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Vivement l'Ecole!

6 août 1945... 6 août 2020... "Tu n'as rien vu à Hiroshima"... Par Christophe Chartreux

6 Août 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Histoire, #Cinéma

Hiroshima mon amour... Et si nous n'avions rien vu à Hiroshima...

Sortait chez Gallimard, en 2009, un livre magnifique, intitulé "Tu n'as rien vu à Hiroshima", illustré de centaines de photos prises par l'actrice Emmanuelle Riva, l'héroîne du cultissime film de Resnais : "Hiroshima mon amour".

On y voit l'Hiroshima d'après la bombe, celui des années 1958-1960, ces années au cours desquelles les possibles étaient aux coins des rues, réalisables. La guerre était dans les mémoires mais l'espoir d'un futur primait, un futur à construire sur les ruines d'un passé trop lourd, à ensevelir.

Les sourires des petites filles d'Hiroshima, prises dans l'objectif d'Emmanuelle Riva, sont autant d'appels à croire que l'Histoire, même la plus tragique, tragiquement absurde, peut prendre d'autres routes, plus sereines, par la grâce de ces enfants jouant au milieu d'un terrain vague. Derrière elles, des ruines. Devant elles, le Japon tout entier, celui d'aujourd'hui, déjà. A Hiroshima, on n'a toujours vu que la bombe.

Et si l'Histoire était ailleurs?

Et si nous n'avons rien vu à Hiroshima...

Alain Resnais, lui, a vu.

"Hiroshima mon amour" est un film imprévu, inclassable, Il rompt avec tout ce qui existait avant. Il n'a jamais été imité, approché, atteint dans la rareté qui en fait la beauté unique. Lui aussi est né sur les ruines d'un cinéma dépassé. D'un cinéma atteint par les bombes d'une génération qui donnera Truffaut, Chabrol, Godard. Entre autres. Ils n'étaient pas "de leur temps"... Ils en créaient un autre.

Ce sont les hommes et les femmes qui ont le courage de rompre avec leur passé, avec leurs habitudes, qui font et sont l'avenir. Ils ne subissent pas l'Histoire. Ils l'utilisent pour écrire des histoires et les donnent à partager, les offrent à la réflexion, contribuent à d'autres "possibles", ouvrent des portes quand celles-ci, une à une, se ferment au nez de celles et ceux auxquels on a confisqué les clefs. Il en est même qui écrivent des histoires d'amour.

Hiroshima. Mon amour.

Qu'en est-il aujourd'hui de l'Histoire? Elle est un produit. Un produit de consommation. Tout est "historique". Le but d'un footballeur, la sortie d'un nouveau modèle de voiture, un défilé de mode, des sommets du G20, 22, 27 qui pourtant ne changeront pas le monde. 

Nous sommes loin, très loin de ces petites filles d'Hiroshima, souriantes et heureuses, qui offrent à Emmanuelle Riva leurs visages d'enfants déjà grandes…

Oui nous n'avions rien vu à Hiroshima...

Christophe Chartreux

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Albert Camus sur Hiroshima. L'éditorial de Combat du 8 août 1945

6 Août 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Histoire

Par Albert Camus. Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique.

 

On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.

 

En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d'aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d'idéalisme impénitent, ne songera à s'en étonner.

 

Les découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu'elles sont, annoncées au monde pour que l'homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d'une littérature pittoresque ou humoristique, c'est ce qui n'est pas supportable.

 

Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu'une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d'être définitive. On offre sans doute à l'humanité sa dernière chance. Et ce peut-être après tout le prétexte d'une édition spéciale. Mais ce devrait être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.

 

Au reste, il est d'autres raisons d'accueillir avec réserve le roman d'anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le rédacteur diplomatique de l'Agence Reuter* annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam*, remarquer qu'il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.

 

Qu'on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d'Hiroshima et par l'effet de l'intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d'une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d'une véritable société internationale, où les grandes puissances n'auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l'intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.

 

Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison.

 

Albert Camus

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Chris Smither...

5 Août 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Malcolm Lowry...

5 Août 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

A présent le Consul faisait de cette Vierge-ci l'autre qui avait exaucé sa prière et, comme ils se tenaient en silence devant elle, il pria encore : "Rien n'est changé et malgré la miséricorde de Dieu je suis toujours seul. Bien que ma souffrance semble n'avoir aucun sens je suis toujours dans l'angoisse. Il n'y a pas d'explication à ma vie." En effet il n'y en avait pas, et ce n'était pas là non plus ce qu'il avait voulu exprimer. "Je vous en prie, accordez à Yvonne son rêve - rêve ? - d'une vie nouvelle avec moi - je vous en prie laissez-moi croire que tout cela n'est pas une abominable duperie de moi-même", essaya-t-il... "Je vous en prie, laissez-moi la rendre heureuse, délivrez-moi de cette effrayante tyrannie de moi. Je suis tombé bas. Faites-moi tomber encore plus bas, que je puisse connaître la vérité. Apprenez-moi à aimer de nouveau, à aimer la vie." Ça ne marchait pas non plus... "Où est l'amour ? Faites-moi vraiment souffrir. Rendez-moi ma pureté, la connaissance des Mystères, que j'ai trahis et perdus. Faites-moi vraiment solitaire, que je puisse honnêtement prier. Laissez-nous être heureux encore quelque part, pourvu que ce soit ensemble, pourvu que ce soit hors de ce monde terrible. Détruisez le monde !" cria-t-il dans son cœur. Le regard de la Vierge était baissé comme pour bénir, mais peut-être n'avait-elle pas entendu.

Malcolm Lowry - Au-dessous du volcan

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Covid et rentrée: Les Français hostiles aux différences entre élèves vaccinés et non vaccinés

5 Août 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Avocat séparation couple non mariés Paris 7 - Avocat séparation Paris

EXTRAITS

(...)

Le pass sanitaire pour les sorties scolaires divise

Autant de doutes, ou de critiques qui semblent, ainsi, trouver un écho dans la population. Selon notre étude YouGov menée les mardi 3 et mercredi 4 août, 55% des Français interrogés sur l’annonce précise de Jean-Michel Blanquer -concernant le renvoi à la maison des élèves non vaccinés en cas de présence du virus- se disent opposés à de telles mesures de “différenciation”. Ils ne sont, au contraire, que 35% à y être favorables.

Dans le détail, la disposition suscite le plus de crispations chez les sympathisants d’extrême droite et d’extrême gauche quand, sans surprise, les électeurs de LREM sont les plus enthousiastes avec un taux d’approbation tout juste au-dessus de 50%. Signe de défiance supplémentaire: les soutiens du président de la République, habituellement bien moins critiques, sont, ici, 39% à se montrer hostiles à cette différence de traitement instituée par le ministre de l’Éducation nationale. 

Et cette mesure n’est pas la seule à semer le doute: l’obligation de présenter un pass sanitaire pour participer aux sorties scolaires, que ce soit au musée ou au cinéma, divise également les Français. Ils sont 47% à se dire favorables à cela, quand 45% y sont hostiles, toujours selon les conclusions du sondage YouGov.

Le soutien aux anti-pass majoritaire chez les jeunes

Autant de chiffres à mettre en parallèle avec le soutien sans faille de la population à l’égard du pass sanitaire voulu par le gouvernement. Tous les sondages montrent une approbation de l’ordre de 60 à 70% du fameux sésame, quand, notre étude confirme la défiance de la majorité des Français à l’égard du mouvement qui y est opposé. Ils ne sont, dans le détail, que 36% à approuver les anti-pass, quand 59% répondent l’inverse.

En résumé, le différentiel est clair entre l’adhésion globale des Français au pass sanitaire et la défiance concernant les différences de traitement entre les élèves. De quoi voir les questions liées à l’école et la scolarisation comme une ligne rouge dans cette période? 

Les Français sont quoiqu’il en soit ouverts à une mesure tout aussi éruptive: la vaccination obligatoire universelle. Dans l’étude réalisée pour Le HuffPost, 55% des sondés se disent favorables à une telle stratégie, laquelle fait son chemin dans la classe politique, au Parti socialiste notamment.

(...)

Anthony Berthelier

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IAM...

4 Août 2021 , Rédigé par christophe

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Coup de coeur... John Boyne...

4 Août 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Ma mère se leva lentement et se dirigea vers l’autel, un endroit où elle n’était allée que pour recevoir la communion. Son visage n’était pas écarlate, me raconterait-elle des années plus tard, mais pâle. Ce jour-là, il faisait chaud dans l’église, où se mêlaient la moiteur de l’été et la respiration de paroissiens fébriles, et elle se sentait chancelante sur ses jambes. Elle eut peur de perdre connaissance – on la laisserait peut-être là, sur le sol de marbre, jusqu’à ce qu’elle agonise d’humiliation, pour servir d’exemple aux filles de son âge. Elle jeta un coup d’œil nerveux au père Monroe, croisant son regard vindicatif avant de détourner les yeux.

« N’est-elle pas le portrait même de l’innocence…, fit le père Monroe, en contemplant ses fidèles et affichant un demi-sourire. Quel âge as-tu, Catherine ? demanda-t-il.

— Seize ans, mon père.

— Dis-le plus fort. Pour que les bonnes gens qui se trouvent au fond de l’église puissent t’entendre.

— Seize ans, mon père.

— Seize ans. Maintenant, lève la tête et regarde tes voisins. Ta mère et ton père, de bons chrétiens, qui ont toujours mené une vie respectable, et font honneur à leurs parents avant eux. Tes frères, que nous savons tous être des jeunes gens parfaitement honnêtes, travailleurs, qui n’ont jamais détourné une fille du droit chemin. Les vois-tu, Catherine Goggin ?

— Oui, mon père.

— Si je dois encore te demander de parler plus fort, ce sera avec une gifle qui t’enverra de l’autre côté de l’autel, et personne dans l’église ne m’en tiendra rigueur.

— Oui, mon père, répéta-t-elle plus fort.

— “Oui.” C’est la seule fois que tu énonceras ce mot dans une église, t’en rends-tu compte, fillette ? Il n’y aura jamais de jour de noce pour toi. Je vois que tes mains se posent sur ton gros ventre. Y a-t-il là un secret que tu cherches à cacher ? »

Un cri de surprise étouffé monta de l’assistance. C’était bien ce que les paroissiens avaient soupçonné, bien entendu – aurait-il pu s’agir d’autre chose ? – mais ils attendaient la confirmation. Des regards s’échangèrent entre amis et ennemis, les conversations déjà prêtes dans leurs têtes. Les Goggin, souffleraient-ils. Ça ne m’étonne pas du tout de cette famille. Lui est à peine capable d’écrire son nom sur un bout de papier et elle, elle est vraiment spéciale.

« Je ne sais pas, mon père, répondit ma mère.

— Tu ne sais pas. Bien sûr que tu ne sais pas. Évidemment, tu n’es rien d’autre qu’une petite putain ignorante qui n’a pas plus de cervelle qu’un lapin dans un clapier. Et la morale qui va avec, pourrais-je ajouter. Vous toutes, jeunes filles, poursuivit-il d’une voix plus forte en se tournant face aux habitants de Goleen, qui se figèrent sur leurs bancs tandis qu’il pointait son index vers eux. Jeunes filles, regardez bien Catherine Goggin, et apprenez ce qu’il advient aux jeunes filles qui prennent des libertés avec leur vertu. Elles se retrouvent avec un enfant dans le ventre et pas de mari pour prendre soin d’elles. »

L’église fut parcourue d’une clameur. Une fille de l’île de Sherkin s’était fait engrosser l’année précédente. Le scandale avait été inouï. Un événement similaire s’était produit à Skibbereen au moment de Noël deux ans auparavant. Goleen allait-elle devoir vivre aussi sous le sceau de la honte ? Si cela arrivait, la nouvelle serait connue dans tout l’ouest de Cork avant l’heure du thé.

« Bon, Catherine Goggin, reprit le père Monroe en posant une main sur son épaule et en serrant sa clavicule très fort entre ses doigts. Devant Dieu, ta famille et toutes les bonnes gens de cette paroisse, tu vas nommer le gamin qui a péché avec toi. Tu dois le nommer de manière à ce qu’il soit obligé de confesser son acte pour être pardonné aux yeux de Dieu. Et après cela, tu quitteras cette église, cette paroisse et plus jamais tu ne terniras le nom de Goleen, as-tu entendu ? »

John Boyne - Les fureurs invisibles du coeur

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Emmanuel Macron décevant pour l’éducation mondiale...

4 Août 2021 , Rédigé par ONE France Publié dans #Education

Gestion de risques de catastrophes : Les dirigeants du monde invités à  faire de l'éducation et la sécurité à l'école une priorité

Ça y est ! La conférence de reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), le plus grand fonds au monde œuvrant pour l’accès à une éducation de qualité pour chaque enfant dans les pays à faible revenu, s’est tenue les 28 et 29 juillet derniers au Royaume-Uni.

Depuis février dernier, nous avons fait appel à votre solidarité et vous avez répondu présents. Un immense merci ! Nos équipes à travers le monde étaient également mobilisées pour garantir que le PME récolte les 5 milliards de dollars demandés auprès des différents gouvernements. Malheureusement, l’objectif n’a pas été atteint : seuls 4 milliards de dollars ont été levés pour contribuer à mettre fin à la crise mondiale de l’apprentissage.

EN SAVOIR PLUS

Vous vous en souvenez, la contribution financière française devait s’élever à 500 millions d’euros pour la période 2021-2025. Ce montant, défini par le PME, a été calculé selon le poids économique de la France et la prise en compte des besoins accrus causés par la pandémie de COVID-19. Pour encourager le gouvernement à atteindre cette somme, nous avons, entre autres, fait appel au soutien des députés, envoyé des courriers au Président, organisé une action devant la tour Eiffel et remis notre pétition à Emmanuel Macron en main propre.

Malheureusement, la France n’a pas été à la hauteur. En réitérant son annonce de 333 millions d’euros, déjà évoquée lors du G7 et du Forum Génération Égalité en juin dernier, Emmanuel Macron a fait la sourde oreille et a décidé de ne pas prendre en compte la demande du PME. Des millions d’enfants risquent d’être laissés pour compte.

333 millions d’euros, cela représente un maintien de la contribution française par rapport au montant de 2018. En d’autres termes, Emmanuel Macron a omis les conséquences de la pandémie sur l’éducation à travers le monde et n’a pas revu l’ambition de la France à la hausse, et ce, malgré la crise.

EN SAVOIR PLUS

Cependant, votre mobilisation n’a pas été vaine. Pendant des mois, nous avons montré au gouvernement que nous, et nos soutiens, ne lâcherons rien. Christophe, que vous ayez signé notre pétition, agi sur les réseaux sociaux ou envoyé un e-mail au Président de la République, vous avez fait entendre votre voix et, pour cela, nous vous en sommes très reconnaissants.

Nous continuerons à nous battre pour que les enfants du monde entier disposent des moyens nécessaires à leur épanouissement.

Merci infiniment pour votre soutien,

Dana Khalil, ONE.org

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Coup de coeur... François Weyergans...

2 Août 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Il avait fini de sortir tous les livres des cartons et il regardait les tranches jaspées qui entouraient d’une sorte de halo les proses ou les poèmes qui l’avaient poussé, jadis, à croire que la solitude est mieux que tout.

Un livre vit et respire par les tranches, pensait-il. L’année dernière, il avait eu la fantaisie de retourner tous ses livres dans sa bibliothèque à Paris, pour en exposer les tranches. « Ils ont vraiment le dos au mur », avait-il dit en montrant ses livres à ses invités qui avaient eu l’air de penser que cette fois, ça y était, Melchior avait le cerveau ramolli. Il avait pris soin, après avoir remis ses livres à l’endroit, d’inviter de nouveau les mêmes personnes, qui lui avaient toutes trouvé meilleure mine.

Tiens ! A vingt ans, il avait acheté le Faust de Goethe ! Qu’avait-il pu y comprendre à l’époque ? Il en avait acheté bien d’autres éditions depuis. Ainsi, les premières pages qu’il lisait dans la maison où, vieillard, il venait à un rendez-vous que lui avait fixé sa jeunesse, allaient le conduire dans le cabinet de travail où Faust maudit la mollesse et la patience, et refuse de renoncer à l’action, au mouvement, à la découverte du monde des hommes.

François Weyergans - La Démence du boxeur

Exemple 1 : La Démence du boxeur

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