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Vivement l'Ecole!

Revue de Presse Education... Laïcité - Bac - Parcoursup - Divers - Ailleurs

21 Juin 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Laïcité - Bac - Parcoursup - Divers - Ailleurs

Cette semaine c’est l’annonce par le ministre d’un plan de formation sur la laïcité qui fait la Une. On parle aussi beaucoup du bac et encore de Parcoursup. Quelques infos diverses avant d’aller faire un tour au-delà de nos frontières.

LAICITE

Encore une annonce tonitruante qui fait suite à la loi contre le séparatisme et l’assassinat de Samuel Paty. Apparemment les enseignants n’ont pas la même conception que le gouvernement de la laïcité, alors il est urgent de les former. Par contre, leur donner les moyens de faire correctement leur travail… C’est le rapport Obin et sa conception très particulière du sujet qui sert de base à ce plan.

On commence par la source (site du ministère) : Laïcité et Valeurs de la République : le ministre retient les préconisations de Jean-Pierre Obin pour lancer dès la rentrée 2021 son plan de formation des personnels. “Au lendemain de l’assassinat de Samuel PATY, Jean-Michel BLANQUER, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, a souhaité confier à Jean-Pierre OBIN, Inspecteur général honoraire, la rédaction d’un rapport consacré à la formation des personnels de l’Éducation nationale à la laïcité et aux valeurs de la République, dans l’objectif que ce rapport aboutisse à des propositions très opérationnelles.”

Les détails dans Le Monde : l’éducation nationale annonce un plan de formation sur quatre ans pour les personnels“Jean-Michel Blanquer a repris les grandes lignes d’un rapport sur la formation des enseignants à la laïcité, dont il avait confié l’écriture à l’ancien inspecteur général Jean-Pierre Obin. Celui-ci relevait notamment une « confusion intellectuelle » sur ce sujet.”
Sur FranceInfoTV : Laïcité : en quoi va consister la formation des enseignants annoncée par Jean-Michel Blanquer ? “Ce plan reprend les principales propositions d’un rapport sur le sujet commandé en février par le ministre de l’Education. Il doit notamment permettre au personnel de savoir “appréhender les phénomènes de contestation des savoirs et d’atteinte à la laïcité et aux valeurs de la République”.”

On poursuit avec l’analyse critique du Café pédagogique : Laïcité : Le rapport Obin et la politique Blanquer 
Remis en mai au ministre mais publié le 14 juin, le rapport Obin sur “la formation des personnels de l’Education nationale à la laïcité” propose un vaste plan de formation qui entend imposer à tous les personnels de l’Education nationale la version très spéciale de la laïcité portée par son auteur. Selon un scénario très classique, le rapport commandé par le ministre se transforme immédiatement en décisions.  Tout cela se fait dans le climat pré électoral marqué par la loi séparatisme. L’Education nationale est mobilisée pour accompagner cette campagne. Ce qui marque dans le rapport et peut-être demain dans les formations c’est la tentative de rompre avec la conception de la laïcité qui fait sens aux yeux des enseignants et dans l’Etat en général. Cette tentative a t-elle un avenir passé 2022 ?”

Autre analyse, celle de Philippe Watrelot : Laïcité, panique morale et instrumentalisation.  “Je ne suis pas un « spécialiste » de la laïcité…
Je suis juste un prof de SES qui enseigne et vit en banlieue depuis toujours. Je travaille dans la ville où je suis né et où j’ai fait mes études. J’habite dans la commune juste à côté, dans un immeuble où se côtoient des personnes de toutes origines. Je croise des femmes avec le voile, certaines élèves le retirent juste à l’entrée du lycée. Nous sommes confrontés quelquefois à des problèmes avec certains élèves mais il y a eu peu d’incidents en 2015 ni au moment de l’assassinat de Samuel Paty. Je ne veux donc pas faire des généralités et encore moins de grands discours.” 

 Enfin l’analyse de la Vigie de la laïcité. ​“Lundi 14 juin 2021, Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire a remis au ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, un rapport sur « La formation des personnels de l’Éducation nationale à la laïcité et aux valeurs de la République ».
​La Vigie de la laïcité a pris connaissance de ce rapport et en tire les commentaires suivants : …”

BAC

C’est le marronnier du moment avec l’écrit de philo et la numérisation des copies, ainsi que le Grand Oral.

Le dessin de Jules Thommen

Tout d’abord le grand oral que Blanquer défend coût que coûte mais dont les enseignants regrette qu’aucun temps d’apprentissage ne soit prévu dans les moyens donnés aux établissements. Baccalauréat 2021 : un grand oral pour tenter de changer la place d’un enseignement marginalisé en France. “Le grand oral sera la nouveauté du baccalauréat 2021. Une remise en lumière d’un apprentissage dont la place reste fragile dans les programmes scolaires.”
Bac et Grand oral. Jean-Michel Blanquer rejette les critiques sur son côté inégalitaire
“Le ministre de l’Éducation a estimé lundi que le Grand oral, grande première cette année, allait permettre de valoriser les élèves. Pour Jean-Michel Blanquer, l’école doit compenser les différences qui peuvent exister entre élèves en fonction de leur origine sociale.”

Autre polémique du bac 2021 : la correction numérique des copies que rejettent les enseignants de philosophie. Bac : quand les profs de philo refusent en bloc la correction numérique
“Ce jeudi avait lieu l’épreuve de philosophie du bac 2021. Outre les polémiques autour du contrôle continu, c’est désormais la correction de l’épreuve qui fait débat. Temps de correction réduit, procédure en ligne, surveillance… on vous explique la colère des correcteurs.” Notons que la correction numérique ne concerne pas les autres examens

Et pour terminer une petite analyse de Claude Lelièvre? Le baccalauréat est-il un héritage napoléonien ?
“Théologie, droit, médecine, sciences mathématiques et physiques, lettres : dans ces cinq domaines qui structurent l’université au début du XIXe siècle, les grades « conférés par les Facultés à la suite d’examens et d’actes publics […] seront au nombre de trois : le baccalauréat, la licence et le doctorat », indique le décret du 17 mars 1808 signé par Napoléon.
Ce texte pose les bases du baccalauréat moderne. Cependant, cet examen n’est pas une création ex nihilo et son intitulé existait déjà sous l’Ancien Régime. Dans quelle mesure la date de 1808 marque-t-elle un tournant dans l’histoire de l’éducation ? Quelles traces la période napoléonienne a-t-elle laissées dans l’enseignement secondaire tel que nous le connaissons ?”

Bac Pro 2021 : le sujet d’histoire géographie, enseignement moral et civique
Mercredi 16 juin : deuxième épreuve pour les élèves du Bac Pro, après le français ce matin, l’histoire géo cette après-midi.

Le dessin de Fabien Crégut

PARCOURSUP

Parcoursup encore et toujours.

Parcoursup : pourquoi d’excellents élèves ne trouvent pas de formation
“DÉCEPTION – De nombreux candidats affichant des notes pourtant très hautes sont confrontés à la réforme du baccalauréat et aux algorithmes de sélection de Parcoursup, que les
Parcoursup, machine à angoisses. Cruel algorithme Par Célia Cuordifede
“Depuis 2018, la plate-forme a institué le concept de sélection à l’entrée des formations pour les bacheliers. Mais les outils de cadrage apparaissent toujours très opaques et créateurs de profondes inégalités.”

L’épreuve Parcoursup a-t-elle supplanté le bac ?“Les procédures d’affectation dans le supérieur semblent avoir pris plus d’importance que le baccalauréat : quel est le sens de cette orientation ?” L’émission de Louise Tourret à écouter. 32 ‘
L’épreuve Parcoursup.
“J’étais hier soir l’invité de l’émission “Être et savoir” de Louise Tourret sur France Culture. Et nous avons parlé de Parcoursup. De “l’épreuve Parcoursup” comme le rappelait opportunément le titre de l’émission. Et de pourquoi ce système (me) semblait inefficace socialement, anxiogène individuellement et dangereux politiquement.”

Comment Parcoursup organise sans le vouloir la fuite des cerveaux étudiants
“Entre attente interminable, stress dilué sur tout l’été et réponses aléatoires, le système d’affectation dans l’enseignement supérieur fait s’arracher les cheveux aux lycéens. À bout de forces, certains d’entre eux préfèrent se tourner vers l’étranger, histoire de voir si l’herbe n’y est pas plus verte…”

Le nouveau marché de l’orientation scolaire. “L’orientation scolaire est un enjeu majeur pour les élèves du secondaire. Au sein de l’éducation nationale, la mission des conseillers d’orientation et des enseignants est pourtant menacée par la raréfaction des moyens et l’accroissement du nombre d’élèves. Une dégradation de service qui pousse les familles à se tourner un peu plus vers le marché privé de l’orientation scolaire.”
Orientation : l’heure de gloire du mentorat
“La pratique du mentorat se développe en France avec l’appui du gouvernement. Le modèle, fondé sur une vision sur-mesure de l’orientation, reste limité dans son impact global.” Par Tiphaine Thuillier

Le dessin de Jules Thommen

DIVERS

Grenelle : Le ministère veut changer le statut des enseignants
“”Esprit d’équipe” : c’est le thème d’un groupe de travail réunissant syndicats et ministère suite au Grenelle de l’éducation. Sous prétexte de développer “l’esprit d’équipe” dans les écoles et les établissements, l’Education nationale souhaite modifier le statut des enseignants du 2de degré pour y inclure des missions d’encadrement. Une façon de hiérarchiser e caporaliser le corps enseignant ?”
Les enseignants français sont mal payés : une réalité chiffrée et incontestable ! Par Paul DEVIN
“Alors qu’une publication de l’INSEE vient à nouveau affirmer la faible rémunération des enseignantes et enseignants, d’aucuns cherchent à mettre en doute cette réalité avec des arguments qui se révèlent être des poncifs résistants mais faux…”

« La grande pauvreté n’est pas considérée comme une problématique centrale des politiques éducatives »
Dans l’ouvrage qu’il a dirigé, « Grande pauvreté, inégalités sociales et école. Sortir de la fatalité », Choukri Ben Ayed questionne l’action de l’école en matière de lutte contre les inégalités en croisant études scientifiques et expériences de terrain. Propos recueillis par Séverin Graveleau

Sylvain Connac : Coopération et évaluation
“”Quand on touche à l’évaluation, on touche à beaucoup de facteurs liés à l’enseignement”. C’est pourtant le projet qu’ont mené Sylvain Connac et Pierre Cieutat (Lirdef – Pidapi) dans une trentaine de classes de l’enseignement catholique de la région toulousaine. Dans un ouvrage (Coopération et évaluation. Pour ne décourager aucun élève, Chronique sociale), ils montrent comment le changement s’opère dans la classe en s’appuyant sur une nouvelle évaluation : la boucle évaluative. Sylvain Connac revient sur cette recherche.”

Contre le harcèlement scolaire, il faut un sursaut des candidats aux régionales et départementales
“Le sujet du harcèlement à l’école reste un grand oublié de la campagne électorale. Pourtant, les régions ont la charge des lycées et les départements des collèges.” par Hugo Martinez Étudiant, ancienne victime de harcèlement scolaire, président de l’association HUGO !

L’éducation aux médias et à l’information, plus nécessaire que jamais
“Après l’assassinat de Samuel Paty, la demande des enseignants a explosé. Récit d’une intervention dans un collège de la dessinatrice KAM, pour l’association Cartooning for Peace.” Par Soazig Le Nevé

AILLEURS

Un petit tour hors de France.

En cas d’échec, le conseil de classe est roi
“enseignement Covid oblige, plusieurs changements sont à signaler au niveau des corrections et des délibérations.” C’est en Belgique

L’OCDE plaide pour développer l’éducation tout au long de la vie
“Dans un nouveau rapport publié le 15 juin, “Perspectives sur les compétences 2021”, l’OCDE attire l’attention sur l’impact de la crise du Covid. Pour l’OCDE l’éducation tout au long de la vie devra davantage encore améliorer les compétences de ceux qui ont quitté tôt le système scolaire. Une recommandation qui concerne particulièrement la France où le pourcentage des adultes en formation et leur gain en compétences sont inférieurs à la moyenne OCDE.”

Un système éducatif sur la voie de la numérisation
“La crise sanitaire bouleverse les activités de nombreux secteurs dont l’éducation et la formation. Alors que des solutions d’urgence sont mises en place pour permettre aux élèves et étudiants de terminer leur année à distance, une véritable transformation digitale est enclenchée.”
“Sur cette voie, le Vietnam a su s’adapter à temps et de manière efficace. C’est ce que décrit par exemple un rapport de 2020 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce document, analysant la réponse des secteurs éducatifs à la crise sanitaire, relève qu’en 2020, 79,7% des élèves vietnamiens avaient expérimenté la scolarisation en distanciel, ce qui place le Vietnam au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (67,5%).”

Géraldine Duboz

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Aujourd'hui nous votons, demain nous réfléchirons... (Au revoir Twitter)

20 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Comment réfléchir de façon stratégique ?

Chers amis ,

C'est aujourd'hui, 20 juin 2021, le premier tour des élections départementales et régionales. L'exercice démocratique du vote dans tout ce qu'il a de plus simplement beau: donner sa voix, exprimer son choix, participer en citoyen aux prises de décisions qui engagent les avenirs individuels et collectifs.

Pourtant, une fois de plus, c'est l'abstention qui affaiblira la portée des résultats. Ce soir et dimanche prochain aux alentours de 20h, les vainqueurs quels qu'ils soient déploreront le peu d'empressement des jeunes, des non-diplômés, des personnes présentant un faible niveau d’intégration. Mais très rapidement se réjouiront de leur victoire respective en attendant le prochain scrutin, celui qui donnera l'occasion aux français de choisir leur futur président.

Je ne crois pas que les français se désintéressent de la politique. C'est plus grave que cela: ils ne croient plus en la pertinence du discours politique, fait de promesses trop souvent peu suivies de faits. Le macronisme et son “Ni droite ni gauche” associé à la volonté assumée de mettre de coté les partis et corps intermédiaires ont achevé de tuer ce qui fait l'essence de la pratique politique, en fonde la légitimité: le débat d'idées contradictoires.

Si vous ajoutez à cela:

- des sondages de plus en plus omniprésents,

- des directeurs d'instituts de sondages annonçant sur les plateaux des chaines d'informations en continu les résultats présentés comme "écrits d'avance",

- la quasi certitude, quelle que soit votre attitude civique, d'assister à tel ou tel duel au second tour,

- des "débats" entre chroniqueurs abordant le moins souvent possible les idées mais en privilégiant les querelles de personnes et des thèmes n'ayant aucun rapport avec les enjeux locaux: sécurité et immigration plutôt que lien social, mixité, éducation, environnement, logement, justice, solidarité.

- la "nationalisation" des scrutins transformant chaque élection locale en avant-goût du duel imposé Macron/Le Pen (Alors que LREM ne représente rien au plan local)

vous comprenez mieux la démobilisation des citoyens. 

Depuis 2017, bien davantage encore qu'auparavant, une “prime” semble avoir été donnée à la médiocrité des commentaires et du “buzz” télévisuel alors que la réflexion longue est niée, raillée, voire contestée par celles et ceux dont la seule référence acceptable est le "bon sens du boucher du coin" pour reprendre la déclaration d'un ministre. Ces ministres que l'on retrouve sur les plateaux d'émissions populistes ou de chaines de télévision devenues des théâtres de décision en lieu et place des “Bulletins Officiels”. Les réseaux dits “sociaux” ne faisant qu'amplifier un mouvement mettant sur le même plan les travaux des chercheurs et l'opinion d'anonymes "starisés" par leurs passages récurrents sur tel ou tel plateau ou s'exprimant sur leur chaîne Youtube. Un jour peut-être, un candidat remportera une élection en n'utilisant QUE les réseaux sociaux.

Alors, peut-on écrire tout cela et participer soi-même, par une présence quasi permanente sur tel ou tel réseau dit “social”, à l'abaissement du débat d'idées et de la réflexion approfondie? A cette réflexion qui exige la rigueur du “temps long”. Evidemment non.

Voilà pourquoi j'ai décidé de ne plus m'exprimer – relativement rarement – qu'ici, sur ce blog, et de laisser de coté le brouhaha des Facebook, Twitter et autres plateformes de dialogues qui, j'en suis persuadé, connaîtront un jour prochain, un recul généralisé. Les citoyens ouvriront les yeux et les oreilles pour prendre le temps de regarder autour d'eux, d'écouter l'essentiel pour abandonner ENFIN l'accessoire médiocre nourrissant l'appétit des populistes extrémistes, trop heureux de tromper un électorat qu'ils veulent docile, voire servile. Ce ne sera en aucun cas un retour en arrière mais bien la découverte d'autres manières d'avancer ensemble, parfois contradictoirement, vers la démocratie reconstruite sur ses propres ruines.

Aujourd'hui, nous votons. Demain, nous réfléchirons. Il est grand temps !

Christophe Chartreux

PS: les articles de ce blog seront en liens sur Twitter et Facebook. Mais je ne m'y exprimerai plus de manière “directe” par des commentaires systématiques. Certains macronistes convaincus – c'est leur droit – s'en réjouiront. Ils ont tort.

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Rhiannon Giddens...

18 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... James Joyce...

18 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

J.J.O'MOLLOY (Parlant de Bloom)

(En perruque grise d'avocat et robe d'avocat, parlant d’un ton de protestation chagrinée.)

Ce n'est pas ici le lieu d'une légèreté indécente aux dépens d'un mortel égaré épris de boisson. Nous ne sommes ni dans une pétaudière ni à un bizutage d'Oxford et ceci n'est pas non plus une parodie de justice. Mon client est un nouveau-né, un pauvre immigrant étranger qui a commencé au plus bas comme passager clandestin et tente aujourd'hui de gagner honnêtement sa vie. Le délit forgé a été causé par une aberration temporaire de l'hérédité, due à une hallucination, des familiarités telles que l'événement dont il est apparemment coupable étant généralement autorisées dans le pays natal de mon client, la terre des Pharaons. Prima facie, j'attire votre attention sur le fait qu'il n'y a pas eu tentative de connaissance charnelle. Il n’y a pas eu intimité et l’agression dont se plaint Driscoll, à savoir que sa vertu aurait été sollicitée, n’a pas été répétée. J’insisterai tout particulièrement sur l’atavisme. Il y a eu des cas de naufrages et de somnambulisme dans la famille de mon client. Si l’accusé était capable de parler il aurait tout loisir de narrer une histoire – une des plus étrange qui aient jamais été racontée dans les pages d’un livre. Lui-même, votre honneur, est physiquement une épave du fait de la faiblesse de poitrine que connaissent les savetiers. Sa défense se fonde sur son origine mongolienne et sur l’irresponsabilité de ses actes. Un peu débile, en réalité.

James Joyce - Ulysse

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La lecture, “grande cause nationale” : un (trop) beau symbole ?

18 Juin 2021 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education

La lecture, “grande cause nationale” : un (trop) beau symbole ?

L’HUMEUR DU JOUR – Favoriser l’apprentissage et la pratique de la lecture à travers une nouvelle série d’initiatives : c’est l’un des objectifs d’Emmanuel Macron. Mais ce programme, dont on sait peu de chose pour l’instant, sera-t-il suffisant ?

La politique étant (aussi) affaire de symboles, il ne nuira certainement pas à la lecture – et donc au livre, qui demeure son véhicule privilégié – d’être labellisée pour une année « grande cause nationale », ainsi que devait l’annoncer ce jeudi 17 juin Emmanuel Macron à l’occasion d’un déplacement dans les Hauts-de-France. De symboles, il n’en manquait pas, lors de cette visite présidentielle.

Par exemple le double choix de faire étape à Château-Thierry, lieu de naissance de Jean de La Fontaine, il y a tout juste quatre cents ans, et à Villers-Cotterêts, où en 1539 fut signée la fameuse ordonnance faisant du français (ou du « langage maternel françois ») la langue officielle du royaume de France. Et où, l’an prochain, la Cité internationale de la langue française ouvrira ses portes, dans le château de François Ier rénové.

Le choix, aussi, d’embarquer dans la caravane présidentielle le chantre intarissable de la lecture (à voix haute, à voix basse) qu’est devenu Fabrice Luchini. Le choix, encore, de visiter deux départements français, la Somme et l’Aisne, où l’illettrisme sévit avec une particulière intensité, notamment parmi les 18-25 ans – l’illettrisme, cette « grande cause nationale » de l’année 2013…

Les symboles sont tout sauf négligeables, mais ils ne font pas une politique publique en faveur du livre et de la lecture. Une politique apte à contrecarrer la lente mais patente désaffection pour la lecture que continuent de pointer les enquêtes d’opinion – en dépit de l’engouement collectif en trompe-l’œil pour le livre qu’on a cru constater depuis le début de la crise sanitaire. Des mesures visant à favoriser l’apprentissage et la pratique de la lecture, qui seront décidées et mises en œuvre au cours de l’année à venir, on connaît pour l’heure fort peu de chose. Mais le symbole sait être parfois la source, l’inspiration, l’élan de l’action.

Nathalie Crom

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Bac de philo : vers un sabordage des notes ?

18 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Île Maurice : le MV Wakashio au fond de l'océan - Réunion la 1ère

Les profs de philosophie ne digèrent pas la proposition de l’Education nationale de ne retenir que la meilleure note entre l’épreuve terminale écrite de ce jeudi et la moyenne du contrôle continu. Autre point de crispation : la numérisation des copies. Plusieurs actions sont envisagées.

C’est traditionnellement l’une des épreuves emblématiques du bac, marquant le coup d’envoi de la période des examens. Mais la philo a bien perdu de sa superbe. D’abord parce qu’elle est supplantée par le grand oral, qui compte même pour deux points de plus dans les filières générales, avec un coefficient 10. A cause de la crise sanitaire, ces deux épreuves sont les seuls examens de fin d’année. Tout le reste repose sur le contrôle continu, qui représentera 80 % de la note finale.

Ensuite, l’enjeu de la philo est moindre pour ce bac 2021, à tel point que les profs s’attendent à voir débarquer des élèves mains dans les poches et tongs aux pieds. Pourquoi ? Parce que seule la meilleure note entre l’épreuve finale et la moyenne de l’année comptera à la fin.

Cet aménagement a été proposé par le ministre de l’Education nationale en raison de la crise sanitaire. Cette année encore, les lycéens ont subi de plein fouet la pandémie avec de grandes disparités selon les établissements et, même, selon les classes. Cours en présentiel à 100 % pour certains, demi-jauge pendant six mois pour d’autres, classes fermées, élèves ou profs cas contacts : le rythme des lycéens n’a pas du tout été le même partout.

Face à ces inégalités, les profs de philo réclamaient d’autres aménagements : au départ, un allégement du programme, puis un doublement du nombre de sujets le jour J, avec quatre sujets de dissertation et deux explications de texte. Une option rejetée par le ministère«Pourquoi ce traitement de défaveur ? s’interroge auprès de Libération Nicolas Frank, prof de philo et président de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public (Appep). Retenir la meilleure note était la pire des solutions. Cette épreuve devient un événement folklorique de fin d’année.»

Numérisation des copies

L’autre point de crispation concerne la numérisation des copies et leur traitement via le logiciel Santorin. «C’est la première fois qu’on va l’utiliser, 90 % d’entre nous ne le connaissent pas, déplore Christelle (1), prof de philo lyonnaise. Les copies vont nous arriver au fil de l’eau et on ne connaît pas à l’avance leur nombre exact contrairement à avant, où il était inscrit noir sur blanc sur nos convocations.» «Comme on ne connaît pas notre volume total de travail, on ne pourra pas calculer le nombre de copies qu’on doit traiter par jour, c’est une organisation très inconfortable», regrette Christelle.

Nicolas Frank, le responsable de l’Appep, l’estime entre 130 et 150 copies par enseignant, à corriger en sept jours ouvrés – un laps de temps beaucoup plus court que précédemment.

Autres handicaps, selon eux : il sera désormais impossible de mener les corrections par sujet et la navigation dans Santorin n’est pas prévue pour que les profs puissent revenir à une copie déjà évaluée, «alors qu’il est nécessaire de pouvoir comparer régulièrement les rendus pour conserver une cohérence globale», souligne Christelle, l’enseignante lyonnaise. «On demandait donc d’avoir le choix de corriger numériquement ou non, explique Nicolas Frank. Le ministère a finalement proposé à ceux qui préfèrent les copies écrites de les imprimer et d’ensuite reporter les notes et les appréciations dans le logiciel.» Un «aménagement» d’autant plus chronophage.

Manifestations, AG, grèves et sabordages

A Lyon, Marseille, Paris, Bordeaux, Lille ou encore Strasbourg, les profs de philo s’organisent pour protester contre ces décisions. Appels à manifester, assemblées générales, menaces de grèves et même sabordages des évaluations : toutes les options sont sur la table.

Mardi soir, une AG en ligne a réuni les enseignants de philo lyonnais, qui ont adressé une lettre à leur hiérarchie. Dans leur académie, l’organisation du bac atteint un summum d’absurdité. La réunion «d’entente», d’ordinaire prévue après la réception des copies par les profs, pour qu’ils puissent estimer de manière collégiale comment les élèves se sont emparés des différents sujets avant d’approfondir leurs corrections, a été programmée… avant l’arrivée des copies.

Quant à la réunion «d’harmonisation», qui permet a posteriori aux correcteurs de comparer les moyennes de leurs lots avant la saisie des notes officielles, elle a été calée après la date de rendu au rectorat. «Et les notes finales vont être fixées par un jury de délibération auquel les correcteurs n’ont pas été associés, alors qu’avant, c’était presque une faute de ne pas pouvoir y assister, explique Christelle. On sait aussi que ce jury pourra ajouter jusqu’à 3 points sur une copie, c’est énorme. On a vraiment l’impression que cette année, il faut noter quoi qu’il en coûte», pointe la prof lyonnaise.

Les enseignants de l’académie de Grenoble, réunis en AG le 9 juin, dénoncent pour leur part dans un communiqué «un nouveau passage en force», dans la lignée de la réforme Blanquer et des conditions d’exercice durant la crise sanitaire. Selon eux, cette forme de «télétravail» aggrave une «situation chaotique, méprisante et épuisante pour les enseignants, et anxiogène pour les élèves». Car la notation via Santorin fait craindre une surveillance accrue sur le travail des correcteurs, qui peut être contrôlée en continu par le coordinateur ou l’inspecteur, eux aussi branchés au logiciel.

Enfin, nombre d’enseignants s’inquiètent de l’aberration écologique que représente la numérisation généralisée. «Ça me rend dingue de voir qu’on impose un traitement numérique dont on sait les dégâts qu’elle cause pour l’environnement», souffle Jeanne, prof de philo à Marseille. Les enseignants grenoblois s’interrogent également dans leur communiqué : «A quoi bon stocker sur des serveurs des copies qui ont été rédigées par les candidats sur papier ? […] Apprendre à utiliser Santorin pour mal faire ce que nous savions très bien faire avec notre tête et un crayon, c’est tout aussi absurde…»

Cécile Bourgneuf et Maïté Darnault

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Vers un vrai contrôle continu au baccalauréat - Par Claude Lelièvre...

18 Juin 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Baccalaureat

Vers un vrai contrôle continu au baccalauréat - Par Claude Lelièvre...

Le pusillanime Blanquer va-t-il se lancer dans cette terrible aventure? Jusqu'ici il a préféré l'alternative d'une ''usine à gaz'' qui n'a jamais fonctionné à la simplification du bac demandée par Macron. Va-t-il suivre les recommandations actuelles du concepteur initial de la réforme, Mathiot, et du nouveau secrétaire général du Snpden-Unsa ?

Hier, devant la commission ''éducation'' du Sénat,  Pierre Mathiot a déclaré qu' « il s'agit de repenser la manière dont les 40% de contrôle continu au bac vont être calculés . Les épreuves ponctuelles mettent en péril l'organisation du lycée. Il faut aller vers un contrôle continu intégral ».

Cette position a été  appuyée par Bruno Bobkiewicz, nouveau secrétaire général du Snpden-Unsa (le syndicat de chefs d'établissement le plus représentatif). « C'est un sujet qui peut maintenant passer. C'est un message qui peut être accepté par les enseignants. C'est l'occasion de transformer l'essai ». Pour lui aussi le moment est venu de supprimer les épreuves ponctuelles pour mettre en place un contrôle continu intégra

En commentaire, je me contenterai de reproduire de larges extraits de l'un de mes billets passés (signe d'une constance de principe...) posté le 2 juillet 2020

« Pour le contrôle continu, Blanquer est toujours aussi pusillanime

On aurait pu penser que Blanquer, après que les baccalauréats aient été obtenus cette année dans le cadre du contrôle continu ordinaire, renoncerait à l'usine à gaz des «épreuves communes de contrôle continu». Mais non, il a préféré la solution cosmétique d'une certaine modification de ses modalités et du changement de nom. Il n'y aura toujours pas de "simplification" du baccalauréat.

Le 30 janvier dernier, j'avais posé la question dans Mediapart : «La formule hybride des E3C est contraire à l'esprit de la simplification de la réforme du bac» vient de déclarer le Comité de suivi de la réforme. Bien vu, mais bien tard. Et il va proposer des «ajustements» pour accomplir «l'esprit de la réforme» ou pour permettre à Blanquer de tergiverser encore?"

Eh bien, on a eu la réponse : cela lui a permis de '' tergiverser encore". En définitive, on a  eu quelques ''simplifications" d'un dispositif qui avait complexifié la passation du baccalauréat au lieu de la simplifier! Bravo l'artiste!

On est loin de ce qui avait été annoncé et promu par Emmanuel Macron lors de sa campagne de l'élection présidentielle et qu'il avait précisé dans une interview parue dans "L'Etudiant'' le 30 mars 2017, « Nous faisons confiance au contrôle continu et au jugement des professeurs pour l'entrée dans les formations sélectives (écoles préparatoires aux grandes écoles, sections de techniciens supérieurs, IUT, écoles post-bacs). Pourquoi en seraient-ils incapables pour le baccalauréat? ». Il s'agissait bien du "contrôle continu" entendu comme l'ensemble des évaluations ordinaires faites au fil des années (en première et terminale) présentes dans les dossiers des postulants examinés. Et on se souvient de sa conclusion : « Je souhaite donc simplifier le baccalauréat. Quatre matières seront passées en contrôle terminal, les autres seront validées en contrôle continu ».

Il s'agissait donc de mettre en oeuvre pour une partie du baccalauréat ce qui est mis en oeuvre depuis longtemps par les professeurs du secondaire lorsqu'ils ont à choisir les élèves qui pourront venir dans leurs classes préparatoires ou leurs STS. Ces professeurs font leur choix sur la base de dossiers ''maison'', à partir des notes et appréciations ordinaires obtenues en première et terminale par les candidats dans leurs établissements respectifs; et en toute connaissance de cause (le baccalauréat restant à obtenir comme condition certes nécessaire mais non suffisante pour être sélectionné). Sur la base d'un ''vrai contrôle continu'' donc.

Et l'on ne parle pas d'"iniquités' en l'occurrence...Comme personne ne réclame des jurys d'harmonisation pour les licences ou masters (''maison'') délivrés par chacun des établissements universitaires. 

Claude Lelièvre

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Régionales 2021 - L'Alternative, une dynamique attentive envers les étudiants!

17 Juin 2021 , Rédigé par NVB Publié dans #Politique, #Régionales2021

Chères amies, chers amis,

Najat Vallaud-Belkacem est la candidate la mieux placée pour faire gagner la gauche en Auvergne-Rhône-Alpes contre la droite et l'extrême-droite. 

Notre projet est le seul à s’engager contre la précarité des étudiants et à leur garantir les meilleures conditions d’étude et de vie : 
 

  • Gratuité des transports pour les étudiants boursiers + billets TER à 1€ pour tous les jeunes le weekend ��

  • Construction de logements étudiants

  • Création d’un bouclier social et sanitaire pour les étudiants les plus précaires (chèque santé, chèque alimentaire, etc.) ����‍⚕️

  • Augmentation de 30% des bourses pour les étudiants en formation sanitaire, sociale et paramédicale ��

  • Contraception gratuite pour tous les jeunes + des distributeurs de protections périodiques dans tous nos campus 

  • Des épiceries sociales et solidaires sur tous nos campus

  • Tous nos campus équipés en très haut débit numérique, en centres de santé, et en infrastructures dédiées à la pratique sportive ��‍�� ⚽️

  • 50% de la licence sportive payée par la région pour tous les 16-30 ans ��‍♀️

    + de places de concert, de ciné et de théâtre, etc .dans le Pass’ Région ��
    + de mobilité à l’international et à l’intérieur de la Région pour nos étudiants, etc.

     

 
 

Dimanche prochain votez pour la liste qui s’engage pour l’avenir de notre jeunesse ! 

Votez pour la liste de l’Alternative avec Najat Vallaud-Belkacem !

 

Pour plus de détails, retrouvez l’intégralité de notre programme �� ici 


Vous ne pouvez pas vous déplacer pour aller voter, ou vous n’êtes pas là les 20 et 27 juin prochains, pensez à la procuration !
 

�� Vous souhaitez vous engager à nos côtés dans cette campagne, nous faire part d’une idée, d’une remarque, faire un don ou tout simplement recevoir des informations.
 
➡️  Contactez-nous !
www.aura-alternative.fr
 

L’équipe de campagne de Najat Vallaud-Belkacem
 
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Kings Of Convenience...

17 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Frédéric Boyer...

17 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Ne pas bien comprendre. Rouvrir les yeux. Gaucher, j’avais tiré, la crosse en noyer vernis et passablement éraflée appuyée contre ma tendre épaule droite. Un vieux fusil de chasse Browning superposé B25 – calibre 12. Le soleil se levait sur la plaine derrière nous. Je ne savais s’il fallait croire son propriétaire qui prétendait l’avoir reçu de son père, lui-même ayant longuement raconté, disait-il, qu’il avait fait le coup de feu avec pendant la guerre, dans le maquis du Limousin, la région 5, contre des soldats allemands. Ponctuant ses aveux de gloire d’un double : « Ah ! les boches ! Ah ! les boches ! » Mais si cette histoire était vraie, qu’il me l’eût confiée ce matin-là augmentait ma confusion. Lâche ou maladroit, je n’étais pas certain pourtant d’être le responsable de cet exploit. Mais lui décida que j’avais été le tueur. L’assassin. Et me congratula. Petites tapes viriles dans le dos de l’enfant.

« Putain mec, tu l’as eu, tu l’as eu. » Mon épaule droite me faisait souffrir. Je ne le montrais pas.

Serrer les dents.

Avoir 11 ans peut-être.

Voir dans le matin blanc sur la plaine le corps sanglant d’un soldat avec une petite tête de lièvre.

« Tu l’as eu j’te dis ! », répétait la voix de l’ami plus âgé que j’accompagnais.

Longtemps être seul avec un lièvre mort entre les bras à qui murmurer en bégayant des choses inaudibles.

Ce fut un jour tout à fait ordinaire, avant les gelées blanches de l’hiver. Nous y étions enfin. Nous marchions dans les bois quand j’ai vu le lièvre vivant bondir et disparaître dans les fourrés. J’ai eu peur un quart de seconde que le lièvre ait réellement existé. J’ai prié sur le moment pour qu’il se soit agi d’une illusion, un mirage comme il en arrive aux grands chasseurs à force de guetter leur invisible proie. J’ai espéré qu’il ne fût pas comme il arrive que les hommes souhaitent désespérément l’échec au lieu d’un salut quelconque obtenu à tout prix grâce à des techniques nouvelles, au lieu des ruses du chasseur pour coincer sa proie fragile, et finir par se retrancher dans la joie solitaire de qui philosophe seul comme un fou dans son appartement plus si neuf.

Tous nos désirs sont des poids de plomb. On a beau fixer le cap en s’orientant sur ce lointain rocher noir, écrasé par le ciel liquide de nos espoirs dans la mer, nous ne sommes jamais que des êtres menés par des choses qui leur arrivent, par des choses qu’ils ne contrôlent pas. Les grands chasseurs sont ceux qui traquent non pas la bête elle-même mais l’objet insaisissable de leur désir de sang et de mort, proches en cela des vrais mystiques. Ils n’ont aucune faim de la proie elle-même. Ce qu’ils veulent à tout prix c’est croire. La proie qu’ils traquent est ce qu’ils ne voient jamais mais qu’ils finissent par croire avoir vu à force d’en tenir l’existence pour certaine. Et cet acte de foi désespéré les entraîne irrémédiablement de l’autre côté d’un paysage perdu.

Frédéric Boyer - Le Lièvre

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