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Vivement l'Ecole!

Protection de l’enfance : les associations dénoncent une avancée en trompe l’œil pour les jeunes majeurs

10 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Enfance

Les sans-domicile, de plus en plus souvent des personnes seules - Actualité  fonction publique territoriale

L’amendement surprise du gouvernement, adopté mercredi, sur la généralisation de la protection de l’enfance jusqu’à 21 ans pour les jeunes issus de l’Aide sociale à l’enfance laisse un goût d’inachevé aux associations.

La surprise du gouvernement ne convainc pas totalement. Déposé mardi, jour d’ouverture de l’examen du projet de loi sur la protection de l’enfance à l’Assemblée nationale, l’amendement portant sur la généralisation de la prise en charge des anciens enfants placés jusqu’à 21 ans avait fait naître beaucoup d’espoir. Si les associations saluent une avancée après son adoption mercredi, le texte laisse un goût d’inachevé et elles appellent à la vigilance.

Les associations accompagnant les majeurs et les professionnels de l’aide sociale à l’enfance (ASE) attendaient depuis longtemps la généralisation de l’accompagnement des jeunes majeurs. Actuellement, les départements, compétents en matière de protection de l’enfance, n’ont pas l’obligation de prendre en charge les jeunes passés par l’ASE une fois leurs 18 ans révolus. Conséquence : les jeunes adultes qui ne bénéficient pas du «contrat jeune majeur», une extension de leur protection jusqu’à leurs 21 ans, et qui n’ont pas de solutions pérennes à leur majorité (emploi, poursuite des études dans l’enseignement supérieur, solution de logement ou d’hébergement) sont contraints de se débrouiller par eux-mêmes.

Et les chiffres sont implacables. Un quart des sans-abris nés en France «sont d’anciens enfants placés en protection de l’enfance», selon le rapport sur l’état du mal-logement de 2019 de la Fondation Abbé-Pierre. Entre 18 et 25 ans, plus d’un tiers des SDF sont d’anciens majeurs issus de l’ASE. «Les anciens enfants placés ne sont pas seulement en surreprésentation dans la rue, ils le sont également dans les hôpitaux psychiatriques, dans la population carcérale, etc.», indique Lyes Louffok, membre du Conseil national de la protection de l’enfance, lui même ancien enfant placé et auteur de Dans l’enfer des foyers (1). Il y avait donc urgence à systématiser l’accompagnement socio-éducatif, psychologique et pour le logement de ce public.

C’est à cette problématique que le gouvernement, jusque là sourd aux demandes des associations, apporte une réponse. C’est «un amendement qui va garantir à tous les jeunes majeurs une solution d’accompagnement », assure-t-on du côté du secrétariat d’Etat à la Protection de l’enfance. Les mineurs non accompagnés, anciennement «mineurs étrangers isolés», devraient pouvoir également bénéficier de cet accompagnement à leur majorité. «Il n’y a aucune disposition qui limite l’accès au contrat jeune majeur, confirme l’entourage du secrétaire d’Etat Adrien Taquet. La seule disposition, c’est celle d’avoir été confiée à l’ASE à un moment de sa minorité.» Aussi, cette généralisation du «contrat jeune majeur» pourrait intervenir à n’importe quel moment du parcours des anciens enfants placés entre 18 et 21 ans.

«Cet amendement a été travaillé avec les départements», déclare le ministère, qui ajoute que l’Etat participera au financement de la prolongation. Mais pour les associations, il n’apporte aucune mesure pour contraindre ces collectivités territoriales à appliquer l’extension du «contrat jeune majeur». «Il y a certains départements qui accordent très peu de contrats jeune majeur, reconnaît le ministère. La loi fera changer les choses.»

«Décevant»

Si Lyes Louffok a pu dans un premier temps saluer l’avancée, son enthousiasme est retombé comme un soufflet «en allant dans les détails» de l’amendement. «Décevant», c’est le premier mot qui lui vient à l’esprit. Il déplore que l’amendement ne précise pas l’accompagnement «à titre temporaire» que devront proposer les présidents de département aux jeunes. «Le département reste souverain. Il jugera à la fois du périmètre et de la durée de la prise en charge. Pour nous, ce n’est pas du tout sécurisant. C’est le statu quo.» Dans un communiqué, publié jeudi, le collectif Cause majeur ! regrette également que «la rédaction de l’amendement exclut les jeunes de la protection judiciaire de la jeunesse tout comme ceux vulnérables dont les difficultés n’ont pas été repérées durant leur minorité».

Et même la proposition «systématique» de la «garantie jeune», une allocation mensuelle qui permet «d’accompagner les jeunes entre 16 et 25 ans en situation de grande précarité vers l’emploi ou la formation» ne satisfait pas. Lyes Louffok dénonce un simple effet d’annonce. «L’immense majorité des jeunes issus de l’ASE y était déjà éligible, affirme-t-il. Ce n’est pas révolutionnaire pour nous.» Les espoirs reposent désormais sur les sénateurs, qui étudieront le texte après son passage en première lecture à l’Assemblée nationale. «On va tout faire pour convaincre les sénateurs de nous aider en modifiant cet article [l’article 3 du projet de loi sur la protection de l’enfance, que modifiait l’amendement du gouvernement, ndlr], en imposant que la protection soit réelle jusqu’à 21 ans», annonce Lyes Louffok.

Margaret Oheneba

(1) Dans l’enfer des foyers, Lyes L., Lyes Louffok et Sophie Blandinières, 224 pages, 2014.

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Covid-19: aux Etats-Unis, rentrée sans masque pour les profs et élèves vaccinés

10 Juillet 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Comment fabriquer de meilleurs profs | Slate.fr

Les élèves et les professeurs américains vaccinés contre le Covid-19 ne seront plus contraints de porter le masque pendant les cours.

MASQUES - Les élèves et enseignants vaccinés contre le Covid-19 n’auront plus besoin de porter de masque dans les classes américaines à la rentrée, selon les nouvelles recommandations des autorités sanitaires du pays, mises à jour ce vendredi 9 juillet.

Ces nouvelles recommandations pour les écoles et lycées sont ainsi alignées sur celles concernant les adultes. Les Centres de lutte et de prévention des maladies (CDC) avaient annoncé dès mai que les Américains vaccinés pouvaient tomber le masque, mais les conseils sanitaires à l’adresse des écoles n’avaient pas immédiatement été modifiés en conséquence. 

“A l’intérieur, l’usage du masque est recommandé pour les personnes n’étant pas entièrement vaccinées”, selon les nouvelles recommandations. “Cela inclut les élèves, les enseignants et le personnel”, écrivent les CDC, principale agence fédérale de santé publique du pays. 

Les établissements restent toutefois libres de suivre ou non ces consignes.

Une “priorité”

“Selon les besoins des habitants, les responsables scolaires peuvent décider de rendre le port du masque requis de façon universelle (c’est-à-dire requis indépendamment du statut de vaccination)”, précisent les CDC. Ces raisons peuvent inclure un fort taux de transmission du virus localement, ou même “des difficultés à faire respecter des consignes sur les masques qui ne sont pas universelles”. 

Les autorités sanitaires soulignent que la réouverture des écoles pour une instruction “en personne” est “une priorité”.

Elles mettent pour cela l’accent sur le besoin de vacciner le plus largement possible, “l’une des stratégies les plus importantes pour aider les écoles à reprendre en toute sécurité leurs activités.” 

HuffPost avec l'AFP

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Retour de l'uniforme dans les écoles ? Une ânerie historique renouvelée - Par Claude Lelièvre

10 Juillet 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Histoire

Montlouis-sur-Loire : les collégiens règlent les conflits entre eux.. et ça  marche !

Cette fois-ci c'est la secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et de l'Engagement qui prône un « retour de l'uniforme à l'école » alors qu'il n'a jamais été ni obligatoire ni généralisé. Jusqu'ici ce type de déclaration avait été l'apanage de dirigeants de droite patentés. Et c'est l 'ânerie historique qui se généralise.

Sur Sud-Radio, Sarah Helhouri (secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et de l'Engagement) a trouvé une idée lumineuse pour se mettre en valeur :« Le retour de l'uniforme dans les écoles ? Pourquoi pas. L'uniforme permet une certaine énergie, un sentiment d'appartenance collectif »

Depuis le début du XXIème siècle, on assiste régulièrement à des tentatives de mettre en plein débat public la question de l'uniforme à l'Ecole . Le plus souvent, afin de s'appuyer sur l'autorité d'une tradition qui serait perdue, il est prétendu qu'il s'agirait d'un retour à un passé regretté . Et assez souvent, il est affirmé que ce '' retour'' serait à faire au nom de « l'égalité ».

Cependant, il suffit de regarder les photos de classe d'époque - et il y en a des milliers sur Internet - pour constater de visu qu'il n'y a jamais eu d'uniformes dans le primaire public métropolitain et que si beaucoup d'élèves portaient des blouses, elles étaient plus ou moins disparates. Or c'était pourtant dans ces écoles communales qu'il y avait le plus de diversité socioculturelle et où aurait pu se poser le plus la question de ''l'égalité'' que l'on invoque comme raison supposée de l'imposition fantasmée d'uniformes ou de blouses uniformes.

Dans un passé assez lointain, beaucoup ont porté des blouses disparates à l'école communale, certes. Mais beaucoup d'enfants portaient également la blouse à la maison. En réalité les mères de famille préféraient laver la blouse que le pull, d'autant que planait alors à l'école la menace constante des crachotis d'encre de la "plume sergent major''. Les blouses ont commencé à disparaître dans les années 1960 lorsque la pointe Bic l'a remplacée. Rien à voir avec quelque imposition que ce soit de l'Ecole républicaine dans ce domaine..

Des uniformes scolaires (ou des blouses uniformes) ont été portés au contraire dans les établissements où il y avait une certaine sélection socio-culturelle: à savoir dans beaucoup des établissements privés, mais aussi dans certains établissements secondaires publics (généralement les plus huppés). Ces uniformes étaient avant tout un signe de distinction d'établissement (dans tous les sens du terme), la mise en avant d'une appartenance à une communauté sélectionnée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l''égalité d'éducation" n'était pas le souci dominant en l'occurrence.

En janvier 2015, le député UMP Bernard Debré (avec le concours d'une quarantaine de députés de droite, dont Eric Ciotti et Nicolas Dupont-Aignan) a déposé un projet de loi aux attendus significatifs (et erronés historiquement) : « L'Ecole doit être le lieu où se forme le sentiment d'appartenance à notre communauté nationale et à la République française […] Le port d'une tenue commune dans les établissements scolaires du premier et du second degré doit redevenir la règle ».

La seule période où il y a eu un uniforme identique porté par des élèves de l'enseignement secondaire dans un ensemble d'établissements publics est celle du Premier Empire : dans les lycées qui avaient été créés en 1802 par Napoléon Bonaparte, alors Premier Consul. Les élèves de tous les lycées de France devaient porter un uniforme fixé par arrêté : habit vert, culotte bleue, collet et parement bleu céleste, chapeau rond et boutons jaunes métal. Les déplacement dans le lycée comme à l'extérieur se faisaient en rang par deux. Les mouvements et la fin des cours étaient scandés par le tambour Et chaque jour, au réfectoire, on lisait le bulletin de la Grande armée. Mais on était alors clairement sous un régime bonapartiste militaire.

En fait, la plupart des propositions actuelles allant dans le sens de l'obligation du port d'un uniforme précisent que ce serait à la direction de chaque établissement de préciser lequel. Par exemple, deux ans avant la proposition de loi de Bernard Debré, en janvier 2013, une quinzaine de sénateurs de droite (dont Serge Dassault) avaient déjà déposé une proposition de loi rendant « obligatoire le port de l'uniforme ou de la blouse à l'école primaire et au collège ». L'article 2 précisait qu'il appartiendrait « à la direction de l'établissement de déterminer le vêtement, blouse ou uniforme, qui doit être porté en son sein », avec des attendus non moins significatifs : « L'uniforme a depuis toujours été utilisé pour symboliser un lien d'appartenance. Il n'est pas une panacée mais un outil permettant de gommer symboliquement les différences sociales, religieuses et ethniques»

Dès l'automne 2003 les dirigeants politiques de droite François Baroin et Renaud Donnedieu de Vabres ont évoqué le retour des « tabliers gris » pour lutter contre les enfants « fashions victims » et surtout combattre la « montée des communautarismes et le voile à l'école ».

« Patriotisme d'établissement », « sentiment d'appartenance », abolition dans les apparences des « différences sociales, religieuses et ethniques » , combat contre la « montée des communautarismes et le voile à l'école » : l'antienne du « retour à l'uniforme » qui serait une restauration d'une rassurante école d'antan républicaine relève de la supercherie en vue de manœuvres des plus actuelles.

Et la supercherie de la secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et de l'Engagement n'est pas mal non plus.

Claude Lelièvre

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Adé... (Et Benjamin Biolay et Pépite...)

9 Juillet 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Cou de coeur... Sylvain Prudhomme...

9 Juillet 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Elle le regarde qui dort près d'elle. Qui ne saura rien demain de la tempête. N'aura pas même entendu qu'un orage leur passait dessus.
Elle regarde la lourde masse de son corps allongée près d'elle. Ce corps qu'elle a maudit hier soir puis qu'elle a laissé jouir dans le sien, comme il a déjà joui mille fois en elle. Ce corps que demain elle verra de nouveau debout, de nouveau vivant, animé, léger ou lourd selon les moments, capable tantôt de lui plaire, tantôt de l'agacer si fort. Ce corps avec lequel elle a décidé, il y a des années, jusqu'à nouvel ordre, de composer.
Elle se serre contre lui.
Elle dort.
Interminablement elle dort.
A son réveil il est midi.
C'était donc vrai qu'elle était fatiguée.
Elle saute du lit, se précipite vers la terrasse.
Dehors le ciel est blanc. La terrasse jonchée de feuilles arrachées par l'orage. L'eau a laissé çà et là des flaques.
Les ardoises brillent. Les filles bullent dans des chaises longues, un livre dans les mains.
Leur père prépare des cannes pour aller tout à l'heure à la pêche.

Sylvain Prudhomme - Les orages

Les Orages de Sylvain Prudhomme

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A voir... "Un monde" de Laura Wandel - Où il est question de harcèlement scolaire... Un chef d'oeuvre!

9 Juillet 2021 , Rédigé par Première Publié dans #Cinéma

Dans son premier long présenté à Un Certain Regard, la réalisatrice belge raconte le harcèlement scolaire en filmant à hauteur d'enfant. Un film impressionnant, étouffant dont elle détaille la genèse.

Un monde met en scène Nora, une élève de primaire confrontée au harcèlement dont son grand frère Abel est victim, tiraillée entre son père qui l’incite à réagir, son besoin de s’intégrer et son frère qui lui demande de garder le silence, Pourquoi ce sujet- là pour un premier long ?

Laura Wandel: Mon impulsion d'écriture naît souvent d'un lieu. Et là j'ai eu spontanément l'envie de placer ma caméra dans une cour de récréation. Car j'ai le sentiment que c'est le premier lieu où, dans sa vie, on se retrouve en contact avec le monde extérieur et où on fait ses armes pour la suite. C'est l'apprentissage de l'intégration à une communauté. Et les graines qui poussent là, bonnes ou mauvaises, restent en nous et influencent nos vies d'adulte.

C'est aussi un des rares endroits auxquels les caméras n'ont pas accès, aujourd'hui où on a l'impression que tout le monde filme tout, tout le temps. Ca aiguise forcément votre appétit de cinéaste ?

Evidemment. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai passé énormément de temps dans une cour d'école pendant toute la phase d'écriture. Car il fallait que je me remette à jour par rapport à mes souvenirs personnels. J'observais, je prenais des notes...

Vous alliez aussi parler aux enfants ?

Eux, surtout, venaient spontanément me parler car ils étaient curieux de savoir ce que je faisais là. Et en retour, je leur demandais à quoi ils jouaient. En parallèle, j'ai aussi rencontré des parents pour qu'ils me racontent leurs points de vue à eux quand ils se sont retrouvés plongés dans des situations de harcèlement. Cela m'a conforté dans l'idée que, dans ce type d'histoire, tout le monde essaie de faire quelque chose mais qu'on vit dans une société où tout va tellement vite qu'on n'a pas le temps de prendre le problème à la racine et qu'on essaie juste d'éteindre des incendies au lieu d'empêcher qu'ils se déclarent

Le processus d'écriture d'une histoire d'une telle violences est-il violent ?

Indéniablement car quand j'écris, j'ai besoin de me mettre dans l'émotion des scènes. Et ce processus d'écriture a duré 4 ans. Être tout le temps là- dedans n'a rien d'évident. Je me suis inspirée de choses qu'on m'a raconté, de mes propres souvenirs... Mais je n'entend pas pour autant raconter toutes les cours de récréation, juste la perception de cette petite fille face à la situation qu'elle rencontre devant le harcèlement dont est victime son frère et qu'elle a au départ le sentiment d'être la seule à voir. Et la violence qu'elle peut ressentir se traduit aussi par tout un travail sur le son. Car une cour de récré, c'est un brouhaha permanent et assourdissant.

Comment avez vous construit le casting d'Un monde ?

Pour mettre les enfants à l'aise dans cet exercice évidemment inédit pour eux, je leur demandais de dessiner leurs cours de récréation et de m'expliquer les jeux auxquels ils jouaient, C'était là encore une source d'inspiration pour moi et une manière de voir ce que chacun dégageait potentiellement. Le processus a duré plusieurs mois. J'ai vu une centaine d'enfants. Et quand Maya Vanderbeque s'est présentée, presqu'avant même de me dire bonjour, elle m'a dit cette phrase incroyable: "je veux donner toute ma force à ce film". Elle a 7 ans à ce moment- là. Ses mots m'ont bouleversée et il y avait dans son énergie quelque chose que je n'avais jamais vu avant. Elle a même modifié la vision que j'avais à l'écriture de son personnage, Nora.

Comment dirige t'on les enfants dans des situations aussi extrêmes et violentes tant moralement que physiquement ?

Ma responsabilité est évidemment décuplée. Dès le départ, il a été évident pour moi que je ne leur ferai pas lire le scénario, que je leur expliquerai juste les très grandes lignes du récit, à savoir qu'il est question de harcèlement Puis on a construit toute une méthode de travail avec deux coachs exceptionnels . D'abord pour habituer les enfants à ne pas regarder la caméra. Ensuite pour travailler leurs émotions afin qu'ils ne soient jamais débordés par elles. On a ainsi travaillé pendant trois mois, tous les week- end où je leur expliquais à chaque fois le début d'une situation et je leur demandais ce qu'ils feraient et ce qu'ils pourraient dire face à elle, dans la "vraie" vie. On construisait donc la scène ensemble pour arriver souvent à ce qui était écrit dans le scénario mais en leur permettant de s'approprier la situation. Et je leur demandais alors de dessiner dans un cahier la scène en question. Et ce cahier, cette succession de dessins, est devenu leur scénario qui les a accompagnés à chaque instant du tournage. Il était essentiel pour moi que cela passe par des jeux d'enfants, qu'ils s'amusent et qu'on construise ensemble cette histoire. De toute façon, sans ce travail préalable, nous n'aurions pas pu tenir les 25 jours de tournage

L'idée de filmer cette histoire à hauteur d'enfants est née dès l'écriture ?

Oui, j'ai eu très tôt cette intuition de rester tout le temps à la hauteur de Nora et uniquement dans son point de vue. J'avais en tête les images de Rosetta, du Fils de Saul... Mon directeur de la photo Frédéric Noirhomme avait donc harnaché une caméra autour de sa taille et suivait Maya partout. L'idée était de s'adapter à elle, d'être tout le temps à l'affût de ce qu'elle faisait. On ne voit donc les visages des adultes que quand ils se baissent à sa hauteur. Je voulais que le spectateur se sente engagé dans ce récit, le ressente physiquement. La même logique a prévalu au choix de l'école pour tourner. J'avais besoin d'un lieu qui crée une ambiance pesante et envie de longs couloirs interminables pour que Nora ait la sensation de se perdre dans un monde trop immense pour elle. Un sentiment qu'on a tous ressenti enfant, je crois.

Thierry Cheze

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Comment vos enfants voient votre travail

9 Juillet 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

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Après un an passé à vous observer en télétravail, voici leurs témoignages.

Ils ont assisté à presque toutes vos conférences, sont parfois intervenus dans vos appels vidéo et vous ont entendu râler après votre patron. Avec l'explosion du télétravail et l'école à distance, toute une génération d'enfants ont eu l'occasion sans précédent d'observer leurs parents au travail, changeant ainsi leur perception du monde adulte. Voici le témoignage de cinq petits Américains, recueillis par le Wall Street Journal.

Moseti Phelps, 6 ans

Durant le confinement, Moseti a suivi l'école à distance, aux côtés de sa mère Brigit, qui travaillait à la maison en tant que directrice adjointe de banque. Il a ainsi pu l'observer gérer les requêtes de la clientèle, former les nouveaux employés, travailler sur un tableur ou encore organiser des appels vidéo. «Elle essaie d'avoir de l'argent pour une banque», résume Moseti. «Des fois, il y a des urgences», se rappelle-t-il lorsque Brigit montait dans une chambre en emportant son ordinateur pour effectuer un appel dans une pièce silencieuse. Quand on lui demande s'il voudrait lui aussi travailler dans une banque plus tard, il répond: «Peut-être. Mais ce qui ne m'intéresse pas, c'est que ça dure toute la journée.»

Kaili Milano, 8 ans

«Il écoute et tape beaucoup sur son clavier. Des fois, il recherche des trucs sur son téléphone.» Kaili n'est pas sûre d'avoir compris ce que son père, employé d'une société de gestion de contenus, fait pour gagner sa vie. «Il y a un grand écran sur son bureau, un ordinateur portable et son téléphone. Et beaucoup de papiers en désordre», décrit l'enfant. Aimerait-elle faire le même travail que son père plus tard? «Non, il ne fait que taper sur son clavier toute la journée.» Kaili préfèrerait devenir vétérinaire.

Leo Alexander, 10 ans

Avant la pandémie, Leo accompagnait souvent sa mère actrice à des auditions, mais il ne pouvait jamais la voir en action. L'année dernière, tous deux à la maison pendant le confinement, il a enfin pu la regarder passer ses castings, sur Zoom. «Je la vois sous un nouveau jour», s'émerveille l'enfant. Pour l'aider à se préparer, Leo lui lisait des lignes de script. L'enfant confie être surpris par le talent de sa mère: «Parfois, j'avais l'impression de parler au personnage et que ma mère avait été emportée sur une autre planète.»

Gian Spadaro, 10 ans

Grâce au confinement, Gian a découvert une nouvelle facette de sa mère, qui alterne entre son métier d'agente immobilière et un site web où elle vend des produits pour animaux de compagnie. «Elle travaille très dur», dit-il fièrement. Ce qu'il préfère observer, c'est sa technique de vente immobilière. «Les gens lui disent ce qu'ils veulent dans une maison et elle leur dit qu'elle trouvera ce qui leur faut. Elle est très douée pour trouver des maisons.»

Donovan Garrido, 11 ans

«Les mots qu'il emploie sont différents de ceux qu'il utilise quand il me parle», raconte Donovan, qui aime écouter son père, conseiller financier, quand il est au téléphone. À force de l'observer, il a compris ce qu'était un délai. «Parfois, il a beaucoup de choses à gérer. Et d'autres jours, il n'a presque pas de travail.» Même si son père semble apprécier son métier, Donovan n'est pas sûr de vouloir exercer le même plus tard. «Des fois ça a l'air amusant, et d'autres fois non. Puis je n'aime pas l'idée de me lever à 6h et de rentrer chez moi à 20h.»

Emma Barrier

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"Sur quoi se base Blanquer pour affirmer que 75% des enseignants sont primo-vaccinés ?" (Sur rien...)

9 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

75 ans images libres de droit, photos de 75 ans | Depositphotos

Contacté, le ministère de l’Education n’a pas été en mesure de fournir la méthode utilisée pour évaluer la couverture vaccinale des professeurs.

Bonjour,

L’obligation vaccinale pour les professeurs ? Ce n’est pas à l’ordre du jour, pour le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, qui assurait jeudi matin sur LCI que «l’immense majorité des professeurs se fait vacciner». «Au moins 70, je pense qu’on est maintenant à 75 %, des professeurs ont eu une primo-vaccination», a-t-il affirmé, tout en indiquant que cela faisait partie «des sujets qui continueront à être sur la table jusqu’à la rentrée».

A noter qu’en France, au 5 juillet, 64 % de la population majeure (autour de 60 % pour la population d’âge active) avaient reçu une première dose du vaccin et 47 % étaient entièrement vaccinés, d’après les derniers chiffres du ministère de la Santé.

Contacté sur le chiffre avancé par Blanquer, le ministère de l’Education n’a pas été en mesure de fournir plus de détails sur la méthode utilisée. Ces chiffres, «non exhaustifs», sont issus «de remontées en interne des académies», nous indique-t-on. Avant de préciser que «le taux de primo-vaccinés était de 70 % il y a dix jours et atteint désormais 75 %». Aucun chiffre, par ailleurs, pour le taux d’enseignants complètement vaccinés.

Difficile, dans ces conditions, d’expliquer sur quoi s’appuie Jean-Michel Blanquer. D’autant que, comme le rappelle le ministère lui-même, «il n’y a pas d’obligation de déclaration» pour les professeurs, de leur statut vaccinal.

Emma Donada

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Oullins : virée pour avoir parlé d’extrême droite au lycée Saint-Thom

9 Juillet 2021 , Rédigé par Rue89 Lyon Publié dans #Education

Censure & liberté d'expression - Cartooning for Peace

Censure & liberté d’expression - Cartooning for Peace

[Info Rue89Lyon] Fin mai, une journaliste qui commençait des interventions en éducation aux médias a été remerciée par la direction du lycée Saint-Thomas d’Aquin-Veritas, à Oullins, à la suite d’une séance sur l’extrême droite.

Le 31 mai dernier, la journaliste Fabienne Guedy intervient dans une classe de seconde SNT (Sciences numériques et technologique) au lycée Saint-Thomas d’Aquin-Veritas d’Oullins.

Ce centre scolaire catholique privé bien connu dans la région lyonnaise (lire par ailleurs), sous contrat avec l’État, doit l’accueillir pour trois séances de deux heures d’éducation aux médias. Le but de sa venue ? Décortiquer les mécanismes de manipulations numériques chez les jeunes. Deux heures après le début de son travail, celle qui fait de l’éducation aux médias depuis 2013 va être remerciée. En cause : une partie de son intervention concernant l’extrême droite.

« C’est la première fois que ça m’arrive ! », s’exclame-t-elle. 

Quelques semaines après, elle s’interroge toujours sur ce qui a motivé l’établissement d’Oullins. Cette première séance à « Saint-Thom » s’était pourtant déroulée normalement, assure-t-elle. 

« À la fin du cours, j’ai eu une rapide discussion avec la professeure de SNT et avec la professeure documentaliste. Elles avaient l’air satisfaites. Mais, quand je suis revenu à 13h, le discours avait changé. » 

Trente minutes avant sa deuxième rencontre avec les élèves, les enseignantes lui expliquent que l’intervention de l’après-midi n’aura pas lieu. En cause : un contenu « trop politique », selon elle. 

« Elles m’ont dit que certains élèves partageaient « ces idées » et que les parents risquaient de faire des vagues. » 

Un reportage sur l’extrême droite gêne l’équipe enseignante d’Oullins

« Ces idées », ce sont des idées d’extrême droite. Durant son intervention, la journaliste est revenue sur l’action de groupes comme QAnon, le réseau conspirationniste d’extrême droite américain, mis sous le feu des projecteurs après l’attaque du capitole, le 6 janvier 2021. Selon le rectorat de Lyon, la séance a accroché sur la diffusion d’un reportage. 

Contacté par mail, le rectorat explique : 

« La journaliste a décidé d’utiliser comme support un reportage de « Complément d’enquête » consacré à l’ultra-droite, ce qui n’avait pas été évoqué avec la professeure au moment de la préparation de la séance. »

Interrogée à ce sujet, Fabienne Guedy confirme :

« J’ai utilisé le reportage de complément d’enquête car c’était l’actu, la petite Mia [enlevée dans les Vosges avec l’appui d’un militant d’extrême droite] venait d’être retrouvée, indique-t-elle. Mais j’avais eu l’accord des enseignants, à l’oral. » 

Le 30 mai, veille de la séance, Rémy Daillet-Wiedemann, complotiste classé à la droite de la droite, soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement de la petite Mia, est arrêté en Malaisie. Revenir sur l’affaire paraît donc logique pour la journaliste. D’ailleurs, les enseignants ne lui font aucune réflexion à la fin du reportage.

Selon elle, personne ne s’est plaint de l’intervention sur le moment. Elle soupçonne les élèves en visio-conférence de s’être plaint de l’intervention. 

« Je n’ai senti aucune hostilité dans la classe. Mais l’autre moitié des élèves étaient chez-eux, je ne sais pas ce qu’il s’est dit. » 

Une intervention non « conforme aux modalités préalablement établies » ?

Les enseignants ont-ils considéré que la présentation n’allait pas dans le bon sens ? Ont-ils reçu des mauvais retours d’élèves ? De parents d’élèves ? Ou ont-ils même anticipé ces potentiels retours ?

Contacté par mail, le directeur général du centre scolaire, Xavier Gouët, s’est défaussé sur le rectorat : 

« Je n’ai personnellement rien à ajouter à ce qui vous a été transmis [par le rectorat], tout étant clairement explicité. »

Un rectorat qui renvoie lui-même… à la responsabilité de l’enseignant le jour-même.

« L’intervention du professionnel [la journaliste] se déroule sous la responsabilité de l’enseignant qui peut interrompre à tout moment celle-ci, s’il estime qu’elle ne se conforme pas aux modalités préalablement définies ou que l’attitude est contraire aux engagements. » Cabinet du recteur de l’Académie de Lyon

Avec ces réponses, difficile d’établir précisément le motif de l’arrêt des interventions. De son côté, Fabienne Guedy assure ne pas avoir eu d’autres échanges avec l’établissement depuis. La direction de Saint-Thom lui a payé les deux autres séances prévues, sans lui donner de nouvelles explications.

Celle qui est déjà intervenue dans les établissements Juliette-Récamier et Saint-Exupéry à Lyon a écrit au rectorat et au ministère de l’Éducation nationale. Sans réponse, elle a également posé une réclamation auprès du Défenseur des droits le 4 juillet.

La liberté d’expression mise entre parenthèse pour ne pas froisser les élèves ?

« Mon objectif n’est pas de faire le buzz, se défend-elle. Je veux montrer que ce qui s’est passé est grave, marque-t-elle. Ce que traduit cette situation : c’est que les élèves choisissent ce qui doit être enseigné. »

Elle rappelle le cas de Samuel Paty, assassiné par un terroriste islamiste en début d’année. Là aussi, l’enseignant avait été mis en difficulté par des paroles d’élèves, après avoir montré des caricatures du prophète Mahomet de Charlie Hebdo. Dans les deux cas, elle relève des atteintes à la liberté d’expression.

Fabienne Guedy a reçu des nouvelles du rectorat la veille de notre entretien, jour où notre demande presse a été traitée par l’Académie de Lyon. Le rectorat nous a précisé qu’elle prendrait attache prochainement avec la journaliste pour aborder la question en rappelant, une fois de plus, que la décision finale revient à l’établissement. Un nouvel échange entre l’intervenante et le centre scolaire « Saint-Thom » pourrait avoir lieu sous l’égide du rectorat.

Pierre Lemerle

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Angélique Ionatos...

8 Juillet 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

« Maintenant que sur un bois de vil prix on a cloué tes mains / Maintenant qu’avec la lame du crime on a cloué mon cœur / Je sais qu’il y a de la place au ciel pour les poètes / Qu’il y a de la place au ciel pour moi. »

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