder à ce qui se fait de mieux, matériellement parlant, sera en retard comparée aux parties du monde les plus développées. Ils auront même régressé.

La technologie ne peut plus continuer à suivre la croissance démographique si celle-ci reste incontrôlée. Pensez au Manhattan de 1964, avec une densité de population de 32 000 habitants au kilomètre carré la nuit, et de plus de 40 000 pendant la journée de travail. Si la Terre entière, y compris le Sahara, l’Himalaya, le Groenland, l’Antartique et chaque kilomètre carré des fonds marins, au plus profond des abysses, était aussi peuplée que Manhattan à midi, vous conviendrez sûrement qu’aucun moyen pour subvenir à une telle population (et encore moins pour lui apporter un certain confort) ne serait envisageable. En fait, ces moyens deviendraient insuffisants bien avant que ce Manhattan géant ne soit atteint.

Et bien, la population de la Terre approche maintenant des 3 milliards et double tous les 40 ans. Si cette croissance se confirme, le monde deviendra un Manhattan géant d’ici seulement 500 ans. Toute la Terre ne sera qu’une unique ville comme Manhattan d’ici l’année 2450 et la société s’écroulera bien avant cela  !

Il n’y a que deux façon d’éviter cela : (1) élever le taux de mortalité (2) baisser le taux de natalité. Indubitablement, le monde de 2014 se sera mis d’accord sur la deuxième méthode. En effet, l’utilisation croissante des appareils mécaniques pour remplacer les cœurs et les reins défaillants, et le soin de l’arteriosclérose et de la rupture d’anévrisme auront repoussé le taux de mortalité encore plus loin et auront rehaussé l’espérance de vie dans certaines parties du monde à l’âge de 85 ans.

Il y aura, par conséquent, une propagande mondiale en faveur du contrôle de la natalité par des méthodes rationnelles et humaines et, en 2014, elles auront sans aucun doute de sérieux effets. L’inflation démographique aura sensiblement baissé, je suppose, mais pas suffisamment.

L’une des présentations les plus importantes de l’Exposition de 2014 sera donc une série de conférences, de films et de matériel documentaire au Centre de Contrôle de la Population Mondiale (pour adultes uniquement  ; projections spéciales pour les adolescents).

La situation empirera du fait des progrès de l’automatisation. Seuls quelques emplois de routine persisteront pour lesquels les machines ne remplacent pas l’être humain. En 2014 l’humanité leur sera asservie. Les écoles devront être réorientées dans cette direction. Une partie de la présentation de la General Electric d’aujourd’hui est une école du futur dans laquelle les réalités actuelles comme la télé en circuit-fermé et les bandes pré-enregistrées facilitent le processus d’apprentissage. Cependant, ce ne sont pas uniquement les techniques qui évolueront dans l’enseignement, mais également les contenus. Tous les élèves de l’enseignement secondaire apprendront les fondamentaux de la programmation, deviendront des as en arithmétique binaire, et seront formés à la perfection à l’utilisation des langages informatiques qui auront été développés, comme le Fortran (NdT pour «  Formula Translator  », un langage utilisé en calcul scientifique).

Même ainsi l’humanité souffrira sévèrement d’ennui, un mal se propageant chaque année davantage et gagnant en intensité. Cela aura de sérieuses conséquences aux niveaux mental, émotionnel et social. La psychiatrie sera de loin la spécialité médicale la plus importante en 2014. Les rares chanceux qui auront un travail créatif seront la vraie élite de l’humanité, car eux seuls feront plus que servir une machine.

L’hypothèse la plus sombre que je puisse faire pour 2014 est que dans une société de loisirs forcés, le mot travail sera le plus valorisé du vocabulaire  !

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Enseignement supérieur : « La valorisation de la recherche doit être remise en haut de l’agenda politique et scientifique »

20 Septembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

Défis, difficultés et bonnes initiatives : face à la crise, la recherche  universitaire s'adapte

EXTRAITS

Le professeur de sciences de gestion Jean-Philippe Denis rappelle, dans une tribune au « Monde », que la France doit mieux promouvoir ses savoirs en sciences exactes mais aussi dans les sciences humaines et sociales qui constituent un puissant levier de compétitivité pour la recherche française.

Tribune. Rendu public en janvier 2007 et établi notamment par Emmanuel Macron, le rapport sur la valorisation de la recherche supervisé par Henri Guillaume, inspecteur général des finances, dressait un constat sombre : « En dépit des mesures prises depuis la loi sur l’innovation et la recherche de 1999, la valorisation de la recherche ne progresse pas en France depuis quinze ans. La stagnation concerne les multiples formes de la valorisation de la recherche, entendue ici sous son aspect le plus large comme l’ensemble des relations entre la recherche publique et le monde économique (…). Pour l’essentiel, ce constat rappelle donc le bilan établi en 1998, à la veille de la loi de 1999. »

Un certain nombre de symptômes étaient soulignés. Parmi ceux-ci, une hyper-concentration à hauteur de 90 % sur trois acteurs des revenus nationaux liés à des brevets – le CNRS, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et l’Institut Pasteur. A l’exception de l’Ecole des mines de Paris ou de l’Ecole supérieure d’électricité (avec 20 % de la recherche financée par des entreprises) explicitement mentionnées, les trois quarts de l’activité de recherche contractuelle étaient concentrés sur moins de 3 % des laboratoires étudiés tandis que les universités ou le CNRS ne couvraient que 2 % en moyenne de leurs dépenses de recherche par des contrats avec les entreprises.

Enfin, le rapport notait des retombées socio-économiques de la recherche globalement très en deçà de ce que l’on observait déjà à l’international. En cause principalement, le mille-feuille institutionnel conduisant à une faible efficacité (grandes écoles, universités, unités mixtes de recherche, organismes de recherche) mais aussi une absence de culture de la valorisation et des freins organisationnels (les structures responsables de porter la valorisation étant trop éloignées des lieux de production de la recherche).

(...)

Penser stratégie de valorisation, c’est nécessairement reconnaître la nécessité de penser selon un autre référentiel : les progrès en matière d’intelligence artificielle (IA) et de traduction automatique invalident le postulat du recours obligatoire à l’anglais dans la valorisation des enseignements et des productions scientifiques ; à la rigueur de productions scientifiques évaluées dans le cadre de procédures entre pairs qui s’étalent sur plusieurs années, la valorisation appelle des modes d’organisation fondés sur des logiques de type innovation Bêta ou encore « test & learn ».

Les nouveaux terrains de jeux des Gafam

Enfin, à la fuite en avant dans la course à la nouveauté et à la prochaine « découverte », c’est bien d’abord de préservation et de valorisation des actifs, des patrimoines, des catalogues des œuvres passées qu’il convient de s’inquiéter. En ce domaine, la découverte des manuscrits inédits de l’écrivain Céline (déjà valorisés plusieurs millions d’euros) ou encore le succès de la série Lupin de Netflix à l’international (et son impact dans les librairies sur les ventes des œuvres de Maurice Leblanc) fournissent des jurisprudences à méditer.

(...)

Tous les signaux convergent en effet pour indiquer qu’à l’image du sport professionnel, l’éducation et l’enseignement primaire, secondaire comme supérieur sont déjà les nouveaux terrains de jeux des Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et autres BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) dans le cadre d’un processus considérablement accéléré par la crise sanitaire et les confinements successifs.

Jean-Philippe Denis(Professeur de sciences de gestion, Université Paris-Saclay)

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Pour faire naître une idée - Conférence de Cédric Villani (vidéo)

20 Septembre 2021 , Rédigé par USI Publié dans #Education, #Philosophie

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Rentrée scolaire 2021 : Pourquoi la vaccination dans les collèges et lycées ne prend pas ?

20 Septembre 2021 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education

Collèges et lycées de l'académie d'Amiens: la vaccination des élèves débute  aujourd'hui

Peu de parents ont demandé que leurs enfants participent à une opération de vaccination organisée par les établissements scolaires

Le ministère de l’Education a promis que chaque collège et lycée proposeront une offre de vaccination à partir de septembre.

Mais pour l’heure, le premier syndicat des chefs d’établissement affirme que seulement « 2 % à 8 % » des élèves ont reçu une première dose dans l’enceinte des établissements scolaires.

Certes beaucoup d’élèves sont déjà vaccinés, mais cela n’explique pas tout…

Les caméras filmeront des collégiens et de lycéens en train de se faire vacciner, mais cela suffira-t-il à lever toutes les réticences ? Ce lundi Jean-Michel Blanquer, se déplacera dans l’académie d’Amiens sur le thème de la vaccination des 12-17 ans. Il assistera à des séances de vaccination d’élèves et rappellera l’installation de centres de vaccination dans les établissements ou à proximité d’ici à la fin septembre, ainsi que la campagne de communication prévue sur le sujet.

Un exercice de pédagogie autour de la seringue que le ministre juge nécessaire, car les premiers retours sur les centres de vaccination dans les établissements montrent qu’ils sont loin d’être pris d’assaut. « Le taux d’adhésion des élèves à la vaccination au sein des établissements scolaires est de 2 % dans les académies de métropole et de 8 % sur les Dom-Tom », explique Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du principal syndicat des chefs d’établissement (SNPDEN). Dans son établissement, la cité scolaire Berlioz à Vincennes, sur 1.800 élèves, seulement 26 élèves ont voulu se faire vacciner. Même constat pour Laurence Colin, proviseure du lycée des métiers Condorcet d’Arcachon : « Sur 700 élèves 11 familles ont demandé que leur enfant soit vacciné ».

« A peine 10 % des établissements proposent un dispositif vaccinal »

Interrogé par 20 Minutes sur le démarrage poussif de la vaccination scolaire, l’entourage de Jean-Michel Blanquer explique « qu’une solution vaccinale n’est pas encore proposée dans tous les établissements » et que ce sera le cas d’ici la fin septembre. Car pour l’heure, seulement 1.314. des 10.700 collèges et lycées proposent un parcours vaccinal aux élèves. « Il est trop tôt pour tirer des conclusions », poursuit-on Rue de Grenelle.

Selon Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat enseignant du secondaire, il y a eu un retard à l’allumage dans ce dossier : « A peine 10 % des établissements proposent un dispositif vaccinal, près de trois semaines après la rentrée. Par ailleurs, les parents ont été mal informés, certains vaccinodromes à proximité des collèges et des lycées ne réservaient pas de créneaux aux élèves… Bref, il n’y a pas vraiment eu d’organisation de la vaccination scolaire », fustige-t-elle.

68,6 % des 12-17 ans ont reçu une dose de vaccin

Bruno Bobkiewicz avance une autre explication : « Les familles ne reconnaissent pas la compétence de l’école dans le domaine médical. On l’a vu avec les tests antigéniques en décembre dernier, les autotests en mai et maintenant avec la vaccination. Les familles ont considéré que ce n’était pas notre rôle. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’elles rejettent la vaccination ». Un avis partagé par Stéphane Crochet, secrétaire général du Se-Unsa : « Les parents ont généralement envie d’accompagner leurs enfants lors des gestes médicaux. »

Et les derniers chiffres de Santé publique France semblent leur donner raison car les taux de vaccinés chez les 12-17 ans progressent ces dernières semaines : au 14 septembre, 68,6 % d’entre eux avaient reçu une dose de vaccin et 56,4 % ont reçu deux doses. « Le fait que le protocole prévoit qu’en cas de contamination au collège ou au lycée, les élèves cas contacts non vaccinés doivent s’isoler une semaine, a mis un coup de pression aux familles », explique Sophie Vénétitay.

Des familles récalcitrantes ici où là

Il n’empêche qu’il reste des trous dans la raquette : « Le taux de vaccination est très disparate selon les régions, car on sait que dans les Landes le taux de 12-17 ans ayant eu une dose monte à 98 % quand il n’est que de 53 % en Seine-Saint-Denis », souligne ainsi Bruno Bobkiewicz. « C’est inquiétant de voir que dans des secteurs où il y a des publics défavorisés, les chiffres n’évoluent pas autant qu’on le souhaiterait », ajoute-t-il.

Même si le phénomène est rare, certaines familles sont clairement récalcitrantes sur le sujet : « On a pu voir des groupes de pression distribuant des tracts, une infirmière a été bousculée par des antivax dans l’académie de Bordeaux, des courriers ont été envoyés aux chefs d’établissement pour leur dire que si des maladies se déclaraient après la vaccination des élèves, les principaux et proviseurs en porteraient la responsabilité en ayant relayé la campagne », indique Bruno Bobkiewicz. « Il faudra sûrement renforcer l’information aux familles dans les zones où la vaccination patine », estime Sophie Vénétitay. « On va déployer les dispositifs vaccinaux d’abord dans les zones quartiers politique de la ville », assure le ministère de l’Education.

Quant à la pérennité de ces espaces de vaccination au sein des établissements après les vacances de la Toussaint, elle semble déjà mise en question : « Peut-être faudra-t-il abandonner les centres de vaccination internes aux établissements, pour privilégier les vaccinodromes externes », évoque Bruno Bobkiewicz.

Delphine Bancaud

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