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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Pierre Corneille...

22 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Hommage à Gérard Philipe ! Le Dernier Hiver du Cid.. – Dans l'œil d'une  flâneuse Bretonne

DON DIÈGUE

Rodrigue, as-tu du cœur ?

DON RODRIGUE

Tout autre que mon père

L'éprouverait sur l'heure.

DON DIÈGUE

Agréable colère !

Digne ressentiment à ma douleur bien doux !

Je reconnais mon sang à ce noble courroux ;

Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte.

Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte ;

Viens me venger.

DON RODRIGUE

De quoi ?

DON DIÈGUE

D'un affront si cruel,

Qu'à l'honneur de tous deux il porte un coup mortel :

D'un soufflet. L'insolent en eût perdu la vie ;

Mais mon age a trompé ma généreuse envie ;

Et ce fer que mon bras ne peut plus soutenir,

Je le remets au tien pour venger et punir.

Va contre un arrogant éprouver ton courage :

Ce n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrage ;

Meurs, ou tue. Au surplus, pour ne te point flatter,

Je te donne à combattre un homme à redouter ;

Je l'ai vu, tout couvert de sang et de poussière,

Porter partout l'effroi dans une armèe entière.

J'ai vu par sa valeur cent escadrons rompus ;

Et pour t'en dire encor quelque chose de plus,

Plus que brave soldat, plus que grand capitaine,

C'est ...

DON RODRIGUE

De grâce, achevez.

DON DIÈGUE

Le père de Chimène.

DON RODRIGUE

Le ...

DON DIÈGUE

Ne réplique point, je connais ton amour,

Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour ;

Plus l'offenseur est cher, et plus grande est l'offense.

Enfin tu sais l'affront, et tu tiens la vengeance :

Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi ;

Montre-toi digne fils d'un père tel que moi.

Accablé des malheurs où le destin me range,

Je vais les déplorer. Va, cours, vole, et nous venge.

Pierre Corneille - Le Cid, Acte I, Scène 5

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Ce que les orateurs de l’Antiquité pourraient donner comme conseils aux candidats passant le Grand Oral

22 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Baccalaureat

akg-images - Démosthène harangue les flots de la mer

EXTRAITS

L’historien spécialiste de la rhétorique et philologue Pierre Chiron explique, dans un entretien au « Monde », ce que les grands orateurs de l’Antiquité pourraient donner comme conseils aux milliers d’élèves passant la nouvelle épreuve du bac à partir de ce lundi 21 juin.

(...)

L’enseignement de la rhétorique et de l’oralité a traversé les siècles avant de s’affaisser en France au XIXsiècle. Pourquoi ?

Dès l’Empire romain, la parole politique se retrouve moins libre et la rhétorique perd un peu de sa fonction démocratique pour devenir une compétence de caste qui se transmet dans les familles. Elle devient aussi une sorte de divertissement avec des déclamateurs publics, faisant des discours sur des sujets fantaisistes, aussi populaires que des joueurs de foot aujourd’hui. La rhétorique va ensuite survivre, à travers le Moyen Age, dans des régimes plus ou moins démocratiques, avec donc une fonction plus ou moins citoyenne. Les exercices enseignés à la période hellénistique vont ainsi se transmettre jusqu’au XIXe siècle, notamment par le biais des réformateurs protestants et des jésuites.

L’institution du baccalauréat, au début du XIXe, marque un tournant. Uniquement sous la forme orale au départ, l’examen bascule vers l’écrit au fil des décennies, comme toute la scolarité d’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui. La raison ? A l’école, l’enseignement transmissif et descendant, dont on a encore du mal à s’extraire aujourd’hui, n’est pas compatible avec le débat et la libération de la parole de l’élève, avec la démocratie dans la classe, en somme… Mais cette disparition de la culture de l’oral et de la rhétorique n’est pas universelle, comme le montrent les pays anglo-saxons. Si ce grand oral participe à nouveau à une éducation de la parole de l’élève, c’est un bon signe.

(....)

Quels principaux conseils donnerait un orateur antique aux élèves qui passent ou vont passer le grand oral, ces jours-ci ?

Ils diraient probablement qu’il est primordial de maintenir le lien avec l’interlocuteur pendant tout l’entretien, et pour cela d’éviter les deux erreurs habituelles consistant à lire ses notes d’un côté ou à réciter un propos appris par cœur de l’autre. Il faut évidemment avoir en tête ou sur ses notes un canevas du déroulé du propos, un plan, mais en s’efforçant de ne rédiger aucune phrase pour être le plus naturel possible.

Le fait de bien avoir mémorisé la thèse, les arguments, les exemples et objections possibles, dont on parlait plus haut, permet d’éviter d’être dans l’improvisation totale et, donc, de tomber dans l’émotion. Et, enfin, il faut travailler les silences afin de laisser le temps à l’auditoire de comprendre le propos et de l’assimiler afin de faciliter la conversation.

Séverin Graveleau

Cet entretien paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien.

 

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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Le SNU désenchanté ?

22 Juin 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

Militarisation de la jeunesse", un collectif contre le Service National  Universel créé à Nancy

EXTRAITS

"L'objectif du SNU c'est la transmission du socle républicain à travers des cérémonies en commun comme la levée des couleurs, le renforcement de la cohésion nationale avec une expérience de mixité sociale, la découverte de l'engagement grâce à l'intervention d'un corps en uniforme". Le service national universel ouvre ses centres le 21 juin jusqu'au 2 juillet pour la "phase de cohésion". Alors qu'il devait devenir universel et obligatoire dès 2021, le SNU n'a jamais réussi à trouver les effectifs annoncés. Sa généralisation à tous les jeunes est maintenant repoussée à une date indéterminée. Les évaluations montrent que le dispositif ne plait qu'à une petite frange de la population. La promesse du candidat Macron est désenchantée.

(...)

Un projet qui n'a jamais réussi à trouver son public

Promesse de campagne du candidat Macron, le service national universel (SNU) devait concerner à terme tous les jeunes dans une version très allégée du service national. Le nouveau SNU doit "favoriser la participation et l’engagement de chaque jeune dans la vie de la Nation, valoriser la citoyenneté et le sentiment d’appartenance à une communauté rassemblée autour de ses valeurs, de renforcer la cohésion sociale et de dynamiser le creuset républicain... Le SNU sera un moment dans la vie du citoyen qui lui permettra de partager l’expérience d’une communauté d’âge et de la mixité sociale, et de découvrir les différentes formes d’engagement possibles", promettait le gouvernement en 2018.

C'est toujours cette rhétorique qui est utilisée. Pourtant le SNU n'a jamais réussi à atteindre ses objectifs. En 2020 le gouvernement avait prévu 30 000 volontaires. Finalement il n'y en eu que 2000. En 2021 il en a annoncé 29 000. Finalement seulement 18 000 ont été trouvés et son actuellement en centres. Depuis 2020, alors que son budget est intégré dans celui de l'Education nationale, le SNU n'arrive pas à le dépenser. En 2021 alors que 61 millions sont budgetés, les dépenses ne dépasseront pas 40 millions, soit à peu près 2200€ par jeune.

La mixité sociale promise n'est pas là

C'est que le SNU ne tient pas forcément ses promesses. En 2020, l'INJEP a publié un rapport d'évaluation sur la phase de préfiguration du SNU en 2019, à l'époque où il réunissait moins de 2000 volontaires. Incontestablement le dispositif a plus à ces jeunes, particulièrement les activités sportives et la partie défense sécurité.

Mais l'objectif de mixité sociale, mis en avant par le gouvernement en référence au service militaire, n'est pas atteint. Le rapport note " une surreprésentation des enfants de militaires (un tiers des jeunes NDLR), les familles des volontaires plutôt à l’aise financièrement, un engagement plus important des parents des volontaires SNU que la moyenne française, une majorité de volontaires venant de filières générales et technologiques et des volontaires SNU meilleurs élèves que la moyenne". En 2021 le secrétariat d'Etat à l'engagement annonce 5% de jeunes issus des quartiers politique de la ville. C'est moitié moins que la moyenne nationale. Comme le dit le rapport de 2020, " pour ce qui est de la diversité des situations des jeunes (situation scolaire ou sociale) l’objectif n’a été que partiellement atteint."

(...)

Le désenchantement semble avoir gagné le gouvernement. Interrogé le 16 juin, le secrétariat d'Etat à l'engagement dit que "la décision de rendre le SNU obligatoire n'est pas prise. La généralisation reste en perspective mais le calendrier devra être arbitré au plus haut niveau". Le désenchantement a gagné le SNU.

François Jarraud

Billet complet en cliquant ci-dessous

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Bac 2021: le premier jour du Grand Oral ne s'est pas passé comme prévu

22 Juin 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education, #Baccalaureat

Mettre les multinationales hors-service - La vie en vert

EXTRAIT

Absence de jury, retards conséquents, des dysfonctionnements perturbent la première journée du grand oral, épreuve inédite du baccalauréat.

ÉDUCATION - “Je suis à mon grand oral depuis 7h30 , et je n’ai pas de jury.” Ce lundi 21 juin marque le début de l’épreuve inédite du grand oral. Mais sur les réseaux sociaux, les premiers convoqués rapportent déjà quelques dysfonctionnements, et se plaignent d’un manque d’organisation, à l’image de cette année scolaire perturbée par la crise sanitaire.

À 9h10 ce matin, plusieurs lycées ont organisé des mouvements de protestation. “Le jury est en grève ici à Lyon”, témoigne une internaute à nos confrères de France Info. “Pas mal de jurys commenceront à 10:30 sur l’académie de Créteil...Déjà des problèmes avec des professeurs en maladie depuis longtemps et pas remplacés, des jurys sans professeur de spécialité/spécificité”, commente un autre.

Le SNES-FSU recense depuis le début des épreuves tous les dysfonctionnements de ce nouveau bac, le Grand Oral ne fait pas exception.

Plusieurs élèves et enseignants témoignent aussi pour dénoncer la désorganisation, regrettant qu’on leur impose ce stress supplémentaire.

L’organisation des jurys semble être le gros point noir de cette nouvelle épreuve du baccalauréat. Vendredi 18 juin, à trois jours du début du grand oral, de nombreux professeurs d’Île-de-France, se savaient toujours pas “où” et “si” ils étaient convoqués pour faire passer l’épreuve, rapporte France Info. Si certains professeurs ont reçu deux convocations à deux endroits en même temps, d’autres, au contraire, apprennent le matin même qu’ils ne font désormais plus partie du jury.

 

(...)

 

Suite et fin en cliquant ci-dessous

 

Gwenn Allanic

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Jackson C. Frank..

21 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Michel Host...

21 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Amazon.fr - Valet de nuit - Host, Michel - Livres
Le fleuve poussait ses eaux jaunes, épaisses, mêlées à la substance émiettée de ses berges, à la poussière des feuilles. Les travaux de régularisation des eaux réalisés ces dernières années en amont de la ville n'avaient pas suffi à modifier ses rythmes intimes. Ils les avaient assagis, rien de plus. Ses crues se mesuraient au pied, au genou, à la poitrine, au menton et à la chéchia du zouave du pont de l'Alma. A mi-mollet, les services municipaux évacuaient d'urgence les voitures qui encombraient les quais de la rive gauche. L'autre berge était depuis longtemps transformée en autoroute. Les humains s'activaient à remorquer les véhicules abandonnés ou laissés pour compte par d'oublieux propriétaires. Aux parapets des ponts, des badauds contemplaient ces travaux de fourmis.
Nuit d'octobre. Nuit de novembre bientôt. Le fleuve rêve, ma pensée fait corps avec lui. Il traverse la ville d'est en ouest. Il s'est grossi de rivières qui, après tout, eussent pu lui donner leur nom. Il l'a emporté sur elles. Pourquoi lui? Sequana. Sequana Dea. Il est resté modeste. Ce n'est ni fOrénoque, ni l'Amazone. Il entre dans la ville par la porte de Bercy et en sort, curieusement, par celle du Point-du-Jour. Il décrit ici un arc de cercle presque parfait, une boucle rassurante et maternelle. Les fenêtres de notre appartement donnent sur ses quais et dans les nuits silencieuses, j'entends s'écouler sa masse liquide.
Je le connais bien, entre ses rives de pierre, sous ses arches successives. Je veux parler de cette familiarité qui m'unit à lui. Les humains l'indiffèrent mais lui ont bâti des berceaux de craie et d'acier, tous les ponts qui le prennent à la taille. Pour lui ils ont écrit des livres, peint des images : monuments de mots, Notre-Dame de nostalgie, Sainte-Chapelle de coups de cœur, et même un Louvre d'amours éparpillées. La passerelle du pont des Arts ayant menacé de s'abîmer dans ses eaux, ils l'ont reconstruite. Même plancher, même bastingage de fil de fer. Ils ont seulement augmenté la portée des arches afin de supprimer cette pile que de trop lourdes péniches frappaient de leur nez.
Ce n'est pas au Pont-Neuf, ni à l'étrave du Vert-Galant que j'ai mes rendez-vous secrets avec lui. Au premier rayon de soleil l'endroit se peuple de tribus de laiderons aux genoux pointus, de guitaristes et de maniaques de la photographie. Je l'attends en deux endroits précis (je ne suis pas comme tout le monde, ce qui ne me rend pas la vie plus facile) d'où je le vois différemment, à ma façon.
Mon premier point de vue est celui qui s'offre après la station Arsenal, lorsque la rame arrive au quai de la Rapée. Avant de s'immobiliser, elle vire gracieusement à gauche pour contourner la bâtisse presque opaque de l'Institut médico-légal. Je vois alors défiler sur ma droite les briques violacées de l'institut. Il faut lever les yeux pour apercevoir les fenêtres garnies de verres épais qui ne laissent pénétrer qu'un peu de la clarté extérieure. Dedans brille une lumière tremblotante de glacier juste avant la chute du soleil. Elle brûle, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit. Lorsque la rame s'arrête, je ne me défends pas de l'image de tous ces corps allongés derrière les murs sales. Dans leur bac roulant et réfrigéré, ils attendent l'improbable regard amical ou amoureux, l'inspection de police, le bistouri du médecin légiste ou du carabin, le contact expert des mains de l'employé des pompes funèbres. La rame repart dans un ferraillement que l'on ne connaît plus sur les autres lignes, toutes mises sur pneus et suspensions silencieuses. Elle se dirige au pas vers la gare d'Orléans-Austerlitz, car il lui faut prendre un second virage en sens inverse du précédent et traverser le pont d'Austerlitz.
Le son des caisses d'acier se modifie brusquement sur les rails suspendus. Nous entrons dans l'espace du fleuve. Nous le survolons. Les pauvres frères tenus dans la glace et le formol s'éloignent de nous. Apparaissent les eaux brillantes sur lesquelles le vent dessine de souples et changeantes friselures. La mort encombrante, pitoyable, n'est plus qu'un mauvais rêve. La vie s'avance, splendide et puissante. Lente et sûre d'elle-même, elle s'est établie depuis des siècles au pied de ses îles de la Cité et Saint-Louis. Juste avant d'entrer en gare d'Austerlitz, je jette un coup d'oeil sur les pattes d'araignée géante qui ceinturent le déambulatoire de la cathédrale, sur l'enfilade des trois ponts Sully, de la Tournelle et de l'Archevêché. De l'autre côté, vers Bercy, se dégage l'édifice de la gare de Lyon, flanquée d'une tour couverte de miroirs verts déformants. Les nuages s'y diluent. Sur les eaux avancent des trains de péniches chargées de sable, de charbon. Parfois leur appontement est clos et surmonté d'une cabine dans laquelle un marinier tient à deux mains le gouvernail étoilé. Entre la cabine et la proue, la femme étend son linge comme ferait une paysanne dans son carré de choux. Les convois flottants longent le port, ses quais balayés de vent, ses hauts bâtiments à façade grise, aux fenêtres aveuglées, lavées de soleil et de pluie. C'est comme un rappel discret, fugitif, du funèbre institut d'en face. Après, le voyage sous terre recommence avec pour horizon des parois verdâtres où s'écoulent des filets de liquides incertains et l'éternel vagabond DUBO DUBON DUBONNET.
Michel Host - Valet de nuit
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Grand oral: sur Twitter, couacs en série et élèves en stress

21 Juin 2021 , Rédigé par La Voix du Nord Publié dans #Education, #Baccalaureat

https://www.francetvinfo.fr/image/75wmpyxf0-53e2/770/433/24850325.jpg
EXTRAIT
En ce premier jour de la première session de la nouvelle épreuve du bac, le grand oral, sur Twitter plusieurs profs dénoncent les couacs tandis que les élèves stressent.
Après les couacs dans l’organisation des épreuves écrites du bac, plusieurs profs dénoncent ce matin sur Twitter des problèmes dans l’organisation du Grand oral  : convocations reçues à la dernière minute, jury absent ou non adapté aux élèves, élèves livrés à eux-mêmes en attente de jury…

Quant aux élèves, ils sont, sans surprise, en état de stress

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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"HYMNE A L'ECOLE POUR TOUS"- Lora Yeniche/ Journée Mondiale des droits de l'enfant

21 Juin 2021 , Rédigé par Youtube Publié dans #Education

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Le « grand oral » ne donne pas une place sans précédent à l'oral au bac - Par Claude Lelièvre

21 Juin 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Baccalaureat

Le « grand oral » ne donne pas une place sans précédent à l'oral au bac - Par Claude Lelièvre

L'annonce d'une épreuve de « grand oral » au baccalauréat a fait grand bruit. Encore convient-il de mettre cela en perspective historique pour en apprécier (et en relativiser) la nouveauté et mieux entrer dans la problématique des rôles respectifs joués par l'écrit et l'oral dans les épreuves du baccalauréat au cours de sa longue marche.

L’institution du « baccalauréat » sous sa forme moderne par Napoléon I, en 1808, a été le point de départ des baccalauréats dits « généraux » que nous connaissons. Mais avec une grande différence au début, puisqu'il s'agissait uniquement d'un examen oral qui durait entre une demi-heure au moins et trois-quarts d'heure au plus. Les examinateurs se contentaient le plus souvent de l'explication orale d'un texte à partir duquel on posait également quelques questions ad hoc.

En 1830, l'arrêté du 9 février prescrit que « tout candidat au baccalauréat sera tenu d'écrire instantanément un morceau de français, soit de sa composition, soit en traduisant un passage d'un auteur classique ». Ce moment d'écrit fugitif au cours de l'oral est censé répondre à une préoccupation énoncée quelques années plus tôt dans une circulaire ministérielle : « nous devons avouer que nous recevons parfois des lettres ou des réclamations d'individus pourvus du grade du baccalauréat, et dont le style et l'orthographe offrent la preuve d'une honteuse ignorance. »
En 1840, une véritable épreuve écrite ( une version latine) à caractère éliminatoire et préalable à l'épreuve orale est substituée au « morceau de français » introduit en 1830 en plein cours de l'épreuve orale.

L'écrit va s'alourdir peu à peu. En 1852 on ajoute une composition latine de trois heures à la version latine de deux heures. En 1864, le ministre de l'Instruction publique Victor Duruy rajoute en sus une épreuve écrite sur un sujet de philosophie de quatre heures.

Au cours des années, les épreuves écrites et orales prennent  de plus en plus d'ampleur et se diversifient tant et si bien que les décrets du 9 avril et du 25 juillet 1874 divisent en deux le baccalauréat ès lettres. À l'écrit de la première partie (passé en rhétorique, l'équivalent de notre classe de première) une version latine et une composition latine ; à l'oral, des explications d'auteurs grecs, latins, français et des interrogations sur la rhétorique et la littérature classique, l'histoire, la géographie. À l'écrit de la deuxième partie (passée en classe de philosophie), une dissertation de philosophie et la traduction d'un texte de langue étrangère ; à l'oral, des interrogations sur la philosophie, les sciences mathématiques, les sciences physiques et naturelles, une langue vivante, l'histoire et la géographie. On tient là l'architecture foncière du baccalauréat tel qu'il va être jusqu'au début des années 1960, les autres baccalauréats s'alignant finalement pour l'essentiel sur cette architecture.

Il est difficile de savoir dans quelle mesure la question de la pertinence d'évaluer la maîtrise de telle ou telle matière par des épreuves écrites ou bien par des épreuves orales a pu compter dans les choix qui ont eu lieu. Et pourtant on ne devrait pas perdre de vue que la préparation à l'oral est dans l'école française nettement moins assurée que la préparation à l'écrit ; sans compter que cela peut avoir des effets différenciés selon les origines socio-culturelles des élèves.

Quoiqu'il en soit, il est évident que cela n'a pas été en tout cas le souci premier lors des turbulences des modifications des épreuves du baccalauréat durant la décennie gaullienne. La commodité (explorée tous azimuts, avec des changements « brutaux ») de l'organisation des épreuves du baccalauréat en vue de sa « simplification » semble l'avoir nettement emporté.

Pour rappel : en 1959, on supprime l'oral sauf pour les langues vivantes. En 1960, on supprime la seconde session de rattrapage, mais on la remplace par un oral de rattrapage qui a lieu sur le champ pour les élèves qui ont au moins 7/20. En 1965, on rétablit la session de rattrapage en septembre avec un écrit et un oral. En 1967 on supprime à nouveau la session de septembre, mais on rétablit un oral de rattrapage. En 1969, fin du baccalauréat en deux temps : ne subsiste en première qu'une épreuve de français « par anticipation ».

Mais il y a bien eu à ce moment-là une vraie simplification de l'organisation du baccalauréat. Il ne faudrait en effet pas oublier qu'on en était à un baccalauréat en deux parties avec écrit et oral pour la plupart des matières à la fois en première et en terminale (avec, en sus, des sessions de « rattrapage » organisées tout à fait sur le même modèle à la fin des grandes vacances). On verra, par comparaison, ce qu'il en sera pour la simplification du baccalauréat en cours.

Pour l'organisation du baccalauréat en 1968, pas d'états d'âme non plus. Le « simple et le pratique » (selon une formule célèbre postérieure de Jean-Pierre Chevènement), l'a emporté finalement, dans un contexte particulier, sur toute autre considération : un « simple » oral.

Claude Lelièvre

Extraits de mon dernier livre « L'école d'aujourd'hui à la lumière de l'histoire » paru chez Odile Jacob en mars dernier Pages 234-236 et  241-242

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Le langage de l’extrême droite a fini par contaminer la classe politique.

21 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Politique, #Langue

Ces mots de l'extrême droite qui contaminent le débat public | L'Humanité

Alors que la campagne pour les régionales prend fin, le langage de l’extrême droite a fini par contaminer la classe politique.

Il est une pandémie pour laquelle aucun antidote n’a, pour le moment, été trouvé, et qui, pourtant, fait des ravages. Fièvre, hallucinations, remontées acides, régurgitation parfois. Aucun vaccin n’est prévu pour le moment et c’est bien dommage car c’est une épidémie qui frappe le monde entier et ressurgit à intervalles réguliers. A chaque élection, très précisément. Son principal symptôme est de faire du lexique de l’extrême droite le seul langage électoral possible. C’est plus fort que les candidates et les candidats, de quelque bord qu’ils soient, c’est plus fort que les chaînes d’info continue et non continue, tous rechutent. Quand les élections approchent, l’imaginaire et le vocabulaire politique se rétrécissent jusqu’à devenir minuscule. L’atmosphère est soudain saturée de cet air vicié dont on reconnaît immédiatement le bruit et l’odeur. Ça pue. Comme si aucune autre forme de pensée n’existait plus. Comme si la seule manière de faire campagne, c’était d’emprunter ce chemin-là. Boueux, poisseux, putride. Soudain, toute singularité disparaît chez les candidats et, chacun se met, alors, à n’avoir plus qu’un vocabulaire appauvrit. Ça pue. Les phrases s’accolent les unes aux autres jusqu’à former des fausses suites logiques. Le but étant d’arriver à placer les mots «Français de souche», «musulmans», «noirs» «Arabes», «étrangers», «délinquants», «migrants», «reconduites à la frontière».

Le principe est simple, comme au jeu de l’oie, il faut partir de la case numéro 1 intitulée «On est chez nous» pour arriver tranquillement à la ligne d’arrivée nommée «Rentrez chez vous». Du «nous» d’un côté, du «vous» de l’autre, l’idée étant de créer les conditions qui permettront d’associer automatiquement «blancs» à «France» et «musulmans, noirs, arabes, pas blancs» à «étrangers». Et maintenir, ainsi, l’éternel fantasme de l’extrême droite qui voudrait qu’un Français soit forcément blanc et catholique. «Nous». «Vous». Entre la case départ et la ligne d’arrivée, libre à chaque candidat d’inventer les combinaisons qui lui conviennent. Par exemple, en cinq coups : «On est chez nous», «sécurité», «jeunes des quartiers», «délinquance», «Rentrez chez vous». Ça marche. On peut aussi faire : «On est chez nous», «violences», «caméra de sécurité», «musulmans», «Rentrez chez vous». Ou bien : «On est chez nous», «agressions», «surveillance», «lutte contre l’insécurité», «sauvageons», «Rentrez chez vous». Une fois qu’on a compris, c’est assez ludique, on peut même inventer des combinaisons plus toniques : «On est chez nous», «on a peur», «sécurité», «Rentrez chez vous». Et même si, dans le cas des élections régionales, la sécurité n’est pas du tout une compétence de la région et n’a donc rien à faire dans le débat, chacun des candidats veillera quand même à glisser le mot au début de chaque phrase.

Maintenant, rêvons un peu. Imaginons une campagne électorale qui aurait pour principe de mettre la politique au centre. «La politique», au sens premier du terme. Je sais, c’est fou comme idée, mais bon, je me lance. Il serait question, alors, de tout ce qui regarde la vie de la cité et ça en fait des sujets. Imaginons aussi qu’il y ait des candidates et des candidats qui se présentent à nous avec le désir ardent d’être responsables. Au sens qu’en donne le dictionnaire : réfléchi, qui pèse les conséquences de ses actes. Des candidats qui se présenteraient à nous avec un projet quoi. Je sais, c’est fou, mais bon. Un projet qui serait en lien avec tout un tas de sujets qui n’auraient rien à voir avec la division, le morcellement, la peur, la haine, la stigmatisation, l’essentialisation, la hiérarchisation, le mépris, la flatterie des plus bas instincts. Mais tout à voir avec le lien social, la mixité, l’éducation, l’environnement, le logement, la justice, la santé, la solidarité à l’égard de ceux que la pandémie a laissés sur le flanc. Un projet qui aurait à voir avec comment on vit, comment on pourrait mieux vivre. Autant de sujets qui seraient, au fond, la simple réaffirmation de principes fondateurs comme la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité, la lutte contre l’exclusion, contre le racisme, contre les discriminations. Je sais, c’est fou.

Tania de Montaigne

Cette chronique paraît en alternance avec celles de Jakuta Alikavazovic, Thomas Clerc et Sylvain Prudhomme.

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