Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Salim Bachi...

24 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Parution de « La peau des nuits cubaines » de Salim Bachi - Algérie Cultures

 

Le restaurant de Chaytan, L’Ispahan, occupe le rez-de-chaussée d’une maison néoclassique à trois étages sur La Rampa, à l’entrée du Vedado. Les tables sont installées sous la véranda où l’on peut manger à l’abri des pluies tropicales et du soleil qui cogne comme un boxeur en ce début d’été. J’y retrouve Chaytan, qui me loue sa casa particular, calle San Lázaro. Le nom de la rue me frappe d’emblée : ici, peut-être, renaîtrai-je à moi-même.

Quand je lui propose de payer ma chambre tout de suite, Chaytan refuse. Il ne veut surtout pas que je retire de l’argent dans les banques cubaines à cause de la taxe exorbitante destinée au touriste.

— Tu n’es pas assez riche pour verser ton fric à une révolution dévoyée !

On se met vite d’accord : je lui ferai un virement dès mon retour à Paris. Pour parer aux dépenses courantes, Chaytan me donnera chaque jour des pesos convertibles. Il me met en garde :

— C’est l’île des pirates ! Bucanero, tu connais ?

Le boucanier razziait les Caraïbes et se réfugiait à Cuba pour échapper aux Espagnols, dans la baie de Jagua, où, plus tard, fut fondée la ville de Cienfuegos. Hommage de la ville au trafiquant, son effigie orne des canettes de bière rouge sang.

— Les Cubains sont tous des arnaqueurs ! Les prix sont multipliés par dix ou vingt pour le voyageur un peu naïf qui débarque ici.

Les gens vivent dans la pauvreté comme je le constate chaque jour en me promenant dans cette ville qui ne ressemble en rien à la carte postale vendue dans le monde entier.

Dans les ruelles qui bordent la promenade sur la mer, les immeubles s’effondrent. Les habitants vendent de petits riens ou improvisent des restaurants dans leurs cuisines, à même la rue, tandis que les filles passent, cambrées comme des galions espagnols.

 

Chaytan a couché avec toutes ses serveuses. Le restaurant est au nom de l’une d’elles, devenue son amie et confidente, Elisabeta. Ely est la seule employée qui parle anglais et semble avoir la tête sur les épaules, les autres travaillent en dilettantes, fainéantes ou incapables d’après mon hôte. Elle se fend d’un grand sourire quand je lui parle en français, usant des formules de politesse qui la réjouissent même si elle n’y comprend rien. J’y mets le ton, les accompagne des gestes de la galanterie et elle part alors d’un gros rire amusant.

Chaytan a vécu pendant quelques mois avec Ely. Le soir, elle éclatait en sanglots et suçait son pouce pour se calmer tout en réclamant sa maman restée à Santiago. Son fils de dix-huit ans vit avec sa grand-mère. Elle ne le voit qu’une fois par an.

— Elle mettait une cagoule sur sa tête avant de dormir, dit Chaytan. Je ne pouvais plus la toucher… Ely, mi corazón, viens ici !

Timide, Ely s’approche de notre table, près de la caisse, le poste d’observation de Chaytan.

— C’est quoi ce truc que tu te mets sur la tête le soir ? Tu sais… Le machin noir…

— Je ne mets rien sur ma tête…

— La cagoule, là…

Elle rougit et il se met à rire sous son nez, content de sa blague qui n’amuse que lui.

Ely ne veut pas que ses cheveux frisent à cause de l’humidité, aussi porte-t-elle pendant la nuit un bas de femme sur la tête.

— Entiendo mi corazón, mais c’est moche quand même ! On dirait Zorro ! Et puis regarde-toi, tu as pris trente kilos cette année !

Ses employés finissent les reliefs des repas, se gavent de pâtisseries et de glaces.

— Vous avez toutes gonflé… Ça suffit ! Je vous interdis de manger les restes des clients ! Vous n’êtes pas des chiens !

Il se lève, s’engouffre dans la cuisine ; il harangue ses troupes, ressort et se dirige vers Adrian, le barman, pour le chapitrer à son tour :

— Tu ne leur sers plus de limonade ! De l’eau seulement !

Il regarde Adrian de travers :

— Toi aussi, tu as pris trente kilos ! Fais attention, Adrian ! Vous me mangez tout ici !

 

Salim Bachi - La peau des nuits cubaines

Lire la suite

De la souffrance des enseignants...

24 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

De la souffrance des enseignants...

Depuis des années, de nombreux livres, articles et émissions ont été consacrés au sujet, il est courant d'entendre la souffrance des enseignants.

 

Il conviendrait de parler DES souffrances car elles sont nombreuses. Peut-être même y en a-t-il autant que d'enseignants, chacun héritant de sa douleur, la partageant ou pas, l'assumant ou pas, la vivant plus ou moins mal selon le caractère de chacun et le degré de souffrance infligée.

 

Tous les enseignants, un jour ou l'autre, souffrent, ont souffert ou souffriront. Depuis l'incivilité de tel élève qui détruit votre cours puis votre moral jusqu'aux violences verbales et physiques heureusement plus rares mais qui existent. Tout cela n'est pas né avec les pamphlets vengeurs des Brighelli, Polony, Le Bris et autre Fanny Capel. Ils n'ont rien découvert, se contentant d'appuyer des dogmes idéologiques sur des «exemples» souvent invérifiables, uniques et, plus grave, ne proposant aucune solution efficace autre qu'un retour en arrière «du temps béni où c'était mieux avant». 

 

Il reste néanmoins ces souffrances. Elles sont là. Dès la grille de l'école, du collège ou du lycée franchie... Comme une boule dans le creux de l'estomac qui vous dirait tout bas: «N'y va pas».

 

Je pense souvent à ces collègues, moi qui ai eu la chance, le privilège de n'avoir quasiment jamais été confronté à ces inquiétudes quotidiennes, à ces sueurs froides, à ces insomnies. 

 

Depuis quatre ans, la situation des enseignants s'est particulièrement dégradée. Je ne parle pas ici de leurs seules conditions de salaires. Je pointe du doigt leurs conditions de travail au jour le jour.

 

Avec moins, on leur demande plus :

 

- la formation n'est pas aidée comme elle devrait l'être par l'institution ;

- la ghettoïsation des quartiers n'a pas été combattue, bien au contraire, entraînant la ghettoïsation des établissements scolaires ;

- les chefs d’établissements du secondaire sont incités à agir en DRH et à faire du chiffre ;

- les expérimentations pédagogiques restent à l'abri des regards même quand elles donnent d'excellents résultats ;

- on n'a pas travaillé une seule seconde sur un dossier qui me semble loin d'être anecdotique: l'architecture des bâtiments scolaires ;

- le système des nominations pour les jeunes professeurs est resté le même, c'est à dire une aberration absolue consistant à décourager le plus vite possible des enseignants enthousiastes et idéalistes en les «balançant» face à des élèves en souffrance et faisant souffrir. C'est souvent un «jeu de miroir».

 

J'espère que les années qui viennent permettront d'atténuer les effets de ces souffrances. Souffrances qui touchent tous les personnels.

 

Christophe Chartreux

Lire la suite

Droit de retrait contesté dans un collège d’Asnières : «J’ai le sentiment d’avoir été profondément humilié»

24 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Le droit d'alerte et le droit de retrait en cas de danger grave et imminent  dans la fonction publique - Actualité fonction publique territoriale

Des enseignants et assistants d’éducation d’un collège des Hauts-de-Seine, qui avaient exercé leur droit de retrait en novembre en raison des mesures sanitaires insuffisantes, ont vu leurs salaires amputés d’une somme ne correspondant par à leur débrayage. Certains portent l’affaire devant le tribunal administratif.

Le couperet est tombé en début d’année, sans qu’ils s’y attendent : entre 475 et 868 euros retirés de leur fiche de paie. Vingt-quatre enseignants et six assistants d’éducation (AED) du collège André-Malraux d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) ont eu la surprise de voir leurs salaires amputés pour avoir exercé, quelques semaines plus tôt, leur droit de retrait, s’estimant insuffisamment protégés face au Covid. En désaccord avec cette sanction, dix d’entre eux ont décidé de porter l’affaire devant le tribunal administratif, où ils ont déposé des requêtes en excès de pouvoir en mai et en juin. Une situation exceptionnelle. «Il est rare que l’administration sanctionne le droit de retrait et il fait rarement l’objet de décisions de justice», affirme l’avocat Emilien Batôt, spécialiste de la fonction publique.

Rembobinons. «A la rentrée de novembre, toute la France se confine, sauf un village irréductible : l’Education nationale. Mais on n’a pas de potion magique pour ça», illustre Cyril Boisseau, l’un des requérants, professeur d’histoire-géographie et syndiqué à Sud éducation. «“Les élèves se contaminent plus à la maison qu’à l’école” est devenu le nouveau mot d’ordre à partir de septembre. Il fallait absolument que la garderie tourne, à n’importe quel prix, quand bien même ça aurait pu mettre en danger les personnels et les élèves», regrette Hélène (1), une autre professeure de Malraux qui porte l’affaire devant le tribunal administratif.

A l’époque, contaminations et hospitalisations flambent de nouveau dans le pays, au point qu’Emmanuel Macron annonce un nouveau confinement : l’attestation de déplacement fait son retour, les commerces non essentiels baissent le rideau, mais cette fois les écoles restent ouvertes. Un nouveau protocole sanitaire voit le jour : le port du masque devient obligatoire dès le CP, les collégiens sont invités à ne plus changer de salle à chaque cours, des mesures pour renforcer la distanciation et le non-brassage des élèves s’imposent à la cantine. Le 5 novembre, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, complète le dispositif en annonçant que les lycées peuvent organiser la moitié de leurs cours à distance. Rien de tel dans les collèges.

A Malraux, on perd patience. Voilà des mois que les professeurs alertent sur leur situation, tant auprès de la direction de l’établissement que de leur hiérarchie départementale : fenêtres cassées, nombreux rapports d’incident pour mauvais port du masque de la part des élèves, pas de barrières pour séparer les groupes dans la cour… «Les collectivités n’ont pas du tout anticipé. Autant c’était compréhensible en mai-juin, autant c’est plus difficile de dire “On ne savait pas” en octobre», tacle Hélène.

«On a fait le boulot de la direction»

A l’annonce du nouveau protocole sanitaire, les syndicats demandent une journée banalisée, afin de le «remettre à plat» et de voir comment l’appliquer dans l’établissement. Leur direction – qui n’a pas souhaité répondre à nos questions – refuse. Trente professeurs et assistants d’éducation décident alors d’exercer leur droit de retrait, trois enseignants optent pour le droit de grève. Le droit de retrait peut être utilisé «si un agent a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ou s’il constate une défectuosité dans les systèmes de protection». Il permet de conserver son salaire, contrairement au droit de grève.

Le top départ de ce droit de retrait est donné le 5 novembre. Profs et AED se réunissent pour phosphorer et accouchent d’une liste de propositions visant à améliorer la protection tant des personnels que des élèves. «On a fait le boulot de la direction», juge Cyril Boisseau. «Il fallait qu’on mette les moyens suffisants pour assurer la sécurité de tous. A aucun moment on a dit “Par pitié, fermez les établissements”», indique Hélène, soucieuse que l’on ne croie pas que les profs voulaient juste se tourner les pouces en étant payés.

Collectivement, ils adressent un courrier à la rectrice, que Libération s’est procuré. Ceui-ci expose la situation et liste leurs desiderata, parmi lesquels le dédoublement des classes, l’augmentation du nombre d’agents d’entretien ou l’installation de purificateurs d’air. Ils réclament également la mise en place d’ateliers de formation au port du masque et, plus largement, aux gestes barrières, pour les élèves en infraction – 90 rapports d’incident ont alors été établis en deux mois. «Les élèves n’y sont pour rien», précise Hélène. Le collège Malraux est classé REP (réseau d’éducation prioritaire) et les professeurs se montrent sensibles aux situations socio-économiques compliquées d’un certain nombre d’adolescents. Le masque et son bon usage ne font pas toujours partie des priorités des familles, notamment monoparentales, qui peinent à joindre les deux bouts.

Mauvaise surprise la veille des vacances de Noël

Le droit de retrait s’étalera sur une semaine, du 5 au 12 novembre. Entre les deux : deux jours de week-end, une journée de grève «sanitaire» nationale et un jour férié, le 11. Cela aura son importance. Le jeudi 12, la direction accepte d’appliquer un certain nombre de mesures proposées par l’équipe éducative : mise à disposition de bouteilles de gel hydroalcoolique à l’entrée des classes et d’une deuxième salle pour manger, fléchage dans les couloirs, mise en place de formations pédagogiques pour les élèves… «L’administration locale a reconnu qu’il y avait plein de choses à faire et les a faites, alors on a repris le travail», explique Cyril Boisseau. Grâce aux formations, «on a vu des élèves qui se mettaient à mieux porter le masque, ça a eu des effets bénéfiques», assure Guillaume (1), un autre professeur ayant exercé son droit de retrait sans pour autant se joindre à l’action en justice de ses collègues.

Les semaines passent et professeurs comme AED poursuivent leur travail. La mauvaise surprise atterrira dans leurs casiers la veille des vacances de Noël : ils y découvrent une lettre argumentée de la directrice académique des services départementaux de l’Education nationale (Dasen) des Hauts-de-Seine se terminant ainsi : «Je considère donc qu’il n’existe aucun danger grave et imminent susceptible de justifier l’exercice de votre droit de retrait.»

«On a demandé s’il allait y avoir des sanctions, on n’a pas eu de réponse. Par contre, on a eu une réponse indirecte sur notre compte bancaire», lâche Hélène. Des centaines d’euros se sont envolées de leurs paies de janvier et de février. «Je ne m’y attendais pas du tout. J’ai eu la sensation d’avoir pris une claque, souffle Guillaume, qui a perdu 700 euros dans la bataille. J’ai le sentiment d’avoir été profondément humilié, et je pèse mes mots.»

La pilule a d’autant plus de mal à passer que, pour quatre jours de retrait effectués, professeurs et AED se sont vus retirer sept jours de salaire. En cause, un arrêt du Conseil d’Etat baptisé «Omont», qui prévoit que tous les jours de salaire soient prélevés entre le début d’une période de service non fait et la fin. Donc, dans ce cas, le week-end et le jour férié que fut le 11 novembre. Une règle rarement appliquée. «On a été sanctionnés d’une façon aberrante», juge Guillaume. «C’est comme si l’administration prenait une décision ferme par peur d’une contagion dans d’autres établissements», estime Thierry Renard, l’avocat des requérants.

«J’ai besoin de me battre encore un peu et que le droit soit reconnu»

Les concernés n’émettent pas le moindre doute quant à la légitimité de leur action. «On a eu plusieurs rendez-vous où on a essayé de dire que ça n’allait pas. On a eu l’impression d’une sorte d’inertie de la part de notre administration directe, rappelle Guillaume. Quand vous avez une trentaine de professeurs qui arrêtent les cours, c’est grave.» Sollicité par Libération, le rectorat répond que le protocole sanitaire mis en place à l’époque «répondait à toutes les exigences gouvernementales dans le cadre de la poursuite de l’activité scolaire et de la lutte contre le coronavirus» et que «l’analyse, par les services, de leur signalement et des moyens mis en place par l’Education nationale pour protéger les personnels n’a pas permis de caractériser un “danger grave et imminent”, ne permettant donc pas l’application d’un droit de retrait». Les personnels sont donc considérés comme grévistes. Pourtant, Cyril Boisseau l’assure : «Il n’y a jamais eu d’enquête.» Le rectorat n’a pas répondu à nos demandes de précisions quant à la teneur de l’«analyse» effectuée.

Certains syndicats déconseillent à leurs adhérents d’exercer leur droit de retrait pour cause de Covid, précisément parce qu’ils risquent d’être déboutés. «Le juge administratif en a une vision très restrictive. Un danger grave et imminent, c’est un danger de mort immédiat. A un instant T, pas sur la durée. Et il faut que l’administration n’ait pas tenu compte du danger, éclaire Emilien Batôt, dont le cabinet d’avocats, Officio, a réalisé une étude sur le sujet l’an passé, pour le compte du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc). Mais ça, c’est l’état du droit avant le Covid. Là je ne sais pas comment le juge va se prononcer.»

Cette histoire a passablement chamboulé ses protagonistes. Parce qu’ils ont bataillé, des heures durant, à la recherche de solutions et dans l’intérêt collectif, notamment celui des familles de leurs élèves. Un tiers d’entre eux a décidé de persévérer en portant l’affaire au tribunal administratif, les autres n’ont soit plus la force soit pas les moyens, parfois les deux, d’aller jusque-là. «J’ai vraiment eu besoin de tourner la page. Aller au tribunal administratif aurait prolongé cette épreuve», indique Guillaume. Hélène en fait une affaire de principe – «J’ai besoin de me battre encore un peu et que le droit soit reconnu» –, mais cela risque d’être son dernier combat au sein de l’Education nationale : «Je ne suis pas certaine de pouvoir continuer à travailler dans une institution qui maltraite à ce point ses personnels, et qui le fait sans aucun scrupule. Je n’avais jamais envisagé de quitter mes fonctions mais là, ça touche à nos vies.»

Elsa Maudet

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Lire la suite

Elections régionales : « Les jeunes ont du mal à se repérer dans une offre politique brouillée »

24 Juin 2021 , Rédigé par Public Sénat Publié dans #Education

Abstention des jeunes: les solutions sont là mais la classe politique ne  s'en saisit pas | Le HuffPost

Entretien avec Anne Muxel, directrice de recherches au Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po. Elle s’intéresse au rapport des jeunes à la politique alors que beaucoup devraient s’abstenir lors des élections régionales et départementales.

Une majorité de jeunes entre 18 et 25 ans n’ira pas voter dimanche aux élections régionales et départementales. Comment s’explique cette abstention des jeunes ?

La palette d’outils dont les jeunes peuvent se saisir pour s’intéresser à la politique s’est élargie. Le vote reste un symbole du bon fonctionnement démocratique, mais les jeunes considèrent aussi qu’il y a d’autres formes d’expression. La manifestation est devenue un mode d’expression politique, chez les jeunes générations, extrêmement familier et banal. Mais il y a aussi d’autres formes, comme les boycotts, des signatures de pétitions, des mobilisations sur Internet, des discussions sur les réseaux sociaux.

La vision du vote comme un devoir civique est en train de se perdre chez les jeunes ?

Chez les jeunes générations, il est clair qu’on observe un affaiblissement de la norme civique. Elles appréhendent le vote comme un droit que l’on peut exercer plutôt que comme un devoir. L’abstention est aussi revendiquée de plus en plus comme un droit, tout comme la reconnaissance du vote blanc qu’ils réclament.

Les jeunes s’abstiennent, mais ils s’intéressent au débat public ?

Oui beaucoup d’études et d’enquêtes montrent que l’engagement des jeunes, y compris l’engagement bénévole, est plutôt en augmentation. On n’est pas du tout dans un cas de figure où les jeunes se replient sur leur petite sphère privée et individualiste. Ils ont un intérêt pour le collectif, pour la société, pour ce qui les entoure, pour des problématiques importantes. Par exemple, les questions environnementales sont aujourd’hui un vecteur de politisation des jeunes. Le réchauffement climatique, l’équilibre entre les activités humaines et les ressources naturelles, ce sont vraiment des sujets qui concernent au premier chef les jeunes. On l’a vu au travers de ces marches pour le climat. Après, il faut que l’offre politique s’adapte à leurs préoccupations.

Est-ce qu’il y a des partis politiques qui attirent vraiment le vote des jeunes ?

Non. Les jeunes se sentent plutôt éloignés des partis politiques traditionnels. Il y a de toute évidence, de la part des jeunes, une grande attente de renouvellement des formations politiques, mais aussi des façons de faire de la politique. Il y a aussi une attente de projets pour le futur qui les concerne, une demande de concret, je crois que ça doit être davantage entendu par les formations politiques.

Parlons de la manière avec laquelle l’exécutif communique avec les jeunes. Quand Emmanuel Macron réalise à l’Elysée une vidéo avec les youtubeurs très populaires McFly et Carlito, où ils font des roulades dans le jardin de l’Elysée, cela peut reconnecter les jeunes à la politique ou c’est juste du marketing ?

Je dirais que c’est un peu les deux. Il est tout à fait légitime pour les politiques de trouver de nouveaux canaux pour atteindre les jeunes générations aujourd’hui. Mais la communication ne suffit pas. Il faut les convaincre. Et pour convaincre un jeune, il faut aussi lui donner des réponses qui lui permettent de trouver une place dans la société. Un métier correspondant à sa formation. Une indépendance financière, une autonomie en matière de logement. La possibilité de se lancer dans la vie de façon autonome.

Pour convaincre les jeunes, les responsables politiques doivent aller sur les plateformes de discussion des jeunes, comme Jean Castex et François Hollande l’ont fait sur Twitch ?

Tout espace qui permet du débat est bienvenu. Les jeunes sont très demandeurs, d’informations, de discussion. Ils ont besoin d’être éclairés. Bien souvent, ils disent qu’ils ont du mal à se repérer dans une offre politique brouillée. Par exemple, les enjeux des élections régionales et départementales ne sont pas très lisibles pour eux.

Lors du 1er tour de ces élections, ce dimanche, environ 60 % des Français devraient s’abstenir. Pour quelles raisons ?

Il y a des causes de long terme qui sont liées à cette fatigue démocratique installée maintenant depuis un certain temps. Une défiance politique très importante que nous mesurons notamment au Cevipof dans le cadre du baromètre de confiance politique. Mais par rapport à ce scrutin, il y a aussi un effet plus conjoncturel. Les Français sortent d’une crise sanitaire qui a profondément bouleversé leur vie, leur travail, leurs activités quotidiennes, les relations avec leurs proches. Ils ont d’autres préoccupations que cet enjeu électoral et ce scrutin qui est mal identifié.

Ce sont des élections locales. On dit souvent que les Français sont assez proches de leurs élus locaux, mais pourtant, ils se désintéressent de ce type de scrutin.

C’est un paradoxe. Il y a une grande défiance à l’égard des responsables au niveau national. Il y a plus de proximité et plus de confiance à l’égard des élus locaux et notamment des maires. Donc, on pourrait penser que des enjeux portés par les pouvoirs au niveau de la région ou au niveau du département, les questions scolaires, les transports régionaux, les aides sociales, les interpellent. Or, ce n’est pas le cas. Ce sont des élections intermédiaires, dont les Français se saisissent souvent assez peu, sauf pour exprimer un mécontentement et un vote sanction. Je ne sais pas si ce sera le cas, nous le verrons dimanche.

Alexandre Poussart

Lire la suite

Krystian Zimerman joue Chopin et Schubert...

23 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Jean-Patrick Manchette...

23 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

JEAN-PATRICK MANCHETTE: JOURNAL 196661974. Gallimard. 2008. - EUR 15,00 |  PicClick FR

Mardi 5 juin 1973 

Repos. Je m'apprête à deux jours de travail pour fournir vendredi, à Grimblat, un ours sur le feuilleton Gainsbourg; à Chabrol une scène modifiée de rupture entre Buenaventura et Treuffais, ainsi que, si possible, le texte du manifeste nada. 

László Szabó a téléphoné. Berri aimerait que nous travaillions ensemble sur une adaptation de LA CHAMBRE DU HAUT de Mildred Davis. On va voir ça. Il faudrait de toute façon que nous fassions une bouffe avec Bernadette Lafont et László notamment. 

J'étais fatigué, je n'avais pas envie ce soir de sortir avec Vera. Nous sommes donc restés à la maison et nous avons regardé à la télévision la première partie de SI VERSAILLES M'ÉTAIT CONTÉ (Sacha Guitry). 

Lecture de TRIPLANÉTAIRE (E. E. Doc Smith). Reprise de la lecture d'EN ROUTE POUR LA GLOIRE (Woody Guthrie). Fini la lecture de MARIONNETTES HUMAINES (Heinlein). 

D'autre part je lis des textes antipsychiatriques pour préparer mon polar d'août. Les antipsychiatres, qu'ils soient de la tendance Laing ou gauchistes (Guattari/Arrieux), tombent dans l'idéologie comme des fous, et singulièrement commettent une erreur comparable à la classique idéologie de l'interaction, laquelle prétend de loin en loin dépasser le marxisme. Il y a dans le détraquement primat de la répression du désir. Cette répression est au mental ce que l'économie est au physique: l'aliénation de l'individu au principe de rendement, à la raison du Capital. Guattari, rejetant l'OEdipe au profit de l'ensemble des répressions sociales (concept auberge espagnole), refuse le primat de l'OEdipe dans le système de médiations répressives. Et tombe dans l'idéologie de l'interaction. Il y a le désir (le besoin); il y a en face la foule indifférenciée des médiations répressives. Il rejette l'OEdipe comme imaginaire constitué socialement. Mais évidemment, l'imaginaire constitué socialement EST la répression première. Dire qu'il faut annuler dans la pensée le primat de l'OEdipe, c'est jouer les Feuerbach psychiatriques. L'OEdipe est à Guattari un peu ce que la religion est pour Feuerbach. 

Vendredi 8 juin 1973 

Passé aux films La Boétie. Déjeuné avec Grimblat. Projet en route. Il aime le texte de présentation mais je vais tout de même le perfectionner. 

Vu à la télévision ANTOINE ET ANTOINETTE (Jacques Becker). 

Interviewé par GULLIVER par un ignorant sans grande intelligence, et apparemment sans méchanceté. 

Sorin, à qui j'ai envoyé A. J. LEWINTER EST PASSÉ À L'EST, me dit que Poirot-Delpech compte causer de moi dans son feuilleton du MONDE DES LIVRES. Quel pied! 

UNE CONQUÊTE DE L'ESPRIT HUMAIN: 

Des ordinateurs ont permis d'établir un index complet des oeuvres de saint Thomas d'Aquin 

Le Monde, 10 juin 73 

Dimanche 10 juin 1973 

Vu à la télévision WHISPERING SMITH (Leslie Fenton), NI VU... NI CONNU... (Yves Robert), QUAND PASSENT LES FAISANS (Molinaro), THREE GODFATHERS (Ford). 

Fait pour Grimblat un synopsis satisfaisant de LA LONGUE VILLE, notre projet de série avec Gainsbourg. 

Mardi 12 juin 1973 

Repos le lundi. Vu à la télévision VALLEY OF DECISION (Tay Garnett), LE CHEVALIER DU ROI (Rudolf Maté), AMBRE/ FOREVER AMBER (Preminger). 

Sortie ce soir avec Vera. Vu au cinéma JUNIOR BONNER (Sam Peckinpah), film absolument nul. 

Coucher extrêmement tardif. 

Une réédition est prévue de NADA en Carré Noir. 

Jeudi 14 juin 1973 

Farniente. 

Coup de fil de Denis Berry, le fils de John Berry, qui s'intéresse à L'HOMME AU BOULET ROUGE. Je l'ai orienté sur B.J.S. 

Mon projet de policier sur les fous se modifie. Je ne veux pas faire un autre NADA. Je pense que le groupe à tendances guérrillesques va être détruit à sa première opération. Parce qu'il y a un flic infiltré à l'intérieur. C'est ensuite l'histoire de ce flic qui se déroule: il devient progressivement fou et finit par reprendre à son compte la violence, et par la pratiquer. 

Lundi 18 juin 1973 

Le vendredi, j'ai emmené Tristan voir 8 1/2 (Fellini). Il n'a pas aimé et je comprends qu'il n'ait pas aimé. Il s'est ennuyé. 

Samedi vers 11 h 45, nous sommes partis pour Berneval sans Tristan, avec le chat. Déjeuner chez André de Lyon copieusement et agréablement. A Berneval vers 17 heures. Temps superbe. Parents assez supportables. 

Le dimanche, temps gris et froid, du vent, journée peu agréable, mais de bons films à la télévision: LA FLIBUSTIÈRE DES ANTILLES/ ANNE OF THE INDIES (Tourneur); LA MARIÉE ÉTAIT EN NOIR (Truffaut); WAGONMASTER (Ford). 

Aujourd'hui, temps superbe. Longuement paressé et bronzé sur la terrasse. Lecture du JOURNAL de Jules Renard. 

Retour à Paris en fin d'après-midi. Vu au Malakoff Palace LES NOCES ROUGES (Claude Chabrol). Egal à lui-même, Chabrol. Satire boulevardière, aucune ambition, mais propre. Saura-t il faire NADA? 

Bolvary a refait surface (Rossignol l'a vu), il va me retomber dessus. 

Achat de Machen: LE PEUPLE BLANC; Bram Stoker: LE REPAIRE DU VER BLANC. 

Jeudi 21 juin 1973 

Vu Bolvary, qui m'a raconté une nouvelle version du scénario d'Ô DINGOS. Aussi inepte que les précédentes. Renoncé à discuter. Je vais dialoguer ça vite et en silence et puis je n'y touche plus. 

Coup de fil d'Anne-Marie Berri et László Szabó au sujet de ce projet d'adapter LA CHAMBRE DU HAUT de Mildred Davis. Il semblerait que Catherine Deneuve en possède les droits et ayant aimé LES GANTS BLANCS DU DIABLE le tournerait avec Szabó. On va voir. 

Avec ces deux travaux les déplacements souhaités en juillet seraient bien compromis. 

J'ai emmené mardi Tristan voir L'ARNAQUEUR (Rossen) qui lui a plu. 

Vu à la télévision TORN CURTAIN (Hitchcock) et MONTPARNASSE 19 (Jacques Becker). 

Acheté LE CACHET NOIR (Arthur Machen) et le premier tome de l'édition de la Pléiade de la CORRESPONDANCE de Flaubert. 

Lecture continuée du JOURNAL de Jules Renard. Lecture aussi de VENUS PLUS X (Sturgeon). Reçu Galaxie no 110. Reçu aussi LES MURS DE LA TERRE (Farmer/ Galaxie bis), quatrième volet du cycle des faiseurs d'univers. 

Jean-Patrick Manchette - Journal 1966-1974

Lire la suite

A voir... Ibrahim, de Samir Guesmi...

23 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Cinéma

Lire la suite

A Amiens, des lycéens œuvrent à la mémoire du patrimoine ouvrier

23 Juin 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Histoire

EXTRAITS

« On n’a pas fait des cours d’histoire, on la vivait en vrai » : à Amiens, des lycéens œuvrent à la mémoire du patrimoine ouvrier

Des élèves de filières bac pro se sont plongés dans les deux cents ans d’histoire de la manufacture de velours Cosserat et en ont tiré un livre. Ils y ont découvert l’existence de vestiges uniques datant de la première guerre mondiale.

Bien sûr, il manquait l’agitation du millier d’ouvriers, la fumée sortie des hautes cheminées et le bruit sourd de la salle des 500 métiers. Mais, en déambulant sur la friche de 13 hectares de l’ancienne usine Cosserat d’Amiens, des élèves du lycée technologique Edouard-Gand ont très vite perçu le poids de l’histoire ouvrière nichée derrière les façades classées de la manufacture de velours.

C’est une véritable immersion dans le passé industriel amiénois qu’ont vécue pendant un an ces élèves des trois filières bac pro (services soins à la personne, métiers de la mode et services proximité vie locale animation). Kévin Desnoyers, 17 ans, élève en 1re et futur animateur, n’en revient toujours pas. « Avec les profs, il y a certains projets où je donne ma présence. Là, pour la première fois de ma vie, j’ai donné ma motivation. »

Une de ses camarades de classe, Valentine Labelle, 16 ans, confirme : « On savait que ce projet ne serait pas banal et moi qui n’aime pas trop l’histoire, j’ai adoré. Pendant un an, on n’a pas fait des cours d’histoire, on la vivait en vrai. C’était l’Histoire, à Amiens. »

(...)

Présence américaine

Et l’aventure ne s’arrête pas là. Ces futurs animateurs des quartiers, couturiers ou aides-soignants ont découvert que deux baraquements de bois situés à l’entrée de la friche étaient des vestiges uniques de la première guerre mondiale. « J’ai un côté chien à truffes, dit en souriant Louis Teyssedou. Je me suis pris à mon propre piège de ces deux cents ans d’histoire qui vous regardent. »

En se penchant sur les huisseries des bâtiments, le professeur amiénois a appris avec l’aide de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) que le bois utilisé n’était pas français mais américain. « Ce genre de préfabriqués étaient coupés dans les forêts américaines et pouvaient être assemblés en une journée par une dizaine d’hommes, explique Alexandre Coulaud, responsable de recherche archéologique à l’Institut national de recherches archéologiques préventives. La Croix-Rouge américaine avait implanté ces structures pour soigner les blessés de la Grande Guerre et les civils. C’est un vrai sujet d’étude pour nous, archéologues, car ce sont certainement les derniers de France. »

Le professeur d’histoire a également contacté l’ambassade des Etats-Unis qui, depuis, se penche sur ces vestiges encore en très bon état. De son côté, la DRAC s’intéresse à l’ensemble du site, car toute une partie est protégée au titre des monuments historiques.

« En se plongeant dans les archives, le public scolaire s’est pris au jeu et l’on envisage une collaboration pour aller plus loin dans la sensibilisation de la jeune génération à l’histoire », explique Christian Douale, directeur adjoint délégué chargé des patrimoines et de l’architecture à la DRAC Hauts-de-France.

(...)

Aidé par les Archives nationales du monde du travail, basées à Roubaix (Nord), le professeur d’histoire remue ciel et terre pour sauver ce patrimoine amiénois. Fin juin, ses élèves vont proposer un spectacle sur la dynastie patronale Cosserat et le destin de ses ouvriers aux classes de CP des écoles d’Amiens. L’usine en déclin a définitivement cessé son activité en 2012, mais la jeune génération veut continuer à « causer de Cosserat ».

Laurie Monniez

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

En autobus, en îlots ou en U : l’organisation de la salle de classe est un outil de contrôle

23 Juin 2021 , Rédigé par Ouest France Publié dans #Education, #Pédagogie

organiser la salle de classe

En « autobus », en « îlots » ou en U, l’organisation de la salle de classe répond à des objectifs qui n’ont rien de hasardeux, analyse le géographe Pascal Clerc.

Qu’est-ce qu’une salle de cours ? Un espace d’enseignement, bien sûr, mais aussi un lieu de pouvoir, voire de coercition si l’on en croit le philosophe Michel Foucault qui, dans Surveiller et punir​ , en 1975, décrivait la classe comme une machine à apprendre, mais aussi à surveiller, à hiérarchiser, à récompenser…

Longtemps, pourtant, la classe n’a été qu’un lieu sans enjeu, se confondant avec le logement du maître.

Il faudra attendre la monarchie de Juillet pour que les choses évoluent : la loi du 22 juin 1833 oblige pour la première fois les communes à mettre à disposition des élèves un local spécifique.

La normalisation qui s’ensuit, appuyée sur des préoccupations sanitaires (lutter contre la scoliose ou la myopie) conduira peu à peu à définir des modèles standards, qui interrogent aujourd’hui les chercheurs.

« L’organisation du pouvoir »

C’est l’objet d’une étude passionnante publiée par Pascal Clerc, professeur de géographie à l’université de Cergy-Pontoise, dans la revue Géocarrefour, qui s’intéresse à la classe en tant qu’objet géographique​.

Car, selon lui à travers l’analyse des agencements, des territoires, des mobilités et des postures corporelles, de l’organisation du pouvoir, il s’agit d’interroger la relation entre pratiques pédagogiques et géographie de la salle de classe ».

L’agencement, donc. Si l’on excepte la classe de maternelle ou les salles spécialisées (labos, salles d’activités manuelles), trois dispositions sont le plus souvent retenus : « en autobus », en « U » ou en « îlots ».

Dans le cas de « l’autobus », les rangées d’élèves orientées en direction d’un enseignant juché sur une chaire, puis, jusqu’aux années 1970, sur une estrade mobilisent les mêmes ressorts : la transmission et le contrôle par le maître qui donne de la voix, des encouragements ou des réprimandes.

Il en va autrement de l’organisation « en îlots » ​ : quatre ensembles de tables. Un modèle de l’autonomie et de la co-construction, qui confère un statut nouveau à l’enseignant et son savoir ​selon Pascal Clerc, en ce qu’il déconstruit un modèle rigide, directif et en fait simultané, pour en faire une pratique fondée sur la coopération, l’échange, le partage de documentation et le travail collectif ».

Le modèle en« U » ​quant à lui, offre une ouverture en direction du tableau et du bureau de l’enseignant. Pédagogiquement, c’est une structure mixte qui favorise d’une part la discussion et le débat puisque tous les acteurs ont la possibilité de se voir, d’autre part […] la transmission puisque l’enseignant, situé hors du U, peut être le point de convergence des attentions.

Rang d’honneur ou fond de la classe ?

L’organisation spatiale de la classe n’a donc rien d’anodine. Dans l’autobus, chaque élève peut être localisé par sa place dans une ligne et une colonne​, mais toutes ne se valent pas : rang d’honneur ou fond de la classe, à charge pour le maître de savoir s’il préfère surveiller au ras de son bureau les élèves les plus turbulents, ou les reléguer en fond de classe !

Quelle place pour les élèves dans cet espace restreint. Très contrainte : 2 à 3 mètres carrés par élève – s’il se prélassait sur une plage, on dirait que cette dernière est saturée – contre 10 à 15 mètres carrés pour le professeur. Cela dit la considération accordée aux espaces d’apprentissage​, estime Pascal Clerc.

Sans parler du mobilier qui, grosso modo, n’a que peu évolué. Avec toujours la même injonction : se tenir droit, redressé. Un formatage que l’on retrouve dans l’exercice militaire et dans la gymnastique​, relève Pascal Clerc, qui au fond n’obéit qu’à un seul objectif : lutter contre la paresse, le laisser-aller, les idées malsaines…

Arnaud Bélier

Lire la suite

I Muvrini...

22 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>