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Vivement l'Ecole!

Coronavirus : La rentrée scolaire est-elle un trou dans la raquette de la lutte contre l’épidémie ?

25 Août 2021 , Rédigé par christophe

TROU DANS LA RAQUETTE - Seurann L'accompagnement dirigeant

Une large part de non-vaccinés et de nombreux moments sans masque : comme en 2020, la rentrée scolaire pourrait participer à la relance de l’épidémie de Covid-19 en France

Jeudi 2 septembre, la rentrée scolaire a lieu en France et des millions d’élèves sont attendus dans les salles de classe.

Alors que la situation épidémique reste très fragile en France, cette rentrée qui mélange population non-vaccinée et activités sans masque fait craindre un rebond important.

Avec l’impossibilité de vacciner les enfants et un protocole sanitaire jugé par beaucoup insuffisant, retour sur une rentrée de tous les dangers.

Au jour de ce lundi 23 août, la situation épidémique en France métropolitaine présente quelques timides signaux positifs. L’incidence et le nombre de cas de coronavirus sont en légère baisse depuis plusieurs jours après un plateau autour de 25.000 cas, qui a entraîné décès et hospitalisations en bien moindre quantité que les précédentes vagues, preuve supplémentaire de l’efficacité vaccinale. Le pourcentage de vaccinés est justement l’autre bonne nouvelle pour la France : 70,2 % de la population a reçu une première dose, et 60,5 % des Français sont totalement vaccinés. Une couverture en termes de primo-injection supérieur aux Etats-Unis ou à Israël, deux pays qui ont été très longtemps leader loin devant la France.

Mais ce bilan en demi-teintes plutôt claires pourrait vite s’assombrir, avec l’arrivée de la rentrée scolaire le jeudi 2 septembre. 20 Minutes fait le point.

C’est quoi le problème avec la rentrée scolaire ?

La rentrée scolaire concerne un large public majoritairement non-vacciné contre le covid-19. Déjà, les enfants de moins de 12 ans ne sont pas éligibles (sauf pathologies et comorbidités exceptionnelles), puisque aucune étude européenne n’a été finalisée sur cette population. Le verdict et l’autorisation ne devraient pas tomber avant 2022.

Quant aux adolescents entre 12 et 17 ans, il s’agit de la tranche d’âge la moins vaccinée parmi les populations éligibles : plus de 43 % des 12-17 ans n’ont pas reçu la moindre dose de vaccin, et moins d’un tiers est totalement vacciné. En moyenne, seulement 18,4 % de la population éligible totale n’a pas reçu de dose.

A cela s’ajoute de (très) nombreuses situations sans masque en intérieur : cantines scolaires, sport en intérieur autorisé, et port du masque non obligatoire pour les enfants en maternelle. Or, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer l’a bien répété, le pass sanitaire ne sera pas demandé à l’école : Il s’agira donc des seuls lieux clos de France sans port du masque où le pass n’est pas requis, avec la population la moins vaccinée du pays, D’où ce sentiment de trou dans la raquette. Selon les modélisations de l’Institut Pasteur, la moitié des nouvelles infections du pays auront lieu chez les enfants.

Quels sont les risques ?

Hélène Rossinot, médecin en Santé Publique, tranche : « Clairement, la rentrée scolaire peut foutre la merde ». Plusieurs éléments sont sources d’inquiétude : l’incidence chez les futurs élèves est cinq fois plus haute que l’an passé, où la rentrée (scolaire et professionnelle) avait entraîné une forte hausse des cas jusqu’à la seconde vague.

La non-vaccination des élèves est un double danger. Déjà, pour eux-mêmes : « Il y a un gros risque que les enfants soient très contaminés, et ils ne sont pas protégés car pas vaccinés. Même chez les enfants, le coronavirus – et a fortiori le variant delta – peut provoquer des hospitalisations, des séquelles longues et des formes graves », poursuit la médecin. Plusieurs régions de France font cas d’une hausse d’hospitalisations chez les très jeunes depuis l’apparition de Delta, hospitalisations rarissimes avant ce variant. Les Etats-Unis, eux aussi touchés par le même variant, font état d’un nombre record d'enfants hospitalisés pour cause de Covid-19.

Le deuxième danger concerne le reste de la population, et en particulier les fragiles. On l’a vu cet été et lors du précédent, la hausse d’incidence chez les jeunes (en l’occurrence, les 20-29 ans lors de juin juillet 2021 et juillet août 2020) finit toujours par entraîner une hausse d’incidence chez les autres catégories d’âge. Si les enfants se contaminent entre eux, cette hausse des cas devrait donc finir par se porter sur les populations les plus fragiles. Certes, la vaccination massive des adultes devrait « un peu limiter la casse » lors de ce transfert d’incidence, note Hélène Rossinot.

Mais premièrement, le vaccin n’empêche pas totalement les formes graves et les décès (même s’il les prémunit à plus de 90 %), et surtout, 14 % des personnes âgées en France ne sont pas du tout vaccinées, tout comme de nombreuses personnes fragiles. Si les enfants se contaminent à outrance, cela pourrait donc entraîner une vague importante de réanimation et de décès, avec des mesures de freinages (couvre-feu, fermeture des lieux culturels et de restaurations, confinement) probablement très peu acceptée par la population. Au point peut-être qu’elles ne seraient pas mises en place.

Comment limiter les contaminations à l’école ?

De nombreuses études en vie réelle l’attestent : en plus de prémunir contre les formes graves et les décès, le vaccin diminue le risque d’attraper le virus mais aussi de le transmettre. L’une des solutions serait donc d’accélérer la vaccination des 12-17 ans. En ce sens, le ministère de l’Education assure qu’il sera possible de se vacciner directement dans les collèges et les lycées, ce qui devrait entraîner une hausse rapide des vaccinés adolescents.

Pour les 0-12 ans, la vaccination reste impossible. Que faut-il faire alors ? Dans une tribune publiée jeudi 19 août, de nombreux médecins ont appelé à renforcer le dispositif sanitaire des écoles. « Le ministre a fixé un protocole sanitaire de niveau 2, alors qu’il faudrait appliquer le protocole 3 ou 4 au vu de l’incidence chez les jeunes », plaide Hélène Rossinot. Les principales différences avec le protocole de niveau 2 seraient l’interdiction du sport en intérieur, la restauration uniquement par classe dans le 1er degré, et l’hybridation des cours (distanciels et présentiels) au lycée.

A cela, la médecin rajoute une surveillance accrue de la qualité de l’air et de l’aération « Il faudrait aérer plusieurs fois par heure, vérifier la qualité de l’air par des capteurs de CO2 et rajouter des purificateurs HEPA s’il n’y a pas plusieurs fenêtres ainsi que dans les cantines », ainsi qu’une stratégie de dépistage plusieurs fois par semaine par tests salivaires.

Des dispositifs déjà mis en place dans plusieurs pays qui, comme la France, redoutent cette rentrée de tous les dangers.

Jean-Loup Delmas

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En quoi la culture générale compte-t-elle dans la réussite scolaire et pourquoi est-il si difficile pour l’école de transmettre cette culture?

23 Août 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

En quoi la culture générale compte-t-elle dans la réussite scolaire et pourquoi est-il si difficile pour l’école de transmettre cette culture?

En quoi la culture générale compte-t-elle dans la réussite scolaire et pourquoi est-il si difficile pour l’école de transmettre cette culture? Emission en direct de Radio France fête le livre.

La culture et l’école, le rôle de la culture dans la réussite scolaire et le rôle de l’école dans la transmission de la culture, c’est une grande histoire problématique – on pense bien sûr à Pierre Bourdieu… Car malgré le temps passé, et les réflexions menées depuis longtemps sur le sujet, l’école semble ne pas réussir à sortir des mêmes impasses depuis des décennies : le système scolaire français reproduit encore trop bien et particulièrement fortement les inégalités sociales. Alors pourquoi ne progressons-nous pas sur ce terrain? Pour mieux comprendre ce qu’il en est et tenter d’appréhender ce qui fait obstacle à la transmission il faut se rapprocher du terrain, observer les classes, la manière dont se font les apprentissages, comprendre comment se noue la relation aux savoirs et à la culture, et ce de l’école primaire aux grandes écoles. Car il semble qu’il y ait beaucoup de malentendus et peut-être aussi de beaucoup de non-dits autour de l’idée de culture à l’école...

Louise Tourret

Avec :

  • Julien Netter, maître de conférences en sciences de l'éducation à l'UPEC (Université Paris-Est Créteil), membre de l'équipe Circeft-Escol. Il publie actuellement Culture et inégalités à l’école (PUR).

On est peut-être dans une période où le mérite n'est plus si valorisé que ça et où ça devient de plus en plus tendu,

C'est très compliqué de faire changer un enfant de façon de penser. C'est douloureux de changer de façon de penser, Julien Netter

  • David Guilbaud, haut fonctionnaire, ancien élève de l’ENA. Il publie actuellement L’illusion méritocratique (Odile Jacob).

On constate que ceux qui s'en sortent le mieux à l'école ce sont ceux qui ont acquis auprès de leurs parents un certain capital culturel, David Guilbaud

  • Marie Duru-Bellat, sociologue et professeure à Sciences Po Paris, chercheuse à l’Institut de recherche sur l’éducation (IREDU) et à l'Observatoire sociologique du changement (OSC-CNRS). Elle a publié récemment aux éditions Armand Colin Sociologie de l’école (co-écrit avec Géraldine Farges et Agnès Van Zanten) et a notamment publié Les inégalités sociales à l’école (PUF, 2015) et Le mérite contre la justice, (Presses de Sciences Po, 2013).

Je me demande si en France on n'est pas un peu plus fatalistes que les pays voisins à cause des théories de Bourdieu et Passeron,

Quand on veut on peut c'est censé être l'idée fondatrice de notre société, c'est ça la méritocratie, c'est puisqu'on est égaux on a tous la possibilité et le devoir de réussir, Marie Duru-Bellat

La leçon de choses de Sophie Bober :

"J'avais besoin de sauver ces vieilles pierres", avec Catherine Meurisse, auteure de Les Grands Espaces (Dargaud, 2018).

Pour aller plus loin :

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A lire... Ecole publique et émancipation sociale - Laurence De Cock

20 Août 2021 , Rédigé par Ed Agone Publié dans #Education

École publique et émancipation sociale - Agone

Jamais le démantèlement de l’école publique n’aura été aussi brutal que sous le mandat présidentiel d’Emmanuel Macron. De la maternelle à l’université, ce sont les enfants des catégories populaires qui en paient le prix fort. En face, la résistance est faible. Doit-on y voir la perte du sens de l’école publique ? Même si la démocratisation scolaire n’a jamais tenu toutes ses promesses, il ne faut pas pour autant en abandonner les ambitions, sans lesquelles aucune émancipation sociale n’est possible.

Après avoir dressé le tableau noir des conséquences des réformes éducatives récentes que la crise sanitaire n’a fait que révéler, ce livre revient sur les fondements historiques des principes d’une éducation nationale théorisée par les révolutionnaires français en 1793, principes généreux enrichis par certains pédagogues de l’éducation nouvelle et qui ont guidé chaque grand moment de démocratisation scolaire, de Jean Zay sous le Front populaire au plan Langevin-Wallon après la Libération.

Qu’en reste-t-il aujourd’hui et sur quelles bases refonder une école au service des masses ? Aux anciens défis, d’autres se sont ajoutés : les nuisances de l’idéologie néolibérale, la défiance grandissante à l’égard de la pensée rationnelle et critique autant que des pédagogies de transformation sociale.

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Rentrée scolaire et protocole sanitaire : «On va droit dans le mur»

19 Août 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Le maire peut-il intervenir lorsqu'un mur mitoyen menace de s'écrouler ? |  SeLoger

A deux semaines de la reprise et alors que le variant delta inquiète familles et professeurs, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, est resté flou ce jeudi sur les modalités d’application du protocole sanitaire dans les établissements scolaires.

Il y avait comme un air de déjà-vu dans le déplacement du ministre de l’Education nationale ce jeudi à Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine. Après l’avoir martelé durant toute l’année scolaire, Jean-Michel Blanquer l’a encore affirmé à quinze jours de la rentrée : «Les écoles doivent rester ouvertes.» Et il le répète à chaque fois comme un mantra : «Il n’y a pas de contamination particulière en milieu scolaire.»

Pourtant, le retour à l’école sous la menace du variant delta inquiète parents et professeurs. Ce virus n’est pas plus dangereux pour les enfants qui restent à l’abri des formes graves (1 % des hospitalisations), mais il est en revanche très contagieux et contamine donc forcément de plus en plus les enfants qui ne sont pas vaccinés. A Nice, 10 nourrissons de moins de trois mois ont été hospitalisés sans gravité aux urgences pédiatriques de la ville et les modélisations de l’Institut Pasteur prévoient un grand nombre de cas chez les enfants à la rentrée (jusqu’à 50 000 cas positifs par jour). Aux Etats-Unis, le variant delta est à l’origine des 72 000 cas enregistrés chez les enfants et adolescents en une semaine fin juillet, selon une étude de l’Académie américaine de pédiatrie, un chiffre cinq fois plus élevé que fin juin.

Une campagne de vaccination à la rentrée… pas encore mise en place

Alors que va-t-il se passer lorsque les écoles vont rouvrir en France ? Autorisés à se faire vacciner depuis le 15 juin, plus de la moitié des 12-17 ans ont reçu une première injection et environ 30 % ont eu deux doses. «C’est évidemment favorable à une année la plus normale possible», tient à rassurer Jean-Michel Blanquer, qui a rappelé la mise en place d’une campagne de vaccination à la rentrée, sans en préciser les modalités. Tout juste sait-on que ces centres «éphémères» seront «à l’intérieur ou à proximité» des établissements scolaires. Les recteurs, préfets et les agences régionales de santé (ARS) travaillent en ce moment «pour regarder où on en est de la vaccination, ce qu’il reste à faire sur le mode de l’incitation», a précisé le ministre. «C’est une bonne idée pour toucher les familles éloignées de la médecine, estime Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. Mais tout ça s’anticipe. Qui recueille le consentement des parents ? Qui accompagne les élèves ? Encore une fois, tout reste très nébuleux alors qu’on est à la veille de la rentrée.»

Autre interrogation : celle à propos des sorties scolaires organisées dans les centres de vaccination, annoncées par le ministère de la Santé cette semaine. Une petite phrase qui a fait bondir les syndicats enseignants, et sur laquelle Jean-Michel Blanquer est resté très flou. «Ce ne sera jamais loin de l’établissement et nous proportionnons l’offre à ce que nous analysons de la demande.» Tester, alerter, protéger : c’est l’objectif du gouvernement pour limiter les contaminations. Mais, pendant ce temps-là, les campagnes de test mises en place l’an dernier (sans succès) ont disparu du protocole sanitaire. «C’est étrange de se priver d’un moyen de vigilance qui aurait pu mieux s’organiser», regrette Sophie Vénétitay, qui s’inquiète : «On a l’impression de toujours revivre le même épisode d’une série avec une absence de réponses concrètes. Et là, on va droit dans le mur.»

Pas de vaccin pour les moins de 12 ans

Le ministre de l’Education nationale annoncera dans les prochains jours le protocole sanitaire retenu pour les écoles, collèges et lycées, parmi quatre scénarios possibles, en fonction du degré de circulation du virus et en lien avec les autorités sanitaires et les collectivités locales. «Il faut, sans plus tarder, définir leur niveau territorial d’application, les indicateurs épidémiologiques, ainsi que les seuils déclenchant le passage d’un niveau à l’autre, alertent dans une tribune publiée dans le Monde ce jeudi une trentaine de médecins, scientifiques, enseignants et chercheurs. Il nous apparaît aujourd’hui impensable, pour la majorité des départements français, d’envisager une reprise au niveau 2 du protocole sanitaire, alors que le taux d’incidence chez les 0-19 ans est cinq fois supérieur à celui de la rentrée 2020.»

Une chose est certaine : «La rentrée scolaire aura lieu pour les enfants, qui seront tous accueillis», a insisté Jean-Michel Blanquer. Tous ? Pas tout fait. Dans le secondaire, lorsqu’un cas de Covid-19 sera détecté dans une classe, les 12 ans et plus non vaccinés seront «évincés» : ils devront suivre les cours à distance durant sept jours. Si Jean-Michel Blanquer reconnaît que «c’est plus compliqué pour la continuité pédagogique», il affirme que les enseignants sont désormais rodés. Qui distinguera les vaccinés et les autres ? Là encore, Jean-Michel Blanquer botte en touche : «Le suivi est fait avec les ARS», a-t-il seulement indiqué en précisant que le pass sanitaire ne serait pas demandé dans les établissements scolaires et que le vaccin pour les moins de 12 ans n’était «pas d’actualité».

Cécile Bourgneuf

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« Après dix-huit mois de pandémie, l’école ne doit pas rester le talon d’Achille de la stratégie sanitaire »

19 Août 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

La mort d'Achille - Polyxenia en Méditerranée

La mort d'Achille

EXTRAITS

Face à la propagation rapide du variant Delta chez les enfants, une trentaine de médecins, scientifiques, enseignants, chercheurs, dont les épidémiologistes Dominique Costagliola et William Dab, alertent, dans une tribune au « Monde », sur la nécessité d’une « action ferme » pour protéger la santé des élèves.

Tribune. A deux semaines de la rentrée, face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue pour protéger leur santé dans les établissements scolaires.

Le variant Delta se propage actuellement à grande vitesse chez les plus jeunes. Au Royaume-Uni, il s’est principalement diffusé à partir des enfants : plus d’un million d’élèves ont été absents au cours du dernier mois d’école. Aux Etats-Unis, 121 000 cas d’enfants et d’adolescents ont été rapportés la seule semaine dernière.

En France, dans les Landes, à la veille des vacances, le taux d’incidence en milieu scolaire dépassait déjà, de très loin, celui des adultes, même chez les 3-5 ans. Cet été, les clusters se sont multipliés de façon alarmante dans les centres aérés et les colonies de vacances. Le 2 août, le taux d’incidence chez les 0-9 ans était déjà très élevé, dépassant le seuil de 200 pour 100 000 dans trois régions, alors que leur taux de positivité est le double de celui de la population générale.

(...)

Purificateurs d’air

La prévention de la transmission par aérosols reste largement insuffisante dans ce protocole, qui n’a pas évolué en dépit d’un virus plus fortement transmissible. Les fenêtres doivent être bien plus fréquemment ouvertes et la recommandation d’équiper les établissements de détecteurs de CO2 ne peut suffire : cela doit être la règle. Aucune mesure ne vise les cantines, le recours à des purificateurs d’air n’est même pas mentionné.

Cet été, l’Irlande, le Québec ont équipé toutes les classes de détecteurs de CO2, pendant que New York, Philadelphie et Francfort installaient des purificateurs dans les leurs. La Finlande, l’Autriche, des Länders allemands et des Etats américains financent également l’installation de ces dispositifs.

D’autres défaillances sont à pointer : le sport en intérieur, activité à haut risque de transmission, reste autorisé jusqu’au « niveau 3 » – qui correspond vraisemblablement à une circulation virale importante – et la distanciation continue d’être promue « lorsqu‘elle est matériellement possible », pendant que des pays comme l’Italie et l’Espagne réduisent les effectifs de leurs classes.

Autre point d’alarme : l’absence d’une véritable stratégie de dépistage telle que recommandée par les différentes instances sanitaires internationales. D’autres pays sont, là aussi, mieux préparés : par exemple, l’Autriche a conditionné, depuis l’année dernière, l’enseignement en présentiel à la réalisation d’autotests, deux ou trois fois par semaine, obtenant des faibles taux de contamination dans ses établissements.

(...)

En France, après dix-huit mois de pandémie, l’école ne doit pas rester le talon d’Achille de la stratégie sanitaire. Nos enfants ont déjà payé un lourd tribut lors de cette crise, préservons dès maintenant leur scolarité et leur santé de risques évitables.

Igor Auriant, médecin réanimateur; Thierry Baubet, psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, université Sorbonne-Paris-Nord, 93; Amina Ayouch-Boda, psychologue clinicienne, hôpital Saint-Antoine (AP-HP); Francis Berenbaum, chef du service rhumatologie, hôpital Saint-Antoine (AP-HP); Nadine Bertoni, psychiatre; Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie; Fabienne Blum, docteur en pharmacie; Matthieu Calafiore, médecin généraliste; Franck Clarot, médecin légiste, radiologue; Dominique Costagliola, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), membre de l’Académie des sciences; William Dab, épidémiologiste, ancien directeur général de la santé (2003-2005); Guislaine David, cosecrétaire générale et porte-parole du syndicat des enseignants du premier degré français SNUipp-FSU; Corinne Depagne, pneumologue; Jonathan Favre, médecin généraliste; Germain Forestier, professeur des universités; Mélanie Heard, responsable du pôle santé du think tank Terra Nova; Irène Kahn Bensaude, pédiatre, ancienne présidente du CDOM 75 (conseil départemental de la Ville de Paris de l’ordre des médecins); Christian Lehmann, médecin généraliste, écrivain; Jérôme Marty, médecin généraliste, président de l’Union française pour une médecine libre (UFMLS); Cyril Mazubert, médecin généraliste; Andréea-Cristina Mas, Collectif de malades Covid-19 au long cours; Patrick Mercié, médecine interne et immunologie clinique, CHU de Bordeaux; François-Xavier Moronval, médecin urgentiste; Gilles Pialoux, infectiologue, hôpital Tenon (AP-HP); Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du syndicat général de l’éducation nationale SGEN-CFDT; Noémie Pérez, pédiatre; Michaël Rochoy, médecin généraliste; Hélène Rossinot, médecin spécialiste de santé publique; Barbara Serrano, consultante indépendante et maîtresse de conférences associée à l’université de Versailles-Saint-Quentin; David Simard, docteur en philosophie, chercheur associé au laboratoire LIS, faculté de santé de l’université Paris-Est-Créteil; Laurence Webanck, médecin rhumatologue; Elisa Zeno, PhD, ingénieur de recherche; Florian Zores, cardiologue; Mahmoud Zureik, épidémiologie et santé publique, université de Versailles-Saint-Quentin

Texte intégral à lire (pour abonnés) en cliquant ci-dessous

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"Le budget des jeunes a été réduit depuis le début du quinquennat Macron"

16 Août 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Précarité étudiante : l’Unef dénonce les «mensonges» du gouvernement

Dans sa dernière enquête sur le coût de la vie étudiante publiée ce dimanche, l’Unef montre à quel point le budget des jeunes a été réduit depuis le début du quinquennat Macron.

Une précarité qui a «explosé» avec la crise sanitaire, mais qui reste avant tout «structurelle». C’est ce que montre le dernier rapport autour du coût de la vie publié ce dimanche par l’Union nationale des étudiants de France (Unef). Après près d’un an et demi de cours à distance, de crise sanitaire et sociale, les conclusions de l’enquête menée par l’Unef viennent étayer les témoignages de nombreux étudiants. Et pointent un responsable à cette situation chaotique : le quinquennat Macron, le seul sous lequel les étudiants ont perdu de l’argent. «Notre enquête montre une augmentation de la précarité étudiante, liée à la crise sanitaire mais aussi à une problématique plus générale, de crise sociale qui dure chez les étudiants depuis de nombreuses années, expose Mélanie Luce, présidente de l’Unef jointe par LibérationLe gouvernement a failli à répondre. Il n’a pas été simplement amorphe mais a mis en place des mesures qui nous ont précarisés.»

Hausse des loyers

Outre les promesses non tenues critiquées par le syndicat, l’Unef affirme qu’Emmanuel Macron a largement moins investi que ses prédécesseurs dans les aides directes – qui regroupent notamment l’aide personnalisée au logement (APL) et divers avantages fiscaux – mais également qu’il est le seul à avoir diminué ces budgets. Au total, les étudiants ont perdu 39,26 euros par an en aides directes depuis l’arrivée au pouvoir du président Macron. Depuis dix-sept ans, date à laquelle l’Unef a commencé son enquête sur l’évolution du coût de la vie, la précarité étudiante n’a cessé de s’accentuer, pointe le rapport. Le calcul de l’évolution de l’investissement en aides directes par étudiant sous les divers quinquennats est ainsi passé d’environ 306 millions sous le quinquennat Nicolas Sarkozy à quelque 546 millions d’euros lors du mandat de François Hollande. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à la présidence, seulement 79 millions d’euros ont été alloués aux aides directes. Les aides ont baissé de 41 millions d’euros entre 2017 et 2019, alors que sur la même période le nombre d’étudiants a augmenté de 100 000, souligne l’Unef, qui dénonce notamment «de multiples attaques sur le montant des APL», dont le mode de calcul a été modifié au début de l’année.

Pour l’année scolaire à venir, l’Unef prévoit une augmentation moyenne du coût de la vie étudiante de 2,5 % par rapport à 2020 – contre une inflation de 1,5 % pour le reste de la population. Une hausse qui représente quelque 247,38 euros par an, soit une augmentation de 20,61 euros par mois pour les étudiants et leur budget. Un chiffre qui démontre que «la situation des étudiants est bel et bien critique», souligne l’Unef dans son rapport. Depuis le début du quinquennat, le coût de la vie étudiante a augmenté de 10,72 %. Comment s’explique cette augmentation ? Par une hausse des loyers en province et en banlieue parisienne – le logement restant le premier poste de dépense des étudiants –, ainsi que par une augmentation du tarif des transports dans les grandes villes.

«Au début du quinquennat, 7 % d’étudiants étaient logés en résidence universitaire. Ils ne sont maintenant que 6,25 %, précise la présidente de l’Unef. Proportionnellement ça veut dire de plus en plus d’étudiants doivent se loger dans le privé. Cela plombe le budget de la vie étudiante.» A son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron avait promis la construction de 60 000 logements étudiants supplémentaires d’ici la fin du quinquennat. En juin, Libération révélait que seuls 16 327 logements avaient été construits. Un tiers des étudiants vivent aujourd’hui chez leurs parents, pour beaucoup en raison de difficultés financières.

Fin des repas à un euro pour les non boursiers

«Face à l’explosion médiatisée de la précarité étudiante et aux mobilisations, le gouvernement a été forcé de réagir. Néanmoins, les mesures mises en place étaient loin d’être à la hauteur des enjeux», peut-on lire dans l’enquête de l’Unef. Les auteurs du rapport pointent des mesures «annoncées en grande pompe […] supprimées au bout de quelques mois». Ainsi, à partir de la rentrée 2021, le gouvernement a décidé que les étudiants non boursiers ne bénéficieront plus des repas à un euro au Crous. «Dans la queue des distributions alimentaires, on a vu tous les profils d’étudiants, rappelle Mélanie Luce. Le système boursier actuel ne colle pas avec la réalité du milieu étudiant. C’est aberrant, cela crée une augmentation des dépenses de 276 euros du non boursier par rapport au boursier. Cette séparation en deux mondes n’a pas lieu d’être.» Le gel des frais universitaires, adopté en 2020, a en revanche été reconduit pour la rentrée 2021.

L’Unef appelle à une réforme du système de bourse et demande «à ce que [la ministre de l’Enseignement supérieur] Frédérique Vidal tienne ses promesses et entame une réforme en profondeur des bourses afin de créer un système d’aides sociales qui corresponde aux enjeux de notre génération». Parmi les mesures proposées pour réduire la précarité étudiante, les auteurs revendiquent également la mise en place d’une allocation d’autonomie, la fin de la différenciation des étudiants en fonction de leur nationalité ou encore le retour du régime étudiant de Sécurité sociale. «Il y a une communication très hypocrite du gouvernement autour des étudiants, soutient Mélanie Luce. On n’a pas arrêté de nous dire que les jeunes ne paieraient pas la crise, que le gouvernement avait fait beaucoup, mais pour les étudiants concrètement ils n’ont pas fait assez. Nous sommes face à une situation où ce ne sont plus juste des fausses promesses mais des mensonges.»

Charles Delouche-Bertolasi

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Evan Fournier écrit au ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer pour parler sport à l'école.

16 Août 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

JO - Hand, basket, volley : les équipes de France aux portes d'un  incroyable quintuplé

JEUX OLYMPIQUES - Monsieur le ministre de l’Éducation nationale, vous avez, comme plus de 10 millions de téléspectateurs, suivi les finales olympiques de nos équipes de handball, de volley et de basket. Ces finales, marquées par le sacre de trois de nos équipes de France, ont mis en avant la qualité du travail de nos équipes de sports collectifs que je tiens encore à féliciter.

Les réactions ont été nombreuses, et ces performances exceptionnelles ont été saluées par tous. Comme l’ensemble de nos concitoyens, vous vous êtes réjoui de ce bilan olympique. Cependant, à l’image de mes coéquipiers et de nombreux autres sportifs, je m’interroge face à votre enthousiasme. Vous avez en effet salué les performances tricolores en vous félicitant du travail effectué par votre ministère, et de l’impact qui serait le sien sur ces performances. Il est minime.

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« Je suis un pédagogiste » - Par Claude Lelièvre

16 Août 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Je suis un pédagogiste - Gommer les clichés, construire une meilleure école  - La librairie des Cahiers pédagogiques

Il a osé lui aussi ! A l'instar de Laurence De Cock dans son domaine socio-historique, Philippe Watrelot n'hésite pas à défier crânement ceux qui le provoquent dans son domaine à lui – la pédagogie – en reprenant à son compte dans son dernier livre l'expression dont ils entendent le stigmatiser : ''pédagogiste !''

Et Philippe Watrelot s'en explique clairement dès le début de son Introduction : « Face à un terme disqualifiant, deux réponses sont possibles : réfuter les arguments et déconstruire les idées fausses derrière cette étiquette ; ''retourner le stigmate'', c'est à dire en faire un motif de fierté. Ce mécanisme a souvent été utilisé avec succès par le passé. Ainsi ''intellectuel'' était au départ un terme très péjoratif  forgé par les antidreyfusards. C'est pourquoi, à l'heure où les discours sont de plus en plus virulents et agressifs, j'écris ce livre pour revendiquer avec fierté ; oui, je suis un pédagogiste »

Il ne s'agit donc pas pour lui de s'expliquer pour se ''justifier''' (dans une attitude finalement ''défensive''), mais de ''faire le point '' sur les sujets pédagogiques les plus sensibles afin de « gommer les clichés » (de façon ''offensive'') car il s'agit de rien moins que de « construire une meilleure école'' (comme le souligne le sous-titre de son livre). 

Bon nombre des chapitres du livre ont des titres délibérément  provocateurs ou au moins évocateurs : « L'invention  du pédagogisme », « 67 millions de spécialistes de l'Ecole », « Les pédagogistes sont-ils les ''idiots utiles'' du libéralisme ? », « Les pédagogistes sont-ils laxistes ? », « Les pédagogistes et le pouvoir »

Puis on a un chapitre fort bien venu : « Métier professeur » aux sous-titres significatifs : « Scolarovirus », « Des changements à bas bruit et des raisons d'espérer », « La marge et la page », « Distinguer le discours et les actes », « (re)définir le métier d'enseignant », « Des enseignants qui apprennent, ce sont des élèves qui réussissent »

Suivent deux chapitres de diagnostics incontournables dans la situation actuelle : « L'Ecole de Blanquer » et « Penser l'Ecole d'après ? La panser d'abord ! »

Puis deux chapitres qui vont à l'essentiel : « Qu'enseigner demain ? » et « La lutte contre les inégalités n'est pas une utopie, mais une nécessité »

En guise de conclusion, excusez du peu : une « Lettre à un.e candidat.e à l'élection présidentielle ».  A l'évidence, on n'est pas dans l' « (auto)justification » (''défensive' ) mais dans la projection vers l'avenir (''offensive'')

Philippe Watrelot, « Je suis un pédagogiste. Gommer les clichés, pour construire une meilleure école », ESF sciences humaines, 191 pages  

Claude Lelièvre

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«Vous n’avez pas honte ???» : les sportifs taclent l’autosatisfecit de Blanquer sur les JO

9 Août 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

En images. Jean-Michel Blanquer, un ministre qui mouille le maillot

Le ministre de l’Education nationale s’est attiré les railleries des médaillés olympiques, après ses propos sur la «qualité de l’enseignement» du sport à l’école. Derrière la blague, plusieurs sportifs pointent du doigt le manque de moyens.

Un contre en règle. A peine les Jeux de Tokyo terminés, le ministre de l’Education national Jean-Michel Blanquer s’est fendu de quelques mots de félicitations à destination des sportifs tricolores. Un tweet, d’abord, samedi : «Vive le sport collectif ! Vive l’EPS ! Le succès de nos équipes de France illustre la qualité de l’enseignement de ces sports à l’école. Saluons le travail des enseignants d’EPS et la bonne collaboration avec les fédérations.» Façon de s’approprier les résultats des Bleus en basket, handball et volley - 3 médailles d’or, une d’argent et une de bronze pour la délégation française. Flairant la récupération politique, plusieurs sportifs ont pris la balle au bond sur les réseaux, moquant la réaction du ministre.

«Vous n’avez pas honte ??? a par exemple lâché l’ancien rugbyman Maxime Mermoz. Le sport à l’école ? On en fait au minimum à l’école ! Heureusement que des passionnés sont là en club !!!! Des bénévoles qui donnent tout pour nos jeunes !!» Et d’interroger, alors que la France accueillera les Jeux en 2024 : «Quels sont les moyens donnés au sport scolaire pour faire des champions de demain ??»

«Et mercé l’EPS hein !»

Avec 33 médailles, dont 10 en or, et une 8e place, la France a fait moins bien qu’à Rio, en 2016 (42 médailles dont 10 dorées et une 7e place). Un bilan «mitigé», selon Brigitte Henriques, la présidente du Comité olympique français (CNOSF). Blanquer, lui, vante surtout les mérites de l’Education physique et sportive (EPS) à l’école, à l’origine selon lui des prouesses sportives françaises. Ainsi ce lundi, au micro d’Europe 1 : «Des sports comme le handball, le basketball ou le volleyball sont des sports qui sont très pratiqués à l’école par nos professeurs d’éducation physique et sportive, depuis des années et des années. Et on voit maintenant des générations de handballeurs se succéder et à chaque fois remporter la médaille d’or. Ça montre que le système scolaire, dans la durée, a beaucoup d’importance […] pour l’élite du sport.»

De quoi susciter les critiques des médaillés olympiques, à l’image de l’arrière de l’équipe de basket, Evan Fournier. «Au contraire monsieur le ministre [Jean-Michel Blanquer]. Notre culture sportive à l’école est désastreuse, tacle le basketteur. Si mes coéquipiers et moi-même sommes arrivés à l’élite de notre sport c’est grâce aux associations sportives, aux clubs, aux bénévoles mais en aucun cas grâce à l’école.»

La nageuse Marie Wattel, 6e du 100 mètres papillon à Tokyo, y est également allée de son tweet moqueur : «J’hésite à reprendre les cours d’EPS du coup pour Paris 2024.» Ou encore le basketteur Vincent Poirier : «J’ai quand même rarement fait du basket à l’école mais tranquille.» Et d’ajouter, taquin : «Et Mercé L’EPS hein», après la médaille d’argent des tricolores face aux Etats-Unis. D’autres ont fustigé le manque de moyens dans l’enseignement du sport à l’école, comme le gardien de l’équipe de France de hand, Vincent Gérard : «Heureux de voir que l’EPS est considérée sur les réseaux sociaux. Parce que dans la réalité… Comme le reste de l’enseignement d’ailleurs. Les moyens ne sont pas là…»

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Claudio Monteverdi...

6 Août 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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