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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Alfred de Musset...

1 Juillet 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Lorenzaccio — Wikipédia

LORENZO

Tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ? Veux-tu donc que je m'empoisonne, ou que je saute dans l'Arno ? Veux-tu donc que je sois un spectre, et qu'en frappant sur ce squelette, il n'en sorte aucun son ? Si je suis l'ombre de moi-même, veux-tu donc que je m'arrache le seul fil qui rattache aujourd'hui mon cœur à quelques fibres de mon cœur d'autrefois ? Songes-tu que ce meurtre, c'est tout ce qui me reste de ma vertu ? Songes-tu que je glisse depuis deux ans sur un mur taillé à pic, et que ce meurtre est le seul brin d'herbe où j'aie pu cramponner mes ongles ? Crois-tu donc que je n'aie plus d'orgueil, parce que je n'ai plus de honte ? Et veux-tu que je laisse mourir en silence l'énigme de ma vie ? Oui, cela est certain, si je pouvais revenir à la vertu, si mon apprentissage du vice pouvait s'évanouir, j'épargnerais peut-être ce conducteur de bœufs. Mais j'aime le vin, le jeu et les filles ; comprends-tu cela ? Si tu honores en moi quelque chose, toi qui me parles, c'est mon meurtre que tu honores, peut-être justement parce que tu ne le ferais pas. Voilà assez longtemps, vois-tu, que les républicains me couvrent de boue et d'infamie ; voilà assez longtemps que les oreilles me tintent, et que l'exécration des hommes empoisonne le pain que je mâche ; j'en ai assez d'entendre brailler en plein vent le bavardage humain ; il faut que le monde sache un peu qui je suis et qui il est. Dieu merci ! c'est peut-être demain que je tue Alexandre ; dans deux jours j'aurai fini. Ceux qui tournent autour de moi avec des yeux louches, comme autour d'une curiosité monstrueuse apportée d'Amérique, pourront satisfaire leur gosier et vider leur sac à paroles. Que les hommes me comprennent ou non, qu'ils agissent ou n'agissent pas, j'aurai dit tout ce que j'ai à dire ; je leur ferai tailler leur plume, si je ne leur fais pas nettoyer leurs piques, et l'humanité gardera sur sa joue le soufflet de mon épée marqué en traits de sang. Qu'ils m'appellent comme ils voudront, Brutus ou Erostrate, il ne me plaît pas qu'ils m'oublient. Ma vie entière est au bout de ma dague, et que la Providence retourne ou non la tête, en m'entendant frapper, je jette la nature humaine à pile ou face sur la tombe d'Alexandre ; dans deux jours, les hommes comparaîtront devant le tribunal de ma volonté.

Extrait de l'acte III, scène 3 de Lorenzaccio - Alfred de Musset

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Les nouvelles formes de l'angoisse chez l'enfant et l'adolescent

1 Juillet 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Entre l’approche neuroscientifique qui méconnaît le sujet et le monde des réseaux sociaux qui laisse les passions d’amour et de haine se répandre entre les individus, quelles réponses apporter au désarroi de l’enfant et de l’adolescent ?

Internet fait apparaître de nouvelles formes d'angoisse chez l'adolescent. Un monde virtuel qui met entre parenthèses le corps dans sa présence réelle et le sollicite en même temps sans cesse. Quel rapport les adolescents entretiennent-ils avec l'angoisse moderne ?

Nous nous intéresserons aux nouvelles formes de l’angoisse de l’enfant, aux nouvelles manifestations du malaise adolescent et à la façon dont la psychanalyse permet de prendre appui sur la parole pour répondre à leur souffrance.

Freud considère que l'état d'angoisse est quelque chose de très fréquent chez l'adolescent. L'angoisse est liée à un danger que le sujet ne peut fuir. Elle exige une réponse pulsionnelle de la part de l'individu. Lacan précise que l'angoisse est un affect du sujet. C'est au moment de la mise en rapport de son propre corps avec celui de l'autre que surgit l'angoisse. 

Une rencontre enregistrée en septembre 2019.

Clotilde Leguil, philosophe, psychanalyste

Philippe Lacadée, psychiatre, psychanalyste

Hélène Deltombe, psychanalyste.

Retrouvez sur notre webmagazine Balises le dossier "Psychanalyse, psychiatrie et malaise social".

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Quand le touche-pipi dépasse le jeu d'enfants, le dilemme éthique des enseignantes de maternelle

1 Juillet 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Maternelle

EXTRAIT

Il faut se garder de criminaliser certains gestes qui relèvent de la curiosité enfantine, tout en étant capable de discerner quand un comportement mérite d'être signalé à la justice.

Jouer au docteur, embrasser «sur la bouche» un copain ou une copine, baisser le pantalon ou regarder sous la jupe des filles... En maternelle, ces expériences des petits sont fréquentes, surtout au printemps, quand les vêtements sont plus légers et que de grandes complicités sont nées entre les enfants. Expression de la curiosité enfantine pour le corps de l'autre, le «monde des grands» et le mystère des origines, il s'agit d'une étape normale que l'adulte accompagne en répondant avec des mots simples et précis aux questions des enfants: «Qu'est-ce qu'un garçon? Une fille?», «D'où viennent les bébés?», «Quand peut-on avoir un amoureux ou une amoureuse?»

L'école maternelle est souvent le principal lieu de socialisation à cet âge, c'est en son sein que l'enfant découvre l'autre et apprend à le respecter. Nous utilisons des jeux, des livres, des poupées et poupons, pour nommer les parties du corps, montrer celles qui relèvent de l'intimité et que l'autre n'a pas le droit de toucher, surtout si l'on n'est pas d'accord. Sans dramatiser les jeux entre enfants, l'enseignante trace aussi clairement que possible la limite de l'intime qui ne doit pas être franchie. «Dès le plus jeune âge, explique la psychologue et psychanalyste Héloïse Castellanos-Colombo, on doit apprendre à s'affirmer et à refuser avec véhémence ce qui dérange de la part des autres enfants.»

(...)

Maëliss Rousseau

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Bac : avec le contrôle continu, la note injuste ?

1 Juillet 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Bac : avec le contrôle continu, la note injuste ?

La fin programmée des évaluations communes, dès la rentrée prochaine, fait remonter les oppositions entre les partisans d’une épreuve nationale et terminale et ceux d’un contrôle continu renforcé.

Encore des changements pour le bac ? A y regarder de plus près, il s’agit plutôt d’un retour en arrière. En 2017, le programme du candidat Macron annonçait déjà la couleur du futur bac avec «quatre matières obligatoires à l’examen final [entre 8 et 9 épreuves sans les options facultatives, ndlr] et le reste en contrôle continu». Dix mois plus tard, Jean-Michel Blanquer présentait la copie de sa réforme avec 60% d’épreuves terminales. Les 40% restants devaient être issus du contrôle continu mais, pour apaiser les oppositions syndicales, seulement 10% de son contenu reposait sur les notes du bulletin scolaire. Le reste, 30%, concernait des épreuves anticipées échelonnées entre la première et la terminale : les fameuses E3C devenues EC (avec histoire-géo, langues vivantes, sciences, EPS et une spécialité).

Ce lundi, Jean-Michel Blanquer a finalement annoncé, dès la rentrée prochaine, la fin de ces épreuves communes, qui avaient provoqué de gros remous lors de leur mise en place en 2020. Coup de bol pour le ministre, la crise sanitaire est passée par là, imposant, de fait, le contrôle continu en lieu et place des examens de juin. Cette année, il représente 82% de la note finale du bac et l’an dernier, 100%. Jean-Michel Blanquer s’appuie sur cette expérience pour mieux faire passer la pilule.

«Une promesse républicaine enterrée»

Cette suppression des évaluations communes est une «avancée» pour le SNPDEN, le principal syndicat des chefs d’établissement. «Qui de mieux qu’un enseignant qui suit ses élèves toute l’année pour évaluer leur niveau de compétence  interroge son secrétaire général, Bruno Bobkiewicz, favorable à un contrôle continu intégral. Le corps enseignant s’écharpe depuis le début sur la simplification du nouveau bac, entre les partisans du contrôle continu intégral («une mesure de raison» selon le Sgen CFDT, syndicat minoritaire) et les adeptes, plus nombreux, d’un bac national et terminal, «une promesse républicaine enterrée par Jean-Michel Blanquer» selon le Snes-FSU. Le principal syndicat du secondaire estime que le contrôle continu «accroît les inégalités entre élèves et entre établissements».

«Le but du bac est de se préparer aux épreuves en respectant les programmes, ajoute Jean-Rémi Girard, président du Snalc. En renforçant le contrôle continu, on prend le risque de s’adapter de plus en plus au fonctionnement local et donc de perdre en exigence» avec des programmes parfois bâclés et la crainte de voir des élèves associés à leur lycée d’origine. Autre inquiétude : celle d’une pression sur les notes, qui existe déjà avec Parcoursup : «Il y aura forcément de la pression de la part des parents, des élèves, des chefs d’établissement sur les profs pour que les notes ne soient pas trop basses et que les lycées ne perdent pas leur attractivité, assure le sociologue de l’éducation Pierre Merle. Mais s’il n’y a plus d’évaluations fiables, la sélection ne sera plus pertinente.»

Des notes variables selon les profs

Autre débat qui anime profs et chercheurs : les épreuves communes terminales sont-elles plus justes et donc plus fiables ? «Oui, répond Pierre Merle. Ces épreuves sont anonymes alors qu’en contrôle continu, les professeurs connaissent leurs élèves et ont des biais sociaux d’évaluation. Ils sont inconsciemment influencés par le statut des élèves, leur genre, leur origine sociale.» Et les notes seront, selon lui, forcément variables en fonction des profs, plus ou moins généreux, que les élèves auront face à eux. «Même pour les épreuves nationales, il y a toujours un effet correcteur, rétorque Bruno Bobkiewicz. Ce n’est pas une garantie d’équité.» Le secrétaire général du SNPDEN reconnaît toutefois qu’il va falloir harmoniser la notation : «On va activer un conseil pédagogique sur ces sujets, promet-il. Cela passe par un travail sur des banques nationales de sujets, des corrections croisées [échanges de copies] ou encore des devoirs communs à plusieurs professeurs pour ne pas donner l’impression d’être “prof-dépendant”.»

Pour Claude Lelièvre, historien de l’éducation, les oppositions au renforcement du contrôle continu, «ne sont pas fondées». Son argument : les examens de l’enseignement supérieur, «100% en contrôle continu, sont pourtant des diplômes nationaux et personne n’y trouve rien à redire», remarque-t-il. Enfin, le contrôle continu a, selon lui, une incidence bien plus importante avant la terminale : «Aujourd’hui, 20% d’une classe d’âge ne va pas en terminale et ne passe donc pas le bac parce que ces jeunes ont été orientés vers d’autres voies par leurs professeurs qui se sont basés sur le contrôle continu. Il existe donc des inégalités bien plus importantes !»

Cécile Bourgneuf

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